53 définitions trouvées concernant "uruk".
Choisir un autre thème du dictionnaire
Rechercher un terme particulier :  
Mot

Définition

Images

Uruk

Ville du Sumer, au nord d'Ur et au sud-est de Babylone. Le nom moderne du tell où gît l'antique cité a conservé son ancienne appellation sous la forme Warka. Le premier établissement a été fondé vers la fin du Ve mill., dans la dernière phase de la période d'El-Obeîd. Grâce aux fouilles menées en profondeur à la hauteur de l'Èanna (temple du Ciel), on a pu établir une stratigraphie dont le mobilier propre à chaque niveau a permis de faire de l'Uruk préhistorique le site éponyme du dernier millénaire de la protohistoire de la basse Mésopotamie, succédant à l'obeïdien : Uruk ancien, appelé aussi dans la terminologie anglo-saxonne "protoliterate" ( - 4000 - 3750); Uruk moyen (-3750 - 3500) et Uruk récent (- 3500 - 3100). C'est au cours de cette dernière période qu'apparaissent les premières tablettes dans une écriture idéographique. Après la période intermédiaire de Djemdet Nasr débute l'époque historique appelée dynastique ancien ou archaique (DA). Malgré son ancienneté, Uruk ne fait pas partie des villes antédiluviennes de la LRS. Mais elle vient juste après Kish pour ravir à cette dernière la prééminence en Sumer avec sa 1re dynastie, aux alentours de -2700. L'auteur de la LRS n'utilise pas le nom d'Uruk, pourtant prestigieux à son époque, mais celui d'Éanna, à qui la royauté fut accordée au détriment de Kish. Le fondateur de la dynastie est Mes­kiag-gasher, fils d'Utu (le dieu-soleil), qui devint grand prêtre et roi (lugal), et qui aurait régné 324 ans. Le texte ajoute qu'il vint dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes, ce que d'aucuns (à commencer par Jacobsen) ont interprété selon la marche du soleil, qui se couche dans la mer à l'occident (mais la mer, pour Uruk, est au sud et invisible parce que trop éloignée) et se lève derrière les montagnes à l'est. Le fils de Meskiag-gasher, Enmerkar, est le héros de plusieurs épopées. La LRS en fait le fondateur d'Uruk. Ce qui ne peut être interprété que de cette manière : Uruk n'était encore qu'une agglomération autour de l'Éanna, voisine du bourg de Kullab, où se trouvait le temple d'Anu. Cette bourgade portait le nom du temple E.an.na.ka. Enme­rkar aurait fusionné les deux bourgs voisins pour en faire une seule ville sous le nom d'Uruk. Après un règne de 420 ans lui succède Lugalbanda, lui aussi héros de plusieurs mythes à qui est attribué un règne de 1 200 ans. Entre ce règne et celui de Gilgamesh, donné dans l'épopée comme le fils de Lugalbanda et de la déesse Nin-Sun (la dame buffle), la LRS place Dumuzi, dont la cité est Ku'a(ra) [dans le texte sumérien ku6-aki, alors que dans les mythes le concernant il est seigneur de Bad-Tibira. Gilgamesh, de son côté, est dit, dans la LRS, fils d'un démon lillû, grand prêtre de Kulla. Gilgamesh règne 126 ans, puis son fils Ur-Nungal (ou Ur-lugal = roi d'Ur) monte sur le trône où il règne 30 ans ; son fils Utul­kalamma(k) lui succède, sans qu'aucun grand mythe lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. La LRS cite encore cinq rois pour cette dynastie, le dernier étant Lugal­ki-tum (ou Lugalkigin), qui, après un règne de 36 ans, fut détrôné par Mésannépada, le roi d'Ur, lequel acquit à sa cité la prééminence. Trois fois encore, Uruk aurait réussi à retrouver une situation dominante, avec ses Ile, IIIe et IVème dynasties, qui, excepté la IIIe, illustrée uniquement par Lugalzagési, lequel fut d'abord roi d'Umma, n'ont eu aucune importance. Malgré ce passé mythiquement glorieux que lui acquit sa 1re dynastie, Uruk ne joua jamais qu'un rôle secondaire dans l'histoire même de Sumer, et elle perdit toute indépendance après que Sargon d'Akkad eut vaincu Lugalzagési et rasé ses hautes murailles. Toute sa grandeur, qui s'est édifiée pendant la période protodynastique, est conservée dans la version ninivite (assyrienne) de l'Épopée de Gilgamesh :"Celui qui a tout vu" (Gilgamesh) [...] fit construire le rempart d'Uruk-l'Enclos, du saint temple Êanna, le trésor sacré. "Regarde cette enceinte qu'entoure une frise pareille au cuivre, contemple ses pilastres que personne jamais n'égalera prends donc l'escalier qui est antique, approche l'Eanna, la demeure d'Ishtar que nul roi de I'avenir jamais n'égalera ni personne; monte donc sur le rempart d'Uruk, promène toi, examine les fondations, scrute le briquetage. Doutez vous que son briquetage soit en briques cuites et que les sept sages en aient jeté les fondations ? 3 600 arpents de cité, 3 600 arpents de vergers, 3 600 arpents d'argilière, 10 800 arpents le temple d'Ishtar, 10 800 arpents et 1 800 arpents : c'est l'aire d'Uruk !". Ville riche, ville opulente, Uruk avait conservé dans ses moeurs les principes de l'époque où elle vivait sous un régime de caractère démocratique, où l'assemblée du peuple décidait des affaires de la ville, avant que s'imposât un système monarchique dans lequel, néanmoins, le roi n'était pas tout-puissant. C'était aussi une ville de plaisirs : la cité des courtisanes, des hiérodules et des filles de joie (al kezrêti shamhatu u harimati), dit le poète de l'Èpopée d'Erra (IV, 52). Ce sont ces mêmes courtisanes, hiérodules et filles de joie, "tout le personnel féminin du temple d'Ishtar", que la déesse convoque pour se lamenter après que le héros et Enkidu ont tué le Taureau céleste. Comme Ur, Uruk reste cependant une ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides, ne vont cesser d'embellir, dont les temples sont sans cesse construits ou reconstruits, dont l'artisanat produit en permanence des oeuvres d'art. Quoique venant en cinquième position, après Babylone, Assur, Nippur et Ur, pour le nombre de ses chapelles et sanctuaires, elle en comptait 76. Son déclin ne commence qu'avec les Parthes et les Sassanides, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, jusqu'à ce que l'assèchement du bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie oblige ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des Arabes musulmans.


14 Images
Mot
Autres définitions mentionnant "uruk"
Images

Anu

Dieu sumérien du Ciel, issu de l'union d'Anshar (ciel) et de Kishar (terre). Le premier temple dédié à Anu fut probablement construit à Uruk. Anu fut par la suite adoré dans tout le Proche-Orient ancien.


1 images

Arali

Ce terme sumérien aurait (?) désigné à l'origine la steppe située entre Bad-tibira et Uruk. Dumuzi, seigneur de Bad-tibira, est aussi, dans les tablettes sumériennes, seigneur de Arali.


Aruru

Déesse-mère sumérienne, créatrice de la "multiplicité humaine". Dans l'Epopée de Gilgamesh, elle est invoqué par la population d'Uruk pour créer un double de Gilgamesh, qui lui ferait cesser ses débauches érotiques dans toute la ville. Elle créera ainsi Enkidu, le compagnon de Gilgamesh. Aruru est aussi appelée "Dame du silence" et présidait aux accouchements.


Baba

Déesse sumérienne propre au panthéon de Lagash. Déesse-mère archaïque et maîtresse des animaux, on lui donnait le titre de "Dame de l'abondance". A l'époque paléo-babylonienne, elle sera identifiée à Inanna et à Ninsina, déesse de la Santé. Des temples lui étaient consacrés à Uruk, Lagash et Kish.


Dilmun

Dilmun est la forme sum. de l'akk. Tilmun, lieu maintes fois cité dans de nombreux textes cunéiformes souvent en association avec Magan et Melukhkha. Le nom de Dilmun apparaît dès la seconde moitié du IVè mill. sous une forme pictographique, sur des tablettes de la période d'Uruk IV et ensuite de Djemdet Nasr. On peut voir que dès cette haute époque Dilmun représentait un lieu bien déterminé avec lequel les Sumériens et une ville syrienne comme Ébla étaient en relations commerciales. Sont ainsi mentionnés une hache de Dilmun (dilmun-tûn) dans une tablette d'Uruk III et un "collecteur de taxes de Dilmun" (dilmun-enku [ZA]). Ce nom va se retrouver tout au long de l'histoire de la Mésopotamie, avec une éclipse entre -1500 et -900, jusqu'à l'époque séleucide. Les relations avec Dilmun s'intensifient au cours des derniers siècles du DA (-2550 -2350). Sous Ur-Nanshé (v. -2550) de Lagash, les bateaux de Dilmun effectuent le transport de bois pour ses constructions, et, sous ses successeurs Lugalanda( -2400) et Urukagina (v. -2380), les bateaux de Dilmun transportent du cuivre et des dattes en échange de céréales, d'huile, de laine et d'argent; Dilmun parait alors être devenue une plaque tournante du commerce avec deux autres contrées d'outre-mer, Magan et Melukhkha. Ces relations commerciales se poursuivent à l'époque d'Akkad et peut-être plus encore pendant les périodes d'Isin-Larsa et paléobabylonienne. Leonard Woolley a retrouvé au cours des fouilles d'Ur, les archives du marchand Éa-nasir (ah.b Tilmun = trafiquant de Dilmun), qui dirigeait ce qu'on pourrait appeler une entreprise maritime d'importation du cuivre, extrait sans doute à Magan mais stocké dans les entrepôts de Dilmun avant d'être transporté à Ur. On connaît d'autres marchands, dont un certain Idin-Nin-Inzak , sans doute originaire de Dilmun, qui avait précédé dans ce commerce la firme d'Ea -nasir. Le commerce avec Dilmun dépassait le domaine suméro-babylonien pour s'étendre à Suse, où un temple était dédié à Inzak (nom écrit aussi Enzak, Anzag, Nin-zag), l'une des principales divinités de Dilmun, et à Marisous le règne de shamshi-Adad. Le trafic vers Maritransitait obligatoirement par Babylone, d'où les caravanes (harranû) transportaient la marchandise jusqu'à Mari, ce qui n'allait pas toujours sans quelques difficultés (cf. par ex. la lettre d'Iambe-Addu à Hammurabi). À l'époque kassite, Dilmun est un moment occupée par les Babyloniens, qui y installent un gouverneur. Deux lettres retrouvées dans les archives de Nippur sont adressées à Ililiya,qui semble bien être le même qu'Eniilkidinni, gouverneur de Nippur à l'époque de Burnaburiash Il (-1359 -1333) et de son (troisième) successeur, Kurigalzu II (-1332 -1308) par Ili-ippashara. Ce dernier est établi à Dilmun, dont il est démontré qu'il en était le gouverneur . Après une période d'éclipse, Dilmun est à nouveau en relation avec les Assyriens. Sous ses rois Uperi qui est comme "un poisson à 30 bêru au milieu de la mer où se lève le soleil " et Akhundara, elle reste indépendante mais, néanmoins, tributaire de Sargon II . L'un de ses autres rois, Khundaru (peut-être le même qu'Akhundara connu par d'autres textes), est aussi tributaire d'Assur-banipal. Les Babyloniens pour le moins sous le règne de Nabonide occupent le pays, où est installé un lugal pihashti Dilmunki, titre mentionné dans un texte daté de -544 . On ne sait précisément Si cette expression désigne un administrateur commercial ou, plutôt, civil et militaire de Dilmun. Il semble que Dilmun ait été plus ou moins tardivement intégrée dans l'Empire achéménide. Jules Oppert avait proposé d'identifier Dilmun avec l'île de Bahreîn, appelée Tylos par les Grecs. Cette identification est acceptée par la majorité des archéologues, bien qu'on ait tendance à étendre cette entité géographique à la côte voisine de l'Arabie. L'absence de témoignage archéologique dans l'île avant le milieu du III è milI. a conduit à situer la première Dilmun sur les côtes voisines de l'Arabie, où nombreux sont les établissements qui remontent au moins au IVème mill. : Abqayq, Umm an-Nussi, Umm ar-Ramad, l'île de Tarut ont rendu des poteries de l'époque de Djemdet Nasr voire plus anciennes. Le même nom de Dilmun désigne aussi, dans les textes mythologiques Sumériens, un lieu qui semble mythique, "saint et pur", en particulier dans le mythe d' "Enki et Nînhursag". Il est dit que, "lorsque le dieu Enki s'y établit avec son épouse, le pays devint pur et lumineux." A Dilmun, auparavant ne croassait nul corbeau, ne cacabait nul francolin; nul lion ne tuait, nul loup ne se jetait sur des agneaux !" . C 'était une sorte de paradis (terrestre ?) où il semble qu'on ne connaissait ni le travail ni la vieillesse, à moins qu'il ne faille interpréter ces passages comme la description d'un lieu où tout était figé, ou rien ne bougeait ni ne poussait, jusqu'au moment où Enki vint apporter l'eau d'où s'épanouit la vie. Ce texte, dont le plus ancien manuscrit ne remonte qu'au début du IIè mill., soit l'époque où les relations avec Dilmun étaient des plus intenses, semble être l'idéalisation d'une île (et des terres voisines) située dans une mer où le soleil paraissait se lever. Dans la version sumérienne du Déluge, c'est à Dilmun, "là où se lève le soleil ", que fut installé Ziusudra pour qu'il y vive son éternité .


Djemdet Nasr

Site mésopotamien à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad. Il consiste en deux Tells contigus de 1,5 ha et 7,5 ha. Ce nom moderne signifie en arabe la " petite colline de Nasser" (nom d'un cheikh de la contrée) . Le site a été occupé vers -4000 et il s'est développé pendant la période d'Uruk. Sa poterie caractéristique et son mobilier (en particulier de nombreux sceaux et cylindres) de la dernière partie du IVèmill. en ont fait l'éponyme d'un niveau culturel correspondant au niveau III de l'Éanna (temple d'Anu et Inanna) d'Uruk, et qui a englobé les villes de la basse Mésopotamie (-3200-3000 / -2900). De cette période date le principal bâtiment en briques crues et cuites, couvrant une superficie de 92 x 48 m, sans doute un centre administratif. C'est là qu'ont été recueillies plus de 200 tablettes inscrites d'idéogrammes et de signes proto-cunéiformes qui représentent, après les tablettes d'Uruk (dans l'Eanna), le plus ancien essai d'écriture. Il s'agit de tablettes administratives et économiques concernant des distributions de rations (salaires), des comptes de troupeaux, des mesures de champs. Plusieurs d'entre elles portent des impressions de cylindres. Sur treize d'entre elles, on a pu déchiffrer les symboles de plusieurs cités de la basse Mésopotamie qui, peut-être, étaient tributaires de Djemdet Nasr: Ur, Larsa, Nippur, Uruk, Kesh, Zabala, Urum. Dans un petit registre à l'angle inférieur gauche d'une tablette, les idéogrammes de l'étoile à cinq branches et d'un monument sur une plate-forme, lesquels se lisent respectivement UB et AB, semblent désigner un a grand centre (ou institution) a qui ne serait autre que le bâtiment en question. Par ailleurs, la lecture sur une autre tablette des signes NI et RU (ou UB ?) pourraient représenter le nom antique de la ville.


Dumuzi

Dieu sumérien lié étroitement au cycle d'Inanna/Ishtar. Il est parfois désigné sous la forme de Tammuz (babylonien, hébreu et araméen). Son nom, dumu-zi, signifie "le fils légitime". C'est un dieu de la Végétation et, en tant que tel, un dieu qui meurt, autour duquel s'est greffé tout un ensemble de mythes et pour qui a été élaborée toute une liturgie, ce qui en a fait l'un des personnages divins les plus complexes et les plus vivants de la religion suméro-babylonienne. La LRS mentionne deux Dumuzi. Le premier Dumuzi, un berger (Dumu-zi sipa), règne 36 000 ans sur Bad-Tibira. C'est le «Daônos poimên» de Bérose, roi antédiluvien. L'autre succède à Lugalbanda (lui aussi un berger) sur le trône d'Uruk. Il serait originaire de la cité de Ku'ara et aurait régné 100 ans. Gilgamesh est donné comme son successeur . Il est possible qu un souverain d'Uruk ait porté le nom de Dumuzi. Quant au lugal antédiluvien de Bad-Tibira, il semble qu'il s'agisse du dieu. Le mythe lui attribue pour mère Duttur et pour père le roi de Bad-Tibira. Le soleil Utu est parfois donné comme son frère, mais le personnage le plus important dans son mythe après Inanna est sa soeur GeshtInanna. Le mythe de Dumuzi se développe à travers un certain nombre de textes liturgiques. 1. Dumuzi et Enkimdu. Utu incite sa soeur Inanna à prendre pour époux le berger Dumuzi. Inanna s'en irrite, elle déclare qu'elle n'épousera pas le berger dont les vêtements sont rudes, celui qu'aime son cœur est Enkimdu le fermier. Elle se porte au-devant des deux garçons : chacun lui fait sa cour, vante ses mérites et lui dit ce qu'il pourra lui offrir. Dans le dialogue qui s'engage entre Inanna et Dumuzi et au gré duquel chacun aligne ses ancêtres, Dumuzi apparaît comme "le fils d'Enki et de Sirtur (= Duttur). Finalement, Inanna porte son choix sur Dumuzi. 2. Ce prologue au mariage, l' "hiérogamie"est complété par quatre textes poétiques présentés sous la forme de dialogues, réunis et traduits par Jacobsen sous les titres "The Sister's miessage" (- balbale), "The wiles of Women", "The Brédal shoots" et "Let Him Come!" 3. Suit le texte du mariage ou, plutôt, des préparatifs . C'est un texte où alternent les paroles des amies, d'Inanna, de Ningal, de Dumuzi et d'un narrateur. Dumuzi attend à la porte de la demeure de l'épousée tandis qu'elle se baigne, s'oint d'huile parfumée, revêt une robe, sans oublier les amulettes. Entre Dumuzi, qui s'adresse à Inanna (chaque fois intervient le narrateur qui annonce ce que va faire chacun des interlocuteurs). Dans ce texte, la première chose dont parle le fiancé est la chapelle de son dieu qu'il a apportée pour elle. D'autres poèmes d'un caractère plus brûlant et quelque peu érotique existent qui doivent trouver là leur place : Inanna ouvre la porte pour lui, dans la maison, elle brille devant lui pareille à la lumière de la lune. Dumuzi la regarde joyeusement, il presse son nez contre elle, il l'embrasse. n Inanna parle alors amoureusement à son époux, lui demandant de "labourer sa vulve", à quoi il répond " Grande dame, le roi labourera ta vulve, moi, Dumuzi, je labourerai ta vulve". 4. Ici, Jacobsen inclut un court poème qu'il intitule " Unfaithfulness ", selon lequel Dumuzi aurait trompé son épouse avec une esclave de la demeure, dont elle exige la mise à mort. Dumuzi est visiblement absent car Inanna décide ensuite d'aller le retrouver vers le désert. 5. Le Rêve de Dumuzi. Au cours d'une nuit, Dumuzi fait un rêve qui le trouble. Il demande à sa sœur GeshtInanna de le lui interpréter, et elle y voit la triste destinée de son frère. Ce dernier cherche à fuir jusqu'aux confins du désert la mort qui le guette. Mais les démons de l'enfer, les Callû, le traquent, finissent par le saisir et le mettent à mort. 6. Lamentations de la déesse. Inanna pleure Dumuzi. "Il s'en est allé mon époux, mon doux mari. Il s'en est allé mon amour, mon doux amour. Mon bien-aimé a été enlevé de la ville...". Il n'est ensuite plus question de Dumuzi, et, lorsque Inanna/Ishtar va descendre dans l'empire des morts, dominé par Éreshkigal, la raison n'en sera pas, comme on pourrait le supposer, pour rechercher son époux défunt. Curieusement, Inanna n'ayant reçu l'autorisation d'Ereshkigal de remonter au monde de la lumière qu'à condition qu'elle trouve quelqu'un qui restera à sa place en enfer la moitié de l'année, c'est précisément Dumuzi, confortablement installé sur une estrade près du pommier du "pays de Kul'aba", sur qui elle porte "un regard meurtrier " et qu'elle désigne comme celui qui descendra en enfer à sa place (Descente d'Inanna en enfer). L'aspect du mariage sacré royal s'est particulièrement développé à l'époque des rois d'Ur III, qui cherchaient à s'identifier à Dumuzi en tant qu'époux d'Inanna. L'ensemble du mythe de Dumuzi s'est formé à l'époque sumérienne et tous ces grands textes sont en sumérien. À partir du II è mill., le mythe cessera de s'étoffer, il ne sera plus que prétexte à la composition de lamentations et d'Ershemman. Il restera cependant le modèle divin des hiérogamies ainsi que de toute poésie amoureuse. Dans les textes Akkadiens, Ishtar se substituera à Inanna, sans que soit pour autant modifiée la substance du mythe.


Eannatum (a)

Seigneur (Ensi) de Lagash (v. 2454-2425). La ville de Lagash, encore obscure, était en litige depuis quelque temps avec la cité voisine d'Umma pour une question de champs à la limite des territoires qu'elles contrôlaient. La querelle s'était apaisée à la suite d'un arbitrage du souverain de Kish, Mésilim (entre 2600 et 2550). La paix semble avoir régné sous Ur-Nanshé mais la guerre reprit sous le successeur de ce dernier, père d'Éannatum, Akurgal. Le règne d'Akurgal fut bref et peut-être est-ce au cours d'un combat contre Umma qu'il perdit la vie. Eannatum se porta contre l'armée d'Umma, défit son roi, Ush, qui sans doute trouva la mort dans cette guerre. Le fils de ce dernier, Enakalli, dut abandonner les terres contestées à Eannatum et lui payer un tribut en grains. C'est cette victoire que le vainqueur va commémorer dans une grande stèle dite des Vautours (fragments retrouvés à Girsu, au Louvre). Il s'agissait d'une grande stèle en calcaire qui, à l'origine, mesurait en hauteur plus de 1,80 m. Elle est sculptée sur les deux côtés : sur une face, on voit le monde terrestre avec les guerriers de Lagat progressant en rangs serrés derrière leurs boucliers et étreignant une lance, Eannatum marchant à leur tête, tout ce monde piétinant les ennemis vaincus; dans un registre inférieur, Eannatum avance sur son char à quatre roues, suivi de ses guerriers; devant eux, un vol de vautours, qui a donné son nom moderne à la stèle; au bas, un fragment de relief où sont entassés les corps des morts de Lagash qu'on va ensevelir, avec une scène de sacrifice. Sur l'autre face, on se trouve dans le monde divin: le dieu Ningirsu tient d'une main une massue, de l'autre il étreint un aigle léontocéphale (Anzû) auquel est attaché un grand filet où sont pris, comme des oiseaux, les guerriers d'Umma. Bien qu'en partie perdue, la longue inscription qui accompagne les scènes figurées représente le document le plus important sur le règne d'Eannatum. Le prince se donne pour père le dieu Ningirsu et pour mère la déesse-mère Ninhursag, dont il suça le lait. Au cours d'un rêve, Ningirsu vint visiter Eannatum pour lui dire combien les "bandes pillardes" d'Umma l'avaient irrité (il implique aussi Kish, qui aurait été ulcérée par l'attitude d'Umma). Ainsi commence la guerre afin de venger le dieu. Après sa victoire Éannatum, qui ne cesse de répéter qu'il est très sage et qu'il a offert en sacrifice deux colombes à Utu, a fait lever un talus pour marquer la nouvelle frontière de son domaine, qui est celui de son dieu Ningirsu. Il ne semble pas qu'Eannatum se soit contenté de cette seule victoire. Il aurait aussi repoussé une attaque des Elamites, vaincu Ur et Uruk, reçu des mains d'Inanna la royauté de Kish, porté ses armes jusqu'à Mari et au Subar (l'Assyrie ?) selon la longue inscription d'un galet. Il semble aussi avoir eu une activité architecturale. Son action a finalement fait d'une obscure bourgade une cité dominante parmi les villes du Sumer.


En

Mot sumérien dont le sens est "seigneur". Il est étymologiquement apparenté à ensi et il entre dans la formation de nombreux noms de dieux et d'anthroponymes. Gilgamesh est dit "en" de Kullab. Comme ensi, "en" devait revêtir un sens religieux. Le père de Gilgamesh est un hillû (démon) on de Kullab , titre que Jacobsen traduit par "grand prêtre". La fille de Sargon, Enlieduana, est élevée au rang de grande prêtresse (-en) du temple d'Akkad. Le grand prêtre d'Ishtar à Uruk avait le titre d'en et son temple s'appelait é.g~i6.pàr.en.na "Maison giparu du prêtre-en". C'est aussi un titre donné à des souverains étrangers, comme le seigneur (en) d'Aratta dans le poème "Enmerkar et le seigneur d'Aratta".


Enki

Dieu Sumérien dont le nom signifie "seigneur de la terre" . En tant que tel, il réside sur Du-ku, colline primordiale. C'est pourtant aussi un dieu des eaux souterraines lié à l'Apsû : une de ses épithètes est " cerf de l'Apsû". Il a été identifié à Éa, avec qui il a été confondu lors du syncrétisme suméro-akkadien.- Dans le panthéon mésopotamien, il naît de l'union d'Anu et de la déesse Nammu, et il est le frère jumeau d'Ishkur. De son union avec Damgalnuna naissent Marduk, Asarluhi, Enbilulu, Adapa, la déesse Nanshé. Il fut très tôt identifié à Nudimmud, nom par lequel on le désigna également. Il est aussi invoqué sous le nom de Nintiku. Son identification à Éa fait que de nombreux hymnes sont adressés à ce dernier. Il est cependant associé à Nisaba dans une composition hymnique à l'occasion de la fête des moissons mais il n'est invoqué que dans le dernier vers : "Ô père Enki, il est doux de te louer" . Son principal temple était l'é.abzu à Éridu. Un temple du même nom lui était consacré à Pasirra. L'é-abzu était desservi par un clergé composé de dignitaires dont nous connaissons quelques appellations sans très bien connaître les fonctions qu'elles recouvrent : enkum, ninkum, abgal et abrig; l'une des tâches de ces deux derniers était de porter à la bouche de la statue du dieu des offrandes destinées à la lui ouvrir : miel, crème de lait, résine de cèdre. Il existe en revanche plusieurs textes mythiques où Enki joue un rôle essentiel. Enki et Ninhursag. Mythe sumérien connu par des tablettes des époques d'Ur III et paléobabylonienne. Il en subsiste 284 vers, soit presque la totalité. Le mythe se situe à Dilmun, un lieu où tout semble endormi où ne coule pas d'eau. Enki s'y établit avec la déesse Ninsikila, «la dame pure «, une déesse dilmunite. Cette dernière s'étant plainte du manque d'eau "l'habile Enki, devant Nintu la mère du pays emplit toutes les rigoles de son Sperme" et de son sperme inonda les cannaies". Le dieu ne se contente pas de distribuer ainsi sa faconde virile, il la déverse dans le giron de Ninhursag d'où naquit Ninsar,"Dame des plantes vivrières". La jeune Ninsar étant ensuite allée se promener le long de la lagune, Enki la vit et dit à son page Isimud : "Ne baiserai-je pas cette jeune et jolie fille, ne baiserai-je pas cette charmante Ninsar?". A quoi le page, bon courtisan, lui répond de la baiser . Enki monte alors dans sa barque et il va déverser son sperme dans le giron de la jeune fille qui donne le jour à Ninkura, dame des plantes à fibres. Ainsi, de proche en proche, le dieu féconde chaque fois la déesse sortie du sein de celle qu'il a fécondée, créant tous les éléments indispensable au développement de la civilisation. Il goûte ensuite les plantes pour fixer leur destin. Mais Ninhursag est furieuse contre Enki à cause de son comportement et le voue à la mort. Intervient alors le Renard qui lustre son poil, farde ses yeux au khôl avant d'aller trouver la déesse. Il y a une lacune dans le texte qui ne permet pas de savoir comment, finalement, Ninhursag prend Enki sur son giron et le guérit de divers maux en créant chaque fois une divinité. "qu' est ce qui te fait mal mon frère - Mon crâne me fait mal. Eh bien je crée pour toi le dieu Aba-u .Qu' est ce qui te fait mal mon frere? Mes cheveux me font mal... Eh bien! je crèe pour toi la déesse Ninsikila..." Enki fixe ensuite le destin (et les fonctions) de ces nouveaux dieux. Enki ordonnateur du monde. Texte poétique sumérien conservé dans plusieurs manuscrits fragmentaires (de Nippur) formant un tout incomplet de plus do 450 lignes. C'est un poème complexe de caractère incantatoire constitué de quatre parties. Il débute par un cantique à Enki " Seigneur Sublime "en tout l'univers Souverain par nature O vénérable Enki! né du Taureau, engendre par l'Aurochs cheri d' Enlil le Grand Mont bien aime du saint An(u)" . Le recit loue ensuite le dieu pour son action bénéfique et créatrice qui a donné l'opulence aux hommes. Puis Enki fait son autoglorification, ce qui permet de connaître ses filiations, ses épithètes, ses fonctions. Il prend ensuite place dans une barque pour aller sur la lagune visiter son domaine. Il est alors question du pays de Magan et de Dilmun , avec leurs boutres chargés à ras bord. Sont décrits tout le cérémonial d'embarquement et l'arrivée de la barque divine à Sumer, dont Enki va fixer le destin. Il aborde à Ur, "la cité sainte " dont il fixe le destin, puis à Nippur (en passant, il fixe le destin de l'Elam). Il crée l'Euphrate et le Tigre en éjaculant et l'eau qu'il produisit ainsi est chatoyante, suave et capiteuse" . Suit une longue litanie de toutes ses créations depuis l' agriculture jusqu 'à I'architecture, le régime administratif des terres sans oublier naturellement I'écriture. Le tout forme selon le jugement averti de Jean Bottéro une ample composition de style soutenu animée d'un souffle lyrique littérairement achevée . Enki et Ninmah : Mythe sumérien connu par des manuscrits fragmentaires : tablettes d'Ur III et copie bilingue d'époque néo-assyrienne. Alors que les deux textes précédents peuvent être regardés comme des cosmogonies, celui-ci est plutôt une anthropogonie. Il s'agit de la création de l'homme, même si le poème commence par la création primordiale : « Ces jours-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été [séparés] - Ces nuits-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été désassemblés]... « Suivent la création des Anunna(ki)... Mais le façonneur de tous les grands dieux, Enki, en son profond Engur (autre nom de l'Apsû) houleux, où nul dieu ne plonge le regard, demeurait vautré au lit : il n'arrêtait pas de dormir «...Les dieux s'en étant plaints, Nammu, "la mère primordiale", vient tancer le dieu, l'engage à agir et lui cite les divinités qui seront ses auxiliaires (Ninniali en premier; puis Ninimma, shuzianna, Ninmada, Niobara, Ninmug, Musargaba et Ninguna). Enki et Ninmah s'enivrent alors de bière, se mettent le coeur en gaieté et Ninmah défie Enki de corriger la nature des hommes qu'elle tente de créer. Mais elle échoue dans ses créations, sept fois, et c'est finalement Enki qui crée leurs destins . Voyage dEnki à Nippur. Dans ce petit poème de caractère liturgique, Enki va faire un voyage à Nippur pour rendre une visite à Enlil. Ces visites rituelles d'un dieu à un autre dieu, qui se faisaient dans la réalité avec la statue du dieu, lequel ou laquelle allait d'un sanctuaire à un autre dans une ville voisine, étaient accompagnées d'une sorte de livret liturgique. Il est d'abord question du palais construit pour le dieu dans l'Apsû, dont le page Isimud fait une description debout face au palais : Ô demeure construite en argent et en lazulite l Toi dont les fondations sont plantées en l'Apsû, duquel le prince te chérît... Ces stances se terminent par une évocation d'Éridu, la cité du dieu: «Lorsque Enki eut fini de construire Éridu, masse artistement couronnée, qui semble flotter sur les eaux, au rivage, il s'adossa à la roselière, (se reposant) en son verger amène, plein de fruits, où nichaient les oiseaux, tandis que folâtraient les carpes, parmi les tendres plantes aquatiques et que les cyprins frétillaient entre les jeunes pousses de gizi ! ". Enki (en fait sa statue) s'embarque et parvient à Nippur dans le gigunnû, sainte chapelle de Nippur. Là, Enki offre un banquet à Enlil, son père, dans le sanctuaire de Nippur au menu, bière, vin, bière d'épeautre, bouillie de malt ( ?), sirop de dattes... Les gobelets pleins à verser, les dieux (en réalité leurs prêtres) trinquent au ciel et à la terre aspirant posément aux hanaps débordants (creux comme) des chaloupes. En fait, il s'agit de vases dans lesquels on plonge les chalumeaux courbes pour aspirer le liquide). À la fin du banquet, Enlil donne aux Anunna la raison de cette liesse et de cette visite : Enki s'est fait construire un palais à Éridu, «le saint lieu où nul ne peut entrer e. En réalité, il s'agit, sans doute, de l'inauguration de l'é.abzu d'Éridu. Inanna et Enki. Ce texte sumérien n'est connu que par un seul manuscrit, complété par quelques fragments. C'est, assure Jean Bottéro, "une pièce interminable et littérairement médiocre" , mais elle a l'avantage de nous donner une longue liste de tous les pouvoirs, les "me" que reçut Inanna et qu'elle déposa à Uruk. Le cadre de l'histoire est une visite que la déesse décide de rendre à l'Apsû d'Enki à Éridu. Comme pour la visite que fit Enki à Enlil, la réception de la sainte Inanna (qui fît route toute seule e vers Érîdu) commence par un banquet. Enki fait alors la liste, à son page Isimud, de tous les cadeaux qu'il va faire à sa fille Inanna, qui ne sont autres que les "me" : le Pastorat et la Royauté, les Offices d'Egîzi, de Nindîngîr, d'Itîb, de Lumali et de Gudu, la Véridicité, la Descente aux Enfers, l'Habit polychrome, la Chevelure rejetée sur la nuque... Et, avant de dire le don Enki introduit la citation par: " Par mon prestige , par mon Apsû , à la sainte Inanna ma fille, je vais offrir, sans que nul m'en empêche" , etc. Et c'est Enki qui conclut (derniers vers) à l'adresse de la déesse : Qu'à la porte de ton saint Gipar le grand prêtre passe ses journées en liesse Et que les citoyens de ta ville, les enfants d'Uruk, y vivent agréablement. Quant à toi, ta ville demeure dûment alliée à Erîdu : aussi la restaura-t-on en sa situation première !".


2 images

Enmerkar

Ce personnage mythique n' est connu que par le cycle épique dont il est le héros. La LRS le donne comme le fils et successeur de Mes-kiag-gaser, "qui alla dans la mer et en sortit vers les montagnes"; elle lui attribue la fondation d'Uruk et un règne de 420 ans. Contrairement à son successeur, Lugalbanda, qui lui est associé dans plusieurs épopées, il n'apparaît pas comme un personnage divinisé, il n'a eu ni temple ni culte. Ce qu'on est convenu d'appeler le cycle épique d'Enmerkar comprend quatre petites épopées : Lugalbanda et Enmerkar (ou lÉpopée de Lugaléarida), où il n'a qu'un rôle secondaire, Lugalbanda et la caverne de la montagne ( Lugalbanda), "Enmerkar et Ensukushsiranna", et "Enmerkar et le seigneur d'Aratta". Dans "Enmerkar et Ensukushsiranna" ce dernier, dont le nom est aussi lu Ensuhkeshdanna, est un "En" d'Aratta, qui porte ici un nom bien sumérien. Il envoie dire à Enmerkar, seigneur d'Uruk, de le reconnaître comme son suzerain et de lui faire parvenir la statue de la déesse Inanna. Enmerkar lui répond qu'il est favori des dieux, que la déesse doit demeurer à Uruk, et il le somme de se soumettre à lui. Ensukushsiranna convoque alors son conseil pour savoir ce qu'il convient de faire. Le prêtre-mashmash de la cité demande que lui soit confiée une Hotte avec laquelle il se fait fort de soumettre Uruk. Il prétend réussir par sa magie. Mais, parvenu dans la région d'Uruk, le prêtre rencontre deux bergers de la déesse Nidaba et une vieille sorcière appelée Sagburru. Leur discussion se termine par la mort du prêtre, dont le corps est jeté dans l'Euphrate. En apprenant cette défaite l'En d'Aratta se soumet a Enmerkar. Enmerkar et le seigneur d'Aratta. Enmerkar,qui est donné comme fils d'Utu, le Soleil, est, de ce fait, le frère de la déesse banna, qu'il prie de l'aider à soumettre Aratta pour que son peuple édifie des temples dans Uruk et Kullab. Viens ici, lui répond la déesse, écoute mes instructions, et puisses-tu suivre mes avis laisse-moi te dire un mot et puisses-tu m'entendre. e Elle lui trace alors son itinéraire vers Aratta, par Zubi et les montagnes d'Anshan. Enmerkar envoie un héraut pour ordonner au seigneur d'Aratta de se soumettre. Après un long voyage, le héraut parvient à Aratta et communique le message àl'En d'Aratta. Ce dernier refuse toute soumission et fait son propre éloge. Puis il charge le héraut de porter un défi en combat singulier avec le champion choisi par Enmerkar. Ce dernier relève le défi, mais sans même en connaître l'issue il exige de l'En l'envoi d'or, d'argent et de pierres précieuses pour le temple d'Inanna à Uruk, et il menace de détruire Aratta ai ses habitants n'apportent pas les pierres pour construire le temple. Dans ces échanges de défis et de menaces, ce qui paraît le plus remarquable, c'est qu'est fait à Enmerkar l'honneur d'avoir le premier écrit des messages sur des tablettes d'argile (1.500 sq.). Le texte se poursuit avec de nombreux épisodes susceptibles de fatiguer le lecteur (plus de 640 lignes) sans qu'on en connaisse la fin avec certitude, bien que, suivant les restitutions proposées, l'affaire se termine par un hymne à la louange d'Inanna. En fait, il semblerait que dans le cycle d'Enmerkar ce ne soit là que le deuxième épisode, lequel va se poursuivre avec le siège d'Aratta par Enmerkar et la prise de la cité, ce qui est le sujet de l'épopée de Lugalbanda.


Ensi - ensîk.

Terme sumérien lu jadis patesi, auquel on attribue le sens de chef e, s seigneur e, bien qu'il ait évolué à travers le temps et ait impliqué diverses acceptions. Son correspondant en akk. est issakku, qui a le même sens. A l'époque archaîque, c 'était le nom du chef d'un village, dont le premier devoir était d'administrer les biens du dieu tutélaire, les fonctions civiles et religieuses étant alors étroitement liées. Renouvelé chaque année, il était s choisi par le dieu parmi toute la population de l'agglomération. Outre ses fonctions religieuses, sa principale occupation était d'organiser les travaux des champs, et de veiller à l'irrigation et à l'observation du cycle agricole. Après que la royauté (LUGAL) se fut imposée, il semble que les ensi n'aient plus été que de hauts fonctionnaires au service du roi, des gouverneurs de village ou de terres agricoles. Ainsi, lors de sa guerre contre Uruk, Sargon déclare avoir capturé cinquante ensi et le roi (lugal) lui-même (il s'agit de Lugalzagesi). Pareillement, à l'époque d'Akkad, les ensi ne sont plus que des gouverneurs au service du roi d'Akkad. Sous la domination d'Ur III, l'ensi représente la plus haute autorité civile dans les villes et les provinces, dépendant toujours du roi. Mais il n'a aucune autorité militaire celle-ci étant exercée par un sakkana, souvent choisi parmi les fils du roi. Le terme est aussi utilisé pour désigner les souverains de contrées étrangères. Ainsi sont mentionnés des ensi d'Anshan de Zabshali, du Subartu. Le terme sous sa forme akkadienne d'is~a~lzo (mais écrit avec l'idéogramme sumérien d'ENSI), sera utilisé encore en Babylonie et en Assyrie. En Babylonie, il désigne plus couramment une classe privilégiée de fermiers à l'époque d'Hammurabi. Dans l'Assyrie du IIe milI., c'est un titre que prend parfois le souverain, qui apparaît comme un intermédiaire entre le dieu, véritable souverain, et les hommes ainsi, sur une tablette de Kanesh lit-on : A-sirki LUGAL Si-lu-lu ENSI' ASirk< «(la ville d')Assur est roi Silulu est l'ensi d'Assur .


Entéména

Ensi de Lagash ( -2404 -2375). Il paraîtrait que son nom devrait être lu En.mete.na (Alster 1974). À la mort d'Éannatum son frère Enannatum lui succéda sans grand éclat. Il eut pour héritier son fils Entéména. Umma Vaincue par Éannatum, avait repris les hostilité5 contre Enannatum, qui, peut-être, périt au cours de cette guerre. Sur un cône d'argile, Entémena fait en détail le récit de la querelle entre les deux villes depuis le temps où Ush, prince d'Umma avait provoqué le casus belli en déplaçant la stèle que Mésalim, roi de Kit, appelé en arbitre, avait installée pour marquer la frontière entre les deux principautés rivales. On voit que c'est avant tout une affaire de possession de champs d'orge qui était l'enjeu de la querelle. Eannatum y avait mis fin en infligeant une sévère défaite aux gens d'Umma. Ila, un prêtre de Zabalam qui avait pris le pouvoir à Umma, vola 3 600 guru de l'orge de Lagash et déclara que le "talus-frontière" était à lui. L'inscription reste ensuite elliptique et laisse penser qu'Entéména rétablit l'ancienne frontière au détriment d'Umma. Il ne put cependant reprendre la politique de conquête de son oncle et fit alliance avec LugalKinishedudu, le roi d'Uruk, qui dominait aussi les cités de Kish et d'Akshak. Ses inscriptions révèlent surtout un roi constructeur qui fit bâtir de nombreux temples pour Ningirsu, Enki, Eniil, Nanshé, et des palais. Il «façonna e aussi de nombreuses statues de divinités. Il rétablit l'ordre, car il semblait qu'une forme d'anarchie s'était installée : «Il affranchit Lagash, à la mère il rendit son enfant, à l'enfant il rendit sa mère. «Il semble aussi que les richesses affluaient vers la ville, car il alla jusqu'à bâtir à Urub, pour LugalUruba (surnom de Dumuzi, vénéré à Urub), un palais qu'il recouvrit d'or et d'argent, et il offrit sur le parvis du palais de l'argent, des lapis-lazuli, vingt boeufs et autant de moutons. Les fouilles de Tellô/Girsu ont rendu un très beau vase d'argent au nom d'Entéména (Louvre). Sa panse est entièrement gravée de quatre représentations de l'aigle léontocéphale liant les animaux sauvages, lion, cerfs et bouquetins. Un fragment de vase conserve le torse en relief d'une déesse assise sur un trône tenant dans sa main droite un régime de dattes. Son épaisse chevelure s'étale sur ses épaules et sa poitrsne en boucles serrees et sa tete est ceinte d une sorte de couronne pourvue de cornes sur les cotes Il semblerait qu il s' agisse de la deesse de la Datte Nona.


Ershemma

Forme de poème religieux lyrique sumérien du type de la lamentation. Le mot sumérien ersemma signifie «plainte (ou lamentation) du tambour en akk. haîhallatu), une sorte de timbale ou de grand tambourin fait d'une peau tendue sur une base en métal:cuivre, bronze, voire or. L'ershemma est un texte liturgique écrit en émésale, dialecte que l'on retrouve dans tous les cantiques de ce genre, accompagnés par une musique ou scandés par des bruits sourds de tambours. Ces pièces relativement courtes formant une unité littéraire étaient certainement psalmodiées par les femmes à l'époque sumérienne. Mais, àpartir de l'époque babylonienne, elles seront intégrées dans la liturgie des prêtres kalu. L'ershemma est, avec la lamentation,l~un des deux principaux genres littéraires rédigés en émésal, et ils seront pratiqués jusqu'à la fin du Ier mill. Une autre caractéristique propre à ce genre est qu'il s'adresse exclusivement à des divinités, jamais à des souverains. Parmi ces dieux, les plus souvent invoqués sont, dans l'ordre (copies conservées des IIe et Ier mill. confondus): Enlil, Inanna, Dumuzi (uniquement au IIe mill.), Asarluhi, Ninurta, Ishkur, Gula, Marduk (uniquement au Ier mill.), Utu. Une série d'autres divinités n'ont qu'un seul ershemma, bien que cela ne soit pas significatif dans la mesure où toute statistique dans un tel domaine est contingentée par le hasard des trouvailles. À partir des incipit connus on a pu établir un catalogue de 194 ershemma . Trois catégories de sujets dominent dans les textes conservés : narrations fondées sur des thèmes mythologiques, plaintes à propos de catastrophes et hymnes de prières. Les catastrophes étant dues à Enlil, il était naturel qu'il ait été le plus souvent invoqué. Les sujets myth9logiques traités sont: la destruction de l'Eanna, le temple d~Anue et d'Inanna à Uruk, la capture et la mort de Dumuzi, la capture et la mort de Nergal, l'engagement de Ninisina, l'engagement de ~~énda, l'épouse d'Utu, l'investiture d'Ishkur Ishkur met fin à une famine . Bien que les prêtres-kalû aient pu unir la récitation d'un ershemma à celle d'une lamentation du genre balag, la structure de ces deux catégories de textes est très différente. Comme le note Mark Cohen, l'ershemma est une composition compacte, bien structurée, centrée sur un seul thème, tandis que le balag est une oeuvre longue, quelque peu décousue, parfois même sans aucune histoire de base. Nombreux sont les kirugus des balags qui forment des unités indépendantes du corps du texte.


Exaltation d Inanna

Un texte incomplet, connu par deux tablettes (dont une fragmentaire) du Louvre et une de la Bodleian Collection d'Oxford , a conservé une partie d'une importante liturgie d'Inanna/Ishtar. Le texte est bilingue, sumérien et akkadien, quoique avec des variantes de l'une à l'autre langue. Il provient d'une collection de textes appartenant au temple d'Anu» et d'Antu à Uruk». Bien que sa dernière rédaction soit d'époque séleucide, il conserve un rituel sans doute très ancien. François Thureau-Dangin, qui apublié, transcrit et traduit le texte , le lie a un rituel provenant du même lieu dont le colophon déclare : " Document[s] relatif aux règles cultuelles de la divinité suprême, aux rites sacrés, aux observances du cérémonial royal ainsi qu'aux rites du [culte) divin du Bit Res, le grand sanctuaire de l'E-an-na, et des temples de Tir-an-na, aux fonctions des exorcistes, psalmistes et musiciens... " De son côté, Stephen Langdon (RA 1915) a publié un hymne appartenant à la même série dont il donne le titre par lequel les Mésopotamiens appelaient le texte, selon son incipit: nin-mag~ tisu-ni gi r-ra (sum.) = belit sIrtu sa edissi-sa gasrat (transcription Langdon), ce qui signifie : " Haute dame qui seule est puissante ". Le titre d'Exaltation d'Inanna est cependant parfaitement idoine, car ce texte est une sorte d'assomption de la déesse. Le texte ne débute qu'avec la troisième tablette les deux premières constituaient, pense-t-on, une sorte de prélude (?): Anu, le saint et le grand, dont la parole est sans fin, les grands dieux en assentiment et prière se courbent devant lui comme des faucilles : Si tu parles, tu es juste, ô prince, ô seigneur dont la bouche s ouvre,si tu parles, tues favorable, ô Anu, ton ordre sublime passe avant tout autre: qui dirait non? O père des dieux, ta parole est le fondement du ciel et de la terre ». Ce discours des dieux tend à rappeler à Anu qu'il s'est uni à Inanna/Ishtar et qu'il conviendrait qu'il la haussât jusqu'à lui dans le ciel, qu'il en fît son antu, son égale,qu'elle s'élève jusqu'à son nom". Ainsi, au moyen de la force du rite renouvelant l'événement mythique, la a jeune femme Ishtar »(ardattim dls'tar) va s'élever à travers les trois zones du ciel régentées par Éa», Enlil et Anu, jusqu'au zénith, recevant chaque fois les pouvoirs (me) des dieux, jusqu'à devenir l'égale d'Anu dans le monde stellaire.


Éa

Divinité akkadienne, identifiée à Enki. Son nom a été expliqué par le sumérien é.a, e maison de l'eau s, bien qu'il s'agisse d'une divinité sémitique. Cyrus Gordon fonde son étymologie sur la racine ouest-sémitique hyy-hwy, "vivre" , la forme ouest-sémitique de son nom serait Hay(y)a E-um, «le Vivant», par référence à son intervention lors du Déluge, grâce à laquelle il a sauvé l'humanité par l'intermédiaire d'Utanapishtim. Bien que son syncrétisme avec Enki ne permette de reconstituer ses caractères originaux que d'une manière hypothétique, il conservait des aspects qui lui étaient propres, sans qu'on puisse savoir s'ils sont primordiaux. Seigneur du savoir et de la sagesse (bêl uzni), il était regardé comme le dieu de la Magie (mas-mas ila~ni), invoqué par les exorcistes, les devins et les sorciers. "Ea, roi de l'Apsû, qui trouve le [bon] conseil, je suis le conjurateur, ton serviteur. Va à ma droite, viens à l'aide à ma gauche, joins ton incantation pure à mon incantation, joins ta bouche pure à ma bouche, rends efficace ma parole pure, assure le succès à ce que dit ma bouche . Il est le créateur plein de sagesse, l'ornement de l'E-abzu (son temple à Eridu, construit par Ea d'Ur), le plus expert des Igigu, celui qui apporte l'eau en abondance, grâce à qui la campagne devient fertile : s Dans les champs tu produis la vie pour les gens; Anu et Enlil avec joie jubilent à ton sujet, les Annunaku te bénissent dans leurs lieux saints... aux grands dieux tu donnes conseil» . Il compte toujours parmi les grands dieux (dans Adapa, l'Epopée de Gilgamesh, Nergal et Ereshkigal, (l'Ênuma élish). Dans les rituels et les incantations magiques, il est souvent associé à Shamash et Marduk, dont il est regardé comme le père par les Babyloniens. Dans une prière inscrite à l'entrée de son temple à Dur-sharrukin, il est invoqué sous le nom de Nintiku, épithète qui signifie "prince",«chef». Outre l'é.abzû à Éridu, son temple principal, et l'é.ès.mah dans cette même antique cité sumérienne, il avait des chapelles dans plusieurs sanctuaires Êsagil à Babylone et en plusieurs lieux de cette ville, à Ur, dans le bit rês d'Uruk. La ziggurat d'Eridu, lui était consacrée. Des listes lui attribuent des temples anonymes à Larsa, Uruk, Nêmed-Laguda, Kisurra.


écriture

Trois grands types d'écritures ont été inventées qui ont couvert l'ensemble des langues du Proche-Orient asiatique : cunéiformes, hiéroglyphiques et alphabétiques. Cunéiforme : Ce nom, donné parles archéologues modernes, vient de la forme on s coin (du latin cuneus) de ce type d'écritures. Les scribes antiques utilisaient de fins roseaux (calames) dont l'extrémité était triangulaire pour écrire sur des tablettes d'argile crue, qu on mettait peut-être ensuite à cuire, ce qui fixait définitivement les textes ainsi écrits. Une pression de l'extrémité du calame imprimait un triangle prolongé généralement par un trait tracé avec le roseau penché, ce qui permettait de ne marquer l'impression qu'avec l'une des trois pointes du bout triangulaire. L'invention de cette écriture, la plus ancienne encore connue, est due aux Sumériens et remonte aux derniers siècles du IV miii. Les premières tablettes, provenant du site sumérien d'Uruk, ne présentent pas des cunéiformes mais des pictogrammes, représentations figurées d'un mot: pour exprimer la tête, on dessinait d'une manière schématique une tête, pour l'hirondelle, un oiseau, pour le cochon, une tête de cet animal et, pour le dieu du Ciel, une étoile stylisée. Ainsi sont utilisées les parties du corps humain, les représentations d'animaux, de plantes, d'instruments divers, etc. Cette écriture, dite pictographique, apparaît à l'époque dite d'Uruk IVa. Quelques rares éléments grammaticaux permettent d'affirmer que la langue ainsi exprimée est un sumérien archaïque. La nécessité, pour les scribes, de tracer rapidement ces dessins les conduit bientôt à les schématiser avec les traits en forme de clou, si bien que, rapidement, ils perdent leur aspect linéaire et se transforment on écriture cunéiforme. C'est ce qui s'affirme au cours de la période suivante, Uruk III, dont une strate est identifiée à la période de Jemdet Nasr. Les premiers lexiques apparaissent à cette époque, prouvant qu'il s'agit bien du sumérien. Mais les idéogrammes ne peuvent réellement exprimer tous les mots d'une langue. Les mots furent divisés en syllabes et ce sont ces syllabes qu'ont rendues les caractères cunéiformes issus des anciens idéogrammes. Les éléments monosyllabiques dominant dans la langue sumérienne, le passage au syllabisme on a été facilité. Dès lors, les cunéiformes vont exprimer les syllabes constituant les mots. Lorsque les Sémites Akkadiens vont s'imposer, dans la seconde moitié du IIIè mill., l'administration akkadienne va devoir adapter les syllabaires Sumériens à la langue nouvelle. De l'akkadien et de ses syllabaires procèdent directement l'assyrien et le babylonien, avec le même type d'écriture cunéiforme. Il convient cependant de noter que ces signes cunéiformes ne restent pas figés et varient légèrement selon les scribes et les époques. À l'est de la Babylonie, l'Élam, après quelques essais de création d'une écriture proche des cunéiformes (proto-élamite, dès l'acropole 1 de Suse, qui correspond à Uruk III, avec un développement à la phase suivante marqué dans les archives de Suse, contemporaines d'Uruk IV) dès la seconde moitié du III mill. adapte à sa langue les syllabaires cunéiformes suméro-Akkadiens. Cette écriture cunéiforme s'éloigne au fur et à mesure de son évolution propre, des cunéiformes de la Mésopotamie. Nombreux sont les autres pays ou royaumes qui adoptent les cunéiformes pour exprimer par écrit leur propre langue. C'est le cas des Hourrites ou encore de l'Urartu, au début du 1er mill., des Hittites, qui simplifient le syllabaire pour donner une valeur phonétique à la plupart des signes. Cependant, chronologiquement, ce sont les scribes des rois d'Ébla qui, au milieu du IIIè mill., adaptent les cunéiformes Sumériens à leur langue sémitique. Il on a été de même sans doute de toutes les petites cités-États de la Syrie, comme en témoignent, à une époque plus tardive, les textes des archives d'Ugarit. Quant aux cunéiformes, repris sous la forme de syllabaires dans les inscriptions monumentales de la Perse achéménide, ils seront utilisés jusqu'au début de l'ère chrétienne en Mésopotamie. Hiéroglyphes. On emploie conventionnellement le terme de hiéroglyphes pour désigner une ou des écritures pictographiques de l'Asie Mineure. La plupart de ces pictogrammes représentent des parties du corps humain (pieds, mains, têtes...) et des têtes d'animaux (chevaux, boeufs, chiens, porcs, lions, oiseaux, poissons), ou encore des objets mobiliers... Ces hiéroglyphes "dits" Hittites apparaissent au XIVè s., concurremment avec les cunéiformes, ces derniers restant largement majoritaires, en particulier dans les archives sur tablettes. Bien que leur lecture reste encore sujette à discussion, ils recouvrent sans nul doute la même langue d'origine indo-européenne, mais déjà très modifiée, qu'est le nésite (voir Hittites, langues). Les inscriptions en hittite hiéroglyphique vont se développer surtout à partir de l'époque dite néo-hittite, au début du 1er mill., en particulier à Karkémish. On connaît un bilingue en hiéroglyphes Hittites et en cunéiformes Akkadiens, désigné sous le nom de "sceau de Tarkondémos", fausse lecture de l'akkadien tar-qu-mu-wa, jadis lu tar-kumdim-mo. Il s'agit d'un sceau hémisphérique en argent où est représenté au centre un personnage debout, entouré de six signes hiéroglyphiques, dix signes cunéiformes étant inscrits dans un bandeau circulaire qui entoure l'ensemble : il a été utilisé comme outil pour la transcription des hiéroglyphes Hittites. Cependant, c'est le texte bilingue de Karatépé qui a réellement permis une première approche de l'interprétation des hiéroglyphes Hittites. Ils sont généralement écrits dans le sens appelé boustrophédon, c'est-à-dire de droite à gauche (ou inversement) pour la première ligne et dans le sens opposé pour la ligne suivante, comme les sillons tracés par les paysans avec une charrue attelée à un boeuf (d'où son nom d'origine grecque). Bien que, apparaissant à l'époque de l'Empire hittite, ce soit surtout après sa chute qu'ils vont être utilisés à la place des anciens signes cunéiformes, ils recouvriront souvent une langue voisine du hittite, le luwite.(voir alphabet, langues).


4 images

Épopée de Lugalbanda

Cet autre poème, bien plus étoffé, semble être la suite du poème précédent. Il est intitulé "Épopée de Lugalbanda" par son éditeur, C. Wilcke (1969), et "Lugalbanda et l'oiseau du tonnerre" par son traducteur, ThorkildJacobsen (1987). L'oiseau du tonnerre n'est autre qu'Anzû, qui vit dans des montagnes appelées Zubi ou Sabum. Lugalbanda erre dans ces montagnes où il trouve le nid d'Anzû avec ses enfants, qu'il soigne. ce dont lui est ensuite reconnaissant l'oiseau mythique, qui lui donne sa bénédiction. Il est remarquable que le narrateur répète à plusieurs reprises que Lugalbanda est un homme, aimé de ses descendants, comme si le poème était écrit afin d'humaniser l'ancien dieu, dans la mesure où Lugalbanda serait une ancienne divinité et non un ancien roi divinisé et "mythisé". Lugalbanda retourne ensuite au camp d'Enmerkar, qui assiège en vain la ville d'Aratta. Le roi demande alors un messager pour rentrer à Uruk afin d'obtenir l'aide de la déesse Inanna. Lugalbanda est le seul qui accepte cette difficile mission, qu'il remplit avec l'aide de l'oiseau. Puis la déesse confie à Lugalbanda le secret de la puissance de la ville qui lui permet de résister à ses assaillants il s'agit de capturer un certain poisson et de le donner à manger aux soldats, car c'est en lui que réside la vie de la cité. Le texte est incomplet, mais on comprend que c'est ainsi, grâce à Lugalbanda, que la ville fut prise. La structure du poème reste sujette à discussion, mais il semble qu'il soit nettement divisé en deux parties, peut-être unies en une seule oeuvre, dont la première concerne les relations du héros avec l'oiseau et la seconde celles qu'il entretient avec Enmerkar (d'où son autre titre de "Lugalbanda et Enmerkar").


Ésagil (a)

"Maison dont le sommet est haut" (sum. é.sag~.il), tel est le nom du temple de Marduk à Babylone. Il se dressait face à l'enceinte dans laquelle était enfermée la grande ziggurat appelée é .te.me .en~.an.ki, «Maison fondement (plate-forme) du ciel et du monde souterrain (ou de la terre) e, axis mundi qui reliait les mondes humain et divin. Entre eux passait la voie sacrée qui conduisait à la porte d'Ittar et jusqu'au temple extérieur de l~Akitu. L'Ésagil aurait été construit (ou reconstruit) par le roi amorrite de Babylone, Sabium (-1844 -1831), détruit par Sennachéribe, reconstruit par Assarhaddonc et complété par Assur-banipal, enfin restauré à plusieurs reprises, au point qu'il existait encore à l'époque parthe (1er s av. JC.IIe s. de notre ère). Le sanctuaire proprement dit, dédié à Marduk et à sa parèdre Sarpanitum, mesurait 79,30 x 85,80 m. Nana et Nabû y avaient aussi leurs chapelles. Il jouxtait un autre complexe de 89,40 m sur sa façade nord et de 116 m sur sa façade sud. Dans ce dernier bâtiment étaient aménagées des chapelles consacrées à Éa, Anue, Nusku, Sîne. Les plafonds, Si l'on en croit une inscription de Nabuchodonosor, étaient soutenus par des poutres en cèdre revêtues d'or et d'argent. Des tablettes babyloniennes recueillies dans diverses fouilles (Sippar, Uruk,Assur) ont conservé une partie d'un texte que les modernes ont intitulé Chronique de l'Esagil. Il a été rédigé entre la fin du îîe mili. et le début du millénaire suivant. C'est une histoire, en grande partie légendaire, de l'Esagil, tout à la gloire de Marduk. Après une longue introduction emplie de voeux, l'auteur évoque la succession des dynastes des villes du Sumer et d'Akkad qui eurent ou perdirent la royauté selon leur piété à l'égard de Marduk, lequel était totalement inconnu des Sumériens de ces époques anciennes. C'est ainsi qu'on en arrive à une légende relative à 5argon d'Akkad : «A propos du vin des coupes à libation de l'Esagil, Ur-Zababa ordonna à Sargon, son échanson : "Change [-le]." Sargonne changEa pas le vin; au contraire, il prit grand soin de le livrer diligemment à l'Ésagil. Marduk, le fils du prince de l'Apsû (Enki), posa sur lui son regard bienveillant et lui confia la roya-uté sur les "quatre rives". Il prit soin de l'Esagil. "Fous (ceux) qui résidaient dans des palais [apportèrent] leur tribut à Babylone ". La tablette de l'Esagil du Louvre (AO 6555) nous a aussi conservé de nombreux éléments concernant le temple avec les mesures de son parvis (101,5 x 80,29 m env.), celles de la base de la ziggurat (Etéménanki), tous ces éléments devant rester secrets, comme l'indique une recommandation: «Que l'initié à l'initié la montre ! Le profane ne doit pas la voir." On a conservé tout un rituel concernant les cérémonies pratiquées dans le temple au 9è mois de l'année (Kislîmu nov/déc) parallèle à celui de l' Akitu au mois de Nissanu.


Gilgamesh

Roi mythique d'Uruk (vers -2700), héros de tout un cycle épique. Nom écrit "gis-bil-gin-mes" ou simplement Gis-bil, qu'on interprète comme "le vieil homme qui est un jeune homme". GILGAMESH DANS L'HISTOIRE : La LRS fait de Gilgamesh le quatrième roi d'Uruk après le fondateur de la cité, Enmerkar, Lugalbanda et Dumuzi. Elle le dit fils d'un démon-lillû, un grand prêtre de Kullab. Il aurait régné 126 ans et son fils Ur-Nangal(ak) lui aurait succédé. Ce dernier aurait régné seulement 30 ans et il aurait transmis le pouvoir à son fils Utulkalamma(k), lequel n'aurait régné que 15 ans. Dans l'inscription du roi d'Uruk Utu-hégal, il est dit fils de la déesse Ninsun(a) et donné par Enlil pour protecteur d'Uruk et de son roi (Thureau-Dangin 1912, 115, col. III, 1. 1-2 IRSA 131). Ninsun, dont le nom signifie dame de la vache sauvage «, était le parèdre de Lugalbanda, dont on fait aussi le père du héros. Le règne d'Utu-hégal se situe entre 2123 et 2113. C'est la première fois qu'est mentionné Cilgamesh, déjà considéré comme un dieu, et lié à Uruk. Ainsi peut-on apporter de sérieuses réserves à la LRS, qui en fait un roi d'Uruk, d'autant que la plus ancienne inscription - après celle d'Utu-hégal - où il est mentionné vient d'Ut: il s'agit d'un pied de vase en marbre dédié par Ur-Nammu (ca. 2112-2095) à Gilgamesh, seigneur de DIM. CICk<, son maître (IRSA 138). Cilgamesh a-t-il réellement été un homme divinisé pour le moins dès la fin de l'époque akkadienne, ou, au contraire, était-ce une divinité mal définie, peut-être originaire de Kullab, que le roi d'Uruk aurait prise comme protecteur avant que l'auteur de la LRS en fasse un roi mythique de cette cité ? Il est à remarquer que les deux documents de caractère plus ou moins historique qui le mentionnent comme roi ayant existé ne datent tous deux que de la dynastie d>Isîn, au début du IIe mill. Le premier est la LRS, le second est la chronique de Tummal, où il est dît que Gilgamesh reconstruisit le gipar (le numunburra) du temple d'Enlil à Nippur. C'est-à-dire que les documents qui militent en faveur de l'historicité du personnage sont plus récents de huit siècles que les dates de règne qu'on lui assigne. LA LÉGENDE : Outre la grande épopée et les petits poèmes qui constituent son cycle épique, deux légendes se sont constituées qui n'ont pas inspiré, semble-t-il, d'oeuvre poétique : la naissance et le devenir du héros après sa mort. Élien, érudit grec qui vivait au IIe s. de notre ère, a écrit un ouvrage sur la Nature des animaux où il rapporte (XII, 21), à propos de l'aigle, que le roi de Babylone Seuekhoros avait été averti par l'un de ses devins que sa fille mettrait au jour un garçon qui usurperait son trône. C'est un thème bien connu de la littérature grecque. Il fait enfermer Seuekhoros sa fille dans une acropole où elle est étroitement surveillée afin qu'elle n'ait pas de rapports avec un homme. Ce qui ne l'empêche pas de tomber enceinte et de mettre au monde un garçon. Les gardes, redoutant la colère du roi, se saisissent du bébé et le jettent dans le vide. Mais un aigle l'attrape au vol et va le déposer dans un verger où le surveillant le recueillie et l'élève. Élien nous apprend que cet enfant, appelé Gilgamos, devint roi. Il est possible que la source d'Élien ait été Bérose, et, comme on l'a proposé, que la lecture du nom du grand-père de l'enfant, Seuekhoros, soit amendée en Euekhoros ce qui serait une corruption du nom d'Enmerkar. En tout cas, l'origine de la légende est certainement mésopotamienne et semble rassembler l'histoire d'Étana enlevé par l'aigle et celle de Sargon élevé par un jardinier. Dès le début de la IIIe dynastie d'Ur, Gilgamesh apparaît comme un juge des Enferse, ainsi que l'atteste la descente dans l'empire d'Éreshkigal du roi Ur~nammu. Un texte magique l'invoque comme le seigneur des régions infernales : « Gilgamesh, roi suprême, juge des Anunnaki, prince judicieux [...] qui scrute les régions du monde, régisseur du monde souterrain, seigneur du [monde] inférieur; tu résides dans les Enfers et tu rends le verdict final... Shamash t'a confié les jugements et les décisions. En ta présence, les rois, les gouverneurs et les princes se courbent, tu surveilles les omens les concernant et fais part de tes décisions ". Gilgamesh et Agga : Voir Agga. Gilgamesh et la terre du Vivant : (incipit sumérien: en-e-kur-lù-ti-la-s~è), traduit aussi sous le titre de G., Huwawa et la forêt des cèdres. Lùtila, «le Vivant e, désigne FIuwawa (Humbaba, géant de la montagne, dans le texte akkadien de l'Épopée). Pièce de 204 vers. Gilgamesh accompagné d'Enkidu, son serviteur; et des guerriers d'Uruk, dont sept fils d'une mère unique, se rend dans la terre du Vivant afin d'« entrer dans la montagne pour se faire un renom e, ainsi qu'il le dit à Enkidu. Il offre un sacrifice à Utu, lui adresse une prière à laquelle le dieu répond avec beaucoup d'affabilité, puis il se met en route avec sa troupe. Ils entrent dans les montagnes, abattent des cèdres, provoquent la colère d'Huwawa, qui lance contre le héros son éclat et l'endort. Réveillé et furieux, Gilgamesh jure par la vie de sa mère, Ninsun, et de son père, le pur Lugalbanda, puis, après une petite discussion avec Enkidu, se porte contre Huwawa. Suite de discours, capture du géant, dont finalement Enkidu tranche la tête, qui est placée dans un sac en cuir; ce qui provoque la colère du dieu Enlil. Tout se termine heureusement avec des laudes à Gilgamesh, Nisaba,et Enkidu. Gilgamesh et le taureau du ciel : Des 140 vers du poème original, il ne subsiste que des fragments. Inanna, fort fâchée contre Gilgamesh sans qu'en soit donnée la raison (elle est d'ailleurs livrée dans l'Épopée, où la déesse fait des avances au héros et se voit repoussée sous un flot d'injures), demande à son père de disposer du Taureau céleste pour mettre à mort Gilgamesh L'animal divin ravage Uruk, et il est finalement tué par Gilgamesh, qui le dépèce, distribue sa viande aux femmes pauvres, et utilise sa patte pour frapper banna, qui prend la fuite. Gilgamesh Enkidu et l'Enfer : Poème sumérien appelé aussi Gilgamesh au pays des morts ou encore Gilgamesh et l'arbre-huluppu. Le début du poème raconte l'histoire de l'arbre appelé huluppu (- arbres stylisés). Pour remercier Gilgamesh de son intervention, banna lui offre une baguette et un cerceau ou une boule et un maillet . Alors qu'il joue avec ces objets (sans doute un jeu de caractère rituel), boule et maillet tombent en enfer. G. envoie son serviteur Enkidu les chercher (- Enfers), ce qui donne lieu à une saisissante description du royaume des morts par Enkidu, lequel n'en peut plus sortir, semble-t-il, car il n'est plus rien dit du devenir de l'ami fidèle, ni, d'ailleurs, de ce qu'il est advenu des objets qu'il était allé chercher. Le poème se termine par un acte rituel (?) de libation de C. face au soleil Utu. La Mort de Gilgamesh : Poème sumériendont il subsiste deux fragments sur un ensemble qui comptait entre 300 et 450 lignes (calculs hypothétiques selon les auteurs). L'oeuvre est divisée en deux parties A et B par son éditeur et traducteur Samuel N. Kramer; séparées par une grande lacune. Il manque le début et l'on a la fin de la partie B A:Gilgamesh est très malade, près de la mort. Il fait un rêve au cours duquel il comparait devant l'assemblée des dieux, où sont évoqués ses exploits connus par l'Épopée. B: une quarantaine de lignes parfois incomplètes donne une liste de personnes constituant semble-t-il le personnel de son palais (destiné à le suivre dans la tombe ?) puis une séried'offrandes aux dieux (Érefflhkigal, Namtar;Dimpikug, Néti, Enki et Ninki, etc.).Malgré son état, l'intérêt de ce texte est qu'il rapporte comment, grâce à ses mérites, le héros, bien que mortel, est destiné à connaître une vie éternelle dans les Enfers comme juge des morts. La Lettre de Gilgamesh : Exercice d'école d'époque assyrienne (VIIe s. ?) de 45 lignes trouvé en trois exemplaires à Sultantepe. Le colophon donne la signature du scribe:"Adad-mushammer jeune apprenti, fils de Nergal-Tukulti le scribe. C'est une lettre soi-disant écrite par Gilgamesh, qui se dit roi d'Ur à un roi dont le nom est illisible pour exiger de lui qu'il aille chercher au pays (imaginaire ?) d'Érish et lui faire apporter ensuite ce qui parait être une sorte de tribut exorbitant 70 000 chevaux noirs avec des taches blanches, 40 000 jeunes taureaux, 50 000 attelages de mulets, 100 000 ânes chargés de cèdre, 20 000 pots d'asphalte, 30 000 pots de beurre, 30 000 brocs de vin, des dizaines de milliers de talents de fer; d'argent, de cuivre, d'or..." L'Épopée de Gilgamesh : Incipit akkadienne de la version ninivite: Sa naqba imuru = "Celui qui a tout vu".Le texte a d'abord été connu parles tablettes assyriennes trouvées dans la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Cette version dite ninivite a été précédée de premières versions babyloniennes remontant au deuxième quart du IIè mill. La notoriété du poème était déjà immense au milieu de ce même millénaire puisqu'on en a retrouvé des fragments àtravers tout le POA, d'HIattusa à Megiddo, d'Ugarit à Sultantepe. Le texte le plus complet est celui de l'époque nénassyrienne (ninivite, env. 1 500 lignes.) De la version paléobabylonienne, il reste un peu moins de 500 lignes et, de la version néobabylonienne, à peine une cinquantaine. Le poème est divisé en onze tablettes de longueurs inégales chacune correspondant à ce qu'on pourrait appeler, selon la terminologie classique, un chant. Dans leur traduction Tournay et shaffer ont indu une douzième tablette qui est le texte mettant en scène Gilgamesh en enfer. C'est cette version, où sont exploités les textes babyloniens et Assyriens, que je suis dans le bref résumé présenté ici. I. Prologue. Gilgamesh terrorise les gens d'Uruk. Les dieux lui suscitent un rival dans l'homme sauvage, Enkidu, qui est apprivoisé par une courtisane. Il. Rêves de Gilgamesh : Enkidu vient à Uruk. Il combat Gilgamesh. Les deux hommes deviennent amis. Ils décident de partir en expédition dans la montagne des cèdres pour tuer Humbaba. III. Préparation de l'expédition précédée de petites scènes relatives aux craintes d'Enkidu, encouragé par les exhortations de Gilgamesh Départ précédé de conseils des anciens d'Uruk et de consultations d'Utu. IV En marche vers la forêt des cèdres. Série de songes de Gilgamesh Rencontre furtive d'Humbaba, crainte d'Enkidu, exhortations de Gilgamesh. V Dans la forêt des cèdres. Rencontre d'Humbaba, nombreux discours mise à mort du géant. VI. Amour d'Ishtar pour Gilgamesh, qui lui adresse un long réquisitoire à propos de tous les hommes qu'elle a humiliés dans sa passion érotique. Colère de la déesse qui suscite le Taureau céleste. Combat de Gilgamesh et d'Enkidu contre le Taureau, qui est mis à mort. Malédiction d'Ishtar. VII. Maladie et songes d'Enkidu, qui meurt. VIII. Pleurs de Gilgamesh et litanies funèbres, offrandes au soleil. IX. Deuil et songe de Gilgamesh, qui part à la recherche de la plante d'immortalité. Il pénètre dans un monde mystérieux où il a affaire à des hommes-scorpions, traverse le bosquet des dieux et, parvenu au bout du monde, rencontre la cabaretière divine Siduri. X. Dialogue avec Siduri, en particulier àpropos du bonheur et où la cabaretière donne comme conseil de se réjouir nuit et jour et de faire de sa vie une fête sans souci de l'au-delà. Avec l'aide de Siduri, C. est emmené par un nocher par-delà la mer jusque chez Ut-Napishtim, l'homme devenu immortel, qui a sauvé la semence des vies humaines et animales lors du Déluge. XI. Ut-Napiilhtim fait le récit du Déluge et dit comment Enlil lui a accordé l'immortalité. Ut-napishtim dit ensuite à Gilgamesh comment il pourra découvrir la plante d'immortalité, laquelle se trouve au fond de la mer. Gilgamesh va la cueillir en attachant à ses pieds de lourdes pierres. Possesseur de la plante, Gilgamesh décide d'en faire l'essai sur un vieillard d'Uruk avant d'y goûter lui-même. Erreur fatale, car; alors qu'il est allé se baigner dans une fontaine un serpent avale la plante, et à peine l'a-t-il engloutie qu'il rejette sa vieille peau pour une nouvelle jeunesse. Désespoir de C., qui rentre sagement vivre entre les siens le reste de son âge. Texte : J. Bottéro, l'Épopée de Gilgamesh,~ 1992 : avec trad. des fragm. des versions anciennes. R. J. Tournay et A. shafer 1994.


2 images

Gipar

Nom de la résidence de la prêtresse entu et du prêtre en (enu) dans leur temple. Il semblerait qu'à l'origine le terme sumérien ait désigné une pièce où était conservée la nourriture du foyer ou du clan . On y pratiquait les rites de fertilité et d'hiérogamie du prêtre et de la prêtresse, de sorte que le lieu est devenu leur résidence : c'est dans le gipar que se sont par la suite déroulés les rites du mariage sacré. Dans l'hiérogamie entre Inanna et Dumuzi, on voit la déesse qui, àla, porte de lapis-lazuli du gipar; dans l'Eanna, le temple d'Anu et d'Inanna à Uruk, rencontre le prêtre en, figurant le dieu . Plusieurs " maisons " de prêtres en et de prêtresses entu sont connues sous le nom d'égipar (é).g~i6-pàt: l'un se trouvait dans l'Esagil de Babylone, un autre était le siège de Ningal à Harran, probablement dans le é bul hûl celui de l'Éanna d'Uruk est souvent mentionne «O Eanna, O saint Gipar, Je suis Inanna ,O Eanna, O saint Gipar,Je suis la dame de l' Eanna. Cependant, l' Egipar le mieux connu celui qui a pu etre retrouvé au cours de fouilles est celui d Ur. Deux giparu y sont connus celui de la grande prêtresse de Nanna et celui de la grande prêtresse de Ningublaga. Le second n'est attesté que par une inscription, mais les ruines imposantes du premier ont été rendues au jour. Lors de sa découverte, Leonard Woolley y a vu le temple de Ningal et l'a désigné comme le gipar-ku . Il s'agit d'un grand bâtiment carré de 79 x 76,50 m pourvu d'une entrée monumentale au nord-ouest et d'une petite entrée au sud-est. L'espace intérieur, délimité par les murs massifs du bâtiment, est occupé par un ensemble de cours et de galeries sur lesquelles s'ouvrent de nombreuses pièces, le tout formant une géométrie labyrinthique. Bien qu'il ait existé un gipar à l'époque d'Ur III, celui-ci ne remonte qu'à l'époque d'Isin-Larsa (début du IIe mill.). Les textes liés à ce monument révèlent que la grande prêtresse était choisie dans la famille royale. Ainsi, les deux grandes prêtresses connues de l'époque paléobabylonienne sont Ena-anatuma, fille du roi d'Isin Ishme-Dagan ( -1953 -1935), et En-ane-du, soeur des rois de Larsa Warad-Sîn (-1834 -1823) et Rim-Sîn (-1822 -1763).


Gudéa

: Ensi de Lagash(v. -2141-v. -2122). Il succède à son beau-père Ur-baba (Ur-Ba'u), en tant que seigneur de Lagash. Ce dernier avait entrepris de rendre à sa principauté son ancienne puissance en dépit de la domination des Guti, en totale décadence il est vrai, et à relever de ses ruines Cirsu, détruite par Lugalzagési. Bien que Gudéa.htm">Gudéa nous ait laissé un nombre considérable d'inscriptions, on connaît surtout son règne par l'impulsion qu'il a donnée àla sculpture et à l'architecture de sa principauté, dans laquelle, malgré son simple titre d'ensi, il semble avoir joui d'une totale indépendance, même vis-à-vis d~Uruk où régnait Utu-hégal. Son indépendance et sa puissance sont soulignées par l'expédition militaire qu'il entreprit contre Anshan et l'Elam : "Il battit par les armes les villes d'Anshan et d'Elam et il amena leurs dépouilles à Ningirsu dans l'é.ninnu (statue B de Gudéa). Son activité pacifique est, elle, prodigieuse. Il a construit, ou reconstruit, dans tout le territoire de Lagarh, une trentaine de temples et de chapelles dans des sanctuaires détruits pour la plupart d'entre eux par Lugaîzagesi (liste dans George 1993, index). Mais ses plus grands soins furent portés à la construction et à l'embellissement du temple de Ningirsu, l'é.ninnu (Maison des cinquante - sous-entendu oiseaux Anzû blancs), à Girsu. C'est à la suite de l'intervention du dieu en personne au cours d'un rêve qu'il entreprit cette magnifique construction, dont il ne subsiste que de pauvres ruines. Le dieu déclare à Gudéa : «Mon temple, de son éclat les contrées seront couvertes, son nom depuis les limites du ciel rassemblera les contrées et des montagnes fera sortir Magan et Mélukhkha. Visiblement, Cudéa voulait faire de ce temple et de la cité sacrée de Girsu le centre du Sumer. Il ne ménagea aucun effort pour ériger un monument magnifique: des montagnes d'Argent (Amanus, Liban), il fit venir le bois de cèdre et de buis, les pierres de taille d'Élam, des artisans spécialisés ; de Dilmun, de Magan et Mélukhkha, le cuivre, l'or; la cornaline, la diorite et encore du bois. Ce qui laisse supposer que les routes du commerce étaient redevenues sûres et qu'il disposait de grandes richesses. Ce temple et sans doute les autres constructions furent ornés de ces stèles, de ces vases à reliefs et surtout de ces statues de l'Ensi, soit assis, soit debout, dont on a retrouvé une douzaine, pour la plupart en diorite, qui révèlent combien l'art de la sculpture avait atteint la perfection. Ces statues, dont l'une, parmi les plus remarquables, dite de l'architecte au plan (statue B), représente Gudéa assis, un plan de son temple sur les genoux, portent des inscriptions plus ou moins longues . Outre ces inscriptions, il convient d'ajouter toutes celles qu'on trouve sur des stèles, des objets (masses d'armes) et, surtout, deux longues inscriptions sur deux grands cylindres . Sur l'un (A) est rapporté le songe de Gudéa.htm">Gudéa et la manière dont il a construit le temple ; l'autre (B) concerne le train de maison de Ningirsu dans son temple. Un petit autel votif, en schiste, constitué d'un pied cylindrique supportant un plateau circulaire creusé en cuvette, nous fait connaître le nom de la femme de Gudéa, Nin-alla. : A (la déesse) Ba'u, la gracieuse, sa dame, pour la vie de Gudéa, ensi de Sirpurla, Nin-alla, sa femme, a voué [cet autel] . ICONOGRAPHIE. Gudéa est le personnage dont on a retrouvé le plus de statues à la suite des fouilles de Tellô. Les principales sont recensées : statue colossale, personnage assis, architecte su plan, architecte à la règle, petite statue assise, statue (debout) aux larges épsules, statue aux épaules étroites, petite statue debout; elles sont toutes dépourvues de tête. Sont complètes : la petite statue assise, le Gudéa adorant (anépigraphe). Toutes se trouvent su Louvre. Ce dernier musée possède aussi quelques têtes. Des statues debout complètes sont à Copenhague dans des collections particulières (Gudéa au vase jaillissant, statuette debout...). Cette liste est évidemment loin d'être exhaustive.


14 images

Guti

Peuple montagnard du Zagros. Le territoire qu'il occupait, vers le nord du Luristan, dans les hautes vallées de la Diyala et de la Khéka, est appelé Gutium. Ces montagnards éleveurs de bétail effectuaient des raids de pillage dans la vallée des deux fleuves lors des derniers siècles du III miIl. C'est ce qui semble justifier l'expression utilisée à leur propos dans la LRS de «horde guti «: ki-su-lu-ub[-gar] gu-tu. Dans la 'Malédiction d'Akkad , les Guti sont présentés comme un peuple insoumis et le Gutium comme "le pays [dont le peuplej est innombrable, le pays qui ne peut souffrir de domination". Ce sont sans doute ces descentes ravageuses, qui n'eurent qu'un temps, qui imposèrent une image négative des Cuti aux sédentaires du Sumer. shar-kali--sharrî, aux alentours de 2200 conduisit une expédition militaire contre le Gutium au cours de laquelle il captura leur roi sharlak. Mais déjà des Cuti étaient intégrés dans les armées akkadiennes. Ce sont eux qu'on rend responsables de l'installation d'une période d'anarchie après la mort de shar-kali-sharri, vers 2193 : «Innombrables comme des sauterelles, ils fondirent sur le sol. Leur bras enserra la plaine pour lui (Enlil, qui les aurait envoyés en punition) comme un piège pour le bétail. Rien n'échappait à leur bras, nul ne se sauvait de leur bras "Malédiction d'Akkad". Ont-ils, en déferlant de leurs montagnes, mis à «feu et à sang « tout le pays de Sumer? Dominèrent-ils plus ou moins longtemps les grandes cités de Sumer et Akkad, Umma, Adab, Larsa, Lagash, Kish, Ur? La question reste obscure. Jean-Jacques Glassner , qui énumère les diverses hypothèses proposées Ipar les assyriologues, rappelle que, cependant, l'archéologie ne marque aucune rupture, aucune trace de destructions massives entre la période d'Akkad et celles qui suivent aussi bien sous les princes de Lagash que sous les rois d'Ur III. C'est cependant à eux qu'il faut faire crédit de la fin de la domination d'Akkad. Le site de la capitale de l'empire n'ayant pas été retrouvé, il est bien possible que ce soit cette seule cité qui ait été mise à sac, ce dont la "Malédiction d'Akkad" semble avoir conservé l'écho. Et la chute de la dynastie de Sargon a libéré les cités tributaires, de sorte qu'il n'y a plus eu de pouvoir central modérateur. La LRS, qui note la chute du fils de Narâm-Sîn après un règne de 25 ans , demande ensuite: "Qui était roi? Qui n'était pas roi ?". Et son auteur pose la question de savoir si c'était Igigi, Nanum, Imi, Élulu..., énumérant 1 rois qui auraient régné 181 ans. Ce n'est qu'après un retour à une monarchie unifiée avec Ur-nigin(ak) d'Uruk et ses quatre successeurs, sur un espace de 30 ans, que la royauté, nous apprend la LRS, passa "à la horde du Gutium"; et l'auteur donne une liste de 21 rois qui auraient régné en tout 91 ans et 40 jours. Ces rois gutis s' akkadisèrent, sans qu'on puisse réellement les situer aussi bien chronologiquement que géographiquement. Il semblerait que leur autorité ne se soit exercée que sur la région drainée par la Diyala, car on sait que la cité d'Akkad se releva bientôt de ses ruines, Si tant est qu'elle ait été ruinée, et que des rois Akkadiens continuèrent la lignée de Sargon, tandis que prospéraient sous leurs ensi des villes comme Ur, Lagasl et Uruk. Il est possible que l'un des rois donnés comme ayant régné sur Akkad (?) pendant la période d'anarchie, Élulu, soit le même que le roi Guti cité dans la liste de LRS, Élulumesh, comme l'ont suggéré Jacobsen et Jean Bottéro. C'est finalement un roi d'Uruk, selon la LRS, Utu-hégal, qui "battit avec les armes" la horde de Gutium, vers -2120 : "Gutium, le dragon des montagnes, l'ennemi des dieux, qui la royauté de Sumer dans les montagnes avait emporté, qui Sumer d'hostilité avait rempli, qui à l'époux son épouse avait ravi, qui aux parents leurs enfants avait ravi [...] Enlil, le roi des contrées, de détruire jusqu'à son nom à Utuhégal, le mâle fort, le roi d'Uruk [...] donna mission ". Les Gutis ne disparaissent pas pour autant. Ce sont eux qui sont encore évoqués comme prédateurs dans la "Lamentation sur la destruction de Sumer et d'Ur", et, dans les imprécations finales, il est demandé que la tornade qui a ravagé Sumer afflige la terre ennemie du Gutium . Le nom du Gutium va se perpétuer à travers les siècles, Si bien que, dans la Chronique de Nabonide il est question de Gobryas (Ugbaru), gouverneur du Gutium, qui prit Babylone avec l'armée de Cyrus. Une inscription babylonienne relative à ce même Cyrus déclare qu'il soumit les hordes manda (c'est-à-dire les Mèdes), le pays guti.


Hammurabi

Roi de Babylone (-1792 -1750). Il est le sixième des onze rois composant la 1ère dynastie (amorrite) de Babylone. VIE ET RÈGNE. Son père, Sin-muballit (-1812 -1793), avait, en quelque sorte secoué l'inertie dans laquelle était restée la ville sous ses prédécesseurs, qui n'avaient pas cherché à étendre leur domaine. Il avait engagé une politique d'expansion qui sera énergiquement achevée par Hammurabi. Selon une liste annuelle de ses actes, celui-ci commença par rétablir la justice dans le pays en décrétant le misharum. Les six premières années de son règne furent consacrées à des constructions de caractère religieux : un trône pour le dieu Nanna, une enceinte sacrée, deux temples. Ses guerres ne commencèrent que la septième année avec la conquête d'Uruk et d'Isin ou régnait Rim-Sîn (-1822 -1763). Au cours des quatre années suivantes, il conquiert le pays d'Émutbal, Malgia, Rapiqum et shalibi, enfin Marien -1759, mettant fin au règne de Zimri-Lim. Encouragé "par un oracle d'Anu et d'Enlil", qui marchent devant ses armées nous dit la chronique de sa 31e année, il force Sumer et Akkad à lui obéir. Il entreprend ensuite des campagnes en direction du nord, vers Eshnunna et le Subartu, de l'est vers les Gutis et l'Élam. Parallèlement à ces travaux guerriers, il ne cesse de construire temples, murailles, non seulement à Babylone, mais dans les cités du royaume, en particulier à Sippar, fait creuser ou aménager des canaux des digues, mille travaux d'utilité publique. LE CODE : Mais sa grande œuvre est le célèbre Code qu'il fera graver sur une grande stèle (act. au Louvre), et qui reflète l'état de la société de son temps. Dans le long prologue du Code, il se présente comme le pasteur, l'élu d'Enlil, celui qui apporte opulence et prospérité. Et il mentionne les villes, qui, outre Babylone, ont profité de ses bienfaits : Nippur, Eridu, Ur, Sippar, Larsa, Uruk, Isin..., à quelques exceptions près toutes les grandes villes du Sumer et d'Akkad. Ce prologue révèle que le Code a été gravé dans les dernières années de son long règne, mais nombre de lois avaient déjà été promulguées, comme le montrent des tablettes qui en conservent des fragments, lesquels présentent parfois des versions différentes de celles qui sont connues par le Code. La disparité des villes de l'empire, qui devaient aussi avoir leurs lois propres, lois dont s'est inspiré en partie le Code, a conduit le roi à faire graver dans la pierre pour les générations futures un ensemble de lois qui devaient désormais s'imposer, comme, toutes proportions gardées, le code théodosien et ensuite les pandectes de Justinien ont constitué un corpus législatif applicable à tout l'Empire romain (d'Orient), faisant la synthèse de toutes les lois et d'édits antérieurs. Il convient cependant de noter les imperfections de ce code, malgré les avantages qu'il présente et les progrès dont il témoigne au profit du droit, car, du fait même de ses origines et de l'amalgame qu'il représente, on y trouve de nombreuses lacunes, des redites et même des contradictions. Il constitue cependant le premier effort d'établissement d'un droit de caractère général, voire universel pour son époque, puisque devant s'appliquer à des populations très diverses, unies par la force sous l'autorité d'un seul prince, mais sanctionnée par les dieux.


5 images

Inanna

Déesse sumérienne identifiée à l'Ishtar sémite. C'est la principale déesse du panthéon mésopotamien. Il est possible qu'elle n'ait été, à l'origine, que la déesse de l'Amour c' est-à-dire de ce courant universel qui conduit les êtres à s'unir pour la reproduction, mais qui fait aussi germer les plantes dans la terre. Son aspect guerrier et destructeur serait propre àIl,î>tar, qui, en se syncrétisant avec Inanna, lui aurait conféré cet attribut redoutable. Il convient néanmoins de remarquer que ces deux manifestations ne sont pas incompatibles, la mort étant la fin de la naissance, la destruction, ne serait-ce que par le temps, celle de la création. Son nom, qui semble dérivé de Ninanna (sum.), signifierait "dame du ciel", et inclurait le nom divin d'An, dont elle devient la hiérodule (voir Exaltation d'lnanna) ; elle est alors la "hiérodule des cieux" (nu-u5-gig-an-na) et la "vache du ciel exaltée" (ô-sùn-zi-an-na). C'est à l'évidence une très ancienne divinité car son nom apparaît dès la période d'Uruk au lVè mill. sous l'aspect d'un faisceau de roseaux dont l'extrémité supérieure forme une boucle. C'est son symbole qu'on retrouve au DA dans des représentations de sceaux et sur des fragments de terre cuite, de part et d'autre des toits oblongs de constructions en roseau ces toits sont parfois surmontés par un mât pourvu de chaque côté de trois boucles : c'est le signe (cunéiforme) mhz par lequel elle est désignée. Elle est très souvent mentionnée dans les inscriptions du DA. Dès -2450, Lugal-tar-si, roi de Kish, la déclare "reine des déesses" . Il semble que sa cité d'origine soit Uruk, où elle a son temple principal, l'é.an.na ("Maison du ciel"), qu'elle partage avec An, mais elle est largement vénérée dans tout le Sumer. Éanatum (dont le nom signifie "digne de l'E-anna") se déclare l'aimé de la déesse par qui il a reçu la domination de Lagash et de Kish. Elle prend plus encore d'importance à l'époque d'Akkad , ou la fille de Sargon Ier, Enhéduana, donne le ton en lui consacrant des hymnes et des prières. Bien qu'il s'agisse de copies plus tardives, le fait que ces textes soient attribués à ce personnage historique marque l'expansion de son culte à cette époque, qui pourrait bien être celle où ses attributs sont doublés de ceux d'Ishtar à laquelle elle est identifiée. À l'époque d'Akkad, où elle apparaît sous le nom d'Anunîtum, elle est la divinité d'Aktup (ville non localisée) sous le nom d'Aktupîtum, et elle règne aussi sur la ville de Zabalam, voisine d'Umma. Dans un balbale, la déesse rappelle toute l'étendue de sa domination : " Mon père m'a donné le ciel, il m'a donné la terre, je suis la reine du ciel [...] À Uruk, l'Éanna est à moi à Zabalam le (temple) Gigunna est à moi à Nippur le Duranki est à moi, à Ur l'Édilmuna est à moi à Girsu l'Eshdamkug est à moi, à Adab l'Ésharra est à moi, à Kish le Khursagkalamma est à moi, à Kisiga l'Amashkuga est à moi, à Aksak l'Anzagar est à moi, à Umma l'Ibgal est à moi, à Akkad l'Ulmash est à moi. Parmi les dieux, en existe-t-il un, un seul, qui puisse se comparer à moi ? " . Les diverses théogonies lui attribuent une nombreuse parentèle. Quoique déclarée la hiérodule d'An, elle est aussi donnée comme sa fille, mais elle est encore dite la fille d'Enlil, d'Enki, de Nanna, et la soeur d'Utu et d'Ereshkigal. En revanche, elle n'a pas de parèdre. Si Dumuzi occupe une place capitale dans son mythe en tant qu'amant, il n'apparaît pas comme un époux auprès de qui elle n'aurait plus qu'un rôle secondaire. C'est une déesse dominante qui règne même sur les dieux, qui n'a ni mari ni progéniture. Lorsque, dans le mythe d'Anzû, les dieux appellent shara l'enfant d'Ishtar, il faut comprendre par ce terme le "chéri", et nullement le fils né de son sein . Elle est la divinité antique à qui est consacré le plus grand nombre de sanctuaires sous son nom et sous celui d'Ishtar. C'est aussi la divinité qui intervient dans le plus grand nombre de mythes, soit à titre secondaire, soit dans le rôle principal. (voir Agushaya), hiérogamie (grande liturgie d'Inanna). POÈMES ET MYTHES CONCERNANT Inanna Cycle d'Inanna et Dumuzi : voir Dumuzi. Inanna et Enki : voir Enki. Descente d'Inanna dans l'autre monde : voir Enfers. La descente d'Inanna serait un rituel d'une visite de la déesse à Kutha. Inanna et Ébih. Incipit sum.: in-nin-mehua-a = Inin (banna) aux pouvoirs (me) redoutables. Poème de caractère épique de 184 vers rapportant comment la déesse guerrière combat et détruit la montagne rebelle appelée Ebih, qui ne veut pas reconnaître as domination. On y voit un étrange contraste entre l'aspect de la déesse, »jeune femme », et l'impétueuse guerrière qui, rendue furieuse contre l'Ébih, se transforma en foudre de guerre, "déverrouilla l'arsenal, dont elle repoussa la porte étincelante. Elle en tira l'altière Bataille et mit au sol l'énorme [Ouragan] ! Madame apprêta (?) ses augustes flèches et empoigna le carquois i Elle déchaîna contre l'Èbih un déluge et y lâcha l'irrésistible Vent Mauvais Madame se jeta alors à l'assaut du pays". Inanna et Shukalletuda. Poème qui subsiste presque entièrement, en quelque 300 vers, avec des lacunes. La déesse, ayant quitté le ciel pour descendre sur la terre, s'endort dans un jardin où le jardinier (?), Shukalletuda, en profite pour lui détacher son pagne - et il "la baisa et la pénétra puis il s'en retourna à l'extrémité du jardin". Au réveil, Inanna, s'étant aperçue du viol, chercha en vain son agresseur et, de colère, elle envoya trois pestes à travers le pays des Sumériens. Inanna et Bilulu : Le colophon de cette composition de 187 vers nous apprend qu'il s'agit d'un chant. Il est proche des lamentations et entre dans le cycle d'Inanna et Dumuzi. Le récit, en vers, est entrecoupé de lamentations et de passages lyriques. Le premier vers (dont la moitié forme l'incipit: edin-na ddumu~zi~mu), "Dans le désert, mon Dumuzi, j'élèverai ma complainte ", donne le ton. La déesse va ainsi dans la steppe où est mort son amant; elle arrive en présence du défunt "à la tête meurtrie", chez sa soeur Geshtinanna/Bélili. Là, elle entonne un chant funèbre (thrène). On ne sait d'ailleurs qui, dans cette pièce, est responsable de la mort de Dumuzi. En tout cas, la déesse décide de porter Sa vengeance contre Bilulu, une vieille femme qui tient une taverne dans la région. Cela à cause de son fils Girgire, qui volait les bêtes du troupeau de Dumuzi. Ainsi, Bilulu devient e l'Outre-à-eau-fraîche indispensable su désert» et son fils Cirgire »le démon et l'esprit du désert». On se trouve à l'évidence en présence d'un conte étiologique.


9 images

Khafajeh

Site de la vallée de la Diyala, à l'est de Bagdad, identifié à l'antique Tuttub. Le site couvre 216 ha avec quatre tells principaux. Le tell A, qui a été le plus largement exploré, a rendu plusieurs monuments du DA, dont le plus vaste et le plus célèbre est le temple dit ovale, daté du DA Il. Il consiste en une grande enceinte de forme oblongue (elle-même ceinte d'une muraille de même forme) à l'intérieur de laquelle sont adossés des bâtiments ouverts sur un vaste parvis. Au fond de cette cour, le temple proprement dit s'élevait sur une plate-forme à laquelle on accédait par un escalier monumental . Plus petit mais d'une grande importance était le temple attribué sans doute à tort à Sîn. Un sondage stratigraphique jusqu'au sol vierge a permis de voir que 10 monuments se sont superposés dont le plus ancien remonte à la période d'Uruk et le plus récent au DA III . L'occupation du site s'est poursuivie à l'époque d'Akkad comme le prouve la présence de bâtiments de cette époque. Sur le tell D voisin, de plus petite taille, a été bâtie une citadelle dominée par un temple de 45 x 75 m consacré au dieu Sîn de Larsa ces constructions datent de la période d'Isin-Larsa et du babylonien ancien. Des tablettes trouvées dans le temple ont permis son identification et d'y lire le nom antique de la ville, Tuttub . Au sud-ouest, le tell B, qui semble avoir été le plus récemment occupé, et où ont été mis au jour une partie de remparts et un ensemble de bâtiments, a été identifié avec la cité paléo­babylonienne de Dur-Samsuiluna (fort de Samsuiluna, construit vers - 1725). Comme le site voisin d'Ishchali, Khafajeh a rendu un important mobilier; dont des séries de plaques de terre cuite avec des reliefs représentant des scènes variées.


3 images

Kish

L'une des plus antiques villes de Sumer. Quelques-unes des plus anciennes inscriptions parvenues jusqu'à nous concernent Kish. Dans la LRS, après le Déluge, c'est à Kish que la royauté descendit une nouvelle fois du ciel. Vingt-trois rois se succèdent, régnant chacun plusieurs siècles (la LRS donne un total de 24 510 ans, 3 mois et 3 jours et demi (!), parmi lesquels est cité Étana le berger, "celui qui monta au ciel". Les deux derniers rois de cette dynastie furent En-me-barrage-si et son fils Agga. On a là le sentiment d'entrer dans l'histoire. Un fragment de vase en albâtre porte le nom de Mebaragesi, roi de Kish, qui semble bien être le même que l'Enmebaragesi de la liste royale, et Akka est devenu le héros d'une épopée. Avec lui se termine cette Ière dynastie de Kish. Uruk et ensuite Ur, enfin Awan, avant que Kish reprenne le sceptre avec sa IIe dynastie, vont à leur tour dominer Sumer, ce qui ne signifie pas une unification sous leurs rois, mais une prééminence parmi des villes qui demeurent cependant indépendantes, peut-être tributaires. Huit rois de Kish constituant la IIe dynastie règnent pendant 360 ans, avant d'être une fois encore renversés par les armes. Les inscriptions nous livrent cependant des noms de rois non mentionnés dans la LRS, qu'on situe entre - 2600 et - 2430; il s'agit d'abord d'Uhub, dont l'inscription nous apprend qu'il était fils de Pu-zuzu et qu'il vainquit Hamazi. Or Hamazi, cité dans la LRS, y est vainqueur de Kish et renversé par le roi d'Uruk En-shakush-Anna(k)... Plus important est Me-salim (vers - 2550 ?), qui a laissé plusieurs inscriptions à propos de la construction du temple de Ningirsu et du rite du burgu, qu'il a accompli. Il se dit "fils bien-aimé" de la déesse Ninhursag. Le dernier est Lugal-tar-si, connu pour avoir bâti l'enceinte du parvis du temple (?) d'Inanna. On connaît son épouse, Bara-su, et, dans une autre inscription il est dit prince d'Uruk. Il semblerait que, en réalité, comme plusieurs princes après lui, il se soit paré du titre de "roi de Kish" qui devint un titre prestigieux, impliquant une domination de Sumer et d'Akkad: ce fut en particulier le cas de Sargon, Rimush et Manishtushu. La IIIème dynastie de Kish, qu'on peut situer entre - 2450 et - 2350, aurait été fondée par Kubaba, une "femme-vin" (û-kurun-na), c'est-à-dire une cabaretière ( = taverne); il est dit à son propos que c'est "celle qui consolida les fondations de Kish " et qu'elle régna 100 ans... Si l'on en croit toujours la LRS, elle aurait été renversée par un seigneur d'Akashak, mais Puzur-Sîn, fils de Kubaba, rendit le pouvoir à Kish et le transmit à son fils Ur-zababa. Cette dernière dynastie de Kish fut finalement renversée par Lugalzagézi : on retombe alors en terrain ferme, à la veille de la prise du pouvoir par Sargon. Si prestigieux était devenu le nom de Kish que les rois suivants se parèrent du titre de roi de Kish, et l'on a pu parler d'un concept de "civilisation de Kish". Il convient de souligner que la cité, située au nord de Sumer, où Sargon vit monter son étoile et régna avant de fonder Akkad, n'était pas une ville purement sumérienne. À la frange de la partie nord de la Mésopotamie où l'on pénétrait dans le monde sémitique, Kish présentait déjà une civilisation originale où se confondaient les influences sumériennes et sémitiques, où était préfiguré le monde syncrétiste akkadien. Le site ou les sites (?) de Kish ont été retrouvés dans un ensemble de tells formant un tout gigantesque, dont les principaux sont : EI-Oheimir (ou El-Akhymer), El-Khazneh El-Bender et Ingharra. Les fouilles, restées très restreintes, il est vrai, sont décevantes dans la mesure où les découvertes ne paraissent pas à la hauteur de ce que fut une ville si prestigieuse. Des traces d'occupation au néolithique et durant l'Obeïdien ont été relevées, mais le plus ancien établissement bien attesté ne remonterait qu'à la fin du IVè mill. Les deux plus anciens bâtiments sont le palais A et le bâtiment appelé selon les briques utilisées pour sa construction "bâtiment plano-convexe" ou "palais B". Au nord de la ziggurat (dont l'un des noms était é.an.ûr.ki.tus.mah = Maison de l'horizon, demeure de l'exalté) et du temple qui lui était attaché (tell d'El­Oheimir) a été dégagé un grand bâtiment d'époque akkadienne dont la destination demeure incertaine. Les autres monuments de quelque importance sont d'époque néo-assyrienne et néo-babylonienne. Un important lot de tablettes a été recueilli dans le bâtiment appelé pour cette raison par le fouilleur " Bibliothèque du babylonien ancien". Les temples les plus importants de Kish (dont plusieurs consacrés à Zabada) étaient l'é.dub.ba (Maison de l'emmagasinage), dans lequel la déesse avait en outre des chapelles, l'é.hur.sag.kalam.ma (Maison de la montagne du pays), un temple d'Ishtar, et le temple de l'Akitu.


3 images

KuIIab

Nom d'un quartier d'Uruk. Gilgamesh est dit "seigneur (en) de Kullab", alors qu'on sait qu'il était "roi" d'Uruk. Il apparaît cependant qu'à une époque ancienne KuIlab était une cité indépendante, comme en témoigne un texte de Tellô où est mentionnée la" ville de Kullab ": ta-ru Ku-la-ab . Adam Falkenstein situe Kullab dans l'enceinte même du temple d'Anu.


Lagash

Ville de Sumer, retrouvée dans le site de Tell al-Hiba. On a cru longtemps que Lagash se trouvait dans le site de Tellô. Or il a été démontré que le riche site de Tellô était celui de la ville de Girsu, cité sainte du royaume de Lagash et sans doute sa capitale au DA III. Ce que nous connaissons ainsi de l'histoire de Lagash vient du matériel exhumé à Girsu. Le plus ancien ensi de Lagash attesté par une inscription est Enhégal (vers - 2570). Le deuxième, peut-être le successeur du précédent, Lugal-saengur (vers - 2550), est connu par une inscription du roi de Kish Mesalim, qui le cite comme ensi de Lagash. On se trouve sur un terrain plus stable avec Ur-nanshé (vers - 2494 - 2465), fils de Gunidu, considéré comme le fondateur de la dynastie de Lagash. Mais il convient de souligner que cette dynastie n'est pas mentionnée dans la LRS, ce qui laisse supposer que Lagash, malgré son importance et le fait qu'elle a été indépendante, n'a jamais occupé une situation prépondérante sur les cités de Sumer. On peut découvrir, à travers ses inscriptions, qu'Ur-nanshé a été un grand bâtisseur : temples de Nanshé, de Gadum-du(g) (une déesse-mère de Lagash syncrétisée par la suite avec Bau) et de Nin-Girsu, A-edin, fort à la bordure du désert (?), le Nin-gar, l'E-gidri, le rempart de Lagash, le Ki-nir, le Bagara, l'Es-dam, l'Apsu-gal (le grand Abzu, un sanctuaire). Sous son règne, le commerce fleurit, en particulier avec Dilmun. Cependant, il entra en conflit avec Ur et surtout Umma. La guerre avec cette dernière cité va atteindre un paroxysme avec son petit-fils, lui-même fils d'Akurgal (vers - 2464 - 2455), Eannatum qui inflige une défaite à Umma. Son frère, Enanatuma Ier (vers - 2424 - 2404), poursuit une oeuvre de constructeur, puis le conflit avec Umma reprend avec son fils Entéména . Se succèdent ensuite Enannatum Il (vers - 2374 - 2365), Énentarzi ( - 2364 - 2359) et Lugalanda ( - 2358 - 2352), qui ont perpétué la tradition de construction de leurs ancêtres. Cette dynastie se termine avec Urukagina (nom lu aussi Uruinimgina : vers - 2351 - 2342), sous le règne de qui le petit royaume prospère. Mais il est mis fin à la dynastie par Lugalzagési d'Umma. Un texte sur tablette d'argile est une sorte de lamentation sur Lagash rappelant cette fin: «L'homme d'Umma a bouté le feu au talus-frontière. Il a bouté le feu à l'Anta-sura [et] en a pillé l'argent et le lapis-lazuli. Il a tué dans le palais du Tiras, il a tué dans l'Apsu-banda, il a tué dans la chapelle d'Enlil et la chapelle d'Utu. Le texte se prolonge par la mention de tous les incendies, meurtres et pillages dont Lugalzagési est responsable pour se terminer par une malédiction au nom des dieux de Lagash . Il semble que, pendant la période de domination d'Akkad, Lagash ait continué de survivre sous des princes dont nous possédons une liste sans grand contenu. Cette petite principauté va retrouver un certain lustre sous Gudéa, vers la fin de l'époque de la domination des Guti. La ville se survit dans l'élan de cette impulsion pendant la période d'Ur III sans connaître de grandeur politique, malgré une certaine activité économique. Son déclin s'accentue pendant la période paléo­babylonienne, et elle s'éteint à l'histoire au début du Ier millénaire, bien que Girsu ait connu une pâle renaissance à l'époque parthe.


15 images

Larsa

Ville de la Babylonie, retrouvée dans le tell de Senkéré. Le tell, qui mesure 2 000 x 1 800 m sur une hauteur moyenne de 7 m, n'a été que très partiellement fouillé. Des sondages permettent de supposer que le site a été occupé à une haute époque (El-Obeïd ?), et les traces d'une construction remontant au DA ont été relevées sans que les fouilles aient été suffisamment poussées pour qu'on puisse savoir quelle était sa nature. Le plus ancien monument qui y ait été mis au jour est un grand palais construit par Nur-Adad ( - 1865 - 1850) et qui n'a jamais été occupé. Les textes concernant les premiers siècles du IIè mill. sont abondants et la chronologie des souverains de Larsa remonte jusqu'à Naplânum ( - 2025 - 2005), mais la cité n'entre vraiment dans l'histoire qu'avec ses successeurs, Emisum ( - 2004 - 1977), Samium ( - 1976 - 1942) et Zabaya ( - 1941 -1933). La ville, restée indépendante avec la disparition de l'empire d'Ur III, est alors devenue la principale rivale d'Isin qui domine la région. Gungunum (-1932 -1906) met un terme à cette domination en infligeant une défaite à Isin, alors gouvernée par Lipit-Ishtar. Gungunum conduit aussi plusieurs campagnes dans la vallée de la Diyala et l'Elam, et, vers -1925, il prend Ur et se pare du vieux titre de "roi de Sumer et d'Akkad". Il est alors maître des routes du sud, de sorte que le commerce du golfe Persique, vers Dilmun et Magan, aboutit à Larsa et non plus à Isin. Cependant, une tendance qui s'était déjà marquée sous l'hégémonie d'Isin prend une nouvelle extension grâce, peut-être à ce commerce : les entreprises privées se développent au détriment du temple et du palais. Les capitaux privés affluent et confèrent une nouvelle impulsion au commerce lointain. Gungunum a aussi favorisé le développement de l'agriculture en multipliant le système des canaux d'irrigation. Ses deux successeurs, Abisarê (-1905 -1895) et Sumuel (-1894 -1866), poursuivent dans cette voie. En vain Bûr-Sîn tente-t-il de rendre son lustre à Isin en reprenant Ur à Larsa, mais il l'évacue dans les trois mois qui suivent. Quatre rois se succèdent après Nur-Adad en une quinzaine d'années, sans laisser d'inoubliables souvenirs. Le fils d'un prince d'Iamûtbal, qui appartenait sans doute à un clan amorrite, Warad-Sîn, monte sur le trône en 1834. Après un règne de douze ans, son frère Rîm-Sîn lui succède, en - 1822. Le nouveau roi doit bientôt faire face à une coalition unissant Isin, Uruk, Babylone et Rapiqum, qu'il brise, puis il passe à l'offensive, prend Uruk et Isin. Il ne semble pas oser s'attaquer à Babylone, qui dominait une vaste région et représentait un adversaire de poids. Ce fut sans doute un tort. Hammurabi, qui succède à Sîn-muballit en -1792, mettra fin à l'indépendance de Larsa en -1763. Rîm-Sîn achevait un règne de près de 60 ans. Le palais de Nur-Adad présente cette particularité de n'avoir été jamais occupé. A peine terminé, et peut-être même avant qu'il le fût, il a été abandonné. On ignore les raisons de l'abandon d'un bâtiment de plus de 100 m de long dont la construction a requis des moyens financiers et humains considérables. Les difficultés de la fin du règne de Nur-Adad, voire sa mort, n'expliquent pas que même ses successeurs ne l'aient pas habité. Il faut alors retenir la raison évoquée par Jean Margueron, un abandon pour une raison religieuse ("malédiction, profanation"...). L'autre monument de Larsa est son temple consacré à Shamash, l'E-babbar. Il dominait le centre de la ville et, dans le tell, ses ruines s'élevaient encore à 22 m. Ce fut l'un des temples les plus prestigieux de la Babylonie. Il est mentionné dès le milieu du IIIème milIénaire par Eannatum de Lagash et a été reconstruit par Ur-Nammu vers - 2100. Il survécut à toutes les mésaventures de la cité, toujours reconstruit, jusqu'au règne de Nabonide. Il était dominé par sa ziggu-rat, l'é.dur.an.na (maison, lien du ciel). La grande prêtresse (entu) du Soleil y avait aussi son temple (?), appelé gi6.pàr.kù. Bien qu'ils restent à découvrir, Gungunum y avait construit (ou reconstruit?) un temple d'Ishtar et un autre consacré à Gula, la déesse d'Isin. De son côté, Rîm-Sîn avait édifié un temple pour Adad.


7 images

Lugalbanda

Roi mythique d'Uruk, père de Gilgamesh, dont le nom signifie "roi fougueux". Dans la LRS, il succède à Enmerkar. Il est donné comme " un berger" qui aurait régné 1 200 ans. Dans les inscriptions suméro­akkadiennes, il est présenté comme une divinité : shulgi l'associe à Nin-suna et le déclare son seigneur. Nîshi-inishu, la fille de Sin-Kâshid (-1865 -1804), roi d'Uruk, est prêtresse de Lugalbanda; le roi lui-même a bâti un temple pour "Lugalbanda, son dieu, [et] pour Nin-suna, sa mère ". Il serait, selon Jacobsen, une ancienne divinité de Kullab. Il est devenu le héros de poèmes épiques.


me

Terme sumérien qui a revêtu un sens théologique complexe et a suscité de nombreuses études. Le signe du "me" apparaît dans des inscriptions dès la période d'Uruk IV (vers - 3200). Grammaticalement c'est une copule enclitique (unie à un nom en suffixe) représentant le verbe être (-me-en = je suis). Thorkild Jacobson précise que "le me signifie "être (en soi)"(Sosein), et non "être (quelque part)"(Dasein), lequel est toujours gâl ou gà-gâ . Il est transcrit en akkadien par "parsû". Il a revêtu son sens théologique en étant assigné aux dieux pour signifier leur "splendeur" ou encore leur "essence". Il désigne, selon Samuel N. Kramer, un ensemble de lois et de règlements assigné à chaque entité cosmique et phénomène culturel en vue de conserver leur efficacité toujours en harmonie avec les plans de la divinité qui les a créés. Selon J. Van Dijk, le terme représente "une immanence divine dans la matière morte et vivante inchangeable, subsistante, mais impersonnelle, dont seuls les dieux disposent . Le "me" appartient plus particulièrement à Anu et Enlil, mais il est aussi lié à des divinités de moindre rang. Il n'est pas, pour autant, exclusivement associé aux dieux. Le "me" d'un trône représente l'activité de la royauté et le "me" d'un temple l'exécution des rites qui lui sont attachés. Dans le mythe d'Inanna et Enlil, les me, qu'on peut traduire ici par "pouvoirs" du dieu, représentent l'essence, on pourrait dire l' "Idée", dans le sens platonicien du terme, des objets ou des notions que le dieu suprême va donner à sa fille Inanna : l'office d'En, la divinité (la fonction sacrée), l'auguste couronne, le trône royal, le sceptre "exalté", tout autant que les armes, l'érotisme (l'union sexuelle), la prostitution, ou encore la loi, l'art, la musique et ses instruments, la joie du coeur la fausseté, les arts du métal, de l'architecte, du scribe, la sagesse, la terreur la paix, la victoire, le conseil, le jugement... en tout soixante-huit puissances qui couvrent à peu près toutes les activités culturelles et morales de l'humanité. Et Inanna s'approprie tous ces "me" de son père, ce qui en fait une déesse de caractère universel, distributrice de tous les biens et de tous les maux.


Mésopotamie

(Pays) entre (les deux) fleuves : tel est le sens du nom donné par les Grecs à la plaine partiellemont désertique située entre l'Euphrate et le Tigre, dont les noms akkadiens étaient Purartû et Idiglat (Puranti et Aranzah chez les Hourrites. En réalité, le territoire auquel nous donnons le nom de Mésopotamie, et qui correspond dans l'ensemble à l'actuel Iraq, est borné à l'est par la chaîne du Zagros, et du côté du couchant il englobe les terres arables à l'ouest de l'Euphrate, au moins jusqu'à la confluence du Khabur, au nord-ouest de Mari. La partie Nord-Est, vers les montagnes du Kurdistan actuel et du Zagros, a été occupée dès le paléolithique moyen (grotte de shanidar). Cette région septentrionale fait partie des terres où va se réaliser la sédentarisation des tribus épipaléolithiquos, avec la domestication de certaines espèces animales et la maîtrise de l'Agriculture (néolithique acéramique, entre -9000 et -7000). La céramique apparaît dans le site de Jarmo (dans le Zagros) au début du VIIè mill. Les archéologues ont ensuite divisé la préhistoire de la Mésopotamie en plusieurs grandes périodes fondées sur la diffusion de types caractéristiques de céramiques dans une partie ou l'ensemble du territoire, ces périodes étant désignées par le nom d'un site éponyme où le type de poterie concerné a été découvert la première fois, ce qui ne signifie pas que celui-ci ait été imaginé par les potiers du site et que ce soit de là qu'il se soit répandu dans les régions plus ou moins voisines. Telles sont, dans le Nord, les phases dites d'Hassuna et de Samarra, cette dernière étant confinée à une bande de territoire allant de l'Euphrate dans la région de Baghuz aux montagnes du Zagros avec le site central de Choga Mami ( - 6000 - 5000). Vers - 5600 se développe dans l'ouest de la Mésopotamie et une partie de la Syrie la civilisation halafienne, nommée d'après le site de Tell Halaf (-5500 - 5000). Le métal, qui a fait une modeste apparition au cours des périodes précédentes sous la forme de cuivre natif et de pépites d'or, se vulgarise surtout sous la forme du cuivre martelé, d'où le nom de chalcolithique ancien donné à cette période. Ces civilisations correspondent dans le sud aux cultures d'Éridu et d'Hajji Mohammed (- 6000 - 5200), la première étant circonscrite à l'extrême sud de la Mésopotamie, la seconde s'étendant autour de la région de Kish. Vers -5200 commence à se développer la civilisation dite obeidienne (d'après le site d'El-Obeid au sud d'Ur). Il est cependant possible qu'il faille rehausser de trois siècles le début de l'obeidien . La civilisation d'EI-Obeïd s'impose vers le nord de la Mésopotamie au V mill., de sorte qu'on a pu supposer que cette extension des modèles obeidiens correspondait à une conquête militaire du Nord par le Sud. Les relations commerciales semblent suffire pour expliquer la suprématie d'une civilisation qui avait inventé le moulage du cuivre, ce qui permettait d'aiguiser les outils, et le moulage des briques, qui représentait un embryon d'industrialisation. Dans les plus bas niveaux du site d'Uruk apparaît une nouvelle poterie à engobe rouge ou gris poli, qui va par la suite se répandre dans le sud de la Mésopotamie et supplanter la céramique peinte d'El-Obeïd (Uruk ancien et moyen, -4000 - 3500). Avec la civilisation d'Uruk récent ( - 3500 - 3100), les Mésopotamiens sont parvenus à une maîtrise de la métallurgie et à un stade urbain avancé. C'est à cette époque qu'ils inventent l'écriture, laquelle va se développer à l'époque suivante, dite de Djemdet-Nasr, qui apparaît comme la première période historique du POA. Cette explosion de la civilisation est due aux Sumériens. C'est à cette époque qu'il convient de situer la naissance et l'hégémonie des cités antédiluviennes, dont la LRS nous a conservé le souvenir magnifié. Vers -3000 commence la période historique du bronze ancien et, pour ce qui est du Sumer, le dynastique ancien. L'époque d'Akkad met fin à cette première période, sumérienne. La civilisation sumérienne (Néo-Sumériens) parvient à son apogée avec la dynastie d'Ur III, qui domine une grande partie de la Mésopotamie pendant les deux derniers siècles du III mill., tandis que dans le Nord pointe la civilisation assyrienne. Au début du millénaire suivant les Sumériens disparaissent en tant qu'entité politique, mais la langue de Sumer et l'ombre de sa civilisation s'imposent à leurs successeurs babyloniens et Assyriens. André Parrot a souligné, par des comparaisons restreintes, l'unité culturelle des cités de Sumer pendant le III mill., cités parmi lesquelles figure Mari(ses comparaisons portent sur le mobilier de Tell Hariri/Mari), de Khafaje et de Tell Asmar (Eshnunna). Cette unité se retrouve dans le développement de la civilisation de Babylone, qui, si elle se différencie profondément de celle des Sumériens, en est son héritière. Unité marquée aussi chez les Assyriens, qui, malgré de très nombreux points communs avec les Babyloniens, qui ont été dans une grande mesure leurs maîtres, ont fait preuve d'un génie d'invention et d'observation, en particulier dans leurs sculptures de bas-reliefs, cela malgré des conventions tel le principe de symétrie, dont ils ont su faire un élément ornemental ou qu'ils ont utilisé pour créer des effets d'opposition et d'agonistique.


25 images

mîsharum

(sum. nig.si.sâ, akk. misaru, mesaru = redressement, justice, du verbe eserum). Le mîsharum est établi par décret du roi généralement lors de son avènement, mais il est arrivé qu'il soit renouvelé tous les sept ans. Il agit en tant que pasteur de son peuple, protecteur des faibles et des opprimés. Cette pratique, surtout connue à Babylone au II mill., est documentée par ailleurs à Mariet en Syrie, et elle semble aussi avoir été propre aux Sumériens : lors de ses réformes, Ur-Nammu promulgue un nig-si-sà et l'on peut assimiler à cette pratique les réformes d'Urukagina. Elle s'appliquait plus particulièrement au domaine royal, mais, en Babylonie, elle s'étendait au domaine privé on ne dispose pas de documents pour inférer qu'il en allait de même dans les autres régions du Proche-Orient où elle était courante. D'autre part, après l'époque paléobabylonienne, on n'a qu'un seul exemple de promulgation de mîsharum à l'époque néobabylonienne, sous le règne de Nériglissar (-559 - 555). Le terme de mîsarums, qu'on trouve cependant souvent utilisé, n'a généralement que le sens de "justice", sans les implications sociales du décret royal de ce nom. Les personnes auxquelles étaient affermées les terres du palais pour une redevance annuelle étaient dispensées de payer les arriérés causés par des affaires malheureuses ou de mauvaises récoltes. Pareillement étaient annulées les dettes contractées par des gens réduits à la misère et pressés par les prêteurs et les usuriers. Des fonctionnaires royaux veillaient à l'application du décret, et les prêteurs qui passaient outre et continuaient de poursuivre leurs débiteurs risquaient une amende six fois supérieure à la dette, voire la mise à mort. Les hommes libres qui s'étaient mis eux-mêmes en état de servage pour payer leurs dettes ou encore une personne mise en gage en garantie de cette dette, et donc réduites à un véritable état d'esclave, étaient rendus à leur ancien statut de personne libre. Une demeure de famille ou un terrain vendu par acte d'huissser pour couvrir une dette était rendu à l'ancien propriétaire ainsi dépossédé, ce qui était souvent cause de nouveaux procès. Le misharum était décrété solennellement par le roi au cours d'une cérémonie particulière dans laquelle le roi levait à bout de bras un flambeau par lequel il s'identifiait à Shamash, dieu-soleil de la justice. Il ne nous est parvenu que deux de ces décrets qui puissent être attribués à des souverains connus, l'un à Samsu-iluna et l'autre, le plus complet, à son arrière petit-fils Ammisaduqa.


Nabonide

Roi de Babylone (-556-539). Il n'appartenait pas à la famille royale, auprès de laquelle il a été introduit par sa mère Ada-Guppi, prêtresse (ou dévote ?) du temple de Sîn à Harran. On ne sait précisément ce qu'il était avant d'être porté sur le trône de Babylone, sans doute avec l'appui des grandes familles de banquiers et de négociants de la ville, à la suite de l'assassinat de Lâbâshi-Marduk. Bien que les inscriptions disent de son père qu'il était "gouverneur héroîque" (Sakkanaku qitrudu) et "prince parfait" (rubû gitmalû), sa famille était sans doute de modeste origine. Quoi qu'il ait été alors un homme d'âge mûr, il dut conduire à deux reprises des campagnes militaires jusqu'en Cilicie. Mais ce qui marque surtout son règne, c'est son désir de reconstruire les temples anciens en état de délabrement; à cette fin, il faisait rechercher les éléments d'architecture et les objets du culte dans les ruines, ce qui lui a valu un renom d'"antiquaire", ou d' "archéologue". Ainsi fit-il entreprendre des recherches en ce sens notamment à Akkad, Ur et Uruk. Fervent adorateur de Sîn, peut-être sous l'influence de sa mère, il favorisa le culte du dieu-lune d'Ur, Nannar, et établit sa fille Bêl-shalti-Nannar prêtresse du temple du dieu dans cette antique cité ; une fois que les Mèdes eurent évacué Harran, après la mort de leur dernier roi, Astyage, il fit reconstruire le temple de Sîn de cette ville. Sa dévotion au dieu lunaire et son détachement ostensible par rapport au culte de Marduk suscitèrent l'hostilité du clergé du dieu tutélaire de Babylone. Il est possible que, par mesure de représailles, il se soit décidé à quitter Babylone vers - 552 pour marcher à la tête d'une armée sur le nord de l'Arabie, où il enleva plusieurs villes qu'il inclut dans l'Empire Babylonien, jusqu'à Yathrib (Médine). Il se fixa ensuite à Teima, où il installa son administration. Il avait laissé à son fils Bêl-shar-utsur; le Belshazzar du livre biblique de Daniel, le gouvernement de Babylone. Le prince était en relations étroites avec les grandes familles babyloniennes (Nur-Sîn et Égibi), comme en témoigne un nombre important de lettres et de contrats à son nom. Belshazzar était déjà adulte lorsque son père avait été mis sur le trône, et l'on a pu émettre l'hypothèse qu'il fut l'instigateur du meurtre de Lâbâshi-Marduk. Nabonide séjourna une dizaine d'années à Teima, où il s'était fait construire un palais et avait agrandi et urbanisé l'oasis pour y établir une capitale. La domination des routes et des villes de l'Arabie septentrionale jusqu'au milieu du Hedjaz lui permettait de contrôler tout le trafic commercial des résines de l'Arabie du Sud, ce qui a aussi été une raison économique évoquée pour expliquer l'installation du roi dans cette oasis si éloignée de la métropole. En -542, il revint en Mésopotamie pour aller inaugurer le nouveau temple de Sîn à Harran. Nabonide revint ensuite s'installer à Babylone, où il semble avoir cherché à imposer le culte de Sîn comme divinité suprême de l'empire, ce qui lui aliéna définitivement le clergé de Marduk. Il semblerait, cependant, que son retour ait surtout été dicté pour des raisons politiques : Cyrus, après avoir renversé le roi des Mèdes et uni la Perse à la Médie, avait conduit des campagnes vers l'Asie occidentale, soumettant la Lydie, et paraissant ainsi s'être désintéressé de la Babylonie. Mais une fois rentré en Perse, plus puissant que jamais, il représentait une menace évidente pour Babylone. Ugburu (Gobryas), gouverneur du Gutium, province de l'Empire babylonien, avait fait défection et s'était rallié à Cyrus, qui marcha sur Babylone en -539. Les Perses battirent l'armée babylonienne à Opis et prirent Sippar. À Ugburu fut réservée la gloire de prendre Babylone par surprise. Belshazzar fut tué dans son palais et Nabonide capturé. Il semblerait que Cyrus se soit contenté d'installer le roi déchu en Carmanie, une lointaine province perse de l'Iran méridional.


1 images

Nana

Déesse Sumérienne. Mal définie, elle serait une divinité tutélaire de Larsa, et à Uruk elle formait une triade avec Anu et Inanna. Elle avait aussi des sanctuaires à Drehem et Umma. Son nom entre dans la composition de plusieurs anthroponymes.


Nanaya

Déesse Sumérienne. Elle apparaît à l'époque d'Ut III. Proche d'Inanna, elle est aussi fille d'Anu et sœur d'Utu. À Uruk, elle était adorée avec banna et sa fille Kanisura.


Nanna-Suen

Nom du dieu-lune sumérien. Son nom est écrit avec le sumérogramme dSES-KI, terme qui souligne son étroite relation avec Ur (sum. SES-AB­KI). Il s'agit d'une ancienne divinité lunaire qui apparaît sur la liste des dieux de Fara. Il est appelé soit Nanna(r), soit Suen, transcription en sumérien du nom du dieu sémitique Sîn, une divinité lunaire identifiée à Nanna. Les deux noms sont aussi parfois réunis. La théologie sumérienne en a fait le fils d'Enlil issu de ses premières amours avec Ninlil. De son union avec Ningal (voir : déesses) seraient nés Inanna et Utu, le soleil, ce qui s'explique dans la mesure où pour les Sumériens le jour naît de la nuit, retour temporaire à la Ténèbre primitive d'où l'univers est issu. Dieu lunaire, Nanna-Suen est associé à l'agriculture et à la fertilité. Toute sa "mythologie" tourne autour de son aspect lunaire. Son nom est parfois écrit d30, allusion aux trente jours du mois lunaire, ses surnoms asimbabbar (le Lumineux), amar-ban-da­ den-lil-a (jeune veau d'Enlil), mà-gur8 (le Bateau) sont des allusions à la lune, à son brillant, à ses quartiers, à sa navigation dans le ciel. Pendant la période de la nouvelle lune, il est censé descendre dans le monde infernal pour décider du destin des morts. Le temple principal de Nanna-Suen, appelé é.kis.nu.gàl, était à Ur où il possédait un nombre imposant de sanctuaires secondaires et de centres administratifs qui lui étaient réservés (cour du Jugement, Trésor) dans le temenos de son temple s'élevait la ziggurat qui lui était consacrée, l'é.temen-nî-gùr-(ru) = Maison, Terrasse de fondation revêtue de terreur. Son seul sanctuaire connu hors d'Ur (sous son nom de Nanna) était l'(é).kar.zi.da (Maison du quai de la Vérité), à Gaesh. La liturgie du dieu nous a procuré un modèle des "voyages" accompagnés de processions que faisaient quelques dieux d'un sanctuaire à un autre, en général pour rendre hommage à une divinité qui lui était supérieure; la majorité de ces voyages se faisant vers Eridu ou Nippur, dans les sanctuaires des deux grands dieux Enlil et Enki. En cette occurrence, il s'agît du voyage que Nanna-Suen fit par le fleuve au sanctuaire de son père, Enlil, à Nippur. Il s'agit d'un poème de 352 vers qui aurait été composé, selon Jean Bottéro, à l'époque d'Ur III, et qui a peut-être été un "chant choral alterné". "A la cité de sa mère, le champion Nanna-Suen [décid]a de se rendre. [A] la cité de sa mère Suen­Asimbabbar [décida] de se rendre. A la cité de sa mère et de [son] père, Nanna-Suen [dé]cida de se rendre... ." On commence donc par construire l'embarcation où va prendre place le dieu, ce qui nous permet de suivre un cours sur les éléments constituant un bateau et les matériaux utilisés. On s'embarqua et le voyage se fit par étapes dans d'importants lieux de culte, dont le dieu "qui ne quittait jamais son temple" sortit de celui-ci pour souhaiter le bienvenue au bateau et lui demander de lui remettre sa cargaison, ce que fit ledit bateau qui déclara se rendre à Nippur. Les étapes sont: Ennegi avec la déesse Nîrigirida, Larsa avec shérida, Uruk avec Inanna, shurrupak avec Ninunu (la déesse Sud d'Enlil et Sud), Tummal avec Ninlil, enfin Nippur. Là, le portier du temple d'Enlil, Kalkal, ouvrit la porte du temple au visiteur qui offrit des cadeaux à son père :"Enlil, charmé de ces présents, offrit à son fils Suen un banquet. Satisfait de Suen, il disait suavement:"Servez à ce jeune homme des gâteaux : il les aime ! Servez à mon Nanna des gâteaux : il les adore !" Enfin, avant de repartir, Nanna demanda à son père de lui accorder un certain nombre de choses et, surtout: "Accorde-moi longue vie dans le palais royal avant que je m'en retourne à Ur" Demande qui pourrait paraître étrange pour un dieu immortel si l'on ne savait que, en réalité, c'est le roi d'Ur lui-même qui s'identifiait à son dieu protec­teur. On ne connaît que peu d'hymnes et de prières consacrés à Nanna, mais, en revanche, il nous est parvenu, dans un état fragmentaire, un balbale dont Castellino a donné une traduction italienne (il existe une traduction française fragmentaire par R. Jestiri 1938) sous le titre d' "Idylle pastorale: chant balbal à Nanna-Suen. La première partie est la fin d'une ballade à Inanna puis la suite nous emmène dans une campagne où s'ébattent des moutons et des vaches dont l'éclat est "semblable à l'éclat de la lune qui se lève" (référence au caractère lunaire du dieu).


Naram-Sîn

Roi d'Akkad (-2254 -2218). La graphie Naram-Suen, qu'on rencontre parfois, est la forme sumérienne de son nom akkadien. Il était le fils de Manishtusu et le petit-fils de Sargon. Comme pour Sargon, l'essentiel de nos connaissances sur ce personnage d'une importance capitale dans l'histoire de l'Orient ancien repose sur des textes tardifs, au moins d'époque paléobabylonienne, soit plus de quatre siècles après les événements; c'est le cas, en particulier, du récit littéraire de la Grande Rébellion, un soulèvement général de toutes les provinces, de la Syrie à l'Élam, au moment de son avènement: «Lorsque les Quatre Régions, ensemble, se soulevèrent contre moi, que Kish, Kutha, [w]urumu Kazallu, Giritab, Api(w)ak [...] Ibrat, Dilbat[...] Uruk et Sippar ensemble se soulevèrent contre moi" . Une grande partie de son règne s'est passée en guerres, mais il est impossible de situer celles-ci chronologiquement. Après avoir pacifié les villes d'Akkad et de Sumer révoltées (sont citées des villes connues comme Kish, Uruk, Sippar) et regroupées derrière Ipkhur-Kish qui s 'était emparé de la royauté à Kish et Amargirid, roi d'Uruk, Naram-Sîn fit victorieusement face aux rébellions du côté du couchant, en Syrie, et jusqu'en Anatolie , comme en témoignent des stèles de victoire trouvées à Diyarbakir et à Suleymanieh, dans l'est de la Turquie, ce qui corrobore le témoignage plus tardif d'une tablette d'argile : "Nergal ouvrit la route de Naram-Sîn le fort, et il lui donna Armanum et Ibla; il lui offrit aussi l'Amanus, la montagne des Cèdres et la mer Supérieure (la Méditerranée)." Selon les versions de la "Grande Rébellion" (trois paléobabyloniennes et une hittite), il aurait vaincu soit dix-sept, soit onze rois coalisés. La version paléobabylonienne du British Museum cite, parmi les rois qui se levèrent contre Naram-Sîn, ceux d'Élam, du Gutium mais aussi de Mélukhkha et d'Aratta, ce qui laisse penser que, dans sa marche vers l'est, il conquit l'Élam, où il plaça un gouverneur dans sa capitale, Suse, poussa ses expéditions jusqu'à Magan (l'Oman), où il vainquit son roi, Manium, et peut-être plus profondément encore dans le plateau iranien, presque jusqu'à la vallée de l'Indus. Une année, il aurait remporté neuf victoires successives sur ses ennemis. Selon ce qu'on peut conclure des textes dont nous disposons - qui, dans l'ensemble, remontent à des sources anciennes, bien que fortement magnifiées - Naram-Sîn s'est révélé un stratège et un tacticien exceptionnel, dont pour une grande part le règne s'est passé en campagnes militaires destinées à la sauvegarde des frontières de l'empire dont il avait hérité. Et, visiblement, de son vivant, son génie militaire a dû étonner ses contemporains tout autant que lui-même, car il a été le premier souverain mésopotamien à s'être divinisé de son vivant, sans doute vers la fin de sa vie. Ainsi, dans nombre d'inscriptions est figuré le déterminatif des noms divins devant son nom, d'où la traduction de Naram­Sîn, "le dieu" (d'Akkad). D'autre part, il a inauguré le titre qui sera ensuite souvent repris par les rois mésopotamiens, de "roi des Quatre Régions"(c.à.d. "du Monde"). Roi conquérant, il fut aussi roi bâtisseur. Outre le palais qu'il s'était fait construire à Brak, il reconstruisit l'é.babbar, temple de Shamash et d'Ayya à Sippar, l'é.kish.nug.àl, temple de Nanna-Suen à Ur, dont il fit sa fille, En-men-ana, la grande prêtresse, celui d'Ishtar à Zabalam, celui d'Inanna à Adab; à Akkad, il aurait bâti un temple de Sîn et un autre pour lui-même. Selon une inscription de Nabonide, il aurait achevé la construction de l'é.ul.mas, temple d'Ishtar à Akkad. Il aurait encore restauré l'é.kur le temple d'Enlil àNippur, entreprise terminée par son fils shar-kali-sharri, tandis que son autre fils, Lipit-ilî, érigea pour lui le temple de Ninurta à Marad, ville dont il était le gouverneur. Néanmoins, Naram-Sîn aurait encouru la colère d'Enlil pour avoir mis à sac Nippur et l'é.kur, ce même temple d'Enlil qu'il restaura. Et ce serait ce sacrilège qui aurait, par la suite causé tous les malheurs d'Akkad et sa ruine finale, si l'on en croit le texte de la "Malédiction d'Akkad". ICONOGRAPHIE : Malgré l'importance et la longueur de son règne, il ne nous est parvenu que peu de représentations de Naram-Sîn. Son passage dans le défilé de Darband i-Gawr en Iran, au nord du Kara-Dag, lors d'une expédition contre les Lulubi, est commémoré par une stèle sculptée dans la roche figurant son triomphe sur ses ennemis. Le musée d'Istanbul possède un fragment de stèle en basalte de 55 cm de haut, provenant de Pir-Hussein (Kurdistan turc), où l'on voit le roi de profil, tourné vers la gauche, coiffé de la tiare conique, vêtu d'une tunique laissant nue son épaule droite. Sa barbe, soigneusement frisée, coupée en triangle, lui couvre la plus grande partie du visage. Cependant, le chef-d'oeuvre de l'art de cette époque est la stèle de grès rose, trouvée à Suse mais érigée à Sippar (musée du Louvre), où l'on voit le roi, coiffé d'un casque pourvu de deux cornes, qui marche vers une montagne en forme de cône, surmontée par des symboles divins ("roue" de Shamash en forme d'étoile pourvue d'une quinzaine de branches). Derrière lui et dans un registre inférieur suivent trois porteurs d'étendard, et dans le registre le plus bas marchent des guerriers Akkadiens. Face à eux se trouvent les ennemis vaincus, l'un pendu par les pieds, un autre empalé par les reins, un autre, agenouillé, le torse rejeté en arrière, souffle dans une longue trompette. Dans le fond, sur trois registres, trois personnages en prière. Tous ces personnages harmonieusement répartis sur cette stèle de 2 m de hauteur sur une largeur maximale de 1,05 m, donnent un sentiment de grouillement de vie tout en exaltant la gloire du roi conquérant, qui semble monter vers les cieux où résident les dieux. (voir aussi : Kutha, légende du roi de ).


3 images

Ningirsu

Dieu sumérien. C'était le dieu tutélaire du royaume de Lagash et plus particulièrement de Girsu, son nom signifiant "seigneur de Girsu". La notoriété de Lagash permit à son culte de s'étendre sur Sumer. La théologie en a fait le fils d'Enlil (ou d'Anu), l'époux de Baba et le frère de Nisaba et de la déesse Nanshé. C'est lui qui apparut à Gudéa dans un rêve, sous l'aspect d'un homme pourvu d'ailes, pour lui ordonner de reconstruire son temple l'é.ninnu "Maison des cinquante" (ces cinquante seraient soit les "me" soit les "Anzû blancs"), son sanctuaire principal à Girsu. Il possédait d'autres temples à Lagash ou à Girsu: é.gidru (Maison du sceptre), construit par Ur-Nanshé, ensi de Lagash; é.hush (Maison redoutable). Il avait aussi des temples à Sirara et Dugru (localités inconnues), à Umma, Uruk, Isin. Il a été identifié à Ninurta, qui lui est substitué dans les mythes Akkadiens comme celui d'Anzû. Quoique ayant un aspect de dieu guerrier, il était aussi dieu de la Végétation et de l'Irrigation.


4 images

Ningishzida

Dieu sumérien du monde souterrain. Son nom, dnin-gish-zid-da, signifie: "seigneur du bon (ou du "vrai") arbre. Son aspect de dieu infernal est noté sur la liste de divinités intitulée An (=Anum) et dans le poème sur la mort de Gilgamesh, où le héros voit le dieu dans l'autre monde en compagnie de Dumuzi. Il est parfois identifié à Damu, dieu qui meurt. Gudéa.htm">Gudéa le choisit comme dieu personnel et introduisit son culte à Lagash. Il était encore vénéré à Ur, Uruk, shurrupak, Larsa, Nippur. Dieu de l'Arbre, il était sans doute un ancien dieu de la Végétation (d'où son caractère de divinité chthonienne) à qui fut donné pour épouse la déesse geshtInanna, soeur de Dumuzi. Il était censé être le fils de Ninazu, dieu guérisseur, fils lui-même d'Éreshkigal et de Nergal. Dans un balbale qui lui est consacré, il est dit "tempête puissante, irrésistible, qui déferle comme un tourbillon". Son symbole était une vipère cornue et deux autres serpents enlacés (représentés sur un vase d'argent de Gudéa. En astrologie, il était mis en relation avec la constellation de l'Hydre .


Nippur

Ville du Sumer. L'appellation moderne arabe de ses ruines a conservé le nom antique de la ville sous la forme de Niffar (ou Nuffar), à 150 km au sud-est de Bagdad. Pour les Sumériens, c'était l'une de leurs plus anciennes cités : les fouilles ont confirmé cette vue, l'occupation du site remontant au VIème millénaire. (2ème phase de l'obeïdien, période d'Hajji Mohammed). Nippur n'a pas compté parmi les cités royales mentionnées dans la LRS, mais elle était auréolée du prestige d'une cité sainte, la ville du grand dieu Enlil. Les premiers vers du mythe d'Enlil et Ninlil nous ont conservé une description de la ville à l'époque du DA, dans toute sa magnificence «Voici la ville, la ville où nous demeurons! La ville de Nippur, où nous demeurons, la ville emmantelée de palmiers où nous demeurons ! Voici la limpide voie d'eau, le "canal des Dames" (?) voici le quai, le "dock au Vin" voici son embarcadère, le "quai d'Accostage" (?) voici son trou d'eau douce, le "puits melliflu" voici son terrain de culture, «Partout cinquante-sar". C'est là qu'Enlil s'unit à Ninlil dans son temple, l'é.kur (Maison montagne). L'enceinte sacrée renfermait plusieurs temples et chapelles dominés par une grande ziggurat construite par Ur­nammu. A. R. Ceorge (1993) a recensé environ 120 temples, chapelles et parties de temples consacrés en majorité à Enlil, enfermés dans l'enceinte de la ville, laquelle couvrait, à la fin du IIIè milllénaire., près de 150 ha. La ville avait un port hors des remparts, en communication avec l'Euphrate, et elle était traversée par un canal - le "Canal aux eaux pures", où était allée se baigner Ninlil - qui la divisait en deux quartiers. Dans la partie nord-est était construite l'enceinte sacrée, entourée par les bâtiments administratifs, les greniers, les écoles. Car il semble que la ville, d'où l'on a retiré environ 50 000 tablettes, était une pépinière de scribes. Parmi les temples, l'un des plus remarquables était celui d'Inanna, reconstruit sur 22 niveaux, le plus ancien remontant à l'époque dite d'Uruk moyen, le plus récent datant de l'occupation parthe, au début de notre ère. Une crise économique (?) a eu pour conséquence un abandon de la ville, peut-être seulement partiel, à partir de -1720, qui va durer quelques siècles avant que les Kassites, au XIVè s., ne lui rendent tout son lustre et son activité. De cette époque date un palais attesté dans le tell ouest. Cette renaissance dure un siècle. Puis, vers le milieu du siècle suivant, peut-être à la suite du raid élamite de -1224, la ville retombe dans sa torpeur et le palais kassite est abandonné. Cependant, une activité se poursuit autour de l'Ékur. La ville retrouvera une nouvelle vie sous l'impulsion d'Assur-banipal, et elle continuera de prospérer sous les Néo-Babyloniens et les Perses, où elle sera l'un des grands centres d'échange et de banque, avec, notamment, l'activité de la famille des Murashu.


3 images

Pays de la Mer

Site de la chaîne montagneuse du Morghab, au sud-est de l'Iran. La ville a été fondée par Cyrus vers -547, à l'endroit où il avait vaincu l'armée des Mèdes, afin d'en faire la capitale de son empire. Son nom de Pasargades est l'hellénisation du persan Batrakatash. Ses ruines, très éparpillées, s'étendent sur une aire de 3 x 2 km; les principales sont deux palais, une porte monumentale, une tour appelée par les gens du pays Zendan-i Suleiman et un petit mausolée carré couvert d'un toit oblong, dressé sur un podium de pierre à six degrés, appelé tombeau de Cyrus. C'est là que le corps du conquérant aurait été enseveli. Le deuxième successeur de Cyrus, Darius 1er, transporta sa capitale à Persépolis. Pays de la Mer : C'est le nom donné dans les textes cunéiformes aux territoires situés au sud-est de la Mésopotamie, dont une grande partie était constituée par la région de marécages formée par la confluence du Tigre et de l'Euphrate, encore habitée de nos jours. Son nom apparaît pour la première fois dans les listes royales babyloniennes A et B (voir chroniques) sous la forme bala SES.HA ou bala SES .kù.ki. Selon ces listes, les rois du Pays de la Mer auraient régné à Babylone, formant la IIe dynastie babylonienne, la 1ère étant la dynastie amorrite, illustrée par Hammurabi. La difficulté vient du fait qu'elle aurait régné 368 ans (selon la liste A), ce qui paraît peu vraisemblable, et qu'on ne sait où la situer : avant, pendant ou après la dynastie kassite, soit entre -1600 et -1000. Ainsi, en son temps, Louis Delaporte (plaçait cette IIe dynastie de Babylone parallèlement aux derniers rois de la Ire dynastie (Samsuiluna et ses successeurs), et il situait chronologiquement son fondateur, Ilima-Ilum, entre -1949 et -1890. Dans leurs chronologies Garelli et Lemaire (1997, 316) ignorent cette dynastie et situent une IIe dynastie à la suite des Kassites. Son fondateur, Simbar-shipak (-1025 -1008), se retrouve dans la chronologie de Delaporte, qui lit son nom shimmash-shipak, mais il inaugurerait la Ve dynastie de Babylone et il aurait régné entre -1038 et -1022. La vraie solution est peut-être celle qu'avait proposée Thureau-Dangin, de ne faire régner que deux rois de cette lignée de souverains du Pays de la Mer, shushi et Gulkishar, sur Babylone, constituant ainsi cette IIème dynastie; ils auraient pris le pouvoir après la mort de Samsuditana (-1625 - 1595), le dernier roi de la 1ère dynastie, et, après un demi-siècle de domination, ils auraient été chassés par le Kassite Gandash, fondateur de la IIIe dynastie. D'après les textes, leur capitale se serait appelée Urùkù (avec des variantes graphiques) ou E'urukù(g). Ce nom, qui signifie "ville sainte", désigne généralement Babylone, et c'est la traduction qu'en donnent de nombreux auteurs à commencer par Thureau-Dangin . Néanmoins, pour Wilfred Lambert , il s'agirait de la capitale des rois du pays de la Mer, laquelle pourrait être Al-Hiba (ou El-Hibba). Ce dernier site, un énorme tell de 480 ha situé entre le Tigre et le Chatt el-Haï, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Tellô/Girsu, se trouvait, dans l'Antiquité, à la lisière des marais. Il a été sommairement fouillé en 1887 par Robert Koldewey. Une brique portant le nom d'Urukù (Falkenstein) a incliné certains auteurs à identifier le telI à la capitale du Pays de la Mer. L'histoire du Pays de la Mer va ensuite se confondre avec celle des Chaldéens, dont les tribus dominaient cette région.


Samsu-Iluna

Roi de Babylone (- 1749 -1712). Fils et successeur d'Hammurabi, il hérita d'un royaume puissant mais menacé sur ses frontières. La neuvième année de son règne, il dut repousser les Kassites à l'est, première manifestation d'un peuple qui devait mettre un terme à la dynastie amorrite. L'année suivante, il dut combattre les armées d'Idamaraz, Iamutbal, Uruk et Isin. Ces attaques le conduisirent à fortifier Kish. La révolte d'Iamutbal était dirigée par un certain Rim-Sîn qui s'était institué roi de Larsa. Vaincu, Rim-Sîn mourut dans son palais (14è année du règne de Samsu-Iluna). Cependant, les révoltes vont se poursuivre tout au long de son règne, qu'il devra sans cesse réprimer : Eshnunna, face à laquelle il édifia la forteresse de Dûr-Samsu-Iluna (act. Khafajeh) pour contrôler le territoire ; Iluma-ilum, qui établit sa dynastie sur le Pays de la Mer; au nord vers le Khabur où il dût construire une place forte à Sagaratim. Malgré les difficultés intérieures et extérieures de son règne, les inscriptions nous font connaître son activité de bâtisseur, qui ne fut pas uniquement centrée sur des fortifications. Ainsi reconstruisit-il le temple de Shamash (é-babbar) à Sippar avec sa ziggurat ; il refit creuser le canal appelé Durul et Taban, fit sculpter de nombreuses statues. Le royaume continua de connaître une grande activité commerciale et administrative, comme en témoignent les nombreuses tablettes concernant son règne .


Sargon d Akkad

Fondateur (-2334 -2279) de la dynastie d'Akkad et de la ville de ce nom. VIE DU ROI : On ne possède qu'un monument contemporain de Sargon, une stèle triomphale retrouvée à Suse. Nous ignorons même son vrai nom, car sharrukenu (ou sharrukin) est un surnom qui signifie roi légitime . La Légende de Sargon est relatée dans des textes des époques néo-assyrienne et néo-babylonienne, soit près de quinze siècles après les événements."Je suis Sargon, le roi puissant, le roi d'Akkad. Ma mère était une grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville [natale] est Azupiranu, qui est située sur les bords de l'Euphrate.[...] Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et me mit au monde en secret. Elle me déposa dans une corbeille de jonc dont elle ferma l'ouverture avec du bitume. Elle me jeta dans le fleuve sans que j'en puisse sortir. Le fleuve me porta; il m'emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d'eau... [...]m'adopta comme son fils et m'éleva...[il] me mit à son métier de jardinier. Alors que j'étais ainsi jardinier, la déesse Ishtar se prit d'amour pour moi, et c'est ainsi que pendant [cinquante]-six ans, j'ai exercé la royauté" .On peut accepter le témoignage de certains textes qui nous apprennent que Sargon a été l'échanson du roi de Kish, Ur-zababa. S'est-il ensuite révolté contre ce roi et a-t-il quitté Kish pour fonder Akkad, ou, au contraire, a-t-il été choisi par ce roi comme son héritier et a-t-il dû fuir et fonder Akkad parce que Lugal­zagési, roi d'Umma et d'Uruk, et fédérateur des cités sumériennes, avait conquis Kish et mis à mort Ur-zababa ? Dans ce cas, la guerre audacieuse qu'il va mener contre Uruk pourrait être le fait non d'une bravade qui l'aurait conduit à s'attaquer au maître du premier Empire sumérien, mais, plutôt, d'une vengeance. Toujours est-il que ce long règne fut consacré à fonder le premier empire historique de l'Asie antérieure. Mais jusqu'où s'étendait-il ? On serait bien en peine de le déterminer avec certitude. Si l'on en croit les diverses légendes concernant Sargon, il aurait trempé ses armes dans le golfe Arabique, où il aurait conquis l'île de Dilmun et aurait soumis l'Élam, ce qui n'a rien d'invraisemblable. Vers l'ouest, Si l'on en croît l'épopée du "Roi du combat" il se serait "élancé vers les Montagnes claires (Liban?) et la forêt de Cèdres" (Amanus ?). Sous prétexte de défendre des marchands sémites opprimés par leur sukallu, il s'empara du pays d'Ibla (Cappadoce ?), où se trouvait Purushkhanda, ville du dieu Dagan. Vers la fin de son règne, il dut faire face à des révoltes qui le forcèrent à soutenir un siège dans sa propre capitale d'Akkad. Il réussit à vaincre les rebelles qu'il poursuivit jusqu'au Subarru, secondé par son fils Rimush. Nous connaissons le nom de sa femme, Ashlutum et celui de sa fille, En-hedu-ana "vraie femme de Nanna [...] dans le temple d'Inanna à Ur" . TEXTES RELATIFS À SARGON : - 2 tablettes d'argile bilingues (akk. et sum.) datant de la Ire dynastie de Babylone : " Sargon [...] vainquit la ville d'Uruk et détruisit son rempart. Il défit Uruk dans une bataille et fit prisonnier Lugalzagési, le roi d'Uruk, au cours de la bataille il l'amena dans un carcan à la porte d'Enlil. Sargon, le roi de Kish, gagna 34 batailles il détruisit les remparts jusqu'au bord de la mer. Il amarra au quai d'Akkad les bateaux de Méluhha, les bateaux de Magan [et] les bateaux de Tilmun.» Légende de Sargon : Citée plus haut. La Légende Sumérienne de Sargon : Sargon, échanson d'Ur-zababa, est visité en rêve par Inanna dans le temple d'Ézinu. Il y a vu le roi de Kish dans un flot de sang. Il le lui rapporte, ce qui effraie le roi, qui écrit à Lugalzagési. La fin de la tablette manque, mais son intérêt réside dans un long dialogue entre Sargon et Ur-zababa. Sargon et Lugalzagési : Fragment en sumérien par lequel on apprend le nom du père de Sargon, Laipum. Il y est aussi dit qu'il fit d'une femme de Lugalzagési sa concubine et qu'il marcha contre ce demier, comme si la cause du conflit était, précisément, cette femme. Sargon preneur de ville : Texte d'une tablette du Louvre où est rapportée la destruction d'une ville du pays d'Utanapishtim par "la horde" (?) d'Akkad. Elle est attribuée à l'époque de la 1ère dynastie de Babylone, bien qu'il y soit mentionné des "hommes de fer" Le Roi du combat (ou de la bataille : sar tamhSrim) : Constitué par plusieurs fragments, de la période de la 1ère dynastie babylonienne, ce texte rapporte l'expédition du roi vers la forêt des Cèdres et sa campagne contre le seigneur de Purushkhanda. On en possède plusieurs versions avec des variantes en ce qui concerne quelques détails. Chronique de Sargon : Tablette du BM de l'époque néobabylonienne. «Sargon, roi d'Akkad, s'éleva au pouvoir durant l'ère d'Ishtar et il n'eut ni rivaux ni opposants [...] Il traversa la mer du Levant et il conquit les contrées du Couchant... " C'est cette chronique qui nous apprend que dans sa vieillesse, Sargon dut subir un siège dans Akkad. Trait amusant : selon la chronique, il aurait construit près d'Akkad une réplique de Babylone, ce qui aurait provoqué la colère de Marduk. Or, ni Babylone ni son dieu, Marduk, n'existaient à l'époque de Sargon. ICONOGRAPHIE. Une très belle tête en bronze provenant de Ninive (Kuyunjik) et exposée au musée de Bagdad, semble être un portrait de Sargon. Sa stèle en diorite retrouvée (à l'état fragmentaire, en plusieurs morceaux) à Suse (musée du Louvre) est sculptée de bas-reliefs où les personnages sont représentés dans la grande tradition sumérienne. On y voit, en particulier, un soldat akkadien vêtu d'une robe qui tient sur son épaule droite une courte épée et qui empoigne de l'autre main un captif entièrement nu, les poignets liés par une corde dans le dos; dans une autre zone en partie effacée sont représentés des prisonniers jetés au sol, assis ou agenouillés, scène qu'on a pu interpréter comme un massacre, tandis que dans le registre inférieur les corps des morts sont abandonnés à des charognards, peut-être des vautours ou des sortes de gypaètes.


shuruppak

C'est la dernière des cinq villes antédiluviennes de Sumer où descendit la royauté. Elle fut transportée de Sippar à shuruppak, dont le roi Ubat­Tutu aurait régné 18 600 ans. Après lui vint le Déluge. C'est dans le site de Fara, un teil de 220 ha, étendu mais ne dépassant pas les 10 m de hauteur, sur un bras fossile de l'Euphrate, au milieu des cours actuels du Tigre et de l'Euphrate, qu'a été retrouvée la ville Sumérienne. Les fouilles ont montré que le premier habitat ne remonte pas plus haut que la fin du IVè millénaire, à l'époque de Djemdet Nasr. La ville s'étendait sur environ 70 ha à la fin du DA I et sur 100 ha au DA Illa. Elle était alors enfermée dans un rempart et comptait une population estimée entre 15 000 et 30 000 habitants. Elle est tombée dans l'orbite d'Ur III à la fin du IIIe millénaire. Elle a été dépeuplée et abandonnée au début du millénaire suivant, sans doute à cause du changement du cours de l'Euphrate. Archéologiquement, le site présente l'intérêt d'offrir des séquences de céramiques couvrant le DA I et DA Il. De nombreux sceaux et cylindres ont aussi été recueillis, et surtout des tablettes dans 24 loci à travers le tell, datées du DA IIIa ( - 2600 - 2500). Ces tablettes révèlent une structure administrative déjà complexe avec un ensi à la tête de l'État (mais aucun nom n'est connu) et tout un ensemble de fonctionnaires : sukkal rattachés au palais, conseillers (abgal), surveillants (uGula), échansons (sagi), commissaires (mashkin), etc., sans qu'on puisse déterminer leurs fonctions exactes et surtout leur position dans la hiérarchie bureaucratique; On a pu cependant en conclure que l'Etat était administré comme un grand domaine avec ses corps de métier. Néanmoins, l'aspect militaire est marqué par les listes de soldats cantonnés en divers lieux. La cité semble avoir fait partie à un certain moment d'une ligue de plusieurs villes sumériennes (où Uruk a peut-être occupé une placé prééminente) dans laquelle chaque cité fournissait un contingent militaire : la contribution de shuruppak paraît très faible, avec 56 hommes, face aux 182 d'Uruk et aux 192 d'Adab. Une tablette donne aussi une liste hiérarchique des dieux de la cité, qui correspond au panthéon sumérien classique, avec An (Anu) au sommet, suivi d'Enlil, d'Inanna, d'Enki, de Nanna et d'Utu.


Sippar

Ville sumérienne sur la rive d'un ancien lit de l'Euphrate, dans le nord de la Babylonie. Son site a été retrouvé dans le teIl d'Abu Habbah, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Bagdad. La LRS cite Sippar comme l'une des cinq villes antédiluviennes, après Eridu, Bad­Tibira, Larak, et avant shuruppak. Elle ne lui attribue qu'un seul roi, En-men-dur­Anna (l'Evédôrakhos de Bérose), mais elle lui accorde un règne de 28 800 ans. Son nom sumérien est Zimbirki dans la LRS, mais elle est aussi appelée Ud-kib-nunki dans certaines inscriptions du DA. Elle est mentionnée dans les textes plus tardifs sous plusieurs noms dont Dominique Charpin a démontré qu'ils désignaient la même ville: Sippar-Yahrurum, Sippar-sha-Shamash, Sipar shêrim et Sippar-u4-ul-li-a. Sans doute fondée à l'époque d'Uruk, la ville ne prit de l'importance qu'au cours du DA et surtout au IIe mill. sans que, pour autant, elle ait exercé une quelconque hégémonie ni qu'elle ait été le siège d'une royauté. Son lustre lui venait surtout de son temple de Shamash, É-babbar (Maison brillante), qui remontait, comme son homonyme à Larsa, à l'époque sumérienne ancienne, mais qui fut reconstruit à plusieurs reprises par Naram-Sin, Sabium, Samsu-iluna, Kurigalzu, Assur-banipal, Babylone.htm">Nabuchodonozor II et Nabonide. Au nord de la ziggurat ont été explorées quelques constructions qui semblent avoir été celles du "cloître" (gagûm) des prêtresses recluses de Shamash, comme semble en témoigner un texte recueilli dans cette aire, où est mentionnée une nadîtûm appelée Narubta. Sippar était, en effet, célèbre pour son gagûm à l'époque d'Hammurabi. D'autres temples sont mentionnés, consacrés : à Ishtar, "dame de Sippar" (appelé E.edin. dim.mah = Maison steppe), à Adad, à Bunéné, à Gula. La ville s'étendait sur plus de 100 ha et elle était enfermée dans un rempart de 1 300 x 800 m percé de plusieurs portes. Le temenos de Shamash avec sa ziggurat, entouré d'une enceinte de 320 x 240 m, a été retrouvé et exploré au siècle dernier selon une méthode désastreuse. C'est dans ce temple qu'Hammurabi avait déposé son code. Un canal reliant le Tigre à l'Euphrate passait à l'ouest de ses murs. C'est là que se trouvait son karum ou étaient débarquées les marchandises transitant par ce centre de commerce. A l'époque paléobabylonienne, elle était en relation avec Assur; des marchands Assyriens, établis dans la ville, ont laissé des traces de leur présence dans une correspondance et des tablettes de comptabilité. Ils étaient peut-être établis dans la ville jumelle, formant un faubourg à quelque distance, retrouvée dans le site de Dêr, qui portait aussi le nom de Sippar­Amnânum (ou Annunîtum, du nom de la déesse tutélaire de la ville).


2 images

Sîn

Dieu babylonien de la Lune. Son nom serait d'origine sumérienne, contraction de en-zu = "seigneur de sagesse", ce qui aurait donné Su'en, akkadisé en Sîn, ou, au contraire, le dieu-lune akkadien aurait eu son nom "sumérisé" en Su'en (ou Suen). Identifié au Sumérien Nanna(r), il en a tous les attributs. Dans un texte médical d'époque médioassyrienne, il apparaît comme un dieu qui préside à la naissance; ce texte nous a conservé un court fragment d'un mythe où il assiste une vache lors de la mise bas d'un veau. Identifié à Nanna, il est chez lui dans le temple d'Ur, mais, contrairement à Nanna, il apparaît sous son nom sémitique comme le maître de nombreux sanctuaires dont le plus important était celui de Harran. Bien que son culte semble n'avoir eu qu'une importance secondaire dans l'ensemble des cultes mésopotamiens, il avait des temples à Urum, à Borsippa (dans l'Ézida), à Uruk, à Assur, à Babylone, à Bît-Suenna (près de Nippur), à Akkad, à Kalah et à Larsa, outre quelques temples connus par des textes mais non localisés. Plusieurs prières lui ont été consacrées, où il apparaît comme le dieu suprême : " Sîn, luminaire des cieux, seigneur le plus puissant des grands dieux, roi des contrées, père des dieux, maître des destins, le tout premier aux cieux et sur la terre, lumière des Igigu et de toutes les multitudes [...] Tu procures un jugement de droiture et de justice, tu raffermis le faible. A celui qui n'a pas de fils, tu procures un fils; l'inféconde sans toi ne conçoit pas, ne devient pas enceinte. Celui qui te cherche sans cesse ne manque pas (de faire) le bien... ". En tant que divinité de l'astre de la nuit, il occupait une place capitale dans les spéculations astrologiques et astronomiques.


7 images

Sumériens

Peuple qui, distinct par sa langue, contrôla au IIIème millénaire av. Jc le Sud de la Mésopotamie, près du Golfe Persique, et donna son nom à l'une des premières grandes civilisations historiques du Proche-Orient Ancien. Les anciennes traditions sumériennes conservaient le souvenir d'un "déluge" qui aurait anéanti l'Humanité à l'aube de son Histoire. En réalité, les fouilles archéologiques ont montré la réalité de plusieurs innondations de l'Euphrate, dont les plus catastrophiques se produisirent vers -2800 -2600, mais sur trois sites seulement : Ur, Kish et shuruppak - il s'agissait donc d'évènement purement locaux et non concomitants. Toujours est-il que l'on dressait des listes de rois avant et après le Déluge. C'est après le Déluge qu'on voit apparaître les noms des grandes cités sumériennes - Kish, Uruk, Umma, Lagash, Larsa, Ur-et les premières "dynasties", terme désormais consacré mais assez impropre, car la succession royale n'était pas toujours régulière. Les cités, qui aspiraient toutes à l'hégémonie, menèrent entre elles des guerres continuelles, aucune n'étant assez puissante pour imposer bien longtemps sa domination aux autres. Après l'apparition d'une dynastie de Kish, dont le dixième roi fut Enmébaragesi (vers - 2700), la période dynastique archaïque III (vers - 2600 - 2300 ) fut marquée par les souverains enterrés dans les "tombes royales" d'Ur, au mobilier funéraire riche en objets d'or et d'argent, auxquels succédèrent ceux de la première dynastie d'Ur, à partir de Mésannepadda, son fondateur, vers - 2560 - 2525. Au Nord d'Ur, à la même époque, régnaient les "ensi" de Lagash : l'un d'eux, Eannatum ( - 2455 -2425 ) , imposaz d'abord sa domination à la cité voisine d'Umma, commémora ce haut-fait par la célèbre "stèle des vautours", puis vainquit, entre autres, les Elamites, Ur et Mari. Mais après la mort d'Eannatum, les rois de Lagash furent détrônés par une famille sacerdotale, elle-même renversée par Uruinimgina (vers -2350 ); celui-ci, en dépit de son oeuvre réformatrice, ne put restaurer l'hégémonie de sa cité et fut vaincu par Lugal-zagesi, ensi d'Umma ( vers - 2340 - 2316), qui détruisit Lagash, s'empara d'Ur, d'Uruk et de Kish, étendit son autorité sur tout le pays de Sumer. Mais ce premier Empire Sumérien devait succomber rapidement sous les coups des Akkadiens, d'origine sémitique. Sargon l'Ancien ( vers - 2334 - 2279 ), après avoir renversé Lugal-zagesi, ( vers - 2345) , soumit toutes les cités de la Basse-Mésopotamie ; il aurait affirmé sa puissance en Elam, en Mésopotamie septentrionale, en Syrie, et peut-être jusqu'à la Méditerranée ( Chypre ?). Les Akkadiens assimilèrent la culture sumérienne ; ils adoptèrent les cunéiformes pour transcrire leur propre langue, qui resta après eux la langue courante en Mésopotamie. Miné par des révoltes incessantes, l'empire qu'avait fondé Sargon l'Ancien s'effondra après un siècle à peine d'existence, peu après - 2200, sous les coups de guerriers descendus des montagnes du Zagros, les Gutis. Ceux-ci, après avoir commis des destructions qui laissèrent un durable souvenir, regnèrent pendant près d'un siècle sur la Basse-Mésopotamie, en laissant aux cités sumériennes une assez grande liberté. Dès - 2145 environ, une véritable renaissance sumérienne commenca de s'épanouir à Lagash, sous le règne de Gudéa, qui, prenant le titre d'ensi, semble avoir été un véritable souverain indépendant, de même que son fils, Ur-Ningirsu. La ville jouissait à cette époque d'une prospérité sans égale. Les Sumériens, rétablissant un peu partout leur autonomie, atteignirent alors leur apogée : ce fut la brillante période de la IIIème dynastie d'Ur ( - 2113 - 2006). Son fondateur, Ur-Nammu ( - 2113 - 2095 ), grand bâtisseur, rétablit l'ordre en Sumer en mettant sur pied une administration efficace et en promulguant le plus ancien recueil de lois de Mésopotamie connu à ce jour; le successeur d'Ur-Nammu, shulgi, ( - 2095 - 2047), restaura l'empire, qui groupait Sumer, le pays d'Akkad, la Mésopotamie septentrionale et l'Elam, et prit, suivant l'exemple de l'Akkadien Naram-Sin, le titre de "roi des quatre régions du monde". Mais l'empire Sumérien se morcella ensuite rapidement sous la pression des Amorrites; pour finir, les Elamites, en - 2004, en détruisant la capitale et en capturant son roi Ibbi-Sîn, portèrent un coup fatal à la IIIème dynastie d'Ur. Après la chute de cette dernière, le pays se divisa en deux royaumes Amorrites avec la dynastie d'Isin au Nord et celle de Larsa au Sud, cependant qu'à Babylone, centre jusqu'alors peu important, s'affirmait à partir du XIXème siècle, une autre dynastie amorrite, conquérante. Le dernier roi de Larsa, Rim-Sîn, ne s'empare d'Isin (vers - 1794 ) que pour être vaincu à son tour, vers - 1763, par Hammurabi. Ce sont les Amorrites qui dominent désormais politiquement la Mésopotamie. Mais ils devaient recueillir, conserver et transmettre l'héritage de la civilisation sumérienne, comme le montrent la fidélité qu'ils consèrvèrent, pendant plus d'un millénaire et demi, à la langue sumérienne et l'inlassable travail de recopiage des textes sumériens par les scribes des temples et des palais dans tout le monde mésopotamien. L'Histoire, la pensée et l'Art ont, en Orient, leur Origine en Sumer.


Umma

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq. Le site de la ville (act. Djokha) s'étend sur une éminence dominant une plaine qui, à l'époque sumérienne, était bien irriguée et largement cultivée. La ville étant éloignée des deux grands fleuves, tout un ensemble de canaux suffisamment larges permettait aux bateaux de venir déverser leur marchandise jusqu'au karum. Appelée en sumérien Umma, la ville se nommait en akkadien Kissa ou kishsha, transcription du logogramme GIsh-KÙshUki. Dans la titulature des rois d'Umma, son nom est écrit SÂR-DIS. Umma entre dans l'histoire grâce en particulier aux textes de Lagash par lesquels nous connaissons les querelles entre ces deux cités-Etats pour une palmeraie ou des champs. On connaît un certain nombre de rois d'Umma grâce à quelques brèves d'inscriptions, mais, pour la grande majorité d'entre eux, ce ne sont que des noms qu'on situe mal. Pour un certain Aga, roi d'Umma, mentionné sur une perle en lapis-lazuli, on s'est posé la question de savoir s'il s'agit du roi du même nom, fils d'Enmebaragési (Agga), roi de Kish. Le premier roi connu semble être Pabilgagi, dont le nom a été lu sur une statuette consacrée à Enlil. Le nom d'E'abzu roi d'Umma est inscrit sur un fragment de statuette en pierre. Avec Urluma, on apprend le nom de son père, Enakalé, qui fut lui aussi roi d'Umma. Enakalé est contemporain d'Eannatum (v. - 2454 - 2425) de Lagash, contre qui il fut en guerre au sujet de la palmeraie précitée, et avec qui il passa un traité, à la suite duquel il fit élever une digue le long de la nouvelle frontière. Il est possible que cet Enakalé ait été le fils d'Ush donné comme ensi d'Umma (dans les textes de Lagash, les seigneurs d'Umma sont appelés ensi, dans leurs propres inscriptions il se donnent le titre de roi) c'est lui qui déclara la guerre à Lagash en déplaçant la borne qui fixait les limites des territoires contrôlés par les deux villes, afin d'intégrer la palmeraie dans sa petite principauté. Urluma est mentionné dans deux tablettes (une en lapis-lazuli, une autre en argent) à propos de la construction de temples. Son deuxième successeur semble être Il(a), qui se déclare fils d'Eandamu et petit-fils d'Enakalé. Son fils, Gishakidu qui lui succéda, était contemporain d'Énanatuma Il de Lagash. Il épousa sa parente Bara'irnum (fille d'Urlumma). La guerre avec Lagash se poursuivit, plus ou moins larvée, sous ces rois. Il revint à Lugalzagési (vers - 2340 - 2316) d'y mettre un terme définitif. Il marcha sur Girsu, prit la ville, qu'il mit au pillage, incendia le temple Antasura, perpétua des massacres dans les palais et les sanctuaires, ainsi que nous l'apprend une malédiction qui appelle sur sa tête la vengeance de Nidaba. Ce qui ne l'empêcha pas de prendre ensuite Ur, Uruk, et de soumettre les villes du Sumer. Abandonnant le titre de roi d'Umma, il se déclara roi d'Uruk et du Pays, c'est-à-dire du Sumer : "(Lorsque) Enlil, le roi de tous les pays, à Lugalzagesi, le roi d'Uruk, le roi du Pays, le purificateur d'An, le prophète de Nidaba, le fils de Wawa, prince d'Umma et prophète de Nidaba [...] doué d'intelligence par Enki, l'appelé d'Utu [...], lorsque Enlil, le roi de tous les pays, eut donné à Lugalzage-si la royauté du Pays (et) l'eut justifié au regard du Pays, qu'il eut mis tous les pays à son service (et) du levant au couchant, les eut soumis à sa loi... " . Lugalzagési est le premier conquérant connu du POA à avoir fondé un petit empire. Cela ne lui permit pas, néanmoins, de résister victorieusement à un nouveau soleil, Sargon d'Akkad. Vaincu par ce dernier, il fut traîné dans un carcan à la porte d'Enlil. Umma continua de prospérer sous les rois d'Akkad et ensuite sous ceux de la IIIe dynastie d'Ur, comme en témoignent les nombreuses tablettes économiques la concernant. La divinité tutélaire d'Umma était le dieu shara, dont l'un des temples portait le nom, souvent utilisé dans d'autres cités, d'é.mah (Maison exaltée). Les autres temples étaient: sig4.kur.sà.ga (Brique, montagne du coeur) et é.sà.ge.pàd.da (Maison choisie dans le coeur), tous deux sanctuaires de shara; (é).ib.gal, temple d'Inanna sous le nom de Nin-Ibgal; un temple consacré à Enkigal, construit par Urlumma, deux autres, consacrés à Ereshkigal et Ninhursag, édifiés par Lu-Utu, enfin un temple consacré à un dieu dont le nom est écrit avec le logogramme dTAG.NUN (Utu ?), construit par Il.


2 images

Ur

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq, retrouvée dans le site du tell Muqayyar (ou Umgheîr). Un premier établissement fut fondé à l'époque d'El-Obeïd, vers la fin du Vè millénaire. C'était un village de huttes en roseaux et en pisé. Il fut submergé vers - 3900 à la suite d'une inondation exceptionnelle de l'Euphrate ou d'un déplacement du cours du fleuve qui laissa un niveau de limons stériles appelé par le fouilleur diluvium, par référence aux mythes du Déluge. De nouveaux établissements se succèdent pendant les époques d'Uruk et de Djemdet Nasr (entre -3900 et -2900). Les premiers siècles de l'histoire d'Ur, au DA, qui débute alors, restent à peine entrevus. La LRS donne Mésannépada, fils de Meskalamdug, roi de Kish comme fondateur de la 1re dynastie d'Ur, la troisième cité qui a pris la prédominance après le Déluge, à la suite de Kish et d'Uruk. On ne sait si ce Meskalamdug est le même personnage que celui dont on a retrouvé la sépulture dans le cimetière royal. Dans ce cimetière, situé au sud du temenos de Nanna(-Suen), les fouilleurs ont mis au jour 1 850 tombes dont les dates se situent entre - 2700 - 2600 et 2100. Parmi celles-ci, 16 sont considérées comme des tombes royales, hypothèse fondée sur la richesse du mobilier recueilli, le fait que les tombes étaient maçonnées et les titres (lugal pour les hommes, nin pour les femmes) accompagnant les noms de quelques-uns des personnages qui y étaient ensevelis. Le propriétaire de l'une d'entre elles (n0 1050), avec qui furent ensevelies une cinquantaine de personnes, Akalamdug, se déclare le fils de Meskalamdug. Il n'est pas non plus mentionné dans la LRS, mais il porte le titre de lugal, comme son père. On ne sait non plus quelles relations a pu réellement avoir Puabi, dont la tombe était l'une des plus riches du cimetière avec ces rois dont elle était à peu près contemporaine. Ce qui apparaît à l'évidence, c'est que ces personnages royaux, qui ont vecu aux XXVIIè s. et XXVIè s., ont été accompagnés dans leurs tombes par tout un personnel sacrifié pour continuer de les servir au cours de leur vie dans l'au-delà. À l'exception des quelques personnages cités ici, on ne connaît ni les noms ni la condition sociale des autres occupants des 1850 tombes. Il est possible, comme l'a suggéré Susan Pollock , que n'ait été enseveli là, à peu de distance du temenos, que le personnel du haut clergé du temple du dieu-lune et les dignitaires du palais. Cependant, Mésannipada, peut-être descendant ou parent des personnages royaux cités, ne semble pas avoir été inhumé dans ce cimetière, pas plus que son fils et successeur Aanépada. La LRS donne encore trois successeurs a Aanépada : Mes-kiag-Nanna, son fils, qui régna 36 ans, puis Élulu et Balulu, dont on ne connaît pas les liens de parenté et qui auraient régné respectivement 25 et 36 ans. La suprématie passa ensuite à la dynastie d'Awan, ce qui nous conduit aux environs de - 2400. La LRS cite une IIe dynastie d'Ur avec les noms incomplets de quatre rois qui auraient régné 116 ans. Si cette dynastie a existé, elle n'a pu réellement exercer une hégémonie ni, non plus, durer si longtemps, car vers -2340 Lugalzagési d'Umma, devenu roi d'Uruk et de Kish a soumis les villes de Sumer avant d'être lui-même renversé par Sargon d'Akkad, vers - 2334. Bien que l'histoire d'Ur à l'époque du DA reste à peu près inconnue, on sait que la ville était déjà devenue prospère, enrichie par le commerce que favorisait sa position sur le bas Euphrate, en communication directe avec les marchés de Dilmun, Magan et Mélukhkha. Elle était en même temps un aboutissement du commerce du golfe Persique et un port de transit des marchandises qui remontaient le fleuve jusqu'en Syrie. Son activité semble s'être ralentie pendant la période d'Akkad, bien que son prestige, et surtout celui de son temple de Nanna, fût déjà tel que Sargon établit sa fille Énhéduanna prêtresse du du sanctuaire. Ur va briller d'un dernier éclat avec la fondation de la IIIe dynastie, par Ur-Nammu, Son fils et successeur shulgi organise, consolide et étend encore l'empire d'Ur, qu'il conduit à son apogée. C'est sous les règnes de ces deux souverains que les monuments de la ville sont reconstruits, à commencer par les sanctuaires du temenos de Nanna et sa ziggurat. Ur-Nammu a commencé à entourer la ville d'une puissante muraille et à organiser ses deux ports, l'un à l'ouest, sur l'Euphrate, et l'autre au nord de la ville, sur un canal qui l'entourait en partie. C'est aussi lui qui a entrepris la construction de la ziggurat, appelée é.temen.ni.gùr.(ru) = "Maison, Fondement de la terrasse (ou Terrasse de fondation) revêtue de terreur", dont les bases, en partie reconstituées, subsistent encore et qu'acheva le fils de shulgi, Amar-Suen. Le temple lui-même, é.kis.nu.gàl, avait déjà été reconstruit par Naram-Sîn, et il fut sans doute remanié par Ur-Nammu. Une grande partie des 84 sanctuaires, chapelle et édifices de caractère cultuel recensés par A. R. George paraient déjà la ville ou ont été construits à cette époque. Amar-Suen ( - 2046 - 2038) ne régna que peu d'années mais il réussit à agrandir l'empire en y annexant une partie de l'Assyrie. shu-Suen ou shu-Sîn ( - 2037 - 2029), nom lu jadis Gimil-Sîn, succède à son frère Amarsuen. Il avait marié sa fille au fils du roi de Simanum, ville située vers l'Assyrie ; ce dernier avait été chassé de son trône, ce qui obligEa shu-Suen à intervenir; les rebelles furent déportés dans la région de Nippur, où l'on bâtit pour les loger une ville. Par ailleurs, la menace que les nomades Amorrites faisaient peser sur les frontières occidentales se précisent. C'est à cette époque que furent construits (ou achevés si shulgi en avait commencé la construction) le "mur des Amorrites" et un canal qui reliait le Tigre à l'Euphrate, canal qui aurait mesuré dans les 275 km. Deux femmes de la famille royale sont connues par un balbale , "Abi-Simti et Kubatum"; cette dernière était sans doute l'épouse de shu-Suen et Abî-simti celle d'Amar-Suen (plutôt que de shulgi, comme le pensait Falkenstein). À shu-Suen succède son fils (plutôt que son frère) Ibbi-Sîn ( - 2028 - 2004). À l'instar de shulgi, il utilisa la force militaire et les mariages diplomatiques, sans pour autant réussir à maintenir la cohésion de l'empire. Sous la pression sans cesse renouvelée des Amorrites, les fortifications qui défendaient la frontière de leur côté sont débordées et les nomades se répandent dans le pays. Ibbi-Sîn confie alors le commandement des provinces menacées à Ishbi-Erra tandis que lui-même marche contre l'Élam révolté. Il est vaincu et rentre en hâte à Ur, qu'il a fait plus encore fortifier. Profitant de la faiblesse de l'empire, de la famine qui sévit à la suite de la perte des provinces et de la destruction des récoltes, Ishbi-Erra se rendit alors indépendant dans Isin. En - 2007, puis de nouveau trois ans plus tard, les Elamites, alliés aux Amorrites et aux Su (un peuple barbare des montagnes encore inconnu, mais il s'agit peut-être simplement des gens de Suse), ravagent le Pays de Sumer et, finalement, prennent Ur et mettent à sac la vénérable capitale. Comme le laissent entendre les lamentations sur la destruction d'Ur, la ville ne tarda pas à renaître de ses cendres, mais elle avait perdu toute puissance politique : elle ne sera plus désormais qu'une ville sainte, la cité du dieu-lune, toujours dépendante de Babylone ou des Assyriens


Ur-Nammu

Gouverneur d'Ur (-2112 -2085). Sous le règne d'Utu-hégal à Uruk, il succéda à ce dernier on ne sait comment. Peut-être était-il simplement son fils. Mais il ne s'installa pas à Uruk, il établit la nouvelle capitale à Ur. Dans ses inscriptions, concentrées dans les villes de Sumer: Ur, Érîdu, Larsa, Lagash, Nippur et Uruk, par lesquelles est défini le territoire sur lequel il régnait, il se dit "l'homme fort, le roi de Sumer et d'Akkad". Fondateur de la IIIe dynastie d'Ur, il commence le travail de centralisation bureaucratique qui marque l'administration de cette dynastie. Il bâtit ou reconstruisit plusieurs temples (notamment de Nanna), releva le rempart d'Ur, fit creuser des canaux, replanter des dattiers, en bref, se montra un remarquable administrateur qui permit le développement du Sumer sous cette nouvelle impulsion. Il nous a été conservé en sumérien un hymne à la gloire du roi qui reconstruisit l'Ekur - le temple d Enlil; Le texte est divisé en deux chants chacun d'une forme differente appeles par le scribe qui les a redigés sagidda et sagarra. On attribue à Ur-Nammu un code de lois qui semble t-il serait plutôt dû a son fils et successeur shulgi. Les tablettes trouvées à Nippur et Sippar nous ont conservé le prologue à la gloire du roi et de ses dieux, et 37 lois. On a aussi retrouvé un poème sumérien intitulé "La Mort d'Ur­Nammu, où celui-ci fait une visite aux dieux de l'Enfer à la suite de sa mort sur un champ de bataille où il avait été abandonné "comme un pot broyé". Le musée de l'université de Pennsylvanie a reconstitué une belle stèle fragmentaire où l'on voit, notamment, le roi faisant une offrande devant une divinité assise sur un trône (Ningal?).


6 images

Uruk

Ville du Sumer, au nord d'Ur et au sud-est de Babylone. Le nom moderne du tell où gît l'antique cité a conservé son ancienne appellation sous la forme Warka. Le premier établissement a été fondé vers la fin du Ve mill., dans la dernière phase de la période d'El-Obeîd. Grâce aux fouilles menées en profondeur à la hauteur de l'Èanna (temple du Ciel), on a pu établir une stratigraphie dont le mobilier propre à chaque niveau a permis de faire de l'Uruk préhistorique le site éponyme du dernier millénaire de la protohistoire de la basse Mésopotamie, succédant à l'obeïdien : Uruk ancien, appelé aussi dans la terminologie anglo-saxonne "protoliterate" ( - 4000 - 3750); Uruk moyen (-3750 - 3500) et Uruk récent (- 3500 - 3100). C'est au cours de cette dernière période qu'apparaissent les premières tablettes dans une écriture idéographique. Après la période intermédiaire de Djemdet Nasr débute l'époque historique appelée dynastique ancien ou archaique (DA). Malgré son ancienneté, Uruk ne fait pas partie des villes antédiluviennes de la LRS. Mais elle vient juste après Kish pour ravir à cette dernière la prééminence en Sumer avec sa 1re dynastie, aux alentours de -2700. L'auteur de la LRS n'utilise pas le nom d'Uruk, pourtant prestigieux à son époque, mais celui d'Éanna, à qui la royauté fut accordée au détriment de Kish. Le fondateur de la dynastie est Mes­kiag-gasher, fils d'Utu (le dieu-soleil), qui devint grand prêtre et roi (lugal), et qui aurait régné 324 ans. Le texte ajoute qu'il vint dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes, ce que d'aucuns (à commencer par Jacobsen) ont interprété selon la marche du soleil, qui se couche dans la mer à l'occident (mais la mer, pour Uruk, est au sud et invisible parce que trop éloignée) et se lève derrière les montagnes à l'est. Le fils de Meskiag-gasher, Enmerkar, est le héros de plusieurs épopées. La LRS en fait le fondateur d'Uruk. Ce qui ne peut être interprété que de cette manière : Uruk n'était encore qu'une agglomération autour de l'Éanna, voisine du bourg de Kullab, où se trouvait le temple d'Anu. Cette bourgade portait le nom du temple E.an.na.ka. Enme­rkar aurait fusionné les deux bourgs voisins pour en faire une seule ville sous le nom d'Uruk. Après un règne de 420 ans lui succède Lugalbanda, lui aussi héros de plusieurs mythes à qui est attribué un règne de 1 200 ans. Entre ce règne et celui de Gilgamesh, donné dans l'épopée comme le fils de Lugalbanda et de la déesse Nin-Sun (la dame buffle), la LRS place Dumuzi, dont la cité est Ku'a(ra) [dans le texte sumérien ku6-aki, alors que dans les mythes le concernant il est seigneur de Bad-Tibira. Gilgamesh, de son côté, est dit, dans la LRS, fils d'un démon lillû, grand prêtre de Kulla. Gilgamesh règne 126 ans, puis son fils Ur-Nungal (ou Ur-lugal = roi d'Ur) monte sur le trône où il règne 30 ans ; son fils Utul­kalamma(k) lui succède, sans qu'aucun grand mythe lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. La LRS cite encore cinq rois pour cette dynastie, le dernier étant Lugal­ki-tum (ou Lugalkigin), qui, après un règne de 36 ans, fut détrôné par Mésannépada, le roi d'Ur, lequel acquit à sa cité la prééminence. Trois fois encore, Uruk aurait réussi à retrouver une situation dominante, avec ses Ile, IIIe et IVème dynasties, qui, excepté la IIIe, illustrée uniquement par Lugalzagési, lequel fut d'abord roi d'Umma, n'ont eu aucune importance. Malgré ce passé mythiquement glorieux que lui acquit sa 1re dynastie, Uruk ne joua jamais qu'un rôle secondaire dans l'histoire même de Sumer, et elle perdit toute indépendance après que Sargon d'Akkad eut vaincu Lugalzagési et rasé ses hautes murailles. Toute sa grandeur, qui s'est édifiée pendant la période protodynastique, est conservée dans la version ninivite (assyrienne) de l'Épopée de Gilgamesh :"Celui qui a tout vu" (Gilgamesh) [...] fit construire le rempart d'Uruk-l'Enclos, du saint temple Êanna, le trésor sacré. "Regarde cette enceinte qu'entoure une frise pareille au cuivre, contemple ses pilastres que personne jamais n'égalera prends donc l'escalier qui est antique, approche l'Eanna, la demeure d'Ishtar que nul roi de I'avenir jamais n'égalera ni personne; monte donc sur le rempart d'Uruk, promène toi, examine les fondations, scrute le briquetage. Doutez vous que son briquetage soit en briques cuites et que les sept sages en aient jeté les fondations ? 3 600 arpents de cité, 3 600 arpents de vergers, 3 600 arpents d'argilière, 10 800 arpents le temple d'Ishtar, 10 800 arpents et 1 800 arpents : c'est l'aire d'Uruk !". Ville riche, ville opulente, Uruk avait conservé dans ses moeurs les principes de l'époque où elle vivait sous un régime de caractère démocratique, où l'assemblée du peuple décidait des affaires de la ville, avant que s'imposât un système monarchique dans lequel, néanmoins, le roi n'était pas tout-puissant. C'était aussi une ville de plaisirs : la cité des courtisanes, des hiérodules et des filles de joie (al kezrêti shamhatu u harimati), dit le poète de l'Èpopée d'Erra (IV, 52). Ce sont ces mêmes courtisanes, hiérodules et filles de joie, "tout le personnel féminin du temple d'Ishtar", que la déesse convoque pour se lamenter après que le héros et Enkidu ont tué le Taureau céleste. Comme Ur, Uruk reste cependant une ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides, ne vont cesser d'embellir, dont les temples sont sans cesse construits ou reconstruits, dont l'artisanat produit en permanence des oeuvres d'art. Quoique venant en cinquième position, après Babylone, Assur, Nippur et Ur, pour le nombre de ses chapelles et sanctuaires, elle en comptait 76. Son déclin ne commence qu'avec les Parthes et les Sassanides, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, jusqu'à ce que l'assèchement du bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie oblige ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des Arabes musulmans.


14 images

Revenir à la page d'accueil de Mésopotamie Chronologie interactive de la Mésopotamie Histoire et cultures des peuples de la mesopotamie Une présentation de la Mésopotamie : Histoire et empires Carte interactive des villes du Proche-Orient ancien modélisations 3D autour de la Mésopotamie Pour contacter le webmaster de Mésopotamie ou laisser un message dans le livre d'or Visitez le site professionnel de l'auteur de ce site : Christophe Gaggero Animation interactive pour tout savoir sur la naissance et l'évolution de l'Ecriture en Mésopotamie et au Proche Orient ancien Testez vos connaissances avec notre quizz ! Quel sera votre classement ? Un outil ludique et pédagogique Recherchez des images sur la Mesopotamie : base de données de 447 images Lexique des cultures mésopotamienne : Rois, dieux, villes, etc.
Accueil Chronologie Peuples Introduction Carte 3D Contact Auteur Ecritures Quizz Images Lexique