18 définitions trouvées concernant "perses".
Choisir un autre thème du dictionnaire
Rechercher un terme particulier :  
Mot

Définition

Images

Perses

(Parsa) : Peuple de langue indo­européenne, établi dans le sud-ouest de l'Iran, fondateur du premier empire à vocation universelle. Dans la mesure où l'on est en droit d'identifier le Parsua des annales du roi d'Assyrie Salmanazar III aux Parsa, ces derniers apparaissent dans l'histoire vers -834. Ils sont alors à situer au sud-ouest du lac d'Urmiah, aux franges de l'Urartu, ce qui permet d'inférer qu'ils sont arrivés de la région de la basse Volga, leur "berceau", par le Caucase, peut-être au début du IXe s. Ils sont ensuite mentionnés à plusieurs reprises dans les annales des successeurs de Salmanazar, Adad­nirâri III, Tiglatphalazar III, Sargon Il, Sennachérib. Il est possible que ce soit à l'époque de ces deux derniers souverains que les Parsua(sh) s'installent dans l'actuel Fars, au sud-est de l'Élam (fin VIlle s.). Leurs rois, de la dynastie des Achéménides, semblent avoir été tributaires des Mèdes, un peuple cousin, avant que Cyrus le Grand ne fonde son empire. Après la chute de l'Empire achéménide, sous les coups des Macédoniens d'Alexandre le Grand, en -330, les Perses, en tant que peuple homogène (si toutefois cela a jamais été le cas), disparaissent, fondus dans la masse des divers empires iraniens qui vont se succéder (Parthes Arsacides, Sassanides). Néanmoins, le nom géographique de Perse, recouvrant celui d'Iran, subsistera jusqu'à notre époque. LANGUE : La langue perse appartient au groupe indo-iranien ou arya de la famille indo-européenne. Dans les inscriptions en vieux-perse, les rois se disent aryas. Ainsi, Darius se proclame "fils d'Hystaspès, un Achéménide, un Perse, fils d'un Perse, un Arya, ayant une lignée d'ancêtres aryas e. Le terme signifie e noble", mais c'est aussi celui par lequel se désignent les membres du groupe linguistique indo­iranien. Le vieux-perse fait partie du groupe vieil-iranien avec le mède, dont il ne subsiste aucun texte, et l'avestique, la langue des textes les plus anciens de l'Avesta, livre sacré de la religion réformée de Zarathoustra. Le Vieux-Perse a été le dialecte du sud-ouest de l'Iran, avant de devenir la langue de la cour achéménide, entre le VIè et le IVè s., tandis que l'avestique représente le dialecte du Nord-Est. Le vieux-perse est connu par de nombreuses inscriptions, pour la plupart monumentales, trouvées à Persépolis, Béhistoun, Naqshi-Rustam, Hamadan, Suse, au mont Elvend, à Van, à Suez (inscription de Darius relative au percement d'un canal reliant le Nil à la mer Rouge), outre quelques brèves inscriptions sur des vases, des poids et des sceaux. Elles sont rédigées en caractères cunéiformes empruntés au monde mésopotamien. L'écriture comprend 36 caractères partiellement syllabiques, soit: 3 voyelles (a, i, u); 22 consonnes prononcées avec la voyelle a (ka, xa, ga, ca, ja, ta, tha, ça, da, na, pa, fa, ba, ma, ya, ra, la, va ,sa, sha, za, ha); 4 avec la voyelle i (ji, di, mi, vi) ; 7 avec la voyelle u (ku, gu, tu, du, nu, mu, ru) ; et 4 idéogrammes pour les termes xsâyathiya (roi), dahyâus (province), baga (dieu), bûmish (terre), outre Ahura~Mazda. Les mots sont séparés par un signe particulier. Comme les langues indo-européennes, le VP est une langue à flexion dans laquelle une désinence s'ajoute à la racine. La déclinaison présente de nombreux cas : nominatif, vocatif, génitif/datif (les deux cas se sont confondus en une seule forme), accusatif, ablatif, instrumental et locatif. Comme de nombreuses langues antiques, le Vieux-Perse distingue trois nombres, le singulier, le pluriel et le duel, et trois genres, le masculin, le féminin et le neutre. Les temps des verbes sont : le présent, l'aoriste, le parfait; les voix, active, passive et moyenne ; les modes, indicatif, subjonctif, optatif, injonctif, impératif ; l'infinitif est représenté par le présent; les participes sont le présent actif, le présent moyen, le parfait passif et le futur passif. L'ordre habituel des mots suit la séquence "sujet-complément direct-verbe". Les compléments indirects se placent après le verbe ou avant, en particulier lorsque le locuteur veut leur donner un relief.


1 Images
Mot
Autres définitions mentionnant "perses"
Images

Ahuramazda

Divinité suprême et Dieu du "Bien"des Perses de l'Epoque Achéménide, son nom signifie "Seigneur de Sagesse". On a cru voir la première mention de son nom dans une inscription Assyrienne de -750.


Artaxerxès

Forme grecque du Persan "Artahsassa" : nom porté par trois rois de la dynastie des Achéménides. Artaxerxès Ier : (-465 -424). Fils de Xerxès Ier. Dans la lignée de la politique de son père, il poursuit l'iranisation de la Babylonie (les Perses acquerront des terres et des fonctions élevées en Babylonie). Sous son règne se poursuit le retour en Palestine des populations sémites déportées par Nabuchodonosor. Artaxerxès II : (-405 -359). Fils de Darius II. Il dut pendant son règne, combattre les attaques successives de son frère, Cyrus le Jeune, gouverneur de la satrapie perse d'Asie. L'Egypte repoussait les colons Perses alors que les plus importantes satrapies d'Asie-mineure se révoltaient contre l'Empire Perse, et Artaxerxès II laissera un Empire affaibli. Artaxerxès III : (-359 -338).Fils d'Artaxerxès II, il inaugure son règne par le massacre de tous ses frères et sœurs. Roi sanguinaire, Il réprime durement la révolte des satrapies d'Asie-mineure et pille Sidon, reconquiert l'Egypte. Il s'allie avec Athènes et entre en guerre contre Philippe de Macédoine. Mais la Grèce tombe sous la domination macédonienne, et, la même année, Artaxerxès meurt empoisonné.


1 images

Cambyse

Forme grecque de Kambujiya. Nom de deux rois Perses. - Cambyse 1er : (-585 -559) Père de Cyrus II Le grand, il ne nous est connu que par les traditions grecques. Il serait le fils cadet de Cyrus Ier, qui lui aurait confié le petit royaume de Parsumash. Devenu Roi de Parsumash, d'Anshan et de Parsa (la Perse), il était vassal d'Astyage, Roi des Mèdes, dont il aurait épousé la fille, Mandane. - Cambyse II : (-530 -522). Fils aîné de Cyrus II, qui le fait Roi de Babylone. A la mort de Cyrus II, des révoltes éclatent et Cambyse fait assassiner son frère, alors gouverneur des régions orientales de l'Empire. En -525, Cambyse entreprend la conquête de l'Egypte, dont il occupe bientôt la vallée du Nil, en détruisant les temples, massacrant le clergé local. Mais des révoltes, en Iran oriental, le rappellent en Asie. Sur le chemin, en Syrie, il se serait blessé à la cuisse, blessure dont il serait mort. Darius lui succéda.


Darius Ier

(-522 -486). Selon Hérodote, tandis que Gaumata prétendait régner après la mort de Cambyse«, sept jeunes gens de la plus haute noblesse conspirèrent contre l'usurpateur mirent l'armée de leur côté et le vainquirent. Four savoir ensuite lequel d'entre eux deviendrait roi, ils décidèrent que ce serait le premier dont le cheval hennirait, un matin alors qu'ils se retrouveraient tous les sept. Une ruse du palefrenier de Darius fit hennir le cheval de ce dernier. Et, Si l'on en croit Darius lui-même, dans son inscription de Béhistoun, il aurait tué le mage Gaumata dans une place forte de la Médie, après quoi le dieu Ahuramazdâh lui aurait remis la couronne. Dans cette même inscription, il marque sa filiation à Achéménès par son père, Hytaspès, fils d'Arsamès, ce qui ferait de lui l'héritier légitime de la couronne (filiation pertinemment contestée par Pierre Briant 1996,122 sq.). Dès qu'il monte sur le trône, Darius doit faire face à de nombreuses révoltes, jusqu'en Perse même, où Gaumata avait eu l'habileté de supprimer les impôts, qui sont rétablis par Darius. L'Élam, Babylone, la Médie se soulèvent sous l'impulsion de personnages qui sont les héritiers des anciens souverains ou qui, plutôt, se font passer pour tels. Bn deux ans, Darius doit affronter neuf rois et livrer dix-neuf batailles. Il étend ensuite l'empire, avec la soumission d'une partie de la vallée de l'Indus et, au nord de cette vallée, le Gandhara. Vers l'occident, il soumet la Thrace et les rives occidentales du Pont-Euxin (mer Noire). De ce côté, il subit cependant un échec, face aux Scythes. Il nous a conservé le souvenir de ses conquêtes (dans lesquelles il inclut celles de ses prédécesseurs) dans plusieurs inscriptions dont une retrouvée à Suse: "Un grand dieu est Ahuramazdâh qui a créé les cieux et qui a créé cette terre, et créé les hommes, qui [ses] bienfaits a octroyés à l'homme, qui a créé Darius, roi, roi unique de nombreux rois, qui a des multitudes commande. - Moi, Darius (...) dis : "Par la grâce d'Ahuramazdâh, les pays que j'ai pris hors de Perse et sur lesquels je domine, et qui des tributs m'apportent...: Mèdes, Élam, Parthie, Arie, Bactre, Sogdiane, Chorasmie, Zaranga, Arachosie, Sattagydes, Qadô, Candar, Inde, les Cimirréens amyrgéens, les Gimirréens dont les bonnets se dressent en pointe, Babylonie, Assyrie, Arabie, Égypte, Arménie, Cappadoce, Sardes, Yaman" » . Ces guerres et ces conquêtes marquent un répit pendant quelques années, en particulier entre -518 et -514, période qu'il consacre à la réorganisation de l'empire et à l'établissement des satrapies. Il fonde Persépolis, dont il fait sa capitale, et y construit un magnifique palais avec son apadana. La révolte des cités grecques d'Ionie, soutenue en particulier par Athènes, entre 500 et 494, le rappelle vers l'occident de l'empire. Les révoltes une fois étouffées, il décide de châtier les Athéniens et il envoie une flotte de six cents bateaux dont une partie est anéantie par une tempête près du mont Athos. Une nouvelle attaque est lancée sous le commandement du Mède Datis qui prend Érétrie, en Bubée, et incendie la ville. Lorsque, ensuite, les Perses débarquent à Marathon, au nord de l'Attique, la petite armée athénienne les charge, les renverse, leur prend sept bateaux. Vaincus, les Perses s'éloignent. Une révolte de l'Égypte appelle Darius vers cette province. Il meurt quatre ans plus tard.


8 images

Dedan

Site mentionné en particulier dans la Bible, identifié à al-Khuraybah, dans l'oasis d'Al-'Ulâ, au sud-ouest de Teïma, dans le nord du Hidjâz (Arabie saoudite). C'était un grand centre commercial sur la route des caravanes de l'encens. Les explorations modernes ont permis de recueillir un nombre important d'inscriptions en langue dedanite, laquelle est un arabe archaïque. Elles sont datées des VIè et Ve 5. et précèdent les inscriptions lihyanites (en un dialecte arabe proche de celui des Dédanites) dans la même région du Hidjâz. Il semble qu'à cette époque un royaume se soit constitué qui contrôlait le trafic des caravanes venues du sud. Les Dédanites, peuple de caravaniers, ont été attaqués par les Babyloniens lorsque Nabonide eut installé sa résidence à Teima, la raison de cette installation dans cette région pouvant précisément être le désir de confisquer aux Dédanites ce contrôle du trafic caravanier. Les inscriptions nous font connaître quelques noms de communautés vivant dans l'oasis : les Asshurim, sans doute une colonie d'origine syrienne, les Leummim, qu'on pense être aussi un groupe d'étrangers non déterminés, les Letushim, qui semblent être les Arabes indigènes. Après une période d'indépendance vers la fin du VIè s. et le début du siècle suivant, la région tomba dans l'orbite des Perses achéménides. Aux alentours de 400, il semblerait qu'un royaume lihyanite se soit constitué autour de Dedan. Les Lihyanites sont une tribu arabe originaire, semble-t-il, du sud de la péninsule d'Arabie5. C'est de cette époque que date l'installation à Dedan d'un groupe de marchands minéens venus du Yémen qui ont laissé de nombreuses inscriptions dans la région. Les inscriptions nous font connaître le nom d'un roi de Dedan ainsi que de sept rois et d'une reine de Lihyan. La montée des Nabatéens au Ier s. va être fatale à Dedan et aux Lihyanites, qui vont perdre leur suprématie au profit de la ville nabatéenne d'Hégra.


Mèdes

Peuple d'origine indo-europénne établi dans le Nord-ouest de l'Iran. Ils apparaissent dans l'histoire en -834 : l'an 24 de son règne, le roi d'Assyrie Salmanazar III entreprit une campagne dans le nord de son royaume, contre Ianzû, roi de Namri. Au cours de cette campagne où il ravagEa le pays de son advorsaire, il passa par les territoires des Mèdes (Madai), qui devaient alors se trouver dans les environs du lac d'Urmiah. Comme les Perses, ils vonaient soit du Caucase, soit, plutôt, des steppes à l'est de la mer Caspienne. Ils ont dû pénétrer sur le plateau iranien au début du 1er mill. Ils vont poursuivre leurs migrations pendant encore un siècle avant de s 'établir aux environs de Hamadan où ils fondent leur capitale, Ecbatane, à l'instigation de leur roi Déjocès. Mis à part deux invasions venues des steppes voisines de la mer Caspienne, de tribus cimmériennes et ensuite scythes, dont un groupe s'établit autour du lac d'Urmiah tandis que d'autres groupes parviendront jusqu'aux frontières de l'Egypte avant d 'être noyés au milieu des populations autochtones, les Mèdes ne cesseront de se heurter aux Assyriens, qui, à plusieurs reprises, conduisirent des campagnes sanglantes dans leurs montagnes. La Médie reste un royaume secondaire sous le successeur de Déjocès, Phraorte (vers - 675 - 653). Elle va devenir un empire grâce à l'action de Cyaxare (vers - 653 - 585). Ce dernier, qui a peut-être été vassal des Scythes au début de son règne, réorganise l'armée, défait les cavaliers scythes du roi Madyès dans le nord-ouest de l'Iran. Les Perses, qui occupaient les régions méridionales de l'Iran étant aussi ses vassaux, il était maître d'un petit empire qu'il ne va cesser d'agrandir. Il passe une alliance avec le roi de Babylone Nabopolassar, dirigée contre l'Assyrie, et, en - 615, il attaque en vain Ninive. L'alliance avec Babylone est sanctionnée par le mariage du prince héritier Nabuchodonozor avoc Amytis, la petite-fille de Cyaxare. En - 612, les armées alliées prennent et détruisent Ninive, mettant fin à l'Empire assyrien. Cyaxare se rend ensuite maître de l'ancienne Urartu, puis il porte les armes en Anatolie . Il se heurte aux armées du roi de Lydie, ce qui fixe la frontière occidentale de son empire au cours de l'Halys (actuel Kizil Irmak). Astyage lui succède vers - 585. Avec ce dernier disparaît l'Empire mède, absorbé dans celui de Cyrus.


1 images

Mitanni

Royaume constitué vers le XVIe s. sur le haut Khabur, en milieu hurrite, appelé Hanigalbat par les Assyriens et les Babyloniens, Naharina (fondé sur le mot sémitique signifiant "fleuve, rivière" : nhr) par les Egyptiens. Le terme biblique d'Aram-Naraïm, qui désigne une contrée vaguement localisée, paraît se référer à cette région; peut-être est-il emprunté à un ancien toponyme cananéen, car le Mitanni n'existait plus depuis longtemps lorsque les rédacteurs bibliques ont utilisé ce terme. Le nom de Mitanni apparaît pour la première fois dans une inscription égyptienne de Thoumosis Ier, datée des environs de -1515 (date à abaisser d'une vingtaine d'années selon la chronologie basse-égyptienne adoptée par certains égyptologues). Les origines de ce royaume restent obscures ; la population qui se trouve à sa base est hurrite, mais elle paraît étroitement liée à une population d'origine indo-aryenne, installée dans la région vers le milieu du XVIè s. L'onomastique des deux siècles suivants révèle leur présence dans tout le domaine hurrito-mitannien qui s'étend de Nuzi et Arrapha, dans le sud-est de l'Assyrie, à Alalah, dans le nord-ouest de la Syrie. D'abord, les noms de tous les rois du Mitanni trouvent leur étymologie dans des racines sanskrites, et il en va de même pour un grand nombre de noms de particuliers dans cette aire : le père Roger O'Callaghan a ainsi recensé plus de 80 noms expliqués par la langue védique . Ainsi, le roi Arta­rama renvoie au védique r(i)tàdhsma = de pur caractère (ou encore r(i)ta-dha-man = celui qui demeure dans la loi divine). Il est inutile de multiplier les exemples, mais il convient de signaler que nombreux sont les noms qui ont été expliqués différemment par plusieurs expressions sanskrites, selon les auteurs (Mironov, Dumont, Friedrich...). Outre l'onomastique, les dieux invoqués par les Mitanniens sont des divinités védiques Mitra, Uruwana (Varuna, dieu védique des Eaux et des Eléments), Indar (Indra, chef des devas, dieu de la Guerre), les Nassatiyana (Nasatyas, surnom des Ashvins, les deux frères jumeaux, nés de chevaux, protecteurs des travaux agricoles et des médecins connaisseurs des plantes médicinales); dans l'onomastique, on retrouve les noms sanskrits de Svar, le Ciel, Vayu, le Vent, Soma, la boisson sacrée, Deva, les dieux dans leur ensemble, R(i)ta, la loi divine qui correspond à l'ordre du monde. Enfin, les chiffres de 1 à 9 sont les mêmes qu'en sanskrit. Il convient de rappeler que c'est vers cette époque que les Indo-Européens porteurs de la culture védique s'installent dans la vallée de l'Indus et qu'ont été composés les hymnes constituant le Rigveda. Les Mitanniens disposent, comme les Hittites, d'une charrerie montées par des guerriers d'élite qui portent le nom de maryanna, dont la racine se trouve dans le védique marya ("jeune homme, héros", dans le sens de jeune guerrier). Pour le reste, la langue du Mitanni était le hurrite. Comme les Hittites à l'extrémité occidentale du Proche-Orient et les Aryas (Mèdes, Perses et Aryas védiques) au Moyen-Orient imposèrent leurs langues indo-européennes aux anciens peuples des régions occupées (comme le feront plus tard les Turcs dans une Asie Mineure où le grec était parlé depuis plus de mille ans, voire deux mille dans ses parties occidentales), il faut supposer que le groupe qui s'est installé dans le pays hurrite était suffisamment belliqueux pour imposer la création d'un État dirigé par des rois de sa nation, mais pas assez nombreux pour imposer sa langue et sa culture. Par ailleurs, les mélanges entre les deux ethnies se sont faits rapidement car on voit que dans une même famille on porte des noms Hourrites aussi bien qu'indo-aryens (en particulier à Nuzi). Dans la famille royale, les rois portent des noms aryens, mais leurs filles ou leurs soeurs ont des noms Hourrites : les soeurs de Tushratta (fils de shuttarna Il) et de son fils shattiwaza s'appellent Gilu­Hépa(t) [ou Kilughépa] et Tatu-Hépa(t) [ou Tadughépa] : elles épouseront toutes deux le roi d'Égypte Aménophis III. On a même pu supposer que Tatu-Hépa n'était autre que Néfertiti, la femme d'Akhenaton. Des deux premiers rois du Mitanni, on ne connaît que les noms, Kirta et shuttarna, son fils. Le troisième, Barratarna, est mentionné dans une tablette de Nuzi et l'inscription d'Idrimi, roi d'Alep à qui il imposa son hégémonie. Parsha(ta)tar et son fils shaush(t)atar sont connus par un sceau de Nuzi. Ce dernier soumit Alalah et le Kizzuwatna (Cilicie), qui était rattaché au domaine hittite. Son règne se situe dans la première moitié du XVè s. Il semble avoir mis à sac Assur, d'où il enleva une porte d'or et d'argent qu'il plaça dans le palais de sa capitale, Washshukanni. Il avait ainsi affaibli l'Assyrie et constitué un empire qui allait du Zagros et de Nuzi à la Méditerranée (Alalah et Kizzuwatna). Les Mitanniens ont sans doute eu affaire aux premiers pharaons conquérants de la XVIIIè dynastie, qui avaient porté leurs armes jusqu'à l'Euphtate ; mais le royaume mitannien n'était pas encore maître du nord de la Syrie; ce fut le cas lors des campagnes de Thoutmosis III au cours de la première moitié du XVè s. Il battit les armées du Mitanni à Alep et à Karkémish, mais ne poussa pas plus loin son avance, conduit par une sage prudence. Le pharaon multiplia les campagnes, reprenant le terrain que les Mitanniens avaient réoccupé après ses retraites, son adversaire se dérobant sans cesse. Entre-temps, Artatama, en Mitanni et Aménophis Il en Égypte ont succédé à leurs pères. Lassé sans doute par des campagnes vaines, le pharaon signa un traité avec Artatama, qui lui donna sa fille en mariage. shuttarna Il poursuivit la politique de son père en renouvelant l'alliance avec Aménophis III, à qui il donna sa fille en mariage. Artassumara succéda à son père, shuttarna, mais il fut peu après assassiné par un certain UD-hi qui aurait placé sut le trône le jeune frère d'Artassumara, Tushratta, sans doute dans l'espoir de le manipuler à son gré. Cependant, selon les déclarations du nouveau roi à son beau-frère égyptien, il punit le meurtrier, lui-même n'ayant pris aucune part au crime. Les détails de cette affaire nous sont inconnus, tout comme le degré de parenté d'Artatama, qui prétendit avoir plus de droits au trône que Tushratta et entra en guerre contre lui. La guerre civile qui sévit alors au Mitanni permit au roi des Hittites Suppiluliuma de consolider ses positions politiques du côté de la Syrie. Il passa même un traité avec Artatama Il, qui s'était déclaré "roi du Hurri". Afin de s'opposer à l'avance hittite en Syrie, laquelle se faisait au détriment du Mitanni, Tushratta songEa à renforcer encore l'alliance égyptienne en donnant sa propre fille en mariage à Aménophis III, déjà marié à la soeur du roi mitannien, sans grands résultats du côté de la politique syrienne. Lorsque shattiwazza succéda à son père Tushratta, assassiné peut-être par lui, il se heurta au successeur d'Artatama Il, shuttarna III, qui régnait à Washshukanni et qui avait passé un traité d'alliance avec un nouvel adversaire du clan de Tushratta, le roi d'Assyrie Assur-uballit Ier (-1363 - 1328). L'anarchie régnait au Mitanni, et shattiwaza dut se réfugier à la cour d'Hattusa. Avec l'aide militaire de Suppiluliuma, dont il avait épousé la fille, il réussit à récupérer la partie occidentale de l'ancien royaume mitannien. shattiwaza tout autant que shuttarna III disparurent on ne sait trop comment de la scène politique. Sur le trône du Mitanni se sont alors succédé trois rois : shattuara Ier, qui était peut-être le second fils d'Artatama Il, son fils Wasashatta et son petit-fils shattuara Il. Ils avaient affaire à un adversaire déterminé, contre lequel ils luttèrent désespérément, l'Assyrie. A la mort d'Assur-uballit, qui avait inauguré la politique de redressement de l'Assyrie, ses deux premiers successeurs, Enlil­nârâri et Arîk-den-ili, se sont désintéressés des affaires du Mitanni. C'est Adad-Nirâri Ier qui inaugura une politique de conquête à l'égard du Mitanni où régnait encore shattuara Ier. Ses successeurs Salmanazar Ier (-1273 - 1244) et Tukulti-Ninurta Ier (-1243 -1207) vont terminer de ruiner l'ancien royaume du Mitanni. Tukulti-Nînurta réduisit finalement le Hanigalbat en province de l'Assyrie.


1 images

Mithra

Divinité iranienne des anciens Perses. Sans doute génie fécondateur des eaux et de la terre chez les anciens Aryas, il a revêtu, chez les Perses, l'aspect du dieu de la Lumière et de la Vérité (raison pour laquelle il est le garant des contrats). Son nom signifierait "l' ami", le "compagnon" (en sanskrit, mitrâ a le sens d'ami). Comme Anahita, il n'apparaît, dans les inscriptions achéménides, qu'à l'époque d'Artaxerxès Il. On trouve son nom en élamite sous la forme mi-is-sà et en akkadien sous celle de mi-it-ri. Il n'est que rarement mentionné, sur quelques inscriptions d'Artaxerxès Il et une d'Artaxerxès III, où il est invoqué par le souverain, parfois associé à Ahuramazda et à Anahita, afin d'obtenir sa protection ("Mithra baga pâtuv": que le dieu Mithra me protège...). Il est assimilé au soleil, raison sans doute pour laquelle on ne le trouve jamais figuré sous un aspect anthropomorphe. Le cheval lui est consacré et c'est à lui que cet animal est sacrifié dans certaines cérémonies.


Moab

État constitué dans les montagnes situées à l'est de la mer Morte, au sud du royaume ammonite. Le nom de Moab apparaît pour la première fois dans une inscription de Ramsès Il à Luxor; datée du début du XIIIè s. Néanmoins, des villes du Moab semblent être mentionnés dans des textes égyptiens plus anciens. Ce ne sont cependant que des noms qui ne nous renseignent guère sur l'histoire du Moab. Les premiers textes de caractère réellement historique sont ceux de la Bible. Du roi Balak nous ne connaissons que le nom à l'époque des Juges (XIIè s. ?). David, qui descendait d'ailleurs d'une Moabite, à la fin du siècle suivant défit l'armée de Moab et annexa à son royaume la partie située au nord de l'Amon. Le seul roi indigène connu par un texte moabite est Mésha, qui établit un petit royaume stable après avoir vaincu les armées alliées des rois d'Edom, de Juda et d'Israël. Par les inscriptions assyriennes, nous savons que Moab devint vassal de l'Assyrie sous Tiglatphalazar IIIb (- 744 - 727). Le roi de Moab s'appelait alors Salamanu. Les Annales assyriennes nous font ensuite connaître deux autres rois, Sala­adbi, contemporain de Sennachérib (-704 -681), Musuri, vassal d'Assarhaddon, et Kamataltu, contemporain d'Assur-banipal. Alors que les Assyriens s'étaient contentés du paiement d'un tribut et laissaient ensuite toute liberté d'administration au roi vassal, de sorte que Kamashaltu fit une guerre aux Qédarites, les Babyloniens, avec Nabuchodonosor; annexèrent à leur empire le Moab, cinq ans après le sac de Jérusalem (-587), selon ce qu'assure Josèphe (Antiquités judaïques, 10, 9.7). Désormais le Moab ne fut plus qu'une province des grands empires qui se succédèrent en Orient : Perses, Grecs d'Égypte ou de Syrie, Romains, Byzantins. Le dieu national s'appelait Kamosh.


2 images

Murashû

Nom d'une famille d'hommes d'affaires de Nippur. En 1893 a été trouvé à Nippur un lot de 502 tablettes représentant les archives d'une famille de la ville qui a fondé une firme de caractère bancaire sous les règnes des rois Perses Artaxerxès Ier et Darius II, soit entre - 440 et - 416. D'autres tablettes ont montré que l'activité de la firme s'est encore poursuivie jusque vers -404 pour disparaître ensuite, on ne sait de quelle manière. Ces archives consistent en reconnaissances de dettes, quittances, contrats, inventaires et mémoires. En tant que prêteurs, les Murashû exerçaient une activité de banquiers, mais leur principale source de revenus était la gestion de terres que leur confiaient contre une rente les particuliers, qui en avaient reçu la concession par l'Etat, voire l'Etat lui-même. Ces concessionnaires sont souvent de hauts personnages, des satrapes, voire des membres de la famille royale, telle la reine Parysatis. La fondation de la firme serait due à Murashû, fils de Hatin, au tout début du Vè s. Il serait mort vers - 445, mais son fils aîné, Enlil-hatin, lui aurait succédé dès - 454. En - 445, ce dernier s'associe à son frère Enlil-shum-iddin, qui disparaît en - 421. Tous deux avaient une soeur, Naqqitu, qui semble avoir eu une action dans la firme. Les derniers successeurs connus sont Rîmût-Ninurta (qui a exercé entre - 429 et - 414) et les deux frères (issus d'Enlil-sum­iddin) Enlil-hatin et Murashû. Quoique leur action se soit exercée sur le territoire de Nippur, les Murashû devaient avoir une agence à Suse, comme semblent le prouver des documents signés dans cette ville.


Nabonide

Roi de Babylone (-556-539). Il n'appartenait pas à la famille royale, auprès de laquelle il a été introduit par sa mère Ada-Guppi, prêtresse (ou dévote ?) du temple de Sîn à Harran. On ne sait précisément ce qu'il était avant d'être porté sur le trône de Babylone, sans doute avec l'appui des grandes familles de banquiers et de négociants de la ville, à la suite de l'assassinat de Lâbâshi-Marduk. Bien que les inscriptions disent de son père qu'il était "gouverneur héroîque" (Sakkanaku qitrudu) et "prince parfait" (rubû gitmalû), sa famille était sans doute de modeste origine. Quoi qu'il ait été alors un homme d'âge mûr, il dut conduire à deux reprises des campagnes militaires jusqu'en Cilicie. Mais ce qui marque surtout son règne, c'est son désir de reconstruire les temples anciens en état de délabrement; à cette fin, il faisait rechercher les éléments d'architecture et les objets du culte dans les ruines, ce qui lui a valu un renom d'"antiquaire", ou d' "archéologue". Ainsi fit-il entreprendre des recherches en ce sens notamment à Akkad, Ur et Uruk. Fervent adorateur de Sîn, peut-être sous l'influence de sa mère, il favorisa le culte du dieu-lune d'Ur, Nannar, et établit sa fille Bêl-shalti-Nannar prêtresse du temple du dieu dans cette antique cité ; une fois que les Mèdes eurent évacué Harran, après la mort de leur dernier roi, Astyage, il fit reconstruire le temple de Sîn de cette ville. Sa dévotion au dieu lunaire et son détachement ostensible par rapport au culte de Marduk suscitèrent l'hostilité du clergé du dieu tutélaire de Babylone. Il est possible que, par mesure de représailles, il se soit décidé à quitter Babylone vers - 552 pour marcher à la tête d'une armée sur le nord de l'Arabie, où il enleva plusieurs villes qu'il inclut dans l'Empire Babylonien, jusqu'à Yathrib (Médine). Il se fixa ensuite à Teima, où il installa son administration. Il avait laissé à son fils Bêl-shar-utsur; le Belshazzar du livre biblique de Daniel, le gouvernement de Babylone. Le prince était en relations étroites avec les grandes familles babyloniennes (Nur-Sîn et Égibi), comme en témoigne un nombre important de lettres et de contrats à son nom. Belshazzar était déjà adulte lorsque son père avait été mis sur le trône, et l'on a pu émettre l'hypothèse qu'il fut l'instigateur du meurtre de Lâbâshi-Marduk. Nabonide séjourna une dizaine d'années à Teima, où il s'était fait construire un palais et avait agrandi et urbanisé l'oasis pour y établir une capitale. La domination des routes et des villes de l'Arabie septentrionale jusqu'au milieu du Hedjaz lui permettait de contrôler tout le trafic commercial des résines de l'Arabie du Sud, ce qui a aussi été une raison économique évoquée pour expliquer l'installation du roi dans cette oasis si éloignée de la métropole. En -542, il revint en Mésopotamie pour aller inaugurer le nouveau temple de Sîn à Harran. Nabonide revint ensuite s'installer à Babylone, où il semble avoir cherché à imposer le culte de Sîn comme divinité suprême de l'empire, ce qui lui aliéna définitivement le clergé de Marduk. Il semblerait, cependant, que son retour ait surtout été dicté pour des raisons politiques : Cyrus, après avoir renversé le roi des Mèdes et uni la Perse à la Médie, avait conduit des campagnes vers l'Asie occidentale, soumettant la Lydie, et paraissant ainsi s'être désintéressé de la Babylonie. Mais une fois rentré en Perse, plus puissant que jamais, il représentait une menace évidente pour Babylone. Ugburu (Gobryas), gouverneur du Gutium, province de l'Empire babylonien, avait fait défection et s'était rallié à Cyrus, qui marcha sur Babylone en -539. Les Perses battirent l'armée babylonienne à Opis et prirent Sippar. À Ugburu fut réservée la gloire de prendre Babylone par surprise. Belshazzar fut tué dans son palais et Nabonide capturé. Il semblerait que Cyrus se soit contenté d'installer le roi déchu en Carmanie, une lointaine province perse de l'Iran méridional.


1 images

Nippur

Ville du Sumer. L'appellation moderne arabe de ses ruines a conservé le nom antique de la ville sous la forme de Niffar (ou Nuffar), à 150 km au sud-est de Bagdad. Pour les Sumériens, c'était l'une de leurs plus anciennes cités : les fouilles ont confirmé cette vue, l'occupation du site remontant au VIème millénaire. (2ème phase de l'obeïdien, période d'Hajji Mohammed). Nippur n'a pas compté parmi les cités royales mentionnées dans la LRS, mais elle était auréolée du prestige d'une cité sainte, la ville du grand dieu Enlil. Les premiers vers du mythe d'Enlil et Ninlil nous ont conservé une description de la ville à l'époque du DA, dans toute sa magnificence «Voici la ville, la ville où nous demeurons! La ville de Nippur, où nous demeurons, la ville emmantelée de palmiers où nous demeurons ! Voici la limpide voie d'eau, le "canal des Dames" (?) voici le quai, le "dock au Vin" voici son embarcadère, le "quai d'Accostage" (?) voici son trou d'eau douce, le "puits melliflu" voici son terrain de culture, «Partout cinquante-sar". C'est là qu'Enlil s'unit à Ninlil dans son temple, l'é.kur (Maison montagne). L'enceinte sacrée renfermait plusieurs temples et chapelles dominés par une grande ziggurat construite par Ur­nammu. A. R. Ceorge (1993) a recensé environ 120 temples, chapelles et parties de temples consacrés en majorité à Enlil, enfermés dans l'enceinte de la ville, laquelle couvrait, à la fin du IIIè milllénaire., près de 150 ha. La ville avait un port hors des remparts, en communication avec l'Euphrate, et elle était traversée par un canal - le "Canal aux eaux pures", où était allée se baigner Ninlil - qui la divisait en deux quartiers. Dans la partie nord-est était construite l'enceinte sacrée, entourée par les bâtiments administratifs, les greniers, les écoles. Car il semble que la ville, d'où l'on a retiré environ 50 000 tablettes, était une pépinière de scribes. Parmi les temples, l'un des plus remarquables était celui d'Inanna, reconstruit sur 22 niveaux, le plus ancien remontant à l'époque dite d'Uruk moyen, le plus récent datant de l'occupation parthe, au début de notre ère. Une crise économique (?) a eu pour conséquence un abandon de la ville, peut-être seulement partiel, à partir de -1720, qui va durer quelques siècles avant que les Kassites, au XIVè s., ne lui rendent tout son lustre et son activité. De cette époque date un palais attesté dans le tell ouest. Cette renaissance dure un siècle. Puis, vers le milieu du siècle suivant, peut-être à la suite du raid élamite de -1224, la ville retombe dans sa torpeur et le palais kassite est abandonné. Cependant, une activité se poursuit autour de l'Ékur. La ville retrouvera une nouvelle vie sous l'impulsion d'Assur-banipal, et elle continuera de prospérer sous les Néo-Babyloniens et les Perses, où elle sera l'un des grands centres d'échange et de banque, avec, notamment, l'activité de la famille des Murashu.


3 images

Palmyre

Cité du désert de Syrie. On ignore l'étymologie de son nom indigène, Tadmor. Palmyra est le nom que lui ont donné les Romains, à cause des palmiers de l'oasis. On ne sait à quelle époque remonte la fondation de la ville. La découverte de céramique du BA (v. - 2200) sous la cour du temple de Bêl n'est pas significative. Tadmor est mentionnée dans les tablettes cappadociennes de Kanesh, dans les textes de Mariet d'Émar. Au Xl s., dans plusieurs inscriptions, le roi d'Assyrie Teglath-phalazar se vante d'avoir vaincu Tadmor d'Amurru et Anat de Suhi. La ville n'entre réellement dans l'histoire qu'à partir de l'époque grecque avec les Séleucides et surtout sous la domination romaine. En 212, à la suite de l'édit de l'empereur Caracalla (211-217) elle devient colonie romaine. Pour se défendre contre l'agressivité du nouvel Empire perse des Sassanides, les Romains nomment gouverneur de Syrie-Phénicie le chef d'une éminente famille arabe de Palmyre, Odenat, en 258. À la suite de deux campagnes victorieuses contre les Perses, en 262 et 267, Odenat prend le titre de Roi des rois. Il est assassiné peu après. Sa veuve, Zénobie, s'arroge le pouvoir au nom de son fils mineur Wahballat. Elle profite des faiblesses de l'Empire romain, déchiré entre les prétendants au trône, pour faire occuper par ses armées l'Égypte et l'Asie Mineure, se constituant un fugace empire. Mais bientôt Rome est gouvernee par un empereur énergique, Aurélien. À la tête de ses légions, ce dernier n'a pas de mal à vaincre les armées de Palmyre. Il prend la ville (272), la met à sac et emmène Zénobie captive à Rome. Désormais, Palmyre ne sera plus qu'une bourgade, où Dioclétien installe une légion vers 300. Au VIe s., Justinien renforce ses anciens remparts, ce qui ne lui évite pas d'être prise en 634 par les musulmans. La richesse de Palmyre lui vint de sa situation géographique, à un noeud de routes. Par ce port du désert (Portus était le nom latin des postes de douane) passait la route de la soie, depuis la Chine, et les richesses du golfe Arabique, perles, or, épices de l'Inde, qui transitaient par le port parthe de Charax. La classe dominante de marchands et de caravaniers établie dans la cité s'est ainsi prodigieusement enrichie, ce qui a permis l'érection des magnifiques monuments dont il nous reste quelques ruines dans les colonnades de la voie principale qui traverse la ville de part en part : le théâtre, les temples de Bêl, de Nabû et de Baal shamîn. LANGUE ET RELIGION : La langue de Palmyre est un araméen très proche de celui dans lequel sont rédigés certains textes bibliques. De très nombreuses inscriptions ont été recueillies au cours des fouilles, rédigées pour la plupart d'entre elles en araméen et en grec. Ces inscriptions permettent de voir que la majorité de la population était d'origine arabe. La plus importante est la "Loi fiscale" rédigée en double version, araméen et grec. Promulguée par le sénat de Palmyre en 137 de notre ère, elle fixe les taxes sur tout ce qui concerne le commerce de la cité : 12 deniers pour un esclave vendu dans la ville et non exporté, autant pour l'exportation de chaque esclave, 3 deniers pour une sortie de chameau chargé de matières sèches, mais 25 pour la rentrée d'un chameau chargé d'alabastres (vases en albâtre) pleins d'huile aromatique... Parmi les taxes les plus élevées, on peut citer celles qui concernent les prostituées :"[...] le publicain (percepteur romain de l'impôt) percevra des prostituées : de celle qui prend un denier ou plus : un denier par femme ; de celle qui prend huit as, il percevra huit as ». Les autres inscriptions sont honorifiques, funéraires et religieuses. C'est en particulier grâce à ces dernières que l'on connaît un certain nombre de divinités du panthéon palmyrénien : Allat, Azizu, Gad, Bêl, Arsou, souvent nommé en compagnie d'Azizu, «dieu bon» d'origine arabe; shai' al-Qaum, autre divinité arabe, « dieu bon et rémunérateur qui ne boit pas de vin» Malakbel, considéré comme le serviteur de Bêl, une sorte de messager des dieux, divinité de caractère solaire ; Yarhibôl et Aglibôl, difficilement dissociables, représentés ensemble, le premier la tête radiée, le second avec un croissant de lune sur les épaules, souvent en compagnie d'un troisième personnage identifié soit à Bêl, soit à Malakbel, pour constituer une triade; shamat, grand dieu babylonien dont le nom désigne l'astre du jour et dont on retrouve le culte chez les Cananéens et les Araméens; Nabû, autre divinité babylonienne ; Nanaï, dont l'origine doit se chercher dans la Sumérienne Nana (ou Nanaya ?) Baal shamin, Atargartis.


5 images

Perses

(Parsa) : Peuple de langue indo­européenne, établi dans le sud-ouest de l'Iran, fondateur du premier empire à vocation universelle. Dans la mesure où l'on est en droit d'identifier le Parsua des annales du roi d'Assyrie Salmanazar III aux Parsa, ces derniers apparaissent dans l'histoire vers -834. Ils sont alors à situer au sud-ouest du lac d'Urmiah, aux franges de l'Urartu, ce qui permet d'inférer qu'ils sont arrivés de la région de la basse Volga, leur "berceau", par le Caucase, peut-être au début du IXe s. Ils sont ensuite mentionnés à plusieurs reprises dans les annales des successeurs de Salmanazar, Adad­nirâri III, Tiglatphalazar III, Sargon Il, Sennachérib. Il est possible que ce soit à l'époque de ces deux derniers souverains que les Parsua(sh) s'installent dans l'actuel Fars, au sud-est de l'Élam (fin VIlle s.). Leurs rois, de la dynastie des Achéménides, semblent avoir été tributaires des Mèdes, un peuple cousin, avant que Cyrus le Grand ne fonde son empire. Après la chute de l'Empire achéménide, sous les coups des Macédoniens d'Alexandre le Grand, en -330, les Perses, en tant que peuple homogène (si toutefois cela a jamais été le cas), disparaissent, fondus dans la masse des divers empires iraniens qui vont se succéder (Parthes Arsacides, Sassanides). Néanmoins, le nom géographique de Perse, recouvrant celui d'Iran, subsistera jusqu'à notre époque. LANGUE : La langue perse appartient au groupe indo-iranien ou arya de la famille indo-européenne. Dans les inscriptions en vieux-perse, les rois se disent aryas. Ainsi, Darius se proclame "fils d'Hystaspès, un Achéménide, un Perse, fils d'un Perse, un Arya, ayant une lignée d'ancêtres aryas e. Le terme signifie e noble", mais c'est aussi celui par lequel se désignent les membres du groupe linguistique indo­iranien. Le vieux-perse fait partie du groupe vieil-iranien avec le mède, dont il ne subsiste aucun texte, et l'avestique, la langue des textes les plus anciens de l'Avesta, livre sacré de la religion réformée de Zarathoustra. Le Vieux-Perse a été le dialecte du sud-ouest de l'Iran, avant de devenir la langue de la cour achéménide, entre le VIè et le IVè s., tandis que l'avestique représente le dialecte du Nord-Est. Le vieux-perse est connu par de nombreuses inscriptions, pour la plupart monumentales, trouvées à Persépolis, Béhistoun, Naqshi-Rustam, Hamadan, Suse, au mont Elvend, à Van, à Suez (inscription de Darius relative au percement d'un canal reliant le Nil à la mer Rouge), outre quelques brèves inscriptions sur des vases, des poids et des sceaux. Elles sont rédigées en caractères cunéiformes empruntés au monde mésopotamien. L'écriture comprend 36 caractères partiellement syllabiques, soit: 3 voyelles (a, i, u); 22 consonnes prononcées avec la voyelle a (ka, xa, ga, ca, ja, ta, tha, ça, da, na, pa, fa, ba, ma, ya, ra, la, va ,sa, sha, za, ha); 4 avec la voyelle i (ji, di, mi, vi) ; 7 avec la voyelle u (ku, gu, tu, du, nu, mu, ru) ; et 4 idéogrammes pour les termes xsâyathiya (roi), dahyâus (province), baga (dieu), bûmish (terre), outre Ahura~Mazda. Les mots sont séparés par un signe particulier. Comme les langues indo-européennes, le VP est une langue à flexion dans laquelle une désinence s'ajoute à la racine. La déclinaison présente de nombreux cas : nominatif, vocatif, génitif/datif (les deux cas se sont confondus en une seule forme), accusatif, ablatif, instrumental et locatif. Comme de nombreuses langues antiques, le Vieux-Perse distingue trois nombres, le singulier, le pluriel et le duel, et trois genres, le masculin, le féminin et le neutre. Les temps des verbes sont : le présent, l'aoriste, le parfait; les voix, active, passive et moyenne ; les modes, indicatif, subjonctif, optatif, injonctif, impératif ; l'infinitif est représenté par le présent; les participes sont le présent actif, le présent moyen, le parfait passif et le futur passif. L'ordre habituel des mots suit la séquence "sujet-complément direct-verbe". Les compléments indirects se placent après le verbe ou avant, en particulier lorsque le locuteur veut leur donner un relief.


1 images

Persépolis

Parsa, l'une des capitale de l'Empire achéménide. Dans ce site du Fars, à peu de distance de l'act. Chiraz, Darius Ier entreprit la construction d'un vaste ensemble palatial destiné à devenir le centre administratif de son empire. Sans cesse agrandi par ses successeurs, et en particulier par Xerxès, il n'était pas encore achevé lorsqu'il fut incendié par Alexandre le Grand, en -330. Manifestation de l'architecture impériale des Perses, il a été abandonné après la chute de l'Empire achéménide. Plusieurs inscriptions ont été trouvées soit sur des tablettes, soit sur diverses parties du monument, souvent trilingues (vieux perse, akkadien, élamite) : 8 de Darius, 11 de Xerxès, une d'Artaxerxès Ier, une d'Artaxerxès Il (ou III?), une d'Artaxerxès III. A 6 km au nord de la ville se trouve Naqshi-Rustam, où sont taillés dans une falaise abrupte les tombeaux de Darius Ier, Xerxès Ier, Artaxerxès Ier et Darius Il. Des scènes sont sculptées en bas-relief dans la roche, accompagnées d'inscriptions.


6 images

Phéniciens

Population de langue sémitique établie sur les côtes de la Méditerranée orientale. Le nom de Phénicie a été donné par les Grecs au 1er millénaire, en particulier aux habitants de Tyr et de Sidon, lesquels se disaient cananéens. Aussi, par une excessive rigueur scientifique, s'abstient-on de donner le nom de Phéniciens aux ancêtres directs de cette population, lesquels vivaient à l'époque du bronze, soit avant -1200 / -1000. Les Phéniciens appartiennent au groupe ethnique des Cananéens , mais, installés dans une étroite bande territoriale entre le mont Liban et la Méditerranée, ils se sont naturellement trouvé une vocation de marins et de marchands. Byblos excepté, les villes protophéniciennes de l'âge du bronze restent très mal connues, dans la mesure où l'intégration d'Ugarit dans le groupe cananéen reste discutable, bien que ce soit plus une question de nuances dialectales que de différences réellement fondamentales dans le langage. Les Phéniciens n'acquièrent une véritable maîtrise de la mer qu'au tout début de l'âge du fer, après la chute des grandes thalassocraties qu'établirent les Minoens, les Mycéniens et les Chypriotes. C'est aux alentours de -1200 que les Tyriens se lancent dans l'exploration des côtes méridionales de la Méditerranée et de ses îles : Chypre, depuis longtemps en étroites relations avec les cités maritimes du Proche-Orient, mais où les Phéniciens installent à leur tour des comptoirs, Malte, la Sicile, le sud de la Sardaigne, les îles Baléares. Les Sidoniens, de leur côté, avaient acquis auprès des Grecs une réputation de pirates, si l'on en juge par l'Odyssée, et il est bien possible qu'ils se soient réservé les relations plus ou moins pacifiques et commerciales avec les îles de la mer Egée et les rivages grecs. Byblos, Arwad, Beryte (Beirout), Sarafand (la Sarapta de l'époque grecque) ont participé dans une moindre mesure à ces expéditions de caractère commercial (les flottes phéniciennes allaient surtout se ravitailler en cuivre et en étain, en or et en argent) qui vont apporter l'opulence à des cités qui n'avaient guère d'arrière-pays pour y développer une agriculture suffisante à la survie de leurs habitants. Ces villes avaient chacune leur roi et sont restées indépendantes pendant plusieurs siècles avant de devenir les tributaires des Assyriens, des Babyloniens et surtout des Perses. Les inscriptions phéniciennes, unies aux sources égyptiennes, assyriennes, bibliques et grecques, ont permis de restituer des listes dynastiques plus ou moins complètes pour Byblos, Sidon et Tyr, entre -1050 et -340 pour Byblos, avec ZakarBaal et 'Ayyin'el, entre -1000 et -350 pour Tyr, avec 'AdiBaal et 'Ozimilk, entre -880 et -343 pour Sidon, avec 'ItoBaal Ier et Straton Il. À partir du règne d'Assurnasirpal II dans le deuxième quart du IXè s., les Phéniciens, notamment, sont visés par les campagnes miliaires des Assyriens. Ils paient un premier tribut à Assurnasirpal, consistant en or, argent, étain, cuivre, vêtements de lin, ébène, ivoire, grands et petits singes . Les Assyriens, à la suite des campagnes de ce dernier roi, ayant pris la mesure de la faiblesse des princes syriens et phéniciens, ne cesseront plus de conduire des campagnes dans ces régions d'où ils rapportent chaque fois un riche butin. A la suite d'un traité passé entre le roi de Tyr, Baal, et Assarhaddon (vers - 680), les Assyriens installent un résident permanent dans le port de Tyr pour surveiller le trafic maritime et prélever des taxes à leur profit . Cette capitulation de Tyr était le résultat des campagnes de Sennachérib, qui avait défait les armées phéniciennes, détruit Sidon et bloqué Tyr par un siège en règle. La chute de l'Assyrie, en -612, ménagEa un court répit aux villes de Syrie et de Phénicie, mais, moins de deux décennies plus tard, Nabuchodonosor imposait sa domination et plaçait à son tour des agents dans les cités tributaires de Syrie et de Phénicie pour percevoir le tribut. Intégrée dans l'Empire achéménide, la Phénicie, quoique conservant encore des rois tributaires, fit partie de la cinquième satrapie, dont la capitale fut établie à Sidon. Englobée ensuite dans l'Empire d'Alexandre, la Phénicie perdit définitivement son indépendance. Marins habiles et aventureux, les Phéniciens se sont aussi révélés d'excellents artisans. On leur doit l'invention du verre soufflé, en particulier, et ils ont produit une belle orfèvrerie, marquée par les influences égyptiennes et syriennes. L'industrie de la pourpre, à partir du murex, leur a permis de pratiquer un monopole du commerce des tissus teints avec cette technique. Ce sont sans doute les nécessités du commerce, qui constituait leurs ressources économiques essentielles, qui les ont conduits à l'invention de l'alphabet et qui ont permis à leur langue de se répandre aussi bien dans les pays riverains de la Méditerranée orientale que dans les lointaines terres du monde occidental, où ils ont fondé leurs comptoirs. Des inscriptions retrouvées en Anatolie orientale, à Karatépé, à Zincirli et sur le Djebel Ires Dagh laissent supposer que le phénicien s'était imposé dans cette région comme langue internationale entre le IXè et le VIlè s. Le phénicien fait partie du groupe des langues sémitiques du Nord-Ouest, avec l'hébreu, dont il est très proche, et le moabite (voir Moab). En se fondant sur l'évolution de la langue des quelques inscriptions dont on dispose, les linguistes ont divisé les périodes de la langue en: phénicien ancien, avec des inscriptions comme celle d'Ahiram (de -1100 -1000 à 800); phénicien moyen ( - 800 - 500), qui inclut l'inscription de la tombe d'Eshmunazor; phénicien récent ou tardif, du Vè s. au début de notre ère; punique (phénicien dialectal de Carthage), du Vè s. (Carthage a été fondée selon la tradition à la fin du IXè s. mais les premières inscriptions sont bien plus tardives) à 146, date de la destruction de Carthage par Scipion Emilien ; et néopunique, de 146 au VIe s. de notre ère.


Satrapies

- Mâda, la Médie, à l'ouest de l'Iran, autour de l'actuelle Hamadan. - Ûvja, l'Élam ou Susiane, dans le sud-ouest de l'Iran. - Parthava, Parthyène, dans le nord de l'Iran et à l'est de la mer Caspienne. - Haraiva, l'Arie, région montagneuse du nord-est de l'Afghanistan. - Bâxtris, la Bactriane, la plaine du nord de l'Afghanistan, entre l'Oxus et l'Hindu Kuch, dont la capitale, Bactres, est l'actuelle Balkh. - Suguda, la Sogdiane, entre Oxus et laxarte. Capitale Maracanda, act. Samarkand. - Uvârazmish, la Chorasmie, le Kharezm médiéval, au sud-est de la mer d'Aral. - Zraka (Zaranka), la Drangiane, hauts plateaux du sud-ouest de l'Afghanistan, act. Seistan, arrosé par l'Hilmand (anc. Étymander). - Hrauvatish, l'Arachosie, sud-est de l'Afghanistan, nord du Baloutchistan. - shatagush, Sattagidie, du nom d'un peuple au sud-est de l'Arachosie. - Gadâra, le Gandhâra, la Gandaritis des Grecs, au nord-ouest de la vallée de l'Indus. - Hidush, Hindush, la vallée de l'Indus. - Sakâ haumavargâ, Saka (Scythes), "buveurs de Hauma" vers les rives de l'Iaxarte (Syr-daria). - Sakâ tigraxaudâ, "Saka aux bonnets pointus", peuple scythique d'Asie centrale. - Bâbirush, la Babylonie. - Ashurâ, l'Assyrie. - Arabâya, l'Arabie, laquelle s'étendait sur la Jordanie et une partie de la Syrie. - Mudrâya, l'Égypte. - Armina, l'Arménie, dans la région du lac de Van jusqu'au lac d'Urmiah, dans l'est de la Turquie et le nord-ouest de l'Iran. - Katpatuka, la Cappadoce, au centre de l'Asie Mineure. - Sparda, la Lydie, avec Sardes pour capitale. - Yaunâ, l'Ionie, soit les côtes égéennes de l'Asie Mineure. - Sakâ tyaiy paradraya, les Scythes d'Europe, au sud du Danube (act. Bulgarie). - Skudra, la Thrace (act. "Turquie d'Europe" et sud de la Bulgarie. - Yaunâ takabarâ, les Ioniens "portant le pétase" (petit chapeau grec), les Grecs de l'actuelle Thrace occidentale et de la Macédoine. - Putây (Puntiyâ), les côtes orientales de l'Egypte et l'est de la Cyrénaique. - Kûsiyâ, le Kush des Égyptiens, en l'occurrence le nord de la Nubie. - Maciyâ et Karkâ. La localisation de ces deux régions reste discutée. Il semblerait qu'il s'agisse du Makran (dans le sud-est de l'Iran) et de la Carie, dans le sud-ouest de l'Asie Mineure (ou encore de la Cilicie). Cependant, on a pu aussi y voir la Cyrénaïque et Carthage . Il est à remarquer que, par ailleurs, ne sont pas mentionnées deux provinces de l'Iran du Sud-Est, conquises par Darius ou même par Cyrus, la Carmanie (act. Kirmân), peuplée de tribus proches des Perses, et la Gédrosie (Baloutchistan).


Xerxès Ier

( -486 -465). Fils de Darius Ier, il exerce la vice-royauté à Babylone pendant 12 ans avant d'être désigné par son père pour lui succéder. Alors que Cyrus le Grand avait été le modèle du roi sage et généreux, en particulier aux yeux des Grecs, qu'il s'était montré tolérant, respectueux des cultes et des moeurs des peuples conquis, Xerxès apparaît comme le type du despote oriental caractérisé par la démesure et dont la prétention serait allée, si l'on en croit Hérodote, jusqu'à vouloir commander aux éléments et fouetter l'Hellespont (Dardanelles) parce qu'une tempête avait détruit le pont de bateaux qu'il y avait fait installer. Son règne ne dément pas cette vision. Les Égyptiens, déjà en révolte sous Darius, sont férocement matés. Babylone s'étant de son côté révoltée, il fait mettre à mort les prêtres de Bêl-Marduk, détruit ses temples, fait raser les murs de la ville. Conseillé par son cousin Mardonius, mais aussi désireux de venger les défaites de son père face aux Scythes d'Europe et aux Athéniens, il réunit une immense armée pour marcher contre les Grecs. Les descriptions d'Hérodote, qui nous montre l'Hellespont couvert de vaisseaux et qui décrit la marche de l'armée où quarante-six nations de l'empire ont fourni des contingents, donnent le sentiment d'une masse humaine invincible. Nous sommes en -480. La flotte, où dominent les Phéniciens, fait voile parallèlement à l'armée, qui soumet sans mal la Macédoine et la Thessalie. Les Spartiates et leurs alliés, une poignée d'hommes, tiennent en échec un moment les meilleurs des Perses aux Thermopyles. Une trahison les perd. Les flottes s'affrontent alors à Salamine. La victoire des Grecs est totale : Xerxès, qui a perdu une grande partie de ses vaisseaux, rentre dans ses capitales, laissant en Grèce une armée de trois cent mille hommes qui sera renversée l'année suivante à Platée, où son général, Mardonius, perd la vie. Xerxès, vaincu, humilié, mais dont l'empire n'a pas été réellement affaibli par ces défaites, partage ensuite son temps entre ses deux capitales, Suse et Persépolis, entouré de courtisans et d'eunuques, mais où il manifeste une activité de constructeur. Les inscriptions le présentent aussi comme un propagateur zélé de la religion nationale d'Ahura-Mazda. Les dernières années de son règne sont assombries par de sanglantes intrigues de palais qui se terminent par son propre assassinat.


2 images

Revenir à la page d'accueil de Mésopotamie Chronologie interactive de la Mésopotamie Histoire et cultures des peuples de la mesopotamie Une présentation de la Mésopotamie : Histoire et empires Carte interactive des villes du Proche-Orient ancien modélisations 3D autour de la Mésopotamie Pour contacter le webmaster de Mésopotamie ou laisser un message dans le livre d'or Visitez le site professionnel de l'auteur de ce site : Christophe Gaggero Animation interactive pour tout savoir sur la naissance et l'évolution de l'Ecriture en Mésopotamie et au Proche Orient ancien Testez vos connaissances avec notre quizz ! Quel sera votre classement ? Un outil ludique et pédagogique Recherchez des images sur la Mesopotamie : base de données de 447 images Lexique des cultures mésopotamienne : Rois, dieux, villes, etc.
Accueil Chronologie Peuples Introduction Carte 3D Contact Auteur Ecritures Quizz Images Lexique