57 définitions trouvées concernant "mari".
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Mari

Ville du moyen Euphrate, exhumée dans le site syrien de Tell Hariri, qui, par le nombre de tablettes exhumées et leur contenu, occupe une place capitale pour notre connaissance de la Mésopotamie au début du IIe mill.. Son nom est écrit Ma-URU-ki, Ma-ri-ki, Me-ra-ki , Ma-eri-ki. C'est cette dernière lecture qui devrait prévaloir selon Thureau-Dangin , suivi par Jacobsen . L'occupation du site remonte au début du IIIe mill. Encore mal connue, la cité du DA avait une forme approximativement circulaire d'un diamètre de 1 900 m, protégée par une haute digue contre les débordement de l'Euphrate. On ne sait que très peu de chose concernant cette période. La ville devait déjà avoir acquis une certaine importance car elle est donnée dans la LRS comme ayant fourni la Xe dynastie après le Déluge. Son roi (lugal) Ansud battit par les armes Adab, et Marisuccéda à cette dernière dans la primauté sur le Sumer. Ansud aurait régné 30 ans et son fils Lugaltarzi lui succéda. Aucun des noms des quatre rois qui ont succédé à ce dernier ne sont complets, le total des années de domination de Mariétant de 136 ans. La royauté passa alors à Kish, avec la cabaretière Ku-Baba. De cette période datent plusieurs temples (d'Ishtarat, de Nini-zaza, d'Ishtar, dans la cour duquel étaient dressés des bétyles, de Shamash. Un monument massif de briques rouges (cuites, contrairement aux briques crues qui restent grisâtres), appelé par le fouilleur André Parrot, le "massif rouge", serait la base d'une première ziggurat. Sous le grand palais de Zimri-Lim gisaient plusieurs palais qui avaient été successivement les résidences des souverains de la cité au DA. La ville, prise et mise à sac par Lugalzaggesi d'Umma, fut ensuite intégrée dansl'empire d'Akkad, mais avant la fin de cette période elle se rendit indépendante sous une dynastie, issue des anciens gouverneurs de la ville au service des rois d'Akkad, dite "des shakkanakku" (gouverneur militaire dont l'office apparaît pour la première fois dans l'inscription de l'obélisque de Manishtutu). Un nouveau palais est construit sur les ruines des vieux palais, sur des plans nouveaux. De cette nouvelle construction date la cour des Palmes, par laquelle on accédait à la salle du trône. C'est au cours des siècles suivants, les premiers du IIè mill., que Mariparvient à l'apogée de sa puissance et où est aménagé le palais, qui atteint sa plus grande extension avec le règne de Zimri-Lim (-1782 - 1759). Ce dernier était le fils d'Iahdun-Lim (vers - 1825 - 1810), lui-même fils d'Iaggid-Lim. A la mort de Iahdun-Lim, Sumu-yaman, son frère, lui avait succédé, mais après un court règne il avait été évincé, sans doute par le roi d'Assyrie shamsi-Adad Ier, qui avait confié à son fils Iasmakh-Addu le gouvernement de la ville et de sa région. Le trône de Marifut ensuite usurpé par Ishar-Lim, gouverneur de la province assyrienne du haut Khabur pour le compte d'Iasmakh-Addu. Finalement, Zimri-Lim réussit à chasser les Assyriens et à reconquérir le trône de son père. Après un règne brillant de 23 ans, il fut vaincu par Hammurabi, qui détruisit la ville et la frappa d'interdit, si bien que nul ne revint l'occuper. En fait, un nouvel établissement y fut fondé à l'époque néo-assyrienne, qui devint le chef-lieu de la province de Suhu. Le chef-d'oeuvre de Marià l'époque de Zimri-Lim est son palais, un énorme bâtiment dont les trois cents salles et cours couvraient 2500 ha. Comme il est prouvé que le palais possédait un étage (dont une partie était peut-être occupée par des terrasses), il faudrait peut-être doubler ce nombre de pièces. Dans ce palais ont été retrouvées les plus anciennes peintures murales du POA scène de sacrifice, offrande de l'eau et du feu, scène de l'investiture. Ainsi peut-on voir les teintes des vêtements grande robe blanche d'un dieu assis, pagne blanc croisé d'un prêtre, mais aussi robes d'un prêtre officiant et d'une prêtresse portant une coiffe à cornes (Ishtar?) faîtes de pans composés chacun de petites bandes de tissu verticales alternées blanches, brunes, grises, vertes, jaunes. Les statues et les objets retirés de l'ensemble du site sont nombreux et souvent remarquables, tels ces statues du DA de "l'Adorante" (Louvre) et de la"Grande Chanteuse" Ur-Nina (musée de Damas), et ces chefs-d'oeuvre de l'époque paléobabylonienne que sont les statues d'Idi-Ilum (Louvre), du prince Ishtup-Ilum et de la déesse "au vase jaillissant" (musée d'Alep). Le palais était le centre administratif du royaume, ce qui explique que ce soit dans ce bâtiment qu'a été recueillie la grande majorité des 20 000 tablettes qui permettent d'avoir une connaissance souvent détaillée aussi bien des événements politiques que de la vie "quotidienne" des habitants du palais, grâce à un nombre considérable de lettres qui constituent l'essentiel de ces archives. Il n'a été retrouvé ni ouvrages littéraires ni textes de caractère fiscal, ce qui laisse penser qu'on doit pouvoir retrouver ces derniers dans un bâtiment spécialisé qui reste à découvrir. Ces textes, rédigés en akkadien, révèlent l'étendue des relations de Mariavec les villes de Syrie et de Babylonie et son commerce avec les marchands de Dilmun.


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Mariage de Martu (le)

voir Numushda.


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Marib

Capitale du royaume de Saba, située dans le nord du Yémen. C'est dans cette ville que le livre des Rois (Rois I-10) situe la capitale de la reine de Saba. Les ruines de la cité, très partiellement explorées s'étendent sur environ 23 ha, ce qui on fait l'un des plus importants tells du Sud de l'Arabie. On ne sait à quand remonte précisément la fondation de la ville. Elle était encore une capitale dans l'Antiquité classique (c'est la Mariaba des géographes grecs et romains) et ne perdit de son importance qu'après la rupture définitive de son barrage, au VIè s. de notre ère. Outre ce barrage hors de la ville, les fouilles ont rendu au jour trois monuments importants. Le premier d'entre eux est celui que les Yéménites appellent Haram (ou Maran) Bilqis (Bilqis est le nom donné par les Arabes à l'anonyme reine de Saba de la Bible) c'était le temple 'Awwan, consacré au dieu lune Ilumquh. Situé à un peu plus de 3 km au sud de la ville, il consistait en une enceinte ovale de 112 x 75 m, d'une hauteur de plus de 9 m et d'une largeur de 4 m. On accédait au temple par une grande cour qui donnait sur un péristyle fait de piliers carrés dont plusieurs demeurent en place. La cella du temple n'a pas été retrouvée. De nombreuses inscriptions ont été recueillies, dont la plus ancienne remonte au début de la construction du temple, dans la seconde moitié du VII ème s. L'entrée de l'enceinte ovale est datée par une inscription de la seconde moitié du Vè s. On y a aussi retrouvé de nombreuses bases de statues votives. A la même divinité tutélaire de la cité était consacré un second temple, toujours hors de la ville, marqué par six piliers monolithiques pourvus de chapiteaux, disposés en arc de cercle; une inscription donne le nom du temple : "Bar'an". Le troisième monument est un mausolée en pierre, contigu à la partie nord-ouest du mur ovale de l'Awwan. Le toit était soutenu par quatre piliers, eux aussi en pierre. Le monument renfermait 60 compartiments de sépultures. Il semble qu'il s'agissait d'un mausolée de la famille royale, comme l'attestent deux noms de rois qui y ont été ensevelis au Vè s. : Sumhu'alay Yanaf et Yith"amara Bayyin.


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Alep

Ville de l'actuelle Syrie du Nord, elle porte le nom de Halam dans les tablettes d'Eblaet de Mari. Capitale d'un royaume prospère jusqu'au XVIe siècle, la ville fut détruite par le souverain Hittite Murshili Ier (vers 1595)


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Anat

Déesse sémitique de la région d'Ugarit. A la fois vierge et guerrière, assimilée à Inanna et Ishtar, Anat est une divinité d'origine Amorrite, introduite dans le culte de la ville de Marisous Zimri-Lim (-1782 -1759).


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Astyage

Dernier roi des Mèdes (-585 -550), Astyage est la forme grecque d' "Arshtivaïga", "celui qui brandit la lance". Selon Hérodote, il aurait épousé une princesse lydienne dont il aurait eu une fille, Mandane, qu'il donna en mariage au roi perse Cambyse Ier. De cette union naquit Cyrus, le futur conquérant.


Byblos

L'un des principaux ports de la côte Phénicienne ( actuelle Djebail ). A partir du troisième millénaire, Byblos prend de l'importance grâce aux relations commerciales avec l'Egypte (exportation de bois de cèdre). Détruite vers -2300, Byblos sombre dans une période obscure avant de retrouver tout son prestige vers -1900, toujours sous forte influence Égyptienne. Après une nouvelle période obscure qui correspond à l'invasion des Hyksos en Egypte, la ville retombe dans l'orbite égyptienne durant tout le "Nouvel Empire" (-1500 -1000). C'est de la fin de cette époque, alors que la cité s'est rendue indépendante, que date le tombeau d'Ahiram. Byblos prospère encore au cours du Ier millénaire, mais perd la prépondérance qu'elle partageait avec Ugarit sur les côtes Phéniciennes, au profit de Tyr et de Sidon. La ville tombe ensuite dans l'orbite assyrienne puis babylonienne, et devient une ville maritime et commerçante de l'Empire Perse puis du Royaume Séleucide, avant de devenir romaine.


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Cananéens

Le nom ethnique de Cananéen apparaît pour la première fois (ki-na-ah-num) dans un texte de Maridaté des environs de -1750. Le territoire de Canaan débutait aux frontières de l'Egypte et s'étendait jusqu'aux montagnes du Liban, au Nord. Et, bien que parlant un langage fort voisin, les gens d'Ugarit regardaient les Cananéens comme des étrangers. La plus ancienne des villes de Canaan est Jéricho, meme si d'autres furent d'égale importance, comme Mégiddo ou Lakish. La langue cananéenne fait partie des langues sémitiques de l'Ouest, qui ne sont en fait que des dialectes plus ou moins particuliers (comme l'Ugaritique, le Phénicien, l'Edomite ou le Moabite), d'une même langue sémitique originelle. Les principaux dieux cananéens sont El, Dieu suprême, Baal, Reshep, et, comme divinité féminine, Ashérah. La terre de Canaan disparaitra après l'occupation de la côte par les Philistins (un peuple d'origine égéenne), et l'expansion, au Nord, des Araméens.


Dagan

Divinité Ouest-sémitique (son nom signifierait "grain"). Ce dieu apparaît dans les tablettes d'Ebla dès -2500. Il est également présent à Mari. La Bible le donne comme la principale divinité des Philistins (peuple d'origine égéenne ou crétoise, installés sur les côtes et l'arrière-pays de l'ancienne Palestine vers -1400).


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Dilmun

Dilmun est la forme sum. de l'akk. Tilmun, lieu maintes fois cité dans de nombreux textes cunéiformes souvent en association avec Magan et Melukhkha. Le nom de Dilmun apparaît dès la seconde moitié du IVè mill. sous une forme pictographique, sur des tablettes de la période d'Uruk IV et ensuite de Djemdet Nasr. On peut voir que dès cette haute époque Dilmun représentait un lieu bien déterminé avec lequel les Sumériens et une ville syrienne comme Ébla étaient en relations commerciales. Sont ainsi mentionnés une hache de Dilmun (dilmun-tûn) dans une tablette d'Uruk III et un "collecteur de taxes de Dilmun" (dilmun-enku [ZA]). Ce nom va se retrouver tout au long de l'histoire de la Mésopotamie, avec une éclipse entre -1500 et -900, jusqu'à l'époque séleucide. Les relations avec Dilmun s'intensifient au cours des derniers siècles du DA (-2550 -2350). Sous Ur-Nanshé (v. -2550) de Lagash, les bateaux de Dilmun effectuent le transport de bois pour ses constructions, et, sous ses successeurs Lugalanda( -2400) et Urukagina (v. -2380), les bateaux de Dilmun transportent du cuivre et des dattes en échange de céréales, d'huile, de laine et d'argent; Dilmun parait alors être devenue une plaque tournante du commerce avec deux autres contrées d'outre-mer, Magan et Melukhkha. Ces relations commerciales se poursuivent à l'époque d'Akkad et peut-être plus encore pendant les périodes d'Isin-Larsa et paléobabylonienne. Leonard Woolley a retrouvé au cours des fouilles d'Ur, les archives du marchand Éa-nasir (ah.b Tilmun = trafiquant de Dilmun), qui dirigeait ce qu'on pourrait appeler une entreprise maritime d'importation du cuivre, extrait sans doute à Magan mais stocké dans les entrepôts de Dilmun avant d'être transporté à Ur. On connaît d'autres marchands, dont un certain Idin-Nin-Inzak , sans doute originaire de Dilmun, qui avait précédé dans ce commerce la firme d'Ea -nasir. Le commerce avec Dilmun dépassait le domaine suméro-babylonien pour s'étendre à Suse, où un temple était dédié à Inzak (nom écrit aussi Enzak, Anzag, Nin-zag), l'une des principales divinités de Dilmun, et à Marisous le règne de shamshi-Adad. Le trafic vers Maritransitait obligatoirement par Babylone, d'où les caravanes (harranû) transportaient la marchandise jusqu'à Mari, ce qui n'allait pas toujours sans quelques difficultés (cf. par ex. la lettre d'Iambe-Addu à Hammurabi). À l'époque kassite, Dilmun est un moment occupée par les Babyloniens, qui y installent un gouverneur. Deux lettres retrouvées dans les archives de Nippur sont adressées à Ililiya,qui semble bien être le même qu'Eniilkidinni, gouverneur de Nippur à l'époque de Burnaburiash Il (-1359 -1333) et de son (troisième) successeur, Kurigalzu II (-1332 -1308) par Ili-ippashara. Ce dernier est établi à Dilmun, dont il est démontré qu'il en était le gouverneur . Après une période d'éclipse, Dilmun est à nouveau en relation avec les Assyriens. Sous ses rois Uperi qui est comme "un poisson à 30 bêru au milieu de la mer où se lève le soleil " et Akhundara, elle reste indépendante mais, néanmoins, tributaire de Sargon II . L'un de ses autres rois, Khundaru (peut-être le même qu'Akhundara connu par d'autres textes), est aussi tributaire d'Assur-banipal. Les Babyloniens pour le moins sous le règne de Nabonide occupent le pays, où est installé un lugal pihashti Dilmunki, titre mentionné dans un texte daté de -544 . On ne sait précisément Si cette expression désigne un administrateur commercial ou, plutôt, civil et militaire de Dilmun. Il semble que Dilmun ait été plus ou moins tardivement intégrée dans l'Empire achéménide. Jules Oppert avait proposé d'identifier Dilmun avec l'île de Bahreîn, appelée Tylos par les Grecs. Cette identification est acceptée par la majorité des archéologues, bien qu'on ait tendance à étendre cette entité géographique à la côte voisine de l'Arabie. L'absence de témoignage archéologique dans l'île avant le milieu du III è milI. a conduit à situer la première Dilmun sur les côtes voisines de l'Arabie, où nombreux sont les établissements qui remontent au moins au IVème mill. : Abqayq, Umm an-Nussi, Umm ar-Ramad, l'île de Tarut ont rendu des poteries de l'époque de Djemdet Nasr voire plus anciennes. Le même nom de Dilmun désigne aussi, dans les textes mythologiques Sumériens, un lieu qui semble mythique, "saint et pur", en particulier dans le mythe d' "Enki et Nînhursag". Il est dit que, "lorsque le dieu Enki s'y établit avec son épouse, le pays devint pur et lumineux." A Dilmun, auparavant ne croassait nul corbeau, ne cacabait nul francolin; nul lion ne tuait, nul loup ne se jetait sur des agneaux !" . C 'était une sorte de paradis (terrestre ?) où il semble qu'on ne connaissait ni le travail ni la vieillesse, à moins qu'il ne faille interpréter ces passages comme la description d'un lieu où tout était figé, ou rien ne bougeait ni ne poussait, jusqu'au moment où Enki vint apporter l'eau d'où s'épanouit la vie. Ce texte, dont le plus ancien manuscrit ne remonte qu'au début du IIè mill., soit l'époque où les relations avec Dilmun étaient des plus intenses, semble être l'idéalisation d'une île (et des terres voisines) située dans une mer où le soleil paraissait se lever. Dans la version sumérienne du Déluge, c'est à Dilmun, "là où se lève le soleil ", que fut installé Ziusudra pour qu'il y vive son éternité .


Dumuzi

Dieu sumérien lié étroitement au cycle d'Inanna/Ishtar. Il est parfois désigné sous la forme de Tammuz (babylonien, hébreu et araméen). Son nom, dumu-zi, signifie "le fils légitime". C'est un dieu de la Végétation et, en tant que tel, un dieu qui meurt, autour duquel s'est greffé tout un ensemble de mythes et pour qui a été élaborée toute une liturgie, ce qui en a fait l'un des personnages divins les plus complexes et les plus vivants de la religion suméro-babylonienne. La LRS mentionne deux Dumuzi. Le premier Dumuzi, un berger (Dumu-zi sipa), règne 36 000 ans sur Bad-Tibira. C'est le «Daônos poimên» de Bérose, roi antédiluvien. L'autre succède à Lugalbanda (lui aussi un berger) sur le trône d'Uruk. Il serait originaire de la cité de Ku'ara et aurait régné 100 ans. Gilgamesh est donné comme son successeur . Il est possible qu un souverain d'Uruk ait porté le nom de Dumuzi. Quant au lugal antédiluvien de Bad-Tibira, il semble qu'il s'agisse du dieu. Le mythe lui attribue pour mère Duttur et pour père le roi de Bad-Tibira. Le soleil Utu est parfois donné comme son frère, mais le personnage le plus important dans son mythe après Inanna est sa soeur GeshtInanna. Le mythe de Dumuzi se développe à travers un certain nombre de textes liturgiques. 1. Dumuzi et Enkimdu. Utu incite sa soeur Inanna à prendre pour époux le berger Dumuzi. Inanna s'en irrite, elle déclare qu'elle n'épousera pas le berger dont les vêtements sont rudes, celui qu'aime son cœur est Enkimdu le fermier. Elle se porte au-devant des deux garçons : chacun lui fait sa cour, vante ses mérites et lui dit ce qu'il pourra lui offrir. Dans le dialogue qui s'engage entre Inanna et Dumuzi et au gré duquel chacun aligne ses ancêtres, Dumuzi apparaît comme "le fils d'Enki et de Sirtur (= Duttur). Finalement, Inanna porte son choix sur Dumuzi. 2. Ce prologue au mariage, l' "hiérogamie"est complété par quatre textes poétiques présentés sous la forme de dialogues, réunis et traduits par Jacobsen sous les titres "The Sister's miessage" (- balbale), "The wiles of Women", "The Brédal shoots" et "Let Him Come!" 3. Suit le texte du mariage ou, plutôt, des préparatifs . C'est un texte où alternent les paroles des amies, d'Inanna, de Ningal, de Dumuzi et d'un narrateur. Dumuzi attend à la porte de la demeure de l'épousée tandis qu'elle se baigne, s'oint d'huile parfumée, revêt une robe, sans oublier les amulettes. Entre Dumuzi, qui s'adresse à Inanna (chaque fois intervient le narrateur qui annonce ce que va faire chacun des interlocuteurs). Dans ce texte, la première chose dont parle le fiancé est la chapelle de son dieu qu'il a apportée pour elle. D'autres poèmes d'un caractère plus brûlant et quelque peu érotique existent qui doivent trouver là leur place : Inanna ouvre la porte pour lui, dans la maison, elle brille devant lui pareille à la lumière de la lune. Dumuzi la regarde joyeusement, il presse son nez contre elle, il l'embrasse. n Inanna parle alors amoureusement à son époux, lui demandant de "labourer sa vulve", à quoi il répond " Grande dame, le roi labourera ta vulve, moi, Dumuzi, je labourerai ta vulve". 4. Ici, Jacobsen inclut un court poème qu'il intitule " Unfaithfulness ", selon lequel Dumuzi aurait trompé son épouse avec une esclave de la demeure, dont elle exige la mise à mort. Dumuzi est visiblement absent car Inanna décide ensuite d'aller le retrouver vers le désert. 5. Le Rêve de Dumuzi. Au cours d'une nuit, Dumuzi fait un rêve qui le trouble. Il demande à sa sœur GeshtInanna de le lui interpréter, et elle y voit la triste destinée de son frère. Ce dernier cherche à fuir jusqu'aux confins du désert la mort qui le guette. Mais les démons de l'enfer, les Callû, le traquent, finissent par le saisir et le mettent à mort. 6. Lamentations de la déesse. Inanna pleure Dumuzi. "Il s'en est allé mon époux, mon doux mari. Il s'en est allé mon amour, mon doux amour. Mon bien-aimé a été enlevé de la ville...". Il n'est ensuite plus question de Dumuzi, et, lorsque Inanna/Ishtar va descendre dans l'empire des morts, dominé par Éreshkigal, la raison n'en sera pas, comme on pourrait le supposer, pour rechercher son époux défunt. Curieusement, Inanna n'ayant reçu l'autorisation d'Ereshkigal de remonter au monde de la lumière qu'à condition qu'elle trouve quelqu'un qui restera à sa place en enfer la moitié de l'année, c'est précisément Dumuzi, confortablement installé sur une estrade près du pommier du "pays de Kul'aba", sur qui elle porte "un regard meurtrier " et qu'elle désigne comme celui qui descendra en enfer à sa place (Descente d'Inanna en enfer). L'aspect du mariage sacré royal s'est particulièrement développé à l'époque des rois d'Ur III, qui cherchaient à s'identifier à Dumuzi en tant qu'époux d'Inanna. L'ensemble du mythe de Dumuzi s'est formé à l'époque sumérienne et tous ces grands textes sont en sumérien. À partir du II è mill., le mythe cessera de s'étoffer, il ne sera plus que prétexte à la composition de lamentations et d'Ershemman. Il restera cependant le modèle divin des hiérogamies ainsi que de toute poésie amoureuse. Dans les textes Akkadiens, Ishtar se substituera à Inanna, sans que soit pour autant modifiée la substance du mythe.


Eannatum (a)

Seigneur (Ensi) de Lagash (v. 2454-2425). La ville de Lagash, encore obscure, était en litige depuis quelque temps avec la cité voisine d'Umma pour une question de champs à la limite des territoires qu'elles contrôlaient. La querelle s'était apaisée à la suite d'un arbitrage du souverain de Kish, Mésilim (entre 2600 et 2550). La paix semble avoir régné sous Ur-Nanshé mais la guerre reprit sous le successeur de ce dernier, père d'Éannatum, Akurgal. Le règne d'Akurgal fut bref et peut-être est-ce au cours d'un combat contre Umma qu'il perdit la vie. Eannatum se porta contre l'armée d'Umma, défit son roi, Ush, qui sans doute trouva la mort dans cette guerre. Le fils de ce dernier, Enakalli, dut abandonner les terres contestées à Eannatum et lui payer un tribut en grains. C'est cette victoire que le vainqueur va commémorer dans une grande stèle dite des Vautours (fragments retrouvés à Girsu, au Louvre). Il s'agissait d'une grande stèle en calcaire qui, à l'origine, mesurait en hauteur plus de 1,80 m. Elle est sculptée sur les deux côtés : sur une face, on voit le monde terrestre avec les guerriers de Lagat progressant en rangs serrés derrière leurs boucliers et étreignant une lance, Eannatum marchant à leur tête, tout ce monde piétinant les ennemis vaincus; dans un registre inférieur, Eannatum avance sur son char à quatre roues, suivi de ses guerriers; devant eux, un vol de vautours, qui a donné son nom moderne à la stèle; au bas, un fragment de relief où sont entassés les corps des morts de Lagash qu'on va ensevelir, avec une scène de sacrifice. Sur l'autre face, on se trouve dans le monde divin: le dieu Ningirsu tient d'une main une massue, de l'autre il étreint un aigle léontocéphale (Anzû) auquel est attaché un grand filet où sont pris, comme des oiseaux, les guerriers d'Umma. Bien qu'en partie perdue, la longue inscription qui accompagne les scènes figurées représente le document le plus important sur le règne d'Eannatum. Le prince se donne pour père le dieu Ningirsu et pour mère la déesse-mère Ninhursag, dont il suça le lait. Au cours d'un rêve, Ningirsu vint visiter Eannatum pour lui dire combien les "bandes pillardes" d'Umma l'avaient irrité (il implique aussi Kish, qui aurait été ulcérée par l'attitude d'Umma). Ainsi commence la guerre afin de venger le dieu. Après sa victoire Éannatum, qui ne cesse de répéter qu'il est très sage et qu'il a offert en sacrifice deux colombes à Utu, a fait lever un talus pour marquer la nouvelle frontière de son domaine, qui est celui de son dieu Ningirsu. Il ne semble pas qu'Eannatum se soit contenté de cette seule victoire. Il aurait aussi repoussé une attaque des Elamites, vaincu Ur et Uruk, reçu des mains d'Inanna la royauté de Kish, porté ses armes jusqu'à Mari et au Subar (l'Assyrie ?) selon la longue inscription d'un galet. Il semble aussi avoir eu une activité architecturale. Son action a finalement fait d'une obscure bourgade une cité dominante parmi les villes du Sumer.


EIam

Région du sud-ouest de l'iran, constituée de plaines et de montagnes, débordant l'actuel Kuzistan. Sa situation géographique, à l'extrémité des routes du plateau iranien conduisant vers l'Asie centrale et la vallée de l'Indus, et dominant la plaine du Tigre, lui a permis de jouer un rôle non négligeable dans l'histoire du POA. Le nom d'Élam est fondé sur l'hébreu 'êlam. Les Élamites appelaient leur pays Haltamti (= Terre du dieu) et les Akkadiens Elamtu. L'origine des Élamites reste inconnue. Ils semblent avoir appartenu à ce fond des anciennes populations néolithiques de l'Asie antérieure qui parlaient des langues agglutinantes, différentes des Sémites et des Indo-Européens. Les Élamites adoptèrent les cunéiformes d'origine sumérienne, mêlés de logogrammes suméro-Akkadiens, pour écrire leur propre langue, probablement au cours du XXIIIè s. av. J.-C. , et les ont utilisés jusqu'au IV s. Dans ce système d'écriture syllabique entrent les voyelles a, u, i, e. La base de la langue est nominale, verbale ou commune au nom et au verbe. Le verbe, toujours placé en dernière position, exprime un aspect accompli ou inaccumpli-duratif. Bien qu'elle participe largement des civilisations voisines de la Mésopotamie, la civilisation élamite conserve une originalité qui lui est propre. Il convient ici de préciser que ce qu'on est convenu d'appeler l'Élam ne forme pas une unité en soi. Il est composé de plusieurs régions qui ont été distinguées politiquement : au pied du Zagros, la Susiane, dans de riches plaines avec Suse pour capitale, n'a pas été toujours le centre de l'Élam, qui s'étendait par ailleurs dans les montagnes avec l'Anshan l'Awan et le shimashki ces deux dernières régions étant mal circonscrites sinon localisées. On s'accorde pour diviser son histoire, àpartir des découvertes archéologiques et des textes aussi bien extérieurs que ceux recueillis localement, en particulier lors des fouilles de Suse et, plus récemment, d'Anshan, en quatre périodes : proto-élamite (vers -3200 -2700)élamite ancien ou paléo-élamite (vers -2400 -1500), élamite moyen (méso-élamite -1500 -1100), Néo-élamite (vers -1000 -539). Après la conquête achéménide, l'Élam est une province de l'empire qui a cependant le privilège de voir Suse considérée comme l'une des capitales impériales. Pendant la période protoélamite, l'Élam est tourné vers le plateau iranien, à la civilisation duquel il participe. Les relations de Suse sont étroites avec Anshan Bialk, Tépé Yahya, et même Bhahr-i-Bhukhta, en Iran oriental, site que certains auteurs identifient à Aratta, le grand marché du lapis-lazuli. C'est au début de cette période que les Élamites vont commencer à se doter d'une écriture qui reste très élémentaire, et indéchiffrée. Elle consiste en idéogrammes simples, souvent de forme géométrique, parfois dessinés en double ligne, ou encore simplement linéaires, sur des tablettes de terre crue, parfois à peine cuites, et quelques amulettes et sceaux. Il arrive que des dessins au trait représentant des animaux fauves, bovidés, soient tracés accompagnés de quelques signes. Il s'agit en général de pièces comptables ou d'exercices de comptabilité .Les premières mentions historiquement attestées entre l'Élam (connu sous le nom sumérien de NIM) et Sumer par des inscriptions se situent entre -2700 et -2400, bien qu'il soit probable que les deux régions fussent déjà en relations commerciales. Un roi obscur de Kish, Enna'iI, fils d'A'anzu, se vante d'avoir vaincu l'Elam. D' Éannatum, il est dit qu'il vainquit l'Élam, "la montagne vertigineuse". Ce sont là des relations violentes dont il est difficile d'assurer que ce sont les premières entre les Sumériens et les Élamites. Déjà. dans la LRS, le mythique roi de Kish Enmebaragesi aurait porté ses armes dans le pays d'Élam, ce qui nous ramène aux environs de -2700. L'époque paléoélamite se divise en trois périodes selon les dynasties qui ont eu le pouvoir. Vers 2400, un prince de la ville élamite d'Awan prit le pouvoir, défit Ur et entra dans la liste royale sumérienne. Cependant, la Susiane fut intégrée dans l'Empire akkadien de Sargon, qui y plaça des gouverneurs (issiakkum). Par la suite, Naram-Sîn passa un traité avec le souverain d'Awan (le roi Khita ?). C'est le premier traité conclu entre un souverain élamite et un roi mésopotamien : il fut conservé dans le temple d'In-shushinak. Vers -2050, la liste susienne des (12) rois d'Awan et de shimash(ki) donne une nouvelle dynastie avec aussi 12 rois, originaires de shimashki dans les montagnes du Luristan. La Susiane retomba sous la domination des derniers rois de la IIIè dynastie d'Ur, qui pratiquèrent des mariages entre princesses sumériennes et élamites. Ces précautions n'empêchèrent pas les Élamites de s'unir et d'envahir Sumer sous la conduite du roi de shimatki Kindattu (v. -2004), ouvrant la deuxième période d'indépendance de l'Élam ancien. Le roi d'Ur Ibbi-Sîn fut capturé et emmené prisonnier en Élam, où il mourut. Le neuvième roi de la dynastie de shimashki marque l'étendue de ses conquêtes en prenant le titre de « roi d'Anshan et de Suse «. Plus modestes, ses successeurs se contenteront de celui de suêalmah« Grand Régent", titre sumérien des gouverneurs de l'époque d'Ur III (sukkal). Avec eux commence la troisième période protoélamite, (v. -1970). L'Élam forme alors une sorte de confédération où, au-dessous du Grand Régent, se trouvent un sukkal d'Élam et de shimashki et un sukkal de Suse. Ces Souverains pratiquent des mariages avec leurs soeurs, comme les rois d'Égypte, et ils conservent les traditions akkadiennes. L'akkadien semble être la langue officielle : la plupart des textes, administratifs, économiques, sont en akkadien. On ne possède de cette époque que quelques inscriptions royales en élamite. Cependant, ces inscriptions permettent de saisir la complexité de l'histoire élamite pendant cette période et des successions au trône, sans qu'on puisse toujours réussir à situer tous les faits recueillis dans un développement satisfaisant . Cette période des sukkalmah se termine vers -1500 on ne sait précisément dans quelles conditions. Entre -1500 et -1100, trois dynasties se succèdent à la tête de l'Élam, qui connaît sa période la plus brillante, appelée élamite moyen. De la première dynastie, dite des Kidinuides, on connaît peu de chose. Ses rois se parent du titre de roi d'Anshan et de Suse mais ils privilégient, avec le roi Tepti-Ahar, Kabnak (Haft Tèpè) au sud-est de Suse, comme résidence royale, au détriment de Suse. Une campagne du roi kassite de Baby-lone Kurigalzu 1er au XIVè s. semble être la cause de la chute de cette dynastie, remplacée par une nouvelle dynastie fondée par un certain Igi-halki. Sous cette nouvelle dynastie dite des Igihalkides, l'Élam va de plus en plus trouver son équilibre culturel, dans lequel les traditions indigènes s'harmonisent avec les courants mésopotamiens. L'élamite devient la langue officielle, remplaçant l'akkadien. Cette politique se concrétise dans la capitale-sanctuaire édifiée par Untash-Napirisha (v. -1275 -1240) à Tchoga Zanbil. Le petit-fils de ce dernier, Kiden-Hutran (v. -1235 -1210), effectue un raid sur la Babylonie au cours duquel il met à sac Der, Marad, Nippur et Isin. Une période d'anarchie suit la mort de ce roi, et le pouvoir va passer à une nouvelle dynastie fondée par Hallutush-Inshushinak (v. 1205-1185). On lui a donné le nom de shutrukides, du nom du fils de son fondateur, shutruk-Nahhunte (-1185 -1155). Ce dernier reprend une politique de conquête et ravage àplusieurs reprises la Babylonie. En -1158, il prend et met à sac Babylone, d'où il rapporte triomphalement à Suse quelques-uns des monuments qui y ont été retrouvés par la mission française : grande stèle du Code d'Hammurabi, stèle de Naram-Sîn, statue de Manishtusu. Il revient à son fils et successeur, Kutur-Nahhunte (-1155 -1150), de mettre fin à la dynastie kassite au cours de nouvelles campagnes en Babylonie. Ce dernier avait épousé sa soeur Nahhunte-Utu. Il mourut à peine cinq ans après être monté sur le trône et son frère Shilhak-Inshushinak (-1150 -1120) lui succéda. Il épousa à son tour Nahhunte-Utur, ce qui représenterait un cas de lévirat . shillak-Inshushinak a été l'un des souverains les plus importants de la dynastie. Outre ses campagnes militaires, il fit construire un certain nombre de temples et restaurer plus encore de monuments. Les Babyloniens n' avaient pas oublié les méfaits des invasions élamites, comme en témoigne une élégie où l'auteur se lamente à ce propos . Le texte semble avoir été écrit à l'époque de Nabuchodonosor îer (1125-1104) lequel va, en partie, venger ces razzias en infligeant une défaite au successeur de shilîak-Inshushinak Hutelutush-Inshushinak (1120-1110), qui dut se réfugier un moment à Anshan. La période néoélamite voit la désagrégation de l'Empire élamite avec des retours de fortune. Les rois ont alors trois capitales Suse, Hidalu et Madaktu, où ils résident selon les circonstances. Ils sont de plus en plus tournés vers les affaires de la Mésopotamie car sans cesse menacés par les Assyriens. Ainsi, selon les moments, ils occupent Babylone ou encore ils s'allient avec elle contre Assur. En fin de compte, Assur-banipal, attaqué par Te-Umman, le vainquit (-653) et installa à Suse, Madaktu et Hidalu chacun des fils d'un ancien roi élamite détrôné par Tempti-Humban-Inshushinak (le Te-Umman des inscriptions assyriennes), qui s'étaient réfugiés à sa cour. Les nouveaux souverains ne manquèrent pas de trahir leur ancien bienfaiteur; ils soutinrent Shamash-shum-ukin dans sa révolte à Babylone contre son frère Assurbanîpal, de sorte que ce dernier les engloba dans sa vengeance. il ravagea l'Élam, mit Suse au pillage et rapporta triomphalement à Ninive un immense butin. La troisième période néo-éiamite qui s'ouvre alors est marquée par un nationalisme qui privilégie tout ce qui est élamîte, mais qui ne pourra empêcher l'Élam de tomber bientôt sous la domination de la Perse achèménide.


El

Divinité suprême des panthéons sémitiques.Il correspond à l'akkadien "ilu"dont le sens premier est "dieu", et qui est écrit avec le sumérogramme " dingir" (l'étoile) mais ilu peut désigner un démon protecteur, un esprit (et surtout l'esprit d'un enfant mort) ou simplement la chance . Son étymologie reste inconnue, mais sa racine " 'l " est liée au mot désignant la force, la puissance (hébr. = dieu et force). Peut-être était-il à l'origine le dieu-taureau, parèdre de la grande déesse néolithique, ce qui justifierait son épithète de taureau dans les textes ugaritiques ("Baal et la Mer", "Palais de Baal" , etc.). Considéré l'extension du terme 'el / ilu ", où il désigne la divinité dans toutes les langues sémitiques (sauf en éthiopien), il serait étrange qu'il soit inconnu du panthéon d'Ébla. Il semble, en effet, qu'on puisse voir dans le dieu A-lu / la des textes d'Ébla, lié à la déesse dDa~bi~na~tu ,une forme ancienne d'El ; il correspond au dieu Ilum (écrit AN ou i-lu-um) des textes de Mari, dans lesquels il est donné comme fondateur de la ville, ce qui en fait sa divinité tutélaire . Dans ces mêmes textes d'Ébla, le dieu sumérien Enlil est traduit par I-h-lu . C'est par les textes bibliques que l'on connaissait le mieux cette divinité avec ses épithètes (à moins qu'il ne s'agisse de divinités diverses dont les noms sont devenus des surnoms ou des épithètes de l'El hébraîque) : El 'Elyôn, El Roi, El shaddai, El 'Olam, El Béthel . Ce sont cependant les textes d'Ugarit qui vont intégrer El dans un ensemble de mythes qui lui confèrent une certaine consistance, et en particulier les épopées de Kéret, de Danel, et surtout la Naissance des dieux gracieux, où il est le géniteur des deux dieux shahar et shalim. Au bord de la mer, le dieu voit deux femmes " qui font monter l'eau ". Deux femmes qui se révèlent finalement être les filles d'El et qui l'appellent " papa ". En les voyant, sa verge se dresse, mais il apparaît qu'au moment de l'union elle s'abaisse : "Ô époux, époux, s'écrient-elles alors, ta verge est basse, la tension de ton membre languit ! " cri de désespoir qu'elles répètent mais en appelant le dieu non plus "époux" mais "papa". Cette soudaine faiblesse sexuelle, le fait que le dieu, bien qu'ayant engendré tous les dieux, sauf Baal, fils de Dagan, tombe en un rang secondaire, même s'il occupe le premier d'une manière fictive, ont soulevé la question de la théologie sémitique, dans laquelle El est toujours rejeté au profit de dieux plus jeunes, sans qu'il soit dit, pour autant, être mis à mort ou exilé par un jeune dieu triomphant comme le fit Zeus dans la théogonie grecque. Ainsi, dans le panthéon hébreu, El est-il en fait supplanté par Yahweh , et il en était de même dans l'Arabie préislamique : Allah n'était qu'une divinité secondaire, effacée au profit de sa parèdre al-Lât.C'est son inconsistance qui a conduit Mahomet à le choisir comme son dieu et qui lui a conféré une universalité grâce au succès de son combat.Il n'en demeure pas moins qu'El dispose d'un pouvoir qui n'est pas négligeable: il est la source du pouvoir royal, avec le titre de m/h (roi), et le roi régnant est appelé "fils d'El". Il est aussi le " père de l'humanité ", ce qui en fit un dieu proche des hommes.


Emar

La ville antique d'Émar a d'abord été connue par des textes du milieu du IIIe milI. et des premiers siècles du millénaire suivant provenant aussi bien d'Ébla (une reine d'Emar, Tisha-Lim, était originaire d'Ébla) que de Mari, ou encore de Nuzi et d'Ugarit (par ex., lettre à propos d'un voyage à Emar, datée du XIVe s.. Georges Dossin avait suggéré une identification avec le tell syrien de Meskéné Khadime, dans la boucle de l'Euphrate. Des fouilles de sauvegarde, avant la mise en eau du lac prévue sur le Fleuve, y ont été conduites par une expédition française. Dès les premiers jours fut mis au jour un lot de 14 tablettes placées dans une jarre, qui permirent l'identification du site avec l'antique Émar. Mais, à la surprise des fouilleurs, les monuments dégagés, un palais à Bit Hilani, quatre temples de type "à mégaron", tout aussi bien que les nombreuses demeures privées constituant des îlots de demeures à terrasses accolées les unes aux autres, tout datait de la fin du BR, rien de plus ancien n'a été retrouvé. De fait, les changements de lit de l'Euphrate avaient obligé les habitants de la ville à l'évacuer et à en reconstruire une nouvelle sur une hauteur voisine. Cette reconstruction se fit à l'initiative du roi hittite Suppiluhuma îer (ca. 1380-1346) et de son fils Mursili Il (1345-1315). Cette dernière cité ainsi retrouvée était destinée à être à son tour engloutie dans les eaux du fleuve. La découverte de plusieurs centaines de tablettes rédigées en akkadien pour la majorité d'entre elles, mais aussi en sumérien, en hittite et en hurrite, et d'environ 400 sceaux d'une très grande diversité de styles et d'origines, a apporté de nombreux éléments concernant la vie dans cette partie septentrionale de la Syrie aux XIVe~XIIIe s. Ils ressuscitent dans une certaine mesure cette capitale du royaume d'Ashtata avec sa famille royale et les intrigues de palais . Une partie de ces textes consiste en testaments actes de vente, lettres, contrats divers, almanachs, mais aussi en oeuvres littéraires, telle cette belle élégie intitulée Ballade des héros du temps jadis (- chant), et en écrits de caractère religieux, dont le plus important est un rituel d'intronisation de l'épouse du dieu de l'Orage (noté avec le logogramme 41M, auquel sont ajoutés des épithètes akk"Jabaimmi" qui donne l'eau vivifiante " pih~aimmi","resplendissant ", puda(l)im(m)i, "armé pour le combat ". Parallèlement à ce texte où sont mis en évidence les temples de Ninkur et de Ninurta, et le bétyle d'Hépat, on connaît d'autres divinités de la cité : Baal et Astarté (auxquels étaient sans doute consacrés deux des quatre temples exhumés), Tashmishu, Nergal, Ishtar de shamuba.


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Enlil

Dieu sumérien, parmi les plus anciens et les plus complexes. Son nom sumérien signifie "seigneur de l'air" (akk. Ellil), mais ses attributs sont bien plus larges que ceux d'un simple maître des vents et de l'air. Son nom apparaît dès l'époque de Djemdet Nasr et il occupe déjà une place capitale dans la liste des dieux de Fara. Si dans l'Enûma Elish, poème babylonien à la gloire de Marduk, c'est ce dernier qui est le véritable dieu créateur, et qu'Anu, Enlil (qui n'apparaît que dans la quatrième tablette au vers 146) et Ea n'occupent finalement qu'une place secondaire, dans le poème d'Atrahasise le roi, père des dieux, est Anu, et Enlîl, "le guerrier"(ou "le preux"), qui avait pris la terre en partage, était le souverain des dieux, et c'est contre lui que ces derniers se révoltèrent. Dans la cité qui en a fait sa divinité principale et dont il était peut-être originaire, Nippur, c'est lui le dieu créateur qui façonne l'homme de ses propres mains. Mais c'est aussi lui qui, dans le mythe d'Atrahasîs, se trouve incommodé par les clameurs des hommes et exige leur destruction en demandant de couper aux hommes toute subsistance, qu'Adad retienne les pluies et que Nisaba (déesse des Moissons) "ferme partout sa poitrine". Comme Enki, il réside sur le Duku, avec son épouse Ninlil (ou Sud), une déesse des Céréales. Il est lié à l'orage qui se précipite des montagnes, comme en témoignent son surnom sumérien de Kur-gal ("Grande Montagne") et le nom de son temple à Nîppur, l'é.kur, "Maison [de la] montagne". Sa puissance est soulignée dans un hymne où il est dit: " Ô toi le puissant, qui tient la pluie dans le ciel et les eaux sur la terre... père Enlîl, tu es celui qui fait que croît la vigne, ta chaleur porte à sa maturité le poisson dans les profondeurs, tu laisses se rassasier de nourriture les oiseaux dans le ciel, les poissons dans la mer ". Ainsi est-il devenu, en quelque sorte, le plus puissant des dieux, le père des dieux (ab-ba dingir-re-me), celui qui distribue les destins (na-me nam-tar-ri), fonction qu'il partage avec Enki. « Seigneur des seigneurs, roi des rois, père qui as engendré les grands dieux, maître des destins et des hommes, qui gouverne les cieux et la terre... Seigneur de tous les pays qui fixe les destins de tous les dieux, les vivants sont engendrés par ton ordre, tu nommes roi et gouverneur... « est-il déclaré dans un hymne où il apparaît comme un maître de la justice qui rend le faible égal au fort, celui qui abolit le mal. Dans la généalogie des dieux, il est le fils d'Anu et le frère d'Aruru. il lui est donné pour progéniture Inanna, Adad, Nergal, Ninurta, Nanna-Suen (Sîn), Ningirsu, Utu, Nuaku, Pabilsag, Ishkur, Namtar, Urash. Une tradition on fait le fils d'Enki et de Ninki. Au dieu était consacré un nombre considérable de chapelles et de sanctuaires aussi bien en Babylonie qu'en Assyrie. Outre l'é.kur à Nippur, sans doute l'un des plus anciens puisqu'il fut déjà restauré par Naram~sîn, il avait encore cinq autres é.kur dans cette même cité et un autre à Assur. Un nombre considérable de temples et de chapelles lui étaient dédiés à Nippur (par ex. e.du6.nùmun.bùr, "maison du tertre des joncs «), ainsi qu'une ziggurat. Enlil et Ninlil. Il s'agit d'un petit poème sumérien de 154 lignes dont les manuscrits sont une copie néo-assyrienne et des fragments d'époque paléo-babylonienne. Le poème s'ouvre par une description de Nippur où se situe l'action. La jeune fille Ninlil (dame-air) est mise en garde par sa mère, Nunbarshegunu (autre nom de Nisaba) : "En la limpide voie d'eau, ne prends pas de bain, jeune femme... ne te promène pas le long du canal princier, ô Ninlil, Le seigneur au regard luisant, au regard luisant, jetterait les yeux sur toi ! Le Grand-Mont, le vénérable Enlil, au regard luisant, jetterait les yeux sur toi !... il te pénètrerait, te baiserait, t'engrosserait allégrement d'une voluptueuse semence..." Naturellement, la jeune fille n'écoute pas les recommandations, elle va se promener au bord du canal, Enlil la voit, et lui dit tout crûment qu'il voudrait «la pénétrer, la baiser «, mais elle refuse en lui répliquant que son vagin est trop étroit, etc. On peut voir qu'elle n'était pas particulièrement naîve. Enlil ne la force pas. Il s'adresse à son page Nuaku, qui lui procure une barque pour aller la surprendre dans la cannaie, où, ce qui n'est pas dit mais sous-entendu, la jeune fille est allée se baigner, nue. Car Enlil la surprend, se couche sur elle et lui fait ce qu'il avait envie de lui faire sans qu'elle s'en défende. Or «les grands dieux, cinquante au total, plus les dieux - sept au total - qui arrêtent les destinées «font appréhender Enlil en plein Kîrir ([é].ki.ùr, » place nivelée «, est le nom d'une chapelle de Ninlil dans l'Ékur de Nippur, où il se promène, et le chassent de la ville en le traitant de violeur de filles. Enlîl part mais Ninlil le suit. Enlil parait la fuir, jusqu'aux portes de l'enfer, où il dit au portier: » Ninlil, ta souveraine va survenir : Si elle te questionne à mon sujet, tu ne lui diras point qui je suis. » Suit tout un jeu où Ninlil interroge le portier, qui fait l'innocent; Enlil continue de la fuir de plus en plus loin dans le monde d'en-bas jusqu'au fleuve de l'enfer, où il tient le même discours au nocher. Et à ceux qui lui parlent d'Enlil comme le roi du monde, Ninlil répond que s'il est leur souvetain elle est leur souveraine, car elle porte dans son sein la glorieuse semence de leur maître. Enfin, Enlil retrouve Ninlil dans sa chambre à coucher, où, «la pénétrant et la baisant, il déversa dans son sein la semence d'Enbilulu, le régisseur des canaux » . Le Mariage de Sud (ou Enlil et Sud). Poème de 175 vers connu par des fragments de tablettes paléobabyloniennes de Nippur et des versions néoassyriennes . Il rapporte comment la jeune Sud épousa Enlil et s'identifia à Ninlil. On assiste à la naissance de Sud, fille de Hala et de Nunbartegunu/Nisaba (mère aussi de Ninlil), qui, " allaitée du meilleur des mamelles de sa mère, devint une jeune fille charmante". Tout le monde admirait sa beauté quand elle paraissait à la porte de l'Ézagin (é.za.gin = temple de Nisaba à Éreali). Or Enlil avait parcouru tout le Sumer et était allé jusqu'au bout du monde à la recherche d'une épouse (car,précise le narrateur, dans le Kirir n'avait pas été prononcé le nom de Ninlil «, ce qui situe l'action avant le mariage d'Enlil et Ninlil). En arrivant à Éret, Enlil jette les yeux autour de lui et » rencontre la femme de son coeur «. Aussitôt il l'aborde et lui fait sa cour «Je te recouvrerais volontiers du manteau seigneurial et après avoir fait la rue (on dirait maintenant «le trottoir «, car il la prend pour une prostituée) tri deviendrais [ma femme ?]. Ta beauté m'a séduit tout à fait, même si tu n'es pas une personne de qualité. La jeune fille, vexée, lui réplique vertement :" Puisque je me tiens, en tout bien tout honneur, à notre propre porte, pourquoi ternir ainsi ma réputation? Que me veux-tu? Pourquoi m'avoir abordée ? Jeune homme notre entretien est terminé, disparais. «On ne peut qu'être surpris de la modernité des comportements et du dialogue. Encore une fois Enlil repoussé s'adresse à son page Nuaku et l' envoie avec des présents à la demeure des parents de Sud. Le messager se hâte de se rendre à Éresh où il Pénètre dans l'Ézagin, « résidence de Nanibgal » (autre nom de Nisaba), trouve celle-ci assise Sur son trône et se prosterne devant elle puis demande la main de sa fille dans les règles, au nom de son maître. La déesse l'agrée et demande qu'Enlil lui envoie sa propre soeur Aruru : «Je lui céderai ma place, elle sera comme ma bru.» Elle envoie ensuite Nuaku auprès de Sud pour lui remettre les cadeaux qu'il disposa devant elle en monceau. Et Sud accepta discrètement les cadeaux. Le page rentre à Nippur auprès d'Enlil, lui fait part des résultats positifs de sa mission et lui demande de déléguer là-bas sa propre soeur, qui aura la haute main sur toute la maison «. Enlil envoie alors de nouveau cadeaux dont la liste occupe un nombre considérable de vers. En fait, il s'agit d'animaux, à peu près un ou plusieurs exemplaires de tous ceux qui étaient alors connus : aurochs, cerfs, éléphants, daims, gazelles, singes, vaches, bétail sauvage aux amples cornes, chats sauvages, panthères, etc. ; ensuite, tous les produits de la ferme et des vergers : laitages, toutes sortes de miels», dattes, figues, lourdes grenades... ; enfin, gemmes et métaux précieux. Remise des cadeaux, recommandations de la mère à sa fille pour séduire totalement son époux: "Chérie Laisse-toi prendre et n'oublie pas jeux et ris (amoureux), prolonge-les longtemps et faites tous deux l'amour sur la colline, procréez des enfants... « Suit la noce, brièvement enlevée, et «Aruru, prenant Sud par la main, l'introduisit dans le brillant Ekur, lui aspergEa le visage de parfums, et, dans la chambre à coucher, sur la couche fleurie, embaumée comme une forêt de cèdres, Enlil fit l'amour à sa femme et y prit grand plaisir . On a là tout le déroulement d'une hiérogamie. Enlil donne ensuite les destins à la jeune épouse, il on fait la patronne de l'Agriculture et de l'Écriture puis, déclare le récitant (?) : « Ô femme dont on est fier, plus éminente que les montagnes, maîtresse de réaliser tout ce que tu voudras , Désormais, Sud, le roi étant Enlil, Ninlil sera la reine : une divinité sans gloire a maintenant un nom illustre ! «.


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Éblaïte

Éblaïte : L'écriture cunéiforme des tablettes recouvre une langue qui est sans doute celle qui était parlée dans le nord de la Syrie au milieu du IIIème milI. Le fait que non seulement de nombreux mots mais même des formes verbales étaient rendus par des sumérogrammes a pu laisser penser que le fond de la langue était le sumérien. Il a été facilement démontré que ces sumérogrammes étaient lus en éblaite, lequel est, sans doute possible, une langue sémitique : les scribes d'Ebla ont ainsi établi une liste de 1 500 mots Sumériens pour un grand nombre desquels ils ont donné le terme correspondant en éblaite. Il fallait aussi s' assurer que les syllabes en cunéiformes se lisaient selon la norme employée en Mésopotamie. On s'est rendu compte qu'il n'en était pas toujours ainsi, de sorte que, par ex., le signe NI a longtemps été un sujet de controverse quant à savoir s'il ne devait pas se lire «ya «. Toutes ces difficultés de transcription ainsi que les caractères particuliers de l'éblaite font que son classement reste sujet à discussion. Plusieurs auteurs le classent de préférence dans le groupe sémitique de l'Est (akkadien) quand encore ils n'y voient pas un dialecte akkadien (Gelb le rapproche de l'akkadien et de l'amorrite ; Solîberger , akkadien ; Dombrowski : dialecte akkadien ; et ouest-akkadien/vieil amorrite pour von Soden . L'épigraphiste de la mission italienne qui a fouillé Ébla, Giovanni Pettinato , voit dans l'éblaite un dialecte vieux-cananéen, en se fondant sur la structure de la langue et le système verbal qui connaît le thème de base, l'intensif, le causatif et le passif Il (correspondant aux temps hébreux, qal, pi"el, sifil et pu"al), vision proche de celle de Cyrus Gordon , qui le classe dans le groupe sémitique du Nord-Ouest, sauf qu'il semble aventureux de voir dans l'éblaîte un dialecte cananéen . Nature des textes : Les quatre cinquièmes des archives éblaites ont un caractère administratif : elles concernent l'industrie textile, les transactions commerciales, les comptes et des inventaires relatifs aux produits de l'agriculture et de l'élevage, aux biens de consommation fournis au palais... Quelques textes ont un caractère «littéraire : il s'agit d'incantations et de textes qui sont des exercices de scribes et qu on a pu considérer comme une cosmogonie alors qu'il semble plutôt s'agir d'une liste de noms Sumériens, ou encore comme une série de proverbes "cananéens" alors qu'il semblerait qu'on soit en présence de mots syllabiques Sumériens. Les autres textes sont des listes et des lexiques. Parmi ces textes quelques-uns des plus importants consistent en un traité entre Ébla et l'Assyrie , un texte relatif à la conscription d'Ébla, ce qui permet de se faire une idée de l'extension du royaume et du nombre de soldats qu'il pouvait mobiliser , des lettres entre le roi d'Ébla, Adu, et Mari, et la chancellerie d'Ébla et le royaume d'Hamazi, une curieuse affaire d'espionnage politique . Graphie et chronologie : La stratigraphie du site s'étage sur cinq grandes périodes avec des sous-périodes. Mardikh I correspond au chalcolithique et est daté entre -3500 et -3000. C'est la première phase d'habitation du site. Mardikh Il (phases A, B1 et B2) recouvre le BA I-III, IVA et IV B, soit -3000 -2500, -2500 -2400, -2400 -2000. Mardikh III A et B correspond au BM I et Il (-2000 -1800 -1600). Mardikh IV A et B au BR I et Il (-1600 -1400 -1200). Mardikh V A, B, C correspond aux trois périodes de l'âge du fer (-1200 -900 -720-535). Les horizons supérieurs datent des périodes perse, grecque, romaine et byzantine (-525 -VIe s. de notre ère). Cette chronologie est adoptée par Giovanni Pettinato , mais elle est abaissée par certains auteurs. Au niveau II B1 appartient le palais (G) avec ses tablettes : c'est la période la plus brillante de la cité, qui domine de nombreuses villes et bourgades de Syrie, jusqu'à Mari. Selon la chronologie adoptée, le palais aurait été détruit soit vers -2400 -2350 par on ne sait quel ennemi (on a songé à Sargon d'Akkad), soit vers -2200, et l'auteur de la destruction serait alors Naram-Sîn.


Édom

Ce petit royaume, qui a fleuri au début du 1er mill., fut vassal des Assyriens et réduit à l'état de province par les Babyloniens vers -550. Tout ce qu'on sait de ce royaume situé au sud-est de la mer Morte (partie sud de l'actuelle Jordanie) vient de textes étrangers à cette région, qui n'a guère laissé que d'insignifiantes inscriptions sur sceaux et ostraca. C'était un pays en partie désertique, sillonné par des tribus nomades et dont le nom, connu par les textes bibliques, signifie "rouge", ce qui lui vient de la teinte de son désert, au sud-est du pays. Sa capitale, Buzeira (Bozrah), n'a pris quelque importance qu'au VIllè s. Auparavant, le roi David avait conquis Edom au début du Xe s., et aurait passé au fil de l'épée une grande partie de la population mâle. La contrée resta sous la domination d'Israèl sous le règne de Salomon, qui trouvait par là une ouverture sur la mer Rouge, où il fit aménager le port d'Ezion Gaber, sur le golfe d'Akaba. C'est à la suite de la division de la royauté juive, après la mort de Salomon, que se constitua le royaume d'Edom, qui s'enrichit grâce àses activités commerciales et maritimes à partir du port d'Eilat Ézion Gaber. Vers -730, le roi d'Edom Kaushmalaku devint tributaire de l'Assyrie. Le royaume resta tributaire de Babylone avec Nabuchodonosor, à qui il aurait envoyé une troupe lors de sa campagne contre Juda et Jérusalem. Nabonide mit fin à ce royaume en prenant Buseira, qui fut incendiée.


Égypte

Les relations entre l'Egypte et les petits États de Canaan, parmi lesquels on peut comprendre les ports entre la frontière égyptienne et Ugarit, ont commencé très tôt, dès l'Ancien Empire. Sous la IVè dynastie (-2613-2498), les rois constructeurs des pyramides envoient des expéditions à Byblos pour se fournir en bois venus des montagnes du Liban, cèdre et pin. Ce trafic cesse avec la fin de l'Ancien Empire pour reprendre avec la XIIè dynastie (-1991-1786). L'influence égyptienne est alors particulièrement sensible et il est même possible qu'un Égyptien ait été roi de Byblos . Ces bonnes relations avec Byblos n'ont pas empêché les Egyptiens d'inclure plusieurs villes de Canaan dans leurs textes d'exécration rédigés sur des bols ou des figurines, ce qui implique des relations sans doute difficiles avec ces cités. shmel Ahituv (1984) a ainsi catalogué environs 850 toponymes cananéens dans les textes égyptiens couvrant toute la Palestine. Par ailleurs, les relations des Égyptiens avec les ports du Levant s'étendent encore vers le nord, jusqu'à Ugarit . Ce n'est qu'avec le Nouvel Empire et plus particulièrement à la suite des dix-sept campagnes que Thoutmosis III a conduites en Asie jusqu'à l'Euphrate (entre -1484 et -1464) que l'Egypte s'implante réellement en Canaan et dans le sud de la Syrie. Un siècle plus tard, la correspondance d'Amarna révèle l'influence qu'exercent encore les pharaons dans ces régions où plusieurs rois sont ses tributaires obséquieusement soumis. Ces lettres révèlent les relations étroites des rois d'Égypte non seulement avec les princes vassaux, mais aussi avec les maîtres des grands royaumes : Hittite, Babylonien, Assyrien, Mitannien. Les alliances entre Aménophis III (-1405-1367) et les rois du Mitanni et de Babylone (Karduniash) sont sanctionnées par des mariages avec les filles de ces rois. La montée de l'Empire hittite au XIVe s. fait que la Syrie devient un enjeu entre Hittites et Egyptiens. La bataille de Qadesh établira l'équilibre entre les deux royaumes qui se partagent la Syrie. Les invasions des Peuples de la Mer, aux alentours de -1200, qui ont peut-être porté un coup final à l'Empire hittite, mettent fin à la domination égyptienne sur Canaan malgré une campagne sans doute victorieuse de Ramsès III dans cette région. Les Egyptiens reviendront en Asie à l'époque du fer pour des campagnes fugitives. shesonq Ier (-950 -929) conduit une campagne sans lendemain à travers la Palestine au cours de laquelle il pille Jérusalem. Une nouvelle tentative d'intervention a lieu sous Bocchoris (-720 -715), qui envoie son général Sibo au secours des princes syro-palestiniens contre Sargon II. L'armée égyptienne est mise en déroute et Bocchoris envoie un tribut au roi d'Assyrie. L'Egypte devint province assyrienne sous Assarhaddon et Assur-banipal. Evacuée par les Assyriens à la suite de la révolte de Psammétique Ier (-663 -609) avant même la mort d'Assur-banipal, elle envoya sous son pharaon Néchao, qui venait de succéder à Psammétique, une armée en -609 -608 pour venir au secours du dernier roi d'Assyrie, Assur-uballit. En vain. Trois ans plus tard, l'armée égyptienne fut mise en déroute par Nabuchodonosor sous les murs de Karkémish. Il semble que Nabuchodonosor une fois installé sur le trône de Babylone, ait tenté une invasion du delta du Nil qui tourna court. Il revint au roi de Perse Cambyse d'intégrer l'Égypte à l'Empire achéménide. À l'époque néobabylonienne, de nombreux Egyptiens vivaient à Babylone et en Babylonie. Plusieurs d'entre eux étaient des prisonniers de guerre ou des otages pris à la suite des batailles que Nabuchodonosor avaient livrées -605 et -601. Ils dépendaient de Kharmasu, "chef des Égyptiens", lui-même un Egyptien qui exerçait la fonction de juge. Plusieurs Égyptiens de Babylone, hommes ou femmes, y étaient esclaves. Mais nombreux étaient aussi les Egyptiens libres qui exerçaient des métiers parfois de caractère officiel, surtout à partir de l'époque perse. Ils devinrent plus nombreux encore au Vè s., où la circulation des personnes était facilitée par l'unification qu'avait imposée la domination achéménide sur tout le Proche-Orient.


Égyptiens

Les relations entre l'Egypte et les petits États de Canaan, parmi lesquels on peut comprendre les ports entre la frontière égyptienne et Ugarit, ont commencé très tôt, dès l'Ancien Empire. Sous la IVè dynastie (-2613-2498), les rois constructeurs des pyramides envoient des expéditions à Byblos pour se fournir en bois venus des montagnes du Liban, cèdre et pin. Ce trafic cesse avec la fin de l'Ancien Empire pour reprendre avec la XIIè dynastie (-1991-1786). L'influence égyptienne est alors particulièrement sensible et il est même possible qu'un Égyptien ait été roi de Byblos . Ces bonnes relations avec Byblos n'ont pas empêché les Egyptiens d'inclure plusieurs villes de Canaan dans leurs textes d'exécration rédigés sur des bols ou des figurines, ce qui implique des relations sans doute difficiles avec ces cités. shmel Ahituv (1984) a ainsi catalogué environs 850 toponymes cananéens dans les textes égyptiens couvrant toute la Palestine. Par ailleurs, les relations des Égyptiens avec les ports du Levant s'étendent encore vers le nord, jusqu'à Ugarit . Ce n'est qu'avec le Nouvel Empire et plus particulièrement à la suite des dix-sept campagnes que Thoutmosis III a conduites en Asie jusqu'à l'Euphrate (entre -1484 et -1464) que l'Egypte s'implante réellement en Canaan et dans le sud de la Syrie. Un siècle plus tard, la correspondance d'Amarna révèle l'influence qu'exercent encore les pharaons dans ces régions où plusieurs rois sont ses tributaires obséquieusement soumis. Ces lettres révèlent les relations étroites des rois d'Égypte non seulement avec les princes vassaux, mais aussi avec les maîtres des grands royaumes : Hittite, Babylonien, Assyrien, Mitannien. Les alliances entre Aménophis III (-1405-1367) et les rois du Mitanni et de Babylone (Karduniash) sont sanctionnées par des mariages avec les filles de ces rois. La montée de l'Empire hittite au XIVe s. fait que la Syrie devient un enjeu entre Hittites et Egyptiens. La bataille de Qadesh établira l'équilibre entre les deux royaumes qui se partagent la Syrie. Les invasions des Peuples de la Mer, aux alentours de -1200, qui ont peut-être porté un coup final à l'Empire hittite, mettent fin à la domination égyptienne sur Canaan malgré une campagne sans doute victorieuse de Ramsès III dans cette région. Les Egyptiens reviendront en Asie à l'époque du fer pour des campagnes fugitives. shesonq Ier (-950 -929) conduit une campagne sans lendemain à travers la Palestine au cours de laquelle il pille Jérusalem. Une nouvelle tentative d'intervention a lieu sous Bocchoris (-720 -715), qui envoie son général Sibo au secours des princes syro-palestiniens contre Sargon II. L'armée égyptienne est mise en déroute et Bocchoris envoie un tribut au roi d'Assyrie. L'Egypte devint province assyrienne sous Assarhaddon et Assur-banipal. Evacuée par les Assyriens à la suite de la révolte de Psammétique Ier (-663 -609) avant même la mort d'Assur-banipal, elle envoya sous son pharaon Néchao, qui venait de succéder à Psammétique, une armée en -609 -608 pour venir au secours du dernier roi d'Assyrie, Assur-uballit. En vain. Trois ans plus tard, l'armée égyptienne fut mise en déroute par Nabuchodonosor sous les murs de Karkémish. Il semble que Nabuchodonosor une fois installé sur le trône de Babylone, ait tenté une invasion du delta du Nil qui tourna court. Il revint au roi de Perse Cambyse d'intégrer l'Égypte à l'Empire achéménide. À l'époque néobabylonienne, de nombreux Egyptiens vivaient à Babylone et en Babylonie. Plusieurs d'entre eux étaient des prisonniers de guerre ou des otages pris à la suite des batailles que Nabuchodonosor avaient livrées -605 et -601. Ils dépendaient de Kharmasu, "chef des Égyptiens", lui-même un Egyptien qui exerçait la fonction de juge. Plusieurs Égyptiens de Babylone, hommes ou femmes, y étaient esclaves. Mais nombreux étaient aussi les Egyptiens libres qui exerçaient des métiers parfois de caractère officiel, surtout à partir de l'époque perse. Ils devinrent plus nombreux encore au Vè s., où la circulation des personnes était facilitée par l'unification qu'avait imposée la domination achéménide sur tout le Proche-Orient.


Gipar

Nom de la résidence de la prêtresse entu et du prêtre en (enu) dans leur temple. Il semblerait qu'à l'origine le terme sumérien ait désigné une pièce où était conservée la nourriture du foyer ou du clan . On y pratiquait les rites de fertilité et d'hiérogamie du prêtre et de la prêtresse, de sorte que le lieu est devenu leur résidence : c'est dans le gipar que se sont par la suite déroulés les rites du mariage sacré. Dans l'hiérogamie entre Inanna et Dumuzi, on voit la déesse qui, àla, porte de lapis-lazuli du gipar; dans l'Eanna, le temple d'Anu et d'Inanna à Uruk, rencontre le prêtre en, figurant le dieu . Plusieurs " maisons " de prêtres en et de prêtresses entu sont connues sous le nom d'égipar (é).g~i6-pàt: l'un se trouvait dans l'Esagil de Babylone, un autre était le siège de Ningal à Harran, probablement dans le é bul hûl celui de l'Éanna d'Uruk est souvent mentionne «O Eanna, O saint Gipar, Je suis Inanna ,O Eanna, O saint Gipar,Je suis la dame de l' Eanna. Cependant, l' Egipar le mieux connu celui qui a pu etre retrouvé au cours de fouilles est celui d Ur. Deux giparu y sont connus celui de la grande prêtresse de Nanna et celui de la grande prêtresse de Ningublaga. Le second n'est attesté que par une inscription, mais les ruines imposantes du premier ont été rendues au jour. Lors de sa découverte, Leonard Woolley y a vu le temple de Ningal et l'a désigné comme le gipar-ku . Il s'agit d'un grand bâtiment carré de 79 x 76,50 m pourvu d'une entrée monumentale au nord-ouest et d'une petite entrée au sud-est. L'espace intérieur, délimité par les murs massifs du bâtiment, est occupé par un ensemble de cours et de galeries sur lesquelles s'ouvrent de nombreuses pièces, le tout formant une géométrie labyrinthique. Bien qu'il ait existé un gipar à l'époque d'Ur III, celui-ci ne remonte qu'à l'époque d'Isin-Larsa (début du IIe mill.). Les textes liés à ce monument révèlent que la grande prêtresse était choisie dans la famille royale. Ainsi, les deux grandes prêtresses connues de l'époque paléobabylonienne sont Ena-anatuma, fille du roi d'Isin Ishme-Dagan ( -1953 -1935), et En-ane-du, soeur des rois de Larsa Warad-Sîn (-1834 -1823) et Rim-Sîn (-1822 -1763).


Hadad

Divinité sémitique de l'Orage, de la Pluie, de l'éclair. L'écriture de son nom varie selon les langues : Hadad chez les Araméens et les Amorrites. Haddu chez les Cananéens . Il est attesté en Mésopotamie dès l'époque présargonique (écrit avec le logogramme dIM), mais il prendra de l'importance surtout à Mari, à partir de la période d'Akkad. Il est adoré chez les Mésopotamiens comme divinité apportant la pluie fécondante : "Adad bruyant, resplendissant, dieu puissant [...] Qui porte l'éclair; maître du déluge, qui gouverne les cieux, les montagnes et les mers [...] à [ton] cri [se réjouissent les régions montagneuses, Les champs sont dans la joie, la campagne jubile". Mais il est aussi craint en tant que dieu des Tempêtes destructrices : " Tu as fait peser ta terreur redoutable sur le pays et sur les gens [Tu] m' as fait frémir, tu m'as fait du mal ". Chez les Assyriens où son culte s'est particulièrement développé, il revêt en outre un aspect guerrier: «[les gens] sont exubé[rants], ils chantent tes actes guerriers ". Dès le règne de Teglat-phalazar Ier, il a un double sanctuaire à Assur qu'il partage avec Anu. Il apparaît aussi comme divinité oraculaire avec Shamash Adad ap-kal DINGIR.MES bêl têrêti, "Adad sage parmi les dieux, seigneur des oracles". En Syrie, on le rencontre dans les textes d'Eblaet, au IIe mill., il devient la divinité tutélaire d'Halab (Alep). Son animal symbolique était le taureau et il est parfois représenté sous l'aspect d'un homme coiffé d'un casque surmonté de cornes et brandissant le foudre, figuré quelquefois sous la forme d'une lance. A l'époque hellénique, l'Hadad syrien a été identifié à Zeus, en particulier dans le temple d'Atargatis à Hiérapolis.


Hammurabi

Roi de Babylone (-1792 -1750). Il est le sixième des onze rois composant la 1ère dynastie (amorrite) de Babylone. VIE ET RÈGNE. Son père, Sin-muballit (-1812 -1793), avait, en quelque sorte secoué l'inertie dans laquelle était restée la ville sous ses prédécesseurs, qui n'avaient pas cherché à étendre leur domaine. Il avait engagé une politique d'expansion qui sera énergiquement achevée par Hammurabi. Selon une liste annuelle de ses actes, celui-ci commença par rétablir la justice dans le pays en décrétant le misharum. Les six premières années de son règne furent consacrées à des constructions de caractère religieux : un trône pour le dieu Nanna, une enceinte sacrée, deux temples. Ses guerres ne commencèrent que la septième année avec la conquête d'Uruk et d'Isin ou régnait Rim-Sîn (-1822 -1763). Au cours des quatre années suivantes, il conquiert le pays d'Émutbal, Malgia, Rapiqum et shalibi, enfin Marien -1759, mettant fin au règne de Zimri-Lim. Encouragé "par un oracle d'Anu et d'Enlil", qui marchent devant ses armées nous dit la chronique de sa 31e année, il force Sumer et Akkad à lui obéir. Il entreprend ensuite des campagnes en direction du nord, vers Eshnunna et le Subartu, de l'est vers les Gutis et l'Élam. Parallèlement à ces travaux guerriers, il ne cesse de construire temples, murailles, non seulement à Babylone, mais dans les cités du royaume, en particulier à Sippar, fait creuser ou aménager des canaux des digues, mille travaux d'utilité publique. LE CODE : Mais sa grande œuvre est le célèbre Code qu'il fera graver sur une grande stèle (act. au Louvre), et qui reflète l'état de la société de son temps. Dans le long prologue du Code, il se présente comme le pasteur, l'élu d'Enlil, celui qui apporte opulence et prospérité. Et il mentionne les villes, qui, outre Babylone, ont profité de ses bienfaits : Nippur, Eridu, Ur, Sippar, Larsa, Uruk, Isin..., à quelques exceptions près toutes les grandes villes du Sumer et d'Akkad. Ce prologue révèle que le Code a été gravé dans les dernières années de son long règne, mais nombre de lois avaient déjà été promulguées, comme le montrent des tablettes qui en conservent des fragments, lesquels présentent parfois des versions différentes de celles qui sont connues par le Code. La disparité des villes de l'empire, qui devaient aussi avoir leurs lois propres, lois dont s'est inspiré en partie le Code, a conduit le roi à faire graver dans la pierre pour les générations futures un ensemble de lois qui devaient désormais s'imposer, comme, toutes proportions gardées, le code théodosien et ensuite les pandectes de Justinien ont constitué un corpus législatif applicable à tout l'Empire romain (d'Orient), faisant la synthèse de toutes les lois et d'édits antérieurs. Il convient cependant de noter les imperfections de ce code, malgré les avantages qu'il présente et les progrès dont il témoigne au profit du droit, car, du fait même de ses origines et de l'amalgame qu'il représente, on y trouve de nombreuses lacunes, des redites et même des contradictions. Il constitue cependant le premier effort d'établissement d'un droit de caractère général, voire universel pour son époque, puisque devant s'appliquer à des populations très diverses, unies par la force sous l'autorité d'un seul prince, mais sanctionnée par les dieux.


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Harran

Ville au nord de l'Euphrate. Elle appartient au domaine culturel assyro-syrien, mais les caprices de la politique font qu'elle est située actuellement en Turquie orientale. Son nom akk. était Harra-nu (sum. KASKAL, hébr. Haran). Ce terme possède de nombreux sens en akk. : "route" ," chemin", " voyage", " caravane" . Lorsque le mot est précédé des déterminatifs URU ou KUR, il désigne une ville ou une région. Ainsi le nom d'Harran vient-il de la position de la ville à un carrefour de routes. Dans des inscriptions assyriennes, la ville porte le nom d'Huzirina. Son nom apparaît pour les premières fois dans une tablette cappadocienne de Kanesh ("itinéraire d'Urbana" , datée du XIXe s. et, quelques décennies plus tard, dans une lettre de Mariadressée à Iasmah-Addu. ~ Harran, dont l'histoire reste peu connue, était l'un des plus importants centres du culte du lieu-lune Sîn avec Ur. Le temple du dieu, é.hul.hul (" Maison qui apporte la joie "), remonte pour le moins à l'époque paléobabylonienne. Il a été reconstruit par les rois Assyriens Salmanazar III et Assur-banipal. Ce même sanctuaire semble avoir abrité aussi une chapelle de Ningal. On connaît encore un autre temple dédié à Nusku qui fut aussi restauré par Assur-banipal. À l'époque d'Hammurabi, la ville est gouvernée par le roi amorrite Asditakim. Il fit une alliance avec le roi de Zalmaqum et les chefs des Bédouins benjaminites en révolte contre le roi de MariZimri-Lim, alliance qui fut conclue dans le temple de Sîn. À l'époque médio-assyrienne, Harran devient assyrienne et Adad-nârâri 1er au début du XIII è s., fortifie sa citadelle. La cité s'étant révoltée contre les Assyriens, Assur-dan III (-772 -755) la détruisit en -763. Sargon II la reconstruisit. Après la chute de Ninive, en 612, le dernier roi d'Assyrie s'y réfugia et en fit sa capitale jusqu'à sa prise, deux ans plus tard, par les Mèdes, qui la mirent à sac. Le temple fut particulièrement soigné par le roi néobabylonien Nabonide, dont la mère, Ada Guppi, était prêtresse. Les fouilles n'ont pas permis de retrouver les restes de ce temple de la Lune. SULTANTÉPÉ. Dans le tertre voisin de Sultantépé, les fouilles ont mis au jour la résidence d'une prêtresse et la bibliothèque d'un prêtre, Qurdi Nergal. Selon un colophon, les textes qui la composent auraient été rédigés par des étudiants de l'école du temple, entre -718 et -612. Contrairement à de nombreuses archives, la plupart de ces 407 tablettes sont de caractère littéraire. Il s'agit de versions incomplètes de grands textes épiques et d'ouvrages devenus des classiques de la littérature akkadienne: Énûma élish, Épopée de Gilgamesh, Épopée d'Erra, mythe d'Anzu, légende kuthéenne de Narâm-Sîn, poème du Juste souffrant , conte du "Pauvre Homme de Nippur". Toujours en akk. figurent dans la bibliothèque de nombreux textes de caractère économique et médical, des prières et des hymnes, des incantations et des rituels (souvent fragmentaires) des omens, des textes hémérologiques et ménologiques, astrologiques et astronomiques. Les numéros 150-217 incluent des textes Sumériens et bilingues, mythologiques, des ershemma (en l'honneur de Marduk), et des incantations Cette bibliothèque non seulement enrichit notre connaissance de la littérature mésopotamienne, mais complète ou rectifie certains textes classiques dont il manquait des parties.


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Himyar

Nom d'un groupe tribal et du territoire qu'il occupe, au sud des hauts plateaux du Yémen. Le territoire d'Himyar (


Hittites

Population de langue indo-européenne qui constitua un puissant État en Anatolie centrale au IIe mill. Le nom des Hittites est emprunté à celui de leurs prédécesseurs dans la région, les Hattis. HISTORIQUE. C'est sans doute aux alentours de -2300 que les premières bandes d'émigrants parlant des dialectes indo-européens arrivent en Asie Mineure. La question reste discutée de savoir si, venant des régions pontiques (Nord de la mer Noire), elles ont pénétré en Asie Antérieure en passant par les détroits à l'ouest (Bosphore et Hellespont) ou les cols du Caucase à l'est. Il est bien possible que ces bandes se soient infiltrées par les deux côtés. La présence des Hittites, un groupe descendant de ces envahisseurs du BA, est attestée en Cappadoce à l'époque des colonies assyriennes, au tout début du IIè milI. On ne sait dans quelle mesure on peut relier les premiers rois Hittites connus à deux personnages mentionnés dans des tablettes de Kanesh rois d'une cité appelée Kussar; Pithana et son fils Anitta, qui semblent bien avoir été des Hittites. Le premier nom de roi que nous connaissions par un texte tardif, le "Rescrit de Télépinu" (vers -1525 -1500), est Labarna. Son épouse royale se serait appelée Tawananna, nom qui, comme Labarna (transformé en Tabarna), devint le titre des reines. Le premier roi mieux connu historiquement est Hattusili Ier, fils (ou neveu ?) de Labarna. C'est avec lui que commence réellement ce qu'on a appelé l'ancien royaume hittite, bien qu'on le fasse de préférence débuter avec Labarna, vers -1630. La politique d'expansion d'Hattusili Ier, qui installe la capitale du royaume à Hattusha, fut poursuivie par son successeur (sans doute son petit-fils) Mursili Ier (vers -1620 -1590). Il parvint à prendre Alep puis, vers -1595, il osa un raid audacieux qui le conduisit jusqu'à Babylone, qu'il pilla, mettant fin à la dynastie Amorrite et ouvrant la porte aux Kassites. De cette aventure, le royaume hittite ne retira pas grand-chose, sinon un certain butin. Le roi fut assassiné par son beau-frère qui prit le pouvoir sous le nom d'Hantili Ier (vers -1590 -1560). Le nouveau roi maintint l'intégrité de l'empire par une série de campagnes vers l'ouest, contre une puissance montante, les Hourrites, et vers le nord contre un nouvel adversaire qui apparaît sous son règne, les Gasgas (ou Kaska). Ces guerriers habitaient les montagnes au nord de la Cappadoce, dans ce qui deviendra le Pont à l'époque gréco-romaine. Ils ne cesseront plus de harceler les Hittites pendant le reste de leur histoire et ils participeront certainement à la chute de l'empire. Hantili ayant été assassiné à son tour, commence une période d'anarchie où les grandes familles Hittites se disputent le trône. Un certain ordre fut rétabli par Télépinu (ou Telebinu), qui prit le pouvoir vers -1525 après avoir déjoué un complot et exilé les fauteurs de troubles. Il érigea le conseil du Panku, assemblée de citoyens en âge de porter les armes (?) en haute cour de justice. Il institua une loi de succession au trône que le Panku devait faire respecter, avec le droit de mettre en accusation un souverain coupable de crimes et de le faire mettre à mort. Bien que le Panku ait par la suite perdu de son autorité, la loi de succession directe fut toujours observée (sauf par Hattusili III lorsqu'il dut se résoudre à se révolter contre l'arbitraire de son neveu). Si un certain ordre est revenu grâce aux initiatives de Télépinu, le royaume hittite reste en retrait pendant les règnes suivants. Certains auteurs font débuter ce qu'on appelle le (nouvel) empire hittite avec Tudhaliya Ier (anciennement Il, -1460 -1440), qui régna avec son épouse Nikalmati. En réalité, le royaume ne fait que se défendre, même s'il semble qu'Hattusili Il ait réussi à maintenir un équilibre avec Alep. Sous Tudhaliya Il (-1400 -1380), le royaume est même attaqué de tous les côtés, et les Gasgas réussissent à mettre à sac Hattusha. Le rétablissement se fait avec son frère (dans le cas où il serait le fils d'Hattusili Il) ou son fils, Suppiluliuma Ier (vers -1370 -1342), qui a su mêler habilement la diplomatie et la guerre. Au cours de campagnes vigoureuses, il fit entrer le nord de la Syrie, avec en particulier Ugarit, dans la sphère d'influence hittite, ce qui, en revanche, ouvrit près d'un siècle de conflit avec l'Égypte. Il entra en lutte avec le Mitanni, qui, sous les coups conjugués des Hittites et de l'Assyrie, va bientôt disparaître. Il fit deux de ses fils rois l'un de Karkémish, l'autre d'Alep. Sur le plan diplomatique, il maria ses filles à des princes vassaux et lui-même épousa la fille du roi de Babylone, avec qui il avait fait alliance. Du côté de l'Égypte, après les intrigues qu'il avait menées auprès des petits souverains syriens et cananéens vassaux de pharaon (en l'occurrence Akhenaton), il eut le plaisir de recevoir une lettre d'une reine égyptienne (sans doute la veuve de Toutankhamon) le priant de lui envoyer un fils comme époux pour monter sur le trône de Thèbes. On sait que le prince ne parvint pas dans la vallée du Nil, assassiné par on ne sait qui, mais sans doute à l'instigation d'Ay ou d'Horemheb. A sa mort, malgré des échecs vers l'ouest et le nord, contre les Gasgas, Suppiluliuma laissa un royaume puissant mais fragile à ses successeurs. On pense qu'il mourut de la peste et que son successeur, Arnuwanda, fut bientôt terrassé par la même maladie. Son plus jeune fils, Mursili II (-1340 -1310), maintint l'héritage de son père au prix de guerres incessantes aussi bien contre des coalitions vers la Syrie que contre des raids de barbares au nord. C'est lui-même, dans ses Annales, qui nous dit qu'il dut lutter dix ans durant pour rétablir et maintenir l'héritage de son père. Nous connaissons quelques événements concernant le règne de son fils et successeur Muwatalli Il (-1310 -1280) par l'Autobiographie du frère de ce dernier, Hattusili III. On peut voir qu'il a confié à celui-ci la tâche difficile de défendre les frontières de l'empire contre les barbares Gasgas du Nord, et lui-même s' est réservé les relations avec les grands royaumes du Sud et de l'Est. Il semble avoir réussi à maintenir la prospérité du royaume tout en reprenant les hostilités avec l'Égypte, hostilités qui se terminèrent avec la bataille de Qadesh (voir Hattusili III pour les détails). Le fils d'Hattusîli III, Tudhaliya IV (-1260 -1220), maintint encore l'empire et parvint même à l'agrandir par la conquête de Chypre, le plus grand fournisseur de cuivre de l'époque. La faiblesse réelle de l'empire apparaît déjà sous ce règne : ainsi un cousin du roi, Kurunta (autrement appelé Ulmi-Te-shub), devenu roi de Tarhundassa, à l'ouest de la Cappadoce, obtint, par traité avec Tudhaliya, de nombreuses concessions territoriales et se para des titres royaux Hittites Tabarna, Mon Soleil, Grand Roi. Les deux derniers successeurs de Thudaliya, Arnuwanda III (-1220 -1200) et Suppihuma II (-1200 vers -1180), durent faire face à de nouvelles coalitions et à des invasions qui eurent bientôt raison de l'Empire hittite, lequel disparut sous les coups conjugués des Gasgas et des envahisseurs venus des rives de la mer Égée, appelés "Peuples de la Mer" dans les textes égyptiens. Civilisation. La richesse des Hittites était naturellement en partie fondée sur l'agriculture et l'élevage, mais aussi, dans ce pays de forêts, sur la coupe du bois. Cependant, plus que les autres États du POA. ils disposaient de mines : peu de cuivre, mais de l'étain, de l'or, du plomb (l'un des principaux produits du commerce des colonies assyriennes de Cappadoce) et surtout du fer. Dès le XIVème s., pour le moins, (le fer était connu bien avant), les forgerons anatoliens ont acquis une suffisante maîtrise dans son traitement pour que les rois Hittites puissent l'utiliser au titre de cadeaux. Le prétexte de l'hostilité du roi d'Assyrie Adad-nîrârî envers Hattusili III fut que celui-ci ne lui avait pas envoyé des épées en fer qu'il lui avait demandées Hattusili se défendit en déclarant qu'il n'en disposait pas qui fussent d'assez bonne qualité pour satisfaire sa demande. Le roi est un personnage sacré dont les fonctions sont militaires et civiles mais aussi religieuses, car il est le premier prêtre des dieux. C'est lui qui préside les cérémonies religieuses avec la reine. L'importance de cette dernière aussi bien dans le culte qu'à la cour est à noter. Elle a son propre sceau, sa propre maison avec ses services, elle entretient des relations personnelles avec les autres souverains. Puduhepa paraît avoir été particulièrement active sur ce point, peut-être parce que le hasard des fouilles a fourni une documentation relativement importante la concernant. L'art des Hittites qui doit beaucoup à leurs prédécesseurs Hattis, est connu par les fouilles d'Hattusha, d'Alaça Höyük et du sanctuaire de Yazilikaya. L'architecture des temples, dont il ne subsiste que les bases, révèle des monuments complexes pourvus de nombreuses salles et galeries. Les enceintes présentent des orthostates sculptés de reliefs comme à Alaça Höyük, technique qui se perpétue dans l'art dit néohittite du Ier mill. Le type du bît-idani semble être d'origine hittite. La religion est fortement marquée par les conceptions et les divinités suméro-akkadiennes et aussi par les divinités Hourrites. Nombre de dieux hatti ont été intégrés dans le panthéon dominé par le dieu du Temps et de l'Orage, à qui la terre est censée appartenir : le roi est son régent. Le Soleil est la première divinité, mais avec des aspects très singuliers puisque la première divinité solaire est la déesse-soleil Hatti Arinna, plus importante que le dieu-soleil Istanu. Un autre dieu non négligeable est Télépinu. Parmi les divinités d'origine étrangère, celle qui occupe la plus grande place est sans doute Ishtar. LANGUE ET LITTÉRATURE. Les deux principales langues de l'empire, le hittite et le luwite sont deux dialectes indo-européens. Le nom réel du hittite est "néshite" ou "neshili", la langue de la ville de Nesha . Cette cité n'a pas été identifiée, mais il se pourrait bien que ce ne soit jamais qu'un autre nom de Kanesh. Les scribes ont adopté pour écrire leur langue les cunéiformes mésopotamiens, qui représentent des syllabes ou des logogrammes. Ce qui rend difficile l'interprétation de la langue, c'est que nombre de mots Hittites sont écrits avec un sumérogramme qu'on peut traduire du sumérien mais dont on ne sait à quel mot hittite il correspondait. Ont ainsi été catalogués, en comptant les numéraux, 324 signes cunéiformes. Comme toutes les langues indo-européennes, le hittite est une langue à flexion qui connaît six cas : nominatif, accusatif, génitif, datif, ablatif et instrumental, à quoi l'on peut ajouter le vocatif pour les déclinaisons des noms de personne. En revanche, les genres ne sont pas, comme dans le grec et le latin, le singulier; le pluriel et le neutre, la différence jouant sur l'animé et l'inanimé. Les verbes connaissent deux voix l'actif (qui est transitif ou intransitif) et le médiopassif. L'actif possède deux voix ou conjugaisons, en -mi et en-hi. Le médiopassif ne possède qu'une seule conjugaison. Les modes sont au nombre de six: trois personnels (indicatif, volontatif et impératif) et trois impersonnels (infinitif, participe et supin). Les archives d'Hattusha nous ont rendu un certain nombre de textes : traités, lettres, annales, instructions, lois, rituels, prières, omens, mythes.


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Huqqa

Ancienne ville du Saba. C'était un centre florissant, enrichi par le commerce entre le Ier s. av. JC. et le IIIe s. de notre ère. Un village moderne construit sur le site ne permet pas d'avoir une bonne connaissance de l'étendue et de l'importance de la ville antique néanmoins, les fouilles ont rendu au jour un sanctuaire de 30 x 25 m avec une cour centrale, consacré à Dhât Ba'dan, une déesse solaire. Il Présentait une colonnade composée de colonnes monolithiques qui l'ont fait comparer aux grands temples de Marib et de Sirwah (DA sv.).


Hurrites

Peuple dont le centre géographique à l'époque historique se situe dans le nord de la Syrie et le sud-est de l'Anatolie . LA LANGUE : Le sens du nom de "Hurrite"demeure incertain, bien qu'on l'ait rapproché de "huradi", terme hurrite désignant le soldat de garde, et de la racine "hur", relatif à la sphère sémantique de guerre. C'est grâce à sa langue qu'on peut détecter les traces de ce peuple dont l'origine se trouve sans doute au sud du Caucase. C'est une langue dite agglutinante, qui ne se rattache ni au sémitique ni à l'indo-européen et qui n'appartient pas non plus au groupe vague des langues primitives de l'Asie antérieure qu'on a appelées asianiques : sa typologie précise la rapproche des familles finno-ougriennes, turque et dravidienne. La parenté entre le hurrite et la langue de l'Urartu est incontestée, mais il y a suffisamment de différences pour en faire deux langues autonomes que certains philologues ont cherché à rattacher à certaines langues caucasiennes subsistant à notre époque. Ce qui caractérise le hurrite, c'est sa capacité à agglutiner une véritable chaîne de suffixes et d'enclitiques (jusqu'à 8) à la racine généralement monosyllabique. Ainsi, un verbe peut se décliner et se transformer en nom adjectival. HISTOIRE ET CIVILISATION : Des mots Hurrites ont été relevés dans des listes de l'époque d'Akkad ainsi que des noms de personne (tablette de Naram-Sîn). Ils apparaissent ainsi dans l'histoire au cours des derniers siècles du IIIe mill. Sceaux et inscriptions nous font connaître des noms de rois Hourrites de la fin de ce même millénaire : Talpuilli-atili de Nagar, Atal-shen d'Urkesh. On a cherché à les identifier aux Subaréens, mais il est démontré qu'il s'agit de deux ethnies différentes. Ce n'est, cependant, qu'au millénaire suivant qu'ils occupent une situation notable dans le concert des États du Proche-Orient, l'aire de leur activité se trouvant dans le nord de la Syrie, avec des ramifications culturelles et linguistiques vers le moyen Euphrate (Mari), l'Anatolie hittite et Ugarit vers l'ouest, jusqu'à Nuzi vers l'est. Au XVIème s., un groupe d'envahisseurs (tribu guerrière ?) porteur d'une langue indo-aryenne (rattachée au groupe des langues indo-européennes de l'Est, dont les principales sont le sanskrit et l'ancien perse) fonde un royaume dans le nord de la Syrie, le Mitanni. Les fondements culturels et linguistiques de ce nouvel État sont Hurrites (pour l'histoire de ce royaume : voir Mitanni). La disparition au XIIIè s. du Mitanni n'est pas liée à la survie des Hurrites qui se constituent encore de petits royaumes vers le haut Tigre. Néanmoins, leur sphère d'influence linguistique et culturelle va sans cesse s'amenuisant et, au milieu du millénaire suivant on ne trouve plus que quelques reliquats onomastiques dans la région du lac de Van. On attribue aux Hurrites un certain nombre d'apports, comme le développement d'une charrerie, une technologie de pointe dans le travail du cuivre et la fabrication du verre, ce qui est susceptible d'être contesté. Il n'en va pas de même pour les influences exercées par leurs croyances religieuses notamment chez les Hittites, qui ont introduit les cultes Hourrites sans doute à l'époque de Mursili Ier (vers -1620 -1590). D'origine hurrite sont Téshup, Allani, déesse des Enfers, Shaushga (Sawuska), déesse de la Guerre et de l'Amour, identifiée à Ishtar. Hurrite est aussi le mythe de Kumarbi.


Illuyanka

Serpent mythique de la mythologie hittite5. Ce nom signifie serpent» en hittite. Il revêt une dimension cosmique dans les deux versions d'un mythe d'origine hatti5 où il est l'adversaire du dieu de l'Orage. Ces deux versions sont dues à un même scribe appelé Kella. Ces textes étaient récités ou chantés, lors de la fête Furulli fête qui se célébrait au printemps en l'honneur du dieu de l'Orage. Dans ses annales5, Mursili II~ rappelle, à propos de ses actes pour la vingtième année Quand le printemps vint... comme j'avais célébré la fête de l'année (Furulli), la grande fête, pour Téshup.htm">Téshup5 de Hatti, pour Téshup de Zippalanda, je n'avais pas célébré la fête de l'année, la grande fête dans le temple Hesti pour la déesse Liliwanish. e De sorte qu'il rentra àHattusa5 pour célébrer cette fête dans le temple de la déesse. On voit par ce texte qu'il y avait deux fêtes du printemps, dont l'une devait être celle qui concernait la nouvelle année. De cette fête, nous ne connaissons pas le rituel, mais c'est la seule dont il subsiste une partie du mythe que rappelait le rite. [Ceci est] le texte du Furulli pour le dieu de l'Orage du Ciel, selon Kella [le prêtre-CUDU] du dieu de l'Orage de Nerik (l'un des grands centres religieux des Hittites). Alors ils parlent ainsi : "Laisse le pays prospère et puissant, et laisse le pays bien protégé" - et quand il est puissant et prospère, ils célèbrent la fête Furulli. Quand le dieu de l'Orage et le serpent (Illuyanka) se battirent à Kiskilussa, le serpent infligEa une défaite au dieu de l'Orage. Alors le dieu de l'Orage appela tous les dieux: "Venez tous ensemble à moi." Ainsi, Inara prépara un festin. Elle prépara toute chose sur une grande échelle : cruches des magasins pleines de vin, cruches des magasins de bière-marntiwau et de boisson-walhi. Dans les plats, elle prépara en abondance. e On ne sait trop pourquoi, la déesse va ensuite trouver un mortel appelé Hupasiya dans la cité de Ziggaratta, lui déclare qu'elle e prépare telle et telle chose e et lui propose de se joindre à elle. Offre à laquelle notre homme répond qu'il veut auparavant dormir avec elle pour combler ses désirs. La demande est agréée, puis la déesse se vêt et va appeler le serpent dans son trou pour l'inviter à son banquet. Le serpent et sa progéniture viennent, boivent, s'enivrent, mais quand le serpent veut regagner son trou, Hupasiya le saisit, le ficelle, et le dieu de l'Orage vient avec les autres dieux et tue le serpent. En récompense, Inara construit une maison sur une hauteur dans la ville de Tarukka (au nord d'Hattusa) et y installe Hupasiya. Les quelques vers qui suivent n'apportent pas grand-chose, la fin du texte, une quarantaine de lignes, faisant défaut. Dans l'autre texte, dès le début on sait que le serpent a vaincu le dieu et lui a arraché le coeur et les yeux. Le dieu de l'Orage a ensuite un fils avec» la fille d'un pauvre homme». Ce fils une fois devenu adulte prend pour épouse la fille du serpent et, suivant les recommandations de son père, il lui demande en don de mariage les yeux et le coeur (de son père). Une fois rentré en possession de ses yeux et de son coeur; le dieu va attaquer le serpent dans la mer. Mais le fils du dieu, qui est aussi devenu le fils du serpent par son mariage, prend la défense de son beau-père, de sorte que le dieu de l'Orage les tue tous les deux. A la fin, consacrée à des considérations de caractère cultuel où est confirmé que l'auteur de ce court texte est de Kella, un colophon nous apprend que la tablette est complète et a été rédigée par le scribe Fihaziti sous la direction du chef scribe Walwaziti. Le texte original remonte à l'ancien royaume (entre 1750 et 1500) et la copie, au nouveau royaume (entre 1500 et 1200). Malgré leur brièveté, ces contes évoquent le mythique combat de l'hiver et du printemps, de la sécheresse et de l'orage fécondant. L'union d'Inara et du mortel serait l'écho d'une hiérogamie. On a aussi voulu y voir une allusion aux combats des Hittites contre les pillards Gasgas.


Inanna

Déesse sumérienne identifiée à l'Ishtar sémite. C'est la principale déesse du panthéon mésopotamien. Il est possible qu'elle n'ait été, à l'origine, que la déesse de l'Amour c' est-à-dire de ce courant universel qui conduit les êtres à s'unir pour la reproduction, mais qui fait aussi germer les plantes dans la terre. Son aspect guerrier et destructeur serait propre àIl,î>tar, qui, en se syncrétisant avec Inanna, lui aurait conféré cet attribut redoutable. Il convient néanmoins de remarquer que ces deux manifestations ne sont pas incompatibles, la mort étant la fin de la naissance, la destruction, ne serait-ce que par le temps, celle de la création. Son nom, qui semble dérivé de Ninanna (sum.), signifierait "dame du ciel", et inclurait le nom divin d'An, dont elle devient la hiérodule (voir Exaltation d'lnanna) ; elle est alors la "hiérodule des cieux" (nu-u5-gig-an-na) et la "vache du ciel exaltée" (ô-sùn-zi-an-na). C'est à l'évidence une très ancienne divinité car son nom apparaît dès la période d'Uruk au lVè mill. sous l'aspect d'un faisceau de roseaux dont l'extrémité supérieure forme une boucle. C'est son symbole qu'on retrouve au DA dans des représentations de sceaux et sur des fragments de terre cuite, de part et d'autre des toits oblongs de constructions en roseau ces toits sont parfois surmontés par un mât pourvu de chaque côté de trois boucles : c'est le signe (cunéiforme) mhz par lequel elle est désignée. Elle est très souvent mentionnée dans les inscriptions du DA. Dès -2450, Lugal-tar-si, roi de Kish, la déclare "reine des déesses" . Il semble que sa cité d'origine soit Uruk, où elle a son temple principal, l'é.an.na ("Maison du ciel"), qu'elle partage avec An, mais elle est largement vénérée dans tout le Sumer. Éanatum (dont le nom signifie "digne de l'E-anna") se déclare l'aimé de la déesse par qui il a reçu la domination de Lagash et de Kish. Elle prend plus encore d'importance à l'époque d'Akkad , ou la fille de Sargon Ier, Enhéduana, donne le ton en lui consacrant des hymnes et des prières. Bien qu'il s'agisse de copies plus tardives, le fait que ces textes soient attribués à ce personnage historique marque l'expansion de son culte à cette époque, qui pourrait bien être celle où ses attributs sont doublés de ceux d'Ishtar à laquelle elle est identifiée. À l'époque d'Akkad, où elle apparaît sous le nom d'Anunîtum, elle est la divinité d'Aktup (ville non localisée) sous le nom d'Aktupîtum, et elle règne aussi sur la ville de Zabalam, voisine d'Umma. Dans un balbale, la déesse rappelle toute l'étendue de sa domination : " Mon père m'a donné le ciel, il m'a donné la terre, je suis la reine du ciel [...] À Uruk, l'Éanna est à moi à Zabalam le (temple) Gigunna est à moi à Nippur le Duranki est à moi, à Ur l'Édilmuna est à moi à Girsu l'Eshdamkug est à moi, à Adab l'Ésharra est à moi, à Kish le Khursagkalamma est à moi, à Kisiga l'Amashkuga est à moi, à Aksak l'Anzagar est à moi, à Umma l'Ibgal est à moi, à Akkad l'Ulmash est à moi. Parmi les dieux, en existe-t-il un, un seul, qui puisse se comparer à moi ? " . Les diverses théogonies lui attribuent une nombreuse parentèle. Quoique déclarée la hiérodule d'An, elle est aussi donnée comme sa fille, mais elle est encore dite la fille d'Enlil, d'Enki, de Nanna, et la soeur d'Utu et d'Ereshkigal. En revanche, elle n'a pas de parèdre. Si Dumuzi occupe une place capitale dans son mythe en tant qu'amant, il n'apparaît pas comme un époux auprès de qui elle n'aurait plus qu'un rôle secondaire. C'est une déesse dominante qui règne même sur les dieux, qui n'a ni mari ni progéniture. Lorsque, dans le mythe d'Anzû, les dieux appellent shara l'enfant d'Ishtar, il faut comprendre par ce terme le "chéri", et nullement le fils né de son sein . Elle est la divinité antique à qui est consacré le plus grand nombre de sanctuaires sous son nom et sous celui d'Ishtar. C'est aussi la divinité qui intervient dans le plus grand nombre de mythes, soit à titre secondaire, soit dans le rôle principal. (voir Agushaya), hiérogamie (grande liturgie d'Inanna). POÈMES ET MYTHES CONCERNANT Inanna Cycle d'Inanna et Dumuzi : voir Dumuzi. Inanna et Enki : voir Enki. Descente d'Inanna dans l'autre monde : voir Enfers. La descente d'Inanna serait un rituel d'une visite de la déesse à Kutha. Inanna et Ébih. Incipit sum.: in-nin-mehua-a = Inin (banna) aux pouvoirs (me) redoutables. Poème de caractère épique de 184 vers rapportant comment la déesse guerrière combat et détruit la montagne rebelle appelée Ebih, qui ne veut pas reconnaître as domination. On y voit un étrange contraste entre l'aspect de la déesse, »jeune femme », et l'impétueuse guerrière qui, rendue furieuse contre l'Ébih, se transforma en foudre de guerre, "déverrouilla l'arsenal, dont elle repoussa la porte étincelante. Elle en tira l'altière Bataille et mit au sol l'énorme [Ouragan] ! Madame apprêta (?) ses augustes flèches et empoigna le carquois i Elle déchaîna contre l'Èbih un déluge et y lâcha l'irrésistible Vent Mauvais Madame se jeta alors à l'assaut du pays". Inanna et Shukalletuda. Poème qui subsiste presque entièrement, en quelque 300 vers, avec des lacunes. La déesse, ayant quitté le ciel pour descendre sur la terre, s'endort dans un jardin où le jardinier (?), Shukalletuda, en profite pour lui détacher son pagne - et il "la baisa et la pénétra puis il s'en retourna à l'extrémité du jardin". Au réveil, Inanna, s'étant aperçue du viol, chercha en vain son agresseur et, de colère, elle envoya trois pestes à travers le pays des Sumériens. Inanna et Bilulu : Le colophon de cette composition de 187 vers nous apprend qu'il s'agit d'un chant. Il est proche des lamentations et entre dans le cycle d'Inanna et Dumuzi. Le récit, en vers, est entrecoupé de lamentations et de passages lyriques. Le premier vers (dont la moitié forme l'incipit: edin-na ddumu~zi~mu), "Dans le désert, mon Dumuzi, j'élèverai ma complainte ", donne le ton. La déesse va ainsi dans la steppe où est mort son amant; elle arrive en présence du défunt "à la tête meurtrie", chez sa soeur Geshtinanna/Bélili. Là, elle entonne un chant funèbre (thrène). On ne sait d'ailleurs qui, dans cette pièce, est responsable de la mort de Dumuzi. En tout cas, la déesse décide de porter Sa vengeance contre Bilulu, une vieille femme qui tient une taverne dans la région. Cela à cause de son fils Girgire, qui volait les bêtes du troupeau de Dumuzi. Ainsi, Bilulu devient e l'Outre-à-eau-fraîche indispensable su désert» et son fils Cirgire »le démon et l'esprit du désert». On se trouve à l'évidence en présence d'un conte étiologique.


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Ishtar

Déesse sémitique de la guerre et de l'amour. Identifiée à la Sumérienne Inanna. Cette assimilation semble dater de l'époque des rois d'Akkad, lesquels ont promu l'Ishtar akkadienne, à qui ont été conférés les attributs d'Inanna. Son nom est souvent écrit par le sumérogramme d'Inanna. Plusieurs mythes relatifs à Inanna seront doublés en akkadien du même mythe, avec quelques variantes, et attribués à Ishtar : amours avec Dumuzi, qui prend le nom de Tammuz, descente en enfer, séduction manquée de Gilgamesh... Elle prend un caractère plus singulier dans ses aspects Assyriens, où elle se manifeste comme l'Ishtar d'Arbèlesa et l'Ishtar de Ninive. C'est sous ces deux derniers aspects, essentiellement guerriers, que son culte sera adopté par les Hittites et les Hourrites chez lesquels elle est appelee Ishtar Shaushga. Les archives d'Hattusha nous ont conserve plusieurs rituels plus ou moins complets pour diverses Ishtar anatoliennes ; 1 de Samuha, 1 de Tami ningaI de Ninive. Dans les lexiques d'Ugarit elle est identifiee a tiri . Son temple principal à Ninive était l'é.mas.mas construit (ou reconstruit ?) par Manishtushu. Les fouilles de Mari ont rendu un rituel paléo-babylonien qui lui est consacré, dont on ne sait s'il s'agit d'une traduction d'un texte sumérien consacré à Inanna ou s'il est l'oeuvre des prêtres de Mari. Le début manque, mais il semblerait que le rite représente la suite d'une hiérogamie où le roi se couche sur le lit d'Ishtar . Puis "le matin, plus tôt que d'habitude, on déposera l'offrande à Ishtar. On purifiera à plusieurs reprises le temple d'Ishtar.." Les représentants des divers corps de métier; brasseur; cordonnier, charpentier; barbier viennent déposer leurs offrandes. On apporte ensuite les emblèmes des dieux et des déesses au temple, puis le roi revêt la lutumtum et s'assied sur un siège de batelier derrière les prêtres-kalu (la lutumtum est un manteau porté à la campagne ). Il s'agit d'un rituel des kalu qui se poursuit encore longuement avec alternance de chants, de courses, de lustrations, de libations et d'interventions de personnages inattendus comme un "mangeur" et des "broyeurs" chargés d'agir selon leur fonction, en conséquence qui " mangeront " et qui " broieront ". Ses symboles sont le lion qu'elle chevauche comme Inanna et l'étoile. Ishtar de Ninive est aussi associée a la planète Venus et donc identifiee a Dilbad .


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Kaaba (al-)

Sanctuaire de La Mecque contenant la Pierre noire, une météorite assimilée à un bétyle. Ce mot, dont l'étymologie désigne ce qui est carré mais aussi les seins d'une vierge (ka'ib), a été mis en rapport avec le nom de la déesse Khaabou (forme grecque), donné par saint Épiphane à la déesse vierge, mère de Dusarès. Cette structure carrée, dans le mur de laquelle a été intégrée la Pierre noire à l'époque de Mahomet, abritait certainement, à l'origine, un bétyle symbolisant une déesse-mère. Déjà, à l'époque antéislamique, le sanctuaire enfermé dans une enceinte sacrée (Hâram), était recouvert d'un tissu qui fut brûlé dans la jeunesse de Mahomet, avant qu'il se soit cru désigné pour sa mission religieuse. Aucune fouille n'étant possible dans le site de La Mecque, il est difficile de déterminer l'époque de la fondation du sanctuaire, bien qu'on ait proposé de nombreuses hypothèses. Sa construction doit se situer vers le début de notre ère mais le culte lui-même de la Pierre noire remonte certainement beaucoup plus haut. Les traditions musulmanes, influencées par les textes bibliques, n'ont évidemment aucune valeur historique ou archéologique. Aussi peut-on rejeter dans le domaine du mythe celle qui situe dans ce sanctuaire le sacrifice de son fils par Abraham (lui-même sans doute un personnage mythique) et qui lui attribue sa construction. Son origine nabatéenne reste possible, mais non démontrée. Le sanctuaire est lié à la fondation de La Mecque, autour d'un point d'eau, fort important dans une région désertique sur la piste reliant les régions du Sud, productrices de l'encens, et l'actuelle Jordanie, où parvenaient les caravanes. Le nom de cette source, Zamzam, a été rattaché à celui de la divinité sumérienne Zababa . Quoi qu'il en soit, elle possédait un caractère sacré qui a permis la fondation du sanctuaire avec son bétyle. Durant les derniers siècles précédant la naissance de l'islam, la Ka'ba devint, sans doute pour des raisons économiques et en conséquence de l'importance que prit en Arabie la tribu des Qurayshites, grâce au commerce, un lieu de pèlerinage de nombreuses tribus Arabes. Dans son Hâram étaient figurées toutes les divinités de l'antique Arabie et des pays voisins, trois cent soixante au total, soit sous la forme de bétyles ou de statues, soit peintes. On y voyait ainsi une représenta­tion de Jésus (Isa) et de la Vierge Marie.


Kanesh

Ville de l'Anatolie orientale, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Kaysari (la romaine Césarée). C'est dans le site moderne de Kültepe (la colline des cendres) qu'ont été retrouvés les restes de la ville préhittite de Kanesh, laquelle est certainement la même que la Nésha qu'on rencontre dans certains textes. Le site est constitué par deux "quartiers" distincts sur une hauteur s'élevait la cité indigène, dans la plaine le quartier commerçant appelé karum dans les textes Assyriens. LA VILLE HAUTE. Elle dominait la plaine de Kaysari d'une vingtaine de mètres. Le tépé oblong a un diamètre dans sa plus grande longueur de 550 m environ. Occupé pour le moins dès la première moitié du III milI., il présente dix-huit niveaux d'habitat dont les premiers (1-2) correspondent à l'époque romaine. On a pu, hypothétiquement, rattacher certains niveaux à des événements historiques connus par ailleurs. Le 12 serait celui de l'époque de Zipam, qui se révolta contre la domination akkadienne sous Naram-Sîn. Aux environs de l'an - 2000 règnent sur Kanesh des souverains qui portent des noms indo­européens : Féruwa, Wartama, Warpa, enfin Anitta, qui serait à l'origine de la dynastie hittite. Aux niveaux 8-7 correspondent les périodes d'expansion du karum tandis que sur la cité règnent quatre rois et une reine. Les niveaux 6 et 4 sont contemporains du royaume hittite. Le niveau B est celui de l'époque dite néohittite (X ème - VIII ème s.) pendant laquelle Kanesh reste indépendante. À la fin de cette période, la ville est prise et détruite par les Assyriens. À Kanesh/Nésha est rattaché un mythe, sans doute d'origine hatti, traduit en hittite, et traduit en anglais par Harry Hoffner Jr. sous le titre : "Un conte de Deux Cités: Kanesh et Zalpa". La reine de Kanesh ayant enfanté d'un seul coup trente garçons, elle ne voulut pas rendre public un tel phénomène. Elle plaça les nouveau-nés dans un grand panier qu'elle abandonna sur un fleuve. L'embarcation, malgré sa fragilité, parvint à la mer, d'où elle fut emportée jusqu'aux rivages de la terre de Zalpuwa, où les dieux élevèrent les nourrissons. Quelque temps après, la reine réitère son exploit, mais cette fois elle enfante trente filles qu'elle décide de garder. Plusieurs années plus tard, les garçons retournent à Kanesh, où ils apprennent que la reine a donné le jour à trente filles, ce qui leur fait supposer qu'elle est leur propre mère. Ils vont la voir, mais elle ne les reconnaît pas et veut leur donner ses filles en mariage. "L'aîné des fils ne reconnaît pas ses soeurs. Mais le plus jeune [objecte]: "Prendrons-nous nos propres soeurs en mariage ? Ne faisons pas une telle action impie. [Ce n'est certainement pas] bien de coucher avec elles." a La suite du texte manque, de sorte qu'on ignore le dénouement de l'histoire et le propos de son auteur quand il l'écrivit. On a supposé que cette histoire d'inceste (accompli ?) viendrait en justification de la destruction de la ville de Zalpa (sur la mer Noire) par les Hittites, ce qui semble douteux, surtout si l'original est un vieux texte hatti. LE KARUM. Cinq niveaux ont été déterminés dans cette partie basse à 2m- 2,50 m au-dessus de la plaine et s'étendant sur un front de 3 km. Ni le niveau IV, établi sur le sol vierge, correspondant au (niveau 10 de Kanesh), ni le III (niveau 9 de Kanesh) n'ont rendu de documents. Le niveau Il représente la plus grande extension de la colonie de marchands Assyriens, établie dans le karum (niveau B de Kanesh). Les marchands Assyriens se sont installés en plusieurs comptoirs de la Cappadoce sous l'impulsion du roi d'Assur Érishu ( - 1940 - 1901), mais c'est celui de Kanesh qui a rendu le plus grand nombre de documents (plusieurs milliers) et qui semble avoir été le centre dont dépendaient les autres karums. Il fut détruit par un violent incendie sous le règne de Puzur-Assur Il. La ville haute fut aussi détruite, on ne sait par qui. Le karum reste inoccupé pendant trois ou quatre décennies avant d'être de nouveau reconstruit et de redevenir un important centre commercial. Mais les Assyriens n'y sont plus majoritaires et l'on y trouve de nombreux établissements indigènes. Comme le karum Il, le nouvel établissement fut protégé par un rempart puissant. C'est sans doute à la période d'anarchie qui suit la mort du roi d'Assyrie Ishme-Dagan ( - 1776 - 1742) que le karum 1b dut son abandon par les marchands Assyriens. Le karum 1a tombe en déclin rapidement et les archives ne tardent pas à disparaître. L'ancien centre commercial qui a bourdonné d'activité pendant près de deux siècles (avec quelques périodes d'interruption), retombe dans le silence bien que la vie continue dans la cité de Kanesh. Le mobilier recueilli dans les fouilles est aussi abondant que varié, mais parmi ce matériel le plus important consiste dans de très nombreux sceaux et surtout en tablettes cunéiformes et en archives de marchands : lettres contrats (de société de prêt, de commission mais aussi de mariage et de divorce), ordres de paiement, d'achat, de vente, quittances, pièces comptables, retraits de dépôts, saisies pour dettes, listes de marchandises en stock... Les marchandises étaient essentiellement, pour les Assyriens, des tissus (de laine et de lin), des vêtements, du plomb (?) et de l'étain qu'il allaient chercher vers le nord ou l'est (?) de l'Assyrie. Les échanges se faisaient contre de l'or et de l'argent.


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Karkémish

Ville syrienne sur la rive gauche de l'Euphrate, act. Djérablous, du côté de la Turquie. Les fouilles n'étant pas parvenues jusqu'au sol vierge, on ne sait quand le site fut occupé. Il l'était dès le BA, et sans doute avant, considéré sa position stratégique sur l'Euphrate. L'histoire de la ville ne nous est connue pendant toute l'époque du bronze que d'une manière très fragmentaire grâce à des sources extérieures. Les archives de Marinous font connaître un roi de cette ville vers - 1800, Aplakhanda. Il entretint une correspondance avec Iasmah-Addu, gouverneur de Maripour son père, shamshi-Addad, et ensuite avec Zimri-lim, grâce à quoi nous savons que les vins de la région de Karkémish étaient très appréciés à la cour de Mari. Les annales égyptiennes de Thoutmès III laissent penser qu'au XVe s. Karkémish devient tributaire des pharaons, puis elle est disputée entre les Mitanniens et les Hittites. Dans les derniers siècles du BR, la ville tombe au pouvoir des Hittites, qui en font une sorte de vice-royauté, capitale de leur province syrienne. Le premier d'entre eux est Piyashshil, fils du roi hittite Suppiluliuma 1er (vers - 1370 - 1342), connu aussi sous le nom de sharru-Kushukh. Il est contemporain des rois Hittites Arnuwanda Il ( - 1342 - 1340) et Mursili II ( - 1340 - 1310). Son successeur est shakhurunuwa (vers - 1305 - 1250) puis est nommé Ini-Téshub (ca. 1250-ca. 1210), fils de Tudhaliya IV (1260-1220), selon certains auteurs de shakhurunuwa selon Mano Liverani shakhurunuwa étant fils de Fiyashshil et père de Talmi-Teshub qui lui succéda. Les fouilles ont surtout rendu au jour les restes de la période dite néohittite (entre -960 et -716). La ville est alors indépendante sous le gouvernement d'une dynastie indigène à qui est due la construction de la majorité des monuments retrouvés à commencer par de nombreux reliefs accompagnés d'inscriptions en hiéroglyphes Hittites ou luwites. Le premier roi de la dynastie est Suhis (dont le nom était jadis lu Luhas), qui prit le pouvoir vers - 960 . Ses successeurs sont: Astuwati-mais, fils de Suhis ( - 940), Suhis, fils du précédent ( - 920), Kawutas, son fils ( - 900), Sangara ( - 880 - 848), qui dut payer tribut au roi d'Assyrie Assurnasirpal II. Astiruwa est le chef d'une nouvelle maison royale ( - 820). Le nom de son fils et successeur est inconnu, puis viennent Araras ( - 780), Kamanas ( - 760) et Fisiris ( - 745-716). Son royaume fut annexé à l'Assyrie par Sargon II. Désormais, la ville sera intégrée dans les divers empires qui vont dominer la région: néobabylonien, perse, séleucide, romain. Sous ses murs, en - 605, Nabuchodonosor infligEa une défaite sanglante au pharaon Néchao venu au secours de ses alliés syriens.


Karûm

Mot akkadien aux sens multiples. Il désigne : - un quai d'embarquement (ou un mur) le long d'un fleuve ou d'un canal; - un port; - le quartier d'une ville destiné aux échanges commerciaux des trafiquants et des marins ; - une communauté de marchands. Le bit kàri était le bâtiment où était logée l'administration du karum ou les douanes dans un port. (voir : Kanesh).


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Kéret

Roi légendaire, héros d'un conte épique trouvé dans des tablettes d'Ugarit. Son nom, écrit KRT, a été transcrit Kéret par Charles Virolleaud, le premier éditeur du texte (en se fondant sur l'adjectif hébreu "kéréthite") mais il devait se lire "Karit" ou Kirta (Greenstein, in Barker 1997). Le texte est connu par trois tablettes exhumées dans le site de Ras shamra en 1930 et 1931. Un colophon nous fait savoir qu'il a été écrit ou copié (spr.[IlmIk] = livre ou document de...) par Ilimilku, donné par Niqmadd (roi d'Ugarit). Les trois tablettes, qui devaient compter un millier de lignes (selun Virolleaud), sont incomplètes, et, comme elles n'ont pas été trouvées ensemble, on discute au sujet de leur séquence, et pour savoir s'il en manque encore une ou plusieurs. Le nom de KRT n'est peut-être pas sémitique; on a cependant proposé de rattacher son nom à karutu = coupé de (progéniture). Bien qu'il ne soit pas un dieu immortel, Kéret est fils du grand dieu El (présenté comme un dieu-taureau) et de la déesse Ashérat. Le pays dont il est roi semble s'appeler Khubur; il est mentionné au cours du poème, sans que soit précisé qu'il s'agit bien de son royaume. Au début du conte, un apprend que Kéret a perdu ses sept enfants et qu'il craint de ne plus avoir de progéniture. El lui apparaît au cours d'un rêve, et, comme le roi ne cesse de gémir, le dieu lui ordonne d'offrir un sacrifice. Ce qui permet de découvrir ce qu'on offrait aux dieux ugaritiques en sacrifice, en l'occurrence : un agneau, un chevreau un pigeon, du vin dans une coupe d'argent, du miel dans un ciboire d'or. Kéret réunit ensuite une grande armée avec fantassins archers, par myriades, et, en sept jours de marche, il parvient aux frontières du royaume d'Udum. Le roi du pays, Pabil, est effrayé par un tel déploiement de forces, puis rassuré quand Kéret lui demande seulement la main de sa fille Huraya, sa fille aînée, la belle unique. De ce mariage naissent - selon ce qu'avait déclaré El à Kéret, qui était allé lui rendre une visite au fin fond d'une campagne où résidait le dieu - huit enfants. L'aîné des fils, Yassib, est destiné à succéder à Kéret sur le trône. Mais le roi tombe malade, au point qu'il est incapable de gouverner. Sa maladie est mise en relation avec une épidémie de peste et une sécheresse qui va cesser après que se sera déroulée une cérémonie dans la demeure de Baal sur le mont Saphon. Par ailleurs, El créé un démon appelé sha'taqat, qui va guérir Kéret en lui tranchant la tête. Ce qui représenterait la victoire de la vie sur la mort . Yassib vient au palais voir son père pour lui rappeler ses devoirs envers son peuple, qui dépérit, mais dans l'intention de s'asseoir lui-même sur le trône. Ce qu'a compris Kéret, qui le maudit. Le texte s'arrête là d'une manière abrupte, la fin manquant. Si Kéret apparaît comme la figure symbolique du roi d'origine divine, le propos du poète en écrivant ce conte mythique (aucun document ne confirme l'existence d'un royaume appelé Khubur ni celui d'Udum avec son roi Babil) reste obscur; et aucune hypothèse proposée n'est réellement satisfaisante.


Mari

Ville du moyen Euphrate, exhumée dans le site syrien de Tell Hariri, qui, par le nombre de tablettes exhumées et leur contenu, occupe une place capitale pour notre connaissance de la Mésopotamie au début du IIe mill.. Son nom est écrit Ma-URU-ki, Ma-ri-ki, Me-ra-ki , Ma-eri-ki. C'est cette dernière lecture qui devrait prévaloir selon Thureau-Dangin , suivi par Jacobsen . L'occupation du site remonte au début du IIIe mill. Encore mal connue, la cité du DA avait une forme approximativement circulaire d'un diamètre de 1 900 m, protégée par une haute digue contre les débordement de l'Euphrate. On ne sait que très peu de chose concernant cette période. La ville devait déjà avoir acquis une certaine importance car elle est donnée dans la LRS comme ayant fourni la Xe dynastie après le Déluge. Son roi (lugal) Ansud battit par les armes Adab, et Marisuccéda à cette dernière dans la primauté sur le Sumer. Ansud aurait régné 30 ans et son fils Lugaltarzi lui succéda. Aucun des noms des quatre rois qui ont succédé à ce dernier ne sont complets, le total des années de domination de Mariétant de 136 ans. La royauté passa alors à Kish, avec la cabaretière Ku-Baba. De cette période datent plusieurs temples (d'Ishtarat, de Nini-zaza, d'Ishtar, dans la cour duquel étaient dressés des bétyles, de Shamash. Un monument massif de briques rouges (cuites, contrairement aux briques crues qui restent grisâtres), appelé par le fouilleur André Parrot, le "massif rouge", serait la base d'une première ziggurat. Sous le grand palais de Zimri-Lim gisaient plusieurs palais qui avaient été successivement les résidences des souverains de la cité au DA. La ville, prise et mise à sac par Lugalzaggesi d'Umma, fut ensuite intégrée dansl'empire d'Akkad, mais avant la fin de cette période elle se rendit indépendante sous une dynastie, issue des anciens gouverneurs de la ville au service des rois d'Akkad, dite "des shakkanakku" (gouverneur militaire dont l'office apparaît pour la première fois dans l'inscription de l'obélisque de Manishtutu). Un nouveau palais est construit sur les ruines des vieux palais, sur des plans nouveaux. De cette nouvelle construction date la cour des Palmes, par laquelle on accédait à la salle du trône. C'est au cours des siècles suivants, les premiers du IIè mill., que Mariparvient à l'apogée de sa puissance et où est aménagé le palais, qui atteint sa plus grande extension avec le règne de Zimri-Lim (-1782 - 1759). Ce dernier était le fils d'Iahdun-Lim (vers - 1825 - 1810), lui-même fils d'Iaggid-Lim. A la mort de Iahdun-Lim, Sumu-yaman, son frère, lui avait succédé, mais après un court règne il avait été évincé, sans doute par le roi d'Assyrie shamsi-Adad Ier, qui avait confié à son fils Iasmakh-Addu le gouvernement de la ville et de sa région. Le trône de Marifut ensuite usurpé par Ishar-Lim, gouverneur de la province assyrienne du haut Khabur pour le compte d'Iasmakh-Addu. Finalement, Zimri-Lim réussit à chasser les Assyriens et à reconquérir le trône de son père. Après un règne brillant de 23 ans, il fut vaincu par Hammurabi, qui détruisit la ville et la frappa d'interdit, si bien que nul ne revint l'occuper. En fait, un nouvel établissement y fut fondé à l'époque néo-assyrienne, qui devint le chef-lieu de la province de Suhu. Le chef-d'oeuvre de Marià l'époque de Zimri-Lim est son palais, un énorme bâtiment dont les trois cents salles et cours couvraient 2500 ha. Comme il est prouvé que le palais possédait un étage (dont une partie était peut-être occupée par des terrasses), il faudrait peut-être doubler ce nombre de pièces. Dans ce palais ont été retrouvées les plus anciennes peintures murales du POA scène de sacrifice, offrande de l'eau et du feu, scène de l'investiture. Ainsi peut-on voir les teintes des vêtements grande robe blanche d'un dieu assis, pagne blanc croisé d'un prêtre, mais aussi robes d'un prêtre officiant et d'une prêtresse portant une coiffe à cornes (Ishtar?) faîtes de pans composés chacun de petites bandes de tissu verticales alternées blanches, brunes, grises, vertes, jaunes. Les statues et les objets retirés de l'ensemble du site sont nombreux et souvent remarquables, tels ces statues du DA de "l'Adorante" (Louvre) et de la"Grande Chanteuse" Ur-Nina (musée de Damas), et ces chefs-d'oeuvre de l'époque paléobabylonienne que sont les statues d'Idi-Ilum (Louvre), du prince Ishtup-Ilum et de la déesse "au vase jaillissant" (musée d'Alep). Le palais était le centre administratif du royaume, ce qui explique que ce soit dans ce bâtiment qu'a été recueillie la grande majorité des 20 000 tablettes qui permettent d'avoir une connaissance souvent détaillée aussi bien des événements politiques que de la vie "quotidienne" des habitants du palais, grâce à un nombre considérable de lettres qui constituent l'essentiel de ces archives. Il n'a été retrouvé ni ouvrages littéraires ni textes de caractère fiscal, ce qui laisse penser qu'on doit pouvoir retrouver ces derniers dans un bâtiment spécialisé qui reste à découvrir. Ces textes, rédigés en akkadien, révèlent l'étendue des relations de Mariavec les villes de Syrie et de Babylonie et son commerce avec les marchands de Dilmun.


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Marib

Capitale du royaume de Saba, située dans le nord du Yémen. C'est dans cette ville que le livre des Rois (Rois I-10) situe la capitale de la reine de Saba. Les ruines de la cité, très partiellement explorées s'étendent sur environ 23 ha, ce qui on fait l'un des plus importants tells du Sud de l'Arabie. On ne sait à quand remonte précisément la fondation de la ville. Elle était encore une capitale dans l'Antiquité classique (c'est la Mariaba des géographes grecs et romains) et ne perdit de son importance qu'après la rupture définitive de son barrage, au VIè s. de notre ère. Outre ce barrage hors de la ville, les fouilles ont rendu au jour trois monuments importants. Le premier d'entre eux est celui que les Yéménites appellent Haram (ou Maran) Bilqis (Bilqis est le nom donné par les Arabes à l'anonyme reine de Saba de la Bible) c'était le temple 'Awwan, consacré au dieu lune Ilumquh. Situé à un peu plus de 3 km au sud de la ville, il consistait en une enceinte ovale de 112 x 75 m, d'une hauteur de plus de 9 m et d'une largeur de 4 m. On accédait au temple par une grande cour qui donnait sur un péristyle fait de piliers carrés dont plusieurs demeurent en place. La cella du temple n'a pas été retrouvée. De nombreuses inscriptions ont été recueillies, dont la plus ancienne remonte au début de la construction du temple, dans la seconde moitié du VII ème s. L'entrée de l'enceinte ovale est datée par une inscription de la seconde moitié du Vè s. On y a aussi retrouvé de nombreuses bases de statues votives. A la même divinité tutélaire de la cité était consacré un second temple, toujours hors de la ville, marqué par six piliers monolithiques pourvus de chapiteaux, disposés en arc de cercle; une inscription donne le nom du temple : "Bar'an". Le troisième monument est un mausolée en pierre, contigu à la partie nord-ouest du mur ovale de l'Awwan. Le toit était soutenu par quatre piliers, eux aussi en pierre. Le monument renfermait 60 compartiments de sépultures. Il semble qu'il s'agissait d'un mausolée de la famille royale, comme l'attestent deux noms de rois qui y ont été ensevelis au Vè s. : Sumhu'alay Yanaf et Yith"amara Bayyin.


Martu

voir Amorrites et Mariage de Martu.


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Mèdes

Peuple d'origine indo-europénne établi dans le Nord-ouest de l'Iran. Ils apparaissent dans l'histoire en -834 : l'an 24 de son règne, le roi d'Assyrie Salmanazar III entreprit une campagne dans le nord de son royaume, contre Ianzû, roi de Namri. Au cours de cette campagne où il ravagEa le pays de son advorsaire, il passa par les territoires des Mèdes (Madai), qui devaient alors se trouver dans les environs du lac d'Urmiah. Comme les Perses, ils vonaient soit du Caucase, soit, plutôt, des steppes à l'est de la mer Caspienne. Ils ont dû pénétrer sur le plateau iranien au début du 1er mill. Ils vont poursuivre leurs migrations pendant encore un siècle avant de s 'établir aux environs de Hamadan où ils fondent leur capitale, Ecbatane, à l'instigation de leur roi Déjocès. Mis à part deux invasions venues des steppes voisines de la mer Caspienne, de tribus cimmériennes et ensuite scythes, dont un groupe s'établit autour du lac d'Urmiah tandis que d'autres groupes parviendront jusqu'aux frontières de l'Egypte avant d 'être noyés au milieu des populations autochtones, les Mèdes ne cesseront de se heurter aux Assyriens, qui, à plusieurs reprises, conduisirent des campagnes sanglantes dans leurs montagnes. La Médie reste un royaume secondaire sous le successeur de Déjocès, Phraorte (vers - 675 - 653). Elle va devenir un empire grâce à l'action de Cyaxare (vers - 653 - 585). Ce dernier, qui a peut-être été vassal des Scythes au début de son règne, réorganise l'armée, défait les cavaliers scythes du roi Madyès dans le nord-ouest de l'Iran. Les Perses, qui occupaient les régions méridionales de l'Iran étant aussi ses vassaux, il était maître d'un petit empire qu'il ne va cesser d'agrandir. Il passe une alliance avec le roi de Babylone Nabopolassar, dirigée contre l'Assyrie, et, en - 615, il attaque en vain Ninive. L'alliance avec Babylone est sanctionnée par le mariage du prince héritier Nabuchodonozor avoc Amytis, la petite-fille de Cyaxare. En - 612, les armées alliées prennent et détruisent Ninive, mettant fin à l'Empire assyrien. Cyaxare se rend ensuite maître de l'ancienne Urartu, puis il porte les armes en Anatolie . Il se heurte aux armées du roi de Lydie, ce qui fixe la frontière occidentale de son empire au cours de l'Halys (actuel Kizil Irmak). Astyage lui succède vers - 585. Avec ce dernier disparaît l'Empire mède, absorbé dans celui de Cyrus.


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Mésopotamie

(Pays) entre (les deux) fleuves : tel est le sens du nom donné par les Grecs à la plaine partiellemont désertique située entre l'Euphrate et le Tigre, dont les noms akkadiens étaient Purartû et Idiglat (Puranti et Aranzah chez les Hourrites. En réalité, le territoire auquel nous donnons le nom de Mésopotamie, et qui correspond dans l'ensemble à l'actuel Iraq, est borné à l'est par la chaîne du Zagros, et du côté du couchant il englobe les terres arables à l'ouest de l'Euphrate, au moins jusqu'à la confluence du Khabur, au nord-ouest de Mari. La partie Nord-Est, vers les montagnes du Kurdistan actuel et du Zagros, a été occupée dès le paléolithique moyen (grotte de shanidar). Cette région septentrionale fait partie des terres où va se réaliser la sédentarisation des tribus épipaléolithiquos, avec la domestication de certaines espèces animales et la maîtrise de l'Agriculture (néolithique acéramique, entre -9000 et -7000). La céramique apparaît dans le site de Jarmo (dans le Zagros) au début du VIIè mill. Les archéologues ont ensuite divisé la préhistoire de la Mésopotamie en plusieurs grandes périodes fondées sur la diffusion de types caractéristiques de céramiques dans une partie ou l'ensemble du territoire, ces périodes étant désignées par le nom d'un site éponyme où le type de poterie concerné a été découvert la première fois, ce qui ne signifie pas que celui-ci ait été imaginé par les potiers du site et que ce soit de là qu'il se soit répandu dans les régions plus ou moins voisines. Telles sont, dans le Nord, les phases dites d'Hassuna et de Samarra, cette dernière étant confinée à une bande de territoire allant de l'Euphrate dans la région de Baghuz aux montagnes du Zagros avec le site central de Choga Mami ( - 6000 - 5000). Vers - 5600 se développe dans l'ouest de la Mésopotamie et une partie de la Syrie la civilisation halafienne, nommée d'après le site de Tell Halaf (-5500 - 5000). Le métal, qui a fait une modeste apparition au cours des périodes précédentes sous la forme de cuivre natif et de pépites d'or, se vulgarise surtout sous la forme du cuivre martelé, d'où le nom de chalcolithique ancien donné à cette période. Ces civilisations correspondent dans le sud aux cultures d'Éridu et d'Hajji Mohammed (- 6000 - 5200), la première étant circonscrite à l'extrême sud de la Mésopotamie, la seconde s'étendant autour de la région de Kish. Vers -5200 commence à se développer la civilisation dite obeidienne (d'après le site d'El-Obeid au sud d'Ur). Il est cependant possible qu'il faille rehausser de trois siècles le début de l'obeidien . La civilisation d'EI-Obeïd s'impose vers le nord de la Mésopotamie au V mill., de sorte qu'on a pu supposer que cette extension des modèles obeidiens correspondait à une conquête militaire du Nord par le Sud. Les relations commerciales semblent suffire pour expliquer la suprématie d'une civilisation qui avait inventé le moulage du cuivre, ce qui permettait d'aiguiser les outils, et le moulage des briques, qui représentait un embryon d'industrialisation. Dans les plus bas niveaux du site d'Uruk apparaît une nouvelle poterie à engobe rouge ou gris poli, qui va par la suite se répandre dans le sud de la Mésopotamie et supplanter la céramique peinte d'El-Obeïd (Uruk ancien et moyen, -4000 - 3500). Avec la civilisation d'Uruk récent ( - 3500 - 3100), les Mésopotamiens sont parvenus à une maîtrise de la métallurgie et à un stade urbain avancé. C'est à cette époque qu'ils inventent l'écriture, laquelle va se développer à l'époque suivante, dite de Djemdet-Nasr, qui apparaît comme la première période historique du POA. Cette explosion de la civilisation est due aux Sumériens. C'est à cette époque qu'il convient de situer la naissance et l'hégémonie des cités antédiluviennes, dont la LRS nous a conservé le souvenir magnifié. Vers -3000 commence la période historique du bronze ancien et, pour ce qui est du Sumer, le dynastique ancien. L'époque d'Akkad met fin à cette première période, sumérienne. La civilisation sumérienne (Néo-Sumériens) parvient à son apogée avec la dynastie d'Ur III, qui domine une grande partie de la Mésopotamie pendant les deux derniers siècles du III mill., tandis que dans le Nord pointe la civilisation assyrienne. Au début du millénaire suivant les Sumériens disparaissent en tant qu'entité politique, mais la langue de Sumer et l'ombre de sa civilisation s'imposent à leurs successeurs babyloniens et Assyriens. André Parrot a souligné, par des comparaisons restreintes, l'unité culturelle des cités de Sumer pendant le III mill., cités parmi lesquelles figure Mari(ses comparaisons portent sur le mobilier de Tell Hariri/Mari), de Khafaje et de Tell Asmar (Eshnunna). Cette unité se retrouve dans le développement de la civilisation de Babylone, qui, si elle se différencie profondément de celle des Sumériens, en est son héritière. Unité marquée aussi chez les Assyriens, qui, malgré de très nombreux points communs avec les Babyloniens, qui ont été dans une grande mesure leurs maîtres, ont fait preuve d'un génie d'invention et d'observation, en particulier dans leurs sculptures de bas-reliefs, cela malgré des conventions tel le principe de symétrie, dont ils ont su faire un élément ornemental ou qu'ils ont utilisé pour créer des effets d'opposition et d'agonistique.


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Mitanni

Royaume constitué vers le XVIe s. sur le haut Khabur, en milieu hurrite, appelé Hanigalbat par les Assyriens et les Babyloniens, Naharina (fondé sur le mot sémitique signifiant "fleuve, rivière" : nhr) par les Egyptiens. Le terme biblique d'Aram-Naraïm, qui désigne une contrée vaguement localisée, paraît se référer à cette région; peut-être est-il emprunté à un ancien toponyme cananéen, car le Mitanni n'existait plus depuis longtemps lorsque les rédacteurs bibliques ont utilisé ce terme. Le nom de Mitanni apparaît pour la première fois dans une inscription égyptienne de Thoumosis Ier, datée des environs de -1515 (date à abaisser d'une vingtaine d'années selon la chronologie basse-égyptienne adoptée par certains égyptologues). Les origines de ce royaume restent obscures ; la population qui se trouve à sa base est hurrite, mais elle paraît étroitement liée à une population d'origine indo-aryenne, installée dans la région vers le milieu du XVIè s. L'onomastique des deux siècles suivants révèle leur présence dans tout le domaine hurrito-mitannien qui s'étend de Nuzi et Arrapha, dans le sud-est de l'Assyrie, à Alalah, dans le nord-ouest de la Syrie. D'abord, les noms de tous les rois du Mitanni trouvent leur étymologie dans des racines sanskrites, et il en va de même pour un grand nombre de noms de particuliers dans cette aire : le père Roger O'Callaghan a ainsi recensé plus de 80 noms expliqués par la langue védique . Ainsi, le roi Arta­rama renvoie au védique r(i)tàdhsma = de pur caractère (ou encore r(i)ta-dha-man = celui qui demeure dans la loi divine). Il est inutile de multiplier les exemples, mais il convient de signaler que nombreux sont les noms qui ont été expliqués différemment par plusieurs expressions sanskrites, selon les auteurs (Mironov, Dumont, Friedrich...). Outre l'onomastique, les dieux invoqués par les Mitanniens sont des divinités védiques Mitra, Uruwana (Varuna, dieu védique des Eaux et des Eléments), Indar (Indra, chef des devas, dieu de la Guerre), les Nassatiyana (Nasatyas, surnom des Ashvins, les deux frères jumeaux, nés de chevaux, protecteurs des travaux agricoles et des médecins connaisseurs des plantes médicinales); dans l'onomastique, on retrouve les noms sanskrits de Svar, le Ciel, Vayu, le Vent, Soma, la boisson sacrée, Deva, les dieux dans leur ensemble, R(i)ta, la loi divine qui correspond à l'ordre du monde. Enfin, les chiffres de 1 à 9 sont les mêmes qu'en sanskrit. Il convient de rappeler que c'est vers cette époque que les Indo-Européens porteurs de la culture védique s'installent dans la vallée de l'Indus et qu'ont été composés les hymnes constituant le Rigveda. Les Mitanniens disposent, comme les Hittites, d'une charrerie montées par des guerriers d'élite qui portent le nom de maryanna, dont la racine se trouve dans le védique marya ("jeune homme, héros", dans le sens de jeune guerrier). Pour le reste, la langue du Mitanni était le hurrite. Comme les Hittites à l'extrémité occidentale du Proche-Orient et les Aryas (Mèdes, Perses et Aryas védiques) au Moyen-Orient imposèrent leurs langues indo-européennes aux anciens peuples des régions occupées (comme le feront plus tard les Turcs dans une Asie Mineure où le grec était parlé depuis plus de mille ans, voire deux mille dans ses parties occidentales), il faut supposer que le groupe qui s'est installé dans le pays hurrite était suffisamment belliqueux pour imposer la création d'un État dirigé par des rois de sa nation, mais pas assez nombreux pour imposer sa langue et sa culture. Par ailleurs, les mélanges entre les deux ethnies se sont faits rapidement car on voit que dans une même famille on porte des noms Hourrites aussi bien qu'indo-aryens (en particulier à Nuzi). Dans la famille royale, les rois portent des noms aryens, mais leurs filles ou leurs soeurs ont des noms Hourrites : les soeurs de Tushratta (fils de shuttarna Il) et de son fils shattiwaza s'appellent Gilu­Hépa(t) [ou Kilughépa] et Tatu-Hépa(t) [ou Tadughépa] : elles épouseront toutes deux le roi d'Égypte Aménophis III. On a même pu supposer que Tatu-Hépa n'était autre que Néfertiti, la femme d'Akhenaton. Des deux premiers rois du Mitanni, on ne connaît que les noms, Kirta et shuttarna, son fils. Le troisième, Barratarna, est mentionné dans une tablette de Nuzi et l'inscription d'Idrimi, roi d'Alep à qui il imposa son hégémonie. Parsha(ta)tar et son fils shaush(t)atar sont connus par un sceau de Nuzi. Ce dernier soumit Alalah et le Kizzuwatna (Cilicie), qui était rattaché au domaine hittite. Son règne se situe dans la première moitié du XVè s. Il semble avoir mis à sac Assur, d'où il enleva une porte d'or et d'argent qu'il plaça dans le palais de sa capitale, Washshukanni. Il avait ainsi affaibli l'Assyrie et constitué un empire qui allait du Zagros et de Nuzi à la Méditerranée (Alalah et Kizzuwatna). Les Mitanniens ont sans doute eu affaire aux premiers pharaons conquérants de la XVIIIè dynastie, qui avaient porté leurs armes jusqu'à l'Euphtate ; mais le royaume mitannien n'était pas encore maître du nord de la Syrie; ce fut le cas lors des campagnes de Thoutmosis III au cours de la première moitié du XVè s. Il battit les armées du Mitanni à Alep et à Karkémish, mais ne poussa pas plus loin son avance, conduit par une sage prudence. Le pharaon multiplia les campagnes, reprenant le terrain que les Mitanniens avaient réoccupé après ses retraites, son adversaire se dérobant sans cesse. Entre-temps, Artatama, en Mitanni et Aménophis Il en Égypte ont succédé à leurs pères. Lassé sans doute par des campagnes vaines, le pharaon signa un traité avec Artatama, qui lui donna sa fille en mariage. shuttarna Il poursuivit la politique de son père en renouvelant l'alliance avec Aménophis III, à qui il donna sa fille en mariage. Artassumara succéda à son père, shuttarna, mais il fut peu après assassiné par un certain UD-hi qui aurait placé sut le trône le jeune frère d'Artassumara, Tushratta, sans doute dans l'espoir de le manipuler à son gré. Cependant, selon les déclarations du nouveau roi à son beau-frère égyptien, il punit le meurtrier, lui-même n'ayant pris aucune part au crime. Les détails de cette affaire nous sont inconnus, tout comme le degré de parenté d'Artatama, qui prétendit avoir plus de droits au trône que Tushratta et entra en guerre contre lui. La guerre civile qui sévit alors au Mitanni permit au roi des Hittites Suppiluliuma de consolider ses positions politiques du côté de la Syrie. Il passa même un traité avec Artatama Il, qui s'était déclaré "roi du Hurri". Afin de s'opposer à l'avance hittite en Syrie, laquelle se faisait au détriment du Mitanni, Tushratta songEa à renforcer encore l'alliance égyptienne en donnant sa propre fille en mariage à Aménophis III, déjà marié à la soeur du roi mitannien, sans grands résultats du côté de la politique syrienne. Lorsque shattiwazza succéda à son père Tushratta, assassiné peut-être par lui, il se heurta au successeur d'Artatama Il, shuttarna III, qui régnait à Washshukanni et qui avait passé un traité d'alliance avec un nouvel adversaire du clan de Tushratta, le roi d'Assyrie Assur-uballit Ier (-1363 - 1328). L'anarchie régnait au Mitanni, et shattiwaza dut se réfugier à la cour d'Hattusa. Avec l'aide militaire de Suppiluliuma, dont il avait épousé la fille, il réussit à récupérer la partie occidentale de l'ancien royaume mitannien. shattiwaza tout autant que shuttarna III disparurent on ne sait trop comment de la scène politique. Sur le trône du Mitanni se sont alors succédé trois rois : shattuara Ier, qui était peut-être le second fils d'Artatama Il, son fils Wasashatta et son petit-fils shattuara Il. Ils avaient affaire à un adversaire déterminé, contre lequel ils luttèrent désespérément, l'Assyrie. A la mort d'Assur-uballit, qui avait inauguré la politique de redressement de l'Assyrie, ses deux premiers successeurs, Enlil­nârâri et Arîk-den-ili, se sont désintéressés des affaires du Mitanni. C'est Adad-Nirâri Ier qui inaugura une politique de conquête à l'égard du Mitanni où régnait encore shattuara Ier. Ses successeurs Salmanazar Ier (-1273 - 1244) et Tukulti-Ninurta Ier (-1243 -1207) vont terminer de ruiner l'ancien royaume du Mitanni. Tukulti-Nînurta réduisit finalement le Hanigalbat en province de l'Assyrie.


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mîsharum

(sum. nig.si.sâ, akk. misaru, mesaru = redressement, justice, du verbe eserum). Le mîsharum est établi par décret du roi généralement lors de son avènement, mais il est arrivé qu'il soit renouvelé tous les sept ans. Il agit en tant que pasteur de son peuple, protecteur des faibles et des opprimés. Cette pratique, surtout connue à Babylone au II mill., est documentée par ailleurs à Mariet en Syrie, et elle semble aussi avoir été propre aux Sumériens : lors de ses réformes, Ur-Nammu promulgue un nig-si-sà et l'on peut assimiler à cette pratique les réformes d'Urukagina. Elle s'appliquait plus particulièrement au domaine royal, mais, en Babylonie, elle s'étendait au domaine privé on ne dispose pas de documents pour inférer qu'il en allait de même dans les autres régions du Proche-Orient où elle était courante. D'autre part, après l'époque paléobabylonienne, on n'a qu'un seul exemple de promulgation de mîsharum à l'époque néobabylonienne, sous le règne de Nériglissar (-559 - 555). Le terme de mîsarums, qu'on trouve cependant souvent utilisé, n'a généralement que le sens de "justice", sans les implications sociales du décret royal de ce nom. Les personnes auxquelles étaient affermées les terres du palais pour une redevance annuelle étaient dispensées de payer les arriérés causés par des affaires malheureuses ou de mauvaises récoltes. Pareillement étaient annulées les dettes contractées par des gens réduits à la misère et pressés par les prêteurs et les usuriers. Des fonctionnaires royaux veillaient à l'application du décret, et les prêteurs qui passaient outre et continuaient de poursuivre leurs débiteurs risquaient une amende six fois supérieure à la dette, voire la mise à mort. Les hommes libres qui s'étaient mis eux-mêmes en état de servage pour payer leurs dettes ou encore une personne mise en gage en garantie de cette dette, et donc réduites à un véritable état d'esclave, étaient rendus à leur ancien statut de personne libre. Une demeure de famille ou un terrain vendu par acte d'huissser pour couvrir une dette était rendu à l'ancien propriétaire ainsi dépossédé, ce qui était souvent cause de nouveaux procès. Le misharum était décrété solennellement par le roi au cours d'une cérémonie particulière dans laquelle le roi levait à bout de bras un flambeau par lequel il s'identifiait à Shamash, dieu-soleil de la justice. Il ne nous est parvenu que deux de ces décrets qui puissent être attribués à des souverains connus, l'un à Samsu-iluna et l'autre, le plus complet, à son arrière petit-fils Ammisaduqa.


Ninurta

Dieu sumérien. Son nom est écrit par le sumérogramme dMAS (par ex. dans les inscriptions d'Assur­nasirpal II à Kalhû) ou NIN.URTA (de sorte qu'il était lu Urta). Son nom signifie «seigneur terre (cultivable) », ce qui marque son archaîque fonction de dieu de l'Agriculture, qu'il unit à celle de dieu guerrier. Sans doute originaire de Nippur, il a été associé à Enlil en tant que son fils et il avait son culte dans le grand temple de son père, l'Ékur. Il y disposait néanmoins d'un sanctuaire personnel, l'é.su.me.sa4, mentionné dès le DA. On lui donnait pour parèdre la déesse Gula ou encore Baba (Bau). Cette dernière était l'épouse de Ningirsu, dieu de Lagash àqui il a été très tôt identifié. Son aspect de divinité agraire est marqué en particulier dans les "Géorgiques" sumériennes appelées "Almanach du fermier" (autrement nommées "Instructions de Ninurta", instructions dispensées aux paysans pour les travaux annuels concernant la culture de l'avoine. Ninurta y est appelé "le fermier d'Enlil" et une prière sous forme de balbale déclare "Tu remplis le canal lors de la crue du printemps, dans les champs, tu fais croître les diverses sortes de grains, tu remplis les étangs de carpes et de tanches, [...] dans la steppe tu fais pousser les tamaris, dans les vergers et les jardins tu fais couler le miel et le vin, dans le palais du roi tu fais durablement prospérer la vie!". A cet aspect de dieu bienfaiteur s'unit celui de guerrier, de "héros" (ur-sag) des dieux. Cet aspect apparaît avec une grande vigueur dans plusieurs poèmes dont il est le héros : "Ninurta et les pierres" (voir lugal.e), le mythe d'Anzû, et le poème intitulé d'après son incipit, An-gim dim-ma. Cet aspect guerrier a séduit les Assyriens, qui l'ont intégré dans leur panthéon. Dans sa cité de Kalhû, Assurnasirpal II lui fit bâtir un temple. Les Babyloniens lui avaient aussi consacré un temple que rebâtit Nabopolassar, l'é.hur.sag~.ti(l).la = Maison qui extermine les montagnes, référence à ses exploits dans l'épopée de "Ninurta et les pierres". Un hymne non daté, mais remontant au plus tôt à l'époque babylonienne, marque une tendance vers un syncrétisme monothéisant dans lequel le dieu guerrier est exalté au détriment de l'assemblée des dieux, chacun des dieux du panthéon devenant un organe ou une partie du corps de Ninurta : "son visage est le soleil, ses yeux sont Enlil et Ninlil, les pupilles de ses yeux les déesses Gula et Bêlet-ili, leurs iris Sîn et Shamash, la forme de sa bouche est Ishtar céleste, ses lèvres et sa parole sont Anu et Antu, sa langue est Pabilsag". "Le Retour de Ninurta à Nippur" : Selon son incipit, le poème était appelé "An-gim dim-ma" (= "Créé comme An"). Ce poème sumérien de 209 vers a été traduit en akkadien et a servi pendant des siècles comme modèle d'école. Il commence par quelques vers le glorifiant, puis il rappelle ses exploits narrés dans Lugal.e. Après ses victoires, il monte sur son char (décrit en détail) et rentre à Nippur. Nusku, le page d'Enlil, vient à sa rencontre pour le conduire à l'Ekur, le temple d'Enlil, où il dépose son butin : bovins, dépouilles des villes mises à sac. Le dieu se livre ensuite à sa propre exaltation (pendant 40 doubles vers), puis il se fait confirmer sa prépondérance par son père, Enlil. Ainsi Ninurta partage-t-il le temple avec son père, conclusion justifiée par l'ensemble du poème :« C'est ainsi que le Preux au mérite éclatant, Ninurta fils d'Enlil, a installé sa grandeur dans le sanctuaire d'Enlil " . "Ninurta et la tortue" ou "la Tentation et la Punition de Ninurta victorieux" (Bottéro). Il s'agit d'un fragment de texte trouvé dans les fouilles d'Ur. Dans l'orgueil de sa victoire, Ninurta avait manifesté son ambition de prendre la place d'Enki à la tête des dieux. Ce dernier, pour le punir et lui manifester sa puissance, modèle une tortue à laquelle il donne vie. L'animal saisit Ninurta par la cheville lorsqu'il vient à la porte du sanctuaire d'Enki et, creusant une fosse, il y rejette de la terre pour l'ensevelir. Enki fait alors ressortir aux yeux de Ninurta ses prétentions et sa faiblesse, et déclare qu'il a voulu l'humilier pour lui montrer qui était vraiment le maître.


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Palestine

Ce nom issu de celui des Philistins, population venant sans doute de Crête et établie dans l'ouest de la Palestine au XII s.av., n'apparaît que chez les auteurs grecs et n'est donné aux territoires comprenant les côtes palestiniennes (ancienne Philistie), la Judée (ancien royaume de Juda avec Jérusalem pour capitale) et la partie nord de l'actuel Etat d'Israël (Samarie et Galilée constituant le royaume d'Israél de la première moitié du 1er mill.) qu'à l'époque romaine. Cependant, on trouve la forme Palashtu en assyrien pour désigner la Philistie dans la stèle dite de Saba'a, inscription d'Adad-Nirârî III datée de - 803 . Voir aussi Canaan.


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Palmyre

Cité du désert de Syrie. On ignore l'étymologie de son nom indigène, Tadmor. Palmyra est le nom que lui ont donné les Romains, à cause des palmiers de l'oasis. On ne sait à quelle époque remonte la fondation de la ville. La découverte de céramique du BA (v. - 2200) sous la cour du temple de Bêl n'est pas significative. Tadmor est mentionnée dans les tablettes cappadociennes de Kanesh, dans les textes de Mariet d'Émar. Au Xl s., dans plusieurs inscriptions, le roi d'Assyrie Teglath-phalazar se vante d'avoir vaincu Tadmor d'Amurru et Anat de Suhi. La ville n'entre réellement dans l'histoire qu'à partir de l'époque grecque avec les Séleucides et surtout sous la domination romaine. En 212, à la suite de l'édit de l'empereur Caracalla (211-217) elle devient colonie romaine. Pour se défendre contre l'agressivité du nouvel Empire perse des Sassanides, les Romains nomment gouverneur de Syrie-Phénicie le chef d'une éminente famille arabe de Palmyre, Odenat, en 258. À la suite de deux campagnes victorieuses contre les Perses, en 262 et 267, Odenat prend le titre de Roi des rois. Il est assassiné peu après. Sa veuve, Zénobie, s'arroge le pouvoir au nom de son fils mineur Wahballat. Elle profite des faiblesses de l'Empire romain, déchiré entre les prétendants au trône, pour faire occuper par ses armées l'Égypte et l'Asie Mineure, se constituant un fugace empire. Mais bientôt Rome est gouvernee par un empereur énergique, Aurélien. À la tête de ses légions, ce dernier n'a pas de mal à vaincre les armées de Palmyre. Il prend la ville (272), la met à sac et emmène Zénobie captive à Rome. Désormais, Palmyre ne sera plus qu'une bourgade, où Dioclétien installe une légion vers 300. Au VIe s., Justinien renforce ses anciens remparts, ce qui ne lui évite pas d'être prise en 634 par les musulmans. La richesse de Palmyre lui vint de sa situation géographique, à un noeud de routes. Par ce port du désert (Portus était le nom latin des postes de douane) passait la route de la soie, depuis la Chine, et les richesses du golfe Arabique, perles, or, épices de l'Inde, qui transitaient par le port parthe de Charax. La classe dominante de marchands et de caravaniers établie dans la cité s'est ainsi prodigieusement enrichie, ce qui a permis l'érection des magnifiques monuments dont il nous reste quelques ruines dans les colonnades de la voie principale qui traverse la ville de part en part : le théâtre, les temples de Bêl, de Nabû et de Baal shamîn. LANGUE ET RELIGION : La langue de Palmyre est un araméen très proche de celui dans lequel sont rédigés certains textes bibliques. De très nombreuses inscriptions ont été recueillies au cours des fouilles, rédigées pour la plupart d'entre elles en araméen et en grec. Ces inscriptions permettent de voir que la majorité de la population était d'origine arabe. La plus importante est la "Loi fiscale" rédigée en double version, araméen et grec. Promulguée par le sénat de Palmyre en 137 de notre ère, elle fixe les taxes sur tout ce qui concerne le commerce de la cité : 12 deniers pour un esclave vendu dans la ville et non exporté, autant pour l'exportation de chaque esclave, 3 deniers pour une sortie de chameau chargé de matières sèches, mais 25 pour la rentrée d'un chameau chargé d'alabastres (vases en albâtre) pleins d'huile aromatique... Parmi les taxes les plus élevées, on peut citer celles qui concernent les prostituées :"[...] le publicain (percepteur romain de l'impôt) percevra des prostituées : de celle qui prend un denier ou plus : un denier par femme ; de celle qui prend huit as, il percevra huit as ». Les autres inscriptions sont honorifiques, funéraires et religieuses. C'est en particulier grâce à ces dernières que l'on connaît un certain nombre de divinités du panthéon palmyrénien : Allat, Azizu, Gad, Bêl, Arsou, souvent nommé en compagnie d'Azizu, «dieu bon» d'origine arabe; shai' al-Qaum, autre divinité arabe, « dieu bon et rémunérateur qui ne boit pas de vin» Malakbel, considéré comme le serviteur de Bêl, une sorte de messager des dieux, divinité de caractère solaire ; Yarhibôl et Aglibôl, difficilement dissociables, représentés ensemble, le premier la tête radiée, le second avec un croissant de lune sur les épaules, souvent en compagnie d'un troisième personnage identifié soit à Bêl, soit à Malakbel, pour constituer une triade; shamat, grand dieu babylonien dont le nom désigne l'astre du jour et dont on retrouve le culte chez les Cananéens et les Araméens; Nabû, autre divinité babylonienne ; Nanaï, dont l'origine doit se chercher dans la Sumérienne Nana (ou Nanaya ?) Baal shamin, Atargartis.


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Phéniciens

Population de langue sémitique établie sur les côtes de la Méditerranée orientale. Le nom de Phénicie a été donné par les Grecs au 1er millénaire, en particulier aux habitants de Tyr et de Sidon, lesquels se disaient cananéens. Aussi, par une excessive rigueur scientifique, s'abstient-on de donner le nom de Phéniciens aux ancêtres directs de cette population, lesquels vivaient à l'époque du bronze, soit avant -1200 / -1000. Les Phéniciens appartiennent au groupe ethnique des Cananéens , mais, installés dans une étroite bande territoriale entre le mont Liban et la Méditerranée, ils se sont naturellement trouvé une vocation de marins et de marchands. Byblos excepté, les villes protophéniciennes de l'âge du bronze restent très mal connues, dans la mesure où l'intégration d'Ugarit dans le groupe cananéen reste discutable, bien que ce soit plus une question de nuances dialectales que de différences réellement fondamentales dans le langage. Les Phéniciens n'acquièrent une véritable maîtrise de la mer qu'au tout début de l'âge du fer, après la chute des grandes thalassocraties qu'établirent les Minoens, les Mycéniens et les Chypriotes. C'est aux alentours de -1200 que les Tyriens se lancent dans l'exploration des côtes méridionales de la Méditerranée et de ses îles : Chypre, depuis longtemps en étroites relations avec les cités maritimes du Proche-Orient, mais où les Phéniciens installent à leur tour des comptoirs, Malte, la Sicile, le sud de la Sardaigne, les îles Baléares. Les Sidoniens, de leur côté, avaient acquis auprès des Grecs une réputation de pirates, si l'on en juge par l'Odyssée, et il est bien possible qu'ils se soient réservé les relations plus ou moins pacifiques et commerciales avec les îles de la mer Egée et les rivages grecs. Byblos, Arwad, Beryte (Beirout), Sarafand (la Sarapta de l'époque grecque) ont participé dans une moindre mesure à ces expéditions de caractère commercial (les flottes phéniciennes allaient surtout se ravitailler en cuivre et en étain, en or et en argent) qui vont apporter l'opulence à des cités qui n'avaient guère d'arrière-pays pour y développer une agriculture suffisante à la survie de leurs habitants. Ces villes avaient chacune leur roi et sont restées indépendantes pendant plusieurs siècles avant de devenir les tributaires des Assyriens, des Babyloniens et surtout des Perses. Les inscriptions phéniciennes, unies aux sources égyptiennes, assyriennes, bibliques et grecques, ont permis de restituer des listes dynastiques plus ou moins complètes pour Byblos, Sidon et Tyr, entre -1050 et -340 pour Byblos, avec ZakarBaal et 'Ayyin'el, entre -1000 et -350 pour Tyr, avec 'AdiBaal et 'Ozimilk, entre -880 et -343 pour Sidon, avec 'ItoBaal Ier et Straton Il. À partir du règne d'Assurnasirpal II dans le deuxième quart du IXè s., les Phéniciens, notamment, sont visés par les campagnes miliaires des Assyriens. Ils paient un premier tribut à Assurnasirpal, consistant en or, argent, étain, cuivre, vêtements de lin, ébène, ivoire, grands et petits singes . Les Assyriens, à la suite des campagnes de ce dernier roi, ayant pris la mesure de la faiblesse des princes syriens et phéniciens, ne cesseront plus de conduire des campagnes dans ces régions d'où ils rapportent chaque fois un riche butin. A la suite d'un traité passé entre le roi de Tyr, Baal, et Assarhaddon (vers - 680), les Assyriens installent un résident permanent dans le port de Tyr pour surveiller le trafic maritime et prélever des taxes à leur profit . Cette capitulation de Tyr était le résultat des campagnes de Sennachérib, qui avait défait les armées phéniciennes, détruit Sidon et bloqué Tyr par un siège en règle. La chute de l'Assyrie, en -612, ménagEa un court répit aux villes de Syrie et de Phénicie, mais, moins de deux décennies plus tard, Nabuchodonosor imposait sa domination et plaçait à son tour des agents dans les cités tributaires de Syrie et de Phénicie pour percevoir le tribut. Intégrée dans l'Empire achéménide, la Phénicie, quoique conservant encore des rois tributaires, fit partie de la cinquième satrapie, dont la capitale fut établie à Sidon. Englobée ensuite dans l'Empire d'Alexandre, la Phénicie perdit définitivement son indépendance. Marins habiles et aventureux, les Phéniciens se sont aussi révélés d'excellents artisans. On leur doit l'invention du verre soufflé, en particulier, et ils ont produit une belle orfèvrerie, marquée par les influences égyptiennes et syriennes. L'industrie de la pourpre, à partir du murex, leur a permis de pratiquer un monopole du commerce des tissus teints avec cette technique. Ce sont sans doute les nécessités du commerce, qui constituait leurs ressources économiques essentielles, qui les ont conduits à l'invention de l'alphabet et qui ont permis à leur langue de se répandre aussi bien dans les pays riverains de la Méditerranée orientale que dans les lointaines terres du monde occidental, où ils ont fondé leurs comptoirs. Des inscriptions retrouvées en Anatolie orientale, à Karatépé, à Zincirli et sur le Djebel Ires Dagh laissent supposer que le phénicien s'était imposé dans cette région comme langue internationale entre le IXè et le VIlè s. Le phénicien fait partie du groupe des langues sémitiques du Nord-Ouest, avec l'hébreu, dont il est très proche, et le moabite (voir Moab). En se fondant sur l'évolution de la langue des quelques inscriptions dont on dispose, les linguistes ont divisé les périodes de la langue en: phénicien ancien, avec des inscriptions comme celle d'Ahiram (de -1100 -1000 à 800); phénicien moyen ( - 800 - 500), qui inclut l'inscription de la tombe d'Eshmunazor; phénicien récent ou tardif, du Vè s. au début de notre ère; punique (phénicien dialectal de Carthage), du Vè s. (Carthage a été fondée selon la tradition à la fin du IXè s. mais les premières inscriptions sont bien plus tardives) à 146, date de la destruction de Carthage par Scipion Emilien ; et néopunique, de 146 au VIe s. de notre ère.


Puduhepa

Reine hittite, épouse d'Hattusili III. C'est la reine du POA sur qui nous possédons la plus importante documentation. Son nom, écrit en cunéiformes syllabiques fPu-du-he/hi-pa et en cunéiforme alphabé­tique d'Ugarit Pdgb, lu Pudugiba(t), est un théophore hurrite fondé sur le nom de la déesse Hépat, dont l'élément prédicatif "pudu" revêt un sens que nous ignorons. Elle est née aux environs de -1300, soit à Lawazantiya, soit à Kummani (Comana de l'époque grecque), dans le Kizzuwatna. Son père, Bentipsharri, était prêtre de la déesse Ishtar à Lawazantiya. Il est possible que la ville ait été la capitale du Kizzuwatna et que Bentipsharri ait été le seigneur de cette ville. C'est là que Puduhepa rencontra Hattusili (futur Hattusili III), frère de Muwatalli, alors roi des Hittites, lors de son passage dans cette ville à la suite de la bataille de Qadesh contre les Égyptiens de Ramsès Il. Amour soudain ou intérêt politique, le prince hittite rencontra la jeune fille, qui devait avoir au plus une quinzaine d'années, et bientôt fut célébré leur mariage, "oeuvre de la divinité". Peu après, Hattusili était nommé par son frère Muwatalli roi de Khapish (Hapis), de sorte que la jeune épousée reçut le titre de reine. Lorsque, à la suite du "coup d'État" qui va le porter au pouvoir, Hattusili devint le Grand Roi des Hittites, installé à Hattusa, Puduhepa reçut une titulature semblable à celle de son époux. On connait l'importance des reines en pays hittite, mais il semble que la situation de Puduhepa ait été exceptionnelle : elle appose son sceau sur tous les documents officiels, à côté de celui d'Hattusili, y compris sur le célèbre traité de paix entre les Hittites et Ramsès Il; on ne connaît qu'un seul document signé de ce roi qui ne porte pas la signature de la reine. Et lorsque la chancellerie égyptienne écrit à Hattusili, une lettre identique est adressée à la reine. Le couple royal eut plusieurs enfants: Tudhaliya (IV), l'aîné, successeur d'Hattusili, Nerikkaili, fils cadet marié à une fille du roi d'Amurru, Benteshin une fille qui épousa ce dernier souverain; une cadette donnée pour épouse à Ramsès Il et seulement connue de son nom égyptien, Maât­Hor-néférou-Rê. Après la mort du roi, bien que son fils aîné soit monté sur le trône, Puduhepa continua d'exercer le pouvoir comme semblent le prouver un document d'Ugarit qui ne porte que le sceau de la reine et une lettre écrite par elle en ugaritique et adressée à Niqmadu d'Ugarit. Il semble que Puduhepa ait vécu longtemps, plus de 80 ans. Sans doute lettrée, elle est l'auteur de prières et de lettres qui sont parvenues jusqu'à nous. Les plus célèbres de ces documents sont une prière à la déesse-soleil d'Arinna et sa prière à la déesse Lelwani, au cours de laquelle elle formule un voeu pour la santé de son époux et dont on possède plusieurs versions différentes plus ou moins incomplètes : «Paroles de Puduhepa, grande reine, reine du pays hittite, fille de Kummani ; à Lelwani, ma Dame, en faveur de la santé de la personne de "Mon Soleil", j'ai fait ce voeu: ô déesse, ma Dame, si par de longues années tu gardes "Mon Soleil" en vie et en santé, devant toi, déesse, au cours de ces années il se rendra; et à toi, déesse, annuellement... des années d'argent et des années d'or, des mois d'argent et d'or, des jours d'argent et d'or, des bols d'argent et d'or, une effigie en or de "Mon Soleil", de Hattusili". Il nous reste aussi d'elle une représentation sur le relief très estompé de Fraktin, où elle fait une libation à la déesse Hépat tandis que son époux la fait au dieu de l'Orage.


Saba

État du Yémen antique. Le Saba a été popularisé grâce au texte du second livre biblique des Rois, narrant la visite de la reine de Saba au roi Salomon, une reine qui n'est pas nommée dans le texte biblique mais que les Arabes ont ensuite appelée Bilqis (ou Balqis) et les Abyssins, Makéda. Cet épisode, pris au sérieux par certains auteurs, qui ont voulu voir dans cette "visite" une relation provoquée par le roi d'Israèl avant d'expédier ses flottes vers l'Ophir, afin de nouer une alliance avec le peuple maître de l'Arabie du Sud et susceptible de contrôler la navigation dans l'étroit passage du Bab el-Mandab, semble plutôt être une invention du rédacteur du livre au VIe s. (3 à 4 siècles après Salomon) en vue d'exalter la gloire et la puissance de son héros. Le Saba semble avoir été constitué par un groupe de tribus fédérées autour de la ville destinée à devenir la capitale du royaume, Marib. L'établissement de la chronologie du Saba se heurte encore à quelques difficultés (voir Yémen), mais certains rapprochements, s'ils ne sont pas établis avec certitude restent suffisamment plausibles pour pouvoir être adoptés ici. Les plus anciennes inscriptions sabéennes citent deux cheikhs portant le titre de mukarrib : Yathî'amar Bayân, fils de Sumu-alî, et Karib'il Watar, fils de Dhamar'alî. Il est possible que le premier ait associé le second au pouvoir tout en conservant une préséance. Le premier de ces souverains a pu être assimilé à It'amara le Sabéen des AnnaIes de Sargon, qui aurait payé un tribut avec Samsi, "reine des Arabes", la septième année du règne du roi assyrien, soit en -716 / - 715 . Pareillement, Karib'îl ne serait autre que Karibi-ilu, roi de Saba, d'une inscription assyrienne datée des environs de - 689, qui aurait donné des pierres rares et des épices lors des fêtes de la fondation du temple du Nouvel An sous le règne de Sennachérib . Karib'îl a fait graver deux grandes inscriptions dans l'enceinte du temple d'Almaqah à Sirwah, grâce à quoi nous savons qu'il a conduit huit campagnes victorieuses qui l'ont rendu maître d'une grande partie du Yémen, ce qui n'alla pas sans destruction de villes, incendies et massacres en abondance. Ce règne ne fut pas uniquement consacré à une extension politique par la violence. Ce grand mukarrib fortifia des villes, installa des colons dans celles qu'il avait détruites pour les repeupler, fit irriguer de nouvelles terres, construisit des sanctuaires, favorisa l'artisanat. Le règne de ce roi, considéré comme le fondateur de l'Empire sabéen, se serait étendu sur près d'un demi-siècle. L'empire ne tarda pas à se lézarder ; moins d'un siècle plus tard, le Qataban, ancien allié de Saba devenu son rival, va lentement rogner ses territoires, pour finalement devenir dès le IIIè s. l'Etat dominant du Yémen. Le Saba subsiste néanmoins autour de Marib, et c'est en particulier ce royaume qui sera visé par l'expédition romaine d'Aelius Gallus, au 1er s (voir Yémen). C'est sans doute à la suite du contrecoup de cette invasion que le Saba va être uni aux rois de la tribu triomphante d'Himyar, lesquels prennent le titre de "roi de Saba et de dhû-Raydân" (ce qui signifie "de Raydan", ce dernier nom étant celui de la forteresse de Zafâr, d'où les cheikhs himyarites sont partis pour imposer leur domination). L'histoire du Saba va désormais être liée à celle des Himyarîtes, soit en tant qu'associés, soit comme rivaux, jusqu'à son absorption définitive dans le royaume himyarite au IIIe s. de notre ère.


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Sargon II

Roi d'Assyrie(- 721 -705). . Il était fils de Tiglatphalazar III (- 744 - 727) et frère, ou demi-frère, de Salmanazar V (-726 - 722). Après ce qu'on a pu appeler une éclipse depuis le règne d'Adad-nîrâri III, Tiglatphalazar III avait renoué avec une politique d'expansion qui avait rendu à l'Assyrie une partie de la puissance qu'elle avait acquise, en particulier sous le règne d'Assurnasirpal II. Sargon hérita de cet état de fait et il consolida ces conquêtes en les étendant, s'imposant comme le nouveau fondateur de l'Empire assyrien. On ne sait que peu de chose de son prédécesseur, Salmanazar V qui ne régna que peu de temps. C'est cependant lui qui mit le siège devant Samarie, capitale du royaume d'Israèl, dont la gloire de la chute revint finalement à Sargon. On ne sait réellement ni comment est mort Salmanazar ni comment Sargon a pris le pouvoir. Il est possible que ce soit à la suite d'un coup de force lors de la mort de son frère, peut-être victime d'un attentat. C'est cette usurpation du trône qui aurait été en partie la cause des troubles internes qui secouèrent les débuts de son règne, troubles dont profitèrent, le roi de Hamat Ilu-bi'di, àl'ouest, pour constituer, sous l'égide des Égyptiens, une coalition contre l'Assyrie, et, au sud, Mérodoch-Baladan pour se faire couronner à Babylone. A l'intérieur du royaume, les habitants s'étant révoltés, Sargon Il dut composer avec eux et les libérer par décret des taxes et corvées auxquelles les avait astreints Salmanazar V selon ce qu'a assuré le roi. Sargon Il réagit avec cette énergie et cette promptitude qui caractérisent les grands souverains Assyriens. Il vainquit le roi de Hamat, déporta les familles de Samarie, laquelle fut repeuplée par des Arabes (?) et des Mésopotamiens, rétablit l'ordre à l'intérieur du royaume. Ses annales révèlent que chaque année au cours des treize premières années de son règne de 16 ans, il dirigEa des campagnes militaires : an 1, campagne contre Israèl et raid en Babylonie (où il a essuyé un échec) ; an 2, contre Hamat et les Syriens révoltés ; an 3, contre les Manéens, dont il dévaste, détruit, brûle les villes ; an 4, contre Kiakki, roi de shinuhtu an 5 contre Karkémish; an 6 première campagne contre l'Urartu ; an 7, deuxième campagne contre le roi Rusa d'Urartu ; an 8, troisième campagne contre l'Urartu (cette huitième campagne est connue dans les détails par une longue lettre sur une tablette du Louvre, datée de -714; an 9, contre les Mèdes et les gens des montagnes du haut Euphrate; an 10, contre Tarhunazi de Melid; an 11, contre les rebelles dans le Gurgum et à Ashdod; an 12, contre Marduk-apal-îddina (Mérodoch-baladan) à Babylone; an 13, campagne pour soumettre les tribus araméennes installées en Babylonie, au cours de laquelle il reprend la ville abandonnée par son souverain, qui se réfugie dans les marais du Bit Yakin (voir Chaldée) ; Babylone reconquise, il s'y fait couronner (il touche la main de Bêl-Marduk) pour rétablir la double monarchie d'Assur et de Babylone à son profit. Ces campagnes sans cesse renouvelées, qui vont établir un puissant empire, n'empêchent pas Sargon d'avoir une activité de bâtisseur. Il abandonna les anciennes capitales pour se faire édifier une grande ville fortifiée qui prit son nom : Dur-sharrukin. L'énormité de cette ville construite en une dizaine d'années révèle la puissance économique du souverain qui en a été l'instigateur. Les archives assyriennes ont rendu environ 1 300 lettres de la chancellerie royale envoyées ou reçues de toutes les provinces de l'empire, qui nous font connaître de nombreux détails de la politique royale. La dernière campagne que Sargon conduisit en -705 contre Tabal lui fut fatale. La Chonique éponymique relate l'événement d'une manière laconique : "Pendant l'éponymie de Naskhur-Bêl, gouverneur d'Amédi, le roi [marcha sur Tabal (?)] face à Gurfi, le Kulumméen, [...]le roi fut tué; le camp du roi d'Assyrie fut pris [...] Au mois d'Ab, le 12e jour, Sennachérib [s'assit] sur [le trône]"


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shamshi-Adad

(nom aussi transcrit Samsi-Addu). Cinq rois Assyriens ont porté ce nom. Le seul qui ait eu une action importante est le premier du nom. shamshi-Adad 1er ( - 1807 - 1776) était fils d'un obscur prince d'un clan benjaminite, Ilâ-Kabkabû (ou Igur-Kabkabu sur une brique d'Assur). Il résida un moment à Babylone, nous apprend la Liste royale assyrienne, au temps de Naram-Sin (il s'agit du roi d'Assyrîe). On ne sait précisément comment il s'empara de la forteresse d'Ekallâtum, qui commandait une région à l'est du Tigre. Il y conforta sa puissance pendant trois ans, puis il marcha sur Assur et s'empara du trône d'Erishum. Cependant, il établit le centre de son administration à shubat-Enlil (Tell Leilan), mieux placée pour surveiller le haut Euphrate, qu'il venait de soumettre. Maître de Mari, il y établit comme gouverneur son fils Iasmakh-Addu tandis que son autre fils, destiné à lui succéder, Ishme-Dagan, installé à Ékallâtum, reçut le gouvernement des provinces orientales. Il fut le premier roi assyrien à se parer des titres (repris au roi d'Ur III Amar-suen) de "roi de l'univers" (shar kishshati = "roi de la totalité [du pays]") et de "roi puissant" (sharru dannu). Vers l'est, l'empire qu'il s'était ainsi créé s'étendait jusqu'aux montagnes du Kurdistan et au Zagros, comme en témoignent les tablettes trouvées à shemshara, et, à l'ouest, il contrôlait les routes conduisant en Cappadoce, où les marchands Assyriens purent reprendre leurs tractations commerciales. Les archives royales de Marinous ont rendu toute une correspondance entre Iasmakh-Addu, son frère, son père et divers personnages, souvent royaux, tels Hammurabi, le roi de Qatna ou celui de Karkémish. Elles sont riches en détails qui éclairent la vie et les relations humaines à cette époque et témoignent de relations fraternelles, telle cette lettre d'Aplakhanda, roi de Karkémish, qui commence ainsi : "A Iasmakh-Addu dis ceci ainsi (parle) Aplakhanda, ton frère. Par ce courrier, je t'envoie de l'excellent vin; bois[-en]. Je t'envoie en même temps des vivres de Karkémish - manges-en - [...] en même temps un bracelet de fer (?) [...] en même temps un pagne et [...] un vêtement SAGADU [...] En outre, au sujet de n'importe quelle chose, écris-moi régulièrement" . Dans cette même lettre, il apparaît qu'Aplakhanda est réellement le frère d'Iasmakh-Addu, car il appelle shamshi­Adad «mon père : Samshi (shi)-(il)Addu a-bi-a. Son fils et successeur Ishme-Dagan (-1776 - 1742) tint en main la situation de l'empire pendant tout son règne, mais à sa mort succéda une ère d'anarchie qui fit perdre à l'Assyrie tout ce que son premier grand roi conquérant lui avait acquis.


shiukh Faouqâni

(Tell) : Site syrien de la haute vallée de l'Euphrate, à peu de distance de Karkémish. Ce qui fait l'intérêt de ce site, dont l'exploration a débuté en 1995 et qui risque d'être condamné à disparaître sous la mise en eau du grand barrage que les Syriens construisent sur l'Euphrate, c'est la trouvaille de tablettes (150 env.) en akkadien, mais aussi en araméen. Quelques-unes portent des textes en cunéiformes et en alphabet araméen. Il s'agit d'archives privées qui devaient être conservées dans une jarre, dans une maison qui fut incendiée au VIle s. Les tablettes cunéiformes permettent de dater entre -676 et -648 leur rédaction. La rareté des textes araméens conservés de cette époque, quelques dizaines au total, rend précieuse cette trouvaille, d'autant plus qu'une douzaine de tablettes portent des traces de lettres araméennes peintes, ce qui est exceptionnel. Il s'agit, pour nombre d'entre elles, d'étiquettes attachées à des jarres, de contrats commerciaux et de notes comptables. Les textes ont permis d'identifier le propriétaire de la demeure, un riche homme d'affaires nommé Se-Usni, et le nom que portait le tell de shiuk Faouqâni dans l'Antiquité le toponyme est marqué sur une tablette par les consonnes BRMRN. Il ne peut s'agir que de la ville de Burmarina, connue par les annales assyriennes. Dans l'inscription (" Monolith Inscription " du BM) concernant sa campagne syrienne de -856 (an 1 de son règne), Salmanazar III rapporte qu'il marcha contre Til Barsip», la cité royale d'Akhuni de la maison d'Adini ("Bit Adini"), qu'il défit et assiégEa ensuite dans sa cité où il s'était réfugié, puis il marcha sur Burmarina (Burmar'ana), ville appartenant à Akhuni, qu'il assiégEa et prit d'assaut avant de passer au fil de l'épée 300 combattants. Il érigEa ensuite devant ses murs une pyramide de têtes coupées . La ville survécut visiblement à ce massacre et fut intégrée dans l'Empire assyrien. Le mobilier exhumé (poids en basalte en forme de canard de 0,532 kg qui pourrait correspondre à "l'étalon de Karkémish", sceau sur lequel est figurée la chèvre-poisson associée à Enki, signes lunaires associés au Sîn d'Harran, marques de sceaux appartenant au répertoire néohittite...) témoigne de l'éclectisme culturel du propriétaire de la demeure, et aussi de sa richesse, à en juger par la finesse de la céramique recueillie.


shulgi

Roi d'Ur (-2094 - 2047), fils et successeur d'Ur-Nammu. Son nom signifie en sum. : "noble jouvenceau". S'il revient à son père d'avoir fondé la IIIe dynastie d'Ur et bien que celui-ci ait pris le titre de roi de Sumer et d'Akkad, c'est shulgi le véritable fondateur de l'empire d'Ur et l'organisateur de l'État. Ce n'est qu'a partir de la 24e année de son règne que shulgi entreprit des campagnes militaires qui portèrent son empire à son apogée: onze campagnes dans le nord, vers Arbèles, et les régions occupées par les barbares Lulubi, lui assurèrent la domination de cette région dont le gouvernement fut installé à Simurrum et qui fut protégée par un mur (bad mada), par une politique dosée de mariages dynastiques et de guerres, il ajouta à l'empire l'Anshan (qui devint un État vassal) du côté de l'Iran, où il pacifia les montagnards de la région, avec lesquels il constitua un corps de troupe. Mais ce qui marque surtout le règne de shulgi, ce sont les réformes qu'il réalisa et l'organisation administrative et économique de l'Etat. Piotr Steinkeller (1987/1991,16-17) a résumé ses principales réalisations : création d'une armée permanente réorganisation des biens et de la gestion du temple (d'Enlil et de Ninlil) création d'un système administratif unifié pour tout le royaume, introduction d'une nouvelle formule de taxation (hala) avec l'installation de centres de redistribution des biens (comme Drehem) création d'un énorme dispositif bureaucratique concernant plus particulièrement les écoles de scribes, où étaient formés les futurs fonctionnaires et l'instruction qui leur était dispensée réforme du système d'écriture adaptation de nouvelles manières d'enregistrer et d'archiver les tablettes, réorganisation du système des poids et mesures, introduction d'un nouveau calendrier officialisé dans tout l'empire. Le hala (= rotation) était un impôt touchant les plus riches citoyens : afin de faire circuler les biens, au lieu de payer chacun son impôt à une époque déterminée, par le système du hala les imposables se relayaient pour que l'impôt soit payé tout au long de l'année, en général sous la forme de gros et de petit bétail. Il convient d'ajouter à cela la création de ce qu'on a pu appeler un "complexe industriel" spécialisé dans la production d'articles manufacturés, dépendant du gouvernement central. Une telle centralisation accompagnée d'un contrôle de l'État si étroit est un phénomène unique dans l'histoire économique du POA. A l'instar de Naram-Sîn, shulgi s'est fait déifier, comme pour donner une assise divine à son pouvoir. Son nom apparaît écrit avec le déterminatif divin dans une inscription datée de l'an 21 de son règne. Parmi les hymnes qui lui ont été consacrés, l'un d'entre eux, intitulé le "Roi de la route", marque cette filiation divine "Moi, le roi, un héros (sorti) du ventre de sa mère, je suis, Moi, shulgi, homme puissant dès sa naissance, je suis, un lion au regard féroce né du dragon (usumgal) je suis, Roi des Quatre Régions je suis, pâtre, berger des Têtes noires (= "Sumériens") je suis, Le Fidèle, le dieu de tous les pays je suis, Le fils né de Ninsun je suis, L'appelé du coeur du saint An je suis, Le Béni par Enlil je suis, shulgi, l'aimé de Ninlil je suis, Le Loyal nourri par Nintu, je suis, doué de sagesse par Enki je suis, le roi puissant de Nanna je suis, la gueule ouverte du lion d'Utu je suis, shulgi choisi pour la matrice d'Inanna je suis, Âne princier tout équipé pour la route je suis, Cheval qui balance la queue sur la grande route je suis, Noble âne de Sumugan (c.à.d. shakan dieu des Animaux de la steppe) ardant à la course je suis, Sage Scribe de Nidaba je suis" . On connaît mal la famille du roi. Une inscription nous a livré le nom de sa femme, Geme-Su'ena (inscription d'un sceau: "Ô Geme-Su'ena, épouse de shulgi, le roi d'Ur, shû-Kûbum l'écuyer est ton serviteur". Selon une hypothèse de Piotr Michalowski (1977, 224), shulgi aurait été assassiné et aurait été enseveli dans le mausolée en forme d'hypogée (retrouvé à Ur par Woolley) avec deux concubines ou épouses secondaires, peut-être sacrifiées pour l'accompagner dans l'au-delà, Geme­Ninlila et shulgi-simti.


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Sumériens

Peuple qui, distinct par sa langue, contrôla au IIIème millénaire av. Jc le Sud de la Mésopotamie, près du Golfe Persique, et donna son nom à l'une des premières grandes civilisations historiques du Proche-Orient Ancien. Les anciennes traditions sumériennes conservaient le souvenir d'un "déluge" qui aurait anéanti l'Humanité à l'aube de son Histoire. En réalité, les fouilles archéologiques ont montré la réalité de plusieurs innondations de l'Euphrate, dont les plus catastrophiques se produisirent vers -2800 -2600, mais sur trois sites seulement : Ur, Kish et shuruppak - il s'agissait donc d'évènement purement locaux et non concomitants. Toujours est-il que l'on dressait des listes de rois avant et après le Déluge. C'est après le Déluge qu'on voit apparaître les noms des grandes cités sumériennes - Kish, Uruk, Umma, Lagash, Larsa, Ur-et les premières "dynasties", terme désormais consacré mais assez impropre, car la succession royale n'était pas toujours régulière. Les cités, qui aspiraient toutes à l'hégémonie, menèrent entre elles des guerres continuelles, aucune n'étant assez puissante pour imposer bien longtemps sa domination aux autres. Après l'apparition d'une dynastie de Kish, dont le dixième roi fut Enmébaragesi (vers - 2700), la période dynastique archaïque III (vers - 2600 - 2300 ) fut marquée par les souverains enterrés dans les "tombes royales" d'Ur, au mobilier funéraire riche en objets d'or et d'argent, auxquels succédèrent ceux de la première dynastie d'Ur, à partir de Mésannepadda, son fondateur, vers - 2560 - 2525. Au Nord d'Ur, à la même époque, régnaient les "ensi" de Lagash : l'un d'eux, Eannatum ( - 2455 -2425 ) , imposaz d'abord sa domination à la cité voisine d'Umma, commémora ce haut-fait par la célèbre "stèle des vautours", puis vainquit, entre autres, les Elamites, Ur et Mari. Mais après la mort d'Eannatum, les rois de Lagash furent détrônés par une famille sacerdotale, elle-même renversée par Uruinimgina (vers -2350 ); celui-ci, en dépit de son oeuvre réformatrice, ne put restaurer l'hégémonie de sa cité et fut vaincu par Lugal-zagesi, ensi d'Umma ( vers - 2340 - 2316), qui détruisit Lagash, s'empara d'Ur, d'Uruk et de Kish, étendit son autorité sur tout le pays de Sumer. Mais ce premier Empire Sumérien devait succomber rapidement sous les coups des Akkadiens, d'origine sémitique. Sargon l'Ancien ( vers - 2334 - 2279 ), après avoir renversé Lugal-zagesi, ( vers - 2345) , soumit toutes les cités de la Basse-Mésopotamie ; il aurait affirmé sa puissance en Elam, en Mésopotamie septentrionale, en Syrie, et peut-être jusqu'à la Méditerranée ( Chypre ?). Les Akkadiens assimilèrent la culture sumérienne ; ils adoptèrent les cunéiformes pour transcrire leur propre langue, qui resta après eux la langue courante en Mésopotamie. Miné par des révoltes incessantes, l'empire qu'avait fondé Sargon l'Ancien s'effondra après un siècle à peine d'existence, peu après - 2200, sous les coups de guerriers descendus des montagnes du Zagros, les Gutis. Ceux-ci, après avoir commis des destructions qui laissèrent un durable souvenir, regnèrent pendant près d'un siècle sur la Basse-Mésopotamie, en laissant aux cités sumériennes une assez grande liberté. Dès - 2145 environ, une véritable renaissance sumérienne commenca de s'épanouir à Lagash, sous le règne de Gudéa, qui, prenant le titre d'ensi, semble avoir été un véritable souverain indépendant, de même que son fils, Ur-Ningirsu. La ville jouissait à cette époque d'une prospérité sans égale. Les Sumériens, rétablissant un peu partout leur autonomie, atteignirent alors leur apogée : ce fut la brillante période de la IIIème dynastie d'Ur ( - 2113 - 2006). Son fondateur, Ur-Nammu ( - 2113 - 2095 ), grand bâtisseur, rétablit l'ordre en Sumer en mettant sur pied une administration efficace et en promulguant le plus ancien recueil de lois de Mésopotamie connu à ce jour; le successeur d'Ur-Nammu, shulgi, ( - 2095 - 2047), restaura l'empire, qui groupait Sumer, le pays d'Akkad, la Mésopotamie septentrionale et l'Elam, et prit, suivant l'exemple de l'Akkadien Naram-Sin, le titre de "roi des quatre régions du monde". Mais l'empire Sumérien se morcella ensuite rapidement sous la pression des Amorrites; pour finir, les Elamites, en - 2004, en détruisant la capitale et en capturant son roi Ibbi-Sîn, portèrent un coup fatal à la IIIème dynastie d'Ur. Après la chute de cette dernière, le pays se divisa en deux royaumes Amorrites avec la dynastie d'Isin au Nord et celle de Larsa au Sud, cependant qu'à Babylone, centre jusqu'alors peu important, s'affirmait à partir du XIXème siècle, une autre dynastie amorrite, conquérante. Le dernier roi de Larsa, Rim-Sîn, ne s'empare d'Isin (vers - 1794 ) que pour être vaincu à son tour, vers - 1763, par Hammurabi. Ce sont les Amorrites qui dominent désormais politiquement la Mésopotamie. Mais ils devaient recueillir, conserver et transmettre l'héritage de la civilisation sumérienne, comme le montrent la fidélité qu'ils consèrvèrent, pendant plus d'un millénaire et demi, à la langue sumérienne et l'inlassable travail de recopiage des textes sumériens par les scribes des temples et des palais dans tout le monde mésopotamien. L'Histoire, la pensée et l'Art ont, en Orient, leur Origine en Sumer.


Thamudéens

Peuple du nord de l'Arabie. Ils apparaissent dans l'histoire au VIlle s. dans les Annales de Sargon II d'Assyrie. Ils sont nommés avec d'autres tribus (Ibâdid[i], Marsimanu, Haiapâ) " Arabes habitant le désert qui ne connaissent ni chefs ni scribes (une administration élaborée) et qui n'ont jamais payé de tribut à aucun roi". Soumis, ils auraient été déportés à Samarie (Bit Omri), dans l'ancien royaume d'Israël, récemment conquis. Ils sont à nouveau mentionnés environ un siècle et demi plus tard dans une lettre de Nabonide (sous la forme Te-mu-da-a Ar-ba-a-a) qui demande à son correspondant, Nabû-akhkhê-iddina, de leur verser plusieurs talents d'argent. Au 1er s. de notre ère, Pline l'Ancien mentionne les Thamudaei, qu'il localise entre Domatha et Hegra, c'est-à-dire Al-Jawf et Médaïn Saleh, au nord du Hedjaz. C'est peut-être vers cette époque que les diverses tribus thamudéennes se regroupent pour constituer une sorte de fédération autour, semble-t-il, d'un temple à Rawwâfa, dans le nord du Hedjaz. Une inscription de ce temple, datée des environs de 168 de notre ère, nous fait connaître l'existence de ce "peuple des Thamudéens", représentés par les Anciens de chaque tribu, et réunis autour de ce temple consacré au dieu Ilaha. Selon le Coran (surates VII, 76-78, etXLI, 12-16), ils auraient disparu à la suite soit d'un tremblement de terre, soit d'un gigantesque ouragan accompagné de coups de foudre. Leur déclin et leur disparition doivent se situer entre 400 et 600 de notre ère. On leur attribue un certain nombre d'inscriptions recueillies dans le nord-ouest de l'Arabie, dans une langue voisine de l'arabe hedjazien (la langue du Coran). Ce dialecte, proche du safaïtique, se distingue de l'arabe par l'utilisation pour article défini du h-, différant en cela de l'arabe, qui utilise al-, et se rapprochant des langues sémitiques du Nord-Ouest.


Ugarit

Ville côtière de Syrie, act. Ras shamra (cap du Fenouil). Le site d'Ugarit, au nord de Lattaquié, est l'un des plus anciens du POA, occupé dès le néolithique ancien acéramique (ca. -6500). L'industrie du cuivre y fait son apparition au début du IVè milI. et, aux alentours de -3000, Ugarit est une cité déjà importante pourvue de fortifications, avec des ateliers de bronziers. Le début du IIe mill. marque un tournant de l'histoire de la ville avec l'arrivée de groupes nomades, des Amorrites, artisans spécialisés dans la fonte du bronze, appelés par le premier fouilleur, Claude Schaeffer, "porteurs de torques" (colliers rigides de bronze retrouvés en abondance dans les sépultures de cette population énigmatique). Cette période, appelée bronze moyen dans la littérature archéologique, voit un nouveau développement de la cité où est construit un vaste palais et où sont remaniées les fortifications. Après une période de déclin (ou d'abandon?) d'un demi-siècle, Ugarit entre réellement dans l'histoire au BR (XVIe s.) grâce à la découverte de nombreuses tablettes : administratives et économiques, documents privés, commerciaux, contrats, actes officiels, correspondances, listes de personnages et listes géographiques, rituels, textes concernant l'extispicine, omens, listes de divinités, lexiques, textes littéraires. Un grand nombre de ces textes sont rédigés dans la langue nationale, l'ugaritique. Dans la partie ouest de la ville, près d'une porte fortifiée des remparts, est construit un vaste palais en pierre, en bois et en pisé, de 10 000 m2, pourvu de huit portes, d'un grand jardin intérieur, d'une douzaine d'escaliers intérieurs en pierre conduisant à l'étage, d'une salle du trône, et d'un nombre considérable de salles dont certaines contenaient des archives. Le palais était, comme partout dans l'Orient ancien, le centre administratif du royaume, dont les frontières, mal déterminées, ont varié selon les époques. Mais ce petit royaume, quoique demeurant indépendant, devait composer avec les grandes puissances du moment : le Mitanni, l'Égypte, qui, vers la fin du XVe s., exerça sa domination sur la région, enfin les Hittites. Vers -1350, Suppiluliuma (vers -1370-1342) fit entrer Ugarit ainsi que de nombreuses cités du nord de la Syrie dans la sphère d'influence hittite. Cela n'empêcha pas la ville de conserver une indépendance dans l'alliance hittite et sous la protection de ses rois, et de prospérer grâce à son commerce maritime, en particulier avec le monde égéen. Ugarit apparaît ainsi comme une thalassocratie rivale des Mycéniens et préfigurant les grandes entreprises des Phéniciens de Tyr et Sidon . Les inscriptions ugaritiques, recoupées avec les textes Hittites et la correspondance d'Amarna, ont permis d'établir une liste des derniers rois d'Ugarit avec les dates approximatives de leurs règnes Amistamru Ier (vers -1360), Niqmadu II ( - 1360 - 1330), Arhalbu (- 1330 - 1324), Niqmépa (-1324 - 1274), Amistamru Il ( -1274 - 1240), Ibiranu (-1240-?), Niqmadu III (? - 1225), Ammurapi ( - 1225 - 1180). Vers - 1180, la ville est détruite, sans doute par les envahisseurs venus du monde égéen et d'Anatolie occidentale, connus par les textes égyptiens sous le nom de Peuples de la Mer. Ugarit disparaît alors de l'histoire, bien que des traces d'une réoccupa­tion très partielle soient attestées à l'époque perse (Ve - IVe s.). En revanche, le site voisin de Ras ibn Hani, à 5 km au sud-ouest de Ras shamra, sans doute un centre administratif comme le prouve la présence de deux "palais", après avoir subi la même destruction violente, a vu une partie de son palais sud réaménagée en habitations privées. Il s'agit peut-étre de l'installation de fractions de ces Peuples de la Mer, car on y a recueilli des tessons de style mycénien tardif, datés du XIIe s. TEXTES LITTÉRAIRES : Les tablettes recueillies lors des fouilles ont rendu à la lumière un nombre important de textes littéraires, dans l'ensemble des poèmes ou des épopées légendaires ou mythiques. Ils présentent le double intérêt de nous révéler tout un pan d'une littérature sémitique oubliée et, surtout, d'éclairer les textes de la Bible hébraïque d'un jour tout nouveau. Ils apportent une clé à certains textes ou termes bibliques énigmatiques (comme les "réphaïm"), tandis que leur disparition avec la destruction d'Ugarit, au début du XIIe s, oblige ceux qui considèrent que certains textes bibliques ont été rédigés à l'époque perse à revoir leurs positions et à faire remonter jusqu'au XIIIe s. plusieurs traditions recueillies et remodelées par les rédacteurs hébreux. Ces textes, ainsi qu'un certain nombre de tablettes de caractère non littéraire et mythologique, ont révélé une langue qui appartient au groupe sémitique du Nord-Ouest, proche de l'hébreu, grâce à quoi il a été possible de la lire sans les difficultés qu'a pu présenter le déchiffrement des hiéroglyphes ou des premières inscriptions cunéiformes assyriennes. Les scribes d'Ugarit ont adapté les syllabaires cunéiformes en signes alphabétiques, inventant ainsi le premier alphabet, que les Phéniciens populariseront en y adaptant des signes nouveaux permettant une écriture sur des supports légers comme le papyrus. Pour ces textes, voir : Baal, Danel, Kéret. Quelques courts poèmes n'ont pas été analysés dans ce dictionnaire. Ils sont transcrits et traduits dans Parker , sous les titres : "Baal père d'un taureau"; "Une naissance"; "le Désert"; "l'Assujettissement d'un monstre"; "la Fête divine dEl"; "les Rapiuma (Repim ou Réphaim); "la Naissance des dieux gracieux"; "le Mariage de Yarikh (la Lune) et Nikkal-(Ib); "la jument et Horon", un court fragment concernant Anat et son frère.


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Ur

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq, retrouvée dans le site du tell Muqayyar (ou Umgheîr). Un premier établissement fut fondé à l'époque d'El-Obeïd, vers la fin du Vè millénaire. C'était un village de huttes en roseaux et en pisé. Il fut submergé vers - 3900 à la suite d'une inondation exceptionnelle de l'Euphrate ou d'un déplacement du cours du fleuve qui laissa un niveau de limons stériles appelé par le fouilleur diluvium, par référence aux mythes du Déluge. De nouveaux établissements se succèdent pendant les époques d'Uruk et de Djemdet Nasr (entre -3900 et -2900). Les premiers siècles de l'histoire d'Ur, au DA, qui débute alors, restent à peine entrevus. La LRS donne Mésannépada, fils de Meskalamdug, roi de Kish comme fondateur de la 1re dynastie d'Ur, la troisième cité qui a pris la prédominance après le Déluge, à la suite de Kish et d'Uruk. On ne sait si ce Meskalamdug est le même personnage que celui dont on a retrouvé la sépulture dans le cimetière royal. Dans ce cimetière, situé au sud du temenos de Nanna(-Suen), les fouilleurs ont mis au jour 1 850 tombes dont les dates se situent entre - 2700 - 2600 et 2100. Parmi celles-ci, 16 sont considérées comme des tombes royales, hypothèse fondée sur la richesse du mobilier recueilli, le fait que les tombes étaient maçonnées et les titres (lugal pour les hommes, nin pour les femmes) accompagnant les noms de quelques-uns des personnages qui y étaient ensevelis. Le propriétaire de l'une d'entre elles (n0 1050), avec qui furent ensevelies une cinquantaine de personnes, Akalamdug, se déclare le fils de Meskalamdug. Il n'est pas non plus mentionné dans la LRS, mais il porte le titre de lugal, comme son père. On ne sait non plus quelles relations a pu réellement avoir Puabi, dont la tombe était l'une des plus riches du cimetière avec ces rois dont elle était à peu près contemporaine. Ce qui apparaît à l'évidence, c'est que ces personnages royaux, qui ont vecu aux XXVIIè s. et XXVIè s., ont été accompagnés dans leurs tombes par tout un personnel sacrifié pour continuer de les servir au cours de leur vie dans l'au-delà. À l'exception des quelques personnages cités ici, on ne connaît ni les noms ni la condition sociale des autres occupants des 1850 tombes. Il est possible, comme l'a suggéré Susan Pollock , que n'ait été enseveli là, à peu de distance du temenos, que le personnel du haut clergé du temple du dieu-lune et les dignitaires du palais. Cependant, Mésannipada, peut-être descendant ou parent des personnages royaux cités, ne semble pas avoir été inhumé dans ce cimetière, pas plus que son fils et successeur Aanépada. La LRS donne encore trois successeurs a Aanépada : Mes-kiag-Nanna, son fils, qui régna 36 ans, puis Élulu et Balulu, dont on ne connaît pas les liens de parenté et qui auraient régné respectivement 25 et 36 ans. La suprématie passa ensuite à la dynastie d'Awan, ce qui nous conduit aux environs de - 2400. La LRS cite une IIe dynastie d'Ur avec les noms incomplets de quatre rois qui auraient régné 116 ans. Si cette dynastie a existé, elle n'a pu réellement exercer une hégémonie ni, non plus, durer si longtemps, car vers -2340 Lugalzagési d'Umma, devenu roi d'Uruk et de Kish a soumis les villes de Sumer avant d'être lui-même renversé par Sargon d'Akkad, vers - 2334. Bien que l'histoire d'Ur à l'époque du DA reste à peu près inconnue, on sait que la ville était déjà devenue prospère, enrichie par le commerce que favorisait sa position sur le bas Euphrate, en communication directe avec les marchés de Dilmun, Magan et Mélukhkha. Elle était en même temps un aboutissement du commerce du golfe Persique et un port de transit des marchandises qui remontaient le fleuve jusqu'en Syrie. Son activité semble s'être ralentie pendant la période d'Akkad, bien que son prestige, et surtout celui de son temple de Nanna, fût déjà tel que Sargon établit sa fille Énhéduanna prêtresse du du sanctuaire. Ur va briller d'un dernier éclat avec la fondation de la IIIe dynastie, par Ur-Nammu, Son fils et successeur shulgi organise, consolide et étend encore l'empire d'Ur, qu'il conduit à son apogée. C'est sous les règnes de ces deux souverains que les monuments de la ville sont reconstruits, à commencer par les sanctuaires du temenos de Nanna et sa ziggurat. Ur-Nammu a commencé à entourer la ville d'une puissante muraille et à organiser ses deux ports, l'un à l'ouest, sur l'Euphrate, et l'autre au nord de la ville, sur un canal qui l'entourait en partie. C'est aussi lui qui a entrepris la construction de la ziggurat, appelée é.temen.ni.gùr.(ru) = "Maison, Fondement de la terrasse (ou Terrasse de fondation) revêtue de terreur", dont les bases, en partie reconstituées, subsistent encore et qu'acheva le fils de shulgi, Amar-Suen. Le temple lui-même, é.kis.nu.gàl, avait déjà été reconstruit par Naram-Sîn, et il fut sans doute remanié par Ur-Nammu. Une grande partie des 84 sanctuaires, chapelle et édifices de caractère cultuel recensés par A. R. George paraient déjà la ville ou ont été construits à cette époque. Amar-Suen ( - 2046 - 2038) ne régna que peu d'années mais il réussit à agrandir l'empire en y annexant une partie de l'Assyrie. shu-Suen ou shu-Sîn ( - 2037 - 2029), nom lu jadis Gimil-Sîn, succède à son frère Amarsuen. Il avait marié sa fille au fils du roi de Simanum, ville située vers l'Assyrie ; ce dernier avait été chassé de son trône, ce qui obligEa shu-Suen à intervenir; les rebelles furent déportés dans la région de Nippur, où l'on bâtit pour les loger une ville. Par ailleurs, la menace que les nomades Amorrites faisaient peser sur les frontières occidentales se précisent. C'est à cette époque que furent construits (ou achevés si shulgi en avait commencé la construction) le "mur des Amorrites" et un canal qui reliait le Tigre à l'Euphrate, canal qui aurait mesuré dans les 275 km. Deux femmes de la famille royale sont connues par un balbale , "Abi-Simti et Kubatum"; cette dernière était sans doute l'épouse de shu-Suen et Abî-simti celle d'Amar-Suen (plutôt que de shulgi, comme le pensait Falkenstein). À shu-Suen succède son fils (plutôt que son frère) Ibbi-Sîn ( - 2028 - 2004). À l'instar de shulgi, il utilisa la force militaire et les mariages diplomatiques, sans pour autant réussir à maintenir la cohésion de l'empire. Sous la pression sans cesse renouvelée des Amorrites, les fortifications qui défendaient la frontière de leur côté sont débordées et les nomades se répandent dans le pays. Ibbi-Sîn confie alors le commandement des provinces menacées à Ishbi-Erra tandis que lui-même marche contre l'Élam révolté. Il est vaincu et rentre en hâte à Ur, qu'il a fait plus encore fortifier. Profitant de la faiblesse de l'empire, de la famine qui sévit à la suite de la perte des provinces et de la destruction des récoltes, Ishbi-Erra se rendit alors indépendant dans Isin. En - 2007, puis de nouveau trois ans plus tard, les Elamites, alliés aux Amorrites et aux Su (un peuple barbare des montagnes encore inconnu, mais il s'agit peut-être simplement des gens de Suse), ravagent le Pays de Sumer et, finalement, prennent Ur et mettent à sac la vénérable capitale. Comme le laissent entendre les lamentations sur la destruction d'Ur, la ville ne tarda pas à renaître de ses cendres, mais elle avait perdu toute puissance politique : elle ne sera plus désormais qu'une ville sainte, la cité du dieu-lune, toujours dépendante de Babylone ou des Assyriens


Yémen

État moderne qui recouvre approximativement les territoires appelés par les auteurs classique Arabie Heureuse. Les hautes plaines du Yémen ont été occupées dès le paléolithique. Des foyers néolithiques ont été datés entre 6175 et 5635. Cependant, l'histoire des anciens Etats yéménites datent de la fin du IIe mill. et, plus sûrement, du VIlle s., avec les premières inscriptions du Saba. Les chronologies établies à partir des inscriptions (étudiées intrinsèquement et extrinsèquement) et de rapprochements avec le monde oriental et la civilisation grecque restent encore flottantes mais on a abandonné les chronologies longues, comme celle de Hommel, et les schémas sîmplificateurs, tel celui qui proposait les séquences suivantes : avant -1120, établissement du royaume de Ma'in, -1020 - 810, IIe dynastie minéenne; - 810 - 610, le Qataban renverse Ma'în avec l'aide de Saba ; - 610 - 370, renversement du Qataban par le Saba ; - 370 - 230, apogée du Saba; - 230 - 115, surgissement d'Awsan et rivalités à l'intérieur du Saba; - 115, début de l'ère sabéenne proprement dite . Christian Robin a proposé une division de l'histoire sud-arabique en deux périodes : celle des royaumes caravaniers (VIIIe-Ier s.), dominée par les tribus installées en bordure du désert, dont une principale activité est la récolte de résines aromatiques, encens et myrrhe principalement, et le transport de ces produits par, caravanes vers les grands marchés d'Egypte et du Levant; une seconde période, du 1er siècle de l'ère chrétienne au VIe s., dominée par les tribus des Hautes-Terres. Cette division correspond approximativement à celle que propose Andrey Korotayev, qui pose une première période ancienne celle des Mukarribs de Saba, suivie dans la seconde moitié du 1er mill. par la sous-période des rois traditionnels de Saba, laquelle se termine au 1er s. La période suivante (celle des tribus des Hautes-Terres de Robin), selon Korotayev, est celle des rois de Saba et de dhû­Raydân, qui se termine au IVe s. de notre ere. Korotayev ajoute une troisième période "monothéiste" qui recouvre l'époque des souverains convertis d'abord au judaîsme avec les rois d'Himyar puis au christianisme avec les Abyssins. Au cours de la première période, six royaumes issus de tribus entreprenantes vont s'affronter: Saba, Qataban, Ma'in, Himyar, le petit royaume d'Awsan et l'Hadramaout, le plus oriental, avec shabwa pour capitale. L'Hadramaout était le plus grand producteur d'encens, ce qui faisait la richesse de sa capitale, appelée Sabota par Pline , qui nous dit qu'elle enfermait dans ses murs soixante temples. Strabon, qui nous donne l'état de la région d'après diverses sources, dont une remontant au IIe s., cite uniquement les Minaei (Minéens), les Sabaei (Sabéens), les Kattabanéens (Qataban), les Khatra­môtitae (Hadramut). Il ajoute, ce qui n'est pas exact, que ces peuples forment un seul et même Etat monarchique. Ce qui est plus intéressant est ce qu'il rapporte ensuite à propos des capitales de ces royaumes : "Elles ont toutes les apparences de l'opulence et toutes sont ornées de temples et de palais magnifiques. Leurs maisons, par l'assemblage de la charpente, rappellent tout à fait les maisons égyptiennes". C'est par Strabon, qui nous donne encore de nombreux détails pleins d'intérêt , et par Pline, que nous connaissons l'expédition militaire en Arabie que commanda en 24 Aelius Gallus, le gouverneur de l'Egypte nommé par Octave-Auguste après l'annexion du royaume des Ptolémées. Plîne résume ainsi les résultats de cette expédition: "Gallus détruisit des villes qui n'avaient pas été nommées par les auteurs antérieurs, Négra, Amnestrum, Nesca, Magusa, Tammacum, Labécia et Mariaba nommée plus haut, de 6 000 pas de tour; il détruisit aussi Caripéta : ce fut la limite extrême de son expédition. Ces peuples parlaient des dialectes sémitiques qui variaient entre eux. Le sabéen, le plus proche de l'arabe, a pris une certaine extension lors de la formation de l'empire de Saba, tandis que les autres tribus utilisaient des dialectes plus proches du gheez, la langue des Abyssins, nommés ainsi d'après la tribu des Habesh, originaire du Yémen. Ces langues, connues par les inscriptions, ont utilisé un alphabet original issu de l'alphabet phénicien. Elles nous sont connues par de nombreuses inscriptions dépourvues en général de caractère littéraire. On ne peut cependant douter qu'il existait toute une tradition poétique orale, comparable à celle de l'Arabie des VIe et Vile s. de notre ère, qui nous a été conservée par les érudits musulmans. De cette littérature, il subsiste cependant un texte poétique, un hymne versifié du 1er s. de notre ère, gravé dans la pierre à Qâniya, site himyarîte à 150 km au sud-est de Sanaa . Les Yéménites ont créé une architecture orignale : maisons au murs de terre crépie s'élevant parfois à de grandes hauteurs, parallèlement à une architecture de pierre réservée en général à des temples comme ceux de Marib et de shabwa, à des demeures ou à des châteaux fortifiés (en tout cas pour leurs soubassements), aux remparts et aux bastions comme on le voit a shabwa ou encore à l' érection de barrages (voir : Aden).


Zimri-Lim

voir Mari.


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