39 définitions trouvées concernant "kish".
Choisir un autre thème du dictionnaire
Rechercher un terme particulier :  
Mot

Définition

Images

Anshar et Kishar

Divinités primordiales sumériennes dont est né le Dieu suprême, Anu. Leurs noms signifient "Totalité d'en-haut" et "Totalité d'en-bas".


3 Images

Kish

L'une des plus antiques villes de Sumer. Quelques-unes des plus anciennes inscriptions parvenues jusqu'à nous concernent Kish. Dans la LRS, après le Déluge, c'est à Kish que la royauté descendit une nouvelle fois du ciel. Vingt-trois rois se succèdent, régnant chacun plusieurs siècles (la LRS donne un total de 24 510 ans, 3 mois et 3 jours et demi (!), parmi lesquels est cité Étana le berger, "celui qui monta au ciel". Les deux derniers rois de cette dynastie furent En-me-barrage-si et son fils Agga. On a là le sentiment d'entrer dans l'histoire. Un fragment de vase en albâtre porte le nom de Mebaragesi, roi de Kish, qui semble bien être le même que l'Enmebaragesi de la liste royale, et Akka est devenu le héros d'une épopée. Avec lui se termine cette Ière dynastie de Kish. Uruk et ensuite Ur, enfin Awan, avant que Kish reprenne le sceptre avec sa IIe dynastie, vont à leur tour dominer Sumer, ce qui ne signifie pas une unification sous leurs rois, mais une prééminence parmi des villes qui demeurent cependant indépendantes, peut-être tributaires. Huit rois de Kish constituant la IIe dynastie règnent pendant 360 ans, avant d'être une fois encore renversés par les armes. Les inscriptions nous livrent cependant des noms de rois non mentionnés dans la LRS, qu'on situe entre - 2600 et - 2430; il s'agit d'abord d'Uhub, dont l'inscription nous apprend qu'il était fils de Pu-zuzu et qu'il vainquit Hamazi. Or Hamazi, cité dans la LRS, y est vainqueur de Kish et renversé par le roi d'Uruk En-shakush-Anna(k)... Plus important est Me-salim (vers - 2550 ?), qui a laissé plusieurs inscriptions à propos de la construction du temple de Ningirsu et du rite du burgu, qu'il a accompli. Il se dit "fils bien-aimé" de la déesse Ninhursag. Le dernier est Lugal-tar-si, connu pour avoir bâti l'enceinte du parvis du temple (?) d'Inanna. On connaît son épouse, Bara-su, et, dans une autre inscription il est dit prince d'Uruk. Il semblerait que, en réalité, comme plusieurs princes après lui, il se soit paré du titre de "roi de Kish" qui devint un titre prestigieux, impliquant une domination de Sumer et d'Akkad: ce fut en particulier le cas de Sargon, Rimush et Manishtushu. La IIIème dynastie de Kish, qu'on peut situer entre - 2450 et - 2350, aurait été fondée par Kubaba, une "femme-vin" (û-kurun-na), c'est-à-dire une cabaretière ( = taverne); il est dit à son propos que c'est "celle qui consolida les fondations de Kish " et qu'elle régna 100 ans... Si l'on en croit toujours la LRS, elle aurait été renversée par un seigneur d'Akashak, mais Puzur-Sîn, fils de Kubaba, rendit le pouvoir à Kish et le transmit à son fils Ur-zababa. Cette dernière dynastie de Kish fut finalement renversée par Lugalzagézi : on retombe alors en terrain ferme, à la veille de la prise du pouvoir par Sargon. Si prestigieux était devenu le nom de Kish que les rois suivants se parèrent du titre de roi de Kish, et l'on a pu parler d'un concept de "civilisation de Kish". Il convient de souligner que la cité, située au nord de Sumer, où Sargon vit monter son étoile et régna avant de fonder Akkad, n'était pas une ville purement sumérienne. À la frange de la partie nord de la Mésopotamie où l'on pénétrait dans le monde sémitique, Kish présentait déjà une civilisation originale où se confondaient les influences sumériennes et sémitiques, où était préfiguré le monde syncrétiste akkadien. Le site ou les sites (?) de Kish ont été retrouvés dans un ensemble de tells formant un tout gigantesque, dont les principaux sont : EI-Oheimir (ou El-Akhymer), El-Khazneh El-Bender et Ingharra. Les fouilles, restées très restreintes, il est vrai, sont décevantes dans la mesure où les découvertes ne paraissent pas à la hauteur de ce que fut une ville si prestigieuse. Des traces d'occupation au néolithique et durant l'Obeïdien ont été relevées, mais le plus ancien établissement bien attesté ne remonterait qu'à la fin du IVè mill. Les deux plus anciens bâtiments sont le palais A et le bâtiment appelé selon les briques utilisées pour sa construction "bâtiment plano-convexe" ou "palais B". Au nord de la ziggurat (dont l'un des noms était é.an.ûr.ki.tus.mah = Maison de l'horizon, demeure de l'exalté) et du temple qui lui était attaché (tell d'El­Oheimir) a été dégagé un grand bâtiment d'époque akkadienne dont la destination demeure incertaine. Les autres monuments de quelque importance sont d'époque néo-assyrienne et néo-babylonienne. Un important lot de tablettes a été recueilli dans le bâtiment appelé pour cette raison par le fouilleur " Bibliothèque du babylonien ancien". Les temples les plus importants de Kish (dont plusieurs consacrés à Zabada) étaient l'é.dub.ba (Maison de l'emmagasinage), dans lequel la déesse avait en outre des chapelles, l'é.hur.sag.kalam.ma (Maison de la montagne du pays), un temple d'Ishtar, et le temple de l'Akitu.


3 Images

Urkish

Voir Urkesh.


3 Images
Mot
Autres définitions mentionnant "kish"
Images

Agga

Dernier souverain de la dynastie de Kish. Selon la Liste Royale Sumérienne, il est le fils d'Enmebaragesi, et aurait régné 625 ans .


Anu

Dieu sumérien du Ciel, issu de l'union d'Anshar (ciel) et de Kishar (terre). Le premier temple dédié à Anu fut probablement construit à Uruk. Anu fut par la suite adoré dans tout le Proche-Orient ancien.


1 images

Baba

Déesse sumérienne propre au panthéon de Lagash. Déesse-mère archaïque et maîtresse des animaux, on lui donnait le titre de "Dame de l'abondance". A l'époque paléo-babylonienne, elle sera identifiée à Inanna et à Ninsina, déesse de la Santé. Des temples lui étaient consacrés à Uruk, Lagash et Kish.


Babylone

Ville au Sud de Bagdad (Irak actuel), son nom en sumérien était "Ka-dingir-ra(ki)", et en Akkadien "Bab-ili", littéralement : "la porte du Dieu". C'est la Babel des textes "bibliques". La première mention de Babylone apparaît dans des textes datant du règne de shar-kali-sharri (-2217 -2193). Petit centre religieux dès l'époque sumérienne, Babylone ne prendra de l'importance qu'après que l'Amorrite Sumu-abum (-1894 -1881) en ait fait la capitale de son royaume indépendant. Peu à peu, le petit royaume va gagner du terrain (Sippar, Dilbat, Kish puis Marad). Quand Hammurabi (-1792 -1750) devient Souverain de Babylone (Dynastie Amorrite), il est à la tête d'un empire assez important pour attirer les jalousies des Kassites, venus du Zagros Iranien. A deux reprises, les guerriers Kassites tenteront, en vain, de prendre Babylone, sous les règnes de Samsu-iluma (vers -1740) et de Abî-eshuh (-1711 -1684). Toujours est-il que l'implantation des Kassites en Babylonie fut progressive, ceux ci étant très présents dans certains corps de métiers, et même dans l'armée. Quand, en -1595, le Roi Hittite Mursili Ier effectue un raid sur Babylone, mettant ainsi un terme à la dynastie Amorrite, il laisse le champs libre aux Kassites qui y fondent une nouvelle dynastie, en transférant la capitale à Dûr Kurigalzu. Mais très vite, alors que les derniers rois Kassites s'épuisent en guerres contre l'Assyrie de Tukulti-ninurta Ier, l'Elam saisit l'occasion pour piller Babylone et y installer un souverain élamite. Ce n'est qu'avec Nabuchodonosor Ier (-1125 -1104), de la IIème dynastie d'Isin, que la Babylonie redeviendra un empire indépendant, grâce à des campanes menées contre l'Elam. Mais, très vite, l'Assyrie étend sa domination sur la Babylonie. Ce sera la gloire de la Dynastie Chaldéenne, avec Nabopalassar et son fils, Nabuchodonosor II, de donner à Babylone un empire qui s'étendit de la Méditerranée à l'Elam, et de faire de Babylone la ville la plus prestigieuse de l'Orient Ancien. Après la prise de la ville par Cyrus, en -539, la ville gardera son hégémonie du point de vue intellectuel et "scientifique", au point qu'Alexandre voulut en faire la capitale de son immense empire. C'est là qu'il mourut, en -323. Babylone survivra encore quelques siècles, sous la dynastie macédonienne de Syrie, et s'éteignit lentement durant la dynastie Iranienne des Parthes. Pour les anciens Mésopotamiens, Babylone était la ville sainte, en relation avec Ikû, la constellation de Pégase.


15 images

Cananéens

Le nom ethnique de Cananéen apparaît pour la première fois (ki-na-ah-num) dans un texte de Maridaté des environs de -1750. Le territoire de Canaan débutait aux frontières de l'Egypte et s'étendait jusqu'aux montagnes du Liban, au Nord. Et, bien que parlant un langage fort voisin, les gens d'Ugarit regardaient les Cananéens comme des étrangers. La plus ancienne des villes de Canaan est Jéricho, meme si d'autres furent d'égale importance, comme Mégiddo ou Lakish. La langue cananéenne fait partie des langues sémitiques de l'Ouest, qui ne sont en fait que des dialectes plus ou moins particuliers (comme l'Ugaritique, le Phénicien, l'Edomite ou le Moabite), d'une même langue sémitique originelle. Les principaux dieux cananéens sont El, Dieu suprême, Baal, Reshep, et, comme divinité féminine, Ashérah. La terre de Canaan disparaitra après l'occupation de la côte par les Philistins (un peuple d'origine égéenne), et l'expansion, au Nord, des Araméens.


Déluge

Les mythes diluviens se retrouvent dans les civilisations les plus éloignées, sans qu'on puisse savoir s'il y a eu des contaminations par on ne sait quelles voies cachées. Au point que, pour expliquer cette universalité, il a fallu aller en quête d'un phénomène qui aurait affecté l'ensemble de la planète. L'hypothèse la plus satisfaisante reste encore celle qu'à proposée de Morgan (1925): la fonte partielle des glaciers wùrmiens, provoquée par le réchauffement spectaculaire de l'atmosphère à la fin du paléolithique supérieur, a provoqué une montée des eaux océaniques tout en créant la forte humidité du climat dit atlantique qui marque le mésolithique. De longues périodes pluvieuses auraient Si fortement marqué l'humanité qui sortait de la dernière époque glaciaire que leur souvenir se serait perpétué à travers des mythes différemment reçus selon les civilisations. Chronologiquement, le plus ancien mythe de déluge qui nous soit parvenu se trouve dans les textes Sumériens. Selon LRS (col. 1,1.1-38), après que la royauté fut descendue du ciel, huit rois ont régné sur cinq cités qui se sont succédé dans la prééminence sur le Sumer~ avant que ne survienne le déluge. Ces cités sont (dans l'ordre) : Éridu, où la royauté serait restée 64 800 ans; Bad~tibira, avec 108 000 ans; Larak, qui ne connut qu'un seul " roi ", En-sipa(d)-zi(d)-Anna(k), qui régna 28 800 ans ; Sippar, où régna seulement En-men-dur-Anna(k), pendant 21 000 ans; enfin, shuruppak, où UbarTutu(k) régna 18 600 ans. Ainsi se sont écoulés 241 200 ans entre la création de la royauté et le déluge. Après cette rupture, la royauté descendit une seconde fois du ciel pour être accordée à Kish (col. I, 39-44). Bien que tardif, il existe un récit sumérien du déluge, daté de l'époque paléobabylonienne, mais colportant certainement une très ancienne tradition (récit fragmentaire sur une tablette de Nippur à l'University Museum,). La raison pour laquelle le déluge doit être provoqué n'est pas donnée. Le texte débute à la ligne 38, où parle un dieu. La signification du passage où il demande que soit laissé (aux hommes) le soin de construire leurs cités a don-du-me e reste énigmatique . Ensuite, il dresse un tableau des rois qui ont régi les cités antédiluviennes. Survient le déluge avec ses tornades et le débordement des flots au-dessus du "kabdugga" (terme non traduit par Kramer et que Poebel interprète comme "lieux de culte"). Sept jours et sept nuits dure le déluge. Le Noé sumérien est ici Ziusudra, un roi, le "conservateur du nom de niggil-ma (sens inconnu) [et] de la semence de l'humanité". Mais alors que dans la tradition akkadienne Utanapishtim parvient sur le mont Nisir (sans doute l'actuel Pir Omar Gudrun, à 80 km à l'est de Kerkuk, connu par ailleurs par des textes Assyriens), Ziusudra aborde dans la terre de Dilmun. La version la plus complète que nous possédions est celle du poème d'Atrahasîs. L'autre texte est celui de la XIè tablette de l'Épopée de Gilgamesh le plus célèbre parce que, lorsqu'il fut retrouvé dans la bibliothèque d'Assur-banipal, il causa la plus vive émotion dans les milieux chrétiens. Malgré certaines différences, en particulier dans le vocabulaire, entre le texte de l'Épopée de Gilgamesh et celui d'Atrahasîs, il apparaît à l'évidence que l'auteur de la XIè tablette (le scribe Smlêqê-unninni?) s'est largement inspiré du texte du poème d'Atrahasîs . À l'évidence, le rédacteur du déluge biblique (Gen 6 :1-8 :22) s'est aussi fondé sur le texte babylonien. Mais l'emplacement du mont Nisir étant imprécis et le souvenir du royaume d'Urartu restant encore prestigieux dans les mémoires, c'est dans ce pays montagneux qu'il a fait parvenir l'arche de Noé. Ce n'est que plus tardivement que l'Urartu s'est transformé en Ararat et a été précisément localisé.


2 images

Eannatum (a)

Seigneur (Ensi) de Lagash (v. 2454-2425). La ville de Lagash, encore obscure, était en litige depuis quelque temps avec la cité voisine d'Umma pour une question de champs à la limite des territoires qu'elles contrôlaient. La querelle s'était apaisée à la suite d'un arbitrage du souverain de Kish, Mésilim (entre 2600 et 2550). La paix semble avoir régné sous Ur-Nanshé mais la guerre reprit sous le successeur de ce dernier, père d'Éannatum, Akurgal. Le règne d'Akurgal fut bref et peut-être est-ce au cours d'un combat contre Umma qu'il perdit la vie. Eannatum se porta contre l'armée d'Umma, défit son roi, Ush, qui sans doute trouva la mort dans cette guerre. Le fils de ce dernier, Enakalli, dut abandonner les terres contestées à Eannatum et lui payer un tribut en grains. C'est cette victoire que le vainqueur va commémorer dans une grande stèle dite des Vautours (fragments retrouvés à Girsu, au Louvre). Il s'agissait d'une grande stèle en calcaire qui, à l'origine, mesurait en hauteur plus de 1,80 m. Elle est sculptée sur les deux côtés : sur une face, on voit le monde terrestre avec les guerriers de Lagat progressant en rangs serrés derrière leurs boucliers et étreignant une lance, Eannatum marchant à leur tête, tout ce monde piétinant les ennemis vaincus; dans un registre inférieur, Eannatum avance sur son char à quatre roues, suivi de ses guerriers; devant eux, un vol de vautours, qui a donné son nom moderne à la stèle; au bas, un fragment de relief où sont entassés les corps des morts de Lagash qu'on va ensevelir, avec une scène de sacrifice. Sur l'autre face, on se trouve dans le monde divin: le dieu Ningirsu tient d'une main une massue, de l'autre il étreint un aigle léontocéphale (Anzû) auquel est attaché un grand filet où sont pris, comme des oiseaux, les guerriers d'Umma. Bien qu'en partie perdue, la longue inscription qui accompagne les scènes figurées représente le document le plus important sur le règne d'Eannatum. Le prince se donne pour père le dieu Ningirsu et pour mère la déesse-mère Ninhursag, dont il suça le lait. Au cours d'un rêve, Ningirsu vint visiter Eannatum pour lui dire combien les "bandes pillardes" d'Umma l'avaient irrité (il implique aussi Kish, qui aurait été ulcérée par l'attitude d'Umma). Ainsi commence la guerre afin de venger le dieu. Après sa victoire Éannatum, qui ne cesse de répéter qu'il est très sage et qu'il a offert en sacrifice deux colombes à Utu, a fait lever un talus pour marquer la nouvelle frontière de son domaine, qui est celui de son dieu Ningirsu. Il ne semble pas qu'Eannatum se soit contenté de cette seule victoire. Il aurait aussi repoussé une attaque des Elamites, vaincu Ur et Uruk, reçu des mains d'Inanna la royauté de Kish, porté ses armes jusqu'à Mari et au Subar (l'Assyrie ?) selon la longue inscription d'un galet. Il semble aussi avoir eu une activité architecturale. Son action a finalement fait d'une obscure bourgade une cité dominante parmi les villes du Sumer.


EIam

Région du sud-ouest de l'iran, constituée de plaines et de montagnes, débordant l'actuel Kuzistan. Sa situation géographique, à l'extrémité des routes du plateau iranien conduisant vers l'Asie centrale et la vallée de l'Indus, et dominant la plaine du Tigre, lui a permis de jouer un rôle non négligeable dans l'histoire du POA. Le nom d'Élam est fondé sur l'hébreu 'êlam. Les Élamites appelaient leur pays Haltamti (= Terre du dieu) et les Akkadiens Elamtu. L'origine des Élamites reste inconnue. Ils semblent avoir appartenu à ce fond des anciennes populations néolithiques de l'Asie antérieure qui parlaient des langues agglutinantes, différentes des Sémites et des Indo-Européens. Les Élamites adoptèrent les cunéiformes d'origine sumérienne, mêlés de logogrammes suméro-Akkadiens, pour écrire leur propre langue, probablement au cours du XXIIIè s. av. J.-C. , et les ont utilisés jusqu'au IV s. Dans ce système d'écriture syllabique entrent les voyelles a, u, i, e. La base de la langue est nominale, verbale ou commune au nom et au verbe. Le verbe, toujours placé en dernière position, exprime un aspect accompli ou inaccumpli-duratif. Bien qu'elle participe largement des civilisations voisines de la Mésopotamie, la civilisation élamite conserve une originalité qui lui est propre. Il convient ici de préciser que ce qu'on est convenu d'appeler l'Élam ne forme pas une unité en soi. Il est composé de plusieurs régions qui ont été distinguées politiquement : au pied du Zagros, la Susiane, dans de riches plaines avec Suse pour capitale, n'a pas été toujours le centre de l'Élam, qui s'étendait par ailleurs dans les montagnes avec l'Anshan l'Awan et le shimashki ces deux dernières régions étant mal circonscrites sinon localisées. On s'accorde pour diviser son histoire, àpartir des découvertes archéologiques et des textes aussi bien extérieurs que ceux recueillis localement, en particulier lors des fouilles de Suse et, plus récemment, d'Anshan, en quatre périodes : proto-élamite (vers -3200 -2700)élamite ancien ou paléo-élamite (vers -2400 -1500), élamite moyen (méso-élamite -1500 -1100), Néo-élamite (vers -1000 -539). Après la conquête achéménide, l'Élam est une province de l'empire qui a cependant le privilège de voir Suse considérée comme l'une des capitales impériales. Pendant la période protoélamite, l'Élam est tourné vers le plateau iranien, à la civilisation duquel il participe. Les relations de Suse sont étroites avec Anshan Bialk, Tépé Yahya, et même Bhahr-i-Bhukhta, en Iran oriental, site que certains auteurs identifient à Aratta, le grand marché du lapis-lazuli. C'est au début de cette période que les Élamites vont commencer à se doter d'une écriture qui reste très élémentaire, et indéchiffrée. Elle consiste en idéogrammes simples, souvent de forme géométrique, parfois dessinés en double ligne, ou encore simplement linéaires, sur des tablettes de terre crue, parfois à peine cuites, et quelques amulettes et sceaux. Il arrive que des dessins au trait représentant des animaux fauves, bovidés, soient tracés accompagnés de quelques signes. Il s'agit en général de pièces comptables ou d'exercices de comptabilité .Les premières mentions historiquement attestées entre l'Élam (connu sous le nom sumérien de NIM) et Sumer par des inscriptions se situent entre -2700 et -2400, bien qu'il soit probable que les deux régions fussent déjà en relations commerciales. Un roi obscur de Kish, Enna'iI, fils d'A'anzu, se vante d'avoir vaincu l'Elam. D' Éannatum, il est dit qu'il vainquit l'Élam, "la montagne vertigineuse". Ce sont là des relations violentes dont il est difficile d'assurer que ce sont les premières entre les Sumériens et les Élamites. Déjà. dans la LRS, le mythique roi de Kish Enmebaragesi aurait porté ses armes dans le pays d'Élam, ce qui nous ramène aux environs de -2700. L'époque paléoélamite se divise en trois périodes selon les dynasties qui ont eu le pouvoir. Vers 2400, un prince de la ville élamite d'Awan prit le pouvoir, défit Ur et entra dans la liste royale sumérienne. Cependant, la Susiane fut intégrée dans l'Empire akkadien de Sargon, qui y plaça des gouverneurs (issiakkum). Par la suite, Naram-Sîn passa un traité avec le souverain d'Awan (le roi Khita ?). C'est le premier traité conclu entre un souverain élamite et un roi mésopotamien : il fut conservé dans le temple d'In-shushinak. Vers -2050, la liste susienne des (12) rois d'Awan et de shimash(ki) donne une nouvelle dynastie avec aussi 12 rois, originaires de shimashki dans les montagnes du Luristan. La Susiane retomba sous la domination des derniers rois de la IIIè dynastie d'Ur, qui pratiquèrent des mariages entre princesses sumériennes et élamites. Ces précautions n'empêchèrent pas les Élamites de s'unir et d'envahir Sumer sous la conduite du roi de shimatki Kindattu (v. -2004), ouvrant la deuxième période d'indépendance de l'Élam ancien. Le roi d'Ur Ibbi-Sîn fut capturé et emmené prisonnier en Élam, où il mourut. Le neuvième roi de la dynastie de shimashki marque l'étendue de ses conquêtes en prenant le titre de « roi d'Anshan et de Suse «. Plus modestes, ses successeurs se contenteront de celui de suêalmah« Grand Régent", titre sumérien des gouverneurs de l'époque d'Ur III (sukkal). Avec eux commence la troisième période protoélamite, (v. -1970). L'Élam forme alors une sorte de confédération où, au-dessous du Grand Régent, se trouvent un sukkal d'Élam et de shimashki et un sukkal de Suse. Ces Souverains pratiquent des mariages avec leurs soeurs, comme les rois d'Égypte, et ils conservent les traditions akkadiennes. L'akkadien semble être la langue officielle : la plupart des textes, administratifs, économiques, sont en akkadien. On ne possède de cette époque que quelques inscriptions royales en élamite. Cependant, ces inscriptions permettent de saisir la complexité de l'histoire élamite pendant cette période et des successions au trône, sans qu'on puisse toujours réussir à situer tous les faits recueillis dans un développement satisfaisant . Cette période des sukkalmah se termine vers -1500 on ne sait précisément dans quelles conditions. Entre -1500 et -1100, trois dynasties se succèdent à la tête de l'Élam, qui connaît sa période la plus brillante, appelée élamite moyen. De la première dynastie, dite des Kidinuides, on connaît peu de chose. Ses rois se parent du titre de roi d'Anshan et de Suse mais ils privilégient, avec le roi Tepti-Ahar, Kabnak (Haft Tèpè) au sud-est de Suse, comme résidence royale, au détriment de Suse. Une campagne du roi kassite de Baby-lone Kurigalzu 1er au XIVè s. semble être la cause de la chute de cette dynastie, remplacée par une nouvelle dynastie fondée par un certain Igi-halki. Sous cette nouvelle dynastie dite des Igihalkides, l'Élam va de plus en plus trouver son équilibre culturel, dans lequel les traditions indigènes s'harmonisent avec les courants mésopotamiens. L'élamite devient la langue officielle, remplaçant l'akkadien. Cette politique se concrétise dans la capitale-sanctuaire édifiée par Untash-Napirisha (v. -1275 -1240) à Tchoga Zanbil. Le petit-fils de ce dernier, Kiden-Hutran (v. -1235 -1210), effectue un raid sur la Babylonie au cours duquel il met à sac Der, Marad, Nippur et Isin. Une période d'anarchie suit la mort de ce roi, et le pouvoir va passer à une nouvelle dynastie fondée par Hallutush-Inshushinak (v. 1205-1185). On lui a donné le nom de shutrukides, du nom du fils de son fondateur, shutruk-Nahhunte (-1185 -1155). Ce dernier reprend une politique de conquête et ravage àplusieurs reprises la Babylonie. En -1158, il prend et met à sac Babylone, d'où il rapporte triomphalement à Suse quelques-uns des monuments qui y ont été retrouvés par la mission française : grande stèle du Code d'Hammurabi, stèle de Naram-Sîn, statue de Manishtusu. Il revient à son fils et successeur, Kutur-Nahhunte (-1155 -1150), de mettre fin à la dynastie kassite au cours de nouvelles campagnes en Babylonie. Ce dernier avait épousé sa soeur Nahhunte-Utu. Il mourut à peine cinq ans après être monté sur le trône et son frère Shilhak-Inshushinak (-1150 -1120) lui succéda. Il épousa à son tour Nahhunte-Utur, ce qui représenterait un cas de lévirat . shillak-Inshushinak a été l'un des souverains les plus importants de la dynastie. Outre ses campagnes militaires, il fit construire un certain nombre de temples et restaurer plus encore de monuments. Les Babyloniens n' avaient pas oublié les méfaits des invasions élamites, comme en témoigne une élégie où l'auteur se lamente à ce propos . Le texte semble avoir été écrit à l'époque de Nabuchodonosor îer (1125-1104) lequel va, en partie, venger ces razzias en infligeant une défaite au successeur de shilîak-Inshushinak Hutelutush-Inshushinak (1120-1110), qui dut se réfugier un moment à Anshan. La période néoélamite voit la désagrégation de l'Empire élamite avec des retours de fortune. Les rois ont alors trois capitales Suse, Hidalu et Madaktu, où ils résident selon les circonstances. Ils sont de plus en plus tournés vers les affaires de la Mésopotamie car sans cesse menacés par les Assyriens. Ainsi, selon les moments, ils occupent Babylone ou encore ils s'allient avec elle contre Assur. En fin de compte, Assur-banipal, attaqué par Te-Umman, le vainquit (-653) et installa à Suse, Madaktu et Hidalu chacun des fils d'un ancien roi élamite détrôné par Tempti-Humban-Inshushinak (le Te-Umman des inscriptions assyriennes), qui s'étaient réfugiés à sa cour. Les nouveaux souverains ne manquèrent pas de trahir leur ancien bienfaiteur; ils soutinrent Shamash-shum-ukin dans sa révolte à Babylone contre son frère Assurbanîpal, de sorte que ce dernier les engloba dans sa vengeance. il ravagea l'Élam, mit Suse au pillage et rapporta triomphalement à Ninive un immense butin. La troisième période néo-éiamite qui s'ouvre alors est marquée par un nationalisme qui privilégie tout ce qui est élamîte, mais qui ne pourra empêcher l'Élam de tomber bientôt sous la domination de la Perse achèménide.


Entéména

Ensi de Lagash ( -2404 -2375). Il paraîtrait que son nom devrait être lu En.mete.na (Alster 1974). À la mort d'Éannatum son frère Enannatum lui succéda sans grand éclat. Il eut pour héritier son fils Entéména. Umma Vaincue par Éannatum, avait repris les hostilité5 contre Enannatum, qui, peut-être, périt au cours de cette guerre. Sur un cône d'argile, Entémena fait en détail le récit de la querelle entre les deux villes depuis le temps où Ush, prince d'Umma avait provoqué le casus belli en déplaçant la stèle que Mésalim, roi de Kit, appelé en arbitre, avait installée pour marquer la frontière entre les deux principautés rivales. On voit que c'est avant tout une affaire de possession de champs d'orge qui était l'enjeu de la querelle. Eannatum y avait mis fin en infligeant une sévère défaite aux gens d'Umma. Ila, un prêtre de Zabalam qui avait pris le pouvoir à Umma, vola 3 600 guru de l'orge de Lagash et déclara que le "talus-frontière" était à lui. L'inscription reste ensuite elliptique et laisse penser qu'Entéména rétablit l'ancienne frontière au détriment d'Umma. Il ne put cependant reprendre la politique de conquête de son oncle et fit alliance avec LugalKinishedudu, le roi d'Uruk, qui dominait aussi les cités de Kish et d'Akshak. Ses inscriptions révèlent surtout un roi constructeur qui fit bâtir de nombreux temples pour Ningirsu, Enki, Eniil, Nanshé, et des palais. Il «façonna e aussi de nombreuses statues de divinités. Il rétablit l'ordre, car il semblait qu'une forme d'anarchie s'était installée : «Il affranchit Lagash, à la mère il rendit son enfant, à l'enfant il rendit sa mère. «Il semble aussi que les richesses affluaient vers la ville, car il alla jusqu'à bâtir à Urub, pour LugalUruba (surnom de Dumuzi, vénéré à Urub), un palais qu'il recouvrit d'or et d'argent, et il offrit sur le parvis du palais de l'argent, des lapis-lazuli, vingt boeufs et autant de moutons. Les fouilles de Tellô/Girsu ont rendu un très beau vase d'argent au nom d'Entéména (Louvre). Sa panse est entièrement gravée de quatre représentations de l'aigle léontocéphale liant les animaux sauvages, lion, cerfs et bouquetins. Un fragment de vase conserve le torse en relief d'une déesse assise sur un trône tenant dans sa main droite un régime de dattes. Son épaisse chevelure s'étale sur ses épaules et sa poitrsne en boucles serrees et sa tete est ceinte d une sorte de couronne pourvue de cornes sur les cotes Il semblerait qu il s' agisse de la deesse de la Datte Nona.


Énûma élish

"Lorsque là-haut...", tel est le sens de l'incipit de ce Brand texte rituel appelé aussi Poème (ou Epopée) de la Création. Fl C'est un ample poème babylonien connu par de nombreux manuscrits. Les 1100 vers le composant étaient répartis sur sept tablettes. Le texte, tel qu'il nous est parvenu dans sa version canonique, a été sans doute rédigé sous le règne de Nabuchodonosor Ier (vers -1125 -1104). On l'a fait remonter jadis à l'époque d'Hammurabi, puis au règne du roi kassite Agum-Kakrime (vers -1580). La comparaison qui a pu être faite entre une liste lexicale des grands dieux babyloniens (intitulée An-Anum) et les noms de Marduk dans la tablette VII et ceux de la tablette VI conduit à conclure que cette liste reprend le texte de l'Èpopée et permet de penser que ces tablettes sont donc antérieures au règne de Nabuchodonosor Ier semblerait ainsi que certaines parties remontent à l'époque des rois Amorrites et que seule la rédaction finale serait à attribuer à la fin du Xllè s. Le fait que tous les manuscrits reproduisent la même graphie, la même orthographe et la même disposition, les vers formant deux hémistiches sur la même ligne mais nettement séparés, montre qu'il s'agissait d'un poème de caractère rituel, sinon révélé (ce qui est d'ailleurs dit à la fin du poème), que les scribes reproduisaient sans en changer une ligne ; sauf à l'époque assyrienne, où, afin de glorifier leur propre dieu national Assur, les scribes ont substitué son nom à celui du héros de l'épopée, Marduk, modifiant aussi les noms de la parentèle du dieu. Le poème a été largement recopié et transmis, de sorte que des fragments sont souvent retrouvés au cours des diverses fouilles. Ainsi un nouveau manuscrit de la tablette VI a été retrouvé il y a peu d'années dans le site iraquien de TelI Hadad, l'antique Me-Turnat (Al-Rawi et Black 1994). La vision babylonienne de la création était si vivace qu'encore au vje s. de notre ère le dernier scholarque de l'école d'Athènes, le néoplatonicien Damasciris, qui, face à l'intolérance et à la pensée unique du christianisme enseignait encore la noble philosophie grecque indépendante et libre (l'école d'Athènes frit fermée par Justinien en 529 et les biens de l'école furent confisqués), a conservé dans l'un de ses ouvrages fondamentaux l'écho des premiers vers de l'Épopée, où l'on retrouve les personnages symboliques babyloniens sous des vêtements grecs à peine déformants . Ce texte, de caractère liturgique, devait être récité (ou psalmodié ?) tout entier le quatrième jour de la fête de l'Akitu, après "le petit repas de la fin du jour [par] le grand frère de l'Ékria" . Le poème lui-même, dont on peut dire qu'il est le récit symbolique de l'établissement des lois riniverselîes, le triomphe de l'ordre sur le chaos, est d'une ampleur majestueuse qui en fait un monument de la littérature mondiale. Toutes les autres créations, comparées à l'Énûma élish, y compris les cosmogonies égyptiennes d'Héliopolis et de Memphis, paraissent simplistes, voire enfantines (cf. Loisy sur les versets très élémentaires qui ouvrent le livre biblique de la Genèse, emprunts maladroits aux grandes cosmogonies orientales), et il faut se tourner vers la Théogonie d'Hésiode pour trouver un poème d'une élévation comparable. «Lorsque Là-haut le ciel n'était pas encore nommé, / Et qu'Ici-bas la terre ferme n'était pas appelée d'un nom, Seuls Apsû-le premier, Leur progéniteur, et Mère ( ?)-Tiâmat, leur génitrice à tous, Mélangeaient ensemble leurs eaux: / Ni bancs de roseaux n'y étaient encore agglomérés, / Ni cannaies n'y étaient discernables. / Et alors que des dieux nul n'était encore apparu, qu'ils n 'étaient ni appelés de noms ni lotis de destins, En, [Apsû,Tiâmat] les dieux furent produits". Ainsi commence le poème. Tiâmat apparaît comme la materia prima qui va servir à la création (le Norin égyptien). Elle y est la mère (ou la " façonneuse ", Atummu) génitrice, d'où vont naître les dieux, àcommencer par Lalimu et Lahamu, les premiers à recevoir un nom . Viennent ensuite Anshar et Kishar; qui, d'après le contexte de l'Épopée, sont issus de l'union d'Apsû et de Tiâmat, et déclarés plus forts que le premier couple mal personnalisé. D'eux naissent les dieux des nouvelles générations, dont le dernier est Marduk. Les dieux sont Si remuants et bruyants qu'ils dérangent Apsû. Ce dernier se décide à aller voir Tiâmat; il s'assoit en sa présence et ils discourent. Apsû déclare qu'il veut réduire à néant cette création, ce qui met en colère Tiâmat, lequel s'oppose à son projet. Afin de devancer Apsû dans ses desseins, Éa/Enki le tue après l'avoir dépouillé de ses pouvoirs. Tiâmat décide alors de le venger. Ce pourquoi elle crée onze monstres: muthushihu (dragon serpentiforme), bashmu, mushmahhu et ishumgallu (serpents à cornes), lahamu (le Lalimu à longue chevelure ?), ugallu (démon à l'aspect léonin), uridimmu (mi-homme mi-lion), girtablulîû (homme-scorpion), kubrillû (homme-poisson), krisarikku (homme-bison?), ûmu dabrûtu ("Violent Orage "), porteurs d'armes impitoyables et sans peur dans les combats ««Lorsque Tiâmat à son oeuvre eut donné tout son poids, elle organisa le combat contre les dieux, ses rejetons, afin de venger Apsû «. Aux côtés des révoltés, ennemis des dieux, s'est rangé Qingri, l'aimé de Tiâmat. S'engage ensuite un combat e titanesque «au cours duquel les armées infernales sont vaincues grâce au héros de l'épopée, Marduk. Finalement, dans un combat singulier, Mardrik enveloppe Tiâmat dans son filet, lâche contre elle Vent Mauvais, qu'elle avale, ce qui lui emplit la panse de vents furieux qui gonflent son corps ; Marduk déchire ensuite la panse de Tiâmat avec une flèche et termine son oeuvre en lui tranchant le corps par le milieu : ainsi périt la déesse primordiale. Il convient de noter que, outre les armes, les belligérants, et notamment Tiâmat, se battent aussi à coups d'incantations. C'est à partir du corps de Tiâmat que Mardrik va former le ciel et la terre ; puis il va ordonner le monde : «Il aménagEa leurs stations pour les grands dieux; il y suscita en constellations les étoiles qui sont leurs images. Il définit l'année dont il traça le cadre ; et pour les douze mois il suscita à chacun trois étoiles " . Ainsi, chaque dieu, chaque partie de la nature est mise en place par le dieu organisateur : Il décide ensuite du temple qu il veut se construire pour y resider ce pourquoi il declare qu il construira une ville «Je lui donnerai pour nom Babylone "Le temple des Grands Dieux". Il continue son travail de creation et d'organisation puis suivent les louanges du dieu lesquelles se concluent par Qu'il soit seul notre Dieu !, ce qui n'est pas tout à fait une confession de monothéisme, plutôt une volonté de monolâtrie à l'avantage des prêtres du dieu. Suit alors la liste de ses cinquante noms, chacun des noms étant accompagné d'un court commentaire pour éclairer son sens, voire d'une brève doxologie «Mar-Utu : l'Enfant-Soleil-des-dieux" car il brille et, dans sa lumière éclatante, Eux [les dieux] vont et viennent perpétuellement ! Aux hommes qu'il a créés, êtres doués du souffle, Il a imposé la corvée des dieux pour laisser ceux-ci de loisir ! Toute la fin (tabl. VII) est occupée par les louanges à la gloire de Marduk et de ses actions pour enfin conclure de la sorte : Son coeur est insondable, immense son esprit! Coupable et délinquant sont devant lui i Telle est la révélation qu'un Ancien, devant qui on l'avait exposé, mit et disposa par écrit pour l'enseigner à la postérité... [qu'on psalmodie] le chant de Marduk [qui], après avoir terrassé Tiâmat, reçut le pouvoir souverain».


Étana

Roi mythique de Kish, héros d'un récit mythologique. Selon la liste royale sumérienne, après le Déluge, la, royauté revint à Kish. Le douzième roi est "Etana, un berger, celui qui monta au ciel, celui qui consolida toutes les terres"; son règne aurait été de 1 500 ans. Son nom est écrit dè-ta-na (avec le déterminatif divin) ; son sens serait 'celui qui monte au ciel' (sum. ann-a) selon une hypothèse d'Arno Poebel. Néanmoins, le déterminatif divin devant son nom n'est pas très significatif dans la mesure où les rois d'Akkad, avec Naram-Sîn, ont leur nom écrit avec ce même déterminatif, sauf qu'il serait un indice de la formation de la légende à cette époque. Indice corroboré par les sceaux et les cylindres de cette période qui représentent un homme enlevé par un aigle, ce qui semble bien illustrer la légende. On ne sait rien de ce souverain sans doute mythique. Il est nommé dans l'Épopée de Gilgamesh parmi les personnages résidant en enfer et que voit Enkidu lors de sa descente dans l'autre monde . Cette tradition conservée dans LRS de la montée du héros vers les dieux est illustrée par un poème mythologique dont il est le protagoniste. MYTHE D'ÉTANA. Il est partiellement connu par de nombreux fragments de tablettes paléobabyloniennes (Suse, Tell Harmal), médioassyriennes (Assur), et de la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Si l'on en croit une tradition, son auteur serait Lu-Nanna, un sage ayant vécu sous le règne de Shulgi, peut-être le même que le gouverneur de Zimudar qui fit un don votif . Il semblerait cependant que le mythe puise son origine dans une tradition originaire de Kit, bien que le seul dieu qui y joue un rôle majeur soit Shamash le Soleil, alors que la principale divinité de la ville, Ittar (avec Zabada), n'y a qu'une importance secondaire. Malgré le nombre de tablettes retrouvées, on n est pas encore parvenu à restituer le texte dans son ensemble, qui présente de grandes lacunes faisant obstacle à toute interprétation. Tel qu'il se présente actuellement, il est découpé en trois parties bien distinctes. Dans la première partie (tabl. I et Il), comme il est déclaré dans l'incipit (très fragmentaire) du Poème, "les dieux dessinèrent la ville" (il s'agit sans doute de Kish) les Anunnaki fixèrent les destins, les fêtes furent établies, mais il fallait trouver un roi, personnage en quête de qui se mit Inanna/Ishtar. Une grande lacune ne permet pas de savoir la suite de cette quête, àlaquelle participe Enlil. Dans la partie suivante, on voit un aigle et un serpent qui décident de s'associer. Ils jurent par les Enfers de rester toujours amis, appelant les pires malédictions sur celui qui transgresserait le traité. Chacun à tour de rôle apporte de la nourriture dans l'ombre d'un peuplier sur une montagne où ils se sont installés et où ils ont eri chacun des petits. Lorsque les petits aiglons sont devenus grands, «l'aigle en son coeur conçut de mauvaises pensées... Il décida de manger les petits de son allié «. Il s'ouvre de cette soudaine fringale à ses enfants et leur dit que pour échapper à la colère du serpent il montera dans les cieux. «Le plus jeune des petits, le plus intelligent, dit ces mots à l'aigle son père : Mon père, ne les mange pas : le filet de shamat te capturerait, les pantes (terme choisi par Labat, synonyme de trappe ou trébuchet, pour traduire l'akk. gisparru) de l'anathème de ~~amaflh te renverseraient et te tiendraient captif. « Mais l'aigle-ogre est têtu et, n'écoutant pas le sage conseil de son fils, il mange les petits du serpent. Plaintes et pleurs du serpent auprès de ~amash, qui, en punition, jette l'aigle dans un trou d'où il ne peut sortir, de sorte qu'il est destiné à mourir de faim. Apparaît alors Étana, qui rappelle à~~amash qu'il l'a honoré, en foi de quoi il lui demande de lui donner la «plante d'enfantement «, sans doute parce que son épouse reste stérile. Le dieu l'envoie alors vers le trou, où l'aigle est relégué, afin qu'il lui donne cette plante. La tablette III est très fragmentaire. Elle évoque la rencontre d'Étana et de l'aigle, qui accepte le marché selon lequel, semble-t-il, il devra emporter Étana dans le ciel pour y trouver la plante. Dans la tabl. IV; l'aigle invite Étana à se placer sur sa poitrine (on l'aurait plutot imaginé sur son dos) a ouvrir les bras le long de ses ailes puis il prend son vol. [Lorsque] , à deux doubles lieues il l' eut fait monter, l' aigle dit a Etana "Regarde mon ami comment est le pays - Le pays [n'est plus qu une colline]. [Lorsque] à trois doubles lieues il l' eut fait monter l' aigle dit à Etana Regarde mon ami comment est le pays? ~ La mer est devenue comme une rigole autour d'un lopin de jardinier!" Ils continuent de s'élever dans les cieux, passent la porte d'Anu, d'Enlil et d'Éa. Suit une longue lacune. Puis, Étana semble vouloir redescendre, sans doute par crainte, mais l'aigle veut continuer de monter jusqu'au ciel d'Ishtar la souveraine qui garde la plante d'enfantement. L'aigle pose alors d'une manière répétitive la question de savoir comment est le pays, en bas, devenu un jardin, la vaste mer étant comme un baquet, puis le pays n'est plus visible. Etana refuse ensuite d'être emporté plus haut encore par l'aigle, qui, finalement, lui obéit et le fait promptement descendre sur terre. Nouvelle lacune, puis très bref dialogue fragmentaire entre Étana (devenu roi) et son épouse, mais qui n'est pas une fin. Ainsi, le héros semble avoir échoué dans sa tentative de montée au ciel, et peut-être la conclusion en tirait-elle la morale : l'homme ne peut accéder au domaine des dieux (RPOA 294-305). À cette traduction, on peut ajouter des fragments publiés par Kinnier-Wilson (1974), dont celui d'un rêve que la femme d'Étana, Mudam, raconte à son époux, à incorporer dans la tabl. I et intégrés dans la tabl. III par Stéphanie Dalley .


Guti

Peuple montagnard du Zagros. Le territoire qu'il occupait, vers le nord du Luristan, dans les hautes vallées de la Diyala et de la Khéka, est appelé Gutium. Ces montagnards éleveurs de bétail effectuaient des raids de pillage dans la vallée des deux fleuves lors des derniers siècles du III miIl. C'est ce qui semble justifier l'expression utilisée à leur propos dans la LRS de «horde guti «: ki-su-lu-ub[-gar] gu-tu. Dans la 'Malédiction d'Akkad , les Guti sont présentés comme un peuple insoumis et le Gutium comme "le pays [dont le peuplej est innombrable, le pays qui ne peut souffrir de domination". Ce sont sans doute ces descentes ravageuses, qui n'eurent qu'un temps, qui imposèrent une image négative des Cuti aux sédentaires du Sumer. shar-kali--sharrî, aux alentours de 2200 conduisit une expédition militaire contre le Gutium au cours de laquelle il captura leur roi sharlak. Mais déjà des Cuti étaient intégrés dans les armées akkadiennes. Ce sont eux qu'on rend responsables de l'installation d'une période d'anarchie après la mort de shar-kali-sharri, vers 2193 : «Innombrables comme des sauterelles, ils fondirent sur le sol. Leur bras enserra la plaine pour lui (Enlil, qui les aurait envoyés en punition) comme un piège pour le bétail. Rien n'échappait à leur bras, nul ne se sauvait de leur bras "Malédiction d'Akkad". Ont-ils, en déferlant de leurs montagnes, mis à «feu et à sang « tout le pays de Sumer? Dominèrent-ils plus ou moins longtemps les grandes cités de Sumer et Akkad, Umma, Adab, Larsa, Lagash, Kish, Ur? La question reste obscure. Jean-Jacques Glassner , qui énumère les diverses hypothèses proposées Ipar les assyriologues, rappelle que, cependant, l'archéologie ne marque aucune rupture, aucune trace de destructions massives entre la période d'Akkad et celles qui suivent aussi bien sous les princes de Lagash que sous les rois d'Ur III. C'est cependant à eux qu'il faut faire crédit de la fin de la domination d'Akkad. Le site de la capitale de l'empire n'ayant pas été retrouvé, il est bien possible que ce soit cette seule cité qui ait été mise à sac, ce dont la "Malédiction d'Akkad" semble avoir conservé l'écho. Et la chute de la dynastie de Sargon a libéré les cités tributaires, de sorte qu'il n'y a plus eu de pouvoir central modérateur. La LRS, qui note la chute du fils de Narâm-Sîn après un règne de 25 ans , demande ensuite: "Qui était roi? Qui n'était pas roi ?". Et son auteur pose la question de savoir si c'était Igigi, Nanum, Imi, Élulu..., énumérant 1 rois qui auraient régné 181 ans. Ce n'est qu'après un retour à une monarchie unifiée avec Ur-nigin(ak) d'Uruk et ses quatre successeurs, sur un espace de 30 ans, que la royauté, nous apprend la LRS, passa "à la horde du Gutium"; et l'auteur donne une liste de 21 rois qui auraient régné en tout 91 ans et 40 jours. Ces rois gutis s' akkadisèrent, sans qu'on puisse réellement les situer aussi bien chronologiquement que géographiquement. Il semblerait que leur autorité ne se soit exercée que sur la région drainée par la Diyala, car on sait que la cité d'Akkad se releva bientôt de ses ruines, Si tant est qu'elle ait été ruinée, et que des rois Akkadiens continuèrent la lignée de Sargon, tandis que prospéraient sous leurs ensi des villes comme Ur, Lagasl et Uruk. Il est possible que l'un des rois donnés comme ayant régné sur Akkad (?) pendant la période d'anarchie, Élulu, soit le même que le roi Guti cité dans la liste de LRS, Élulumesh, comme l'ont suggéré Jacobsen et Jean Bottéro. C'est finalement un roi d'Uruk, selon la LRS, Utu-hégal, qui "battit avec les armes" la horde de Gutium, vers -2120 : "Gutium, le dragon des montagnes, l'ennemi des dieux, qui la royauté de Sumer dans les montagnes avait emporté, qui Sumer d'hostilité avait rempli, qui à l'époux son épouse avait ravi, qui aux parents leurs enfants avait ravi [...] Enlil, le roi des contrées, de détruire jusqu'à son nom à Utuhégal, le mâle fort, le roi d'Uruk [...] donna mission ". Les Gutis ne disparaissent pas pour autant. Ce sont eux qui sont encore évoqués comme prédateurs dans la "Lamentation sur la destruction de Sumer et d'Ur", et, dans les imprécations finales, il est demandé que la tornade qui a ravagé Sumer afflige la terre ennemie du Gutium . Le nom du Gutium va se perpétuer à travers les siècles, Si bien que, dans la Chronique de Nabonide il est question de Gobryas (Ugbaru), gouverneur du Gutium, qui prit Babylone avec l'armée de Cyrus. Une inscription babylonienne relative à ce même Cyrus déclare qu'il soumit les hordes manda (c'est-à-dire les Mèdes), le pays guti.


Idrimi

Roi d'Alalah (1ère moitié du XVème s.). Il nous est connu essentiellement par une statue le représentant assis sur un trône flanqué de deux lions (ou de sphinx) trouvée dans un puits dans le temple du niveau IV d'Alalah. Elle porte une longue inscription de 104 lignes constituant une autobiographie. «Je suis Idrimi, fils d'Ilimilimma, serviteur d'Adad, de Hépat et d'Ishtar, la dame d'Alalah, ma maîtresse. Un démon est arrivé à Halab la ville de mes ancêtres, et nous avons fui chez le peuple d'Emar, les frères de ma mère et moi, nous avons vécu à Emar... Ainsi commence la vie aventureuse de ce prince, chassé de sa cité sans doute à la suite d'un complot. Il fuit ensuite dans le désert, parvient parmi les guerriers sutéens et jusqu'en Canaan. Là, il devient chef d'une bande d'hommes citoyens de Halab, Mukish, Niya, et il vit sept ans chez les Khabiru (voir nomades), grâce auxquels il semble avoir pu reprendre sa cité d'Alalah. Il s'allie alors avec son ancien ennemi Parrattarna, roi des Hourrites, dont il devient le vassal. Il part ensuite en campagne dans les territoires Hittites, où il prend sept villes. Le texte se termine par une malédiction contre celui qui détruirait sa statue et la mention du scribe sharruwa, qui a écrit pour lui cette autobiographie. L'authenticité de ce texte a été mise en doute et l'on a pu suggérer qu'il s'agissait d'un document tardif, daté par certains auteurs du XIIe s., destiné à légitimer la dynastie d'Idrimi. Les tablettes d'Alalah nous ont aussi rendu un traité d'extradition passé entre ce roi et Piliya : " Tablette d'accord. Piliya, et, Idrimi ont prêté serment par les dieux et passé cet accord entre eux : ils rendront désormais leurs fugitifs respectifs; Si Idrimi saisit un fugitif de Biliya, il devra le rendre à Filiya, et, si Fiîiya saisit un fugitif d'Idrimi, il devra le rendre à Idrimi... Celui qui transgressera cet accord, que diM (Hadad ?) Shamash et Ishhara et tous les dieux le détruisent» .


2 images

Inanna

Déesse sumérienne identifiée à l'Ishtar sémite. C'est la principale déesse du panthéon mésopotamien. Il est possible qu'elle n'ait été, à l'origine, que la déesse de l'Amour c' est-à-dire de ce courant universel qui conduit les êtres à s'unir pour la reproduction, mais qui fait aussi germer les plantes dans la terre. Son aspect guerrier et destructeur serait propre àIl,î>tar, qui, en se syncrétisant avec Inanna, lui aurait conféré cet attribut redoutable. Il convient néanmoins de remarquer que ces deux manifestations ne sont pas incompatibles, la mort étant la fin de la naissance, la destruction, ne serait-ce que par le temps, celle de la création. Son nom, qui semble dérivé de Ninanna (sum.), signifierait "dame du ciel", et inclurait le nom divin d'An, dont elle devient la hiérodule (voir Exaltation d'lnanna) ; elle est alors la "hiérodule des cieux" (nu-u5-gig-an-na) et la "vache du ciel exaltée" (ô-sùn-zi-an-na). C'est à l'évidence une très ancienne divinité car son nom apparaît dès la période d'Uruk au lVè mill. sous l'aspect d'un faisceau de roseaux dont l'extrémité supérieure forme une boucle. C'est son symbole qu'on retrouve au DA dans des représentations de sceaux et sur des fragments de terre cuite, de part et d'autre des toits oblongs de constructions en roseau ces toits sont parfois surmontés par un mât pourvu de chaque côté de trois boucles : c'est le signe (cunéiforme) mhz par lequel elle est désignée. Elle est très souvent mentionnée dans les inscriptions du DA. Dès -2450, Lugal-tar-si, roi de Kish, la déclare "reine des déesses" . Il semble que sa cité d'origine soit Uruk, où elle a son temple principal, l'é.an.na ("Maison du ciel"), qu'elle partage avec An, mais elle est largement vénérée dans tout le Sumer. Éanatum (dont le nom signifie "digne de l'E-anna") se déclare l'aimé de la déesse par qui il a reçu la domination de Lagash et de Kish. Elle prend plus encore d'importance à l'époque d'Akkad , ou la fille de Sargon Ier, Enhéduana, donne le ton en lui consacrant des hymnes et des prières. Bien qu'il s'agisse de copies plus tardives, le fait que ces textes soient attribués à ce personnage historique marque l'expansion de son culte à cette époque, qui pourrait bien être celle où ses attributs sont doublés de ceux d'Ishtar à laquelle elle est identifiée. À l'époque d'Akkad, où elle apparaît sous le nom d'Anunîtum, elle est la divinité d'Aktup (ville non localisée) sous le nom d'Aktupîtum, et elle règne aussi sur la ville de Zabalam, voisine d'Umma. Dans un balbale, la déesse rappelle toute l'étendue de sa domination : " Mon père m'a donné le ciel, il m'a donné la terre, je suis la reine du ciel [...] À Uruk, l'Éanna est à moi à Zabalam le (temple) Gigunna est à moi à Nippur le Duranki est à moi, à Ur l'Édilmuna est à moi à Girsu l'Eshdamkug est à moi, à Adab l'Ésharra est à moi, à Kish le Khursagkalamma est à moi, à Kisiga l'Amashkuga est à moi, à Aksak l'Anzagar est à moi, à Umma l'Ibgal est à moi, à Akkad l'Ulmash est à moi. Parmi les dieux, en existe-t-il un, un seul, qui puisse se comparer à moi ? " . Les diverses théogonies lui attribuent une nombreuse parentèle. Quoique déclarée la hiérodule d'An, elle est aussi donnée comme sa fille, mais elle est encore dite la fille d'Enlil, d'Enki, de Nanna, et la soeur d'Utu et d'Ereshkigal. En revanche, elle n'a pas de parèdre. Si Dumuzi occupe une place capitale dans son mythe en tant qu'amant, il n'apparaît pas comme un époux auprès de qui elle n'aurait plus qu'un rôle secondaire. C'est une déesse dominante qui règne même sur les dieux, qui n'a ni mari ni progéniture. Lorsque, dans le mythe d'Anzû, les dieux appellent shara l'enfant d'Ishtar, il faut comprendre par ce terme le "chéri", et nullement le fils né de son sein . Elle est la divinité antique à qui est consacré le plus grand nombre de sanctuaires sous son nom et sous celui d'Ishtar. C'est aussi la divinité qui intervient dans le plus grand nombre de mythes, soit à titre secondaire, soit dans le rôle principal. (voir Agushaya), hiérogamie (grande liturgie d'Inanna). POÈMES ET MYTHES CONCERNANT Inanna Cycle d'Inanna et Dumuzi : voir Dumuzi. Inanna et Enki : voir Enki. Descente d'Inanna dans l'autre monde : voir Enfers. La descente d'Inanna serait un rituel d'une visite de la déesse à Kutha. Inanna et Ébih. Incipit sum.: in-nin-mehua-a = Inin (banna) aux pouvoirs (me) redoutables. Poème de caractère épique de 184 vers rapportant comment la déesse guerrière combat et détruit la montagne rebelle appelée Ebih, qui ne veut pas reconnaître as domination. On y voit un étrange contraste entre l'aspect de la déesse, »jeune femme », et l'impétueuse guerrière qui, rendue furieuse contre l'Ébih, se transforma en foudre de guerre, "déverrouilla l'arsenal, dont elle repoussa la porte étincelante. Elle en tira l'altière Bataille et mit au sol l'énorme [Ouragan] ! Madame apprêta (?) ses augustes flèches et empoigna le carquois i Elle déchaîna contre l'Èbih un déluge et y lâcha l'irrésistible Vent Mauvais Madame se jeta alors à l'assaut du pays". Inanna et Shukalletuda. Poème qui subsiste presque entièrement, en quelque 300 vers, avec des lacunes. La déesse, ayant quitté le ciel pour descendre sur la terre, s'endort dans un jardin où le jardinier (?), Shukalletuda, en profite pour lui détacher son pagne - et il "la baisa et la pénétra puis il s'en retourna à l'extrémité du jardin". Au réveil, Inanna, s'étant aperçue du viol, chercha en vain son agresseur et, de colère, elle envoya trois pestes à travers le pays des Sumériens. Inanna et Bilulu : Le colophon de cette composition de 187 vers nous apprend qu'il s'agit d'un chant. Il est proche des lamentations et entre dans le cycle d'Inanna et Dumuzi. Le récit, en vers, est entrecoupé de lamentations et de passages lyriques. Le premier vers (dont la moitié forme l'incipit: edin-na ddumu~zi~mu), "Dans le désert, mon Dumuzi, j'élèverai ma complainte ", donne le ton. La déesse va ainsi dans la steppe où est mort son amant; elle arrive en présence du défunt "à la tête meurtrie", chez sa soeur Geshtinanna/Bélili. Là, elle entonne un chant funèbre (thrène). On ne sait d'ailleurs qui, dans cette pièce, est responsable de la mort de Dumuzi. En tout cas, la déesse décide de porter Sa vengeance contre Bilulu, une vieille femme qui tient une taverne dans la région. Cela à cause de son fils Girgire, qui volait les bêtes du troupeau de Dumuzi. Ainsi, Bilulu devient e l'Outre-à-eau-fraîche indispensable su désert» et son fils Cirgire »le démon et l'esprit du désert». On se trouve à l'évidence en présence d'un conte étiologique.


9 images

Kish

L'une des plus antiques villes de Sumer. Quelques-unes des plus anciennes inscriptions parvenues jusqu'à nous concernent Kish. Dans la LRS, après le Déluge, c'est à Kish que la royauté descendit une nouvelle fois du ciel. Vingt-trois rois se succèdent, régnant chacun plusieurs siècles (la LRS donne un total de 24 510 ans, 3 mois et 3 jours et demi (!), parmi lesquels est cité Étana le berger, "celui qui monta au ciel". Les deux derniers rois de cette dynastie furent En-me-barrage-si et son fils Agga. On a là le sentiment d'entrer dans l'histoire. Un fragment de vase en albâtre porte le nom de Mebaragesi, roi de Kish, qui semble bien être le même que l'Enmebaragesi de la liste royale, et Akka est devenu le héros d'une épopée. Avec lui se termine cette Ière dynastie de Kish. Uruk et ensuite Ur, enfin Awan, avant que Kish reprenne le sceptre avec sa IIe dynastie, vont à leur tour dominer Sumer, ce qui ne signifie pas une unification sous leurs rois, mais une prééminence parmi des villes qui demeurent cependant indépendantes, peut-être tributaires. Huit rois de Kish constituant la IIe dynastie règnent pendant 360 ans, avant d'être une fois encore renversés par les armes. Les inscriptions nous livrent cependant des noms de rois non mentionnés dans la LRS, qu'on situe entre - 2600 et - 2430; il s'agit d'abord d'Uhub, dont l'inscription nous apprend qu'il était fils de Pu-zuzu et qu'il vainquit Hamazi. Or Hamazi, cité dans la LRS, y est vainqueur de Kish et renversé par le roi d'Uruk En-shakush-Anna(k)... Plus important est Me-salim (vers - 2550 ?), qui a laissé plusieurs inscriptions à propos de la construction du temple de Ningirsu et du rite du burgu, qu'il a accompli. Il se dit "fils bien-aimé" de la déesse Ninhursag. Le dernier est Lugal-tar-si, connu pour avoir bâti l'enceinte du parvis du temple (?) d'Inanna. On connaît son épouse, Bara-su, et, dans une autre inscription il est dit prince d'Uruk. Il semblerait que, en réalité, comme plusieurs princes après lui, il se soit paré du titre de "roi de Kish" qui devint un titre prestigieux, impliquant une domination de Sumer et d'Akkad: ce fut en particulier le cas de Sargon, Rimush et Manishtushu. La IIIème dynastie de Kish, qu'on peut situer entre - 2450 et - 2350, aurait été fondée par Kubaba, une "femme-vin" (û-kurun-na), c'est-à-dire une cabaretière ( = taverne); il est dit à son propos que c'est "celle qui consolida les fondations de Kish " et qu'elle régna 100 ans... Si l'on en croit toujours la LRS, elle aurait été renversée par un seigneur d'Akashak, mais Puzur-Sîn, fils de Kubaba, rendit le pouvoir à Kish et le transmit à son fils Ur-zababa. Cette dernière dynastie de Kish fut finalement renversée par Lugalzagézi : on retombe alors en terrain ferme, à la veille de la prise du pouvoir par Sargon. Si prestigieux était devenu le nom de Kish que les rois suivants se parèrent du titre de roi de Kish, et l'on a pu parler d'un concept de "civilisation de Kish". Il convient de souligner que la cité, située au nord de Sumer, où Sargon vit monter son étoile et régna avant de fonder Akkad, n'était pas une ville purement sumérienne. À la frange de la partie nord de la Mésopotamie où l'on pénétrait dans le monde sémitique, Kish présentait déjà une civilisation originale où se confondaient les influences sumériennes et sémitiques, où était préfiguré le monde syncrétiste akkadien. Le site ou les sites (?) de Kish ont été retrouvés dans un ensemble de tells formant un tout gigantesque, dont les principaux sont : EI-Oheimir (ou El-Akhymer), El-Khazneh El-Bender et Ingharra. Les fouilles, restées très restreintes, il est vrai, sont décevantes dans la mesure où les découvertes ne paraissent pas à la hauteur de ce que fut une ville si prestigieuse. Des traces d'occupation au néolithique et durant l'Obeïdien ont été relevées, mais le plus ancien établissement bien attesté ne remonterait qu'à la fin du IVè mill. Les deux plus anciens bâtiments sont le palais A et le bâtiment appelé selon les briques utilisées pour sa construction "bâtiment plano-convexe" ou "palais B". Au nord de la ziggurat (dont l'un des noms était é.an.ûr.ki.tus.mah = Maison de l'horizon, demeure de l'exalté) et du temple qui lui était attaché (tell d'El­Oheimir) a été dégagé un grand bâtiment d'époque akkadienne dont la destination demeure incertaine. Les autres monuments de quelque importance sont d'époque néo-assyrienne et néo-babylonienne. Un important lot de tablettes a été recueilli dans le bâtiment appelé pour cette raison par le fouilleur " Bibliothèque du babylonien ancien". Les temples les plus importants de Kish (dont plusieurs consacrés à Zabada) étaient l'é.dub.ba (Maison de l'emmagasinage), dans lequel la déesse avait en outre des chapelles, l'é.hur.sag.kalam.ma (Maison de la montagne du pays), un temple d'Ishtar, et le temple de l'Akitu.


3 images

Kumarbi

Dieu Hourrite connu par divers textes Hittites où il est donné comme le fils d'Alalu et le père du dieu du Temps, Téshub. Le centre de son culte était à Urkish, dont il est dit "le père". Il est aussi dit "père des dieux", bien qu'il ne soit, en aucune manière, un dieu créateur ou ordonnateur du monde. Il semble qu'il était, à l'origine, un dieu du grain. Cependant, tout un cycle mythique s'est constitué autour de lui, lui conférant une personnalité et le mettant en compétition avec Téshup.htm">Téshup pour la domination du monde des dieux. Mais, contrairement à ce dernier, dieu du Temps et de l'Orage, et de nature céleste, Kumarbilst est une divinité de caractère chtonien, comme son père Alalu, qui, poursuivi par Anu, va se réfugier dans la Terre noire, c'est-à-dire l'autre monde.


Kumarbi

Dieu Hourrite connu par divers textes Hittites où il est donné comme le fils d'Alalu et le père du dieu du Temps, Téshup. Le centre de son culte était à Urkish, dont il est dit "le père". Il est aussi dit "père des dieux", bien qu'il ne soit, en aucune manière, un dieu créateur ou ordonnateur du monde. Il semble qu'il était, à l'origine, un dieu du grain. Cependant, tout un cycle mythique s'est constitué autour de lui, lui conférant une personnalité et le mettant en compétition avec Téshup pour la domination du monde des dieux. Mais, contrairement à ce dernier, dieu du Temps et de l'Orage, et de nature céleste, Kumarbi est une divinité de caractère chtonien, comme son père Alalu, qui, poursuivi par Anu, va se réfugier dans la Terre noire, c'est-à-dire l'autre monde.


Lagash

Ville de Sumer, retrouvée dans le site de Tell al-Hiba. On a cru longtemps que Lagash se trouvait dans le site de Tellô. Or il a été démontré que le riche site de Tellô était celui de la ville de Girsu, cité sainte du royaume de Lagash et sans doute sa capitale au DA III. Ce que nous connaissons ainsi de l'histoire de Lagash vient du matériel exhumé à Girsu. Le plus ancien ensi de Lagash attesté par une inscription est Enhégal (vers - 2570). Le deuxième, peut-être le successeur du précédent, Lugal-saengur (vers - 2550), est connu par une inscription du roi de Kish Mesalim, qui le cite comme ensi de Lagash. On se trouve sur un terrain plus stable avec Ur-nanshé (vers - 2494 - 2465), fils de Gunidu, considéré comme le fondateur de la dynastie de Lagash. Mais il convient de souligner que cette dynastie n'est pas mentionnée dans la LRS, ce qui laisse supposer que Lagash, malgré son importance et le fait qu'elle a été indépendante, n'a jamais occupé une situation prépondérante sur les cités de Sumer. On peut découvrir, à travers ses inscriptions, qu'Ur-nanshé a été un grand bâtisseur : temples de Nanshé, de Gadum-du(g) (une déesse-mère de Lagash syncrétisée par la suite avec Bau) et de Nin-Girsu, A-edin, fort à la bordure du désert (?), le Nin-gar, l'E-gidri, le rempart de Lagash, le Ki-nir, le Bagara, l'Es-dam, l'Apsu-gal (le grand Abzu, un sanctuaire). Sous son règne, le commerce fleurit, en particulier avec Dilmun. Cependant, il entra en conflit avec Ur et surtout Umma. La guerre avec cette dernière cité va atteindre un paroxysme avec son petit-fils, lui-même fils d'Akurgal (vers - 2464 - 2455), Eannatum qui inflige une défaite à Umma. Son frère, Enanatuma Ier (vers - 2424 - 2404), poursuit une oeuvre de constructeur, puis le conflit avec Umma reprend avec son fils Entéména . Se succèdent ensuite Enannatum Il (vers - 2374 - 2365), Énentarzi ( - 2364 - 2359) et Lugalanda ( - 2358 - 2352), qui ont perpétué la tradition de construction de leurs ancêtres. Cette dynastie se termine avec Urukagina (nom lu aussi Uruinimgina : vers - 2351 - 2342), sous le règne de qui le petit royaume prospère. Mais il est mis fin à la dynastie par Lugalzagési d'Umma. Un texte sur tablette d'argile est une sorte de lamentation sur Lagash rappelant cette fin: «L'homme d'Umma a bouté le feu au talus-frontière. Il a bouté le feu à l'Anta-sura [et] en a pillé l'argent et le lapis-lazuli. Il a tué dans le palais du Tiras, il a tué dans l'Apsu-banda, il a tué dans la chapelle d'Enlil et la chapelle d'Utu. Le texte se prolonge par la mention de tous les incendies, meurtres et pillages dont Lugalzagési est responsable pour se terminer par une malédiction au nom des dieux de Lagash . Il semble que, pendant la période de domination d'Akkad, Lagash ait continué de survivre sous des princes dont nous possédons une liste sans grand contenu. Cette petite principauté va retrouver un certain lustre sous Gudéa, vers la fin de l'époque de la domination des Guti. La ville se survit dans l'élan de cette impulsion pendant la période d'Ur III sans connaître de grandeur politique, malgré une certaine activité économique. Son déclin s'accentue pendant la période paléo­babylonienne, et elle s'éteint à l'histoire au début du Ier millénaire, bien que Girsu ait connu une pâle renaissance à l'époque parthe.


15 images

Lipit-lshtar

Cinquième roi ( - 1934 - 1924) de la dynastie d'Isin. On a conservé sous son nom un code de loi qu'il aurait fait inscrire sur une stèle. L'année où il fit dresser la stèle fut appelée celle " où Lipit-Ishtar instaura la justice dans le pays de Sumer et d'Akkad". On connaît de ce code une douzaine de manuscrits provenant de Nippur, Kish et Sippar. Ce roi a été déifié, grâce à quoi il nous est parvenu deux hymnes à sa gloire dont l'un débute ainsi : "O Lipit-Ishtar tête éminente, prince du sanctuaire, joyau, tige de royauté comme le soleil marchant..."


Manishtusu

Roi d'Akkad (-2269 -2255), fils de Sargon. Son frère, sans doute cadet, Rimush, fut avantagé par leur père, à qui il succéda. On ne sait si Manishtusu participa à l'attentat qui mit fin au règne de Rimush, mais il lui succéda sur le trône d'Akkad. Les premières années de son règne semblent avoir été calmes. Mais des révoltes vers le plateau de l'Iran le contraignirent à conduire une campagne vers Anshan et shérikhum (une contrée mentionnée aussi dans les campagnes de Sargon, sans doute située au-delà d'Anshan, dans la région de l'actuel Fars). Il aurait alors fait traverser la mer Inférieure (golfe Persique) à sa flotte : «Les villes de l'autre côté de la mer, [au nombre de] trente-deux, se liguèrent pour la bataille, mais il triompha et il vainquit leurs villes, il tua leurs princes [et] enleva [...] jusqu'aux mines d'argent. Des montagnes au-delà de la mer Inférieure, il tira des pierres noires il [les] chargEa sur des bateaux et il [les] amarra au quai d'Akkad. Il façonna sa statue [et la] voua à Enlil. Par Shamash et Aba, je jure que ce ne sont pas des mensonges, c'est absolument vrai. La localisation de ces villes et montagnes reste problématique. Une variante du texte remplaçant shérikum par Mélukhkha, on a pu supposer que shérîkum devait se situer vers les côtes de l'actuel Baloutchistan et que l'expédition militaire serait parvenue dans la vallée de l'Indus. Ce qui reste improbable. Il semblerait plutôt que la flotte akkadienne ait fait une incursion sur les rives de l'extrémité du golfe Persique, soit vers le Kirmân soit vers l'Oman. En fait, d'un si long règne, nous ne savons que peu de chose. Selon un omen, Manishtusu aurait finalement été assassiné à la suite d'une conspiration. On ignore si son fils, Naram-Sîn, qui lui succéda, a une responsabilité dans ce complot. INSCRIPTIONS MONUMENTALES : Les fouilles archéologiques ont rendu deux monuments portant de longues inscriptions de ce roi. Le premier, appelé "Monument cruciforme", a été exhumé à Sippar par Rassam en 1831 et se trouve au British Museum. Le second, la Pyramide de Manishtusu, retrouvé dans les fouilles de Suse, est exposé au musée du Louvre. Le "Monument cruciforme" est considéré comme une autobiographie, sans doute parce qu'il débute par les formules habituelles «Je suis Manishtusu le fils de Sargon, le roi puissant de Kish le frère aîné [ou encore : l'oint] d'Anu, l'Ensi d'Enlil, gouverneur (sakkanak) pour Ilaba (lu aussi : sakkanak d'Amal, car le texte est détérioré)... "> En fait, l'essentiel de l'inscription est relatif à une donation à Shamash pour laquelle le roi a libéré trente-huit cités afin de les mettre au service du dieu, c'est-à-dire de son temple et de son clergé. La Pyramide, bloc de diorite de 1,40 m de haut recouvert sur ses quatre faces d'inscriptions, rapporte l'achat par le roi de nombreux terrains afin de constituer un vaste domaine foncier. Dans chacun de ces textes, le roi mentionne soit les denrées mises à la disposition du dieu, soit les terrains acquis, toujours avec un luxe de détails relativement au poids des denrées, leurs quantité, etc... . ICONOGRAPHIE : Outre le monument cruciforme et la Pyramide, on dispose de deux bas de statues du roi, dont l'une, en diorite, est une robe évasée dont une frange oblique représente un beau travail de sculpture (toutes deux, provenant de Suse, sont au Louvre). Les fouilles de Suse ont aussi rendu un buste du roi dans la tradition sumérienne avec une chevelure faite de zigzags, une longue barbe taillée en forme rectangulaire, des yeux incrustés en calcaire jaune. Le roi est dans l'attitude de l'humilité devant le dieu, les mains croisées sur la poitrine. Son torse étant nu, il devait être vêtu du kaunakès .


1 images

Mari

Ville du moyen Euphrate, exhumée dans le site syrien de Tell Hariri, qui, par le nombre de tablettes exhumées et leur contenu, occupe une place capitale pour notre connaissance de la Mésopotamie au début du IIe mill.. Son nom est écrit Ma-URU-ki, Ma-ri-ki, Me-ra-ki , Ma-eri-ki. C'est cette dernière lecture qui devrait prévaloir selon Thureau-Dangin , suivi par Jacobsen . L'occupation du site remonte au début du IIIe mill. Encore mal connue, la cité du DA avait une forme approximativement circulaire d'un diamètre de 1 900 m, protégée par une haute digue contre les débordement de l'Euphrate. On ne sait que très peu de chose concernant cette période. La ville devait déjà avoir acquis une certaine importance car elle est donnée dans la LRS comme ayant fourni la Xe dynastie après le Déluge. Son roi (lugal) Ansud battit par les armes Adab, et Marisuccéda à cette dernière dans la primauté sur le Sumer. Ansud aurait régné 30 ans et son fils Lugaltarzi lui succéda. Aucun des noms des quatre rois qui ont succédé à ce dernier ne sont complets, le total des années de domination de Mariétant de 136 ans. La royauté passa alors à Kish, avec la cabaretière Ku-Baba. De cette période datent plusieurs temples (d'Ishtarat, de Nini-zaza, d'Ishtar, dans la cour duquel étaient dressés des bétyles, de Shamash. Un monument massif de briques rouges (cuites, contrairement aux briques crues qui restent grisâtres), appelé par le fouilleur André Parrot, le "massif rouge", serait la base d'une première ziggurat. Sous le grand palais de Zimri-Lim gisaient plusieurs palais qui avaient été successivement les résidences des souverains de la cité au DA. La ville, prise et mise à sac par Lugalzaggesi d'Umma, fut ensuite intégrée dansl'empire d'Akkad, mais avant la fin de cette période elle se rendit indépendante sous une dynastie, issue des anciens gouverneurs de la ville au service des rois d'Akkad, dite "des shakkanakku" (gouverneur militaire dont l'office apparaît pour la première fois dans l'inscription de l'obélisque de Manishtutu). Un nouveau palais est construit sur les ruines des vieux palais, sur des plans nouveaux. De cette nouvelle construction date la cour des Palmes, par laquelle on accédait à la salle du trône. C'est au cours des siècles suivants, les premiers du IIè mill., que Mariparvient à l'apogée de sa puissance et où est aménagé le palais, qui atteint sa plus grande extension avec le règne de Zimri-Lim (-1782 - 1759). Ce dernier était le fils d'Iahdun-Lim (vers - 1825 - 1810), lui-même fils d'Iaggid-Lim. A la mort de Iahdun-Lim, Sumu-yaman, son frère, lui avait succédé, mais après un court règne il avait été évincé, sans doute par le roi d'Assyrie shamsi-Adad Ier, qui avait confié à son fils Iasmakh-Addu le gouvernement de la ville et de sa région. Le trône de Marifut ensuite usurpé par Ishar-Lim, gouverneur de la province assyrienne du haut Khabur pour le compte d'Iasmakh-Addu. Finalement, Zimri-Lim réussit à chasser les Assyriens et à reconquérir le trône de son père. Après un règne brillant de 23 ans, il fut vaincu par Hammurabi, qui détruisit la ville et la frappa d'interdit, si bien que nul ne revint l'occuper. En fait, un nouvel établissement y fut fondé à l'époque néo-assyrienne, qui devint le chef-lieu de la province de Suhu. Le chef-d'oeuvre de Marià l'époque de Zimri-Lim est son palais, un énorme bâtiment dont les trois cents salles et cours couvraient 2500 ha. Comme il est prouvé que le palais possédait un étage (dont une partie était peut-être occupée par des terrasses), il faudrait peut-être doubler ce nombre de pièces. Dans ce palais ont été retrouvées les plus anciennes peintures murales du POA scène de sacrifice, offrande de l'eau et du feu, scène de l'investiture. Ainsi peut-on voir les teintes des vêtements grande robe blanche d'un dieu assis, pagne blanc croisé d'un prêtre, mais aussi robes d'un prêtre officiant et d'une prêtresse portant une coiffe à cornes (Ishtar?) faîtes de pans composés chacun de petites bandes de tissu verticales alternées blanches, brunes, grises, vertes, jaunes. Les statues et les objets retirés de l'ensemble du site sont nombreux et souvent remarquables, tels ces statues du DA de "l'Adorante" (Louvre) et de la"Grande Chanteuse" Ur-Nina (musée de Damas), et ces chefs-d'oeuvre de l'époque paléobabylonienne que sont les statues d'Idi-Ilum (Louvre), du prince Ishtup-Ilum et de la déesse "au vase jaillissant" (musée d'Alep). Le palais était le centre administratif du royaume, ce qui explique que ce soit dans ce bâtiment qu'a été recueillie la grande majorité des 20 000 tablettes qui permettent d'avoir une connaissance souvent détaillée aussi bien des événements politiques que de la vie "quotidienne" des habitants du palais, grâce à un nombre considérable de lettres qui constituent l'essentiel de ces archives. Il n'a été retrouvé ni ouvrages littéraires ni textes de caractère fiscal, ce qui laisse penser qu'on doit pouvoir retrouver ces derniers dans un bâtiment spécialisé qui reste à découvrir. Ces textes, rédigés en akkadien, révèlent l'étendue des relations de Mariavec les villes de Syrie et de Babylonie et son commerce avec les marchands de Dilmun.


16 images

Mésanépada

Nom sumérien Mes-an­né-pà-da = "héros choisi par Anu". Roi (lugal) d'Ur, il est sans doute fondateur de la 1ère dynastie. Son nom apparaît dans la LRS, qui lui attribue un règne de 80 ans. Il semble que le scribe ait uni le temps de son règne à celui de son fils Aanepada, dont le nom a été effacé. Il aurait alors régné une quarantaine d'années aux alentours de - 2550 . Une inscription sur une perle de lapis-lazuli le dit roi d'Ur, fils de MeskaIlamdug, roi de Kish. On connaît le nom de son épouse Ninbanda par une autre inscription sur un cylindre. Cependant, sur une autre inscription, il est dit époux de la "nugig", titre d'une prêtresse qu'on traduit parfois par "hiérodule". Selon la chronique du Tummal, il aurait construit le Burshushua du temple d'Enlil. Le signe divin qui précède le nom du roi laisse penser qu'il a été divinisé à une époque tardive. La LRS et la chroniquo du Tummal lui donnent pour fils un certain Mos-ki-àg­nanna, à qui est attribué un règne de 36 ans. On lui devrait la reconstructîon du Tummal, le temple de Ninlil, qui se serait écroulé sous le règne de son père. Il est possible que Mes-ki-àg-nanna ait en réalité été le fils d'Aanépada.


Mésopotamie

(Pays) entre (les deux) fleuves : tel est le sens du nom donné par les Grecs à la plaine partiellemont désertique située entre l'Euphrate et le Tigre, dont les noms akkadiens étaient Purartû et Idiglat (Puranti et Aranzah chez les Hourrites. En réalité, le territoire auquel nous donnons le nom de Mésopotamie, et qui correspond dans l'ensemble à l'actuel Iraq, est borné à l'est par la chaîne du Zagros, et du côté du couchant il englobe les terres arables à l'ouest de l'Euphrate, au moins jusqu'à la confluence du Khabur, au nord-ouest de Mari. La partie Nord-Est, vers les montagnes du Kurdistan actuel et du Zagros, a été occupée dès le paléolithique moyen (grotte de shanidar). Cette région septentrionale fait partie des terres où va se réaliser la sédentarisation des tribus épipaléolithiquos, avec la domestication de certaines espèces animales et la maîtrise de l'Agriculture (néolithique acéramique, entre -9000 et -7000). La céramique apparaît dans le site de Jarmo (dans le Zagros) au début du VIIè mill. Les archéologues ont ensuite divisé la préhistoire de la Mésopotamie en plusieurs grandes périodes fondées sur la diffusion de types caractéristiques de céramiques dans une partie ou l'ensemble du territoire, ces périodes étant désignées par le nom d'un site éponyme où le type de poterie concerné a été découvert la première fois, ce qui ne signifie pas que celui-ci ait été imaginé par les potiers du site et que ce soit de là qu'il se soit répandu dans les régions plus ou moins voisines. Telles sont, dans le Nord, les phases dites d'Hassuna et de Samarra, cette dernière étant confinée à une bande de territoire allant de l'Euphrate dans la région de Baghuz aux montagnes du Zagros avec le site central de Choga Mami ( - 6000 - 5000). Vers - 5600 se développe dans l'ouest de la Mésopotamie et une partie de la Syrie la civilisation halafienne, nommée d'après le site de Tell Halaf (-5500 - 5000). Le métal, qui a fait une modeste apparition au cours des périodes précédentes sous la forme de cuivre natif et de pépites d'or, se vulgarise surtout sous la forme du cuivre martelé, d'où le nom de chalcolithique ancien donné à cette période. Ces civilisations correspondent dans le sud aux cultures d'Éridu et d'Hajji Mohammed (- 6000 - 5200), la première étant circonscrite à l'extrême sud de la Mésopotamie, la seconde s'étendant autour de la région de Kish. Vers -5200 commence à se développer la civilisation dite obeidienne (d'après le site d'El-Obeid au sud d'Ur). Il est cependant possible qu'il faille rehausser de trois siècles le début de l'obeidien . La civilisation d'EI-Obeïd s'impose vers le nord de la Mésopotamie au V mill., de sorte qu'on a pu supposer que cette extension des modèles obeidiens correspondait à une conquête militaire du Nord par le Sud. Les relations commerciales semblent suffire pour expliquer la suprématie d'une civilisation qui avait inventé le moulage du cuivre, ce qui permettait d'aiguiser les outils, et le moulage des briques, qui représentait un embryon d'industrialisation. Dans les plus bas niveaux du site d'Uruk apparaît une nouvelle poterie à engobe rouge ou gris poli, qui va par la suite se répandre dans le sud de la Mésopotamie et supplanter la céramique peinte d'El-Obeïd (Uruk ancien et moyen, -4000 - 3500). Avec la civilisation d'Uruk récent ( - 3500 - 3100), les Mésopotamiens sont parvenus à une maîtrise de la métallurgie et à un stade urbain avancé. C'est à cette époque qu'ils inventent l'écriture, laquelle va se développer à l'époque suivante, dite de Djemdet-Nasr, qui apparaît comme la première période historique du POA. Cette explosion de la civilisation est due aux Sumériens. C'est à cette époque qu'il convient de situer la naissance et l'hégémonie des cités antédiluviennes, dont la LRS nous a conservé le souvenir magnifié. Vers -3000 commence la période historique du bronze ancien et, pour ce qui est du Sumer, le dynastique ancien. L'époque d'Akkad met fin à cette première période, sumérienne. La civilisation sumérienne (Néo-Sumériens) parvient à son apogée avec la dynastie d'Ur III, qui domine une grande partie de la Mésopotamie pendant les deux derniers siècles du III mill., tandis que dans le Nord pointe la civilisation assyrienne. Au début du millénaire suivant les Sumériens disparaissent en tant qu'entité politique, mais la langue de Sumer et l'ombre de sa civilisation s'imposent à leurs successeurs babyloniens et Assyriens. André Parrot a souligné, par des comparaisons restreintes, l'unité culturelle des cités de Sumer pendant le III mill., cités parmi lesquelles figure Mari(ses comparaisons portent sur le mobilier de Tell Hariri/Mari), de Khafaje et de Tell Asmar (Eshnunna). Cette unité se retrouve dans le développement de la civilisation de Babylone, qui, si elle se différencie profondément de celle des Sumériens, en est son héritière. Unité marquée aussi chez les Assyriens, qui, malgré de très nombreux points communs avec les Babyloniens, qui ont été dans une grande mesure leurs maîtres, ont fait preuve d'un génie d'invention et d'observation, en particulier dans leurs sculptures de bas-reliefs, cela malgré des conventions tel le principe de symétrie, dont ils ont su faire un élément ornemental ou qu'ils ont utilisé pour créer des effets d'opposition et d'agonistique.


25 images

Naram-Sîn

Roi d'Akkad (-2254 -2218). La graphie Naram-Suen, qu'on rencontre parfois, est la forme sumérienne de son nom akkadien. Il était le fils de Manishtusu et le petit-fils de Sargon. Comme pour Sargon, l'essentiel de nos connaissances sur ce personnage d'une importance capitale dans l'histoire de l'Orient ancien repose sur des textes tardifs, au moins d'époque paléobabylonienne, soit plus de quatre siècles après les événements; c'est le cas, en particulier, du récit littéraire de la Grande Rébellion, un soulèvement général de toutes les provinces, de la Syrie à l'Élam, au moment de son avènement: «Lorsque les Quatre Régions, ensemble, se soulevèrent contre moi, que Kish, Kutha, [w]urumu Kazallu, Giritab, Api(w)ak [...] Ibrat, Dilbat[...] Uruk et Sippar ensemble se soulevèrent contre moi" . Une grande partie de son règne s'est passée en guerres, mais il est impossible de situer celles-ci chronologiquement. Après avoir pacifié les villes d'Akkad et de Sumer révoltées (sont citées des villes connues comme Kish, Uruk, Sippar) et regroupées derrière Ipkhur-Kish qui s 'était emparé de la royauté à Kish et Amargirid, roi d'Uruk, Naram-Sîn fit victorieusement face aux rébellions du côté du couchant, en Syrie, et jusqu'en Anatolie , comme en témoignent des stèles de victoire trouvées à Diyarbakir et à Suleymanieh, dans l'est de la Turquie, ce qui corrobore le témoignage plus tardif d'une tablette d'argile : "Nergal ouvrit la route de Naram-Sîn le fort, et il lui donna Armanum et Ibla; il lui offrit aussi l'Amanus, la montagne des Cèdres et la mer Supérieure (la Méditerranée)." Selon les versions de la "Grande Rébellion" (trois paléobabyloniennes et une hittite), il aurait vaincu soit dix-sept, soit onze rois coalisés. La version paléobabylonienne du British Museum cite, parmi les rois qui se levèrent contre Naram-Sîn, ceux d'Élam, du Gutium mais aussi de Mélukhkha et d'Aratta, ce qui laisse penser que, dans sa marche vers l'est, il conquit l'Élam, où il plaça un gouverneur dans sa capitale, Suse, poussa ses expéditions jusqu'à Magan (l'Oman), où il vainquit son roi, Manium, et peut-être plus profondément encore dans le plateau iranien, presque jusqu'à la vallée de l'Indus. Une année, il aurait remporté neuf victoires successives sur ses ennemis. Selon ce qu'on peut conclure des textes dont nous disposons - qui, dans l'ensemble, remontent à des sources anciennes, bien que fortement magnifiées - Naram-Sîn s'est révélé un stratège et un tacticien exceptionnel, dont pour une grande part le règne s'est passé en campagnes militaires destinées à la sauvegarde des frontières de l'empire dont il avait hérité. Et, visiblement, de son vivant, son génie militaire a dû étonner ses contemporains tout autant que lui-même, car il a été le premier souverain mésopotamien à s'être divinisé de son vivant, sans doute vers la fin de sa vie. Ainsi, dans nombre d'inscriptions est figuré le déterminatif des noms divins devant son nom, d'où la traduction de Naram­Sîn, "le dieu" (d'Akkad). D'autre part, il a inauguré le titre qui sera ensuite souvent repris par les rois mésopotamiens, de "roi des Quatre Régions"(c.à.d. "du Monde"). Roi conquérant, il fut aussi roi bâtisseur. Outre le palais qu'il s'était fait construire à Brak, il reconstruisit l'é.babbar, temple de Shamash et d'Ayya à Sippar, l'é.kish.nug.àl, temple de Nanna-Suen à Ur, dont il fit sa fille, En-men-ana, la grande prêtresse, celui d'Ishtar à Zabalam, celui d'Inanna à Adab; à Akkad, il aurait bâti un temple de Sîn et un autre pour lui-même. Selon une inscription de Nabonide, il aurait achevé la construction de l'é.ul.mas, temple d'Ishtar à Akkad. Il aurait encore restauré l'é.kur le temple d'Enlil àNippur, entreprise terminée par son fils shar-kali-sharri, tandis que son autre fils, Lipit-ilî, érigea pour lui le temple de Ninurta à Marad, ville dont il était le gouverneur. Néanmoins, Naram-Sîn aurait encouru la colère d'Enlil pour avoir mis à sac Nippur et l'é.kur, ce même temple d'Enlil qu'il restaura. Et ce serait ce sacrilège qui aurait, par la suite causé tous les malheurs d'Akkad et sa ruine finale, si l'on en croit le texte de la "Malédiction d'Akkad". ICONOGRAPHIE : Malgré l'importance et la longueur de son règne, il ne nous est parvenu que peu de représentations de Naram-Sîn. Son passage dans le défilé de Darband i-Gawr en Iran, au nord du Kara-Dag, lors d'une expédition contre les Lulubi, est commémoré par une stèle sculptée dans la roche figurant son triomphe sur ses ennemis. Le musée d'Istanbul possède un fragment de stèle en basalte de 55 cm de haut, provenant de Pir-Hussein (Kurdistan turc), où l'on voit le roi de profil, tourné vers la gauche, coiffé de la tiare conique, vêtu d'une tunique laissant nue son épaule droite. Sa barbe, soigneusement frisée, coupée en triangle, lui couvre la plus grande partie du visage. Cependant, le chef-d'oeuvre de l'art de cette époque est la stèle de grès rose, trouvée à Suse mais érigée à Sippar (musée du Louvre), où l'on voit le roi, coiffé d'un casque pourvu de deux cornes, qui marche vers une montagne en forme de cône, surmontée par des symboles divins ("roue" de Shamash en forme d'étoile pourvue d'une quinzaine de branches). Derrière lui et dans un registre inférieur suivent trois porteurs d'étendard, et dans le registre le plus bas marchent des guerriers Akkadiens. Face à eux se trouvent les ennemis vaincus, l'un pendu par les pieds, un autre empalé par les reins, un autre, agenouillé, le torse rejeté en arrière, souffle dans une longue trompette. Dans le fond, sur trois registres, trois personnages en prière. Tous ces personnages harmonieusement répartis sur cette stèle de 2 m de hauteur sur une largeur maximale de 1,05 m, donnent un sentiment de grouillement de vie tout en exaltant la gloire du roi conquérant, qui semble monter vers les cieux où résident les dieux. (voir aussi : Kutha, légende du roi de ).


3 images

Ninhursag

Déesse Sumérienne, «dame du hursag ( = "le désert pierreux"). Elle est parfois interprétée comme l'aspect féminin d'Enki. Ancienne déesse-mère, ses attributs restent des plus vagues. Elle est aussi donnée comme la mère de Ninurta et, en conséquence, comme l'épouse d'Enlil. Elle avait des temples à Kish et à Lagash.


3 images

Numushda

Vieille divinité sumérienne. On ne connaît pas avec certitude ses attributs : peut-être était-il un ancien dieu de l'Orage. On dispose de témoignages d'un culte possible de ce dieu à Kish et à Marad, mais il était avant tout le dieu tutélaire de Kazallu (cité non localisée précisément mais située dans le nord de la Babylonie), où il possédait un temple, l'(é).kun4.sa.tu. Une généalogie tardive en fait le fils de Nanna. Son culte, attesté dès le DA, semble disparaître après la fin du babylonien ancien, au milieu du IIème millénaire. On a retrouvé un petit poème mythique qu'on a intitulé les "Noces de Martu" (voir Amurru), dans lequel le dieu des Amorrites, appelé Martu en sumérien, a demandé à Numushda la main de sa fille, ce qui lui a été accordé. On y voit le symbole de l'union des nomades pillards Amorrites avec les sédentaires d'une grande cité, symbolisés par le dieu et sa fille. Dans une discussion entre la fiancée, Adnigkidu, et une de ses jeunes compagnes, cette dernière s 'étonne qu'elle accepte d'épouser un de ces nomades, comme ce Martu,"qui ne connaissent pas le grain... qui ne connaissent ni maison, ni ville, les rustres de la montagne... Le Martu qui déterre les truffes au pied des montagnes, qui ne se baisse pas (pour travailler la terre), qui mange la viande crue, qui n'a pas de maison pendant toute son existence, qui n'est pas enseveli après la mort... Martus ravageurs aux instincts de bête sauvage... "Dans ce texte, l'aspect sauvage est marqué, notamment, par le fait que le nomade mange des truffes sauvages. Charles-E Jean rappelle l'enquête de Cantineau, selon qui les nomades de la steppe syrienne, encore au milieu du XXè siècle, recueillaient sous terre les truffes dans le désert, au printemps, pour aller les revendre aux commerçants de Palmyre. Ce qui n'empêche pas la jeune princesse, sans doute amoureuse de ce beau barbare, de répondre : «Malgré tout j'épouserai Martu !".


Pays de la Mer

Site de la chaîne montagneuse du Morghab, au sud-est de l'Iran. La ville a été fondée par Cyrus vers -547, à l'endroit où il avait vaincu l'armée des Mèdes, afin d'en faire la capitale de son empire. Son nom de Pasargades est l'hellénisation du persan Batrakatash. Ses ruines, très éparpillées, s'étendent sur une aire de 3 x 2 km; les principales sont deux palais, une porte monumentale, une tour appelée par les gens du pays Zendan-i Suleiman et un petit mausolée carré couvert d'un toit oblong, dressé sur un podium de pierre à six degrés, appelé tombeau de Cyrus. C'est là que le corps du conquérant aurait été enseveli. Le deuxième successeur de Cyrus, Darius 1er, transporta sa capitale à Persépolis. Pays de la Mer : C'est le nom donné dans les textes cunéiformes aux territoires situés au sud-est de la Mésopotamie, dont une grande partie était constituée par la région de marécages formée par la confluence du Tigre et de l'Euphrate, encore habitée de nos jours. Son nom apparaît pour la première fois dans les listes royales babyloniennes A et B (voir chroniques) sous la forme bala SES.HA ou bala SES .kù.ki. Selon ces listes, les rois du Pays de la Mer auraient régné à Babylone, formant la IIe dynastie babylonienne, la 1ère étant la dynastie amorrite, illustrée par Hammurabi. La difficulté vient du fait qu'elle aurait régné 368 ans (selon la liste A), ce qui paraît peu vraisemblable, et qu'on ne sait où la situer : avant, pendant ou après la dynastie kassite, soit entre -1600 et -1000. Ainsi, en son temps, Louis Delaporte (plaçait cette IIe dynastie de Babylone parallèlement aux derniers rois de la Ire dynastie (Samsuiluna et ses successeurs), et il situait chronologiquement son fondateur, Ilima-Ilum, entre -1949 et -1890. Dans leurs chronologies Garelli et Lemaire (1997, 316) ignorent cette dynastie et situent une IIe dynastie à la suite des Kassites. Son fondateur, Simbar-shipak (-1025 -1008), se retrouve dans la chronologie de Delaporte, qui lit son nom shimmash-shipak, mais il inaugurerait la Ve dynastie de Babylone et il aurait régné entre -1038 et -1022. La vraie solution est peut-être celle qu'avait proposée Thureau-Dangin, de ne faire régner que deux rois de cette lignée de souverains du Pays de la Mer, shushi et Gulkishar, sur Babylone, constituant ainsi cette IIème dynastie; ils auraient pris le pouvoir après la mort de Samsuditana (-1625 - 1595), le dernier roi de la 1ère dynastie, et, après un demi-siècle de domination, ils auraient été chassés par le Kassite Gandash, fondateur de la IIIe dynastie. D'après les textes, leur capitale se serait appelée Urùkù (avec des variantes graphiques) ou E'urukù(g). Ce nom, qui signifie "ville sainte", désigne généralement Babylone, et c'est la traduction qu'en donnent de nombreux auteurs à commencer par Thureau-Dangin . Néanmoins, pour Wilfred Lambert , il s'agirait de la capitale des rois du pays de la Mer, laquelle pourrait être Al-Hiba (ou El-Hibba). Ce dernier site, un énorme tell de 480 ha situé entre le Tigre et le Chatt el-Haï, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Tellô/Girsu, se trouvait, dans l'Antiquité, à la lisière des marais. Il a été sommairement fouillé en 1887 par Robert Koldewey. Une brique portant le nom d'Urukù (Falkenstein) a incliné certains auteurs à identifier le telI à la capitale du Pays de la Mer. L'histoire du Pays de la Mer va ensuite se confondre avec celle des Chaldéens, dont les tribus dominaient cette région.


Samsu-Iluna

Roi de Babylone (- 1749 -1712). Fils et successeur d'Hammurabi, il hérita d'un royaume puissant mais menacé sur ses frontières. La neuvième année de son règne, il dut repousser les Kassites à l'est, première manifestation d'un peuple qui devait mettre un terme à la dynastie amorrite. L'année suivante, il dut combattre les armées d'Idamaraz, Iamutbal, Uruk et Isin. Ces attaques le conduisirent à fortifier Kish. La révolte d'Iamutbal était dirigée par un certain Rim-Sîn qui s'était institué roi de Larsa. Vaincu, Rim-Sîn mourut dans son palais (14è année du règne de Samsu-Iluna). Cependant, les révoltes vont se poursuivre tout au long de son règne, qu'il devra sans cesse réprimer : Eshnunna, face à laquelle il édifia la forteresse de Dûr-Samsu-Iluna (act. Khafajeh) pour contrôler le territoire ; Iluma-ilum, qui établit sa dynastie sur le Pays de la Mer; au nord vers le Khabur où il dût construire une place forte à Sagaratim. Malgré les difficultés intérieures et extérieures de son règne, les inscriptions nous font connaître son activité de bâtisseur, qui ne fut pas uniquement centrée sur des fortifications. Ainsi reconstruisit-il le temple de Shamash (é-babbar) à Sippar avec sa ziggurat ; il refit creuser le canal appelé Durul et Taban, fit sculpter de nombreuses statues. Le royaume continua de connaître une grande activité commerciale et administrative, comme en témoignent les nombreuses tablettes concernant son règne .


Sargon d Akkad

Fondateur (-2334 -2279) de la dynastie d'Akkad et de la ville de ce nom. VIE DU ROI : On ne possède qu'un monument contemporain de Sargon, une stèle triomphale retrouvée à Suse. Nous ignorons même son vrai nom, car sharrukenu (ou sharrukin) est un surnom qui signifie roi légitime . La Légende de Sargon est relatée dans des textes des époques néo-assyrienne et néo-babylonienne, soit près de quinze siècles après les événements."Je suis Sargon, le roi puissant, le roi d'Akkad. Ma mère était une grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville [natale] est Azupiranu, qui est située sur les bords de l'Euphrate.[...] Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et me mit au monde en secret. Elle me déposa dans une corbeille de jonc dont elle ferma l'ouverture avec du bitume. Elle me jeta dans le fleuve sans que j'en puisse sortir. Le fleuve me porta; il m'emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d'eau... [...]m'adopta comme son fils et m'éleva...[il] me mit à son métier de jardinier. Alors que j'étais ainsi jardinier, la déesse Ishtar se prit d'amour pour moi, et c'est ainsi que pendant [cinquante]-six ans, j'ai exercé la royauté" .On peut accepter le témoignage de certains textes qui nous apprennent que Sargon a été l'échanson du roi de Kish, Ur-zababa. S'est-il ensuite révolté contre ce roi et a-t-il quitté Kish pour fonder Akkad, ou, au contraire, a-t-il été choisi par ce roi comme son héritier et a-t-il dû fuir et fonder Akkad parce que Lugal­zagési, roi d'Umma et d'Uruk, et fédérateur des cités sumériennes, avait conquis Kish et mis à mort Ur-zababa ? Dans ce cas, la guerre audacieuse qu'il va mener contre Uruk pourrait être le fait non d'une bravade qui l'aurait conduit à s'attaquer au maître du premier Empire sumérien, mais, plutôt, d'une vengeance. Toujours est-il que ce long règne fut consacré à fonder le premier empire historique de l'Asie antérieure. Mais jusqu'où s'étendait-il ? On serait bien en peine de le déterminer avec certitude. Si l'on en croit les diverses légendes concernant Sargon, il aurait trempé ses armes dans le golfe Arabique, où il aurait conquis l'île de Dilmun et aurait soumis l'Élam, ce qui n'a rien d'invraisemblable. Vers l'ouest, Si l'on en croît l'épopée du "Roi du combat" il se serait "élancé vers les Montagnes claires (Liban?) et la forêt de Cèdres" (Amanus ?). Sous prétexte de défendre des marchands sémites opprimés par leur sukallu, il s'empara du pays d'Ibla (Cappadoce ?), où se trouvait Purushkhanda, ville du dieu Dagan. Vers la fin de son règne, il dut faire face à des révoltes qui le forcèrent à soutenir un siège dans sa propre capitale d'Akkad. Il réussit à vaincre les rebelles qu'il poursuivit jusqu'au Subarru, secondé par son fils Rimush. Nous connaissons le nom de sa femme, Ashlutum et celui de sa fille, En-hedu-ana "vraie femme de Nanna [...] dans le temple d'Inanna à Ur" . TEXTES RELATIFS À SARGON : - 2 tablettes d'argile bilingues (akk. et sum.) datant de la Ire dynastie de Babylone : " Sargon [...] vainquit la ville d'Uruk et détruisit son rempart. Il défit Uruk dans une bataille et fit prisonnier Lugalzagési, le roi d'Uruk, au cours de la bataille il l'amena dans un carcan à la porte d'Enlil. Sargon, le roi de Kish, gagna 34 batailles il détruisit les remparts jusqu'au bord de la mer. Il amarra au quai d'Akkad les bateaux de Méluhha, les bateaux de Magan [et] les bateaux de Tilmun.» Légende de Sargon : Citée plus haut. La Légende Sumérienne de Sargon : Sargon, échanson d'Ur-zababa, est visité en rêve par Inanna dans le temple d'Ézinu. Il y a vu le roi de Kish dans un flot de sang. Il le lui rapporte, ce qui effraie le roi, qui écrit à Lugalzagési. La fin de la tablette manque, mais son intérêt réside dans un long dialogue entre Sargon et Ur-zababa. Sargon et Lugalzagési : Fragment en sumérien par lequel on apprend le nom du père de Sargon, Laipum. Il y est aussi dit qu'il fit d'une femme de Lugalzagési sa concubine et qu'il marcha contre ce demier, comme si la cause du conflit était, précisément, cette femme. Sargon preneur de ville : Texte d'une tablette du Louvre où est rapportée la destruction d'une ville du pays d'Utanapishtim par "la horde" (?) d'Akkad. Elle est attribuée à l'époque de la 1ère dynastie de Babylone, bien qu'il y soit mentionné des "hommes de fer" Le Roi du combat (ou de la bataille : sar tamhSrim) : Constitué par plusieurs fragments, de la période de la 1ère dynastie babylonienne, ce texte rapporte l'expédition du roi vers la forêt des Cèdres et sa campagne contre le seigneur de Purushkhanda. On en possède plusieurs versions avec des variantes en ce qui concerne quelques détails. Chronique de Sargon : Tablette du BM de l'époque néobabylonienne. «Sargon, roi d'Akkad, s'éleva au pouvoir durant l'ère d'Ishtar et il n'eut ni rivaux ni opposants [...] Il traversa la mer du Levant et il conquit les contrées du Couchant... " C'est cette chronique qui nous apprend que dans sa vieillesse, Sargon dut subir un siège dans Akkad. Trait amusant : selon la chronique, il aurait construit près d'Akkad une réplique de Babylone, ce qui aurait provoqué la colère de Marduk. Or, ni Babylone ni son dieu, Marduk, n'existaient à l'époque de Sargon. ICONOGRAPHIE. Une très belle tête en bronze provenant de Ninive (Kuyunjik) et exposée au musée de Bagdad, semble être un portrait de Sargon. Sa stèle en diorite retrouvée (à l'état fragmentaire, en plusieurs morceaux) à Suse (musée du Louvre) est sculptée de bas-reliefs où les personnages sont représentés dans la grande tradition sumérienne. On y voit, en particulier, un soldat akkadien vêtu d'une robe qui tient sur son épaule droite une courte épée et qui empoigne de l'autre main un captif entièrement nu, les poignets liés par une corde dans le dos; dans une autre zone en partie effacée sont représentés des prisonniers jetés au sol, assis ou agenouillés, scène qu'on a pu interpréter comme un massacre, tandis que dans le registre inférieur les corps des morts sont abandonnés à des charognards, peut-être des vautours ou des sortes de gypaètes.


Sennachérib

Roi d'Assyrie (- 704 -681), de son nom assyrien Sîn-ahhê-erîba = "Sîn a compensé les frères (morts)". Si l'on en juge à son nom, il eut plusieurs frères aînés morts en bas âge. Il fut élevé comme un prince héritier et reçut dans sa jeunesse des charges administratives. Dès que son père, Sargon Il, fut tué, lors de sa malheureuse campagne contre Tubal, il monta sur le trône et, aussitôt, dut fait face à des révoltes, comme ce fut si souvent le cas lors des successions royales en Assyrie. Sous l'impulsion des Egyptiens, les rois de Sidon, d'Ascalon et de Juda se liguèrent contre les Assyriens tandis que dans le Sud, Mérodach-Baladan, qui s'était enfui vers l'Élam devant l'avance de Sargon, revenait s'installer à Babylone. Aussitôt (campagne de la 1re année de règne), Sennachérib marcha contre Babylone, reprit la ville tandis que Mérodach-Baladan s'enfuyait vers les marais, et installa un gouverneur d'origine babylonienne, Bêl-ibni. Croyant avoir pacifié le Sud, l'année suivante il fît une longue campagne dans les régions à l'est du Tigre pour soumettre les tribus révoltées. La troisième campagne fut consacrée à l'Ouest. Son tartan (turtânu = général) vainquit le roi de Sidon, qui s'enfuit à Chypre, mit le siège devant Lakish, qui fut bientôt enlevée. Après de nombreuses palabres sous les murs de Jérusalem, rapportées par le livre biblique des Rois (Il Rois 18 :13-19 :34, et Il Chron 32 :1), le roi de Juda Ezéchias livra un énorme tribut mais sauva ainsi sa ville. Cinq campagnes furent ensuite conduites contre l'Elam et les régions du sud du Tigre, où l'état de révolte était permanent. L'armée assyrienne pourchassa les rebelles dans les marais, mit au pillage les villes de l'Élam. En -691, les Assyriens subirent vîsiblement un revers lors d'une bataille contre les Elamites à Hallulê et, Babylone s'étant encore une fois révolté, en -689 Sennachérib fit ce que ses prédécesseurs sur le trône d'Assur n' avaient jamais osé faire par respect d'une cité aussi vénérable, il détruisit la ville. La rébellion ayant été temporairement matée dans cette partie de l'empire, le roi fit une incursion chez les Arabes pour y prélever des dromadaires et marcha contre l'Egypte. Mais l'armée assyrienne fut arrêtée à Péluse, à la porte du delta, par une épidémie, sans doute de peste, provoquée par une invasion de rats. "Au mois de Tebet, le 20e jour (janvier), au cours d'une insurrection, le fils de Sennachérib, roi d'Assyrie, tua son père. Sennachérîb régna [24] ans sur l'Assyrie. En Assyrie, l'insurrection dura du mois de Tebet, le 20e jour, au mois d'Addar (février), le 2» jour. Au mois d'Addar, le [2]8eme» jour (mars), Assarhaddon, son fils, s'assit sur le trône d'Assyrie " . Comme Sargon avait construit Dur­sharrukin pour en faire sa capitale, Sennachérib abandonna cette dernière pour s'installer à Ninive, dont il est, en quelque sorte, le nouveau fondateur. Il y entreprit des travaux gigantesques qui feront de cette ville l'un des joyaux du monde oriental. Le roi s'est fait représenter dans un grand relief sculpté dans le roc dominant le Gommel . Dans cette même région, au nord de Ninive, à Bavian et à Maltai, il a laissé des reliefs rupestres dont, à Maltai, un défilé des grands dieux debout sur leurs animaux symboliques . Dans le palais de Ninive se trouvait la série des reliefs du siège de Lakish (au BM), dans lesquels il s'est fait représenter assis sur un haut trône, sur une colline où les vaincus viennent lui rendre hommage .


shamshi-Adad

(nom aussi transcrit Samsi-Addu). Cinq rois Assyriens ont porté ce nom. Le seul qui ait eu une action importante est le premier du nom. shamshi-Adad 1er ( - 1807 - 1776) était fils d'un obscur prince d'un clan benjaminite, Ilâ-Kabkabû (ou Igur-Kabkabu sur une brique d'Assur). Il résida un moment à Babylone, nous apprend la Liste royale assyrienne, au temps de Naram-Sin (il s'agit du roi d'Assyrîe). On ne sait précisément comment il s'empara de la forteresse d'Ekallâtum, qui commandait une région à l'est du Tigre. Il y conforta sa puissance pendant trois ans, puis il marcha sur Assur et s'empara du trône d'Erishum. Cependant, il établit le centre de son administration à shubat-Enlil (Tell Leilan), mieux placée pour surveiller le haut Euphrate, qu'il venait de soumettre. Maître de Mari, il y établit comme gouverneur son fils Iasmakh-Addu tandis que son autre fils, destiné à lui succéder, Ishme-Dagan, installé à Ékallâtum, reçut le gouvernement des provinces orientales. Il fut le premier roi assyrien à se parer des titres (repris au roi d'Ur III Amar-suen) de "roi de l'univers" (shar kishshati = "roi de la totalité [du pays]") et de "roi puissant" (sharru dannu). Vers l'est, l'empire qu'il s'était ainsi créé s'étendait jusqu'aux montagnes du Kurdistan et au Zagros, comme en témoignent les tablettes trouvées à shemshara, et, à l'ouest, il contrôlait les routes conduisant en Cappadoce, où les marchands Assyriens purent reprendre leurs tractations commerciales. Les archives royales de Marinous ont rendu toute une correspondance entre Iasmakh-Addu, son frère, son père et divers personnages, souvent royaux, tels Hammurabi, le roi de Qatna ou celui de Karkémish. Elles sont riches en détails qui éclairent la vie et les relations humaines à cette époque et témoignent de relations fraternelles, telle cette lettre d'Aplakhanda, roi de Karkémish, qui commence ainsi : "A Iasmakh-Addu dis ceci ainsi (parle) Aplakhanda, ton frère. Par ce courrier, je t'envoie de l'excellent vin; bois[-en]. Je t'envoie en même temps des vivres de Karkémish - manges-en - [...] en même temps un bracelet de fer (?) [...] en même temps un pagne et [...] un vêtement SAGADU [...] En outre, au sujet de n'importe quelle chose, écris-moi régulièrement" . Dans cette même lettre, il apparaît qu'Aplakhanda est réellement le frère d'Iasmakh-Addu, car il appelle shamshi­Adad «mon père : Samshi (shi)-(il)Addu a-bi-a. Son fils et successeur Ishme-Dagan (-1776 - 1742) tint en main la situation de l'empire pendant tout son règne, mais à sa mort succéda une ère d'anarchie qui fit perdre à l'Assyrie tout ce que son premier grand roi conquérant lui avait acquis.


Sumériens

Peuple qui, distinct par sa langue, contrôla au IIIème millénaire av. Jc le Sud de la Mésopotamie, près du Golfe Persique, et donna son nom à l'une des premières grandes civilisations historiques du Proche-Orient Ancien. Les anciennes traditions sumériennes conservaient le souvenir d'un "déluge" qui aurait anéanti l'Humanité à l'aube de son Histoire. En réalité, les fouilles archéologiques ont montré la réalité de plusieurs innondations de l'Euphrate, dont les plus catastrophiques se produisirent vers -2800 -2600, mais sur trois sites seulement : Ur, Kish et shuruppak - il s'agissait donc d'évènement purement locaux et non concomitants. Toujours est-il que l'on dressait des listes de rois avant et après le Déluge. C'est après le Déluge qu'on voit apparaître les noms des grandes cités sumériennes - Kish, Uruk, Umma, Lagash, Larsa, Ur-et les premières "dynasties", terme désormais consacré mais assez impropre, car la succession royale n'était pas toujours régulière. Les cités, qui aspiraient toutes à l'hégémonie, menèrent entre elles des guerres continuelles, aucune n'étant assez puissante pour imposer bien longtemps sa domination aux autres. Après l'apparition d'une dynastie de Kish, dont le dixième roi fut Enmébaragesi (vers - 2700), la période dynastique archaïque III (vers - 2600 - 2300 ) fut marquée par les souverains enterrés dans les "tombes royales" d'Ur, au mobilier funéraire riche en objets d'or et d'argent, auxquels succédèrent ceux de la première dynastie d'Ur, à partir de Mésannepadda, son fondateur, vers - 2560 - 2525. Au Nord d'Ur, à la même époque, régnaient les "ensi" de Lagash : l'un d'eux, Eannatum ( - 2455 -2425 ) , imposaz d'abord sa domination à la cité voisine d'Umma, commémora ce haut-fait par la célèbre "stèle des vautours", puis vainquit, entre autres, les Elamites, Ur et Mari. Mais après la mort d'Eannatum, les rois de Lagash furent détrônés par une famille sacerdotale, elle-même renversée par Uruinimgina (vers -2350 ); celui-ci, en dépit de son oeuvre réformatrice, ne put restaurer l'hégémonie de sa cité et fut vaincu par Lugal-zagesi, ensi d'Umma ( vers - 2340 - 2316), qui détruisit Lagash, s'empara d'Ur, d'Uruk et de Kish, étendit son autorité sur tout le pays de Sumer. Mais ce premier Empire Sumérien devait succomber rapidement sous les coups des Akkadiens, d'origine sémitique. Sargon l'Ancien ( vers - 2334 - 2279 ), après avoir renversé Lugal-zagesi, ( vers - 2345) , soumit toutes les cités de la Basse-Mésopotamie ; il aurait affirmé sa puissance en Elam, en Mésopotamie septentrionale, en Syrie, et peut-être jusqu'à la Méditerranée ( Chypre ?). Les Akkadiens assimilèrent la culture sumérienne ; ils adoptèrent les cunéiformes pour transcrire leur propre langue, qui resta après eux la langue courante en Mésopotamie. Miné par des révoltes incessantes, l'empire qu'avait fondé Sargon l'Ancien s'effondra après un siècle à peine d'existence, peu après - 2200, sous les coups de guerriers descendus des montagnes du Zagros, les Gutis. Ceux-ci, après avoir commis des destructions qui laissèrent un durable souvenir, regnèrent pendant près d'un siècle sur la Basse-Mésopotamie, en laissant aux cités sumériennes une assez grande liberté. Dès - 2145 environ, une véritable renaissance sumérienne commenca de s'épanouir à Lagash, sous le règne de Gudéa, qui, prenant le titre d'ensi, semble avoir été un véritable souverain indépendant, de même que son fils, Ur-Ningirsu. La ville jouissait à cette époque d'une prospérité sans égale. Les Sumériens, rétablissant un peu partout leur autonomie, atteignirent alors leur apogée : ce fut la brillante période de la IIIème dynastie d'Ur ( - 2113 - 2006). Son fondateur, Ur-Nammu ( - 2113 - 2095 ), grand bâtisseur, rétablit l'ordre en Sumer en mettant sur pied une administration efficace et en promulguant le plus ancien recueil de lois de Mésopotamie connu à ce jour; le successeur d'Ur-Nammu, shulgi, ( - 2095 - 2047), restaura l'empire, qui groupait Sumer, le pays d'Akkad, la Mésopotamie septentrionale et l'Elam, et prit, suivant l'exemple de l'Akkadien Naram-Sin, le titre de "roi des quatre régions du monde". Mais l'empire Sumérien se morcella ensuite rapidement sous la pression des Amorrites; pour finir, les Elamites, en - 2004, en détruisant la capitale et en capturant son roi Ibbi-Sîn, portèrent un coup fatal à la IIIème dynastie d'Ur. Après la chute de cette dernière, le pays se divisa en deux royaumes Amorrites avec la dynastie d'Isin au Nord et celle de Larsa au Sud, cependant qu'à Babylone, centre jusqu'alors peu important, s'affirmait à partir du XIXème siècle, une autre dynastie amorrite, conquérante. Le dernier roi de Larsa, Rim-Sîn, ne s'empare d'Isin (vers - 1794 ) que pour être vaincu à son tour, vers - 1763, par Hammurabi. Ce sont les Amorrites qui dominent désormais politiquement la Mésopotamie. Mais ils devaient recueillir, conserver et transmettre l'héritage de la civilisation sumérienne, comme le montrent la fidélité qu'ils consèrvèrent, pendant plus d'un millénaire et demi, à la langue sumérienne et l'inlassable travail de recopiage des textes sumériens par les scribes des temples et des palais dans tout le monde mésopotamien. L'Histoire, la pensée et l'Art ont, en Orient, leur Origine en Sumer.


Umma

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq. Le site de la ville (act. Djokha) s'étend sur une éminence dominant une plaine qui, à l'époque sumérienne, était bien irriguée et largement cultivée. La ville étant éloignée des deux grands fleuves, tout un ensemble de canaux suffisamment larges permettait aux bateaux de venir déverser leur marchandise jusqu'au karum. Appelée en sumérien Umma, la ville se nommait en akkadien Kissa ou kishsha, transcription du logogramme GIsh-KÙshUki. Dans la titulature des rois d'Umma, son nom est écrit SÂR-DIS. Umma entre dans l'histoire grâce en particulier aux textes de Lagash par lesquels nous connaissons les querelles entre ces deux cités-Etats pour une palmeraie ou des champs. On connaît un certain nombre de rois d'Umma grâce à quelques brèves d'inscriptions, mais, pour la grande majorité d'entre eux, ce ne sont que des noms qu'on situe mal. Pour un certain Aga, roi d'Umma, mentionné sur une perle en lapis-lazuli, on s'est posé la question de savoir s'il s'agit du roi du même nom, fils d'Enmebaragési (Agga), roi de Kish. Le premier roi connu semble être Pabilgagi, dont le nom a été lu sur une statuette consacrée à Enlil. Le nom d'E'abzu roi d'Umma est inscrit sur un fragment de statuette en pierre. Avec Urluma, on apprend le nom de son père, Enakalé, qui fut lui aussi roi d'Umma. Enakalé est contemporain d'Eannatum (v. - 2454 - 2425) de Lagash, contre qui il fut en guerre au sujet de la palmeraie précitée, et avec qui il passa un traité, à la suite duquel il fit élever une digue le long de la nouvelle frontière. Il est possible que cet Enakalé ait été le fils d'Ush donné comme ensi d'Umma (dans les textes de Lagash, les seigneurs d'Umma sont appelés ensi, dans leurs propres inscriptions il se donnent le titre de roi) c'est lui qui déclara la guerre à Lagash en déplaçant la borne qui fixait les limites des territoires contrôlés par les deux villes, afin d'intégrer la palmeraie dans sa petite principauté. Urluma est mentionné dans deux tablettes (une en lapis-lazuli, une autre en argent) à propos de la construction de temples. Son deuxième successeur semble être Il(a), qui se déclare fils d'Eandamu et petit-fils d'Enakalé. Son fils, Gishakidu qui lui succéda, était contemporain d'Énanatuma Il de Lagash. Il épousa sa parente Bara'irnum (fille d'Urlumma). La guerre avec Lagash se poursuivit, plus ou moins larvée, sous ces rois. Il revint à Lugalzagési (vers - 2340 - 2316) d'y mettre un terme définitif. Il marcha sur Girsu, prit la ville, qu'il mit au pillage, incendia le temple Antasura, perpétua des massacres dans les palais et les sanctuaires, ainsi que nous l'apprend une malédiction qui appelle sur sa tête la vengeance de Nidaba. Ce qui ne l'empêcha pas de prendre ensuite Ur, Uruk, et de soumettre les villes du Sumer. Abandonnant le titre de roi d'Umma, il se déclara roi d'Uruk et du Pays, c'est-à-dire du Sumer : "(Lorsque) Enlil, le roi de tous les pays, à Lugalzagesi, le roi d'Uruk, le roi du Pays, le purificateur d'An, le prophète de Nidaba, le fils de Wawa, prince d'Umma et prophète de Nidaba [...] doué d'intelligence par Enki, l'appelé d'Utu [...], lorsque Enlil, le roi de tous les pays, eut donné à Lugalzage-si la royauté du Pays (et) l'eut justifié au regard du Pays, qu'il eut mis tous les pays à son service (et) du levant au couchant, les eut soumis à sa loi... " . Lugalzagési est le premier conquérant connu du POA à avoir fondé un petit empire. Cela ne lui permit pas, néanmoins, de résister victorieusement à un nouveau soleil, Sargon d'Akkad. Vaincu par ce dernier, il fut traîné dans un carcan à la porte d'Enlil. Umma continua de prospérer sous les rois d'Akkad et ensuite sous ceux de la IIIe dynastie d'Ur, comme en témoignent les nombreuses tablettes économiques la concernant. La divinité tutélaire d'Umma était le dieu shara, dont l'un des temples portait le nom, souvent utilisé dans d'autres cités, d'é.mah (Maison exaltée). Les autres temples étaient: sig4.kur.sà.ga (Brique, montagne du coeur) et é.sà.ge.pàd.da (Maison choisie dans le coeur), tous deux sanctuaires de shara; (é).ib.gal, temple d'Inanna sous le nom de Nin-Ibgal; un temple consacré à Enkigal, construit par Urlumma, deux autres, consacrés à Ereshkigal et Ninhursag, édifiés par Lu-Utu, enfin un temple consacré à un dieu dont le nom est écrit avec le logogramme dTAG.NUN (Utu ?), construit par Il.


2 images

Ur

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq, retrouvée dans le site du tell Muqayyar (ou Umgheîr). Un premier établissement fut fondé à l'époque d'El-Obeïd, vers la fin du Vè millénaire. C'était un village de huttes en roseaux et en pisé. Il fut submergé vers - 3900 à la suite d'une inondation exceptionnelle de l'Euphrate ou d'un déplacement du cours du fleuve qui laissa un niveau de limons stériles appelé par le fouilleur diluvium, par référence aux mythes du Déluge. De nouveaux établissements se succèdent pendant les époques d'Uruk et de Djemdet Nasr (entre -3900 et -2900). Les premiers siècles de l'histoire d'Ur, au DA, qui débute alors, restent à peine entrevus. La LRS donne Mésannépada, fils de Meskalamdug, roi de Kish comme fondateur de la 1re dynastie d'Ur, la troisième cité qui a pris la prédominance après le Déluge, à la suite de Kish et d'Uruk. On ne sait si ce Meskalamdug est le même personnage que celui dont on a retrouvé la sépulture dans le cimetière royal. Dans ce cimetière, situé au sud du temenos de Nanna(-Suen), les fouilleurs ont mis au jour 1 850 tombes dont les dates se situent entre - 2700 - 2600 et 2100. Parmi celles-ci, 16 sont considérées comme des tombes royales, hypothèse fondée sur la richesse du mobilier recueilli, le fait que les tombes étaient maçonnées et les titres (lugal pour les hommes, nin pour les femmes) accompagnant les noms de quelques-uns des personnages qui y étaient ensevelis. Le propriétaire de l'une d'entre elles (n0 1050), avec qui furent ensevelies une cinquantaine de personnes, Akalamdug, se déclare le fils de Meskalamdug. Il n'est pas non plus mentionné dans la LRS, mais il porte le titre de lugal, comme son père. On ne sait non plus quelles relations a pu réellement avoir Puabi, dont la tombe était l'une des plus riches du cimetière avec ces rois dont elle était à peu près contemporaine. Ce qui apparaît à l'évidence, c'est que ces personnages royaux, qui ont vecu aux XXVIIè s. et XXVIè s., ont été accompagnés dans leurs tombes par tout un personnel sacrifié pour continuer de les servir au cours de leur vie dans l'au-delà. À l'exception des quelques personnages cités ici, on ne connaît ni les noms ni la condition sociale des autres occupants des 1850 tombes. Il est possible, comme l'a suggéré Susan Pollock , que n'ait été enseveli là, à peu de distance du temenos, que le personnel du haut clergé du temple du dieu-lune et les dignitaires du palais. Cependant, Mésannipada, peut-être descendant ou parent des personnages royaux cités, ne semble pas avoir été inhumé dans ce cimetière, pas plus que son fils et successeur Aanépada. La LRS donne encore trois successeurs a Aanépada : Mes-kiag-Nanna, son fils, qui régna 36 ans, puis Élulu et Balulu, dont on ne connaît pas les liens de parenté et qui auraient régné respectivement 25 et 36 ans. La suprématie passa ensuite à la dynastie d'Awan, ce qui nous conduit aux environs de - 2400. La LRS cite une IIe dynastie d'Ur avec les noms incomplets de quatre rois qui auraient régné 116 ans. Si cette dynastie a existé, elle n'a pu réellement exercer une hégémonie ni, non plus, durer si longtemps, car vers -2340 Lugalzagési d'Umma, devenu roi d'Uruk et de Kish a soumis les villes de Sumer avant d'être lui-même renversé par Sargon d'Akkad, vers - 2334. Bien que l'histoire d'Ur à l'époque du DA reste à peu près inconnue, on sait que la ville était déjà devenue prospère, enrichie par le commerce que favorisait sa position sur le bas Euphrate, en communication directe avec les marchés de Dilmun, Magan et Mélukhkha. Elle était en même temps un aboutissement du commerce du golfe Persique et un port de transit des marchandises qui remontaient le fleuve jusqu'en Syrie. Son activité semble s'être ralentie pendant la période d'Akkad, bien que son prestige, et surtout celui de son temple de Nanna, fût déjà tel que Sargon établit sa fille Énhéduanna prêtresse du du sanctuaire. Ur va briller d'un dernier éclat avec la fondation de la IIIe dynastie, par Ur-Nammu, Son fils et successeur shulgi organise, consolide et étend encore l'empire d'Ur, qu'il conduit à son apogée. C'est sous les règnes de ces deux souverains que les monuments de la ville sont reconstruits, à commencer par les sanctuaires du temenos de Nanna et sa ziggurat. Ur-Nammu a commencé à entourer la ville d'une puissante muraille et à organiser ses deux ports, l'un à l'ouest, sur l'Euphrate, et l'autre au nord de la ville, sur un canal qui l'entourait en partie. C'est aussi lui qui a entrepris la construction de la ziggurat, appelée é.temen.ni.gùr.(ru) = "Maison, Fondement de la terrasse (ou Terrasse de fondation) revêtue de terreur", dont les bases, en partie reconstituées, subsistent encore et qu'acheva le fils de shulgi, Amar-Suen. Le temple lui-même, é.kis.nu.gàl, avait déjà été reconstruit par Naram-Sîn, et il fut sans doute remanié par Ur-Nammu. Une grande partie des 84 sanctuaires, chapelle et édifices de caractère cultuel recensés par A. R. George paraient déjà la ville ou ont été construits à cette époque. Amar-Suen ( - 2046 - 2038) ne régna que peu d'années mais il réussit à agrandir l'empire en y annexant une partie de l'Assyrie. shu-Suen ou shu-Sîn ( - 2037 - 2029), nom lu jadis Gimil-Sîn, succède à son frère Amarsuen. Il avait marié sa fille au fils du roi de Simanum, ville située vers l'Assyrie ; ce dernier avait été chassé de son trône, ce qui obligEa shu-Suen à intervenir; les rebelles furent déportés dans la région de Nippur, où l'on bâtit pour les loger une ville. Par ailleurs, la menace que les nomades Amorrites faisaient peser sur les frontières occidentales se précisent. C'est à cette époque que furent construits (ou achevés si shulgi en avait commencé la construction) le "mur des Amorrites" et un canal qui reliait le Tigre à l'Euphrate, canal qui aurait mesuré dans les 275 km. Deux femmes de la famille royale sont connues par un balbale , "Abi-Simti et Kubatum"; cette dernière était sans doute l'épouse de shu-Suen et Abî-simti celle d'Amar-Suen (plutôt que de shulgi, comme le pensait Falkenstein). À shu-Suen succède son fils (plutôt que son frère) Ibbi-Sîn ( - 2028 - 2004). À l'instar de shulgi, il utilisa la force militaire et les mariages diplomatiques, sans pour autant réussir à maintenir la cohésion de l'empire. Sous la pression sans cesse renouvelée des Amorrites, les fortifications qui défendaient la frontière de leur côté sont débordées et les nomades se répandent dans le pays. Ibbi-Sîn confie alors le commandement des provinces menacées à Ishbi-Erra tandis que lui-même marche contre l'Élam révolté. Il est vaincu et rentre en hâte à Ur, qu'il a fait plus encore fortifier. Profitant de la faiblesse de l'empire, de la famine qui sévit à la suite de la perte des provinces et de la destruction des récoltes, Ishbi-Erra se rendit alors indépendant dans Isin. En - 2007, puis de nouveau trois ans plus tard, les Elamites, alliés aux Amorrites et aux Su (un peuple barbare des montagnes encore inconnu, mais il s'agit peut-être simplement des gens de Suse), ravagent le Pays de Sumer et, finalement, prennent Ur et mettent à sac la vénérable capitale. Comme le laissent entendre les lamentations sur la destruction d'Ur, la ville ne tarda pas à renaître de ses cendres, mais elle avait perdu toute puissance politique : elle ne sera plus désormais qu'une ville sainte, la cité du dieu-lune, toujours dépendante de Babylone ou des Assyriens


Urartu

Royaume au sud du Caucase, situé entre les lacs de Van et d'Urmiah. Son histoire est connue grâce aux inscriptions urartéennes et aux annales des rois d'Assyrie. Urartu est un nom d'origine assyrienne désignant les régions au sud du lac de Van (Anatolie orientale, au coeur de ce qui deviendra l'Arménie historique, occupée maintenant par les Kurdes après la déportation et les massacres des Arméniens). Ce terme apparaît pour la première fois au XIIIe s., sous la forme Uruatri, dans les annales du roi d'Assyrie Salmanazar Ier ( - 1273 - 1264). Il est employé en concurrence avec celui de Naïri, qui était aussi le nom donné au lac de Van (mer de Naïri). Les Urartéens désignaient leur pays sous le nom de royaume de Bianili. Ce n'est cependant qu'au IXe s. qu'émerge un Etat organisé qui, au cours des siècles suivants, se structure et gagne en étendue, au point de devenir l'une des principales puissances du POA. Le premier souverain mentionné est un certain Aram(u), qui régnait sur la région de Van (capitale du royaume sous le nom de Tushpa) aux environs de -860. Salmanazar III prit sa capitale, Arzakim, vers -858. Les inscriptions de Salmanazar III mentionnent ensuite Sarduri, fils de Lutipri, contre lequel les Assyriens firent campagne en -832, sans doute peu après sa montée sur le trône. Il régna jusqu'en -825, date à laquelle lui succéda son fils Ishpuini. Ce n'est qu'avec le fils et successeur de ce dernier, Menua ( - 804 - 790), que le royaume commence à devenir conquérant, bien qu'Ishpuîni ait déjà entrepris des campagnes de conquête à la tête d'une armée non négligeable avec 10 000 cavaliers, 23 000 fantassins et une centaine de chars. Menua étend le royaume vers le sud et l'est, mais c'est son fils Argishti 1er ( -789 - 766) qui va pousser ses conquêtes vers le nord et le sud en utilisant les méthodes des Assyriens : massacres, incendie des villes, déportation. C'est dans la lointaine province de l'Araxe, à Érébuni (Erivan), qu'il déporte les captifs de sa campagne en Mélitène (sud-est de l'Anatolie ). Il s'attaque ensuite à l'Assyrie en la contournant vers l'est, mais il est tenu en échec par le tartan de l'armée assyrienne, shamshi-ilu, sous le règne de Salmanazar IV ( - 782 - 773). Cette politique agressive sera poursuivie par ses deux successeurs, Sarduri Il ( - 765 - 733) et Rusa 1er ( - 732 - 714), en direction de la Syrie au sud et de la Colchide (actuelle Géorgie) au nord-ouest. Vers la fin de son règne, Rusa doit faire face à une invasion de nomades venus par le Caucase, les Cimmériens, tandis que Sargon II conduit sa huitième campagne contre la région au sud du lac de Van, qu'il met à sac. Mais les Urartéens, rompus à la guerre et solides montagnards, se relèvent de ces ravages, et Argishti Il ( - 713 - 679) et surtout son fils Rusa II ( -678 - 654) rendent sa puissance à leur royaume, où ils fortifient les villes : Teishébaini (actuelle Karmir Blur), Toprak Kale, Bastan. Les hostilités entre Assyriens et Urartéens cessent vers cette époque, les deux royaumes ayant sans doute compris combien ils s'épuisaient mutuellement en vain alors que leurs frontières étaient menacées par ailleurs. On ne sait que peu de chose des derniers rois Urartéens, Sarduri III ( - 654 - 625), Eriména ( - 624 - 606) et Rusa III ( - 605 - 585), rois dont la séquence et la filiation restent discutées. La disparition de la royauté est due sans doute aux attaques des Cimmériens et des Scythes, et à l' expansion du royaume des Mèdes sous l'impulsion de Cyaxare, qui étend ses frontières jusqu'à l'Halys (Kizil Irmak), au coeur de l'Anatolie . La richesse de l'Urartu tenait à une agriculture rationalisée, mais aussi aux nombreuses mines (or, argent, fer) du royaume : elles permirent le développement d'un artisanat important qui produira un art du métal et de la chaudronnerie original, dont l'influence s'exercera jusqu'à la Grèce de l'époque archaîque. La population de l'Urartu, dont les origines restent obscures, a subi fortement l'influence des Hourrites, à moins que ce ne soit dans cette région qu'il faille chercher le berceau de cette dernière population. La langue des inscriptions urartéennes est voisine de celle des Hourrites, au point que Goetze y a vu un dialecte hurrite; Melikishvili a montré quant à lui les étroites relations des deux langues (dans la construction ergative - pour le sens d'ergatif, voir sumérien - ou dans les suffixes constituant les cas). Le dieu du Temps et de l'Orage, Teshéba correspond au Téshup hurrite, et shiwini le dieu-soleil, correspond au shimigi Hourrite. Sans équivalence restent cependant Haldi, le grand dieu national de l'Urartu, et son "épouse", Bagbarti, ainsi que le dieu-lune shélardi.


3 images

Urkesh

Un fragment de mythe traduit par Harry Hoffner Jr. sous le titre de "la Quête de l'argent pour Kumarbi" déclare à l'adresse d'Argent (le métal symbolisé) que son père est Kumarbi, le père de la cité d'Urkesh qu'il "réside à Urkesh, où il juge avec équité tôus les procès du pays". Depuis longtemps, Urkesh était connue par les textes, en tant que capitale du royaume hurrite. Une tablette de bronze trouvée selon un témoignage dans les environs de Samarra, ville d'Iraq au nord de Bagdad, comportant une dédicace à Nergal par Arisen, roi d'Urkesh et de Nawar, publiée par François Thureau-Dangin , conduisit cet assyriologue à situer la ville à l'est du Tigre. AIbrecht Goetze se rapprocha de la réalité en la situant dans le triangle du Khabur. On proposa aussi Tell 'Amuda, sur l'actuelle frontière turco-syrienne , mais il semble que la question a été résolue à la suite de l'exploration de TeIl Mozan, dans le nord de la Syrie, dans la plaine du Khabur, au sud du Tur Abdin. Le nom d'Urkesh a été lu sur une empreinte de sceau au nom du roi Tupkish. Le site a été occupé dès l'époque d'Halaf (-5500 - 5000). Les différents monuments exhumés, remontant au IIIe mill., sont d'abord un temple dit "temple BA" (phase I, v. -2450), gros bâtiment rectangulaire, un édifice qui aurait été un magasin royal, une demeure privée et une partie des remparts hauts de 6 m sur une épaisseur de 8 m. Dans la demeure privée ont été retrouvées deux tablettes administratives datées de la période d'Akkad et d'Ur III (-2200 - 2000). Toute une série de sceaux (ou d'empreintes) représentant des scènes avec personnages assis ou debout, dans un style sumérien, illustrent la "vie" du roi Tupkish et de son épouse, Uqnitum. Un important mobilier datant du DA III et de l'époque akkadienne a été recueilli, en particulier des objets en cuivre martelé et en bronze (vases, armes...), ainsi qu'une petite statuaire animalière en pierre et en terre cuite. Quant à Nawar, cité dans l'inscription publiée par Thureau-Dangin, on avait suggéré une identification avec le pays de Namri (ou Namar), situé vers le Zagros, ce qui conférait au pays hurrite une immense étendue, bien réduite depuis que de nouvelles découvertes ont montré qu'il existait une ville appelée Nawar dans la région du Khabur .


Uruk

Ville du Sumer, au nord d'Ur et au sud-est de Babylone. Le nom moderne du tell où gît l'antique cité a conservé son ancienne appellation sous la forme Warka. Le premier établissement a été fondé vers la fin du Ve mill., dans la dernière phase de la période d'El-Obeîd. Grâce aux fouilles menées en profondeur à la hauteur de l'Èanna (temple du Ciel), on a pu établir une stratigraphie dont le mobilier propre à chaque niveau a permis de faire de l'Uruk préhistorique le site éponyme du dernier millénaire de la protohistoire de la basse Mésopotamie, succédant à l'obeïdien : Uruk ancien, appelé aussi dans la terminologie anglo-saxonne "protoliterate" ( - 4000 - 3750); Uruk moyen (-3750 - 3500) et Uruk récent (- 3500 - 3100). C'est au cours de cette dernière période qu'apparaissent les premières tablettes dans une écriture idéographique. Après la période intermédiaire de Djemdet Nasr débute l'époque historique appelée dynastique ancien ou archaique (DA). Malgré son ancienneté, Uruk ne fait pas partie des villes antédiluviennes de la LRS. Mais elle vient juste après Kish pour ravir à cette dernière la prééminence en Sumer avec sa 1re dynastie, aux alentours de -2700. L'auteur de la LRS n'utilise pas le nom d'Uruk, pourtant prestigieux à son époque, mais celui d'Éanna, à qui la royauté fut accordée au détriment de Kish. Le fondateur de la dynastie est Mes­kiag-gasher, fils d'Utu (le dieu-soleil), qui devint grand prêtre et roi (lugal), et qui aurait régné 324 ans. Le texte ajoute qu'il vint dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes, ce que d'aucuns (à commencer par Jacobsen) ont interprété selon la marche du soleil, qui se couche dans la mer à l'occident (mais la mer, pour Uruk, est au sud et invisible parce que trop éloignée) et se lève derrière les montagnes à l'est. Le fils de Meskiag-gasher, Enmerkar, est le héros de plusieurs épopées. La LRS en fait le fondateur d'Uruk. Ce qui ne peut être interprété que de cette manière : Uruk n'était encore qu'une agglomération autour de l'Éanna, voisine du bourg de Kullab, où se trouvait le temple d'Anu. Cette bourgade portait le nom du temple E.an.na.ka. Enme­rkar aurait fusionné les deux bourgs voisins pour en faire une seule ville sous le nom d'Uruk. Après un règne de 420 ans lui succède Lugalbanda, lui aussi héros de plusieurs mythes à qui est attribué un règne de 1 200 ans. Entre ce règne et celui de Gilgamesh, donné dans l'épopée comme le fils de Lugalbanda et de la déesse Nin-Sun (la dame buffle), la LRS place Dumuzi, dont la cité est Ku'a(ra) [dans le texte sumérien ku6-aki, alors que dans les mythes le concernant il est seigneur de Bad-Tibira. Gilgamesh, de son côté, est dit, dans la LRS, fils d'un démon lillû, grand prêtre de Kulla. Gilgamesh règne 126 ans, puis son fils Ur-Nungal (ou Ur-lugal = roi d'Ur) monte sur le trône où il règne 30 ans ; son fils Utul­kalamma(k) lui succède, sans qu'aucun grand mythe lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. La LRS cite encore cinq rois pour cette dynastie, le dernier étant Lugal­ki-tum (ou Lugalkigin), qui, après un règne de 36 ans, fut détrôné par Mésannépada, le roi d'Ur, lequel acquit à sa cité la prééminence. Trois fois encore, Uruk aurait réussi à retrouver une situation dominante, avec ses Ile, IIIe et IVème dynasties, qui, excepté la IIIe, illustrée uniquement par Lugalzagési, lequel fut d'abord roi d'Umma, n'ont eu aucune importance. Malgré ce passé mythiquement glorieux que lui acquit sa 1re dynastie, Uruk ne joua jamais qu'un rôle secondaire dans l'histoire même de Sumer, et elle perdit toute indépendance après que Sargon d'Akkad eut vaincu Lugalzagési et rasé ses hautes murailles. Toute sa grandeur, qui s'est édifiée pendant la période protodynastique, est conservée dans la version ninivite (assyrienne) de l'Épopée de Gilgamesh :"Celui qui a tout vu" (Gilgamesh) [...] fit construire le rempart d'Uruk-l'Enclos, du saint temple Êanna, le trésor sacré. "Regarde cette enceinte qu'entoure une frise pareille au cuivre, contemple ses pilastres que personne jamais n'égalera prends donc l'escalier qui est antique, approche l'Eanna, la demeure d'Ishtar que nul roi de I'avenir jamais n'égalera ni personne; monte donc sur le rempart d'Uruk, promène toi, examine les fondations, scrute le briquetage. Doutez vous que son briquetage soit en briques cuites et que les sept sages en aient jeté les fondations ? 3 600 arpents de cité, 3 600 arpents de vergers, 3 600 arpents d'argilière, 10 800 arpents le temple d'Ishtar, 10 800 arpents et 1 800 arpents : c'est l'aire d'Uruk !". Ville riche, ville opulente, Uruk avait conservé dans ses moeurs les principes de l'époque où elle vivait sous un régime de caractère démocratique, où l'assemblée du peuple décidait des affaires de la ville, avant que s'imposât un système monarchique dans lequel, néanmoins, le roi n'était pas tout-puissant. C'était aussi une ville de plaisirs : la cité des courtisanes, des hiérodules et des filles de joie (al kezrêti shamhatu u harimati), dit le poète de l'Èpopée d'Erra (IV, 52). Ce sont ces mêmes courtisanes, hiérodules et filles de joie, "tout le personnel féminin du temple d'Ishtar", que la déesse convoque pour se lamenter après que le héros et Enkidu ont tué le Taureau céleste. Comme Ur, Uruk reste cependant une ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides, ne vont cesser d'embellir, dont les temples sont sans cesse construits ou reconstruits, dont l'artisanat produit en permanence des oeuvres d'art. Quoique venant en cinquième position, après Babylone, Assur, Nippur et Ur, pour le nombre de ses chapelles et sanctuaires, elle en comptait 76. Son déclin ne commence qu'avec les Parthes et les Sassanides, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, jusqu'à ce que l'assèchement du bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie oblige ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des Arabes musulmans.


14 images

Revenir à la page d'accueil de Mésopotamie Chronologie interactive de la Mésopotamie Histoire et cultures des peuples de la mesopotamie Une présentation de la Mésopotamie : Histoire et empires Carte interactive des villes du Proche-Orient ancien modélisations 3D autour de la Mésopotamie Pour contacter le webmaster de Mésopotamie ou laisser un message dans le livre d'or Visitez le site professionnel de l'auteur de ce site : Christophe Gaggero Animation interactive pour tout savoir sur la naissance et l'évolution de l'Ecriture en Mésopotamie et au Proche Orient ancien Testez vos connaissances avec notre quizz ! Quel sera votre classement ? Un outil ludique et pédagogique Recherchez des images sur la Mesopotamie : base de données de 447 images Lexique des cultures mésopotamienne : Rois, dieux, villes, etc.
Accueil Chronologie Peuples Introduction Carte 3D Contact Auteur Ecritures Quizz Images Lexique