60 définitions trouvées concernant "assur".
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Assur

Divinité tutélaire et éponyme de la cité d'Assur. A l'origine, divinité des montagnes assez inconsistante, dont le nom apparaît, pour la première fois, dans les tablettes de Kültepe (ancienne Kanesh). Vers -1300, Assur est identifié à Enlil,puis, sous Sargon II ( -721 -705 ), au Dieu Anshar, enfin, sous Sénnachérib, il éclipse Marduk. C'est le "Dieu des Dieux", mais aussi celui de la "Nation" Assyrienne.


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Assur

Capitale de l'Empire Assyrien, (actuel qal'at Sergat, Nord-Irak). Le site d'Assur fut occupé avant la période d'Obeid, mais ce n'est qu'au Dynastique Archaïque qu'une bourgade se forme, très vite absorbée dans le royaume d'Akkad. Il faudra attendre les environs de -2050 pour qu'Assur devienne la capitale administrative d'un royaume indépendant, l'Ancien Empire Assyrien. Alors que la ville et l'Empire s'enrichissaient grâce au commerce avec la Cappadoce (Turquie centrale),shamsi-Adad Ier (-1813 -1781) se posait comme rival d'Hammurabi, Roi de Babylone. Sous le règne d'Assurnasirpal II (-883 -859), Assur perd le statut de capitale au profit de Kalhû, nouvelle résidence du souverain. Assur fut détruite par les Mèdes en -614.


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Assurbanipal

Roi d'Assyrie (-668 -627), fils et successeur d'Assarhaddon. Dès son arrivée sur le trône, il dut réprimer une rébellion en Égypte, menée par le Pharaon Taharqa. Thèbes fut libérée des Assyriens, mais Assur-banipal reprendra la ville quelques années plus tard. Le souverain Assyrien dirigera ensuite une expédition contre Tyr, Arvad et la Phénicie, mais aussi contre les Mannéens et l'Elam. Mais durant ces campagnes, son frère, Shamash-shum-ukîn, gouverneur de Babylone, se révolte à son tour, allié aux Arabes et aux Elamites. Assur-banipal détruit Babylone en -648, puis s'empare de l'Elam. Il se fait représenter en train de chasser le lion sur les parois de ses palais, construit de nombreux temples. Roi lettré, Assur-banipal laissera une importante bibliothèque, avait été initié aux arts divinatoires et lisait le Sumérien.


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Assurnasirpal

Nom de deux rois d'Assyrie. Assurnasirpal Ier : (-1049 -1031). Ce roi n'a laissé que peu de traces de son passage sur le trône d'Assur. Issu des montagnes (?) il aurait importé à Assur une déesse inconnue des Assyriens d'alors. Deux prières, dont une adressée à Ishtar, nous sont restées de son règne. Assurnasirpal II : (-883 -859). Roi ambitieux et sanguinaire, fils de Tukulti-Ninurta II, il dirigea des campagnes victorieuses contre les Araméens du Nord de la Syrie, jusqu'en Phénicie et soumet les Mushki du Taurus. Le Roi restera célèbre pour les supplices et mises a mort qu'il infligeait aux populations rebelles vaincues. Il transférera la capitale Assyrienne d'Assur à Kalhû.


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Isin

Ville de la Babylonie identifiée dans le site moderne d'Isan al-Bahariyat. Les fouilles du site ont révélé que la ville avait déjà acquis une certaine importance au DA et à l'époque d'Akkad. Sa divinité principale était Gula, identifiée à Ninisina, la dame d'Isin. Elle y avait son temple, l'é.gal.mah (le Palais exalté). Une masse d'armes y a été retrouvée au nom du roi d'Akkad shar-kali-sharri. Le nom d'Isin n'apparaissant nulle part avant l'époque d'Ur III, Postgate, se fondant sur le fait que dans les textes d'Ur III, la ville est notée sous la forme d'IN-si-in a suggéré qu'elle a été mentionnée auparavant sous le logogramme INk, qu'on lit dans divers textes. La chute de la dynastie d'Ur III va permettre à Isin de devenir une capitale dynastique. Un Amorrite, Ishbi-Erra, officier dans l'armée du dernier roi d'Ur Ibbi-Sîn (-2028 -2004), reçut le commandement de la place d'Isin et de la région vers -2017. C'était l'époque où les Elamites et les montagnards du Zagros menaçaient l'empire d'Ur. On ne sait, en fait, quand Ishbi-Erra, profitant de la faiblesse politique d'Ur, se rendit indépendant au sein d'Isin. Il y reste solidement établi lorsque l'empire d'Ur s'effondre sous les coups des Amorrites et des Elamites . Une fois Ibbi-Sîn disparu, Ishbi-Erra peut se présenter comme le successeur légitime des rois d'Ur et fonder sa dynastie ce sera la dernière de la LRS, qui a dressé la liste de ses successeurs. On a pu supposer à juste titre que le nouveau roi, afin de se donner une légitimité, va encourager la diffusion de ce thrène qu'est la "Lamentation sur la destruction du Sumer et d'Ur"; dont la fin est une promesse de résurrection de la ville, sous-entendu grâce aux souverains d'Isin : "Oh Nanna (le dieu-lune d'Ur), ta royauté est agréable, retourne à ta place ! Puisse un bon règne d'abondance être réservé à Ur! Laisse le peuple se coucher dans les sûrs pâturages, laisse-le s'aimer ! [...] Oh Nanna, oh ta cité ! Oh ton temple ! Oh ton peuple ! " . Ishbi-Erra réussit à pacifier la contrée et à se rendre maître d'une partie de Sumer et d'Akkad, bien que certaines villes aient échappé à son autorité notamment Larsa, qui va s'imposer comme une rivale. Les premiers successeurs d'Ishbi-Erra shû-ilishu, Iddin-Dagan (-1974 -1954), Ishme-Dagan (-1953 -1935), vont maintenir la suprématie de leur cité. Néanmoins, le dernier s'est révélé impuissant à s'opposer à un raid du roi d'Assur Ilushumma, qui prétend, dans une inscription, avoir libéré Ur et Nippur : il est possible que la Lamentation sur la destruction de Nippur soit en relation avec ce raid sans lendemain de l'Assyrien. Lipit-Ishtar (-1934 -1924), successeur d'Ishme-Dagan, est resté célèbre pour le code de loi qu'il a inspiré. Après lui commence le déclin d'Isin. Les cités se rendent indépendantes tandis que monte l'étoile de Larsa. En vain Bûr-Sîn (-1895 -1874) reprendra-t-il Nippur et Ur. Il dut évacuer cette dernière peu après. Un quart de siècle plus tard, Isin n'est plus maîtresse que d'elle-même, elle ne contrôle plus que quelques champs aux alentours. Elle sera bientôt englobée dans l'empire d'Hammurabi.


Assarhaddon

Roi d'Assyrie (-680 -669). Son père, Sennachérib est assassiné par ses deux autres fils, jaloux du choix d'Assarhaddon comme successeur. Alors que la population soutient les frères rivaux d'Assarhaddon, ce dernier doit réprimer une révolte, et mater les velléités d'indépendance du Bit Yakin, en Babylonie. Assarhaddon devra continuellement défendre ses frontières au Nord, contre les Scythes, au Sud-Ouest, contre les Arabes, au Nord-Est, contre les Mèdes. En 674, l'armée Assyrienne est repoussée d'Egypte par le pharaon Taharqa. Trois ans plus tard, Assarhaddon réussit à imposer la domination Assyrienne dans tout le Delta du Nil, jusqu'à Memphis. Le souverain Assyrien rénova et construisit plusieurs temples et palais à Ninive, Assur, Babylone. C'est un Empire à son apogée qu'il laissera à son fils et successeur, Assur-banipal.


Assur

Divinité tutélaire et éponyme de la cité d'Assur. A l'origine, divinité des montagnes assez inconsistante, dont le nom apparaît, pour la première fois, dans les tablettes de Kültepe (ancienne Kanesh). Vers -1300, Assur est identifié à Enlil,puis, sous Sargon II ( -721 -705 ), au Dieu Anshar, enfin, sous Sénnachérib, il éclipse Marduk. C'est le "Dieu des Dieux", mais aussi celui de la "Nation" Assyrienne.


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Assur

Capitale de l'Empire Assyrien, (actuel qal'at Sergat, Nord-Irak). Le site d'Assur fut occupé avant la période d'Obeid, mais ce n'est qu'au Dynastique Archaïque qu'une bourgade se forme, très vite absorbée dans le royaume d'Akkad. Il faudra attendre les environs de -2050 pour qu'Assur devienne la capitale administrative d'un royaume indépendant, l'Ancien Empire Assyrien. Alors que la ville et l'Empire s'enrichissaient grâce au commerce avec la Cappadoce (Turquie centrale),shamsi-Adad Ier (-1813 -1781) se posait comme rival d'Hammurabi, Roi de Babylone. Sous le règne d'Assurnasirpal II (-883 -859), Assur perd le statut de capitale au profit de Kalhû, nouvelle résidence du souverain. Assur fut détruite par les Mèdes en -614.


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Assurbanipal

Roi d'Assyrie (-668 -627), fils et successeur d'Assarhaddon. Dès son arrivée sur le trône, il dut réprimer une rébellion en Égypte, menée par le Pharaon Taharqa. Thèbes fut libérée des Assyriens, mais Assur-banipal reprendra la ville quelques années plus tard. Le souverain Assyrien dirigera ensuite une expédition contre Tyr, Arvad et la Phénicie, mais aussi contre les Mannéens et l'Elam. Mais durant ces campagnes, son frère, Shamash-shum-ukîn, gouverneur de Babylone, se révolte à son tour, allié aux Arabes et aux Elamites. Assur-banipal détruit Babylone en -648, puis s'empare de l'Elam. Il se fait représenter en train de chasser le lion sur les parois de ses palais, construit de nombreux temples. Roi lettré, Assur-banipal laissera une importante bibliothèque, avait été initié aux arts divinatoires et lisait le Sumérien.


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Assurnasirpal

Nom de deux rois d'Assyrie. Assurnasirpal Ier : (-1049 -1031). Ce roi n'a laissé que peu de traces de son passage sur le trône d'Assur. Issu des montagnes (?) il aurait importé à Assur une déesse inconnue des Assyriens d'alors. Deux prières, dont une adressée à Ishtar, nous sont restées de son règne. Assurnasirpal II : (-883 -859). Roi ambitieux et sanguinaire, fils de Tukulti-Ninurta II, il dirigea des campagnes victorieuses contre les Araméens du Nord de la Syrie, jusqu'en Phénicie et soumet les Mushki du Taurus. Le Roi restera célèbre pour les supplices et mises a mort qu'il infligeait aux populations rebelles vaincues. Il transférera la capitale Assyrienne d'Assur à Kalhû.


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Assyrie

Région originelle (Nord-Irak actuel) de la Culture Assyrienne, elle fut d'abord comprise dans la sphère d'influence sumérienne, puis intégrée à l'Empire d'Akkad (vers -2350). On sait finalement peu de choses sur les populations (nomades ) qui furent à l'origine du peuple Assyrien. Probablement très tôt mêlés aux Amorrites, les dix premiers rois de la liste royale Assyrienne "vivaient sous la tente". C'est vers -2100 que les "Assyriens" s'installent à Assur. Alors que la structure politico-économique du pays s'élaborait, le commerce avec la Cappadoce s'intensifiait, grâce au comptoir Assyrien de Kanesh. Se succèdent sur le trône d'Assyrie : Sargon Ier, Puzur-Assur II, Naram-Sîn (-1807 -1776), en qui l'expansion territoriale des Assyriens trouve son point de départ. Peu après -1500, Saustatar, roi du Mitanni, effectue un raid sur le petit royaume d'Assur. A partir de cette époque, les Empires Mitannien, Babylonien et assyrien semblent diplomatiquement à égalité. Au roi Assur-Uballit Ier(-1363 -1328), succède Adad-Nirarî Ier, Salmanazar Ier, Tukulti-Ninurta Ier. La période suivante semble faire état de moins d'opulence et de création artistique et intellectuelle. Il faut attendre Téglath-Phalasar Ier (-1114 -1076) pour retrouver une politique impérialiste de l'Assyrie , bien que ce soit sous Adad-Nirarî II, Tukulti-Ninurta II, et surtout Assurnasirpal II (-883 -859) , que l'Assyrie se constituera le plus vaste empire jamais établi au Proche-Orient Ancien, et ce même empire atteindra son apogée sous les Sargonides : Sargon II, Sénnachérib, Assarhaddon et Assur-banipal. Après un conflit pour la succession D'Assur-banipal, Nabopolassar s'empare de la Babylonie. Cyaxare, le roi des Mèdes tente de prendre Ninive vers -615. L'alliance des Babyloniens et des Mèdes scellera le destin de l'Assyrie, avec la prise d'Assur, de Kalhû et , finalement, de Ninive...Le dernier souverain Assyrien Assur-Uballit II tentera pourtant de résister depuis Harran, avec l'appui des troupes égyptiennes, avant de disparaître brutalement de la scène politique. Seule, Arbèles a survécu à ces destructions.


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Balawat

Site au Nord de l'Irak, au Nord du site de Kalhû. Ancienne ville Assyrienne d'Imgur-Enlil (littéralement : "Enlil est favorable"). Occupée dès la période d'Obeid, ce n'est qu'au IXème siècle qu'elle prend une réelle importance. On y a découvert les restes d'un palais néo-assyrien et d'un temple à Mamu (dieu local sans relation avec la déesse sumérienne des rêves), ainsi que de très beaux reliefs en bronze datant des règnes d'Assurnasirpal II et de son fils, Salmanazar III (scènes de chasse, de campagnes militaires).


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Bît Adini

Petit royaume Araméen de Syrie, sur l'Euphrate, dont la capitale était Til-Barsip, vers -950. D'abord tributaire de l'Assyrie sous Assurnasirpal II, il devient une région de l'Empire sous Salmanazar III (en -856).


Chaldéens

Le mot de "Kal-du" est mentionné pour la première fois dans les annales d'Assurnasirpal II. On ignore l'origine de ces tribus semi-nomades qui peuplaient cette région proche de la babylonie, dont elles avaient adopté la langue. Souvent en guerre ou en révolte contre la domination assyrienne, les Chaldéens fondent une dynastie à Babylone, avant d'etre conquis par l'armée Assyrienne (-710). Les Chaldéens avaient la réputation d'être d'excellents astronomes.


Déluge

Les mythes diluviens se retrouvent dans les civilisations les plus éloignées, sans qu'on puisse savoir s'il y a eu des contaminations par on ne sait quelles voies cachées. Au point que, pour expliquer cette universalité, il a fallu aller en quête d'un phénomène qui aurait affecté l'ensemble de la planète. L'hypothèse la plus satisfaisante reste encore celle qu'à proposée de Morgan (1925): la fonte partielle des glaciers wùrmiens, provoquée par le réchauffement spectaculaire de l'atmosphère à la fin du paléolithique supérieur, a provoqué une montée des eaux océaniques tout en créant la forte humidité du climat dit atlantique qui marque le mésolithique. De longues périodes pluvieuses auraient Si fortement marqué l'humanité qui sortait de la dernière époque glaciaire que leur souvenir se serait perpétué à travers des mythes différemment reçus selon les civilisations. Chronologiquement, le plus ancien mythe de déluge qui nous soit parvenu se trouve dans les textes Sumériens. Selon LRS (col. 1,1.1-38), après que la royauté fut descendue du ciel, huit rois ont régné sur cinq cités qui se sont succédé dans la prééminence sur le Sumer~ avant que ne survienne le déluge. Ces cités sont (dans l'ordre) : Éridu, où la royauté serait restée 64 800 ans; Bad~tibira, avec 108 000 ans; Larak, qui ne connut qu'un seul " roi ", En-sipa(d)-zi(d)-Anna(k), qui régna 28 800 ans ; Sippar, où régna seulement En-men-dur-Anna(k), pendant 21 000 ans; enfin, shuruppak, où UbarTutu(k) régna 18 600 ans. Ainsi se sont écoulés 241 200 ans entre la création de la royauté et le déluge. Après cette rupture, la royauté descendit une seconde fois du ciel pour être accordée à Kish (col. I, 39-44). Bien que tardif, il existe un récit sumérien du déluge, daté de l'époque paléobabylonienne, mais colportant certainement une très ancienne tradition (récit fragmentaire sur une tablette de Nippur à l'University Museum,). La raison pour laquelle le déluge doit être provoqué n'est pas donnée. Le texte débute à la ligne 38, où parle un dieu. La signification du passage où il demande que soit laissé (aux hommes) le soin de construire leurs cités a don-du-me e reste énigmatique . Ensuite, il dresse un tableau des rois qui ont régi les cités antédiluviennes. Survient le déluge avec ses tornades et le débordement des flots au-dessus du "kabdugga" (terme non traduit par Kramer et que Poebel interprète comme "lieux de culte"). Sept jours et sept nuits dure le déluge. Le Noé sumérien est ici Ziusudra, un roi, le "conservateur du nom de niggil-ma (sens inconnu) [et] de la semence de l'humanité". Mais alors que dans la tradition akkadienne Utanapishtim parvient sur le mont Nisir (sans doute l'actuel Pir Omar Gudrun, à 80 km à l'est de Kerkuk, connu par ailleurs par des textes Assyriens), Ziusudra aborde dans la terre de Dilmun. La version la plus complète que nous possédions est celle du poème d'Atrahasîs. L'autre texte est celui de la XIè tablette de l'Épopée de Gilgamesh le plus célèbre parce que, lorsqu'il fut retrouvé dans la bibliothèque d'Assur-banipal, il causa la plus vive émotion dans les milieux chrétiens. Malgré certaines différences, en particulier dans le vocabulaire, entre le texte de l'Épopée de Gilgamesh et celui d'Atrahasîs, il apparaît à l'évidence que l'auteur de la XIè tablette (le scribe Smlêqê-unninni?) s'est largement inspiré du texte du poème d'Atrahasîs . À l'évidence, le rédacteur du déluge biblique (Gen 6 :1-8 :22) s'est aussi fondé sur le texte babylonien. Mais l'emplacement du mont Nisir étant imprécis et le souvenir du royaume d'Urartu restant encore prestigieux dans les mémoires, c'est dans ce pays montagneux qu'il a fait parvenir l'arche de Noé. Ce n'est que plus tardivement que l'Urartu s'est transformé en Ararat et a été précisément localisé.


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Dilmun

Dilmun est la forme sum. de l'akk. Tilmun, lieu maintes fois cité dans de nombreux textes cunéiformes souvent en association avec Magan et Melukhkha. Le nom de Dilmun apparaît dès la seconde moitié du IVè mill. sous une forme pictographique, sur des tablettes de la période d'Uruk IV et ensuite de Djemdet Nasr. On peut voir que dès cette haute époque Dilmun représentait un lieu bien déterminé avec lequel les Sumériens et une ville syrienne comme Ébla étaient en relations commerciales. Sont ainsi mentionnés une hache de Dilmun (dilmun-tûn) dans une tablette d'Uruk III et un "collecteur de taxes de Dilmun" (dilmun-enku [ZA]). Ce nom va se retrouver tout au long de l'histoire de la Mésopotamie, avec une éclipse entre -1500 et -900, jusqu'à l'époque séleucide. Les relations avec Dilmun s'intensifient au cours des derniers siècles du DA (-2550 -2350). Sous Ur-Nanshé (v. -2550) de Lagash, les bateaux de Dilmun effectuent le transport de bois pour ses constructions, et, sous ses successeurs Lugalanda( -2400) et Urukagina (v. -2380), les bateaux de Dilmun transportent du cuivre et des dattes en échange de céréales, d'huile, de laine et d'argent; Dilmun parait alors être devenue une plaque tournante du commerce avec deux autres contrées d'outre-mer, Magan et Melukhkha. Ces relations commerciales se poursuivent à l'époque d'Akkad et peut-être plus encore pendant les périodes d'Isin-Larsa et paléobabylonienne. Leonard Woolley a retrouvé au cours des fouilles d'Ur, les archives du marchand Éa-nasir (ah.b Tilmun = trafiquant de Dilmun), qui dirigeait ce qu'on pourrait appeler une entreprise maritime d'importation du cuivre, extrait sans doute à Magan mais stocké dans les entrepôts de Dilmun avant d'être transporté à Ur. On connaît d'autres marchands, dont un certain Idin-Nin-Inzak , sans doute originaire de Dilmun, qui avait précédé dans ce commerce la firme d'Ea -nasir. Le commerce avec Dilmun dépassait le domaine suméro-babylonien pour s'étendre à Suse, où un temple était dédié à Inzak (nom écrit aussi Enzak, Anzag, Nin-zag), l'une des principales divinités de Dilmun, et à Marisous le règne de shamshi-Adad. Le trafic vers Maritransitait obligatoirement par Babylone, d'où les caravanes (harranû) transportaient la marchandise jusqu'à Mari, ce qui n'allait pas toujours sans quelques difficultés (cf. par ex. la lettre d'Iambe-Addu à Hammurabi). À l'époque kassite, Dilmun est un moment occupée par les Babyloniens, qui y installent un gouverneur. Deux lettres retrouvées dans les archives de Nippur sont adressées à Ililiya,qui semble bien être le même qu'Eniilkidinni, gouverneur de Nippur à l'époque de Burnaburiash Il (-1359 -1333) et de son (troisième) successeur, Kurigalzu II (-1332 -1308) par Ili-ippashara. Ce dernier est établi à Dilmun, dont il est démontré qu'il en était le gouverneur . Après une période d'éclipse, Dilmun est à nouveau en relation avec les Assyriens. Sous ses rois Uperi qui est comme "un poisson à 30 bêru au milieu de la mer où se lève le soleil " et Akhundara, elle reste indépendante mais, néanmoins, tributaire de Sargon II . L'un de ses autres rois, Khundaru (peut-être le même qu'Akhundara connu par d'autres textes), est aussi tributaire d'Assur-banipal. Les Babyloniens pour le moins sous le règne de Nabonide occupent le pays, où est installé un lugal pihashti Dilmunki, titre mentionné dans un texte daté de -544 . On ne sait précisément Si cette expression désigne un administrateur commercial ou, plutôt, civil et militaire de Dilmun. Il semble que Dilmun ait été plus ou moins tardivement intégrée dans l'Empire achéménide. Jules Oppert avait proposé d'identifier Dilmun avec l'île de Bahreîn, appelée Tylos par les Grecs. Cette identification est acceptée par la majorité des archéologues, bien qu'on ait tendance à étendre cette entité géographique à la côte voisine de l'Arabie. L'absence de témoignage archéologique dans l'île avant le milieu du III è milI. a conduit à situer la première Dilmun sur les côtes voisines de l'Arabie, où nombreux sont les établissements qui remontent au moins au IVème mill. : Abqayq, Umm an-Nussi, Umm ar-Ramad, l'île de Tarut ont rendu des poteries de l'époque de Djemdet Nasr voire plus anciennes. Le même nom de Dilmun désigne aussi, dans les textes mythologiques Sumériens, un lieu qui semble mythique, "saint et pur", en particulier dans le mythe d' "Enki et Nînhursag". Il est dit que, "lorsque le dieu Enki s'y établit avec son épouse, le pays devint pur et lumineux." A Dilmun, auparavant ne croassait nul corbeau, ne cacabait nul francolin; nul lion ne tuait, nul loup ne se jetait sur des agneaux !" . C 'était une sorte de paradis (terrestre ?) où il semble qu'on ne connaissait ni le travail ni la vieillesse, à moins qu'il ne faille interpréter ces passages comme la description d'un lieu où tout était figé, ou rien ne bougeait ni ne poussait, jusqu'au moment où Enki vint apporter l'eau d'où s'épanouit la vie. Ce texte, dont le plus ancien manuscrit ne remonte qu'au début du IIè mill., soit l'époque où les relations avec Dilmun étaient des plus intenses, semble être l'idéalisation d'une île (et des terres voisines) située dans une mer où le soleil paraissait se lever. Dans la version sumérienne du Déluge, c'est à Dilmun, "là où se lève le soleil ", que fut installé Ziusudra pour qu'il y vive son éternité .


Dûr sharrukin

"Fort de Sargon", nom antique de Khorsabad, site mésopotamien à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Ninive (Mossoul). En -707 fut inaugurée par Sargon II la ville dont il voulait faire sa capitale. Les travaux avaient commencé moins d'une décennie plus tôt, avec la participation de nombreux prisonniers de guerre. Cependant, le souverain assyrien n'eut guère le temps de jouir de la cité à laquelle il avait donné son nom car il mourut deux ans plus tard. La ville était enfermée dans une enceinte de briques crues, extérieurement dentelée, de 14 m d'épaisseur et de 12 m de hauteur, formant un rectangle de 1 760 x 1 685 m et enfermant 300 ha. Elle était percée de sept portes monumentales consacrée chacune à une grande divinité assyrienne. Contre l'enceinte nord-ouest se dressait la citadelle (avec une dénivellation de terrain de seulement 14 à 18 m), pourvue d'une enceinte qui isolait de la ville la partie administrative et le palais royal. C'est cet immense complexe architectural qui a reçu l'appellation de « Palais sans rival « (é-gal-gaba-ri-nu-tuku-a). On accédait par trois portes monumentales à une cour de 103 x 91 m. Plus de 210 salles ont pu être déterminées articulées sur trois grandes cours principales et une trentaine de cours secondaires. Les portes en arceau, ornées de bas-reliefs, étaient gardées par un nombre considérable de taureaux ailés androcéphales. Plusieurs petits sanctuaires ont été reconnus dans la partie sud-ouest du palais, appelé harem à l'époque des premiers fouilleurs : Ningal, Ninurta, Shamash, Ea , Adad, Sîn. Mais la principale divinité était Nabû. Son temple s'élevait sur une terrasse pourvue d'une rampe d'accès, hors de l'enceinte propre du palais, à son angle sud-ouest. Il était pourvu de deux cours et de deux cellae de tailles différentes, la plus grande étant celle de Nabû, la plus petite devant être consacrée à sa parèdre Ta~metu(m). Comme le palais, il était abondamment orné de panneaux de briques vernissées et pourvu de mâts à enseignes. A l'ouest de l'ensemble palatial, au nord du pseudo-harem, dominait une Ziggurat à base carrée de 43 m de côté. D'après les observations de Victor Place, elle était pourvue d'un escalier en spirale pour accéder à chacun de ses étages hauts de 6 m, lesquels auraient été peints chacun d'une couleur différente. Les quatre premiers, plus ou moins bien conservés étaient blanc, noir, rougeâtre et bleuté. De ces ensembles a été retiré un nombre considérable de statues souvent colossales, de bas-reliefs et d'inscriptions sur les bas-reliefs et les jambages des portes outre un important mobilier et de petites tablettes en métal. Parmi ces inscriptions dont la plupart célèbrent la grandeur du roi, ses campagnes et ses entreprises architecturales, la plus importante est sans doute une liste chronologique des rois d'Assyrie (107 au total) débutant avec Erishum Ier (v. -1940 -1901) et se terminant avec Assur-nârâri V (- 754 -745). La ville fut abandonnée et détruite lors de l'effondrement de l'Empire assyrien, en -612.


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Ecbatane

Capitale du royaume des Mèdes. Ekbtana est la forme grecque de son nom mède, ha =gmatâtta (élamite: ga-ma-dana), dont le sens est «lieu de cueillette". Elle a été fondée au VIIIe s. par le roi de Médie Déjocès. Son identification avec la moderne Hamadan ne fait aucun doute, bien qu'on n'y ait jamais pratiqué que des fouilles sommaires et ponctuelles. Il semblerait que l'ancienne citadelle soit à localiser sur le tell Hagmataneh, un tertre haut d'une trentaine de mètres situé au nord-est de la ville. La plaine dans laquelle elle se trouvait, à un carrefour de routes, était célèbre pour les élevages de chevaux et la fertilité de son sol, où étaient cultivées les céréales. De la ville mède, nous ne savons que ce qu'en ont dit deux auteurs grecs, Hérodote et Polybe. Le premier, qui ne semble pas l' avoir vu, assure que le vaste palais que s'était fait construire Déjocès était au centre de la ville, enfermée dans sept enceintes concentriques, chacune dépassant la précédente de la hauteur de ses créneaux, lesquels étaient faits de pierres de couleurs différentes : blanches pour la première, noires pour la deuxième, puis pourpres, bleues, rouge de Sardoine, les deux dernières étant plaquées d'argent et d'or . Il semble qu'on ait là la description d'une ziggurat dont chaque étage aurait été peint d'une couleur différente, comme il semble qui ce fut le cas pour un monument à peu près contemporain, celle de Nabû à Dur-sharrukin. Polybe, qui vivait au IIe s. et qui fut un ami de Scipion Émilien, a écrit une Histoire de la république romaine en partie perdue. C'est dans les fragments du livre X que se trouve une description de la ville, dont il est dit que "la richesse et la magnificence de ses édifices dépassent largement tout ce qu'on peut voir dans les autres villes ". Il assure qu elle n'est pas enfermée dans des murailles, en quoi il s'oppose à Hérodote, puis il décrit le palais qui faisait sept stades de tour (env. 1 200 m) et offrait des portiques, des péristyles avec des poutres, des colonnes, des lambris, revêtus d'argent et d'or . Tous ces trésors auraient été pillés par les généraux d'Alexandre le Grand, et Antiochos aurait retiré du temple d'Ena quatre mille talents d'or (1 talent = environ 17 kg). Après la chute de l'Empire mède, les rois de Perse avaient fait d'Ecbatane leur capitale d'été .


EIam

Région du sud-ouest de l'iran, constituée de plaines et de montagnes, débordant l'actuel Kuzistan. Sa situation géographique, à l'extrémité des routes du plateau iranien conduisant vers l'Asie centrale et la vallée de l'Indus, et dominant la plaine du Tigre, lui a permis de jouer un rôle non négligeable dans l'histoire du POA. Le nom d'Élam est fondé sur l'hébreu 'êlam. Les Élamites appelaient leur pays Haltamti (= Terre du dieu) et les Akkadiens Elamtu. L'origine des Élamites reste inconnue. Ils semblent avoir appartenu à ce fond des anciennes populations néolithiques de l'Asie antérieure qui parlaient des langues agglutinantes, différentes des Sémites et des Indo-Européens. Les Élamites adoptèrent les cunéiformes d'origine sumérienne, mêlés de logogrammes suméro-Akkadiens, pour écrire leur propre langue, probablement au cours du XXIIIè s. av. J.-C. , et les ont utilisés jusqu'au IV s. Dans ce système d'écriture syllabique entrent les voyelles a, u, i, e. La base de la langue est nominale, verbale ou commune au nom et au verbe. Le verbe, toujours placé en dernière position, exprime un aspect accompli ou inaccumpli-duratif. Bien qu'elle participe largement des civilisations voisines de la Mésopotamie, la civilisation élamite conserve une originalité qui lui est propre. Il convient ici de préciser que ce qu'on est convenu d'appeler l'Élam ne forme pas une unité en soi. Il est composé de plusieurs régions qui ont été distinguées politiquement : au pied du Zagros, la Susiane, dans de riches plaines avec Suse pour capitale, n'a pas été toujours le centre de l'Élam, qui s'étendait par ailleurs dans les montagnes avec l'Anshan l'Awan et le shimashki ces deux dernières régions étant mal circonscrites sinon localisées. On s'accorde pour diviser son histoire, àpartir des découvertes archéologiques et des textes aussi bien extérieurs que ceux recueillis localement, en particulier lors des fouilles de Suse et, plus récemment, d'Anshan, en quatre périodes : proto-élamite (vers -3200 -2700)élamite ancien ou paléo-élamite (vers -2400 -1500), élamite moyen (méso-élamite -1500 -1100), Néo-élamite (vers -1000 -539). Après la conquête achéménide, l'Élam est une province de l'empire qui a cependant le privilège de voir Suse considérée comme l'une des capitales impériales. Pendant la période protoélamite, l'Élam est tourné vers le plateau iranien, à la civilisation duquel il participe. Les relations de Suse sont étroites avec Anshan Bialk, Tépé Yahya, et même Bhahr-i-Bhukhta, en Iran oriental, site que certains auteurs identifient à Aratta, le grand marché du lapis-lazuli. C'est au début de cette période que les Élamites vont commencer à se doter d'une écriture qui reste très élémentaire, et indéchiffrée. Elle consiste en idéogrammes simples, souvent de forme géométrique, parfois dessinés en double ligne, ou encore simplement linéaires, sur des tablettes de terre crue, parfois à peine cuites, et quelques amulettes et sceaux. Il arrive que des dessins au trait représentant des animaux fauves, bovidés, soient tracés accompagnés de quelques signes. Il s'agit en général de pièces comptables ou d'exercices de comptabilité .Les premières mentions historiquement attestées entre l'Élam (connu sous le nom sumérien de NIM) et Sumer par des inscriptions se situent entre -2700 et -2400, bien qu'il soit probable que les deux régions fussent déjà en relations commerciales. Un roi obscur de Kish, Enna'iI, fils d'A'anzu, se vante d'avoir vaincu l'Elam. D' Éannatum, il est dit qu'il vainquit l'Élam, "la montagne vertigineuse". Ce sont là des relations violentes dont il est difficile d'assurer que ce sont les premières entre les Sumériens et les Élamites. Déjà. dans la LRS, le mythique roi de Kish Enmebaragesi aurait porté ses armes dans le pays d'Élam, ce qui nous ramène aux environs de -2700. L'époque paléoélamite se divise en trois périodes selon les dynasties qui ont eu le pouvoir. Vers 2400, un prince de la ville élamite d'Awan prit le pouvoir, défit Ur et entra dans la liste royale sumérienne. Cependant, la Susiane fut intégrée dans l'Empire akkadien de Sargon, qui y plaça des gouverneurs (issiakkum). Par la suite, Naram-Sîn passa un traité avec le souverain d'Awan (le roi Khita ?). C'est le premier traité conclu entre un souverain élamite et un roi mésopotamien : il fut conservé dans le temple d'In-shushinak. Vers -2050, la liste susienne des (12) rois d'Awan et de shimash(ki) donne une nouvelle dynastie avec aussi 12 rois, originaires de shimashki dans les montagnes du Luristan. La Susiane retomba sous la domination des derniers rois de la IIIè dynastie d'Ur, qui pratiquèrent des mariages entre princesses sumériennes et élamites. Ces précautions n'empêchèrent pas les Élamites de s'unir et d'envahir Sumer sous la conduite du roi de shimatki Kindattu (v. -2004), ouvrant la deuxième période d'indépendance de l'Élam ancien. Le roi d'Ur Ibbi-Sîn fut capturé et emmené prisonnier en Élam, où il mourut. Le neuvième roi de la dynastie de shimashki marque l'étendue de ses conquêtes en prenant le titre de « roi d'Anshan et de Suse «. Plus modestes, ses successeurs se contenteront de celui de suêalmah« Grand Régent", titre sumérien des gouverneurs de l'époque d'Ur III (sukkal). Avec eux commence la troisième période protoélamite, (v. -1970). L'Élam forme alors une sorte de confédération où, au-dessous du Grand Régent, se trouvent un sukkal d'Élam et de shimashki et un sukkal de Suse. Ces Souverains pratiquent des mariages avec leurs soeurs, comme les rois d'Égypte, et ils conservent les traditions akkadiennes. L'akkadien semble être la langue officielle : la plupart des textes, administratifs, économiques, sont en akkadien. On ne possède de cette époque que quelques inscriptions royales en élamite. Cependant, ces inscriptions permettent de saisir la complexité de l'histoire élamite pendant cette période et des successions au trône, sans qu'on puisse toujours réussir à situer tous les faits recueillis dans un développement satisfaisant . Cette période des sukkalmah se termine vers -1500 on ne sait précisément dans quelles conditions. Entre -1500 et -1100, trois dynasties se succèdent à la tête de l'Élam, qui connaît sa période la plus brillante, appelée élamite moyen. De la première dynastie, dite des Kidinuides, on connaît peu de chose. Ses rois se parent du titre de roi d'Anshan et de Suse mais ils privilégient, avec le roi Tepti-Ahar, Kabnak (Haft Tèpè) au sud-est de Suse, comme résidence royale, au détriment de Suse. Une campagne du roi kassite de Baby-lone Kurigalzu 1er au XIVè s. semble être la cause de la chute de cette dynastie, remplacée par une nouvelle dynastie fondée par un certain Igi-halki. Sous cette nouvelle dynastie dite des Igihalkides, l'Élam va de plus en plus trouver son équilibre culturel, dans lequel les traditions indigènes s'harmonisent avec les courants mésopotamiens. L'élamite devient la langue officielle, remplaçant l'akkadien. Cette politique se concrétise dans la capitale-sanctuaire édifiée par Untash-Napirisha (v. -1275 -1240) à Tchoga Zanbil. Le petit-fils de ce dernier, Kiden-Hutran (v. -1235 -1210), effectue un raid sur la Babylonie au cours duquel il met à sac Der, Marad, Nippur et Isin. Une période d'anarchie suit la mort de ce roi, et le pouvoir va passer à une nouvelle dynastie fondée par Hallutush-Inshushinak (v. 1205-1185). On lui a donné le nom de shutrukides, du nom du fils de son fondateur, shutruk-Nahhunte (-1185 -1155). Ce dernier reprend une politique de conquête et ravage àplusieurs reprises la Babylonie. En -1158, il prend et met à sac Babylone, d'où il rapporte triomphalement à Suse quelques-uns des monuments qui y ont été retrouvés par la mission française : grande stèle du Code d'Hammurabi, stèle de Naram-Sîn, statue de Manishtusu. Il revient à son fils et successeur, Kutur-Nahhunte (-1155 -1150), de mettre fin à la dynastie kassite au cours de nouvelles campagnes en Babylonie. Ce dernier avait épousé sa soeur Nahhunte-Utu. Il mourut à peine cinq ans après être monté sur le trône et son frère Shilhak-Inshushinak (-1150 -1120) lui succéda. Il épousa à son tour Nahhunte-Utur, ce qui représenterait un cas de lévirat . shillak-Inshushinak a été l'un des souverains les plus importants de la dynastie. Outre ses campagnes militaires, il fit construire un certain nombre de temples et restaurer plus encore de monuments. Les Babyloniens n' avaient pas oublié les méfaits des invasions élamites, comme en témoigne une élégie où l'auteur se lamente à ce propos . Le texte semble avoir été écrit à l'époque de Nabuchodonosor îer (1125-1104) lequel va, en partie, venger ces razzias en infligeant une défaite au successeur de shilîak-Inshushinak Hutelutush-Inshushinak (1120-1110), qui dut se réfugier un moment à Anshan. La période néoélamite voit la désagrégation de l'Empire élamite avec des retours de fortune. Les rois ont alors trois capitales Suse, Hidalu et Madaktu, où ils résident selon les circonstances. Ils sont de plus en plus tournés vers les affaires de la Mésopotamie car sans cesse menacés par les Assyriens. Ainsi, selon les moments, ils occupent Babylone ou encore ils s'allient avec elle contre Assur. En fin de compte, Assur-banipal, attaqué par Te-Umman, le vainquit (-653) et installa à Suse, Madaktu et Hidalu chacun des fils d'un ancien roi élamite détrôné par Tempti-Humban-Inshushinak (le Te-Umman des inscriptions assyriennes), qui s'étaient réfugiés à sa cour. Les nouveaux souverains ne manquèrent pas de trahir leur ancien bienfaiteur; ils soutinrent Shamash-shum-ukin dans sa révolte à Babylone contre son frère Assurbanîpal, de sorte que ce dernier les engloba dans sa vengeance. il ravagea l'Élam, mit Suse au pillage et rapporta triomphalement à Ninive un immense butin. La troisième période néo-éiamite qui s'ouvre alors est marquée par un nationalisme qui privilégie tout ce qui est élamîte, mais qui ne pourra empêcher l'Élam de tomber bientôt sous la domination de la Perse achèménide.


Enki

Dieu Sumérien dont le nom signifie "seigneur de la terre" . En tant que tel, il réside sur Du-ku, colline primordiale. C'est pourtant aussi un dieu des eaux souterraines lié à l'Apsû : une de ses épithètes est " cerf de l'Apsû". Il a été identifié à Éa, avec qui il a été confondu lors du syncrétisme suméro-akkadien.- Dans le panthéon mésopotamien, il naît de l'union d'Anu et de la déesse Nammu, et il est le frère jumeau d'Ishkur. De son union avec Damgalnuna naissent Marduk, Asarluhi, Enbilulu, Adapa, la déesse Nanshé. Il fut très tôt identifié à Nudimmud, nom par lequel on le désigna également. Il est aussi invoqué sous le nom de Nintiku. Son identification à Éa fait que de nombreux hymnes sont adressés à ce dernier. Il est cependant associé à Nisaba dans une composition hymnique à l'occasion de la fête des moissons mais il n'est invoqué que dans le dernier vers : "Ô père Enki, il est doux de te louer" . Son principal temple était l'é.abzu à Éridu. Un temple du même nom lui était consacré à Pasirra. L'é-abzu était desservi par un clergé composé de dignitaires dont nous connaissons quelques appellations sans très bien connaître les fonctions qu'elles recouvrent : enkum, ninkum, abgal et abrig; l'une des tâches de ces deux derniers était de porter à la bouche de la statue du dieu des offrandes destinées à la lui ouvrir : miel, crème de lait, résine de cèdre. Il existe en revanche plusieurs textes mythiques où Enki joue un rôle essentiel. Enki et Ninhursag. Mythe sumérien connu par des tablettes des époques d'Ur III et paléobabylonienne. Il en subsiste 284 vers, soit presque la totalité. Le mythe se situe à Dilmun, un lieu où tout semble endormi où ne coule pas d'eau. Enki s'y établit avec la déesse Ninsikila, «la dame pure «, une déesse dilmunite. Cette dernière s'étant plainte du manque d'eau "l'habile Enki, devant Nintu la mère du pays emplit toutes les rigoles de son Sperme" et de son sperme inonda les cannaies". Le dieu ne se contente pas de distribuer ainsi sa faconde virile, il la déverse dans le giron de Ninhursag d'où naquit Ninsar,"Dame des plantes vivrières". La jeune Ninsar étant ensuite allée se promener le long de la lagune, Enki la vit et dit à son page Isimud : "Ne baiserai-je pas cette jeune et jolie fille, ne baiserai-je pas cette charmante Ninsar?". A quoi le page, bon courtisan, lui répond de la baiser . Enki monte alors dans sa barque et il va déverser son sperme dans le giron de la jeune fille qui donne le jour à Ninkura, dame des plantes à fibres. Ainsi, de proche en proche, le dieu féconde chaque fois la déesse sortie du sein de celle qu'il a fécondée, créant tous les éléments indispensable au développement de la civilisation. Il goûte ensuite les plantes pour fixer leur destin. Mais Ninhursag est furieuse contre Enki à cause de son comportement et le voue à la mort. Intervient alors le Renard qui lustre son poil, farde ses yeux au khôl avant d'aller trouver la déesse. Il y a une lacune dans le texte qui ne permet pas de savoir comment, finalement, Ninhursag prend Enki sur son giron et le guérit de divers maux en créant chaque fois une divinité. "qu' est ce qui te fait mal mon frère - Mon crâne me fait mal. Eh bien je crée pour toi le dieu Aba-u .Qu' est ce qui te fait mal mon frere? Mes cheveux me font mal... Eh bien! je crèe pour toi la déesse Ninsikila..." Enki fixe ensuite le destin (et les fonctions) de ces nouveaux dieux. Enki ordonnateur du monde. Texte poétique sumérien conservé dans plusieurs manuscrits fragmentaires (de Nippur) formant un tout incomplet de plus do 450 lignes. C'est un poème complexe de caractère incantatoire constitué de quatre parties. Il débute par un cantique à Enki " Seigneur Sublime "en tout l'univers Souverain par nature O vénérable Enki! né du Taureau, engendre par l'Aurochs cheri d' Enlil le Grand Mont bien aime du saint An(u)" . Le recit loue ensuite le dieu pour son action bénéfique et créatrice qui a donné l'opulence aux hommes. Puis Enki fait son autoglorification, ce qui permet de connaître ses filiations, ses épithètes, ses fonctions. Il prend ensuite place dans une barque pour aller sur la lagune visiter son domaine. Il est alors question du pays de Magan et de Dilmun , avec leurs boutres chargés à ras bord. Sont décrits tout le cérémonial d'embarquement et l'arrivée de la barque divine à Sumer, dont Enki va fixer le destin. Il aborde à Ur, "la cité sainte " dont il fixe le destin, puis à Nippur (en passant, il fixe le destin de l'Elam). Il crée l'Euphrate et le Tigre en éjaculant et l'eau qu'il produisit ainsi est chatoyante, suave et capiteuse" . Suit une longue litanie de toutes ses créations depuis l' agriculture jusqu 'à I'architecture, le régime administratif des terres sans oublier naturellement I'écriture. Le tout forme selon le jugement averti de Jean Bottéro une ample composition de style soutenu animée d'un souffle lyrique littérairement achevée . Enki et Ninmah : Mythe sumérien connu par des manuscrits fragmentaires : tablettes d'Ur III et copie bilingue d'époque néo-assyrienne. Alors que les deux textes précédents peuvent être regardés comme des cosmogonies, celui-ci est plutôt une anthropogonie. Il s'agit de la création de l'homme, même si le poème commence par la création primordiale : « Ces jours-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été [séparés] - Ces nuits-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été désassemblés]... « Suivent la création des Anunna(ki)... Mais le façonneur de tous les grands dieux, Enki, en son profond Engur (autre nom de l'Apsû) houleux, où nul dieu ne plonge le regard, demeurait vautré au lit : il n'arrêtait pas de dormir «...Les dieux s'en étant plaints, Nammu, "la mère primordiale", vient tancer le dieu, l'engage à agir et lui cite les divinités qui seront ses auxiliaires (Ninniali en premier; puis Ninimma, shuzianna, Ninmada, Niobara, Ninmug, Musargaba et Ninguna). Enki et Ninmah s'enivrent alors de bière, se mettent le coeur en gaieté et Ninmah défie Enki de corriger la nature des hommes qu'elle tente de créer. Mais elle échoue dans ses créations, sept fois, et c'est finalement Enki qui crée leurs destins . Voyage dEnki à Nippur. Dans ce petit poème de caractère liturgique, Enki va faire un voyage à Nippur pour rendre une visite à Enlil. Ces visites rituelles d'un dieu à un autre dieu, qui se faisaient dans la réalité avec la statue du dieu, lequel ou laquelle allait d'un sanctuaire à un autre dans une ville voisine, étaient accompagnées d'une sorte de livret liturgique. Il est d'abord question du palais construit pour le dieu dans l'Apsû, dont le page Isimud fait une description debout face au palais : Ô demeure construite en argent et en lazulite l Toi dont les fondations sont plantées en l'Apsû, duquel le prince te chérît... Ces stances se terminent par une évocation d'Éridu, la cité du dieu: «Lorsque Enki eut fini de construire Éridu, masse artistement couronnée, qui semble flotter sur les eaux, au rivage, il s'adossa à la roselière, (se reposant) en son verger amène, plein de fruits, où nichaient les oiseaux, tandis que folâtraient les carpes, parmi les tendres plantes aquatiques et que les cyprins frétillaient entre les jeunes pousses de gizi ! ". Enki (en fait sa statue) s'embarque et parvient à Nippur dans le gigunnû, sainte chapelle de Nippur. Là, Enki offre un banquet à Enlil, son père, dans le sanctuaire de Nippur au menu, bière, vin, bière d'épeautre, bouillie de malt ( ?), sirop de dattes... Les gobelets pleins à verser, les dieux (en réalité leurs prêtres) trinquent au ciel et à la terre aspirant posément aux hanaps débordants (creux comme) des chaloupes. En fait, il s'agit de vases dans lesquels on plonge les chalumeaux courbes pour aspirer le liquide). À la fin du banquet, Enlil donne aux Anunna la raison de cette liesse et de cette visite : Enki s'est fait construire un palais à Éridu, «le saint lieu où nul ne peut entrer e. En réalité, il s'agit, sans doute, de l'inauguration de l'é.abzu d'Éridu. Inanna et Enki. Ce texte sumérien n'est connu que par un seul manuscrit, complété par quelques fragments. C'est, assure Jean Bottéro, "une pièce interminable et littérairement médiocre" , mais elle a l'avantage de nous donner une longue liste de tous les pouvoirs, les "me" que reçut Inanna et qu'elle déposa à Uruk. Le cadre de l'histoire est une visite que la déesse décide de rendre à l'Apsû d'Enki à Éridu. Comme pour la visite que fit Enki à Enlil, la réception de la sainte Inanna (qui fît route toute seule e vers Érîdu) commence par un banquet. Enki fait alors la liste, à son page Isimud, de tous les cadeaux qu'il va faire à sa fille Inanna, qui ne sont autres que les "me" : le Pastorat et la Royauté, les Offices d'Egîzi, de Nindîngîr, d'Itîb, de Lumali et de Gudu, la Véridicité, la Descente aux Enfers, l'Habit polychrome, la Chevelure rejetée sur la nuque... Et, avant de dire le don Enki introduit la citation par: " Par mon prestige , par mon Apsû , à la sainte Inanna ma fille, je vais offrir, sans que nul m'en empêche" , etc. Et c'est Enki qui conclut (derniers vers) à l'adresse de la déesse : Qu'à la porte de ton saint Gipar le grand prêtre passe ses journées en liesse Et que les citoyens de ta ville, les enfants d'Uruk, y vivent agréablement. Quant à toi, ta ville demeure dûment alliée à Erîdu : aussi la restaura-t-on en sa situation première !".


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Enlil

Dieu sumérien, parmi les plus anciens et les plus complexes. Son nom sumérien signifie "seigneur de l'air" (akk. Ellil), mais ses attributs sont bien plus larges que ceux d'un simple maître des vents et de l'air. Son nom apparaît dès l'époque de Djemdet Nasr et il occupe déjà une place capitale dans la liste des dieux de Fara. Si dans l'Enûma Elish, poème babylonien à la gloire de Marduk, c'est ce dernier qui est le véritable dieu créateur, et qu'Anu, Enlil (qui n'apparaît que dans la quatrième tablette au vers 146) et Ea n'occupent finalement qu'une place secondaire, dans le poème d'Atrahasise le roi, père des dieux, est Anu, et Enlîl, "le guerrier"(ou "le preux"), qui avait pris la terre en partage, était le souverain des dieux, et c'est contre lui que ces derniers se révoltèrent. Dans la cité qui en a fait sa divinité principale et dont il était peut-être originaire, Nippur, c'est lui le dieu créateur qui façonne l'homme de ses propres mains. Mais c'est aussi lui qui, dans le mythe d'Atrahasîs, se trouve incommodé par les clameurs des hommes et exige leur destruction en demandant de couper aux hommes toute subsistance, qu'Adad retienne les pluies et que Nisaba (déesse des Moissons) "ferme partout sa poitrine". Comme Enki, il réside sur le Duku, avec son épouse Ninlil (ou Sud), une déesse des Céréales. Il est lié à l'orage qui se précipite des montagnes, comme en témoignent son surnom sumérien de Kur-gal ("Grande Montagne") et le nom de son temple à Nîppur, l'é.kur, "Maison [de la] montagne". Sa puissance est soulignée dans un hymne où il est dit: " Ô toi le puissant, qui tient la pluie dans le ciel et les eaux sur la terre... père Enlîl, tu es celui qui fait que croît la vigne, ta chaleur porte à sa maturité le poisson dans les profondeurs, tu laisses se rassasier de nourriture les oiseaux dans le ciel, les poissons dans la mer ". Ainsi est-il devenu, en quelque sorte, le plus puissant des dieux, le père des dieux (ab-ba dingir-re-me), celui qui distribue les destins (na-me nam-tar-ri), fonction qu'il partage avec Enki. « Seigneur des seigneurs, roi des rois, père qui as engendré les grands dieux, maître des destins et des hommes, qui gouverne les cieux et la terre... Seigneur de tous les pays qui fixe les destins de tous les dieux, les vivants sont engendrés par ton ordre, tu nommes roi et gouverneur... « est-il déclaré dans un hymne où il apparaît comme un maître de la justice qui rend le faible égal au fort, celui qui abolit le mal. Dans la généalogie des dieux, il est le fils d'Anu et le frère d'Aruru. il lui est donné pour progéniture Inanna, Adad, Nergal, Ninurta, Nanna-Suen (Sîn), Ningirsu, Utu, Nuaku, Pabilsag, Ishkur, Namtar, Urash. Une tradition on fait le fils d'Enki et de Ninki. Au dieu était consacré un nombre considérable de chapelles et de sanctuaires aussi bien en Babylonie qu'en Assyrie. Outre l'é.kur à Nippur, sans doute l'un des plus anciens puisqu'il fut déjà restauré par Naram~sîn, il avait encore cinq autres é.kur dans cette même cité et un autre à Assur. Un nombre considérable de temples et de chapelles lui étaient dédiés à Nippur (par ex. e.du6.nùmun.bùr, "maison du tertre des joncs «), ainsi qu'une ziggurat. Enlil et Ninlil. Il s'agit d'un petit poème sumérien de 154 lignes dont les manuscrits sont une copie néo-assyrienne et des fragments d'époque paléo-babylonienne. Le poème s'ouvre par une description de Nippur où se situe l'action. La jeune fille Ninlil (dame-air) est mise en garde par sa mère, Nunbarshegunu (autre nom de Nisaba) : "En la limpide voie d'eau, ne prends pas de bain, jeune femme... ne te promène pas le long du canal princier, ô Ninlil, Le seigneur au regard luisant, au regard luisant, jetterait les yeux sur toi ! Le Grand-Mont, le vénérable Enlil, au regard luisant, jetterait les yeux sur toi !... il te pénètrerait, te baiserait, t'engrosserait allégrement d'une voluptueuse semence..." Naturellement, la jeune fille n'écoute pas les recommandations, elle va se promener au bord du canal, Enlil la voit, et lui dit tout crûment qu'il voudrait «la pénétrer, la baiser «, mais elle refuse en lui répliquant que son vagin est trop étroit, etc. On peut voir qu'elle n'était pas particulièrement naîve. Enlil ne la force pas. Il s'adresse à son page Nuaku, qui lui procure une barque pour aller la surprendre dans la cannaie, où, ce qui n'est pas dit mais sous-entendu, la jeune fille est allée se baigner, nue. Car Enlil la surprend, se couche sur elle et lui fait ce qu'il avait envie de lui faire sans qu'elle s'en défende. Or «les grands dieux, cinquante au total, plus les dieux - sept au total - qui arrêtent les destinées «font appréhender Enlil en plein Kîrir ([é].ki.ùr, » place nivelée «, est le nom d'une chapelle de Ninlil dans l'Ékur de Nippur, où il se promène, et le chassent de la ville en le traitant de violeur de filles. Enlîl part mais Ninlil le suit. Enlil parait la fuir, jusqu'aux portes de l'enfer, où il dit au portier: » Ninlil, ta souveraine va survenir : Si elle te questionne à mon sujet, tu ne lui diras point qui je suis. » Suit tout un jeu où Ninlil interroge le portier, qui fait l'innocent; Enlil continue de la fuir de plus en plus loin dans le monde d'en-bas jusqu'au fleuve de l'enfer, où il tient le même discours au nocher. Et à ceux qui lui parlent d'Enlil comme le roi du monde, Ninlil répond que s'il est leur souvetain elle est leur souveraine, car elle porte dans son sein la glorieuse semence de leur maître. Enfin, Enlil retrouve Ninlil dans sa chambre à coucher, où, «la pénétrant et la baisant, il déversa dans son sein la semence d'Enbilulu, le régisseur des canaux » . Le Mariage de Sud (ou Enlil et Sud). Poème de 175 vers connu par des fragments de tablettes paléobabyloniennes de Nippur et des versions néoassyriennes . Il rapporte comment la jeune Sud épousa Enlil et s'identifia à Ninlil. On assiste à la naissance de Sud, fille de Hala et de Nunbartegunu/Nisaba (mère aussi de Ninlil), qui, " allaitée du meilleur des mamelles de sa mère, devint une jeune fille charmante". Tout le monde admirait sa beauté quand elle paraissait à la porte de l'Ézagin (é.za.gin = temple de Nisaba à Éreali). Or Enlil avait parcouru tout le Sumer et était allé jusqu'au bout du monde à la recherche d'une épouse (car,précise le narrateur, dans le Kirir n'avait pas été prononcé le nom de Ninlil «, ce qui situe l'action avant le mariage d'Enlil et Ninlil). En arrivant à Éret, Enlil jette les yeux autour de lui et » rencontre la femme de son coeur «. Aussitôt il l'aborde et lui fait sa cour «Je te recouvrerais volontiers du manteau seigneurial et après avoir fait la rue (on dirait maintenant «le trottoir «, car il la prend pour une prostituée) tri deviendrais [ma femme ?]. Ta beauté m'a séduit tout à fait, même si tu n'es pas une personne de qualité. La jeune fille, vexée, lui réplique vertement :" Puisque je me tiens, en tout bien tout honneur, à notre propre porte, pourquoi ternir ainsi ma réputation? Que me veux-tu? Pourquoi m'avoir abordée ? Jeune homme notre entretien est terminé, disparais. «On ne peut qu'être surpris de la modernité des comportements et du dialogue. Encore une fois Enlil repoussé s'adresse à son page Nuaku et l' envoie avec des présents à la demeure des parents de Sud. Le messager se hâte de se rendre à Éresh où il Pénètre dans l'Ézagin, « résidence de Nanibgal » (autre nom de Nisaba), trouve celle-ci assise Sur son trône et se prosterne devant elle puis demande la main de sa fille dans les règles, au nom de son maître. La déesse l'agrée et demande qu'Enlil lui envoie sa propre soeur Aruru : «Je lui céderai ma place, elle sera comme ma bru.» Elle envoie ensuite Nuaku auprès de Sud pour lui remettre les cadeaux qu'il disposa devant elle en monceau. Et Sud accepta discrètement les cadeaux. Le page rentre à Nippur auprès d'Enlil, lui fait part des résultats positifs de sa mission et lui demande de déléguer là-bas sa propre soeur, qui aura la haute main sur toute la maison «. Enlil envoie alors de nouveau cadeaux dont la liste occupe un nombre considérable de vers. En fait, il s'agit d'animaux, à peu près un ou plusieurs exemplaires de tous ceux qui étaient alors connus : aurochs, cerfs, éléphants, daims, gazelles, singes, vaches, bétail sauvage aux amples cornes, chats sauvages, panthères, etc. ; ensuite, tous les produits de la ferme et des vergers : laitages, toutes sortes de miels», dattes, figues, lourdes grenades... ; enfin, gemmes et métaux précieux. Remise des cadeaux, recommandations de la mère à sa fille pour séduire totalement son époux: "Chérie Laisse-toi prendre et n'oublie pas jeux et ris (amoureux), prolonge-les longtemps et faites tous deux l'amour sur la colline, procréez des enfants... « Suit la noce, brièvement enlevée, et «Aruru, prenant Sud par la main, l'introduisit dans le brillant Ekur, lui aspergEa le visage de parfums, et, dans la chambre à coucher, sur la couche fleurie, embaumée comme une forêt de cèdres, Enlil fit l'amour à sa femme et y prit grand plaisir . On a là tout le déroulement d'une hiérogamie. Enlil donne ensuite les destins à la jeune épouse, il on fait la patronne de l'Agriculture et de l'Écriture puis, déclare le récitant (?) : « Ô femme dont on est fier, plus éminente que les montagnes, maîtresse de réaliser tout ce que tu voudras , Désormais, Sud, le roi étant Enlil, Ninlil sera la reine : une divinité sans gloire a maintenant un nom illustre ! «.


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Ensi - ensîk.

Terme sumérien lu jadis patesi, auquel on attribue le sens de chef e, s seigneur e, bien qu'il ait évolué à travers le temps et ait impliqué diverses acceptions. Son correspondant en akk. est issakku, qui a le même sens. A l'époque archaîque, c 'était le nom du chef d'un village, dont le premier devoir était d'administrer les biens du dieu tutélaire, les fonctions civiles et religieuses étant alors étroitement liées. Renouvelé chaque année, il était s choisi par le dieu parmi toute la population de l'agglomération. Outre ses fonctions religieuses, sa principale occupation était d'organiser les travaux des champs, et de veiller à l'irrigation et à l'observation du cycle agricole. Après que la royauté (LUGAL) se fut imposée, il semble que les ensi n'aient plus été que de hauts fonctionnaires au service du roi, des gouverneurs de village ou de terres agricoles. Ainsi, lors de sa guerre contre Uruk, Sargon déclare avoir capturé cinquante ensi et le roi (lugal) lui-même (il s'agit de Lugalzagesi). Pareillement, à l'époque d'Akkad, les ensi ne sont plus que des gouverneurs au service du roi d'Akkad. Sous la domination d'Ur III, l'ensi représente la plus haute autorité civile dans les villes et les provinces, dépendant toujours du roi. Mais il n'a aucune autorité militaire celle-ci étant exercée par un sakkana, souvent choisi parmi les fils du roi. Le terme est aussi utilisé pour désigner les souverains de contrées étrangères. Ainsi sont mentionnés des ensi d'Anshan de Zabshali, du Subartu. Le terme sous sa forme akkadienne d'is~a~lzo (mais écrit avec l'idéogramme sumérien d'ENSI), sera utilisé encore en Babylonie et en Assyrie. En Babylonie, il désigne plus couramment une classe privilégiée de fermiers à l'époque d'Hammurabi. Dans l'Assyrie du IIe milI., c'est un titre que prend parfois le souverain, qui apparaît comme un intermédiaire entre le dieu, véritable souverain, et les hommes ainsi, sur une tablette de Kanesh lit-on : A-sirki LUGAL Si-lu-lu ENSI' ASirk< «(la ville d')Assur est roi Silulu est l'ensi d'Assur .


Erra

Dieu akkadien, héros d'une épopée qui porte son nom. On trouve son nom parfois écrit Éra, Irra ou Ira, lectures incorrectes selon Gagni . Son nom pourrait être rattaché au mot akk. errêru, «Celui qui maudit e, et à artiru, maudire «, «insulter e. Il se manifeste comme un guerrier dont l'arme n'est pas un objet matériel mais la famine . Il présente aussi des caractères de dieu du Temps, responsable de la fertilité des champs. Une liste babylonienne de dieux le donne comme fils d~Anue et il aurait pour épouse soit Mamitum, soit Éreshkigal. Il apparaît dans l'Èpopée de Gjlgamesh comme le dieu de la Peste, et, lors du déclenchement du Déluge, c'est lui qui " arrache les vannes ". Dans le mythe de Nergal et Éretkigal, il apparaît comme l'époux de la déesse infernale et comme un doublet de Nergal, à qui il est par ailleurs assimilé. Il réside dans le meslam, temple des divinités infernales à Kutha, en compagnie de Nergal. Dans le prologue à son code de lois, Hammurabi l'évoque comme son compagnon, et se dit celui qui a fait s'épanouir la ville de Kutha et qui dispense toute chose au meslam (nom srim. é.mes.lam = Maison du guerrier de l'autre monde. Il a été reconstruit par ghulgi, ce qui révèle son ancienneté). Mais ce dieu qui demeure mineur est surtout connu par une grande épopée en babylonien classique. Épopée d'Erra : "sar gimir dadmê" = "Roi de tous les lieux habités", selon son incipit, ce poème est aussi appelé "Erra et Ishum", lequel est le conseiller du dieu . À l'origine, c'était un poème en cinq tablettes (formant 5 chants) trouvées par fragments plus ou moins importants à Babylone, Ur, Tell Hadad, Assur, Ninive et Sultantépé, et qui comprenait entre 700 et 750 vers. Seules ont été reconstituées à peu près complètement les tablettes 1,4 et 5; et quelques fragments de la 2, outre le dernier vers de la 3. Le texte a été rédigé en Babylonie au milieu du VIillè s. par un scribe qui se nomme à la fin : "Le compositeur de cette oeuvre, c'est Kabti-ilâni-Marduk, le fils de Dâbibri. Ishum la lui a révélée une nuit, et, comme il l'a récitée au matin, il n'en a rien omis, ni ajouté une ligne ! Lorsque Erra l'eut écoutée, elle le délecta, et le récit d'Ishrim son capitaine, lui fut agréable " . Bien qu'on lui attribue le titre d'épopée , ce poème ne connaît pas d'action. Il consiste en longs discours entre Erra, Ishum (une divinité sémitique identifiée au Sumérien Hendrirsanga, fils d'Enlil), Marduk et les Sibitti, les sept démons sans individualité propre. Le poème s'ouvre par une brève glorification de Marduk, puis il est aussitôt question d'Itum, "fameux égorgeur" dont les mains sont faites pour brandir ses armes. Les Sibitti exhortent Erra, qui paresse dans son lit, à aller massacrer les Têtes noirese, ce qui donne l'occasion de longues considérations de la part du poète. Erra se décide enfin à partir en guerre et il demande à Ishrim d'enrôler les Sibitti. Mais Ishum semble s'insurger : " Seigneur Erra, pourquoi tramer du mal contre les dieux? Saccager les pays, anéantir [leurs populations], voilà l'irrévocable mal que tu rumines " . Longue réplique d'Erra, qui se dirige ensuite vers Babylone (appelée ici shuanna). Il entre dans l'Ésagil et devant Marduk il " ouvre la bouche et s'adresse au roi des dieux ". Il lui demande pourquoi son image splendide comme les étoiles est maintenant privée de son éclat. À quoi Marduk répond par un discours où il dit comment il a provoqué le Déluge, après quoi son image fut ternie par ce même Déluge. Suit un grand dialogue quelque peu emphatique entre les deux dieux. Ni ce dernier ni la suite ne peuvent être résumés tant les fils conducteurs sont multiples et sans cesse coupés. Enfin, à la suite du discours d'Erra, Marduk quitte son temple, l'univers est alors bouleversé, l'équilibre du monde est menacé, tant est importante Babylone, au centre même du monde. De nouveaux discours rappellent les campagnes et les exploits d'Erra. Babylone abandonnée par son dieu est finalement pillée, ce qui serait une référence aux Sutéens, un peuple barbare descendu des montagnes pour envahir la Babylonie, lesquels sont d'ailleurs nommés. Toujours en paroles, Erra poursuit ses rodomontades : «Je veux frapper les puissants et terroriser les faibles, égorger le capitaine et faire tourner casaque à l'armée, de chaque arbre je trancherai les racines afin que ses rameaux ne poussent plus, de chaque mur je saperai la base afin que le faîte chancelle, de chaque sanctuaire je détruirai la chapelle haute (il s'agit du gigunû , le petit temple construit au sommet de la ziggurat)... ". Enfin, Erra se calme, revient occuper son siège et s'adresse aux dieux, Igigi et Anunnaki, qui se tenaient respectueusement devant lui, d'un ton plus apaisé. Ishum le flatte en terminant son discours par un: "Au jour de ta fureur; qui donc te tiendrait tête", ce qui ravit Erra : "L'ayant ouï, sa face s'éclaira, ses traits se dilatèrent de joie comme le jour qui brille, et, retourné en son E.meslam, il y reprit sa place. Enfin, tout revient dans l'ordre et le souhait se réalise (suppose-t-on) que «le Tigre et l'Euphrate ramènent (à Babylone) leurs eaux en abondance ".


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Éa

Divinité akkadienne, identifiée à Enki. Son nom a été expliqué par le sumérien é.a, e maison de l'eau s, bien qu'il s'agisse d'une divinité sémitique. Cyrus Gordon fonde son étymologie sur la racine ouest-sémitique hyy-hwy, "vivre" , la forme ouest-sémitique de son nom serait Hay(y)a E-um, «le Vivant», par référence à son intervention lors du Déluge, grâce à laquelle il a sauvé l'humanité par l'intermédiaire d'Utanapishtim. Bien que son syncrétisme avec Enki ne permette de reconstituer ses caractères originaux que d'une manière hypothétique, il conservait des aspects qui lui étaient propres, sans qu'on puisse savoir s'ils sont primordiaux. Seigneur du savoir et de la sagesse (bêl uzni), il était regardé comme le dieu de la Magie (mas-mas ila~ni), invoqué par les exorcistes, les devins et les sorciers. "Ea, roi de l'Apsû, qui trouve le [bon] conseil, je suis le conjurateur, ton serviteur. Va à ma droite, viens à l'aide à ma gauche, joins ton incantation pure à mon incantation, joins ta bouche pure à ma bouche, rends efficace ma parole pure, assure le succès à ce que dit ma bouche . Il est le créateur plein de sagesse, l'ornement de l'E-abzu (son temple à Eridu, construit par Ea d'Ur), le plus expert des Igigu, celui qui apporte l'eau en abondance, grâce à qui la campagne devient fertile : s Dans les champs tu produis la vie pour les gens; Anu et Enlil avec joie jubilent à ton sujet, les Annunaku te bénissent dans leurs lieux saints... aux grands dieux tu donnes conseil» . Il compte toujours parmi les grands dieux (dans Adapa, l'Epopée de Gilgamesh, Nergal et Ereshkigal, (l'Ênuma élish). Dans les rituels et les incantations magiques, il est souvent associé à Shamash et Marduk, dont il est regardé comme le père par les Babyloniens. Dans une prière inscrite à l'entrée de son temple à Dur-sharrukin, il est invoqué sous le nom de Nintiku, épithète qui signifie "prince",«chef». Outre l'é.abzû à Éridu, son temple principal, et l'é.ès.mah dans cette même antique cité sumérienne, il avait des chapelles dans plusieurs sanctuaires Êsagil à Babylone et en plusieurs lieux de cette ville, à Ur, dans le bit rês d'Uruk. La ziggurat d'Eridu, lui était consacrée. Des listes lui attribuent des temples anonymes à Larsa, Uruk, Nêmed-Laguda, Kisurra.


Éblaïte

Éblaïte : L'écriture cunéiforme des tablettes recouvre une langue qui est sans doute celle qui était parlée dans le nord de la Syrie au milieu du IIIème milI. Le fait que non seulement de nombreux mots mais même des formes verbales étaient rendus par des sumérogrammes a pu laisser penser que le fond de la langue était le sumérien. Il a été facilement démontré que ces sumérogrammes étaient lus en éblaite, lequel est, sans doute possible, une langue sémitique : les scribes d'Ebla ont ainsi établi une liste de 1 500 mots Sumériens pour un grand nombre desquels ils ont donné le terme correspondant en éblaite. Il fallait aussi s' assurer que les syllabes en cunéiformes se lisaient selon la norme employée en Mésopotamie. On s'est rendu compte qu'il n'en était pas toujours ainsi, de sorte que, par ex., le signe NI a longtemps été un sujet de controverse quant à savoir s'il ne devait pas se lire «ya «. Toutes ces difficultés de transcription ainsi que les caractères particuliers de l'éblaite font que son classement reste sujet à discussion. Plusieurs auteurs le classent de préférence dans le groupe sémitique de l'Est (akkadien) quand encore ils n'y voient pas un dialecte akkadien (Gelb le rapproche de l'akkadien et de l'amorrite ; Solîberger , akkadien ; Dombrowski : dialecte akkadien ; et ouest-akkadien/vieil amorrite pour von Soden . L'épigraphiste de la mission italienne qui a fouillé Ébla, Giovanni Pettinato , voit dans l'éblaite un dialecte vieux-cananéen, en se fondant sur la structure de la langue et le système verbal qui connaît le thème de base, l'intensif, le causatif et le passif Il (correspondant aux temps hébreux, qal, pi"el, sifil et pu"al), vision proche de celle de Cyrus Gordon , qui le classe dans le groupe sémitique du Nord-Ouest, sauf qu'il semble aventureux de voir dans l'éblaîte un dialecte cananéen . Nature des textes : Les quatre cinquièmes des archives éblaites ont un caractère administratif : elles concernent l'industrie textile, les transactions commerciales, les comptes et des inventaires relatifs aux produits de l'agriculture et de l'élevage, aux biens de consommation fournis au palais... Quelques textes ont un caractère «littéraire : il s'agit d'incantations et de textes qui sont des exercices de scribes et qu on a pu considérer comme une cosmogonie alors qu'il semble plutôt s'agir d'une liste de noms Sumériens, ou encore comme une série de proverbes "cananéens" alors qu'il semblerait qu'on soit en présence de mots syllabiques Sumériens. Les autres textes sont des listes et des lexiques. Parmi ces textes quelques-uns des plus importants consistent en un traité entre Ébla et l'Assyrie , un texte relatif à la conscription d'Ébla, ce qui permet de se faire une idée de l'extension du royaume et du nombre de soldats qu'il pouvait mobiliser , des lettres entre le roi d'Ébla, Adu, et Mari, et la chancellerie d'Ébla et le royaume d'Hamazi, une curieuse affaire d'espionnage politique . Graphie et chronologie : La stratigraphie du site s'étage sur cinq grandes périodes avec des sous-périodes. Mardikh I correspond au chalcolithique et est daté entre -3500 et -3000. C'est la première phase d'habitation du site. Mardikh Il (phases A, B1 et B2) recouvre le BA I-III, IVA et IV B, soit -3000 -2500, -2500 -2400, -2400 -2000. Mardikh III A et B correspond au BM I et Il (-2000 -1800 -1600). Mardikh IV A et B au BR I et Il (-1600 -1400 -1200). Mardikh V A, B, C correspond aux trois périodes de l'âge du fer (-1200 -900 -720-535). Les horizons supérieurs datent des périodes perse, grecque, romaine et byzantine (-525 -VIe s. de notre ère). Cette chronologie est adoptée par Giovanni Pettinato , mais elle est abaissée par certains auteurs. Au niveau II B1 appartient le palais (G) avec ses tablettes : c'est la période la plus brillante de la cité, qui domine de nombreuses villes et bourgades de Syrie, jusqu'à Mari. Selon la chronologie adoptée, le palais aurait été détruit soit vers -2400 -2350 par on ne sait quel ennemi (on a songé à Sargon d'Akkad), soit vers -2200, et l'auteur de la destruction serait alors Naram-Sîn.


Égypte

Les relations entre l'Egypte et les petits États de Canaan, parmi lesquels on peut comprendre les ports entre la frontière égyptienne et Ugarit, ont commencé très tôt, dès l'Ancien Empire. Sous la IVè dynastie (-2613-2498), les rois constructeurs des pyramides envoient des expéditions à Byblos pour se fournir en bois venus des montagnes du Liban, cèdre et pin. Ce trafic cesse avec la fin de l'Ancien Empire pour reprendre avec la XIIè dynastie (-1991-1786). L'influence égyptienne est alors particulièrement sensible et il est même possible qu'un Égyptien ait été roi de Byblos . Ces bonnes relations avec Byblos n'ont pas empêché les Egyptiens d'inclure plusieurs villes de Canaan dans leurs textes d'exécration rédigés sur des bols ou des figurines, ce qui implique des relations sans doute difficiles avec ces cités. shmel Ahituv (1984) a ainsi catalogué environs 850 toponymes cananéens dans les textes égyptiens couvrant toute la Palestine. Par ailleurs, les relations des Égyptiens avec les ports du Levant s'étendent encore vers le nord, jusqu'à Ugarit . Ce n'est qu'avec le Nouvel Empire et plus particulièrement à la suite des dix-sept campagnes que Thoutmosis III a conduites en Asie jusqu'à l'Euphrate (entre -1484 et -1464) que l'Egypte s'implante réellement en Canaan et dans le sud de la Syrie. Un siècle plus tard, la correspondance d'Amarna révèle l'influence qu'exercent encore les pharaons dans ces régions où plusieurs rois sont ses tributaires obséquieusement soumis. Ces lettres révèlent les relations étroites des rois d'Égypte non seulement avec les princes vassaux, mais aussi avec les maîtres des grands royaumes : Hittite, Babylonien, Assyrien, Mitannien. Les alliances entre Aménophis III (-1405-1367) et les rois du Mitanni et de Babylone (Karduniash) sont sanctionnées par des mariages avec les filles de ces rois. La montée de l'Empire hittite au XIVe s. fait que la Syrie devient un enjeu entre Hittites et Egyptiens. La bataille de Qadesh établira l'équilibre entre les deux royaumes qui se partagent la Syrie. Les invasions des Peuples de la Mer, aux alentours de -1200, qui ont peut-être porté un coup final à l'Empire hittite, mettent fin à la domination égyptienne sur Canaan malgré une campagne sans doute victorieuse de Ramsès III dans cette région. Les Egyptiens reviendront en Asie à l'époque du fer pour des campagnes fugitives. shesonq Ier (-950 -929) conduit une campagne sans lendemain à travers la Palestine au cours de laquelle il pille Jérusalem. Une nouvelle tentative d'intervention a lieu sous Bocchoris (-720 -715), qui envoie son général Sibo au secours des princes syro-palestiniens contre Sargon II. L'armée égyptienne est mise en déroute et Bocchoris envoie un tribut au roi d'Assyrie. L'Egypte devint province assyrienne sous Assarhaddon et Assur-banipal. Evacuée par les Assyriens à la suite de la révolte de Psammétique Ier (-663 -609) avant même la mort d'Assur-banipal, elle envoya sous son pharaon Néchao, qui venait de succéder à Psammétique, une armée en -609 -608 pour venir au secours du dernier roi d'Assyrie, Assur-uballit. En vain. Trois ans plus tard, l'armée égyptienne fut mise en déroute par Nabuchodonosor sous les murs de Karkémish. Il semble que Nabuchodonosor une fois installé sur le trône de Babylone, ait tenté une invasion du delta du Nil qui tourna court. Il revint au roi de Perse Cambyse d'intégrer l'Égypte à l'Empire achéménide. À l'époque néobabylonienne, de nombreux Egyptiens vivaient à Babylone et en Babylonie. Plusieurs d'entre eux étaient des prisonniers de guerre ou des otages pris à la suite des batailles que Nabuchodonosor avaient livrées -605 et -601. Ils dépendaient de Kharmasu, "chef des Égyptiens", lui-même un Egyptien qui exerçait la fonction de juge. Plusieurs Égyptiens de Babylone, hommes ou femmes, y étaient esclaves. Mais nombreux étaient aussi les Egyptiens libres qui exerçaient des métiers parfois de caractère officiel, surtout à partir de l'époque perse. Ils devinrent plus nombreux encore au Vè s., où la circulation des personnes était facilitée par l'unification qu'avait imposée la domination achéménide sur tout le Proche-Orient.


Égyptiens

Les relations entre l'Egypte et les petits États de Canaan, parmi lesquels on peut comprendre les ports entre la frontière égyptienne et Ugarit, ont commencé très tôt, dès l'Ancien Empire. Sous la IVè dynastie (-2613-2498), les rois constructeurs des pyramides envoient des expéditions à Byblos pour se fournir en bois venus des montagnes du Liban, cèdre et pin. Ce trafic cesse avec la fin de l'Ancien Empire pour reprendre avec la XIIè dynastie (-1991-1786). L'influence égyptienne est alors particulièrement sensible et il est même possible qu'un Égyptien ait été roi de Byblos . Ces bonnes relations avec Byblos n'ont pas empêché les Egyptiens d'inclure plusieurs villes de Canaan dans leurs textes d'exécration rédigés sur des bols ou des figurines, ce qui implique des relations sans doute difficiles avec ces cités. shmel Ahituv (1984) a ainsi catalogué environs 850 toponymes cananéens dans les textes égyptiens couvrant toute la Palestine. Par ailleurs, les relations des Égyptiens avec les ports du Levant s'étendent encore vers le nord, jusqu'à Ugarit . Ce n'est qu'avec le Nouvel Empire et plus particulièrement à la suite des dix-sept campagnes que Thoutmosis III a conduites en Asie jusqu'à l'Euphrate (entre -1484 et -1464) que l'Egypte s'implante réellement en Canaan et dans le sud de la Syrie. Un siècle plus tard, la correspondance d'Amarna révèle l'influence qu'exercent encore les pharaons dans ces régions où plusieurs rois sont ses tributaires obséquieusement soumis. Ces lettres révèlent les relations étroites des rois d'Égypte non seulement avec les princes vassaux, mais aussi avec les maîtres des grands royaumes : Hittite, Babylonien, Assyrien, Mitannien. Les alliances entre Aménophis III (-1405-1367) et les rois du Mitanni et de Babylone (Karduniash) sont sanctionnées par des mariages avec les filles de ces rois. La montée de l'Empire hittite au XIVe s. fait que la Syrie devient un enjeu entre Hittites et Egyptiens. La bataille de Qadesh établira l'équilibre entre les deux royaumes qui se partagent la Syrie. Les invasions des Peuples de la Mer, aux alentours de -1200, qui ont peut-être porté un coup final à l'Empire hittite, mettent fin à la domination égyptienne sur Canaan malgré une campagne sans doute victorieuse de Ramsès III dans cette région. Les Egyptiens reviendront en Asie à l'époque du fer pour des campagnes fugitives. shesonq Ier (-950 -929) conduit une campagne sans lendemain à travers la Palestine au cours de laquelle il pille Jérusalem. Une nouvelle tentative d'intervention a lieu sous Bocchoris (-720 -715), qui envoie son général Sibo au secours des princes syro-palestiniens contre Sargon II. L'armée égyptienne est mise en déroute et Bocchoris envoie un tribut au roi d'Assyrie. L'Egypte devint province assyrienne sous Assarhaddon et Assur-banipal. Evacuée par les Assyriens à la suite de la révolte de Psammétique Ier (-663 -609) avant même la mort d'Assur-banipal, elle envoya sous son pharaon Néchao, qui venait de succéder à Psammétique, une armée en -609 -608 pour venir au secours du dernier roi d'Assyrie, Assur-uballit. En vain. Trois ans plus tard, l'armée égyptienne fut mise en déroute par Nabuchodonosor sous les murs de Karkémish. Il semble que Nabuchodonosor une fois installé sur le trône de Babylone, ait tenté une invasion du delta du Nil qui tourna court. Il revint au roi de Perse Cambyse d'intégrer l'Égypte à l'Empire achéménide. À l'époque néobabylonienne, de nombreux Egyptiens vivaient à Babylone et en Babylonie. Plusieurs d'entre eux étaient des prisonniers de guerre ou des otages pris à la suite des batailles que Nabuchodonosor avaient livrées -605 et -601. Ils dépendaient de Kharmasu, "chef des Égyptiens", lui-même un Egyptien qui exerçait la fonction de juge. Plusieurs Égyptiens de Babylone, hommes ou femmes, y étaient esclaves. Mais nombreux étaient aussi les Egyptiens libres qui exerçaient des métiers parfois de caractère officiel, surtout à partir de l'époque perse. Ils devinrent plus nombreux encore au Vè s., où la circulation des personnes était facilitée par l'unification qu'avait imposée la domination achéménide sur tout le Proche-Orient.


Énûma Anu Enlil

Grand texte astrologique mésopotamien. Sa rédaction a été le résultat de plusieurs siècles d'observation par les astronomes babyloniens, entre l'époque précédant Hammurabi et celle des Kassites. Dans sa version canonique, il enregistrait environ 7 000 observations notées sur 70 tablettes. En voici l'introduction (dans la version akkadienne, car il en existe une version sumérienne), dont l'intérêt est de marquer les relations étroites existant entre les dieux et les hommes : "Lorsque Anu, Enlil et Éa, les grands dieux, eurent, en leur conseil, établi les plans du ciel et de la terre, et qu'ils eurent chargé les dieux astraux majeurs de produire le jour et d'assurer la suite régulière du mois, pour les observations [astrologiques] des hommes, on vit alors le soleil se lever et (les astres) briller à jamais dans le ciel !" (trad. Mm, 495). Plus éloquent encore est un texte ajouté à la 22è tablette, à propos duquel Jean Bottéro précise judicieusement que " d'un récit mythologique il tend à l'énoncé théologique" : «Lorsque Anu, Enlil et Éa, les grands dieux, créèrent le ciel et la terre, ils voulurent rendre patents les signes [astrologiques] : ils établirent les positions des astres ils désignèrent les étoiles et leur allouèrent leurs trajectoires ils dessinèrent, à leur propre [?] image, les étoiles en constellations ; ils mesurèrent la durée du jour et de la nuit ils créèrent le mois et l'année ils tracèrent ( ?) leur route à la Lune et au Soleil Ainsi prirent-ils leurs décisions concernant le ciel et la terre ". L'Énâma Anu Enlil est resté le bréviaire des astrologues et des devins pendant plus d'un millénaire, sans doute sous des recensions variables. Il était divisé en quatre grandes sections : 1) phénomènes propres à la lune, se référant au dieu Sîn : éclipses, halos, conjonction avec étoiles fixes et planètes (1-22); 2) phénomènes relatifs au soleil, manifestations de Shamash : éclipses, couronnes, mouvements saisonniers (23-36); 3) phénomènes atmosphériques concernant le dieu Adad: formation des nuages, vents, éclairs, tonnerre, arc -en-ciel (37-49/50); 4) divers présages (omen) tirés de l'observation des planètes, des phases des étoiles et de leurs conjonctions, du lever acronyque des astres c'est-à-dire lorsqu'ils se trouvent du côté du ciel opposé au soleil ou qu'ils passent au méridien à minuit... (50-70).


Énûma élish

"Lorsque là-haut...", tel est le sens de l'incipit de ce Brand texte rituel appelé aussi Poème (ou Epopée) de la Création. Fl C'est un ample poème babylonien connu par de nombreux manuscrits. Les 1100 vers le composant étaient répartis sur sept tablettes. Le texte, tel qu'il nous est parvenu dans sa version canonique, a été sans doute rédigé sous le règne de Nabuchodonosor Ier (vers -1125 -1104). On l'a fait remonter jadis à l'époque d'Hammurabi, puis au règne du roi kassite Agum-Kakrime (vers -1580). La comparaison qui a pu être faite entre une liste lexicale des grands dieux babyloniens (intitulée An-Anum) et les noms de Marduk dans la tablette VII et ceux de la tablette VI conduit à conclure que cette liste reprend le texte de l'Èpopée et permet de penser que ces tablettes sont donc antérieures au règne de Nabuchodonosor Ier semblerait ainsi que certaines parties remontent à l'époque des rois Amorrites et que seule la rédaction finale serait à attribuer à la fin du Xllè s. Le fait que tous les manuscrits reproduisent la même graphie, la même orthographe et la même disposition, les vers formant deux hémistiches sur la même ligne mais nettement séparés, montre qu'il s'agissait d'un poème de caractère rituel, sinon révélé (ce qui est d'ailleurs dit à la fin du poème), que les scribes reproduisaient sans en changer une ligne ; sauf à l'époque assyrienne, où, afin de glorifier leur propre dieu national Assur, les scribes ont substitué son nom à celui du héros de l'épopée, Marduk, modifiant aussi les noms de la parentèle du dieu. Le poème a été largement recopié et transmis, de sorte que des fragments sont souvent retrouvés au cours des diverses fouilles. Ainsi un nouveau manuscrit de la tablette VI a été retrouvé il y a peu d'années dans le site iraquien de TelI Hadad, l'antique Me-Turnat (Al-Rawi et Black 1994). La vision babylonienne de la création était si vivace qu'encore au vje s. de notre ère le dernier scholarque de l'école d'Athènes, le néoplatonicien Damasciris, qui, face à l'intolérance et à la pensée unique du christianisme enseignait encore la noble philosophie grecque indépendante et libre (l'école d'Athènes frit fermée par Justinien en 529 et les biens de l'école furent confisqués), a conservé dans l'un de ses ouvrages fondamentaux l'écho des premiers vers de l'Épopée, où l'on retrouve les personnages symboliques babyloniens sous des vêtements grecs à peine déformants . Ce texte, de caractère liturgique, devait être récité (ou psalmodié ?) tout entier le quatrième jour de la fête de l'Akitu, après "le petit repas de la fin du jour [par] le grand frère de l'Ékria" . Le poème lui-même, dont on peut dire qu'il est le récit symbolique de l'établissement des lois riniverselîes, le triomphe de l'ordre sur le chaos, est d'une ampleur majestueuse qui en fait un monument de la littérature mondiale. Toutes les autres créations, comparées à l'Énûma élish, y compris les cosmogonies égyptiennes d'Héliopolis et de Memphis, paraissent simplistes, voire enfantines (cf. Loisy sur les versets très élémentaires qui ouvrent le livre biblique de la Genèse, emprunts maladroits aux grandes cosmogonies orientales), et il faut se tourner vers la Théogonie d'Hésiode pour trouver un poème d'une élévation comparable. «Lorsque Là-haut le ciel n'était pas encore nommé, / Et qu'Ici-bas la terre ferme n'était pas appelée d'un nom, Seuls Apsû-le premier, Leur progéniteur, et Mère ( ?)-Tiâmat, leur génitrice à tous, Mélangeaient ensemble leurs eaux: / Ni bancs de roseaux n'y étaient encore agglomérés, / Ni cannaies n'y étaient discernables. / Et alors que des dieux nul n'était encore apparu, qu'ils n 'étaient ni appelés de noms ni lotis de destins, En, [Apsû,Tiâmat] les dieux furent produits". Ainsi commence le poème. Tiâmat apparaît comme la materia prima qui va servir à la création (le Norin égyptien). Elle y est la mère (ou la " façonneuse ", Atummu) génitrice, d'où vont naître les dieux, àcommencer par Lalimu et Lahamu, les premiers à recevoir un nom . Viennent ensuite Anshar et Kishar; qui, d'après le contexte de l'Épopée, sont issus de l'union d'Apsû et de Tiâmat, et déclarés plus forts que le premier couple mal personnalisé. D'eux naissent les dieux des nouvelles générations, dont le dernier est Marduk. Les dieux sont Si remuants et bruyants qu'ils dérangent Apsû. Ce dernier se décide à aller voir Tiâmat; il s'assoit en sa présence et ils discourent. Apsû déclare qu'il veut réduire à néant cette création, ce qui met en colère Tiâmat, lequel s'oppose à son projet. Afin de devancer Apsû dans ses desseins, Éa/Enki le tue après l'avoir dépouillé de ses pouvoirs. Tiâmat décide alors de le venger. Ce pourquoi elle crée onze monstres: muthushihu (dragon serpentiforme), bashmu, mushmahhu et ishumgallu (serpents à cornes), lahamu (le Lalimu à longue chevelure ?), ugallu (démon à l'aspect léonin), uridimmu (mi-homme mi-lion), girtablulîû (homme-scorpion), kubrillû (homme-poisson), krisarikku (homme-bison?), ûmu dabrûtu ("Violent Orage "), porteurs d'armes impitoyables et sans peur dans les combats ««Lorsque Tiâmat à son oeuvre eut donné tout son poids, elle organisa le combat contre les dieux, ses rejetons, afin de venger Apsû «. Aux côtés des révoltés, ennemis des dieux, s'est rangé Qingri, l'aimé de Tiâmat. S'engage ensuite un combat e titanesque «au cours duquel les armées infernales sont vaincues grâce au héros de l'épopée, Marduk. Finalement, dans un combat singulier, Mardrik enveloppe Tiâmat dans son filet, lâche contre elle Vent Mauvais, qu'elle avale, ce qui lui emplit la panse de vents furieux qui gonflent son corps ; Marduk déchire ensuite la panse de Tiâmat avec une flèche et termine son oeuvre en lui tranchant le corps par le milieu : ainsi périt la déesse primordiale. Il convient de noter que, outre les armes, les belligérants, et notamment Tiâmat, se battent aussi à coups d'incantations. C'est à partir du corps de Tiâmat que Mardrik va former le ciel et la terre ; puis il va ordonner le monde : «Il aménagEa leurs stations pour les grands dieux; il y suscita en constellations les étoiles qui sont leurs images. Il définit l'année dont il traça le cadre ; et pour les douze mois il suscita à chacun trois étoiles " . Ainsi, chaque dieu, chaque partie de la nature est mise en place par le dieu organisateur : Il décide ensuite du temple qu il veut se construire pour y resider ce pourquoi il declare qu il construira une ville «Je lui donnerai pour nom Babylone "Le temple des Grands Dieux". Il continue son travail de creation et d'organisation puis suivent les louanges du dieu lesquelles se concluent par Qu'il soit seul notre Dieu !, ce qui n'est pas tout à fait une confession de monothéisme, plutôt une volonté de monolâtrie à l'avantage des prêtres du dieu. Suit alors la liste de ses cinquante noms, chacun des noms étant accompagné d'un court commentaire pour éclairer son sens, voire d'une brève doxologie «Mar-Utu : l'Enfant-Soleil-des-dieux" car il brille et, dans sa lumière éclatante, Eux [les dieux] vont et viennent perpétuellement ! Aux hommes qu'il a créés, êtres doués du souffle, Il a imposé la corvée des dieux pour laisser ceux-ci de loisir ! Toute la fin (tabl. VII) est occupée par les louanges à la gloire de Marduk et de ses actions pour enfin conclure de la sorte : Son coeur est insondable, immense son esprit! Coupable et délinquant sont devant lui i Telle est la révélation qu'un Ancien, devant qui on l'avait exposé, mit et disposa par écrit pour l'enseigner à la postérité... [qu'on psalmodie] le chant de Marduk [qui], après avoir terrassé Tiâmat, reçut le pouvoir souverain».


ÉreshkigaI

Déesse suméro-babylonienne, maîtresse des Enfers. Son nom sumérien signifie, littéralement, «maîtresse de la place grande a, euphémisme pour désigner le monde souterrain des morts. Les Babyloniens l'ont très tôt assimilée à leur déesse infernale Allatum, dont l'origine semble être hurrite. Elle est la soeur aînée dYlnanna, selon ce qu'assure Inanna elle-même lors de sa descente dans le monde d'En bas . C'est dans ce même mythe de la Descente d'Jnanna en enfer que le p?rtrait d'Éreshkigal est le mieux tracé. A son portier, qui vient l'avertir de la prétention de sa soeur à venir dans son palais de Canzir, Eretkigal dit de se montrer avenant afin de ne pas effaroucher Inanna tandis que celle-ci franchira chacune des portes (sept en tout) conduisant à sa demeure, puis, lorsqu'elle sera enfin entrée dans le palais, de la saisir et de la conduire devant elle. Ainsi est-il fait. Alors, Éretkigal porte sur Inanna un regard meurtrier, lui parle avec colère, jette contre elle un cri de damnation, enfin la change en cadavre et la fait pendre à un clou. Et, vis-à-vis des dieux qui interviennent pour qu'elle la libère, elle se montre tout d'abord inflexible; puis, contrainte de céder, elle ne le fait qu'à la condition qu'Inanna lui donne un substitut pendant six mois de l'année, en l'occurrence Dumuzi«. Avec Anu, elle a une fille, Nungal, et, avec Eniil, le dieu Namtar, qui est son messager et son vizir. Certaines listes lui attribuent pour premier époux Cugal-ana (nom traduit par «Taureau Sauvage ou Géant d'Anu s ou encore «Inspecteur du canal d'Anu « : l'akk. gugallu a les deux sens, lequel a été identifié à Nergal, qui partage avec elle le règne des Enfers à partir de l'époque paléobabylonienne. De ce Gugalana, elle eut le dieu Ninazu, antique divinité d'Eshnunna, dieu de la Santé. Son culte était peu développé. Elle ne possédait qu'un temple de quelque importance à Kusha, l'ès.urugal (maison, grande cité), rebâti par Nabuchodonosor Il, et peut-être un petit temple à Assur et un autre à Umma.


Ésagil (a)

"Maison dont le sommet est haut" (sum. é.sag~.il), tel est le nom du temple de Marduk à Babylone. Il se dressait face à l'enceinte dans laquelle était enfermée la grande ziggurat appelée é .te.me .en~.an.ki, «Maison fondement (plate-forme) du ciel et du monde souterrain (ou de la terre) e, axis mundi qui reliait les mondes humain et divin. Entre eux passait la voie sacrée qui conduisait à la porte d'Ittar et jusqu'au temple extérieur de l~Akitu. L'Ésagil aurait été construit (ou reconstruit) par le roi amorrite de Babylone, Sabium (-1844 -1831), détruit par Sennachéribe, reconstruit par Assarhaddonc et complété par Assur-banipal, enfin restauré à plusieurs reprises, au point qu'il existait encore à l'époque parthe (1er s av. JC.IIe s. de notre ère). Le sanctuaire proprement dit, dédié à Marduk et à sa parèdre Sarpanitum, mesurait 79,30 x 85,80 m. Nana et Nabû y avaient aussi leurs chapelles. Il jouxtait un autre complexe de 89,40 m sur sa façade nord et de 116 m sur sa façade sud. Dans ce dernier bâtiment étaient aménagées des chapelles consacrées à Éa, Anue, Nusku, Sîne. Les plafonds, Si l'on en croit une inscription de Nabuchodonosor, étaient soutenus par des poutres en cèdre revêtues d'or et d'argent. Des tablettes babyloniennes recueillies dans diverses fouilles (Sippar, Uruk,Assur) ont conservé une partie d'un texte que les modernes ont intitulé Chronique de l'Esagil. Il a été rédigé entre la fin du îîe mili. et le début du millénaire suivant. C'est une histoire, en grande partie légendaire, de l'Esagil, tout à la gloire de Marduk. Après une longue introduction emplie de voeux, l'auteur évoque la succession des dynastes des villes du Sumer et d'Akkad qui eurent ou perdirent la royauté selon leur piété à l'égard de Marduk, lequel était totalement inconnu des Sumériens de ces époques anciennes. C'est ainsi qu'on en arrive à une légende relative à 5argon d'Akkad : «A propos du vin des coupes à libation de l'Esagil, Ur-Zababa ordonna à Sargon, son échanson : "Change [-le]." Sargonne changEa pas le vin; au contraire, il prit grand soin de le livrer diligemment à l'Ésagil. Marduk, le fils du prince de l'Apsû (Enki), posa sur lui son regard bienveillant et lui confia la roya-uté sur les "quatre rives". Il prit soin de l'Esagil. "Fous (ceux) qui résidaient dans des palais [apportèrent] leur tribut à Babylone ". La tablette de l'Esagil du Louvre (AO 6555) nous a aussi conservé de nombreux éléments concernant le temple avec les mesures de son parvis (101,5 x 80,29 m env.), celles de la base de la ziggurat (Etéménanki), tous ces éléments devant rester secrets, comme l'indique une recommandation: «Que l'initié à l'initié la montre ! Le profane ne doit pas la voir." On a conservé tout un rituel concernant les cérémonies pratiquées dans le temple au 9è mois de l'année (Kislîmu nov/déc) parallèle à celui de l' Akitu au mois de Nissanu.


Étana

Roi mythique de Kish, héros d'un récit mythologique. Selon la liste royale sumérienne, après le Déluge, la, royauté revint à Kish. Le douzième roi est "Etana, un berger, celui qui monta au ciel, celui qui consolida toutes les terres"; son règne aurait été de 1 500 ans. Son nom est écrit dè-ta-na (avec le déterminatif divin) ; son sens serait 'celui qui monte au ciel' (sum. ann-a) selon une hypothèse d'Arno Poebel. Néanmoins, le déterminatif divin devant son nom n'est pas très significatif dans la mesure où les rois d'Akkad, avec Naram-Sîn, ont leur nom écrit avec ce même déterminatif, sauf qu'il serait un indice de la formation de la légende à cette époque. Indice corroboré par les sceaux et les cylindres de cette période qui représentent un homme enlevé par un aigle, ce qui semble bien illustrer la légende. On ne sait rien de ce souverain sans doute mythique. Il est nommé dans l'Épopée de Gilgamesh parmi les personnages résidant en enfer et que voit Enkidu lors de sa descente dans l'autre monde . Cette tradition conservée dans LRS de la montée du héros vers les dieux est illustrée par un poème mythologique dont il est le protagoniste. MYTHE D'ÉTANA. Il est partiellement connu par de nombreux fragments de tablettes paléobabyloniennes (Suse, Tell Harmal), médioassyriennes (Assur), et de la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Si l'on en croit une tradition, son auteur serait Lu-Nanna, un sage ayant vécu sous le règne de Shulgi, peut-être le même que le gouverneur de Zimudar qui fit un don votif . Il semblerait cependant que le mythe puise son origine dans une tradition originaire de Kit, bien que le seul dieu qui y joue un rôle majeur soit Shamash le Soleil, alors que la principale divinité de la ville, Ittar (avec Zabada), n'y a qu'une importance secondaire. Malgré le nombre de tablettes retrouvées, on n est pas encore parvenu à restituer le texte dans son ensemble, qui présente de grandes lacunes faisant obstacle à toute interprétation. Tel qu'il se présente actuellement, il est découpé en trois parties bien distinctes. Dans la première partie (tabl. I et Il), comme il est déclaré dans l'incipit (très fragmentaire) du Poème, "les dieux dessinèrent la ville" (il s'agit sans doute de Kish) les Anunnaki fixèrent les destins, les fêtes furent établies, mais il fallait trouver un roi, personnage en quête de qui se mit Inanna/Ishtar. Une grande lacune ne permet pas de savoir la suite de cette quête, àlaquelle participe Enlil. Dans la partie suivante, on voit un aigle et un serpent qui décident de s'associer. Ils jurent par les Enfers de rester toujours amis, appelant les pires malédictions sur celui qui transgresserait le traité. Chacun à tour de rôle apporte de la nourriture dans l'ombre d'un peuplier sur une montagne où ils se sont installés et où ils ont eri chacun des petits. Lorsque les petits aiglons sont devenus grands, «l'aigle en son coeur conçut de mauvaises pensées... Il décida de manger les petits de son allié «. Il s'ouvre de cette soudaine fringale à ses enfants et leur dit que pour échapper à la colère du serpent il montera dans les cieux. «Le plus jeune des petits, le plus intelligent, dit ces mots à l'aigle son père : Mon père, ne les mange pas : le filet de shamat te capturerait, les pantes (terme choisi par Labat, synonyme de trappe ou trébuchet, pour traduire l'akk. gisparru) de l'anathème de ~~amaflh te renverseraient et te tiendraient captif. « Mais l'aigle-ogre est têtu et, n'écoutant pas le sage conseil de son fils, il mange les petits du serpent. Plaintes et pleurs du serpent auprès de ~amash, qui, en punition, jette l'aigle dans un trou d'où il ne peut sortir, de sorte qu'il est destiné à mourir de faim. Apparaît alors Étana, qui rappelle à~~amash qu'il l'a honoré, en foi de quoi il lui demande de lui donner la «plante d'enfantement «, sans doute parce que son épouse reste stérile. Le dieu l'envoie alors vers le trou, où l'aigle est relégué, afin qu'il lui donne cette plante. La tablette III est très fragmentaire. Elle évoque la rencontre d'Étana et de l'aigle, qui accepte le marché selon lequel, semble-t-il, il devra emporter Étana dans le ciel pour y trouver la plante. Dans la tabl. IV; l'aigle invite Étana à se placer sur sa poitrine (on l'aurait plutot imaginé sur son dos) a ouvrir les bras le long de ses ailes puis il prend son vol. [Lorsque] , à deux doubles lieues il l' eut fait monter, l' aigle dit a Etana "Regarde mon ami comment est le pays - Le pays [n'est plus qu une colline]. [Lorsque] à trois doubles lieues il l' eut fait monter l' aigle dit à Etana Regarde mon ami comment est le pays? ~ La mer est devenue comme une rigole autour d'un lopin de jardinier!" Ils continuent de s'élever dans les cieux, passent la porte d'Anu, d'Enlil et d'Éa. Suit une longue lacune. Puis, Étana semble vouloir redescendre, sans doute par crainte, mais l'aigle veut continuer de monter jusqu'au ciel d'Ishtar la souveraine qui garde la plante d'enfantement. L'aigle pose alors d'une manière répétitive la question de savoir comment est le pays, en bas, devenu un jardin, la vaste mer étant comme un baquet, puis le pays n'est plus visible. Etana refuse ensuite d'être emporté plus haut encore par l'aigle, qui, finalement, lui obéit et le fait promptement descendre sur terre. Nouvelle lacune, puis très bref dialogue fragmentaire entre Étana (devenu roi) et son épouse, mais qui n'est pas une fin. Ainsi, le héros semble avoir échoué dans sa tentative de montée au ciel, et peut-être la conclusion en tirait-elle la morale : l'homme ne peut accéder au domaine des dieux (RPOA 294-305). À cette traduction, on peut ajouter des fragments publiés par Kinnier-Wilson (1974), dont celui d'un rêve que la femme d'Étana, Mudam, raconte à son époux, à incorporer dans la tabl. I et intégrés dans la tabl. III par Stéphanie Dalley .


Gilgamesh

Roi mythique d'Uruk (vers -2700), héros de tout un cycle épique. Nom écrit "gis-bil-gin-mes" ou simplement Gis-bil, qu'on interprète comme "le vieil homme qui est un jeune homme". GILGAMESH DANS L'HISTOIRE : La LRS fait de Gilgamesh le quatrième roi d'Uruk après le fondateur de la cité, Enmerkar, Lugalbanda et Dumuzi. Elle le dit fils d'un démon-lillû, un grand prêtre de Kullab. Il aurait régné 126 ans et son fils Ur-Nangal(ak) lui aurait succédé. Ce dernier aurait régné seulement 30 ans et il aurait transmis le pouvoir à son fils Utulkalamma(k), lequel n'aurait régné que 15 ans. Dans l'inscription du roi d'Uruk Utu-hégal, il est dit fils de la déesse Ninsun(a) et donné par Enlil pour protecteur d'Uruk et de son roi (Thureau-Dangin 1912, 115, col. III, 1. 1-2 IRSA 131). Ninsun, dont le nom signifie dame de la vache sauvage «, était le parèdre de Lugalbanda, dont on fait aussi le père du héros. Le règne d'Utu-hégal se situe entre 2123 et 2113. C'est la première fois qu'est mentionné Cilgamesh, déjà considéré comme un dieu, et lié à Uruk. Ainsi peut-on apporter de sérieuses réserves à la LRS, qui en fait un roi d'Uruk, d'autant que la plus ancienne inscription - après celle d'Utu-hégal - où il est mentionné vient d'Ut: il s'agit d'un pied de vase en marbre dédié par Ur-Nammu (ca. 2112-2095) à Gilgamesh, seigneur de DIM. CICk<, son maître (IRSA 138). Cilgamesh a-t-il réellement été un homme divinisé pour le moins dès la fin de l'époque akkadienne, ou, au contraire, était-ce une divinité mal définie, peut-être originaire de Kullab, que le roi d'Uruk aurait prise comme protecteur avant que l'auteur de la LRS en fasse un roi mythique de cette cité ? Il est à remarquer que les deux documents de caractère plus ou moins historique qui le mentionnent comme roi ayant existé ne datent tous deux que de la dynastie d>Isîn, au début du IIe mill. Le premier est la LRS, le second est la chronique de Tummal, où il est dît que Gilgamesh reconstruisit le gipar (le numunburra) du temple d'Enlil à Nippur. C'est-à-dire que les documents qui militent en faveur de l'historicité du personnage sont plus récents de huit siècles que les dates de règne qu'on lui assigne. LA LÉGENDE : Outre la grande épopée et les petits poèmes qui constituent son cycle épique, deux légendes se sont constituées qui n'ont pas inspiré, semble-t-il, d'oeuvre poétique : la naissance et le devenir du héros après sa mort. Élien, érudit grec qui vivait au IIe s. de notre ère, a écrit un ouvrage sur la Nature des animaux où il rapporte (XII, 21), à propos de l'aigle, que le roi de Babylone Seuekhoros avait été averti par l'un de ses devins que sa fille mettrait au jour un garçon qui usurperait son trône. C'est un thème bien connu de la littérature grecque. Il fait enfermer Seuekhoros sa fille dans une acropole où elle est étroitement surveillée afin qu'elle n'ait pas de rapports avec un homme. Ce qui ne l'empêche pas de tomber enceinte et de mettre au monde un garçon. Les gardes, redoutant la colère du roi, se saisissent du bébé et le jettent dans le vide. Mais un aigle l'attrape au vol et va le déposer dans un verger où le surveillant le recueillie et l'élève. Élien nous apprend que cet enfant, appelé Gilgamos, devint roi. Il est possible que la source d'Élien ait été Bérose, et, comme on l'a proposé, que la lecture du nom du grand-père de l'enfant, Seuekhoros, soit amendée en Euekhoros ce qui serait une corruption du nom d'Enmerkar. En tout cas, l'origine de la légende est certainement mésopotamienne et semble rassembler l'histoire d'Étana enlevé par l'aigle et celle de Sargon élevé par un jardinier. Dès le début de la IIIe dynastie d'Ur, Gilgamesh apparaît comme un juge des Enferse, ainsi que l'atteste la descente dans l'empire d'Éreshkigal du roi Ur~nammu. Un texte magique l'invoque comme le seigneur des régions infernales : « Gilgamesh, roi suprême, juge des Anunnaki, prince judicieux [...] qui scrute les régions du monde, régisseur du monde souterrain, seigneur du [monde] inférieur; tu résides dans les Enfers et tu rends le verdict final... Shamash t'a confié les jugements et les décisions. En ta présence, les rois, les gouverneurs et les princes se courbent, tu surveilles les omens les concernant et fais part de tes décisions ". Gilgamesh et Agga : Voir Agga. Gilgamesh et la terre du Vivant : (incipit sumérien: en-e-kur-lù-ti-la-s~è), traduit aussi sous le titre de G., Huwawa et la forêt des cèdres. Lùtila, «le Vivant e, désigne FIuwawa (Humbaba, géant de la montagne, dans le texte akkadien de l'Épopée). Pièce de 204 vers. Gilgamesh accompagné d'Enkidu, son serviteur; et des guerriers d'Uruk, dont sept fils d'une mère unique, se rend dans la terre du Vivant afin d'« entrer dans la montagne pour se faire un renom e, ainsi qu'il le dit à Enkidu. Il offre un sacrifice à Utu, lui adresse une prière à laquelle le dieu répond avec beaucoup d'affabilité, puis il se met en route avec sa troupe. Ils entrent dans les montagnes, abattent des cèdres, provoquent la colère d'Huwawa, qui lance contre le héros son éclat et l'endort. Réveillé et furieux, Gilgamesh jure par la vie de sa mère, Ninsun, et de son père, le pur Lugalbanda, puis, après une petite discussion avec Enkidu, se porte contre Huwawa. Suite de discours, capture du géant, dont finalement Enkidu tranche la tête, qui est placée dans un sac en cuir; ce qui provoque la colère du dieu Enlil. Tout se termine heureusement avec des laudes à Gilgamesh, Nisaba,et Enkidu. Gilgamesh et le taureau du ciel : Des 140 vers du poème original, il ne subsiste que des fragments. Inanna, fort fâchée contre Gilgamesh sans qu'en soit donnée la raison (elle est d'ailleurs livrée dans l'Épopée, où la déesse fait des avances au héros et se voit repoussée sous un flot d'injures), demande à son père de disposer du Taureau céleste pour mettre à mort Gilgamesh L'animal divin ravage Uruk, et il est finalement tué par Gilgamesh, qui le dépèce, distribue sa viande aux femmes pauvres, et utilise sa patte pour frapper banna, qui prend la fuite. Gilgamesh Enkidu et l'Enfer : Poème sumérien appelé aussi Gilgamesh au pays des morts ou encore Gilgamesh et l'arbre-huluppu. Le début du poème raconte l'histoire de l'arbre appelé huluppu (- arbres stylisés). Pour remercier Gilgamesh de son intervention, banna lui offre une baguette et un cerceau ou une boule et un maillet . Alors qu'il joue avec ces objets (sans doute un jeu de caractère rituel), boule et maillet tombent en enfer. G. envoie son serviteur Enkidu les chercher (- Enfers), ce qui donne lieu à une saisissante description du royaume des morts par Enkidu, lequel n'en peut plus sortir, semble-t-il, car il n'est plus rien dit du devenir de l'ami fidèle, ni, d'ailleurs, de ce qu'il est advenu des objets qu'il était allé chercher. Le poème se termine par un acte rituel (?) de libation de C. face au soleil Utu. La Mort de Gilgamesh : Poème sumériendont il subsiste deux fragments sur un ensemble qui comptait entre 300 et 450 lignes (calculs hypothétiques selon les auteurs). L'oeuvre est divisée en deux parties A et B par son éditeur et traducteur Samuel N. Kramer; séparées par une grande lacune. Il manque le début et l'on a la fin de la partie B A:Gilgamesh est très malade, près de la mort. Il fait un rêve au cours duquel il comparait devant l'assemblée des dieux, où sont évoqués ses exploits connus par l'Épopée. B: une quarantaine de lignes parfois incomplètes donne une liste de personnes constituant semble-t-il le personnel de son palais (destiné à le suivre dans la tombe ?) puis une séried'offrandes aux dieux (Érefflhkigal, Namtar;Dimpikug, Néti, Enki et Ninki, etc.).Malgré son état, l'intérêt de ce texte est qu'il rapporte comment, grâce à ses mérites, le héros, bien que mortel, est destiné à connaître une vie éternelle dans les Enfers comme juge des morts. La Lettre de Gilgamesh : Exercice d'école d'époque assyrienne (VIIe s. ?) de 45 lignes trouvé en trois exemplaires à Sultantepe. Le colophon donne la signature du scribe:"Adad-mushammer jeune apprenti, fils de Nergal-Tukulti le scribe. C'est une lettre soi-disant écrite par Gilgamesh, qui se dit roi d'Ur à un roi dont le nom est illisible pour exiger de lui qu'il aille chercher au pays (imaginaire ?) d'Érish et lui faire apporter ensuite ce qui parait être une sorte de tribut exorbitant 70 000 chevaux noirs avec des taches blanches, 40 000 jeunes taureaux, 50 000 attelages de mulets, 100 000 ânes chargés de cèdre, 20 000 pots d'asphalte, 30 000 pots de beurre, 30 000 brocs de vin, des dizaines de milliers de talents de fer; d'argent, de cuivre, d'or..." L'Épopée de Gilgamesh : Incipit akkadienne de la version ninivite: Sa naqba imuru = "Celui qui a tout vu".Le texte a d'abord été connu parles tablettes assyriennes trouvées dans la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Cette version dite ninivite a été précédée de premières versions babyloniennes remontant au deuxième quart du IIè mill. La notoriété du poème était déjà immense au milieu de ce même millénaire puisqu'on en a retrouvé des fragments àtravers tout le POA, d'HIattusa à Megiddo, d'Ugarit à Sultantepe. Le texte le plus complet est celui de l'époque nénassyrienne (ninivite, env. 1 500 lignes.) De la version paléobabylonienne, il reste un peu moins de 500 lignes et, de la version néobabylonienne, à peine une cinquantaine. Le poème est divisé en onze tablettes de longueurs inégales chacune correspondant à ce qu'on pourrait appeler, selon la terminologie classique, un chant. Dans leur traduction Tournay et shaffer ont indu une douzième tablette qui est le texte mettant en scène Gilgamesh en enfer. C'est cette version, où sont exploités les textes babyloniens et Assyriens, que je suis dans le bref résumé présenté ici. I. Prologue. Gilgamesh terrorise les gens d'Uruk. Les dieux lui suscitent un rival dans l'homme sauvage, Enkidu, qui est apprivoisé par une courtisane. Il. Rêves de Gilgamesh : Enkidu vient à Uruk. Il combat Gilgamesh. Les deux hommes deviennent amis. Ils décident de partir en expédition dans la montagne des cèdres pour tuer Humbaba. III. Préparation de l'expédition précédée de petites scènes relatives aux craintes d'Enkidu, encouragé par les exhortations de Gilgamesh Départ précédé de conseils des anciens d'Uruk et de consultations d'Utu. IV En marche vers la forêt des cèdres. Série de songes de Gilgamesh Rencontre furtive d'Humbaba, crainte d'Enkidu, exhortations de Gilgamesh. V Dans la forêt des cèdres. Rencontre d'Humbaba, nombreux discours mise à mort du géant. VI. Amour d'Ishtar pour Gilgamesh, qui lui adresse un long réquisitoire à propos de tous les hommes qu'elle a humiliés dans sa passion érotique. Colère de la déesse qui suscite le Taureau céleste. Combat de Gilgamesh et d'Enkidu contre le Taureau, qui est mis à mort. Malédiction d'Ishtar. VII. Maladie et songes d'Enkidu, qui meurt. VIII. Pleurs de Gilgamesh et litanies funèbres, offrandes au soleil. IX. Deuil et songe de Gilgamesh, qui part à la recherche de la plante d'immortalité. Il pénètre dans un monde mystérieux où il a affaire à des hommes-scorpions, traverse le bosquet des dieux et, parvenu au bout du monde, rencontre la cabaretière divine Siduri. X. Dialogue avec Siduri, en particulier àpropos du bonheur et où la cabaretière donne comme conseil de se réjouir nuit et jour et de faire de sa vie une fête sans souci de l'au-delà. Avec l'aide de Siduri, C. est emmené par un nocher par-delà la mer jusque chez Ut-Napishtim, l'homme devenu immortel, qui a sauvé la semence des vies humaines et animales lors du Déluge. XI. Ut-Napiilhtim fait le récit du Déluge et dit comment Enlil lui a accordé l'immortalité. Ut-napishtim dit ensuite à Gilgamesh comment il pourra découvrir la plante d'immortalité, laquelle se trouve au fond de la mer. Gilgamesh va la cueillir en attachant à ses pieds de lourdes pierres. Possesseur de la plante, Gilgamesh décide d'en faire l'essai sur un vieillard d'Uruk avant d'y goûter lui-même. Erreur fatale, car; alors qu'il est allé se baigner dans une fontaine un serpent avale la plante, et à peine l'a-t-il engloutie qu'il rejette sa vieille peau pour une nouvelle jeunesse. Désespoir de C., qui rentre sagement vivre entre les siens le reste de son âge. Texte : J. Bottéro, l'Épopée de Gilgamesh,~ 1992 : avec trad. des fragm. des versions anciennes. R. J. Tournay et A. shafer 1994.


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Guzana

Capitale d'un petit royaume araméen du nord de la Syrie.La ville était bien connue, surtout par les inscriptions néoassyriennes, lorsqu'elle a été identifiée avec le site moderne de Tell Halaf. La céramique peinte trouvée dans les niveaux inférieurs du site, datée du V mill., a fait donner le nom d'Halafien àtoute une civilisation s'étendant sur une grande partie de la Mésopotamie àl'époque du cuivre (chalcolithique). La ville, située sur le Khabur; était entourée de remparts et dominée par une acropole de 26 m de hauteur. La cité a pris quelque importance au début du Xe s., où elle compte parmi les petits Etats araméens. A l'époque d'Adad-Nârâri III (v. -900), son roi, Abisalamu, est tributaire de l'Assyrie. Son histoire oscille entre l'indépendance et la dépendance de son puissant voisin assyrien. On connaît par les inscriptions plusieurs noms de ses rois sans pouvoir réellement les situer; celui sur lequel on dispose d'une certaine documentation est Kapara, fils d'Handianu. Il est connu par les inscriptions cunéiformes relevées sur des statues et des orthostates de son palais à Bît-hilani (- architecture) où il se dit roi de Palê. On a émis de nombreuses hypothèses sur ce nom de Palê : autre nom de Guzana? Nom du royaume? Autre ville dont Kapara aurait été le roi avant de régner sur Guzana? La période où vécut ce roi reste aussi discutée, variant entre le XIIe et le IXe s. On a retrouvé, lors des fouilles des ruines du palais, de nombreuses statues d'un style original quoique se rattachant au courant néohittite, dont les principales sont des lions gardiens de portes et un dieu dressé sur un lion. Ce palais a été détruit a une époque qui reste imprécise, peut-être bien vers 758, lors de la campagne que le roi d'Assyrie Assur-dan III ( -772 -755) conduisit pour réduire la ville en sédition contre l'occupation assyrienne et ravagée par la peste.


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Hadad

Divinité sémitique de l'Orage, de la Pluie, de l'éclair. L'écriture de son nom varie selon les langues : Hadad chez les Araméens et les Amorrites. Haddu chez les Cananéens . Il est attesté en Mésopotamie dès l'époque présargonique (écrit avec le logogramme dIM), mais il prendra de l'importance surtout à Mari, à partir de la période d'Akkad. Il est adoré chez les Mésopotamiens comme divinité apportant la pluie fécondante : "Adad bruyant, resplendissant, dieu puissant [...] Qui porte l'éclair; maître du déluge, qui gouverne les cieux, les montagnes et les mers [...] à [ton] cri [se réjouissent les régions montagneuses, Les champs sont dans la joie, la campagne jubile". Mais il est aussi craint en tant que dieu des Tempêtes destructrices : " Tu as fait peser ta terreur redoutable sur le pays et sur les gens [Tu] m' as fait frémir, tu m'as fait du mal ". Chez les Assyriens où son culte s'est particulièrement développé, il revêt en outre un aspect guerrier: «[les gens] sont exubé[rants], ils chantent tes actes guerriers ". Dès le règne de Teglat-phalazar Ier, il a un double sanctuaire à Assur qu'il partage avec Anu. Il apparaît aussi comme divinité oraculaire avec Shamash Adad ap-kal DINGIR.MES bêl têrêti, "Adad sage parmi les dieux, seigneur des oracles". En Syrie, on le rencontre dans les textes d'Eblaet, au IIe mill., il devient la divinité tutélaire d'Halab (Alep). Son animal symbolique était le taureau et il est parfois représenté sous l'aspect d'un homme coiffé d'un casque surmonté de cornes et brandissant le foudre, figuré quelquefois sous la forme d'une lance. A l'époque hellénique, l'Hadad syrien a été identifié à Zeus, en particulier dans le temple d'Atargatis à Hiérapolis.


Harran

Ville au nord de l'Euphrate. Elle appartient au domaine culturel assyro-syrien, mais les caprices de la politique font qu'elle est située actuellement en Turquie orientale. Son nom akk. était Harra-nu (sum. KASKAL, hébr. Haran). Ce terme possède de nombreux sens en akk. : "route" ," chemin", " voyage", " caravane" . Lorsque le mot est précédé des déterminatifs URU ou KUR, il désigne une ville ou une région. Ainsi le nom d'Harran vient-il de la position de la ville à un carrefour de routes. Dans des inscriptions assyriennes, la ville porte le nom d'Huzirina. Son nom apparaît pour les premières fois dans une tablette cappadocienne de Kanesh ("itinéraire d'Urbana" , datée du XIXe s. et, quelques décennies plus tard, dans une lettre de Mariadressée à Iasmah-Addu. ~ Harran, dont l'histoire reste peu connue, était l'un des plus importants centres du culte du lieu-lune Sîn avec Ur. Le temple du dieu, é.hul.hul (" Maison qui apporte la joie "), remonte pour le moins à l'époque paléobabylonienne. Il a été reconstruit par les rois Assyriens Salmanazar III et Assur-banipal. Ce même sanctuaire semble avoir abrité aussi une chapelle de Ningal. On connaît encore un autre temple dédié à Nusku qui fut aussi restauré par Assur-banipal. À l'époque d'Hammurabi, la ville est gouvernée par le roi amorrite Asditakim. Il fit une alliance avec le roi de Zalmaqum et les chefs des Bédouins benjaminites en révolte contre le roi de MariZimri-Lim, alliance qui fut conclue dans le temple de Sîn. À l'époque médio-assyrienne, Harran devient assyrienne et Adad-nârâri 1er au début du XIII è s., fortifie sa citadelle. La cité s'étant révoltée contre les Assyriens, Assur-dan III (-772 -755) la détruisit en -763. Sargon II la reconstruisit. Après la chute de Ninive, en 612, le dernier roi d'Assyrie s'y réfugia et en fit sa capitale jusqu'à sa prise, deux ans plus tard, par les Mèdes, qui la mirent à sac. Le temple fut particulièrement soigné par le roi néobabylonien Nabonide, dont la mère, Ada Guppi, était prêtresse. Les fouilles n'ont pas permis de retrouver les restes de ce temple de la Lune. SULTANTÉPÉ. Dans le tertre voisin de Sultantépé, les fouilles ont mis au jour la résidence d'une prêtresse et la bibliothèque d'un prêtre, Qurdi Nergal. Selon un colophon, les textes qui la composent auraient été rédigés par des étudiants de l'école du temple, entre -718 et -612. Contrairement à de nombreuses archives, la plupart de ces 407 tablettes sont de caractère littéraire. Il s'agit de versions incomplètes de grands textes épiques et d'ouvrages devenus des classiques de la littérature akkadienne: Énûma élish, Épopée de Gilgamesh, Épopée d'Erra, mythe d'Anzu, légende kuthéenne de Narâm-Sîn, poème du Juste souffrant , conte du "Pauvre Homme de Nippur". Toujours en akk. figurent dans la bibliothèque de nombreux textes de caractère économique et médical, des prières et des hymnes, des incantations et des rituels (souvent fragmentaires) des omens, des textes hémérologiques et ménologiques, astrologiques et astronomiques. Les numéros 150-217 incluent des textes Sumériens et bilingues, mythologiques, des ershemma (en l'honneur de Marduk), et des incantations Cette bibliothèque non seulement enrichit notre connaissance de la littérature mésopotamienne, mais complète ou rectifie certains textes classiques dont il manquait des parties.


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Juste souffrant (le)

Incipit: "Ludlul bel nemeqi" = "Je veux louer (ou "glorifier", sens premier du verbe dallilu) le seigneur de sagesse". Le titre de "Juste souffrant" a été donné à ce poème babylonien (connu depuis 1875) par référence au livre biblique de Job, dont on a pu se demander s'il n'en a pas été le modèle. Le texte, réparti sur quatre tablettes, est partiellement conservé par de nombreux manuscrits fragmentaires provenant de Ninive (Assur-banipal), Assur, Babylone, Sultantépé (tabl. I et IV), Sippar (tabl. 2 et 8). C'est un long monologue dans lequel un homme, injustement jeté dans la misère, élève ses plaintes vers son dieu, en l'occurrence Marduk. Il semblerait que ce texte ait un modèle historique, si encore l'auteur de ce texte n'est pas le personnage historique en question. Il donne son nom dans le cours du monologue : " C'est Marduk lui-même (dit-il: il s'agit d'un homme que le Juste voit en rêve, Ur-Nin-din-lugga) qui m'envoie te dire: A shubshi-meshrê-shakkan, j'apporte la prospérité !". Un Subsi-mes-rê-Sakkan est connu pour avoir été un dignitaire de la cour du roi kassite de Babylone Nazimaruttash, (-1307 -1282) . Il nous est aussi donné les noms de deux personnages, qui apparaissent en rêve au "Juste souffrant" (tabl. III, 25 et 39) : le premier; Lalu-ralimma, porte un nom sumérien caractéristique de ceux qu'on se plaisait à prendre à la fin de l'époque kassite il est dit originaire de Nippur et il est chargé de purifier notre héros l'autre, Ur-Nin-din-lugga, est babylonien; tous deux portent les noms de scribes (lettrés) de jadis connus par une liste. Tablette I (env. 112 vers, incomplète). Après un éloge de Marduk, suivi d'une lacune d'une trentaine de lignes, le Juste se désespère de la perte de ses biens et de sa vitalité. On voit ensuite qu'il était le favori du roi, qu'il paradait comme un seigneur, et qu'il a été la victime de la calomnie d'adversaires envieux qui l'ont jeté dans la disgrâce. "De superbe que j'étais j'ai tourné à l'esclave. Au lieu de ma vaste famille, je suis devenu solitaire...". Tablette Il : (120 vers, complète). "De cette année à l'autre, le terme fixe était passé. J'ai beau me tourner c'est malheur et malheur encore ! Pour moi, la méchanceté s'accroit et je ne vois pas de justice ! J'ai crié vers Dieu, il m'a refusé son visage ! . Le Juste se plaint que le dieu (Ilu, nom souvent répété, et non Marduk, qui n'est nommé qu'exceptionnellement dans les trois premières tablettes) se soit détourné de lui, bien qu'il ait de tout temps manifesté sa piété à son égard et incliné son pays à respecter ses rites. Il se plaint que la maladie le terrasse et que le démon-alû se soit "vêtu de son corps comme d'un vêtement ". Tablette III (il en subsiste une centaine de lignes, entrecoupées de lacunes, représentant un peu plus de la moitié du texte original). Au cours d'une suite de quatre rêves, le Juste apprend que Marduk s'est penché sur lui et qu'il va le guérir. De fait, le dieu " chassa la Lamashtu ", cause de ses maladies, et l'on assiste à la guérison de chacune des parties de son corps ainsi affectée : " Ma bouche, qui était close et inhabile à discourir, il la décapa comme du cuivre et en fit [briller] la ternissure... Tablette IV (très fragmentaire) il en subsiste cependant la moitié dont une partie reste lacunaire l'ordre des fragments mis bout à bout est incertain: selon von Soden, les lignes 1-50 devraient être placées après le groupe 76-100. C'est un long cantique à la gloire de Marduk, qui a manifesté sa puissance, qui seul est capable de ressusciter les morts. Suit une litanie de tout ce qu'a ensuite fait le Juste, à qui le dieu a rendu justice : "[Dans les] prosternements et les supplications [je suis allé] à l'Ésagil. [Moi qui étais] descendu au tombeau, je suis revenu à la porte du Soleil-Levant]. À la porte de l'Abondance, l'abondance [m'a été re]donnée. A la porte de l'Ange-Gardien , mon ange-gardien est (re)venu [près de moi]..."


Kalhû

Cette ville, qui fut un moment la capitale de l'Empire assyrien, gisait sous un tumulus appelé par les Arabes Nimrud (à ne pas confondre avec Birs Nimrud, l'antique Borsippa, près de Babylone). Ainsi avait été conservée pendant plus de vingt-cinq siècles la tradition biblique qui attribuait au «puissant chasseur Nimrod », venu de Babylone, la fondation de Ninive et de Kalhû, appelée Kalah dans la Bible (Gen 10 :11-12). Le site, à une trentaine de kilomètres au sud de Mossul, sur la rive orientale du Tigre, a été occupé dès l'époque préhistorique. L'établissement ne commença a prendre quelque importance que sous le règne de Salmanazar 1er ( - 1273 - 1244), qui y bâtit ses premiers monuments. Cependant, la ville n'acquit d'importance que lorsque Assurnasirpal II ( - 883 - 859) vint s'y établir et en fit la capitale de son empire. Elle conserva ce rôle éminent sous les règnes de ses successeurs jusqu'à Sargon II ( - 721 - 705), qui transporta sa capitale à Dur sharrukin. Elle resta alors une capitale provinciale régie par un gouverneur. De nouveaux monuments y furent encore érigés, en particulier sous le règne d'Assarhaddon. Ainsi, pendant un siècle et demi, la ville draina les richesses des provinces et des tributaires de l'empire. A son apogée, elle s'étendait sur 360 ha. Une puissante enceinte longue de 7,5 km la protégeait, renforcée par une citadelle au sud-est, appelée, par les archéologues britanniques qui ont exhumé la cité, Fort­Salmanazar. Elle avait été construite par Salmanazar III (- 858 - 824), qui en avait fait son arsenal. Une puissante acropole dominait la ville vers l'est. A l'époque de sa plus grande splendeur, la ville et sa périphérie auraient eu une population proche des 100 000 habitants. La richesse du trésor royal apparaît avec éclat lors de l'inauguration de son palais : " [...] je traitai pendant dix jours avec nourriture et boisson 47 074 personnes, hommes et femmes, venus de toutes les parties du pays, et 5 000 invités d'importance, délégués du pays de Suhu, d'Hindana, Hattina, Hatti (les villes néoHittites du nord de la Syrie), Tyr, Sidon, Gurguma, Malida, Hubushka, Gilzana, Kuma, Musasir [et aussi] 16 000 habitants de Kalhû, de tout niveau, 1 500 officiels de tous mes palais, au total 69 574 invités de toutes les contrées mentionnées incluant le peuple de Kalhû. Je les fournis en moyens de se baigner et de s'oindre eux-mêmes. Je les honorais ainsi et les renvoyai en santé et en joie dans leurs foyers . Dans ce texte gravé sur une stèle, Assurnasirpal se révèle sous un jour bien différent de celui sous lequel il se fait connaître dans ses annales, où il étale une férocité inouïe avec ses ennemis. Les murs de la citadelle, percés de portes et de poternes, ont été construits avec des pierres bien taillées et dans un appareil régulier et soigneusement aligné (isodome). Les fouilles ont rendu au jour plusieurs monuments d'importance. Le palais du nord-ouest était celui d'Assurnasirpal Il, avec ses appartements privés, ses salles d'audience et son administration. C'est dans cette partie qu'ont été recueillies de nombreuses tablettes administratives (et correspondances), datées dans l'ensemble des règnes de Teglath­Phalazar III ( - 744 - 727) et de Sargon II. Des bas-reliefs sculptés sur des dalles en marbre de Mossul y ont été mis au jour, partiellement couverts d'inscriptions cunéiformes. Ils constituent un ensemble incomparable de scènes (dispersées en grande partie dans divers musées, principalement le British Museum et le Brooklyn Museum), où sont figurés les génies ailés à tête d'aigle ou humaine, le roi coiffé de sa tiare cylindrique rappelant le fez, ces créatures entourant souvent l'arbre de vie, ces scènes de cour où le roi, suivi d'un porteur d'ombrelle, marchant parfois devant son char, reçoit les hommages de courtisans... Le bâtiment appelé par les premiers fouilleurs "palais du sud-est" s'est par la suite révélé être un complexe cultuel, l'Ezida, dominé par le temple de Nabu et de sa parèdre Tashmétum, l'une des principales divinités de la ville. Dans le complexe architectural appelé par les fouilleurs « Central Building » a été trouvé l'obélisque noir de Salmanazar. C'était le palais du gouverneur de la ville construit au VIIIè s., où l'on a recueilli de nombreuses tablettes administratives. Un troisième palais, au sud-ouest, fut construit par Assarhaddon, qui réutilisa pour le décorer des reliefs d'Assurnasirpal Il. Le palais dit du sud-est aurait été érigé par Salmanazar III et restauré par la suite. Le temple principal était celui de Ninurta, la grande divinité de la ville, avec sa ziggurat qui dominait la citadelle. Les autres temples, outre ce dernier et l'Ezida, étaient celui d'Ishtar , celui d'Adad (connu par des inscriptions), celui d'Ea et Damkina, de Gula, de Sîn. Une stèle de calcaire de 154 lignes nous a conservé l'inventaire des monuments de la ville, sous le règne d'Assurnasirpal Il, dans laquelle est aussi mentionnée l'existence de jardins botaniques et de parcs zoologiques. Bien qu'il ne nous en soit parvenu aucune preuve, il semble que cette cité éphémère ait connu une certaine activité intellectuelle, ce qui justifierait l'appellation pleine d'emphase de la résidence d'Assurnasirpal de " Palais de toute sagesse " . La grande trouvaille archéologique de Nimrud est une magnifique série d'ivoires, répartis dans les palais et la citadelle. Ils constituent un ensemble fabuleux de plaques d'ivoire, parfois chryséléphantines, représentant des personnages finement ciselés, des scènes comme celle du lion égorgeant un Éthiopien, des figurines de divinités, des visages de femmes, dont certaines " à la fenêtre "... On a pu distinguer trois grands styles, marqués par les influences locales ou étrangères : assyrien, phénicien (fortement influencé par l'Egypte), syrien. La base des murs d'une pièce du " palais de l'acropole " était couverte sur une hauteur de 1,50 m de plaques d'ivoire. Ainsi a-t-on pu supposer qu'à ce palais fait allusion un passage du prophète Amos (3 :16), qui fait dire à Yahweh : "Elles sont perdues, les maisons d'ivoire". La ville fut incendiée lors de la chute de l'Empire assyrien, entre - 614 et - 612. Quelques traces d'habitat ont été retrouvées datant de l'époque achéménide.


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Kanesh

Ville de l'Anatolie orientale, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Kaysari (la romaine Césarée). C'est dans le site moderne de Kültepe (la colline des cendres) qu'ont été retrouvés les restes de la ville préhittite de Kanesh, laquelle est certainement la même que la Nésha qu'on rencontre dans certains textes. Le site est constitué par deux "quartiers" distincts sur une hauteur s'élevait la cité indigène, dans la plaine le quartier commerçant appelé karum dans les textes Assyriens. LA VILLE HAUTE. Elle dominait la plaine de Kaysari d'une vingtaine de mètres. Le tépé oblong a un diamètre dans sa plus grande longueur de 550 m environ. Occupé pour le moins dès la première moitié du III milI., il présente dix-huit niveaux d'habitat dont les premiers (1-2) correspondent à l'époque romaine. On a pu, hypothétiquement, rattacher certains niveaux à des événements historiques connus par ailleurs. Le 12 serait celui de l'époque de Zipam, qui se révolta contre la domination akkadienne sous Naram-Sîn. Aux environs de l'an - 2000 règnent sur Kanesh des souverains qui portent des noms indo­européens : Féruwa, Wartama, Warpa, enfin Anitta, qui serait à l'origine de la dynastie hittite. Aux niveaux 8-7 correspondent les périodes d'expansion du karum tandis que sur la cité règnent quatre rois et une reine. Les niveaux 6 et 4 sont contemporains du royaume hittite. Le niveau B est celui de l'époque dite néohittite (X ème - VIII ème s.) pendant laquelle Kanesh reste indépendante. À la fin de cette période, la ville est prise et détruite par les Assyriens. À Kanesh/Nésha est rattaché un mythe, sans doute d'origine hatti, traduit en hittite, et traduit en anglais par Harry Hoffner Jr. sous le titre : "Un conte de Deux Cités: Kanesh et Zalpa". La reine de Kanesh ayant enfanté d'un seul coup trente garçons, elle ne voulut pas rendre public un tel phénomène. Elle plaça les nouveau-nés dans un grand panier qu'elle abandonna sur un fleuve. L'embarcation, malgré sa fragilité, parvint à la mer, d'où elle fut emportée jusqu'aux rivages de la terre de Zalpuwa, où les dieux élevèrent les nourrissons. Quelque temps après, la reine réitère son exploit, mais cette fois elle enfante trente filles qu'elle décide de garder. Plusieurs années plus tard, les garçons retournent à Kanesh, où ils apprennent que la reine a donné le jour à trente filles, ce qui leur fait supposer qu'elle est leur propre mère. Ils vont la voir, mais elle ne les reconnaît pas et veut leur donner ses filles en mariage. "L'aîné des fils ne reconnaît pas ses soeurs. Mais le plus jeune [objecte]: "Prendrons-nous nos propres soeurs en mariage ? Ne faisons pas une telle action impie. [Ce n'est certainement pas] bien de coucher avec elles." a La suite du texte manque, de sorte qu'on ignore le dénouement de l'histoire et le propos de son auteur quand il l'écrivit. On a supposé que cette histoire d'inceste (accompli ?) viendrait en justification de la destruction de la ville de Zalpa (sur la mer Noire) par les Hittites, ce qui semble douteux, surtout si l'original est un vieux texte hatti. LE KARUM. Cinq niveaux ont été déterminés dans cette partie basse à 2m- 2,50 m au-dessus de la plaine et s'étendant sur un front de 3 km. Ni le niveau IV, établi sur le sol vierge, correspondant au (niveau 10 de Kanesh), ni le III (niveau 9 de Kanesh) n'ont rendu de documents. Le niveau Il représente la plus grande extension de la colonie de marchands Assyriens, établie dans le karum (niveau B de Kanesh). Les marchands Assyriens se sont installés en plusieurs comptoirs de la Cappadoce sous l'impulsion du roi d'Assur Érishu ( - 1940 - 1901), mais c'est celui de Kanesh qui a rendu le plus grand nombre de documents (plusieurs milliers) et qui semble avoir été le centre dont dépendaient les autres karums. Il fut détruit par un violent incendie sous le règne de Puzur-Assur Il. La ville haute fut aussi détruite, on ne sait par qui. Le karum reste inoccupé pendant trois ou quatre décennies avant d'être de nouveau reconstruit et de redevenir un important centre commercial. Mais les Assyriens n'y sont plus majoritaires et l'on y trouve de nombreux établissements indigènes. Comme le karum Il, le nouvel établissement fut protégé par un rempart puissant. C'est sans doute à la période d'anarchie qui suit la mort du roi d'Assyrie Ishme-Dagan ( - 1776 - 1742) que le karum 1b dut son abandon par les marchands Assyriens. Le karum 1a tombe en déclin rapidement et les archives ne tardent pas à disparaître. L'ancien centre commercial qui a bourdonné d'activité pendant près de deux siècles (avec quelques périodes d'interruption), retombe dans le silence bien que la vie continue dans la cité de Kanesh. Le mobilier recueilli dans les fouilles est aussi abondant que varié, mais parmi ce matériel le plus important consiste dans de très nombreux sceaux et surtout en tablettes cunéiformes et en archives de marchands : lettres contrats (de société de prêt, de commission mais aussi de mariage et de divorce), ordres de paiement, d'achat, de vente, quittances, pièces comptables, retraits de dépôts, saisies pour dettes, listes de marchandises en stock... Les marchandises étaient essentiellement, pour les Assyriens, des tissus (de laine et de lin), des vêtements, du plomb (?) et de l'étain qu'il allaient chercher vers le nord ou l'est (?) de l'Assyrie. Les échanges se faisaient contre de l'or et de l'argent.


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Karkémish

Ville syrienne sur la rive gauche de l'Euphrate, act. Djérablous, du côté de la Turquie. Les fouilles n'étant pas parvenues jusqu'au sol vierge, on ne sait quand le site fut occupé. Il l'était dès le BA, et sans doute avant, considéré sa position stratégique sur l'Euphrate. L'histoire de la ville ne nous est connue pendant toute l'époque du bronze que d'une manière très fragmentaire grâce à des sources extérieures. Les archives de Marinous font connaître un roi de cette ville vers - 1800, Aplakhanda. Il entretint une correspondance avec Iasmah-Addu, gouverneur de Maripour son père, shamshi-Addad, et ensuite avec Zimri-lim, grâce à quoi nous savons que les vins de la région de Karkémish étaient très appréciés à la cour de Mari. Les annales égyptiennes de Thoutmès III laissent penser qu'au XVe s. Karkémish devient tributaire des pharaons, puis elle est disputée entre les Mitanniens et les Hittites. Dans les derniers siècles du BR, la ville tombe au pouvoir des Hittites, qui en font une sorte de vice-royauté, capitale de leur province syrienne. Le premier d'entre eux est Piyashshil, fils du roi hittite Suppiluliuma 1er (vers - 1370 - 1342), connu aussi sous le nom de sharru-Kushukh. Il est contemporain des rois Hittites Arnuwanda Il ( - 1342 - 1340) et Mursili II ( - 1340 - 1310). Son successeur est shakhurunuwa (vers - 1305 - 1250) puis est nommé Ini-Téshub (ca. 1250-ca. 1210), fils de Tudhaliya IV (1260-1220), selon certains auteurs de shakhurunuwa selon Mano Liverani shakhurunuwa étant fils de Fiyashshil et père de Talmi-Teshub qui lui succéda. Les fouilles ont surtout rendu au jour les restes de la période dite néohittite (entre -960 et -716). La ville est alors indépendante sous le gouvernement d'une dynastie indigène à qui est due la construction de la majorité des monuments retrouvés à commencer par de nombreux reliefs accompagnés d'inscriptions en hiéroglyphes Hittites ou luwites. Le premier roi de la dynastie est Suhis (dont le nom était jadis lu Luhas), qui prit le pouvoir vers - 960 . Ses successeurs sont: Astuwati-mais, fils de Suhis ( - 940), Suhis, fils du précédent ( - 920), Kawutas, son fils ( - 900), Sangara ( - 880 - 848), qui dut payer tribut au roi d'Assyrie Assurnasirpal II. Astiruwa est le chef d'une nouvelle maison royale ( - 820). Le nom de son fils et successeur est inconnu, puis viennent Araras ( - 780), Kamanas ( - 760) et Fisiris ( - 745-716). Son royaume fut annexé à l'Assyrie par Sargon II. Désormais, la ville sera intégrée dans les divers empires qui vont dominer la région: néobabylonien, perse, séleucide, romain. Sous ses murs, en - 605, Nabuchodonosor infligEa une défaite sanglante au pharaon Néchao venu au secours de ses alliés syriens.


Kassites

Peuple d'origine incertaine (sans doute venu du Zagros vers la région de l'actuel Luristan) qui s'impose en basse Mésopotamie. Le nom de kassite (Kassu) apparaît àl'époque de Samsuiluna, sous la dynastie amorrite de Babylone : "An (9): armée kassite" . Ce peuple, où le système tribal était si profondément ancré qu'il subsista même lorsqu'il domina le sud de la Mésopotamie, est d'abord localisé dans la région de Sippar. Les Kassites vont ensuite pénétrer dans une grande partie du POA puisqu'on en rencontre avant la fin de la dynastie amorrite de Babylone jusqu'à Alalah et à la région du Khabur; à l'ouest de l'Assyrie. Leur pénétration s'est sans doute faite d'une manière lente et pacifique, par petits groupes, certains d'entre eux entrant au service des rois de Babylone comme mercenaires. Cependant, à Khana, sur le moyen Euphrate, un Kassite, Kashtiliash, réussit à prendre le pouvoir. Au début du XVIè s., ils étaient devenus suffisamment puissants pour, profitant de la chute de la dynastie Amorrite et du sac de Babylone par le roi hittite Mursili Ier, (v. - 1595), se rendre maîtres de la Babylonie. Si l'on en croit la liste A des rois de Babylone, ils dominaient depuis déjà quelque temps une grande partie de la région puisque leur dynastie aurait compté 36 rois qui auraient régné 576 ans. Le premier de ces rois serait Gandash, mais, en fait, ce n'est qu'avec Argum Il, le dixième de la lignée, qu'ils deviennent maîtres de Babylone; Burnaburiash Ier (vers - 1510) est le premier souverain sur qui l'on possède quelques éléments sûrs, et ce n'est qu'un siècle plus tard, avec Caraindash et ses successeurs (Kurigalzu Ier, Kadashman-Enlil Ier et surtout Burnaburiash Il, qui a régné entre - 1359 et - 1333), qu'on dispose de sources contemporaines, grâce, à leur correspondance avec les rois d'Egypte. A partir du règne de Kurigalzu Ier, aux alentours de - 1400, les rois Kassites abandonnent Babylone pour installer leur capitale à Dur­Kurigalzu. Le royaume de Babylonie, devenu le Karduniash, est alors l'un des plus puissants du Proche-Orient avec l'Assyrie, le Mitanni, les Hittites et l'Égypte. La domination de la dynastie kassite s'achève au milieu du XIIè s. avec le règne d'Enlil-nâdin-ahi. Elle laisse la place à un prince d'Isin, Marduk-kabit-ahêshu, qui fonde ce que les historiens modernes ont appelé la IIe dynastie d'Isin, vers - 1150. Les Kassites ne disparaissent pas pour autant : les familles installées dans le pays continuent de prospérer et occupent souvent de hautes fonctions, leurs membres devenant toutefois de plus en plus difficilement repérables dans la mesure où ils adoptent des noms babyloniens. Déjà, sous les derniers souverains Kassites, les hauts personnages traduisaient leurs noms en sumérien comme pour se conférer une ancienne noblesse. La langue des Kassites est très mal documentée. Les nombreux textes de l'époque kassite sont en babylonien moyen. On ne dispose d'aucun texte complet en kassite. Les plus importants sont un vocabulaire donnant 32 noms communs et 16 noms de divinités avec leur équivalent en akkadien et une tablette provenant de la bibliothèque d'Assurbanipal, comportant une liste de noms royaux et de personnages privés avec leur traduction en akkadien. Des tablettes de l'époque de la domination kassite rédigées en akkadien incluent des mots Kassites, en particulier concernant les chevaux et leur élevage (ces listes nous ont conservé des noms propres de chevaux). Ce qui n'a rien de surprenant quand on sait que c'est sans doute les Kassites qui ont banalisé le cheval en Babylonie, après l'avoir amené avec eux du plateau iranien, et qu'ils ont développé, en même temps que les Hittites, une charrerie comme principale arme stratégique. Le peu que nous connaissons de leur langue ne permet pas un classement, quoiqu'on ait tenté de la rattacher au groupe de langues agglutinantes du Caucase. Cependant, dans les vocabulaires, les philologues ont été frappés par la forme de certains dieux : Buriash, Suriash, Maruttas, qu'on a rapprochés des divinités indo-européennes, Boréas (dieu du Vent du nord chez les Grecs), Sûrya (le Soleil) et les Maruts, de l'Inde védique. L'explication de la présence de ces divinités indo-aryennes serait que, comme ce fut le cas des Hourrites.htm">Hurrites.htm">Hurrites, qui ont été " encadrés " par une noblesse indo-aryenne (Mitanni), les Kassites auraient été, eux aussi, et à la même époque, conduits par une noblesse de même origine. Ce qui expliquerait ce qu'on a pu appeler le féodalisme des institutions Kassites. Les autres divinites purement Kassites sont Sakh identifie a Shamash, Dur et shugab, Buriash, dieu du Temps et de l'orage; des dieux de la Peste assimilés a Nergal; Kharbe et Kamulla = Enlil et Ea ; enfin, shuqamuna et shumali(j)a couple divin protecteur de la royauté. Ces derniers avaient leur temple a Babylone, dans lequel les derniers rois Kassites furent couronnés. Le "monument" kassite le plus caractéristique est le kudurru. Il caractérise le mieux ce qui leur appartient en propre dans leur apport artistique en Mésopotamie.


Kéret

Roi légendaire, héros d'un conte épique trouvé dans des tablettes d'Ugarit. Son nom, écrit KRT, a été transcrit Kéret par Charles Virolleaud, le premier éditeur du texte (en se fondant sur l'adjectif hébreu "kéréthite") mais il devait se lire "Karit" ou Kirta (Greenstein, in Barker 1997). Le texte est connu par trois tablettes exhumées dans le site de Ras shamra en 1930 et 1931. Un colophon nous fait savoir qu'il a été écrit ou copié (spr.[IlmIk] = livre ou document de...) par Ilimilku, donné par Niqmadd (roi d'Ugarit). Les trois tablettes, qui devaient compter un millier de lignes (selun Virolleaud), sont incomplètes, et, comme elles n'ont pas été trouvées ensemble, on discute au sujet de leur séquence, et pour savoir s'il en manque encore une ou plusieurs. Le nom de KRT n'est peut-être pas sémitique; on a cependant proposé de rattacher son nom à karutu = coupé de (progéniture). Bien qu'il ne soit pas un dieu immortel, Kéret est fils du grand dieu El (présenté comme un dieu-taureau) et de la déesse Ashérat. Le pays dont il est roi semble s'appeler Khubur; il est mentionné au cours du poème, sans que soit précisé qu'il s'agit bien de son royaume. Au début du conte, un apprend que Kéret a perdu ses sept enfants et qu'il craint de ne plus avoir de progéniture. El lui apparaît au cours d'un rêve, et, comme le roi ne cesse de gémir, le dieu lui ordonne d'offrir un sacrifice. Ce qui permet de découvrir ce qu'on offrait aux dieux ugaritiques en sacrifice, en l'occurrence : un agneau, un chevreau un pigeon, du vin dans une coupe d'argent, du miel dans un ciboire d'or. Kéret réunit ensuite une grande armée avec fantassins archers, par myriades, et, en sept jours de marche, il parvient aux frontières du royaume d'Udum. Le roi du pays, Pabil, est effrayé par un tel déploiement de forces, puis rassuré quand Kéret lui demande seulement la main de sa fille Huraya, sa fille aînée, la belle unique. De ce mariage naissent - selon ce qu'avait déclaré El à Kéret, qui était allé lui rendre une visite au fin fond d'une campagne où résidait le dieu - huit enfants. L'aîné des fils, Yassib, est destiné à succéder à Kéret sur le trône. Mais le roi tombe malade, au point qu'il est incapable de gouverner. Sa maladie est mise en relation avec une épidémie de peste et une sécheresse qui va cesser après que se sera déroulée une cérémonie dans la demeure de Baal sur le mont Saphon. Par ailleurs, El créé un démon appelé sha'taqat, qui va guérir Kéret en lui tranchant la tête. Ce qui représenterait la victoire de la vie sur la mort . Yassib vient au palais voir son père pour lui rappeler ses devoirs envers son peuple, qui dépérit, mais dans l'intention de s'asseoir lui-même sur le trône. Ce qu'a compris Kéret, qui le maudit. Le texte s'arrête là d'une manière abrupte, la fin manquant. Si Kéret apparaît comme la figure symbolique du roi d'origine divine, le propos du poète en écrivant ce conte mythique (aucun document ne confirme l'existence d'un royaume appelé Khubur ni celui d'Udum avec son roi Babil) reste obscur; et aucune hypothèse proposée n'est réellement satisfaisante.


Kutha

Kutû (fôrme akkado-sumérienne : Gudua) est une ville d'Akkad non identifiée (on a proposé Tell Ibrahim, dans le nord de la Babylonie) mais connue par de nombreuses mentions. On y adorait en partictalier deux divinités infernales, Nergal, qui y avait une chapelle (é.dug4.ga) et pîtasietars temples dont l'é.mes.lam ("Maison du guerrier de l'autre monde"), reconstruit par shulgi et restauré par Assurbanipal et Nabuchodonosor Il, et Ereshkigal, dont le temple, ès.urugal (Urugal est un autre nom pour désigner les Enfers sur lesquels règne la déesse), fut reconstruit par Nabuchodonozor Il. C'est sans doute parce qu'y étaient adorées ces divinités que le nom de Kutha est deventa l'un des surnoms de l'enfer : " Entre ma dame, que Kutha se réjouisse de ta vue", dit le portier des Enfers lorsque Ishtar s'apprête à franchir la première porte du monde souterrain dans le poème de sa Descente aux Enfers. Légende du roi de Kutha : est le titre d'un texte littéraire où le scribe fait parler Naram-Sîn pour montrer que la désobéissance aux décrets des dieux est une grave impiété qui peut conduire à une catastrophe : "Mais ainsi, me dis-je à moi-meme "Quel lion a [jamais] consulté les oracles, quel loup a [jamais] interrogé une devineresse? Je veux aller, comme un pillard, au gré de mon désir et, faisant fi du dieu (?), m'en remettre à moi-même!" . Le fond du sujet est la guerre que le roi soutint contre les envahisseurs barbares et en particulier les Gutis, ce qui est l'occasion de beaux vers épiques et sanglants. Naram-Sîn est finalement sauvé par l'intervention des dieux en sa faveur. Le titre qui a été donné à ce texte par les modernes vient du fait que le narrateur prétendu, Naram-Sîn, après avoir donné cette leçon de piété, exhorte tout souverain ou gouverneur à consulter la stèle sur laquelle est rédigé le texte et qui aurait été déposée dans la chapelle de Nergal, dans l'é.mes.lan de Kutha. Le texte est connu par une version néoassyrienne de la bibliothèque d'Assurbanipal reconstituée à partir de quatre fragments, un fragment d'époque paléobabylonienne, des tablettes akkadiennes de Sultantépé.


Marduk

Divinité principale de Babylone. Son origine est inconnue, mais son symbole, le marru, une tête de houe ou de bêche trianGulaire , laisserait supposer que c 'était une divinité agraire. Le logogramme par lequel est écrit son nom, (d)amar- UD, signifie "jeune taureau du soleil". Bien qu'il soit lié à Babylone dès l'apparition historique de la ville, il est mentionné dans des listes divines plus anciennes (par ex., à Abu-Salabikh). L'étymologie de son nom résiste à toute explication par le sumérien ou le sémitique; il semble appartenir au fond primitif de la population pré-sumérienne de la basse Mésopotamie. La fortune de Babylone à partir du règne d'Hammurabi va faire de Marduk l'une des principales divinités de la Mésopotamie, au point qu'on a pu parler à son propos d'hénothéisme chez les Babyloniens (à la différence du monothéisme, l'hénothéisme reconnaît l'existence d'autres divinités, sans pour autant les adorer). Cette suprématie sera établie à l'époque kassite avec l'Enûma élish, conçue à sa gloire. Marduk s'est inséré dans le panthéon mésopotamien, absorbant la personnalité de divinités voisines comme Asarluhi, dieu d'Éridu et fils d'Enki, qui lui a communiqué ses pouvoirs de dieu de la Magie et des Devins et sa filiation il est dit fils d'Enki et d'Éa. Le dieu de la ville voisine de Borsippa, Nabû, devient son fils, et il est uni à Sarpanitu, dont le nom signifie "Celle de Sarpan (ou Zarpa)", une localité sans doute voisine de Babylone. A Tishpak, dieu local d'Eshnunna, il emprunte son animal symbolique, le dragon-serpent (mushussu), qui sera aussi celui de son fils Nabû. Dès la fin de l'époque kassite, son culte se répand jusqu'en Assyrie, et il devient la divinité dominante du panthéon mésopotamien. Il apparaît alors avec ses divers attributs acquis au cours des temps de dieu de la Sagesse, de la Santé, de la Magie, et aussi de la Fertilité et de l'Irrigation, lesquelles devaient,être ses plus anciennes fonctions. Dans l'Epopée d'Erra, sa puissance magique pour maintenir l'équilibre du monde est mise en valeur; car, lorsqu'il quitte Babylone, l'anarchie s'installe et le désordre cosmique règne. Considérable est le nombre d'hymnes et de prières qui lui sont consacrés, les plus significatifs étant ceux qui revêtent un caractère synthétique et où il absorbe tous les autres dieux, lesquels deviennent ses attributs "Sin est ta nature divine, Anu ton caractère princier; Dagan ton caractère seigneurial, Enlil ton caractère royal, Adad ta puissance, Ea le sage ton intelligence, Celui qui tient le stylet, Nabû, ton talent. Ta primauté est Ninurta, ta force Nergal. Le conseil de ton coeur est Nusku, ton [ministre] éminent, ta qualité de juge est le brillant Shamash ". Son temple principal était l'Esagil, à Babylone, mais, si des temples secondaires ou des chapelles lui étaient consacrés en grand nombre à Babylone ou dans ses faubourgs, tel l'é.sîskur, "Maison du sacrifice", qui était son temple de l'Akitu hors de la ville, il n'avait que peu de sanctuaires par ailleurs : à peine peut-on citer une chapelle à Assur dans le temple d'Assur, un temple à Sippar-Aruru, l'é.zi.da, "Maison de la vérité", à Borsippa (où il est identifié à Nabû), et un sanctuaire à Nippur (connu par une seule inscription) Il etait le grand dieu de la fete de l'Akitu couronnée par sa hiérogamie.


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Mesha

Roi de Moab. Il est connu par les textes bibliques et une stèle découverte à Dhiban (Jordanie) en 1868, écrite en alphabet phénicien et en langue moabite. Il était fils de Kémosh, lequel aurait régné sur Moab pendant 30 ans, dans la première moitié du IXè s. À cette époque, Moab était tributaire du roi d'Israël, et il devait un lourd tribut annuel : cent mille agneaux et la laine de cent mille béliers (2 Rois 3 :4). Mésha hérita ainsi d'un Etat vassal du royaume d'Israël, entre les mains de la dynastie des Omrides. Mésha profita de la mort d'Achab ( - 874 - 853), successeur d'Omri, pour se révolter. Achazyahu, fils aîné d'Achab, ne régna qu'une année et c'est Joram ( - 852 - 841), son fils cadet et second successeur, qui s'allia avec son voisin du Sud, le roi de Juda, Josaphat (871-846), et au roi d'Édom, pour tenter de réprimer la révolte. L'armée alliée fut finalement vaincue et dut se retirer. Néanmoins, Si l'on on croit le récit biblique, les armées unies de Juda et d'Israël ravagèrent Moab, abattirent les arbres, bouchèrent les sources et les puits, parsemèrent les champs de pierres pour en interdire la culture, assiégèrent Mésha dans Qir-Harosoth. Le Moabite aurait alors tenté une sortie avec sept cents hommes, en vain. En désespoir de cause, il aurait sacrifié son fils aîné, de sorte que les assiégeants, horrifiés, auraient levé le siège et seraient rentrés chez eux (encore que ce soit là une interprétation du texte biblique, 2 Rois 3 :21-30, confus et décousu). En réalité, il somble que les armées alliées ont été vaincues et forcées de se retirer. Toujours est-il que Mesha marcha ensuite sur Nébo, qui appartenait à Israël, suivant l'ordre de son dieu :" Alors je suis parti la nuit et je me suis battu de l'aube jusqu'à midi, la prenant (la ville) et tuant tout, sept mille hommes, enfants, femmes, vierges, servantes, car je les ai voués à la destruction (il s'agit de ce que les textes bibliques appellent le "herem") pour Ashtar-Kémosh." Si l'on en croit toujours l'inscription de la stèle de Dhiban, il aurait ensuite bâti la ville de Qarhoh (que certains auteurs identifient à la Qir-Hasoreth du texte biblique) avec ses remparts et sa forteresse, rebâti Beth-bamoth, construit une route dans la vallée de l'Arnon et agrandi son royaume par l'annexion de plusieurs villes (cent, assure-t-il dans cette autobiographie que représente le texte de la stèle).


Mitanni

Royaume constitué vers le XVIe s. sur le haut Khabur, en milieu hurrite, appelé Hanigalbat par les Assyriens et les Babyloniens, Naharina (fondé sur le mot sémitique signifiant "fleuve, rivière" : nhr) par les Egyptiens. Le terme biblique d'Aram-Naraïm, qui désigne une contrée vaguement localisée, paraît se référer à cette région; peut-être est-il emprunté à un ancien toponyme cananéen, car le Mitanni n'existait plus depuis longtemps lorsque les rédacteurs bibliques ont utilisé ce terme. Le nom de Mitanni apparaît pour la première fois dans une inscription égyptienne de Thoumosis Ier, datée des environs de -1515 (date à abaisser d'une vingtaine d'années selon la chronologie basse-égyptienne adoptée par certains égyptologues). Les origines de ce royaume restent obscures ; la population qui se trouve à sa base est hurrite, mais elle paraît étroitement liée à une population d'origine indo-aryenne, installée dans la région vers le milieu du XVIè s. L'onomastique des deux siècles suivants révèle leur présence dans tout le domaine hurrito-mitannien qui s'étend de Nuzi et Arrapha, dans le sud-est de l'Assyrie, à Alalah, dans le nord-ouest de la Syrie. D'abord, les noms de tous les rois du Mitanni trouvent leur étymologie dans des racines sanskrites, et il en va de même pour un grand nombre de noms de particuliers dans cette aire : le père Roger O'Callaghan a ainsi recensé plus de 80 noms expliqués par la langue védique . Ainsi, le roi Arta­rama renvoie au védique r(i)tàdhsma = de pur caractère (ou encore r(i)ta-dha-man = celui qui demeure dans la loi divine). Il est inutile de multiplier les exemples, mais il convient de signaler que nombreux sont les noms qui ont été expliqués différemment par plusieurs expressions sanskrites, selon les auteurs (Mironov, Dumont, Friedrich...). Outre l'onomastique, les dieux invoqués par les Mitanniens sont des divinités védiques Mitra, Uruwana (Varuna, dieu védique des Eaux et des Eléments), Indar (Indra, chef des devas, dieu de la Guerre), les Nassatiyana (Nasatyas, surnom des Ashvins, les deux frères jumeaux, nés de chevaux, protecteurs des travaux agricoles et des médecins connaisseurs des plantes médicinales); dans l'onomastique, on retrouve les noms sanskrits de Svar, le Ciel, Vayu, le Vent, Soma, la boisson sacrée, Deva, les dieux dans leur ensemble, R(i)ta, la loi divine qui correspond à l'ordre du monde. Enfin, les chiffres de 1 à 9 sont les mêmes qu'en sanskrit. Il convient de rappeler que c'est vers cette époque que les Indo-Européens porteurs de la culture védique s'installent dans la vallée de l'Indus et qu'ont été composés les hymnes constituant le Rigveda. Les Mitanniens disposent, comme les Hittites, d'une charrerie montées par des guerriers d'élite qui portent le nom de maryanna, dont la racine se trouve dans le védique marya ("jeune homme, héros", dans le sens de jeune guerrier). Pour le reste, la langue du Mitanni était le hurrite. Comme les Hittites à l'extrémité occidentale du Proche-Orient et les Aryas (Mèdes, Perses et Aryas védiques) au Moyen-Orient imposèrent leurs langues indo-européennes aux anciens peuples des régions occupées (comme le feront plus tard les Turcs dans une Asie Mineure où le grec était parlé depuis plus de mille ans, voire deux mille dans ses parties occidentales), il faut supposer que le groupe qui s'est installé dans le pays hurrite était suffisamment belliqueux pour imposer la création d'un État dirigé par des rois de sa nation, mais pas assez nombreux pour imposer sa langue et sa culture. Par ailleurs, les mélanges entre les deux ethnies se sont faits rapidement car on voit que dans une même famille on porte des noms Hourrites aussi bien qu'indo-aryens (en particulier à Nuzi). Dans la famille royale, les rois portent des noms aryens, mais leurs filles ou leurs soeurs ont des noms Hourrites : les soeurs de Tushratta (fils de shuttarna Il) et de son fils shattiwaza s'appellent Gilu­Hépa(t) [ou Kilughépa] et Tatu-Hépa(t) [ou Tadughépa] : elles épouseront toutes deux le roi d'Égypte Aménophis III. On a même pu supposer que Tatu-Hépa n'était autre que Néfertiti, la femme d'Akhenaton. Des deux premiers rois du Mitanni, on ne connaît que les noms, Kirta et shuttarna, son fils. Le troisième, Barratarna, est mentionné dans une tablette de Nuzi et l'inscription d'Idrimi, roi d'Alep à qui il imposa son hégémonie. Parsha(ta)tar et son fils shaush(t)atar sont connus par un sceau de Nuzi. Ce dernier soumit Alalah et le Kizzuwatna (Cilicie), qui était rattaché au domaine hittite. Son règne se situe dans la première moitié du XVè s. Il semble avoir mis à sac Assur, d'où il enleva une porte d'or et d'argent qu'il plaça dans le palais de sa capitale, Washshukanni. Il avait ainsi affaibli l'Assyrie et constitué un empire qui allait du Zagros et de Nuzi à la Méditerranée (Alalah et Kizzuwatna). Les Mitanniens ont sans doute eu affaire aux premiers pharaons conquérants de la XVIIIè dynastie, qui avaient porté leurs armes jusqu'à l'Euphtate ; mais le royaume mitannien n'était pas encore maître du nord de la Syrie; ce fut le cas lors des campagnes de Thoutmosis III au cours de la première moitié du XVè s. Il battit les armées du Mitanni à Alep et à Karkémish, mais ne poussa pas plus loin son avance, conduit par une sage prudence. Le pharaon multiplia les campagnes, reprenant le terrain que les Mitanniens avaient réoccupé après ses retraites, son adversaire se dérobant sans cesse. Entre-temps, Artatama, en Mitanni et Aménophis Il en Égypte ont succédé à leurs pères. Lassé sans doute par des campagnes vaines, le pharaon signa un traité avec Artatama, qui lui donna sa fille en mariage. shuttarna Il poursuivit la politique de son père en renouvelant l'alliance avec Aménophis III, à qui il donna sa fille en mariage. Artassumara succéda à son père, shuttarna, mais il fut peu après assassiné par un certain UD-hi qui aurait placé sut le trône le jeune frère d'Artassumara, Tushratta, sans doute dans l'espoir de le manipuler à son gré. Cependant, selon les déclarations du nouveau roi à son beau-frère égyptien, il punit le meurtrier, lui-même n'ayant pris aucune part au crime. Les détails de cette affaire nous sont inconnus, tout comme le degré de parenté d'Artatama, qui prétendit avoir plus de droits au trône que Tushratta et entra en guerre contre lui. La guerre civile qui sévit alors au Mitanni permit au roi des Hittites Suppiluliuma de consolider ses positions politiques du côté de la Syrie. Il passa même un traité avec Artatama Il, qui s'était déclaré "roi du Hurri". Afin de s'opposer à l'avance hittite en Syrie, laquelle se faisait au détriment du Mitanni, Tushratta songEa à renforcer encore l'alliance égyptienne en donnant sa propre fille en mariage à Aménophis III, déjà marié à la soeur du roi mitannien, sans grands résultats du côté de la politique syrienne. Lorsque shattiwazza succéda à son père Tushratta, assassiné peut-être par lui, il se heurta au successeur d'Artatama Il, shuttarna III, qui régnait à Washshukanni et qui avait passé un traité d'alliance avec un nouvel adversaire du clan de Tushratta, le roi d'Assyrie Assur-uballit Ier (-1363 - 1328). L'anarchie régnait au Mitanni, et shattiwaza dut se réfugier à la cour d'Hattusa. Avec l'aide militaire de Suppiluliuma, dont il avait épousé la fille, il réussit à récupérer la partie occidentale de l'ancien royaume mitannien. shattiwaza tout autant que shuttarna III disparurent on ne sait trop comment de la scène politique. Sur le trône du Mitanni se sont alors succédé trois rois : shattuara Ier, qui était peut-être le second fils d'Artatama Il, son fils Wasashatta et son petit-fils shattuara Il. Ils avaient affaire à un adversaire déterminé, contre lequel ils luttèrent désespérément, l'Assyrie. A la mort d'Assur-uballit, qui avait inauguré la politique de redressement de l'Assyrie, ses deux premiers successeurs, Enlil­nârâri et Arîk-den-ili, se sont désintéressés des affaires du Mitanni. C'est Adad-Nirâri Ier qui inaugura une politique de conquête à l'égard du Mitanni où régnait encore shattuara Ier. Ses successeurs Salmanazar Ier (-1273 - 1244) et Tukulti-Ninurta Ier (-1243 -1207) vont terminer de ruiner l'ancien royaume du Mitanni. Tukulti-Nînurta réduisit finalement le Hanigalbat en province de l'Assyrie.


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Moab

État constitué dans les montagnes situées à l'est de la mer Morte, au sud du royaume ammonite. Le nom de Moab apparaît pour la première fois dans une inscription de Ramsès Il à Luxor; datée du début du XIIIè s. Néanmoins, des villes du Moab semblent être mentionnés dans des textes égyptiens plus anciens. Ce ne sont cependant que des noms qui ne nous renseignent guère sur l'histoire du Moab. Les premiers textes de caractère réellement historique sont ceux de la Bible. Du roi Balak nous ne connaissons que le nom à l'époque des Juges (XIIè s. ?). David, qui descendait d'ailleurs d'une Moabite, à la fin du siècle suivant défit l'armée de Moab et annexa à son royaume la partie située au nord de l'Amon. Le seul roi indigène connu par un texte moabite est Mésha, qui établit un petit royaume stable après avoir vaincu les armées alliées des rois d'Edom, de Juda et d'Israël. Par les inscriptions assyriennes, nous savons que Moab devint vassal de l'Assyrie sous Tiglatphalazar IIIb (- 744 - 727). Le roi de Moab s'appelait alors Salamanu. Les Annales assyriennes nous font ensuite connaître deux autres rois, Sala­adbi, contemporain de Sennachérib (-704 -681), Musuri, vassal d'Assarhaddon, et Kamataltu, contemporain d'Assur-banipal. Alors que les Assyriens s'étaient contentés du paiement d'un tribut et laissaient ensuite toute liberté d'administration au roi vassal, de sorte que Kamashaltu fit une guerre aux Qédarites, les Babyloniens, avec Nabuchodonosor; annexèrent à leur empire le Moab, cinq ans après le sac de Jérusalem (-587), selon ce qu'assure Josèphe (Antiquités judaïques, 10, 9.7). Désormais le Moab ne fut plus qu'une province des grands empires qui se succédèrent en Orient : Perses, Grecs d'Égypte ou de Syrie, Romains, Byzantins. Le dieu national s'appelait Kamosh.


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Nabuchodonosor

Roi de Babylone (-605 - 562), deuxième du nom. Fils de Nabopalassar, fondateur de la dynastie dite chaldéenne, il se distingua avant même de monter sur le trône en remportant une victoire décisive sur l'armée égyptienne de Néchao Il sous les murs de Karkémish en - 605. Il était encore en campagne lorsqu'il apprit la mort de son père. Revenu à Babylone pour toucher la main de Marduk dans l'Esagil afin de recevoir du dieu le trône de Babylone, il en repartit bientôt pour diriger une campagne vers la Syrie. Entre - 601 et - 598, il ne cessera de guerroyer de la Syrie à l'Arabie pour chasser les Egyptiens de l'Asie et établir son autorité sur les rois vassaux. En - 597, il prend Jérusalem et place sur le trône de Juda, en tant que vassal, Sédécias, oncle du jeune roi vaincu Joiakîn, qui fut emmené à Babylone avec sa famille et les dignitaires de sa cour. Joiakîn étant traité en roi par son vainqueur, bien que captif, ses sujets qui l'accompagnaient continuèrent de dater les événements selon les années de règne de leur souverain, ignorant Sédécias. Ce fut, de la part de Nabuchodonozor, une grande habileté politique, car il divisait le monde juif en deux factions partisanes chacune de l'un des rois. Il se trouve que les nombreuses inscriptions laissées par le roi de Babylone concernent principalement son activité de bâtisseur qui fut considérable et incessante, au détriment de son action militaire et politique. Les sources essentielles quant à ses campagnes sans cesse renouvelées en Syrie et en Palestine résident dans les textes bibliques, de sorte que sa politique à l'égard du royaume de Juda prend une importance qu'elle n'avait certainement pas aux yeux ni des Babyloniens ni des autres royaumes de Syrie et de Phénicie. Ainsi, on ne peut douter que d'autres princes locaux n'aient été déportés et installés avec les leurs en Babylonie, mais on ne sait à peu près rien à leur propos. Car il est tout aussi évident que l'édit de Cyrus, qui permit aux populations déportées de rentrer dans leur pays d'origine, concernait non seulement les Juifs mais encore d'autres groupes ethniques non désignés; toutefois, il ne nous est pas parvenu de documents les évoquant. Pareillement, Si nous n'avons que peu d'éléments sur les révoltes des autres royaumes syro-phéniciens, les campagnes que Nabuchodonozor dut sans trêve conduire dans ces régions laissent supposer que celles-ci étaient en efferves­cence. Sédécias, homme faible, se laissa entraîner à participer à une coalition avec Ammon et la Phénicie, dirigée par les Égyptiens contre Babylone. La réaction fut immédiate: Nabuchodonozor repartit en campagne, vainquit les coalisés, mit le siège devant Tyr et prit Jérusalem, qui fut mise à sac ( - 586). Sédécias, capturé alors qu'il tentait de fuir, eut les yeux crevés et fut déporté avec une grande partie de la population de la capitale du royaume de Juda, qui fut intégré dans l'Empire néo-babylonien. Il restait cependant une partie de la population de Jérusalem et surtout les habitants des campagnes et des villages judéens. Parmi ceux-là, un groupe réussit à assassiner le gouverneur placé par les Babyloniens à la tête de la province et s'enfuit en Égypte. Il fallut encore une nouvelle déportation des irrédentistes, cinq ans plus tard, pour que le calme soit rétabli. La plupart des monuments de la Babylone néobabylonienne rendus au jour par les fouilles allemandes datent de l'époque de Nabuchodonozor qui, s'il ne les a pas construits, les a, pour le moins, restaurés. C'est à lui que sont dues les enceintes définitives, la construction de l'énorme bâtiment appelé "palais d'été" et surtout le palais sud, près de la porte d'Ishtar où il fit construire les célèbres jardins suspendus pour, a-t-on assuré, son épouse mède Amytis. Il mourut en - 562, laissant à son fils et successeur Awêl-Marduk ( - 561 - 560) un empire prospère et stable, qui s'étendait de la chaîne du Zagros à la Méditerranée, et à la postérité une ville couverte de monuments somptueux, qui est restée dans les mémoires comme le prototype des cités magnifiques et légendaires.


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Nabû

Dieu babylonien de l'écriture et de la sagesse. C'était, à l'origine, un dieu d'origine ouest­sémitique dont le nom apparaît dans les tablettes d'Ebla. L'étymologie de son nom est discutée ; on l'a fait dériver de "nb' ", "annoncer" : il serait "celui qui annonce", mais Dhorme lui préfère "celui qui brille" (ne /abu), en se fondant sur le fait qu'il est identifié à la planète Mercure . Il a été introduit en Babylonie au début du IIè mill. avec la migration des Amorrites. Peut-être était-il déjà en connexion avec Marduk; toujours est-il que, devenu la divinité tutélaire de Borsippa, il fut regardé comme le fils de Marduk et de Sarpanit. L'Ézida (= "Maison stable"), nom de son temple à Borsippa, devint l'appellation de ses temples dans d'autres cités comme Kalhû. Car il fut adopté par les Assyriens comme dieu national. Salmanazar Ier ( - 1273 - 1244) fut le premier roi d'Assyrie à introduire son culte à Assur, puis on lui consacra des temples à Ninive, Kalhû et Khorsabad.htm">Khorsabad (Dur-sharrukin). On lui donna pour épouse la déesse Tashmétum et, plus tardivement, Nisaba, sans doute à cause de sa fonction de dieu des Scribes et de l'Écriture. Il jouait un rôle important lors des fêtes de l'Akitu,où il quittait son sanctuaire de Borsippa pour aller visiter son père, Marduk, à Babylone. Il était aussi l'un des maîtres des tablettes des destinées : "Fameux, insigne, fils d'Asari qui as nommé tout ce qui a un nom, [qui écou]tes la prière, aux traits brillants, le conseiller de ses pères, Dragon irrésistible, [fils héri]tier de Nudimmud, ornement des Igigu, doué de [savoir-fai]re, dé[ten]teur de tout entendement, les entassements d'un édifice et de [son] soubassement sont stables [en t]a [main]. Tu fixes un destin favorable, Nabû miséricordieux» . Le dragon était son animal symbolique.


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namburbi

(namburbû) : Terme babylonien d'origine sumérienne (NAM-BÙR-BI) désignant un rituel de caractère apotropaïque, destiné à éloigner un démon. La plupart des tablettes où s'inscrivent les textes de ce type proviennent des archives de Ninive et d'Assur et datent du 1er mill. Les namburbi complètent, dans une certaine mesure, les omens et les incantations dont ils représentent l'aspect pratique, les gestes à faire, les actions à exécuter, les sacrifices à offrir, pour rendre efficaces les incantations de caractère apotropaïque. Le rite doit s'accomplir dans le lieu où s'est manifesté le présage, champ, maison, porte... Le lieu doit être sacralisé, séparé du monde profane par l'érection d'un enclos, d'une hutte en roseaux, et l'on y dresse un étendard. Sur un autel de fortune, qui peut simplement consister en un plateau dressé sur un support , seront déposées les offrandes. Mais, auparavant, le praticien devra procéder aux purifications du lieu avec de l'eau, de l'encens et une torche, ainsi que de l'impétrant, qui doit se laver, se raser et mettre un habit propre. Après les offrandes consistant en nourriture (pain, bière, gâteaux, rarement de la viande) et en aromates et bois aromatiques (genièvre, cèdre, myrrhe, brûlés dans un encensoir) commencent les rites. Le premier d'entre eux est la destruction du mauvais présage. Il peut s'agir aussi bien d'un champignon apparu sur un mur que d'un insecte comme le scorpion. Lorsque l'objet ou le phénomène sujet de l'omen est inaccessible, on détruit un substitut d'une nature identique, lequel peut simplement être une image peinte ou modelée en argile. Lorsque le sujet représente une richesse économique, comme une maison ou un animal, on casse une petite partie de la maison (une brique, par ex.) ou l'on brûle quelques poils de l'animal. Le patient dont on a détourné l'entité qui le menaçait doit ensuite s'astreindre à observer un certain nombre de prescriptions, comme de suivre, pour rentrer chez lui, un autre chemin, que celui qu'il avait emprunté en se rendant sur le lieu où s'est effectué le rituel. Le rite était accompagné de prières et de sommations faites au démon agresseur.


Ninive

L'une des quatre grandes cités de l'Assyrie, avec Arbèles, Assur et Kalah retrouvée sous les tells de Kuyundjik et Nabi Yunus, Ninua de son nom assyrien. Le site de Ninive, sur la rive gauche du Tigre, face à Mossoul, a été occupé dès le VIIème milIénaire. La cité acquiert une certaine importance au IIIème millénaire, époque où est attestée sa divinité principale, Ishtar. Elle est intégrée dans l'Empire akkadien, et Manishtusu, vers -2260, y reconstruit le temple de la déesse (l'é.mash.mash) ; quatre siècles et demi plus tard, shamsi-Adad le relève une fois encore de ses ruines , ainsi que sa ziggurat (l'é.ki.tus.kù.ga). Ninive n'en est pas pour autant une capitale, ce rôle administratif étant assumé par Assur. Un moment intégrée dans le royaume du Mitanni, elle commence à être prise en considération par les rois Assyriens avec Assur-uballit Ier ( -1363 - 1328). Salmanazar Ier (-1273 -1244) s'y fait construire un palais, et lui-même et ses successeurs l'embellissent de nombreux monuments. Ce n'est, cependant, qu'à l'époque néoassyrienne que Sennachérib abandonne Dur-sharrukin, la capitale fondée par son père Sargon, pour s'installer à Ninive et en faire la capitale de l'empire (vers - 700). La ville s'étend alors sur 750 ha et elle est enfermée dans une double enceinte de 12 km, avec une hauteur pouvant atteindre 25 m, couronnée de créneaux, et dans laquelle étaient aménagées 15 portes. La plus belle était la porte de Nergal. Des avenues sont percées, un palais est bâti, un pont est jeté sur le Tigre. Tout un système de canaux et d'aqueducs est organisé pour apporter l'eau en abondance dans la ville et irriguer les nombreux jardins. Les successeurs de ce grand roi bâtisseur, Assarhaddon et Assur-banipal, poursuivront ces travaux d'urbanisation, à un moindre rythme sans doute, mais ils achevèrent de faire de Ninîve la plus belle des villes de l'Orient, plus qu'Assur, plus que Babylone, qui n'avait pas encore connu la couverture monumentale due à Nabuchodonosor. Les palais et les riches demeures se multiplièrent, ainsi que les parcs et les réserves d'animaux, grâce aux richesses qui affluaient dans une ville, capitale d'un vaste empire, qui recevait les tributs de nombreux rois vassaux. Le palais d'Assur-banipal fut orné d'un ensemble unique de bas-reliefs; les portes de la ville et des palais étaient gardées par des taureaux ailés androcéphales colossaux; enfin, le roi y fit installer la première grande bibliothèque, où furent conservées les grandes oeuvres léguées par les vieux Sumériens, les Akkadiens et les Babyloniens. Malgré ses prodigieuses fortifications, la ville fut prise en - 612 par les forces unies des Mèdes et des Babyloniens, et elle fut incendiée, totalement détruite et abandonnée.


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Ninurta

Dieu sumérien. Son nom est écrit par le sumérogramme dMAS (par ex. dans les inscriptions d'Assur­nasirpal II à Kalhû) ou NIN.URTA (de sorte qu'il était lu Urta). Son nom signifie «seigneur terre (cultivable) », ce qui marque son archaîque fonction de dieu de l'Agriculture, qu'il unit à celle de dieu guerrier. Sans doute originaire de Nippur, il a été associé à Enlil en tant que son fils et il avait son culte dans le grand temple de son père, l'Ékur. Il y disposait néanmoins d'un sanctuaire personnel, l'é.su.me.sa4, mentionné dès le DA. On lui donnait pour parèdre la déesse Gula ou encore Baba (Bau). Cette dernière était l'épouse de Ningirsu, dieu de Lagash àqui il a été très tôt identifié. Son aspect de divinité agraire est marqué en particulier dans les "Géorgiques" sumériennes appelées "Almanach du fermier" (autrement nommées "Instructions de Ninurta", instructions dispensées aux paysans pour les travaux annuels concernant la culture de l'avoine. Ninurta y est appelé "le fermier d'Enlil" et une prière sous forme de balbale déclare "Tu remplis le canal lors de la crue du printemps, dans les champs, tu fais croître les diverses sortes de grains, tu remplis les étangs de carpes et de tanches, [...] dans la steppe tu fais pousser les tamaris, dans les vergers et les jardins tu fais couler le miel et le vin, dans le palais du roi tu fais durablement prospérer la vie!". A cet aspect de dieu bienfaiteur s'unit celui de guerrier, de "héros" (ur-sag) des dieux. Cet aspect apparaît avec une grande vigueur dans plusieurs poèmes dont il est le héros : "Ninurta et les pierres" (voir lugal.e), le mythe d'Anzû, et le poème intitulé d'après son incipit, An-gim dim-ma. Cet aspect guerrier a séduit les Assyriens, qui l'ont intégré dans leur panthéon. Dans sa cité de Kalhû, Assurnasirpal II lui fit bâtir un temple. Les Babyloniens lui avaient aussi consacré un temple que rebâtit Nabopolassar, l'é.hur.sag~.ti(l).la = Maison qui extermine les montagnes, référence à ses exploits dans l'épopée de "Ninurta et les pierres". Un hymne non daté, mais remontant au plus tôt à l'époque babylonienne, marque une tendance vers un syncrétisme monothéisant dans lequel le dieu guerrier est exalté au détriment de l'assemblée des dieux, chacun des dieux du panthéon devenant un organe ou une partie du corps de Ninurta : "son visage est le soleil, ses yeux sont Enlil et Ninlil, les pupilles de ses yeux les déesses Gula et Bêlet-ili, leurs iris Sîn et Shamash, la forme de sa bouche est Ishtar céleste, ses lèvres et sa parole sont Anu et Antu, sa langue est Pabilsag". "Le Retour de Ninurta à Nippur" : Selon son incipit, le poème était appelé "An-gim dim-ma" (= "Créé comme An"). Ce poème sumérien de 209 vers a été traduit en akkadien et a servi pendant des siècles comme modèle d'école. Il commence par quelques vers le glorifiant, puis il rappelle ses exploits narrés dans Lugal.e. Après ses victoires, il monte sur son char (décrit en détail) et rentre à Nippur. Nusku, le page d'Enlil, vient à sa rencontre pour le conduire à l'Ekur, le temple d'Enlil, où il dépose son butin : bovins, dépouilles des villes mises à sac. Le dieu se livre ensuite à sa propre exaltation (pendant 40 doubles vers), puis il se fait confirmer sa prépondérance par son père, Enlil. Ainsi Ninurta partage-t-il le temple avec son père, conclusion justifiée par l'ensemble du poème :« C'est ainsi que le Preux au mérite éclatant, Ninurta fils d'Enlil, a installé sa grandeur dans le sanctuaire d'Enlil " . "Ninurta et la tortue" ou "la Tentation et la Punition de Ninurta victorieux" (Bottéro). Il s'agit d'un fragment de texte trouvé dans les fouilles d'Ur. Dans l'orgueil de sa victoire, Ninurta avait manifesté son ambition de prendre la place d'Enki à la tête des dieux. Ce dernier, pour le punir et lui manifester sa puissance, modèle une tortue à laquelle il donne vie. L'animal saisit Ninurta par la cheville lorsqu'il vient à la porte du sanctuaire d'Enki et, creusant une fosse, il y rejette de la terre pour l'ensevelir. Enki fait alors ressortir aux yeux de Ninurta ses prétentions et sa faiblesse, et déclare qu'il a voulu l'humilier pour lui montrer qui était vraiment le maître.


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Nippur

Ville du Sumer. L'appellation moderne arabe de ses ruines a conservé le nom antique de la ville sous la forme de Niffar (ou Nuffar), à 150 km au sud-est de Bagdad. Pour les Sumériens, c'était l'une de leurs plus anciennes cités : les fouilles ont confirmé cette vue, l'occupation du site remontant au VIème millénaire. (2ème phase de l'obeïdien, période d'Hajji Mohammed). Nippur n'a pas compté parmi les cités royales mentionnées dans la LRS, mais elle était auréolée du prestige d'une cité sainte, la ville du grand dieu Enlil. Les premiers vers du mythe d'Enlil et Ninlil nous ont conservé une description de la ville à l'époque du DA, dans toute sa magnificence «Voici la ville, la ville où nous demeurons! La ville de Nippur, où nous demeurons, la ville emmantelée de palmiers où nous demeurons ! Voici la limpide voie d'eau, le "canal des Dames" (?) voici le quai, le "dock au Vin" voici son embarcadère, le "quai d'Accostage" (?) voici son trou d'eau douce, le "puits melliflu" voici son terrain de culture, «Partout cinquante-sar". C'est là qu'Enlil s'unit à Ninlil dans son temple, l'é.kur (Maison montagne). L'enceinte sacrée renfermait plusieurs temples et chapelles dominés par une grande ziggurat construite par Ur­nammu. A. R. Ceorge (1993) a recensé environ 120 temples, chapelles et parties de temples consacrés en majorité à Enlil, enfermés dans l'enceinte de la ville, laquelle couvrait, à la fin du IIIè milllénaire., près de 150 ha. La ville avait un port hors des remparts, en communication avec l'Euphrate, et elle était traversée par un canal - le "Canal aux eaux pures", où était allée se baigner Ninlil - qui la divisait en deux quartiers. Dans la partie nord-est était construite l'enceinte sacrée, entourée par les bâtiments administratifs, les greniers, les écoles. Car il semble que la ville, d'où l'on a retiré environ 50 000 tablettes, était une pépinière de scribes. Parmi les temples, l'un des plus remarquables était celui d'Inanna, reconstruit sur 22 niveaux, le plus ancien remontant à l'époque dite d'Uruk moyen, le plus récent datant de l'occupation parthe, au début de notre ère. Une crise économique (?) a eu pour conséquence un abandon de la ville, peut-être seulement partiel, à partir de -1720, qui va durer quelques siècles avant que les Kassites, au XIVè s., ne lui rendent tout son lustre et son activité. De cette époque date un palais attesté dans le tell ouest. Cette renaissance dure un siècle. Puis, vers le milieu du siècle suivant, peut-être à la suite du raid élamite de -1224, la ville retombe dans sa torpeur et le palais kassite est abandonné. Cependant, une activité se poursuit autour de l'Ékur. La ville retrouvera une nouvelle vie sous l'impulsion d'Assur-banipal, et elle continuera de prospérer sous les Néo-Babyloniens et les Perses, où elle sera l'un des grands centres d'échange et de banque, avec, notamment, l'activité de la famille des Murashu.


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Phéniciens

Population de langue sémitique établie sur les côtes de la Méditerranée orientale. Le nom de Phénicie a été donné par les Grecs au 1er millénaire, en particulier aux habitants de Tyr et de Sidon, lesquels se disaient cananéens. Aussi, par une excessive rigueur scientifique, s'abstient-on de donner le nom de Phéniciens aux ancêtres directs de cette population, lesquels vivaient à l'époque du bronze, soit avant -1200 / -1000. Les Phéniciens appartiennent au groupe ethnique des Cananéens , mais, installés dans une étroite bande territoriale entre le mont Liban et la Méditerranée, ils se sont naturellement trouvé une vocation de marins et de marchands. Byblos excepté, les villes protophéniciennes de l'âge du bronze restent très mal connues, dans la mesure où l'intégration d'Ugarit dans le groupe cananéen reste discutable, bien que ce soit plus une question de nuances dialectales que de différences réellement fondamentales dans le langage. Les Phéniciens n'acquièrent une véritable maîtrise de la mer qu'au tout début de l'âge du fer, après la chute des grandes thalassocraties qu'établirent les Minoens, les Mycéniens et les Chypriotes. C'est aux alentours de -1200 que les Tyriens se lancent dans l'exploration des côtes méridionales de la Méditerranée et de ses îles : Chypre, depuis longtemps en étroites relations avec les cités maritimes du Proche-Orient, mais où les Phéniciens installent à leur tour des comptoirs, Malte, la Sicile, le sud de la Sardaigne, les îles Baléares. Les Sidoniens, de leur côté, avaient acquis auprès des Grecs une réputation de pirates, si l'on en juge par l'Odyssée, et il est bien possible qu'ils se soient réservé les relations plus ou moins pacifiques et commerciales avec les îles de la mer Egée et les rivages grecs. Byblos, Arwad, Beryte (Beirout), Sarafand (la Sarapta de l'époque grecque) ont participé dans une moindre mesure à ces expéditions de caractère commercial (les flottes phéniciennes allaient surtout se ravitailler en cuivre et en étain, en or et en argent) qui vont apporter l'opulence à des cités qui n'avaient guère d'arrière-pays pour y développer une agriculture suffisante à la survie de leurs habitants. Ces villes avaient chacune leur roi et sont restées indépendantes pendant plusieurs siècles avant de devenir les tributaires des Assyriens, des Babyloniens et surtout des Perses. Les inscriptions phéniciennes, unies aux sources égyptiennes, assyriennes, bibliques et grecques, ont permis de restituer des listes dynastiques plus ou moins complètes pour Byblos, Sidon et Tyr, entre -1050 et -340 pour Byblos, avec ZakarBaal et 'Ayyin'el, entre -1000 et -350 pour Tyr, avec 'AdiBaal et 'Ozimilk, entre -880 et -343 pour Sidon, avec 'ItoBaal Ier et Straton Il. À partir du règne d'Assurnasirpal II dans le deuxième quart du IXè s., les Phéniciens, notamment, sont visés par les campagnes miliaires des Assyriens. Ils paient un premier tribut à Assurnasirpal, consistant en or, argent, étain, cuivre, vêtements de lin, ébène, ivoire, grands et petits singes . Les Assyriens, à la suite des campagnes de ce dernier roi, ayant pris la mesure de la faiblesse des princes syriens et phéniciens, ne cesseront plus de conduire des campagnes dans ces régions d'où ils rapportent chaque fois un riche butin. A la suite d'un traité passé entre le roi de Tyr, Baal, et Assarhaddon (vers - 680), les Assyriens installent un résident permanent dans le port de Tyr pour surveiller le trafic maritime et prélever des taxes à leur profit . Cette capitulation de Tyr était le résultat des campagnes de Sennachérib, qui avait défait les armées phéniciennes, détruit Sidon et bloqué Tyr par un siège en règle. La chute de l'Assyrie, en -612, ménagEa un court répit aux villes de Syrie et de Phénicie, mais, moins de deux décennies plus tard, Nabuchodonosor imposait sa domination et plaçait à son tour des agents dans les cités tributaires de Syrie et de Phénicie pour percevoir le tribut. Intégrée dans l'Empire achéménide, la Phénicie, quoique conservant encore des rois tributaires, fit partie de la cinquième satrapie, dont la capitale fut établie à Sidon. Englobée ensuite dans l'Empire d'Alexandre, la Phénicie perdit définitivement son indépendance. Marins habiles et aventureux, les Phéniciens se sont aussi révélés d'excellents artisans. On leur doit l'invention du verre soufflé, en particulier, et ils ont produit une belle orfèvrerie, marquée par les influences égyptiennes et syriennes. L'industrie de la pourpre, à partir du murex, leur a permis de pratiquer un monopole du commerce des tissus teints avec cette technique. Ce sont sans doute les nécessités du commerce, qui constituait leurs ressources économiques essentielles, qui les ont conduits à l'invention de l'alphabet et qui ont permis à leur langue de se répandre aussi bien dans les pays riverains de la Méditerranée orientale que dans les lointaines terres du monde occidental, où ils ont fondé leurs comptoirs. Des inscriptions retrouvées en Anatolie orientale, à Karatépé, à Zincirli et sur le Djebel Ires Dagh laissent supposer que le phénicien s'était imposé dans cette région comme langue internationale entre le IXè et le VIlè s. Le phénicien fait partie du groupe des langues sémitiques du Nord-Ouest, avec l'hébreu, dont il est très proche, et le moabite (voir Moab). En se fondant sur l'évolution de la langue des quelques inscriptions dont on dispose, les linguistes ont divisé les périodes de la langue en: phénicien ancien, avec des inscriptions comme celle d'Ahiram (de -1100 -1000 à 800); phénicien moyen ( - 800 - 500), qui inclut l'inscription de la tombe d'Eshmunazor; phénicien récent ou tardif, du Vè s. au début de notre ère; punique (phénicien dialectal de Carthage), du Vè s. (Carthage a été fondée selon la tradition à la fin du IXè s. mais les premières inscriptions sont bien plus tardives) à 146, date de la destruction de Carthage par Scipion Emilien ; et néopunique, de 146 au VIe s. de notre ère.


Sargon II

Roi d'Assyrie(- 721 -705). . Il était fils de Tiglatphalazar III (- 744 - 727) et frère, ou demi-frère, de Salmanazar V (-726 - 722). Après ce qu'on a pu appeler une éclipse depuis le règne d'Adad-nîrâri III, Tiglatphalazar III avait renoué avec une politique d'expansion qui avait rendu à l'Assyrie une partie de la puissance qu'elle avait acquise, en particulier sous le règne d'Assurnasirpal II. Sargon hérita de cet état de fait et il consolida ces conquêtes en les étendant, s'imposant comme le nouveau fondateur de l'Empire assyrien. On ne sait que peu de chose de son prédécesseur, Salmanazar V qui ne régna que peu de temps. C'est cependant lui qui mit le siège devant Samarie, capitale du royaume d'Israèl, dont la gloire de la chute revint finalement à Sargon. On ne sait réellement ni comment est mort Salmanazar ni comment Sargon a pris le pouvoir. Il est possible que ce soit à la suite d'un coup de force lors de la mort de son frère, peut-être victime d'un attentat. C'est cette usurpation du trône qui aurait été en partie la cause des troubles internes qui secouèrent les débuts de son règne, troubles dont profitèrent, le roi de Hamat Ilu-bi'di, àl'ouest, pour constituer, sous l'égide des Égyptiens, une coalition contre l'Assyrie, et, au sud, Mérodoch-Baladan pour se faire couronner à Babylone. A l'intérieur du royaume, les habitants s'étant révoltés, Sargon Il dut composer avec eux et les libérer par décret des taxes et corvées auxquelles les avait astreints Salmanazar V selon ce qu'a assuré le roi. Sargon Il réagit avec cette énergie et cette promptitude qui caractérisent les grands souverains Assyriens. Il vainquit le roi de Hamat, déporta les familles de Samarie, laquelle fut repeuplée par des Arabes (?) et des Mésopotamiens, rétablit l'ordre à l'intérieur du royaume. Ses annales révèlent que chaque année au cours des treize premières années de son règne de 16 ans, il dirigEa des campagnes militaires : an 1, campagne contre Israèl et raid en Babylonie (où il a essuyé un échec) ; an 2, contre Hamat et les Syriens révoltés ; an 3, contre les Manéens, dont il dévaste, détruit, brûle les villes ; an 4, contre Kiakki, roi de shinuhtu an 5 contre Karkémish; an 6 première campagne contre l'Urartu ; an 7, deuxième campagne contre le roi Rusa d'Urartu ; an 8, troisième campagne contre l'Urartu (cette huitième campagne est connue dans les détails par une longue lettre sur une tablette du Louvre, datée de -714; an 9, contre les Mèdes et les gens des montagnes du haut Euphrate; an 10, contre Tarhunazi de Melid; an 11, contre les rebelles dans le Gurgum et à Ashdod; an 12, contre Marduk-apal-îddina (Mérodoch-baladan) à Babylone; an 13, campagne pour soumettre les tribus araméennes installées en Babylonie, au cours de laquelle il reprend la ville abandonnée par son souverain, qui se réfugie dans les marais du Bit Yakin (voir Chaldée) ; Babylone reconquise, il s'y fait couronner (il touche la main de Bêl-Marduk) pour rétablir la double monarchie d'Assur et de Babylone à son profit. Ces campagnes sans cesse renouvelées, qui vont établir un puissant empire, n'empêchent pas Sargon d'avoir une activité de bâtisseur. Il abandonna les anciennes capitales pour se faire édifier une grande ville fortifiée qui prit son nom : Dur-sharrukin. L'énormité de cette ville construite en une dizaine d'années révèle la puissance économique du souverain qui en a été l'instigateur. Les archives assyriennes ont rendu environ 1 300 lettres de la chancellerie royale envoyées ou reçues de toutes les provinces de l'empire, qui nous font connaître de nombreux détails de la politique royale. La dernière campagne que Sargon conduisit en -705 contre Tabal lui fut fatale. La Chonique éponymique relate l'événement d'une manière laconique : "Pendant l'éponymie de Naskhur-Bêl, gouverneur d'Amédi, le roi [marcha sur Tabal (?)] face à Gurfi, le Kulumméen, [...]le roi fut tué; le camp du roi d'Assyrie fut pris [...] Au mois d'Ab, le 12e jour, Sennachérib [s'assit] sur [le trône]"


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Sargonides

On donne parfois ce nom à la dynastie des rois d'Assyrie descendant de Sargon II : Sennachérîb, Assarhaddon, Assur-banipal.


Sennachérib

Roi d'Assyrie (- 704 -681), de son nom assyrien Sîn-ahhê-erîba = "Sîn a compensé les frères (morts)". Si l'on en juge à son nom, il eut plusieurs frères aînés morts en bas âge. Il fut élevé comme un prince héritier et reçut dans sa jeunesse des charges administratives. Dès que son père, Sargon Il, fut tué, lors de sa malheureuse campagne contre Tubal, il monta sur le trône et, aussitôt, dut fait face à des révoltes, comme ce fut si souvent le cas lors des successions royales en Assyrie. Sous l'impulsion des Egyptiens, les rois de Sidon, d'Ascalon et de Juda se liguèrent contre les Assyriens tandis que dans le Sud, Mérodach-Baladan, qui s'était enfui vers l'Élam devant l'avance de Sargon, revenait s'installer à Babylone. Aussitôt (campagne de la 1re année de règne), Sennachérib marcha contre Babylone, reprit la ville tandis que Mérodach-Baladan s'enfuyait vers les marais, et installa un gouverneur d'origine babylonienne, Bêl-ibni. Croyant avoir pacifié le Sud, l'année suivante il fît une longue campagne dans les régions à l'est du Tigre pour soumettre les tribus révoltées. La troisième campagne fut consacrée à l'Ouest. Son tartan (turtânu = général) vainquit le roi de Sidon, qui s'enfuit à Chypre, mit le siège devant Lakish, qui fut bientôt enlevée. Après de nombreuses palabres sous les murs de Jérusalem, rapportées par le livre biblique des Rois (Il Rois 18 :13-19 :34, et Il Chron 32 :1), le roi de Juda Ezéchias livra un énorme tribut mais sauva ainsi sa ville. Cinq campagnes furent ensuite conduites contre l'Elam et les régions du sud du Tigre, où l'état de révolte était permanent. L'armée assyrienne pourchassa les rebelles dans les marais, mit au pillage les villes de l'Élam. En -691, les Assyriens subirent vîsiblement un revers lors d'une bataille contre les Elamites à Hallulê et, Babylone s'étant encore une fois révolté, en -689 Sennachérib fit ce que ses prédécesseurs sur le trône d'Assur n' avaient jamais osé faire par respect d'une cité aussi vénérable, il détruisit la ville. La rébellion ayant été temporairement matée dans cette partie de l'empire, le roi fit une incursion chez les Arabes pour y prélever des dromadaires et marcha contre l'Egypte. Mais l'armée assyrienne fut arrêtée à Péluse, à la porte du delta, par une épidémie, sans doute de peste, provoquée par une invasion de rats. "Au mois de Tebet, le 20e jour (janvier), au cours d'une insurrection, le fils de Sennachérib, roi d'Assyrie, tua son père. Sennachérîb régna [24] ans sur l'Assyrie. En Assyrie, l'insurrection dura du mois de Tebet, le 20e jour, au mois d'Addar (février), le 2» jour. Au mois d'Addar, le [2]8eme» jour (mars), Assarhaddon, son fils, s'assit sur le trône d'Assyrie " . Comme Sargon avait construit Dur­sharrukin pour en faire sa capitale, Sennachérib abandonna cette dernière pour s'installer à Ninive, dont il est, en quelque sorte, le nouveau fondateur. Il y entreprit des travaux gigantesques qui feront de cette ville l'un des joyaux du monde oriental. Le roi s'est fait représenter dans un grand relief sculpté dans le roc dominant le Gommel . Dans cette même région, au nord de Ninive, à Bavian et à Maltai, il a laissé des reliefs rupestres dont, à Maltai, un défilé des grands dieux debout sur leurs animaux symboliques . Dans le palais de Ninive se trouvait la série des reliefs du siège de Lakish (au BM), dans lesquels il s'est fait représenter assis sur un haut trône, sur une colline où les vaincus viennent lui rendre hommage .


shamshi-Adad

(nom aussi transcrit Samsi-Addu). Cinq rois Assyriens ont porté ce nom. Le seul qui ait eu une action importante est le premier du nom. shamshi-Adad 1er ( - 1807 - 1776) était fils d'un obscur prince d'un clan benjaminite, Ilâ-Kabkabû (ou Igur-Kabkabu sur une brique d'Assur). Il résida un moment à Babylone, nous apprend la Liste royale assyrienne, au temps de Naram-Sin (il s'agit du roi d'Assyrîe). On ne sait précisément comment il s'empara de la forteresse d'Ekallâtum, qui commandait une région à l'est du Tigre. Il y conforta sa puissance pendant trois ans, puis il marcha sur Assur et s'empara du trône d'Erishum. Cependant, il établit le centre de son administration à shubat-Enlil (Tell Leilan), mieux placée pour surveiller le haut Euphrate, qu'il venait de soumettre. Maître de Mari, il y établit comme gouverneur son fils Iasmakh-Addu tandis que son autre fils, destiné à lui succéder, Ishme-Dagan, installé à Ékallâtum, reçut le gouvernement des provinces orientales. Il fut le premier roi assyrien à se parer des titres (repris au roi d'Ur III Amar-suen) de "roi de l'univers" (shar kishshati = "roi de la totalité [du pays]") et de "roi puissant" (sharru dannu). Vers l'est, l'empire qu'il s'était ainsi créé s'étendait jusqu'aux montagnes du Kurdistan et au Zagros, comme en témoignent les tablettes trouvées à shemshara, et, à l'ouest, il contrôlait les routes conduisant en Cappadoce, où les marchands Assyriens purent reprendre leurs tractations commerciales. Les archives royales de Marinous ont rendu toute une correspondance entre Iasmakh-Addu, son frère, son père et divers personnages, souvent royaux, tels Hammurabi, le roi de Qatna ou celui de Karkémish. Elles sont riches en détails qui éclairent la vie et les relations humaines à cette époque et témoignent de relations fraternelles, telle cette lettre d'Aplakhanda, roi de Karkémish, qui commence ainsi : "A Iasmakh-Addu dis ceci ainsi (parle) Aplakhanda, ton frère. Par ce courrier, je t'envoie de l'excellent vin; bois[-en]. Je t'envoie en même temps des vivres de Karkémish - manges-en - [...] en même temps un bracelet de fer (?) [...] en même temps un pagne et [...] un vêtement SAGADU [...] En outre, au sujet de n'importe quelle chose, écris-moi régulièrement" . Dans cette même lettre, il apparaît qu'Aplakhanda est réellement le frère d'Iasmakh-Addu, car il appelle shamshi­Adad «mon père : Samshi (shi)-(il)Addu a-bi-a. Son fils et successeur Ishme-Dagan (-1776 - 1742) tint en main la situation de l'empire pendant tout son règne, mais à sa mort succéda une ère d'anarchie qui fit perdre à l'Assyrie tout ce que son premier grand roi conquérant lui avait acquis.


shulgi

Roi d'Ur (-2094 - 2047), fils et successeur d'Ur-Nammu. Son nom signifie en sum. : "noble jouvenceau". S'il revient à son père d'avoir fondé la IIIe dynastie d'Ur et bien que celui-ci ait pris le titre de roi de Sumer et d'Akkad, c'est shulgi le véritable fondateur de l'empire d'Ur et l'organisateur de l'État. Ce n'est qu'a partir de la 24e année de son règne que shulgi entreprit des campagnes militaires qui portèrent son empire à son apogée: onze campagnes dans le nord, vers Arbèles, et les régions occupées par les barbares Lulubi, lui assurèrent la domination de cette région dont le gouvernement fut installé à Simurrum et qui fut protégée par un mur (bad mada), par une politique dosée de mariages dynastiques et de guerres, il ajouta à l'empire l'Anshan (qui devint un État vassal) du côté de l'Iran, où il pacifia les montagnards de la région, avec lesquels il constitua un corps de troupe. Mais ce qui marque surtout le règne de shulgi, ce sont les réformes qu'il réalisa et l'organisation administrative et économique de l'Etat. Piotr Steinkeller (1987/1991,16-17) a résumé ses principales réalisations : création d'une armée permanente réorganisation des biens et de la gestion du temple (d'Enlil et de Ninlil) création d'un système administratif unifié pour tout le royaume, introduction d'une nouvelle formule de taxation (hala) avec l'installation de centres de redistribution des biens (comme Drehem) création d'un énorme dispositif bureaucratique concernant plus particulièrement les écoles de scribes, où étaient formés les futurs fonctionnaires et l'instruction qui leur était dispensée réforme du système d'écriture adaptation de nouvelles manières d'enregistrer et d'archiver les tablettes, réorganisation du système des poids et mesures, introduction d'un nouveau calendrier officialisé dans tout l'empire. Le hala (= rotation) était un impôt touchant les plus riches citoyens : afin de faire circuler les biens, au lieu de payer chacun son impôt à une époque déterminée, par le système du hala les imposables se relayaient pour que l'impôt soit payé tout au long de l'année, en général sous la forme de gros et de petit bétail. Il convient d'ajouter à cela la création de ce qu'on a pu appeler un "complexe industriel" spécialisé dans la production d'articles manufacturés, dépendant du gouvernement central. Une telle centralisation accompagnée d'un contrôle de l'État si étroit est un phénomène unique dans l'histoire économique du POA. A l'instar de Naram-Sîn, shulgi s'est fait déifier, comme pour donner une assise divine à son pouvoir. Son nom apparaît écrit avec le déterminatif divin dans une inscription datée de l'an 21 de son règne. Parmi les hymnes qui lui ont été consacrés, l'un d'entre eux, intitulé le "Roi de la route", marque cette filiation divine "Moi, le roi, un héros (sorti) du ventre de sa mère, je suis, Moi, shulgi, homme puissant dès sa naissance, je suis, un lion au regard féroce né du dragon (usumgal) je suis, Roi des Quatre Régions je suis, pâtre, berger des Têtes noires (= "Sumériens") je suis, Le Fidèle, le dieu de tous les pays je suis, Le fils né de Ninsun je suis, L'appelé du coeur du saint An je suis, Le Béni par Enlil je suis, shulgi, l'aimé de Ninlil je suis, Le Loyal nourri par Nintu, je suis, doué de sagesse par Enki je suis, le roi puissant de Nanna je suis, la gueule ouverte du lion d'Utu je suis, shulgi choisi pour la matrice d'Inanna je suis, Âne princier tout équipé pour la route je suis, Cheval qui balance la queue sur la grande route je suis, Noble âne de Sumugan (c.à.d. shakan dieu des Animaux de la steppe) ardant à la course je suis, Sage Scribe de Nidaba je suis" . On connaît mal la famille du roi. Une inscription nous a livré le nom de sa femme, Geme-Su'ena (inscription d'un sceau: "Ô Geme-Su'ena, épouse de shulgi, le roi d'Ur, shû-Kûbum l'écuyer est ton serviteur". Selon une hypothèse de Piotr Michalowski (1977, 224), shulgi aurait été assassiné et aurait été enseveli dans le mausolée en forme d'hypogée (retrouvé à Ur par Woolley) avec deux concubines ou épouses secondaires, peut-être sacrifiées pour l'accompagner dans l'au-delà, Geme­Ninlila et shulgi-simti.


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Sippar

Ville sumérienne sur la rive d'un ancien lit de l'Euphrate, dans le nord de la Babylonie. Son site a été retrouvé dans le teIl d'Abu Habbah, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Bagdad. La LRS cite Sippar comme l'une des cinq villes antédiluviennes, après Eridu, Bad­Tibira, Larak, et avant shuruppak. Elle ne lui attribue qu'un seul roi, En-men-dur­Anna (l'Evédôrakhos de Bérose), mais elle lui accorde un règne de 28 800 ans. Son nom sumérien est Zimbirki dans la LRS, mais elle est aussi appelée Ud-kib-nunki dans certaines inscriptions du DA. Elle est mentionnée dans les textes plus tardifs sous plusieurs noms dont Dominique Charpin a démontré qu'ils désignaient la même ville: Sippar-Yahrurum, Sippar-sha-Shamash, Sipar shêrim et Sippar-u4-ul-li-a. Sans doute fondée à l'époque d'Uruk, la ville ne prit de l'importance qu'au cours du DA et surtout au IIe mill. sans que, pour autant, elle ait exercé une quelconque hégémonie ni qu'elle ait été le siège d'une royauté. Son lustre lui venait surtout de son temple de Shamash, É-babbar (Maison brillante), qui remontait, comme son homonyme à Larsa, à l'époque sumérienne ancienne, mais qui fut reconstruit à plusieurs reprises par Naram-Sin, Sabium, Samsu-iluna, Kurigalzu, Assur-banipal, Babylone.htm">Nabuchodonozor II et Nabonide. Au nord de la ziggurat ont été explorées quelques constructions qui semblent avoir été celles du "cloître" (gagûm) des prêtresses recluses de Shamash, comme semble en témoigner un texte recueilli dans cette aire, où est mentionnée une nadîtûm appelée Narubta. Sippar était, en effet, célèbre pour son gagûm à l'époque d'Hammurabi. D'autres temples sont mentionnés, consacrés : à Ishtar, "dame de Sippar" (appelé E.edin. dim.mah = Maison steppe), à Adad, à Bunéné, à Gula. La ville s'étendait sur plus de 100 ha et elle était enfermée dans un rempart de 1 300 x 800 m percé de plusieurs portes. Le temenos de Shamash avec sa ziggurat, entouré d'une enceinte de 320 x 240 m, a été retrouvé et exploré au siècle dernier selon une méthode désastreuse. C'est dans ce temple qu'Hammurabi avait déposé son code. Un canal reliant le Tigre à l'Euphrate passait à l'ouest de ses murs. C'est là que se trouvait son karum ou étaient débarquées les marchandises transitant par ce centre de commerce. A l'époque paléobabylonienne, elle était en relation avec Assur; des marchands Assyriens, établis dans la ville, ont laissé des traces de leur présence dans une correspondance et des tablettes de comptabilité. Ils étaient peut-être établis dans la ville jumelle, formant un faubourg à quelque distance, retrouvée dans le site de Dêr, qui portait aussi le nom de Sippar­Amnânum (ou Annunîtum, du nom de la déesse tutélaire de la ville).


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Sîn

Dieu babylonien de la Lune. Son nom serait d'origine sumérienne, contraction de en-zu = "seigneur de sagesse", ce qui aurait donné Su'en, akkadisé en Sîn, ou, au contraire, le dieu-lune akkadien aurait eu son nom "sumérisé" en Su'en (ou Suen). Identifié au Sumérien Nanna(r), il en a tous les attributs. Dans un texte médical d'époque médioassyrienne, il apparaît comme un dieu qui préside à la naissance; ce texte nous a conservé un court fragment d'un mythe où il assiste une vache lors de la mise bas d'un veau. Identifié à Nanna, il est chez lui dans le temple d'Ur, mais, contrairement à Nanna, il apparaît sous son nom sémitique comme le maître de nombreux sanctuaires dont le plus important était celui de Harran. Bien que son culte semble n'avoir eu qu'une importance secondaire dans l'ensemble des cultes mésopotamiens, il avait des temples à Urum, à Borsippa (dans l'Ézida), à Uruk, à Assur, à Babylone, à Bît-Suenna (près de Nippur), à Akkad, à Kalah et à Larsa, outre quelques temples connus par des textes mais non localisés. Plusieurs prières lui ont été consacrées, où il apparaît comme le dieu suprême : " Sîn, luminaire des cieux, seigneur le plus puissant des grands dieux, roi des contrées, père des dieux, maître des destins, le tout premier aux cieux et sur la terre, lumière des Igigu et de toutes les multitudes [...] Tu procures un jugement de droiture et de justice, tu raffermis le faible. A celui qui n'a pas de fils, tu procures un fils; l'inféconde sans toi ne conçoit pas, ne devient pas enceinte. Celui qui te cherche sans cesse ne manque pas (de faire) le bien... ". En tant que divinité de l'astre de la nuit, il occupait une place capitale dans les spéculations astrologiques et astronomiques.


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Tukulti-Ninurta

Roi d'Assyrie (-1243 - 1207). Il fut le premier à porter ce nom. De bien moindre importance est Tukulti-Ninurta Il (-890 - 884), le père d'Assurnasirpal II. Il échut à Tukulti-Ninurta Ier une Assyrie redevenue conquérante et agressive avec les règnes d'Adad-nârâri Ier et de son père, Salmanazar Ier (-1273 - 1244). Comme nombre de rois Assyriens, il dut faire face, dès sa montée sur le trône, à des révoltes et des coalitions de rois tributaires ou frontaliers. Il commença par porter ses armes dans la région du Zagros et vers le nord, où il utilisa une politique de terreur contre tout révolté afin d'étouffer la moindre velléité de rébellion. Ainsi entassa-t-il les cadavres des ennemis aux portes des villes. Dans la région du haut Tigre, il brisa des coalitions, ravagEa les régions au sud du lac de Van. En passant, il massacra quelques sujets du roi des Hittites, ce qui provoqua les protestations de Tudhaliya IV sans que cela ait une quelconque importance, ne serait-ce que parce que l'Assyrien se défendit en niant les faits. En 1232, le roi kassite Kashtiliash IV eut le tort de chercher à envahir les territoires du sud de l'Assyrie, dans la région d'Arrapha. La réplique fut fulgurante : Tukulti-Ninurta défit les Babyloniens, prît et mit à sac leur capitale, Dûr Kurigalzu, dont les murs furent rasés. Kashtiliash capturé, fut déporté en Assyrie avec une partie de la population; c'est cet épisode des campagnes de Tukulti-Ninurta qui va faire l'objet d'un poème épique en médio­assyrien, considéré, malgré son état fragmentaire, comme une belle oeuvre poétique. Le vaillant Tukulti-Ninurta se dresse face au perfide Kassite : " Contre le violeur de serment, Kashtiliash, les dieux du ciel et des Enfers sont remplis de colère. Leur fureur se tourne contre le roi, le pays et le peuple", ce qui justifie le châtiment que l'Assyrien inflige aussi bien au souverain qu'à son peuple et à sa ville. Toute la campagne est ainsi narrée sur un ton épique, pour la plus grande gloire du roi d'Assyrie, auprès duquel se sont naturellement rangés les dieux. Les tributs qu'il prélevait au cours de ces expéditions de pillage, le bois qu'il fit couper dans les forêts du Zagros, lui permirent d'édifier une nouvelle capitale, face à Assur, Kâr-Tukulti-Ninurta. Le vieux roi n'eut pas le loisir de profiter de sa résidence à peine achevée. Il fut assassiné dans son palais par son fils Assurnasirpal; mais c'est le frère de ce dernier, Assur­nadin-apli, qui réussit à s'emparer du trône. Il s'y maintint trois ans avant d'être remplacé par Assur-nârâri III. Il est remarquable que Tukulti-Ninurta, qui préfigure Assurnasirpal Il, aussi bien par la violence de sa politique de répression que par sa mégalomanie et son goût de bâtisseur qui le conduit à se donner une nouvelle capitale, ait été assassiné par l'un de ses fils portant le même nom que son illustre descendant.


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Ur-Ninurta

Roi d'Isin (-1923 - 1898), fils de Litpit-Ishtar. Il est connu pour avoir présidé une assemblée de la ville de Nippur destinée à juger un procès pour meurtre. On a pu être frappé par le fait que l'accusation et la défense ont été assurées par plusieurs citoyens de la ville, tous de petites gens, jardiniers, oiseleurs, "et même un mushkênun, semble-t-il" , ce qui a laissé supposer qu'il existait une forme de démocratie dans certaines villes de la Mésopotamie des IIIe et IIe mill. INSTRUCTIONS D'UR-NINURTA : Sous son nom est aussi placé un court texte (incomplet et détérioré par endroits) de 71 lignes, intitulé par son traducteur : "Instructions d'Ur-ninurta". Le texte est rédigé dans un "sumérien syllabique" difficile à comprendre, ce qui a conduit son seul traducteur (Bendt Alster, en anglais) à mettre en question son propre travail en remarquant que d'autres interprétations peuvent être proposées. Certaines prescriptions sont à rapprocher des Instructions de shuruppak (voir sagesses). Dans l'esprit de ces sagesses orientales, il s'agirait des instructions d'un dieu (1.37, a-ag-ga dingir-ra) à Ur-Ninurta, nous reportant dans la nuit des temps : "Au temps jadis, sur la fin de ces jours, après que les nuits furent devenues très loin de ces lointaines nuits, après que les années furent devenues loin de ces lointaines années, après que le flot (du Déluge) eut balayé (la terre), celui à qui fut donnée la sagesse par Enki... ". Il s'agit avant tout d'une suite d'exhortations à craindre la divinité et de conseils de fermiers, les références incessantes aux champs et à la moisson paraissant, d'ailleurs, symboliques. Il nous est aussi parvenu plusieurs hymnes où le roi est associé à diverses divinités : à An, dont il est l'élu, à Enki, à Inanna (deux hymnes).


Uruk

Ville du Sumer, au nord d'Ur et au sud-est de Babylone. Le nom moderne du tell où gît l'antique cité a conservé son ancienne appellation sous la forme Warka. Le premier établissement a été fondé vers la fin du Ve mill., dans la dernière phase de la période d'El-Obeîd. Grâce aux fouilles menées en profondeur à la hauteur de l'Èanna (temple du Ciel), on a pu établir une stratigraphie dont le mobilier propre à chaque niveau a permis de faire de l'Uruk préhistorique le site éponyme du dernier millénaire de la protohistoire de la basse Mésopotamie, succédant à l'obeïdien : Uruk ancien, appelé aussi dans la terminologie anglo-saxonne "protoliterate" ( - 4000 - 3750); Uruk moyen (-3750 - 3500) et Uruk récent (- 3500 - 3100). C'est au cours de cette dernière période qu'apparaissent les premières tablettes dans une écriture idéographique. Après la période intermédiaire de Djemdet Nasr débute l'époque historique appelée dynastique ancien ou archaique (DA). Malgré son ancienneté, Uruk ne fait pas partie des villes antédiluviennes de la LRS. Mais elle vient juste après Kish pour ravir à cette dernière la prééminence en Sumer avec sa 1re dynastie, aux alentours de -2700. L'auteur de la LRS n'utilise pas le nom d'Uruk, pourtant prestigieux à son époque, mais celui d'Éanna, à qui la royauté fut accordée au détriment de Kish. Le fondateur de la dynastie est Mes­kiag-gasher, fils d'Utu (le dieu-soleil), qui devint grand prêtre et roi (lugal), et qui aurait régné 324 ans. Le texte ajoute qu'il vint dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes, ce que d'aucuns (à commencer par Jacobsen) ont interprété selon la marche du soleil, qui se couche dans la mer à l'occident (mais la mer, pour Uruk, est au sud et invisible parce que trop éloignée) et se lève derrière les montagnes à l'est. Le fils de Meskiag-gasher, Enmerkar, est le héros de plusieurs épopées. La LRS en fait le fondateur d'Uruk. Ce qui ne peut être interprété que de cette manière : Uruk n'était encore qu'une agglomération autour de l'Éanna, voisine du bourg de Kullab, où se trouvait le temple d'Anu. Cette bourgade portait le nom du temple E.an.na.ka. Enme­rkar aurait fusionné les deux bourgs voisins pour en faire une seule ville sous le nom d'Uruk. Après un règne de 420 ans lui succède Lugalbanda, lui aussi héros de plusieurs mythes à qui est attribué un règne de 1 200 ans. Entre ce règne et celui de Gilgamesh, donné dans l'épopée comme le fils de Lugalbanda et de la déesse Nin-Sun (la dame buffle), la LRS place Dumuzi, dont la cité est Ku'a(ra) [dans le texte sumérien ku6-aki, alors que dans les mythes le concernant il est seigneur de Bad-Tibira. Gilgamesh, de son côté, est dit, dans la LRS, fils d'un démon lillû, grand prêtre de Kulla. Gilgamesh règne 126 ans, puis son fils Ur-Nungal (ou Ur-lugal = roi d'Ur) monte sur le trône où il règne 30 ans ; son fils Utul­kalamma(k) lui succède, sans qu'aucun grand mythe lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. La LRS cite encore cinq rois pour cette dynastie, le dernier étant Lugal­ki-tum (ou Lugalkigin), qui, après un règne de 36 ans, fut détrôné par Mésannépada, le roi d'Ur, lequel acquit à sa cité la prééminence. Trois fois encore, Uruk aurait réussi à retrouver une situation dominante, avec ses Ile, IIIe et IVème dynasties, qui, excepté la IIIe, illustrée uniquement par Lugalzagési, lequel fut d'abord roi d'Umma, n'ont eu aucune importance. Malgré ce passé mythiquement glorieux que lui acquit sa 1re dynastie, Uruk ne joua jamais qu'un rôle secondaire dans l'histoire même de Sumer, et elle perdit toute indépendance après que Sargon d'Akkad eut vaincu Lugalzagési et rasé ses hautes murailles. Toute sa grandeur, qui s'est édifiée pendant la période protodynastique, est conservée dans la version ninivite (assyrienne) de l'Épopée de Gilgamesh :"Celui qui a tout vu" (Gilgamesh) [...] fit construire le rempart d'Uruk-l'Enclos, du saint temple Êanna, le trésor sacré. "Regarde cette enceinte qu'entoure une frise pareille au cuivre, contemple ses pilastres que personne jamais n'égalera prends donc l'escalier qui est antique, approche l'Eanna, la demeure d'Ishtar que nul roi de I'avenir jamais n'égalera ni personne; monte donc sur le rempart d'Uruk, promène toi, examine les fondations, scrute le briquetage. Doutez vous que son briquetage soit en briques cuites et que les sept sages en aient jeté les fondations ? 3 600 arpents de cité, 3 600 arpents de vergers, 3 600 arpents d'argilière, 10 800 arpents le temple d'Ishtar, 10 800 arpents et 1 800 arpents : c'est l'aire d'Uruk !". Ville riche, ville opulente, Uruk avait conservé dans ses moeurs les principes de l'époque où elle vivait sous un régime de caractère démocratique, où l'assemblée du peuple décidait des affaires de la ville, avant que s'imposât un système monarchique dans lequel, néanmoins, le roi n'était pas tout-puissant. C'était aussi une ville de plaisirs : la cité des courtisanes, des hiérodules et des filles de joie (al kezrêti shamhatu u harimati), dit le poète de l'Èpopée d'Erra (IV, 52). Ce sont ces mêmes courtisanes, hiérodules et filles de joie, "tout le personnel féminin du temple d'Ishtar", que la déesse convoque pour se lamenter après que le héros et Enkidu ont tué le Taureau céleste. Comme Ur, Uruk reste cependant une ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides, ne vont cesser d'embellir, dont les temples sont sans cesse construits ou reconstruits, dont l'artisanat produit en permanence des oeuvres d'art. Quoique venant en cinquième position, après Babylone, Assur, Nippur et Ur, pour le nombre de ses chapelles et sanctuaires, elle en comptait 76. Son déclin ne commence qu'avec les Parthes et les Sassanides, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, jusqu'à ce que l'assèchement du bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie oblige ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des Arabes musulmans.


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