358 définitions trouvées concernant "Ur".
Choisir un autre thème du dictionnaire
Rechercher un terme particulier :  
Mot

Définition

Images

Ahuramazda

Divinité suprême et Dieu du "Bien"des Perses de l'Epoque Achéménide, son nom signifie "Seigneur de Sagesse". On a cru voir la première mention de son nom dans une inscription Assyrienne de -750.


Amurru

-Nom Akkadien du pays des Amorrites. -Nom d'une divinité sémitique et dieu tutélaire des Amorrites. On le retrouve dans le Sud de la Mésopotamie dès l'époque d'Ur III. -Nom donné à la constellation de Persée, identifiée à la divinité Amurru.


Aruru

Déesse-mère sumérienne, créatrice de la "multiplicité humaine". Dans l'Epopée de Gilgamesh, elle est invoqué par la population d'Uruk pour créer un double de Gilgamesh, qui lui ferait cesser ses débauches érotiques dans toute la ville. Elle créera ainsi Enkidu, le compagnon de Gilgamesh. Aruru est aussi appelée "Dame du silence" et présidait aux accouchements.


Assur

Divinité tutélaire et éponyme de la cité d'Assur. A l'origine, divinité des montagnes assez inconsistante, dont le nom apparaît, pour la première fois, dans les tablettes de Kültepe (ancienne Kanesh). Vers -1300, Assur est identifié à Enlil,puis, sous Sargon II ( -721 -705 ), au Dieu Anshar, enfin, sous Sénnachérib, il éclipse Marduk. C'est le "Dieu des Dieux", mais aussi celui de la "Nation" Assyrienne.


Assur

Capitale de l'Empire Assyrien, (actuel qal'at Sergat, Nord-Irak). Le site d'Assur fut occupé avant la période d'Obeid, mais ce n'est qu'au Dynastique Archaïque qu'une bourgade se forme, très vite absorbée dans le royaume d'Akkad. Il faudra attendre les environs de -2050 pour qu'Assur devienne la capitale administrative d'un royaume indépendant, l'Ancien Empire Assyrien. Alors que la ville et l'Empire s'enrichissaient grâce au commerce avec la Cappadoce (Turquie centrale),shamsi-Adad Ier (-1813 -1781) se posait comme rival d'Hammurabi, Roi de Babylone. Sous le règne d'Assurnasirpal II (-883 -859), Assur perd le statut de capitale au profit de Kalhû, nouvelle résidence du souverain. Assur fut détruite par les Mèdes en -614.


Assurbanipal

Roi d'Assyrie (-668 -627), fils et successeur d'Assarhaddon. Dès son arrivée sur le trône, il dut réprimer une rébellion en Égypte, menée par le Pharaon Taharqa. Thèbes fut libérée des Assyriens, mais Assur-banipal reprendra la ville quelques années plus tard. Le souverain Assyrien dirigera ensuite une expédition contre Tyr, Arvad et la Phénicie, mais aussi contre les Mannéens et l'Elam. Mais durant ces campagnes, son frère, Shamash-shum-ukîn, gouverneur de Babylone, se révolte à son tour, allié aux Arabes et aux Elamites. Assur-banipal détruit Babylone en -648, puis s'empare de l'Elam. Il se fait représenter en train de chasser le lion sur les parois de ses palais, construit de nombreux temples. Roi lettré, Assur-banipal laissera une importante bibliothèque, avait été initié aux arts divinatoires et lisait le Sumérien.


Assurnasirpal

Nom de deux rois d'Assyrie. Assurnasirpal Ier : (-1049 -1031). Ce roi n'a laissé que peu de traces de son passage sur le trône d'Assur. Issu des montagnes (?) il aurait importé à Assur une déesse inconnue des Assyriens d'alors. Deux prières, dont une adressée à Ishtar, nous sont restées de son règne. Assurnasirpal II : (-883 -859). Roi ambitieux et sanguinaire, fils de Tukulti-Ninurta II, il dirigea des campagnes victorieuses contre les Araméens du Nord de la Syrie, jusqu'en Phénicie et soumet les Mushki du Taurus. Le Roi restera célèbre pour les supplices et mises a mort qu'il infligeait aux populations rebelles vaincues. Il transférera la capitale Assyrienne d'Assur à Kalhû.


Dûr Kurigalzu

Ville de Babylonie (actuelle 'Aqar Quf). Ville de Babylonie (actuelle 'Aqar Quf). Son nom en babylonien signifie la "forteresse de Kurigalzu". La ville a été fondée parle roi kassite Kurigalzu Ier v. 1400, afin d'en faire sa résidence. Il est possible que la ville ait été établie sur une ancienne bourgade, peut-être appelée Parsâ (nom lu aussi Daksa). La ville, à son apogée, occupaît 225 ha et était enfermée dans des remparts. Le palais (appelé un peu prétentieusement "Palais du monde entier"é.gal.h.sàr.ra), monument hétérogène, agrandi et remanié à plusieurs reprises,a rendu un certain nombre d'oeuvres d'art, dans l'ensemble mineures (tête d'homme en terre cuite, tête de massue en pierre sculptée, bijoux et ornements en or...), et des peintures murales. Le temple principal, é.u.gal (ou é.mun.gal: Maison du grand seigneur), construit par Kurigaizu, était consacré à Enlil. Il était dominé par une Ziggurat, l'é.gi.rin (ou é.gi.kil), la «Maison pure », dont il subsiste une partie ruinée qui s'élève encore sur 57 m. Sa hauteur originelle était de 70 m et sa base mesurait 69 x 67,60 m. Comme les temples, les palais et les demeures de la ville, elle était faite de briques crues enfermées dans un coffrage de briques cuites. C'est aussi à Kurigaîzu qu'est due la construction du temple de Ninlil (é.gasan.an.ta.g~àl, «Maison de la dame d'en-haut «) et de celui de Ninurta, l'é.sag~.dig~ir(re).e.ne. La ville est restée capitale jusqu'à la fin de la dynastie kassite, au milieu du XIIe s., et le palais a servi de résidence à ses souverains. Dans le mythe d'Erra , il est question de la destruction finale de la cité : "Quant à ceux de Daksa, leur lamentation ne s'apaisa plus à cause de l'E.u.gal qui avait été détruit". La ville fut, en effet, incendiée par les Elamites vers -1170, sous le règne de Marduk-apal-iddina. Un moment abandonné, le site a été de nouveau habité à l'époque néobabylonienne (VIè s.)


écriture

Trois grands types d'écritures ont été inventées qui ont couvert l'ensemble des langues du Proche-Orient asiatique : cunéiformes, hiéroglyphiques et alphabétiques. Cunéiforme : Ce nom, donné parles archéologues modernes, vient de la forme on s coin (du latin cuneus) de ce type d'écritures. Les scribes antiques utilisaient de fins roseaux (calames) dont l'extrémité était triangulaire pour écrire sur des tablettes d'argile crue, qu on mettait peut-être ensuite à cuire, ce qui fixait définitivement les textes ainsi écrits. Une pression de l'extrémité du calame imprimait un triangle prolongé généralement par un trait tracé avec le roseau penché, ce qui permettait de ne marquer l'impression qu'avec l'une des trois pointes du bout triangulaire. L'invention de cette écriture, la plus ancienne encore connue, est due aux Sumériens et remonte aux derniers siècles du IV miii. Les premières tablettes, provenant du site sumérien d'Uruk, ne présentent pas des cunéiformes mais des pictogrammes, représentations figurées d'un mot: pour exprimer la tête, on dessinait d'une manière schématique une tête, pour l'hirondelle, un oiseau, pour le cochon, une tête de cet animal et, pour le dieu du Ciel, une étoile stylisée. Ainsi sont utilisées les parties du corps humain, les représentations d'animaux, de plantes, d'instruments divers, etc. Cette écriture, dite pictographique, apparaît à l'époque dite d'Uruk IVa. Quelques rares éléments grammaticaux permettent d'affirmer que la langue ainsi exprimée est un sumérien archaïque. La nécessité, pour les scribes, de tracer rapidement ces dessins les conduit bientôt à les schématiser avec les traits en forme de clou, si bien que, rapidement, ils perdent leur aspect linéaire et se transforment on écriture cunéiforme. C'est ce qui s'affirme au cours de la période suivante, Uruk III, dont une strate est identifiée à la période de Jemdet Nasr. Les premiers lexiques apparaissent à cette époque, prouvant qu'il s'agit bien du sumérien. Mais les idéogrammes ne peuvent réellement exprimer tous les mots d'une langue. Les mots furent divisés en syllabes et ce sont ces syllabes qu'ont rendues les caractères cunéiformes issus des anciens idéogrammes. Les éléments monosyllabiques dominant dans la langue sumérienne, le passage au syllabisme on a été facilité. Dès lors, les cunéiformes vont exprimer les syllabes constituant les mots. Lorsque les Sémites Akkadiens vont s'imposer, dans la seconde moitié du IIIè mill., l'administration akkadienne va devoir adapter les syllabaires Sumériens à la langue nouvelle. De l'akkadien et de ses syllabaires procèdent directement l'assyrien et le babylonien, avec le même type d'écriture cunéiforme. Il convient cependant de noter que ces signes cunéiformes ne restent pas figés et varient légèrement selon les scribes et les époques. À l'est de la Babylonie, l'Élam, après quelques essais de création d'une écriture proche des cunéiformes (proto-élamite, dès l'acropole 1 de Suse, qui correspond à Uruk III, avec un développement à la phase suivante marqué dans les archives de Suse, contemporaines d'Uruk IV) dès la seconde moitié du III mill. adapte à sa langue les syllabaires cunéiformes suméro-Akkadiens. Cette écriture cunéiforme s'éloigne au fur et à mesure de son évolution propre, des cunéiformes de la Mésopotamie. Nombreux sont les autres pays ou royaumes qui adoptent les cunéiformes pour exprimer par écrit leur propre langue. C'est le cas des Hourrites ou encore de l'Urartu, au début du 1er mill., des Hittites, qui simplifient le syllabaire pour donner une valeur phonétique à la plupart des signes. Cependant, chronologiquement, ce sont les scribes des rois d'Ébla qui, au milieu du IIIè mill., adaptent les cunéiformes Sumériens à leur langue sémitique. Il on a été de même sans doute de toutes les petites cités-États de la Syrie, comme en témoignent, à une époque plus tardive, les textes des archives d'Ugarit. Quant aux cunéiformes, repris sous la forme de syllabaires dans les inscriptions monumentales de la Perse achéménide, ils seront utilisés jusqu'au début de l'ère chrétienne en Mésopotamie. Hiéroglyphes. On emploie conventionnellement le terme de hiéroglyphes pour désigner une ou des écritures pictographiques de l'Asie Mineure. La plupart de ces pictogrammes représentent des parties du corps humain (pieds, mains, têtes...) et des têtes d'animaux (chevaux, boeufs, chiens, porcs, lions, oiseaux, poissons), ou encore des objets mobiliers... Ces hiéroglyphes "dits" Hittites apparaissent au XIVè s., concurremment avec les cunéiformes, ces derniers restant largement majoritaires, en particulier dans les archives sur tablettes. Bien que leur lecture reste encore sujette à discussion, ils recouvrent sans nul doute la même langue d'origine indo-européenne, mais déjà très modifiée, qu'est le nésite (voir Hittites, langues). Les inscriptions en hittite hiéroglyphique vont se développer surtout à partir de l'époque dite néo-hittite, au début du 1er mill., en particulier à Karkémish. On connaît un bilingue en hiéroglyphes Hittites et en cunéiformes Akkadiens, désigné sous le nom de "sceau de Tarkondémos", fausse lecture de l'akkadien tar-qu-mu-wa, jadis lu tar-kumdim-mo. Il s'agit d'un sceau hémisphérique en argent où est représenté au centre un personnage debout, entouré de six signes hiéroglyphiques, dix signes cunéiformes étant inscrits dans un bandeau circulaire qui entoure l'ensemble : il a été utilisé comme outil pour la transcription des hiéroglyphes Hittites. Cependant, c'est le texte bilingue de Karatépé qui a réellement permis une première approche de l'interprétation des hiéroglyphes Hittites. Ils sont généralement écrits dans le sens appelé boustrophédon, c'est-à-dire de droite à gauche (ou inversement) pour la première ligne et dans le sens opposé pour la ligne suivante, comme les sillons tracés par les paysans avec une charrue attelée à un boeuf (d'où son nom d'origine grecque). Bien que, apparaissant à l'époque de l'Empire hittite, ce soit surtout après sa chute qu'ils vont être utilisés à la place des anciens signes cunéiformes, ils recouvriront souvent une langue voisine du hittite, le luwite.(voir alphabet, langues).


Hammurabi

Roi de Babylone (-1792 -1750). Il est le sixième des onze rois composant la 1ère dynastie (amorrite) de Babylone. VIE ET RÈGNE. Son père, Sin-muballit (-1812 -1793), avait, en quelque sorte secoué l'inertie dans laquelle était restée la ville sous ses prédécesseurs, qui n'avaient pas cherché à étendre leur domaine. Il avait engagé une politique d'expansion qui sera énergiquement achevée par Hammurabi. Selon une liste annuelle de ses actes, celui-ci commença par rétablir la justice dans le pays en décrétant le misharum. Les six premières années de son règne furent consacrées à des constructions de caractère religieux : un trône pour le dieu Nanna, une enceinte sacrée, deux temples. Ses guerres ne commencèrent que la septième année avec la conquête d'Uruk et d'Isin ou régnait Rim-Sîn (-1822 -1763). Au cours des quatre années suivantes, il conquiert le pays d'Émutbal, Malgia, Rapiqum et shalibi, enfin Marien -1759, mettant fin au règne de Zimri-Lim. Encouragé "par un oracle d'Anu et d'Enlil", qui marchent devant ses armées nous dit la chronique de sa 31e année, il force Sumer et Akkad à lui obéir. Il entreprend ensuite des campagnes en direction du nord, vers Eshnunna et le Subartu, de l'est vers les Gutis et l'Élam. Parallèlement à ces travaux guerriers, il ne cesse de construire temples, murailles, non seulement à Babylone, mais dans les cités du royaume, en particulier à Sippar, fait creuser ou aménager des canaux des digues, mille travaux d'utilité publique. LE CODE : Mais sa grande œuvre est le célèbre Code qu'il fera graver sur une grande stèle (act. au Louvre), et qui reflète l'état de la société de son temps. Dans le long prologue du Code, il se présente comme le pasteur, l'élu d'Enlil, celui qui apporte opulence et prospérité. Et il mentionne les villes, qui, outre Babylone, ont profité de ses bienfaits : Nippur, Eridu, Ur, Sippar, Larsa, Uruk, Isin..., à quelques exceptions près toutes les grandes villes du Sumer et d'Akkad. Ce prologue révèle que le Code a été gravé dans les dernières années de son long règne, mais nombre de lois avaient déjà été promulguées, comme le montrent des tablettes qui en conservent des fragments, lesquels présentent parfois des versions différentes de celles qui sont connues par le Code. La disparité des villes de l'empire, qui devaient aussi avoir leurs lois propres, lois dont s'est inspiré en partie le Code, a conduit le roi à faire graver dans la pierre pour les générations futures un ensemble de lois qui devaient désormais s'imposer, comme, toutes proportions gardées, le code théodosien et ensuite les pandectes de Justinien ont constitué un corpus législatif applicable à tout l'Empire romain (d'Orient), faisant la synthèse de toutes les lois et d'édits antérieurs. Il convient cependant de noter les imperfections de ce code, malgré les avantages qu'il présente et les progrès dont il témoigne au profit du droit, car, du fait même de ses origines et de l'amalgame qu'il représente, on y trouve de nombreuses lacunes, des redites et même des contradictions. Il constitue cependant le premier effort d'établissement d'un droit de caractère général, voire universel pour son époque, puisque devant s'appliquer à des populations très diverses, unies par la force sous l'autorité d'un seul prince, mais sanctionnée par les dieux.


Hureidha

Village de l'Hadramout (Yémen), au nord-ouest duquel a été mis au jour un temple consacré au dieu-lune Sîn. Le temple présente trois stades de construction. Dans son premier état, il consistait en un simple bâtiment rectangulaire de 12,50 x 9,80 m, sa façade étant tournée vers le sud-ouest. Une entrée monumentale lui fut ajoutée, de 2,60 m, en avancée. Dans un troisième temps, la façade fut agrandie, et l'on construisit un escalier d'accès à la terrasse. Tout l'ensemble du monument était fait de pierres soigneusement taillées. La cité à laquelle il appartenait, qui n'a pas été explorée, paraît avoir été fondée vers la fin du VIe s. Néanmoins, les fouilles ont aussi mis au jour plusieurs tombes qui ont rendu un beau mobilier: sceaux en agate avec monture d'argent, vases en pâte de verre, scarabées, objets en ivoire. Quelques inscriptions ont été relevées .


Hurrites

Peuple dont le centre géographique à l'époque historique se situe dans le nord de la Syrie et le sud-est de l'Anatolie . LA LANGUE : Le sens du nom de "Hurrite"demeure incertain, bien qu'on l'ait rapproché de "huradi", terme hurrite désignant le soldat de garde, et de la racine "hur", relatif à la sphère sémantique de guerre. C'est grâce à sa langue qu'on peut détecter les traces de ce peuple dont l'origine se trouve sans doute au sud du Caucase. C'est une langue dite agglutinante, qui ne se rattache ni au sémitique ni à l'indo-européen et qui n'appartient pas non plus au groupe vague des langues primitives de l'Asie antérieure qu'on a appelées asianiques : sa typologie précise la rapproche des familles finno-ougriennes, turque et dravidienne. La parenté entre le hurrite et la langue de l'Urartu est incontestée, mais il y a suffisamment de différences pour en faire deux langues autonomes que certains philologues ont cherché à rattacher à certaines langues caucasiennes subsistant à notre époque. Ce qui caractérise le hurrite, c'est sa capacité à agglutiner une véritable chaîne de suffixes et d'enclitiques (jusqu'à 8) à la racine généralement monosyllabique. Ainsi, un verbe peut se décliner et se transformer en nom adjectival. HISTOIRE ET CIVILISATION : Des mots Hurrites ont été relevés dans des listes de l'époque d'Akkad ainsi que des noms de personne (tablette de Naram-Sîn). Ils apparaissent ainsi dans l'histoire au cours des derniers siècles du IIIe mill. Sceaux et inscriptions nous font connaître des noms de rois Hourrites de la fin de ce même millénaire : Talpuilli-atili de Nagar, Atal-shen d'Urkesh. On a cherché à les identifier aux Subaréens, mais il est démontré qu'il s'agit de deux ethnies différentes. Ce n'est, cependant, qu'au millénaire suivant qu'ils occupent une situation notable dans le concert des États du Proche-Orient, l'aire de leur activité se trouvant dans le nord de la Syrie, avec des ramifications culturelles et linguistiques vers le moyen Euphrate (Mari), l'Anatolie hittite et Ugarit vers l'ouest, jusqu'à Nuzi vers l'est. Au XVIème s., un groupe d'envahisseurs (tribu guerrière ?) porteur d'une langue indo-aryenne (rattachée au groupe des langues indo-européennes de l'Est, dont les principales sont le sanskrit et l'ancien perse) fonde un royaume dans le nord de la Syrie, le Mitanni. Les fondements culturels et linguistiques de ce nouvel État sont Hurrites (pour l'histoire de ce royaume : voir Mitanni). La disparition au XIIIè s. du Mitanni n'est pas liée à la survie des Hurrites qui se constituent encore de petits royaumes vers le haut Tigre. Néanmoins, leur sphère d'influence linguistique et culturelle va sans cesse s'amenuisant et, au milieu du millénaire suivant on ne trouve plus que quelques reliquats onomastiques dans la région du lac de Van. On attribue aux Hurrites un certain nombre d'apports, comme le développement d'une charrerie, une technologie de pointe dans le travail du cuivre et la fabrication du verre, ce qui est susceptible d'être contesté. Il n'en va pas de même pour les influences exercées par leurs croyances religieuses notamment chez les Hittites, qui ont introduit les cultes Hourrites sans doute à l'époque de Mursili Ier (vers -1620 -1590). D'origine hurrite sont Téshup, Allani, déesse des Enfers, Shaushga (Sawuska), déesse de la Guerre et de l'Amour, identifiée à Ishtar. Hurrite est aussi le mythe de Kumarbi.


instructions de shuruppak

voir sagesses.


Ishkur

Dieu sumérien du Temps (au sens météorologique du terme). Son nom s'écrit avec le logogramme IM, qu'on retrouve dans la graphie de dieux syro-Hittites et désignant sans doute Adad, àqui il fut identifié dès l'époque akkadienne.Dans le panthéon mésopotamien, il est le frère jumeau d'Enki et le fils d'Anu ou, parfois, d'Enlil. Son épouse serait la déesse Shala (d'origine Hourrite ?), laquelle est aussi dite parèdre de Dagan. Il apparaît dès le DA (dans la liste de dieux de Fara) et le grand centre de son culte était Karkara, au sud de Babylone, où plusieurs temples lui étaient consacrés, généralement sous le nom d'Adad, le principal paraissant être l'é.karkara . Son aspect de dieu de l'Orage apparaît dans un ershemma où il est montré "chevauchant une tempête". Lorsqu'Enki distribue les destins, il fait d'Ishkur l'inspecteur de l'Univers . Dans une litanie où revient chaque fois qu'il est nommé avec ses attributs le refrain "grand boeuf rayonnant, ton nom est au ciel", il est dit fils d'An, seigneur de Karkar; jumeau d'Enki, maître de l'abondance, seigneur qui chevauche la tempête, lion du ciel...


Kudurru

Terme (médio-) babylonien servant à désigner des bornes destinées à marquer les donations et les limites d'une propriété. L'introduction de ce type de "monument" en Babylonie date de l'époque kassite. Les plus anciens kudureti remontent au XIVe s. On utilisera ce système d'enregistrement de propriété encore dans le cours du Ier millénaire. Les kuduteti se présentent sous la forme de grands "galets" taillés dans des pierres noires, la plupart du temps en diorite, qui étaient déposés dans les temples. Il convient néanmoins de noter qu'il existait des kudureti en argile sous forme de cônes . Ils peuvent être sculptés sur une face et couverts d'inscriptions sur l'autre face, ne présenter d'inscriptions que dans la partie inférieure, la partie supérieure étant sculptée et le revers laissé lisse. Mais c'est surtout dans les représentations sculptées en bas relief que les sculpteurs ont donné libre cours à leur imagination, cependant canalisée par les impératifs cultuels et les sujets imposés. Les sculptures représentent souvent des emblèmes astraux (étoiles, soleil, croissant de lune), des autels, des couronnes en forme de tiare, des personnages, des insectes, des êtres et des animaux fantastiques comme les hommes-scorpions (kudurru de Nabuchodonosor Ier). Le roi kassite Mélishipak ( - 1186 - 1172) nous a laissé, en particulier, deux beaux kudureti originaux (tous deux au Louvre) : le premier, taillé dans du marbre noir, est une donation en faveur de son fils Mérodach-baladan Ier; sur les cinq registres d'une face (le cinquième, tout en bas, est abîmé) sont représentés les emblèmes des dieux garants de la donation avec leurs emblèmes animaux; sur le deuxième, très dépouillé, est figuré le roi coiffé d'un bonnet pointu, tenant par la main sa fille qu'il présente à Ishtar; assise sur un trône et dominée par l'étoile à huit branches, son symbole stellaire. Un grand nombre de ces pierres sculptées a été retrouvé lors des fouilles de Suse, rapportées par les rois élamites comme butin lors de leurs raids sur la Babylonie.


Maître et son serviteur (le)

voir dialogues.


Murashû

Nom d'une famille d'hommes d'affaires de Nippur. En 1893 a été trouvé à Nippur un lot de 502 tablettes représentant les archives d'une famille de la ville qui a fondé une firme de caractère bancaire sous les règnes des rois Perses Artaxerxès Ier et Darius II, soit entre - 440 et - 416. D'autres tablettes ont montré que l'activité de la firme s'est encore poursuivie jusque vers -404 pour disparaître ensuite, on ne sait de quelle manière. Ces archives consistent en reconnaissances de dettes, quittances, contrats, inventaires et mémoires. En tant que prêteurs, les Murashû exerçaient une activité de banquiers, mais leur principale source de revenus était la gestion de terres que leur confiaient contre une rente les particuliers, qui en avaient reçu la concession par l'Etat, voire l'Etat lui-même. Ces concessionnaires sont souvent de hauts personnages, des satrapes, voire des membres de la famille royale, telle la reine Parysatis. La fondation de la firme serait due à Murashû, fils de Hatin, au tout début du Vè s. Il serait mort vers - 445, mais son fils aîné, Enlil-hatin, lui aurait succédé dès - 454. En - 445, ce dernier s'associe à son frère Enlil-shum-iddin, qui disparaît en - 421. Tous deux avaient une soeur, Naqqitu, qui semble avoir eu une action dans la firme. Les derniers successeurs connus sont Rîmût-Ninurta (qui a exercé entre - 429 et - 414) et les deux frères (issus d'Enlil-sum­iddin) Enlil-hatin et Murashû. Quoique leur action se soit exercée sur le territoire de Nippur, les Murashû devaient avoir une agence à Suse, comme semblent le prouver des documents signés dans cette ville.


Mursili Ier

(vers - 1620 - 1590). Il s'est surtout distingué par le raid sans lendemain qu'il conduisit contre Babylone.


Mursili III

(-1280 - 1275) : Fils de Muwatali Il, il fut détrôné par son oncle Hattusili III.


Mursili Il

( - 1840 - 1310) : C'est l'un des plus importants souverains hittites, ou, en tout cas, le moins mal connu grâce à ses annales. Il avait fait rédiger (ou rédigé lui-même ?) deux sortes d'annales. Les premières sont appelées "Annales décennales" parce qu'elles concernent les dix premières années de son règne ; elles relatent ses longues campagne à travers tout l'empire et en Syrie pour maintenir l'héritage de son père, Suppiluliuma, dont il était le plus jeune fils. Les autres textes, appelés par les modernes "Annales complètes" incluent non seulement les actions du roi mais aussi celles des princes et de ses généraux. Elles vont jusqu'à la 20ème année de son règne. « Ainsi parle Mon Soleil Mursilis, le grand roi, le roi des Hatti, le vaillant, fils de Suppiluliuma, le grand roi, le vaillant: Tandis que j'inaugurais mon règne sur le trône de mon père, les pays voisins et ennemis se levèrent tous contre moi. Or, lorsque mon père fut passé au rang des dieux, Arnuwandas mon frère s' assit sur le trône de son père ; mais il tomba malade. Et lorsque les pays ennemis surent qu'Arnuwandas mon frère était malade, ces pays dénoncèrent l'alliance. Puis, lorsque Arnuwandas mon frère fut passé au rang des dieux, alors les pays hostiles qui n'avaient pas encore pris les armes, même ceux-là les prirent" (introd. aux Annales décennales). Ainsi commence le règne de ce roi que les ennemis des Hittites pensaient être faible, et qui relevaient la tête une fois défunt le roi qui les avait vaincus. Tout ce texte des Annales est plein de bruit et de fureur: ce ne sont que combats, prises de villes, milliers de captifs ramenés en pays hittite, avec parfois un peu de repos et des hivernages à Ancyre, la future Ankara. Mais on peut voir que ces courses de Karkémish aux montagnes du nord de l'Anatolie , où les Gasgas avaient leurs quartiers, d'où ils pillaient les villes de l'empire, représentaient non pas des guerres de conquête, comme ce fut le cas pour les Assyriens , mais des guerres défensives pour contenir des ennemis qui se levaient de tous les côtés des frontières. Et ce n'est qu'au prix d'une telle activité, d'un règne sans guère de repos, que Mursili maintint l'acquis de ses ancêtres. Outre ces guerres incessantes et l'administration du royaume, Mursili eut aussi à se défendre contre les intrigues de sa belle-mère, une Babylonienne qu'avait épousée son père, Suppîluliuma. L'histoire de ces démêlés entre le roi et la dernière épouse de son père, nommé par son titre de Tawannanna, est conservée dans une prière adressée par le roi aux dieux comme justification de son action. Le roi accuse sa belle-mère d'avoir tué sa femme à l'aide de formules magiques, d'avoir introduit des coutumes subversives et reçu de l'argent de certaines villes. Il la déposa de son office de "prêtresse-siwanzanni" et l'exila. Comme elle mourut bientôt en exil, Mursili se vit accusé de l'avoir aidée à quitter le monde des vivants. Ainsi voulut-il se justifier, pour le moins face aux dieux. On ne sait précisément en quoi consistait la fonction de "prêtresse-siwanzanni"; chaque sanctuaire local avait une telle prêtresse, ce qui ne semble pas représenter une haute position , mais il semblerait que, dans ce cas particulier, elle aurait été la prêtresse non pas d'un sanctuaire particulier, mais de tous les dieux en quelque sorte la grande prêtresse de tous les sanctuaires de l'empire . Le règne de Mursili se termina cependant dans le malheur, malgré ses victoires : une épidémie de peste ravagea le pays, dont il a peut-être été l'une des victimes.


namburbi

(namburbû) : Terme babylonien d'origine sumérienne (NAM-BÙR-BI) désignant un rituel de caractère apotropaïque, destiné à éloigner un démon. La plupart des tablettes où s'inscrivent les textes de ce type proviennent des archives de Ninive et d'Assur et datent du 1er mill. Les namburbi complètent, dans une certaine mesure, les omens et les incantations dont ils représentent l'aspect pratique, les gestes à faire, les actions à exécuter, les sacrifices à offrir, pour rendre efficaces les incantations de caractère apotropaïque. Le rite doit s'accomplir dans le lieu où s'est manifesté le présage, champ, maison, porte... Le lieu doit être sacralisé, séparé du monde profane par l'érection d'un enclos, d'une hutte en roseaux, et l'on y dresse un étendard. Sur un autel de fortune, qui peut simplement consister en un plateau dressé sur un support , seront déposées les offrandes. Mais, auparavant, le praticien devra procéder aux purifications du lieu avec de l'eau, de l'encens et une torche, ainsi que de l'impétrant, qui doit se laver, se raser et mettre un habit propre. Après les offrandes consistant en nourriture (pain, bière, gâteaux, rarement de la viande) et en aromates et bois aromatiques (genièvre, cèdre, myrrhe, brûlés dans un encensoir) commencent les rites. Le premier d'entre eux est la destruction du mauvais présage. Il peut s'agir aussi bien d'un champignon apparu sur un mur que d'un insecte comme le scorpion. Lorsque l'objet ou le phénomène sujet de l'omen est inaccessible, on détruit un substitut d'une nature identique, lequel peut simplement être une image peinte ou modelée en argile. Lorsque le sujet représente une richesse économique, comme une maison ou un animal, on casse une petite partie de la maison (une brique, par ex.) ou l'on brûle quelques poils de l'animal. Le patient dont on a détourné l'entité qui le menaçait doit ensuite s'astreindre à observer un certain nombre de prescriptions, comme de suivre, pour rentrer chez lui, un autre chemin, que celui qu'il avait emprunté en se rendant sur le lieu où s'est effectué le rituel. Le rite était accompagné de prières et de sommations faites au démon agresseur.


Ninhursag

Déesse Sumérienne, «dame du hursag ( = "le désert pierreux"). Elle est parfois interprétée comme l'aspect féminin d'Enki. Ancienne déesse-mère, ses attributs restent des plus vagues. Elle est aussi donnée comme la mère de Ninurta et, en conséquence, comme l'épouse d'Enlil. Elle avait des temples à Kish et à Lagash.


Ninsitubur

Déesse Sumérienne. Elle est parfois regardée comme une divinité masculine. Son nom signifie " dame (ou seigneur) de l'Est". Dans certains textes mythologiques, elle apparaît sous l'aspect masculin du sukkal (ministre) d'Anu ou d'Inanna.


Ninurta

Dieu sumérien. Son nom est écrit par le sumérogramme dMAS (par ex. dans les inscriptions d'Assur­nasirpal II à Kalhû) ou NIN.URTA (de sorte qu'il était lu Urta). Son nom signifie «seigneur terre (cultivable) », ce qui marque son archaîque fonction de dieu de l'Agriculture, qu'il unit à celle de dieu guerrier. Sans doute originaire de Nippur, il a été associé à Enlil en tant que son fils et il avait son culte dans le grand temple de son père, l'Ékur. Il y disposait néanmoins d'un sanctuaire personnel, l'é.su.me.sa4, mentionné dès le DA. On lui donnait pour parèdre la déesse Gula ou encore Baba (Bau). Cette dernière était l'épouse de Ningirsu, dieu de Lagash àqui il a été très tôt identifié. Son aspect de divinité agraire est marqué en particulier dans les "Géorgiques" sumériennes appelées "Almanach du fermier" (autrement nommées "Instructions de Ninurta", instructions dispensées aux paysans pour les travaux annuels concernant la culture de l'avoine. Ninurta y est appelé "le fermier d'Enlil" et une prière sous forme de balbale déclare "Tu remplis le canal lors de la crue du printemps, dans les champs, tu fais croître les diverses sortes de grains, tu remplis les étangs de carpes et de tanches, [...] dans la steppe tu fais pousser les tamaris, dans les vergers et les jardins tu fais couler le miel et le vin, dans le palais du roi tu fais durablement prospérer la vie!". A cet aspect de dieu bienfaiteur s'unit celui de guerrier, de "héros" (ur-sag) des dieux. Cet aspect apparaît avec une grande vigueur dans plusieurs poèmes dont il est le héros : "Ninurta et les pierres" (voir lugal.e), le mythe d'Anzû, et le poème intitulé d'après son incipit, An-gim dim-ma. Cet aspect guerrier a séduit les Assyriens, qui l'ont intégré dans leur panthéon. Dans sa cité de Kalhû, Assurnasirpal II lui fit bâtir un temple. Les Babyloniens lui avaient aussi consacré un temple que rebâtit Nabopolassar, l'é.hur.sag~.ti(l).la = Maison qui extermine les montagnes, référence à ses exploits dans l'épopée de "Ninurta et les pierres". Un hymne non daté, mais remontant au plus tôt à l'époque babylonienne, marque une tendance vers un syncrétisme monothéisant dans lequel le dieu guerrier est exalté au détriment de l'assemblée des dieux, chacun des dieux du panthéon devenant un organe ou une partie du corps de Ninurta : "son visage est le soleil, ses yeux sont Enlil et Ninlil, les pupilles de ses yeux les déesses Gula et Bêlet-ili, leurs iris Sîn et Shamash, la forme de sa bouche est Ishtar céleste, ses lèvres et sa parole sont Anu et Antu, sa langue est Pabilsag". "Le Retour de Ninurta à Nippur" : Selon son incipit, le poème était appelé "An-gim dim-ma" (= "Créé comme An"). Ce poème sumérien de 209 vers a été traduit en akkadien et a servi pendant des siècles comme modèle d'école. Il commence par quelques vers le glorifiant, puis il rappelle ses exploits narrés dans Lugal.e. Après ses victoires, il monte sur son char (décrit en détail) et rentre à Nippur. Nusku, le page d'Enlil, vient à sa rencontre pour le conduire à l'Ekur, le temple d'Enlil, où il dépose son butin : bovins, dépouilles des villes mises à sac. Le dieu se livre ensuite à sa propre exaltation (pendant 40 doubles vers), puis il se fait confirmer sa prépondérance par son père, Enlil. Ainsi Ninurta partage-t-il le temple avec son père, conclusion justifiée par l'ensemble du poème :« C'est ainsi que le Preux au mérite éclatant, Ninurta fils d'Enlil, a installé sa grandeur dans le sanctuaire d'Enlil " . "Ninurta et la tortue" ou "la Tentation et la Punition de Ninurta victorieux" (Bottéro). Il s'agit d'un fragment de texte trouvé dans les fouilles d'Ur. Dans l'orgueil de sa victoire, Ninurta avait manifesté son ambition de prendre la place d'Enki à la tête des dieux. Ce dernier, pour le punir et lui manifester sa puissance, modèle une tortue à laquelle il donne vie. L'animal saisit Ninurta par la cheville lorsqu'il vient à la porte du sanctuaire d'Enki et, creusant une fosse, il y rejette de la terre pour l'ensevelir. Enki fait alors ressortir aux yeux de Ninurta ses prétentions et sa faiblesse, et déclare qu'il a voulu l'humilier pour lui montrer qui était vraiment le maître.


Nippur

Ville du Sumer. L'appellation moderne arabe de ses ruines a conservé le nom antique de la ville sous la forme de Niffar (ou Nuffar), à 150 km au sud-est de Bagdad. Pour les Sumériens, c'était l'une de leurs plus anciennes cités : les fouilles ont confirmé cette vue, l'occupation du site remontant au VIème millénaire. (2ème phase de l'obeïdien, période d'Hajji Mohammed). Nippur n'a pas compté parmi les cités royales mentionnées dans la LRS, mais elle était auréolée du prestige d'une cité sainte, la ville du grand dieu Enlil. Les premiers vers du mythe d'Enlil et Ninlil nous ont conservé une description de la ville à l'époque du DA, dans toute sa magnificence «Voici la ville, la ville où nous demeurons! La ville de Nippur, où nous demeurons, la ville emmantelée de palmiers où nous demeurons ! Voici la limpide voie d'eau, le "canal des Dames" (?) voici le quai, le "dock au Vin" voici son embarcadère, le "quai d'Accostage" (?) voici son trou d'eau douce, le "puits melliflu" voici son terrain de culture, «Partout cinquante-sar". C'est là qu'Enlil s'unit à Ninlil dans son temple, l'é.kur (Maison montagne). L'enceinte sacrée renfermait plusieurs temples et chapelles dominés par une grande ziggurat construite par Ur­nammu. A. R. Ceorge (1993) a recensé environ 120 temples, chapelles et parties de temples consacrés en majorité à Enlil, enfermés dans l'enceinte de la ville, laquelle couvrait, à la fin du IIIè milllénaire., près de 150 ha. La ville avait un port hors des remparts, en communication avec l'Euphrate, et elle était traversée par un canal - le "Canal aux eaux pures", où était allée se baigner Ninlil - qui la divisait en deux quartiers. Dans la partie nord-est était construite l'enceinte sacrée, entourée par les bâtiments administratifs, les greniers, les écoles. Car il semble que la ville, d'où l'on a retiré environ 50 000 tablettes, était une pépinière de scribes. Parmi les temples, l'un des plus remarquables était celui d'Inanna, reconstruit sur 22 niveaux, le plus ancien remontant à l'époque dite d'Uruk moyen, le plus récent datant de l'occupation parthe, au début de notre ère. Une crise économique (?) a eu pour conséquence un abandon de la ville, peut-être seulement partiel, à partir de -1720, qui va durer quelques siècles avant que les Kassites, au XIVè s., ne lui rendent tout son lustre et son activité. De cette époque date un palais attesté dans le tell ouest. Cette renaissance dure un siècle. Puis, vers le milieu du siècle suivant, peut-être à la suite du raid élamite de -1224, la ville retombe dans sa torpeur et le palais kassite est abandonné. Cependant, une activité se poursuit autour de l'Ékur. La ville retrouvera une nouvelle vie sous l'impulsion d'Assur-banipal, et elle continuera de prospérer sous les Néo-Babyloniens et les Perses, où elle sera l'un des grands centres d'échange et de banque, avec, notamment, l'activité de la famille des Murashu.


shuruppak

C'est la dernière des cinq villes antédiluviennes de Sumer où descendit la royauté. Elle fut transportée de Sippar à shuruppak, dont le roi Ubat­Tutu aurait régné 18 600 ans. Après lui vint le Déluge. C'est dans le site de Fara, un teil de 220 ha, étendu mais ne dépassant pas les 10 m de hauteur, sur un bras fossile de l'Euphrate, au milieu des cours actuels du Tigre et de l'Euphrate, qu'a été retrouvée la ville Sumérienne. Les fouilles ont montré que le premier habitat ne remonte pas plus haut que la fin du IVè millénaire, à l'époque de Djemdet Nasr. La ville s'étendait sur environ 70 ha à la fin du DA I et sur 100 ha au DA Illa. Elle était alors enfermée dans un rempart et comptait une population estimée entre 15 000 et 30 000 habitants. Elle est tombée dans l'orbite d'Ur III à la fin du IIIe millénaire. Elle a été dépeuplée et abandonnée au début du millénaire suivant, sans doute à cause du changement du cours de l'Euphrate. Archéologiquement, le site présente l'intérêt d'offrir des séquences de céramiques couvrant le DA I et DA Il. De nombreux sceaux et cylindres ont aussi été recueillis, et surtout des tablettes dans 24 loci à travers le tell, datées du DA IIIa ( - 2600 - 2500). Ces tablettes révèlent une structure administrative déjà complexe avec un ensi à la tête de l'État (mais aucun nom n'est connu) et tout un ensemble de fonctionnaires : sukkal rattachés au palais, conseillers (abgal), surveillants (uGula), échansons (sagi), commissaires (mashkin), etc., sans qu'on puisse déterminer leurs fonctions exactes et surtout leur position dans la hiérarchie bureaucratique; On a pu cependant en conclure que l'Etat était administré comme un grand domaine avec ses corps de métier. Néanmoins, l'aspect militaire est marqué par les listes de soldats cantonnés en divers lieux. La cité semble avoir fait partie à un certain moment d'une ligue de plusieurs villes sumériennes (où Uruk a peut-être occupé une placé prééminente) dans laquelle chaque cité fournissait un contingent militaire : la contribution de shuruppak paraît très faible, avec 56 hommes, face aux 182 d'Uruk et aux 192 d'Adab. Une tablette donne aussi une liste hiérarchique des dieux de la cité, qui correspond au panthéon sumérien classique, avec An (Anu) au sommet, suivi d'Enlil, d'Inanna, d'Enki, de Nanna et d'Utu.


Siduri

On considère que la cabaretière qui apparaît dans l'Épopée de Gilgamesh est une déesse dont le nom signifierait " Elle est ma protection ".


Tukulti-Ninurta

Roi d'Assyrie (-1243 - 1207). Il fut le premier à porter ce nom. De bien moindre importance est Tukulti-Ninurta Il (-890 - 884), le père d'Assurnasirpal II. Il échut à Tukulti-Ninurta Ier une Assyrie redevenue conquérante et agressive avec les règnes d'Adad-nârâri Ier et de son père, Salmanazar Ier (-1273 - 1244). Comme nombre de rois Assyriens, il dut faire face, dès sa montée sur le trône, à des révoltes et des coalitions de rois tributaires ou frontaliers. Il commença par porter ses armes dans la région du Zagros et vers le nord, où il utilisa une politique de terreur contre tout révolté afin d'étouffer la moindre velléité de rébellion. Ainsi entassa-t-il les cadavres des ennemis aux portes des villes. Dans la région du haut Tigre, il brisa des coalitions, ravagEa les régions au sud du lac de Van. En passant, il massacra quelques sujets du roi des Hittites, ce qui provoqua les protestations de Tudhaliya IV sans que cela ait une quelconque importance, ne serait-ce que parce que l'Assyrien se défendit en niant les faits. En 1232, le roi kassite Kashtiliash IV eut le tort de chercher à envahir les territoires du sud de l'Assyrie, dans la région d'Arrapha. La réplique fut fulgurante : Tukulti-Ninurta défit les Babyloniens, prît et mit à sac leur capitale, Dûr Kurigalzu, dont les murs furent rasés. Kashtiliash capturé, fut déporté en Assyrie avec une partie de la population; c'est cet épisode des campagnes de Tukulti-Ninurta qui va faire l'objet d'un poème épique en médio­assyrien, considéré, malgré son état fragmentaire, comme une belle oeuvre poétique. Le vaillant Tukulti-Ninurta se dresse face au perfide Kassite : " Contre le violeur de serment, Kashtiliash, les dieux du ciel et des Enfers sont remplis de colère. Leur fureur se tourne contre le roi, le pays et le peuple", ce qui justifie le châtiment que l'Assyrien inflige aussi bien au souverain qu'à son peuple et à sa ville. Toute la campagne est ainsi narrée sur un ton épique, pour la plus grande gloire du roi d'Assyrie, auprès duquel se sont naturellement rangés les dieux. Les tributs qu'il prélevait au cours de ces expéditions de pillage, le bois qu'il fit couper dans les forêts du Zagros, lui permirent d'édifier une nouvelle capitale, face à Assur, Kâr-Tukulti-Ninurta. Le vieux roi n'eut pas le loisir de profiter de sa résidence à peine achevée. Il fut assassiné dans son palais par son fils Assurnasirpal; mais c'est le frère de ce dernier, Assur­nadin-apli, qui réussit à s'emparer du trône. Il s'y maintint trois ans avant d'être remplacé par Assur-nârâri III. Il est remarquable que Tukulti-Ninurta, qui préfigure Assurnasirpal Il, aussi bien par la violence de sa politique de répression que par sa mégalomanie et son goût de bâtisseur qui le conduit à se donner une nouvelle capitale, ait été assassiné par l'un de ses fils portant le même nom que son illustre descendant.


Ur

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq, retrouvée dans le site du tell Muqayyar (ou Umgheîr). Un premier établissement fut fondé à l'époque d'El-Obeïd, vers la fin du Vè millénaire. C'était un village de huttes en roseaux et en pisé. Il fut submergé vers - 3900 à la suite d'une inondation exceptionnelle de l'Euphrate ou d'un déplacement du cours du fleuve qui laissa un niveau de limons stériles appelé par le fouilleur diluvium, par référence aux mythes du Déluge. De nouveaux établissements se succèdent pendant les époques d'Uruk et de Djemdet Nasr (entre -3900 et -2900). Les premiers siècles de l'histoire d'Ur, au DA, qui débute alors, restent à peine entrevus. La LRS donne Mésannépada, fils de Meskalamdug, roi de Kish comme fondateur de la 1re dynastie d'Ur, la troisième cité qui a pris la prédominance après le Déluge, à la suite de Kish et d'Uruk. On ne sait si ce Meskalamdug est le même personnage que celui dont on a retrouvé la sépulture dans le cimetière royal. Dans ce cimetière, situé au sud du temenos de Nanna(-Suen), les fouilleurs ont mis au jour 1 850 tombes dont les dates se situent entre - 2700 - 2600 et 2100. Parmi celles-ci, 16 sont considérées comme des tombes royales, hypothèse fondée sur la richesse du mobilier recueilli, le fait que les tombes étaient maçonnées et les titres (lugal pour les hommes, nin pour les femmes) accompagnant les noms de quelques-uns des personnages qui y étaient ensevelis. Le propriétaire de l'une d'entre elles (n0 1050), avec qui furent ensevelies une cinquantaine de personnes, Akalamdug, se déclare le fils de Meskalamdug. Il n'est pas non plus mentionné dans la LRS, mais il porte le titre de lugal, comme son père. On ne sait non plus quelles relations a pu réellement avoir Puabi, dont la tombe était l'une des plus riches du cimetière avec ces rois dont elle était à peu près contemporaine. Ce qui apparaît à l'évidence, c'est que ces personnages royaux, qui ont vecu aux XXVIIè s. et XXVIè s., ont été accompagnés dans leurs tombes par tout un personnel sacrifié pour continuer de les servir au cours de leur vie dans l'au-delà. À l'exception des quelques personnages cités ici, on ne connaît ni les noms ni la condition sociale des autres occupants des 1850 tombes. Il est possible, comme l'a suggéré Susan Pollock , que n'ait été enseveli là, à peu de distance du temenos, que le personnel du haut clergé du temple du dieu-lune et les dignitaires du palais. Cependant, Mésannipada, peut-être descendant ou parent des personnages royaux cités, ne semble pas avoir été inhumé dans ce cimetière, pas plus que son fils et successeur Aanépada. La LRS donne encore trois successeurs a Aanépada : Mes-kiag-Nanna, son fils, qui régna 36 ans, puis Élulu et Balulu, dont on ne connaît pas les liens de parenté et qui auraient régné respectivement 25 et 36 ans. La suprématie passa ensuite à la dynastie d'Awan, ce qui nous conduit aux environs de - 2400. La LRS cite une IIe dynastie d'Ur avec les noms incomplets de quatre rois qui auraient régné 116 ans. Si cette dynastie a existé, elle n'a pu réellement exercer une hégémonie ni, non plus, durer si longtemps, car vers -2340 Lugalzagési d'Umma, devenu roi d'Uruk et de Kish a soumis les villes de Sumer avant d'être lui-même renversé par Sargon d'Akkad, vers - 2334. Bien que l'histoire d'Ur à l'époque du DA reste à peu près inconnue, on sait que la ville était déjà devenue prospère, enrichie par le commerce que favorisait sa position sur le bas Euphrate, en communication directe avec les marchés de Dilmun, Magan et Mélukhkha. Elle était en même temps un aboutissement du commerce du golfe Persique et un port de transit des marchandises qui remontaient le fleuve jusqu'en Syrie. Son activité semble s'être ralentie pendant la période d'Akkad, bien que son prestige, et surtout celui de son temple de Nanna, fût déjà tel que Sargon établit sa fille Énhéduanna prêtresse du du sanctuaire. Ur va briller d'un dernier éclat avec la fondation de la IIIe dynastie, par Ur-Nammu, Son fils et successeur shulgi organise, consolide et étend encore l'empire d'Ur, qu'il conduit à son apogée. C'est sous les règnes de ces deux souverains que les monuments de la ville sont reconstruits, à commencer par les sanctuaires du temenos de Nanna et sa ziggurat. Ur-Nammu a commencé à entourer la ville d'une puissante muraille et à organiser ses deux ports, l'un à l'ouest, sur l'Euphrate, et l'autre au nord de la ville, sur un canal qui l'entourait en partie. C'est aussi lui qui a entrepris la construction de la ziggurat, appelée é.temen.ni.gùr.(ru) = "Maison, Fondement de la terrasse (ou Terrasse de fondation) revêtue de terreur", dont les bases, en partie reconstituées, subsistent encore et qu'acheva le fils de shulgi, Amar-Suen. Le temple lui-même, é.kis.nu.gàl, avait déjà été reconstruit par Naram-Sîn, et il fut sans doute remanié par Ur-Nammu. Une grande partie des 84 sanctuaires, chapelle et édifices de caractère cultuel recensés par A. R. George paraient déjà la ville ou ont été construits à cette époque. Amar-Suen ( - 2046 - 2038) ne régna que peu d'années mais il réussit à agrandir l'empire en y annexant une partie de l'Assyrie. shu-Suen ou shu-Sîn ( - 2037 - 2029), nom lu jadis Gimil-Sîn, succède à son frère Amarsuen. Il avait marié sa fille au fils du roi de Simanum, ville située vers l'Assyrie ; ce dernier avait été chassé de son trône, ce qui obligEa shu-Suen à intervenir; les rebelles furent déportés dans la région de Nippur, où l'on bâtit pour les loger une ville. Par ailleurs, la menace que les nomades Amorrites faisaient peser sur les frontières occidentales se précisent. C'est à cette époque que furent construits (ou achevés si shulgi en avait commencé la construction) le "mur des Amorrites" et un canal qui reliait le Tigre à l'Euphrate, canal qui aurait mesuré dans les 275 km. Deux femmes de la famille royale sont connues par un balbale , "Abi-Simti et Kubatum"; cette dernière était sans doute l'épouse de shu-Suen et Abî-simti celle d'Amar-Suen (plutôt que de shulgi, comme le pensait Falkenstein). À shu-Suen succède son fils (plutôt que son frère) Ibbi-Sîn ( - 2028 - 2004). À l'instar de shulgi, il utilisa la force militaire et les mariages diplomatiques, sans pour autant réussir à maintenir la cohésion de l'empire. Sous la pression sans cesse renouvelée des Amorrites, les fortifications qui défendaient la frontière de leur côté sont débordées et les nomades se répandent dans le pays. Ibbi-Sîn confie alors le commandement des provinces menacées à Ishbi-Erra tandis que lui-même marche contre l'Élam révolté. Il est vaincu et rentre en hâte à Ur, qu'il a fait plus encore fortifier. Profitant de la faiblesse de l'empire, de la famine qui sévit à la suite de la perte des provinces et de la destruction des récoltes, Ishbi-Erra se rendit alors indépendant dans Isin. En - 2007, puis de nouveau trois ans plus tard, les Elamites, alliés aux Amorrites et aux Su (un peuple barbare des montagnes encore inconnu, mais il s'agit peut-être simplement des gens de Suse), ravagent le Pays de Sumer et, finalement, prennent Ur et mettent à sac la vénérable capitale. Comme le laissent entendre les lamentations sur la destruction d'Ur, la ville ne tarda pas à renaître de ses cendres, mais elle avait perdu toute puissance politique : elle ne sera plus désormais qu'une ville sainte, la cité du dieu-lune, toujours dépendante de Babylone ou des Assyriens


Ur-Nammu

Gouverneur d'Ur (-2112 -2085). Sous le règne d'Utu-hégal à Uruk, il succéda à ce dernier on ne sait comment. Peut-être était-il simplement son fils. Mais il ne s'installa pas à Uruk, il établit la nouvelle capitale à Ur. Dans ses inscriptions, concentrées dans les villes de Sumer: Ur, Érîdu, Larsa, Lagash, Nippur et Uruk, par lesquelles est défini le territoire sur lequel il régnait, il se dit "l'homme fort, le roi de Sumer et d'Akkad". Fondateur de la IIIe dynastie d'Ur, il commence le travail de centralisation bureaucratique qui marque l'administration de cette dynastie. Il bâtit ou reconstruisit plusieurs temples (notamment de Nanna), releva le rempart d'Ur, fit creuser des canaux, replanter des dattiers, en bref, se montra un remarquable administrateur qui permit le développement du Sumer sous cette nouvelle impulsion. Il nous a été conservé en sumérien un hymne à la gloire du roi qui reconstruisit l'Ekur - le temple d Enlil; Le texte est divisé en deux chants chacun d'une forme differente appeles par le scribe qui les a redigés sagidda et sagarra. On attribue à Ur-Nammu un code de lois qui semble t-il serait plutôt dû a son fils et successeur shulgi. Les tablettes trouvées à Nippur et Sippar nous ont conservé le prologue à la gloire du roi et de ses dieux, et 37 lois. On a aussi retrouvé un poème sumérien intitulé "La Mort d'Ur­Nammu, où celui-ci fait une visite aux dieux de l'Enfer à la suite de sa mort sur un champ de bataille où il avait été abandonné "comme un pot broyé". Le musée de l'université de Pennsylvanie a reconstitué une belle stèle fragmentaire où l'on voit, notamment, le roi faisant une offrande devant une divinité assise sur un trône (Ningal?).


Ur-Ninurta

Roi d'Isin (-1923 - 1898), fils de Litpit-Ishtar. Il est connu pour avoir présidé une assemblée de la ville de Nippur destinée à juger un procès pour meurtre. On a pu être frappé par le fait que l'accusation et la défense ont été assurées par plusieurs citoyens de la ville, tous de petites gens, jardiniers, oiseleurs, "et même un mushkênun, semble-t-il" , ce qui a laissé supposer qu'il existait une forme de démocratie dans certaines villes de la Mésopotamie des IIIe et IIe mill. INSTRUCTIONS D'UR-NINURTA : Sous son nom est aussi placé un court texte (incomplet et détérioré par endroits) de 71 lignes, intitulé par son traducteur : "Instructions d'Ur-ninurta". Le texte est rédigé dans un "sumérien syllabique" difficile à comprendre, ce qui a conduit son seul traducteur (Bendt Alster, en anglais) à mettre en question son propre travail en remarquant que d'autres interprétations peuvent être proposées. Certaines prescriptions sont à rapprocher des Instructions de shuruppak (voir sagesses). Dans l'esprit de ces sagesses orientales, il s'agirait des instructions d'un dieu (1.37, a-ag-ga dingir-ra) à Ur-Ninurta, nous reportant dans la nuit des temps : "Au temps jadis, sur la fin de ces jours, après que les nuits furent devenues très loin de ces lointaines nuits, après que les années furent devenues loin de ces lointaines années, après que le flot (du Déluge) eut balayé (la terre), celui à qui fut donnée la sagesse par Enki... ". Il s'agit avant tout d'une suite d'exhortations à craindre la divinité et de conseils de fermiers, les références incessantes aux champs et à la moisson paraissant, d'ailleurs, symboliques. Il nous est aussi parvenu plusieurs hymnes où le roi est associé à diverses divinités : à An, dont il est l'élu, à Enki, à Inanna (deux hymnes).


Urartu

Royaume au sud du Caucase, situé entre les lacs de Van et d'Urmiah. Son histoire est connue grâce aux inscriptions urartéennes et aux annales des rois d'Assyrie. Urartu est un nom d'origine assyrienne désignant les régions au sud du lac de Van (Anatolie orientale, au coeur de ce qui deviendra l'Arménie historique, occupée maintenant par les Kurdes après la déportation et les massacres des Arméniens). Ce terme apparaît pour la première fois au XIIIe s., sous la forme Uruatri, dans les annales du roi d'Assyrie Salmanazar Ier ( - 1273 - 1264). Il est employé en concurrence avec celui de Naïri, qui était aussi le nom donné au lac de Van (mer de Naïri). Les Urartéens désignaient leur pays sous le nom de royaume de Bianili. Ce n'est cependant qu'au IXe s. qu'émerge un Etat organisé qui, au cours des siècles suivants, se structure et gagne en étendue, au point de devenir l'une des principales puissances du POA. Le premier souverain mentionné est un certain Aram(u), qui régnait sur la région de Van (capitale du royaume sous le nom de Tushpa) aux environs de -860. Salmanazar III prit sa capitale, Arzakim, vers -858. Les inscriptions de Salmanazar III mentionnent ensuite Sarduri, fils de Lutipri, contre lequel les Assyriens firent campagne en -832, sans doute peu après sa montée sur le trône. Il régna jusqu'en -825, date à laquelle lui succéda son fils Ishpuini. Ce n'est qu'avec le fils et successeur de ce dernier, Menua ( - 804 - 790), que le royaume commence à devenir conquérant, bien qu'Ishpuîni ait déjà entrepris des campagnes de conquête à la tête d'une armée non négligeable avec 10 000 cavaliers, 23 000 fantassins et une centaine de chars. Menua étend le royaume vers le sud et l'est, mais c'est son fils Argishti 1er ( -789 - 766) qui va pousser ses conquêtes vers le nord et le sud en utilisant les méthodes des Assyriens : massacres, incendie des villes, déportation. C'est dans la lointaine province de l'Araxe, à Érébuni (Erivan), qu'il déporte les captifs de sa campagne en Mélitène (sud-est de l'Anatolie ). Il s'attaque ensuite à l'Assyrie en la contournant vers l'est, mais il est tenu en échec par le tartan de l'armée assyrienne, shamshi-ilu, sous le règne de Salmanazar IV ( - 782 - 773). Cette politique agressive sera poursuivie par ses deux successeurs, Sarduri Il ( - 765 - 733) et Rusa 1er ( - 732 - 714), en direction de la Syrie au sud et de la Colchide (actuelle Géorgie) au nord-ouest. Vers la fin de son règne, Rusa doit faire face à une invasion de nomades venus par le Caucase, les Cimmériens, tandis que Sargon II conduit sa huitième campagne contre la région au sud du lac de Van, qu'il met à sac. Mais les Urartéens, rompus à la guerre et solides montagnards, se relèvent de ces ravages, et Argishti Il ( - 713 - 679) et surtout son fils Rusa II ( -678 - 654) rendent sa puissance à leur royaume, où ils fortifient les villes : Teishébaini (actuelle Karmir Blur), Toprak Kale, Bastan. Les hostilités entre Assyriens et Urartéens cessent vers cette époque, les deux royaumes ayant sans doute compris combien ils s'épuisaient mutuellement en vain alors que leurs frontières étaient menacées par ailleurs. On ne sait que peu de chose des derniers rois Urartéens, Sarduri III ( - 654 - 625), Eriména ( - 624 - 606) et Rusa III ( - 605 - 585), rois dont la séquence et la filiation restent discutées. La disparition de la royauté est due sans doute aux attaques des Cimmériens et des Scythes, et à l' expansion du royaume des Mèdes sous l'impulsion de Cyaxare, qui étend ses frontières jusqu'à l'Halys (Kizil Irmak), au coeur de l'Anatolie . La richesse de l'Urartu tenait à une agriculture rationalisée, mais aussi aux nombreuses mines (or, argent, fer) du royaume : elles permirent le développement d'un artisanat important qui produira un art du métal et de la chaudronnerie original, dont l'influence s'exercera jusqu'à la Grèce de l'époque archaîque. La population de l'Urartu, dont les origines restent obscures, a subi fortement l'influence des Hourrites, à moins que ce ne soit dans cette région qu'il faille chercher le berceau de cette dernière population. La langue des inscriptions urartéennes est voisine de celle des Hourrites, au point que Goetze y a vu un dialecte hurrite; Melikishvili a montré quant à lui les étroites relations des deux langues (dans la construction ergative - pour le sens d'ergatif, voir sumérien - ou dans les suffixes constituant les cas). Le dieu du Temps et de l'Orage, Teshéba correspond au Téshup hurrite, et shiwini le dieu-soleil, correspond au shimigi Hourrite. Sans équivalence restent cependant Haldi, le grand dieu national de l'Urartu, et son "épouse", Bagbarti, ainsi que le dieu-lune shélardi.


Urkesh

Un fragment de mythe traduit par Harry Hoffner Jr. sous le titre de "la Quête de l'argent pour Kumarbi" déclare à l'adresse d'Argent (le métal symbolisé) que son père est Kumarbi, le père de la cité d'Urkesh qu'il "réside à Urkesh, où il juge avec équité tôus les procès du pays". Depuis longtemps, Urkesh était connue par les textes, en tant que capitale du royaume hurrite. Une tablette de bronze trouvée selon un témoignage dans les environs de Samarra, ville d'Iraq au nord de Bagdad, comportant une dédicace à Nergal par Arisen, roi d'Urkesh et de Nawar, publiée par François Thureau-Dangin , conduisit cet assyriologue à situer la ville à l'est du Tigre. AIbrecht Goetze se rapprocha de la réalité en la situant dans le triangle du Khabur. On proposa aussi Tell 'Amuda, sur l'actuelle frontière turco-syrienne , mais il semble que la question a été résolue à la suite de l'exploration de TeIl Mozan, dans le nord de la Syrie, dans la plaine du Khabur, au sud du Tur Abdin. Le nom d'Urkesh a été lu sur une empreinte de sceau au nom du roi Tupkish. Le site a été occupé dès l'époque d'Halaf (-5500 - 5000). Les différents monuments exhumés, remontant au IIIe mill., sont d'abord un temple dit "temple BA" (phase I, v. -2450), gros bâtiment rectangulaire, un édifice qui aurait été un magasin royal, une demeure privée et une partie des remparts hauts de 6 m sur une épaisseur de 8 m. Dans la demeure privée ont été retrouvées deux tablettes administratives datées de la période d'Akkad et d'Ur III (-2200 - 2000). Toute une série de sceaux (ou d'empreintes) représentant des scènes avec personnages assis ou debout, dans un style sumérien, illustrent la "vie" du roi Tupkish et de son épouse, Uqnitum. Un important mobilier datant du DA III et de l'époque akkadienne a été recueilli, en particulier des objets en cuivre martelé et en bronze (vases, armes...), ainsi qu'une petite statuaire animalière en pierre et en terre cuite. Quant à Nawar, cité dans l'inscription publiée par Thureau-Dangin, on avait suggéré une identification avec le pays de Namri (ou Namar), situé vers le Zagros, ce qui conférait au pays hurrite une immense étendue, bien réduite depuis que de nouvelles découvertes ont montré qu'il existait une ville appelée Nawar dans la région du Khabur .


Urkish

Voir Urkesh.


Uruk

Ville du Sumer, au nord d'Ur et au sud-est de Babylone. Le nom moderne du tell où gît l'antique cité a conservé son ancienne appellation sous la forme Warka. Le premier établissement a été fondé vers la fin du Ve mill., dans la dernière phase de la période d'El-Obeîd. Grâce aux fouilles menées en profondeur à la hauteur de l'Èanna (temple du Ciel), on a pu établir une stratigraphie dont le mobilier propre à chaque niveau a permis de faire de l'Uruk préhistorique le site éponyme du dernier millénaire de la protohistoire de la basse Mésopotamie, succédant à l'obeïdien : Uruk ancien, appelé aussi dans la terminologie anglo-saxonne "protoliterate" ( - 4000 - 3750); Uruk moyen (-3750 - 3500) et Uruk récent (- 3500 - 3100). C'est au cours de cette dernière période qu'apparaissent les premières tablettes dans une écriture idéographique. Après la période intermédiaire de Djemdet Nasr débute l'époque historique appelée dynastique ancien ou archaique (DA). Malgré son ancienneté, Uruk ne fait pas partie des villes antédiluviennes de la LRS. Mais elle vient juste après Kish pour ravir à cette dernière la prééminence en Sumer avec sa 1re dynastie, aux alentours de -2700. L'auteur de la LRS n'utilise pas le nom d'Uruk, pourtant prestigieux à son époque, mais celui d'Éanna, à qui la royauté fut accordée au détriment de Kish. Le fondateur de la dynastie est Mes­kiag-gasher, fils d'Utu (le dieu-soleil), qui devint grand prêtre et roi (lugal), et qui aurait régné 324 ans. Le texte ajoute qu'il vint dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes, ce que d'aucuns (à commencer par Jacobsen) ont interprété selon la marche du soleil, qui se couche dans la mer à l'occident (mais la mer, pour Uruk, est au sud et invisible parce que trop éloignée) et se lève derrière les montagnes à l'est. Le fils de Meskiag-gasher, Enmerkar, est le héros de plusieurs épopées. La LRS en fait le fondateur d'Uruk. Ce qui ne peut être interprété que de cette manière : Uruk n'était encore qu'une agglomération autour de l'Éanna, voisine du bourg de Kullab, où se trouvait le temple d'Anu. Cette bourgade portait le nom du temple E.an.na.ka. Enme­rkar aurait fusionné les deux bourgs voisins pour en faire une seule ville sous le nom d'Uruk. Après un règne de 420 ans lui succède Lugalbanda, lui aussi héros de plusieurs mythes à qui est attribué un règne de 1 200 ans. Entre ce règne et celui de Gilgamesh, donné dans l'épopée comme le fils de Lugalbanda et de la déesse Nin-Sun (la dame buffle), la LRS place Dumuzi, dont la cité est Ku'a(ra) [dans le texte sumérien ku6-aki, alors que dans les mythes le concernant il est seigneur de Bad-Tibira. Gilgamesh, de son côté, est dit, dans la LRS, fils d'un démon lillû, grand prêtre de Kulla. Gilgamesh règne 126 ans, puis son fils Ur-Nungal (ou Ur-lugal = roi d'Ur) monte sur le trône où il règne 30 ans ; son fils Utul­kalamma(k) lui succède, sans qu'aucun grand mythe lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. La LRS cite encore cinq rois pour cette dynastie, le dernier étant Lugal­ki-tum (ou Lugalkigin), qui, après un règne de 36 ans, fut détrôné par Mésannépada, le roi d'Ur, lequel acquit à sa cité la prééminence. Trois fois encore, Uruk aurait réussi à retrouver une situation dominante, avec ses Ile, IIIe et IVème dynasties, qui, excepté la IIIe, illustrée uniquement par Lugalzagési, lequel fut d'abord roi d'Umma, n'ont eu aucune importance. Malgré ce passé mythiquement glorieux que lui acquit sa 1re dynastie, Uruk ne joua jamais qu'un rôle secondaire dans l'histoire même de Sumer, et elle perdit toute indépendance après que Sargon d'Akkad eut vaincu Lugalzagési et rasé ses hautes murailles. Toute sa grandeur, qui s'est édifiée pendant la période protodynastique, est conservée dans la version ninivite (assyrienne) de l'Épopée de Gilgamesh :"Celui qui a tout vu" (Gilgamesh) [...] fit construire le rempart d'Uruk-l'Enclos, du saint temple Êanna, le trésor sacré. "Regarde cette enceinte qu'entoure une frise pareille au cuivre, contemple ses pilastres que personne jamais n'égalera prends donc l'escalier qui est antique, approche l'Eanna, la demeure d'Ishtar que nul roi de I'avenir jamais n'égalera ni personne; monte donc sur le rempart d'Uruk, promène toi, examine les fondations, scrute le briquetage. Doutez vous que son briquetage soit en briques cuites et que les sept sages en aient jeté les fondations ? 3 600 arpents de cité, 3 600 arpents de vergers, 3 600 arpents d'argilière, 10 800 arpents le temple d'Ishtar, 10 800 arpents et 1 800 arpents : c'est l'aire d'Uruk !". Ville riche, ville opulente, Uruk avait conservé dans ses moeurs les principes de l'époque où elle vivait sous un régime de caractère démocratique, où l'assemblée du peuple décidait des affaires de la ville, avant que s'imposât un système monarchique dans lequel, néanmoins, le roi n'était pas tout-puissant. C'était aussi une ville de plaisirs : la cité des courtisanes, des hiérodules et des filles de joie (al kezrêti shamhatu u harimati), dit le poète de l'Èpopée d'Erra (IV, 52). Ce sont ces mêmes courtisanes, hiérodules et filles de joie, "tout le personnel féminin du temple d'Ishtar", que la déesse convoque pour se lamenter après que le héros et Enkidu ont tué le Taureau céleste. Comme Ur, Uruk reste cependant une ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides, ne vont cesser d'embellir, dont les temples sont sans cesse construits ou reconstruits, dont l'artisanat produit en permanence des oeuvres d'art. Quoique venant en cinquième position, après Babylone, Assur, Nippur et Ur, pour le nombre de ses chapelles et sanctuaires, elle en comptait 76. Son déclin ne commence qu'avec les Parthes et les Sassanides, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, jusqu'à ce que l'assèchement du bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie oblige ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des Arabes musulmans.


ziggurat

Mot akkadien dont la racine, zaqqaru, signifie "être élevé". Il désigne les tours à étages qu'on rencontre dans toute la Mésopotamie et en Elam, construites dans l'enceinte des temples. Le nom n'apparaît qu'à l'époque paléo-babylonienne, et il était écrit avec le sumérogramme U-NIR. Forme architecturale inventée par les Sumériens, la ziggurat, a-t-on pu supposer, figurait la montagne (du pays originel des Sumériens?) sur laquelle se manifestaient les dieux, dans un pays de plaines. Un petit temple (gigunu) était construit au sommet où il est possible que se soient déroulées les hiérogamies entre le dieu, descendu du ciel, et son épouse, en l'occurrence la reine ou une hiérodule, le dieu étant incarné par le roi ou un prêtre. Si chaque cité avait sa ziggurat, certaines pouvaient en avoir plusieurs.


Ziusura

C'est le nom du héros sumérien de l'histoire du Déluge, appelé par les Akkadiens Ut(a)-napishti(m), expression qui signifie "Celui qui trouve la vie". Au bout de sa quête de la plante d'immortalité, Gilgamesh parvint aux confins du monde où réside dans son éternité Ut(a)-napishti(m)-le-Lointain. Ce dernier lui fit le récit du Déluge (qui occupe la, plus grande partie de la tablette XI de l'Epopée de Gilgamesh [inspirée du récit du poème d'Atrahasis]. Ut(a)-napishtim, alors roi de shuruppak, fut sauvé par la faveur d'Éa, qui, ne pouvant l'avertir directement parce qu'il avait prêté serment avec les autres dieux de ne pas souffler mot aux hommes de la préparation du déluge destiné à supprimer l'humanité, le fit savoir aux haies de roseaux, qui le lui répétèrent. Comme le fit Atrahasîs, il construisit un immense bateau (décrit avec ses six entre­ponts) où il fit entrer des représentants de toutes les espèces animales mais aussi tous les artisans, toute sa famille, son argent, son or, des provisions de toutes sortes (90 hectolitres de bitume, autant d'huile de la bière, du vin, de l'eau, etc.). survint le Déluge, qui dura six jours et sept nuits. Enfin, le bateau s'échoua sur le mont Nisir (dans le nord-est de l'Assyrie). Ut(a)-napishtim lâcha alors une colombe qui, ne trouvant pas à se poser, revint au bateau il délégua alors une hirondelle, puis un corbeau qui ne revint pas. Enfin, par on ne sait quelle mansuétude, Enlil accorda l'immortalité à Ut(a)-napishtim et à son épouse. "Alors, conclut Ut(a)-napishtim, on m'emmena et on me fit habiter loin, à l'embouchure des fleuves."

Mot
Autres définitions mentionnant "Ur"
Images

Isin

Ville de la Babylonie identifiée dans le site moderne d'Isan al-Bahariyat. Les fouilles du site ont révélé que la ville avait déjà acquis une certaine importance au DA et à l'époque d'Akkad. Sa divinité principale était Gula, identifiée à Ninisina, la dame d'Isin. Elle y avait son temple, l'é.gal.mah (le Palais exalté). Une masse d'armes y a été retrouvée au nom du roi d'Akkad shar-kali-sharri. Le nom d'Isin n'apparaissant nulle part avant l'époque d'Ur III, Postgate, se fondant sur le fait que dans les textes d'Ur III, la ville est notée sous la forme d'IN-si-in a suggéré qu'elle a été mentionnée auparavant sous le logogramme INk, qu'on lit dans divers textes. La chute de la dynastie d'Ur III va permettre à Isin de devenir une capitale dynastique. Un Amorrite, Ishbi-Erra, officier dans l'armée du dernier roi d'Ur Ibbi-Sîn (-2028 -2004), reçut le commandement de la place d'Isin et de la région vers -2017. C'était l'époque où les Elamites et les montagnards du Zagros menaçaient l'empire d'Ur. On ne sait, en fait, quand Ishbi-Erra, profitant de la faiblesse politique d'Ur, se rendit indépendant au sein d'Isin. Il y reste solidement établi lorsque l'empire d'Ur s'effondre sous les coups des Amorrites et des Elamites . Une fois Ibbi-Sîn disparu, Ishbi-Erra peut se présenter comme le successeur légitime des rois d'Ur et fonder sa dynastie ce sera la dernière de la LRS, qui a dressé la liste de ses successeurs. On a pu supposer à juste titre que le nouveau roi, afin de se donner une légitimité, va encourager la diffusion de ce thrène qu'est la "Lamentation sur la destruction du Sumer et d'Ur"; dont la fin est une promesse de résurrection de la ville, sous-entendu grâce aux souverains d'Isin : "Oh Nanna (le dieu-lune d'Ur), ta royauté est agréable, retourne à ta place ! Puisse un bon règne d'abondance être réservé à Ur! Laisse le peuple se coucher dans les sûrs pâturages, laisse-le s'aimer ! [...] Oh Nanna, oh ta cité ! Oh ton temple ! Oh ton peuple ! " . Ishbi-Erra réussit à pacifier la contrée et à se rendre maître d'une partie de Sumer et d'Akkad, bien que certaines villes aient échappé à son autorité notamment Larsa, qui va s'imposer comme une rivale. Les premiers successeurs d'Ishbi-Erra shû-ilishu, Iddin-Dagan (-1974 -1954), Ishme-Dagan (-1953 -1935), vont maintenir la suprématie de leur cité. Néanmoins, le dernier s'est révélé impuissant à s'opposer à un raid du roi d'Assur Ilushumma, qui prétend, dans une inscription, avoir libéré Ur et Nippur : il est possible que la Lamentation sur la destruction de Nippur soit en relation avec ce raid sans lendemain de l'Assyrien. Lipit-Ishtar (-1934 -1924), successeur d'Ishme-Dagan, est resté célèbre pour le code de loi qu'il a inspiré. Après lui commence le déclin d'Isin. Les cités se rendent indépendantes tandis que monte l'étoile de Larsa. En vain Bûr-Sîn (-1895 -1874) reprendra-t-il Nippur et Ur. Il dut évacuer cette dernière peu après. Un quart de siècle plus tard, Isin n'est plus maîtresse que d'elle-même, elle ne contrôle plus que quelques champs aux alentours. Elle sera bientôt englobée dans l'empire d'Hammurabi.


Aanepada

Roi de la 1ère dynastie d'Ur, fils de Mesanepada , ayant régné vers -2500. Il aurait construit un temple au Dieu Ninhursag, à Obeid et un enclos pour le Dieu Enlil, à Nippur.


Abû Salabikh

Site sumérien (Sud-Irak), occupé depuis le Dynastique archaïque, qui pourrait être l'antique ville d'Eresh.


Adad-Nirari

Noms de plusieurs rois du Proche-Orient ancien , dont trois Assyriens : 1) Adad-Nirari : Roi de Qatna (vers - 1400) 2) Adad-Nirari : Fils d'Idrimi, roi d'Alalah, on lui doit une réorganisation du culte dans la ville. 3) Adad-Nirari 1er : Roi d'Assyrie(-1307 -1275), Il poursuit les conquêtes territoriales de son ancêtre, Ashur-Uballit 1er (-1363 -1328). Il agrandit l'Empire au Nord, jusqu'à Mardin, conquiert une partie du Mitanni, de la Babylonie et surtout repousse les invasions Kassites et les hordes Gutis. 4) Adad-Nirari II : Roi d'Assyrie (-911 -891), fils d'Ashur-Dan II, il reprend l'effort de restauration de l'Empire de son père. Il repousse les invasions des nomades Araméens,conquiert une grande partie de l'Urartu, réalise des expéditions militaires contre la Babylonie, jusqu'à l'Elam. Il construit ou restaure plusieurs portes et palais à Ashur. 5) Adad-Nirari III : Roi d'Assyrie (-810 -783). Durant les cinq premières années de son règne, c'est sa mère Sammuramat (Sémiramis) qui exerça le pouvoir , a la mort de son père, shamshi-Adad V. Adad-Nirari III conquiert les Royaumes Araméens de l'Ouest, repousse les Mèdes au Nord-Ouest, et maintient les Babyloniens sous son autorité.


Agga

Dernier souverain de la dynastie de Kish. Selon la Liste Royale Sumérienne, il est le fils d'Enmebaragesi, et aurait régné 625 ans .


Ahhiyawa

Nom Hittite du peuple établi ,à partir de -1400, le long des côtes de l'Asie-Mineure, en lequel on peut voir les "Achéens" de la tradition Homérique (migrants Grecs Mycéniens).


Ahriman

Dieu du "Mal" dans le panthéon Mazdéen (Religion de l'Iran ancien).Il est l'adversaire d'Ahuramazda, dieu solaire du" Bien" .


Ahuramazda

Divinité suprême et Dieu du "Bien"des Perses de l'Epoque Achéménide, son nom signifie "Seigneur de Sagesse". On a cru voir la première mention de son nom dans une inscription Assyrienne de -750.


Akalamdug

Roi d'Ur (vers -2600 -2580).Son nom, en Sumérien, signifie " Le Père du bon Pays". Il est peut-être le fils de Meskalamdug, mais ne figure pas sur la Liste Royale Sumérienne.


Akitu

Le jour de la fête du Nouvel An , en Mésopotamie. Dès l'époque des Dynasties "archaïques", la statue du Dieu tutélaire était vénérée et sortie de son sanctuaire . A Babylone , l'Akitu durait 11 jours et faisait l'objet d'un protocole très respecté, qui mêlait festivités populaires, participations du Roi aux rites sacrés du Dieu tutélaire de la ville.


Akkadiens

Nom d'un un peiuple et d'une langue sémitique parlée en Mésopotamie au cours des Ier, IIe et IIIe millénaires. Les Sémites qui véhiculèrent cette langue vers le "Croissant fertile" étaient présents avant -1600. L'Akkadien supplanta progressivement le Sumérien, pour s'établir comme langue "nationale" au début du IIème millénaire. A cette époque , l'Akkadien se divise en deux dialectes : l'Assyrien et le Babylonien.


Alaca Höyük

Cité royale d'Anatolie . Les premières occupations de ce site remontent au moins à -3000. Les tombes royales, richement décorées, qu'on y a découvert datent des environs de -2400. Elles appartiennent à la culture Hatti , qui précéda l'arrivée du peuple Hittite. Les objets d'Art que renfermaient ces tombes mettent en évidence le culte du taureau. On peut voir dans ce site la ville antique de Kushshara, capitale de l'Ancien Empire Hittite.


Alep

Ville de l'actuelle Syrie du Nord, elle porte le nom de Halam dans les tablettes d'Eblaet de Mari. Capitale d'un royaume prospère jusqu'au XVIe siècle, la ville fut détruite par le souverain Hittite Murshili Ier (vers 1595)


1 images

Allani

Déesse des Enfers dans le panthéon Hurrite. Son nom signifie "Reine" ou "Dame".


Alphabet

Alors que l'Ecriture cunéiforme, inventée par les Sumériens et adaptée pour écrire l'Akkadien, notait des syllabes, l'alphabet est un syllabaire dépourvu de voyelles, réduit à l'aspect consonantique de la langue. En soi, il représentait une simplification si extraordinaire de l'Ecriture qu'il est resté le système adopté par toutes les langues du monde occidental et de la moyenne-Asie. Le premier exemple d'Alphabet a été découvert à Ugarit, et date des environs de -1300.


2 images

Altin Tepe

Site de la Turquie Orientale, près d'Erzincan. Cette ville fortifiée fut importante au sein du Royaume d'Urartu (vers -850 -650).


Amarsuen

Roi d'Ur (-2046 -2038).Son nom signifie "Taurillon de Sîn". Fils et successeur de shulgi, il hérita d'un Empire à son apogée, construisit de nombreux temples dans la région.


Ammisaduqa

Onzième Roi (-1646 -1626) de la dynastie Amorrite de Babylone, il reste dans l'Histoire comme un Roi bienveillant envers les pauvres et les citoyens endettés, ayant décrété pour son peuple la suppression de toutes les dettes individuelles.


Ammonites

Population de langue sémitique installée autour d'Amman, l'antique Rabbath-Ammon, en Jordanie actuelle. Les Ammonites eurent à combattre les Hébreux à plusieurs reprises.


Amorrites

Population de langue sémitique qui apparaît au Bronze ancien. Leur nom figure pour la première fois dans les annales du souverain d'Akkad shar-Kali-sharri (vers -2215). Présents, comme nomades, dans la région du Moyen-Euphrate depuis le troisième millénaire, les Amorrites se sont très progressivement installés dans tout le "Croissant fertile", et finiront par fonder une Dynastie à Babylone. Hammurabi de Babylone se proclamait "Roi des Amorrites".


Amuq

Nom de la plaine au Nord-Est d'Antioche (actuelle Antakya, Turquie),région marécageuse arrosée par l'Oronte occupée depuis le Néolithique.


Amurru

-Nom Akkadien du pays des Amorrites. -Nom d'une divinité sémitique et dieu tutélaire des Amorrites. On le retrouve dans le Sud de la Mésopotamie dès l'époque d'Ur III. -Nom donné à la constellation de Persée, identifiée à la divinité Amurru.


2 images

Anahita

Ancienne Déesse Perse. Son nom signifie "la Pure". Divinité des Eaux, elle s'apparente à une Déesse-mère. Introduite dans le culte officiel de la Dynastie Achéménide par Artaxerxès II, vers -390, elle sera connue sous le nom d'Anaïtis.


Anatolie

Nom grec désignant la Turquie asiatique actuelle. Carrefour des Civilisations , elle fut le cadre des premières cultures agricoles, mais aussi le berceau des civilisations du Bronze ancien au début de notre ère (Culture Hatti , Phrygienne , Hittite , Urartéenne, Mitannienne, Grecque, etc..).


1 images

Annales

Textes historiques rapportant les faits et gestes des souverains . Jour après jours , les scribes notaient les gestes , décisions ou rites effectués par le souverain dans le but d'asseoir sa gloire.


Anshar et Kishar

Divinités primordiales sumériennes dont est né le Dieu suprême, Anu. Leurs noms signifient "Totalité d'en-haut" et "Totalité d'en-bas".


Anu

Dieu sumérien du Ciel, issu de l'union d'Anshar (ciel) et de Kishar (terre). Le premier temple dédié à Anu fut probablement construit à Uruk. Anu fut par la suite adoré dans tout le Proche-Orient ancien.


1 images

Appu

Héros d'un conte mythologique Anatolien, connu par des tablettes découvertes à Bogâzköy (L'antique Hattusas ). Peut-être d'origine Hurrite.


Apsû

Nom akkadien désignant le monde des eaux souterraines , et par extension, des Enfers. L'Apsû désigne aussi un petit bassin aménagé au cœur du temple, censé représenter les Eaux primordiales.


Aqar Quf

Voir Dûr Kurigalzu.


Arabes

Tribu de pasteurs qui, au premier millénaire, nomadisait dans les Déserts du Sud de la Syrie et du Sud de l'Irak actuels. Plus tard, ce nom recouvrait toutes les tribus de la péninsule Arabique. La première mention historique du terme d'Arabes date du règne de Salmanazar III (Roi d'Assyrie (-858 -824), qui devait repousser perpétuellement les vagues de pilleurs et de guerriers Arabes , au Sud-Ouest de son royaume.


2 images

Arali

Ce terme sumérien aurait (?) désigné à l'origine la steppe située entre Bad-tibira et Uruk. Dumuzi, seigneur de Bad-tibira, est aussi, dans les tablettes sumériennes, seigneur de Arali.


Araméens

Population de langue sémitique qui apparaît dans l'Histoire vers -1200. Les Araméens sont probablement issu de ces population du Nord du Désert Arabique qui se sédentarisaient, par vagues et souvent de manière pacifique le long du Moyen-Euphrate. Dès -1100, les inscriptions Assyriennes différencient les Araméens (Ahlamû) des Arabes. Mais il n'y a pas de véritable "Culture" Araméenne originale, sinon une multitude de petits royaumes au Nord de la Syrie, influencés par le monde Hittite, au Nord. Les Dieux Araméens sont presque tous d'origine sémite. En revanche, la langue Araméenne exprime des phonèmes sémites par l'Alphabet Phénicien. A partir de la chute de Damas, en -732, l'Araméen deviendra une langue diplomatique et officielle à la cour du Roi d'Assyrie et de Perse, et sera parlée dans tout le Proche-Orient Ancien. L'Araméen tardif sera la langue du Royaume de Palmyre et des Nabatéens.


Arbèles

Importante cité d'Assyrie (actuelle Erbil, Nord-Irak). Les souverains Assyriens y établirent une garnison et une place forte, ainsi que plusieurs palais.


Arétas

Nom de cinq rois des Nabatéens Arétas Ier : Vers -170, ce Roi , allié aux Asmonéens , est appelé "le tyran des Arabes". Arétas II : Vers -120, Arétas II se retourne contre les Asmonéens et lance (?) des raids contre les rois Macédoniens d'Egypte et de Syrie. Arétas III : Vers -70, ce roi étend le royaume Nabatéen jusqu'à Damas, mais dut reculer devant les Asmonéens et les Romains . Assiégée, la ville de Pétra dut accepter des échanges commerciaux avec l'Empire Romain. Arétas IV : Ce roi régna au début du premier siècle de notre ère, dans une période d'opulence d'un Royaume Nabatéen très romanisé.


Arslan Tash

Village kurde au Nord de la Syrie, son nom signifie en turc : "la pierre au lion". On y retrouva les restes d'un palais Assyrien.


2 images

Artaxerxès

Forme grecque du Persan "Artahsassa" : nom porté par trois rois de la dynastie des Achéménides. Artaxerxès Ier : (-465 -424). Fils de Xerxès Ier. Dans la lignée de la politique de son père, il poursuit l'iranisation de la Babylonie (les Perses acquerront des terres et des fonctions élevées en Babylonie). Sous son règne se poursuit le retour en Palestine des populations sémites déportées par Nabuchodonosor. Artaxerxès II : (-405 -359). Fils de Darius II. Il dut pendant son règne, combattre les attaques successives de son frère, Cyrus le Jeune, gouverneur de la satrapie perse d'Asie. L'Egypte repoussait les colons Perses alors que les plus importantes satrapies d'Asie-mineure se révoltaient contre l'Empire Perse, et Artaxerxès II laissera un Empire affaibli. Artaxerxès III : (-359 -338).Fils d'Artaxerxès II, il inaugure son règne par le massacre de tous ses frères et sœurs. Roi sanguinaire, Il réprime durement la révolte des satrapies d'Asie-mineure et pille Sidon, reconquiert l'Egypte. Il s'allie avec Athènes et entre en guerre contre Philippe de Macédoine. Mais la Grèce tombe sous la domination macédonienne, et, la même année, Artaxerxès meurt empoisonné.


1 images

Aruru

Déesse-mère sumérienne, créatrice de la "multiplicité humaine". Dans l'Epopée de Gilgamesh, elle est invoqué par la population d'Uruk pour créer un double de Gilgamesh, qui lui ferait cesser ses débauches érotiques dans toute la ville. Elle créera ainsi Enkidu, le compagnon de Gilgamesh. Aruru est aussi appelée "Dame du silence" et présidait aux accouchements.


Asag

Démon sumérien("Asakku"en akkadien). créature hideuse des montagnes, il aurait représenté, pour les Sumériens, les pillards (Gutis ?) du Zagros qui déferlaient régulièrement dans la plaine sumérienne. Mais Asag est aussi l'un des sept démons de la maladie , celui qui s'attaque à la tête et provoque la mort.


Asherah

Déesse-mère Cananéenne connue par les textes "bibliques". Elle correspond à la déesse Amorrite Ashratum des textes paléo-babyloniens, où elle est la parèdre du Dieu Amurru, et à la déesse du panthéon ugaritique, Athirat. A Babylone, elle est la " maîtresse de l'abondance et de la fertilité. Elle sera associé au Dieu Yahweh , par les Hébreux, du Sinaï à la Palestine.


Assarhaddon

Roi d'Assyrie (-680 -669). Son père, Sennachérib est assassiné par ses deux autres fils, jaloux du choix d'Assarhaddon comme successeur. Alors que la population soutient les frères rivaux d'Assarhaddon, ce dernier doit réprimer une révolte, et mater les velléités d'indépendance du Bit Yakin, en Babylonie. Assarhaddon devra continuellement défendre ses frontières au Nord, contre les Scythes, au Sud-Ouest, contre les Arabes, au Nord-Est, contre les Mèdes. En 674, l'armée Assyrienne est repoussée d'Egypte par le pharaon Taharqa. Trois ans plus tard, Assarhaddon réussit à imposer la domination Assyrienne dans tout le Delta du Nil, jusqu'à Memphis. Le souverain Assyrien rénova et construisit plusieurs temples et palais à Ninive, Assur, Babylone. C'est un Empire à son apogée qu'il laissera à son fils et successeur, Assur-banipal.


Assur

Divinité tutélaire et éponyme de la cité d'Assur. A l'origine, divinité des montagnes assez inconsistante, dont le nom apparaît, pour la première fois, dans les tablettes de Kültepe (ancienne Kanesh). Vers -1300, Assur est identifié à Enlil,puis, sous Sargon II ( -721 -705 ), au Dieu Anshar, enfin, sous Sénnachérib, il éclipse Marduk. C'est le "Dieu des Dieux", mais aussi celui de la "Nation" Assyrienne.


25 images

Assur

Capitale de l'Empire Assyrien, (actuel qal'at Sergat, Nord-Irak). Le site d'Assur fut occupé avant la période d'Obeid, mais ce n'est qu'au Dynastique Archaïque qu'une bourgade se forme, très vite absorbée dans le royaume d'Akkad. Il faudra attendre les environs de -2050 pour qu'Assur devienne la capitale administrative d'un royaume indépendant, l'Ancien Empire Assyrien. Alors que la ville et l'Empire s'enrichissaient grâce au commerce avec la Cappadoce (Turquie centrale),shamsi-Adad Ier (-1813 -1781) se posait comme rival d'Hammurabi, Roi de Babylone. Sous le règne d'Assurnasirpal II (-883 -859), Assur perd le statut de capitale au profit de Kalhû, nouvelle résidence du souverain. Assur fut détruite par les Mèdes en -614.


25 images

Assurbanipal

Roi d'Assyrie (-668 -627), fils et successeur d'Assarhaddon. Dès son arrivée sur le trône, il dut réprimer une rébellion en Égypte, menée par le Pharaon Taharqa. Thèbes fut libérée des Assyriens, mais Assur-banipal reprendra la ville quelques années plus tard. Le souverain Assyrien dirigera ensuite une expédition contre Tyr, Arvad et la Phénicie, mais aussi contre les Mannéens et l'Elam. Mais durant ces campagnes, son frère, Shamash-shum-ukîn, gouverneur de Babylone, se révolte à son tour, allié aux Arabes et aux Elamites. Assur-banipal détruit Babylone en -648, puis s'empare de l'Elam. Il se fait représenter en train de chasser le lion sur les parois de ses palais, construit de nombreux temples. Roi lettré, Assur-banipal laissera une importante bibliothèque, avait été initié aux arts divinatoires et lisait le Sumérien.


11 images

Assurnasirpal

Nom de deux rois d'Assyrie. Assurnasirpal Ier : (-1049 -1031). Ce roi n'a laissé que peu de traces de son passage sur le trône d'Assur. Issu des montagnes (?) il aurait importé à Assur une déesse inconnue des Assyriens d'alors. Deux prières, dont une adressée à Ishtar, nous sont restées de son règne. Assurnasirpal II : (-883 -859). Roi ambitieux et sanguinaire, fils de Tukulti-Ninurta II, il dirigea des campagnes victorieuses contre les Araméens du Nord de la Syrie, jusqu'en Phénicie et soumet les Mushki du Taurus. Le Roi restera célèbre pour les supplices et mises a mort qu'il infligeait aux populations rebelles vaincues. Il transférera la capitale Assyrienne d'Assur à Kalhû.


9 images

Assyrie

Région originelle (Nord-Irak actuel) de la Culture Assyrienne, elle fut d'abord comprise dans la sphère d'influence sumérienne, puis intégrée à l'Empire d'Akkad (vers -2350). On sait finalement peu de choses sur les populations (nomades ) qui furent à l'origine du peuple Assyrien. Probablement très tôt mêlés aux Amorrites, les dix premiers rois de la liste royale Assyrienne "vivaient sous la tente". C'est vers -2100 que les "Assyriens" s'installent à Assur. Alors que la structure politico-économique du pays s'élaborait, le commerce avec la Cappadoce s'intensifiait, grâce au comptoir Assyrien de Kanesh. Se succèdent sur le trône d'Assyrie : Sargon Ier, Puzur-Assur II, Naram-Sîn (-1807 -1776), en qui l'expansion territoriale des Assyriens trouve son point de départ. Peu après -1500, Saustatar, roi du Mitanni, effectue un raid sur le petit royaume d'Assur. A partir de cette époque, les Empires Mitannien, Babylonien et assyrien semblent diplomatiquement à égalité. Au roi Assur-Uballit Ier(-1363 -1328), succède Adad-Nirarî Ier, Salmanazar Ier, Tukulti-Ninurta Ier. La période suivante semble faire état de moins d'opulence et de création artistique et intellectuelle. Il faut attendre Téglath-Phalasar Ier (-1114 -1076) pour retrouver une politique impérialiste de l'Assyrie , bien que ce soit sous Adad-Nirarî II, Tukulti-Ninurta II, et surtout Assurnasirpal II (-883 -859) , que l'Assyrie se constituera le plus vaste empire jamais établi au Proche-Orient Ancien, et ce même empire atteindra son apogée sous les Sargonides : Sargon II, Sénnachérib, Assarhaddon et Assur-banipal. Après un conflit pour la succession D'Assur-banipal, Nabopolassar s'empare de la Babylonie. Cyaxare, le roi des Mèdes tente de prendre Ninive vers -615. L'alliance des Babyloniens et des Mèdes scellera le destin de l'Assyrie, avec la prise d'Assur, de Kalhû et , finalement, de Ninive...Le dernier souverain Assyrien Assur-Uballit II tentera pourtant de résister depuis Harran, avec l'appui des troupes égyptiennes, avant de disparaître brutalement de la scène politique. Seule, Arbèles a survécu à ces destructions.


37 images

Astrologie

Il ne semble pas que l'astrologie ait été connue des Sumériens. La divination, à partir de l'observation du ciel, s"est développée chez les Sémites, à l'époque paléo-babylonienne. Cependant, l'astrologie telle que nous l'entendons, savoir l'influence des astres sur la destinée des individus, n'a réellement été pratiquée en Mésopotamie qu'à très basse époque, sous l'influence de la conception grecque selon laquelle l'Univers est composé de cercles concentriques au centre desquels se trouve la Terre.


Astronomie

L'astronomie, documentée à peu près exclusivement chez les Mésopotamiens, est étroitement liée à l'astrologie, pour ne former qu'une seule "science".


Astyage

Dernier roi des Mèdes (-585 -550), Astyage est la forme grecque d' "Arshtivaïga", "celui qui brandit la lance". Selon Hérodote, il aurait épousé une princesse lydienne dont il aurait eu une fille, Mandane, qu'il donna en mariage au roi perse Cambyse Ier. De cette union naquit Cyrus, le futur conquérant.


Ayya

Déesse sumérienne et akkadienne. Son surnom, d'origine sumérienne, est " lumière céleste". A Sippar, on la vénérait comme épouse de Shamash (Dieu solaire). Divinité astrale à l'origine, elle est devenue déesse de la fertilité.


Baal

Dieu cananéen de l'Orage et de la fertilité. Son nom signifie "Seigneur". Il apparaît comme un dieu des Eaux et de la Pluie fécondante dans les cultes agraires, et s'oppose à Môt, la sécheresse et la Mort. Il est le modèle des dieux morts et ressuscités, symbole du triomphe de la vie, mais aussi du renouveau annuel de la Nature. On fêtait sa renaissance à chaque printemps, dans toutes les régions sémitiques de l'Ouest du Proche-Orient Ancien.


6 images

Baba

Déesse sumérienne propre au panthéon de Lagash. Déesse-mère archaïque et maîtresse des animaux, on lui donnait le titre de "Dame de l'abondance". A l'époque paléo-babylonienne, elle sera identifiée à Inanna et à Ninsina, déesse de la Santé. Des temples lui étaient consacrés à Uruk, Lagash et Kish.


Babylone

Ville au Sud de Bagdad (Irak actuel), son nom en sumérien était "Ka-dingir-ra(ki)", et en Akkadien "Bab-ili", littéralement : "la porte du Dieu". C'est la Babel des textes "bibliques". La première mention de Babylone apparaît dans des textes datant du règne de shar-kali-sharri (-2217 -2193). Petit centre religieux dès l'époque sumérienne, Babylone ne prendra de l'importance qu'après que l'Amorrite Sumu-abum (-1894 -1881) en ait fait la capitale de son royaume indépendant. Peu à peu, le petit royaume va gagner du terrain (Sippar, Dilbat, Kish puis Marad). Quand Hammurabi (-1792 -1750) devient Souverain de Babylone (Dynastie Amorrite), il est à la tête d'un empire assez important pour attirer les jalousies des Kassites, venus du Zagros Iranien. A deux reprises, les guerriers Kassites tenteront, en vain, de prendre Babylone, sous les règnes de Samsu-iluma (vers -1740) et de Abî-eshuh (-1711 -1684). Toujours est-il que l'implantation des Kassites en Babylonie fut progressive, ceux ci étant très présents dans certains corps de métiers, et même dans l'armée. Quand, en -1595, le Roi Hittite Mursili Ier effectue un raid sur Babylone, mettant ainsi un terme à la dynastie Amorrite, il laisse le champs libre aux Kassites qui y fondent une nouvelle dynastie, en transférant la capitale à Dûr Kurigalzu. Mais très vite, alors que les derniers rois Kassites s'épuisent en guerres contre l'Assyrie de Tukulti-ninurta Ier, l'Elam saisit l'occasion pour piller Babylone et y installer un souverain élamite. Ce n'est qu'avec Nabuchodonosor Ier (-1125 -1104), de la IIème dynastie d'Isin, que la Babylonie redeviendra un empire indépendant, grâce à des campanes menées contre l'Elam. Mais, très vite, l'Assyrie étend sa domination sur la Babylonie. Ce sera la gloire de la Dynastie Chaldéenne, avec Nabopalassar et son fils, Nabuchodonosor II, de donner à Babylone un empire qui s'étendit de la Méditerranée à l'Elam, et de faire de Babylone la ville la plus prestigieuse de l'Orient Ancien. Après la prise de la ville par Cyrus, en -539, la ville gardera son hégémonie du point de vue intellectuel et "scientifique", au point qu'Alexandre voulut en faire la capitale de son immense empire. C'est là qu'il mourut, en -323. Babylone survivra encore quelques siècles, sous la dynastie macédonienne de Syrie, et s'éteignit lentement durant la dynastie Iranienne des Parthes. Pour les anciens Mésopotamiens, Babylone était la ville sainte, en relation avec Ikû, la constellation de Pégase.


15 images

Babyloniens

On a tendance à attribuer à ce nom un sens général impliquant toute la partie Sud de l'actuel Irak, les Assyriens occupant le Nord. Cette vue se justifie dans la mesure où Hammurabi a étendue son empire sur cette partie méridionale de la Mésopotamie, comprenant les anciens Sumer et Akkad, et où les lois promulguées par ce roi ainsi que de nombreuses notions culturelles, à commencer par la langue, le babylonien ancien, forme dialectale de l'Akkadien, et les institutions sociales, se sont imposées aux anciennes villes suméro-akkadiennes. L'Histoire des babyloniens se confond avec celle d Babylone à partir de la dynastie Amorrite, illustrée par Hammurabi.


Bad-Tibira

Ville sumérienne antédiluvienne, non encore localisée. Mentionnée dans la "liste royale sumérienne" comme ville "dominante", ayant succédé à Eridu. Le troisième roi de cette ville fut Dumuzi, "un berger", qui aurait régné 36 000 ans. Bad-Tibira signifie, en sumérien, "le mur des métallurgistes", ce qui semble suggérer que la ville fut un des premiers centres où se développa la métallurgie (du cuivre et peut-être du bronze), en Mésopotamie.


Bahreïn

Ile du golfe Persique. Occupée dès la fin de la période d'Obeid, elle prendra de l'importance lors de l'expansion coloniale des Sumériens, au Dynastique archaïque. Elle deviendra un "entrepôt" sumérien sur la route de Magan et de la vallée de l'Indus (dattes, cuivre).


Balag

Terme sumérien (pallagû) désignant un instrument de musique (harpe? tambour? timbale?) à caisse de résonance. Ce nom s'est ensuite étendu à une pièce du genre des "lamentations", psalmodiée avec l'accompagnement de cet instrument. Si bien qu'il semblerait qu'au premier millénaire, l'accompagnement instrumental ait été abandonné et que le terme de balag n'ait plus été appliqué qu'à l'élégie incluse dans un rituel.


Balawat

Site au Nord de l'Irak, au Nord du site de Kalhû. Ancienne ville Assyrienne d'Imgur-Enlil (littéralement : "Enlil est favorable"). Occupée dès la période d'Obeid, ce n'est qu'au IXème siècle qu'elle prend une réelle importance. On y a découvert les restes d'un palais néo-assyrien et d'un temple à Mamu (dieu local sans relation avec la déesse sumérienne des rêves), ainsi que de très beaux reliefs en bronze datant des règnes d'Assurnasirpal II et de son fils, Salmanazar III (scènes de chasse, de campagnes militaires).


3 images

Balbale

Ce terme sumérien désigne un "hymne à la divinité". En réalité, le balbale est avant tout un dialogue chanté de caractère poétique qui est parfois loin d'un hymne à une divinité, et peut se rapprocher de la poésie amoureuse.


Balthazar

Fils de Nabonide, dernier "roi" de Babylone. Il est connu par le livre "biblique" de Daniel. Son nom babylonien est Bêl-sharra-usur. Peut-être "ministre" du commerce sous le règne de son père, il devient co-régent de Babylone en -545.


Barillets

Les archéologues ont donné ce nom a des objets en argile épousant la forme de petits barils, couverts d'inscriptions cunéiformes. Les textes étaient destinés à commémorer un évènement et ils étaient en général adressés à une ou plusieurs divinités sous forme de prière par le personnage qui faisait la consécration, en général, un roi.


Béhistoun

Site de l'Iran occidental, son nom en Vieux-Perse , Bagistana, signifie "la place du Dieu". Darius y fit graver un relief le représentant face à ses ennemis vaicus, comme le "mage" Gautama, un usurpateur et un rebelle. Au dessus de la scène se tient Ahura -Mazda.


Bérose

Historien d'origine babylonienne. Son nom grec, Berossos, vient du babylonien Bêl-ushur. Il est l'auteur d'une Histoire de Babylone composée de trois livres, rédigés en grec : "Les Babyloniaca". Bérose est né aux alentours de -350 et aurait été prêtre dans le temple de Bêl, à Babylone. Alexandre le fait gouverneur de la satrapie de Babylone, mais il finira sa vie sur l'île égéenne de Cos, où il aurait fondé une école d'astrologie.


Bêl

Mot signifiant "seigneur", devenu le nom d'une divinité. - En Mésopotamie : Bêl désigne le Seigneur (dieu tutélaire) de la cité, mais fait également partie intégrante du panthéon Assyrien et Babylonien. - En Syrie : Son nom se lit souvent dans les inscriptions aussi bien en grec qu'en palmyrénien. Dieu babylonien adopté par les palmyréniens, il est essentiellement un dieu solaire. Un temple lui était consacré à Palmyre.


1 images

Bît Adini

Petit royaume Araméen de Syrie, sur l'Euphrate, dont la capitale était Til-Barsip, vers -950. D'abord tributaire de l'Assyrie sous Assurnasirpal II, il devient une région de l'Empire sous Salmanazar III (en -856).


Brak (Tell-)

Nom arabe d'un vaste Tell du Nord-Est de la Syrie, à proximité du Haut Khabur. Occupée depuis la période d'Obeid (vers -3800), il fit partie de l'empire Mitannien, avant d'être abandonné vers -1400. On y retrouva des restes d'un temple de l'époque de Jemdat Nasr.


Byblos

L'un des principaux ports de la côte Phénicienne ( actuelle Djebail ). A partir du troisième millénaire, Byblos prend de l'importance grâce aux relations commerciales avec l'Egypte (exportation de bois de cèdre). Détruite vers -2300, Byblos sombre dans une période obscure avant de retrouver tout son prestige vers -1900, toujours sous forte influence Égyptienne. Après une nouvelle période obscure qui correspond à l'invasion des Hyksos en Egypte, la ville retombe dans l'orbite égyptienne durant tout le "Nouvel Empire" (-1500 -1000). C'est de la fin de cette époque, alors que la cité s'est rendue indépendante, que date le tombeau d'Ahiram. Byblos prospère encore au cours du Ier millénaire, mais perd la prépondérance qu'elle partageait avec Ugarit sur les côtes Phéniciennes, au profit de Tyr et de Sidon. La ville tombe ensuite dans l'orbite assyrienne puis babylonienne, et devient une ville maritime et commerçante de l'Empire Perse puis du Royaume Séleucide, avant de devenir romaine.


5 images

Cambyse

Forme grecque de Kambujiya. Nom de deux rois Perses. - Cambyse 1er : (-585 -559) Père de Cyrus II Le grand, il ne nous est connu que par les traditions grecques. Il serait le fils cadet de Cyrus Ier, qui lui aurait confié le petit royaume de Parsumash. Devenu Roi de Parsumash, d'Anshan et de Parsa (la Perse), il était vassal d'Astyage, Roi des Mèdes, dont il aurait épousé la fille, Mandane. - Cambyse II : (-530 -522). Fils aîné de Cyrus II, qui le fait Roi de Babylone. A la mort de Cyrus II, des révoltes éclatent et Cambyse fait assassiner son frère, alors gouverneur des régions orientales de l'Empire. En -525, Cambyse entreprend la conquête de l'Egypte, dont il occupe bientôt la vallée du Nil, en détruisant les temples, massacrant le clergé local. Mais des révoltes, en Iran oriental, le rappellent en Asie. Sur le chemin, en Syrie, il se serait blessé à la cuisse, blessure dont il serait mort. Darius lui succéda.


Cananéens

Le nom ethnique de Cananéen apparaît pour la première fois (ki-na-ah-num) dans un texte de Maridaté des environs de -1750. Le territoire de Canaan débutait aux frontières de l'Egypte et s'étendait jusqu'aux montagnes du Liban, au Nord. Et, bien que parlant un langage fort voisin, les gens d'Ugarit regardaient les Cananéens comme des étrangers. La plus ancienne des villes de Canaan est Jéricho, meme si d'autres furent d'égale importance, comme Mégiddo ou Lakish. La langue cananéenne fait partie des langues sémitiques de l'Ouest, qui ne sont en fait que des dialectes plus ou moins particuliers (comme l'Ugaritique, le Phénicien, l'Edomite ou le Moabite), d'une même langue sémitique originelle. Les principaux dieux cananéens sont El, Dieu suprême, Baal, Reshep, et, comme divinité féminine, Ashérah. La terre de Canaan disparaitra après l'occupation de la côte par les Philistins (un peuple d'origine égéenne), et l'expansion, au Nord, des Araméens.


Cappadoce

Région volcanique du centre de l'Anatolie , elle fut au centre de la culture Hatti (vers -2500), avant de devenir Hittite. Kanesh, le comptoir Assyrien établi en Cappadoce, fut le centre de transit de toutes les routes commerciales, en direction de l'Assyrie. Du perse Katpatuka, la Cappadoce fut une satrapie de l'empire Perse.


1 images

Chaldéens

Le mot de "Kal-du" est mentionné pour la première fois dans les annales d'Assurnasirpal II. On ignore l'origine de ces tribus semi-nomades qui peuplaient cette région proche de la babylonie, dont elles avaient adopté la langue. Souvent en guerre ou en révolte contre la domination assyrienne, les Chaldéens fondent une dynastie à Babylone, avant d'etre conquis par l'armée Assyrienne (-710). Les Chaldéens avaient la réputation d'être d'excellents astronomes.


Cunéiforme

Voir Ecriture.


3 images

Cyrus

- Cyrus Ier : (vers -640 -600). Fils de Teispès, roi de Parsumash, d'Anshan et de Parsa, qui lui aurait transmis le royaume de Parsumash. - Cyrus II "le Grand" : Roi de Perse, il succède à Cambyse sur le trône d'Anshan, et établit sa capitale à Pasargadès. Il se révolta contre Astyage, Roi des Mèdes, dont il était peut-être le vassal. La guerre contre les Mèdes dura sans doute plusieurs années jusqu'à la prise d'Ecbatane, en -449. S'ensuit alors l'invasion perse de la Lydie, avec la prise de Sardes, sa capitale, et la capture de son Roi, Crésus, qui sera bien traité par Cyrus II.


Dagan

Divinité Ouest-sémitique (son nom signifierait "grain"). Ce dieu apparaît dans les tablettes d'Ebla dès -2500. Il est également présent à Mari. La Bible le donne comme la principale divinité des Philistins (peuple d'origine égéenne ou crétoise, installés sur les côtes et l'arrière-pays de l'ancienne Palestine vers -1400).


1 images

Damas

Actuelle capitale de la Syrie, Damas passait dans l'Antiquité pour la plus vieille ville du monde. Dans cette région très fertile, certaines traditions Arabes situent le Paradis terrestre. Au bronze moyen, la ville faisait partie du "Pays d'Upi". Entre -1400 et -1200, le pays d'Upi est envahi par les Égyptiens, puis par les mitanniens et les Hittites. Après une période obscure d'un siècle et demi, les Araméens y installent un royaume indépendant sous le nom d'Aram. Mais Aram est conquis par David, roi de Juda, puis par son fils, Salomon. Ce royaume Araméen d'Aram, souvent en conflit avec le royaume d'Israël, survivra jusque vers -732 , moment de la chute du dernier roi araméen, Radyan. Damas, comme nombre d'autres royaumes araméens, finira par tomber aux mains de Sargon II (victoire assyrienne à Qarqar).


1 images

Damkina

Déesse sumérienne (sans doute une ancienne déesse-mère). Les théologiens babyloniens en ont fait l'épouse d'Enki, et l'ont unie à Ea pour lui faire enfanter Marduk.


Damu

Dieu sumérien essentiellement adoré à Isin, Larsa et Ur. A l'époque d'Ur III, il est le Dieu de la Santé qui a le pouvoir d'éloigner les démons. Mais il est avant tout un dieu qui "meurt", ce qui en fait aussi une divinité infernale, proche de Dumuzi. Son culte officiel disparaît à la fin de l'époque paléobabylonienne.


Danel

Personnage central d'un poème ugaritique, aussi appelé "poème d'Aqhat".Les tablettes (incomplètes) de ce poème furent retrouvée à Ras shamra, en 1936. Danel, homme juste mais stérile, est guéri par l'intervention des dieux El et Baal. Il donnera naissance a un fils, Aqhat ("le héros"), qui aura des démêlés avec la déesse Anat. Le Mythe semble commun a tout le pays cananéen, et l'action de ce poème pourrait prendre place aux environs du Lac Kinnereth, au nord du Lac de Tibériade.


Darius Ier

(-522 -486). Selon Hérodote, tandis que Gaumata prétendait régner après la mort de Cambyse«, sept jeunes gens de la plus haute noblesse conspirèrent contre l'usurpateur mirent l'armée de leur côté et le vainquirent. Four savoir ensuite lequel d'entre eux deviendrait roi, ils décidèrent que ce serait le premier dont le cheval hennirait, un matin alors qu'ils se retrouveraient tous les sept. Une ruse du palefrenier de Darius fit hennir le cheval de ce dernier. Et, Si l'on en croit Darius lui-même, dans son inscription de Béhistoun, il aurait tué le mage Gaumata dans une place forte de la Médie, après quoi le dieu Ahuramazdâh lui aurait remis la couronne. Dans cette même inscription, il marque sa filiation à Achéménès par son père, Hytaspès, fils d'Arsamès, ce qui ferait de lui l'héritier légitime de la couronne (filiation pertinemment contestée par Pierre Briant 1996,122 sq.). Dès qu'il monte sur le trône, Darius doit faire face à de nombreuses révoltes, jusqu'en Perse même, où Gaumata avait eu l'habileté de supprimer les impôts, qui sont rétablis par Darius. L'Élam, Babylone, la Médie se soulèvent sous l'impulsion de personnages qui sont les héritiers des anciens souverains ou qui, plutôt, se font passer pour tels. Bn deux ans, Darius doit affronter neuf rois et livrer dix-neuf batailles. Il étend ensuite l'empire, avec la soumission d'une partie de la vallée de l'Indus et, au nord de cette vallée, le Gandhara. Vers l'occident, il soumet la Thrace et les rives occidentales du Pont-Euxin (mer Noire). De ce côté, il subit cependant un échec, face aux Scythes. Il nous a conservé le souvenir de ses conquêtes (dans lesquelles il inclut celles de ses prédécesseurs) dans plusieurs inscriptions dont une retrouvée à Suse: "Un grand dieu est Ahuramazdâh qui a créé les cieux et qui a créé cette terre, et créé les hommes, qui [ses] bienfaits a octroyés à l'homme, qui a créé Darius, roi, roi unique de nombreux rois, qui a des multitudes commande. - Moi, Darius (...) dis : "Par la grâce d'Ahuramazdâh, les pays que j'ai pris hors de Perse et sur lesquels je domine, et qui des tributs m'apportent...: Mèdes, Élam, Parthie, Arie, Bactre, Sogdiane, Chorasmie, Zaranga, Arachosie, Sattagydes, Qadô, Candar, Inde, les Cimirréens amyrgéens, les Gimirréens dont les bonnets se dressent en pointe, Babylonie, Assyrie, Arabie, Égypte, Arménie, Cappadoce, Sardes, Yaman" » . Ces guerres et ces conquêtes marquent un répit pendant quelques années, en particulier entre -518 et -514, période qu'il consacre à la réorganisation de l'empire et à l'établissement des satrapies. Il fonde Persépolis, dont il fait sa capitale, et y construit un magnifique palais avec son apadana. La révolte des cités grecques d'Ionie, soutenue en particulier par Athènes, entre 500 et 494, le rappelle vers l'occident de l'empire. Les révoltes une fois étouffées, il décide de châtier les Athéniens et il envoie une flotte de six cents bateaux dont une partie est anéantie par une tempête près du mont Athos. Une nouvelle attaque est lancée sous le commandement du Mède Datis qui prend Érétrie, en Bubée, et incendie la ville. Lorsque, ensuite, les Perses débarquent à Marathon, au nord de l'Attique, la petite armée athénienne les charge, les renverse, leur prend sept bateaux. Vaincus, les Perses s'éloignent. Une révolte de l'Égypte appelle Darius vers cette province. Il meurt quatre ans plus tard.


8 images

Darius II

(-424 -404) : À la mort d'Artaxerxès Ier, son fils légitime Xerxès Il lui succéda. Après moins de deux mois de règne, il est assassiné par son demi-frère Sogdianos, qui prend le pouvoir. Celui-ci est bientôt renversé par Ochos, fils d'Artaxerxès et d'une Babylonienne. Ochos prend alors le nom de règne de Darius. Révoltes (en Médie, en Égypte) , intrigues de cour marquent son règne, qu'il partage entre ses capitales : Persépolis, Suse, où il aurait construit un apadana, Babylone. Sa femme, Parysatis, ambitieuse et intrigante, ne parvient pas à imposer son second fils, son préféré, Cyrus le jeune, contre l'héritier légitime, Arsakès, qui succède à son père sous le nom d'Artaxerxès Il.


Darius III

(-886 -830). À la mort d'Artaxerxès III, empoisonné par l'eunuque Bagôas, son fils Oarsès (ou Arsès) lui succède. Il règne moins de deux ans avant d'être à son tour empoisonné par le tout-puissant Bagôas. Ce dernier élimine les enfants du roi défunt et met sur le trône Artasâta (le Codoman des Grecs), arrière-petit-fils de Darius Il, qui prend le nom de Darius III. Bagôas méditant une fois encore de lui faire boire "le bouillon de minuit» Darius le devance et lui fait avaler la coupe. Ce sont ses généraux qui seront battus par AIexandre le Grand, au Granique (nord-ouest de l'Asie Mineure), et, ensuite, lui-même à Issos (à la sortie du Taurus, entre Cilicie et Syrie) et finalement à Arbèles. Il ne lui restera plus qu'à fuir devant l'avance irrésistible des Macédoniens, jusqu'au moment où il sera assassiné en harmonie par ses propres satrapes.


Dedan

Site mentionné en particulier dans la Bible, identifié à al-Khuraybah, dans l'oasis d'Al-'Ulâ, au sud-ouest de Teïma, dans le nord du Hidjâz (Arabie saoudite). C'était un grand centre commercial sur la route des caravanes de l'encens. Les explorations modernes ont permis de recueillir un nombre important d'inscriptions en langue dedanite, laquelle est un arabe archaïque. Elles sont datées des VIè et Ve 5. et précèdent les inscriptions lihyanites (en un dialecte arabe proche de celui des Dédanites) dans la même région du Hidjâz. Il semble qu'à cette époque un royaume se soit constitué qui contrôlait le trafic des caravanes venues du sud. Les Dédanites, peuple de caravaniers, ont été attaqués par les Babyloniens lorsque Nabonide eut installé sa résidence à Teima, la raison de cette installation dans cette région pouvant précisément être le désir de confisquer aux Dédanites ce contrôle du trafic caravanier. Les inscriptions nous font connaître quelques noms de communautés vivant dans l'oasis : les Asshurim, sans doute une colonie d'origine syrienne, les Leummim, qu'on pense être aussi un groupe d'étrangers non déterminés, les Letushim, qui semblent être les Arabes indigènes. Après une période d'indépendance vers la fin du VIè s. et le début du siècle suivant, la région tomba dans l'orbite des Perses achéménides. Aux alentours de 400, il semblerait qu'un royaume lihyanite se soit constitué autour de Dedan. Les Lihyanites sont une tribu arabe originaire, semble-t-il, du sud de la péninsule d'Arabie5. C'est de cette époque que date l'installation à Dedan d'un groupe de marchands minéens venus du Yémen qui ont laissé de nombreuses inscriptions dans la région. Les inscriptions nous font connaître le nom d'un roi de Dedan ainsi que de sept rois et d'une reine de Lihyan. La montée des Nabatéens au Ier s. va être fatale à Dedan et aux Lihyanites, qui vont perdre leur suprématie au profit de la ville nabatéenne d'Hégra.


Deir AIIa (TeII)

Site non identifié, sur la rive est du Jourdain (act. Jordanie).Les fouilles archéologiques ont permis de voir que le lieu a été occupé dès l'époque du Bronze Moyen. Mais, au début de la période suivante, au XVIè s., une plate-forme artificielle a recouvert l'ancien établissement, pour servir de socle à un sanctuaire du Bronze Récent. Ce temple a plusieurs fois été reconstruit avec des briques crues et un toit en bois, jusqu'à sa destruction finale par un séisme au début du XIIe S. L'influence égyptienne est sensible dans le mobilier de cette période. Un cartouche, au nom de la reine Taousret (v. 1200), a aussi été retrouvé. Le site n'a cependant pas été abandonné ni non plus sa tradition religieuse, comme en témoigne le sanctuaire du niveau IX daté de la fin du IXe S. C'est là qu'a été recueillie une inscription écrite sur une paroi recouverte de plâtre. Les fragments de plâtre inscrit recueillis se présentent comme un puzzle qu'il a fallu reconstituer et auquel il manque d'importantes parties. Le texte a été rédigé par un scribe expérimenté qui semble avoir recopié un texte rédigé sur des peaux ou sur papyrus. Il utilise un alphabet proche de celui qui nous est connu à la même époque par les inscriptions cananéennes et araméennes. La langue utilisée reste un sujet de discussion, mais il s'agit d'un dialecte inconnu par ailleurs, intermédiaire entre le cananéen (et l' Ammonite) et l'araméen. Le grand intérêt de cette inscription réside dans le fait qu'il semble s'agir d'une prophétie d'un personnage appelé Balaam fils de Béor: " Ceci est le livre (spr) de Balaam, le fils de Béor, le voyant des dieux. Pour autant qu'il est concerné les dieux lui apparaissent pendant la nuit. » Or un personnage de ce nom, lui aussi devin et fils de Béor; apparaît dans la Bible (Nombres, 22-24), dont l'histoire est restée célèbre pour ses aventures avec son âne. Néanmoins, le lien entre les deux textes ne tient qu'au nom du personnage, bien qu'on ait pu rapprocher certains passages des deux textes. Dans la vision de ce Balaam se manifeste une déesse solaire dont le nom a disparu (on trouve plus loin le nom de shagar; dont on pense que c'est celui de la déesse en question, mais certains auteurs voient en ce mot, s~r, un substantif signifiant «jeune », " rejeton"). Balaam rapporte sa vision d'un conseil de dieux shadday, ce dernier nom (ici désignant sans doute des divinités toutes-puissantes) se retrouvant dans les textes bibliques comme surnom d'El(ohim), «le Tout-Puissant». Ces dieux semblent demander à la déesse d'envelopper les cieux de nuages pour que les humains restent dans les ténèbres et que disparaisse toute vie. Dans ce texte, dont les obscurités tiennent à son état fragmentaire sont utilisés la prose et les vers, l'une pour le récit, les autres pour exprimer les prophéties, des proverbes et des lamentations.Il semble que le bâtiment où il a été retrouvé ait été un sanctuaire qui fut peu après détruit par un tremblement de terre. Le site a encore été occupé jusqu'à l'époque perse (VIe s.). On y a aussi recueilli quelques ostraca pourvus de brèves inscriptions.


Dent (ver de la)

Il s'agit d'un petit mythe étiologique qui était reçu comme une incantation. Le nerf de la dent était conçu comme un ver. «Lorsque Anu eut créé le Ciel et que le Ciel eut créé la terre... «Ainsi commence ce court texte montrant l'enchaînement des créations qui, en passant par les rivières et la fange, conduit jusqu'à la création du ver. Lequel vient se plaindre à Shamash de ne rien avoir à manger. Miséricordieux, le dieu lui propose de lui donner la figue mûre ou le s


Der (Tell ed-)

Vaste site de 50 ha à 25 km au sud de Bagdad. Il est acquis que le nom antique du site, en tout cas à l'époque paléobabylonienne, était Sippar-Amnânum (à ne pas confondre avec la cité "jumelle" de Sippar). Dominique Charpin a démontré, par ailleurs, que les noms qu'on trouve dans la littérature assyro-babylonienne de Sippar-Annunitum, Sippar-rabûm et Sippar-dûrum désignent cette même ville. Elle semble avoir été fondée à l'époque de la IIIè dynastie d' Ur, dans les deux derniers siècles du IIIè mill. L'exploration du site, sur une aire restreinte n' a rendu aucun habitat au-delà de la période d'Ur III et en deçà du règne du Kassite shagarakti-shuriash ( -1245 -1233). Les fouilles ont permis de mettre au jour dans un secteur une superposition de dix-sept strates s'étendant entre le XXIème et le XVIIIème s. Une large digue avait été élevée pour protéger la cité des débordements du Tigre, mais on n' a pas retrouvé ses fortifications, connues par une lettre de Samsuiluna. La découverte la plus importante reste la demeure d'Ur-Utu, directeur des chanteurs d'Annunitum, la principale déesse de la cité. Plus de deux mille tablettes y ont été recueillies, nous faisant connaître ses activités religieuses et commerciales au XVIIème s. La maison a été incendiée en -1629. Le temple de la déesse, appelé é.ul.mas, reste à retrouver. Nous savons, par des inscriptions de Nabonide, qu'il aurait été construit par le roi Amorrite de Babylone Sabium (-1844 -1831). Ammisaduqa l'aurait rebâti et shagarakti-shunarh y aurait apporté des modifications. Une autre inscription de Nabonide nous apprend que le temple et la ville, à la suite de la colère de Sîn (on ignore pourquoi il était irrité contre les gens et les prêtres de Dêr), furent détruits par Sennachérib. Ainsi le temple était-il en ruine quand Nabonide le fit reconstruire.


déesses

Contrairement aux religions monothéistes, dans lesquelles le dieu proclamé unique est toujours masculin, les anciennes religions dites polythéistes accordaient une place importante aux aspects féminins de l'univers dans ses manifestations sous la forme des dieux. PRÉDOMINANCE DES DÉESSES : Il semble même qu'au néolithique ce sont les divinités féminines qui dominaient, comme peuvent le laisser penser les nombreuses représentations de déesses, alors que les divinités masculines ne sont guère représentées, sous des formes humaines en tout cas : ainsi en est-il en particulier en Anatolie , à Çatal Höyùk (\{II~ mill.), où la grande déesse est statufiée en compagnie d'animaux qu'elle domine alors que la puissance fécondante mâle est figurée certainement par le taureau; le taureau qui se retrouvera comme une créature de divinités féminines dans le monde mésopotamien, tel le taureau créé par Ishtar pour combattre Gilgamesh. Ces maîtresses des fauves (appelées généralement de leur nom grec, Fotota théron) se retrouvent en particulier en Mésopotamie avec Inanna et Ishtar à Ugarit avec Anat.Ce n'est que dans les hautes civilisations urbaines de la Mésopotamie et ensuite des autres régions du POA que les dieux mâles commencent à être représentés et à rivaliser avec les déesses dans le gouvernement du monde. Mais ai certaines anciennes déesses-mères ne jouent plus qu'un rôle secondaire, néanmoins déterminant dans les cosmogonies ~, comme Damkina, Ninhursag, Aruru, créatrice des hommes «, et surtout Tiamat, d'autres cont1nuent d'occuper une position dominante : la déesse-soleil d'Arinna en Anatolie , Inanna chez les Sumériens, Ishtar chez les Babyloniens et les Assyriens, Anat et Ashérah chez les Cananéens, cette dernière étant regardée comme la créatrice des dieux. Les Fotnia théron sont souvent des déesses guerrières (Anat, Allat Ishtar Inanna, l'Akkadienne Annunîtum). DÉESSES NUES : Propre au POA et surtout à la Mésopotamie est la déesse nue, connue par de nombreuses représentations. Certaines de ces représentations restent difficiles à identifier mais celles qu'on connaît avec certitude, en particulier Ishtar, Inanna, Ashérah, Anat, sont toutes des déesses guerrières et maîtresses des fauves. On a voulu voir en elles des symboles de la fécondité, ce qui paraît probable car ce sont aussi des déesses-mères primordiales, et leur aspect de maîtresses de la nature et de divinités célestes peut compléter le concept de fécondité qui leur est attaché. Les nombreuses représentations de déesses nues en ronde bosse et surtout en relief de terre cuite toutes de petite taille, semblent bien avoir été des sortes d'amulettes pour activer la fécondité des femmes. Mais cet aspect pourrait paraître en contradiction avec leur rôle guerrier et leur soif de violence, qu'elles assouvissent dans le sang, au détriment d'ailleurs des divinités masculines, car les panthéons du POA ne connaissent pas de dieux essentiellement guerriers comme l'était Arès en Grèce, ou, en tout cas, ils demeurent des divinités très mineures. Ces attributs ai nombreux et ai divers ne font que perpétuer la prééminence des divinités féminines ou, plus précisément, du féminin sur le masculin dans le monde divin, malgré la prédominance que, dans le monde des humains et dans la société, les hommes avaient recommencé à exercer sur les groupes sociaux. INFERNALES : Un autre aspect singulier des déesses du POA, mais qui s'inscrit dans cette totalité de pouvoirs qui appartenaient encore aux femmes dans le monde divin, est leur fonction de maîtresses des Enfers : telles sont Allani chez les Hurrites et surtout l"Ereshkigal" suméro-babylonienne car, plus que Nergal, donné comme dieu des Morts, elle s'impose comme l'inflexible maîtresse des Enfers. C'est finalement le monothéisme ravageur qui a terminé de dépouiller les femmes de tout pouvoir aussi bien dans le monde des dieux que dans celui des hommes, au point que même les sacerdoces lui furent refusés par le mâle triomphant et arrogant, image du dieu unique qu'il avait réussi à imposer. LISTE DE DÉESSES. Il n'est évidemment pas question de proposer ici une liste plus ou moins complète des déesses connues dans le POA. Martha Ann et Dorothy Myers Imel en ont catalogué plusieurs centaines. La liste du Louvre donne un catalogue de plus de 450 dieux et déesses Sumériens, dans lequel Ishtar compte dans les 40 noms. Car souvent les déesses se dédoublent. Les déesses d'origine sumérienne dont le nom commence par Nin, "dame", sont souvent des doublets ou des surnoms d'une même divinité. La liste du Louvre en catalogue plus de 130 . Voici une liste des déesses qui ont une entrée dans cet ouvrage Agushaya, Allani, Allat, Al-Lât, Anahita, Anat, Annunitum, Arinna (déesse-soleil), Aruru, Ashérah, Ashnan, Astarté, Atargatis, Ayya, Baba, Damkina, Ereshkigal, Hépat, Inanna, Ishtar, Manat, Nisaba, Ruda, Tashmetum.


1 images

Déluge

Les mythes diluviens se retrouvent dans les civilisations les plus éloignées, sans qu'on puisse savoir s'il y a eu des contaminations par on ne sait quelles voies cachées. Au point que, pour expliquer cette universalité, il a fallu aller en quête d'un phénomène qui aurait affecté l'ensemble de la planète. L'hypothèse la plus satisfaisante reste encore celle qu'à proposée de Morgan (1925): la fonte partielle des glaciers wùrmiens, provoquée par le réchauffement spectaculaire de l'atmosphère à la fin du paléolithique supérieur, a provoqué une montée des eaux océaniques tout en créant la forte humidité du climat dit atlantique qui marque le mésolithique. De longues périodes pluvieuses auraient Si fortement marqué l'humanité qui sortait de la dernière époque glaciaire que leur souvenir se serait perpétué à travers des mythes différemment reçus selon les civilisations. Chronologiquement, le plus ancien mythe de déluge qui nous soit parvenu se trouve dans les textes Sumériens. Selon LRS (col. 1,1.1-38), après que la royauté fut descendue du ciel, huit rois ont régné sur cinq cités qui se sont succédé dans la prééminence sur le Sumer~ avant que ne survienne le déluge. Ces cités sont (dans l'ordre) : Éridu, où la royauté serait restée 64 800 ans; Bad~tibira, avec 108 000 ans; Larak, qui ne connut qu'un seul " roi ", En-sipa(d)-zi(d)-Anna(k), qui régna 28 800 ans ; Sippar, où régna seulement En-men-dur-Anna(k), pendant 21 000 ans; enfin, shuruppak, où UbarTutu(k) régna 18 600 ans. Ainsi se sont écoulés 241 200 ans entre la création de la royauté et le déluge. Après cette rupture, la royauté descendit une seconde fois du ciel pour être accordée à Kish (col. I, 39-44). Bien que tardif, il existe un récit sumérien du déluge, daté de l'époque paléobabylonienne, mais colportant certainement une très ancienne tradition (récit fragmentaire sur une tablette de Nippur à l'University Museum,). La raison pour laquelle le déluge doit être provoqué n'est pas donnée. Le texte débute à la ligne 38, où parle un dieu. La signification du passage où il demande que soit laissé (aux hommes) le soin de construire leurs cités a don-du-me e reste énigmatique . Ensuite, il dresse un tableau des rois qui ont régi les cités antédiluviennes. Survient le déluge avec ses tornades et le débordement des flots au-dessus du "kabdugga" (terme non traduit par Kramer et que Poebel interprète comme "lieux de culte"). Sept jours et sept nuits dure le déluge. Le Noé sumérien est ici Ziusudra, un roi, le "conservateur du nom de niggil-ma (sens inconnu) [et] de la semence de l'humanité". Mais alors que dans la tradition akkadienne Utanapishtim parvient sur le mont Nisir (sans doute l'actuel Pir Omar Gudrun, à 80 km à l'est de Kerkuk, connu par ailleurs par des textes Assyriens), Ziusudra aborde dans la terre de Dilmun. La version la plus complète que nous possédions est celle du poème d'Atrahasîs. L'autre texte est celui de la XIè tablette de l'Épopée de Gilgamesh le plus célèbre parce que, lorsqu'il fut retrouvé dans la bibliothèque d'Assur-banipal, il causa la plus vive émotion dans les milieux chrétiens. Malgré certaines différences, en particulier dans le vocabulaire, entre le texte de l'Épopée de Gilgamesh et celui d'Atrahasîs, il apparaît à l'évidence que l'auteur de la XIè tablette (le scribe Smlêqê-unninni?) s'est largement inspiré du texte du poème d'Atrahasîs . À l'évidence, le rédacteur du déluge biblique (Gen 6 :1-8 :22) s'est aussi fondé sur le texte babylonien. Mais l'emplacement du mont Nisir étant imprécis et le souvenir du royaume d'Urartu restant encore prestigieux dans les mémoires, c'est dans ce pays montagneux qu'il a fait parvenir l'arche de Noé. Ce n'est que plus tardivement que l'Urartu s'est transformé en Ararat et a été précisément localisé.


2 images

Dhû I-Khalasa

Sanctuaire de Khalasa, sur la route des caravanes de l'encens. Selon les traditions Arabes, il serait à situer soit à Tabâla, à huit journées de marche au sud de La Mecque, soit au nord du Yémen. Il semblerait que ce Khalasa était un dieu archer qui, selon une hypothèse de Fahd , aurait pris le nom d'une plante aromatique (arabe : hais, halasa) serpentant sur le rocher qui l'aurait primitivement représenté. Il existait aussi à La Mecque une divinité du même nom, dont le caractère agraire est marqué par les offrandes d'orge et de froment qu'on lui faisait, accompagnées de libations de lait. Cependant, il s'agissait là d'une déesse. Les desservants de la divinité appartenaient à la tribu des Banû Bâhila.


Dialogue de l esclave..

Le second exemple est unique dans la littérature cunéiforme. Il est connu par 4 manuscrits Assyriens et 1 babylonien. Selon les auteurs, il est aussi intitulé "Dialogue du pessimisme ou le Maître et son serviteur" : Incipit (akk.): Arad mi-tan-gur-an-ni , "Esclave, écoute-moi... ". Il s'agit d'un dialogue entre un maître soit exigeant, soit velléitaire, qui donne à son esclave ordre et aussitôt après contre-ordre, à quoi l'esclave répond toujours avec empressement et justifie les volontés contradictoires de son maître.«Esclave, viens ici à mes ordres " - Oui, mon maître, oui ! - [File, va me quérir et] m'attelle un char, que j'aille au Palais ! [-Vas-y mon maître, vas-y ] Il y aura [profit] pour toi [le roi en te voyant ?] te comblera d'honneurs [Eh bien, mon esclave] je n'irai pas au Palais [-N'y va pas,] mon maître, n'y va pas [Le roi, en te voyant, t'enverrait où tu ne veux pas aller (?) Esclave, viens ici à mes ordres ! -Oui, mon maître, oui ! - File ,Va me quérir et me donne de l'eau pour mes mains, que je dîne !- Dîne mon maître, dîne : bien réglé, un repas dilate le cœur... - Eh bien, non, esclave, pour dîner, je ne dînerai pas ! - Ne dîne pas, mon maître, ne dîne pas ! avoir faim (pour) manger, avoir soif (pour) boire, voilà ce qu'il faut à l'homme !... " Le dialogue se poursuit ainsi un moment, positif et négatif, les questions étant d'aller à la campagne, faire une révolte, aimer une femme, offrir un sacrifice au dieu, investir de l'argent (des grains), faire du bien au pays. Et finalement le maître demande à l'esclave : Qu'est-ce alors qui est bon ? Briser ma nuque et la tienne ? Se jeter au fleuve ? Est-ce là ce qui est bon? " Question à laquelle l'esclave répond par une question, ce qui le change de son discours complaisant: Oui donc a assez d'envergure pour atteindre le ciel? Qui est assez large pour embrasser toute la terre ? Réponse tout aussi inattendue du maître :" Eh bien, non, esclave ! Je vais te tuer et te faire partir avant moi " Ce qui provoque la réponse spirituelle du serviteur qui sait que son patron ne peut se passer de lui, ne serait-ce que comme son souffre-douleur: "Oui, mais mon maître ne me survivra pas trois jours !" Ce dialogue, dont l'humour est certain, a été interprété de diverses façons . Je retiendrai personnellement la vue de Thorkild Jacobsen , pour qui c'est une satire mais dans le même temps une négation de toutes les valeurs, et une illustration de la vanité des choses humaines. Voir aussi : " Pauvre homme de Nippur" et "Théodicée babylonienne".


Dilmun

Dilmun est la forme sum. de l'akk. Tilmun, lieu maintes fois cité dans de nombreux textes cunéiformes souvent en association avec Magan et Melukhkha. Le nom de Dilmun apparaît dès la seconde moitié du IVè mill. sous une forme pictographique, sur des tablettes de la période d'Uruk IV et ensuite de Djemdet Nasr. On peut voir que dès cette haute époque Dilmun représentait un lieu bien déterminé avec lequel les Sumériens et une ville syrienne comme Ébla étaient en relations commerciales. Sont ainsi mentionnés une hache de Dilmun (dilmun-tûn) dans une tablette d'Uruk III et un "collecteur de taxes de Dilmun" (dilmun-enku [ZA]). Ce nom va se retrouver tout au long de l'histoire de la Mésopotamie, avec une éclipse entre -1500 et -900, jusqu'à l'époque séleucide. Les relations avec Dilmun s'intensifient au cours des derniers siècles du DA (-2550 -2350). Sous Ur-Nanshé (v. -2550) de Lagash, les bateaux de Dilmun effectuent le transport de bois pour ses constructions, et, sous ses successeurs Lugalanda( -2400) et Urukagina (v. -2380), les bateaux de Dilmun transportent du cuivre et des dattes en échange de céréales, d'huile, de laine et d'argent; Dilmun parait alors être devenue une plaque tournante du commerce avec deux autres contrées d'outre-mer, Magan et Melukhkha. Ces relations commerciales se poursuivent à l'époque d'Akkad et peut-être plus encore pendant les périodes d'Isin-Larsa et paléobabylonienne. Leonard Woolley a retrouvé au cours des fouilles d'Ur, les archives du marchand Éa-nasir (ah.b Tilmun = trafiquant de Dilmun), qui dirigeait ce qu'on pourrait appeler une entreprise maritime d'importation du cuivre, extrait sans doute à Magan mais stocké dans les entrepôts de Dilmun avant d'être transporté à Ur. On connaît d'autres marchands, dont un certain Idin-Nin-Inzak , sans doute originaire de Dilmun, qui avait précédé dans ce commerce la firme d'Ea -nasir. Le commerce avec Dilmun dépassait le domaine suméro-babylonien pour s'étendre à Suse, où un temple était dédié à Inzak (nom écrit aussi Enzak, Anzag, Nin-zag), l'une des principales divinités de Dilmun, et à Marisous le règne de shamshi-Adad. Le trafic vers Maritransitait obligatoirement par Babylone, d'où les caravanes (harranû) transportaient la marchandise jusqu'à Mari, ce qui n'allait pas toujours sans quelques difficultés (cf. par ex. la lettre d'Iambe-Addu à Hammurabi). À l'époque kassite, Dilmun est un moment occupée par les Babyloniens, qui y installent un gouverneur. Deux lettres retrouvées dans les archives de Nippur sont adressées à Ililiya,qui semble bien être le même qu'Eniilkidinni, gouverneur de Nippur à l'époque de Burnaburiash Il (-1359 -1333) et de son (troisième) successeur, Kurigalzu II (-1332 -1308) par Ili-ippashara. Ce dernier est établi à Dilmun, dont il est démontré qu'il en était le gouverneur . Après une période d'éclipse, Dilmun est à nouveau en relation avec les Assyriens. Sous ses rois Uperi qui est comme "un poisson à 30 bêru au milieu de la mer où se lève le soleil " et Akhundara, elle reste indépendante mais, néanmoins, tributaire de Sargon II . L'un de ses autres rois, Khundaru (peut-être le même qu'Akhundara connu par d'autres textes), est aussi tributaire d'Assur-banipal. Les Babyloniens pour le moins sous le règne de Nabonide occupent le pays, où est installé un lugal pihashti Dilmunki, titre mentionné dans un texte daté de -544 . On ne sait précisément Si cette expression désigne un administrateur commercial ou, plutôt, civil et militaire de Dilmun. Il semble que Dilmun ait été plus ou moins tardivement intégrée dans l'Empire achéménide. Jules Oppert avait proposé d'identifier Dilmun avec l'île de Bahreîn, appelée Tylos par les Grecs. Cette identification est acceptée par la majorité des archéologues, bien qu'on ait tendance à étendre cette entité géographique à la côte voisine de l'Arabie. L'absence de témoignage archéologique dans l'île avant le milieu du III è milI. a conduit à situer la première Dilmun sur les côtes voisines de l'Arabie, où nombreux sont les établissements qui remontent au moins au IVème mill. : Abqayq, Umm an-Nussi, Umm ar-Ramad, l'île de Tarut ont rendu des poteries de l'époque de Djemdet Nasr voire plus anciennes. Le même nom de Dilmun désigne aussi, dans les textes mythologiques Sumériens, un lieu qui semble mythique, "saint et pur", en particulier dans le mythe d' "Enki et Nînhursag". Il est dit que, "lorsque le dieu Enki s'y établit avec son épouse, le pays devint pur et lumineux." A Dilmun, auparavant ne croassait nul corbeau, ne cacabait nul francolin; nul lion ne tuait, nul loup ne se jetait sur des agneaux !" . C 'était une sorte de paradis (terrestre ?) où il semble qu'on ne connaissait ni le travail ni la vieillesse, à moins qu'il ne faille interpréter ces passages comme la description d'un lieu où tout était figé, ou rien ne bougeait ni ne poussait, jusqu'au moment où Enki vint apporter l'eau d'où s'épanouit la vie. Ce texte, dont le plus ancien manuscrit ne remonte qu'au début du IIè mill., soit l'époque où les relations avec Dilmun étaient des plus intenses, semble être l'idéalisation d'une île (et des terres voisines) située dans une mer où le soleil paraissait se lever. Dans la version sumérienne du Déluge, c'est à Dilmun, "là où se lève le soleil ", que fut installé Ziusudra pour qu'il y vive son éternité .


Djemdet Nasr

Site mésopotamien à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad. Il consiste en deux Tells contigus de 1,5 ha et 7,5 ha. Ce nom moderne signifie en arabe la " petite colline de Nasser" (nom d'un cheikh de la contrée) . Le site a été occupé vers -4000 et il s'est développé pendant la période d'Uruk. Sa poterie caractéristique et son mobilier (en particulier de nombreux sceaux et cylindres) de la dernière partie du IVèmill. en ont fait l'éponyme d'un niveau culturel correspondant au niveau III de l'Éanna (temple d'Anu et Inanna) d'Uruk, et qui a englobé les villes de la basse Mésopotamie (-3200-3000 / -2900). De cette période date le principal bâtiment en briques crues et cuites, couvrant une superficie de 92 x 48 m, sans doute un centre administratif. C'est là qu'ont été recueillies plus de 200 tablettes inscrites d'idéogrammes et de signes proto-cunéiformes qui représentent, après les tablettes d'Uruk (dans l'Eanna), le plus ancien essai d'écriture. Il s'agit de tablettes administratives et économiques concernant des distributions de rations (salaires), des comptes de troupeaux, des mesures de champs. Plusieurs d'entre elles portent des impressions de cylindres. Sur treize d'entre elles, on a pu déchiffrer les symboles de plusieurs cités de la basse Mésopotamie qui, peut-être, étaient tributaires de Djemdet Nasr: Ur, Larsa, Nippur, Uruk, Kesh, Zabala, Urum. Dans un petit registre à l'angle inférieur gauche d'une tablette, les idéogrammes de l'étoile à cinq branches et d'un monument sur une plate-forme, lesquels se lisent respectivement UB et AB, semblent désigner un a grand centre (ou institution) a qui ne serait autre que le bâtiment en question. Par ailleurs, la lecture sur une autre tablette des signes NI et RU (ou UB ?) pourraient représenter le nom antique de la ville.


Drehem

Petite localité iraquienne, au sud-est de Nippur. L'attention sur ce site a été attirée par la trouvaille de nombreuses tablettes cunéiformes mises au jour au cours de fouilles clandestines. Treize d'entre elles ont alors été copiées et publiées par François Thureau-Dangin (1910) avec un simple commentaire, sans transcription ni traduction, et plus largement étudiées l'année suivante par Henri de Cenouillac (1911), qui proposa d'identifier le site avec Puzrish-Dagan. Le nom a aussi été lu sur une tablette Sellus-Dagan par Albrecht Coetze. Depuis, plus de 10 000 tablettes provenant du site ont été publiées. Bien que nulle fouille scientifique (malgré l'importance du site !) ni aucune trouvaille sur place d'une inscription ne vienne la confirmer, cette identification est acceptée par tous les assyriologues. Le roi d'Ur (III) Shulgi, la 39ème année de son règne, avait fait construire un temple (ou un palais?) en son honneur, portant le nom de Purish-Dagan, lequel fut étendu à l'ensemble des bâtiments administratifs. Mais, en réalité, la fondation en ce lieu d'une sorte de grand centre administratif destiné plus particulièrement à servir d'entrepôt de marchandises et de parc à bétail, sans doute pour le palais d'Ur et pour le temple de Nippur, date d'avant l'inauguration du temple/palais, peut-être en 27 du règne de shulgi. Les constructions de l'an 38 ont été imposées par l'extension de ce centre devenu de plus en plus important, au point que son administration requérait la collaboration d'une armée de scribes et de fonctionnaires divers qu'il fallait loger sur place. Les archives de Drehem sont avant tout des pièces comptables, enregistrement de livraisons ou de transferts d'animaux, de dépenses pour la nourriture des animaux (orge) et pour celle du personnel de l'établissement, livraison de lait et de laine des troupeaux, tannage de peaux d'animaux, listes et bordereaux de livraison d'objets manufacturés en or, en argent ou en pierres semi-précieuses. Les comptes de deux tablettes laissent penser que passait par ce centre environ 50 000 moutons par an (Calvot, 1969), ce qui a conduit à se poser la question de savoir Si ce bétail transitait par Puzrish-Dagan, où il séjournait quelque temps avant d'être conduit dans d'autres parcs, ou Si la majorité de ce bétail n'était que comptabilisé dans ce centre sans avoir à y passer.. Les animaux comptabilisés à Drehem sont des ovins, largement majoritaires (70 000 en moyenne par an), des bovins (plus de S 700 par an), des gazelles (776 par an), des équidés (660 par an), des cervidés (132), des ours (91). Après la mort de shulgi, le centre a continué de fonctionner sous ses trois successeurs, jusqu'à la fin de la IIIè dynastie d'Ur. Il convient de préciser que les tablettes administratives de Puzrish-Dagan ont conservé des éléments des plus précieux pour la connaissance de l'économie et de l'administration royale à l'époque d'Ur III, mais elles ont aussi apporté des données très riches sur les personnages de la cour, la famille royale elle-même et les hauts fonctionnaires de l'État.


Du-ku

Terme sumérien dont le sens est " Sainte - ou Pure - Colline " (Du6-kug). Dans la mythologie sumérienne, il désigne un lieu cosmique situé "sur la montagne du Ciel et de la Terre". C'est le siège d'Enlil, où résident les Anunna(ki), là où se déterminent les Destins. Là aussi se tient Enki, le "seigneur Terre", qui y fit don d'une auguste intelligence à Ninurta . C'est là que, dans les temps primordiaux, se trouvaient les germes de la civilisation, c'est-à-dire de l'agriculture, de l'élevage, de l'écriture, etc. On a songé à situer ce lieu vers le pied du Zagros, mais, Si cette haute chaîne de montagnes a pu inspirer l'idée du mythe, il semble que Dubu était quelque chose comme un "axis mundi" un lieu intemporel où était en puissance l'Univers, avant que le Ciel et la Terre ne fussent séparés (ce qui explique l'expression de "montagne du Ciel et de la Terre"). Des chapelles à Girsu, Éridu et Nippur portaient ce nom, représentant la manifestation terrestre de ce lieu primordial. Ce pouvait aussi être un autre nom de l'Apsu . Par ailleurs, cette expression désignait originellement et fondamentalement les couvertures en plâtre des tas de grains après la moisson.


Dumuzi

Dieu sumérien lié étroitement au cycle d'Inanna/Ishtar. Il est parfois désigné sous la forme de Tammuz (babylonien, hébreu et araméen). Son nom, dumu-zi, signifie "le fils légitime". C'est un dieu de la Végétation et, en tant que tel, un dieu qui meurt, autour duquel s'est greffé tout un ensemble de mythes et pour qui a été élaborée toute une liturgie, ce qui en a fait l'un des personnages divins les plus complexes et les plus vivants de la religion suméro-babylonienne. La LRS mentionne deux Dumuzi. Le premier Dumuzi, un berger (Dumu-zi sipa), règne 36 000 ans sur Bad-Tibira. C'est le «Daônos poimên» de Bérose, roi antédiluvien. L'autre succède à Lugalbanda (lui aussi un berger) sur le trône d'Uruk. Il serait originaire de la cité de Ku'ara et aurait régné 100 ans. Gilgamesh est donné comme son successeur . Il est possible qu un souverain d'Uruk ait porté le nom de Dumuzi. Quant au lugal antédiluvien de Bad-Tibira, il semble qu'il s'agisse du dieu. Le mythe lui attribue pour mère Duttur et pour père le roi de Bad-Tibira. Le soleil Utu est parfois donné comme son frère, mais le personnage le plus important dans son mythe après Inanna est sa soeur GeshtInanna. Le mythe de Dumuzi se développe à travers un certain nombre de textes liturgiques. 1. Dumuzi et Enkimdu. Utu incite sa soeur Inanna à prendre pour époux le berger Dumuzi. Inanna s'en irrite, elle déclare qu'elle n'épousera pas le berger dont les vêtements sont rudes, celui qu'aime son cœur est Enkimdu le fermier. Elle se porte au-devant des deux garçons : chacun lui fait sa cour, vante ses mérites et lui dit ce qu'il pourra lui offrir. Dans le dialogue qui s'engage entre Inanna et Dumuzi et au gré duquel chacun aligne ses ancêtres, Dumuzi apparaît comme "le fils d'Enki et de Sirtur (= Duttur). Finalement, Inanna porte son choix sur Dumuzi. 2. Ce prologue au mariage, l' "hiérogamie"est complété par quatre textes poétiques présentés sous la forme de dialogues, réunis et traduits par Jacobsen sous les titres "The Sister's miessage" (- balbale), "The wiles of Women", "The Brédal shoots" et "Let Him Come!" 3. Suit le texte du mariage ou, plutôt, des préparatifs . C'est un texte où alternent les paroles des amies, d'Inanna, de Ningal, de Dumuzi et d'un narrateur. Dumuzi attend à la porte de la demeure de l'épousée tandis qu'elle se baigne, s'oint d'huile parfumée, revêt une robe, sans oublier les amulettes. Entre Dumuzi, qui s'adresse à Inanna (chaque fois intervient le narrateur qui annonce ce que va faire chacun des interlocuteurs). Dans ce texte, la première chose dont parle le fiancé est la chapelle de son dieu qu'il a apportée pour elle. D'autres poèmes d'un caractère plus brûlant et quelque peu érotique existent qui doivent trouver là leur place : Inanna ouvre la porte pour lui, dans la maison, elle brille devant lui pareille à la lumière de la lune. Dumuzi la regarde joyeusement, il presse son nez contre elle, il l'embrasse. n Inanna parle alors amoureusement à son époux, lui demandant de "labourer sa vulve", à quoi il répond " Grande dame, le roi labourera ta vulve, moi, Dumuzi, je labourerai ta vulve". 4. Ici, Jacobsen inclut un court poème qu'il intitule " Unfaithfulness ", selon lequel Dumuzi aurait trompé son épouse avec une esclave de la demeure, dont elle exige la mise à mort. Dumuzi est visiblement absent car Inanna décide ensuite d'aller le retrouver vers le désert. 5. Le Rêve de Dumuzi. Au cours d'une nuit, Dumuzi fait un rêve qui le trouble. Il demande à sa sœur GeshtInanna de le lui interpréter, et elle y voit la triste destinée de son frère. Ce dernier cherche à fuir jusqu'aux confins du désert la mort qui le guette. Mais les démons de l'enfer, les Callû, le traquent, finissent par le saisir et le mettent à mort. 6. Lamentations de la déesse. Inanna pleure Dumuzi. "Il s'en est allé mon époux, mon doux mari. Il s'en est allé mon amour, mon doux amour. Mon bien-aimé a été enlevé de la ville...". Il n'est ensuite plus question de Dumuzi, et, lorsque Inanna/Ishtar va descendre dans l'empire des morts, dominé par Éreshkigal, la raison n'en sera pas, comme on pourrait le supposer, pour rechercher son époux défunt. Curieusement, Inanna n'ayant reçu l'autorisation d'Ereshkigal de remonter au monde de la lumière qu'à condition qu'elle trouve quelqu'un qui restera à sa place en enfer la moitié de l'année, c'est précisément Dumuzi, confortablement installé sur une estrade près du pommier du "pays de Kul'aba", sur qui elle porte "un regard meurtrier " et qu'elle désigne comme celui qui descendra en enfer à sa place (Descente d'Inanna en enfer). L'aspect du mariage sacré royal s'est particulièrement développé à l'époque des rois d'Ur III, qui cherchaient à s'identifier à Dumuzi en tant qu'époux d'Inanna. L'ensemble du mythe de Dumuzi s'est formé à l'époque sumérienne et tous ces grands textes sont en sumérien. À partir du II è mill., le mythe cessera de s'étoffer, il ne sera plus que prétexte à la composition de lamentations et d'Ershemman. Il restera cependant le modèle divin des hiérogamies ainsi que de toute poésie amoureuse. Dans les textes Akkadiens, Ishtar se substituera à Inanna, sans que soit pour autant modifiée la substance du mythe.


Dunnu

Ce mot akkadien, qui signifie "fort , puissant", entre dans le nom de plusieurs villes fortifiées de Mésopotamie . L'une d'entre elles est connue (mais non identifiée) pour la théogonie qui lui est propre, par laquelle on peut inférer que, à l'origine, chaque cité de Sumer et d'Akkad avait ses propres dieux et sa propre théogonie.


Dusarès

(arabe : Dhûs-Sara). Divinité des Arabes du Nord et des Nabatéens. Le nom de ce dieu de la Végétation serait en fait, selon Dussaud (1955, 30), le surnom que les Nabatéens auraient donné à A'ara, dieu local de la région de Pétra. Dusarès serait le maître de shara, nom de l'une des montagnes voisines de Pétra. Dans sa forme grecque, il a été identifié à Dionysos. Les Dawsites, tribu arabe préislamique, lui rendaient aussi un culte dans un bois sacré. Il aurait aussi été la divinité des Azd et des Banû -Harit. On retrouve son nom dans des tablettes babyloniennes sous la forme du-sàr-ra (RLA, Il, 255), où il apparaît comme un taureau protecteur de la végétation. Une statue anépigraphe d'un dieu barbu, vêtu d'une ample tunique plissée, portant la corne d'abondance (attribut, en Syrie, de la grande déesse Astarté), trouvée à Chariyé-shoubeih, représenterait cette divinité .


Dûr Kurigalzu

Ville de Babylonie (actuelle 'Aqar Quf). Ville de Babylonie (actuelle 'Aqar Quf). Son nom en babylonien signifie la "forteresse de Kurigalzu". La ville a été fondée parle roi kassite Kurigalzu Ier v. 1400, afin d'en faire sa résidence. Il est possible que la ville ait été établie sur une ancienne bourgade, peut-être appelée Parsâ (nom lu aussi Daksa). La ville, à son apogée, occupaît 225 ha et était enfermée dans des remparts. Le palais (appelé un peu prétentieusement "Palais du monde entier"é.gal.h.sàr.ra), monument hétérogène, agrandi et remanié à plusieurs reprises,a rendu un certain nombre d'oeuvres d'art, dans l'ensemble mineures (tête d'homme en terre cuite, tête de massue en pierre sculptée, bijoux et ornements en or...), et des peintures murales. Le temple principal, é.u.gal (ou é.mun.gal: Maison du grand seigneur), construit par Kurigaizu, était consacré à Enlil. Il était dominé par une Ziggurat, l'é.gi.rin (ou é.gi.kil), la «Maison pure », dont il subsiste une partie ruinée qui s'élève encore sur 57 m. Sa hauteur originelle était de 70 m et sa base mesurait 69 x 67,60 m. Comme les temples, les palais et les demeures de la ville, elle était faite de briques crues enfermées dans un coffrage de briques cuites. C'est aussi à Kurigaîzu qu'est due la construction du temple de Ninlil (é.gasan.an.ta.g~àl, «Maison de la dame d'en-haut «) et de celui de Ninurta, l'é.sag~.dig~ir(re).e.ne. La ville est restée capitale jusqu'à la fin de la dynastie kassite, au milieu du XIIe s., et le palais a servi de résidence à ses souverains. Dans le mythe d'Erra , il est question de la destruction finale de la cité : "Quant à ceux de Daksa, leur lamentation ne s'apaisa plus à cause de l'E.u.gal qui avait été détruit". La ville fut, en effet, incendiée par les Elamites vers -1170, sous le règne de Marduk-apal-iddina. Un moment abandonné, le site a été de nouveau habité à l'époque néobabylonienne (VIè s.)


Dûr sharrukin

"Fort de Sargon", nom antique de Khorsabad, site mésopotamien à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Ninive (Mossoul). En -707 fut inaugurée par Sargon II la ville dont il voulait faire sa capitale. Les travaux avaient commencé moins d'une décennie plus tôt, avec la participation de nombreux prisonniers de guerre. Cependant, le souverain assyrien n'eut guère le temps de jouir de la cité à laquelle il avait donné son nom car il mourut deux ans plus tard. La ville était enfermée dans une enceinte de briques crues, extérieurement dentelée, de 14 m d'épaisseur et de 12 m de hauteur, formant un rectangle de 1 760 x 1 685 m et enfermant 300 ha. Elle était percée de sept portes monumentales consacrée chacune à une grande divinité assyrienne. Contre l'enceinte nord-ouest se dressait la citadelle (avec une dénivellation de terrain de seulement 14 à 18 m), pourvue d'une enceinte qui isolait de la ville la partie administrative et le palais royal. C'est cet immense complexe architectural qui a reçu l'appellation de « Palais sans rival « (é-gal-gaba-ri-nu-tuku-a). On accédait par trois portes monumentales à une cour de 103 x 91 m. Plus de 210 salles ont pu être déterminées articulées sur trois grandes cours principales et une trentaine de cours secondaires. Les portes en arceau, ornées de bas-reliefs, étaient gardées par un nombre considérable de taureaux ailés androcéphales. Plusieurs petits sanctuaires ont été reconnus dans la partie sud-ouest du palais, appelé harem à l'époque des premiers fouilleurs : Ningal, Ninurta, Shamash, Ea , Adad, Sîn. Mais la principale divinité était Nabû. Son temple s'élevait sur une terrasse pourvue d'une rampe d'accès, hors de l'enceinte propre du palais, à son angle sud-ouest. Il était pourvu de deux cours et de deux cellae de tailles différentes, la plus grande étant celle de Nabû, la plus petite devant être consacrée à sa parèdre Ta~metu(m). Comme le palais, il était abondamment orné de panneaux de briques vernissées et pourvu de mâts à enseignes. A l'ouest de l'ensemble palatial, au nord du pseudo-harem, dominait une Ziggurat à base carrée de 43 m de côté. D'après les observations de Victor Place, elle était pourvue d'un escalier en spirale pour accéder à chacun de ses étages hauts de 6 m, lesquels auraient été peints chacun d'une couleur différente. Les quatre premiers, plus ou moins bien conservés étaient blanc, noir, rougeâtre et bleuté. De ces ensembles a été retiré un nombre considérable de statues souvent colossales, de bas-reliefs et d'inscriptions sur les bas-reliefs et les jambages des portes outre un important mobilier et de petites tablettes en métal. Parmi ces inscriptions dont la plupart célèbrent la grandeur du roi, ses campagnes et ses entreprises architecturales, la plus importante est sans doute une liste chronologique des rois d'Assyrie (107 au total) débutant avec Erishum Ier (v. -1940 -1901) et se terminant avec Assur-nârâri V (- 754 -745). La ville fut abandonnée et détruite lors de l'effondrement de l'Empire assyrien, en -612.


3 images

Dynastique ancien ou archaïque

Traduction littérale de l'anglais Early Dynastic, le terme est généralement adopté de préférence à Présargonique (ancienne appellation due aux assyriologues français) pour désigner la première phase de la période historique du Sumer (abrégé en DA). Elle débute à la fin de la période de Djemdet Nasr, v. -2900, et se termine avec l'instauration de l'Empire akkadien par Sargon aux alentours de -2330. Fondée sur des éléments archéologiques et quelques documents, à commencer par la LRS, cette période est divisée en trois grandes phases : - DA I : -2900 -2750 - DA Il : -2750 -2600 - DA Illa : -2600 -2500 - DA IIIb : -2500 -2330.


Eannatum (a)

Seigneur (Ensi) de Lagash (v. 2454-2425). La ville de Lagash, encore obscure, était en litige depuis quelque temps avec la cité voisine d'Umma pour une question de champs à la limite des territoires qu'elles contrôlaient. La querelle s'était apaisée à la suite d'un arbitrage du souverain de Kish, Mésilim (entre 2600 et 2550). La paix semble avoir régné sous Ur-Nanshé mais la guerre reprit sous le successeur de ce dernier, père d'Éannatum, Akurgal. Le règne d'Akurgal fut bref et peut-être est-ce au cours d'un combat contre Umma qu'il perdit la vie. Eannatum se porta contre l'armée d'Umma, défit son roi, Ush, qui sans doute trouva la mort dans cette guerre. Le fils de ce dernier, Enakalli, dut abandonner les terres contestées à Eannatum et lui payer un tribut en grains. C'est cette victoire que le vainqueur va commémorer dans une grande stèle dite des Vautours (fragments retrouvés à Girsu, au Louvre). Il s'agissait d'une grande stèle en calcaire qui, à l'origine, mesurait en hauteur plus de 1,80 m. Elle est sculptée sur les deux côtés : sur une face, on voit le monde terrestre avec les guerriers de Lagat progressant en rangs serrés derrière leurs boucliers et étreignant une lance, Eannatum marchant à leur tête, tout ce monde piétinant les ennemis vaincus; dans un registre inférieur, Eannatum avance sur son char à quatre roues, suivi de ses guerriers; devant eux, un vol de vautours, qui a donné son nom moderne à la stèle; au bas, un fragment de relief où sont entassés les corps des morts de Lagash qu'on va ensevelir, avec une scène de sacrifice. Sur l'autre face, on se trouve dans le monde divin: le dieu Ningirsu tient d'une main une massue, de l'autre il étreint un aigle léontocéphale (Anzû) auquel est attaché un grand filet où sont pris, comme des oiseaux, les guerriers d'Umma. Bien qu'en partie perdue, la longue inscription qui accompagne les scènes figurées représente le document le plus important sur le règne d'Eannatum. Le prince se donne pour père le dieu Ningirsu et pour mère la déesse-mère Ninhursag, dont il suça le lait. Au cours d'un rêve, Ningirsu vint visiter Eannatum pour lui dire combien les "bandes pillardes" d'Umma l'avaient irrité (il implique aussi Kish, qui aurait été ulcérée par l'attitude d'Umma). Ainsi commence la guerre afin de venger le dieu. Après sa victoire Éannatum, qui ne cesse de répéter qu'il est très sage et qu'il a offert en sacrifice deux colombes à Utu, a fait lever un talus pour marquer la nouvelle frontière de son domaine, qui est celui de son dieu Ningirsu. Il ne semble pas qu'Eannatum se soit contenté de cette seule victoire. Il aurait aussi repoussé une attaque des Elamites, vaincu Ur et Uruk, reçu des mains d'Inanna la royauté de Kish, porté ses armes jusqu'à Mari et au Subar (l'Assyrie ?) selon la longue inscription d'un galet. Il semble aussi avoir eu une activité architecturale. Son action a finalement fait d'une obscure bourgade une cité dominante parmi les villes du Sumer.


Ecbatane

Capitale du royaume des Mèdes. Ekbtana est la forme grecque de son nom mède, ha =gmatâtta (élamite: ga-ma-dana), dont le sens est «lieu de cueillette". Elle a été fondée au VIIIe s. par le roi de Médie Déjocès. Son identification avec la moderne Hamadan ne fait aucun doute, bien qu'on n'y ait jamais pratiqué que des fouilles sommaires et ponctuelles. Il semblerait que l'ancienne citadelle soit à localiser sur le tell Hagmataneh, un tertre haut d'une trentaine de mètres situé au nord-est de la ville. La plaine dans laquelle elle se trouvait, à un carrefour de routes, était célèbre pour les élevages de chevaux et la fertilité de son sol, où étaient cultivées les céréales. De la ville mède, nous ne savons que ce qu'en ont dit deux auteurs grecs, Hérodote et Polybe. Le premier, qui ne semble pas l' avoir vu, assure que le vaste palais que s'était fait construire Déjocès était au centre de la ville, enfermée dans sept enceintes concentriques, chacune dépassant la précédente de la hauteur de ses créneaux, lesquels étaient faits de pierres de couleurs différentes : blanches pour la première, noires pour la deuxième, puis pourpres, bleues, rouge de Sardoine, les deux dernières étant plaquées d'argent et d'or . Il semble qu'on ait là la description d'une ziggurat dont chaque étage aurait été peint d'une couleur différente, comme il semble qui ce fut le cas pour un monument à peu près contemporain, celle de Nabû à Dur-sharrukin. Polybe, qui vivait au IIe s. et qui fut un ami de Scipion Émilien, a écrit une Histoire de la république romaine en partie perdue. C'est dans les fragments du livre X que se trouve une description de la ville, dont il est dit que "la richesse et la magnificence de ses édifices dépassent largement tout ce qu'on peut voir dans les autres villes ". Il assure qu elle n'est pas enfermée dans des murailles, en quoi il s'oppose à Hérodote, puis il décrit le palais qui faisait sept stades de tour (env. 1 200 m) et offrait des portiques, des péristyles avec des poutres, des colonnes, des lambris, revêtus d'argent et d'or . Tous ces trésors auraient été pillés par les généraux d'Alexandre le Grand, et Antiochos aurait retiré du temple d'Ena quatre mille talents d'or (1 talent = environ 17 kg). Après la chute de l'Empire mède, les rois de Perse avaient fait d'Ecbatane leur capitale d'été .


EIam

Région du sud-ouest de l'iran, constituée de plaines et de montagnes, débordant l'actuel Kuzistan. Sa situation géographique, à l'extrémité des routes du plateau iranien conduisant vers l'Asie centrale et la vallée de l'Indus, et dominant la plaine du Tigre, lui a permis de jouer un rôle non négligeable dans l'histoire du POA. Le nom d'Élam est fondé sur l'hébreu 'êlam. Les Élamites appelaient leur pays Haltamti (= Terre du dieu) et les Akkadiens Elamtu. L'origine des Élamites reste inconnue. Ils semblent avoir appartenu à ce fond des anciennes populations néolithiques de l'Asie antérieure qui parlaient des langues agglutinantes, différentes des Sémites et des Indo-Européens. Les Élamites adoptèrent les cunéiformes d'origine sumérienne, mêlés de logogrammes suméro-Akkadiens, pour écrire leur propre langue, probablement au cours du XXIIIè s. av. J.-C. , et les ont utilisés jusqu'au IV s. Dans ce système d'écriture syllabique entrent les voyelles a, u, i, e. La base de la langue est nominale, verbale ou commune au nom et au verbe. Le verbe, toujours placé en dernière position, exprime un aspect accompli ou inaccumpli-duratif. Bien qu'elle participe largement des civilisations voisines de la Mésopotamie, la civilisation élamite conserve une originalité qui lui est propre. Il convient ici de préciser que ce qu'on est convenu d'appeler l'Élam ne forme pas une unité en soi. Il est composé de plusieurs régions qui ont été distinguées politiquement : au pied du Zagros, la Susiane, dans de riches plaines avec Suse pour capitale, n'a pas été toujours le centre de l'Élam, qui s'étendait par ailleurs dans les montagnes avec l'Anshan l'Awan et le shimashki ces deux dernières régions étant mal circonscrites sinon localisées. On s'accorde pour diviser son histoire, àpartir des découvertes archéologiques et des textes aussi bien extérieurs que ceux recueillis localement, en particulier lors des fouilles de Suse et, plus récemment, d'Anshan, en quatre périodes : proto-élamite (vers -3200 -2700)élamite ancien ou paléo-élamite (vers -2400 -1500), élamite moyen (méso-élamite -1500 -1100), Néo-élamite (vers -1000 -539). Après la conquête achéménide, l'Élam est une province de l'empire qui a cependant le privilège de voir Suse considérée comme l'une des capitales impériales. Pendant la période protoélamite, l'Élam est tourné vers le plateau iranien, à la civilisation duquel il participe. Les relations de Suse sont étroites avec Anshan Bialk, Tépé Yahya, et même Bhahr-i-Bhukhta, en Iran oriental, site que certains auteurs identifient à Aratta, le grand marché du lapis-lazuli. C'est au début de cette période que les Élamites vont commencer à se doter d'une écriture qui reste très élémentaire, et indéchiffrée. Elle consiste en idéogrammes simples, souvent de forme géométrique, parfois dessinés en double ligne, ou encore simplement linéaires, sur des tablettes de terre crue, parfois à peine cuites, et quelques amulettes et sceaux. Il arrive que des dessins au trait représentant des animaux fauves, bovidés, soient tracés accompagnés de quelques signes. Il s'agit en général de pièces comptables ou d'exercices de comptabilité .Les premières mentions historiquement attestées entre l'Élam (connu sous le nom sumérien de NIM) et Sumer par des inscriptions se situent entre -2700 et -2400, bien qu'il soit probable que les deux régions fussent déjà en relations commerciales. Un roi obscur de Kish, Enna'iI, fils d'A'anzu, se vante d'avoir vaincu l'Elam. D' Éannatum, il est dit qu'il vainquit l'Élam, "la montagne vertigineuse". Ce sont là des relations violentes dont il est difficile d'assurer que ce sont les premières entre les Sumériens et les Élamites. Déjà. dans la LRS, le mythique roi de Kish Enmebaragesi aurait porté ses armes dans le pays d'Élam, ce qui nous ramène aux environs de -2700. L'époque paléoélamite se divise en trois périodes selon les dynasties qui ont eu le pouvoir. Vers 2400, un prince de la ville élamite d'Awan prit le pouvoir, défit Ur et entra dans la liste royale sumérienne. Cependant, la Susiane fut intégrée dans l'Empire akkadien de Sargon, qui y plaça des gouverneurs (issiakkum). Par la suite, Naram-Sîn passa un traité avec le souverain d'Awan (le roi Khita ?). C'est le premier traité conclu entre un souverain élamite et un roi mésopotamien : il fut conservé dans le temple d'In-shushinak. Vers -2050, la liste susienne des (12) rois d'Awan et de shimash(ki) donne une nouvelle dynastie avec aussi 12 rois, originaires de shimashki dans les montagnes du Luristan. La Susiane retomba sous la domination des derniers rois de la IIIè dynastie d'Ur, qui pratiquèrent des mariages entre princesses sumériennes et élamites. Ces précautions n'empêchèrent pas les Élamites de s'unir et d'envahir Sumer sous la conduite du roi de shimatki Kindattu (v. -2004), ouvrant la deuxième période d'indépendance de l'Élam ancien. Le roi d'Ur Ibbi-Sîn fut capturé et emmené prisonnier en Élam, où il mourut. Le neuvième roi de la dynastie de shimashki marque l'étendue de ses conquêtes en prenant le titre de « roi d'Anshan et de Suse «. Plus modestes, ses successeurs se contenteront de celui de suêalmah« Grand Régent", titre sumérien des gouverneurs de l'époque d'Ur III (sukkal). Avec eux commence la troisième période protoélamite, (v. -1970). L'Élam forme alors une sorte de confédération où, au-dessous du Grand Régent, se trouvent un sukkal d'Élam et de shimashki et un sukkal de Suse. Ces Souverains pratiquent des mariages avec leurs soeurs, comme les rois d'Égypte, et ils conservent les traditions akkadiennes. L'akkadien semble être la langue officielle : la plupart des textes, administratifs, économiques, sont en akkadien. On ne possède de cette époque que quelques inscriptions royales en élamite. Cependant, ces inscriptions permettent de saisir la complexité de l'histoire élamite pendant cette période et des successions au trône, sans qu'on puisse toujours réussir à situer tous les faits recueillis dans un développement satisfaisant . Cette période des sukkalmah se termine vers -1500 on ne sait précisément dans quelles conditions. Entre -1500 et -1100, trois dynasties se succèdent à la tête de l'Élam, qui connaît sa période la plus brillante, appelée élamite moyen. De la première dynastie, dite des Kidinuides, on connaît peu de chose. Ses rois se parent du titre de roi d'Anshan et de Suse mais ils privilégient, avec le roi Tepti-Ahar, Kabnak (Haft Tèpè) au sud-est de Suse, comme résidence royale, au détriment de Suse. Une campagne du roi kassite de Baby-lone Kurigalzu 1er au XIVè s. semble être la cause de la chute de cette dynastie, remplacée par une nouvelle dynastie fondée par un certain Igi-halki. Sous cette nouvelle dynastie dite des Igihalkides, l'Élam va de plus en plus trouver son équilibre culturel, dans lequel les traditions indigènes s'harmonisent avec les courants mésopotamiens. L'élamite devient la langue officielle, remplaçant l'akkadien. Cette politique se concrétise dans la capitale-sanctuaire édifiée par Untash-Napirisha (v. -1275 -1240) à Tchoga Zanbil. Le petit-fils de ce dernier, Kiden-Hutran (v. -1235 -1210), effectue un raid sur la Babylonie au cours duquel il met à sac Der, Marad, Nippur et Isin. Une période d'anarchie suit la mort de ce roi, et le pouvoir va passer à une nouvelle dynastie fondée par Hallutush-Inshushinak (v. 1205-1185). On lui a donné le nom de shutrukides, du nom du fils de son fondateur, shutruk-Nahhunte (-1185 -1155). Ce dernier reprend une politique de conquête et ravage àplusieurs reprises la Babylonie. En -1158, il prend et met à sac Babylone, d'où il rapporte triomphalement à Suse quelques-uns des monuments qui y ont été retrouvés par la mission française : grande stèle du Code d'Hammurabi, stèle de Naram-Sîn, statue de Manishtusu. Il revient à son fils et successeur, Kutur-Nahhunte (-1155 -1150), de mettre fin à la dynastie kassite au cours de nouvelles campagnes en Babylonie. Ce dernier avait épousé sa soeur Nahhunte-Utu. Il mourut à peine cinq ans après être monté sur le trône et son frère Shilhak-Inshushinak (-1150 -1120) lui succéda. Il épousa à son tour Nahhunte-Utur, ce qui représenterait un cas de lévirat . shillak-Inshushinak a été l'un des souverains les plus importants de la dynastie. Outre ses campagnes militaires, il fit construire un certain nombre de temples et restaurer plus encore de monuments. Les Babyloniens n' avaient pas oublié les méfaits des invasions élamites, comme en témoigne une élégie où l'auteur se lamente à ce propos . Le texte semble avoir été écrit à l'époque de Nabuchodonosor îer (1125-1104) lequel va, en partie, venger ces razzias en infligeant une défaite au successeur de shilîak-Inshushinak Hutelutush-Inshushinak (1120-1110), qui dut se réfugier un moment à Anshan. La période néoélamite voit la désagrégation de l'Empire élamite avec des retours de fortune. Les rois ont alors trois capitales Suse, Hidalu et Madaktu, où ils résident selon les circonstances. Ils sont de plus en plus tournés vers les affaires de la Mésopotamie car sans cesse menacés par les Assyriens. Ainsi, selon les moments, ils occupent Babylone ou encore ils s'allient avec elle contre Assur. En fin de compte, Assur-banipal, attaqué par Te-Umman, le vainquit (-653) et installa à Suse, Madaktu et Hidalu chacun des fils d'un ancien roi élamite détrôné par Tempti-Humban-Inshushinak (le Te-Umman des inscriptions assyriennes), qui s'étaient réfugiés à sa cour. Les nouveaux souverains ne manquèrent pas de trahir leur ancien bienfaiteur; ils soutinrent Shamash-shum-ukin dans sa révolte à Babylone contre son frère Assurbanîpal, de sorte que ce dernier les engloba dans sa vengeance. il ravagea l'Élam, mit Suse au pillage et rapporta triomphalement à Ninive un immense butin. La troisième période néo-éiamite qui s'ouvre alors est marquée par un nationalisme qui privilégie tout ce qui est élamîte, mais qui ne pourra empêcher l'Élam de tomber bientôt sous la domination de la Perse achèménide.


El

Divinité suprême des panthéons sémitiques.Il correspond à l'akkadien "ilu"dont le sens premier est "dieu", et qui est écrit avec le sumérogramme " dingir" (l'étoile) mais ilu peut désigner un démon protecteur, un esprit (et surtout l'esprit d'un enfant mort) ou simplement la chance . Son étymologie reste inconnue, mais sa racine " 'l " est liée au mot désignant la force, la puissance (hébr. = dieu et force). Peut-être était-il à l'origine le dieu-taureau, parèdre de la grande déesse néolithique, ce qui justifierait son épithète de taureau dans les textes ugaritiques ("Baal et la Mer", "Palais de Baal" , etc.). Considéré l'extension du terme 'el / ilu ", où il désigne la divinité dans toutes les langues sémitiques (sauf en éthiopien), il serait étrange qu'il soit inconnu du panthéon d'Ébla. Il semble, en effet, qu'on puisse voir dans le dieu A-lu / la des textes d'Ébla, lié à la déesse dDa~bi~na~tu ,une forme ancienne d'El ; il correspond au dieu Ilum (écrit AN ou i-lu-um) des textes de Mari, dans lesquels il est donné comme fondateur de la ville, ce qui en fait sa divinité tutélaire . Dans ces mêmes textes d'Ébla, le dieu sumérien Enlil est traduit par I-h-lu . C'est par les textes bibliques que l'on connaissait le mieux cette divinité avec ses épithètes (à moins qu'il ne s'agisse de divinités diverses dont les noms sont devenus des surnoms ou des épithètes de l'El hébraîque) : El 'Elyôn, El Roi, El shaddai, El 'Olam, El Béthel . Ce sont cependant les textes d'Ugarit qui vont intégrer El dans un ensemble de mythes qui lui confèrent une certaine consistance, et en particulier les épopées de Kéret, de Danel, et surtout la Naissance des dieux gracieux, où il est le géniteur des deux dieux shahar et shalim. Au bord de la mer, le dieu voit deux femmes " qui font monter l'eau ". Deux femmes qui se révèlent finalement être les filles d'El et qui l'appellent " papa ". En les voyant, sa verge se dresse, mais il apparaît qu'au moment de l'union elle s'abaisse : "Ô époux, époux, s'écrient-elles alors, ta verge est basse, la tension de ton membre languit ! " cri de désespoir qu'elles répètent mais en appelant le dieu non plus "époux" mais "papa". Cette soudaine faiblesse sexuelle, le fait que le dieu, bien qu'ayant engendré tous les dieux, sauf Baal, fils de Dagan, tombe en un rang secondaire, même s'il occupe le premier d'une manière fictive, ont soulevé la question de la théologie sémitique, dans laquelle El est toujours rejeté au profit de dieux plus jeunes, sans qu'il soit dit, pour autant, être mis à mort ou exilé par un jeune dieu triomphant comme le fit Zeus dans la théogonie grecque. Ainsi, dans le panthéon hébreu, El est-il en fait supplanté par Yahweh , et il en était de même dans l'Arabie préislamique : Allah n'était qu'une divinité secondaire, effacée au profit de sa parèdre al-Lât.C'est son inconsistance qui a conduit Mahomet à le choisir comme son dieu et qui lui a conféré une universalité grâce au succès de son combat.Il n'en demeure pas moins qu'El dispose d'un pouvoir qui n'est pas négligeable: il est la source du pouvoir royal, avec le titre de m/h (roi), et le roi régnant est appelé "fils d'El". Il est aussi le " père de l'humanité ", ce qui en fit un dieu proche des hommes.


Emar

La ville antique d'Émar a d'abord été connue par des textes du milieu du IIIe milI. et des premiers siècles du millénaire suivant provenant aussi bien d'Ébla (une reine d'Emar, Tisha-Lim, était originaire d'Ébla) que de Mari, ou encore de Nuzi et d'Ugarit (par ex., lettre à propos d'un voyage à Emar, datée du XIVe s.. Georges Dossin avait suggéré une identification avec le tell syrien de Meskéné Khadime, dans la boucle de l'Euphrate. Des fouilles de sauvegarde, avant la mise en eau du lac prévue sur le Fleuve, y ont été conduites par une expédition française. Dès les premiers jours fut mis au jour un lot de 14 tablettes placées dans une jarre, qui permirent l'identification du site avec l'antique Émar. Mais, à la surprise des fouilleurs, les monuments dégagés, un palais à Bit Hilani, quatre temples de type "à mégaron", tout aussi bien que les nombreuses demeures privées constituant des îlots de demeures à terrasses accolées les unes aux autres, tout datait de la fin du BR, rien de plus ancien n'a été retrouvé. De fait, les changements de lit de l'Euphrate avaient obligé les habitants de la ville à l'évacuer et à en reconstruire une nouvelle sur une hauteur voisine. Cette reconstruction se fit à l'initiative du roi hittite Suppiluhuma îer (ca. 1380-1346) et de son fils Mursili Il (1345-1315). Cette dernière cité ainsi retrouvée était destinée à être à son tour engloutie dans les eaux du fleuve. La découverte de plusieurs centaines de tablettes rédigées en akkadien pour la majorité d'entre elles, mais aussi en sumérien, en hittite et en hurrite, et d'environ 400 sceaux d'une très grande diversité de styles et d'origines, a apporté de nombreux éléments concernant la vie dans cette partie septentrionale de la Syrie aux XIVe~XIIIe s. Ils ressuscitent dans une certaine mesure cette capitale du royaume d'Ashtata avec sa famille royale et les intrigues de palais . Une partie de ces textes consiste en testaments actes de vente, lettres, contrats divers, almanachs, mais aussi en oeuvres littéraires, telle cette belle élégie intitulée Ballade des héros du temps jadis (- chant), et en écrits de caractère religieux, dont le plus important est un rituel d'intronisation de l'épouse du dieu de l'Orage (noté avec le logogramme 41M, auquel sont ajoutés des épithètes akk"Jabaimmi" qui donne l'eau vivifiante " pih~aimmi","resplendissant ", puda(l)im(m)i, "armé pour le combat ". Parallèlement à ce texte où sont mis en évidence les temples de Ninkur et de Ninurta, et le bétyle d'Hépat, on connaît d'autres divinités de la cité : Baal et Astarté (auxquels étaient sans doute consacrés deux des quatre temples exhumés), Tashmishu, Nergal, Ishtar de shamuba.


3 images

Emésal

La langue sumérienne présente cette particularité de posséder deux dialectes utilisés dans des cas précis. Ce que les Sumériens appelaient "emegir", dont le sens est, pense-t-on, "langue princière" ou, plutôt, "langue principale" , était la langue courante, sans doute revêtue d'un caractère déjà littéraire, car c'est celle dans laquelle sont rédigés la plupart des grands textes littéraires. Emésal, dont le sens en sum. est discuté, signifie quelque chose comme "langue fine", " raffinée " on la dit plus couramment "langue des femmes", car elle est généralement utilisée par des femmes, en fait des prêtresses, à l'adresse de déesses ou vice versa. La littérature la concernant consiste en textes poétiques, accompagnés d'un instrument de musique, donc chantés ou psalmodiés, hymnes sous forme de prières et de lamentations dites parfois par une déesse. A l'époque paléobabylonienne, les genres littéraires dans lesquels l'émésal est utilisé sont appelés en sumérien ershemma (ér. sèm.ma), balag (balag) et sir.nam.sub; aux époques suivantes, les nouveaux genres sont "u.il.la" et "ér.sà.hug.gà". Ces textes sont souvent relatifs à Dumuzi, où Inanna parle en émésal, et il est exceptionnel qu'un homme s'exprime dans ce dialecte, sauf lorsqu'il s'agit de la liturgie des prêtres balil, lesquels étaient des eunuques. Par ailleurs, lorsque qu'une femme ou une déesse s'adresse à un homme, elle utilise l'émégir. Ces faits militent (avec bien d'autres) en faveur de la thèse d'Igor Diakonof (1976), selon qui l'émésal était un langage initiatique propre aux femmes dont le vocabulaire était tabou pour les hommes. Les plus anciens textes dans ce dialecte remontent à une époque (babylonien ancien) où le sumérien n'était plus une langue parlée, ce qui laisse supposer qu'il était devenu un langage littéraire propre à une littérature où les femmes s'expriment entre elles. La différence essentielle avec l'émégir réside dans le vocabulaire, différence issue parfois d'altérations phonétiques. Les scribes assyro-babyloniens se sont donné des instruments de travail on établissant des vocabulaires trilingues : ils étaient disposés sur trois colonnes, le terme émésal occupant la 1ère, l'émégir la 2è, et la 3è donnant la traduction akkadienne. La série la plus communément recopiée à l'époque néoassyrienne intitulée dim.me.er dingir = ilum (les trois mots ayant le sens de dieu e), comprend 489 entrées.


En

Mot sumérien dont le sens est "seigneur". Il est étymologiquement apparenté à ensi et il entre dans la formation de nombreux noms de dieux et d'anthroponymes. Gilgamesh est dit "en" de Kullab. Comme ensi, "en" devait revêtir un sens religieux. Le père de Gilgamesh est un hillû (démon) on de Kullab , titre que Jacobsen traduit par "grand prêtre". La fille de Sargon, Enlieduana, est élevée au rang de grande prêtresse (-en) du temple d'Akkad. Le grand prêtre d'Ishtar à Uruk avait le titre d'en et son temple s'appelait é.g~i6.pàr.en.na "Maison giparu du prêtre-en". C'est aussi un titre donné à des souverains étrangers, comme le seigneur (en) d'Aratta dans le poème "Enmerkar et le seigneur d'Aratta".


Enfers

Dans leur conception du monde, les Sumériens, et à leur suite les Babyloniens, plaçaient en haut le ciel, puis la terre, monde des vivants, au-dessous l'Apsû et tout en bas l'autre monde, les Enfers, le lieu où résidaient les démons et les morts sous la domination de dieux infernaux. NOMS DE L'ENFER. Sumériens et Akkadiens disposaient de nombreux noms pour désigner le royaume souterrain d'Éreshkigal et de son époux. L'un des noms les plus communs est aralî (akk. arallû). Irkala (akk. irkallû) est le nom donné à l'enfer dans le contexte de la descente qu'y fit Inanna c'est aussi le nom de la déesse personnifiant l'enfer: " Ishtar qui demeure dans l'irkali " , "la maison d'Irkalla d'où personne ne revient". Ekur désigne le lieu où résident les démons, qui n'est autre que le monde souterrain. Kukkû (surm. ku-ku), dont le sens est "obscurité", désigne le monde souterrain où règne la ténèbre. Dans la douzième tablette de l'Épopée de Gilgamesh le héros, lors de cette énigmatique scène du jeu du maillet et de la boule où cette dernière tombe dans le pays des morts et où il voudrait aller la chercher, est arrêté "à la porte appelée Ganzir, antichambre du pays des morts "(XII, 167). Ganzir est un mot sumérien (prononcé gansis) qu'on retrouve dans la descente d'Inanna en enfer, où il est question de la porte du palais ganzir : son sens pourrait être "laisse-moi me retirer"ou encore " que j'enlève ". Tous ces noms sont d'origine sumérienne. Il on va de même pour d'autres noms encore, moins courants, peut-être ki-gal,"la Grande Place" ; kur-nu-gi-a (akk. erset la~ tari), " terre sans retour" ; edin, mot qu'on traduit par " steppe" ; e-kur, " pays montagneux ". Enfin, un dernier nom est Kutu ou Kutha, expression employée par ex. dans le mythe de la descente d'Inanna / îshtar dans l'autre monde. Mais c'est aussi le nom d'une ville de Sumer consacrée aux dieux infernaux. LE MONDE INFERNAL. Le monde infernal est un monde terrestre où règne l'obscurité, un lieu de ténèbres, organisé comme un royaume terrestre. Il est régi par Éreshkigal et Nergal. On y trouve d'abord un portier, Néti, qui reçoit Inanna dans sa katabase la reine des Enfers a son majordome, Ningishzida, l'administrateur de sa maison, pabilsag, et son e vizir» (sukkal), Namtar. Les démons qui l'habitent ne sont pas là, comme dans l'enfer chrétien, pour tourmenter les morts. Ils vivent aux côtés de ces derniers sans se soucier d'eux. Ce n'est pour eux qu'une résidence qu'ils quittent souvent pour se rendre dans le monde des vivants afin d'y exercer leur profession maléfique. La géographie de l'enfer demeure fragmentaire sinon très élémentaire. Lorsque Inanna fait sa descente, elle passe par sept portes, accompagnée du portier, qui, à chaque porte, la fait se dépouiller au fur et à mesure de ses bijoux et de ses voiles, de sorte qu'elle est entièrement nue lorsqu'elle pénètre dans le royaume d'Éreshkigal. Inanna / Ishtar veut alors se précipiter sur cette reine de la nuit, mais elle qui était invincible sur terre et renversait des armées et des montagnes se révèle sans force, elle n'est plus qu'une dépouille qu'on peut pendre à un clou, et contre qui, sur l'ordre d'Éreshkigal, Namtar lâche les soixante démons des maladies. Pour la rendre à la vie, il faudra l'asperger d'eau. Car les morts ne sont plus que des spectres (sum. gedim; akk. etemmu), des doubles des vivants qui survivent à la mort du corps et s'en détachent pour descendre dans le monde infernal, où ils se nourrissent de terre et s'abreuvent de poussière : on est dans un monde de silence et de pénombre (plus que de ténèbres ?) où les seuls animaux sont des oiseaux nocturnes craintifs. Cependant, dans une tradition, un fleuve (ou une rivière) traverserait l'enfer, que les ombres des morts devaient franchir. Son nom sumérien est id lu rugu, (Hubur en akkadien). Cette rivière apparaît comme la porte des Enfers : "[...] laisse-les franchir la rivière Khubur sans pouvoir revenir en arrière, laisse-les entrer par la porte (de l'au-delà)". Dans un curieux texte néoassyrien intitulé Vision du monde infernal, un fils de roi nommé Kummâ (ou Kumaya) a une vision du monde infernal au cours d'un rêve. Lui apparaissent alors successivement les dieux des Enfers et aussi les démons : «le méchant shêdu, aux pieds d'oiseau et coiffé d'une tiare, Allu-Khappu, à tête de lion avec quatre mains, le portier, qui s'appelle ici Pituh et qui possède un corps humain, une tête de lion et des pieds d'oiseau... Le nocher de l'au-delà a pour nom Humut-tabal, "Emporte-vite". Il convient de souligner que, même si on a pu faire de Gilgamesh un juge des Enfers, les morts y descendent sans qu'intervienne le concept d'un jugement des dieux infernaux, avec une rétribution en fonction des actions du mort au cours de sa vie terrestre, bien que soient faites des allusions aux juges infernaux, par ex. dans le texte (cf. ci-dessous) de Gilgamesh Enkidu et l'Enfer. Exceptionnel est, par ailleurs, le poème sumérien intitulé la Mort d'Ur-Nammu, dans lequel on voit le roi d'Ur descendre dans l'autre monde avec ses richesses et venir rendre hommage aux dieux de l'enfer et leur faire des offrandes, après quoi il reçoit des serviteurs prélevés sur les morts pour continuer d'être servi. Composé à l'époque d'Ur III, ce poème montre déjà Gilgamesh juge des Enfers. Ce texte paraît une illustration de la croyance de l'époque des anciens rois d'Ur du DA, où les Souverains et même des reines comme Puabi étaient ensevelis dans leur tombe avec leurs trésors et toute une suite de servantes et de serviteurs qui ne pouvaient qu'être destinés à continuer de les servir dans l'au-delà. DESCENTES AUX ENFERS (katabases). Outre les deux textes cités précédemment, qui ne sont pas réellement des katabases dans la mesure où Ur-Nammu descend dans le monde inférieur après sa mort et que le prince Kummâ ne fait son voyage qu'en rêve, la littérature mésopotamienne nous a transmis trois katabases. La première est une sorte de conte sumérien intitulé "Gilgamesh, Enkidu et l'enfer" dont on a aussi une traduction en assyrien. Inanna a donné à Gilgamesh un maillet et une boule que le héros a laissé tomber en enfer par une bouche. Gilgamesh envoie Enkidu la chercher en lui expliquant la façon dont il doit agir afin de ne pas se faire reconnaître comme vivant une fois parvenu dans le monde infernal. Mais Enkidu ne suit pas les conseils et il est gardé en enfer. Cependant, son esprit peut revenir sur terre et Gilgamesh l'interroge : Celui qui a sept fils, l'as-tu vu là ? Je l'ai vu là. - Que fait-il ? - Comme un assistant des dieux, il est assis sur un siège, il écoute les jugements. - Celui qui n'a pas d'héritier; l'as-tu vu là ? - Je l'ai vu là. - Que fait-il ? - Comme un homme battu sur le dos, il mange du pain... «(texte intégré dans la tablette XII de l'Epopée). La deuxième katabase, "Nergal et Ereshkigal", rapporte dans un long poème dont on a plusieurs versions la raison pour laquelle Nergal est devenu un dieu de l'Enfer. Pour avoir offensé Ereshkigal, Nergal, divinité céleste, est poursuivi par la colère de la déesse. Suivant les conseils d'Éa, Nergal se décide àaller affronter la déesse dans son propre domaine. Nergal, à l'aide de démons que lui a donnés Éa, neutralise les gardiens des Enfers et en franchit les portes. Finalement, après bien des discours de part et d'autre et de péripéties, Nergal épouse Eretkigal et devient maître du monde Souterrain . La troisième katabase est la Descente d'Inanna-Ishtar aux Enfers. Dans la version sumérienne la déesse est appelée Inanna, dans la version akkadienne, Ishtar. La raison de cette décision d'aller affronter Éreshkigal n'est pas donnée par la déesse. C'est en quelque sorte un caprice. Comme je l'ai dit plus haut, la déesse perd toute sa puissance à chaque porte qu'elle franchit et se trouve captive d'une Ereshkigal inflexible. Mais, en l'absence de la déesse céleste, la vie ne se multiplie pas, tout végète, le monde lentement se meurt. Les dieux interviennent on vain en faveur d'Inanna, et il faut toute la ruse et la sagesse d'Ea , qui créé «un concept», Asu-tu-namir, (l'inverti) pour que cet être calme le coeur de la déesse et la contraigne à céder et à renvoyer sa captive dans le monde céleste. Hittites ET SYRIE. L'enfer chez les Hittites avait pour nom Dagan-zipas, "terre sombre"et en hurrite "Turi" terme qui signifie " inférieur" : Enna turi- na sont "les dieux infernaux" Hourrites auxquels correspond en hittite Katteres siunes . Le monde infernal est évidemment sous terre, et c'est de là que sortent les rivières et autres cours d'eau. Seuls les souverains Hittites, déifiés, poursuivent dans l'au-delà une vie de fermiers avec des terres à cultiver et des troupeaux. À Ugarit, Baal est un dieu qui meurt, mais il renaît pour triompher de la mort (Mot) sans que, d'ailleurs, ait été conservé un récit de sa descente en enfer.


1 images

Enki

Dieu Sumérien dont le nom signifie "seigneur de la terre" . En tant que tel, il réside sur Du-ku, colline primordiale. C'est pourtant aussi un dieu des eaux souterraines lié à l'Apsû : une de ses épithètes est " cerf de l'Apsû". Il a été identifié à Éa, avec qui il a été confondu lors du syncrétisme suméro-akkadien.- Dans le panthéon mésopotamien, il naît de l'union d'Anu et de la déesse Nammu, et il est le frère jumeau d'Ishkur. De son union avec Damgalnuna naissent Marduk, Asarluhi, Enbilulu, Adapa, la déesse Nanshé. Il fut très tôt identifié à Nudimmud, nom par lequel on le désigna également. Il est aussi invoqué sous le nom de Nintiku. Son identification à Éa fait que de nombreux hymnes sont adressés à ce dernier. Il est cependant associé à Nisaba dans une composition hymnique à l'occasion de la fête des moissons mais il n'est invoqué que dans le dernier vers : "Ô père Enki, il est doux de te louer" . Son principal temple était l'é.abzu à Éridu. Un temple du même nom lui était consacré à Pasirra. L'é-abzu était desservi par un clergé composé de dignitaires dont nous connaissons quelques appellations sans très bien connaître les fonctions qu'elles recouvrent : enkum, ninkum, abgal et abrig; l'une des tâches de ces deux derniers était de porter à la bouche de la statue du dieu des offrandes destinées à la lui ouvrir : miel, crème de lait, résine de cèdre. Il existe en revanche plusieurs textes mythiques où Enki joue un rôle essentiel. Enki et Ninhursag. Mythe sumérien connu par des tablettes des époques d'Ur III et paléobabylonienne. Il en subsiste 284 vers, soit presque la totalité. Le mythe se situe à Dilmun, un lieu où tout semble endormi où ne coule pas d'eau. Enki s'y établit avec la déesse Ninsikila, «la dame pure «, une déesse dilmunite. Cette dernière s'étant plainte du manque d'eau "l'habile Enki, devant Nintu la mère du pays emplit toutes les rigoles de son Sperme" et de son sperme inonda les cannaies". Le dieu ne se contente pas de distribuer ainsi sa faconde virile, il la déverse dans le giron de Ninhursag d'où naquit Ninsar,"Dame des plantes vivrières". La jeune Ninsar étant ensuite allée se promener le long de la lagune, Enki la vit et dit à son page Isimud : "Ne baiserai-je pas cette jeune et jolie fille, ne baiserai-je pas cette charmante Ninsar?". A quoi le page, bon courtisan, lui répond de la baiser . Enki monte alors dans sa barque et il va déverser son sperme dans le giron de la jeune fille qui donne le jour à Ninkura, dame des plantes à fibres. Ainsi, de proche en proche, le dieu féconde chaque fois la déesse sortie du sein de celle qu'il a fécondée, créant tous les éléments indispensable au développement de la civilisation. Il goûte ensuite les plantes pour fixer leur destin. Mais Ninhursag est furieuse contre Enki à cause de son comportement et le voue à la mort. Intervient alors le Renard qui lustre son poil, farde ses yeux au khôl avant d'aller trouver la déesse. Il y a une lacune dans le texte qui ne permet pas de savoir comment, finalement, Ninhursag prend Enki sur son giron et le guérit de divers maux en créant chaque fois une divinité. "qu' est ce qui te fait mal mon frère - Mon crâne me fait mal. Eh bien je crée pour toi le dieu Aba-u .Qu' est ce qui te fait mal mon frere? Mes cheveux me font mal... Eh bien! je crèe pour toi la déesse Ninsikila..." Enki fixe ensuite le destin (et les fonctions) de ces nouveaux dieux. Enki ordonnateur du monde. Texte poétique sumérien conservé dans plusieurs manuscrits fragmentaires (de Nippur) formant un tout incomplet de plus do 450 lignes. C'est un poème complexe de caractère incantatoire constitué de quatre parties. Il débute par un cantique à Enki " Seigneur Sublime "en tout l'univers Souverain par nature O vénérable Enki! né du Taureau, engendre par l'Aurochs cheri d' Enlil le Grand Mont bien aime du saint An(u)" . Le recit loue ensuite le dieu pour son action bénéfique et créatrice qui a donné l'opulence aux hommes. Puis Enki fait son autoglorification, ce qui permet de connaître ses filiations, ses épithètes, ses fonctions. Il prend ensuite place dans une barque pour aller sur la lagune visiter son domaine. Il est alors question du pays de Magan et de Dilmun , avec leurs boutres chargés à ras bord. Sont décrits tout le cérémonial d'embarquement et l'arrivée de la barque divine à Sumer, dont Enki va fixer le destin. Il aborde à Ur, "la cité sainte " dont il fixe le destin, puis à Nippur (en passant, il fixe le destin de l'Elam). Il crée l'Euphrate et le Tigre en éjaculant et l'eau qu'il produisit ainsi est chatoyante, suave et capiteuse" . Suit une longue litanie de toutes ses créations depuis l' agriculture jusqu 'à I'architecture, le régime administratif des terres sans oublier naturellement I'écriture. Le tout forme selon le jugement averti de Jean Bottéro une ample composition de style soutenu animée d'un souffle lyrique littérairement achevée . Enki et Ninmah : Mythe sumérien connu par des manuscrits fragmentaires : tablettes d'Ur III et copie bilingue d'époque néo-assyrienne. Alors que les deux textes précédents peuvent être regardés comme des cosmogonies, celui-ci est plutôt une anthropogonie. Il s'agit de la création de l'homme, même si le poème commence par la création primordiale : « Ces jours-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été [séparés] - Ces nuits-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été désassemblés]... « Suivent la création des Anunna(ki)... Mais le façonneur de tous les grands dieux, Enki, en son profond Engur (autre nom de l'Apsû) houleux, où nul dieu ne plonge le regard, demeurait vautré au lit : il n'arrêtait pas de dormir «...Les dieux s'en étant plaints, Nammu, "la mère primordiale", vient tancer le dieu, l'engage à agir et lui cite les divinités qui seront ses auxiliaires (Ninniali en premier; puis Ninimma, shuzianna, Ninmada, Niobara, Ninmug, Musargaba et Ninguna). Enki et Ninmah s'enivrent alors de bière, se mettent le coeur en gaieté et Ninmah défie Enki de corriger la nature des hommes qu'elle tente de créer. Mais elle échoue dans ses créations, sept fois, et c'est finalement Enki qui crée leurs destins . Voyage dEnki à Nippur. Dans ce petit poème de caractère liturgique, Enki va faire un voyage à Nippur pour rendre une visite à Enlil. Ces visites rituelles d'un dieu à un autre dieu, qui se faisaient dans la réalité avec la statue du dieu, lequel ou laquelle allait d'un sanctuaire à un autre dans une ville voisine, étaient accompagnées d'une sorte de livret liturgique. Il est d'abord question du palais construit pour le dieu dans l'Apsû, dont le page Isimud fait une description debout face au palais : Ô demeure construite en argent et en lazulite l Toi dont les fondations sont plantées en l'Apsû, duquel le prince te chérît... Ces stances se terminent par une évocation d'Éridu, la cité du dieu: «Lorsque Enki eut fini de construire Éridu, masse artistement couronnée, qui semble flotter sur les eaux, au rivage, il s'adossa à la roselière, (se reposant) en son verger amène, plein de fruits, où nichaient les oiseaux, tandis que folâtraient les carpes, parmi les tendres plantes aquatiques et que les cyprins frétillaient entre les jeunes pousses de gizi ! ". Enki (en fait sa statue) s'embarque et parvient à Nippur dans le gigunnû, sainte chapelle de Nippur. Là, Enki offre un banquet à Enlil, son père, dans le sanctuaire de Nippur au menu, bière, vin, bière d'épeautre, bouillie de malt ( ?), sirop de dattes... Les gobelets pleins à verser, les dieux (en réalité leurs prêtres) trinquent au ciel et à la terre aspirant posément aux hanaps débordants (creux comme) des chaloupes. En fait, il s'agit de vases dans lesquels on plonge les chalumeaux courbes pour aspirer le liquide). À la fin du banquet, Enlil donne aux Anunna la raison de cette liesse et de cette visite : Enki s'est fait construire un palais à Éridu, «le saint lieu où nul ne peut entrer e. En réalité, il s'agit, sans doute, de l'inauguration de l'é.abzu d'Éridu. Inanna et Enki. Ce texte sumérien n'est connu que par un seul manuscrit, complété par quelques fragments. C'est, assure Jean Bottéro, "une pièce interminable et littérairement médiocre" , mais elle a l'avantage de nous donner une longue liste de tous les pouvoirs, les "me" que reçut Inanna et qu'elle déposa à Uruk. Le cadre de l'histoire est une visite que la déesse décide de rendre à l'Apsû d'Enki à Éridu. Comme pour la visite que fit Enki à Enlil, la réception de la sainte Inanna (qui fît route toute seule e vers Érîdu) commence par un banquet. Enki fait alors la liste, à son page Isimud, de tous les cadeaux qu'il va faire à sa fille Inanna, qui ne sont autres que les "me" : le Pastorat et la Royauté, les Offices d'Egîzi, de Nindîngîr, d'Itîb, de Lumali et de Gudu, la Véridicité, la Descente aux Enfers, l'Habit polychrome, la Chevelure rejetée sur la nuque... Et, avant de dire le don Enki introduit la citation par: " Par mon prestige , par mon Apsû , à la sainte Inanna ma fille, je vais offrir, sans que nul m'en empêche" , etc. Et c'est Enki qui conclut (derniers vers) à l'adresse de la déesse : Qu'à la porte de ton saint Gipar le grand prêtre passe ses journées en liesse Et que les citoyens de ta ville, les enfants d'Uruk, y vivent agréablement. Quant à toi, ta ville demeure dûment alliée à Erîdu : aussi la restaura-t-on en sa situation première !".


2 images

Enkidu

Personnage mythique créé par la déesse Aruru pour s'opposer aux violences de Gilgamesh, dans l'Epopée de Gilgamesh. Son nom signifie " Seigneur de la bonne place ". Il apparaît dans deux petites épopées sumériennes, Gilgamesh et Huwawa et Gilgamesh, Enkidu et l'Autre Monde . Dans ces textes, Enkidu est le " serviteur " (sum. Ir) de Gilgamesh alors que dans la grande épopée il est jeté sur la terre, homme sauvage qui vit parmi les bêtes de la steppe et qui court avec elles, avant d'être e dompté «par une courtisane. Il se mesure à Gilgamesh et, finalement, devient son inséparable ami. Il partage avec lui les dangers de son expédition dans les montagnes de l'Occident, où il va combattre Humbaba (sum. Huwawa) jusqu'au moment où il sera emporté dans le monde des morts. Ce qui provoque dans le même temps en Gilgamesh le désespoir d'avoir perdu son ami et la crainte de la mort, de sorte qu'il part en quête de l'immortalité. Ainsi est-il vraisemblable qu'Enkidu ait été primitivement un dieu qui meurt devenu un simple humain soumis aux lois de la nature, comme ce fut le cas pour Dumuzi. Ce dernier connut l'amour d'Inanna, Enkidu l'amitié (amour ?)de Gilgamesh, et tous deux furent pareillement pleurés.


Enkimdu

Personnage symbolique du fermier dans la dispute avec le berger Dumuzî, il fut le prétendant malheureux d'Inanna / Ishtar . C'était sans doute à l'origine un dieu sumérien de l'agriculture, l'habile fermier d'Enlil, l'homme des canaux et des digues que le dieu Enki préposa à l'agriculture ("Enlil ordonnateur du monde"). Il a été identifié à Enbilulu, "l'inspecteur des canaux", lequel, dans l'Enuma Elish, devient une manifestation de Marduk: "Enbilulu : c'est le seigneur munificent par nature , Le puissant pasteur des dieux, qui institua leurs offrandes, qui fonda et fit prospérer sur la terre pacages et aiguades, qui creusa les rivières et en distribua l'eau fertilisatrice .


Enlil

Dieu sumérien, parmi les plus anciens et les plus complexes. Son nom sumérien signifie "seigneur de l'air" (akk. Ellil), mais ses attributs sont bien plus larges que ceux d'un simple maître des vents et de l'air. Son nom apparaît dès l'époque de Djemdet Nasr et il occupe déjà une place capitale dans la liste des dieux de Fara. Si dans l'Enûma Elish, poème babylonien à la gloire de Marduk, c'est ce dernier qui est le véritable dieu créateur, et qu'Anu, Enlil (qui n'apparaît que dans la quatrième tablette au vers 146) et Ea n'occupent finalement qu'une place secondaire, dans le poème d'Atrahasise le roi, père des dieux, est Anu, et Enlîl, "le guerrier"(ou "le preux"), qui avait pris la terre en partage, était le souverain des dieux, et c'est contre lui que ces derniers se révoltèrent. Dans la cité qui en a fait sa divinité principale et dont il était peut-être originaire, Nippur, c'est lui le dieu créateur qui façonne l'homme de ses propres mains. Mais c'est aussi lui qui, dans le mythe d'Atrahasîs, se trouve incommodé par les clameurs des hommes et exige leur destruction en demandant de couper aux hommes toute subsistance, qu'Adad retienne les pluies et que Nisaba (déesse des Moissons) "ferme partout sa poitrine". Comme Enki, il réside sur le Duku, avec son épouse Ninlil (ou Sud), une déesse des Céréales. Il est lié à l'orage qui se précipite des montagnes, comme en témoignent son surnom sumérien de Kur-gal ("Grande Montagne") et le nom de son temple à Nîppur, l'é.kur, "Maison [de la] montagne". Sa puissance est soulignée dans un hymne où il est dit: " Ô toi le puissant, qui tient la pluie dans le ciel et les eaux sur la terre... père Enlîl, tu es celui qui fait que croît la vigne, ta chaleur porte à sa maturité le poisson dans les profondeurs, tu laisses se rassasier de nourriture les oiseaux dans le ciel, les poissons dans la mer ". Ainsi est-il devenu, en quelque sorte, le plus puissant des dieux, le père des dieux (ab-ba dingir-re-me), celui qui distribue les destins (na-me nam-tar-ri), fonction qu'il partage avec Enki. « Seigneur des seigneurs, roi des rois, père qui as engendré les grands dieux, maître des destins et des hommes, qui gouverne les cieux et la terre... Seigneur de tous les pays qui fixe les destins de tous les dieux, les vivants sont engendrés par ton ordre, tu nommes roi et gouverneur... « est-il déclaré dans un hymne où il apparaît comme un maître de la justice qui rend le faible égal au fort, celui qui abolit le mal. Dans la généalogie des dieux, il est le fils d'Anu et le frère d'Aruru. il lui est donné pour progéniture Inanna, Adad, Nergal, Ninurta, Nanna-Suen (Sîn), Ningirsu, Utu, Nuaku, Pabilsag, Ishkur, Namtar, Urash. Une tradition on fait le fils d'Enki et de Ninki. Au dieu était consacré un nombre considérable de chapelles et de sanctuaires aussi bien en Babylonie qu'en Assyrie. Outre l'é.kur à Nippur, sans doute l'un des plus anciens puisqu'il fut déjà restauré par Naram~sîn, il avait encore cinq autres é.kur dans cette même cité et un autre à Assur. Un nombre considérable de temples et de chapelles lui étaient dédiés à Nippur (par ex. e.du6.nùmun.bùr, "maison du tertre des joncs «), ainsi qu'une ziggurat. Enlil et Ninlil. Il s'agit d'un petit poème sumérien de 154 lignes dont les manuscrits sont une copie néo-assyrienne et des fragments d'époque paléo-babylonienne. Le poème s'ouvre par une description de Nippur où se situe l'action. La jeune fille Ninlil (dame-air) est mise en garde par sa mère, Nunbarshegunu (autre nom de Nisaba) : "En la limpide voie d'eau, ne prends pas de bain, jeune femme... ne te promène pas le long du canal princier, ô Ninlil, Le seigneur au regard luisant, au regard luisant, jetterait les yeux sur toi ! Le Grand-Mont, le vénérable Enlil, au regard luisant, jetterait les yeux sur toi !... il te pénètrerait, te baiserait, t'engrosserait allégrement d'une voluptueuse semence..." Naturellement, la jeune fille n'écoute pas les recommandations, elle va se promener au bord du canal, Enlil la voit, et lui dit tout crûment qu'il voudrait «la pénétrer, la baiser «, mais elle refuse en lui répliquant que son vagin est trop étroit, etc. On peut voir qu'elle n'était pas particulièrement naîve. Enlil ne la force pas. Il s'adresse à son page Nuaku, qui lui procure une barque pour aller la surprendre dans la cannaie, où, ce qui n'est pas dit mais sous-entendu, la jeune fille est allée se baigner, nue. Car Enlil la surprend, se couche sur elle et lui fait ce qu'il avait envie de lui faire sans qu'elle s'en défende. Or «les grands dieux, cinquante au total, plus les dieux - sept au total - qui arrêtent les destinées «font appréhender Enlil en plein Kîrir ([é].ki.ùr, » place nivelée «, est le nom d'une chapelle de Ninlil dans l'Ékur de Nippur, où il se promène, et le chassent de la ville en le traitant de violeur de filles. Enlîl part mais Ninlil le suit. Enlil parait la fuir, jusqu'aux portes de l'enfer, où il dit au portier: » Ninlil, ta souveraine va survenir : Si elle te questionne à mon sujet, tu ne lui diras point qui je suis. » Suit tout un jeu où Ninlil interroge le portier, qui fait l'innocent; Enlil continue de la fuir de plus en plus loin dans le monde d'en-bas jusqu'au fleuve de l'enfer, où il tient le même discours au nocher. Et à ceux qui lui parlent d'Enlil comme le roi du monde, Ninlil répond que s'il est leur souvetain elle est leur souveraine, car elle porte dans son sein la glorieuse semence de leur maître. Enfin, Enlil retrouve Ninlil dans sa chambre à coucher, où, «la pénétrant et la baisant, il déversa dans son sein la semence d'Enbilulu, le régisseur des canaux » . Le Mariage de Sud (ou Enlil et Sud). Poème de 175 vers connu par des fragments de tablettes paléobabyloniennes de Nippur et des versions néoassyriennes . Il rapporte comment la jeune Sud épousa Enlil et s'identifia à Ninlil. On assiste à la naissance de Sud, fille de Hala et de Nunbartegunu/Nisaba (mère aussi de Ninlil), qui, " allaitée du meilleur des mamelles de sa mère, devint une jeune fille charmante". Tout le monde admirait sa beauté quand elle paraissait à la porte de l'Ézagin (é.za.gin = temple de Nisaba à Éreali). Or Enlil avait parcouru tout le Sumer et était allé jusqu'au bout du monde à la recherche d'une épouse (car,précise le narrateur, dans le Kirir n'avait pas été prononcé le nom de Ninlil «, ce qui situe l'action avant le mariage d'Enlil et Ninlil). En arrivant à Éret, Enlil jette les yeux autour de lui et » rencontre la femme de son coeur «. Aussitôt il l'aborde et lui fait sa cour «Je te recouvrerais volontiers du manteau seigneurial et après avoir fait la rue (on dirait maintenant «le trottoir «, car il la prend pour une prostituée) tri deviendrais [ma femme ?]. Ta beauté m'a séduit tout à fait, même si tu n'es pas une personne de qualité. La jeune fille, vexée, lui réplique vertement :" Puisque je me tiens, en tout bien tout honneur, à notre propre porte, pourquoi ternir ainsi ma réputation? Que me veux-tu? Pourquoi m'avoir abordée ? Jeune homme notre entretien est terminé, disparais. «On ne peut qu'être surpris de la modernité des comportements et du dialogue. Encore une fois Enlil repoussé s'adresse à son page Nuaku et l' envoie avec des présents à la demeure des parents de Sud. Le messager se hâte de se rendre à Éresh où il Pénètre dans l'Ézagin, « résidence de Nanibgal » (autre nom de Nisaba), trouve celle-ci assise Sur son trône et se prosterne devant elle puis demande la main de sa fille dans les règles, au nom de son maître. La déesse l'agrée et demande qu'Enlil lui envoie sa propre soeur Aruru : «Je lui céderai ma place, elle sera comme ma bru.» Elle envoie ensuite Nuaku auprès de Sud pour lui remettre les cadeaux qu'il disposa devant elle en monceau. Et Sud accepta discrètement les cadeaux. Le page rentre à Nippur auprès d'Enlil, lui fait part des résultats positifs de sa mission et lui demande de déléguer là-bas sa propre soeur, qui aura la haute main sur toute la maison «. Enlil envoie alors de nouveau cadeaux dont la liste occupe un nombre considérable de vers. En fait, il s'agit d'animaux, à peu près un ou plusieurs exemplaires de tous ceux qui étaient alors connus : aurochs, cerfs, éléphants, daims, gazelles, singes, vaches, bétail sauvage aux amples cornes, chats sauvages, panthères, etc. ; ensuite, tous les produits de la ferme et des vergers : laitages, toutes sortes de miels», dattes, figues, lourdes grenades... ; enfin, gemmes et métaux précieux. Remise des cadeaux, recommandations de la mère à sa fille pour séduire totalement son époux: "Chérie Laisse-toi prendre et n'oublie pas jeux et ris (amoureux), prolonge-les longtemps et faites tous deux l'amour sur la colline, procréez des enfants... « Suit la noce, brièvement enlevée, et «Aruru, prenant Sud par la main, l'introduisit dans le brillant Ekur, lui aspergEa le visage de parfums, et, dans la chambre à coucher, sur la couche fleurie, embaumée comme une forêt de cèdres, Enlil fit l'amour à sa femme et y prit grand plaisir . On a là tout le déroulement d'une hiérogamie. Enlil donne ensuite les destins à la jeune épouse, il on fait la patronne de l'Agriculture et de l'Écriture puis, déclare le récitant (?) : « Ô femme dont on est fier, plus éminente que les montagnes, maîtresse de réaliser tout ce que tu voudras , Désormais, Sud, le roi étant Enlil, Ninlil sera la reine : une divinité sans gloire a maintenant un nom illustre ! «.


2 images

Enmerkar

Ce personnage mythique n' est connu que par le cycle épique dont il est le héros. La LRS le donne comme le fils et successeur de Mes-kiag-gaser, "qui alla dans la mer et en sortit vers les montagnes"; elle lui attribue la fondation d'Uruk et un règne de 420 ans. Contrairement à son successeur, Lugalbanda, qui lui est associé dans plusieurs épopées, il n'apparaît pas comme un personnage divinisé, il n'a eu ni temple ni culte. Ce qu'on est convenu d'appeler le cycle épique d'Enmerkar comprend quatre petites épopées : Lugalbanda et Enmerkar (ou lÉpopée de Lugaléarida), où il n'a qu'un rôle secondaire, Lugalbanda et la caverne de la montagne ( Lugalbanda), "Enmerkar et Ensukushsiranna", et "Enmerkar et le seigneur d'Aratta". Dans "Enmerkar et Ensukushsiranna" ce dernier, dont le nom est aussi lu Ensuhkeshdanna, est un "En" d'Aratta, qui porte ici un nom bien sumérien. Il envoie dire à Enmerkar, seigneur d'Uruk, de le reconnaître comme son suzerain et de lui faire parvenir la statue de la déesse Inanna. Enmerkar lui répond qu'il est favori des dieux, que la déesse doit demeurer à Uruk, et il le somme de se soumettre à lui. Ensukushsiranna convoque alors son conseil pour savoir ce qu'il convient de faire. Le prêtre-mashmash de la cité demande que lui soit confiée une Hotte avec laquelle il se fait fort de soumettre Uruk. Il prétend réussir par sa magie. Mais, parvenu dans la région d'Uruk, le prêtre rencontre deux bergers de la déesse Nidaba et une vieille sorcière appelée Sagburru. Leur discussion se termine par la mort du prêtre, dont le corps est jeté dans l'Euphrate. En apprenant cette défaite l'En d'Aratta se soumet a Enmerkar. Enmerkar et le seigneur d'Aratta. Enmerkar,qui est donné comme fils d'Utu, le Soleil, est, de ce fait, le frère de la déesse banna, qu'il prie de l'aider à soumettre Aratta pour que son peuple édifie des temples dans Uruk et Kullab. Viens ici, lui répond la déesse, écoute mes instructions, et puisses-tu suivre mes avis laisse-moi te dire un mot et puisses-tu m'entendre. e Elle lui trace alors son itinéraire vers Aratta, par Zubi et les montagnes d'Anshan. Enmerkar envoie un héraut pour ordonner au seigneur d'Aratta de se soumettre. Après un long voyage, le héraut parvient à Aratta et communique le message àl'En d'Aratta. Ce dernier refuse toute soumission et fait son propre éloge. Puis il charge le héraut de porter un défi en combat singulier avec le champion choisi par Enmerkar. Ce dernier relève le défi, mais sans même en connaître l'issue il exige de l'En l'envoi d'or, d'argent et de pierres précieuses pour le temple d'Inanna à Uruk, et il menace de détruire Aratta ai ses habitants n'apportent pas les pierres pour construire le temple. Dans ces échanges de défis et de menaces, ce qui paraît le plus remarquable, c'est qu'est fait à Enmerkar l'honneur d'avoir le premier écrit des messages sur des tablettes d'argile (1.500 sq.). Le texte se poursuit avec de nombreux épisodes susceptibles de fatiguer le lecteur (plus de 640 lignes) sans qu'on en connaisse la fin avec certitude, bien que, suivant les restitutions proposées, l'affaire se termine par un hymne à la louange d'Inanna. En fait, il semblerait que dans le cycle d'Enmerkar ce ne soit là que le deuxième épisode, lequel va se poursuivre avec le siège d'Aratta par Enmerkar et la prise de la cité, ce qui est le sujet de l'épopée de Lugalbanda.


Ensi - ensîk.

Terme sumérien lu jadis patesi, auquel on attribue le sens de chef e, s seigneur e, bien qu'il ait évolué à travers le temps et ait impliqué diverses acceptions. Son correspondant en akk. est issakku, qui a le même sens. A l'époque archaîque, c 'était le nom du chef d'un village, dont le premier devoir était d'administrer les biens du dieu tutélaire, les fonctions civiles et religieuses étant alors étroitement liées. Renouvelé chaque année, il était s choisi par le dieu parmi toute la population de l'agglomération. Outre ses fonctions religieuses, sa principale occupation était d'organiser les travaux des champs, et de veiller à l'irrigation et à l'observation du cycle agricole. Après que la royauté (LUGAL) se fut imposée, il semble que les ensi n'aient plus été que de hauts fonctionnaires au service du roi, des gouverneurs de village ou de terres agricoles. Ainsi, lors de sa guerre contre Uruk, Sargon déclare avoir capturé cinquante ensi et le roi (lugal) lui-même (il s'agit de Lugalzagesi). Pareillement, à l'époque d'Akkad, les ensi ne sont plus que des gouverneurs au service du roi d'Akkad. Sous la domination d'Ur III, l'ensi représente la plus haute autorité civile dans les villes et les provinces, dépendant toujours du roi. Mais il n'a aucune autorité militaire celle-ci étant exercée par un sakkana, souvent choisi parmi les fils du roi. Le terme est aussi utilisé pour désigner les souverains de contrées étrangères. Ainsi sont mentionnés des ensi d'Anshan de Zabshali, du Subartu. Le terme sous sa forme akkadienne d'is~a~lzo (mais écrit avec l'idéogramme sumérien d'ENSI), sera utilisé encore en Babylonie et en Assyrie. En Babylonie, il désigne plus couramment une classe privilégiée de fermiers à l'époque d'Hammurabi. Dans l'Assyrie du IIe milI., c'est un titre que prend parfois le souverain, qui apparaît comme un intermédiaire entre le dieu, véritable souverain, et les hommes ainsi, sur une tablette de Kanesh lit-on : A-sirki LUGAL Si-lu-lu ENSI' ASirk< «(la ville d')Assur est roi Silulu est l'ensi d'Assur .


Entéména

Ensi de Lagash ( -2404 -2375). Il paraîtrait que son nom devrait être lu En.mete.na (Alster 1974). À la mort d'Éannatum son frère Enannatum lui succéda sans grand éclat. Il eut pour héritier son fils Entéména. Umma Vaincue par Éannatum, avait repris les hostilité5 contre Enannatum, qui, peut-être, périt au cours de cette guerre. Sur un cône d'argile, Entémena fait en détail le récit de la querelle entre les deux villes depuis le temps où Ush, prince d'Umma avait provoqué le casus belli en déplaçant la stèle que Mésalim, roi de Kit, appelé en arbitre, avait installée pour marquer la frontière entre les deux principautés rivales. On voit que c'est avant tout une affaire de possession de champs d'orge qui était l'enjeu de la querelle. Eannatum y avait mis fin en infligeant une sévère défaite aux gens d'Umma. Ila, un prêtre de Zabalam qui avait pris le pouvoir à Umma, vola 3 600 guru de l'orge de Lagash et déclara que le "talus-frontière" était à lui. L'inscription reste ensuite elliptique et laisse penser qu'Entéména rétablit l'ancienne frontière au détriment d'Umma. Il ne put cependant reprendre la politique de conquête de son oncle et fit alliance avec LugalKinishedudu, le roi d'Uruk, qui dominait aussi les cités de Kish et d'Akshak. Ses inscriptions révèlent surtout un roi constructeur qui fit bâtir de nombreux temples pour Ningirsu, Enki, Eniil, Nanshé, et des palais. Il «façonna e aussi de nombreuses statues de divinités. Il rétablit l'ordre, car il semblait qu'une forme d'anarchie s'était installée : «Il affranchit Lagash, à la mère il rendit son enfant, à l'enfant il rendit sa mère. «Il semble aussi que les richesses affluaient vers la ville, car il alla jusqu'à bâtir à Urub, pour LugalUruba (surnom de Dumuzi, vénéré à Urub), un palais qu'il recouvrit d'or et d'argent, et il offrit sur le parvis du palais de l'argent, des lapis-lazuli, vingt boeufs et autant de moutons. Les fouilles de Tellô/Girsu ont rendu un très beau vase d'argent au nom d'Entéména (Louvre). Sa panse est entièrement gravée de quatre représentations de l'aigle léontocéphale liant les animaux sauvages, lion, cerfs et bouquetins. Un fragment de vase conserve le torse en relief d'une déesse assise sur un trône tenant dans sa main droite un régime de dattes. Son épaisse chevelure s'étale sur ses épaules et sa poitrsne en boucles serrees et sa tete est ceinte d une sorte de couronne pourvue de cornes sur les cotes Il semblerait qu il s' agisse de la deesse de la Datte Nona.


Erra

Dieu akkadien, héros d'une épopée qui porte son nom. On trouve son nom parfois écrit Éra, Irra ou Ira, lectures incorrectes selon Gagni . Son nom pourrait être rattaché au mot akk. errêru, «Celui qui maudit e, et à artiru, maudire «, «insulter e. Il se manifeste comme un guerrier dont l'arme n'est pas un objet matériel mais la famine . Il présente aussi des caractères de dieu du Temps, responsable de la fertilité des champs. Une liste babylonienne de dieux le donne comme fils d~Anue et il aurait pour épouse soit Mamitum, soit Éreshkigal. Il apparaît dans l'Èpopée de Gjlgamesh comme le dieu de la Peste, et, lors du déclenchement du Déluge, c'est lui qui " arrache les vannes ". Dans le mythe de Nergal et Éretkigal, il apparaît comme l'époux de la déesse infernale et comme un doublet de Nergal, à qui il est par ailleurs assimilé. Il réside dans le meslam, temple des divinités infernales à Kutha, en compagnie de Nergal. Dans le prologue à son code de lois, Hammurabi l'évoque comme son compagnon, et se dit celui qui a fait s'épanouir la ville de Kutha et qui dispense toute chose au meslam (nom srim. é.mes.lam = Maison du guerrier de l'autre monde. Il a été reconstruit par ghulgi, ce qui révèle son ancienneté). Mais ce dieu qui demeure mineur est surtout connu par une grande épopée en babylonien classique. Épopée d'Erra : "sar gimir dadmê" = "Roi de tous les lieux habités", selon son incipit, ce poème est aussi appelé "Erra et Ishum", lequel est le conseiller du dieu . À l'origine, c'était un poème en cinq tablettes (formant 5 chants) trouvées par fragments plus ou moins importants à Babylone, Ur, Tell Hadad, Assur, Ninive et Sultantépé, et qui comprenait entre 700 et 750 vers. Seules ont été reconstituées à peu près complètement les tablettes 1,4 et 5; et quelques fragments de la 2, outre le dernier vers de la 3. Le texte a été rédigé en Babylonie au milieu du VIillè s. par un scribe qui se nomme à la fin : "Le compositeur de cette oeuvre, c'est Kabti-ilâni-Marduk, le fils de Dâbibri. Ishum la lui a révélée une nuit, et, comme il l'a récitée au matin, il n'en a rien omis, ni ajouté une ligne ! Lorsque Erra l'eut écoutée, elle le délecta, et le récit d'Ishrim son capitaine, lui fut agréable " . Bien qu'on lui attribue le titre d'épopée , ce poème ne connaît pas d'action. Il consiste en longs discours entre Erra, Ishum (une divinité sémitique identifiée au Sumérien Hendrirsanga, fils d'Enlil), Marduk et les Sibitti, les sept démons sans individualité propre. Le poème s'ouvre par une brève glorification de Marduk, puis il est aussitôt question d'Itum, "fameux égorgeur" dont les mains sont faites pour brandir ses armes. Les Sibitti exhortent Erra, qui paresse dans son lit, à aller massacrer les Têtes noirese, ce qui donne l'occasion de longues considérations de la part du poète. Erra se décide enfin à partir en guerre et il demande à Ishrim d'enrôler les Sibitti. Mais Ishum semble s'insurger : " Seigneur Erra, pourquoi tramer du mal contre les dieux? Saccager les pays, anéantir [leurs populations], voilà l'irrévocable mal que tu rumines " . Longue réplique d'Erra, qui se dirige ensuite vers Babylone (appelée ici shuanna). Il entre dans l'Ésagil et devant Marduk il " ouvre la bouche et s'adresse au roi des dieux ". Il lui demande pourquoi son image splendide comme les étoiles est maintenant privée de son éclat. À quoi Marduk répond par un discours où il dit comment il a provoqué le Déluge, après quoi son image fut ternie par ce même Déluge. Suit un grand dialogue quelque peu emphatique entre les deux dieux. Ni ce dernier ni la suite ne peuvent être résumés tant les fils conducteurs sont multiples et sans cesse coupés. Enfin, à la suite du discours d'Erra, Marduk quitte son temple, l'univers est alors bouleversé, l'équilibre du monde est menacé, tant est importante Babylone, au centre même du monde. De nouveaux discours rappellent les campagnes et les exploits d'Erra. Babylone abandonnée par son dieu est finalement pillée, ce qui serait une référence aux Sutéens, un peuple barbare descendu des montagnes pour envahir la Babylonie, lesquels sont d'ailleurs nommés. Toujours en paroles, Erra poursuit ses rodomontades : «Je veux frapper les puissants et terroriser les faibles, égorger le capitaine et faire tourner casaque à l'armée, de chaque arbre je trancherai les racines afin que ses rameaux ne poussent plus, de chaque mur je saperai la base afin que le faîte chancelle, de chaque sanctuaire je détruirai la chapelle haute (il s'agit du gigunû , le petit temple construit au sommet de la ziggurat)... ". Enfin, Erra se calme, revient occuper son siège et s'adresse aux dieux, Igigi et Anunnaki, qui se tenaient respectueusement devant lui, d'un ton plus apaisé. Ishum le flatte en terminant son discours par un: "Au jour de ta fureur; qui donc te tiendrait tête", ce qui ravit Erra : "L'ayant ouï, sa face s'éclaira, ses traits se dilatèrent de joie comme le jour qui brille, et, retourné en son E.meslam, il y reprit sa place. Enfin, tout revient dans l'ordre et le souhait se réalise (suppose-t-on) que «le Tigre et l'Euphrate ramènent (à Babylone) leurs eaux en abondance ".


4 images

Ershemma

Forme de poème religieux lyrique sumérien du type de la lamentation. Le mot sumérien ersemma signifie «plainte (ou lamentation) du tambour en akk. haîhallatu), une sorte de timbale ou de grand tambourin fait d'une peau tendue sur une base en métal:cuivre, bronze, voire or. L'ershemma est un texte liturgique écrit en émésale, dialecte que l'on retrouve dans tous les cantiques de ce genre, accompagnés par une musique ou scandés par des bruits sourds de tambours. Ces pièces relativement courtes formant une unité littéraire étaient certainement psalmodiées par les femmes à l'époque sumérienne. Mais, àpartir de l'époque babylonienne, elles seront intégrées dans la liturgie des prêtres kalu. L'ershemma est, avec la lamentation,l~un des deux principaux genres littéraires rédigés en émésal, et ils seront pratiqués jusqu'à la fin du Ier mill. Une autre caractéristique propre à ce genre est qu'il s'adresse exclusivement à des divinités, jamais à des souverains. Parmi ces dieux, les plus souvent invoqués sont, dans l'ordre (copies conservées des IIe et Ier mill. confondus): Enlil, Inanna, Dumuzi (uniquement au IIe mill.), Asarluhi, Ninurta, Ishkur, Gula, Marduk (uniquement au Ier mill.), Utu. Une série d'autres divinités n'ont qu'un seul ershemma, bien que cela ne soit pas significatif dans la mesure où toute statistique dans un tel domaine est contingentée par le hasard des trouvailles. À partir des incipit connus on a pu établir un catalogue de 194 ershemma . Trois catégories de sujets dominent dans les textes conservés : narrations fondées sur des thèmes mythologiques, plaintes à propos de catastrophes et hymnes de prières. Les catastrophes étant dues à Enlil, il était naturel qu'il ait été le plus souvent invoqué. Les sujets myth9logiques traités sont: la destruction de l'Eanna, le temple d~Anue et d'Inanna à Uruk, la capture et la mort de Dumuzi, la capture et la mort de Nergal, l'engagement de Ninisina, l'engagement de ~~énda, l'épouse d'Utu, l'investiture d'Ishkur Ishkur met fin à une famine . Bien que les prêtres-kalû aient pu unir la récitation d'un ershemma à celle d'une lamentation du genre balag, la structure de ces deux catégories de textes est très différente. Comme le note Mark Cohen, l'ershemma est une composition compacte, bien structurée, centrée sur un seul thème, tandis que le balag est une oeuvre longue, quelque peu décousue, parfois même sans aucune histoire de base. Nombreux sont les kirugus des balags qui forment des unités indépendantes du corps du texte.


Eshmunazor

Roi de Sidon qui régna durant la première moitié du Ve s., sans doute en tant que vassal du roi de Perse. Son sarcophage a été retrouvé en 1855 lors de fouilles qu'effectuait Peretié, le consul général de France à Beyrouth. Il s'agit d'un grand sarcophage anthropoïde en basalte noir parfaitement poli, de style égyptien, de 2,51 m de long sur 1,10 m de large, dont le couvercle épouse la forme ramassée d'un corps humain. L'influence égyptienne s'impose jusque dans la fausse barbe au bas du visage. Toute la partie formant la poitrine et le bas du corps du couvercle est couverte d'une longue inscription en caractères phéniciens. Il s'agit de l'une des plus longues inscriptions phéniciennes qui nous soit parvenue, et de l'une des mieux conservées. Elle nous apprend que le personnage enfermé dans le sarcophage était Eshmunazar, fils du roi de Sidon Tabnit, qui laissa son fils orphelin encore jeune : à sa mère, Amo'ashtart, prêtresse d'Astarté, fut confiée la régence. Le but de l'inscription est de rappeler les fondations de temples dues au roi : temple d'Eshmun, des dieux de Sidon, d'Astarté àSidon. Il y est aussi question des donations que le seigneur roi (le roi achéménide Xerxès ou, plutôt, Artaxerxès Ier, ( -465 -424) fit de Dor et Joppé (act. Jaffa, près de Tel-Aviv), les opulentes terres de Dagon qui sont dans la plaine de sharon. La tombe de Tabnit a été retrouvée dans la nécropole de Sidon en 1887. Le sarcophage anthropoïde est plus égyptisant encore que celui d'Eshmunazor, avec perruque, barbiche, pectoral, et l'inscription est en hiéroglyphes égyptiens. Grâce à quoi l'on sait que le premier propriétaire du sarcophage était un Egyptien appelé Penptah et qu'il a été réutilisé pour Tabnit. Le sarcophage d'Eshmunazor est conservé au Louvre.


2 images

Eshnunna

(Tell Asmar) : Ville du bassin de la Diyala, affluent du Tigre descendu du Zagros, au nord-est de Bagdad. La transcription akk. de son nom sum. est Isnou. La ville s'étendait sur 1 km carré, ce qui marque son importance. Sans doute fondée au IVè mill., elle prend une certaine extension pendant les DA Il et III; elle parvient à sa plus grande expansion à l'époque d'Ur III et à celle dite d'Isin et Larsa. Elle est soudainement abandonnée à l'époque paléobabylonienne, sans doute à la suite de sa conquête par Hammurabi, v. -1768. Un temple consacré à la divinité locale appelée Abri s'est développé sur trois phases (et niveaux stratigraphiques) successives. Le premier niveau remonte, selon les fouilleurs, au DA I, le deuxième au DA Il et le troisième au DA III, schéma un peu simple qui a, depuis, reçu quelques modifications. De ces trois périodes, l'édifice le plus important est le temple du DA Il appelé "Temple carré". C'est une construction massive axée sur une salle centrale ouverte sur quatre côtés : l'un donne sur une salle d'accès, par laquelle on pénètre dans le monument, les trois autres s ouvrent sur des cella rectangulaires servant manifestement au culte. Le plus important complexe demeure le palais des dynasties Amorrites, dont la stratigraphie s'échelonne sur cinq niveaux, s'étendant dans le temps sur le dernier siècle du îîîe mill. et les premiers siècles du îîe mill., étudiés en détail par Jean Margueron . Le premier élément de ces ensembles était un temple consacré à shû-Sîn (anciennement Gimil-sin) par le gouverneur de la ville au nom du roi d'Ur, Ituria. À la suite d'un incendie partiel, le palais a été reconstruit par Nurahum. Il fut entièrement remanié (phase III) par le roi Bila-lama, à qui l'on doit, semble-t-il, la sécularisation du temple. La phase IV est caractérisée par une extension des bâtiments, qui s'est faite en particulier sous le règne d'Urninmar. Quelques restes d'une cinquième phase datent de l'époque des derniers rois de la cité, Ibiqadad et Ibalpiel. Comme tous les palais mésopotamiens, ils sont constitués de séries de salles axées sur une ou plusieurs grandes cours centrales et, sans doute, pourvus d'un étage. A l'époque akkadienne, au complexe appelé palais du nord était lié un ensemble de structures axées sur une cour centrale, où ont été retrouvés des systèmes d'évacuation d'eau avec plusieurs pièces d'abord interprétées comme des salles de bains, mais dans lesquelles on a vu ensuite un ensemble d'ateliers de teinture de textiles. LES LOIS D'ESHNUNNA. Il s'agit de deux grandes tablettes trouvée lors des fouilles de TelI Harmal en 1945 et 1947 (sources A et B) complétées par des extraits retrouvés dans une tablette d'exercice de scribe exhumée dans les années 1980 lors d'une fouille de sauvetage du bassin du Harim, à Tell Haddad (source C). L'introduction de la première tablette (source A) a permis d'attribuer ce corpus fragmentaire de lois à la ville d'Eshnunna, capitale d'un petit État devenu indépendant à la fin de l'époque d'Ur III. Les lois ont été collationnées sous le règne de Dadusha sans doute le dernier roi de la ville indépendante, car il était contemporain du début du règne d'Hammurabi. La majorité des incipit de lois commence par summa, qui signifie Si» suivi d'un substantif (awiîum un homme, ou encore «il»). Elles concement les actes commerciaux et surtout les relations sociales.


5 images

Eshtan

Dieu-soleil hattite, il est écrit Ishtan en hittite et rendu par le sumérogramme dUTU. Il est représenté dans les reliefs de yazilikaya en compagnie du dieu-lune, coiffé d'un bonnet pourvu d'ailes . Le roi (Tudhaliya IV) porte le même bonnet, mais dépourvu d'ailes. Eshtan apparaît comme le protecteur du roi et son modèle dans le ciel, ce qui justifie le roi, qui s'appelle lui-même et se fait appeler:"mon soleil", dUTUCi.


Exaltation d Inanna

Un texte incomplet, connu par deux tablettes (dont une fragmentaire) du Louvre et une de la Bodleian Collection d'Oxford , a conservé une partie d'une importante liturgie d'Inanna/Ishtar. Le texte est bilingue, sumérien et akkadien, quoique avec des variantes de l'une à l'autre langue. Il provient d'une collection de textes appartenant au temple d'Anu» et d'Antu à Uruk». Bien que sa dernière rédaction soit d'époque séleucide, il conserve un rituel sans doute très ancien. François Thureau-Dangin, qui apublié, transcrit et traduit le texte , le lie a un rituel provenant du même lieu dont le colophon déclare : " Document[s] relatif aux règles cultuelles de la divinité suprême, aux rites sacrés, aux observances du cérémonial royal ainsi qu'aux rites du [culte) divin du Bit Res, le grand sanctuaire de l'E-an-na, et des temples de Tir-an-na, aux fonctions des exorcistes, psalmistes et musiciens... " De son côté, Stephen Langdon (RA 1915) a publié un hymne appartenant à la même série dont il donne le titre par lequel les Mésopotamiens appelaient le texte, selon son incipit: nin-mag~ tisu-ni gi r-ra (sum.) = belit sIrtu sa edissi-sa gasrat (transcription Langdon), ce qui signifie : " Haute dame qui seule est puissante ". Le titre d'Exaltation d'Inanna est cependant parfaitement idoine, car ce texte est une sorte d'assomption de la déesse. Le texte ne débute qu'avec la troisième tablette les deux premières constituaient, pense-t-on, une sorte de prélude (?): Anu, le saint et le grand, dont la parole est sans fin, les grands dieux en assentiment et prière se courbent devant lui comme des faucilles : Si tu parles, tu es juste, ô prince, ô seigneur dont la bouche s ouvre,si tu parles, tues favorable, ô Anu, ton ordre sublime passe avant tout autre: qui dirait non? O père des dieux, ta parole est le fondement du ciel et de la terre ». Ce discours des dieux tend à rappeler à Anu qu'il s'est uni à Inanna/Ishtar et qu'il conviendrait qu'il la haussât jusqu'à lui dans le ciel, qu'il en fît son antu, son égale,qu'elle s'élève jusqu'à son nom". Ainsi, au moyen de la force du rite renouvelant l'événement mythique, la a jeune femme Ishtar »(ardattim dls'tar) va s'élever à travers les trois zones du ciel régentées par Éa», Enlil et Anu, jusqu'au zénith, recevant chaque fois les pouvoirs (me) des dieux, jusqu'à devenir l'égale d'Anu dans le monde stellaire.


Éa

Divinité akkadienne, identifiée à Enki. Son nom a été expliqué par le sumérien é.a, e maison de l'eau s, bien qu'il s'agisse d'une divinité sémitique. Cyrus Gordon fonde son étymologie sur la racine ouest-sémitique hyy-hwy, "vivre" , la forme ouest-sémitique de son nom serait Hay(y)a E-um, «le Vivant», par référence à son intervention lors du Déluge, grâce à laquelle il a sauvé l'humanité par l'intermédiaire d'Utanapishtim. Bien que son syncrétisme avec Enki ne permette de reconstituer ses caractères originaux que d'une manière hypothétique, il conservait des aspects qui lui étaient propres, sans qu'on puisse savoir s'ils sont primordiaux. Seigneur du savoir et de la sagesse (bêl uzni), il était regardé comme le dieu de la Magie (mas-mas ila~ni), invoqué par les exorcistes, les devins et les sorciers. "Ea, roi de l'Apsû, qui trouve le [bon] conseil, je suis le conjurateur, ton serviteur. Va à ma droite, viens à l'aide à ma gauche, joins ton incantation pure à mon incantation, joins ta bouche pure à ma bouche, rends efficace ma parole pure, assure le succès à ce que dit ma bouche . Il est le créateur plein de sagesse, l'ornement de l'E-abzu (son temple à Eridu, construit par Ea d'Ur), le plus expert des Igigu, celui qui apporte l'eau en abondance, grâce à qui la campagne devient fertile : s Dans les champs tu produis la vie pour les gens; Anu et Enlil avec joie jubilent à ton sujet, les Annunaku te bénissent dans leurs lieux saints... aux grands dieux tu donnes conseil» . Il compte toujours parmi les grands dieux (dans Adapa, l'Epopée de Gilgamesh, Nergal et Ereshkigal, (l'Ênuma élish). Dans les rituels et les incantations magiques, il est souvent associé à Shamash et Marduk, dont il est regardé comme le père par les Babyloniens. Dans une prière inscrite à l'entrée de son temple à Dur-sharrukin, il est invoqué sous le nom de Nintiku, épithète qui signifie "prince",«chef». Outre l'é.abzû à Éridu, son temple principal, et l'é.ès.mah dans cette même antique cité sumérienne, il avait des chapelles dans plusieurs sanctuaires Êsagil à Babylone et en plusieurs lieux de cette ville, à Ur, dans le bit rês d'Uruk. La ziggurat d'Eridu, lui était consacrée. Des listes lui attribuent des temples anonymes à Larsa, Uruk, Nêmed-Laguda, Kisurra.


Ébla

Cité antique de Syrie, actuelle TelI Mardikh, au sud d'Alep. Les fouilles italiennes du site de Tell Mardikh ont rendu au jour un palais contenant d'importantes archives qui ont révélé qu'il s'agissait d'une ville bien connue déjà par les textes Akkadiens, Ébla. Ainsi ont été recueillies 1 727 tablettes et près de 9 500 fragments, dont la traduction est en train de sensiblement modifier notre connaissance du POA et a créé un nouveau département dans l'archéologie de cette région, les études éblaiques, qui mobilisent un nombre important de sémitisants.


Éblaïte

Éblaïte : L'écriture cunéiforme des tablettes recouvre une langue qui est sans doute celle qui était parlée dans le nord de la Syrie au milieu du IIIème milI. Le fait que non seulement de nombreux mots mais même des formes verbales étaient rendus par des sumérogrammes a pu laisser penser que le fond de la langue était le sumérien. Il a été facilement démontré que ces sumérogrammes étaient lus en éblaite, lequel est, sans doute possible, une langue sémitique : les scribes d'Ebla ont ainsi établi une liste de 1 500 mots Sumériens pour un grand nombre desquels ils ont donné le terme correspondant en éblaite. Il fallait aussi s' assurer que les syllabes en cunéiformes se lisaient selon la norme employée en Mésopotamie. On s'est rendu compte qu'il n'en était pas toujours ainsi, de sorte que, par ex., le signe NI a longtemps été un sujet de controverse quant à savoir s'il ne devait pas se lire «ya «. Toutes ces difficultés de transcription ainsi que les caractères particuliers de l'éblaite font que son classement reste sujet à discussion. Plusieurs auteurs le classent de préférence dans le groupe sémitique de l'Est (akkadien) quand encore ils n'y voient pas un dialecte akkadien (Gelb le rapproche de l'akkadien et de l'amorrite ; Solîberger , akkadien ; Dombrowski : dialecte akkadien ; et ouest-akkadien/vieil amorrite pour von Soden . L'épigraphiste de la mission italienne qui a fouillé Ébla, Giovanni Pettinato , voit dans l'éblaite un dialecte vieux-cananéen, en se fondant sur la structure de la langue et le système verbal qui connaît le thème de base, l'intensif, le causatif et le passif Il (correspondant aux temps hébreux, qal, pi"el, sifil et pu"al), vision proche de celle de Cyrus Gordon , qui le classe dans le groupe sémitique du Nord-Ouest, sauf qu'il semble aventureux de voir dans l'éblaîte un dialecte cananéen . Nature des textes : Les quatre cinquièmes des archives éblaites ont un caractère administratif : elles concernent l'industrie textile, les transactions commerciales, les comptes et des inventaires relatifs aux produits de l'agriculture et de l'élevage, aux biens de consommation fournis au palais... Quelques textes ont un caractère «littéraire : il s'agit d'incantations et de textes qui sont des exercices de scribes et qu on a pu considérer comme une cosmogonie alors qu'il semble plutôt s'agir d'une liste de noms Sumériens, ou encore comme une série de proverbes "cananéens" alors qu'il semblerait qu'on soit en présence de mots syllabiques Sumériens. Les autres textes sont des listes et des lexiques. Parmi ces textes quelques-uns des plus importants consistent en un traité entre Ébla et l'Assyrie , un texte relatif à la conscription d'Ébla, ce qui permet de se faire une idée de l'extension du royaume et du nombre de soldats qu'il pouvait mobiliser , des lettres entre le roi d'Ébla, Adu, et Mari, et la chancellerie d'Ébla et le royaume d'Hamazi, une curieuse affaire d'espionnage politique . Graphie et chronologie : La stratigraphie du site s'étage sur cinq grandes périodes avec des sous-périodes. Mardikh I correspond au chalcolithique et est daté entre -3500 et -3000. C'est la première phase d'habitation du site. Mardikh Il (phases A, B1 et B2) recouvre le BA I-III, IVA et IV B, soit -3000 -2500, -2500 -2400, -2400 -2000. Mardikh III A et B correspond au BM I et Il (-2000 -1800 -1600). Mardikh IV A et B au BR I et Il (-1600 -1400 -1200). Mardikh V A, B, C correspond aux trois périodes de l'âge du fer (-1200 -900 -720-535). Les horizons supérieurs datent des périodes perse, grecque, romaine et byzantine (-525 -VIe s. de notre ère). Cette chronologie est adoptée par Giovanni Pettinato , mais elle est abaissée par certains auteurs. Au niveau II B1 appartient le palais (G) avec ses tablettes : c'est la période la plus brillante de la cité, qui domine de nombreuses villes et bourgades de Syrie, jusqu'à Mari. Selon la chronologie adoptée, le palais aurait été détruit soit vers -2400 -2350 par on ne sait quel ennemi (on a songé à Sargon d'Akkad), soit vers -2200, et l'auteur de la destruction serait alors Naram-Sîn.


écriture

Trois grands types d'écritures ont été inventées qui ont couvert l'ensemble des langues du Proche-Orient asiatique : cunéiformes, hiéroglyphiques et alphabétiques. Cunéiforme : Ce nom, donné parles archéologues modernes, vient de la forme on s coin (du latin cuneus) de ce type d'écritures. Les scribes antiques utilisaient de fins roseaux (calames) dont l'extrémité était triangulaire pour écrire sur des tablettes d'argile crue, qu on mettait peut-être ensuite à cuire, ce qui fixait définitivement les textes ainsi écrits. Une pression de l'extrémité du calame imprimait un triangle prolongé généralement par un trait tracé avec le roseau penché, ce qui permettait de ne marquer l'impression qu'avec l'une des trois pointes du bout triangulaire. L'invention de cette écriture, la plus ancienne encore connue, est due aux Sumériens et remonte aux derniers siècles du IV miii. Les premières tablettes, provenant du site sumérien d'Uruk, ne présentent pas des cunéiformes mais des pictogrammes, représentations figurées d'un mot: pour exprimer la tête, on dessinait d'une manière schématique une tête, pour l'hirondelle, un oiseau, pour le cochon, une tête de cet animal et, pour le dieu du Ciel, une étoile stylisée. Ainsi sont utilisées les parties du corps humain, les représentations d'animaux, de plantes, d'instruments divers, etc. Cette écriture, dite pictographique, apparaît à l'époque dite d'Uruk IVa. Quelques rares éléments grammaticaux permettent d'affirmer que la langue ainsi exprimée est un sumérien archaïque. La nécessité, pour les scribes, de tracer rapidement ces dessins les conduit bientôt à les schématiser avec les traits en forme de clou, si bien que, rapidement, ils perdent leur aspect linéaire et se transforment on écriture cunéiforme. C'est ce qui s'affirme au cours de la période suivante, Uruk III, dont une strate est identifiée à la période de Jemdet Nasr. Les premiers lexiques apparaissent à cette époque, prouvant qu'il s'agit bien du sumérien. Mais les idéogrammes ne peuvent réellement exprimer tous les mots d'une langue. Les mots furent divisés en syllabes et ce sont ces syllabes qu'ont rendues les caractères cunéiformes issus des anciens idéogrammes. Les éléments monosyllabiques dominant dans la langue sumérienne, le passage au syllabisme on a été facilité. Dès lors, les cunéiformes vont exprimer les syllabes constituant les mots. Lorsque les Sémites Akkadiens vont s'imposer, dans la seconde moitié du IIIè mill., l'administration akkadienne va devoir adapter les syllabaires Sumériens à la langue nouvelle. De l'akkadien et de ses syllabaires procèdent directement l'assyrien et le babylonien, avec le même type d'écriture cunéiforme. Il convient cependant de noter que ces signes cunéiformes ne restent pas figés et varient légèrement selon les scribes et les époques. À l'est de la Babylonie, l'Élam, après quelques essais de création d'une écriture proche des cunéiformes (proto-élamite, dès l'acropole 1 de Suse, qui correspond à Uruk III, avec un développement à la phase suivante marqué dans les archives de Suse, contemporaines d'Uruk IV) dès la seconde moitié du III mill. adapte à sa langue les syllabaires cunéiformes suméro-Akkadiens. Cette écriture cunéiforme s'éloigne au fur et à mesure de son évolution propre, des cunéiformes de la Mésopotamie. Nombreux sont les autres pays ou royaumes qui adoptent les cunéiformes pour exprimer par écrit leur propre langue. C'est le cas des Hourrites ou encore de l'Urartu, au début du 1er mill., des Hittites, qui simplifient le syllabaire pour donner une valeur phonétique à la plupart des signes. Cependant, chronologiquement, ce sont les scribes des rois d'Ébla qui, au milieu du IIIè mill., adaptent les cunéiformes Sumériens à leur langue sémitique. Il on a été de même sans doute de toutes les petites cités-États de la Syrie, comme en témoignent, à une époque plus tardive, les textes des archives d'Ugarit. Quant aux cunéiformes, repris sous la forme de syllabaires dans les inscriptions monumentales de la Perse achéménide, ils seront utilisés jusqu'au début de l'ère chrétienne en Mésopotamie. Hiéroglyphes. On emploie conventionnellement le terme de hiéroglyphes pour désigner une ou des écritures pictographiques de l'Asie Mineure. La plupart de ces pictogrammes représentent des parties du corps humain (pieds, mains, têtes...) et des têtes d'animaux (chevaux, boeufs, chiens, porcs, lions, oiseaux, poissons), ou encore des objets mobiliers... Ces hiéroglyphes "dits" Hittites apparaissent au XIVè s., concurremment avec les cunéiformes, ces derniers restant largement majoritaires, en particulier dans les archives sur tablettes. Bien que leur lecture reste encore sujette à discussion, ils recouvrent sans nul doute la même langue d'origine indo-européenne, mais déjà très modifiée, qu'est le nésite (voir Hittites, langues). Les inscriptions en hittite hiéroglyphique vont se développer surtout à partir de l'époque dite néo-hittite, au début du 1er mill., en particulier à Karkémish. On connaît un bilingue en hiéroglyphes Hittites et en cunéiformes Akkadiens, désigné sous le nom de "sceau de Tarkondémos", fausse lecture de l'akkadien tar-qu-mu-wa, jadis lu tar-kumdim-mo. Il s'agit d'un sceau hémisphérique en argent où est représenté au centre un personnage debout, entouré de six signes hiéroglyphiques, dix signes cunéiformes étant inscrits dans un bandeau circulaire qui entoure l'ensemble : il a été utilisé comme outil pour la transcription des hiéroglyphes Hittites. Cependant, c'est le texte bilingue de Karatépé qui a réellement permis une première approche de l'interprétation des hiéroglyphes Hittites. Ils sont généralement écrits dans le sens appelé boustrophédon, c'est-à-dire de droite à gauche (ou inversement) pour la première ligne et dans le sens opposé pour la ligne suivante, comme les sillons tracés par les paysans avec une charrue attelée à un boeuf (d'où son nom d'origine grecque). Bien que, apparaissant à l'époque de l'Empire hittite, ce soit surtout après sa chute qu'ils vont être utilisés à la place des anciens signes cunéiformes, ils recouvriront souvent une langue voisine du hittite, le luwite.(voir alphabet, langues).


4 images

Édom

Ce petit royaume, qui a fleuri au début du 1er mill., fut vassal des Assyriens et réduit à l'état de province par les Babyloniens vers -550. Tout ce qu'on sait de ce royaume situé au sud-est de la mer Morte (partie sud de l'actuelle Jordanie) vient de textes étrangers à cette région, qui n'a guère laissé que d'insignifiantes inscriptions sur sceaux et ostraca. C'était un pays en partie désertique, sillonné par des tribus nomades et dont le nom, connu par les textes bibliques, signifie "rouge", ce qui lui vient de la teinte de son désert, au sud-est du pays. Sa capitale, Buzeira (Bozrah), n'a pris quelque importance qu'au VIllè s. Auparavant, le roi David avait conquis Edom au début du Xe s., et aurait passé au fil de l'épée une grande partie de la population mâle. La contrée resta sous la domination d'Israèl sous le règne de Salomon, qui trouvait par là une ouverture sur la mer Rouge, où il fit aménager le port d'Ezion Gaber, sur le golfe d'Akaba. C'est à la suite de la division de la royauté juive, après la mort de Salomon, que se constitua le royaume d'Edom, qui s'enrichit grâce àses activités commerciales et maritimes à partir du port d'Eilat Ézion Gaber. Vers -730, le roi d'Edom Kaushmalaku devint tributaire de l'Assyrie. Le royaume resta tributaire de Babylone avec Nabuchodonosor, à qui il aurait envoyé une troupe lors de sa campagne contre Juda et Jérusalem. Nabonide mit fin à ce royaume en prenant Buseira, qui fut incendiée.


Égypte

Les relations entre l'Egypte et les petits États de Canaan, parmi lesquels on peut comprendre les ports entre la frontière égyptienne et Ugarit, ont commencé très tôt, dès l'Ancien Empire. Sous la IVè dynastie (-2613-2498), les rois constructeurs des pyramides envoient des expéditions à Byblos pour se fournir en bois venus des montagnes du Liban, cèdre et pin. Ce trafic cesse avec la fin de l'Ancien Empire pour reprendre avec la XIIè dynastie (-1991-1786). L'influence égyptienne est alors particulièrement sensible et il est même possible qu'un Égyptien ait été roi de Byblos . Ces bonnes relations avec Byblos n'ont pas empêché les Egyptiens d'inclure plusieurs villes de Canaan dans leurs textes d'exécration rédigés sur des bols ou des figurines, ce qui implique des relations sans doute difficiles avec ces cités. shmel Ahituv (1984) a ainsi catalogué environs 850 toponymes cananéens dans les textes égyptiens couvrant toute la Palestine. Par ailleurs, les relations des Égyptiens avec les ports du Levant s'étendent encore vers le nord, jusqu'à Ugarit . Ce n'est qu'avec le Nouvel Empire et plus particulièrement à la suite des dix-sept campagnes que Thoutmosis III a conduites en Asie jusqu'à l'Euphrate (entre -1484 et -1464) que l'Egypte s'implante réellement en Canaan et dans le sud de la Syrie. Un siècle plus tard, la correspondance d'Amarna révèle l'influence qu'exercent encore les pharaons dans ces régions où plusieurs rois sont ses tributaires obséquieusement soumis. Ces lettres révèlent les relations étroites des rois d'Égypte non seulement avec les princes vassaux, mais aussi avec les maîtres des grands royaumes : Hittite, Babylonien, Assyrien, Mitannien. Les alliances entre Aménophis III (-1405-1367) et les rois du Mitanni et de Babylone (Karduniash) sont sanctionnées par des mariages avec les filles de ces rois. La montée de l'Empire hittite au XIVe s. fait que la Syrie devient un enjeu entre Hittites et Egyptiens. La bataille de Qadesh établira l'équilibre entre les deux royaumes qui se partagent la Syrie. Les invasions des Peuples de la Mer, aux alentours de -1200, qui ont peut-être porté un coup final à l'Empire hittite, mettent fin à la domination égyptienne sur Canaan malgré une campagne sans doute victorieuse de Ramsès III dans cette région. Les Egyptiens reviendront en Asie à l'époque du fer pour des campagnes fugitives. shesonq Ier (-950 -929) conduit une campagne sans lendemain à travers la Palestine au cours de laquelle il pille Jérusalem. Une nouvelle tentative d'intervention a lieu sous Bocchoris (-720 -715), qui envoie son général Sibo au secours des princes syro-palestiniens contre Sargon II. L'armée égyptienne est mise en déroute et Bocchoris envoie un tribut au roi d'Assyrie. L'Egypte devint province assyrienne sous Assarhaddon et Assur-banipal. Evacuée par les Assyriens à la suite de la révolte de Psammétique Ier (-663 -609) avant même la mort d'Assur-banipal, elle envoya sous son pharaon Néchao, qui venait de succéder à Psammétique, une armée en -609 -608 pour venir au secours du dernier roi d'Assyrie, Assur-uballit. En vain. Trois ans plus tard, l'armée égyptienne fut mise en déroute par Nabuchodonosor sous les murs de Karkémish. Il semble que Nabuchodonosor une fois installé sur le trône de Babylone, ait tenté une invasion du delta du Nil qui tourna court. Il revint au roi de Perse Cambyse d'intégrer l'Égypte à l'Empire achéménide. À l'époque néobabylonienne, de nombreux Egyptiens vivaient à Babylone et en Babylonie. Plusieurs d'entre eux étaient des prisonniers de guerre ou des otages pris à la suite des batailles que Nabuchodonosor avaient livrées -605 et -601. Ils dépendaient de Kharmasu, "chef des Égyptiens", lui-même un Egyptien qui exerçait la fonction de juge. Plusieurs Égyptiens de Babylone, hommes ou femmes, y étaient esclaves. Mais nombreux étaient aussi les Egyptiens libres qui exerçaient des métiers parfois de caractère officiel, surtout à partir de l'époque perse. Ils devinrent plus nombreux encore au Vè s., où la circulation des personnes était facilitée par l'unification qu'avait imposée la domination achéménide sur tout le Proche-Orient.


Égyptiens

Les relations entre l'Egypte et les petits États de Canaan, parmi lesquels on peut comprendre les ports entre la frontière égyptienne et Ugarit, ont commencé très tôt, dès l'Ancien Empire. Sous la IVè dynastie (-2613-2498), les rois constructeurs des pyramides envoient des expéditions à Byblos pour se fournir en bois venus des montagnes du Liban, cèdre et pin. Ce trafic cesse avec la fin de l'Ancien Empire pour reprendre avec la XIIè dynastie (-1991-1786). L'influence égyptienne est alors particulièrement sensible et il est même possible qu'un Égyptien ait été roi de Byblos . Ces bonnes relations avec Byblos n'ont pas empêché les Egyptiens d'inclure plusieurs villes de Canaan dans leurs textes d'exécration rédigés sur des bols ou des figurines, ce qui implique des relations sans doute difficiles avec ces cités. shmel Ahituv (1984) a ainsi catalogué environs 850 toponymes cananéens dans les textes égyptiens couvrant toute la Palestine. Par ailleurs, les relations des Égyptiens avec les ports du Levant s'étendent encore vers le nord, jusqu'à Ugarit . Ce n'est qu'avec le Nouvel Empire et plus particulièrement à la suite des dix-sept campagnes que Thoutmosis III a conduites en Asie jusqu'à l'Euphrate (entre -1484 et -1464) que l'Egypte s'implante réellement en Canaan et dans le sud de la Syrie. Un siècle plus tard, la correspondance d'Amarna révèle l'influence qu'exercent encore les pharaons dans ces régions où plusieurs rois sont ses tributaires obséquieusement soumis. Ces lettres révèlent les relations étroites des rois d'Égypte non seulement avec les princes vassaux, mais aussi avec les maîtres des grands royaumes : Hittite, Babylonien, Assyrien, Mitannien. Les alliances entre Aménophis III (-1405-1367) et les rois du Mitanni et de Babylone (Karduniash) sont sanctionnées par des mariages avec les filles de ces rois. La montée de l'Empire hittite au XIVe s. fait que la Syrie devient un enjeu entre Hittites et Egyptiens. La bataille de Qadesh établira l'équilibre entre les deux royaumes qui se partagent la Syrie. Les invasions des Peuples de la Mer, aux alentours de -1200, qui ont peut-être porté un coup final à l'Empire hittite, mettent fin à la domination égyptienne sur Canaan malgré une campagne sans doute victorieuse de Ramsès III dans cette région. Les Egyptiens reviendront en Asie à l'époque du fer pour des campagnes fugitives. shesonq Ier (-950 -929) conduit une campagne sans lendemain à travers la Palestine au cours de laquelle il pille Jérusalem. Une nouvelle tentative d'intervention a lieu sous Bocchoris (-720 -715), qui envoie son général Sibo au secours des princes syro-palestiniens contre Sargon II. L'armée égyptienne est mise en déroute et Bocchoris envoie un tribut au roi d'Assyrie. L'Egypte devint province assyrienne sous Assarhaddon et Assur-banipal. Evacuée par les Assyriens à la suite de la révolte de Psammétique Ier (-663 -609) avant même la mort d'Assur-banipal, elle envoya sous son pharaon Néchao, qui venait de succéder à Psammétique, une armée en -609 -608 pour venir au secours du dernier roi d'Assyrie, Assur-uballit. En vain. Trois ans plus tard, l'armée égyptienne fut mise en déroute par Nabuchodonosor sous les murs de Karkémish. Il semble que Nabuchodonosor une fois installé sur le trône de Babylone, ait tenté une invasion du delta du Nil qui tourna court. Il revint au roi de Perse Cambyse d'intégrer l'Égypte à l'Empire achéménide. À l'époque néobabylonienne, de nombreux Egyptiens vivaient à Babylone et en Babylonie. Plusieurs d'entre eux étaient des prisonniers de guerre ou des otages pris à la suite des batailles que Nabuchodonosor avaient livrées -605 et -601. Ils dépendaient de Kharmasu, "chef des Égyptiens", lui-même un Egyptien qui exerçait la fonction de juge. Plusieurs Égyptiens de Babylone, hommes ou femmes, y étaient esclaves. Mais nombreux étaient aussi les Egyptiens libres qui exerçaient des métiers parfois de caractère officiel, surtout à partir de l'époque perse. Ils devinrent plus nombreux encore au Vè s., où la circulation des personnes était facilitée par l'unification qu'avait imposée la domination achéménide sur tout le Proche-Orient.


Énûma Anu Enlil

Grand texte astrologique mésopotamien. Sa rédaction a été le résultat de plusieurs siècles d'observation par les astronomes babyloniens, entre l'époque précédant Hammurabi et celle des Kassites. Dans sa version canonique, il enregistrait environ 7 000 observations notées sur 70 tablettes. En voici l'introduction (dans la version akkadienne, car il en existe une version sumérienne), dont l'intérêt est de marquer les relations étroites existant entre les dieux et les hommes : "Lorsque Anu, Enlil et Éa, les grands dieux, eurent, en leur conseil, établi les plans du ciel et de la terre, et qu'ils eurent chargé les dieux astraux majeurs de produire le jour et d'assurer la suite régulière du mois, pour les observations [astrologiques] des hommes, on vit alors le soleil se lever et (les astres) briller à jamais dans le ciel !" (trad. Mm, 495). Plus éloquent encore est un texte ajouté à la 22è tablette, à propos duquel Jean Bottéro précise judicieusement que " d'un récit mythologique il tend à l'énoncé théologique" : «Lorsque Anu, Enlil et Éa, les grands dieux, créèrent le ciel et la terre, ils voulurent rendre patents les signes [astrologiques] : ils établirent les positions des astres ils désignèrent les étoiles et leur allouèrent leurs trajectoires ils dessinèrent, à leur propre [?] image, les étoiles en constellations ; ils mesurèrent la durée du jour et de la nuit ils créèrent le mois et l'année ils tracèrent ( ?) leur route à la Lune et au Soleil Ainsi prirent-ils leurs décisions concernant le ciel et la terre ". L'Énâma Anu Enlil est resté le bréviaire des astrologues et des devins pendant plus d'un millénaire, sans doute sous des recensions variables. Il était divisé en quatre grandes sections : 1) phénomènes propres à la lune, se référant au dieu Sîn : éclipses, halos, conjonction avec étoiles fixes et planètes (1-22); 2) phénomènes relatifs au soleil, manifestations de Shamash : éclipses, couronnes, mouvements saisonniers (23-36); 3) phénomènes atmosphériques concernant le dieu Adad: formation des nuages, vents, éclairs, tonnerre, arc -en-ciel (37-49/50); 4) divers présages (omen) tirés de l'observation des planètes, des phases des étoiles et de leurs conjonctions, du lever acronyque des astres c'est-à-dire lorsqu'ils se trouvent du côté du ciel opposé au soleil ou qu'ils passent au méridien à minuit... (50-70).


Énûma élish

"Lorsque là-haut...", tel est le sens de l'incipit de ce Brand texte rituel appelé aussi Poème (ou Epopée) de la Création. Fl C'est un ample poème babylonien connu par de nombreux manuscrits. Les 1100 vers le composant étaient répartis sur sept tablettes. Le texte, tel qu'il nous est parvenu dans sa version canonique, a été sans doute rédigé sous le règne de Nabuchodonosor Ier (vers -1125 -1104). On l'a fait remonter jadis à l'époque d'Hammurabi, puis au règne du roi kassite Agum-Kakrime (vers -1580). La comparaison qui a pu être faite entre une liste lexicale des grands dieux babyloniens (intitulée An-Anum) et les noms de Marduk dans la tablette VII et ceux de la tablette VI conduit à conclure que cette liste reprend le texte de l'Èpopée et permet de penser que ces tablettes sont donc antérieures au règne de Nabuchodonosor Ier semblerait ainsi que certaines parties remontent à l'époque des rois Amorrites et que seule la rédaction finale serait à attribuer à la fin du Xllè s. Le fait que tous les manuscrits reproduisent la même graphie, la même orthographe et la même disposition, les vers formant deux hémistiches sur la même ligne mais nettement séparés, montre qu'il s'agissait d'un poème de caractère rituel, sinon révélé (ce qui est d'ailleurs dit à la fin du poème), que les scribes reproduisaient sans en changer une ligne ; sauf à l'époque assyrienne, où, afin de glorifier leur propre dieu national Assur, les scribes ont substitué son nom à celui du héros de l'épopée, Marduk, modifiant aussi les noms de la parentèle du dieu. Le poème a été largement recopié et transmis, de sorte que des fragments sont souvent retrouvés au cours des diverses fouilles. Ainsi un nouveau manuscrit de la tablette VI a été retrouvé il y a peu d'années dans le site iraquien de TelI Hadad, l'antique Me-Turnat (Al-Rawi et Black 1994). La vision babylonienne de la création était si vivace qu'encore au vje s. de notre ère le dernier scholarque de l'école d'Athènes, le néoplatonicien Damasciris, qui, face à l'intolérance et à la pensée unique du christianisme enseignait encore la noble philosophie grecque indépendante et libre (l'école d'Athènes frit fermée par Justinien en 529 et les biens de l'école furent confisqués), a conservé dans l'un de ses ouvrages fondamentaux l'écho des premiers vers de l'Épopée, où l'on retrouve les personnages symboliques babyloniens sous des vêtements grecs à peine déformants . Ce texte, de caractère liturgique, devait être récité (ou psalmodié ?) tout entier le quatrième jour de la fête de l'Akitu, après "le petit repas de la fin du jour [par] le grand frère de l'Ékria" . Le poème lui-même, dont on peut dire qu'il est le récit symbolique de l'établissement des lois riniverselîes, le triomphe de l'ordre sur le chaos, est d'une ampleur majestueuse qui en fait un monument de la littérature mondiale. Toutes les autres créations, comparées à l'Énûma élish, y compris les cosmogonies égyptiennes d'Héliopolis et de Memphis, paraissent simplistes, voire enfantines (cf. Loisy sur les versets très élémentaires qui ouvrent le livre biblique de la Genèse, emprunts maladroits aux grandes cosmogonies orientales), et il faut se tourner vers la Théogonie d'Hésiode pour trouver un poème d'une élévation comparable. «Lorsque Là-haut le ciel n'était pas encore nommé, / Et qu'Ici-bas la terre ferme n'était pas appelée d'un nom, Seuls Apsû-le premier, Leur progéniteur, et Mère ( ?)-Tiâmat, leur génitrice à tous, Mélangeaient ensemble leurs eaux: / Ni bancs de roseaux n'y étaient encore agglomérés, / Ni cannaies n'y étaient discernables. / Et alors que des dieux nul n'était encore apparu, qu'ils n 'étaient ni appelés de noms ni lotis de destins, En, [Apsû,Tiâmat] les dieux furent produits". Ainsi commence le poème. Tiâmat apparaît comme la materia prima qui va servir à la création (le Norin égyptien). Elle y est la mère (ou la " façonneuse ", Atummu) génitrice, d'où vont naître les dieux, àcommencer par Lalimu et Lahamu, les premiers à recevoir un nom . Viennent ensuite Anshar et Kishar; qui, d'après le contexte de l'Épopée, sont issus de l'union d'Apsû et de Tiâmat, et déclarés plus forts que le premier couple mal personnalisé. D'eux naissent les dieux des nouvelles générations, dont le dernier est Marduk. Les dieux sont Si remuants et bruyants qu'ils dérangent Apsû. Ce dernier se décide à aller voir Tiâmat; il s'assoit en sa présence et ils discourent. Apsû déclare qu'il veut réduire à néant cette création, ce qui met en colère Tiâmat, lequel s'oppose à son projet. Afin de devancer Apsû dans ses desseins, Éa/Enki le tue après l'avoir dépouillé de ses pouvoirs. Tiâmat décide alors de le venger. Ce pourquoi elle crée onze monstres: muthushihu (dragon serpentiforme), bashmu, mushmahhu et ishumgallu (serpents à cornes), lahamu (le Lalimu à longue chevelure ?), ugallu (démon à l'aspect léonin), uridimmu (mi-homme mi-lion), girtablulîû (homme-scorpion), kubrillû (homme-poisson), krisarikku (homme-bison?), ûmu dabrûtu ("Violent Orage "), porteurs d'armes impitoyables et sans peur dans les combats ««Lorsque Tiâmat à son oeuvre eut donné tout son poids, elle organisa le combat contre les dieux, ses rejetons, afin de venger Apsû «. Aux côtés des révoltés, ennemis des dieux, s'est rangé Qingri, l'aimé de Tiâmat. S'engage ensuite un combat e titanesque «au cours duquel les armées infernales sont vaincues grâce au héros de l'épopée, Marduk. Finalement, dans un combat singulier, Mardrik enveloppe Tiâmat dans son filet, lâche contre elle Vent Mauvais, qu'elle avale, ce qui lui emplit la panse de vents furieux qui gonflent son corps ; Marduk déchire ensuite la panse de Tiâmat avec une flèche et termine son oeuvre en lui tranchant le corps par le milieu : ainsi périt la déesse primordiale. Il convient de noter que, outre les armes, les belligérants, et notamment Tiâmat, se battent aussi à coups d'incantations. C'est à partir du corps de Tiâmat que Mardrik va former le ciel et la terre ; puis il va ordonner le monde : «Il aménagEa leurs stations pour les grands dieux; il y suscita en constellations les étoiles qui sont leurs images. Il définit l'année dont il traça le cadre ; et pour les douze mois il suscita à chacun trois étoiles " . Ainsi, chaque dieu, chaque partie de la nature est mise en place par le dieu organisateur : Il décide ensuite du temple qu il veut se construire pour y resider ce pourquoi il declare qu il construira une ville «Je lui donnerai pour nom Babylone "Le temple des Grands Dieux". Il continue son travail de creation et d'organisation puis suivent les louanges du dieu lesquelles se concluent par Qu'il soit seul notre Dieu !, ce qui n'est pas tout à fait une confession de monothéisme, plutôt une volonté de monolâtrie à l'avantage des prêtres du dieu. Suit alors la liste de ses cinquante noms, chacun des noms étant accompagné d'un court commentaire pour éclairer son sens, voire d'une brève doxologie «Mar-Utu : l'Enfant-Soleil-des-dieux" car il brille et, dans sa lumière éclatante, Eux [les dieux] vont et viennent perpétuellement ! Aux hommes qu'il a créés, êtres doués du souffle, Il a imposé la corvée des dieux pour laisser ceux-ci de loisir ! Toute la fin (tabl. VII) est occupée par les louanges à la gloire de Marduk et de ses actions pour enfin conclure de la sorte : Son coeur est insondable, immense son esprit! Coupable et délinquant sont devant lui i Telle est la révélation qu'un Ancien, devant qui on l'avait exposé, mit et disposa par écrit pour l'enseigner à la postérité... [qu'on psalmodie] le chant de Marduk [qui], après avoir terrassé Tiâmat, reçut le pouvoir souverain».


Épopée de Lugalbanda

Cet autre poème, bien plus étoffé, semble être la suite du poème précédent. Il est intitulé "Épopée de Lugalbanda" par son éditeur, C. Wilcke (1969), et "Lugalbanda et l'oiseau du tonnerre" par son traducteur, ThorkildJacobsen (1987). L'oiseau du tonnerre n'est autre qu'Anzû, qui vit dans des montagnes appelées Zubi ou Sabum. Lugalbanda erre dans ces montagnes où il trouve le nid d'Anzû avec ses enfants, qu'il soigne. ce dont lui est ensuite reconnaissant l'oiseau mythique, qui lui donne sa bénédiction. Il est remarquable que le narrateur répète à plusieurs reprises que Lugalbanda est un homme, aimé de ses descendants, comme si le poème était écrit afin d'humaniser l'ancien dieu, dans la mesure où Lugalbanda serait une ancienne divinité et non un ancien roi divinisé et "mythisé". Lugalbanda retourne ensuite au camp d'Enmerkar, qui assiège en vain la ville d'Aratta. Le roi demande alors un messager pour rentrer à Uruk afin d'obtenir l'aide de la déesse Inanna. Lugalbanda est le seul qui accepte cette difficile mission, qu'il remplit avec l'aide de l'oiseau. Puis la déesse confie à Lugalbanda le secret de la puissance de la ville qui lui permet de résister à ses assaillants il s'agit de capturer un certain poisson et de le donner à manger aux soldats, car c'est en lui que réside la vie de la cité. Le texte est incomplet, mais on comprend que c'est ainsi, grâce à Lugalbanda, que la ville fut prise. La structure du poème reste sujette à discussion, mais il semble qu'il soit nettement divisé en deux parties, peut-être unies en une seule oeuvre, dont la première concerne les relations du héros avec l'oiseau et la seconde celles qu'il entretient avec Enmerkar (d'où son autre titre de "Lugalbanda et Enmerkar").


ÉreshkigaI

Déesse suméro-babylonienne, maîtresse des Enfers. Son nom sumérien signifie, littéralement, «maîtresse de la place grande a, euphémisme pour désigner le monde souterrain des morts. Les Babyloniens l'ont très tôt assimilée à leur déesse infernale Allatum, dont l'origine semble être hurrite. Elle est la soeur aînée dYlnanna, selon ce qu'assure Inanna elle-même lors de sa descente dans le monde d'En bas . C'est dans ce même mythe de la Descente d'Jnanna en enfer que le p?rtrait d'Éreshkigal est le mieux tracé. A son portier, qui vient l'avertir de la prétention de sa soeur à venir dans son palais de Canzir, Eretkigal dit de se montrer avenant afin de ne pas effaroucher Inanna tandis que celle-ci franchira chacune des portes (sept en tout) conduisant à sa demeure, puis, lorsqu'elle sera enfin entrée dans le palais, de la saisir et de la conduire devant elle. Ainsi est-il fait. Alors, Éretkigal porte sur Inanna un regard meurtrier, lui parle avec colère, jette contre elle un cri de damnation, enfin la change en cadavre et la fait pendre à un clou. Et, vis-à-vis des dieux qui interviennent pour qu'elle la libère, elle se montre tout d'abord inflexible; puis, contrainte de céder, elle ne le fait qu'à la condition qu'Inanna lui donne un substitut pendant six mois de l'année, en l'occurrence Dumuzi«. Avec Anu, elle a une fille, Nungal, et, avec Eniil, le dieu Namtar, qui est son messager et son vizir. Certaines listes lui attribuent pour premier époux Cugal-ana (nom traduit par «Taureau Sauvage ou Géant d'Anu s ou encore «Inspecteur du canal d'Anu « : l'akk. gugallu a les deux sens, lequel a été identifié à Nergal, qui partage avec elle le règne des Enfers à partir de l'époque paléobabylonienne. De ce Gugalana, elle eut le dieu Ninazu, antique divinité d'Eshnunna, dieu de la Santé. Son culte était peu développé. Elle ne possédait qu'un temple de quelque importance à Kusha, l'ès.urugal (maison, grande cité), rebâti par Nabuchodonosor Il, et peut-être un petit temple à Assur et un autre à Umma.


Éridu

Ville du Sumer, la plus méridionale des grandes cités, au sud d'Ur. Elle était regardée par les Sumériens comme la plus vieille ville du monde, celle où la royauté était pour la première fois descendue du ciel. Son premier roi, A-lulim(ak), aurait régné 28 800 ans, son successeur Alalgar, 36 000 ans, soit un total de 64 800 ans avant que la royauté passât à Bad-tibira. Éridu était la "cité sainte d'Enki", avec son temple, l'éabzu. La ville a été retrouvée dans le site d'Abri-flharain. Son exploration, quoique restreinte, a permis de confirmer la haute antiquité de la ville, dont la plus ancienne céramique semble être contemporaine de celle de Samarra (début de l'obeîdien niveau appelé parfois Éridu , daté du VIème mill.). Au pied de la ziggurat« de l'époque d'Ur-Nammu (v.-2100) a été conduite une fouille stratigraphique qui a révélé dix-sept niveaux architecturaux, des temples semble-t-il, bien que la destination cultuelle de l'ensemble des monuments ainsi superposés ne soit pas toujours évidente. Les premiers temples consistaient en une seule salle, le monument allant se complexifiant au frir et à mesure des reconstructions . La ziggrirat elle-même, faite de briques crues avec un parement de briques cuites et de bitume mesure a la base 61,80 x 46,50 m. Elle subsistait sur une hauteur de 9,50 m. Un palais contemporain du A III a été mis au jour. Selon les conclusions des fouilleurs de la mission britannique dirigée par Campbell-Thompson, les plus anciens niveaux révèlent une occupation par une ethnie différente des Sumériens, identique àcelle qui occupait la région de Suse; la ville avait un port situé non sur la mer mais sur une lagune soumise à la marée; le site fut abandonné (en tout cas partiellement) au début du îîe mill. la cité aurait été partiellement utilisée comme cimetière à la fin du millénaire précédant. Les fouilles, reprises par la Direction générale des Antiquités de l'Iraq, a mis au jour l'un des plus grands cimetières de l'époque d'el-Obeid :198 tombes ont été fouillées, leur nombre étant estimé à près d'un millier. Lamentation d'Éridu. Parallèlement aux grands textes bien connus des lamentations sur la destruction d'Ur et sur la destruction du Sumer et d'Ur, on dispose d'un texte sumérien incomplet sur la destruction d'Éridu. Il s'agit d'un balag composé de 8 kirugu parfois partiels et de longueurs différentes, représentant un total d'environ 150 vers. La composition date des règnes soit d'Ishme-Dagan d'Isin (-1958 -1935) soit de Nûr-Adad de Larsa (- 1865 -1850). Le destructeur de la cité se manifeste comme un orage : "L'orage grondant recouvre la ville comme un voile, il se déploie sur la ville comme un drap. Il couvre Éridu, pareil à un voile, il se déploie sur la ville comme un drap. À travers la cité, la tempête furieuse résonne, dans Eridu la tempête furieuse résonne..." Ainsi commence la partie conservée, car il manque les premiers vers, du poème. Le dieu de la ville, Enki, se voit chassé ainsi que son épouse Damgalnunna/Damkina, et les dieux se lamentent avec les hommes... et aussi Damgalnunna, qui prend la parole en émésal (Kirugri 5 :7-7 :2). Nous apprenons par sa voix que le responsable de la destruction n'est autre qu~Enlil : «Le seigneur Mullil, roi de toutes les terres, a jeté un regard torve sur Sumer. Il l'a détruit. Il a détruit le Kirir (- Enlil), la Grande Place, il a éradiqué tout le monde dans ses temples brillants. Il l'a détruit, il ne l'a pas abandonné...» Comme dans ce genre de lamentation, après la destruction de la ville et du temple du dieu tutélaire, vient un souverain pieux qui reconstruit le temple et, par la même occasion, la cité. La fin manquant, on ne sait précisément Si ce souverain généreux est Itme-Dagan. Cosmogonie d'Êridu. Il s'agit d'un texte sumérien incomplet dont il manque tout le début, sur une tablette datée des environs de -1600. L'homme menant une existence précaire, la déesse des Naissances, Nimtur, génitrice de l'humanité, prend pitié de lui, lui fait construire les cités et institue la royauté. La première des cités fondées est Éridu, àlaquelle elle donne pour chef Nudimmud (Enki) la deuxième est Bad~Tibira, qu'elle donne e au Sacré e (Dumuzi), la troisième est Larak, attribuée à pabilsag, la quatrième Sippar, dont le patron est Utu, la cinquième shuruppak, dédiée à Ansud. Ces cités antédiluviennes reçoivent d'elle leur nom, ce qui leur permet d'exister . On retrouve ensuite les grands thèmes mythiques : désagréments des dieux, vision de Ziusudra qui construit son arche, Déluge. La fin est occupée par un petit discours d'Enki à l'adresse d'Anu et d'Enlil, puis la royauté est donnée à Ziusudra. Il est à remarquer que les deux derniers vers (dont il manque la suite) mentionnent à l'extrême est, par-delà les montagnes, le mont Dilmun, lequel ne peut àl'évidence, être la Dilmun historique identifiée à Bahreîn, mais une haute terre mythique où se trouve «la semence de l'humanité.


Ésagil (a)

"Maison dont le sommet est haut" (sum. é.sag~.il), tel est le nom du temple de Marduk à Babylone. Il se dressait face à l'enceinte dans laquelle était enfermée la grande ziggurat appelée é .te.me .en~.an.ki, «Maison fondement (plate-forme) du ciel et du monde souterrain (ou de la terre) e, axis mundi qui reliait les mondes humain et divin. Entre eux passait la voie sacrée qui conduisait à la porte d'Ittar et jusqu'au temple extérieur de l~Akitu. L'Ésagil aurait été construit (ou reconstruit) par le roi amorrite de Babylone, Sabium (-1844 -1831), détruit par Sennachéribe, reconstruit par Assarhaddonc et complété par Assur-banipal, enfin restauré à plusieurs reprises, au point qu'il existait encore à l'époque parthe (1er s av. JC.IIe s. de notre ère). Le sanctuaire proprement dit, dédié à Marduk et à sa parèdre Sarpanitum, mesurait 79,30 x 85,80 m. Nana et Nabû y avaient aussi leurs chapelles. Il jouxtait un autre complexe de 89,40 m sur sa façade nord et de 116 m sur sa façade sud. Dans ce dernier bâtiment étaient aménagées des chapelles consacrées à Éa, Anue, Nusku, Sîne. Les plafonds, Si l'on en croit une inscription de Nabuchodonosor, étaient soutenus par des poutres en cèdre revêtues d'or et d'argent. Des tablettes babyloniennes recueillies dans diverses fouilles (Sippar, Uruk,Assur) ont conservé une partie d'un texte que les modernes ont intitulé Chronique de l'Esagil. Il a été rédigé entre la fin du îîe mili. et le début du millénaire suivant. C'est une histoire, en grande partie légendaire, de l'Esagil, tout à la gloire de Marduk. Après une longue introduction emplie de voeux, l'auteur évoque la succession des dynastes des villes du Sumer et d'Akkad qui eurent ou perdirent la royauté selon leur piété à l'égard de Marduk, lequel était totalement inconnu des Sumériens de ces époques anciennes. C'est ainsi qu'on en arrive à une légende relative à 5argon d'Akkad : «A propos du vin des coupes à libation de l'Esagil, Ur-Zababa ordonna à Sargon, son échanson : "Change [-le]." Sargonne changEa pas le vin; au contraire, il prit grand soin de le livrer diligemment à l'Ésagil. Marduk, le fils du prince de l'Apsû (Enki), posa sur lui son regard bienveillant et lui confia la roya-uté sur les "quatre rives". Il prit soin de l'Esagil. "Fous (ceux) qui résidaient dans des palais [apportèrent] leur tribut à Babylone ". La tablette de l'Esagil du Louvre (AO 6555) nous a aussi conservé de nombreux éléments concernant le temple avec les mesures de son parvis (101,5 x 80,29 m env.), celles de la base de la ziggurat (Etéménanki), tous ces éléments devant rester secrets, comme l'indique une recommandation: «Que l'initié à l'initié la montre ! Le profane ne doit pas la voir." On a conservé tout un rituel concernant les cérémonies pratiquées dans le temple au 9è mois de l'année (Kislîmu nov/déc) parallèle à celui de l' Akitu au mois de Nissanu.


Étana

Roi mythique de Kish, héros d'un récit mythologique. Selon la liste royale sumérienne, après le Déluge, la, royauté revint à Kish. Le douzième roi est "Etana, un berger, celui qui monta au ciel, celui qui consolida toutes les terres"; son règne aurait été de 1 500 ans. Son nom est écrit dè-ta-na (avec le déterminatif divin) ; son sens serait 'celui qui monte au ciel' (sum. ann-a) selon une hypothèse d'Arno Poebel. Néanmoins, le déterminatif divin devant son nom n'est pas très significatif dans la mesure où les rois d'Akkad, avec Naram-Sîn, ont leur nom écrit avec ce même déterminatif, sauf qu'il serait un indice de la formation de la légende à cette époque. Indice corroboré par les sceaux et les cylindres de cette période qui représentent un homme enlevé par un aigle, ce qui semble bien illustrer la légende. On ne sait rien de ce souverain sans doute mythique. Il est nommé dans l'Épopée de Gilgamesh parmi les personnages résidant en enfer et que voit Enkidu lors de sa descente dans l'autre monde . Cette tradition conservée dans LRS de la montée du héros vers les dieux est illustrée par un poème mythologique dont il est le protagoniste. MYTHE D'ÉTANA. Il est partiellement connu par de nombreux fragments de tablettes paléobabyloniennes (Suse, Tell Harmal), médioassyriennes (Assur), et de la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Si l'on en croit une tradition, son auteur serait Lu-Nanna, un sage ayant vécu sous le règne de Shulgi, peut-être le même que le gouverneur de Zimudar qui fit un don votif . Il semblerait cependant que le mythe puise son origine dans une tradition originaire de Kit, bien que le seul dieu qui y joue un rôle majeur soit Shamash le Soleil, alors que la principale divinité de la ville, Ittar (avec Zabada), n'y a qu'une importance secondaire. Malgré le nombre de tablettes retrouvées, on n est pas encore parvenu à restituer le texte dans son ensemble, qui présente de grandes lacunes faisant obstacle à toute interprétation. Tel qu'il se présente actuellement, il est découpé en trois parties bien distinctes. Dans la première partie (tabl. I et Il), comme il est déclaré dans l'incipit (très fragmentaire) du Poème, "les dieux dessinèrent la ville" (il s'agit sans doute de Kish) les Anunnaki fixèrent les destins, les fêtes furent établies, mais il fallait trouver un roi, personnage en quête de qui se mit Inanna/Ishtar. Une grande lacune ne permet pas de savoir la suite de cette quête, àlaquelle participe Enlil. Dans la partie suivante, on voit un aigle et un serpent qui décident de s'associer. Ils jurent par les Enfers de rester toujours amis, appelant les pires malédictions sur celui qui transgresserait le traité. Chacun à tour de rôle apporte de la nourriture dans l'ombre d'un peuplier sur une montagne où ils se sont installés et où ils ont eri chacun des petits. Lorsque les petits aiglons sont devenus grands, «l'aigle en son coeur conçut de mauvaises pensées... Il décida de manger les petits de son allié «. Il s'ouvre de cette soudaine fringale à ses enfants et leur dit que pour échapper à la colère du serpent il montera dans les cieux. «Le plus jeune des petits, le plus intelligent, dit ces mots à l'aigle son père : Mon père, ne les mange pas : le filet de shamat te capturerait, les pantes (terme choisi par Labat, synonyme de trappe ou trébuchet, pour traduire l'akk. gisparru) de l'anathème de ~~amaflh te renverseraient et te tiendraient captif. « Mais l'aigle-ogre est têtu et, n'écoutant pas le sage conseil de son fils, il mange les petits du serpent. Plaintes et pleurs du serpent auprès de ~amash, qui, en punition, jette l'aigle dans un trou d'où il ne peut sortir, de sorte qu'il est destiné à mourir de faim. Apparaît alors Étana, qui rappelle à~~amash qu'il l'a honoré, en foi de quoi il lui demande de lui donner la «plante d'enfantement «, sans doute parce que son épouse reste stérile. Le dieu l'envoie alors vers le trou, où l'aigle est relégué, afin qu'il lui donne cette plante. La tablette III est très fragmentaire. Elle évoque la rencontre d'Étana et de l'aigle, qui accepte le marché selon lequel, semble-t-il, il devra emporter Étana dans le ciel pour y trouver la plante. Dans la tabl. IV; l'aigle invite Étana à se placer sur sa poitrine (on l'aurait plutot imaginé sur son dos) a ouvrir les bras le long de ses ailes puis il prend son vol. [Lorsque] , à deux doubles lieues il l' eut fait monter, l' aigle dit a Etana "Regarde mon ami comment est le pays - Le pays [n'est plus qu une colline]. [Lorsque] à trois doubles lieues il l' eut fait monter l' aigle dit à Etana Regarde mon ami comment est le pays? ~ La mer est devenue comme une rigole autour d'un lopin de jardinier!" Ils continuent de s'élever dans les cieux, passent la porte d'Anu, d'Enlil et d'Éa. Suit une longue lacune. Puis, Étana semble vouloir redescendre, sans doute par crainte, mais l'aigle veut continuer de monter jusqu'au ciel d'Ishtar la souveraine qui garde la plante d'enfantement. L'aigle pose alors d'une manière répétitive la question de savoir comment est le pays, en bas, devenu un jardin, la vaste mer étant comme un baquet, puis le pays n'est plus visible. Etana refuse ensuite d'être emporté plus haut encore par l'aigle, qui, finalement, lui obéit et le fait promptement descendre sur terre. Nouvelle lacune, puis très bref dialogue fragmentaire entre Étana (devenu roi) et son épouse, mais qui n'est pas une fin. Ainsi, le héros semble avoir échoué dans sa tentative de montée au ciel, et peut-être la conclusion en tirait-elle la morale : l'homme ne peut accéder au domaine des dieux (RPOA 294-305). À cette traduction, on peut ajouter des fragments publiés par Kinnier-Wilson (1974), dont celui d'un rêve que la femme d'Étana, Mudam, raconte à son époux, à incorporer dans la tabl. I et intégrés dans la tabl. III par Stéphanie Dalley .


Fals (Al-)

Divinité arabe, plus particulièrement de la tribu des Tay'. Protecteur des fugitifs, à qui il accordait un droit d'asile, ce dieu était, à l'origine, une saillie rouge, semblable à une tête humaine, dans le flanc d'une montagne noire. Un sanctuaire lui fut consacré àl'intérieur d'une enceinte sacrée pourvue d'un puits. Ses desservants appartenaient au clan des Banû Bawlan.


Fara

Voir shuruppak.


1 images

Gad

Divinité des sources chez les Sémites de l'Ouest. D'origine vraisemblablement araméenne, Gad est surtout connu dans la région de Palmyre. Son nom signifie alors "fortune","bonheur". Par ailleurs, grâce à une inscription palmyrénienne, on connaît un «Gad Taymay« qui pourrait avoir été le génie protecteur de la tribu des Bené Taymay . Il fut finalement supplanté à Palmyre par son équivalent féminin, la déesse de la Fortune, connue en Syrie par les inscriptions grecques sous le nom de Tyché. À Harran plus particulièrement, il prit l'aspect de dieu du Sort (Rabb al-Bakht). On jeûnait lors de ses fêtes, à la fin de Septembre, et à la fin de Novembre. Il apparaît, dans le monde araméen, comme le génie protecteur des villages et des familles. Chez les Arabes sous la forme Djad, il est aussi le génie protecteur des puits et des points d'eau. Ce génie s'identifierait avec l'ancêtre qui aurait aménagé le puits.


1 images

GeshtInanna

Déesse Sumérienne. Son nom signifie dame de la grappe (de raisin) ». Dans les textes du cycle de Dumuzi, elle apparaît comme la sœur du dieu et la fidèle compagne d'Inanna. C'est sans doute une ancienne déesse de la Végétation. Elle est parfois assimilée à la Babylonienne Bêlet-sêri.


Gilgamesh

Roi mythique d'Uruk (vers -2700), héros de tout un cycle épique. Nom écrit "gis-bil-gin-mes" ou simplement Gis-bil, qu'on interprète comme "le vieil homme qui est un jeune homme". GILGAMESH DANS L'HISTOIRE : La LRS fait de Gilgamesh le quatrième roi d'Uruk après le fondateur de la cité, Enmerkar, Lugalbanda et Dumuzi. Elle le dit fils d'un démon-lillû, un grand prêtre de Kullab. Il aurait régné 126 ans et son fils Ur-Nangal(ak) lui aurait succédé. Ce dernier aurait régné seulement 30 ans et il aurait transmis le pouvoir à son fils Utulkalamma(k), lequel n'aurait régné que 15 ans. Dans l'inscription du roi d'Uruk Utu-hégal, il est dit fils de la déesse Ninsun(a) et donné par Enlil pour protecteur d'Uruk et de son roi (Thureau-Dangin 1912, 115, col. III, 1. 1-2 IRSA 131). Ninsun, dont le nom signifie dame de la vache sauvage «, était le parèdre de Lugalbanda, dont on fait aussi le père du héros. Le règne d'Utu-hégal se situe entre 2123 et 2113. C'est la première fois qu'est mentionné Cilgamesh, déjà considéré comme un dieu, et lié à Uruk. Ainsi peut-on apporter de sérieuses réserves à la LRS, qui en fait un roi d'Uruk, d'autant que la plus ancienne inscription - après celle d'Utu-hégal - où il est mentionné vient d'Ut: il s'agit d'un pied de vase en marbre dédié par Ur-Nammu (ca. 2112-2095) à Gilgamesh, seigneur de DIM. CICk<, son maître (IRSA 138). Cilgamesh a-t-il réellement été un homme divinisé pour le moins dès la fin de l'époque akkadienne, ou, au contraire, était-ce une divinité mal définie, peut-être originaire de Kullab, que le roi d'Uruk aurait prise comme protecteur avant que l'auteur de la LRS en fasse un roi mythique de cette cité ? Il est à remarquer que les deux documents de caractère plus ou moins historique qui le mentionnent comme roi ayant existé ne datent tous deux que de la dynastie d>Isîn, au début du IIe mill. Le premier est la LRS, le second est la chronique de Tummal, où il est dît que Gilgamesh reconstruisit le gipar (le numunburra) du temple d'Enlil à Nippur. C'est-à-dire que les documents qui militent en faveur de l'historicité du personnage sont plus récents de huit siècles que les dates de règne qu'on lui assigne. LA LÉGENDE : Outre la grande épopée et les petits poèmes qui constituent son cycle épique, deux légendes se sont constituées qui n'ont pas inspiré, semble-t-il, d'oeuvre poétique : la naissance et le devenir du héros après sa mort. Élien, érudit grec qui vivait au IIe s. de notre ère, a écrit un ouvrage sur la Nature des animaux où il rapporte (XII, 21), à propos de l'aigle, que le roi de Babylone Seuekhoros avait été averti par l'un de ses devins que sa fille mettrait au jour un garçon qui usurperait son trône. C'est un thème bien connu de la littérature grecque. Il fait enfermer Seuekhoros sa fille dans une acropole où elle est étroitement surveillée afin qu'elle n'ait pas de rapports avec un homme. Ce qui ne l'empêche pas de tomber enceinte et de mettre au monde un garçon. Les gardes, redoutant la colère du roi, se saisissent du bébé et le jettent dans le vide. Mais un aigle l'attrape au vol et va le déposer dans un verger où le surveillant le recueillie et l'élève. Élien nous apprend que cet enfant, appelé Gilgamos, devint roi. Il est possible que la source d'Élien ait été Bérose, et, comme on l'a proposé, que la lecture du nom du grand-père de l'enfant, Seuekhoros, soit amendée en Euekhoros ce qui serait une corruption du nom d'Enmerkar. En tout cas, l'origine de la légende est certainement mésopotamienne et semble rassembler l'histoire d'Étana enlevé par l'aigle et celle de Sargon élevé par un jardinier. Dès le début de la IIIe dynastie d'Ur, Gilgamesh apparaît comme un juge des Enferse, ainsi que l'atteste la descente dans l'empire d'Éreshkigal du roi Ur~nammu. Un texte magique l'invoque comme le seigneur des régions infernales : « Gilgamesh, roi suprême, juge des Anunnaki, prince judicieux [...] qui scrute les régions du monde, régisseur du monde souterrain, seigneur du [monde] inférieur; tu résides dans les Enfers et tu rends le verdict final... Shamash t'a confié les jugements et les décisions. En ta présence, les rois, les gouverneurs et les princes se courbent, tu surveilles les omens les concernant et fais part de tes décisions ". Gilgamesh et Agga : Voir Agga. Gilgamesh et la terre du Vivant : (incipit sumérien: en-e-kur-lù-ti-la-s~è), traduit aussi sous le titre de G., Huwawa et la forêt des cèdres. Lùtila, «le Vivant e, désigne FIuwawa (Humbaba, géant de la montagne, dans le texte akkadien de l'Épopée). Pièce de 204 vers. Gilgamesh accompagné d'Enkidu, son serviteur; et des guerriers d'Uruk, dont sept fils d'une mère unique, se rend dans la terre du Vivant afin d'« entrer dans la montagne pour se faire un renom e, ainsi qu'il le dit à Enkidu. Il offre un sacrifice à Utu, lui adresse une prière à laquelle le dieu répond avec beaucoup d'affabilité, puis il se met en route avec sa troupe. Ils entrent dans les montagnes, abattent des cèdres, provoquent la colère d'Huwawa, qui lance contre le héros son éclat et l'endort. Réveillé et furieux, Gilgamesh jure par la vie de sa mère, Ninsun, et de son père, le pur Lugalbanda, puis, après une petite discussion avec Enkidu, se porte contre Huwawa. Suite de discours, capture du géant, dont finalement Enkidu tranche la tête, qui est placée dans un sac en cuir; ce qui provoque la colère du dieu Enlil. Tout se termine heureusement avec des laudes à Gilgamesh, Nisaba,et Enkidu. Gilgamesh et le taureau du ciel : Des 140 vers du poème original, il ne subsiste que des fragments. Inanna, fort fâchée contre Gilgamesh sans qu'en soit donnée la raison (elle est d'ailleurs livrée dans l'Épopée, où la déesse fait des avances au héros et se voit repoussée sous un flot d'injures), demande à son père de disposer du Taureau céleste pour mettre à mort Gilgamesh L'animal divin ravage Uruk, et il est finalement tué par Gilgamesh, qui le dépèce, distribue sa viande aux femmes pauvres, et utilise sa patte pour frapper banna, qui prend la fuite. Gilgamesh Enkidu et l'Enfer : Poème sumérien appelé aussi Gilgamesh au pays des morts ou encore Gilgamesh et l'arbre-huluppu. Le début du poème raconte l'histoire de l'arbre appelé huluppu (- arbres stylisés). Pour remercier Gilgamesh de son intervention, banna lui offre une baguette et un cerceau ou une boule et un maillet . Alors qu'il joue avec ces objets (sans doute un jeu de caractère rituel), boule et maillet tombent en enfer. G. envoie son serviteur Enkidu les chercher (- Enfers), ce qui donne lieu à une saisissante description du royaume des morts par Enkidu, lequel n'en peut plus sortir, semble-t-il, car il n'est plus rien dit du devenir de l'ami fidèle, ni, d'ailleurs, de ce qu'il est advenu des objets qu'il était allé chercher. Le poème se termine par un acte rituel (?) de libation de C. face au soleil Utu. La Mort de Gilgamesh : Poème sumériendont il subsiste deux fragments sur un ensemble qui comptait entre 300 et 450 lignes (calculs hypothétiques selon les auteurs). L'oeuvre est divisée en deux parties A et B par son éditeur et traducteur Samuel N. Kramer; séparées par une grande lacune. Il manque le début et l'on a la fin de la partie B A:Gilgamesh est très malade, près de la mort. Il fait un rêve au cours duquel il comparait devant l'assemblée des dieux, où sont évoqués ses exploits connus par l'Épopée. B: une quarantaine de lignes parfois incomplètes donne une liste de personnes constituant semble-t-il le personnel de son palais (destiné à le suivre dans la tombe ?) puis une séried'offrandes aux dieux (Érefflhkigal, Namtar;Dimpikug, Néti, Enki et Ninki, etc.).Malgré son état, l'intérêt de ce texte est qu'il rapporte comment, grâce à ses mérites, le héros, bien que mortel, est destiné à connaître une vie éternelle dans les Enfers comme juge des morts. La Lettre de Gilgamesh : Exercice d'école d'époque assyrienne (VIIe s. ?) de 45 lignes trouvé en trois exemplaires à Sultantepe. Le colophon donne la signature du scribe:"Adad-mushammer jeune apprenti, fils de Nergal-Tukulti le scribe. C'est une lettre soi-disant écrite par Gilgamesh, qui se dit roi d'Ur à un roi dont le nom est illisible pour exiger de lui qu'il aille chercher au pays (imaginaire ?) d'Érish et lui faire apporter ensuite ce qui parait être une sorte de tribut exorbitant 70 000 chevaux noirs avec des taches blanches, 40 000 jeunes taureaux, 50 000 attelages de mulets, 100 000 ânes chargés de cèdre, 20 000 pots d'asphalte, 30 000 pots de beurre, 30 000 brocs de vin, des dizaines de milliers de talents de fer; d'argent, de cuivre, d'or..." L'Épopée de Gilgamesh : Incipit akkadienne de la version ninivite: Sa naqba imuru = "Celui qui a tout vu".Le texte a d'abord été connu parles tablettes assyriennes trouvées dans la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Cette version dite ninivite a été précédée de premières versions babyloniennes remontant au deuxième quart du IIè mill. La notoriété du poème était déjà immense au milieu de ce même millénaire puisqu'on en a retrouvé des fragments àtravers tout le POA, d'HIattusa à Megiddo, d'Ugarit à Sultantepe. Le texte le plus complet est celui de l'époque nénassyrienne (ninivite, env. 1 500 lignes.) De la version paléobabylonienne, il reste un peu moins de 500 lignes et, de la version néobabylonienne, à peine une cinquantaine. Le poème est divisé en onze tablettes de longueurs inégales chacune correspondant à ce qu'on pourrait appeler, selon la terminologie classique, un chant. Dans leur traduction Tournay et shaffer ont indu une douzième tablette qui est le texte mettant en scène Gilgamesh en enfer. C'est cette version, où sont exploités les textes babyloniens et Assyriens, que je suis dans le bref résumé présenté ici. I. Prologue. Gilgamesh terrorise les gens d'Uruk. Les dieux lui suscitent un rival dans l'homme sauvage, Enkidu, qui est apprivoisé par une courtisane. Il. Rêves de Gilgamesh : Enkidu vient à Uruk. Il combat Gilgamesh. Les deux hommes deviennent amis. Ils décident de partir en expédition dans la montagne des cèdres pour tuer Humbaba. III. Préparation de l'expédition précédée de petites scènes relatives aux craintes d'Enkidu, encouragé par les exhortations de Gilgamesh Départ précédé de conseils des anciens d'Uruk et de consultations d'Utu. IV En marche vers la forêt des cèdres. Série de songes de Gilgamesh Rencontre furtive d'Humbaba, crainte d'Enkidu, exhortations de Gilgamesh. V Dans la forêt des cèdres. Rencontre d'Humbaba, nombreux discours mise à mort du géant. VI. Amour d'Ishtar pour Gilgamesh, qui lui adresse un long réquisitoire à propos de tous les hommes qu'elle a humiliés dans sa passion érotique. Colère de la déesse qui suscite le Taureau céleste. Combat de Gilgamesh et d'Enkidu contre le Taureau, qui est mis à mort. Malédiction d'Ishtar. VII. Maladie et songes d'Enkidu, qui meurt. VIII. Pleurs de Gilgamesh et litanies funèbres, offrandes au soleil. IX. Deuil et songe de Gilgamesh, qui part à la recherche de la plante d'immortalité. Il pénètre dans un monde mystérieux où il a affaire à des hommes-scorpions, traverse le bosquet des dieux et, parvenu au bout du monde, rencontre la cabaretière divine Siduri. X. Dialogue avec Siduri, en particulier àpropos du bonheur et où la cabaretière donne comme conseil de se réjouir nuit et jour et de faire de sa vie une fête sans souci de l'au-delà. Avec l'aide de Siduri, C. est emmené par un nocher par-delà la mer jusque chez Ut-Napishtim, l'homme devenu immortel, qui a sauvé la semence des vies humaines et animales lors du Déluge. XI. Ut-Napiilhtim fait le récit du Déluge et dit comment Enlil lui a accordé l'immortalité. Ut-napishtim dit ensuite à Gilgamesh comment il pourra découvrir la plante d'immortalité, laquelle se trouve au fond de la mer. Gilgamesh va la cueillir en attachant à ses pieds de lourdes pierres. Possesseur de la plante, Gilgamesh décide d'en faire l'essai sur un vieillard d'Uruk avant d'y goûter lui-même. Erreur fatale, car; alors qu'il est allé se baigner dans une fontaine un serpent avale la plante, et à peine l'a-t-il engloutie qu'il rejette sa vieille peau pour une nouvelle jeunesse. Désespoir de C., qui rentre sagement vivre entre les siens le reste de son âge. Texte : J. Bottéro, l'Épopée de Gilgamesh,~ 1992 : avec trad. des fragm. des versions anciennes. R. J. Tournay et A. shafer 1994.


2 images

Gipar

Nom de la résidence de la prêtresse entu et du prêtre en (enu) dans leur temple. Il semblerait qu'à l'origine le terme sumérien ait désigné une pièce où était conservée la nourriture du foyer ou du clan . On y pratiquait les rites de fertilité et d'hiérogamie du prêtre et de la prêtresse, de sorte que le lieu est devenu leur résidence : c'est dans le gipar que se sont par la suite déroulés les rites du mariage sacré. Dans l'hiérogamie entre Inanna et Dumuzi, on voit la déesse qui, àla, porte de lapis-lazuli du gipar; dans l'Eanna, le temple d'Anu et d'Inanna à Uruk, rencontre le prêtre en, figurant le dieu . Plusieurs " maisons " de prêtres en et de prêtresses entu sont connues sous le nom d'égipar (é).g~i6-pàt: l'un se trouvait dans l'Esagil de Babylone, un autre était le siège de Ningal à Harran, probablement dans le é bul hûl celui de l'Éanna d'Uruk est souvent mentionne «O Eanna, O saint Gipar, Je suis Inanna ,O Eanna, O saint Gipar,Je suis la dame de l' Eanna. Cependant, l' Egipar le mieux connu celui qui a pu etre retrouvé au cours de fouilles est celui d Ur. Deux giparu y sont connus celui de la grande prêtresse de Nanna et celui de la grande prêtresse de Ningublaga. Le second n'est attesté que par une inscription, mais les ruines imposantes du premier ont été rendues au jour. Lors de sa découverte, Leonard Woolley y a vu le temple de Ningal et l'a désigné comme le gipar-ku . Il s'agit d'un grand bâtiment carré de 79 x 76,50 m pourvu d'une entrée monumentale au nord-ouest et d'une petite entrée au sud-est. L'espace intérieur, délimité par les murs massifs du bâtiment, est occupé par un ensemble de cours et de galeries sur lesquelles s'ouvrent de nombreuses pièces, le tout formant une géométrie labyrinthique. Bien qu'il ait existé un gipar à l'époque d'Ur III, celui-ci ne remonte qu'à l'époque d'Isin-Larsa (début du IIe mill.). Les textes liés à ce monument révèlent que la grande prêtresse était choisie dans la famille royale. Ainsi, les deux grandes prêtresses connues de l'époque paléobabylonienne sont Ena-anatuma, fille du roi d'Isin Ishme-Dagan ( -1953 -1935), et En-ane-du, soeur des rois de Larsa Warad-Sîn (-1834 -1823) et Rim-Sîn (-1822 -1763).


Girsu

Longtemps, le site de cette cité sumérienne qui gisait sous le tell de Tellô, dans le sud de l'Iraq, a été pris pour celui de Lagash, tant la documentation qui y a été recueillie concernait cette cité sumérienne qui eut une grande importance au IIIème miii. On dut enfin convenir que le site fouillé était celui de la ville de Girsu, considérée d'abord comme un faubourg de Lagash et sa ville sainte. En fait, le site même de Lagash a été retrouvé à une vingtaine de kilomètres au sud-est, à Tell al-Hiba : il s'agit d'un site énorme s 'étendant sur 480 ha (voire 600 ha), dans lequel on a pratiqué quelques fouilles qui ont permis de penser que ce fut la capitale du royaume aux DA I et Il. A l'heure actuelle, notre connaissance de l'histoire de Lagash tient au matériel exhumé à Girsu, qui, Si elle ne fut pas la capitale politique du royaume (bien qu'il semble qu'elle en ait été la capitale au DA III et durant la période qui suivit la chute de la domination d'Akkad), en fut la capitale religieuse, avec ses temples de Ningirsu et de Ba'u. Les fouilles de ce site ont rendu un nombre impressionnant de tablettes (plusieurs dizaines de milliers), de sceaux, de figurines, de plaquettes, de statues, dont les séries de Gudéa, de vases, de stèles, dont celle dite des Vautours (voir Éannatum).


33 images

Glyptique

Terme grec fondé sur la racine verbale signifiant «graver», appliqué, pour ce qui concerne le POA, aux sceaux gravés en creux (intaglio). Ces sceaux se présentent sous la forme de cachets ou de cylindres d'une longueur variant entre 3 et 8 cm et d'un diamètre de 2 à 3 cm. Le nom du sceau-cylindre en sum. est kisib, akk. kisibbu. On connaît la fonction akkadienne de gardien du sceau = kisibgallu.


Gudéa

: Ensi de Lagash(v. -2141-v. -2122). Il succède à son beau-père Ur-baba (Ur-Ba'u), en tant que seigneur de Lagash. Ce dernier avait entrepris de rendre à sa principauté son ancienne puissance en dépit de la domination des Guti, en totale décadence il est vrai, et à relever de ses ruines Cirsu, détruite par Lugalzagési. Bien que Gudéa.htm">Gudéa nous ait laissé un nombre considérable d'inscriptions, on connaît surtout son règne par l'impulsion qu'il a donnée àla sculpture et à l'architecture de sa principauté, dans laquelle, malgré son simple titre d'ensi, il semble avoir joui d'une totale indépendance, même vis-à-vis d~Uruk où régnait Utu-hégal. Son indépendance et sa puissance sont soulignées par l'expédition militaire qu'il entreprit contre Anshan et l'Elam : "Il battit par les armes les villes d'Anshan et d'Elam et il amena leurs dépouilles à Ningirsu dans l'é.ninnu (statue B de Gudéa). Son activité pacifique est, elle, prodigieuse. Il a construit, ou reconstruit, dans tout le territoire de Lagarh, une trentaine de temples et de chapelles dans des sanctuaires détruits pour la plupart d'entre eux par Lugaîzagesi (liste dans George 1993, index). Mais ses plus grands soins furent portés à la construction et à l'embellissement du temple de Ningirsu, l'é.ninnu (Maison des cinquante - sous-entendu oiseaux Anzû blancs), à Girsu. C'est à la suite de l'intervention du dieu en personne au cours d'un rêve qu'il entreprit cette magnifique construction, dont il ne subsiste que de pauvres ruines. Le dieu déclare à Gudéa : «Mon temple, de son éclat les contrées seront couvertes, son nom depuis les limites du ciel rassemblera les contrées et des montagnes fera sortir Magan et Mélukhkha. Visiblement, Cudéa voulait faire de ce temple et de la cité sacrée de Girsu le centre du Sumer. Il ne ménagea aucun effort pour ériger un monument magnifique: des montagnes d'Argent (Amanus, Liban), il fit venir le bois de cèdre et de buis, les pierres de taille d'Élam, des artisans spécialisés ; de Dilmun, de Magan et Mélukhkha, le cuivre, l'or; la cornaline, la diorite et encore du bois. Ce qui laisse supposer que les routes du commerce étaient redevenues sûres et qu'il disposait de grandes richesses. Ce temple et sans doute les autres constructions furent ornés de ces stèles, de ces vases à reliefs et surtout de ces statues de l'Ensi, soit assis, soit debout, dont on a retrouvé une douzaine, pour la plupart en diorite, qui révèlent combien l'art de la sculpture avait atteint la perfection. Ces statues, dont l'une, parmi les plus remarquables, dite de l'architecte au plan (statue B), représente Gudéa assis, un plan de son temple sur les genoux, portent des inscriptions plus ou moins longues . Outre ces inscriptions, il convient d'ajouter toutes celles qu'on trouve sur des stèles, des objets (masses d'armes) et, surtout, deux longues inscriptions sur deux grands cylindres . Sur l'un (A) est rapporté le songe de Gudéa.htm">Gudéa et la manière dont il a construit le temple ; l'autre (B) concerne le train de maison de Ningirsu dans son temple. Un petit autel votif, en schiste, constitué d'un pied cylindrique supportant un plateau circulaire creusé en cuvette, nous fait connaître le nom de la femme de Gudéa, Nin-alla. : A (la déesse) Ba'u, la gracieuse, sa dame, pour la vie de Gudéa, ensi de Sirpurla, Nin-alla, sa femme, a voué [cet autel] . ICONOGRAPHIE. Gudéa est le personnage dont on a retrouvé le plus de statues à la suite des fouilles de Tellô. Les principales sont recensées : statue colossale, personnage assis, architecte su plan, architecte à la règle, petite statue assise, statue (debout) aux larges épsules, statue aux épaules étroites, petite statue debout; elles sont toutes dépourvues de tête. Sont complètes : la petite statue assise, le Gudéa adorant (anépigraphe). Toutes se trouvent su Louvre. Ce dernier musée possède aussi quelques têtes. Des statues debout complètes sont à Copenhague dans des collections particulières (Gudéa au vase jaillissant, statuette debout...). Cette liste est évidemment loin d'être exhaustive.


14 images

Gula

Déesse Babylonienne. Déesse de la Santé, patronne des médecins. Elle est donnée comme épouse de Ninurta ou de pabilsag, et mère de Damu et de Ninazu. Identifiée à Ninisina.


1 images

Guti

Peuple montagnard du Zagros. Le territoire qu'il occupait, vers le nord du Luristan, dans les hautes vallées de la Diyala et de la Khéka, est appelé Gutium. Ces montagnards éleveurs de bétail effectuaient des raids de pillage dans la vallée des deux fleuves lors des derniers siècles du III miIl. C'est ce qui semble justifier l'expression utilisée à leur propos dans la LRS de «horde guti «: ki-su-lu-ub[-gar] gu-tu. Dans la 'Malédiction d'Akkad , les Guti sont présentés comme un peuple insoumis et le Gutium comme "le pays [dont le peuplej est innombrable, le pays qui ne peut souffrir de domination". Ce sont sans doute ces descentes ravageuses, qui n'eurent qu'un temps, qui imposèrent une image négative des Cuti aux sédentaires du Sumer. shar-kali--sharrî, aux alentours de 2200 conduisit une expédition militaire contre le Gutium au cours de laquelle il captura leur roi sharlak. Mais déjà des Cuti étaient intégrés dans les armées akkadiennes. Ce sont eux qu'on rend responsables de l'installation d'une période d'anarchie après la mort de shar-kali-sharri, vers 2193 : «Innombrables comme des sauterelles, ils fondirent sur le sol. Leur bras enserra la plaine pour lui (Enlil, qui les aurait envoyés en punition) comme un piège pour le bétail. Rien n'échappait à leur bras, nul ne se sauvait de leur bras "Malédiction d'Akkad". Ont-ils, en déferlant de leurs montagnes, mis à «feu et à sang « tout le pays de Sumer? Dominèrent-ils plus ou moins longtemps les grandes cités de Sumer et Akkad, Umma, Adab, Larsa, Lagash, Kish, Ur? La question reste obscure. Jean-Jacques Glassner , qui énumère les diverses hypothèses proposées Ipar les assyriologues, rappelle que, cependant, l'archéologie ne marque aucune rupture, aucune trace de destructions massives entre la période d'Akkad et celles qui suivent aussi bien sous les princes de Lagash que sous les rois d'Ur III. C'est cependant à eux qu'il faut faire crédit de la fin de la domination d'Akkad. Le site de la capitale de l'empire n'ayant pas été retrouvé, il est bien possible que ce soit cette seule cité qui ait été mise à sac, ce dont la "Malédiction d'Akkad" semble avoir conservé l'écho. Et la chute de la dynastie de Sargon a libéré les cités tributaires, de sorte qu'il n'y a plus eu de pouvoir central modérateur. La LRS, qui note la chute du fils de Narâm-Sîn après un règne de 25 ans , demande ensuite: "Qui était roi? Qui n'était pas roi ?". Et son auteur pose la question de savoir si c'était Igigi, Nanum, Imi, Élulu..., énumérant 1 rois qui auraient régné 181 ans. Ce n'est qu'après un retour à une monarchie unifiée avec Ur-nigin(ak) d'Uruk et ses quatre successeurs, sur un espace de 30 ans, que la royauté, nous apprend la LRS, passa "à la horde du Gutium"; et l'auteur donne une liste de 21 rois qui auraient régné en tout 91 ans et 40 jours. Ces rois gutis s' akkadisèrent, sans qu'on puisse réellement les situer aussi bien chronologiquement que géographiquement. Il semblerait que leur autorité ne se soit exercée que sur la région drainée par la Diyala, car on sait que la cité d'Akkad se releva bientôt de ses ruines, Si tant est qu'elle ait été ruinée, et que des rois Akkadiens continuèrent la lignée de Sargon, tandis que prospéraient sous leurs ensi des villes comme Ur, Lagasl et Uruk. Il est possible que l'un des rois donnés comme ayant régné sur Akkad (?) pendant la période d'anarchie, Élulu, soit le même que le roi Guti cité dans la liste de LRS, Élulumesh, comme l'ont suggéré Jacobsen et Jean Bottéro. C'est finalement un roi d'Uruk, selon la LRS, Utu-hégal, qui "battit avec les armes" la horde de Gutium, vers -2120 : "Gutium, le dragon des montagnes, l'ennemi des dieux, qui la royauté de Sumer dans les montagnes avait emporté, qui Sumer d'hostilité avait rempli, qui à l'époux son épouse avait ravi, qui aux parents leurs enfants avait ravi [...] Enlil, le roi des contrées, de détruire jusqu'à son nom à Utuhégal, le mâle fort, le roi d'Uruk [...] donna mission ". Les Gutis ne disparaissent pas pour autant. Ce sont eux qui sont encore évoqués comme prédateurs dans la "Lamentation sur la destruction de Sumer et d'Ur", et, dans les imprécations finales, il est demandé que la tornade qui a ravagé Sumer afflige la terre ennemie du Gutium . Le nom du Gutium va se perpétuer à travers les siècles, Si bien que, dans la Chronique de Nabonide il est question de Gobryas (Ugbaru), gouverneur du Gutium, qui prit Babylone avec l'armée de Cyrus. Une inscription babylonienne relative à ce même Cyrus déclare qu'il soumit les hordes manda (c'est-à-dire les Mèdes), le pays guti.


Guzana

Capitale d'un petit royaume araméen du nord de la Syrie.La ville était bien connue, surtout par les inscriptions néoassyriennes, lorsqu'elle a été identifiée avec le site moderne de Tell Halaf. La céramique peinte trouvée dans les niveaux inférieurs du site, datée du V mill., a fait donner le nom d'Halafien àtoute une civilisation s'étendant sur une grande partie de la Mésopotamie àl'époque du cuivre (chalcolithique). La ville, située sur le Khabur; était entourée de remparts et dominée par une acropole de 26 m de hauteur. La cité a pris quelque importance au début du Xe s., où elle compte parmi les petits Etats araméens. A l'époque d'Adad-Nârâri III (v. -900), son roi, Abisalamu, est tributaire de l'Assyrie. Son histoire oscille entre l'indépendance et la dépendance de son puissant voisin assyrien. On connaît par les inscriptions plusieurs noms de ses rois sans pouvoir réellement les situer; celui sur lequel on dispose d'une certaine documentation est Kapara, fils d'Handianu. Il est connu par les inscriptions cunéiformes relevées sur des statues et des orthostates de son palais à Bît-hilani (- architecture) où il se dit roi de Palê. On a émis de nombreuses hypothèses sur ce nom de Palê : autre nom de Guzana? Nom du royaume? Autre ville dont Kapara aurait été le roi avant de régner sur Guzana? La période où vécut ce roi reste aussi discutée, variant entre le XIIe et le IXe s. On a retrouvé, lors des fouilles des ruines du palais, de nombreuses statues d'un style original quoique se rattachant au courant néohittite, dont les principales sont des lions gardiens de portes et un dieu dressé sur un lion. Ce palais a été détruit a une époque qui reste imprécise, peut-être bien vers 758, lors de la campagne que le roi d'Assyrie Assur-dan III ( -772 -755) conduisit pour réduire la ville en sédition contre l'occupation assyrienne et ravagée par la peste.


1 images

Hadad

Divinité sémitique de l'Orage, de la Pluie, de l'éclair. L'écriture de son nom varie selon les langues : Hadad chez les Araméens et les Amorrites. Haddu chez les Cananéens . Il est attesté en Mésopotamie dès l'époque présargonique (écrit avec le logogramme dIM), mais il prendra de l'importance surtout à Mari, à partir de la période d'Akkad. Il est adoré chez les Mésopotamiens comme divinité apportant la pluie fécondante : "Adad bruyant, resplendissant, dieu puissant [...] Qui porte l'éclair; maître du déluge, qui gouverne les cieux, les montagnes et les mers [...] à [ton] cri [se réjouissent les régions montagneuses, Les champs sont dans la joie, la campagne jubile". Mais il est aussi craint en tant que dieu des Tempêtes destructrices : " Tu as fait peser ta terreur redoutable sur le pays et sur les gens [Tu] m' as fait frémir, tu m'as fait du mal ". Chez les Assyriens où son culte s'est particulièrement développé, il revêt en outre un aspect guerrier: «[les gens] sont exubé[rants], ils chantent tes actes guerriers ". Dès le règne de Teglat-phalazar Ier, il a un double sanctuaire à Assur qu'il partage avec Anu. Il apparaît aussi comme divinité oraculaire avec Shamash Adad ap-kal DINGIR.MES bêl têrêti, "Adad sage parmi les dieux, seigneur des oracles". En Syrie, on le rencontre dans les textes d'Eblaet, au IIe mill., il devient la divinité tutélaire d'Halab (Alep). Son animal symbolique était le taureau et il est parfois représenté sous l'aspect d'un homme coiffé d'un casque surmonté de cornes et brandissant le foudre, figuré quelquefois sous la forme d'une lance. A l'époque hellénique, l'Hadad syrien a été identifié à Zeus, en particulier dans le temple d'Atargatis à Hiérapolis.


Halmashuit

Déesse Anatolienne. Elle est la personnification du trône. Dans les rituels, elle préside aux purifications du palais.


Hammurabi

Roi de Babylone (-1792 -1750). Il est le sixième des onze rois composant la 1ère dynastie (amorrite) de Babylone. VIE ET RÈGNE. Son père, Sin-muballit (-1812 -1793), avait, en quelque sorte secoué l'inertie dans laquelle était restée la ville sous ses prédécesseurs, qui n'avaient pas cherché à étendre leur domaine. Il avait engagé une politique d'expansion qui sera énergiquement achevée par Hammurabi. Selon une liste annuelle de ses actes, celui-ci commença par rétablir la justice dans le pays en décrétant le misharum. Les six premières années de son règne furent consacrées à des constructions de caractère religieux : un trône pour le dieu Nanna, une enceinte sacrée, deux temples. Ses guerres ne commencèrent que la septième année avec la conquête d'Uruk et d'Isin ou régnait Rim-Sîn (-1822 -1763). Au cours des quatre années suivantes, il conquiert le pays d'Émutbal, Malgia, Rapiqum et shalibi, enfin Marien -1759, mettant fin au règne de Zimri-Lim. Encouragé "par un oracle d'Anu et d'Enlil", qui marchent devant ses armées nous dit la chronique de sa 31e année, il force Sumer et Akkad à lui obéir. Il entreprend ensuite des campagnes en direction du nord, vers Eshnunna et le Subartu, de l'est vers les Gutis et l'Élam. Parallèlement à ces travaux guerriers, il ne cesse de construire temples, murailles, non seulement à Babylone, mais dans les cités du royaume, en particulier à Sippar, fait creuser ou aménager des canaux des digues, mille travaux d'utilité publique. LE CODE : Mais sa grande œuvre est le célèbre Code qu'il fera graver sur une grande stèle (act. au Louvre), et qui reflète l'état de la société de son temps. Dans le long prologue du Code, il se présente comme le pasteur, l'élu d'Enlil, celui qui apporte opulence et prospérité. Et il mentionne les villes, qui, outre Babylone, ont profité de ses bienfaits : Nippur, Eridu, Ur, Sippar, Larsa, Uruk, Isin..., à quelques exceptions près toutes les grandes villes du Sumer et d'Akkad. Ce prologue révèle que le Code a été gravé dans les dernières années de son long règne, mais nombre de lois avaient déjà été promulguées, comme le montrent des tablettes qui en conservent des fragments, lesquels présentent parfois des versions différentes de celles qui sont connues par le Code. La disparité des villes de l'empire, qui devaient aussi avoir leurs lois propres, lois dont s'est inspiré en partie le Code, a conduit le roi à faire graver dans la pierre pour les générations futures un ensemble de lois qui devaient désormais s'imposer, comme, toutes proportions gardées, le code théodosien et ensuite les pandectes de Justinien ont constitué un corpus législatif applicable à tout l'Empire romain (d'Orient), faisant la synthèse de toutes les lois et d'édits antérieurs. Il convient cependant de noter les imperfections de ce code, malgré les avantages qu'il présente et les progrès dont il témoigne au profit du droit, car, du fait même de ses origines et de l'amalgame qu'il représente, on y trouve de nombreuses lacunes, des redites et même des contradictions. Il constitue cependant le premier effort d'établissement d'un droit de caractère général, voire universel pour son époque, puisque devant s'appliquer à des populations très diverses, unies par la force sous l'autorité d'un seul prince, mais sanctionnée par les dieux.


5 images

Harran

Ville au nord de l'Euphrate. Elle appartient au domaine culturel assyro-syrien, mais les caprices de la politique font qu'elle est située actuellement en Turquie orientale. Son nom akk. était Harra-nu (sum. KASKAL, hébr. Haran). Ce terme possède de nombreux sens en akk. : "route" ," chemin", " voyage", " caravane" . Lorsque le mot est précédé des déterminatifs URU ou KUR, il désigne une ville ou une région. Ainsi le nom d'Harran vient-il de la position de la ville à un carrefour de routes. Dans des inscriptions assyriennes, la ville porte le nom d'Huzirina. Son nom apparaît pour les premières fois dans une tablette cappadocienne de Kanesh ("itinéraire d'Urbana" , datée du XIXe s. et, quelques décennies plus tard, dans une lettre de Mariadressée à Iasmah-Addu. ~ Harran, dont l'histoire reste peu connue, était l'un des plus importants centres du culte du lieu-lune Sîn avec Ur. Le temple du dieu, é.hul.hul (" Maison qui apporte la joie "), remonte pour le moins à l'époque paléobabylonienne. Il a été reconstruit par les rois Assyriens Salmanazar III et Assur-banipal. Ce même sanctuaire semble avoir abrité aussi une chapelle de Ningal. On connaît encore un autre temple dédié à Nusku qui fut aussi restauré par Assur-banipal. À l'époque d'Hammurabi, la ville est gouvernée par le roi amorrite Asditakim. Il fit une alliance avec le roi de Zalmaqum et les chefs des Bédouins benjaminites en révolte contre le roi de MariZimri-Lim, alliance qui fut conclue dans le temple de Sîn. À l'époque médio-assyrienne, Harran devient assyrienne et Adad-nârâri 1er au début du XIII è s., fortifie sa citadelle. La cité s'étant révoltée contre les Assyriens, Assur-dan III (-772 -755) la détruisit en -763. Sargon II la reconstruisit. Après la chute de Ninive, en 612, le dernier roi d'Assyrie s'y réfugia et en fit sa capitale jusqu'à sa prise, deux ans plus tard, par les Mèdes, qui la mirent à sac. Le temple fut particulièrement soigné par le roi néobabylonien Nabonide, dont la mère, Ada Guppi, était prêtresse. Les fouilles n'ont pas permis de retrouver les restes de ce temple de la Lune. SULTANTÉPÉ. Dans le tertre voisin de Sultantépé, les fouilles ont mis au jour la résidence d'une prêtresse et la bibliothèque d'un prêtre, Qurdi Nergal. Selon un colophon, les textes qui la composent auraient été rédigés par des étudiants de l'école du temple, entre -718 et -612. Contrairement à de nombreuses archives, la plupart de ces 407 tablettes sont de caractère littéraire. Il s'agit de versions incomplètes de grands textes épiques et d'ouvrages devenus des classiques de la littérature akkadienne: Énûma élish, Épopée de Gilgamesh, Épopée d'Erra, mythe d'Anzu, légende kuthéenne de Narâm-Sîn, poème du Juste souffrant , conte du "Pauvre Homme de Nippur". Toujours en akk. figurent dans la bibliothèque de nombreux textes de caractère économique et médical, des prières et des hymnes, des incantations et des rituels (souvent fragmentaires) des omens, des textes hémérologiques et ménologiques, astrologiques et astronomiques. Les numéros 150-217 incluent des textes Sumériens et bilingues, mythologiques, des ershemma (en l'honneur de Marduk), et des incantations Cette bibliothèque non seulement enrichit notre connaissance de la littérature mésopotamienne, mais complète ou rectifie certains textes classiques dont il manquait des parties.


1 images

Hatti

Nom donné par les Hittites à la langue parlée par la population qui les avait précédés en Asie Mineure. Le hatti, qu'on appelle aussi, à tort, protohittite, était une langue morte à l'époque hittite, et quelque chose comme une langue liturgique, tel le latin pour les modernes, elle était sans doute psalmodiée dans les rites ou encore chantée comme le laisse entendre la formule NAR. "Hattili SIR" le chanteur chante dans la langue hatti. Le hatti est une vieille langue dite asianique agglutinante totale ment différente de la langue parlée par les Hittites (dont le nom est neshite ou plutôt nesili) et les autres populations d'origine indo-européenne, raison pour laquelle l'emploi de protohittite pour la désigner prête à confusion. Il n'en subsiste que des lambeaux, dans les bilingues hatti-hittite, quelques textes unilingues hatti et des fragments intégrés dans les rituels Hittites. Tous ces textes proviennent des archives royales d'Hattusa. Les bilingues consistent en textes accompagnant l'inauguration d'un palais, en formules d'exorcisme sur un mouton, en listes de fonctionnaires, en fragments de caractère mythologique; en hatti : conjurations, imprécations, hymnes, mélopées, listes de divinités, fragments mythologiques. Cette langue demeure très mal connue et en partie indéchiffrée. Par extension, on a donné le nom de Hattis aux peuples porteurs de la civilisation anatolienne, qui a fleuri avant l'arrivée des peuples locuteurs de langues de type indo-européen: hittite, luwite, palaîte. C'est à ces populations qu'on doit la civilisation brillante représentée dans le matériel retrouvé à Alaca Hàyùk et à Alishar en particulier; avec ses célèbres enseignes (voir Anatolie ). - Les textes Hittites ont adopté quelques anciennes divinités Hittites, qu'ils ont intégrées d~ns leur panthéon. La déesse soleil d'Arinna, qui s'appelait peut-être en hatti Wurunshemu. Inara, déesse protectrice d'Hattusa. Elle est mentionnée dans les textes Assyriens de Kanesh. Dans le mythe d'Illuyanka, elle est associée aux champs (hitt. "gimras" et participe aux côtés du dieu du Temps au combat contre ses adversaires. On l'a identifiée aux divinités représentées dans les textes Hittites par l'idéogramme KAL et le sumérogramme aLAMMA, qui pourrait plutôt être lu "kurunta" . Mezulla : fille de la déesse-soleil et du dieu du Temps. Elle apparaît dans les textes Hittites comme un intermédiaire entre les hommes et les grandes divinités. Tahattanuitish sans doute une ancienne déesse-mère présidant aux saisons, comme le suggère son épithète hittite Wattarasannas " Mère du printemps". Tashimetish dont le nom s'écrit aussi sLUCAL-sal "la reine" (SAL est un déterminatif pour marquer le genre féminin placé avant les noms de personne ou d'animal). Elle est donnée comme la maîtresse de Téshup dans le mythe de Kumarbi. Washizzil : divinité mâle dont le nom est écrit aussi UR-MAH-LUCAL-as «lion-roi». Wurunkatte : dieu guerrier.


Hattusha

Ville d'Anatolie centrale devenue la capitale de l'Empire hittite. C'est sur les pentes d'une haute colline qui domine le village turc de Boghaz-Kôy (élevé au rang de ville, il porte maintenant le nom de Bogaz-kale) que gisent les ruines de l'antique cité hittite dont les murs enfermaient un espace de 120 ha. La hauteur; appelée par les Turcs Bùyùkkale, où l'on a retrouvé le centre administratif de la ville a été occupée dès le IIIème mill., ainsi que la partie basse. Au début du millénaire suivant, au BM, les marchands Assyriens y installèrent un comptoir (karôm5) semblable à celui de Kanesh5 où l'on a retrouvé quelques tablettes qui permettent de situer l'établissement à une époque tardive (correspondant au niveau lb de Kanesh XVIIIe s ). La ville a été fondée par les Hatti(tes), qui l'ont appelée Hattus, tandis que les Hittites, venus ensuite, l'ont appelée Hattusa. Il semble que ce soit Hattusili 1ers< «l'homme d'Hattusa «, véritable fondateur de ce qu'on est convenu de nommer l'ancien royaume hittite, qui ait fait de la ville sa capitale, vers -1650. Seulement la partie basse de la ville et la citadelle de Bùyùkkale sont alors occupées. Ce n'est qu'à partir de ce qu'on appelle l'Empire hittite, vers -1400 -1380, que la partie haute du site est urbanisée et que sont construites les fortifications cyclopéennes de la partie sud, avec les trois portes monumentales dites du Sphinx, du Roi et des Lions (du nom des reliefs qui les ornent), les tours et le souterrain conduisant à une poterne. Dans cette ville gigantesque ont été identifiés plus de 30 temples, dont 26 ont été dégagés, un nombre considérable de monuments souvent non identifiés et des chapelles funéraires consacrées à quelques rois dans un temple-palais construit par Tudhaliya IV. Vers -1300, Muwatalli abandonna Hattusa pour installer le siège du gouvernement plus au sud, à Tarhundassa, peut-être dans la crainte des raids de la population montagnarde des Gasgas, qui, en effet, prirent et mirent à sac la ville. Vingt-cinq ans plus tard, Hattusili III revint s'y installer. La cité fut rebâtie et les archives en partie saccagées, furent recopiées. Hattusa devint alors la capitale d'un brillant empire qui n'avait pourtant plus qu'un court siècle à vivre. Vers -1180, la ville fut incendiée, soit par les Gasgas, soit par les populations en migration appelées par les Égyptiens "Peuples de la Mer". Le site, après quelque temps d'abandon, ne fut que très partiellement occupé par une population qu'on a identifiée, d'après les poteries, à des Phrygiens. Les fouilles ont rendu un nombre considérable de tablettes retrouvées principalement dans le site du palais de Bùyùkkale et dans la "Maison de la pente"; le grand temple I en a rendu un certain nombre; elles sont rédigées dans l'ensemble en hittite cunéiforme, outre quelques textes Akkadiens et Sumériens.


7 images

Hattusili Ier

Hattusili Ier (vers. -1650 -1620). Selon des documents tardifs, il aurait été d'abord roi de Kussara. Un discours (sans doute apocryphe) considéré comme son testament politique , adressé à l'assemblée des grands dignitaires du royaume, par lequel il désigne Mursili5 encore adolescent comme son héritier, débute ainsi : "Le grand roi Labarna s'adresse aux guerriers de l'assemblée et aux dignitaires [disant] : "voyez, je suis tombé malade. Le jeune Labarna, je l'ai proclamé devant vous [disant] : Il s'assiéra sur le trône" . Le nom de Labarna, premier souverain hittite attesté dans le "Rescrit de Télépinu" (vers -1500), apparaît ainsi comme un titre (il reparaîtra comme titre des rois Hittites du nouvel empire sous la forme de Tabarna), comme celui de César; qui fut donné aux empereurs romains. Car c'est à ce Labarna qu Hattusil succéda, fondant ainsi ce qu'on a appelé l'ancien royaume hittite, et c'est sans doute lui qui a installé sa capitale à Hattusa. Il hérita d'un royaume englobant toute l'Anatolie centrale. Son action reste peu connue, mais il a sans doute étendu son royaume jusqu'à la Cilicie au sud-est et fait construire une forteresse à Mersin (nom moderne, son nom à cette époque étant inconnu), sur la Méditerranée. Il porta ensuite ses armes contre le royaume d'Alep, qu'il ne put vaincre, mais c'est sans doute à lui qu'est due la destruction d'Alalah (niveau VII). Il dirigea ensuite ses armes vers l'Arzawa, à l'ouest de la Cilicie, mais il fut arrêté dans cet élan conquérant par une attaque sur ses arrières des Hourrites, contre lesquels il dut combattre et qu'il repoussa jusqu'à l'Euphrate. La fin de sa vie fut assombrie par une révolte de sa fille et de son fils Huzziya. Mursili serait son petit-fils . Il semble que ce soit sous son règne qu'ait introduite l'utilisation des cunéiformes suméro-Akkadiens pour écrire la langue des Hittites.


Hattusili III

(-1275 -1260). Il était le troisième fils de Mursili Il. On ignore ce qu'est devenu l'aîné, Halpasulupi. Son frère Muwatalli hérita le trône de leur père et lui-même, qui était prêtre d'Ishtar, reçut de son aîné des grades et des charges. Il fut enfin nommé gouverneur du Haut-Pays, c'est-à-dire des régions au nord d'Hattusa, tandis que le roi installait sa capitale au sud, à Tarhundassa. Cet exode a peut-être été dicté par la crainte de raids des Gasgas. Belle prudence, car; peu après, ces nomades barbares déferlaient sur les hauts plateaux anatoliens et mettaient Hattusa à sac. Hattusili III, chargé de la défense, combattit dix ans avant de réussir à les chasser. Tandis que son royal frère s'occupait des affaires des princes alliés de l'ouest de l'Anatolie , Hattusili III dut faire face à la révolte de la ville de Pishuru qui aligna face à lui 800 chars. Bien qu'il n'en disposât que de 120, il remporta la victoire et rétablit l'ordre dans la contrée. Les intrigues des rois d'Égypte en Syrie conduisirent Muwatalli à intervenir. Il coalisa les princes syriens contre Ramsès Il, et les deux puissances se heurtèrent près de Qadesh sur l'Oronte. La bataille, quoique restée indécise, se conclut sur un accord tacite qui fixait la ligne de partage des influences des deux empires à la hauteur de Damas. À peine Hattusili rentrait-il de Qadesh qu'il dut de nouveau se porter contre les Gasgas, qui revenaient à l'assaut. Peu après mourait Muwatalli (v. -1280). Son fils Urhi-Téshub lui succéda naturellement et prit le nom royal de Mursili III. Toute cette partie de la vie du futur roi nous est surtout connue par sa propre apologie ou Autobiographie, dans laquelle il se défend d'avoir nourri quelque ambition au détriment de son neveu. Mais cela n'empêcha pas leurs relations de se détériorer lentement. Sans doute par crainte d'une rébellion de son oncle, Mursili eut la maladresse d'entreprendre de lui retirer peu à peu ses pouvoirs dans le Haut-Pays, dont il était resté le gouverneur. Il ne lui laissa bientôt que deux villes. Lorsque, finalement, il voulut l'en dépouiller, Hattusili se révolta. Son prestige était tel qu'il eut derrière lui la majorité du royaume, Si bien que le jeune roi se retrouva bientôt le prisonnier de son oncle qui se contenta de l'exiler. En ces temps où l'on faisait exécuter si aisément ses ennemis, il convient de remarquer qu'Hattusili, à qui s'était déjà à plusieurs reprises offerte l'occasion d'exercer une vengeance, s'était toujours contenté d'exiler ses adversaires. Avant de monter sur le trône, il avait épousé Puduhepa avec qui il partagea son trône. Bien qu'il se fût montré un bon homme de guerre, une fois monté sur le trône, il utilisa la diplomatie. Il chercha à se concilier le roi d'Assyrie, Adad-nirâri Ier, et, peut-être par crainte d'une alliance entre l'Assyrie et l'Égypte qui l'aurait menacé sur deux fronts, il laissa l'Assyrien conquérir le Mitanni (Hanigalbat). En revanche, il fit une alliance avec le roi de Babylone Kadashman-Turgu. Enfin, vers -1270, il passa un traité de paix avec Ramsès Il, et une princesse hittite fut donnée comme épouse au roi d'Égypte pour sanctionner cette alliance, qui ne fut plus jamais rompue. On n'est guère renseigné sur les événements de l'Anatolie pendant le règne d'Hattusili, mais il semble que sa volonté de paix avec toutes les grandes puissances voisines était en partie dictée par la nécessité dans laquelle il se trouvait de lutter contre les incessantes incursions des Gasgas. Le fait est qu'il laissa à son fils Tudhaliya IV un royaume prospère et puissant, en paix avec tous ses voisins.


Hattusili Il

On connaît très mal ce roi dont certains auteurs ont nié l'existence. Les ouvrages de synthèse l'ignorent souvent . Curney le cite pour lui refuser d'avoir signé le traité avec Alep, préférant l'attribuer à son successeur (Tudhaliya IV selon Curney, III selon Garelli), et il en fait (dans le tableau chronologique) le frère de Tudhaliya III et, en conséquence, le fils d'Arnuwanda . Curney, qui l'intègre dans sa chronologie, situe son règne entre -1420 et -1400 et en fait aussi le frère d'Arnuwanda Ier et le père de Tudhaliyas III. Selon Hans Cùterbock , ce serait bien lui qui serait mentionné dans le traité d'Alep, et il serait le père de Suppiluliuma. La discussion reste ouverte.


Hépat

Déesse anatolienne, une antique déesse-mère ou une déesse du Ciel.Son nom apparaît déjà sans le panthéon d'Ebla(sous la forme Hapat, Hapatu), où elle est donnée comme une divinité d'origine hurrite. Elle domine le panthéon hurrite à l'époque du Mitanni, où elle est la divinité protectrice d'AIep. Dans les textes Hittites, elle est mentionnée sous les sumérogrammes NIN-SAL-LUCAL-samê "la dame, reine du ciel". Elle est associée au dieu hurrite du Temps, Téshup, avec qui elle eut un fils, Sarruma, qui fut inclus dans le panthéon hittite à l'époque de Suppiluliuma. Elle a été par la suite identifiée à la déesse-soleil Arinna.


hiéroglyphes

Voir écriture.


1 images

Himyar

Nom d'un groupe tribal et du territoire qu'il occupe, au sud des hauts plateaux du Yémen. Le territoire d'Himyar (


Hittites

Population de langue indo-européenne qui constitua un puissant État en Anatolie centrale au IIe mill. Le nom des Hittites est emprunté à celui de leurs prédécesseurs dans la région, les Hattis. HISTORIQUE. C'est sans doute aux alentours de -2300 que les premières bandes d'émigrants parlant des dialectes indo-européens arrivent en Asie Mineure. La question reste discutée de savoir si, venant des régions pontiques (Nord de la mer Noire), elles ont pénétré en Asie Antérieure en passant par les détroits à l'ouest (Bosphore et Hellespont) ou les cols du Caucase à l'est. Il est bien possible que ces bandes se soient infiltrées par les deux côtés. La présence des Hittites, un groupe descendant de ces envahisseurs du BA, est attestée en Cappadoce à l'époque des colonies assyriennes, au tout début du IIè milI. On ne sait dans quelle mesure on peut relier les premiers rois Hittites connus à deux personnages mentionnés dans des tablettes de Kanesh rois d'une cité appelée Kussar; Pithana et son fils Anitta, qui semblent bien avoir été des Hittites. Le premier nom de roi que nous connaissions par un texte tardif, le "Rescrit de Télépinu" (vers -1525 -1500), est Labarna. Son épouse royale se serait appelée Tawananna, nom qui, comme Labarna (transformé en Tabarna), devint le titre des reines. Le premier roi mieux connu historiquement est Hattusili Ier, fils (ou neveu ?) de Labarna. C'est avec lui que commence réellement ce qu'on a appelé l'ancien royaume hittite, bien qu'on le fasse de préférence débuter avec Labarna, vers -1630. La politique d'expansion d'Hattusili Ier, qui installe la capitale du royaume à Hattusha, fut poursuivie par son successeur (sans doute son petit-fils) Mursili Ier (vers -1620 -1590). Il parvint à prendre Alep puis, vers -1595, il osa un raid audacieux qui le conduisit jusqu'à Babylone, qu'il pilla, mettant fin à la dynastie Amorrite et ouvrant la porte aux Kassites. De cette aventure, le royaume hittite ne retira pas grand-chose, sinon un certain butin. Le roi fut assassiné par son beau-frère qui prit le pouvoir sous le nom d'Hantili Ier (vers -1590 -1560). Le nouveau roi maintint l'intégrité de l'empire par une série de campagnes vers l'ouest, contre une puissance montante, les Hourrites, et vers le nord contre un nouvel adversaire qui apparaît sous son règne, les Gasgas (ou Kaska). Ces guerriers habitaient les montagnes au nord de la Cappadoce, dans ce qui deviendra le Pont à l'époque gréco-romaine. Ils ne cesseront plus de harceler les Hittites pendant le reste de leur histoire et ils participeront certainement à la chute de l'empire. Hantili ayant été assassiné à son tour, commence une période d'anarchie où les grandes familles Hittites se disputent le trône. Un certain ordre fut rétabli par Télépinu (ou Telebinu), qui prit le pouvoir vers -1525 après avoir déjoué un complot et exilé les fauteurs de troubles. Il érigea le conseil du Panku, assemblée de citoyens en âge de porter les armes (?) en haute cour de justice. Il institua une loi de succession au trône que le Panku devait faire respecter, avec le droit de mettre en accusation un souverain coupable de crimes et de le faire mettre à mort. Bien que le Panku ait par la suite perdu de son autorité, la loi de succession directe fut toujours observée (sauf par Hattusili III lorsqu'il dut se résoudre à se révolter contre l'arbitraire de son neveu). Si un certain ordre est revenu grâce aux initiatives de Télépinu, le royaume hittite reste en retrait pendant les règnes suivants. Certains auteurs font débuter ce qu'on appelle le (nouvel) empire hittite avec Tudhaliya Ier (anciennement Il, -1460 -1440), qui régna avec son épouse Nikalmati. En réalité, le royaume ne fait que se défendre, même s'il semble qu'Hattusili Il ait réussi à maintenir un équilibre avec Alep. Sous Tudhaliya Il (-1400 -1380), le royaume est même attaqué de tous les côtés, et les Gasgas réussissent à mettre à sac Hattusha. Le rétablissement se fait avec son frère (dans le cas où il serait le fils d'Hattusili Il) ou son fils, Suppiluliuma Ier (vers -1370 -1342), qui a su mêler habilement la diplomatie et la guerre. Au cours de campagnes vigoureuses, il fit entrer le nord de la Syrie, avec en particulier Ugarit, dans la sphère d'influence hittite, ce qui, en revanche, ouvrit près d'un siècle de conflit avec l'Égypte. Il entra en lutte avec le Mitanni, qui, sous les coups conjugués des Hittites et de l'Assyrie, va bientôt disparaître. Il fit deux de ses fils rois l'un de Karkémish, l'autre d'Alep. Sur le plan diplomatique, il maria ses filles à des princes vassaux et lui-même épousa la fille du roi de Babylone, avec qui il avait fait alliance. Du côté de l'Égypte, après les intrigues qu'il avait menées auprès des petits souverains syriens et cananéens vassaux de pharaon (en l'occurrence Akhenaton), il eut le plaisir de recevoir une lettre d'une reine égyptienne (sans doute la veuve de Toutankhamon) le priant de lui envoyer un fils comme époux pour monter sur le trône de Thèbes. On sait que le prince ne parvint pas dans la vallée du Nil, assassiné par on ne sait qui, mais sans doute à l'instigation d'Ay ou d'Horemheb. A sa mort, malgré des échecs vers l'ouest et le nord, contre les Gasgas, Suppiluliuma laissa un royaume puissant mais fragile à ses successeurs. On pense qu'il mourut de la peste et que son successeur, Arnuwanda, fut bientôt terrassé par la même maladie. Son plus jeune fils, Mursili II (-1340 -1310), maintint l'héritage de son père au prix de guerres incessantes aussi bien contre des coalitions vers la Syrie que contre des raids de barbares au nord. C'est lui-même, dans ses Annales, qui nous dit qu'il dut lutter dix ans durant pour rétablir et maintenir l'héritage de son père. Nous connaissons quelques événements concernant le règne de son fils et successeur Muwatalli Il (-1310 -1280) par l'Autobiographie du frère de ce dernier, Hattusili III. On peut voir qu'il a confié à celui-ci la tâche difficile de défendre les frontières de l'empire contre les barbares Gasgas du Nord, et lui-même s' est réservé les relations avec les grands royaumes du Sud et de l'Est. Il semble avoir réussi à maintenir la prospérité du royaume tout en reprenant les hostilités avec l'Égypte, hostilités qui se terminèrent avec la bataille de Qadesh (voir Hattusili III pour les détails). Le fils d'Hattusîli III, Tudhaliya IV (-1260 -1220), maintint encore l'empire et parvint même à l'agrandir par la conquête de Chypre, le plus grand fournisseur de cuivre de l'époque. La faiblesse réelle de l'empire apparaît déjà sous ce règne : ainsi un cousin du roi, Kurunta (autrement appelé Ulmi-Te-shub), devenu roi de Tarhundassa, à l'ouest de la Cappadoce, obtint, par traité avec Tudhaliya, de nombreuses concessions territoriales et se para des titres royaux Hittites Tabarna, Mon Soleil, Grand Roi. Les deux derniers successeurs de Thudaliya, Arnuwanda III (-1220 -1200) et Suppihuma II (-1200 vers -1180), durent faire face à de nouvelles coalitions et à des invasions qui eurent bientôt raison de l'Empire hittite, lequel disparut sous les coups conjugués des Gasgas et des envahisseurs venus des rives de la mer Égée, appelés "Peuples de la Mer" dans les textes égyptiens. Civilisation. La richesse des Hittites était naturellement en partie fondée sur l'agriculture et l'élevage, mais aussi, dans ce pays de forêts, sur la coupe du bois. Cependant, plus que les autres États du POA. ils disposaient de mines : peu de cuivre, mais de l'étain, de l'or, du plomb (l'un des principaux produits du commerce des colonies assyriennes de Cappadoce) et surtout du fer. Dès le XIVème s., pour le moins, (le fer était connu bien avant), les forgerons anatoliens ont acquis une suffisante maîtrise dans son traitement pour que les rois Hittites puissent l'utiliser au titre de cadeaux. Le prétexte de l'hostilité du roi d'Assyrie Adad-nîrârî envers Hattusili III fut que celui-ci ne lui avait pas envoyé des épées en fer qu'il lui avait demandées Hattusili se défendit en déclarant qu'il n'en disposait pas qui fussent d'assez bonne qualité pour satisfaire sa demande. Le roi est un personnage sacré dont les fonctions sont militaires et civiles mais aussi religieuses, car il est le premier prêtre des dieux. C'est lui qui préside les cérémonies religieuses avec la reine. L'importance de cette dernière aussi bien dans le culte qu'à la cour est à noter. Elle a son propre sceau, sa propre maison avec ses services, elle entretient des relations personnelles avec les autres souverains. Puduhepa paraît avoir été particulièrement active sur ce point, peut-être parce que le hasard des fouilles a fourni une documentation relativement importante la concernant. L'art des Hittites qui doit beaucoup à leurs prédécesseurs Hattis, est connu par les fouilles d'Hattusha, d'Alaça Höyük et du sanctuaire de Yazilikaya. L'architecture des temples, dont il ne subsiste que les bases, révèle des monuments complexes pourvus de nombreuses salles et galeries. Les enceintes présentent des orthostates sculptés de reliefs comme à Alaça Höyük, technique qui se perpétue dans l'art dit néohittite du Ier mill. Le type du bît-idani semble être d'origine hittite. La religion est fortement marquée par les conceptions et les divinités suméro-akkadiennes et aussi par les divinités Hourrites. Nombre de dieux hatti ont été intégrés dans le panthéon dominé par le dieu du Temps et de l'Orage, à qui la terre est censée appartenir : le roi est son régent. Le Soleil est la première divinité, mais avec des aspects très singuliers puisque la première divinité solaire est la déesse-soleil Hatti Arinna, plus importante que le dieu-soleil Istanu. Un autre dieu non négligeable est Télépinu. Parmi les divinités d'origine étrangère, celle qui occupe la plus grande place est sans doute Ishtar. LANGUE ET LITTÉRATURE. Les deux principales langues de l'empire, le hittite et le luwite sont deux dialectes indo-européens. Le nom réel du hittite est "néshite" ou "neshili", la langue de la ville de Nesha . Cette cité n'a pas été identifiée, mais il se pourrait bien que ce ne soit jamais qu'un autre nom de Kanesh. Les scribes ont adopté pour écrire leur langue les cunéiformes mésopotamiens, qui représentent des syllabes ou des logogrammes. Ce qui rend difficile l'interprétation de la langue, c'est que nombre de mots Hittites sont écrits avec un sumérogramme qu'on peut traduire du sumérien mais dont on ne sait à quel mot hittite il correspondait. Ont ainsi été catalogués, en comptant les numéraux, 324 signes cunéiformes. Comme toutes les langues indo-européennes, le hittite est une langue à flexion qui connaît six cas : nominatif, accusatif, génitif, datif, ablatif et instrumental, à quoi l'on peut ajouter le vocatif pour les déclinaisons des noms de personne. En revanche, les genres ne sont pas, comme dans le grec et le latin, le singulier; le pluriel et le neutre, la différence jouant sur l'animé et l'inanimé. Les verbes connaissent deux voix l'actif (qui est transitif ou intransitif) et le médiopassif. L'actif possède deux voix ou conjugaisons, en -mi et en-hi. Le médiopassif ne possède qu'une seule conjugaison. Les modes sont au nombre de six: trois personnels (indicatif, volontatif et impératif) et trois impersonnels (infinitif, participe et supin). Les archives d'Hattusha nous ont rendu un certain nombre de textes : traités, lettres, annales, instructions, lois, rituels, prières, omens, mythes.


2 images

Hubal

L'un des principaux dieux de l'Arabie. D'abord pierre sacrée, il appartenait au groupement tribal des Kinâna et des Qurayshites, dont il garantissait l'union. C'est par ces derniers qu'il est entré dans le panthéon mekkois. Il semble avoir été dès l'origine une divinité oraculaire. Il est figuré sous la forme d'un homme amputé du bras gauche, et son aspect de dieu archer lui vient sans doute du fait que les sorts étaient tirés sous sa tutelle avec des flèches. Il eut alors son sanctuaire dans le hâram (enceinte de la ka'aba) de La Mecque, de sorte que les pèlerins venaient consulter son oracle, où se pratiquait la cléromancie.


Humban (Khumban).

Divinité élamite. C'est le grand dieu de l'Élam et l'un des plus anciens. Son nom apparaît pour la première fois dans le traité conclu vers -2240 entre Naram-Sîn et le roi élamite d'Awan (dont le nom est sans doute Khita). Il y apparaît comme le premier des dieux avec la déesse Pinikir. Il semblerait que son nom soit dérivé de la racine élamite bûpa, s commander», de sorte qu il serait le maître des cieux. Sa parèdre avait le titre de "Grande Épouse". Elle a été identifiée à Kiririsha donnée aussi pour la parèdre de Napirisha. De leur union est issu le dieu Khutran, qui, cependant, n'eut qu une place modeste dans le panthéon élamite. Il semblerait que le nom d'Humban fût tabou au IIIe mill. Cependant, comme Napirisha est aussi regardé comme un grand dieu à partir du XIIIe s. et que, en outre, il ait alors Kiririsha pour épouse, il semblerait qu'il ait succédé à Humban dans cette prérogative, bien que le culte de ce dernier ne soit pas abandonné et qu Humban ait conservé le titre, qu'on trouve encore dans une inscription de la fin du VIlle s., de "Roi des dieux". Il a formé une triade à Suse avec Kiririsha et Inshushinak. Il avait un temple à Tchoga Zambil et sans doute à Suse.


Huqqa

Ancienne ville du Saba. C'était un centre florissant, enrichi par le commerce entre le Ier s. av. JC. et le IIIe s. de notre ère. Un village moderne construit sur le site ne permet pas d'avoir une bonne connaissance de l'étendue et de l'importance de la ville antique néanmoins, les fouilles ont rendu au jour un sanctuaire de 30 x 25 m avec une cour centrale, consacré à Dhât Ba'dan, une déesse solaire. Il Présentait une colonnade composée de colonnes monolithiques qui l'ont fait comparer aux grands temples de Marib et de Sirwah (DA sv.).


Hureidha

Village de l'Hadramout (Yémen), au nord-ouest duquel a été mis au jour un temple consacré au dieu-lune Sîn. Le temple présente trois stades de construction. Dans son premier état, il consistait en un simple bâtiment rectangulaire de 12,50 x 9,80 m, sa façade étant tournée vers le sud-ouest. Une entrée monumentale lui fut ajoutée, de 2,60 m, en avancée. Dans un troisième temps, la façade fut agrandie, et l'on construisit un escalier d'accès à la terrasse. Tout l'ensemble du monument était fait de pierres soigneusement taillées. La cité à laquelle il appartenait, qui n'a pas été explorée, paraît avoir été fondée vers la fin du VIe s. Néanmoins, les fouilles ont aussi mis au jour plusieurs tombes qui ont rendu un beau mobilier: sceaux en agate avec monture d'argent, vases en pâte de verre, scarabées, objets en ivoire. Quelques inscriptions ont été relevées .


Hurrites

Peuple dont le centre géographique à l'époque historique se situe dans le nord de la Syrie et le sud-est de l'Anatolie . LA LANGUE : Le sens du nom de "Hurrite"demeure incertain, bien qu'on l'ait rapproché de "huradi", terme hurrite désignant le soldat de garde, et de la racine "hur", relatif à la sphère sémantique de guerre. C'est grâce à sa langue qu'on peut détecter les traces de ce peuple dont l'origine se trouve sans doute au sud du Caucase. C'est une langue dite agglutinante, qui ne se rattache ni au sémitique ni à l'indo-européen et qui n'appartient pas non plus au groupe vague des langues primitives de l'Asie antérieure qu'on a appelées asianiques : sa typologie précise la rapproche des familles finno-ougriennes, turque et dravidienne. La parenté entre le hurrite et la langue de l'Urartu est incontestée, mais il y a suffisamment de différences pour en faire deux langues autonomes que certains philologues ont cherché à rattacher à certaines langues caucasiennes subsistant à notre époque. Ce qui caractérise le hurrite, c'est sa capacité à agglutiner une véritable chaîne de suffixes et d'enclitiques (jusqu'à 8) à la racine généralement monosyllabique. Ainsi, un verbe peut se décliner et se transformer en nom adjectival. HISTOIRE ET CIVILISATION : Des mots Hurrites ont été relevés dans des listes de l'époque d'Akkad ainsi que des noms de personne (tablette de Naram-Sîn). Ils apparaissent ainsi dans l'histoire au cours des derniers siècles du IIIe mill. Sceaux et inscriptions nous font connaître des noms de rois Hourrites de la fin de ce même millénaire : Talpuilli-atili de Nagar, Atal-shen d'Urkesh. On a cherché à les identifier aux Subaréens, mais il est démontré qu'il s'agit de deux ethnies différentes. Ce n'est, cependant, qu'au millénaire suivant qu'ils occupent une situation notable dans le concert des États du Proche-Orient, l'aire de leur activité se trouvant dans le nord de la Syrie, avec des ramifications culturelles et linguistiques vers le moyen Euphrate (Mari), l'Anatolie hittite et Ugarit vers l'ouest, jusqu'à Nuzi vers l'est. Au XVIème s., un groupe d'envahisseurs (tribu guerrière ?) porteur d'une langue indo-aryenne (rattachée au groupe des langues indo-européennes de l'Est, dont les principales sont le sanskrit et l'ancien perse) fonde un royaume dans le nord de la Syrie, le Mitanni. Les fondements culturels et linguistiques de ce nouvel État sont Hurrites (pour l'histoire de ce royaume : voir Mitanni). La disparition au XIIIè s. du Mitanni n'est pas liée à la survie des Hurrites qui se constituent encore de petits royaumes vers le haut Tigre. Néanmoins, leur sphère d'influence linguistique et culturelle va sans cesse s'amenuisant et, au milieu du millénaire suivant on ne trouve plus que quelques reliquats onomastiques dans la région du lac de Van. On attribue aux Hurrites un certain nombre d'apports, comme le développement d'une charrerie, une technologie de pointe dans le travail du cuivre et la fabrication du verre, ce qui est susceptible d'être contesté. Il n'en va pas de même pour les influences exercées par leurs croyances religieuses notamment chez les Hittites, qui ont introduit les cultes Hourrites sans doute à l'époque de Mursili Ier (vers -1620 -1590). D'origine hurrite sont Téshup, Allani, déesse des Enfers, Shaushga (Sawuska), déesse de la Guerre et de l'Amour, identifiée à Ishtar. Hurrite est aussi le mythe de Kumarbi.


Idrimi

Roi d'Alalah (1ère moitié du XVème s.). Il nous est connu essentiellement par une statue le représentant assis sur un trône flanqué de deux lions (ou de sphinx) trouvée dans un puits dans le temple du niveau IV d'Alalah. Elle porte une longue inscription de 104 lignes constituant une autobiographie. «Je suis Idrimi, fils d'Ilimilimma, serviteur d'Adad, de Hépat et d'Ishtar, la dame d'Alalah, ma maîtresse. Un démon est arrivé à Halab la ville de mes ancêtres, et nous avons fui chez le peuple d'Emar, les frères de ma mère et moi, nous avons vécu à Emar... Ainsi commence la vie aventureuse de ce prince, chassé de sa cité sans doute à la suite d'un complot. Il fuit ensuite dans le désert, parvient parmi les guerriers sutéens et jusqu'en Canaan. Là, il devient chef d'une bande d'hommes citoyens de Halab, Mukish, Niya, et il vit sept ans chez les Khabiru (voir nomades), grâce auxquels il semble avoir pu reprendre sa cité d'Alalah. Il s'allie alors avec son ancien ennemi Parrattarna, roi des Hourrites, dont il devient le vassal. Il part ensuite en campagne dans les territoires Hittites, où il prend sept villes. Le texte se termine par une malédiction contre celui qui détruirait sa statue et la mention du scribe sharruwa, qui a écrit pour lui cette autobiographie. L'authenticité de ce texte a été mise en doute et l'on a pu suggérer qu'il s'agissait d'un document tardif, daté par certains auteurs du XIIe s., destiné à légitimer la dynastie d'Idrimi. Les tablettes d'Alalah nous ont aussi rendu un traité d'extradition passé entre ce roi et Piliya : " Tablette d'accord. Piliya, et, Idrimi ont prêté serment par les dieux et passé cet accord entre eux : ils rendront désormais leurs fugitifs respectifs; Si Idrimi saisit un fugitif de Biliya, il devra le rendre à Filiya, et, si Fiîiya saisit un fugitif d'Idrimi, il devra le rendre à Idrimi... Celui qui transgressera cet accord, que diM (Hadad ?) Shamash et Ishhara et tous les dieux le détruisent» .


2 images

Igigi

Nom générique, d'origine sumérienne, donné aux dieux des régions supérieures et, en conséquence, aux grands dieux.Le sens du mot di~gi4~gi4~(ne) est incertain. Une liste de synonymes le met en relation avec ribu, " montrant que le scribe (un Babylonien auteur de cette liste) interprète igigu comme une forme de aga~gu" . Ce dernier mot a le sens d' "être en colère", une colère plus particulièrement propre aux divinités. Les Igigi sont aussi appelés dnun-gal-e-ne = les grands seigneurs. Bien que leur nom soit sumérien, ils n'apparaissent qu'à l'époque babyIonienne et ne sont mentionnés que dans les textes de caractère littéraire. Dans le mythe d'Atrahasis, les grands Anunnaki voulaient faire supporter le travail pour l'entretien des dieux aux sept Igigi Anu était leur père à tous, mais on avait tiré au sort la répartition des tâches entre les dieux, les hommes n'existant pas encore. Après la révolte des Igigi (Atrahasis 58 sq.) et la création des hommes pour les remplacer dans leur travail, ils deviennent des dieux du ciel. Il semblerait que cette promotion» ne, date que de l'époque kassite. Dans l'Fuâma élish5, les sept Igigi sont devenus trois cents dans le ciel. Parmi ces divinités célestes, Inanna/Ishtar5 est souvent proclamée dans les hymnes la plus grande des Igigi.


Illuyanka

Serpent mythique de la mythologie hittite5. Ce nom signifie serpent» en hittite. Il revêt une dimension cosmique dans les deux versions d'un mythe d'origine hatti5 où il est l'adversaire du dieu de l'Orage. Ces deux versions sont dues à un même scribe appelé Kella. Ces textes étaient récités ou chantés, lors de la fête Furulli fête qui se célébrait au printemps en l'honneur du dieu de l'Orage. Dans ses annales5, Mursili II~ rappelle, à propos de ses actes pour la vingtième année Quand le printemps vint... comme j'avais célébré la fête de l'année (Furulli), la grande fête, pour Téshup.htm">Téshup5 de Hatti, pour Téshup de Zippalanda, je n'avais pas célébré la fête de l'année, la grande fête dans le temple Hesti pour la déesse Liliwanish. e De sorte qu'il rentra àHattusa5 pour célébrer cette fête dans le temple de la déesse. On voit par ce texte qu'il y avait deux fêtes du printemps, dont l'une devait être celle qui concernait la nouvelle année. De cette fête, nous ne connaissons pas le rituel, mais c'est la seule dont il subsiste une partie du mythe que rappelait le rite. [Ceci est] le texte du Furulli pour le dieu de l'Orage du Ciel, selon Kella [le prêtre-CUDU] du dieu de l'Orage de Nerik (l'un des grands centres religieux des Hittites). Alors ils parlent ainsi : "Laisse le pays prospère et puissant, et laisse le pays bien protégé" - et quand il est puissant et prospère, ils célèbrent la fête Furulli. Quand le dieu de l'Orage et le serpent (Illuyanka) se battirent à Kiskilussa, le serpent infligEa une défaite au dieu de l'Orage. Alors le dieu de l'Orage appela tous les dieux: "Venez tous ensemble à moi." Ainsi, Inara prépara un festin. Elle prépara toute chose sur une grande échelle : cruches des magasins pleines de vin, cruches des magasins de bière-marntiwau et de boisson-walhi. Dans les plats, elle prépara en abondance. e On ne sait trop pourquoi, la déesse va ensuite trouver un mortel appelé Hupasiya dans la cité de Ziggaratta, lui déclare qu'elle e prépare telle et telle chose e et lui propose de se joindre à elle. Offre à laquelle notre homme répond qu'il veut auparavant dormir avec elle pour combler ses désirs. La demande est agréée, puis la déesse se vêt et va appeler le serpent dans son trou pour l'inviter à son banquet. Le serpent et sa progéniture viennent, boivent, s'enivrent, mais quand le serpent veut regagner son trou, Hupasiya le saisit, le ficelle, et le dieu de l'Orage vient avec les autres dieux et tue le serpent. En récompense, Inara construit une maison sur une hauteur dans la ville de Tarukka (au nord d'Hattusa) et y installe Hupasiya. Les quelques vers qui suivent n'apportent pas grand-chose, la fin du texte, une quarantaine de lignes, faisant défaut. Dans l'autre texte, dès le début on sait que le serpent a vaincu le dieu et lui a arraché le coeur et les yeux. Le dieu de l'Orage a ensuite un fils avec» la fille d'un pauvre homme». Ce fils une fois devenu adulte prend pour épouse la fille du serpent et, suivant les recommandations de son père, il lui demande en don de mariage les yeux et le coeur (de son père). Une fois rentré en possession de ses yeux et de son coeur; le dieu va attaquer le serpent dans la mer. Mais le fils du dieu, qui est aussi devenu le fils du serpent par son mariage, prend la défense de son beau-père, de sorte que le dieu de l'Orage les tue tous les deux. A la fin, consacrée à des considérations de caractère cultuel où est confirmé que l'auteur de ce court texte est de Kella, un colophon nous apprend que la tablette est complète et a été rédigée par le scribe Fihaziti sous la direction du chef scribe Walwaziti. Le texte original remonte à l'ancien royaume (entre 1750 et 1500) et la copie, au nouveau royaume (entre 1500 et 1200). Malgré leur brièveté, ces contes évoquent le mythique combat de l'hiver et du printemps, de la sécheresse et de l'orage fécondant. L'union d'Inara et du mortel serait l'écho d'une hiérogamie. On a aussi voulu y voir une allusion aux combats des Hittites contre les pillards Gasgas.


Inanna

Déesse sumérienne identifiée à l'Ishtar sémite. C'est la principale déesse du panthéon mésopotamien. Il est possible qu'elle n'ait été, à l'origine, que la déesse de l'Amour c' est-à-dire de ce courant universel qui conduit les êtres à s'unir pour la reproduction, mais qui fait aussi germer les plantes dans la terre. Son aspect guerrier et destructeur serait propre àIl,î>tar, qui, en se syncrétisant avec Inanna, lui aurait conféré cet attribut redoutable. Il convient néanmoins de remarquer que ces deux manifestations ne sont pas incompatibles, la mort étant la fin de la naissance, la destruction, ne serait-ce que par le temps, celle de la création. Son nom, qui semble dérivé de Ninanna (sum.), signifierait "dame du ciel", et inclurait le nom divin d'An, dont elle devient la hiérodule (voir Exaltation d'lnanna) ; elle est alors la "hiérodule des cieux" (nu-u5-gig-an-na) et la "vache du ciel exaltée" (ô-sùn-zi-an-na). C'est à l'évidence une très ancienne divinité car son nom apparaît dès la période d'Uruk au lVè mill. sous l'aspect d'un faisceau de roseaux dont l'extrémité supérieure forme une boucle. C'est son symbole qu'on retrouve au DA dans des représentations de sceaux et sur des fragments de terre cuite, de part et d'autre des toits oblongs de constructions en roseau ces toits sont parfois surmontés par un mât pourvu de chaque côté de trois boucles : c'est le signe (cunéiforme) mhz par lequel elle est désignée. Elle est très souvent mentionnée dans les inscriptions du DA. Dès -2450, Lugal-tar-si, roi de Kish, la déclare "reine des déesses" . Il semble que sa cité d'origine soit Uruk, où elle a son temple principal, l'é.an.na ("Maison du ciel"), qu'elle partage avec An, mais elle est largement vénérée dans tout le Sumer. Éanatum (dont le nom signifie "digne de l'E-anna") se déclare l'aimé de la déesse par qui il a reçu la domination de Lagash et de Kish. Elle prend plus encore d'importance à l'époque d'Akkad , ou la fille de Sargon Ier, Enhéduana, donne le ton en lui consacrant des hymnes et des prières. Bien qu'il s'agisse de copies plus tardives, le fait que ces textes soient attribués à ce personnage historique marque l'expansion de son culte à cette époque, qui pourrait bien être celle où ses attributs sont doublés de ceux d'Ishtar à laquelle elle est identifiée. À l'époque d'Akkad, où elle apparaît sous le nom d'Anunîtum, elle est la divinité d'Aktup (ville non localisée) sous le nom d'Aktupîtum, et elle règne aussi sur la ville de Zabalam, voisine d'Umma. Dans un balbale, la déesse rappelle toute l'étendue de sa domination : " Mon père m'a donné le ciel, il m'a donné la terre, je suis la reine du ciel [...] À Uruk, l'Éanna est à moi à Zabalam le (temple) Gigunna est à moi à Nippur le Duranki est à moi, à Ur l'Édilmuna est à moi à Girsu l'Eshdamkug est à moi, à Adab l'Ésharra est à moi, à Kish le Khursagkalamma est à moi, à Kisiga l'Amashkuga est à moi, à Aksak l'Anzagar est à moi, à Umma l'Ibgal est à moi, à Akkad l'Ulmash est à moi. Parmi les dieux, en existe-t-il un, un seul, qui puisse se comparer à moi ? " . Les diverses théogonies lui attribuent une nombreuse parentèle. Quoique déclarée la hiérodule d'An, elle est aussi donnée comme sa fille, mais elle est encore dite la fille d'Enlil, d'Enki, de Nanna, et la soeur d'Utu et d'Ereshkigal. En revanche, elle n'a pas de parèdre. Si Dumuzi occupe une place capitale dans son mythe en tant qu'amant, il n'apparaît pas comme un époux auprès de qui elle n'aurait plus qu'un rôle secondaire. C'est une déesse dominante qui règne même sur les dieux, qui n'a ni mari ni progéniture. Lorsque, dans le mythe d'Anzû, les dieux appellent shara l'enfant d'Ishtar, il faut comprendre par ce terme le "chéri", et nullement le fils né de son sein . Elle est la divinité antique à qui est consacré le plus grand nombre de sanctuaires sous son nom et sous celui d'Ishtar. C'est aussi la divinité qui intervient dans le plus grand nombre de mythes, soit à titre secondaire, soit dans le rôle principal. (voir Agushaya), hiérogamie (grande liturgie d'Inanna). POÈMES ET MYTHES CONCERNANT Inanna Cycle d'Inanna et Dumuzi : voir Dumuzi. Inanna et Enki : voir Enki. Descente d'Inanna dans l'autre monde : voir Enfers. La descente d'Inanna serait un rituel d'une visite de la déesse à Kutha. Inanna et Ébih. Incipit sum.: in-nin-mehua-a = Inin (banna) aux pouvoirs (me) redoutables. Poème de caractère épique de 184 vers rapportant comment la déesse guerrière combat et détruit la montagne rebelle appelée Ebih, qui ne veut pas reconnaître as domination. On y voit un étrange contraste entre l'aspect de la déesse, »jeune femme », et l'impétueuse guerrière qui, rendue furieuse contre l'Ébih, se transforma en foudre de guerre, "déverrouilla l'arsenal, dont elle repoussa la porte étincelante. Elle en tira l'altière Bataille et mit au sol l'énorme [Ouragan] ! Madame apprêta (?) ses augustes flèches et empoigna le carquois i Elle déchaîna contre l'Èbih un déluge et y lâcha l'irrésistible Vent Mauvais Madame se jeta alors à l'assaut du pays". Inanna et Shukalletuda. Poème qui subsiste presque entièrement, en quelque 300 vers, avec des lacunes. La déesse, ayant quitté le ciel pour descendre sur la terre, s'endort dans un jardin où le jardinier (?), Shukalletuda, en profite pour lui détacher son pagne - et il "la baisa et la pénétra puis il s'en retourna à l'extrémité du jardin". Au réveil, Inanna, s'étant aperçue du viol, chercha en vain son agresseur et, de colère, elle envoya trois pestes à travers le pays des Sumériens. Inanna et Bilulu : Le colophon de cette composition de 187 vers nous apprend qu'il s'agit d'un chant. Il est proche des lamentations et entre dans le cycle d'Inanna et Dumuzi. Le récit, en vers, est entrecoupé de lamentations et de passages lyriques. Le premier vers (dont la moitié forme l'incipit: edin-na ddumu~zi~mu), "Dans le désert, mon Dumuzi, j'élèverai ma complainte ", donne le ton. La déesse va ainsi dans la steppe où est mort son amant; elle arrive en présence du défunt "à la tête meurtrie", chez sa soeur Geshtinanna/Bélili. Là, elle entonne un chant funèbre (thrène). On ne sait d'ailleurs qui, dans cette pièce, est responsable de la mort de Dumuzi. En tout cas, la déesse décide de porter Sa vengeance contre Bilulu, une vieille femme qui tient une taverne dans la région. Cela à cause de son fils Girgire, qui volait les bêtes du troupeau de Dumuzi. Ainsi, Bilulu devient e l'Outre-à-eau-fraîche indispensable su désert» et son fils Cirgire »le démon et l'esprit du désert». On se trouve à l'évidence en présence d'un conte étiologique.


9 images

insectes

Les insectes pullulent toujours dans les pays du POA, aussi bien en nombre qu'en variétés d'espèces. Nous nous en tiendrons ici aux principaux. Voici la liste de quelques-uns dont on connaît les noms dans au moins l'une des langues parlées dans les régions concernées. abeille : hébr. débôrâ, aram. dabbarta->.voir miel. araignée : akk. ettutu, ettitu. Son nom était donné à la déesse-araignée du filage. Lorsqu'on la trouvait dans une maison, c'était un gage de prospérité. fourmi : akk. namal/namlu, aram. nêmala, hébr. némala. mouche : akk. zumbu/zubbu, ugar dbb aram dîbtibti>, hébr. zèbOb. Selon un texte biblique , un dieu de la cité cananéenne d'Êkron se serait appelé Baal zébûb, le "Seigneur des mouches" (qui a donné, dans le monde chrétien, Belzébuth); on a tendance a penser que ce dieu n'a jamais existé et qu'il est un caconyme inventé par le rédacteur biblique (par rapprochement avec l'expression des textes urgaritiques zbî b'î,"le prince Baal "). sauterelle : Les » pluies » de sauterelles, prédatrices par excellence, ont toujours eu un caractère catastrophique. Néanmoins, ces insectes étaient couramment consommés, comme l'attestent bon nombre de lettres et d'autres textes mésopotamiens : "Envoie-moi une centaine de sauterelles et un peu de nourriture", "et n'oublie pas les sauterelles que je t'ai demandées"... Un omen commence ainsi: Si [un homme dans un rêve] mange une soupe de sauterelles... ». Cependant, le vocabulaire assyro-babylonien est particulièrement riche pour désigner les diverses espèces de sauterelles et, en outre, ce nom est donne a des sauterelles d'eau erib nari (ecrevisses) enbtamti ("sauterelles de mer" = crevettes ) CAD propose plus d une douzaine de noms differents outre les sauterelles "d'eau ou de mer". scorpion : Ecrit avec le logogramme GIR TAB il est rendu en akk par zuqaqipu une autre forme akk., aqrabu, est d origine ouest-sémitique (hébr. aqrab, aram. eqarba). Abondant dans tout le POA, le scorpion est entré dans la mythologie suméro-akkadienne avec les hommes-scorpions (- animaux fantastiques) qui apparaissent dans lEpopée de Gilgameilh ~. Gardiens de l'entrée des monts Jumeaux (entre lesquels se lève le soleil), ils sont » Si terrifiants et redoutables que leur regard, c'est la mort». Ce qui n'empêche pas un homme-scorpion d'avoir une femme avec qui il s'entretient avant de recevoir amicalement le héros (tabl. IX, col. 2). De tous les arthropodes du POA, il est le plus souvent figuré sur des cylindres, des tablettes, des plaques de terre cuite, des kudurrus, des poteries peintes. Gardien des Enfers, il est aussi représenté avec Ishtar. Outre les hommes-scorpions, les Mésopotamiens avaient imaginé des démons-scorpions et des satyres-scorpions . Comme on peut s'en douter, ses piqôres étaient redoutées, et elles procuraient des omens pour les traités de divination et exigeaient des incantations pour les guérir: » Si un scorpion sous son pied droit [le pique], la troisième année il sera en bonne santé ». Voici ce qu'il faut dire pour soulager de la piqûre du scorpion, voici maintenant ce qu'il faut faire : récite cette incantation sur la piqôre du scorpion au jour où la dangereuse piqûre [du] scorpion il veut atténuer, sept grains de froment pur, de la plante de la montagne l'homme prendra, à sa bouche mettra mâchant ce qu'il a dans la bouche, il descendra dans la rivière, sept fois il plongera, avant qu'il plonge la septième fois, ce qu'il a dans la bouche il crachera. Quoique connus dans ces contrées, les autres arthropodes, puces, pucerons, poux, cousins, papillons, ne sont guère mentionnés. ît les noms dans au moins l'une des langues parlées dans les régions concernées.


Inshushinak

Divinité tutélaire de Suse. Son nom écrit en sumérien dNIN.SUSIN.AK signifie "seigneur de Suse" . Il apparaît dans les inscriptions à la fin du IIIe mill. Au début du millénaire suivant, il est parfois déclaré le Roi des dieux dans la triade de dieux élamites qu'il forme avec Kiririsha et Humban. Les rois d'Élam se déclaraient "serviteurs bien-aimés d'Inshushinak". Bien que dieu de la royauté, il était l'objet de la ferveur populaire, considéré comme le Père des faibles.


3 images

Ishchalî

Site de la vallée de la Diyala, dans l'est de la Mésopotamie. Les fouilles de ce tell de 600 x 300 m sont restées localisées, mais ont rendu au jour une partie des remparts de la ville avec sa porte monumentale de Shamash un temple de Shamash un ensemble appelé sérail a et surtout un grand temple pourvu de nombreuses salles axées sur deux grandes cours, appelé Kîtitum. Il était consacré à trois divinités dont la principale était Inanna/Ishtar. Il a connu trois grandes périodes de reconstruction avec des remaniements à la dernière époque (III / IV). Dans son dernier état, les deux cours contiguës possédaient chacune leur porte monumentale donnant sur la même artère, auxquelles on accédait par une volée d'escaliers. Plus modeste, le temple de Shamash, adossé à la muraille, près de la porte du même nom, ne comportait qu'une seule grande cour à laquelle on accédait par deux salles depuis la porte d'entrée. Ces complexes monumentaux datent du début du îîe mill. (époque d'Isin-Larsa et babylonien ancien). Un certain nombre de tablettes ont été recueillies au cours des fouilles, dont 326 ont été publiées. On avait proposé d'identifier le site à la ville de Dûr-Rimush (nommée dans une inscription), nom que Jacobsen a préféré attribuer au site voisin de Bismaya . Parmi l'abondant mobilier recueilli dans le site, il convient de mentionner les plaques d'argile où sont figurés des personnages en relief, dont une avec un homme chevauchant un buffle et des représentations de la déesse (nue) Inanna, les statuettes d'un singe assis (en albâtre) et celles, en bronze, d'une déesse vêtue d'une ample robe, assise sur un tabouret, pourvue de quatre visages, et d'un dieu debout, un pied posé sur un bouquetin minuscule, lui aussi pourvu de quatre visages (ces deux dernières ont été trouvées dans le sérail).


Ishhara

Divinité d'origine incertaine, sans doute une ancienne déesse mère. Son nom apparaît dès le milieu du IIIe mill. dans les textes d'Ébla. C'était une déesse de l'Amour, comme l'indique l'une de ses épithètes, bêlet rtime = dame de l'Amour. Elle est donnée comme la mère des sept dieux (Sibittu). Dans le mythe d'Atrahasîsa, elle est appelée à bénir les couples lors de leurs noces. D'abord associée au serpent basmu, elle l'est au scorpion à l'époque kassite, sans doute pour des raisons astronomiques, car elle apparaît alors comme la constellation du Scorpion. Intégrée dans les panthéons d'Anatolie , elle reçut un culte dans le Kizzuwatna (partie sud-est de l'Asie Mineure). Chez les Hittites, elle est la déesse des Serments, chargée de punir les parjures, et, chez les Hourrites, elle est associée aux divinités de l'enfer .


Ishkur

Dieu sumérien du Temps (au sens météorologique du terme). Son nom s'écrit avec le logogramme IM, qu'on retrouve dans la graphie de dieux syro-Hittites et désignant sans doute Adad, àqui il fut identifié dès l'époque akkadienne.Dans le panthéon mésopotamien, il est le frère jumeau d'Enki et le fils d'Anu ou, parfois, d'Enlil. Son épouse serait la déesse Shala (d'origine Hourrite ?), laquelle est aussi dite parèdre de Dagan. Il apparaît dès le DA (dans la liste de dieux de Fara) et le grand centre de son culte était Karkara, au sud de Babylone, où plusieurs temples lui étaient consacrés, généralement sous le nom d'Adad, le principal paraissant être l'é.karkara . Son aspect de dieu de l'Orage apparaît dans un ershemma où il est montré "chevauchant une tempête". Lorsqu'Enki distribue les destins, il fait d'Ishkur l'inspecteur de l'Univers . Dans une litanie où revient chaque fois qu'il est nommé avec ses attributs le refrain "grand boeuf rayonnant, ton nom est au ciel", il est dit fils d'An, seigneur de Karkar; jumeau d'Enki, maître de l'abondance, seigneur qui chevauche la tempête, lion du ciel...


Ishtar

Déesse sémitique de la guerre et de l'amour. Identifiée à la Sumérienne Inanna. Cette assimilation semble dater de l'époque des rois d'Akkad, lesquels ont promu l'Ishtar akkadienne, à qui ont été conférés les attributs d'Inanna. Son nom est souvent écrit par le sumérogramme d'Inanna. Plusieurs mythes relatifs à Inanna seront doublés en akkadien du même mythe, avec quelques variantes, et attribués à Ishtar : amours avec Dumuzi, qui prend le nom de Tammuz, descente en enfer, séduction manquée de Gilgamesh... Elle prend un caractère plus singulier dans ses aspects Assyriens, où elle se manifeste comme l'Ishtar d'Arbèlesa et l'Ishtar de Ninive. C'est sous ces deux derniers aspects, essentiellement guerriers, que son culte sera adopté par les Hittites et les Hourrites chez lesquels elle est appelee Ishtar Shaushga. Les archives d'Hattusha nous ont conserve plusieurs rituels plus ou moins complets pour diverses Ishtar anatoliennes ; 1 de Samuha, 1 de Tami ningaI de Ninive. Dans les lexiques d'Ugarit elle est identifiee a tiri . Son temple principal à Ninive était l'é.mas.mas construit (ou reconstruit ?) par Manishtushu. Les fouilles de Mari ont rendu un rituel paléo-babylonien qui lui est consacré, dont on ne sait s'il s'agit d'une traduction d'un texte sumérien consacré à Inanna ou s'il est l'oeuvre des prêtres de Mari. Le début manque, mais il semblerait que le rite représente la suite d'une hiérogamie où le roi se couche sur le lit d'Ishtar . Puis "le matin, plus tôt que d'habitude, on déposera l'offrande à Ishtar. On purifiera à plusieurs reprises le temple d'Ishtar.." Les représentants des divers corps de métier; brasseur; cordonnier, charpentier; barbier viennent déposer leurs offrandes. On apporte ensuite les emblèmes des dieux et des déesses au temple, puis le roi revêt la lutumtum et s'assied sur un siège de batelier derrière les prêtres-kalu (la lutumtum est un manteau porté à la campagne ). Il s'agit d'un rituel des kalu qui se poursuit encore longuement avec alternance de chants, de courses, de lustrations, de libations et d'interventions de personnages inattendus comme un "mangeur" et des "broyeurs" chargés d'agir selon leur fonction, en conséquence qui " mangeront " et qui " broieront ". Ses symboles sont le lion qu'elle chevauche comme Inanna et l'étoile. Ishtar de Ninive est aussi associée a la planète Venus et donc identifiee a Dilbad .


14 images

Juste souffrant (le)

Incipit: "Ludlul bel nemeqi" = "Je veux louer (ou "glorifier", sens premier du verbe dallilu) le seigneur de sagesse". Le titre de "Juste souffrant" a été donné à ce poème babylonien (connu depuis 1875) par référence au livre biblique de Job, dont on a pu se demander s'il n'en a pas été le modèle. Le texte, réparti sur quatre tablettes, est partiellement conservé par de nombreux manuscrits fragmentaires provenant de Ninive (Assur-banipal), Assur, Babylone, Sultantépé (tabl. I et IV), Sippar (tabl. 2 et 8). C'est un long monologue dans lequel un homme, injustement jeté dans la misère, élève ses plaintes vers son dieu, en l'occurrence Marduk. Il semblerait que ce texte ait un modèle historique, si encore l'auteur de ce texte n'est pas le personnage historique en question. Il donne son nom dans le cours du monologue : " C'est Marduk lui-même (dit-il: il s'agit d'un homme que le Juste voit en rêve, Ur-Nin-din-lugga) qui m'envoie te dire: A shubshi-meshrê-shakkan, j'apporte la prospérité !". Un Subsi-mes-rê-Sakkan est connu pour avoir été un dignitaire de la cour du roi kassite de Babylone Nazimaruttash, (-1307 -1282) . Il nous est aussi donné les noms de deux personnages, qui apparaissent en rêve au "Juste souffrant" (tabl. III, 25 et 39) : le premier; Lalu-ralimma, porte un nom sumérien caractéristique de ceux qu'on se plaisait à prendre à la fin de l'époque kassite il est dit originaire de Nippur et il est chargé de purifier notre héros l'autre, Ur-Nin-din-lugga, est babylonien; tous deux portent les noms de scribes (lettrés) de jadis connus par une liste. Tablette I (env. 112 vers, incomplète). Après un éloge de Marduk, suivi d'une lacune d'une trentaine de lignes, le Juste se désespère de la perte de ses biens et de sa vitalité. On voit ensuite qu'il était le favori du roi, qu'il paradait comme un seigneur, et qu'il a été la victime de la calomnie d'adversaires envieux qui l'ont jeté dans la disgrâce. "De superbe que j'étais j'ai tourné à l'esclave. Au lieu de ma vaste famille, je suis devenu solitaire...". Tablette Il : (120 vers, complète). "De cette année à l'autre, le terme fixe était passé. J'ai beau me tourner c'est malheur et malheur encore ! Pour moi, la méchanceté s'accroit et je ne vois pas de justice ! J'ai crié vers Dieu, il m'a refusé son visage ! . Le Juste se plaint que le dieu (Ilu, nom souvent répété, et non Marduk, qui n'est nommé qu'exceptionnellement dans les trois premières tablettes) se soit détourné de lui, bien qu'il ait de tout temps manifesté sa piété à son égard et incliné son pays à respecter ses rites. Il se plaint que la maladie le terrasse et que le démon-alû se soit "vêtu de son corps comme d'un vêtement ". Tablette III (il en subsiste une centaine de lignes, entrecoupées de lacunes, représentant un peu plus de la moitié du texte original). Au cours d'une suite de quatre rêves, le Juste apprend que Marduk s'est penché sur lui et qu'il va le guérir. De fait, le dieu " chassa la Lamashtu ", cause de ses maladies, et l'on assiste à la guérison de chacune des parties de son corps ainsi affectée : " Ma bouche, qui était close et inhabile à discourir, il la décapa comme du cuivre et en fit [briller] la ternissure... Tablette IV (très fragmentaire) il en subsiste cependant la moitié dont une partie reste lacunaire l'ordre des fragments mis bout à bout est incertain: selon von Soden, les lignes 1-50 devraient être placées après le groupe 76-100. C'est un long cantique à la gloire de Marduk, qui a manifesté sa puissance, qui seul est capable de ressusciter les morts. Suit une litanie de tout ce qu'a ensuite fait le Juste, à qui le dieu a rendu justice : "[Dans les] prosternements et les supplications [je suis allé] à l'Ésagil. [Moi qui étais] descendu au tombeau, je suis revenu à la porte du Soleil-Levant]. À la porte de l'Abondance, l'abondance [m'a été re]donnée. A la porte de l'Ange-Gardien , mon ange-gardien est (re)venu [près de moi]..."


Kaaba (al-)

Sanctuaire de La Mecque contenant la Pierre noire, une météorite assimilée à un bétyle. Ce mot, dont l'étymologie désigne ce qui est carré mais aussi les seins d'une vierge (ka'ib), a été mis en rapport avec le nom de la déesse Khaabou (forme grecque), donné par saint Épiphane à la déesse vierge, mère de Dusarès. Cette structure carrée, dans le mur de laquelle a été intégrée la Pierre noire à l'époque de Mahomet, abritait certainement, à l'origine, un bétyle symbolisant une déesse-mère. Déjà, à l'époque antéislamique, le sanctuaire enfermé dans une enceinte sacrée (Hâram), était recouvert d'un tissu qui fut brûlé dans la jeunesse de Mahomet, avant qu'il se soit cru désigné pour sa mission religieuse. Aucune fouille n'étant possible dans le site de La Mecque, il est difficile de déterminer l'époque de la fondation du sanctuaire, bien qu'on ait proposé de nombreuses hypothèses. Sa construction doit se situer vers le début de notre ère mais le culte lui-même de la Pierre noire remonte certainement beaucoup plus haut. Les traditions musulmanes, influencées par les textes bibliques, n'ont évidemment aucune valeur historique ou archéologique. Aussi peut-on rejeter dans le domaine du mythe celle qui situe dans ce sanctuaire le sacrifice de son fils par Abraham (lui-même sans doute un personnage mythique) et qui lui attribue sa construction. Son origine nabatéenne reste possible, mais non démontrée. Le sanctuaire est lié à la fondation de La Mecque, autour d'un point d'eau, fort important dans une région désertique sur la piste reliant les régions du Sud, productrices de l'encens, et l'actuelle Jordanie, où parvenaient les caravanes. Le nom de cette source, Zamzam, a été rattaché à celui de la divinité sumérienne Zababa . Quoi qu'il en soit, elle possédait un caractère sacré qui a permis la fondation du sanctuaire avec son bétyle. Durant les derniers siècles précédant la naissance de l'islam, la Ka'ba devint, sans doute pour des raisons économiques et en conséquence de l'importance que prit en Arabie la tribu des Qurayshites, grâce au commerce, un lieu de pèlerinage de nombreuses tribus Arabes. Dans son Hâram étaient figurées toutes les divinités de l'antique Arabie et des pays voisins, trois cent soixante au total, soit sous la forme de bétyles ou de statues, soit peintes. On y voyait ainsi une représenta­tion de Jésus (Isa) et de la Vierge Marie.


Kalhû

Cette ville, qui fut un moment la capitale de l'Empire assyrien, gisait sous un tumulus appelé par les Arabes Nimrud (à ne pas confondre avec Birs Nimrud, l'antique Borsippa, près de Babylone). Ainsi avait été conservée pendant plus de vingt-cinq siècles la tradition biblique qui attribuait au «puissant chasseur Nimrod », venu de Babylone, la fondation de Ninive et de Kalhû, appelée Kalah dans la Bible (Gen 10 :11-12). Le site, à une trentaine de kilomètres au sud de Mossul, sur la rive orientale du Tigre, a été occupé dès l'époque préhistorique. L'établissement ne commença a prendre quelque importance que sous le règne de Salmanazar 1er ( - 1273 - 1244), qui y bâtit ses premiers monuments. Cependant, la ville n'acquit d'importance que lorsque Assurnasirpal II ( - 883 - 859) vint s'y établir et en fit la capitale de son empire. Elle conserva ce rôle éminent sous les règnes de ses successeurs jusqu'à Sargon II ( - 721 - 705), qui transporta sa capitale à Dur sharrukin. Elle resta alors une capitale provinciale régie par un gouverneur. De nouveaux monuments y furent encore érigés, en particulier sous le règne d'Assarhaddon. Ainsi, pendant un siècle et demi, la ville draina les richesses des provinces et des tributaires de l'empire. A son apogée, elle s'étendait sur 360 ha. Une puissante enceinte longue de 7,5 km la protégeait, renforcée par une citadelle au sud-est, appelée, par les archéologues britanniques qui ont exhumé la cité, Fort­Salmanazar. Elle avait été construite par Salmanazar III (- 858 - 824), qui en avait fait son arsenal. Une puissante acropole dominait la ville vers l'est. A l'époque de sa plus grande splendeur, la ville et sa périphérie auraient eu une population proche des 100 000 habitants. La richesse du trésor royal apparaît avec éclat lors de l'inauguration de son palais : " [...] je traitai pendant dix jours avec nourriture et boisson 47 074 personnes, hommes et femmes, venus de toutes les parties du pays, et 5 000 invités d'importance, délégués du pays de Suhu, d'Hindana, Hattina, Hatti (les villes néoHittites du nord de la Syrie), Tyr, Sidon, Gurguma, Malida, Hubushka, Gilzana, Kuma, Musasir [et aussi] 16 000 habitants de Kalhû, de tout niveau, 1 500 officiels de tous mes palais, au total 69 574 invités de toutes les contrées mentionnées incluant le peuple de Kalhû. Je les fournis en moyens de se baigner et de s'oindre eux-mêmes. Je les honorais ainsi et les renvoyai en santé et en joie dans leurs foyers . Dans ce texte gravé sur une stèle, Assurnasirpal se révèle sous un jour bien différent de celui sous lequel il se fait connaître dans ses annales, où il étale une férocité inouïe avec ses ennemis. Les murs de la citadelle, percés de portes et de poternes, ont été construits avec des pierres bien taillées et dans un appareil régulier et soigneusement aligné (isodome). Les fouilles ont rendu au jour plusieurs monuments d'importance. Le palais du nord-ouest était celui d'Assurnasirpal Il, avec ses appartements privés, ses salles d'audience et son administration. C'est dans cette partie qu'ont été recueillies de nombreuses tablettes administratives (et correspondances), datées dans l'ensemble des règnes de Teglath­Phalazar III ( - 744 - 727) et de Sargon II. Des bas-reliefs sculptés sur des dalles en marbre de Mossul y ont été mis au jour, partiellement couverts d'inscriptions cunéiformes. Ils constituent un ensemble incomparable de scènes (dispersées en grande partie dans divers musées, principalement le British Museum et le Brooklyn Museum), où sont figurés les génies ailés à tête d'aigle ou humaine, le roi coiffé de sa tiare cylindrique rappelant le fez, ces créatures entourant souvent l'arbre de vie, ces scènes de cour où le roi, suivi d'un porteur d'ombrelle, marchant parfois devant son char, reçoit les hommages de courtisans... Le bâtiment appelé par les premiers fouilleurs "palais du sud-est" s'est par la suite révélé être un complexe cultuel, l'Ezida, dominé par le temple de Nabu et de sa parèdre Tashmétum, l'une des principales divinités de la ville. Dans le complexe architectural appelé par les fouilleurs « Central Building » a été trouvé l'obélisque noir de Salmanazar. C'était le palais du gouverneur de la ville construit au VIIIè s., où l'on a recueilli de nombreuses tablettes administratives. Un troisième palais, au sud-ouest, fut construit par Assarhaddon, qui réutilisa pour le décorer des reliefs d'Assurnasirpal Il. Le palais dit du sud-est aurait été érigé par Salmanazar III et restauré par la suite. Le temple principal était celui de Ninurta, la grande divinité de la ville, avec sa ziggurat qui dominait la citadelle. Les autres temples, outre ce dernier et l'Ezida, étaient celui d'Ishtar , celui d'Adad (connu par des inscriptions), celui d'Ea et Damkina, de Gula, de Sîn. Une stèle de calcaire de 154 lignes nous a conservé l'inventaire des monuments de la ville, sous le règne d'Assurnasirpal Il, dans laquelle est aussi mentionnée l'existence de jardins botaniques et de parcs zoologiques. Bien qu'il ne nous en soit parvenu aucune preuve, il semble que cette cité éphémère ait connu une certaine activité intellectuelle, ce qui justifierait l'appellation pleine d'emphase de la résidence d'Assurnasirpal de " Palais de toute sagesse " . La grande trouvaille archéologique de Nimrud est une magnifique série d'ivoires, répartis dans les palais et la citadelle. Ils constituent un ensemble fabuleux de plaques d'ivoire, parfois chryséléphantines, représentant des personnages finement ciselés, des scènes comme celle du lion égorgeant un Éthiopien, des figurines de divinités, des visages de femmes, dont certaines " à la fenêtre "... On a pu distinguer trois grands styles, marqués par les influences locales ou étrangères : assyrien, phénicien (fortement influencé par l'Egypte), syrien. La base des murs d'une pièce du " palais de l'acropole " était couverte sur une hauteur de 1,50 m de plaques d'ivoire. Ainsi a-t-on pu supposer qu'à ce palais fait allusion un passage du prophète Amos (3 :16), qui fait dire à Yahweh : "Elles sont perdues, les maisons d'ivoire". La ville fut incendiée lors de la chute de l'Empire assyrien, entre - 614 et - 612. Quelques traces d'habitat ont été retrouvées datant de l'époque achéménide.


26 images

kalû

Catégorie de prêtres. Ils sont aussi mentionnés sous la forme sumérienne de leur nom, GALA. Ils apparaissent au IIIè mill. dans les textes Akkadiens, où leur tâche principale est de chanter en s'accompagnant du balag. Il semble que, dans les premiers temps, les fonctions du kalû aient été funéraires : il était chargé d'accompagner par ses chants et lamentations l'enterrement des morts, comme cela apparaît dans une inscription d'une statue de Gudéa.htm">Gudéa : "Dans le cimetière de la ville [...] le corps n'était pas enseveli, le gala ne portait pas le balag". Le kalû pouvait aussi être attaché à une divinité d'un temple, sans qu'on puisse avec certitude définir ses fonctions dans ce cas particulier; on sait, néanmoins, que certains jours il devait chanter une lamentation et offrir des sacrifices. Constitués en collèges (kalùtu = collège de kalû, prébende des prêtres-kalû et corpus des textes utilisés par le kalû, ils sont chargés de réciter les incantations destinées à chasser les démons à l'occasion de consécrations de temples ou d'objets votifs, et surtout de réciter les lamentations et les ershemma sur la destruction de temples (et de cités), laquelle peut être due à des ennemis ou volontaire, dans le dessein de substituer à un sanctuaire ruiné par le temps un temple nouveau, afin d'apaiser la colère des dieux. Une tablette contenant un catalogue de tablettes du cycle de la kalûtu parle de «la science d'Ea , la kalûtu, le secret du sage (apkallû), propre à apaiser le coeur des dieux» . Éa est le patron du kalû et, en tant que tel, son nom s'écrit dBALAG. Accompagnés musicalement à l'aide d'instruments spécifiques, les textes propres au cycle de la kalûtu sont rédigés en émésal, le "dialecte des femmes". Avec le balag, l'autre instrument était le lilissu. Il s'agit d'une timbale faite d'une peau tendue sur une caisse de résonance en cuivre ou en bronze. On a conservé tout un rituel concernant la fabrication de l'instrument. La peau doit être celle d'un taureau symbolisant le taureau céleste : "Lorsque [tu te proposeras] de couvrir le lilissu d'airain, un boeuf sans défaut, noir, dont les cornes et les sabots sont intacts, depuis la tête jusqu'à l'extrémité de la queue, un connaisseur idoine l'examinera ". Suit une longue description des signes particuliers qui doivent marquer le pelage de la bête. On introduit ensuite l'animal dans la "maison de la science" (bit mummi = atelier) en un jour favorable ; le sol sera balayé et aspergé d'eau pure. Ensuite, il convient de faire une libation aux dieux du ciel et de la terre et de répandre de la bière de première qualité... Ainsi est prescrite toute une suite d'actes auxquels succède l'obligation de laver la bouche du boeuf ; puis, à l'intérieur de chacune de ses oreilles, il convient de murmurer une incantation avant de purifier l'animal. Sont ensuite décrits en détail la manière de tuer le boeuf, de l'écorcher, de traiter sa peau, de la tendre et de la fixer sur son support. Buis il faut quinze jours attendreavant de sortir le lilissu, de le présenter à Shamash et d'apprêter cinq sacrifices à Ea . Tout cela est accompagné ou suivi de lustrations, de sacrifices, d'incantations... Par ailleurs, il est recommandé de montrer ces rites au novice, mais l'étranger ne doit pas y assister : "Que l'initié à l'initié le montre! Que le profane ne les voie pas! C'est parmi les choses interdites d'Anu, Enlil, Ea , les grands dieux. " On passe ensuite à la fabrication des baguettes avec autant de minutie dans le détail du rite. Les kalû possédaient aussi leur propre cosmogonie adaptée à leur fonction. Elle est incluse dans un rituel indiquant les actes et les rites précédant la construction d'un temple accompagnés de lamentation, avant que soit récité, devant la brique de fondation, le poème de la création intitulé par son incipit: "Enuma Anu ibnu same" = "Lorsque Anu créa le ciel"; on voit que le dieu Ea puisa dans l'Apsû un morceau d'argile pour créer Kulla, le dieu-brique, afin de restaurer les temples . Le novice était l'apprenti kalû (halla­tussû : séries lexicales Lù = sa IV, II,171), car l'initiation à ce sacerdoce requérait de longues études : apprentissage de scribe pour la domination de l'écriture, maîtrise des instruments de musique et de la voix pour le chant, étude de la langue émésal, connaissance précise des divers chants, des incantations et des rites, de la théologie... Le collège des kalû était hiérarchisé avec, à sa tête un chef des chanteurs et des prêtres (kalamabu, galmahu) et, à la base, les chanteurs de second rang (galaussû). A partir d'une certaine époque (?) il fallait être eunuque pour entrer dans le college des kalû.


Kamosh

Dieu national des Moabites connu par l'inscription de Mésha. C'est un ancien dieu sémitique déjà documenté dans les inscriptions de Karkémish et d'Ébla sous la forme dKA-MI-IS. Il aurait donné son nom à la ville même de Karkémish = "le marché de Kamish" . Il apparaît aussi dans les listes de dieux d'Ugarit sous la forme "kmt". Les Grecs l'ont identifié à leur Arès en se fondant sur l'un des aspects qui est celui de dieu guerrier.


Kanesh

Ville de l'Anatolie orientale, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Kaysari (la romaine Césarée). C'est dans le site moderne de Kültepe (la colline des cendres) qu'ont été retrouvés les restes de la ville préhittite de Kanesh, laquelle est certainement la même que la Nésha qu'on rencontre dans certains textes. Le site est constitué par deux "quartiers" distincts sur une hauteur s'élevait la cité indigène, dans la plaine le quartier commerçant appelé karum dans les textes Assyriens. LA VILLE HAUTE. Elle dominait la plaine de Kaysari d'une vingtaine de mètres. Le tépé oblong a un diamètre dans sa plus grande longueur de 550 m environ. Occupé pour le moins dès la première moitié du III milI., il présente dix-huit niveaux d'habitat dont les premiers (1-2) correspondent à l'époque romaine. On a pu, hypothétiquement, rattacher certains niveaux à des événements historiques connus par ailleurs. Le 12 serait celui de l'époque de Zipam, qui se révolta contre la domination akkadienne sous Naram-Sîn. Aux environs de l'an - 2000 règnent sur Kanesh des souverains qui portent des noms indo­européens : Féruwa, Wartama, Warpa, enfin Anitta, qui serait à l'origine de la dynastie hittite. Aux niveaux 8-7 correspondent les périodes d'expansion du karum tandis que sur la cité règnent quatre rois et une reine. Les niveaux 6 et 4 sont contemporains du royaume hittite. Le niveau B est celui de l'époque dite néohittite (X ème - VIII ème s.) pendant laquelle Kanesh reste indépendante. À la fin de cette période, la ville est prise et détruite par les Assyriens. À Kanesh/Nésha est rattaché un mythe, sans doute d'origine hatti, traduit en hittite, et traduit en anglais par Harry Hoffner Jr. sous le titre : "Un conte de Deux Cités: Kanesh et Zalpa". La reine de Kanesh ayant enfanté d'un seul coup trente garçons, elle ne voulut pas rendre public un tel phénomène. Elle plaça les nouveau-nés dans un grand panier qu'elle abandonna sur un fleuve. L'embarcation, malgré sa fragilité, parvint à la mer, d'où elle fut emportée jusqu'aux rivages de la terre de Zalpuwa, où les dieux élevèrent les nourrissons. Quelque temps après, la reine réitère son exploit, mais cette fois elle enfante trente filles qu'elle décide de garder. Plusieurs années plus tard, les garçons retournent à Kanesh, où ils apprennent que la reine a donné le jour à trente filles, ce qui leur fait supposer qu'elle est leur propre mère. Ils vont la voir, mais elle ne les reconnaît pas et veut leur donner ses filles en mariage. "L'aîné des fils ne reconnaît pas ses soeurs. Mais le plus jeune [objecte]: "Prendrons-nous nos propres soeurs en mariage ? Ne faisons pas une telle action impie. [Ce n'est certainement pas] bien de coucher avec elles." a La suite du texte manque, de sorte qu'on ignore le dénouement de l'histoire et le propos de son auteur quand il l'écrivit. On a supposé que cette histoire d'inceste (accompli ?) viendrait en justification de la destruction de la ville de Zalpa (sur la mer Noire) par les Hittites, ce qui semble douteux, surtout si l'original est un vieux texte hatti. LE KARUM. Cinq niveaux ont été déterminés dans cette partie basse à 2m- 2,50 m au-dessus de la plaine et s'étendant sur un front de 3 km. Ni le niveau IV, établi sur le sol vierge, correspondant au (niveau 10 de Kanesh), ni le III (niveau 9 de Kanesh) n'ont rendu de documents. Le niveau Il représente la plus grande extension de la colonie de marchands Assyriens, établie dans le karum (niveau B de Kanesh). Les marchands Assyriens se sont installés en plusieurs comptoirs de la Cappadoce sous l'impulsion du roi d'Assur Érishu ( - 1940 - 1901), mais c'est celui de Kanesh qui a rendu le plus grand nombre de documents (plusieurs milliers) et qui semble avoir été le centre dont dépendaient les autres karums. Il fut détruit par un violent incendie sous le règne de Puzur-Assur Il. La ville haute fut aussi détruite, on ne sait par qui. Le karum reste inoccupé pendant trois ou quatre décennies avant d'être de nouveau reconstruit et de redevenir un important centre commercial. Mais les Assyriens n'y sont plus majoritaires et l'on y trouve de nombreux établissements indigènes. Comme le karum Il, le nouvel établissement fut protégé par un rempart puissant. C'est sans doute à la période d'anarchie qui suit la mort du roi d'Assyrie Ishme-Dagan ( - 1776 - 1742) que le karum 1b dut son abandon par les marchands Assyriens. Le karum 1a tombe en déclin rapidement et les archives ne tardent pas à disparaître. L'ancien centre commercial qui a bourdonné d'activité pendant près de deux siècles (avec quelques périodes d'interruption), retombe dans le silence bien que la vie continue dans la cité de Kanesh. Le mobilier recueilli dans les fouilles est aussi abondant que varié, mais parmi ce matériel le plus important consiste dans de très nombreux sceaux et surtout en tablettes cunéiformes et en archives de marchands : lettres contrats (de société de prêt, de commission mais aussi de mariage et de divorce), ordres de paiement, d'achat, de vente, quittances, pièces comptables, retraits de dépôts, saisies pour dettes, listes de marchandises en stock... Les marchandises étaient essentiellement, pour les Assyriens, des tissus (de laine et de lin), des vêtements, du plomb (?) et de l'étain qu'il allaient chercher vers le nord ou l'est (?) de l'Assyrie. Les échanges se faisaient contre de l'or et de l'argent.


5 images

Karatépé

Site néo-hittite de Turquie, au nord-est d'Adana (Cilicie). Il s'agit d'une place forte enfermée dans une enceinte de 1 km de circonférence, dominant de 400 m le cours du Ceyhan. Elle est pourvue de deux portes monumentales, l'une au sud-ouest (dite porte supérieure), l'autre au nord-est (porte inférieure). Les deux portes, constituées par une première salle donnant accès à une seconde salle, le tout formant un T, et permettant de pénétrer dans la citadelle, présentent à leur base des orthostates sculptés de reliefs où sont figurés diverses scènes de la vie du souverain de la cité. Des inscriptions bilingues en phénicien et en hiéroglyphes Hittites (luwites) nous font connaître le maître de ce palais-forteresse. Elles sont réparties sur des lions gardiens des portes, des orthostates et une statue du souverain, et disposées en plusieurs colonnes. L'inscription phénicienne doit être lue à partir de la première colonne sur un orthostate de la porte inférieure. Elle commence ainsi : «Je [suis] Azitawada le béni de Baal, serviteur de Baal, qu'a fait puissant Urikki, roi des Danuniens". Il apparaît ainsi que cet Azitawada (ou Azitiwada) était un roi vassal du roi des Danuniens, Urikki, qui a fait construire cette forteresse à laquelle il a donné son propre nom, cela sur les ordres de Baal et de Resheph, pour qui il a fait des sacrifices. Il semblerait que cet 'WRK ne soit autre que l'Urikki mentionné dans les annales de Tiglatphalazar III en tant que son vassal, ce qui date l'inscrip­tion de la seconde moitié du VIIIè s.. Quant aux DNNYM, dans lesquels certains auteurs ont cru voir les Danaens de l'Illiade, il semblerait que ce soit plutôt la transcription phénicienne du hittite A-dana-wa-na, nom des habitants de la ville et de la région d'A-dana-wa, l'actuelle Adana. Le texte original était en phénicien et la version luwite en est la traduction. Le nom d'Azitawada paraît être luwite. Cette inscription est le plus long texte phénicien encore connu.


Karkémish

Ville syrienne sur la rive gauche de l'Euphrate, act. Djérablous, du côté de la Turquie. Les fouilles n'étant pas parvenues jusqu'au sol vierge, on ne sait quand le site fut occupé. Il l'était dès le BA, et sans doute avant, considéré sa position stratégique sur l'Euphrate. L'histoire de la ville ne nous est connue pendant toute l'époque du bronze que d'une manière très fragmentaire grâce à des sources extérieures. Les archives de Marinous font connaître un roi de cette ville vers - 1800, Aplakhanda. Il entretint une correspondance avec Iasmah-Addu, gouverneur de Maripour son père, shamshi-Addad, et ensuite avec Zimri-lim, grâce à quoi nous savons que les vins de la région de Karkémish étaient très appréciés à la cour de Mari. Les annales égyptiennes de Thoutmès III laissent penser qu'au XVe s. Karkémish devient tributaire des pharaons, puis elle est disputée entre les Mitanniens et les Hittites. Dans les derniers siècles du BR, la ville tombe au pouvoir des Hittites, qui en font une sorte de vice-royauté, capitale de leur province syrienne. Le premier d'entre eux est Piyashshil, fils du roi hittite Suppiluliuma 1er (vers - 1370 - 1342), connu aussi sous le nom de sharru-Kushukh. Il est contemporain des rois Hittites Arnuwanda Il ( - 1342 - 1340) et Mursili II ( - 1340 - 1310). Son successeur est shakhurunuwa (vers - 1305 - 1250) puis est nommé Ini-Téshub (ca. 1250-ca. 1210), fils de Tudhaliya IV (1260-1220), selon certains auteurs de shakhurunuwa selon Mano Liverani shakhurunuwa étant fils de Fiyashshil et père de Talmi-Teshub qui lui succéda. Les fouilles ont surtout rendu au jour les restes de la période dite néohittite (entre -960 et -716). La ville est alors indépendante sous le gouvernement d'une dynastie indigène à qui est due la construction de la majorité des monuments retrouvés à commencer par de nombreux reliefs accompagnés d'inscriptions en hiéroglyphes Hittites ou luwites. Le premier roi de la dynastie est Suhis (dont le nom était jadis lu Luhas), qui prit le pouvoir vers - 960 . Ses successeurs sont: Astuwati-mais, fils de Suhis ( - 940), Suhis, fils du précédent ( - 920), Kawutas, son fils ( - 900), Sangara ( - 880 - 848), qui dut payer tribut au roi d'Assyrie Assurnasirpal II. Astiruwa est le chef d'une nouvelle maison royale ( - 820). Le nom de son fils et successeur est inconnu, puis viennent Araras ( - 780), Kamanas ( - 760) et Fisiris ( - 745-716). Son royaume fut annexé à l'Assyrie par Sargon II. Désormais, la ville sera intégrée dans les divers empires qui vont dominer la région: néobabylonien, perse, séleucide, romain. Sous ses murs, en - 605, Nabuchodonosor infligEa une défaite sanglante au pharaon Néchao venu au secours de ses alliés syriens.


Karûm

Mot akkadien aux sens multiples. Il désigne : - un quai d'embarquement (ou un mur) le long d'un fleuve ou d'un canal; - un port; - le quartier d'une ville destiné aux échanges commerciaux des trafiquants et des marins ; - une communauté de marchands. Le bit kàri était le bâtiment où était logée l'administration du karum ou les douanes dans un port. (voir : Kanesh).


1 images

Kassites

Peuple d'origine incertaine (sans doute venu du Zagros vers la région de l'actuel Luristan) qui s'impose en basse Mésopotamie. Le nom de kassite (Kassu) apparaît àl'époque de Samsuiluna, sous la dynastie amorrite de Babylone : "An (9): armée kassite" . Ce peuple, où le système tribal était si profondément ancré qu'il subsista même lorsqu'il domina le sud de la Mésopotamie, est d'abord localisé dans la région de Sippar. Les Kassites vont ensuite pénétrer dans une grande partie du POA puisqu'on en rencontre avant la fin de la dynastie amorrite de Babylone jusqu'à Alalah et à la région du Khabur; à l'ouest de l'Assyrie. Leur pénétration s'est sans doute faite d'une manière lente et pacifique, par petits groupes, certains d'entre eux entrant au service des rois de Babylone comme mercenaires. Cependant, à Khana, sur le moyen Euphrate, un Kassite, Kashtiliash, réussit à prendre le pouvoir. Au début du XVIè s., ils étaient devenus suffisamment puissants pour, profitant de la chute de la dynastie Amorrite et du sac de Babylone par le roi hittite Mursili Ier, (v. - 1595), se rendre maîtres de la Babylonie. Si l'on en croit la liste A des rois de Babylone, ils dominaient depuis déjà quelque temps une grande partie de la région puisque leur dynastie aurait compté 36 rois qui auraient régné 576 ans. Le premier de ces rois serait Gandash, mais, en fait, ce n'est qu'avec Argum Il, le dixième de la lignée, qu'ils deviennent maîtres de Babylone; Burnaburiash Ier (vers - 1510) est le premier souverain sur qui l'on possède quelques éléments sûrs, et ce n'est qu'un siècle plus tard, avec Caraindash et ses successeurs (Kurigalzu Ier, Kadashman-Enlil Ier et surtout Burnaburiash Il, qui a régné entre - 1359 et - 1333), qu'on dispose de sources contemporaines, grâce, à leur correspondance avec les rois d'Egypte. A partir du règne de Kurigalzu Ier, aux alentours de - 1400, les rois Kassites abandonnent Babylone pour installer leur capitale à Dur­Kurigalzu. Le royaume de Babylonie, devenu le Karduniash, est alors l'un des plus puissants du Proche-Orient avec l'Assyrie, le Mitanni, les Hittites et l'Égypte. La domination de la dynastie kassite s'achève au milieu du XIIè s. avec le règne d'Enlil-nâdin-ahi. Elle laisse la place à un prince d'Isin, Marduk-kabit-ahêshu, qui fonde ce que les historiens modernes ont appelé la IIe dynastie d'Isin, vers - 1150. Les Kassites ne disparaissent pas pour autant : les familles installées dans le pays continuent de prospérer et occupent souvent de hautes fonctions, leurs membres devenant toutefois de plus en plus difficilement repérables dans la mesure où ils adoptent des noms babyloniens. Déjà, sous les derniers souverains Kassites, les hauts personnages traduisaient leurs noms en sumérien comme pour se conférer une ancienne noblesse. La langue des Kassites est très mal documentée. Les nombreux textes de l'époque kassite sont en babylonien moyen. On ne dispose d'aucun texte complet en kassite. Les plus importants sont un vocabulaire donnant 32 noms communs et 16 noms de divinités avec leur équivalent en akkadien et une tablette provenant de la bibliothèque d'Assurbanipal, comportant une liste de noms royaux et de personnages privés avec leur traduction en akkadien. Des tablettes de l'époque de la domination kassite rédigées en akkadien incluent des mots Kassites, en particulier concernant les chevaux et leur élevage (ces listes nous ont conservé des noms propres de chevaux). Ce qui n'a rien de surprenant quand on sait que c'est sans doute les Kassites qui ont banalisé le cheval en Babylonie, après l'avoir amené avec eux du plateau iranien, et qu'ils ont développé, en même temps que les Hittites, une charrerie comme principale arme stratégique. Le peu que nous connaissons de leur langue ne permet pas un classement, quoiqu'on ait tenté de la rattacher au groupe de langues agglutinantes du Caucase. Cependant, dans les vocabulaires, les philologues ont été frappés par la forme de certains dieux : Buriash, Suriash, Maruttas, qu'on a rapprochés des divinités indo-européennes, Boréas (dieu du Vent du nord chez les Grecs), Sûrya (le Soleil) et les Maruts, de l'Inde védique. L'explication de la présence de ces divinités indo-aryennes serait que, comme ce fut le cas des Hourrites.htm">Hurrites.htm">Hurrites, qui ont été " encadrés " par une noblesse indo-aryenne (Mitanni), les Kassites auraient été, eux aussi, et à la même époque, conduits par une noblesse de même origine. Ce qui expliquerait ce qu'on a pu appeler le féodalisme des institutions Kassites. Les autres divinites purement Kassites sont Sakh identifie a Shamash, Dur et shugab, Buriash, dieu du Temps et de l'orage; des dieux de la Peste assimilés a Nergal; Kharbe et Kamulla = Enlil et Ea ; enfin, shuqamuna et shumali(j)a couple divin protecteur de la royauté. Ces derniers avaient leur temple a Babylone, dans lequel les derniers rois Kassites furent couronnés. Le "monument" kassite le plus caractéristique est le kudurru. Il caractérise le mieux ce qui leur appartient en propre dans leur apport artistique en Mésopotamie.


Kerkuk (Kirkuk)

Ville d'Iraq, à l'est de Mossoul, sur les pentes du Kurdistan. C'est l'antique Arrapha, qui fut un mument la ville forte des Guti. Elle est dominée par une citadelle qui témoigne de son importance dès la haute Antiquité, mais elle n'a guère été fouillée. Dans le site et les territoires environnants ont été recueillies de nombreuses tablettes cunéiformes, dites pour cela "tablettes de Kerkuk", ainsi que des cylindres connus en particulier par leurs empreintes sur ces tablettes et suffisamment caractérisés pour constituer une série particulière. Contenau rapproche cette série du style syro-hittite et la caractérise par l'abondance des représentations de l'arbre sacré et l'utilisation extensive de la bouterolle, créant " des figures d'animaux dont les diverses parties du corps, museau, crâne, épaules, croupe, sont autant de cupules réunies après coup par le graveur". La plupart de ces tablettes assyriennes, datées du milieu du IIè mill., sont des contrats de vente ou de location, et plus particulièrement des contrats d'adoption. Elles proviennent, pour la plus grande partie d'entre elles, du site voisin de Nuzi.


Kéret

Roi légendaire, héros d'un conte épique trouvé dans des tablettes d'Ugarit. Son nom, écrit KRT, a été transcrit Kéret par Charles Virolleaud, le premier éditeur du texte (en se fondant sur l'adjectif hébreu "kéréthite") mais il devait se lire "Karit" ou Kirta (Greenstein, in Barker 1997). Le texte est connu par trois tablettes exhumées dans le site de Ras shamra en 1930 et 1931. Un colophon nous fait savoir qu'il a été écrit ou copié (spr.[IlmIk] = livre ou document de...) par Ilimilku, donné par Niqmadd (roi d'Ugarit). Les trois tablettes, qui devaient compter un millier de lignes (selun Virolleaud), sont incomplètes, et, comme elles n'ont pas été trouvées ensemble, on discute au sujet de leur séquence, et pour savoir s'il en manque encore une ou plusieurs. Le nom de KRT n'est peut-être pas sémitique; on a cependant proposé de rattacher son nom à karutu = coupé de (progéniture). Bien qu'il ne soit pas un dieu immortel, Kéret est fils du grand dieu El (présenté comme un dieu-taureau) et de la déesse Ashérat. Le pays dont il est roi semble s'appeler Khubur; il est mentionné au cours du poème, sans que soit précisé qu'il s'agit bien de son royaume. Au début du conte, un apprend que Kéret a perdu ses sept enfants et qu'il craint de ne plus avoir de progéniture. El lui apparaît au cours d'un rêve, et, comme le roi ne cesse de gémir, le dieu lui ordonne d'offrir un sacrifice. Ce qui permet de découvrir ce qu'on offrait aux dieux ugaritiques en sacrifice, en l'occurrence : un agneau, un chevreau un pigeon, du vin dans une coupe d'argent, du miel dans un ciboire d'or. Kéret réunit ensuite une grande armée avec fantassins archers, par myriades, et, en sept jours de marche, il parvient aux frontières du royaume d'Udum. Le roi du pays, Pabil, est effrayé par un tel déploiement de forces, puis rassuré quand Kéret lui demande seulement la main de sa fille Huraya, sa fille aînée, la belle unique. De ce mariage naissent - selon ce qu'avait déclaré El à Kéret, qui était allé lui rendre une visite au fin fond d'une campagne où résidait le dieu - huit enfants. L'aîné des fils, Yassib, est destiné à succéder à Kéret sur le trône. Mais le roi tombe malade, au point qu'il est incapable de gouverner. Sa maladie est mise en relation avec une épidémie de peste et une sécheresse qui va cesser après que se sera déroulée une cérémonie dans la demeure de Baal sur le mont Saphon. Par ailleurs, El créé un démon appelé sha'taqat, qui va guérir Kéret en lui tranchant la tête. Ce qui représenterait la victoire de la vie sur la mort . Yassib vient au palais voir son père pour lui rappeler ses devoirs envers son peuple, qui dépérit, mais dans l'intention de s'asseoir lui-même sur le trône. Ce qu'a compris Kéret, qui le maudit. Le texte s'arrête là d'une manière abrupte, la fin manquant. Si Kéret apparaît comme la figure symbolique du roi d'origine divine, le propos du poète en écrivant ce conte mythique (aucun document ne confirme l'existence d'un royaume appelé Khubur ni celui d'Udum avec son roi Babil) reste obscur; et aucune hypothèse proposée n'est réellement satisfaisante.


Khafajeh

Site de la vallée de la Diyala, à l'est de Bagdad, identifié à l'antique Tuttub. Le site couvre 216 ha avec quatre tells principaux. Le tell A, qui a été le plus largement exploré, a rendu plusieurs monuments du DA, dont le plus vaste et le plus célèbre est le temple dit ovale, daté du DA Il. Il consiste en une grande enceinte de forme oblongue (elle-même ceinte d'une muraille de même forme) à l'intérieur de laquelle sont adossés des bâtiments ouverts sur un vaste parvis. Au fond de cette cour, le temple proprement dit s'élevait sur une plate-forme à laquelle on accédait par un escalier monumental . Plus petit mais d'une grande importance était le temple attribué sans doute à tort à Sîn. Un sondage stratigraphique jusqu'au sol vierge a permis de voir que 10 monuments se sont superposés dont le plus ancien remonte à la période d'Uruk et le plus récent au DA III . L'occupation du site s'est poursuivie à l'époque d'Akkad comme le prouve la présence de bâtiments de cette époque. Sur le tell D voisin, de plus petite taille, a été bâtie une citadelle dominée par un temple de 45 x 75 m consacré au dieu Sîn de Larsa ces constructions datent de la période d'Isin-Larsa et du babylonien ancien. Des tablettes trouvées dans le temple ont permis son identification et d'y lire le nom antique de la ville, Tuttub . Au sud-ouest, le tell B, qui semble avoir été le plus récemment occupé, et où ont été mis au jour une partie de remparts et un ensemble de bâtiments, a été identifié avec la cité paléo­babylonienne de Dur-Samsuiluna (fort de Samsuiluna, construit vers - 1725). Comme le site voisin d'Ishchali, Khafajeh a rendu un important mobilier; dont des séries de plaques de terre cuite avec des reliefs représentant des scènes variées.


3 images

Khorsabad

Voir : Dur sharrukin.


12 images

Kikkuli

Lors des fouilles de Bogazköy ont été recueillies quatre tablettes plus un fragment portant un texte relatif au dressage et aux soins des chevaux. Par la suite, d'autres fragments de tablettes concernant les chevaux ont été recueillis. La première tablette a été transcrite et traduite par l'assyriologue tchèque Bédrich Hrozny en 1931 puis étudiée, transcrite et traduite par Hans Potratz quelques années plus tard et, enfin, par Annelies Kammenhuber. Le texte est dû à un Mitannien nommé Kikkuli, grand écuyer à la cour d'Hattusa au XIVème s. (sous Mursili Il ?). Dans ce texte, écrit dans la langue des Hittites avec des formes Hourrites, on rencontre un certain nombre de termes mitanniens qu'on a pu rattacher au sanskrit, langue des envahisseurs indo­européens de l'Inde, tels que : wartanna (skr. vattanam), tera, panza, satta, navar­tanna (chiffres signifiant 3, 5, 7, 9). L'ensemble du texte comprend près d'un millier de lignes avec seulement une lacune importante. On y trouve tout un programme d'entraînement du cheval, lequel est auparavant soigneusement sélectionné à partir de galops d'essai. La période d'entraînement, qui débutait à l'automne, durait 169 jours. Pour débarrasser les chevaux de leur graisse, on les faisait jeûner et transpirer sous des couvertures, et ils étaient entraînés chaque jour; selon un programme précis et détaillé, au cours duquel ils alliaient l'amble au trot et s'exerçaient au galop, sur des distances de plus en plus longues (reste cependant incertaine l'interprétation des termes Hittites penna- et parh-, traduits par marche et trot pour le premier, galop pour le second. Il est aussi question des douches et des bains à donner aux animaux, de leur harnachement, de l'écurie parfois chauffée, parfois froide. On attache aussi les chevaux à un anneau scellé haut dans le mur de l'écurie pour les obliger à tenir en permanence la tête haute.


kirugu

Dans certaines compositions poétiques, on donne ce nom à un ensemble de vers formant en soi une unité, une sorte de "chant" comme on l'entendait dans le développement des épopées classiques. Chaque kirugu constitue une entité indépendante dont la longueur n'est pas fixe. Il peut arriver qu'un kirugu soit suivi d'un gis-gi-gàl, une sorte de "reprise".


Kish

L'une des plus antiques villes de Sumer. Quelques-unes des plus anciennes inscriptions parvenues jusqu'à nous concernent Kish. Dans la LRS, après le Déluge, c'est à Kish que la royauté descendit une nouvelle fois du ciel. Vingt-trois rois se succèdent, régnant chacun plusieurs siècles (la LRS donne un total de 24 510 ans, 3 mois et 3 jours et demi (!), parmi lesquels est cité Étana le berger, "celui qui monta au ciel". Les deux derniers rois de cette dynastie furent En-me-barrage-si et son fils Agga. On a là le sentiment d'entrer dans l'histoire. Un fragment de vase en albâtre porte le nom de Mebaragesi, roi de Kish, qui semble bien être le même que l'Enmebaragesi de la liste royale, et Akka est devenu le héros d'une épopée. Avec lui se termine cette Ière dynastie de Kish. Uruk et ensuite Ur, enfin Awan, avant que Kish reprenne le sceptre avec sa IIe dynastie, vont à leur tour dominer Sumer, ce qui ne signifie pas une unification sous leurs rois, mais une prééminence parmi des villes qui demeurent cependant indépendantes, peut-être tributaires. Huit rois de Kish constituant la IIe dynastie règnent pendant 360 ans, avant d'être une fois encore renversés par les armes. Les inscriptions nous livrent cependant des noms de rois non mentionnés dans la LRS, qu'on situe entre - 2600 et - 2430; il s'agit d'abord d'Uhub, dont l'inscription nous apprend qu'il était fils de Pu-zuzu et qu'il vainquit Hamazi. Or Hamazi, cité dans la LRS, y est vainqueur de Kish et renversé par le roi d'Uruk En-shakush-Anna(k)... Plus important est Me-salim (vers - 2550 ?), qui a laissé plusieurs inscriptions à propos de la construction du temple de Ningirsu et du rite du burgu, qu'il a accompli. Il se dit "fils bien-aimé" de la déesse Ninhursag. Le dernier est Lugal-tar-si, connu pour avoir bâti l'enceinte du parvis du temple (?) d'Inanna. On connaît son épouse, Bara-su, et, dans une autre inscription il est dit prince d'Uruk. Il semblerait que, en réalité, comme plusieurs princes après lui, il se soit paré du titre de "roi de Kish" qui devint un titre prestigieux, impliquant une domination de Sumer et d'Akkad: ce fut en particulier le cas de Sargon, Rimush et Manishtushu. La IIIème dynastie de Kish, qu'on peut situer entre - 2450 et - 2350, aurait été fondée par Kubaba, une "femme-vin" (û-kurun-na), c'est-à-dire une cabaretière ( = taverne); il est dit à son propos que c'est "celle qui consolida les fondations de Kish " et qu'elle régna 100 ans... Si l'on en croit toujours la LRS, elle aurait été renversée par un seigneur d'Akashak, mais Puzur-Sîn, fils de Kubaba, rendit le pouvoir à Kish et le transmit à son fils Ur-zababa. Cette dernière dynastie de Kish fut finalement renversée par Lugalzagézi : on retombe alors en terrain ferme, à la veille de la prise du pouvoir par Sargon. Si prestigieux était devenu le nom de Kish que les rois suivants se parèrent du titre de roi de Kish, et l'on a pu parler d'un concept de "civilisation de Kish". Il convient de souligner que la cité, située au nord de Sumer, où Sargon vit monter son étoile et régna avant de fonder Akkad, n'était pas une ville purement sumérienne. À la frange de la partie nord de la Mésopotamie où l'on pénétrait dans le monde sémitique, Kish présentait déjà une civilisation originale où se confondaient les influences sumériennes et sémitiques, où était préfiguré le monde syncrétiste akkadien. Le site ou les sites (?) de Kish ont été retrouvés dans un ensemble de tells formant un tout gigantesque, dont les principaux sont : EI-Oheimir (ou El-Akhymer), El-Khazneh El-Bender et Ingharra. Les fouilles, restées très restreintes, il est vrai, sont décevantes dans la mesure où les découvertes ne paraissent pas à la hauteur de ce que fut une ville si prestigieuse. Des traces d'occupation au néolithique et durant l'Obeïdien ont été relevées, mais le plus ancien établissement bien attesté ne remonterait qu'à la fin du IVè mill. Les deux plus anciens bâtiments sont le palais A et le bâtiment appelé selon les briques utilisées pour sa construction "bâtiment plano-convexe" ou "palais B". Au nord de la ziggurat (dont l'un des noms était é.an.ûr.ki.tus.mah = Maison de l'horizon, demeure de l'exalté) et du temple qui lui était attaché (tell d'El­Oheimir) a été dégagé un grand bâtiment d'époque akkadienne dont la destination demeure incertaine. Les autres monuments de quelque importance sont d'époque néo-assyrienne et néo-babylonienne. Un important lot de tablettes a été recueilli dans le bâtiment appelé pour cette raison par le fouilleur " Bibliothèque du babylonien ancien". Les temples les plus importants de Kish (dont plusieurs consacrés à Zabada) étaient l'é.dub.ba (Maison de l'emmagasinage), dans lequel la déesse avait en outre des chapelles, l'é.hur.sag.kalam.ma (Maison de la montagne du pays), un temple d'Ishtar, et le temple de l'Akitu.


3 images

Kudurru

Terme (médio-) babylonien servant à désigner des bornes destinées à marquer les donations et les limites d'une propriété. L'introduction de ce type de "monument" en Babylonie date de l'époque kassite. Les plus anciens kudureti remontent au XIVe s. On utilisera ce système d'enregistrement de propriété encore dans le cours du Ier millénaire. Les kuduteti se présentent sous la forme de grands "galets" taillés dans des pierres noires, la plupart du temps en diorite, qui étaient déposés dans les temples. Il convient néanmoins de noter qu'il existait des kudureti en argile sous forme de cônes . Ils peuvent être sculptés sur une face et couverts d'inscriptions sur l'autre face, ne présenter d'inscriptions que dans la partie inférieure, la partie supérieure étant sculptée et le revers laissé lisse. Mais c'est surtout dans les représentations sculptées en bas relief que les sculpteurs ont donné libre cours à leur imagination, cependant canalisée par les impératifs cultuels et les sujets imposés. Les sculptures représentent souvent des emblèmes astraux (étoiles, soleil, croissant de lune), des autels, des couronnes en forme de tiare, des personnages, des insectes, des êtres et des animaux fantastiques comme les hommes-scorpions (kudurru de Nabuchodonosor Ier). Le roi kassite Mélishipak ( - 1186 - 1172) nous a laissé, en particulier, deux beaux kudureti originaux (tous deux au Louvre) : le premier, taillé dans du marbre noir, est une donation en faveur de son fils Mérodach-baladan Ier; sur les cinq registres d'une face (le cinquième, tout en bas, est abîmé) sont représentés les emblèmes des dieux garants de la donation avec leurs emblèmes animaux; sur le deuxième, très dépouillé, est figuré le roi coiffé d'un bonnet pointu, tenant par la main sa fille qu'il présente à Ishtar; assise sur un trône et dominée par l'étoile à huit branches, son symbole stellaire. Un grand nombre de ces pierres sculptées a été retrouvé lors des fouilles de Suse, rapportées par les rois élamites comme butin lors de leurs raids sur la Babylonie.


3 images

KuIIab

Nom d'un quartier d'Uruk. Gilgamesh est dit "seigneur (en) de Kullab", alors qu'on sait qu'il était "roi" d'Uruk. Il apparaît cependant qu'à une époque ancienne KuIlab était une cité indépendante, comme en témoigne un texte de Tellô où est mentionnée la" ville de Kullab ": ta-ru Ku-la-ab . Adam Falkenstein situe Kullab dans l'enceinte même du temple d'Anu.


Kumarbi

Dieu Hourrite connu par divers textes Hittites où il est donné comme le fils d'Alalu et le père du dieu du Temps, Téshub. Le centre de son culte était à Urkish, dont il est dit "le père". Il est aussi dit "père des dieux", bien qu'il ne soit, en aucune manière, un dieu créateur ou ordonnateur du monde. Il semble qu'il était, à l'origine, un dieu du grain. Cependant, tout un cycle mythique s'est constitué autour de lui, lui conférant une personnalité et le mettant en compétition avec Téshup.htm">Téshup pour la domination du monde des dieux. Mais, contrairement à ce dernier, dieu du Temps et de l'Orage, et de nature céleste, Kumarbilst est une divinité de caractère chtonien, comme son père Alalu, qui, poursuivi par Anu, va se réfugier dans la Terre noire, c'est-à-dire l'autre monde.


Kumarbi

Dieu Hourrite connu par divers textes Hittites où il est donné comme le fils d'Alalu et le père du dieu du Temps, Téshup. Le centre de son culte était à Urkish, dont il est dit "le père". Il est aussi dit "père des dieux", bien qu'il ne soit, en aucune manière, un dieu créateur ou ordonnateur du monde. Il semble qu'il était, à l'origine, un dieu du grain. Cependant, tout un cycle mythique s'est constitué autour de lui, lui conférant une personnalité et le mettant en compétition avec Téshup pour la domination du monde des dieux. Mais, contrairement à ce dernier, dieu du Temps et de l'Orage, et de nature céleste, Kumarbi est une divinité de caractère chtonien, comme son père Alalu, qui, poursuivi par Anu, va se réfugier dans la Terre noire, c'est-à-dire l'autre monde.


Kutha

Kutû (fôrme akkado-sumérienne : Gudua) est une ville d'Akkad non identifiée (on a proposé Tell Ibrahim, dans le nord de la Babylonie) mais connue par de nombreuses mentions. On y adorait en partictalier deux divinités infernales, Nergal, qui y avait une chapelle (é.dug4.ga) et pîtasietars temples dont l'é.mes.lam ("Maison du guerrier de l'autre monde"), reconstruit par shulgi et restauré par Assurbanipal et Nabuchodonosor Il, et Ereshkigal, dont le temple, ès.urugal (Urugal est un autre nom pour désigner les Enfers sur lesquels règne la déesse), fut reconstruit par Nabuchodonozor Il. C'est sans doute parce qu'y étaient adorées ces divinités que le nom de Kutha est deventa l'un des surnoms de l'enfer : " Entre ma dame, que Kutha se réjouisse de ta vue", dit le portier des Enfers lorsque Ishtar s'apprête à franchir la première porte du monde souterrain dans le poème de sa Descente aux Enfers. Légende du roi de Kutha : est le titre d'un texte littéraire où le scribe fait parler Naram-Sîn pour montrer que la désobéissance aux décrets des dieux est une grave impiété qui peut conduire à une catastrophe : "Mais ainsi, me dis-je à moi-meme "Quel lion a [jamais] consulté les oracles, quel loup a [jamais] interrogé une devineresse? Je veux aller, comme un pillard, au gré de mon désir et, faisant fi du dieu (?), m'en remettre à moi-même!" . Le fond du sujet est la guerre que le roi soutint contre les envahisseurs barbares et en particulier les Gutis, ce qui est l'occasion de beaux vers épiques et sanglants. Naram-Sîn est finalement sauvé par l'intervention des dieux en sa faveur. Le titre qui a été donné à ce texte par les modernes vient du fait que le narrateur prétendu, Naram-Sîn, après avoir donné cette leçon de piété, exhorte tout souverain ou gouverneur à consulter la stèle sur laquelle est rédigé le texte et qui aurait été déposée dans la chapelle de Nergal, dans l'é.mes.lan de Kutha. Le texte est connu par une version néoassyrienne de la bibliothèque d'Assurbanipal reconstituée à partir de quatre fragments, un fragment d'époque paléobabylonienne, des tablettes akkadiennes de Sultantépé.


La Mecque

Principal établissement arabe sur la route de l'encens, entre le Yémen et la Nabatène. Il est impossible d'évaluer l'ancienneté de la fondation d'une première bourgade autour du puits de Zamzam. Vraisemblablement, pendant des millénaires, les Bédouins de cette région centrale du Hedjaz ont dû camper autour de ce puits et bientôt y adorer un bétyle, la Pierre noire de la Kaaba. Néanmoins, Si l'on en croit la Sirat Rasùl Allàh (Vie de Mahomet rédigée par Ishaq), le puits de Zamzam aurait été creusé tardivement à la suite d'une vision d'Abdu'l-Muattalib, alors que de nombreux puits avaient déjà été creusés. L'étymologie du nom de la ville reste problématique. La racine arabe "mkk" peut aussi bien signifier l'extraction de l'eau dans un puits, du lait d'une mamelle d'animal, de la moelle d'un os, que l'affluence d'une foule dans un petit espace. On a aussi proposé d'y retrouver le nom de l'alouette (al-mukkâ), parce que les pèlerins, parvenus à la fin des rites de pèlerinage, auraient imité le grisollement de cet oiseau. La mention d'un "Bît-makki", parmi de nombreux noms de pays ou de cités soumis par le roi d'Assyrie Tukulti­Ninurta vers - 1230 , ne concerne certainement pas notre cité, pas plus que la mention d'une Maka parmi les territoires dominés par Xerxès.htm">Xerxès Ier dans une tablette akkadienne de fondation de Persépolis : il s'agit certainement là de l'ancien Magan. La première mention que nous possédions de la ville revient à Claude Ptolémée dans sa Géographie, au IIè s. de notre ère. La ville apparaît sous le nom de Makoraba, qu'on a décomposé en Mako­Rab(b)a, Makko la Grande (forme araméenne). Une tradition attribue à Qusaiy la fondation de La Mecque vers le milieu du Vème s. de notre ère. Il s'agit, en réalité, de l'établissement, dans la cité qui existait depuis déjà un certain temps, de la tribu des Quraychites, qui va organiser le commerce à son profit et conférer à la ville sa gloire et surtout sa nouvelle opulence. Si Mahomet, simple chamelier appartenant à l'un des clans des Quraychites, grâce au triomphe de l'islam, en fait la ville sainte de la nouvelle religion, les centres du nouvel empire établis d'abord à Damas et ensuite à Bagdad, ainsi que le déclin du commerce de l'encens, vont réduire la ville à un rang secondaire.


Labartu

Ancienne lecture de Lamashtu.


Lagash

Ville de Sumer, retrouvée dans le site de Tell al-Hiba. On a cru longtemps que Lagash se trouvait dans le site de Tellô. Or il a été démontré que le riche site de Tellô était celui de la ville de Girsu, cité sainte du royaume de Lagash et sans doute sa capitale au DA III. Ce que nous connaissons ainsi de l'histoire de Lagash vient du matériel exhumé à Girsu. Le plus ancien ensi de Lagash attesté par une inscription est Enhégal (vers - 2570). Le deuxième, peut-être le successeur du précédent, Lugal-saengur (vers - 2550), est connu par une inscription du roi de Kish Mesalim, qui le cite comme ensi de Lagash. On se trouve sur un terrain plus stable avec Ur-nanshé (vers - 2494 - 2465), fils de Gunidu, considéré comme le fondateur de la dynastie de Lagash. Mais il convient de souligner que cette dynastie n'est pas mentionnée dans la LRS, ce qui laisse supposer que Lagash, malgré son importance et le fait qu'elle a été indépendante, n'a jamais occupé une situation prépondérante sur les cités de Sumer. On peut découvrir, à travers ses inscriptions, qu'Ur-nanshé a été un grand bâtisseur : temples de Nanshé, de Gadum-du(g) (une déesse-mère de Lagash syncrétisée par la suite avec Bau) et de Nin-Girsu, A-edin, fort à la bordure du désert (?), le Nin-gar, l'E-gidri, le rempart de Lagash, le Ki-nir, le Bagara, l'Es-dam, l'Apsu-gal (le grand Abzu, un sanctuaire). Sous son règne, le commerce fleurit, en particulier avec Dilmun. Cependant, il entra en conflit avec Ur et surtout Umma. La guerre avec cette dernière cité va atteindre un paroxysme avec son petit-fils, lui-même fils d'Akurgal (vers - 2464 - 2455), Eannatum qui inflige une défaite à Umma. Son frère, Enanatuma Ier (vers - 2424 - 2404), poursuit une oeuvre de constructeur, puis le conflit avec Umma reprend avec son fils Entéména . Se succèdent ensuite Enannatum Il (vers - 2374 - 2365), Énentarzi ( - 2364 - 2359) et Lugalanda ( - 2358 - 2352), qui ont perpétué la tradition de construction de leurs ancêtres. Cette dynastie se termine avec Urukagina (nom lu aussi Uruinimgina : vers - 2351 - 2342), sous le règne de qui le petit royaume prospère. Mais il est mis fin à la dynastie par Lugalzagési d'Umma. Un texte sur tablette d'argile est une sorte de lamentation sur Lagash rappelant cette fin: «L'homme d'Umma a bouté le feu au talus-frontière. Il a bouté le feu à l'Anta-sura [et] en a pillé l'argent et le lapis-lazuli. Il a tué dans le palais du Tiras, il a tué dans l'Apsu-banda, il a tué dans la chapelle d'Enlil et la chapelle d'Utu. Le texte se prolonge par la mention de tous les incendies, meurtres et pillages dont Lugalzagési est responsable pour se terminer par une malédiction au nom des dieux de Lagash . Il semble que, pendant la période de domination d'Akkad, Lagash ait continué de survivre sous des princes dont nous possédons une liste sans grand contenu. Cette petite principauté va retrouver un certain lustre sous Gudéa, vers la fin de l'époque de la domination des Guti. La ville se survit dans l'élan de cette impulsion pendant la période d'Ur III sans connaître de grandeur politique, malgré une certaine activité économique. Son déclin s'accentue pendant la période paléo­babylonienne, et elle s'éteint à l'histoire au début du Ier millénaire, bien que Girsu ait connu une pâle renaissance à l'époque parthe.


15 images

Lahar

Sous sa forme masculine, c'est un des êtres divins de la Thégonie de Dunnu. Sous sa forme féminine, c'est le nom de la déesse du Petit Bétail, "brebis-mère" comme l'appelle Jean Bottéro. Cette dernière est un personnage de la querelle entre berger et laboureur sous l'aspect de cette déesse et d'Ashnan, la déesse du Grain.


Lahar et Ashnan

Mythe sumérien de la Création, originaire de Nippur. Lahar (Brebis-mère) et Ashnan (Céréale) sont créées par Anu parce que les hommes et les Anunna(ki) vivaient nus et broutaient l'herbe, ne connaissant pas les céréales et le petit bétail des bergers et chevriers, qui donne son lait, son fromage, sa toison et, enfin, sa viande. Tel est le prologue de ce poème, suivi par la querelle des deux déesses, qui s'y livrent après avoir bu trop de vin. Querelle qu'on retrouve dans d'autres textes, entre paysan et pasteur, en particulier dans le cycle d'Inanna-Ishtar, entre Enkimdu et Dumuzi. Kramer en compte quatre en précisant qu'il s'agissait là d'exercices d'école, on pourrait dire de rhétorique. Dans notre texte, Enlil et Enki, juges de la querelle, donnent finalement la victoire à Ashnan.


Lahmu

Dieu protecteur mésopotamien associé à Enki-Ea et ensuite à Marduk. Il est généralement représenté avec une longue chevelure et nu terrassant un lion. Dans l'Énuma-élish, il apparaît avec son parèdre Lahamu en tant que divinité primordiale.


Lamashtu

Démon femelle du monde mésopotamien dont le nom était jadis lu Labartu. Elle est souvent représentée sur des plaques de bronze et de pierre qui servaient sans doute de protection magique contre ses interventions. L'un de ces reliefs de la collection de Clercq représente la démone dans le monde infernal, guettant un personnage malade, couché sur un lit, entouré de deux apkallu et de génies à tête de lion. Elle y est figurée selon les descriptions classiques avec un mufle léonin, des dents d'âne, un corps velu : "Sa tête est une tête de lion, son aspect est l'aspect d'un âne, de sa bouche sort un vent [...] elle descend des sommets des montagnes, elle rugit comme un lion, elle hurle comme un chien démoniaque" . À cela, il faut ajouter qu'elle a la poitrine nue, des pieds "semblables à ceux d'Anzû" , des ongles pareils à des griffes. Dans chaque main, elle tient un serpent. Elle est dite fille d'Anu et, malgré son aspect négatif, elle était comptée parmi les divinités. Elle se glissait dans les maisons comme un serpent, visant plus particulièrement les enfants dont elle causait la mort, jusque dans le ventre de leur mère. Elle pouvait, dans cette fonction de ravisseuse d'enfants, être associée sinon identifiée, à Lilitu, ainsi qu'il apparaît dans une incantation d'Ugarit en akkadien : "Lamashtu, fille d'Anu, élue des dieux, Lilith, [cet] enfant est en bonne voie " . On cherchait à l'apaiser par des amulettes figurant Pazuzu et par des incantations destinées à se la rendre favorable : " Au lieu, fille d'Anu, de te montrer hostile et de maltraiter les hommes, au lieu d'avoir les mains dans la chair et le sang, au lieu d'entrer dans la maison, de sortir de la maison, reçois du marchand son manteau et ses provisions de route, reçois du fondeur les anneaux, ornements de tes mains et de tes pieds... Je te conjure par Anu ton père, par Antu ta mère, je te conjure par Ea le créateur de ton nom .


2 images

Larsa

Ville de la Babylonie, retrouvée dans le tell de Senkéré. Le tell, qui mesure 2 000 x 1 800 m sur une hauteur moyenne de 7 m, n'a été que très partiellement fouillé. Des sondages permettent de supposer que le site a été occupé à une haute époque (El-Obeïd ?), et les traces d'une construction remontant au DA ont été relevées sans que les fouilles aient été suffisamment poussées pour qu'on puisse savoir quelle était sa nature. Le plus ancien monument qui y ait été mis au jour est un grand palais construit par Nur-Adad ( - 1865 - 1850) et qui n'a jamais été occupé. Les textes concernant les premiers siècles du IIè mill. sont abondants et la chronologie des souverains de Larsa remonte jusqu'à Naplânum ( - 2025 - 2005), mais la cité n'entre vraiment dans l'histoire qu'avec ses successeurs, Emisum ( - 2004 - 1977), Samium ( - 1976 - 1942) et Zabaya ( - 1941 -1933). La ville, restée indépendante avec la disparition de l'empire d'Ur III, est alors devenue la principale rivale d'Isin qui domine la région. Gungunum (-1932 -1906) met un terme à cette domination en infligeant une défaite à Isin, alors gouvernée par Lipit-Ishtar. Gungunum conduit aussi plusieurs campagnes dans la vallée de la Diyala et l'Elam, et, vers -1925, il prend Ur et se pare du vieux titre de "roi de Sumer et d'Akkad". Il est alors maître des routes du sud, de sorte que le commerce du golfe Persique, vers Dilmun et Magan, aboutit à Larsa et non plus à Isin. Cependant, une tendance qui s'était déjà marquée sous l'hégémonie d'Isin prend une nouvelle extension grâce, peut-être à ce commerce : les entreprises privées se développent au détriment du temple et du palais. Les capitaux privés affluent et confèrent une nouvelle impulsion au commerce lointain. Gungunum a aussi favorisé le développement de l'agriculture en multipliant le système des canaux d'irrigation. Ses deux successeurs, Abisarê (-1905 -1895) et Sumuel (-1894 -1866), poursuivent dans cette voie. En vain Bûr-Sîn tente-t-il de rendre son lustre à Isin en reprenant Ur à Larsa, mais il l'évacue dans les trois mois qui suivent. Quatre rois se succèdent après Nur-Adad en une quinzaine d'années, sans laisser d'inoubliables souvenirs. Le fils d'un prince d'Iamûtbal, qui appartenait sans doute à un clan amorrite, Warad-Sîn, monte sur le trône en 1834. Après un règne de douze ans, son frère Rîm-Sîn lui succède, en - 1822. Le nouveau roi doit bientôt faire face à une coalition unissant Isin, Uruk, Babylone et Rapiqum, qu'il brise, puis il passe à l'offensive, prend Uruk et Isin. Il ne semble pas oser s'attaquer à Babylone, qui dominait une vaste région et représentait un adversaire de poids. Ce fut sans doute un tort. Hammurabi, qui succède à Sîn-muballit en -1792, mettra fin à l'indépendance de Larsa en -1763. Rîm-Sîn achevait un règne de près de 60 ans. Le palais de Nur-Adad présente cette particularité de n'avoir été jamais occupé. A peine terminé, et peut-être même avant qu'il le fût, il a été abandonné. On ignore les raisons de l'abandon d'un bâtiment de plus de 100 m de long dont la construction a requis des moyens financiers et humains considérables. Les difficultés de la fin du règne de Nur-Adad, voire sa mort, n'expliquent pas que même ses successeurs ne l'aient pas habité. Il faut alors retenir la raison évoquée par Jean Margueron, un abandon pour une raison religieuse ("malédiction, profanation"...). L'autre monument de Larsa est son temple consacré à Shamash, l'E-babbar. Il dominait le centre de la ville et, dans le tell, ses ruines s'élevaient encore à 22 m. Ce fut l'un des temples les plus prestigieux de la Babylonie. Il est mentionné dès le milieu du IIIème milIénaire par Eannatum de Lagash et a été reconstruit par Ur-Nammu vers - 2100. Il survécut à toutes les mésaventures de la cité, toujours reconstruit, jusqu'au règne de Nabonide. Il était dominé par sa ziggu-rat, l'é.dur.an.na (maison, lien du ciel). La grande prêtresse (entu) du Soleil y avait aussi son temple (?), appelé gi6.pàr.kù. Bien qu'ils restent à découvrir, Gungunum y avait construit (ou reconstruit?) un temple d'Ishtar et un autre consacré à Gula, la déesse d'Isin. De son côté, Rîm-Sîn avait édifié un temple pour Adad.


7 images

Lât (al-)

L'une des déesses de l'Arabie antique qui, avec Manât et al-'Uzza, constituait la triade arabe. Principale divinité de la tribu des Taqîf, elle était sans doute originaire du Hedjaz et devint l'une des divinités les plus en faveur auprès des Quraychites de La Mecque. Son culte s'est répandu vers le Nord jusqu'à Pétra et toute la Syrie, et en Arabie à Tâ'if, où elle avait un sanctuaire. Ce dernier était bâti en pierre blanche dans un enclos sacré où il était interdit d'abattre les arbres et de tuer les animaux qui s'y trouvaient. Les corrélations entre al-Lât et Allâh, dont elle représente à l'évidence le doublet féminin, restent cependant contestées. Les Quraychites la presentaient avec les deux autres deesses de la triade comme les "filles d'Allah" par ailleurs al'Lat et Manat surnommées "les deux Uzza" (al Uzzatayn) ont ete considerees comme les filles d'al Uzza. Déesse de la fertilité elle se rattache aux grandes déesses du Proche Orient. (Voir aussi : Allat).


Lilîtu et Lilû

Groupe de démons féminins (Lilitu et Ardat-lili) et masculin (Lilû) Etres maléfiques sortis du desert ils s'attaquent aux nouveau nés. Lilitû, qui semble avoir été le modèle de Lilith, démone des textes bibliques et Ardat-Lili (nom qui signifie "fille Lilu") femelles stériles, s'attaquent aussi aux jeunes gens. Il semble que ce soient ces démons qui sont figurés sur une plaque sous la forme d'une louve ou d'un loup prêt à dévorer une jeune fille.


Lipit-lshtar

Cinquième roi ( - 1934 - 1924) de la dynastie d'Isin. On a conservé sous son nom un code de loi qu'il aurait fait inscrire sur une stèle. L'année où il fit dresser la stèle fut appelée celle " où Lipit-Ishtar instaura la justice dans le pays de Sumer et d'Akkad". On connaît de ce code une douzaine de manuscrits provenant de Nippur, Kish et Sippar. Ce roi a été déifié, grâce à quoi il nous est parvenu deux hymnes à sa gloire dont l'un débute ainsi : "O Lipit-Ishtar tête éminente, prince du sanctuaire, joyau, tige de royauté comme le soleil marchant..."


Lugal-e

Poème épique de plus de 730 vers, appelé aussi "Ninurta et les Pierres". Son titre lui vient des premiers mots de son premier vers (incipit) : Lugal.e u4.me.làm.bi nir.gàl (" Roi ! Lumière resplendissante et souveraine"). Le texte original remonterait à l'époque de Gudéa, au XXII è s. Il a été de nombreuses fois recopié, en sumérien et, ensuite en traductions akkadiennes, jusqu'à l'époque grecque. Le poème, à la gloire de Ninurta le dieu guerrier, qui établit sa souveraineté à la suite du combat qu'il a mené contre les rebelles de la montagne (en l'occurrence le Zagros, où vivaient de rudes montagnards qui déferlaient épisodiquement sur la Mésopotamie) soulevés et entraînés par le démon Asag (ou Asakku on akk.). Au début du poème, Ninurta vit en paix dans l'Ékur, le temple de son père, Enlîl, à Nippur. Sarur (Sàr.ùr = Fauche-milliers), le « ministre mais aussi l'arme personnifiée du dieu, vient l'aviser que la révolte gronde dans la montagne. Il faut avant tout abattre le chef des révoltés, Asag, bien que ce soit un très dangereux ennemi. Asag est finalement vaincu et tué, après forces vociférations et rodomontades, et aussi quelques accrochages titanesques. Ninurta commence ensuite à transformer le corps d'Asag en pierre-zalaqu pierre dont on ignore la nature, mais qui devait servir pour des constructions, car c'est une véritable carrière en laquelle il est métamorphosé. Le texte nous donne ensuite quelques origines de noms à la manière des anciens; ainsi, la déesse Ninmah vient au devant du dieu et il lui déclare que l'amoncellement de guerriers abattus prendra pour nom «les monts» (Hur.sag) et qu'elle en sera la dame (nin, d'où son autre nom do Ninhursag). Intervient Aruru, la "soeur chérie d'Enlil", qui exhorte le dieu à fixer les destins des vaincus. Ninurta commence alors à apostropher chaque pierre, qui porte son nom propre (Pierre- U, Pierre-Sagkal, Pierre-Saggar, etc., parmi lesquelles certaines ont pu être identifiées : basalte, diorite, hématite, albâtre, ambre jaune, agate, silex, etc.), ce qui constitue, comme l'écrit Jean Bottéro, "un lapidaire fantastique", qui occupe plus de 200 vers. L'épopée se termine par le triomphe du dieu, qu'accueillent les Anunna(ki) et que bénit son père, Enlil. Le dernier vers du poème nous apprend qu'il s'agit là "d'un chant sir.sud on l'honneur de Ninurta". On ignore la signification de ce type de chant sir.sud.


Lugalbanda

Roi mythique d'Uruk, père de Gilgamesh, dont le nom signifie "roi fougueux". Dans la LRS, il succède à Enmerkar. Il est donné comme " un berger" qui aurait régné 1 200 ans. Dans les inscriptions suméro­akkadiennes, il est présenté comme une divinité : shulgi l'associe à Nin-suna et le déclare son seigneur. Nîshi-inishu, la fille de Sin-Kâshid (-1865 -1804), roi d'Uruk, est prêtresse de Lugalbanda; le roi lui-même a bâti un temple pour "Lugalbanda, son dieu, [et] pour Nin-suna, sa mère ". Il serait, selon Jacobsen, une ancienne divinité de Kullab. Il est devenu le héros de poèmes épiques.


Lugalbanda et la caverne de la

(aussi appelé Lugalbanda et le mont Hurum). Lugalbanda est un officier de l'armée d'Enmerkar marchant contre la ville rebelle d'Aratta. Avec ses frères, il se rend dans la montagne (le mont Hurum), où il tombe malade et se réfugie dans une grotte où ses frères le laissent avec quelques provisions. Il prie alors le Soleil (Utu) et Inanna, qui le guérissent. Il quitte ensuite la grotte et va errer dans la montagne. Samuel Kramer a suggéré que le mont Hurum pourrait être le berceau des Hourrites et qu'il devrait se situer vers le lac de Van, donc dans les montagnes du futur Urartu, et, en conséquence, qu'Aratta devrait se trouver dans la région du lac d'Urmiah...


Lugalbanda et Ninsuna

Petit poème trouvé dans les fouilles d'Abû Salabikh. Il a été transcrit et traduit par Thorkild Jacobsen, qui lui a donné son titre. Ninsuna, dont le nom signifie "dame des vaches sauvages", est présentée comme une lamassu, ce que Jacobsen traduit par "Cherub Ninsuna". Lugalbanda est avec elle comme un fiancé qui l'enlace et ne peut résister à baiser ses yeux et sa bouche, et il est dit plus loin qu'elle est son épouse. Le texte est incomplet et s'arrête brusquement, ce qui le rend obscur et on perçoit mal son propos. Pareillement intervient un "En" anonyme dont Jacobsen pense qu'il s'agît d'Enmerkar. Ce dernier apparaît dans deux petits poèmes épiques dont le héros est Lugalbanda.


Luwite

Langue indo-européenne d'Anatolie . "Luwite" a est avant tout un concept ethno-linguistique. Néanmoins la population qui, à l'origine, a été le porteur de cette langue a dû arriver en Anatolie au cours des derniers siècles du IIIè mill.. Elle semble s'être alors établie plus particulièrement en Anatolie occidentale, avant de se disperser vers les parties sud de la péninsule. Le luwite n'est documenté qu'à partir du milieu du IIè mill. dans les archives d'Hattusa, en cunéiformes. Il s'agit d'un fragment de lettre, de fragments de récits mythologiques, de conjurations (Hukmai-), de formules intégrées dans des rituels de magie en hittite, outre divers fragments de textes indéfinissables. Dans ces manuscrits, ce langage est appelé lu(w)ili, soit «[écrit] à la manière du Luwiya a. Or le Luwiya (nom transcrit aussi Luia) est l'une des trois provinces du royaume hittite (avec le Hatti et le Pala) au XVI s. Aux siècles suivants, ce nom disparaît des textes Hittites, et le lu(w)ili n'est plus qu'un concept linguistique. C'est la langue parlée dans deux régions, le Kizzuwatna, qui s'étendait sur une partie de la Cilicie, autour de la région de l'actuelle Adana, et l'Arzawa, au sud-ouest du Hatti, vers la Pamphylie et la Lycie de l'époque grecque. En pleine époque hellénique, le lycien (ancien lukka de l'époque hittite ?) apparaît comme un dialecte luwite. Le plus ancien exemple d'écriture cunéiforme luwite se trouve sur un sceau d'Ispuh-tahtsu, roi do Kizzuwatna au XVe s. Le luwite ne disparaît pas avec l'effondrement de l'Empire hittite. Il va se retrouver dans de nombreuses inscriptions des cités dites néo Hittites ou syro-Hittites il n'est plus écrit en caractère cunéiformes, mais en hiéroglyphes. Les inscriptions les plus importantes ont été trouvées à Karkémish et à Karatépé, où une inscription bilingue en hiéroglyphes luwites et en araméen a largement contribué au déchiffrement de ces hiéroglyphes. Langue d'origine indo-européenne, le luwite offre un système nominal auquel appartiennent le substantif, l'adjectif, le participe (et, pense-t-on, l'infinitif). Les cas sont le nominatif, l'accusatif, le datif, un ablatif-instrumental et un génitif. Le luwite connaît deux nombres, le singulier et le pluriel, deux genres, l'animé et l'inanimé (neutre) il n'y a pas de feminin. Le pronom se décline. Le verbe est structuré comme le verbe hittite avec une voix active et un médiopassif, deux modes, l'indicatif et le volitif (qui correspond à l'optatif, l'impératif et le subjonctif du grec ou du latin); l'indicatif connaît deux temps, le présent et le prétérit. Dans la syntaxe, l'ordre des mots (théorique) est: sujet (nominatif), groupe attributif ou circonstanciel (datif, ablatif-instrumental), objet (accusatif) et verbe en fin de phrase. Les textes ont livré un certain nombre de noms de divinités qui sont traduits par des divinités bien connues : Sausga = Ishtar, Santa = Marduk, Tarhund = le Hittite Tarbuna, dieu de l'Orage, ce dernier étant aussi appelé Datta, Telipuna = Télépinu, Tiwat- = Utu, le Soleil. Kamrusepa était la déesse de la Santé et de la Magie.


Magan et Mélukhkha

Ces deux termes géographiques sont généralement liés et, parfois, unis à Dilmun. Ils apparaissent au début de l'époque d'Akkad pour désigner des pays lointains en direction du Sud et de l'Est. Il semblerait même que les voyages concernés requéraient des bateaux de haute mer, appelés "vaisseaux de Magan". Après bien des discussions on s'est généralement accordé pour situer Magan sur les côtes de l'actuel Oman, riche en dattes et en cuivre, les deux principales marchandises rapportées de cette région, et Mélukhkha dans la vallée de l'Indus (ou, tout au moins, dans le delta de ce fleuve), où, à partir de la seconde moitié du IIIè mill. se développe un riche civilisation urbaine. Il semblerait qu'à l'époque néo-assyrienne ces termes aient désigné les côtes africaines de la mer Rouge (Egypte et Soudan).


Malédiction d Akkad

Poème sumérien écrit un peu plus d'un siècle après la mise à sac de la ville, ou peut-être beaucoup moins, voire avant même la mort de Naram-Sîn, selon certains auteurs, ce qui semble bien improbable. Selon Samuel N. Kramer (qui donne pour sous-titre au poème : "l'Ekur vengé"), le texte original aurait été composé vers - 2000 par un "théologien poète", dans l'une des"académies" (edubba) d'Ur ou de Nippur, bien que les tablettes connues les plus anciennes datent du XVIIIè s. Le poème met en cause Naram-Sîn, qui, pour venger un affront fait par Enlil à Ishtar, maîtresse d'Akkad, aurait détruit l'é.kur, le temple d'Enlil à Nippur. Pour se venger, le dieu aurait fait déferler les bandes guti sur le royaume d'Akkad. Ainsi, à un tableau de la richesse d'Akkad, va être opposée sa misère, qui se termine par la destruction de la ville. Comme le pense Jean-Jacques Glassner , le manuscrit a été certainement rédigé à Nippur et recopié maintes fois on possède plus de cent manuscrits de l'oeuvre, un des fleurons de la littérature sumérienne.


Mamitu

Déesse Akkadienne. Personnification du serment (sens de son nom), elle poursuit de sa vengeance les parjures. Elle est, avec les Anunnaki, la créatrice des destinées.


Manât

L'une des déesses de l'Arabie antique, qui, avec al-Lât et al-'Uzza, constituait la triade arabe. Principale divinité des tribus des Aws et des Hazrag, elle serait la plus ancienne du panthéon de l'Arabie. À l'origine, ce n 'était qu'un rocher, si l'on en croît Yâqût. Ses premiers adorateurs appartenaient aux tribus des Hudayl et des Khuzâ'a, qui nomadisaient au sud de Yatrib (Médine) et au nord de La Mecque. Son culte s'est ensuite répandu parmi de nombreuses tribus Arabes et jusqu'à Palmyre, où elle semble paraître sous l'aspect de la déesse du Destin, avant de devenir dominante chez les Quraychites de La Mecque.


Manishtusu

Roi d'Akkad (-2269 -2255), fils de Sargon. Son frère, sans doute cadet, Rimush, fut avantagé par leur père, à qui il succéda. On ne sait si Manishtusu participa à l'attentat qui mit fin au règne de Rimush, mais il lui succéda sur le trône d'Akkad. Les premières années de son règne semblent avoir été calmes. Mais des révoltes vers le plateau de l'Iran le contraignirent à conduire une campagne vers Anshan et shérikhum (une contrée mentionnée aussi dans les campagnes de Sargon, sans doute située au-delà d'Anshan, dans la région de l'actuel Fars). Il aurait alors fait traverser la mer Inférieure (golfe Persique) à sa flotte : «Les villes de l'autre côté de la mer, [au nombre de] trente-deux, se liguèrent pour la bataille, mais il triompha et il vainquit leurs villes, il tua leurs princes [et] enleva [...] jusqu'aux mines d'argent. Des montagnes au-delà de la mer Inférieure, il tira des pierres noires il [les] chargEa sur des bateaux et il [les] amarra au quai d'Akkad. Il façonna sa statue [et la] voua à Enlil. Par Shamash et Aba, je jure que ce ne sont pas des mensonges, c'est absolument vrai. La localisation de ces villes et montagnes reste problématique. Une variante du texte remplaçant shérikum par Mélukhkha, on a pu supposer que shérîkum devait se situer vers les côtes de l'actuel Baloutchistan et que l'expédition militaire serait parvenue dans la vallée de l'Indus. Ce qui reste improbable. Il semblerait plutôt que la flotte akkadienne ait fait une incursion sur les rives de l'extrémité du golfe Persique, soit vers le Kirmân soit vers l'Oman. En fait, d'un si long règne, nous ne savons que peu de chose. Selon un omen, Manishtusu aurait finalement été assassiné à la suite d'une conspiration. On ignore si son fils, Naram-Sîn, qui lui succéda, a une responsabilité dans ce complot. INSCRIPTIONS MONUMENTALES : Les fouilles archéologiques ont rendu deux monuments portant de longues inscriptions de ce roi. Le premier, appelé "Monument cruciforme", a été exhumé à Sippar par Rassam en 1831 et se trouve au British Museum. Le second, la Pyramide de Manishtusu, retrouvé dans les fouilles de Suse, est exposé au musée du Louvre. Le "Monument cruciforme" est considéré comme une autobiographie, sans doute parce qu'il débute par les formules habituelles «Je suis Manishtusu le fils de Sargon, le roi puissant de Kish le frère aîné [ou encore : l'oint] d'Anu, l'Ensi d'Enlil, gouverneur (sakkanak) pour Ilaba (lu aussi : sakkanak d'Amal, car le texte est détérioré)... "> En fait, l'essentiel de l'inscription est relatif à une donation à Shamash pour laquelle le roi a libéré trente-huit cités afin de les mettre au service du dieu, c'est-à-dire de son temple et de son clergé. La Pyramide, bloc de diorite de 1,40 m de haut recouvert sur ses quatre faces d'inscriptions, rapporte l'achat par le roi de nombreux terrains afin de constituer un vaste domaine foncier. Dans chacun de ces textes, le roi mentionne soit les denrées mises à la disposition du dieu, soit les terrains acquis, toujours avec un luxe de détails relativement au poids des denrées, leurs quantité, etc... . ICONOGRAPHIE : Outre le monument cruciforme et la Pyramide, on dispose de deux bas de statues du roi, dont l'une, en diorite, est une robe évasée dont une frange oblique représente un beau travail de sculpture (toutes deux, provenant de Suse, sont au Louvre). Les fouilles de Suse ont aussi rendu un buste du roi dans la tradition sumérienne avec une chevelure faite de zigzags, une longue barbe taillée en forme rectangulaire, des yeux incrustés en calcaire jaune. Le roi est dans l'attitude de l'humilité devant le dieu, les mains croisées sur la poitrine. Son torse étant nu, il devait être vêtu du kaunakès .


1 images

Marduk

Divinité principale de Babylone. Son origine est inconnue, mais son symbole, le marru, une tête de houe ou de bêche trianGulaire , laisserait supposer que c 'était une divinité agraire. Le logogramme par lequel est écrit son nom, (d)amar- UD, signifie "jeune taureau du soleil". Bien qu'il soit lié à Babylone dès l'apparition historique de la ville, il est mentionné dans des listes divines plus anciennes (par ex., à Abu-Salabikh). L'étymologie de son nom résiste à toute explication par le sumérien ou le sémitique; il semble appartenir au fond primitif de la population pré-sumérienne de la basse Mésopotamie. La fortune de Babylone à partir du règne d'Hammurabi va faire de Marduk l'une des principales divinités de la Mésopotamie, au point qu'on a pu parler à son propos d'hénothéisme chez les Babyloniens (à la différence du monothéisme, l'hénothéisme reconnaît l'existence d'autres divinités, sans pour autant les adorer). Cette suprématie sera établie à l'époque kassite avec l'Enûma élish, conçue à sa gloire. Marduk s'est inséré dans le panthéon mésopotamien, absorbant la personnalité de divinités voisines comme Asarluhi, dieu d'Éridu et fils d'Enki, qui lui a communiqué ses pouvoirs de dieu de la Magie et des Devins et sa filiation il est dit fils d'Enki et d'Éa. Le dieu de la ville voisine de Borsippa, Nabû, devient son fils, et il est uni à Sarpanitu, dont le nom signifie "Celle de Sarpan (ou Zarpa)", une localité sans doute voisine de Babylone. A Tishpak, dieu local d'Eshnunna, il emprunte son animal symbolique, le dragon-serpent (mushussu), qui sera aussi celui de son fils Nabû. Dès la fin de l'époque kassite, son culte se répand jusqu'en Assyrie, et il devient la divinité dominante du panthéon mésopotamien. Il apparaît alors avec ses divers attributs acquis au cours des temps de dieu de la Sagesse, de la Santé, de la Magie, et aussi de la Fertilité et de l'Irrigation, lesquelles devaient,être ses plus anciennes fonctions. Dans l'Epopée d'Erra, sa puissance magique pour maintenir l'équilibre du monde est mise en valeur; car, lorsqu'il quitte Babylone, l'anarchie s'installe et le désordre cosmique règne. Considérable est le nombre d'hymnes et de prières qui lui sont consacrés, les plus significatifs étant ceux qui revêtent un caractère synthétique et où il absorbe tous les autres dieux, lesquels deviennent ses attributs "Sin est ta nature divine, Anu ton caractère princier; Dagan ton caractère seigneurial, Enlil ton caractère royal, Adad ta puissance, Ea le sage ton intelligence, Celui qui tient le stylet, Nabû, ton talent. Ta primauté est Ninurta, ta force Nergal. Le conseil de ton coeur est Nusku, ton [ministre] éminent, ta qualité de juge est le brillant Shamash ". Son temple principal était l'Esagil, à Babylone, mais, si des temples secondaires ou des chapelles lui étaient consacrés en grand nombre à Babylone ou dans ses faubourgs, tel l'é.sîskur, "Maison du sacrifice", qui était son temple de l'Akitu hors de la ville, il n'avait que peu de sanctuaires par ailleurs : à peine peut-on citer une chapelle à Assur dans le temple d'Assur, un temple à Sippar-Aruru, l'é.zi.da, "Maison de la vérité", à Borsippa (où il est identifié à Nabû), et un sanctuaire à Nippur (connu par une seule inscription) Il etait le grand dieu de la fete de l'Akitu couronnée par sa hiérogamie.


2 images

Mari

Ville du moyen Euphrate, exhumée dans le site syrien de Tell Hariri, qui, par le nombre de tablettes exhumées et leur contenu, occupe une place capitale pour notre connaissance de la Mésopotamie au début du IIe mill.. Son nom est écrit Ma-URU-ki, Ma-ri-ki, Me-ra-ki , Ma-eri-ki. C'est cette dernière lecture qui devrait prévaloir selon Thureau-Dangin , suivi par Jacobsen . L'occupation du site remonte au début du IIIe mill. Encore mal connue, la cité du DA avait une forme approximativement circulaire d'un diamètre de 1 900 m, protégée par une haute digue contre les débordement de l'Euphrate. On ne sait que très peu de chose concernant cette période. La ville devait déjà avoir acquis une certaine importance car elle est donnée dans la LRS comme ayant fourni la Xe dynastie après le Déluge. Son roi (lugal) Ansud battit par les armes Adab, et Marisuccéda à cette dernière dans la primauté sur le Sumer. Ansud aurait régné 30 ans et son fils Lugaltarzi lui succéda. Aucun des noms des quatre rois qui ont succédé à ce dernier ne sont complets, le total des années de domination de Mariétant de 136 ans. La royauté passa alors à Kish, avec la cabaretière Ku-Baba. De cette période datent plusieurs temples (d'Ishtarat, de Nini-zaza, d'Ishtar, dans la cour duquel étaient dressés des bétyles, de Shamash. Un monument massif de briques rouges (cuites, contrairement aux briques crues qui restent grisâtres), appelé par le fouilleur André Parrot, le "massif rouge", serait la base d'une première ziggurat. Sous le grand palais de Zimri-Lim gisaient plusieurs palais qui avaient été successivement les résidences des souverains de la cité au DA. La ville, prise et mise à sac par Lugalzaggesi d'Umma, fut ensuite intégrée dansl'empire d'Akkad, mais avant la fin de cette période elle se rendit indépendante sous une dynastie, issue des anciens gouverneurs de la ville au service des rois d'Akkad, dite "des shakkanakku" (gouverneur militaire dont l'office apparaît pour la première fois dans l'inscription de l'obélisque de Manishtutu). Un nouveau palais est construit sur les ruines des vieux palais, sur des plans nouveaux. De cette nouvelle construction date la cour des Palmes, par laquelle on accédait à la salle du trône. C'est au cours des siècles suivants, les premiers du IIè mill., que Mariparvient à l'apogée de sa puissance et où est aménagé le palais, qui atteint sa plus grande extension avec le règne de Zimri-Lim (-1782 - 1759). Ce dernier était le fils d'Iahdun-Lim (vers - 1825 - 1810), lui-même fils d'Iaggid-Lim. A la mort de Iahdun-Lim, Sumu-yaman, son frère, lui avait succédé, mais après un court règne il avait été évincé, sans doute par le roi d'Assyrie shamsi-Adad Ier, qui avait confié à son fils Iasmakh-Addu le gouvernement de la ville et de sa région. Le trône de Marifut ensuite usurpé par Ishar-Lim, gouverneur de la province assyrienne du haut Khabur pour le compte d'Iasmakh-Addu. Finalement, Zimri-Lim réussit à chasser les Assyriens et à reconquérir le trône de son père. Après un règne brillant de 23 ans, il fut vaincu par Hammurabi, qui détruisit la ville et la frappa d'interdit, si bien que nul ne revint l'occuper. En fait, un nouvel établissement y fut fondé à l'époque néo-assyrienne, qui devint le chef-lieu de la province de Suhu. Le chef-d'oeuvre de Marià l'époque de Zimri-Lim est son palais, un énorme bâtiment dont les trois cents salles et cours couvraient 2500 ha. Comme il est prouvé que le palais possédait un étage (dont une partie était peut-être occupée par des terrasses), il faudrait peut-être doubler ce nombre de pièces. Dans ce palais ont été retrouvées les plus anciennes peintures murales du POA scène de sacrifice, offrande de l'eau et du feu, scène de l'investiture. Ainsi peut-on voir les teintes des vêtements grande robe blanche d'un dieu assis, pagne blanc croisé d'un prêtre, mais aussi robes d'un prêtre officiant et d'une prêtresse portant une coiffe à cornes (Ishtar?) faîtes de pans composés chacun de petites bandes de tissu verticales alternées blanches, brunes, grises, vertes, jaunes. Les statues et les objets retirés de l'ensemble du site sont nombreux et souvent remarquables, tels ces statues du DA de "l'Adorante" (Louvre) et de la"Grande Chanteuse" Ur-Nina (musée de Damas), et ces chefs-d'oeuvre de l'époque paléobabylonienne que sont les statues d'Idi-Ilum (Louvre), du prince Ishtup-Ilum et de la déesse "au vase jaillissant" (musée d'Alep). Le palais était le centre administratif du royaume, ce qui explique que ce soit dans ce bâtiment qu'a été recueillie la grande majorité des 20 000 tablettes qui permettent d'avoir une connaissance souvent détaillée aussi bien des événements politiques que de la vie "quotidienne" des habitants du palais, grâce à un nombre considérable de lettres qui constituent l'essentiel de ces archives. Il n'a été retrouvé ni ouvrages littéraires ni textes de caractère fiscal, ce qui laisse penser qu'on doit pouvoir retrouver ces derniers dans un bâtiment spécialisé qui reste à découvrir. Ces textes, rédigés en akkadien, révèlent l'étendue des relations de Mariavec les villes de Syrie et de Babylonie et son commerce avec les marchands de Dilmun.


16 images

Marib

Capitale du royaume de Saba, située dans le nord du Yémen. C'est dans cette ville que le livre des Rois (Rois I-10) situe la capitale de la reine de Saba. Les ruines de la cité, très partiellement explorées s'étendent sur environ 23 ha, ce qui on fait l'un des plus importants tells du Sud de l'Arabie. On ne sait à quand remonte précisément la fondation de la ville. Elle était encore une capitale dans l'Antiquité classique (c'est la Mariaba des géographes grecs et romains) et ne perdit de son importance qu'après la rupture définitive de son barrage, au VIè s. de notre ère. Outre ce barrage hors de la ville, les fouilles ont rendu au jour trois monuments importants. Le premier d'entre eux est celui que les Yéménites appellent Haram (ou Maran) Bilqis (Bilqis est le nom donné par les Arabes à l'anonyme reine de Saba de la Bible) c'était le temple 'Awwan, consacré au dieu lune Ilumquh. Situé à un peu plus de 3 km au sud de la ville, il consistait en une enceinte ovale de 112 x 75 m, d'une hauteur de plus de 9 m et d'une largeur de 4 m. On accédait au temple par une grande cour qui donnait sur un péristyle fait de piliers carrés dont plusieurs demeurent en place. La cella du temple n'a pas été retrouvée. De nombreuses inscriptions ont été recueillies, dont la plus ancienne remonte au début de la construction du temple, dans la seconde moitié du VII ème s. L'entrée de l'enceinte ovale est datée par une inscription de la seconde moitié du Vè s. On y a aussi retrouvé de nombreuses bases de statues votives. A la même divinité tutélaire de la cité était consacré un second temple, toujours hors de la ville, marqué par six piliers monolithiques pourvus de chapiteaux, disposés en arc de cercle; une inscription donne le nom du temple : "Bar'an". Le troisième monument est un mausolée en pierre, contigu à la partie nord-ouest du mur ovale de l'Awwan. Le toit était soutenu par quatre piliers, eux aussi en pierre. Le monument renfermait 60 compartiments de sépultures. Il semble qu'il s'agissait d'un mausolée de la famille royale, comme l'attestent deux noms de rois qui y ont été ensevelis au Vè s. : Sumhu'alay Yanaf et Yith"amara Bayyin.


me

Terme sumérien qui a revêtu un sens théologique complexe et a suscité de nombreuses études. Le signe du "me" apparaît dans des inscriptions dès la période d'Uruk IV (vers - 3200). Grammaticalement c'est une copule enclitique (unie à un nom en suffixe) représentant le verbe être (-me-en = je suis). Thorkild Jacobson précise que "le me signifie "être (en soi)"(Sosein), et non "être (quelque part)"(Dasein), lequel est toujours gâl ou gà-gâ . Il est transcrit en akkadien par "parsû". Il a revêtu son sens théologique en étant assigné aux dieux pour signifier leur "splendeur" ou encore leur "essence". Il désigne, selon Samuel N. Kramer, un ensemble de lois et de règlements assigné à chaque entité cosmique et phénomène culturel en vue de conserver leur efficacité toujours en harmonie avec les plans de la divinité qui les a créés. Selon J. Van Dijk, le terme représente "une immanence divine dans la matière morte et vivante inchangeable, subsistante, mais impersonnelle, dont seuls les dieux disposent . Le "me" appartient plus particulièrement à Anu et Enlil, mais il est aussi lié à des divinités de moindre rang. Il n'est pas, pour autant, exclusivement associé aux dieux. Le "me" d'un trône représente l'activité de la royauté et le "me" d'un temple l'exécution des rites qui lui sont attachés. Dans le mythe d'Inanna et Enlil, les me, qu'on peut traduire ici par "pouvoirs" du dieu, représentent l'essence, on pourrait dire l' "Idée", dans le sens platonicien du terme, des objets ou des notions que le dieu suprême va donner à sa fille Inanna : l'office d'En, la divinité (la fonction sacrée), l'auguste couronne, le trône royal, le sceptre "exalté", tout autant que les armes, l'érotisme (l'union sexuelle), la prostitution, ou encore la loi, l'art, la musique et ses instruments, la joie du coeur la fausseté, les arts du métal, de l'architecte, du scribe, la sagesse, la terreur la paix, la victoire, le conseil, le jugement... en tout soixante-huit puissances qui couvrent à peu près toutes les activités culturelles et morales de l'humanité. Et Inanna s'approprie tous ces "me" de son père, ce qui en fait une déesse de caractère universel, distributrice de tous les biens et de tous les maux.


Melqart

Dieu phénicien. Son nom signifie "seigneur de la ville". Il n'apparaît qu'au 1er mill., comme divinité tutélaire de Tyr. Les Tyriens ont diffusé son culte à travers la Méditerranée, au gré de l'établissement de leurs comptoirs sur les rivages sud de cette mer. Les Grecs l'ont identifié à Héraklès.


Mesha

Roi de Moab. Il est connu par les textes bibliques et une stèle découverte à Dhiban (Jordanie) en 1868, écrite en alphabet phénicien et en langue moabite. Il était fils de Kémosh, lequel aurait régné sur Moab pendant 30 ans, dans la première moitié du IXè s. À cette époque, Moab était tributaire du roi d'Israël, et il devait un lourd tribut annuel : cent mille agneaux et la laine de cent mille béliers (2 Rois 3 :4). Mésha hérita ainsi d'un Etat vassal du royaume d'Israël, entre les mains de la dynastie des Omrides. Mésha profita de la mort d'Achab ( - 874 - 853), successeur d'Omri, pour se révolter. Achazyahu, fils aîné d'Achab, ne régna qu'une année et c'est Joram ( - 852 - 841), son fils cadet et second successeur, qui s'allia avec son voisin du Sud, le roi de Juda, Josaphat (871-846), et au roi d'Édom, pour tenter de réprimer la révolte. L'armée alliée fut finalement vaincue et dut se retirer. Néanmoins, Si l'on on croit le récit biblique, les armées unies de Juda et d'Israël ravagèrent Moab, abattirent les arbres, bouchèrent les sources et les puits, parsemèrent les champs de pierres pour en interdire la culture, assiégèrent Mésha dans Qir-Harosoth. Le Moabite aurait alors tenté une sortie avec sept cents hommes, en vain. En désespoir de cause, il aurait sacrifié son fils aîné, de sorte que les assiégeants, horrifiés, auraient levé le siège et seraient rentrés chez eux (encore que ce soit là une interprétation du texte biblique, 2 Rois 3 :21-30, confus et décousu). En réalité, il somble que les armées alliées ont été vaincues et forcées de se retirer. Toujours est-il que Mesha marcha ensuite sur Nébo, qui appartenait à Israël, suivant l'ordre de son dieu :" Alors je suis parti la nuit et je me suis battu de l'aube jusqu'à midi, la prenant (la ville) et tuant tout, sept mille hommes, enfants, femmes, vierges, servantes, car je les ai voués à la destruction (il s'agit de ce que les textes bibliques appellent le "herem") pour Ashtar-Kémosh." Si l'on en croit toujours l'inscription de la stèle de Dhiban, il aurait ensuite bâti la ville de Qarhoh (que certains auteurs identifient à la Qir-Hasoreth du texte biblique) avec ses remparts et sa forteresse, rebâti Beth-bamoth, construit une route dans la vallée de l'Arnon et agrandi son royaume par l'annexion de plusieurs villes (cent, assure-t-il dans cette autobiographie que représente le texte de la stèle).


Meskalamdug

Roi d'Ur (vers - 2620 - 2600) dont le nom sumérien, mes-kalam-du(g), signifio "héraut du bon pays" ou " le héros (est) bon (pour le) pays" . Dans le cimetière royal d'Ur, il occupait la tombe n° 755, une riche sépulture dans laquelle ont été recueillis, entre autres objets précieux, des armes, de la vaisselle en or, en argent et en électrum, et, surtout un casque en or massif imitant la chevelure sorrée dans un bandeau. Son nom a été lu sur de la vaisselle d'or; une lampe et de la vaisselle de cuivre. Mais il n'est mentionné avec le titre royal que sur un cylindre de lapis-lazuli où sont figurés des lions et des bouquetins s'affrontant et deux hommes. L'inscription se lit : meskalamdùg lugal, "Meskalamdug, le roi". Il semble être le père d'Akalamdug, mais, comme ce dernier, il n'est pas mentionné dans la LRS.


Mèdes

Peuple d'origine indo-europénne établi dans le Nord-ouest de l'Iran. Ils apparaissent dans l'histoire en -834 : l'an 24 de son règne, le roi d'Assyrie Salmanazar III entreprit une campagne dans le nord de son royaume, contre Ianzû, roi de Namri. Au cours de cette campagne où il ravagEa le pays de son advorsaire, il passa par les territoires des Mèdes (Madai), qui devaient alors se trouver dans les environs du lac d'Urmiah. Comme les Perses, ils vonaient soit du Caucase, soit, plutôt, des steppes à l'est de la mer Caspienne. Ils ont dû pénétrer sur le plateau iranien au début du 1er mill. Ils vont poursuivre leurs migrations pendant encore un siècle avant de s 'établir aux environs de Hamadan où ils fondent leur capitale, Ecbatane, à l'instigation de leur roi Déjocès. Mis à part deux invasions venues des steppes voisines de la mer Caspienne, de tribus cimmériennes et ensuite scythes, dont un groupe s'établit autour du lac d'Urmiah tandis que d'autres groupes parviendront jusqu'aux frontières de l'Egypte avant d 'être noyés au milieu des populations autochtones, les Mèdes ne cesseront de se heurter aux Assyriens, qui, à plusieurs reprises, conduisirent des campagnes sanglantes dans leurs montagnes. La Médie reste un royaume secondaire sous le successeur de Déjocès, Phraorte (vers - 675 - 653). Elle va devenir un empire grâce à l'action de Cyaxare (vers - 653 - 585). Ce dernier, qui a peut-être été vassal des Scythes au début de son règne, réorganise l'armée, défait les cavaliers scythes du roi Madyès dans le nord-ouest de l'Iran. Les Perses, qui occupaient les régions méridionales de l'Iran étant aussi ses vassaux, il était maître d'un petit empire qu'il ne va cesser d'agrandir. Il passe une alliance avec le roi de Babylone Nabopolassar, dirigée contre l'Assyrie, et, en - 615, il attaque en vain Ninive. L'alliance avec Babylone est sanctionnée par le mariage du prince héritier Nabuchodonozor avoc Amytis, la petite-fille de Cyaxare. En - 612, les armées alliées prennent et détruisent Ninive, mettant fin à l'Empire assyrien. Cyaxare se rend ensuite maître de l'ancienne Urartu, puis il porte les armes en Anatolie . Il se heurte aux armées du roi de Lydie, ce qui fixe la frontière occidentale de son empire au cours de l'Halys (actuel Kizil Irmak). Astyage lui succède vers - 585. Avec ce dernier disparaît l'Empire mède, absorbé dans celui de Cyrus.


1 images

Mésanépada

Nom sumérien Mes-an­né-pà-da = "héros choisi par Anu". Roi (lugal) d'Ur, il est sans doute fondateur de la 1ère dynastie. Son nom apparaît dans la LRS, qui lui attribue un règne de 80 ans. Il semble que le scribe ait uni le temps de son règne à celui de son fils Aanepada, dont le nom a été effacé. Il aurait alors régné une quarantaine d'années aux alentours de - 2550 . Une inscription sur une perle de lapis-lazuli le dit roi d'Ur, fils de MeskaIlamdug, roi de Kish. On connaît le nom de son épouse Ninbanda par une autre inscription sur un cylindre. Cependant, sur une autre inscription, il est dit époux de la "nugig", titre d'une prêtresse qu'on traduit parfois par "hiérodule". Selon la chronique du Tummal, il aurait construit le Burshushua du temple d'Enlil. Le signe divin qui précède le nom du roi laisse penser qu'il a été divinisé à une époque tardive. La LRS et la chroniquo du Tummal lui donnent pour fils un certain Mos-ki-àg­nanna, à qui est attribué un règne de 36 ans. On lui devrait la reconstructîon du Tummal, le temple de Ninlil, qui se serait écroulé sous le règne de son père. Il est possible que Mes-ki-àg-nanna ait en réalité été le fils d'Aanépada.


Mésopotamie

(Pays) entre (les deux) fleuves : tel est le sens du nom donné par les Grecs à la plaine partiellemont désertique située entre l'Euphrate et le Tigre, dont les noms akkadiens étaient Purartû et Idiglat (Puranti et Aranzah chez les Hourrites. En réalité, le territoire auquel nous donnons le nom de Mésopotamie, et qui correspond dans l'ensemble à l'actuel Iraq, est borné à l'est par la chaîne du Zagros, et du côté du couchant il englobe les terres arables à l'ouest de l'Euphrate, au moins jusqu'à la confluence du Khabur, au nord-ouest de Mari. La partie Nord-Est, vers les montagnes du Kurdistan actuel et du Zagros, a été occupée dès le paléolithique moyen (grotte de shanidar). Cette région septentrionale fait partie des terres où va se réaliser la sédentarisation des tribus épipaléolithiquos, avec la domestication de certaines espèces animales et la maîtrise de l'Agriculture (néolithique acéramique, entre -9000 et -7000). La céramique apparaît dans le site de Jarmo (dans le Zagros) au début du VIIè mill. Les archéologues ont ensuite divisé la préhistoire de la Mésopotamie en plusieurs grandes périodes fondées sur la diffusion de types caractéristiques de céramiques dans une partie ou l'ensemble du territoire, ces périodes étant désignées par le nom d'un site éponyme où le type de poterie concerné a été découvert la première fois, ce qui ne signifie pas que celui-ci ait été imaginé par les potiers du site et que ce soit de là qu'il se soit répandu dans les régions plus ou moins voisines. Telles sont, dans le Nord, les phases dites d'Hassuna et de Samarra, cette dernière étant confinée à une bande de territoire allant de l'Euphrate dans la région de Baghuz aux montagnes du Zagros avec le site central de Choga Mami ( - 6000 - 5000). Vers - 5600 se développe dans l'ouest de la Mésopotamie et une partie de la Syrie la civilisation halafienne, nommée d'après le site de Tell Halaf (-5500 - 5000). Le métal, qui a fait une modeste apparition au cours des périodes précédentes sous la forme de cuivre natif et de pépites d'or, se vulgarise surtout sous la forme du cuivre martelé, d'où le nom de chalcolithique ancien donné à cette période. Ces civilisations correspondent dans le sud aux cultures d'Éridu et d'Hajji Mohammed (- 6000 - 5200), la première étant circonscrite à l'extrême sud de la Mésopotamie, la seconde s'étendant autour de la région de Kish. Vers -5200 commence à se développer la civilisation dite obeidienne (d'après le site d'El-Obeid au sud d'Ur). Il est cependant possible qu'il faille rehausser de trois siècles le début de l'obeidien . La civilisation d'EI-Obeïd s'impose vers le nord de la Mésopotamie au V mill., de sorte qu'on a pu supposer que cette extension des modèles obeidiens correspondait à une conquête militaire du Nord par le Sud. Les relations commerciales semblent suffire pour expliquer la suprématie d'une civilisation qui avait inventé le moulage du cuivre, ce qui permettait d'aiguiser les outils, et le moulage des briques, qui représentait un embryon d'industrialisation. Dans les plus bas niveaux du site d'Uruk apparaît une nouvelle poterie à engobe rouge ou gris poli, qui va par la suite se répandre dans le sud de la Mésopotamie et supplanter la céramique peinte d'El-Obeïd (Uruk ancien et moyen, -4000 - 3500). Avec la civilisation d'Uruk récent ( - 3500 - 3100), les Mésopotamiens sont parvenus à une maîtrise de la métallurgie et à un stade urbain avancé. C'est à cette époque qu'ils inventent l'écriture, laquelle va se développer à l'époque suivante, dite de Djemdet-Nasr, qui apparaît comme la première période historique du POA. Cette explosion de la civilisation est due aux Sumériens. C'est à cette époque qu'il convient de situer la naissance et l'hégémonie des cités antédiluviennes, dont la LRS nous a conservé le souvenir magnifié. Vers -3000 commence la période historique du bronze ancien et, pour ce qui est du Sumer, le dynastique ancien. L'époque d'Akkad met fin à cette première période, sumérienne. La civilisation sumérienne (Néo-Sumériens) parvient à son apogée avec la dynastie d'Ur III, qui domine une grande partie de la Mésopotamie pendant les deux derniers siècles du III mill., tandis que dans le Nord pointe la civilisation assyrienne. Au début du millénaire suivant les Sumériens disparaissent en tant qu'entité politique, mais la langue de Sumer et l'ombre de sa civilisation s'imposent à leurs successeurs babyloniens et Assyriens. André Parrot a souligné, par des comparaisons restreintes, l'unité culturelle des cités de Sumer pendant le III mill., cités parmi lesquelles figure Mari(ses comparaisons portent sur le mobilier de Tell Hariri/Mari), de Khafaje et de Tell Asmar (Eshnunna). Cette unité se retrouve dans le développement de la civilisation de Babylone, qui, si elle se différencie profondément de celle des Sumériens, en est son héritière. Unité marquée aussi chez les Assyriens, qui, malgré de très nombreux points communs avec les Babyloniens, qui ont été dans une grande mesure leurs maîtres, ont fait preuve d'un génie d'invention et d'observation, en particulier dans leurs sculptures de bas-reliefs, cela malgré des conventions tel le principe de symétrie, dont ils ont su faire un élément ornemental ou qu'ils ont utilisé pour créer des effets d'opposition et d'agonistique.


25 images

Minéens

Nom hellénisé des habitants d'un royaume de l'ancien Yémen. Ce petit Etat était centré sur le cours du Jawf et, selon Strabon (XVI, 4, 2), il avait une fenêtre sur la mer Rouge. Peuple de marchands et de caravaniers, les Minéens ont fondé leur richesse non pas sur la guerre et la conquête, mais sur le commerce de l'encens. Ainsi avaient-ils ce qu'on peut appeler des agents dans les villes les plus proches, comme Timna, capitale de Qataban, par où transitaient les caravanes d'encens, et dans les plus lontaines, aux points d'aboutissement des pistes de l'encens : à Dedan, dans le nord de l'Arabie, à Gaza, à Sidon, en Phénicie, à Délos, au coeur de la mer Egée. Strabon appelle Karna ou Karnana leur capitale c'est l'actuelle Ma'in, l'antique Qarnâwu. La seule autre ville de quelque imporance était Yathill, la moderne Barâqish. Les premiers souverains de ces quelques oasis unifiées formant le Ma'in remontent au IVe s. Le premier roi dont le nom nous soit parvenu est 'Ilyafa' Yatha', fils d'Yd'l, roi d'Hadramaout et de Ma'în. Les deux pays s'étaient ainsi alliés et ils opposèrent un front commun aux ambitions des Sabéens. Vers la fin du IIè s. (vers - 115 ?), Ma'în paraît s'être rendue indépendante, pour peu de temps. Le dernier roi attesté des Minéens, 'Ilyafa' Yashur Il, semble avoir été vassal de shar Yagul Yuhargib, roi de Qataban vers -75. Le royaume des Minéens sera ensuite annexé par le Qataban. Leur dieu principal était Attar, "l'étoile" Vénus dont l'épithète était sharqân, "l'Oriental"; son temple était appelé "Risâfum". mîsharum : (sum. nig.si


Mitanni

Royaume constitué vers le XVIe s. sur le haut Khabur, en milieu hurrite, appelé Hanigalbat par les Assyriens et les Babyloniens, Naharina (fondé sur le mot sémitique signifiant "fleuve, rivière" : nhr) par les Egyptiens. Le terme biblique d'Aram-Naraïm, qui désigne une contrée vaguement localisée, paraît se référer à cette région; peut-être est-il emprunté à un ancien toponyme cananéen, car le Mitanni n'existait plus depuis longtemps lorsque les rédacteurs bibliques ont utilisé ce terme. Le nom de Mitanni apparaît pour la première fois dans une inscription égyptienne de Thoumosis Ier, datée des environs de -1515 (date à abaisser d'une vingtaine d'années selon la chronologie basse-égyptienne adoptée par certains égyptologues). Les origines de ce royaume restent obscures ; la population qui se trouve à sa base est hurrite, mais elle paraît étroitement liée à une population d'origine indo-aryenne, installée dans la région vers le milieu du XVIè s. L'onomastique des deux siècles suivants révèle leur présence dans tout le domaine hurrito-mitannien qui s'étend de Nuzi et Arrapha, dans le sud-est de l'Assyrie, à Alalah, dans le nord-ouest de la Syrie. D'abord, les noms de tous les rois du Mitanni trouvent leur étymologie dans des racines sanskrites, et il en va de même pour un grand nombre de noms de particuliers dans cette aire : le père Roger O'Callaghan a ainsi recensé plus de 80 noms expliqués par la langue védique . Ainsi, le roi Arta­rama renvoie au védique r(i)tàdhsma = de pur caractère (ou encore r(i)ta-dha-man = celui qui demeure dans la loi divine). Il est inutile de multiplier les exemples, mais il convient de signaler que nombreux sont les noms qui ont été expliqués différemment par plusieurs expressions sanskrites, selon les auteurs (Mironov, Dumont, Friedrich...). Outre l'onomastique, les dieux invoqués par les Mitanniens sont des divinités védiques Mitra, Uruwana (Varuna, dieu védique des Eaux et des Eléments), Indar (Indra, chef des devas, dieu de la Guerre), les Nassatiyana (Nasatyas, surnom des Ashvins, les deux frères jumeaux, nés de chevaux, protecteurs des travaux agricoles et des médecins connaisseurs des plantes médicinales); dans l'onomastique, on retrouve les noms sanskrits de Svar, le Ciel, Vayu, le Vent, Soma, la boisson sacrée, Deva, les dieux dans leur ensemble, R(i)ta, la loi divine qui correspond à l'ordre du monde. Enfin, les chiffres de 1 à 9 sont les mêmes qu'en sanskrit. Il convient de rappeler que c'est vers cette époque que les Indo-Européens porteurs de la culture védique s'installent dans la vallée de l'Indus et qu'ont été composés les hymnes constituant le Rigveda. Les Mitanniens disposent, comme les Hittites, d'une charrerie montées par des guerriers d'élite qui portent le nom de maryanna, dont la racine se trouve dans le védique marya ("jeune homme, héros", dans le sens de jeune guerrier). Pour le reste, la langue du Mitanni était le hurrite. Comme les Hittites à l'extrémité occidentale du Proche-Orient et les Aryas (Mèdes, Perses et Aryas védiques) au Moyen-Orient imposèrent leurs langues indo-européennes aux anciens peuples des régions occupées (comme le feront plus tard les Turcs dans une Asie Mineure où le grec était parlé depuis plus de mille ans, voire deux mille dans ses parties occidentales), il faut supposer que le groupe qui s'est installé dans le pays hurrite était suffisamment belliqueux pour imposer la création d'un État dirigé par des rois de sa nation, mais pas assez nombreux pour imposer sa langue et sa culture. Par ailleurs, les mélanges entre les deux ethnies se sont faits rapidement car on voit que dans une même famille on porte des noms Hourrites aussi bien qu'indo-aryens (en particulier à Nuzi). Dans la famille royale, les rois portent des noms aryens, mais leurs filles ou leurs soeurs ont des noms Hourrites : les soeurs de Tushratta (fils de shuttarna Il) et de son fils shattiwaza s'appellent Gilu­Hépa(t) [ou Kilughépa] et Tatu-Hépa(t) [ou Tadughépa] : elles épouseront toutes deux le roi d'Égypte Aménophis III. On a même pu supposer que Tatu-Hépa n'était autre que Néfertiti, la femme d'Akhenaton. Des deux premiers rois du Mitanni, on ne connaît que les noms, Kirta et shuttarna, son fils. Le troisième, Barratarna, est mentionné dans une tablette de Nuzi et l'inscription d'Idrimi, roi d'Alep à qui il imposa son hégémonie. Parsha(ta)tar et son fils shaush(t)atar sont connus par un sceau de Nuzi. Ce dernier soumit Alalah et le Kizzuwatna (Cilicie), qui était rattaché au domaine hittite. Son règne se situe dans la première moitié du XVè s. Il semble avoir mis à sac Assur, d'où il enleva une porte d'or et d'argent qu'il plaça dans le palais de sa capitale, Washshukanni. Il avait ainsi affaibli l'Assyrie et constitué un empire qui allait du Zagros et de Nuzi à la Méditerranée (Alalah et Kizzuwatna). Les Mitanniens ont sans doute eu affaire aux premiers pharaons conquérants de la XVIIIè dynastie, qui avaient porté leurs armes jusqu'à l'Euphtate ; mais le royaume mitannien n'était pas encore maître du nord de la Syrie; ce fut le cas lors des campagnes de Thoutmosis III au cours de la première moitié du XVè s. Il battit les armées du Mitanni à Alep et à Karkémish, mais ne poussa pas plus loin son avance, conduit par une sage prudence. Le pharaon multiplia les campagnes, reprenant le terrain que les Mitanniens avaient réoccupé après ses retraites, son adversaire se dérobant sans cesse. Entre-temps, Artatama, en Mitanni et Aménophis Il en Égypte ont succédé à leurs pères. Lassé sans doute par des campagnes vaines, le pharaon signa un traité avec Artatama, qui lui donna sa fille en mariage. shuttarna Il poursuivit la politique de son père en renouvelant l'alliance avec Aménophis III, à qui il donna sa fille en mariage. Artassumara succéda à son père, shuttarna, mais il fut peu après assassiné par un certain UD-hi qui aurait placé sut le trône le jeune frère d'Artassumara, Tushratta, sans doute dans l'espoir de le manipuler à son gré. Cependant, selon les déclarations du nouveau roi à son beau-frère égyptien, il punit le meurtrier, lui-même n'ayant pris aucune part au crime. Les détails de cette affaire nous sont inconnus, tout comme le degré de parenté d'Artatama, qui prétendit avoir plus de droits au trône que Tushratta et entra en guerre contre lui. La guerre civile qui sévit alors au Mitanni permit au roi des Hittites Suppiluliuma de consolider ses positions politiques du côté de la Syrie. Il passa même un traité avec Artatama Il, qui s'était déclaré "roi du Hurri". Afin de s'opposer à l'avance hittite en Syrie, laquelle se faisait au détriment du Mitanni, Tushratta songEa à renforcer encore l'alliance égyptienne en donnant sa propre fille en mariage à Aménophis III, déjà marié à la soeur du roi mitannien, sans grands résultats du côté de la politique syrienne. Lorsque shattiwazza succéda à son père Tushratta, assassiné peut-être par lui, il se heurta au successeur d'Artatama Il, shuttarna III, qui régnait à Washshukanni et qui avait passé un traité d'alliance avec un nouvel adversaire du clan de Tushratta, le roi d'Assyrie Assur-uballit Ier (-1363 - 1328). L'anarchie régnait au Mitanni, et shattiwaza dut se réfugier à la cour d'Hattusa. Avec l'aide militaire de Suppiluliuma, dont il avait épousé la fille, il réussit à récupérer la partie occidentale de l'ancien royaume mitannien. shattiwaza tout autant que shuttarna III disparurent on ne sait trop comment de la scène politique. Sur le trône du Mitanni se sont alors succédé trois rois : shattuara Ier, qui était peut-être le second fils d'Artatama Il, son fils Wasashatta et son petit-fils shattuara Il. Ils avaient affaire à un adversaire déterminé, contre lequel ils luttèrent désespérément, l'Assyrie. A la mort d'Assur-uballit, qui avait inauguré la politique de redressement de l'Assyrie, ses deux premiers successeurs, Enlil­nârâri et Arîk-den-ili, se sont désintéressés des affaires du Mitanni. C'est Adad-Nirâri Ier qui inaugura une politique de conquête à l'égard du Mitanni où régnait encore shattuara Ier. Ses successeurs Salmanazar Ier (-1273 - 1244) et Tukulti-Ninurta Ier (-1243 -1207) vont terminer de ruiner l'ancien royaume du Mitanni. Tukulti-Nînurta réduisit finalement le Hanigalbat en province de l'Assyrie.


1 images

Mithra

Divinité iranienne des anciens Perses. Sans doute génie fécondateur des eaux et de la terre chez les anciens Aryas, il a revêtu, chez les Perses, l'aspect du dieu de la Lumière et de la Vérité (raison pour laquelle il est le garant des contrats). Son nom signifierait "l' ami", le "compagnon" (en sanskrit, mitrâ a le sens d'ami). Comme Anahita, il n'apparaît, dans les inscriptions achéménides, qu'à l'époque d'Artaxerxès Il. On trouve son nom en élamite sous la forme mi-is-sà et en akkadien sous celle de mi-it-ri. Il n'est que rarement mentionné, sur quelques inscriptions d'Artaxerxès Il et une d'Artaxerxès III, où il est invoqué par le souverain, parfois associé à Ahuramazda et à Anahita, afin d'obtenir sa protection ("Mithra baga pâtuv": que le dieu Mithra me protège...). Il est assimilé au soleil, raison sans doute pour laquelle on ne le trouve jamais figuré sous un aspect anthropomorphe. Le cheval lui est consacré et c'est à lui que cet animal est sacrifié dans certaines cérémonies.


mîsharum

(sum. nig.si.sâ, akk. misaru, mesaru = redressement, justice, du verbe eserum). Le mîsharum est établi par décret du roi généralement lors de son avènement, mais il est arrivé qu'il soit renouvelé tous les sept ans. Il agit en tant que pasteur de son peuple, protecteur des faibles et des opprimés. Cette pratique, surtout connue à Babylone au II mill., est documentée par ailleurs à Mariet en Syrie, et elle semble aussi avoir été propre aux Sumériens : lors de ses réformes, Ur-Nammu promulgue un nig-si-sà et l'on peut assimiler à cette pratique les réformes d'Urukagina. Elle s'appliquait plus particulièrement au domaine royal, mais, en Babylonie, elle s'étendait au domaine privé on ne dispose pas de documents pour inférer qu'il en allait de même dans les autres régions du Proche-Orient où elle était courante. D'autre part, après l'époque paléobabylonienne, on n'a qu'un seul exemple de promulgation de mîsharum à l'époque néobabylonienne, sous le règne de Nériglissar (-559 - 555). Le terme de mîsarums, qu'on trouve cependant souvent utilisé, n'a généralement que le sens de "justice", sans les implications sociales du décret royal de ce nom. Les personnes auxquelles étaient affermées les terres du palais pour une redevance annuelle étaient dispensées de payer les arriérés causés par des affaires malheureuses ou de mauvaises récoltes. Pareillement étaient annulées les dettes contractées par des gens réduits à la misère et pressés par les prêteurs et les usuriers. Des fonctionnaires royaux veillaient à l'application du décret, et les prêteurs qui passaient outre et continuaient de poursuivre leurs débiteurs risquaient une amende six fois supérieure à la dette, voire la mise à mort. Les hommes libres qui s'étaient mis eux-mêmes en état de servage pour payer leurs dettes ou encore une personne mise en gage en garantie de cette dette, et donc réduites à un véritable état d'esclave, étaient rendus à leur ancien statut de personne libre. Une demeure de famille ou un terrain vendu par acte d'huissser pour couvrir une dette était rendu à l'ancien propriétaire ainsi dépossédé, ce qui était souvent cause de nouveaux procès. Le misharum était décrété solennellement par le roi au cours d'une cérémonie particulière dans laquelle le roi levait à bout de bras un flambeau par lequel il s'identifiait à Shamash, dieu-soleil de la justice. Il ne nous est parvenu que deux de ces décrets qui puissent être attribués à des souverains connus, l'un à Samsu-iluna et l'autre, le plus complet, à son arrière petit-fils Ammisaduqa.


Moab

État constitué dans les montagnes situées à l'est de la mer Morte, au sud du royaume ammonite. Le nom de Moab apparaît pour la première fois dans une inscription de Ramsès Il à Luxor; datée du début du XIIIè s. Néanmoins, des villes du Moab semblent être mentionnés dans des textes égyptiens plus anciens. Ce ne sont cependant que des noms qui ne nous renseignent guère sur l'histoire du Moab. Les premiers textes de caractère réellement historique sont ceux de la Bible. Du roi Balak nous ne connaissons que le nom à l'époque des Juges (XIIè s. ?). David, qui descendait d'ailleurs d'une Moabite, à la fin du siècle suivant défit l'armée de Moab et annexa à son royaume la partie située au nord de l'Amon. Le seul roi indigène connu par un texte moabite est Mésha, qui établit un petit royaume stable après avoir vaincu les armées alliées des rois d'Edom, de Juda et d'Israël. Par les inscriptions assyriennes, nous savons que Moab devint vassal de l'Assyrie sous Tiglatphalazar IIIb (- 744 - 727). Le roi de Moab s'appelait alors Salamanu. Les Annales assyriennes nous font ensuite connaître deux autres rois, Sala­adbi, contemporain de Sennachérib (-704 -681), Musuri, vassal d'Assarhaddon, et Kamataltu, contemporain d'Assur-banipal. Alors que les Assyriens s'étaient contentés du paiement d'un tribut et laissaient ensuite toute liberté d'administration au roi vassal, de sorte que Kamashaltu fit une guerre aux Qédarites, les Babyloniens, avec Nabuchodonosor; annexèrent à leur empire le Moab, cinq ans après le sac de Jérusalem (-587), selon ce qu'assure Josèphe (Antiquités judaïques, 10, 9.7). Désormais le Moab ne fut plus qu'une province des grands empires qui se succédèrent en Orient : Perses, Grecs d'Égypte ou de Syrie, Romains, Byzantins. Le dieu national s'appelait Kamosh.


2 images

Mozan, tell

voir Urkesh.


mukarrib

Titre que se sont donné les premiers souverains de Saba et de Qataban bien que le premier qui l'a inauguré ait peut etre été un cheikh d'Awsan. Son sens est incertain : il s agirait de "prêtre roi" mais au sens propre le terme désigne "celui qui rassemble", "fédérateur". Ce titre a été remplacé par la suite par celui de roi (MLK).


Murashû

Nom d'une famille d'hommes d'affaires de Nippur. En 1893 a été trouvé à Nippur un lot de 502 tablettes représentant les archives d'une famille de la ville qui a fondé une firme de caractère bancaire sous les règnes des rois Perses Artaxerxès Ier et Darius II, soit entre - 440 et - 416. D'autres tablettes ont montré que l'activité de la firme s'est encore poursuivie jusque vers -404 pour disparaître ensuite, on ne sait de quelle manière. Ces archives consistent en reconnaissances de dettes, quittances, contrats, inventaires et mémoires. En tant que prêteurs, les Murashû exerçaient une activité de banquiers, mais leur principale source de revenus était la gestion de terres que leur confiaient contre une rente les particuliers, qui en avaient reçu la concession par l'Etat, voire l'Etat lui-même. Ces concessionnaires sont souvent de hauts personnages, des satrapes, voire des membres de la famille royale, telle la reine Parysatis. La fondation de la firme serait due à Murashû, fils de Hatin, au tout début du Vè s. Il serait mort vers - 445, mais son fils aîné, Enlil-hatin, lui aurait succédé dès - 454. En - 445, ce dernier s'associe à son frère Enlil-shum-iddin, qui disparaît en - 421. Tous deux avaient une soeur, Naqqitu, qui semble avoir eu une action dans la firme. Les derniers successeurs connus sont Rîmût-Ninurta (qui a exercé entre - 429 et - 414) et les deux frères (issus d'Enlil-sum­iddin) Enlil-hatin et Murashû. Quoique leur action se soit exercée sur le territoire de Nippur, les Murashû devaient avoir une agence à Suse, comme semblent le prouver des documents signés dans cette ville.


Mursili Ier

(vers - 1620 - 1590). Il s'est surtout distingué par le raid sans lendemain qu'il conduisit contre Babylone.


Mursili Il

( - 1840 - 1310) : C'est l'un des plus importants souverains hittites, ou, en tout cas, le moins mal connu grâce à ses annales. Il avait fait rédiger (ou rédigé lui-même ?) deux sortes d'annales. Les premières sont appelées "Annales décennales" parce qu'elles concernent les dix premières années de son règne ; elles relatent ses longues campagne à travers tout l'empire et en Syrie pour maintenir l'héritage de son père, Suppiluliuma, dont il était le plus jeune fils. Les autres textes, appelés par les modernes "Annales complètes" incluent non seulement les actions du roi mais aussi celles des princes et de ses généraux. Elles vont jusqu'à la 20ème année de son règne. « Ainsi parle Mon Soleil Mursilis, le grand roi, le roi des Hatti, le vaillant, fils de Suppiluliuma, le grand roi, le vaillant: Tandis que j'inaugurais mon règne sur le trône de mon père, les pays voisins et ennemis se levèrent tous contre moi. Or, lorsque mon père fut passé au rang des dieux, Arnuwandas mon frère s' assit sur le trône de son père ; mais il tomba malade. Et lorsque les pays ennemis surent qu'Arnuwandas mon frère était malade, ces pays dénoncèrent l'alliance. Puis, lorsque Arnuwandas mon frère fut passé au rang des dieux, alors les pays hostiles qui n'avaient pas encore pris les armes, même ceux-là les prirent" (introd. aux Annales décennales). Ainsi commence le règne de ce roi que les ennemis des Hittites pensaient être faible, et qui relevaient la tête une fois défunt le roi qui les avait vaincus. Tout ce texte des Annales est plein de bruit et de fureur: ce ne sont que combats, prises de villes, milliers de captifs ramenés en pays hittite, avec parfois un peu de repos et des hivernages à Ancyre, la future Ankara. Mais on peut voir que ces courses de Karkémish aux montagnes du nord de l'Anatolie , où les Gasgas avaient leurs quartiers, d'où ils pillaient les villes de l'empire, représentaient non pas des guerres de conquête, comme ce fut le cas pour les Assyriens , mais des guerres défensives pour contenir des ennemis qui se levaient de tous les côtés des frontières. Et ce n'est qu'au prix d'une telle activité, d'un règne sans guère de repos, que Mursili maintint l'acquis de ses ancêtres. Outre ces guerres incessantes et l'administration du royaume, Mursili eut aussi à se défendre contre les intrigues de sa belle-mère, une Babylonienne qu'avait épousée son père, Suppîluliuma. L'histoire de ces démêlés entre le roi et la dernière épouse de son père, nommé par son titre de Tawannanna, est conservée dans une prière adressée par le roi aux dieux comme justification de son action. Le roi accuse sa belle-mère d'avoir tué sa femme à l'aide de formules magiques, d'avoir introduit des coutumes subversives et reçu de l'argent de certaines villes. Il la déposa de son office de "prêtresse-siwanzanni" et l'exila. Comme elle mourut bientôt en exil, Mursili se vit accusé de l'avoir aidée à quitter le monde des vivants. Ainsi voulut-il se justifier, pour le moins face aux dieux. On ne sait précisément en quoi consistait la fonction de "prêtresse-siwanzanni"; chaque sanctuaire local avait une telle prêtresse, ce qui ne semble pas représenter une haute position , mais il semblerait que, dans ce cas particulier, elle aurait été la prêtresse non pas d'un sanctuaire particulier, mais de tous les dieux en quelque sorte la grande prêtresse de tous les sanctuaires de l'empire . Le règne de Mursili se termina cependant dans le malheur, malgré ses victoires : une épidémie de peste ravagea le pays, dont il a peut-être été l'une des victimes.


Nabatéens

Peuple d'origine arabe établi au sud-est de la mer Morte. La question reste discutée de savoir si les "Nabaiati" (matuna-ba-a-ati = pays des Nabati) des textes Assyriens du VIlè s. sont le même peuple que les Nabatéens qui apparaissent dans la région de Pétra quatre siècles plus tard. Ce sont, certainement, les mêmes que les Nabaoth de la Bible et que les Nabatû des inscriptions araméennes. Eux-mêmes se désignaient sous le nom de nbtw = Nabatû. Quoi qu'il en soit, il s'agissait d'une tribu de chameliers nomades qui s'est finalement fixée dans le sud-est de la mer Morte, d'où elle pouvait contrôler le trafic des caravanes venues du Hedjaz ou encore de la région de Teima pour transporter les marchandises vers les ports de la Méditerranée orientale. En - 812, Antigone Monophtalmos, un général d'Alexandre le Grand, vint l'assiéger dans son repaire de Pétra, nous apprend Diodore de Sicile (19, 95, citant Hieronymus de Cardie) : c'est ainsi que les Nabatéens sont réellement entrés dans l'Histoire. Cette première période reste obscure et très fragmentaire et ce n'est que près d'un siècle et demi plus tard qu'ils se révèlent comme un peuple important dirigé par un roi, Arétas. Quatre rois vont porter ce nom et écrire dans son ensemble l'histoire du royaume de la Nabatène. Le troisième du nom porta le royaume à sa plus grande expansion territoriale en conquérant Damas. Mais il ne garda pas longtemps cette position et l'intervention des Romains l'obligEa à se réfugier à Pétra; il fut contraint de se soumettre à Rome et de devenir son client. Mais si la paix avec Rome réduisait les territoires dominés, elle ouvrait aux Nabatéens un immense marché. Devenus les fourriers de l'encens et des résines aromatiques de l'Arabie du Sud, les Nabatéens s'enrichirent prodigieusement et firent de Pétra une ville dont l'opulence apparaît dans les centaines de tombes aux façades de temples ou de palais qui sont restés l'ornement des falaises abruptes dominant le cirque de pierres mauves au centre duquel était construite la ville avec ses entrepôts, ses temples et ses riches demeures. C'est sous Arétas IV, contemporain d'Auguste et de Tibère, que Pétra parvint à son apogée économique. Ne pouvant étendre leur domination territoriale vers le nord, les rois nabatéens l'étendirent vers le sud, en direction du Hedjaz et de Yathrib (la future Médine), l'une des étapes de la route des caravanes de l'encens. Ils établirent sur cette route des postes, notamment dans une ville où la marque de leur présence subsiste dans les tombes rupestres pourvues de façades monumentales : Hégra (act. Médain Saleh) qui a été l'un de leurs plus importants entrepôts, entre Pétra et Yathrib. Par ailleurs, ils ont balisé les routes du Negeb conduisant à Gaza, port sur la Méditerranée par lequel leurs marchandises étaient expédiées vers l'Italie. Sous leur impulsion, le Negeb, alors semi­désertique, vit se développer une agriculture soutenue à l'aide de barrages. Des tombes de Pétra comme le Khazneh ou un temple comme celui dont les ruines subsistent sous le nom arabe de Qasr el-Bint ("château de la fille du pharaon") illustrent le règne d'Arétas IV Sous son fils et successeur Malichus II ( - 40 - 70), les Nabatéens continuèrent de prospérer et étendirent leurs comptoirs vers le nord-est de l'Arabie, à Dumat (act. Jawf). Rabbel Il était mineur lorsqu'il succéda à son père. Si, d'un côté, il perdit Hégra, où les familles nabatéennes qui dirigeaient la ville se rendirent indépendantes, il établit sa seconde capitale à Bostra, dans le sud de la Syrie. On pourrait s'étonner que les Romains aient laissé prospérer Si longtemps un royaume vassal, mais qui s'enrichissait à leurs dépens. C'est ce qui dut tourmenter Trajan, lequel se décida, finalement, à annexer Pétra et la Nabatène en 106 de notre ère. Pétra continua cependant de prospérer tout en déclinant lentement. Le fait qu'elle ait été érigée en évêché au IV s. laisse supposer qu'elle avait encore une certaine importance. Mais, les Nabatéens n'ayant plus la maîtrise du commerce, les caravanes se détournaient de Pétra et se dirigeaient directement vers Bostra. Lorsque, à la fin du VIè s., Mahomet, jeune chamelier, se rendit de La Mecque dans l'Empire byzantin avec les caravanes organisées par sa future épouse, Khadidja, il ignora totalement Pétra et parvint à Bostra par la route directe qui allait devenir celle des pèlerinages après la conquête islamique. On a recueilli de nombreuses inscriptions nabatéennes (environ 4 000) dans le nord du Hedjaz, dans la région d'Hégra et d'al-'Ulâ, rédigées en araméen car si l'onomastique prouve que les Nabatéens étaient bien des Arabes, ils ont dû adopter la langue des indigènes, descendants des Edomites, lorsqu'ils se sont sédentarisés dans la région de Pétra . Ces inscriptions sont, comme la plupart des inscriptions des populations nomades du nord de l'Arabie, très brèves, du type : "tymw br m'nw slm" = "Teymu fils de Ma'anu, salut (paix)". Si le mot de "salut" ("slm") vient souvent justifier l'inscription, on a aussi simplement un nom, soit un tel, fils d'un tel, le "salut" étant sous-entendu. Mais on a également recueilli des inscriptions diverses, comme celle-ci (rare), qui rappelle le souvenir d'un être cher: "dkyr dyny btb" = "Rappelle-toi Dinay pour le bien".


Nabonide

Roi de Babylone (-556-539). Il n'appartenait pas à la famille royale, auprès de laquelle il a été introduit par sa mère Ada-Guppi, prêtresse (ou dévote ?) du temple de Sîn à Harran. On ne sait précisément ce qu'il était avant d'être porté sur le trône de Babylone, sans doute avec l'appui des grandes familles de banquiers et de négociants de la ville, à la suite de l'assassinat de Lâbâshi-Marduk. Bien que les inscriptions disent de son père qu'il était "gouverneur héroîque" (Sakkanaku qitrudu) et "prince parfait" (rubû gitmalû), sa famille était sans doute de modeste origine. Quoi qu'il ait été alors un homme d'âge mûr, il dut conduire à deux reprises des campagnes militaires jusqu'en Cilicie. Mais ce qui marque surtout son règne, c'est son désir de reconstruire les temples anciens en état de délabrement; à cette fin, il faisait rechercher les éléments d'architecture et les objets du culte dans les ruines, ce qui lui a valu un renom d'"antiquaire", ou d' "archéologue". Ainsi fit-il entreprendre des recherches en ce sens notamment à Akkad, Ur et Uruk. Fervent adorateur de Sîn, peut-être sous l'influence de sa mère, il favorisa le culte du dieu-lune d'Ur, Nannar, et établit sa fille Bêl-shalti-Nannar prêtresse du temple du dieu dans cette antique cité ; une fois que les Mèdes eurent évacué Harran, après la mort de leur dernier roi, Astyage, il fit reconstruire le temple de Sîn de cette ville. Sa dévotion au dieu lunaire et son détachement ostensible par rapport au culte de Marduk suscitèrent l'hostilité du clergé du dieu tutélaire de Babylone. Il est possible que, par mesure de représailles, il se soit décidé à quitter Babylone vers - 552 pour marcher à la tête d'une armée sur le nord de l'Arabie, où il enleva plusieurs villes qu'il inclut dans l'Empire Babylonien, jusqu'à Yathrib (Médine). Il se fixa ensuite à Teima, où il installa son administration. Il avait laissé à son fils Bêl-shar-utsur; le Belshazzar du livre biblique de Daniel, le gouvernement de Babylone. Le prince était en relations étroites avec les grandes familles babyloniennes (Nur-Sîn et Égibi), comme en témoigne un nombre important de lettres et de contrats à son nom. Belshazzar était déjà adulte lorsque son père avait été mis sur le trône, et l'on a pu émettre l'hypothèse qu'il fut l'instigateur du meurtre de Lâbâshi-Marduk. Nabonide séjourna une dizaine d'années à Teima, où il s'était fait construire un palais et avait agrandi et urbanisé l'oasis pour y établir une capitale. La domination des routes et des villes de l'Arabie septentrionale jusqu'au milieu du Hedjaz lui permettait de contrôler tout le trafic commercial des résines de l'Arabie du Sud, ce qui a aussi été une raison économique évoquée pour expliquer l'installation du roi dans cette oasis si éloignée de la métropole. En -542, il revint en Mésopotamie pour aller inaugurer le nouveau temple de Sîn à Harran. Nabonide revint ensuite s'installer à Babylone, où il semble avoir cherché à imposer le culte de Sîn comme divinité suprême de l'empire, ce qui lui aliéna définitivement le clergé de Marduk. Il semblerait, cependant, que son retour ait surtout été dicté pour des raisons politiques : Cyrus, après avoir renversé le roi des Mèdes et uni la Perse à la Médie, avait conduit des campagnes vers l'Asie occidentale, soumettant la Lydie, et paraissant ainsi s'être désintéressé de la Babylonie. Mais une fois rentré en Perse, plus puissant que jamais, il représentait une menace évidente pour Babylone. Ugburu (Gobryas), gouverneur du Gutium, province de l'Empire babylonien, avait fait défection et s'était rallié à Cyrus, qui marcha sur Babylone en -539. Les Perses battirent l'armée babylonienne à Opis et prirent Sippar. À Ugburu fut réservée la gloire de prendre Babylone par surprise. Belshazzar fut tué dans son palais et Nabonide capturé. Il semblerait que Cyrus se soit contenté d'installer le roi déchu en Carmanie, une lointaine province perse de l'Iran méridional.


1 images

Nabopalassar

Roi de Babylone (- 625 - 605), fondateur de la dynastie dite néo-babylonienne. (voir : Assyriens, Chaldéens).


Nabuchodonosor

Roi de Babylone (-605 - 562), deuxième du nom. Fils de Nabopalassar, fondateur de la dynastie dite chaldéenne, il se distingua avant même de monter sur le trône en remportant une victoire décisive sur l'armée égyptienne de Néchao Il sous les murs de Karkémish en - 605. Il était encore en campagne lorsqu'il apprit la mort de son père. Revenu à Babylone pour toucher la main de Marduk dans l'Esagil afin de recevoir du dieu le trône de Babylone, il en repartit bientôt pour diriger une campagne vers la Syrie. Entre - 601 et - 598, il ne cessera de guerroyer de la Syrie à l'Arabie pour chasser les Egyptiens de l'Asie et établir son autorité sur les rois vassaux. En - 597, il prend Jérusalem et place sur le trône de Juda, en tant que vassal, Sédécias, oncle du jeune roi vaincu Joiakîn, qui fut emmené à Babylone avec sa famille et les dignitaires de sa cour. Joiakîn étant traité en roi par son vainqueur, bien que captif, ses sujets qui l'accompagnaient continuèrent de dater les événements selon les années de règne de leur souverain, ignorant Sédécias. Ce fut, de la part de Nabuchodonozor, une grande habileté politique, car il divisait le monde juif en deux factions partisanes chacune de l'un des rois. Il se trouve que les nombreuses inscriptions laissées par le roi de Babylone concernent principalement son activité de bâtisseur qui fut considérable et incessante, au détriment de son action militaire et politique. Les sources essentielles quant à ses campagnes sans cesse renouvelées en Syrie et en Palestine résident dans les textes bibliques, de sorte que sa politique à l'égard du royaume de Juda prend une importance qu'elle n'avait certainement pas aux yeux ni des Babyloniens ni des autres royaumes de Syrie et de Phénicie. Ainsi, on ne peut douter que d'autres princes locaux n'aient été déportés et installés avec les leurs en Babylonie, mais on ne sait à peu près rien à leur propos. Car il est tout aussi évident que l'édit de Cyrus, qui permit aux populations déportées de rentrer dans leur pays d'origine, concernait non seulement les Juifs mais encore d'autres groupes ethniques non désignés; toutefois, il ne nous est pas parvenu de documents les évoquant. Pareillement, Si nous n'avons que peu d'éléments sur les révoltes des autres royaumes syro-phéniciens, les campagnes que Nabuchodonozor dut sans trêve conduire dans ces régions laissent supposer que celles-ci étaient en efferves­cence. Sédécias, homme faible, se laissa entraîner à participer à une coalition avec Ammon et la Phénicie, dirigée par les Égyptiens contre Babylone. La réaction fut immédiate: Nabuchodonozor repartit en campagne, vainquit les coalisés, mit le siège devant Tyr et prit Jérusalem, qui fut mise à sac ( - 586). Sédécias, capturé alors qu'il tentait de fuir, eut les yeux crevés et fut déporté avec une grande partie de la population de la capitale du royaume de Juda, qui fut intégré dans l'Empire néo-babylonien. Il restait cependant une partie de la population de Jérusalem et surtout les habitants des campagnes et des villages judéens. Parmi ceux-là, un groupe réussit à assassiner le gouverneur placé par les Babyloniens à la tête de la province et s'enfuit en Égypte. Il fallut encore une nouvelle déportation des irrédentistes, cinq ans plus tard, pour que le calme soit rétabli. La plupart des monuments de la Babylone néobabylonienne rendus au jour par les fouilles allemandes datent de l'époque de Nabuchodonozor qui, s'il ne les a pas construits, les a, pour le moins, restaurés. C'est à lui que sont dues les enceintes définitives, la construction de l'énorme bâtiment appelé "palais d'été" et surtout le palais sud, près de la porte d'Ishtar où il fit construire les célèbres jardins suspendus pour, a-t-on assuré, son épouse mède Amytis. Il mourut en - 562, laissant à son fils et successeur Awêl-Marduk ( - 561 - 560) un empire prospère et stable, qui s'étendait de la chaîne du Zagros à la Méditerranée, et à la postérité une ville couverte de monuments somptueux, qui est restée dans les mémoires comme le prototype des cités magnifiques et légendaires.


1 images

Nabû

Dieu babylonien de l'écriture et de la sagesse. C'était, à l'origine, un dieu d'origine ouest­sémitique dont le nom apparaît dans les tablettes d'Ebla. L'étymologie de son nom est discutée ; on l'a fait dériver de "nb' ", "annoncer" : il serait "celui qui annonce", mais Dhorme lui préfère "celui qui brille" (ne /abu), en se fondant sur le fait qu'il est identifié à la planète Mercure . Il a été introduit en Babylonie au début du IIè mill. avec la migration des Amorrites. Peut-être était-il déjà en connexion avec Marduk; toujours est-il que, devenu la divinité tutélaire de Borsippa, il fut regardé comme le fils de Marduk et de Sarpanit. L'Ézida (= "Maison stable"), nom de son temple à Borsippa, devint l'appellation de ses temples dans d'autres cités comme Kalhû. Car il fut adopté par les Assyriens comme dieu national. Salmanazar Ier ( - 1273 - 1244) fut le premier roi d'Assyrie à introduire son culte à Assur, puis on lui consacra des temples à Ninive, Kalhû et Khorsabad.htm">Khorsabad (Dur-sharrukin). On lui donna pour épouse la déesse Tashmétum et, plus tardivement, Nisaba, sans doute à cause de sa fonction de dieu des Scribes et de l'Écriture. Il jouait un rôle important lors des fêtes de l'Akitu,où il quittait son sanctuaire de Borsippa pour aller visiter son père, Marduk, à Babylone. Il était aussi l'un des maîtres des tablettes des destinées : "Fameux, insigne, fils d'Asari qui as nommé tout ce qui a un nom, [qui écou]tes la prière, aux traits brillants, le conseiller de ses pères, Dragon irrésistible, [fils héri]tier de Nudimmud, ornement des Igigu, doué de [savoir-fai]re, dé[ten]teur de tout entendement, les entassements d'un édifice et de [son] soubassement sont stables [en t]a [main]. Tu fixes un destin favorable, Nabû miséricordieux» . Le dragon était son animal symbolique.


1 images

Naïri

Nom donné par les Assyriens à la région située au sud-est du lac de Van (act. Turquie orientale). Souvent envahie par les Assyriens à l'époque néo-assyrienne, elle est, dans les inscriptions assyriennes, un autre nom de l'Urartu.


namburbi

(namburbû) : Terme babylonien d'origine sumérienne (NAM-BÙR-BI) désignant un rituel de caractère apotropaïque, destiné à éloigner un démon. La plupart des tablettes où s'inscrivent les textes de ce type proviennent des archives de Ninive et d'Assur et datent du 1er mill. Les namburbi complètent, dans une certaine mesure, les omens et les incantations dont ils représentent l'aspect pratique, les gestes à faire, les actions à exécuter, les sacrifices à offrir, pour rendre efficaces les incantations de caractère apotropaïque. Le rite doit s'accomplir dans le lieu où s'est manifesté le présage, champ, maison, porte... Le lieu doit être sacralisé, séparé du monde profane par l'érection d'un enclos, d'une hutte en roseaux, et l'on y dresse un étendard. Sur un autel de fortune, qui peut simplement consister en un plateau dressé sur un support , seront déposées les offrandes. Mais, auparavant, le praticien devra procéder aux purifications du lieu avec de l'eau, de l'encens et une torche, ainsi que de l'impétrant, qui doit se laver, se raser et mettre un habit propre. Après les offrandes consistant en nourriture (pain, bière, gâteaux, rarement de la viande) et en aromates et bois aromatiques (genièvre, cèdre, myrrhe, brûlés dans un encensoir) commencent les rites. Le premier d'entre eux est la destruction du mauvais présage. Il peut s'agir aussi bien d'un champignon apparu sur un mur que d'un insecte comme le scorpion. Lorsque l'objet ou le phénomène sujet de l'omen est inaccessible, on détruit un substitut d'une nature identique, lequel peut simplement être une image peinte ou modelée en argile. Lorsque le sujet représente une richesse économique, comme une maison ou un animal, on casse une petite partie de la maison (une brique, par ex.) ou l'on brûle quelques poils de l'animal. Le patient dont on a détourné l'entité qui le menaçait doit ensuite s'astreindre à observer un certain nombre de prescriptions, comme de suivre, pour rentrer chez lui, un autre chemin, que celui qu'il avait emprunté en se rendant sur le lieu où s'est effectué le rituel. Le rite était accompagné de prières et de sommations faites au démon agresseur.


Nammu

Déesse Sumérienne. Elle aurait donné naissance au Ciel (Anu) et à la Terre (Ki). C'est une déesse-mère sans fonction précise. Son nom est écrit avec un signe identique à celui d'Engur, un autre nom de l~Apsû, ce qui laisse supposer qu'elle pourrait avoir été la personnification de ces eaux souterraines.


6 images

Nana

Déesse Sumérienne. Mal définie, elle serait une divinité tutélaire de Larsa, et à Uruk elle formait une triade avec Anu et Inanna. Elle avait aussi des sanctuaires à Drehem et Umma. Son nom entre dans la composition de plusieurs anthroponymes.


Nanaya

Déesse Sumérienne. Elle apparaît à l'époque d'Ut III. Proche d'Inanna, elle est aussi fille d'Anu et sœur d'Utu. À Uruk, elle était adorée avec banna et sa fille Kanisura.


Nanna-Suen

Nom du dieu-lune sumérien. Son nom est écrit avec le sumérogramme dSES-KI, terme qui souligne son étroite relation avec Ur (sum. SES-AB­KI). Il s'agit d'une ancienne divinité lunaire qui apparaît sur la liste des dieux de Fara. Il est appelé soit Nanna(r), soit Suen, transcription en sumérien du nom du dieu sémitique Sîn, une divinité lunaire identifiée à Nanna. Les deux noms sont aussi parfois réunis. La théologie sumérienne en a fait le fils d'Enlil issu de ses premières amours avec Ninlil. De son union avec Ningal (voir : déesses) seraient nés Inanna et Utu, le soleil, ce qui s'explique dans la mesure où pour les Sumériens le jour naît de la nuit, retour temporaire à la Ténèbre primitive d'où l'univers est issu. Dieu lunaire, Nanna-Suen est associé à l'agriculture et à la fertilité. Toute sa "mythologie" tourne autour de son aspect lunaire. Son nom est parfois écrit d30, allusion aux trente jours du mois lunaire, ses surnoms asimbabbar (le Lumineux), amar-ban-da­ den-lil-a (jeune veau d'Enlil), mà-gur8 (le Bateau) sont des allusions à la lune, à son brillant, à ses quartiers, à sa navigation dans le ciel. Pendant la période de la nouvelle lune, il est censé descendre dans le monde infernal pour décider du destin des morts. Le temple principal de Nanna-Suen, appelé é.kis.nu.gàl, était à Ur où il possédait un nombre imposant de sanctuaires secondaires et de centres administratifs qui lui étaient réservés (cour du Jugement, Trésor) dans le temenos de son temple s'élevait la ziggurat qui lui était consacrée, l'é.temen-nî-gùr-(ru) = Maison, Terrasse de fondation revêtue de terreur. Son seul sanctuaire connu hors d'Ur (sous son nom de Nanna) était l'(é).kar.zi.da (Maison du quai de la Vérité), à Gaesh. La liturgie du dieu nous a procuré un modèle des "voyages" accompagnés de processions que faisaient quelques dieux d'un sanctuaire à un autre, en général pour rendre hommage à une divinité qui lui était supérieure; la majorité de ces voyages se faisant vers Eridu ou Nippur, dans les sanctuaires des deux grands dieux Enlil et Enki. En cette occurrence, il s'agît du voyage que Nanna-Suen fit par le fleuve au sanctuaire de son père, Enlil, à Nippur. Il s'agit d'un poème de 352 vers qui aurait été composé, selon Jean Bottéro, à l'époque d'Ur III, et qui a peut-être été un "chant choral alterné". "A la cité de sa mère, le champion Nanna-Suen [décid]a de se rendre. [A] la cité de sa mère Suen­Asimbabbar [décida] de se rendre. A la cité de sa mère et de [son] père, Nanna-Suen [dé]cida de se rendre... ." On commence donc par construire l'embarcation où va prendre place le dieu, ce qui nous permet de suivre un cours sur les éléments constituant un bateau et les matériaux utilisés. On s'embarqua et le voyage se fit par étapes dans d'importants lieux de culte, dont le dieu "qui ne quittait jamais son temple" sortit de celui-ci pour souhaiter le bienvenue au bateau et lui demander de lui remettre sa cargaison, ce que fit ledit bateau qui déclara se rendre à Nippur. Les étapes sont: Ennegi avec la déesse Nîrigirida, Larsa avec shérida, Uruk avec Inanna, shurrupak avec Ninunu (la déesse Sud d'Enlil et Sud), Tummal avec Ninlil, enfin Nippur. Là, le portier du temple d'Enlil, Kalkal, ouvrit la porte du temple au visiteur qui offrit des cadeaux à son père :"Enlil, charmé de ces présents, offrit à son fils Suen un banquet. Satisfait de Suen, il disait suavement:"Servez à ce jeune homme des gâteaux : il les aime ! Servez à mon Nanna des gâteaux : il les adore !" Enfin, avant de repartir, Nanna demanda à son père de lui accorder un certain nombre de choses et, surtout: "Accorde-moi longue vie dans le palais royal avant que je m'en retourne à Ur" Demande qui pourrait paraître étrange pour un dieu immortel si l'on ne savait que, en réalité, c'est le roi d'Ur lui-même qui s'identifiait à son dieu protec­teur. On ne connaît que peu d'hymnes et de prières consacrés à Nanna, mais, en revanche, il nous est parvenu, dans un état fragmentaire, un balbale dont Castellino a donné une traduction italienne (il existe une traduction française fragmentaire par R. Jestiri 1938) sous le titre d' "Idylle pastorale: chant balbal à Nanna-Suen. La première partie est la fin d'une ballade à Inanna puis la suite nous emmène dans une campagne où s'ébattent des moutons et des vaches dont l'éclat est "semblable à l'éclat de la lune qui se lève" (référence au caractère lunaire du dieu).


Nanshé

Déesse Déesse Sumérienne. Fille d'Enlil. Elle est associée aux canaux et aux rivières. Dans "Enki ordonnateur du monde", où elle est dite » la grande dame au pied de qui se tient la chouette (?) , Enki lui confère la responsabilité des produits de la mer.


1 images

Naram-Sîn

Roi d'Akkad (-2254 -2218). La graphie Naram-Suen, qu'on rencontre parfois, est la forme sumérienne de son nom akkadien. Il était le fils de Manishtusu et le petit-fils de Sargon. Comme pour Sargon, l'essentiel de nos connaissances sur ce personnage d'une importance capitale dans l'histoire de l'Orient ancien repose sur des textes tardifs, au moins d'époque paléobabylonienne, soit plus de quatre siècles après les événements; c'est le cas, en particulier, du récit littéraire de la Grande Rébellion, un soulèvement général de toutes les provinces, de la Syrie à l'Élam, au moment de son avènement: «Lorsque les Quatre Régions, ensemble, se soulevèrent contre moi, que Kish, Kutha, [w]urumu Kazallu, Giritab, Api(w)ak [...] Ibrat, Dilbat[...] Uruk et Sippar ensemble se soulevèrent contre moi" . Une grande partie de son règne s'est passée en guerres, mais il est impossible de situer celles-ci chronologiquement. Après avoir pacifié les villes d'Akkad et de Sumer révoltées (sont citées des villes connues comme Kish, Uruk, Sippar) et regroupées derrière Ipkhur-Kish qui s 'était emparé de la royauté à Kish et Amargirid, roi d'Uruk, Naram-Sîn fit victorieusement face aux rébellions du côté du couchant, en Syrie, et jusqu'en Anatolie , comme en témoignent des stèles de victoire trouvées à Diyarbakir et à Suleymanieh, dans l'est de la Turquie, ce qui corrobore le témoignage plus tardif d'une tablette d'argile : "Nergal ouvrit la route de Naram-Sîn le fort, et il lui donna Armanum et Ibla; il lui offrit aussi l'Amanus, la montagne des Cèdres et la mer Supérieure (la Méditerranée)." Selon les versions de la "Grande Rébellion" (trois paléobabyloniennes et une hittite), il aurait vaincu soit dix-sept, soit onze rois coalisés. La version paléobabylonienne du British Museum cite, parmi les rois qui se levèrent contre Naram-Sîn, ceux d'Élam, du Gutium mais aussi de Mélukhkha et d'Aratta, ce qui laisse penser que, dans sa marche vers l'est, il conquit l'Élam, où il plaça un gouverneur dans sa capitale, Suse, poussa ses expéditions jusqu'à Magan (l'Oman), où il vainquit son roi, Manium, et peut-être plus profondément encore dans le plateau iranien, presque jusqu'à la vallée de l'Indus. Une année, il aurait remporté neuf victoires successives sur ses ennemis. Selon ce qu'on peut conclure des textes dont nous disposons - qui, dans l'ensemble, remontent à des sources anciennes, bien que fortement magnifiées - Naram-Sîn s'est révélé un stratège et un tacticien exceptionnel, dont pour une grande part le règne s'est passé en campagnes militaires destinées à la sauvegarde des frontières de l'empire dont il avait hérité. Et, visiblement, de son vivant, son génie militaire a dû étonner ses contemporains tout autant que lui-même, car il a été le premier souverain mésopotamien à s'être divinisé de son vivant, sans doute vers la fin de sa vie. Ainsi, dans nombre d'inscriptions est figuré le déterminatif des noms divins devant son nom, d'où la traduction de Naram­Sîn, "le dieu" (d'Akkad). D'autre part, il a inauguré le titre qui sera ensuite souvent repris par les rois mésopotamiens, de "roi des Quatre Régions"(c.à.d. "du Monde"). Roi conquérant, il fut aussi roi bâtisseur. Outre le palais qu'il s'était fait construire à Brak, il reconstruisit l'é.babbar, temple de Shamash et d'Ayya à Sippar, l'é.kish.nug.àl, temple de Nanna-Suen à Ur, dont il fit sa fille, En-men-ana, la grande prêtresse, celui d'Ishtar à Zabalam, celui d'Inanna à Adab; à Akkad, il aurait bâti un temple de Sîn et un autre pour lui-même. Selon une inscription de Nabonide, il aurait achevé la construction de l'é.ul.mas, temple d'Ishtar à Akkad. Il aurait encore restauré l'é.kur le temple d'Enlil àNippur, entreprise terminée par son fils shar-kali-sharri, tandis que son autre fils, Lipit-ilî, érigea pour lui le temple de Ninurta à Marad, ville dont il était le gouverneur. Néanmoins, Naram-Sîn aurait encouru la colère d'Enlil pour avoir mis à sac Nippur et l'é.kur, ce même temple d'Enlil qu'il restaura. Et ce serait ce sacrilège qui aurait, par la suite causé tous les malheurs d'Akkad et sa ruine finale, si l'on en croit le texte de la "Malédiction d'Akkad". ICONOGRAPHIE : Malgré l'importance et la longueur de son règne, il ne nous est parvenu que peu de représentations de Naram-Sîn. Son passage dans le défilé de Darband i-Gawr en Iran, au nord du Kara-Dag, lors d'une expédition contre les Lulubi, est commémoré par une stèle sculptée dans la roche figurant son triomphe sur ses ennemis. Le musée d'Istanbul possède un fragment de stèle en basalte de 55 cm de haut, provenant de Pir-Hussein (Kurdistan turc), où l'on voit le roi de profil, tourné vers la gauche, coiffé de la tiare conique, vêtu d'une tunique laissant nue son épaule droite. Sa barbe, soigneusement frisée, coupée en triangle, lui couvre la plus grande partie du visage. Cependant, le chef-d'oeuvre de l'art de cette époque est la stèle de grès rose, trouvée à Suse mais érigée à Sippar (musée du Louvre), où l'on voit le roi, coiffé d'un casque pourvu de deux cornes, qui marche vers une montagne en forme de cône, surmontée par des symboles divins ("roue" de Shamash en forme d'étoile pourvue d'une quinzaine de branches). Derrière lui et dans un registre inférieur suivent trois porteurs d'étendard, et dans le registre le plus bas marchent des guerriers Akkadiens. Face à eux se trouvent les ennemis vaincus, l'un pendu par les pieds, un autre empalé par les reins, un autre, agenouillé, le torse rejeté en arrière, souffle dans une longue trompette. Dans le fond, sur trois registres, trois personnages en prière. Tous ces personnages harmonieusement répartis sur cette stèle de 2 m de hauteur sur une largeur maximale de 1,05 m, donnent un sentiment de grouillement de vie tout en exaltant la gloire du roi conquérant, qui semble monter vers les cieux où résident les dieux. (voir aussi : Kutha, légende du roi de ).


3 images

Nergal

Dieu babylonien des Enfers. Son nom pourrait être fondé sur l'expression sumérienne né-eri-gal = seigneur de l'autre monde. Il n'apparaît qu'à l'époque d'Akkad, ce qui laisse supposer qu'il n'est pas d'origine sumérienne. Divinité céleste, il était identifié à Shamash. Fils d'Énlil, il avait été chargé par son père de s'occuper des vivants, mais il était devenu un feu destructeur qui l'a assimilé à Erra. Le mythe dit de "Nergal et Éreshkigal" explique comment il est devenu le maître du monde inférieur : en tant que tel, il a absorbé la personnalité de Meslamta'Ea , dieu sumérien connu déjà par la liste de Fara, attaché au mes.lam de Kutha (son nom signifie : "L'Un issu de Meslam"). C'est sans doute cette assimilation qui a fait de Kutha le centre principal du culte de Nergal. De son union avec Éreshkigal serait issu Ninazu (seigneur guérisseur), divinité sumérienne d'Eshnunna et d'Énégi. Par ailleurs, Nergal apparaît dans certains hymnes comme un dieu guerrier, dieu de la Peste mais aussi dieu de la Végétation. Son culte n'était pas circonscrit à Kutha; il était largement répandu dans toute la Mésopotamie, et aussi à Suse, en Élam. Un petit poème épique dont on a retrouvé un fragment sut une tablette brisée rapporte comment le dieu, avant sans doute qu'il régnât sur l'enfer, vainquit un dragon-serpent monstrueux né de l'océan .


Nergal et Éreshkigal

Le mythe nous est connu par deux versions. L'une retrouvée dans les textes d'Amarna, remonte, semble-t-il, à l'époque paléobabylonienne. C'est une version de moins de 90 lignes, contrairement à la version longue, qui, complète, devait comprendre environ 400 lignes. Cette dernière est connue par deux manuscrits dont le plus complet provient de Sultantépé et date du 1er millénaire. Son dessein est d'expliquer la raison pour laquelle un dieu céleste est devenu la grande divinité de l'enfer. Dans l'intention de festoyer, les dieux envoient un messager à Éreshkigal pour lui rappeler qu'eux-mêmes ne peuvent descendre chez elle, mais qu'elle est invitée à leur table et que, Si elle ne peut se déplacer, elle délègue un messager pour participer à la fête en son nom. Elle délègue donc Namtar, son page. Comme il est le représentant de la déesse, lorsqu'il paraît dans la salle du banquet les dieux s'empressent de le saluer, sauf un, Nergal. Namtar s'en retourne auprès de sa maîtresse pour se plaindre de l'affront. Furieuse, Ereshkigal lui ordonne de revenit auprès des dieux afin de chercher l'insolent et de le ramener devant elle pour qu'elle le mette à mort. Comme Nergal était effrayé des conséquences de son acte, il avait pris conseil auprès d'Éa, qui lui avait suggéré de se raser la tête. Ce qu'il avait, fait, de sorte que le naïf Namtar n'avait pas reconnu en lui le dieu insolent. Éteshkigal ayant dit àson serviteur qu'il reviendrait chaque mois dans le ciel chercher le dieu qui lui avait manqué de respect, Nergal vint pleurer devant son père, Éa, qui lui enjoignit de se rendre en enfer auprès de la déesse, et, afin qu'elle ne puisse le tuer, il lui donna quatorze gardes dont, pour onze d'entre eux, voici les noms (traduits par Jean Bottéro) Foudroyeur, Sbire, Espion, Pourchas (?) Asthme (?), Haut-Mal, Vertige, Attaque, Somnambulisme, Fièvre et Infection. Ainsi armé, Nergal se rendit dans les Enfers, plaçant un de ses gardes à chaque porte en leur ordonnant de les maintenir ouvertes. Finalement, le peureux Nergal, qui pleurait de crainte, saisit par la chevelute la déesse si redoutable afin de lui couper la tête. Terrorisée, elle supplia en pleurant de lui laisser la vie : "Sois mon époux et je serai ta femme! Je te mettrai en possession de la royauté sur l'Enfer! Je te délivrerai la Tablette-du-Savoir! Tu seras le seigneur, moi la dame!" Le tendre Nergal se laissa fléchir, la prit dans ses bras, essuya ses larmes et devint ainsi le seigneur de l'Enfer.


Néo-Hittites

On donne ce nom aux cités Etats qui se sont constituées après la chute de l'Empire hittite et qui ont prospéré a partir du Xè. s. jusqu'à leur annexion par les Assyriens. Les plus importantes de ces cités sont Karkémish, Karatepe, Til Barsib Marash villes auxquelles certains auteurs joignent Halaf / Guzana et Hama sur l'Oronte.


Nérab

Village de Syrie où furent trouvées deux stèles funéraires en basalte rédigées en araméen. Elles sont consacrées chacune par un prêtre du dieu Sahr (Sîn) ; chacun des prêtres est représenté sur la stèle et accompagné d'une inscription. L'un de ces deux prêtres, Agbar (ou shi'gabbar), est connu en outre par une lettre qu'il a adressée à Sargon d'Assyrie, datée des environs de -710.


Ningal

Déesse Sumérienne, " grande dame" Épouse du dieu-lune Nanna(r). Le centre de son culte était à Ur, où les rois de la IIIe dynastie lui construisirent un temple (é-karzida). Elle est parfois donnée comme la mère d'Inanna.


Ningirsu

Dieu sumérien. C'était le dieu tutélaire du royaume de Lagash et plus particulièrement de Girsu, son nom signifiant "seigneur de Girsu". La notoriété de Lagash permit à son culte de s'étendre sur Sumer. La théologie en a fait le fils d'Enlil (ou d'Anu), l'époux de Baba et le frère de Nisaba et de la déesse Nanshé. C'est lui qui apparut à Gudéa dans un rêve, sous l'aspect d'un homme pourvu d'ailes, pour lui ordonner de reconstruire son temple l'é.ninnu "Maison des cinquante" (ces cinquante seraient soit les "me" soit les "Anzû blancs"), son sanctuaire principal à Girsu. Il possédait d'autres temples à Lagash ou à Girsu: é.gidru (Maison du sceptre), construit par Ur-Nanshé, ensi de Lagash; é.hush (Maison redoutable). Il avait aussi des temples à Sirara et Dugru (localités inconnues), à Umma, Uruk, Isin. Il a été identifié à Ninurta, qui lui est substitué dans les mythes Akkadiens comme celui d'Anzû. Quoique ayant un aspect de dieu guerrier, il était aussi dieu de la Végétation et de l'Irrigation.


4 images

Ningishzida

Dieu sumérien du monde souterrain. Son nom, dnin-gish-zid-da, signifie: "seigneur du bon (ou du "vrai") arbre. Son aspect de dieu infernal est noté sur la liste de divinités intitulée An (=Anum) et dans le poème sur la mort de Gilgamesh, où le héros voit le dieu dans l'autre monde en compagnie de Dumuzi. Il est parfois identifié à Damu, dieu qui meurt. Gudéa.htm">Gudéa le choisit comme dieu personnel et introduisit son culte à Lagash. Il était encore vénéré à Ur, Uruk, shurrupak, Larsa, Nippur. Dieu de l'Arbre, il était sans doute un ancien dieu de la Végétation (d'où son caractère de divinité chthonienne) à qui fut donné pour épouse la déesse geshtInanna, soeur de Dumuzi. Il était censé être le fils de Ninazu, dieu guérisseur, fils lui-même d'Éreshkigal et de Nergal. Dans un balbale qui lui est consacré, il est dit "tempête puissante, irrésistible, qui déferle comme un tourbillon". Son symbole était une vipère cornue et deux autres serpents enlacés (représentés sur un vase d'argent de Gudéa. En astrologie, il était mis en relation avec la constellation de l'Hydre .


Ninhursag

Déesse Sumérienne, «dame du hursag ( = "le désert pierreux"). Elle est parfois interprétée comme l'aspect féminin d'Enki. Ancienne déesse-mère, ses attributs restent des plus vagues. Elle est aussi donnée comme la mère de Ninurta et, en conséquence, comme l'épouse d'Enlil. Elle avait des temples à Kish et à Lagash.


3 images

Ninisina

Déesse Sumérienne, "Dame d'Isin"dont elle était la divinité tutélaire. Fille d'Anu, elle était regardée comme l'épouse de Pabilsag. Damu et Gunura sont donnés soit comme ses enfants, soit comme ses parèdres. Elle a été identifiée avec la Babylonienne Gula. Son temple à Isin était appelé le Grand Temple (é.gal.mah).


Ninive

L'une des quatre grandes cités de l'Assyrie, avec Arbèles, Assur et Kalah retrouvée sous les tells de Kuyundjik et Nabi Yunus, Ninua de son nom assyrien. Le site de Ninive, sur la rive gauche du Tigre, face à Mossoul, a été occupé dès le VIIème milIénaire. La cité acquiert une certaine importance au IIIème millénaire, époque où est attestée sa divinité principale, Ishtar. Elle est intégrée dans l'Empire akkadien, et Manishtusu, vers -2260, y reconstruit le temple de la déesse (l'é.mash.mash) ; quatre siècles et demi plus tard, shamsi-Adad le relève une fois encore de ses ruines , ainsi que sa ziggurat (l'é.ki.tus.kù.ga). Ninive n'en est pas pour autant une capitale, ce rôle administratif étant assumé par Assur. Un moment intégrée dans le royaume du Mitanni, elle commence à être prise en considération par les rois Assyriens avec Assur-uballit Ier ( -1363 - 1328). Salmanazar Ier (-1273 -1244) s'y fait construire un palais, et lui-même et ses successeurs l'embellissent de nombreux monuments. Ce n'est, cependant, qu'à l'époque néoassyrienne que Sennachérib abandonne Dur-sharrukin, la capitale fondée par son père Sargon, pour s'installer à Ninive et en faire la capitale de l'empire (vers - 700). La ville s'étend alors sur 750 ha et elle est enfermée dans une double enceinte de 12 km, avec une hauteur pouvant atteindre 25 m, couronnée de créneaux, et dans laquelle étaient aménagées 15 portes. La plus belle était la porte de Nergal. Des avenues sont percées, un palais est bâti, un pont est jeté sur le Tigre. Tout un système de canaux et d'aqueducs est organisé pour apporter l'eau en abondance dans la ville et irriguer les nombreux jardins. Les successeurs de ce grand roi bâtisseur, Assarhaddon et Assur-banipal, poursuivront ces travaux d'urbanisation, à un moindre rythme sans doute, mais ils achevèrent de faire de Ninîve la plus belle des villes de l'Orient, plus qu'Assur, plus que Babylone, qui n'avait pas encore connu la couverture monumentale due à Nabuchodonosor. Les palais et les riches demeures se multiplièrent, ainsi que les parcs et les réserves d'animaux, grâce aux richesses qui affluaient dans une ville, capitale d'un vaste empire, qui recevait les tributs de nombreux rois vassaux. Le palais d'Assur-banipal fut orné d'un ensemble unique de bas-reliefs; les portes de la ville et des palais étaient gardées par des taureaux ailés androcéphales colossaux; enfin, le roi y fit installer la première grande bibliothèque, où furent conservées les grandes oeuvres léguées par les vieux Sumériens, les Akkadiens et les Babyloniens. Malgré ses prodigieuses fortifications, la ville fut prise en - 612 par les forces unies des Mèdes et des Babyloniens, et elle fut incendiée, totalement détruite et abandonnée.


20 images

Ninlim

Déesse Sumérienne, "dame de l'air", elle était la parèdre d'Enlil. Elle fut identifiée à la déesse Sud ainsi qu'à la déesse Ashnan. Ses enfants étaient Ninurta et Nanna.


Ninsitubur

Déesse Sumérienne. Elle est parfois regardée comme une divinité masculine. Son nom signifie " dame (ou seigneur) de l'Est". Dans certains textes mythologiques, elle apparaît sous l'aspect masculin du sukkal (ministre) d'Anu ou d'Inanna.


Ninsun

Déesse sumérienne de Kullab, où elle avait son principal sanctuaire. Elle portait l'épithète de "dame des vaches sauvages". Elle est parfois dite la mère d'Inanna, et Gilgamesh est aussi donné comme son fils. Divinité pastorale, elle apparaît dans le cycle de Dumuzi. Gudéa, Ur-Nammu et shulgi se sont déclarés ses fils, peut-être parce que, au cours d'une hiérogamie avec leur père, leur mère s'est identifiée à cette déesse par ailleurs secondaire.


Nintu(r)

Déesse Sumérienne, "dame qui donne la naissance". Déesse-mère connue dès le DA (liste de Fara), elle fut assimilée à Ninhursag à l'époque d'Ur III. Elle est appelée e Mère du pays «(am-kalam-ma) dans le mythe d'Enki et Ninhursag.


Ninurta

Dieu sumérien. Son nom est écrit par le sumérogramme dMAS (par ex. dans les inscriptions d'Assur­nasirpal II à Kalhû) ou NIN.URTA (de sorte qu'il était lu Urta). Son nom signifie «seigneur terre (cultivable) », ce qui marque son archaîque fonction de dieu de l'Agriculture, qu'il unit à celle de dieu guerrier. Sans doute originaire de Nippur, il a été associé à Enlil en tant que son fils et il avait son culte dans le grand temple de son père, l'Ékur. Il y disposait néanmoins d'un sanctuaire personnel, l'é.su.me.sa4, mentionné dès le DA. On lui donnait pour parèdre la déesse Gula ou encore Baba (Bau). Cette dernière était l'épouse de Ningirsu, dieu de Lagash àqui il a été très tôt identifié. Son aspect de divinité agraire est marqué en particulier dans les "Géorgiques" sumériennes appelées "Almanach du fermier" (autrement nommées "Instructions de Ninurta", instructions dispensées aux paysans pour les travaux annuels concernant la culture de l'avoine. Ninurta y est appelé "le fermier d'Enlil" et une prière sous forme de balbale déclare "Tu remplis le canal lors de la crue du printemps, dans les champs, tu fais croître les diverses sortes de grains, tu remplis les étangs de carpes et de tanches, [...] dans la steppe tu fais pousser les tamaris, dans les vergers et les jardins tu fais couler le miel et le vin, dans le palais du roi tu fais durablement prospérer la vie!". A cet aspect de dieu bienfaiteur s'unit celui de guerrier, de "héros" (ur-sag) des dieux. Cet aspect apparaît avec une grande vigueur dans plusieurs poèmes dont il est le héros : "Ninurta et les pierres" (voir lugal.e), le mythe d'Anzû, et le poème intitulé d'après son incipit, An-gim dim-ma. Cet aspect guerrier a séduit les Assyriens, qui l'ont intégré dans leur panthéon. Dans sa cité de Kalhû, Assurnasirpal II lui fit bâtir un temple. Les Babyloniens lui avaient aussi consacré un temple que rebâtit Nabopolassar, l'é.hur.sag~.ti(l).la = Maison qui extermine les montagnes, référence à ses exploits dans l'épopée de "Ninurta et les pierres". Un hymne non daté, mais remontant au plus tôt à l'époque babylonienne, marque une tendance vers un syncrétisme monothéisant dans lequel le dieu guerrier est exalté au détriment de l'assemblée des dieux, chacun des dieux du panthéon devenant un organe ou une partie du corps de Ninurta : "son visage est le soleil, ses yeux sont Enlil et Ninlil, les pupilles de ses yeux les déesses Gula et Bêlet-ili, leurs iris Sîn et Shamash, la forme de sa bouche est Ishtar céleste, ses lèvres et sa parole sont Anu et Antu, sa langue est Pabilsag". "Le Retour de Ninurta à Nippur" : Selon son incipit, le poème était appelé "An-gim dim-ma" (= "Créé comme An"). Ce poème sumérien de 209 vers a été traduit en akkadien et a servi pendant des siècles comme modèle d'école. Il commence par quelques vers le glorifiant, puis il rappelle ses exploits narrés dans Lugal.e. Après ses victoires, il monte sur son char (décrit en détail) et rentre à Nippur. Nusku, le page d'Enlil, vient à sa rencontre pour le conduire à l'Ekur, le temple d'Enlil, où il dépose son butin : bovins, dépouilles des villes mises à sac. Le dieu se livre ensuite à sa propre exaltation (pendant 40 doubles vers), puis il se fait confirmer sa prépondérance par son père, Enlil. Ainsi Ninurta partage-t-il le temple avec son père, conclusion justifiée par l'ensemble du poème :« C'est ainsi que le Preux au mérite éclatant, Ninurta fils d'Enlil, a installé sa grandeur dans le sanctuaire d'Enlil " . "Ninurta et la tortue" ou "la Tentation et la Punition de Ninurta victorieux" (Bottéro). Il s'agit d'un fragment de texte trouvé dans les fouilles d'Ur. Dans l'orgueil de sa victoire, Ninurta avait manifesté son ambition de prendre la place d'Enki à la tête des dieux. Ce dernier, pour le punir et lui manifester sa puissance, modèle une tortue à laquelle il donne vie. L'animal saisit Ninurta par la cheville lorsqu'il vient à la porte du sanctuaire d'Enki et, creusant une fosse, il y rejette de la terre pour l'ensevelir. Enki fait alors ressortir aux yeux de Ninurta ses prétentions et sa faiblesse, et déclare qu'il a voulu l'humilier pour lui montrer qui était vraiment le maître.


2 images

Nippur

Ville du Sumer. L'appellation moderne arabe de ses ruines a conservé le nom antique de la ville sous la forme de Niffar (ou Nuffar), à 150 km au sud-est de Bagdad. Pour les Sumériens, c'était l'une de leurs plus anciennes cités : les fouilles ont confirmé cette vue, l'occupation du site remontant au VIème millénaire. (2ème phase de l'obeïdien, période d'Hajji Mohammed). Nippur n'a pas compté parmi les cités royales mentionnées dans la LRS, mais elle était auréolée du prestige d'une cité sainte, la ville du grand dieu Enlil. Les premiers vers du mythe d'Enlil et Ninlil nous ont conservé une description de la ville à l'époque du DA, dans toute sa magnificence «Voici la ville, la ville où nous demeurons! La ville de Nippur, où nous demeurons, la ville emmantelée de palmiers où nous demeurons ! Voici la limpide voie d'eau, le "canal des Dames" (?) voici le quai, le "dock au Vin" voici son embarcadère, le "quai d'Accostage" (?) voici son trou d'eau douce, le "puits melliflu" voici son terrain de culture, «Partout cinquante-sar". C'est là qu'Enlil s'unit à Ninlil dans son temple, l'é.kur (Maison montagne). L'enceinte sacrée renfermait plusieurs temples et chapelles dominés par une grande ziggurat construite par Ur­nammu. A. R. Ceorge (1993) a recensé environ 120 temples, chapelles et parties de temples consacrés en majorité à Enlil, enfermés dans l'enceinte de la ville, laquelle couvrait, à la fin du IIIè milllénaire., près de 150 ha. La ville avait un port hors des remparts, en communication avec l'Euphrate, et elle était traversée par un canal - le "Canal aux eaux pures", où était allée se baigner Ninlil - qui la divisait en deux quartiers. Dans la partie nord-est était construite l'enceinte sacrée, entourée par les bâtiments administratifs, les greniers, les écoles. Car il semble que la ville, d'où l'on a retiré environ 50 000 tablettes, était une pépinière de scribes. Parmi les temples, l'un des plus remarquables était celui d'Inanna, reconstruit sur 22 niveaux, le plus ancien remontant à l'époque dite d'Uruk moyen, le plus récent datant de l'occupation parthe, au début de notre ère. Une crise économique (?) a eu pour conséquence un abandon de la ville, peut-être seulement partiel, à partir de -1720, qui va durer quelques siècles avant que les Kassites, au XIVè s., ne lui rendent tout son lustre et son activité. De cette époque date un palais attesté dans le tell ouest. Cette renaissance dure un siècle. Puis, vers le milieu du siècle suivant, peut-être à la suite du raid élamite de -1224, la ville retombe dans sa torpeur et le palais kassite est abandonné. Cependant, une activité se poursuit autour de l'Ékur. La ville retrouvera une nouvelle vie sous l'impulsion d'Assur-banipal, et elle continuera de prospérer sous les Néo-Babyloniens et les Perses, où elle sera l'un des grands centres d'échange et de banque, avec, notamment, l'activité de la famille des Murashu.


3 images

Nisaba

Son nom est aussi lu Nidaba. Déesse sumérienne de l'Écriture, du Calcul et de la sagesse. Cependant, elle était à l'origine une divinité du grain, comme en témoignent les anciens pictogrammes de son nom, faits d'un épi stylisé. Elle remonte pour le moins au DA et sans doute plus haut encore. A Lagash, dont elle est peut-être originaire, elle était donnée comme fille d'Enlil, et soeur de Ningirsu, mais elle est aussi dite fille d'Anu et d'Urash. Elle a été la patronne des seigneurs d'Umma, au DA, puis de la cité d'Eresh à l'époque paléo-babylonienne. Considéré ses fonctions, il était naturel qu'on lui ait donné pour époux le dieu des scribes, Nabû. Selon Thureau-Dangin, elle aurait été d'abord une déesse-roseau. Le calame avec lequel on traçait dans l'argile molle les cunéiformes étant taillé dans un roseau, elle serait ainsi devenue déesse de l'écriture. Un hymne à sa gloire nous est parvenu, récité sans doute lors des fêtes de la moisson, où elle est évoquée ainsi : "Nisaba, dame aimable, dame généreuse, dame née sur les montagnes, Nisaba, dans la bergerie est l'abondance, dans l'étable est le lait ". On a aussi un "tenson" fragmentaire d'une querelle entre la déesse et le grain dont elle est la maîtresse, où elle est mise en relation avec le monde souterrain, ce qui n'a rien de surprenant pour une divinité agraire.


Nudimmud

C'est un autre nom d'Enki et de son doublet akkadien Éa. Cependant, il pourrait bien s'agir d'une archaïque divinité sumérienne des artisans (son nom signifie "façonneur d'images" ou "dieu des formes", confondue par la suite avec Enki. Son nom est utilisé indifféremment à la place d'Enki et d'Éa dans de nombreux textes à commencer par l'Enùma élish. Dans la cosmogonie des prêtres-kalù, c'est lui qui crée l'Apsû, dont il fait sa demeure, tandis qu'Anu crée le ciel. Sur une tablette sumérienne du Déluge provenant de Nippur, il est écrit que furent fondées les cinq cités, places pures, dont la première était Eridu, qui fut attribuée à Nudimmud; les quatre autres nommées ensuite sont Bad-tibira, Larak, Sippar et shuruppak .


Numushda

Vieille divinité sumérienne. On ne connaît pas avec certitude ses attributs : peut-être était-il un ancien dieu de l'Orage. On dispose de témoignages d'un culte possible de ce dieu à Kish et à Marad, mais il était avant tout le dieu tutélaire de Kazallu (cité non localisée précisément mais située dans le nord de la Babylonie), où il possédait un temple, l'(é).kun4.sa.tu. Une généalogie tardive en fait le fils de Nanna. Son culte, attesté dès le DA, semble disparaître après la fin du babylonien ancien, au milieu du IIème millénaire. On a retrouvé un petit poème mythique qu'on a intitulé les "Noces de Martu" (voir Amurru), dans lequel le dieu des Amorrites, appelé Martu en sumérien, a demandé à Numushda la main de sa fille, ce qui lui a été accordé. On y voit le symbole de l'union des nomades pillards Amorrites avec les sédentaires d'une grande cité, symbolisés par le dieu et sa fille. Dans une discussion entre la fiancée, Adnigkidu, et une de ses jeunes compagnes, cette dernière s 'étonne qu'elle accepte d'épouser un de ces nomades, comme ce Martu,"qui ne connaissent pas le grain... qui ne connaissent ni maison, ni ville, les rustres de la montagne... Le Martu qui déterre les truffes au pied des montagnes, qui ne se baisse pas (pour travailler la terre), qui mange la viande crue, qui n'a pas de maison pendant toute son existence, qui n'est pas enseveli après la mort... Martus ravageurs aux instincts de bête sauvage... "Dans ce texte, l'aspect sauvage est marqué, notamment, par le fait que le nomade mange des truffes sauvages. Charles-E Jean rappelle l'enquête de Cantineau, selon qui les nomades de la steppe syrienne, encore au milieu du XXè siècle, recueillaient sous terre les truffes dans le désert, au printemps, pour aller les revendre aux commerçants de Palmyre. Ce qui n'empêche pas la jeune princesse, sans doute amoureuse de ce beau barbare, de répondre : «Malgré tout j'épouserai Martu !".


Nungal

Déesse Sumérienne. Son nom signifie "grand prince". Elle appartient au panthéon de Nippur, où elle est la fille d'Anu et d'Éreshkigal. On lui donnait pour époux le dieu Birum, un fils d'Enlil. Elle apparaît comme une divinité de l'enfer.


Nusku

Dieu sumerien. Sans doute était-il à l'origine un dieu du Feu ou de la Lumière, dont le symbole est la lampe. Il est aussi donné comme le père de Gibil, dieu du Feu. Dans la plupart des mythes, il apparaît simplement comme le fils et le messager d'Enlil. Son aspect de dieu du Feu le fait invoquer par les sorciers lors de leurs rites magiques. À l'époque néobabylonienne, il est l'un des dieux adorés à Harran, aux côtés de Sîn.


1 images

Nuzi

Ville du royaume d'Arrapha, exhumée dans le site moderne de Yorgan Tépé, dans la partie est de l'Iraq, à 13 km au sud-ouest de Kerkuk. Dans les plus profonds niveaux ont été retrouvées des demeures en pisé et une céramique peinte ou incisée du type d'El­Obeïd qui situent la fondation de l'établissement au Vè mill. La ville se développe d'une manière anonyme jusqu'à l'époque d'Akkad. Du début de cette période, soit vers -2300, datent quelque 220 tablettes en cunéiformes Akkadiens, qui nous livrent le nom de la ville à cette époque, Gasur. Il s'agit de documents comptables et commerciaux, parmi lesquels se trouve une carte de la ville et de ses environs où est dessinée une vallée traversée par un fleuve entre deux chaînes de montagnes. De cette époque date une poterie originale à décor en relief représentant un scorpion, un serpent et des quadrupèdes. La période la mieux connue de l'histoire de Nuzi se situe aux niveaux Il-I du site, entre le XVIè et le XIVè s. Ces niveaux présentent un grand nombre de demeures de particuliers, un temple dédié sans doute à Ishtar et à Téshub dans sa phase finale, après sept remaniements successifs qui ont conduit d'une simple cella à un temple complexe à deux cours contiguès et deux cellae, et un palais. La vie de Nuzi à cette époque est éclairée par la moisson de 3 500 tablettes de caractère public et privé, rédigées en un dialecte akkadien marqué par l'influence hurrite. Les rois d'Arrapha sont alors les vassaux du roi du Mitanni. Nuzi n'en est pas moins florissante. Nombre de ces tablettes sont des archives de familles de grands marchands qui révèlent la santé économique du Mitanni, en plein essor à cette époque, et l'importance du commerce. Femmes et fils et filles du roi (marê sarri et marati sarri) apparaissent comme de grands propriétaires terriens, au même titre que les familles de moyens et petits propriétaires. Parmi cette population se trouvent des étrangers journaliers qui se placent volontairement en servitude avec leurs familles, en échange de la protection de leurs employeurs, de rations de nourriture et de vêtements; ils sont appelés habiru, groupe qu'on retrouve vers cette époque dans de nombreuses régions du POA (voir : nomades). Les textes consistent surtout en contrats, listes de corvéables, de bénéficiaires de biens de consommation, en particulier pour ce qui concerne les fonctionnaires "nourris" du roi, archives administratives. Par ailleurs, les archives royales révèlent la présence de plusieurs reines (sarratu) sans roi, dans plusieurs cités du royaume: Nuzi, Lupti, Tashéni, Zizza, Apéna (aucune de ces quatre dernières villes n'est localisée). On saisit difficilement leur statut. Seule la reine de Nuzi est mieux documentée, grâce à quoi l'on sait qu'elle résidait dans l'e-kallu (le palais royal) et qu'elle était une grande propriétaire, maîtresse de tout un personnel, serviteurs du palais mais aussi artisans travaillant dans des ateliers de tissage. Autour d'elle sont encore mentionnées des musiciennes et des danseuses. Les tablettes ont aussi permis de reconstruire tout un système de lois et de relations familiales et sociales qui se distinguent par de nombreux détails des autres sociétés contemporaines du POA, en particulier le système d'adoption.


Oannès

Dans ses "Babyloniaca", Bérose écrit: «La première année (du règne d'Aloros ?) sortit de la mer un animal appelé Oannès, selon ce que rapporte Apollodore. Tout son corps était celui d'un poisson, mais sous sa tête de poisson surgissait une tête humaine, et des pieds semblables à ceux d'humains étaient sortis de sa queue de poisson. Il avait aussi une voix d'homme. On en a préservé jusqu'à aujourd'hui une représentation. Il dit que cette bête passa de nombreux jours parmi les hommes, mais qu'il ne prenait pas de nourriture. Il enseigna aux hommes l'écriture, les sciences et toutes les sortes d'arts. Il leur apprit comment fonder des villes, construire des temples, introduire les lois et mesurer la terre, et encore à semer et cueillir les fruits, et d'une manière générale tout ce qui faisait la vie civilisée, il le donna aux humains. Depuis ce temps, rien de nouveau n'a été découvert. Lorsque le soleil se couchait, l'animal aussi (faisait de même), Oannès retournait dans la mer, et passait la nuit dans ses profondeurs, car il était lui-même amphibie. Par la suite d'autres bêtes semblables à lui sont apparues... Il dit qu'il fut un temps où tout était ténèbres et eaux, et que dans celles-ci des êtres monstrueux aux formes étranges vinrent à la vie. Car des hommes naquirent avec deux ailes et certains avec quatre ailes et deux visages ils avaient un corps et deux têtes, ils étaient en même temps homme et femme, et ils avaient deux organes sexuels, masculin et féminin. Bérose continue de donner des descriptions de monstres, à jambes et cornes de chèvre, ou à sabots et jambes de cheval, et à corps humain, qui rappellent les aegipans et les centaures des mythes grecs. Cet Oannès, héros civilisateur, n'est autre que le Sumérien U4.an.na, le sage connu par son surnom d'Adapa. Il fait partie de ces créatures supérieures appelées par les Sumériens ab.gal, les "apkallu" des Akkadiens. Si, pour ce qui concerne la description que fait Bérose des temps primitifs, où les eaux et les ténèbres étaient confondues on retrouve l'influence des mythes de la Création suméro-Akkadiens, les hommes-poissons sont inspirés des sept sages, les apkallu, dont on a retrouvé de nombreuses représentations d'époque néoassyrienne. Pareillement, les sept sages sont aussi représentés sous l'aspect de personnages pourvus de quatre ailes. Oannès a, par ailleurs, aussi pu être identifié à Enki et à Ea , dont les prêtres, à une époque relativement tardive, sont représentés affublés d'un costume de poisson, les rendant semblables aux représentations d'apkallu.


Obeïd (El-)

Site du Sud de la Mésopotamie, actuellement Tell Oueili. La Culture de Tell Obeïd s'est répandue, dès - 5200, du sud vers le Nord, en suivant la valllée de l'Euphrate et du Tigre. On lui doit l'invention du moulage du cuivre, et un style de céramique beige à motifs noirs.


Pabilsag

Dieu sumérien connu dès le DA. Son culte est plus particulièrement attesté à Nippur et à Isin où il est l'époux de Ninisina, déesse tutélaire de cette cité. Dans certains textes, il est dit fils d'Enlil. À l'époque paléobabylonienne, il est parfois assimilé à Ninurta. Pabilsag est aussi le nom de la constellation du Sagittaire .


Palestine

Ce nom issu de celui des Philistins, population venant sans doute de Crête et établie dans l'ouest de la Palestine au XII s.av., n'apparaît que chez les auteurs grecs et n'est donné aux territoires comprenant les côtes palestiniennes (ancienne Philistie), la Judée (ancien royaume de Juda avec Jérusalem pour capitale) et la partie nord de l'actuel Etat d'Israël (Samarie et Galilée constituant le royaume d'Israél de la première moitié du 1er mill.) qu'à l'époque romaine. Cependant, on trouve la forme Palashtu en assyrien pour désigner la Philistie dans la stèle dite de Saba'a, inscription d'Adad-Nirârî III datée de - 803 . Voir aussi Canaan.


1 images

Palmyre

Cité du désert de Syrie. On ignore l'étymologie de son nom indigène, Tadmor. Palmyra est le nom que lui ont donné les Romains, à cause des palmiers de l'oasis. On ne sait à quelle époque remonte la fondation de la ville. La découverte de céramique du BA (v. - 2200) sous la cour du temple de Bêl n'est pas significative. Tadmor est mentionnée dans les tablettes cappadociennes de Kanesh, dans les textes de Mariet d'Émar. Au Xl s., dans plusieurs inscriptions, le roi d'Assyrie Teglath-phalazar se vante d'avoir vaincu Tadmor d'Amurru et Anat de Suhi. La ville n'entre réellement dans l'histoire qu'à partir de l'époque grecque avec les Séleucides et surtout sous la domination romaine. En 212, à la suite de l'édit de l'empereur Caracalla (211-217) elle devient colonie romaine. Pour se défendre contre l'agressivité du nouvel Empire perse des Sassanides, les Romains nomment gouverneur de Syrie-Phénicie le chef d'une éminente famille arabe de Palmyre, Odenat, en 258. À la suite de deux campagnes victorieuses contre les Perses, en 262 et 267, Odenat prend le titre de Roi des rois. Il est assassiné peu après. Sa veuve, Zénobie, s'arroge le pouvoir au nom de son fils mineur Wahballat. Elle profite des faiblesses de l'Empire romain, déchiré entre les prétendants au trône, pour faire occuper par ses armées l'Égypte et l'Asie Mineure, se constituant un fugace empire. Mais bientôt Rome est gouvernee par un empereur énergique, Aurélien. À la tête de ses légions, ce dernier n'a pas de mal à vaincre les armées de Palmyre. Il prend la ville (272), la met à sac et emmène Zénobie captive à Rome. Désormais, Palmyre ne sera plus qu'une bourgade, où Dioclétien installe une légion vers 300. Au VIe s., Justinien renforce ses anciens remparts, ce qui ne lui évite pas d'être prise en 634 par les musulmans. La richesse de Palmyre lui vint de sa situation géographique, à un noeud de routes. Par ce port du désert (Portus était le nom latin des postes de douane) passait la route de la soie, depuis la Chine, et les richesses du golfe Arabique, perles, or, épices de l'Inde, qui transitaient par le port parthe de Charax. La classe dominante de marchands et de caravaniers établie dans la cité s'est ainsi prodigieusement enrichie, ce qui a permis l'érection des magnifiques monuments dont il nous reste quelques ruines dans les colonnades de la voie principale qui traverse la ville de part en part : le théâtre, les temples de Bêl, de Nabû et de Baal shamîn. LANGUE ET RELIGION : La langue de Palmyre est un araméen très proche de celui dans lequel sont rédigés certains textes bibliques. De très nombreuses inscriptions ont été recueillies au cours des fouilles, rédigées pour la plupart d'entre elles en araméen et en grec. Ces inscriptions permettent de voir que la majorité de la population était d'origine arabe. La plus importante est la "Loi fiscale" rédigée en double version, araméen et grec. Promulguée par le sénat de Palmyre en 137 de notre ère, elle fixe les taxes sur tout ce qui concerne le commerce de la cité : 12 deniers pour un esclave vendu dans la ville et non exporté, autant pour l'exportation de chaque esclave, 3 deniers pour une sortie de chameau chargé de matières sèches, mais 25 pour la rentrée d'un chameau chargé d'alabastres (vases en albâtre) pleins d'huile aromatique... Parmi les taxes les plus élevées, on peut citer celles qui concernent les prostituées :"[...] le publicain (percepteur romain de l'impôt) percevra des prostituées : de celle qui prend un denier ou plus : un denier par femme ; de celle qui prend huit as, il percevra huit as ». Les autres inscriptions sont honorifiques, funéraires et religieuses. C'est en particulier grâce à ces dernières que l'on connaît un certain nombre de divinités du panthéon palmyrénien : Allat, Azizu, Gad, Bêl, Arsou, souvent nommé en compagnie d'Azizu, «dieu bon» d'origine arabe; shai' al-Qaum, autre divinité arabe, « dieu bon et rémunérateur qui ne boit pas de vin» Malakbel, considéré comme le serviteur de Bêl, une sorte de messager des dieux, divinité de caractère solaire ; Yarhibôl et Aglibôl, difficilement dissociables, représentés ensemble, le premier la tête radiée, le second avec un croissant de lune sur les épaules, souvent en compagnie d'un troisième personnage identifié soit à Bêl, soit à Malakbel, pour constituer une triade; shamat, grand dieu babylonien dont le nom désigne l'astre du jour et dont on retrouve le culte chez les Cananéens et les Araméens; Nabû, autre divinité babylonienne ; Nanaï, dont l'origine doit se chercher dans la Sumérienne Nana (ou Nanaya ?) Baal shamin, Atargartis.


5 images

Pasargades

Site de la chaîne montagneuse du Morghab, au sud-est de l'Iran. La ville a été fondée par Cyrus vers -547, à l'endroit où il avait vaincu l'armée des Mèdes, afin d'en faire la capitale de son empire. Son nom de Pasargades est l'hellénisation du persan Batrakatash. Ses ruines, très éparpillées, s'étendent sur une aire de 3 x 2 km; les principales sont deux palais, une porte monumentale, une tour appelée par les gens du pays Zendan-i Suleiman et un petit mausolée carré couvert d'un toit oblong, dressé sur un podium de pierre à six degrés, appelé tombeau de Cyrus. C'est là que le corps du conquérant aurait été enseveli. Le deuxième successeur de Cyrus, Darius 1er, transporta sa capitale à Persépolis.


Pays de la Mer

Site de la chaîne montagneuse du Morghab, au sud-est de l'Iran. La ville a été fondée par Cyrus vers -547, à l'endroit où il avait vaincu l'armée des Mèdes, afin d'en faire la capitale de son empire. Son nom de Pasargades est l'hellénisation du persan Batrakatash. Ses ruines, très éparpillées, s'étendent sur une aire de 3 x 2 km; les principales sont deux palais, une porte monumentale, une tour appelée par les gens du pays Zendan-i Suleiman et un petit mausolée carré couvert d'un toit oblong, dressé sur un podium de pierre à six degrés, appelé tombeau de Cyrus. C'est là que le corps du conquérant aurait été enseveli. Le deuxième successeur de Cyrus, Darius 1er, transporta sa capitale à Persépolis. Pays de la Mer : C'est le nom donné dans les textes cunéiformes aux territoires situés au sud-est de la Mésopotamie, dont une grande partie était constituée par la région de marécages formée par la confluence du Tigre et de l'Euphrate, encore habitée de nos jours. Son nom apparaît pour la première fois dans les listes royales babyloniennes A et B (voir chroniques) sous la forme bala SES.HA ou bala SES .kù.ki. Selon ces listes, les rois du Pays de la Mer auraient régné à Babylone, formant la IIe dynastie babylonienne, la 1ère étant la dynastie amorrite, illustrée par Hammurabi. La difficulté vient du fait qu'elle aurait régné 368 ans (selon la liste A), ce qui paraît peu vraisemblable, et qu'on ne sait où la situer : avant, pendant ou après la dynastie kassite, soit entre -1600 et -1000. Ainsi, en son temps, Louis Delaporte (plaçait cette IIe dynastie de Babylone parallèlement aux derniers rois de la Ire dynastie (Samsuiluna et ses successeurs), et il situait chronologiquement son fondateur, Ilima-Ilum, entre -1949 et -1890. Dans leurs chronologies Garelli et Lemaire (1997, 316) ignorent cette dynastie et situent une IIe dynastie à la suite des Kassites. Son fondateur, Simbar-shipak (-1025 -1008), se retrouve dans la chronologie de Delaporte, qui lit son nom shimmash-shipak, mais il inaugurerait la Ve dynastie de Babylone et il aurait régné entre -1038 et -1022. La vraie solution est peut-être celle qu'avait proposée Thureau-Dangin, de ne faire régner que deux rois de cette lignée de souverains du Pays de la Mer, shushi et Gulkishar, sur Babylone, constituant ainsi cette IIème dynastie; ils auraient pris le pouvoir après la mort de Samsuditana (-1625 - 1595), le dernier roi de la 1ère dynastie, et, après un demi-siècle de domination, ils auraient été chassés par le Kassite Gandash, fondateur de la IIIe dynastie. D'après les textes, leur capitale se serait appelée Urùkù (avec des variantes graphiques) ou E'urukù(g). Ce nom, qui signifie "ville sainte", désigne généralement Babylone, et c'est la traduction qu'en donnent de nombreux auteurs à commencer par Thureau-Dangin . Néanmoins, pour Wilfred Lambert , il s'agirait de la capitale des rois du pays de la Mer, laquelle pourrait être Al-Hiba (ou El-Hibba). Ce dernier site, un énorme tell de 480 ha situé entre le Tigre et le Chatt el-Haï, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Tellô/Girsu, se trouvait, dans l'Antiquité, à la lisière des marais. Il a été sommairement fouillé en 1887 par Robert Koldewey. Une brique portant le nom d'Urukù (Falkenstein) a incliné certains auteurs à identifier le telI à la capitale du Pays de la Mer. L'histoire du Pays de la Mer va ensuite se confondre avec celle des Chaldéens, dont les tribus dominaient cette région.


Pazuzu

C'est l'un des rares démons portant un nom propre. Il n'est connu que par des textes et des représentations des époques néoassyrienne et néobabylonienne. Il est figuré comme un être à corps humain avec des pattes de lion ou d'oiseau, un sexe de serpent, quatre ailes, et un visage grimaçant d'aspect canin avec des yeux globuleux. Malgré cet aspect rébarbatif et le fait qu'il est regardé comme appartenant au monde infernal, il est censé défendre les femmes enceintes contre les attaques de la Lamashtu, à qui il est associé; raison pour laquelle de nombreuses amulettes le représentant ont été trouvées dans les demeures. Il protège aussi contre le vent d'ouest, qui pouvait être pestilentiel : "Je suis Pazuzu, fils d'Hanbu, roi des fantômes démoniaques. J'escalade la puissante montagne qui tremble. Les vents contre lesquels je me porte viennent de l'ouest : une par une, je brise leurs ailes".


4 images

Perses

(Parsa) : Peuple de langue indo­européenne, établi dans le sud-ouest de l'Iran, fondateur du premier empire à vocation universelle. Dans la mesure où l'on est en droit d'identifier le Parsua des annales du roi d'Assyrie Salmanazar III aux Parsa, ces derniers apparaissent dans l'histoire vers -834. Ils sont alors à situer au sud-ouest du lac d'Urmiah, aux franges de l'Urartu, ce qui permet d'inférer qu'ils sont arrivés de la région de la basse Volga, leur "berceau", par le Caucase, peut-être au début du IXe s. Ils sont ensuite mentionnés à plusieurs reprises dans les annales des successeurs de Salmanazar, Adad­nirâri III, Tiglatphalazar III, Sargon Il, Sennachérib. Il est possible que ce soit à l'époque de ces deux derniers souverains que les Parsua(sh) s'installent dans l'actuel Fars, au sud-est de l'Élam (fin VIlle s.). Leurs rois, de la dynastie des Achéménides, semblent avoir été tributaires des Mèdes, un peuple cousin, avant que Cyrus le Grand ne fonde son empire. Après la chute de l'Empire achéménide, sous les coups des Macédoniens d'Alexandre le Grand, en -330, les Perses, en tant que peuple homogène (si toutefois cela a jamais été le cas), disparaissent, fondus dans la masse des divers empires iraniens qui vont se succéder (Parthes Arsacides, Sassanides). Néanmoins, le nom géographique de Perse, recouvrant celui d'Iran, subsistera jusqu'à notre époque. LANGUE : La langue perse appartient au groupe indo-iranien ou arya de la famille indo-européenne. Dans les inscriptions en vieux-perse, les rois se disent aryas. Ainsi, Darius se proclame "fils d'Hystaspès, un Achéménide, un Perse, fils d'un Perse, un Arya, ayant une lignée d'ancêtres aryas e. Le terme signifie e noble", mais c'est aussi celui par lequel se désignent les membres du groupe linguistique indo­iranien. Le vieux-perse fait partie du groupe vieil-iranien avec le mède, dont il ne subsiste aucun texte, et l'avestique, la langue des textes les plus anciens de l'Avesta, livre sacré de la religion réformée de Zarathoustra. Le Vieux-Perse a été le dialecte du sud-ouest de l'Iran, avant de devenir la langue de la cour achéménide, entre le VIè et le IVè s., tandis que l'avestique représente le dialecte du Nord-Est. Le vieux-perse est connu par de nombreuses inscriptions, pour la plupart monumentales, trouvées à Persépolis, Béhistoun, Naqshi-Rustam, Hamadan, Suse, au mont Elvend, à Van, à Suez (inscription de Darius relative au percement d'un canal reliant le Nil à la mer Rouge), outre quelques brèves inscriptions sur des vases, des poids et des sceaux. Elles sont rédigées en caractères cunéiformes empruntés au monde mésopotamien. L'écriture comprend 36 caractères partiellement syllabiques, soit: 3 voyelles (a, i, u); 22 consonnes prononcées avec la voyelle a (ka, xa, ga, ca, ja, ta, tha, ça, da, na, pa, fa, ba, ma, ya, ra, la, va ,sa, sha, za, ha); 4 avec la voyelle i (ji, di, mi, vi) ; 7 avec la voyelle u (ku, gu, tu, du, nu, mu, ru) ; et 4 idéogrammes pour les termes xsâyathiya (roi), dahyâus (province), baga (dieu), bûmish (terre), outre Ahura~Mazda. Les mots sont séparés par un signe particulier. Comme les langues indo-européennes, le VP est une langue à flexion dans laquelle une désinence s'ajoute à la racine. La déclinaison présente de nombreux cas : nominatif, vocatif, génitif/datif (les deux cas se sont confondus en une seule forme), accusatif, ablatif, instrumental et locatif. Comme de nombreuses langues antiques, le Vieux-Perse distingue trois nombres, le singulier, le pluriel et le duel, et trois genres, le masculin, le féminin et le neutre. Les temps des verbes sont : le présent, l'aoriste, le parfait; les voix, active, passive et moyenne ; les modes, indicatif, subjonctif, optatif, injonctif, impératif ; l'infinitif est représenté par le présent; les participes sont le présent actif, le présent moyen, le parfait passif et le futur passif. L'ordre habituel des mots suit la séquence "sujet-complément direct-verbe". Les compléments indirects se placent après le verbe ou avant, en particulier lorsque le locuteur veut leur donner un relief.


1 images

Persépolis

Parsa, l'une des capitale de l'Empire achéménide. Dans ce site du Fars, à peu de distance de l'act. Chiraz, Darius Ier entreprit la construction d'un vaste ensemble palatial destiné à devenir le centre administratif de son empire. Sans cesse agrandi par ses successeurs, et en particulier par Xerxès, il n'était pas encore achevé lorsqu'il fut incendié par Alexandre le Grand, en -330. Manifestation de l'architecture impériale des Perses, il a été abandonné après la chute de l'Empire achéménide. Plusieurs inscriptions ont été trouvées soit sur des tablettes, soit sur diverses parties du monument, souvent trilingues (vieux perse, akkadien, élamite) : 8 de Darius, 11 de Xerxès, une d'Artaxerxès Ier, une d'Artaxerxès Il (ou III?), une d'Artaxerxès III. A 6 km au nord de la ville se trouve Naqshi-Rustam, où sont taillés dans une falaise abrupte les tombeaux de Darius Ier, Xerxès Ier, Artaxerxès Ier et Darius Il. Des scènes sont sculptées en bas-relief dans la roche, accompagnées d'inscriptions.


6 images

Phéniciens

Population de langue sémitique établie sur les côtes de la Méditerranée orientale. Le nom de Phénicie a été donné par les Grecs au 1er millénaire, en particulier aux habitants de Tyr et de Sidon, lesquels se disaient cananéens. Aussi, par une excessive rigueur scientifique, s'abstient-on de donner le nom de Phéniciens aux ancêtres directs de cette population, lesquels vivaient à l'époque du bronze, soit avant -1200 / -1000. Les Phéniciens appartiennent au groupe ethnique des Cananéens , mais, installés dans une étroite bande territoriale entre le mont Liban et la Méditerranée, ils se sont naturellement trouvé une vocation de marins et de marchands. Byblos excepté, les villes protophéniciennes de l'âge du bronze restent très mal connues, dans la mesure où l'intégration d'Ugarit dans le groupe cananéen reste discutable, bien que ce soit plus une question de nuances dialectales que de différences réellement fondamentales dans le langage. Les Phéniciens n'acquièrent une véritable maîtrise de la mer qu'au tout début de l'âge du fer, après la chute des grandes thalassocraties qu'établirent les Minoens, les Mycéniens et les Chypriotes. C'est aux alentours de -1200 que les Tyriens se lancent dans l'exploration des côtes méridionales de la Méditerranée et de ses îles : Chypre, depuis longtemps en étroites relations avec les cités maritimes du Proche-Orient, mais où les Phéniciens installent à leur tour des comptoirs, Malte, la Sicile, le sud de la Sardaigne, les îles Baléares. Les Sidoniens, de leur côté, avaient acquis auprès des Grecs une réputation de pirates, si l'on en juge par l'Odyssée, et il est bien possible qu'ils se soient réservé les relations plus ou moins pacifiques et commerciales avec les îles de la mer Egée et les rivages grecs. Byblos, Arwad, Beryte (Beirout), Sarafand (la Sarapta de l'époque grecque) ont participé dans une moindre mesure à ces expéditions de caractère commercial (les flottes phéniciennes allaient surtout se ravitailler en cuivre et en étain, en or et en argent) qui vont apporter l'opulence à des cités qui n'avaient guère d'arrière-pays pour y développer une agriculture suffisante à la survie de leurs habitants. Ces villes avaient chacune leur roi et sont restées indépendantes pendant plusieurs siècles avant de devenir les tributaires des Assyriens, des Babyloniens et surtout des Perses. Les inscriptions phéniciennes, unies aux sources égyptiennes, assyriennes, bibliques et grecques, ont permis de restituer des listes dynastiques plus ou moins complètes pour Byblos, Sidon et Tyr, entre -1050 et -340 pour Byblos, avec ZakarBaal et 'Ayyin'el, entre -1000 et -350 pour Tyr, avec 'AdiBaal et 'Ozimilk, entre -880 et -343 pour Sidon, avec 'ItoBaal Ier et Straton Il. À partir du règne d'Assurnasirpal II dans le deuxième quart du IXè s., les Phéniciens, notamment, sont visés par les campagnes miliaires des Assyriens. Ils paient un premier tribut à Assurnasirpal, consistant en or, argent, étain, cuivre, vêtements de lin, ébène, ivoire, grands et petits singes . Les Assyriens, à la suite des campagnes de ce dernier roi, ayant pris la mesure de la faiblesse des princes syriens et phéniciens, ne cesseront plus de conduire des campagnes dans ces régions d'où ils rapportent chaque fois un riche butin. A la suite d'un traité passé entre le roi de Tyr, Baal, et Assarhaddon (vers - 680), les Assyriens installent un résident permanent dans le port de Tyr pour surveiller le trafic maritime et prélever des taxes à leur profit . Cette capitulation de Tyr était le résultat des campagnes de Sennachérib, qui avait défait les armées phéniciennes, détruit Sidon et bloqué Tyr par un siège en règle. La chute de l'Assyrie, en -612, ménagEa un court répit aux villes de Syrie et de Phénicie, mais, moins de deux décennies plus tard, Nabuchodonosor imposait sa domination et plaçait à son tour des agents dans les cités tributaires de Syrie et de Phénicie pour percevoir le tribut. Intégrée dans l'Empire achéménide, la Phénicie, quoique conservant encore des rois tributaires, fit partie de la cinquième satrapie, dont la capitale fut établie à Sidon. Englobée ensuite dans l'Empire d'Alexandre, la Phénicie perdit définitivement son indépendance. Marins habiles et aventureux, les Phéniciens se sont aussi révélés d'excellents artisans. On leur doit l'invention du verre soufflé, en particulier, et ils ont produit une belle orfèvrerie, marquée par les influences égyptiennes et syriennes. L'industrie de la pourpre, à partir du murex, leur a permis de pratiquer un monopole du commerce des tissus teints avec cette technique. Ce sont sans doute les nécessités du commerce, qui constituait leurs ressources économiques essentielles, qui les ont conduits à l'invention de l'alphabet et qui ont permis à leur langue de se répandre aussi bien dans les pays riverains de la Méditerranée orientale que dans les lointaines terres du monde occidental, où ils ont fondé leurs comptoirs. Des inscriptions retrouvées en Anatolie orientale, à Karatépé, à Zincirli et sur le Djebel Ires Dagh laissent supposer que le phénicien s'était imposé dans cette région comme langue internationale entre le IXè et le VIlè s. Le phénicien fait partie du groupe des langues sémitiques du Nord-Ouest, avec l'hébreu, dont il est très proche, et le moabite (voir Moab). En se fondant sur l'évolution de la langue des quelques inscriptions dont on dispose, les linguistes ont divisé les périodes de la langue en: phénicien ancien, avec des inscriptions comme celle d'Ahiram (de -1100 -1000 à 800); phénicien moyen ( - 800 - 500), qui inclut l'inscription de la tombe d'Eshmunazor; phénicien récent ou tardif, du Vè s. au début de notre ère; punique (phénicien dialectal de Carthage), du Vè s. (Carthage a été fondée selon la tradition à la fin du IXè s. mais les premières inscriptions sont bien plus tardives) à 146, date de la destruction de Carthage par Scipion Emilien ; et néopunique, de 146 au VIe s. de notre ère.


Philon de Byblos

Historien d'origine phénicienne écrivant en grec. Né sous le règne de Néron (54-68 apr. J.-C.), il mourut après Hadrien (117-138), sur le règne de qui il a rédigé un essai. Il écrivit plusieurs ouvrages dont il ne subsiste que quelques titres. Le seul livre dont il nous a été conservé de nombreux fragments (en particulier par Lusèbe de Césarée dans sa Préparation évangélique) est son Histoire phénicienne, qui est resté la principale source de la connaissance de la Phénicie avant que soient entreprises des fouilles archéologiques au Levant (en particulier celles d'Ugarit, dont les textes diffèrent profondément de la tradition conservée par Philon). L'ouvrage de cet ardent nationaliste paraît d'abord destiné à montrer la prééminence des Phéniciens sur tous les autres peuples. Ses sources seraient "Thautos", lequel n'est autre que le dieu Thot égyptien, et Sanchuniathon de Béryte (Beyrouth). Ce dernier aurait vécu à l'époque de la guerre de Troie (XIIIè- XIIè s.) et, selon Porphyre, il aurait écrit une Histoire phénicienne en phénicien que Philon aurait traduite en grec, ce que confirme Eusèbe. Les fragments conservés commencent par une cosmogonie suivie par l'histoire de Kronos (le Temps) et d'Ouranos (le Ciel), qui rappelle la Théogonie d'Hésiode. Le reste consiste en fragments sur les sacrifices humains, les serpents, etc. Les textes conservés sont marqués par la volonté de l'auteur de donner une explication ratiohnelle aux mythes rapportés, ce qui l'a fait classer parmi les évhéméristes, s'opposant à ceux qui prétendaient expliquer la mythologie d'une manière symbolique ou allégorique. Ce qui permet aussi d'inférer que Philon, s'il a utilisé des sources anciennes, les a accommodées au goût des Grecs et des Romains de son époque, en quête d'explications rationnelles du monde.


Puabi

Reine (?)d'Ur vers -2600, connue par une inscription sur un cylindre en lapis-lazuli, sur lequel est gravée une scène de banquet sur deux registres où l'on voit deux personnages assis face à face et, entre eux, deux serviteurs. On a proposé deux lectures de son nom, lu jadis shubad, et de la très courte inscription: une lecture sumérienne, Sud-ad nin (nin, traduit par "dame", peut désigner une reine ou, encore, une grande prêtresse), et une lecture akkadienne pu-abi nin , traduit par M. Lambert "prière du père", et par Solîberger et Kupper "la parole de mon père [est]" ou "la parole [divine] est mon père". C'est le seul "document" que nous possédions au sujet de Puabi. En revanche, elle a occupé l'une des plus riches tombes de la nécropole d'Ur (tombe -800). Dans le dromos (galerie d'accès) se trouvaient le char-traîneau et les deux ânes qui l'avaient tiré, char sur lequel le cadavre avait été porté en terre avec tout un personnel sacrifié : palefreniers, 5 soldats, une dizaine de femmes sans doute des dames de sa suite, dont une harpiste. Le squelette de Puabi se trouvait dans un cercueil, à l'intérieur de la chambre funéraire, entourée d'un mobilier d'une richesse prodigieuse: parures de tête de la défunte en or, cornaline et lapis-lazuli; bijoux (pendants d'oreilles, anneaux, colliers) en or, vaisselle d'or, d'argent et de pierres rares, table de jeu, harpe ornée d'une tête de taureau en or, parures des dames... plus de 270 objets précieux, outre un coffre à vêtements retrouvé dans le puits funéraire qui avait servi à des pilleurs de tombes à pénétrer dans le caveau voisin, celui du roi . Selon l'inventeur, Leonard Woolley, les pilleurs, contemporains de la défunte seraient les ouvriers qui avaient travaillé à l'aménagement de la tombe, ce qui explique qu'ils n'aient pas violé celle-ci. On se pose la question de savoir qui était cette Puabi, pour avoir eu de telles funérailles accompagnées de ces sacrifices des personnes ensevelies avec elle, sans doute après avoir bu des poisons lents, car on n'a remarqué aucune trace de violence. Était-elle l'épouse d'un roi? Une reine qui a régné seule ? Une grande prêtresse ? L'absence de tout document écrit autre que le sceau-cylindre ne permet pas d'avoir une quelconque certitude.


5 images

Puduhepa

Reine hittite, épouse d'Hattusili III. C'est la reine du POA sur qui nous possédons la plus importante documentation. Son nom, écrit en cunéiformes syllabiques fPu-du-he/hi-pa et en cunéiforme alphabé­tique d'Ugarit Pdgb, lu Pudugiba(t), est un théophore hurrite fondé sur le nom de la déesse Hépat, dont l'élément prédicatif "pudu" revêt un sens que nous ignorons. Elle est née aux environs de -1300, soit à Lawazantiya, soit à Kummani (Comana de l'époque grecque), dans le Kizzuwatna. Son père, Bentipsharri, était prêtre de la déesse Ishtar à Lawazantiya. Il est possible que la ville ait été la capitale du Kizzuwatna et que Bentipsharri ait été le seigneur de cette ville. C'est là que Puduhepa rencontra Hattusili (futur Hattusili III), frère de Muwatalli, alors roi des Hittites, lors de son passage dans cette ville à la suite de la bataille de Qadesh contre les Égyptiens de Ramsès Il. Amour soudain ou intérêt politique, le prince hittite rencontra la jeune fille, qui devait avoir au plus une quinzaine d'années, et bientôt fut célébré leur mariage, "oeuvre de la divinité". Peu après, Hattusili était nommé par son frère Muwatalli roi de Khapish (Hapis), de sorte que la jeune épousée reçut le titre de reine. Lorsque, à la suite du "coup d'État" qui va le porter au pouvoir, Hattusili devint le Grand Roi des Hittites, installé à Hattusa, Puduhepa reçut une titulature semblable à celle de son époux. On connait l'importance des reines en pays hittite, mais il semble que la situation de Puduhepa ait été exceptionnelle : elle appose son sceau sur tous les documents officiels, à côté de celui d'Hattusili, y compris sur le célèbre traité de paix entre les Hittites et Ramsès Il; on ne connaît qu'un seul document signé de ce roi qui ne porte pas la signature de la reine. Et lorsque la chancellerie égyptienne écrit à Hattusili, une lettre identique est adressée à la reine. Le couple royal eut plusieurs enfants: Tudhaliya (IV), l'aîné, successeur d'Hattusili, Nerikkaili, fils cadet marié à une fille du roi d'Amurru, Benteshin une fille qui épousa ce dernier souverain; une cadette donnée pour épouse à Ramsès Il et seulement connue de son nom égyptien, Maât­Hor-néférou-Rê. Après la mort du roi, bien que son fils aîné soit monté sur le trône, Puduhepa continua d'exercer le pouvoir comme semblent le prouver un document d'Ugarit qui ne porte que le sceau de la reine et une lettre écrite par elle en ugaritique et adressée à Niqmadu d'Ugarit. Il semble que Puduhepa ait vécu longtemps, plus de 80 ans. Sans doute lettrée, elle est l'auteur de prières et de lettres qui sont parvenues jusqu'à nous. Les plus célèbres de ces documents sont une prière à la déesse-soleil d'Arinna et sa prière à la déesse Lelwani, au cours de laquelle elle formule un voeu pour la santé de son époux et dont on possède plusieurs versions différentes plus ou moins incomplètes : «Paroles de Puduhepa, grande reine, reine du pays hittite, fille de Kummani ; à Lelwani, ma Dame, en faveur de la santé de la personne de "Mon Soleil", j'ai fait ce voeu: ô déesse, ma Dame, si par de longues années tu gardes "Mon Soleil" en vie et en santé, devant toi, déesse, au cours de ces années il se rendra; et à toi, déesse, annuellement... des années d'argent et des années d'or, des mois d'argent et d'or, des jours d'argent et d'or, des bols d'argent et d'or, une effigie en or de "Mon Soleil", de Hattusili". Il nous reste aussi d'elle une représentation sur le relief très estompé de Fraktin, où elle fait une libation à la déesse Hépat tandis que son époux la fait au dieu de l'Orage.


Qadesh

Ville de Syrie sur l'Oronte. La ville a été retrouvée dans le tell Nebi Mend. Les fouilles qui y ont été conduites ont montré qu'il a été occupé dès le VIè mill. (néolithique), mais l'établissement n'a pris de l'importance qu'à partir du IIe mill. où ont été construits des remparts pourvus de casemates. La position de la ville à la confluence de l'Oronte et d'un affluent de ce fleuve, dans une riche plaine, a attiré l'intérêt des conquérants égyptiens. Qadesh fait partie de la coalition contre le pharaon Thoutmès III lors de la bataille de Megiddo (vers -1480). À l'époque d'Amarna, la ville, indépendante, est prise par le roi hittite Suppiluliuma et son roi, shuttatarra, est déporté au Hatti avec son fils Aitagama. Ce dernier est connu par la correspondance d'Amarna, son nom étant diversement orthographié (Aitukama, Atakama, Etak(k)ama, Itat­kama). Il appartiendrait à cette aristocratie de langue indo-aryenne établie dans le POA à partir du XVII -XVI s., et son nom s'expliquerait par le sanskrit eta-gama, s àl'allure d'antilope s. Suppiluhuma le replaça sur le trône de Qadesh en tant que pawari (prince). Néanmoins dans la correspondance d'Amarna, il est désigné comme '


Qataban

État du yémen antique, dont le coeur se situait autour du Wadi Bahyân, dans l'ouest de l'Hadramaout. La région où s'est établi le Qataban a été habitée dès le IIe mill., mais les premières inscriptions mentionnant un souverain du Qataban datent du VIle s. Il s'agit d'Hawfi'amm Yuhan'im, fils de Sumhu'alî Watar, qui se pare du titre de mukarrib. Les mukarrib de Qataban vont peu à peu étendre leur royaume vers le sud-ouest et le sud, au détriment de Saba et de Ma'in, qu'ils conquièrent au IIè s. Le Qataban est alors parvenu au sommet de sa puissance. C'est le Qataban de cette époque dont Strabon rapporte que "le territoire des Cattabanéens s'étend jusqu'à l'étroit canal (le Bab el-Mandab) où se fait la traversée du golfe (Arabique) ", ce qui est confirmé par Pline qui mentionne Okélis (Ocila) comme un port des Gébannites (id est Qataban). Le même Pline nous donne la cause de leur richesse. "L'encens ne peut être exporté que par le pays des Gébannites; aussi paye-t-on un droit à leur roi. Thomna leur capitale est éloignée de Gaza, ville de Judée, située sur notre mer (la Méditerranée) de 4 436 000 pas, trajet divisé en 65 stations de chameaux" . Ainsi le Qataban s'était-il attribué un monopole du contrôle de l'encens, dont il n'était pas le seul producteur; ce qui, ajouté à une agriculture florissante grâce à un plan rationnel d'irrigation, faisait de ce royaume l'un des plus riches du Yémen. La capitale, appelée Thomna par Pline, Tamna par Strabon, et dont le nom indigène est Timna', était une ville qui s 'étendait sur 20 ha, avec une population importante dont les maisons possédaient plusieurs étages. Dans les remparts, d'une longueur de 1 850 m, étaient aménagées quatre portes. Au cours de son voyage d'exploration du Yémen, l'équipe de Wendell Phillips a retrouvé l'un des chefs-d'oeuvre de l'art qatabanien, la tête féminine nommée Myriam par les travailleurs Arabes employés aux fouilles (déposée à l'Arthur Sackîer Gallery, à Washington). La puissance du Qataban était cependant fragile car, au début du 1er s. de notre ère, le roi d'Hadramaout annexa le pays et détruisit Timna'. La principale divinité des Qatabanais était le dieu-lune 'Anbay shaymân.


Qingu

Dieu connu plus particulièrement par l'Énùma élish, où il est créé par Tiâmat, qui en fait le chef de ses partisans et lui remet la Tablette-aux-Destins, qui lui confère le pouvoir suprême (- Anzû, destin). Vaincu et capturé par Marduk, il est mis à mort et l'humanité est façonnée avec son sang.


Réshep

Dieu ouest-sémitique. Il est mal déterminé dans les textes du POA. Son nom apparaît souvent dans l'onomastique et dans les anthroponymes. Son origine semble être amorrite (ra-sa­ap). La racine de son nom, R-sh-P, signifie "brûler". En hébreu, "reshep" est un terme désignant la pestilence, la peste et la flamme (araméen rishpâ, akk. ra-sa-ap). Il apparaît dès le milieu du IIIè mill. dans les textes d'Ebla(dra-sa-ap, en tant que divinité de la bourgade de Gunu dans des listes de comptabilité et dans les listes de dieux ); une porte de la ville portait son nom. Il est mentionné pour la dernière fois dans une inscription de Palmyre datée de l'an 6 av. J.-C. . Ses fonctions ont certainement subi des modifications entre ces dates extrêmes. Les listes akkadiennes et ugaritiques le mettent en connexion avec Nergal, ce qui en fait un dieu des Enfers. En cela, Theodor Caster oppose dans le panthéon d'Ugarit Réshep, dieu des Enfers, à Baal et Yarikh (la Lune), divinités du ciel . Cependant, un fragment de texte ugaritique laisse à penser qu'il a été le portier d'Utu, le dieu-soleil . Il semble avoir été l'un des grands dieux d'Ugarit souvent cité dans les rituels. Il n'intervient que dans un rôle secondaire au sein d'un texte mythologique: "Kéret" , où il apparaît comme le dieu "ailé" de la Peste, cause de la mort du cinquième fils de Kéret. Cet aspect de dieu de la Peste se retrouve dans les textes bibliques au millénaire suivant. Il n'est ensuite que cité : "prince Rashap", "Rarhap dans Bibit" . Il semble acquis que les nombreuses statuettes en bronze (provenant de Syrie-Canaan) d'un dieu aux reins ceints d'un pagne étroit, coiffé de la couronne oblongue égyptienne, le bras droit levé brandissant une lance, représente le dieu Réshep . On le retrouve ensuite mentionné en Anatolie dans les inscriptions de Karatépé sous la forme "resp sprm" (traduit par "Réshep des oiseaux", ou "caprin", ou "cerf") et de Zincirli. Mais c'est surtout en Egypte, où il est introduit au Nouvel Empire (v. -1500), qu'il va être le mieux représenté. Il apparaît dans les figurations des XIXè et XXè dynasties (fin XIVè-XIè s.) comme un dieu guerrier associé à Anat, Astarté, Qadesh (la Sainte), représenté avec la haute couronne blanche du Sud ou le pschent, debout, brandissant un javelot . Il est aussi figuré debout, de profil, tenant dans une main une lance, dans l'autre l'ankh (la croix ansée), portant la barbe et la perruque asiatique ceinte d'un étroit ruban ou coiffé du pschent, face à Min ithyphallique, les deux divinités encadrant la déesse Qadesh dressée nue sur un lion . Les Phéniciens ont introduit son culte à Chypre, où il a été identifié à Apollon, lequel apparaît aussi comme dieu de la Peste (déjà dans l'Illiade).


Rimush

Roi d'Akkad (-2278-2270), fils et successeur de Sargon. Il se trouvait aux côtés de son père lorsque, à la suite d'une rébellion, ce dernier fut assiégé dans sa propre capitale d'Akkad. C'est peut-être la raison pour laquelle il succéda au trône au détriment de son frère Manishtusu, qui paraît avoir été son aîné (ou peut-être son jumeau). Les premières années de son règne furent occupées à réprimer des révoltes qui éclatèrent à la mort de Sargon. Selon des omens, les principaux rebelles auraient été les "aînés du pays". Les inscriptions concernant Rimush, d'époque paléobabylonienne mais reprises sans doute de textes plus anciens, rapportent la répression de révoltes de villes du Sumer: d'abord Ur, dont il captura le roi, Kaku, ce qui implique que la ville avait recouvré son indépendance pendant suffisamment de temps pour se donner un roi; puis il poursuivit jusqu'à la mer Inférieure (le golfe Persique) sa campagne, au cours de laquelle il fit 5700 prisonniers qu'il concentra dans un camp. Selon une autre inscription, dans la guerre qu'il mena contre Ur et Umma, il tua 8 040 hommes. Les autres villes nommées contre lesquelles il eut àcombattre sont, en Sumer, Lagash, Girsu, Adab, Zabalam, et, en Akkad, Kazallu. La troisième année de son règne, il conduisit une meurtrière campagne en Élam, d'où il rapporta un important butin: "Rimus, le roi de Kis, défit dans une bataille Abalgamas, le roi de Barahsi, ensuite, Zabra et l'Elam se réunirent à l'intérieur de Barahsi pour engager le combat, mais il triompha et il tua 16 212 hommes, il captura 4 216 prisonniers.... Il vainquit aussi les villes d'Elam et il détruisit leurs remparts et [il extirpa du pays d'Élam] la racine de Barahsi : [ainsi il] domina l'Êlam, Enlil lui montrant [la voie] dans la troisième année, où Enlil lui donna la royauté. Au total: 9 624 hommes, y compris les tués, y compris les prisonniers. Par Shamash et Aba, je jure que ce ne sont pas des mensonges : c'est absolument vrai" . Parmi les alliés des Elamites, on trouve ensuite les gens de Mélukhkha et de Gupin. Ce dernier territoire mentionné aussi dans les textes de Gudéaà propos d'un bois qu'on y trouve, semble se trouver sur la côte nord du golfe Persique. Ainsi, il semblerait que Rimush ait poussé son incursion jusque dans l'actuel Kermân (la Carmanie des géographes grecs). Au nord, la domination de Rimush a dû s'étendre au moins jusqu'à Brak, où ont été retrouvés des fragments d'inscriptions le concernant. Son règne ne dura que 9 années, car, semble-t-il, il fut assassiné. Il est possible que son frère Manishtusu, qui lui succéda, ait trempé dans le complot. ICONOGRAPHIE : Le Louvre possède une partie de stèle trouvée à Tellô où, sur le registre le plus lisible, on voit, en bas relief, un archer bandant son arme au-dessus d'un homme couché, et, devant lui, un fantassin brandissant une massue (?) et tenant par la barbe un ennemi. Les deux soldats Akkadiens sont vêtus d'une robe serrée à la taille par une ceinture et portent un casque pointu sans doute en feutre tandis que les deux vaincus sont entièrement nus .


1 images

Ruda

Ancienne déesse arabe. Son nom semble apparaître sous la forme de Ruldaiu dans une inscription assyrienne d'Assarhaddon, ce qui fait d'elle la plus ancienne divinité arabe mentionnée dans un texte. Elle a été la déesse tutélaire de plusieurs tribus de l'Arabie centrale et des Thamudéens. On retrouve ensuite son culte à Palmyre où elle est identifiée à l'étoile du soir, c'est-à-dire Vénus. Elle est alors parfois représentée sous l'aspect d'une femme nue, comme la Grande Déesse. Dans les nombreuses invocations des inscriptions thamudéennes, elle apparaît comme protectrice de la royauté et dispense la sagesse, la joie, l'amour ; elle est la maîtresse de la vengeance, de la compassion, de la guérison, déesse protectrice et secourable.


Saba

État du Yémen antique. Le Saba a été popularisé grâce au texte du second livre biblique des Rois, narrant la visite de la reine de Saba au roi Salomon, une reine qui n'est pas nommée dans le texte biblique mais que les Arabes ont ensuite appelée Bilqis (ou Balqis) et les Abyssins, Makéda. Cet épisode, pris au sérieux par certains auteurs, qui ont voulu voir dans cette "visite" une relation provoquée par le roi d'Israèl avant d'expédier ses flottes vers l'Ophir, afin de nouer une alliance avec le peuple maître de l'Arabie du Sud et susceptible de contrôler la navigation dans l'étroit passage du Bab el-Mandab, semble plutôt être une invention du rédacteur du livre au VIe s. (3 à 4 siècles après Salomon) en vue d'exalter la gloire et la puissance de son héros. Le Saba semble avoir été constitué par un groupe de tribus fédérées autour de la ville destinée à devenir la capitale du royaume, Marib. L'établissement de la chronologie du Saba se heurte encore à quelques difficultés (voir Yémen), mais certains rapprochements, s'ils ne sont pas établis avec certitude restent suffisamment plausibles pour pouvoir être adoptés ici. Les plus anciennes inscriptions sabéennes citent deux cheikhs portant le titre de mukarrib : Yathî'amar Bayân, fils de Sumu-alî, et Karib'il Watar, fils de Dhamar'alî. Il est possible que le premier ait associé le second au pouvoir tout en conservant une préséance. Le premier de ces souverains a pu être assimilé à It'amara le Sabéen des AnnaIes de Sargon, qui aurait payé un tribut avec Samsi, "reine des Arabes", la septième année du règne du roi assyrien, soit en -716 / - 715 . Pareillement, Karib'îl ne serait autre que Karibi-ilu, roi de Saba, d'une inscription assyrienne datée des environs de - 689, qui aurait donné des pierres rares et des épices lors des fêtes de la fondation du temple du Nouvel An sous le règne de Sennachérib . Karib'îl a fait graver deux grandes inscriptions dans l'enceinte du temple d'Almaqah à Sirwah, grâce à quoi nous savons qu'il a conduit huit campagnes victorieuses qui l'ont rendu maître d'une grande partie du Yémen, ce qui n'alla pas sans destruction de villes, incendies et massacres en abondance. Ce règne ne fut pas uniquement consacré à une extension politique par la violence. Ce grand mukarrib fortifia des villes, installa des colons dans celles qu'il avait détruites pour les repeupler, fit irriguer de nouvelles terres, construisit des sanctuaires, favorisa l'artisanat. Le règne de ce roi, considéré comme le fondateur de l'Empire sabéen, se serait étendu sur près d'un demi-siècle. L'empire ne tarda pas à se lézarder ; moins d'un siècle plus tard, le Qataban, ancien allié de Saba devenu son rival, va lentement rogner ses territoires, pour finalement devenir dès le IIIè s. l'Etat dominant du Yémen. Le Saba subsiste néanmoins autour de Marib, et c'est en particulier ce royaume qui sera visé par l'expédition romaine d'Aelius Gallus, au 1er s (voir Yémen). C'est sans doute à la suite du contrecoup de cette invasion que le Saba va être uni aux rois de la tribu triomphante d'Himyar, lesquels prennent le titre de "roi de Saba et de dhû-Raydân" (ce qui signifie "de Raydan", ce dernier nom étant celui de la forteresse de Zafâr, d'où les cheikhs himyarites sont partis pour imposer leur domination). L'histoire du Saba va désormais être liée à celle des Himyarîtes, soit en tant qu'associés, soit comme rivaux, jusqu'à son absorption définitive dans le royaume himyarite au IIIe s. de notre ère.


12 images

safaitique

Nom donné par les philologues à un dialecte arabe connu par de nombreuses inscriptions, appartenant avec le thamudéen au groupe nord-arabe ancien. Les premières inscriptions apparaissent dans le sud de la Syrie et le nord de la Jordanie. Elles se retrouvent dans le nord de l'Arabie et dans la partie sud occidentale de l'Iraq. Ce nom moderne de safaïtique est formé sur safa, appellation du désert au sud-est de Damas, où les inscriptions ont été initialement découvertes en 1857. Elles ne peuvent être que difficilement datées individuellement, mais on a pu établir qu'elles se situent entre le 1er s. av. J-C. et le IVè s. de notre ère. Elles sont certainement dues à des groupes de nomades, comme le confirment les dessins rupestres les accompagnant, de dromadaires et de chevaux, ainsi que certaines inscriptions faisant état de migrations saisonnières avec des troupeaux de petit bétail. Elles contiennent des noms de tribus, des généalogies de clans ou de familles, des noms d'ancêtres éponymes, des formules religieuses et des noms de divinités parfois sont faites des allusions à des événements historiques. L'étude de ces inscriptions a permis d'affirmer que les tribus safaitiques étaient Arabes, parlaient un dialecte arabe, adoraient des divinités typiquement Arabes . Le safaitique représente non pas, comme on a pu le supposer, l'arrivée de nouvelles tribus qui auraient occupé un vide laissé par la disparition des Nabatéens, mais un ensemble dialectal appartenant à un large groupe de tribus vivant dans ces vastes aires allant du Hauran au nord de l'Arabie, et se trouvant en contact avec les populations de langues araméenne et nabatéenne. Plusieurs tribus ont pu être isolées et individualisées: Amrat, Ubaishat, Awid, Daif, Rawah, Salam, Qamar. Outre les divinités Arabes, les inscriptions mentionnent des dieux nabatéens et palmyréniens, Baal shamin et Dushara. Aucune allusion n'étant jamais faite au christianisme ni à l'islam, on suppose que ces tribus ont disparu en tant que groupes individualisés avant que ces deux religions se soient imposées aux nomades de ces régions.


Samsu-Iluna

Roi de Babylone (- 1749 -1712). Fils et successeur d'Hammurabi, il hérita d'un royaume puissant mais menacé sur ses frontières. La neuvième année de son règne, il dut repousser les Kassites à l'est, première manifestation d'un peuple qui devait mettre un terme à la dynastie amorrite. L'année suivante, il dut combattre les armées d'Idamaraz, Iamutbal, Uruk et Isin. Ces attaques le conduisirent à fortifier Kish. La révolte d'Iamutbal était dirigée par un certain Rim-Sîn qui s'était institué roi de Larsa. Vaincu, Rim-Sîn mourut dans son palais (14è année du règne de Samsu-Iluna). Cependant, les révoltes vont se poursuivre tout au long de son règne, qu'il devra sans cesse réprimer : Eshnunna, face à laquelle il édifia la forteresse de Dûr-Samsu-Iluna (act. Khafajeh) pour contrôler le territoire ; Iluma-ilum, qui établit sa dynastie sur le Pays de la Mer; au nord vers le Khabur où il dût construire une place forte à Sagaratim. Malgré les difficultés intérieures et extérieures de son règne, les inscriptions nous font connaître son activité de bâtisseur, qui ne fut pas uniquement centrée sur des fortifications. Ainsi reconstruisit-il le temple de Shamash (é-babbar) à Sippar avec sa ziggurat ; il refit creuser le canal appelé Durul et Taban, fit sculpter de nombreuses statues. Le royaume continua de connaître une grande activité commerciale et administrative, comme en témoignent les nombreuses tablettes concernant son règne .


Sargon d Akkad

Fondateur (-2334 -2279) de la dynastie d'Akkad et de la ville de ce nom. VIE DU ROI : On ne possède qu'un monument contemporain de Sargon, une stèle triomphale retrouvée à Suse. Nous ignorons même son vrai nom, car sharrukenu (ou sharrukin) est un surnom qui signifie roi légitime . La Légende de Sargon est relatée dans des textes des époques néo-assyrienne et néo-babylonienne, soit près de quinze siècles après les événements."Je suis Sargon, le roi puissant, le roi d'Akkad. Ma mère était une grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville [natale] est Azupiranu, qui est située sur les bords de l'Euphrate.[...] Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et me mit au monde en secret. Elle me déposa dans une corbeille de jonc dont elle ferma l'ouverture avec du bitume. Elle me jeta dans le fleuve sans que j'en puisse sortir. Le fleuve me porta; il m'emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d'eau... [...]m'adopta comme son fils et m'éleva...[il] me mit à son métier de jardinier. Alors que j'étais ainsi jardinier, la déesse Ishtar se prit d'amour pour moi, et c'est ainsi que pendant [cinquante]-six ans, j'ai exercé la royauté" .On peut accepter le témoignage de certains textes qui nous apprennent que Sargon a été l'échanson du roi de Kish, Ur-zababa. S'est-il ensuite révolté contre ce roi et a-t-il quitté Kish pour fonder Akkad, ou, au contraire, a-t-il été choisi par ce roi comme son héritier et a-t-il dû fuir et fonder Akkad parce que Lugal­zagési, roi d'Umma et d'Uruk, et fédérateur des cités sumériennes, avait conquis Kish et mis à mort Ur-zababa ? Dans ce cas, la guerre audacieuse qu'il va mener contre Uruk pourrait être le fait non d'une bravade qui l'aurait conduit à s'attaquer au maître du premier Empire sumérien, mais, plutôt, d'une vengeance. Toujours est-il que ce long règne fut consacré à fonder le premier empire historique de l'Asie antérieure. Mais jusqu'où s'étendait-il ? On serait bien en peine de le déterminer avec certitude. Si l'on en croit les diverses légendes concernant Sargon, il aurait trempé ses armes dans le golfe Arabique, où il aurait conquis l'île de Dilmun et aurait soumis l'Élam, ce qui n'a rien d'invraisemblable. Vers l'ouest, Si l'on en croît l'épopée du "Roi du combat" il se serait "élancé vers les Montagnes claires (Liban?) et la forêt de Cèdres" (Amanus ?). Sous prétexte de défendre des marchands sémites opprimés par leur sukallu, il s'empara du pays d'Ibla (Cappadoce ?), où se trouvait Purushkhanda, ville du dieu Dagan. Vers la fin de son règne, il dut faire face à des révoltes qui le forcèrent à soutenir un siège dans sa propre capitale d'Akkad. Il réussit à vaincre les rebelles qu'il poursuivit jusqu'au Subarru, secondé par son fils Rimush. Nous connaissons le nom de sa femme, Ashlutum et celui de sa fille, En-hedu-ana "vraie femme de Nanna [...] dans le temple d'Inanna à Ur" . TEXTES RELATIFS À SARGON : - 2 tablettes d'argile bilingues (akk. et sum.) datant de la Ire dynastie de Babylone : " Sargon [...] vainquit la ville d'Uruk et détruisit son rempart. Il défit Uruk dans une bataille et fit prisonnier Lugalzagési, le roi d'Uruk, au cours de la bataille il l'amena dans un carcan à la porte d'Enlil. Sargon, le roi de Kish, gagna 34 batailles il détruisit les remparts jusqu'au bord de la mer. Il amarra au quai d'Akkad les bateaux de Méluhha, les bateaux de Magan [et] les bateaux de Tilmun.» Légende de Sargon : Citée plus haut. La Légende Sumérienne de Sargon : Sargon, échanson d'Ur-zababa, est visité en rêve par Inanna dans le temple d'Ézinu. Il y a vu le roi de Kish dans un flot de sang. Il le lui rapporte, ce qui effraie le roi, qui écrit à Lugalzagési. La fin de la tablette manque, mais son intérêt réside dans un long dialogue entre Sargon et Ur-zababa. Sargon et Lugalzagési : Fragment en sumérien par lequel on apprend le nom du père de Sargon, Laipum. Il y est aussi dit qu'il fit d'une femme de Lugalzagési sa concubine et qu'il marcha contre ce demier, comme si la cause du conflit était, précisément, cette femme. Sargon preneur de ville : Texte d'une tablette du Louvre où est rapportée la destruction d'une ville du pays d'Utanapishtim par "la horde" (?) d'Akkad. Elle est attribuée à l'époque de la 1ère dynastie de Babylone, bien qu'il y soit mentionné des "hommes de fer" Le Roi du combat (ou de la bataille : sar tamhSrim) : Constitué par plusieurs fragments, de la période de la 1ère dynastie babylonienne, ce texte rapporte l'expédition du roi vers la forêt des Cèdres et sa campagne contre le seigneur de Purushkhanda. On en possède plusieurs versions avec des variantes en ce qui concerne quelques détails. Chronique de Sargon : Tablette du BM de l'époque néobabylonienne. «Sargon, roi d'Akkad, s'éleva au pouvoir durant l'ère d'Ishtar et il n'eut ni rivaux ni opposants [...] Il traversa la mer du Levant et il conquit les contrées du Couchant... " C'est cette chronique qui nous apprend que dans sa vieillesse, Sargon dut subir un siège dans Akkad. Trait amusant : selon la chronique, il aurait construit près d'Akkad une réplique de Babylone, ce qui aurait provoqué la colère de Marduk. Or, ni Babylone ni son dieu, Marduk, n'existaient à l'époque de Sargon. ICONOGRAPHIE. Une très belle tête en bronze provenant de Ninive (Kuyunjik) et exposée au musée de Bagdad, semble être un portrait de Sargon. Sa stèle en diorite retrouvée (à l'état fragmentaire, en plusieurs morceaux) à Suse (musée du Louvre) est sculptée de bas-reliefs où les personnages sont représentés dans la grande tradition sumérienne. On y voit, en particulier, un soldat akkadien vêtu d'une robe qui tient sur son épaule droite une courte épée et qui empoigne de l'autre main un captif entièrement nu, les poignets liés par une corde dans le dos; dans une autre zone en partie effacée sont représentés des prisonniers jetés au sol, assis ou agenouillés, scène qu'on a pu interpréter comme un massacre, tandis que dans le registre inférieur les corps des morts sont abandonnés à des charognards, peut-être des vautours ou des sortes de gypaètes.


Sargon II

Roi d'Assyrie(- 721 -705). . Il était fils de Tiglatphalazar III (- 744 - 727) et frère, ou demi-frère, de Salmanazar V (-726 - 722). Après ce qu'on a pu appeler une éclipse depuis le règne d'Adad-nîrâri III, Tiglatphalazar III avait renoué avec une politique d'expansion qui avait rendu à l'Assyrie une partie de la puissance qu'elle avait acquise, en particulier sous le règne d'Assurnasirpal II. Sargon hérita de cet état de fait et il consolida ces conquêtes en les étendant, s'imposant comme le nouveau fondateur de l'Empire assyrien. On ne sait que peu de chose de son prédécesseur, Salmanazar V qui ne régna que peu de temps. C'est cependant lui qui mit le siège devant Samarie, capitale du royaume d'Israèl, dont la gloire de la chute revint finalement à Sargon. On ne sait réellement ni comment est mort Salmanazar ni comment Sargon a pris le pouvoir. Il est possible que ce soit à la suite d'un coup de force lors de la mort de son frère, peut-être victime d'un attentat. C'est cette usurpation du trône qui aurait été en partie la cause des troubles internes qui secouèrent les débuts de son règne, troubles dont profitèrent, le roi de Hamat Ilu-bi'di, àl'ouest, pour constituer, sous l'égide des Égyptiens, une coalition contre l'Assyrie, et, au sud, Mérodoch-Baladan pour se faire couronner à Babylone. A l'intérieur du royaume, les habitants s'étant révoltés, Sargon Il dut composer avec eux et les libérer par décret des taxes et corvées auxquelles les avait astreints Salmanazar V selon ce qu'a assuré le roi. Sargon Il réagit avec cette énergie et cette promptitude qui caractérisent les grands souverains Assyriens. Il vainquit le roi de Hamat, déporta les familles de Samarie, laquelle fut repeuplée par des Arabes (?) et des Mésopotamiens, rétablit l'ordre à l'intérieur du royaume. Ses annales révèlent que chaque année au cours des treize premières années de son règne de 16 ans, il dirigEa des campagnes militaires : an 1, campagne contre Israèl et raid en Babylonie (où il a essuyé un échec) ; an 2, contre Hamat et les Syriens révoltés ; an 3, contre les Manéens, dont il dévaste, détruit, brûle les villes ; an 4, contre Kiakki, roi de shinuhtu an 5 contre Karkémish; an 6 première campagne contre l'Urartu ; an 7, deuxième campagne contre le roi Rusa d'Urartu ; an 8, troisième campagne contre l'Urartu (cette huitième campagne est connue dans les détails par une longue lettre sur une tablette du Louvre, datée de -714; an 9, contre les Mèdes et les gens des montagnes du haut Euphrate; an 10, contre Tarhunazi de Melid; an 11, contre les rebelles dans le Gurgum et à Ashdod; an 12, contre Marduk-apal-îddina (Mérodoch-baladan) à Babylone; an 13, campagne pour soumettre les tribus araméennes installées en Babylonie, au cours de laquelle il reprend la ville abandonnée par son souverain, qui se réfugie dans les marais du Bit Yakin (voir Chaldée) ; Babylone reconquise, il s'y fait couronner (il touche la main de Bêl-Marduk) pour rétablir la double monarchie d'Assur et de Babylone à son profit. Ces campagnes sans cesse renouvelées, qui vont établir un puissant empire, n'empêchent pas Sargon d'avoir une activité de bâtisseur. Il abandonna les anciennes capitales pour se faire édifier une grande ville fortifiée qui prit son nom : Dur-sharrukin. L'énormité de cette ville construite en une dizaine d'années révèle la puissance économique du souverain qui en a été l'instigateur. Les archives assyriennes ont rendu environ 1 300 lettres de la chancellerie royale envoyées ou reçues de toutes les provinces de l'empire, qui nous font connaître de nombreux détails de la politique royale. La dernière campagne que Sargon conduisit en -705 contre Tabal lui fut fatale. La Chonique éponymique relate l'événement d'une manière laconique : "Pendant l'éponymie de Naskhur-Bêl, gouverneur d'Amédi, le roi [marcha sur Tabal (?)] face à Gurfi, le Kulumméen, [...]le roi fut tué; le camp du roi d'Assyrie fut pris [...] Au mois d'Ab, le 12e jour, Sennachérib [s'assit] sur [le trône]"


8 images

Sargonides

On donne parfois ce nom à la dynastie des rois d'Assyrie descendant de Sargon II : Sennachérîb, Assarhaddon, Assur-banipal.


Satrapies

- Mâda, la Médie, à l'ouest de l'Iran, autour de l'actuelle Hamadan. - Ûvja, l'Élam ou Susiane, dans le sud-ouest de l'Iran. - Parthava, Parthyène, dans le nord de l'Iran et à l'est de la mer Caspienne. - Haraiva, l'Arie, région montagneuse du nord-est de l'Afghanistan. - Bâxtris, la Bactriane, la plaine du nord de l'Afghanistan, entre l'Oxus et l'Hindu Kuch, dont la capitale, Bactres, est l'actuelle Balkh. - Suguda, la Sogdiane, entre Oxus et laxarte. Capitale Maracanda, act. Samarkand. - Uvârazmish, la Chorasmie, le Kharezm médiéval, au sud-est de la mer d'Aral. - Zraka (Zaranka), la Drangiane, hauts plateaux du sud-ouest de l'Afghanistan, act. Seistan, arrosé par l'Hilmand (anc. Étymander). - Hrauvatish, l'Arachosie, sud-est de l'Afghanistan, nord du Baloutchistan. - shatagush, Sattagidie, du nom d'un peuple au sud-est de l'Arachosie. - Gadâra, le Gandhâra, la Gandaritis des Grecs, au nord-ouest de la vallée de l'Indus. - Hidush, Hindush, la vallée de l'Indus. - Sakâ haumavargâ, Saka (Scythes), "buveurs de Hauma" vers les rives de l'Iaxarte (Syr-daria). - Sakâ tigraxaudâ, "Saka aux bonnets pointus", peuple scythique d'Asie centrale. - Bâbirush, la Babylonie. - Ashurâ, l'Assyrie. - Arabâya, l'Arabie, laquelle s'étendait sur la Jordanie et une partie de la Syrie. - Mudrâya, l'Égypte. - Armina, l'Arménie, dans la région du lac de Van jusqu'au lac d'Urmiah, dans l'est de la Turquie et le nord-ouest de l'Iran. - Katpatuka, la Cappadoce, au centre de l'Asie Mineure. - Sparda, la Lydie, avec Sardes pour capitale. - Yaunâ, l'Ionie, soit les côtes égéennes de l'Asie Mineure. - Sakâ tyaiy paradraya, les Scythes d'Europe, au sud du Danube (act. Bulgarie). - Skudra, la Thrace (act. "Turquie d'Europe" et sud de la Bulgarie. - Yaunâ takabarâ, les Ioniens "portant le pétase" (petit chapeau grec), les Grecs de l'actuelle Thrace occidentale et de la Macédoine. - Putây (Puntiyâ), les côtes orientales de l'Egypte et l'est de la Cyrénaique. - Kûsiyâ, le Kush des Égyptiens, en l'occurrence le nord de la Nubie. - Maciyâ et Karkâ. La localisation de ces deux régions reste discutée. Il semblerait qu'il s'agisse du Makran (dans le sud-est de l'Iran) et de la Carie, dans le sud-ouest de l'Asie Mineure (ou encore de la Cilicie). Cependant, on a pu aussi y voir la Cyrénaïque et Carthage . Il est à remarquer que, par ailleurs, ne sont pas mentionnées deux provinces de l'Iran du Sud-Est, conquises par Darius ou même par Cyrus, la Carmanie (act. Kirmân), peuplée de tribus proches des Perses, et la Gédrosie (Baloutchistan).


Sennachérib

Roi d'Assyrie (- 704 -681), de son nom assyrien Sîn-ahhê-erîba = "Sîn a compensé les frères (morts)". Si l'on en juge à son nom, il eut plusieurs frères aînés morts en bas âge. Il fut élevé comme un prince héritier et reçut dans sa jeunesse des charges administratives. Dès que son père, Sargon Il, fut tué, lors de sa malheureuse campagne contre Tubal, il monta sur le trône et, aussitôt, dut fait face à des révoltes, comme ce fut si souvent le cas lors des successions royales en Assyrie. Sous l'impulsion des Egyptiens, les rois de Sidon, d'Ascalon et de Juda se liguèrent contre les Assyriens tandis que dans le Sud, Mérodach-Baladan, qui s'était enfui vers l'Élam devant l'avance de Sargon, revenait s'installer à Babylone. Aussitôt (campagne de la 1re année de règne), Sennachérib marcha contre Babylone, reprit la ville tandis que Mérodach-Baladan s'enfuyait vers les marais, et installa un gouverneur d'origine babylonienne, Bêl-ibni. Croyant avoir pacifié le Sud, l'année suivante il fît une longue campagne dans les régions à l'est du Tigre pour soumettre les tribus révoltées. La troisième campagne fut consacrée à l'Ouest. Son tartan (turtânu = général) vainquit le roi de Sidon, qui s'enfuit à Chypre, mit le siège devant Lakish, qui fut bientôt enlevée. Après de nombreuses palabres sous les murs de Jérusalem, rapportées par le livre biblique des Rois (Il Rois 18 :13-19 :34, et Il Chron 32 :1), le roi de Juda Ezéchias livra un énorme tribut mais sauva ainsi sa ville. Cinq campagnes furent ensuite conduites contre l'Elam et les régions du sud du Tigre, où l'état de révolte était permanent. L'armée assyrienne pourchassa les rebelles dans les marais, mit au pillage les villes de l'Élam. En -691, les Assyriens subirent vîsiblement un revers lors d'une bataille contre les Elamites à Hallulê et, Babylone s'étant encore une fois révolté, en -689 Sennachérib fit ce que ses prédécesseurs sur le trône d'Assur n' avaient jamais osé faire par respect d'une cité aussi vénérable, il détruisit la ville. La rébellion ayant été temporairement matée dans cette partie de l'empire, le roi fit une incursion chez les Arabes pour y prélever des dromadaires et marcha contre l'Egypte. Mais l'armée assyrienne fut arrêtée à Péluse, à la porte du delta, par une épidémie, sans doute de peste, provoquée par une invasion de rats. "Au mois de Tebet, le 20e jour (janvier), au cours d'une insurrection, le fils de Sennachérib, roi d'Assyrie, tua son père. Sennachérîb régna [24] ans sur l'Assyrie. En Assyrie, l'insurrection dura du mois de Tebet, le 20e jour, au mois d'Addar (février), le 2» jour. Au mois d'Addar, le [2]8eme» jour (mars), Assarhaddon, son fils, s'assit sur le trône d'Assyrie " . Comme Sargon avait construit Dur­sharrukin pour en faire sa capitale, Sennachérib abandonna cette dernière pour s'installer à Ninive, dont il est, en quelque sorte, le nouveau fondateur. Il y entreprit des travaux gigantesques qui feront de cette ville l'un des joyaux du monde oriental. Le roi s'est fait représenter dans un grand relief sculpté dans le roc dominant le Gommel . Dans cette même région, au nord de Ninive, à Bavian et à Maltai, il a laissé des reliefs rupestres dont, à Maltai, un défilé des grands dieux debout sur leurs animaux symboliques . Dans le palais de Ninive se trouvait la série des reliefs du siège de Lakish (au BM), dans lesquels il s'est fait représenter assis sur un haut trône, sur une colline où les vaincus viennent lui rendre hommage .


Séleucides

Dynastie macédonienne qui régna sur la Syrie et une partie de la Mésopotamie et de l'Iran à partir de -305. Elle fut fondée par Séleucus Nikator (vers -358 - 280), qui reçut la plus grande partie de l'Orient asiatique de l'empire d'Alexandre le Grand et se fit couronner roi en -305. Le grec devint alors la langue de l'administration et celle de l'élite cultivée en Syrie, en Palestine, en Mésopotamie. La Mésopotamie fut enlevée aux Séleucides par les Parthes en -141.


Sémiramis

Reine mythique de Babylone selon Hérodote ou d'Assyrie selon Diodore de Sicile . C'est ce dernier qui nous a conservé l'ensemble de la légende. Il fait de Sémiramis la fille de la déesse Dercéto, qui l'aurait mise au monde près d'Ascalon, en Phénicie. Le bébé aurait été nourri par des colombes avant d'être recueilli par un berger. Devenue une jeune fille d'une extrême beauté Sémiramis fut remarquée par Onnès (conseiller du roi d'Assyrie Ninus), qui en fit son épouse. Au cours d'une expédition en Bactriane, Sémiramis se distingua auprès du roi Ninus en prodiguant de judicieux conseils et en prenant la tête d'une troupe, grâce à quoi la ville qu'assiégeaient en vain les Assyriens fut enlevée. Ninus s'éprit d'elle, demanda à Onnès de la lui céder et l'épousa. À la mort de Ninus, qui survint bientôt, Sémiramis prit le pouvoir au nom de son fils Ninyas, fonda Babylone et partit à la conquête des pays alentour, fondant un empire qui s'étendait de l'Egypte à l'Inde et recouvrait à peu près exactement l'Empire achéménide. Vaincue finalement par un roi indien, elle rentra à Ninive. Son fils Ninyas ayant conspiré contre elle, au lieu de le punir elle lui remit l'empire et disparut, changée en colombe selon certains mythographes. On a proposé de chercher son modèle dans une dame du palais (terme assyrien pour désigner la reine) appelée Sammuramat, connue par une inscription sur une stèle et une autre sur une statue de Nabu. Sammuramat fut l'épouse de shamshi-Adad V ( - 823 - 811) et la mère d'Adad­nârâri III ( - 810 - 783). Ce dernier étant mineur à la mort de son père, elle exerça la régence pendant cinq ans.


shaduppum

(Tell Harmal). Petite ville fortifiée de Mésopotamie, près de la confluence du Tigre et de la Diyala. Il s'agit d'un centre administratif donnant un bon exemple de plan urbain du début du Ilè mill. Il était enfermé dans un mur trapézoïdal de 147 x 133,50 x 146,50 x 97 m pourvu d'une seule porte flanquée de puissants contreforts. On y a mis au jour un temple double et surtout un sanctuaire consacré à la déesse Nisaba avec un mur extérieur à redans. D'un vestibule, on pénétrait dans une grande cour qui, par une volée de marches, donnait accès à une ante-cella et à la cella de la déesse. Dans le voisinage se trouvait une vaste demeure de 25 x 23 m dont les pièces étaient axées sur une cour centrale. C'est dans les fouilles de ce site qu'ont été trouvées les deux tablettes contenant les Lois d'Eshnunna.


shamshi-Adad

(nom aussi transcrit Samsi-Addu). Cinq rois Assyriens ont porté ce nom. Le seul qui ait eu une action importante est le premier du nom. shamshi-Adad 1er ( - 1807 - 1776) était fils d'un obscur prince d'un clan benjaminite, Ilâ-Kabkabû (ou Igur-Kabkabu sur une brique d'Assur). Il résida un moment à Babylone, nous apprend la Liste royale assyrienne, au temps de Naram-Sin (il s'agit du roi d'Assyrîe). On ne sait précisément comment il s'empara de la forteresse d'Ekallâtum, qui commandait une région à l'est du Tigre. Il y conforta sa puissance pendant trois ans, puis il marcha sur Assur et s'empara du trône d'Erishum. Cependant, il établit le centre de son administration à shubat-Enlil (Tell Leilan), mieux placée pour surveiller le haut Euphrate, qu'il venait de soumettre. Maître de Mari, il y établit comme gouverneur son fils Iasmakh-Addu tandis que son autre fils, destiné à lui succéder, Ishme-Dagan, installé à Ékallâtum, reçut le gouvernement des provinces orientales. Il fut le premier roi assyrien à se parer des titres (repris au roi d'Ur III Amar-suen) de "roi de l'univers" (shar kishshati = "roi de la totalité [du pays]") et de "roi puissant" (sharru dannu). Vers l'est, l'empire qu'il s'était ainsi créé s'étendait jusqu'aux montagnes du Kurdistan et au Zagros, comme en témoignent les tablettes trouvées à shemshara, et, à l'ouest, il contrôlait les routes conduisant en Cappadoce, où les marchands Assyriens purent reprendre leurs tractations commerciales. Les archives royales de Marinous ont rendu toute une correspondance entre Iasmakh-Addu, son frère, son père et divers personnages, souvent royaux, tels Hammurabi, le roi de Qatna ou celui de Karkémish. Elles sont riches en détails qui éclairent la vie et les relations humaines à cette époque et témoignent de relations fraternelles, telle cette lettre d'Aplakhanda, roi de Karkémish, qui commence ainsi : "A Iasmakh-Addu dis ceci ainsi (parle) Aplakhanda, ton frère. Par ce courrier, je t'envoie de l'excellent vin; bois[-en]. Je t'envoie en même temps des vivres de Karkémish - manges-en - [...] en même temps un bracelet de fer (?) [...] en même temps un pagne et [...] un vêtement SAGADU [...] En outre, au sujet de n'importe quelle chose, écris-moi régulièrement" . Dans cette même lettre, il apparaît qu'Aplakhanda est réellement le frère d'Iasmakh-Addu, car il appelle shamshi­Adad «mon père : Samshi (shi)-(il)Addu a-bi-a. Son fils et successeur Ishme-Dagan (-1776 - 1742) tint en main la situation de l'empire pendant tout son règne, mais à sa mort succéda une ère d'anarchie qui fit perdre à l'Assyrie tout ce que son premier grand roi conquérant lui avait acquis.


shapash

Divinité solaire d'Ugarit. Son nom est écrit avec le sumérogramme UTU, le Soleil sumérien, traduit en akkadien par shamshul/Shamash et en cunéiforme sha-ap-shu (dans la liste polyglotte des divinités). Son voyage à travers le ciel en a fait le messager d'El et lui a valu l'épithète de nrt ilm = lampe des dieux (Aqhat/Danel VI, 46). C'est une divinité féminine qui, même si elle joue un rôle secondaire, apparaît souvent dans les textes mythologiques d'Ugarit. Son caractère solaire en fait aussi celle à qui s'adresse Anat pour retrouver le corps de Baal mort. Elle est aussi regardée comme le messager des dieux. Un petit texte incantatoire contre une morsure de serpent est caractéristique sur ce point. Dans ce texte intitulé par son éditeur Charles Virolleaud " shapash, la déesse soleil, et les serpents " (Ugaritica V 564), on voit un personnage féminin (déesse? ou simple jument?), appelé "phlt"=Cavale, mordu par un serpent qui se tourne vers la déesse-soleil "shapash ma mère, porte mon appel à El, à la source des fleuves, au milieu du cours des deux océans. Voici ma conjuration un serpent m'a mordue, un serpent venant de muer a craché son venin... Tout au long du texte, l'appel à shapash revient ainsi, sa fille lui demandant de porter son appel à chaque dieu d'Ugarit: Baal sur le (mont) Sapon, Anat, yarikh, Rashap (Résheph), Kamosh, Kothar-Khasis (le dieu forgeron) à Kaphtor (Crète), etc.


shar-kaIi-sharri

Fils(-2217 - 2193). de Naram-Sîn, roi d'Akkad. Il succéda à son père, qui avait atteint un grand âge, bien qu'il ait eu un frère qui était peut-être son aîné, Bin-kali-sharri. Dans sa titulature, il se déclare "fils bien-aimé d'Enlil le fort, roi d'Akkad et des sujets d'Enlil" : il a visiblement abandonné le titre de "dieu" inauguré par son père. Malgré ses efforts, et un règne passé en lutte contre les envahisseurs étrangers, il ne parvint à sauver l'Empire akkadien. A peine est-il monté sur le trône que les Elamites déferlent sur la plaine et mettent le siège devant Akshak, au nord d'Akkad. Ils sont repoussés par shar-kali-sharri mais cela n'empêche pas leur roi, Kutik-In-shushinak, de se déclarer " puissant roi d'Awan" et "maître des Quatre Régions", ce qui était le titre que s'était attribué Naram-Sin. À l'ouest, les Amorrites, contenus par les conquêtes de Naram­Sîn, revenaient en force. Il les repoussa au-delà du mont Basar (Gebel Bisri). Vers l'est, il conduisit deux campagnes contre les Guti, qui descendaient sans se lasser de leurs montagnes pour piller les plaines du Tigre, comme en témoigne une lettre d'Ishkun-Dagan, haut personnage qui se dit scribe et majordome, et qui écrit à un certain Lugalra qu'il peut travailler la terre en toute tranquillité car des garnisons dans des tours surveillent la plaine contre les Guti . Lors d'une fructueuse expédition, il captura leur roi, Asharlag (ou sharlak), mettant temporairement un terme à leurs déprédations. Par l'inscription d'un sceau ayant appartenu (semble-t-il) à ce même scribe, nous connaissons le nom de la reine, Tuta­shar-libbish. À l'intérieur, shar-kali-sharri construisit l'E-kur, le temple d'Enlil à Nippur». À sa mort, l'empire, débordé par les assauts de ses vieux ennemis, tomba dans l'anarchie, pour ne retrouver qu'un semblant d'équilibre avec deux rois dont on sait peu de chose. Ils ne semblent pas avoir été des descendants directs de la dynastie de Sargon. (voir Akkadiens).


shara

Dieu sumérien de la cité d'Umma. Il y avait son temple, l'é.mah (Maison exaltée), souvent mentionné dans la littérature religieuse. Il apparaît dans quelques mythes celui d'Anzû où il est appelé à combattre l'oiseau qui a volé la Tablette-aux-Destins, et où il est montré comme un dieu guerrier "chéri d'Inanna/Ishtar" (plutôt que comme son fils) ; la descente d'lnanna dans l'autre monde (voir enfer), où il lui rend hommage lorsqu'elle remonte à la lumière. Il est possible qu'il soit considéré réellement comme le fils d'Inanna dans l'épopée de Lugalbanda et dans une inscription de la dynastie d'Ur III.


shaushga

Déesse Anatolienne d'origine hurrite. Son nom apparaît dans les inscriptions Hittites sous la forme de l'akkadogramme dISTAR LiL (Ishtar du champ). Elle est identifiée à Ishtar de Ninive dans le panthéon hurrite. Hattusil III en fit sa divinité tutélaire. Elle apparaît deux fois dans les reliefs de Yazilikaya, parmi les dieux et parmi le groupe de déesses. Elle est accompagnée de deux servantes, Ninatta, déesse de la Musique, et Kulitta.


shiukh Faouqâni

(Tell) : Site syrien de la haute vallée de l'Euphrate, à peu de distance de Karkémish. Ce qui fait l'intérêt de ce site, dont l'exploration a débuté en 1995 et qui risque d'être condamné à disparaître sous la mise en eau du grand barrage que les Syriens construisent sur l'Euphrate, c'est la trouvaille de tablettes (150 env.) en akkadien, mais aussi en araméen. Quelques-unes portent des textes en cunéiformes et en alphabet araméen. Il s'agit d'archives privées qui devaient être conservées dans une jarre, dans une maison qui fut incendiée au VIle s. Les tablettes cunéiformes permettent de dater entre -676 et -648 leur rédaction. La rareté des textes araméens conservés de cette époque, quelques dizaines au total, rend précieuse cette trouvaille, d'autant plus qu'une douzaine de tablettes portent des traces de lettres araméennes peintes, ce qui est exceptionnel. Il s'agit, pour nombre d'entre elles, d'étiquettes attachées à des jarres, de contrats commerciaux et de notes comptables. Les textes ont permis d'identifier le propriétaire de la demeure, un riche homme d'affaires nommé Se-Usni, et le nom que portait le tell de shiuk Faouqâni dans l'Antiquité le toponyme est marqué sur une tablette par les consonnes BRMRN. Il ne peut s'agir que de la ville de Burmarina, connue par les annales assyriennes. Dans l'inscription (" Monolith Inscription " du BM) concernant sa campagne syrienne de -856 (an 1 de son règne), Salmanazar III rapporte qu'il marcha contre Til Barsip», la cité royale d'Akhuni de la maison d'Adini ("Bit Adini"), qu'il défit et assiégEa ensuite dans sa cité où il s'était réfugié, puis il marcha sur Burmarina (Burmar'ana), ville appartenant à Akhuni, qu'il assiégEa et prit d'assaut avant de passer au fil de l'épée 300 combattants. Il érigEa ensuite devant ses murs une pyramide de têtes coupées . La ville survécut visiblement à ce massacre et fut intégrée dans l'Empire assyrien. Le mobilier exhumé (poids en basalte en forme de canard de 0,532 kg qui pourrait correspondre à "l'étalon de Karkémish", sceau sur lequel est figurée la chèvre-poisson associée à Enki, signes lunaires associés au Sîn d'Harran, marques de sceaux appartenant au répertoire néohittite...) témoigne de l'éclectisme culturel du propriétaire de la demeure, et aussi de sa richesse, à en juger par la finesse de la céramique recueillie.


shulgi

Roi d'Ur (-2094 - 2047), fils et successeur d'Ur-Nammu. Son nom signifie en sum. : "noble jouvenceau". S'il revient à son père d'avoir fondé la IIIe dynastie d'Ur et bien que celui-ci ait pris le titre de roi de Sumer et d'Akkad, c'est shulgi le véritable fondateur de l'empire d'Ur et l'organisateur de l'État. Ce n'est qu'a partir de la 24e année de son règne que shulgi entreprit des campagnes militaires qui portèrent son empire à son apogée: onze campagnes dans le nord, vers Arbèles, et les régions occupées par les barbares Lulubi, lui assurèrent la domination de cette région dont le gouvernement fut installé à Simurrum et qui fut protégée par un mur (bad mada), par une politique dosée de mariages dynastiques et de guerres, il ajouta à l'empire l'Anshan (qui devint un État vassal) du côté de l'Iran, où il pacifia les montagnards de la région, avec lesquels il constitua un corps de troupe. Mais ce qui marque surtout le règne de shulgi, ce sont les réformes qu'il réalisa et l'organisation administrative et économique de l'Etat. Piotr Steinkeller (1987/1991,16-17) a résumé ses principales réalisations : création d'une armée permanente réorganisation des biens et de la gestion du temple (d'Enlil et de Ninlil) création d'un système administratif unifié pour tout le royaume, introduction d'une nouvelle formule de taxation (hala) avec l'installation de centres de redistribution des biens (comme Drehem) création d'un énorme dispositif bureaucratique concernant plus particulièrement les écoles de scribes, où étaient formés les futurs fonctionnaires et l'instruction qui leur était dispensée réforme du système d'écriture adaptation de nouvelles manières d'enregistrer et d'archiver les tablettes, réorganisation du système des poids et mesures, introduction d'un nouveau calendrier officialisé dans tout l'empire. Le hala (= rotation) était un impôt touchant les plus riches citoyens : afin de faire circuler les biens, au lieu de payer chacun son impôt à une époque déterminée, par le système du hala les imposables se relayaient pour que l'impôt soit payé tout au long de l'année, en général sous la forme de gros et de petit bétail. Il convient d'ajouter à cela la création de ce qu'on a pu appeler un "complexe industriel" spécialisé dans la production d'articles manufacturés, dépendant du gouvernement central. Une telle centralisation accompagnée d'un contrôle de l'État si étroit est un phénomène unique dans l'histoire économique du POA. A l'instar de Naram-Sîn, shulgi s'est fait déifier, comme pour donner une assise divine à son pouvoir. Son nom apparaît écrit avec le déterminatif divin dans une inscription datée de l'an 21 de son règne. Parmi les hymnes qui lui ont été consacrés, l'un d'entre eux, intitulé le "Roi de la route", marque cette filiation divine "Moi, le roi, un héros (sorti) du ventre de sa mère, je suis, Moi, shulgi, homme puissant dès sa naissance, je suis, un lion au regard féroce né du dragon (usumgal) je suis, Roi des Quatre Régions je suis, pâtre, berger des Têtes noires (= "Sumériens") je suis, Le Fidèle, le dieu de tous les pays je suis, Le fils né de Ninsun je suis, L'appelé du coeur du saint An je suis, Le Béni par Enlil je suis, shulgi, l'aimé de Ninlil je suis, Le Loyal nourri par Nintu, je suis, doué de sagesse par Enki je suis, le roi puissant de Nanna je suis, la gueule ouverte du lion d'Utu je suis, shulgi choisi pour la matrice d'Inanna je suis, Âne princier tout équipé pour la route je suis, Cheval qui balance la queue sur la grande route je suis, Noble âne de Sumugan (c.à.d. shakan dieu des Animaux de la steppe) ardant à la course je suis, Sage Scribe de Nidaba je suis" . On connaît mal la famille du roi. Une inscription nous a livré le nom de sa femme, Geme-Su'ena (inscription d'un sceau: "Ô Geme-Su'ena, épouse de shulgi, le roi d'Ur, shû-Kûbum l'écuyer est ton serviteur". Selon une hypothèse de Piotr Michalowski (1977, 224), shulgi aurait été assassiné et aurait été enseveli dans le mausolée en forme d'hypogée (retrouvé à Ur par Woolley) avec deux concubines ou épouses secondaires, peut-être sacrifiées pour l'accompagner dans l'au-delà, Geme­Ninlila et shulgi-simti.


5 images

shulpa-e

Ancien dieu sumérien dont le nom, shul-pa-e, signifie "brillant jeune". Il était l'époux de Ninhursag, dont il eut trois enfants, Ashgi, Lil et Lisin. Il semble être devenu une divinité infernale à qui l'on faisait des offrandes et, finalement, un simple démon. Il apparaît dans les textes astrologiques et astronomiques (mulshUL.PA.E3) comme la planète Jupiter qui préside au mois de Nisannu (shL.PB 383).


shuruppak

C'est la dernière des cinq villes antédiluviennes de Sumer où descendit la royauté. Elle fut transportée de Sippar à shuruppak, dont le roi Ubat­Tutu aurait régné 18 600 ans. Après lui vint le Déluge. C'est dans le site de Fara, un teil de 220 ha, étendu mais ne dépassant pas les 10 m de hauteur, sur un bras fossile de l'Euphrate, au milieu des cours actuels du Tigre et de l'Euphrate, qu'a été retrouvée la ville Sumérienne. Les fouilles ont montré que le premier habitat ne remonte pas plus haut que la fin du IVè millénaire, à l'époque de Djemdet Nasr. La ville s'étendait sur environ 70 ha à la fin du DA I et sur 100 ha au DA Illa. Elle était alors enfermée dans un rempart et comptait une population estimée entre 15 000 et 30 000 habitants. Elle est tombée dans l'orbite d'Ur III à la fin du IIIe millénaire. Elle a été dépeuplée et abandonnée au début du millénaire suivant, sans doute à cause du changement du cours de l'Euphrate. Archéologiquement, le site présente l'intérêt d'offrir des séquences de céramiques couvrant le DA I et DA Il. De nombreux sceaux et cylindres ont aussi été recueillis, et surtout des tablettes dans 24 loci à travers le tell, datées du DA IIIa ( - 2600 - 2500). Ces tablettes révèlent une structure administrative déjà complexe avec un ensi à la tête de l'État (mais aucun nom n'est connu) et tout un ensemble de fonctionnaires : sukkal rattachés au palais, conseillers (abgal), surveillants (uGula), échansons (sagi), commissaires (mashkin), etc., sans qu'on puisse déterminer leurs fonctions exactes et surtout leur position dans la hiérarchie bureaucratique; On a pu cependant en conclure que l'Etat était administré comme un grand domaine avec ses corps de métier. Néanmoins, l'aspect militaire est marqué par les listes de soldats cantonnés en divers lieux. La cité semble avoir fait partie à un certain moment d'une ligue de plusieurs villes sumériennes (où Uruk a peut-être occupé une placé prééminente) dans laquelle chaque cité fournissait un contingent militaire : la contribution de shuruppak paraît très faible, avec 56 hommes, face aux 182 d'Uruk et aux 192 d'Adab. Une tablette donne aussi une liste hiérarchique des dieux de la cité, qui correspond au panthéon sumérien classique, avec An (Anu) au sommet, suivi d'Enlil, d'Inanna, d'Enki, de Nanna et d'Utu.


shû-Sîn

Forme akkadienne du nom sumérien shu-Suen (voir Ur).


Sibittu

(ou Sebittu) : Groupes de sept démons, l'un étant composé de bons démons et l'autre de mauvais démons. Leur nom sumérien était imina-bi (ou iminbi). Ils ne doivent pas être confondus avec les Sept Sages (apkallû), dont Bérose nous a conservé la tradition, le premier d'entre eux étant Oannès et le dernier Odakon. (voir démons).


Sippar

Ville sumérienne sur la rive d'un ancien lit de l'Euphrate, dans le nord de la Babylonie. Son site a été retrouvé dans le teIl d'Abu Habbah, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Bagdad. La LRS cite Sippar comme l'une des cinq villes antédiluviennes, après Eridu, Bad­Tibira, Larak, et avant shuruppak. Elle ne lui attribue qu'un seul roi, En-men-dur­Anna (l'Evédôrakhos de Bérose), mais elle lui accorde un règne de 28 800 ans. Son nom sumérien est Zimbirki dans la LRS, mais elle est aussi appelée Ud-kib-nunki dans certaines inscriptions du DA. Elle est mentionnée dans les textes plus tardifs sous plusieurs noms dont Dominique Charpin a démontré qu'ils désignaient la même ville: Sippar-Yahrurum, Sippar-sha-Shamash, Sipar shêrim et Sippar-u4-ul-li-a. Sans doute fondée à l'époque d'Uruk, la ville ne prit de l'importance qu'au cours du DA et surtout au IIe mill. sans que, pour autant, elle ait exercé une quelconque hégémonie ni qu'elle ait été le siège d'une royauté. Son lustre lui venait surtout de son temple de Shamash, É-babbar (Maison brillante), qui remontait, comme son homonyme à Larsa, à l'époque sumérienne ancienne, mais qui fut reconstruit à plusieurs reprises par Naram-Sin, Sabium, Samsu-iluna, Kurigalzu, Assur-banipal, Babylone.htm">Nabuchodonozor II et Nabonide. Au nord de la ziggurat ont été explorées quelques constructions qui semblent avoir été celles du "cloître" (gagûm) des prêtresses recluses de Shamash, comme semble en témoigner un texte recueilli dans cette aire, où est mentionnée une nadîtûm appelée Narubta. Sippar était, en effet, célèbre pour son gagûm à l'époque d'Hammurabi. D'autres temples sont mentionnés, consacrés : à Ishtar, "dame de Sippar" (appelé E.edin. dim.mah = Maison steppe), à Adad, à Bunéné, à Gula. La ville s'étendait sur plus de 100 ha et elle était enfermée dans un rempart de 1 300 x 800 m percé de plusieurs portes. Le temenos de Shamash avec sa ziggurat, entouré d'une enceinte de 320 x 240 m, a été retrouvé et exploré au siècle dernier selon une méthode désastreuse. C'est dans ce temple qu'Hammurabi avait déposé son code. Un canal reliant le Tigre à l'Euphrate passait à l'ouest de ses murs. C'est là que se trouvait son karum ou étaient débarquées les marchandises transitant par ce centre de commerce. A l'époque paléobabylonienne, elle était en relation avec Assur; des marchands Assyriens, établis dans la ville, ont laissé des traces de leur présence dans une correspondance et des tablettes de comptabilité. Ils étaient peut-être établis dans la ville jumelle, formant un faubourg à quelque distance, retrouvée dans le site de Dêr, qui portait aussi le nom de Sippar­Amnânum (ou Annunîtum, du nom de la déesse tutélaire de la ville).


2 images

Sîn

Dieu babylonien de la Lune. Son nom serait d'origine sumérienne, contraction de en-zu = "seigneur de sagesse", ce qui aurait donné Su'en, akkadisé en Sîn, ou, au contraire, le dieu-lune akkadien aurait eu son nom "sumérisé" en Su'en (ou Suen). Identifié au Sumérien Nanna(r), il en a tous les attributs. Dans un texte médical d'époque médioassyrienne, il apparaît comme un dieu qui préside à la naissance; ce texte nous a conservé un court fragment d'un mythe où il assiste une vache lors de la mise bas d'un veau. Identifié à Nanna, il est chez lui dans le temple d'Ur, mais, contrairement à Nanna, il apparaît sous son nom sémitique comme le maître de nombreux sanctuaires dont le plus important était celui de Harran. Bien que son culte semble n'avoir eu qu'une importance secondaire dans l'ensemble des cultes mésopotamiens, il avait des temples à Urum, à Borsippa (dans l'Ézida), à Uruk, à Assur, à Babylone, à Bît-Suenna (près de Nippur), à Akkad, à Kalah et à Larsa, outre quelques temples connus par des textes mais non localisés. Plusieurs prières lui ont été consacrées, où il apparaît comme le dieu suprême : " Sîn, luminaire des cieux, seigneur le plus puissant des grands dieux, roi des contrées, père des dieux, maître des destins, le tout premier aux cieux et sur la terre, lumière des Igigu et de toutes les multitudes [...] Tu procures un jugement de droiture et de justice, tu raffermis le faible. A celui qui n'a pas de fils, tu procures un fils; l'inféconde sans toi ne conçoit pas, ne devient pas enceinte. Celui qui te cherche sans cesse ne manque pas (de faire) le bien... ". En tant que divinité de l'astre de la nuit, il occupait une place capitale dans les spéculations astrologiques et astronomiques.


7 images

Sumériens

Peuple qui, distinct par sa langue, contrôla au IIIème millénaire av. Jc le Sud de la Mésopotamie, près du Golfe Persique, et donna son nom à l'une des premières grandes civilisations historiques du Proche-Orient Ancien. Les anciennes traditions sumériennes conservaient le souvenir d'un "déluge" qui aurait anéanti l'Humanité à l'aube de son Histoire. En réalité, les fouilles archéologiques ont montré la réalité de plusieurs innondations de l'Euphrate, dont les plus catastrophiques se produisirent vers -2800 -2600, mais sur trois sites seulement : Ur, Kish et shuruppak - il s'agissait donc d'évènement purement locaux et non concomitants. Toujours est-il que l'on dressait des listes de rois avant et après le Déluge. C'est après le Déluge qu'on voit apparaître les noms des grandes cités sumériennes - Kish, Uruk, Umma, Lagash, Larsa, Ur-et les premières "dynasties", terme désormais consacré mais assez impropre, car la succession royale n'était pas toujours régulière. Les cités, qui aspiraient toutes à l'hégémonie, menèrent entre elles des guerres continuelles, aucune n'étant assez puissante pour imposer bien longtemps sa domination aux autres. Après l'apparition d'une dynastie de Kish, dont le dixième roi fut Enmébaragesi (vers - 2700), la période dynastique archaïque III (vers - 2600 - 2300 ) fut marquée par les souverains enterrés dans les "tombes royales" d'Ur, au mobilier funéraire riche en objets d'or et d'argent, auxquels succédèrent ceux de la première dynastie d'Ur, à partir de Mésannepadda, son fondateur, vers - 2560 - 2525. Au Nord d'Ur, à la même époque, régnaient les "ensi" de Lagash : l'un d'eux, Eannatum ( - 2455 -2425 ) , imposaz d'abord sa domination à la cité voisine d'Umma, commémora ce haut-fait par la célèbre "stèle des vautours", puis vainquit, entre autres, les Elamites, Ur et Mari. Mais après la mort d'Eannatum, les rois de Lagash furent détrônés par une famille sacerdotale, elle-même renversée par Uruinimgina (vers -2350 ); celui-ci, en dépit de son oeuvre réformatrice, ne put restaurer l'hégémonie de sa cité et fut vaincu par Lugal-zagesi, ensi d'Umma ( vers - 2340 - 2316), qui détruisit Lagash, s'empara d'Ur, d'Uruk et de Kish, étendit son autorité sur tout le pays de Sumer. Mais ce premier Empire Sumérien devait succomber rapidement sous les coups des Akkadiens, d'origine sémitique. Sargon l'Ancien ( vers - 2334 - 2279 ), après avoir renversé Lugal-zagesi, ( vers - 2345) , soumit toutes les cités de la Basse-Mésopotamie ; il aurait affirmé sa puissance en Elam, en Mésopotamie septentrionale, en Syrie, et peut-être jusqu'à la Méditerranée ( Chypre ?). Les Akkadiens assimilèrent la culture sumérienne ; ils adoptèrent les cunéiformes pour transcrire leur propre langue, qui resta après eux la langue courante en Mésopotamie. Miné par des révoltes incessantes, l'empire qu'avait fondé Sargon l'Ancien s'effondra après un siècle à peine d'existence, peu après - 2200, sous les coups de guerriers descendus des montagnes du Zagros, les Gutis. Ceux-ci, après avoir commis des destructions qui laissèrent un durable souvenir, regnèrent pendant près d'un siècle sur la Basse-Mésopotamie, en laissant aux cités sumériennes une assez grande liberté. Dès - 2145 environ, une véritable renaissance sumérienne commenca de s'épanouir à Lagash, sous le règne de Gudéa, qui, prenant le titre d'ensi, semble avoir été un véritable souverain indépendant, de même que son fils, Ur-Ningirsu. La ville jouissait à cette époque d'une prospérité sans égale. Les Sumériens, rétablissant un peu partout leur autonomie, atteignirent alors leur apogée : ce fut la brillante période de la IIIème dynastie d'Ur ( - 2113 - 2006). Son fondateur, Ur-Nammu ( - 2113 - 2095 ), grand bâtisseur, rétablit l'ordre en Sumer en mettant sur pied une administration efficace et en promulguant le plus ancien recueil de lois de Mésopotamie connu à ce jour; le successeur d'Ur-Nammu, shulgi, ( - 2095 - 2047), restaura l'empire, qui groupait Sumer, le pays d'Akkad, la Mésopotamie septentrionale et l'Elam, et prit, suivant l'exemple de l'Akkadien Naram-Sin, le titre de "roi des quatre régions du monde". Mais l'empire Sumérien se morcella ensuite rapidement sous la pression des Amorrites; pour finir, les Elamites, en - 2004, en détruisant la capitale et en capturant son roi Ibbi-Sîn, portèrent un coup fatal à la IIIème dynastie d'Ur. Après la chute de cette dernière, le pays se divisa en deux royaumes Amorrites avec la dynastie d'Isin au Nord et celle de Larsa au Sud, cependant qu'à Babylone, centre jusqu'alors peu important, s'affirmait à partir du XIXème siècle, une autre dynastie amorrite, conquérante. Le dernier roi de Larsa, Rim-Sîn, ne s'empare d'Isin (vers - 1794 ) que pour être vaincu à son tour, vers - 1763, par Hammurabi. Ce sont les Amorrites qui dominent désormais politiquement la Mésopotamie. Mais ils devaient recueillir, conserver et transmettre l'héritage de la civilisation sumérienne, comme le montrent la fidélité qu'ils consèrvèrent, pendant plus d'un millénaire et demi, à la langue sumérienne et l'inlassable travail de recopiage des textes sumériens par les scribes des temples et des palais dans tout le monde mésopotamien. L'Histoire, la pensée et l'Art ont, en Orient, leur Origine en Sumer.


Suse

Ville d'Iran occidental, elle fut longtemps l'une des principales capitales de l'Élam et la résidence d'hiver des rois de la dynastie achéménide. Elle était située au pied de montagnes, dans une plaine arrosée par le Chaour (gr. Eulaeos, akk. Ulai) et par la Kerkha (gr. Khoaspês, akk. Uknu). Le premier établissement préhistorique (Suse I) est daté entre -4200 et -3500. Sa situation entre la Mésopotamie et le plateau de l'Iran, qui en a fait l'intermédiaire du commerce entre ces deux grandes régions, a largement participé à la richesse de Suse, qui devint la ville principale de l'Élam. Les fouilles du site, commencées à la fin du siècle dernier par une mission française, ont mis au jour plusieurs quartiers : vers l'ouest, un complexe sur une hauteur comprenant dans la partie ouest une acropole; au nord, l'ensemble d'époque perse de l'apadana, près d'un temple consacré au principal dieu de la ville, Inshushinak; à l'est, la ville royale. Sur l'acropole étaient bâtis plusieurs temples : de Ninhursag (voir déesses), d'Inshushinak de shutruk­Nahhunté II ( - 717 - 699). Un thalweg sépare cet ensemble de la ville des artisans à l'est et d'un village d'époque achéménide au nord de ce dernier. A l'ouest coule le Chaour, qui sépare l'apadana d'un palais construit par Artaxerxès II. Très tôt au milieu du IIIème milIénaire, Suse devînt la ville principale de l'Elam, sinon sa capitale, et son histoire se confond avec cette contrée. C'est à Suse que l'art élamite est le mieux représenté, tributaire souvent des canons vulgarisés par les Mésopotamiens, mais avec des aspects d'une belle originalité et d'un grand réalisme, comme en témoignent cette tête peinte d'un personnage barbu, datée de la seconde moitié du IIème millénaire, ou encore ces modèles réduits d'animaux (lion, hérisson) posés sur des plaquettes pourvues de quatre roues (dépôts funéraires de la fin du IIème millénaire. Par ailleurs, si les contrats, les textes comptables ne se distinguent qu'insensiblement de ceux de la Mésopotamie, les textes juridiques (adoptions en filiation ou en fraternité, successions et partages, donations, sociétés, etc.), s'ils suivent généralement les formes classiques, sont marqués par les coutumes locales. La glyptique, qui subit fortement l'influence suméro-babylonienne dans la technique et souvent dans les thèmes, présente aussi des caractères originaux, en particulier dans les schémas de dessins géométriques.


74 images

Suwâ

Divinité de l'Arabie ancienne. Représentée par un bétyle, cette divinité semble d'abord avoir été la protectrice de la tribu des Hudhaylites, qui nomadisaient entre Yatthrib (Médine) et La Mecque. Elle est aussi connue par une inscription sabéenne. Chez les Hamdân, autre tribu du Hedjaz, son nom aurait été attribué à une divinité représentée sous l'aspect d'une femme.


Tashmétum

Déesse assyro-babylonienne, épouse de Nabû. Elle jouissait d'un culte particulier à Borsippa, mais elle était aussi la déesse qui présidait aux fêtes de l'Akitu avec son époux, en Assyrie. Des prières dites "à main levée" lui étaient dédiées : «Thashmetù est grande parmi les dieux et elle est reine. Comme tu es très grande, ma dame, je me suis tourné vers ta divinité, j'ai saisi le bord de ton vêtement, je cherche ta seigneurie regarde-moi fidèlement et parle en ma faveur».


Tchoga-ZanbiI

" Butte de la corbeille ", telle est la traduction de ce nom moderne d'un site élamite (voir EIam) situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Suse. Son nom antique était Dûr-Untash (Fort d'Untash en akkadien) ou AI-Untash­Napirisha (ville d'Untash Napirisha), du nom de son fondateur. Ecrit Untash-GAL (le sumérogramme GAL, servant à désigner le dieu " grand " élamite associé à Inshushinak reste énigmatique), son nom a été lu Untash-Khumbân, lecture abandonnée au profit de celle d'Untash-Napinrisha (v. -1275 - 1240), Napirisha étant la principale divinité du panthéon élamite. Ce "très grand prince" élamite fonda cette résidence royale afin d'en faire un centre religieux confédéral où les divers peuples de l'empire pussent venir adorer leurs dieux "sous la tutelle du dieu de Suse Inshushinak". Au coeur de la cité se dressait une majestueuse ziggurat dont il subsiste d'importantes ruines entourée de temples et enfermée dans un vaste temenos. Le quartier royal, au nord-est de la cité, comprenait plusieurs palais. Cette magnifique cité fédérative ne survécut que difficilement à son fondateur, qui en avait fait la capitale de son empire. Ses successeurs s'en retournèrent à Suse, et la cité végéta jusqu'à sa destruction finale par les Assyriens, vers - 640.


Tell Asmar

Ville du bassin de la Diyala, affluent du Tigre descendu du Zagros, au nord-est de Bagdad. La transcription akk. de son nom sum. est Isnou. La ville s'étendait sur 1 km carré, ce qui marque son importance. Sans doute fondée au IVè mill., elle prend une certaine extension pendant les DA Il et III; elle parvient à sa plus grande expansion à l'époque d'Ur III et à celle dite d'Isin et Larsa. Elle est soudainement abandonnée à l'époque paléobabylonienne, sans doute à la suite de sa conquête par Hammurabi, v. -1768. Un temple consacré à la divinité locale appelée Abri s'est développé sur trois phases (et niveaux stratigraphiques) successives. Le premier niveau remonte, selon les fouilleurs, au DA I, le deuxième au DA Il et le troisième au DA III, schéma un peu simple qui a, depuis, reçu quelques modifications. De ces trois périodes, l'édifice le plus important est le temple du DA Il appelé "Temple carré". C'est une construction massive axée sur une salle centrale ouverte sur quatre côtés : l'un donne sur une salle d'accès, par laquelle on pénètre dans le monument, les trois autres s ouvrent sur des cella rectangulaires servant manifestement au culte. Le plus important complexe demeure le palais des dynasties Amorrites, dont la stratigraphie s'échelonne sur cinq niveaux, s'étendant dans le temps sur le dernier siècle du îîîe mill. et les premiers siècles du îîe mill., étudiés en détail par Jean Margueron . Le premier élément de ces ensembles était un temple consacré à shû-Sîn (anciennement Gimil-sin) par le gouverneur de la ville au nom du roi d'Ur, Ituria. À la suite d'un incendie partiel, le palais a été reconstruit par Nurahum. Il fut entièrement remanié (phase III) par le roi Bila-lama, à qui l'on doit, semble-t-il, la sécularisation du temple. La phase IV est caractérisée par une extension des bâtiments, qui s'est faite en particulier sous le règne d'Urninmar. Quelques restes d'une cinquième phase datent de l'époque des derniers rois de la cité, Ibiqadad et Ibalpiel. Comme tous les palais mésopotamiens, ils sont constitués de séries de salles axées sur une ou plusieurs grandes cours centrales et, sans doute, pourvus d'un étage. A l'époque akkadienne, au complexe appelé palais du nord était lié un ensemble de structures axées sur une cour centrale, où ont été retrouvés des systèmes d'évacuation d'eau avec plusieurs pièces d'abord interprétées comme des salles de bains, mais dans lesquelles on a vu ensuite un ensemble d'ateliers de teinture de textiles. LES LOIS D'ESHNUNNA. Il s'agit de deux grandes tablettes trouvée lors des fouilles de TelI Harmal en 1945 et 1947 (sources A et B) complétées par des extraits retrouvés dans une tablette d'exercice de scribe exhumée dans les années 1980 lors d'une fouille de sauvetage du bassin du Harim, à Tell Haddad (source C). L'introduction de la première tablette (source A) a permis d'attribuer ce corpus fragmentaire de lois à la ville d'Eshnunna, capitale d'un petit État devenu indépendant à la fin de l'époque d'Ur III. Les lois ont été collationnées sous le règne de Dadusha sans doute le dernier roi de la ville indépendante, car il était contemporain du début du règne d'Hammurabi. La majorité des incipit de lois commence par summa, qui signifie Si» suivi d'un substantif (awiîum un homme, ou encore «il»). Elles concement les actes commerciaux et surtout les relations sociales.


3 images

Tellô

Nom du site d'Iraq fouillé par des missions françaises qui fut longtemps pris pour la ville sumérienne de Lagash et dont il a été reconnu qu'il s'agissait de Girsu.


32 images

Télépinu

Dieu anatolien, fils du dieu du Temps. Les centres de son culte sont en Anatolie centrale, au coeur du monde hatti et ensuite hittite. C'était un ancien dieu de la Végétation et de l'Agriculture, plus particulièrement des Céréales. Son père l'avait chargé des travaux agricoles, irrigation, ensemencement, labourage. Un mythe hittite le concernant nous est parvenu, auquel on a donné le titre du "Dieu qui disparaît". A la suite d'une colère, Télépinu "s'en alla et emporta avec lui le grain". Le grand dieu-soleil, qui offrait une fête à laquelle il avait invité mille dieux, s'inquiéta, car ses convives se gavèrent sans pouvoir se rassasier, burent sans parvenir à étancher leur soif. On comprit que c'était à cause de la disparition de Télépinu. Dans le monde d'en bas, les animaux domestiques étaient abattus, la brebis négligeait son agneau, les arbres se desséchaient, les rivières se tarissaient. Les dieux envoyèrent l'abeille à la recherche de Télépinu; elle le trouva endormi et le piqua pour l'éveiller, ce qui provoqua la colère du dieu, qui fit arrêter les sources, et qui entreprit de détruire l'humanité et le bétail. Seule l'intervention de la déesse Kamushépa parvint à le calmer grâce à sa magie et à la pratique des rites. Il semble que Télépinu ait été en même temps un dieu de l'Orage, ce qui explique son mythe, d'autres mythes du même type (disparition du dieu) concernant les dieux de l'Orage, et marquant la relation que les anciens agriculteurs avaient faite entre la fécondité de la terre et les pluies d'orage.


Téshup

Dieu Hittite de l'Orage et du temps (au sens météorologique). Il est représenté dans le sanctuaire rupestre de Yazilikaya (Anatolie ), vêtu d'un court pagne, la tête coiffée du haut bonnet des dieux, le bras gauche tendu en avant, tenant un flambeau, face à Hépat. Il est en général uni à une déesse-mère ou, chez les Hittites, à la déesse-soleil d'Arinna, identifiée à Hépat. Il revêt un aspect de divinité suprême à la colère redoutable : "Nous avons invoqué Téshup, maître du ciel et de la terre, roi des dieux, afin de lui con[fesser] l'offense et le péché[...], Nous avons invoqué Hépat, reine des Cieux, afin de dissiper la colère de Téshup". (Prière de Muwatali III à Téshup de Kummanni.)


Têtes noires

(en sumérien : sag-gig-ga). Expression par laquelle les Sumériens se désignaient, en se fondant sur la teinte de leur chevelure.


Thamudéens

Peuple du nord de l'Arabie. Ils apparaissent dans l'histoire au VIlle s. dans les Annales de Sargon II d'Assyrie. Ils sont nommés avec d'autres tribus (Ibâdid[i], Marsimanu, Haiapâ) " Arabes habitant le désert qui ne connaissent ni chefs ni scribes (une administration élaborée) et qui n'ont jamais payé de tribut à aucun roi". Soumis, ils auraient été déportés à Samarie (Bit Omri), dans l'ancien royaume d'Israël, récemment conquis. Ils sont à nouveau mentionnés environ un siècle et demi plus tard dans une lettre de Nabonide (sous la forme Te-mu-da-a Ar-ba-a-a) qui demande à son correspondant, Nabû-akhkhê-iddina, de leur verser plusieurs talents d'argent. Au 1er s. de notre ère, Pline l'Ancien mentionne les Thamudaei, qu'il localise entre Domatha et Hegra, c'est-à-dire Al-Jawf et Médaïn Saleh, au nord du Hedjaz. C'est peut-être vers cette époque que les diverses tribus thamudéennes se regroupent pour constituer une sorte de fédération autour, semble-t-il, d'un temple à Rawwâfa, dans le nord du Hedjaz. Une inscription de ce temple, datée des environs de 168 de notre ère, nous fait connaître l'existence de ce "peuple des Thamudéens", représentés par les Anciens de chaque tribu, et réunis autour de ce temple consacré au dieu Ilaha. Selon le Coran (surates VII, 76-78, etXLI, 12-16), ils auraient disparu à la suite soit d'un tremblement de terre, soit d'un gigantesque ouragan accompagné de coups de foudre. Leur déclin et leur disparition doivent se situer entre 400 et 600 de notre ère. On leur attribue un certain nombre d'inscriptions recueillies dans le nord-ouest de l'Arabie, dans une langue voisine de l'arabe hedjazien (la langue du Coran). Ce dialecte, proche du safaïtique, se distingue de l'arabe par l'utilisation pour article défini du h-, différant en cela de l'arabe, qui utilise al-, et se rapprochant des langues sémitiques du Nord-Ouest.


TiI-Barsib

Ville de Syrie sur l'Euphrate, sur le site de Tell Ahmar. Capitale du royaume araméen du Bît Adini elle fut prise par Salmanazar III en - 856. Elle devint alors une ville royale assyrienne sous le nom de Fort-Salmanazar. Les fouilles ont rendu en particulier un palais assyrien présentant d'importants restes de peintures murales.


Tukulti-Ninurta

Roi d'Assyrie (-1243 - 1207). Il fut le premier à porter ce nom. De bien moindre importance est Tukulti-Ninurta Il (-890 - 884), le père d'Assurnasirpal II. Il échut à Tukulti-Ninurta Ier une Assyrie redevenue conquérante et agressive avec les règnes d'Adad-nârâri Ier et de son père, Salmanazar Ier (-1273 - 1244). Comme nombre de rois Assyriens, il dut faire face, dès sa montée sur le trône, à des révoltes et des coalitions de rois tributaires ou frontaliers. Il commença par porter ses armes dans la région du Zagros et vers le nord, où il utilisa une politique de terreur contre tout révolté afin d'étouffer la moindre velléité de rébellion. Ainsi entassa-t-il les cadavres des ennemis aux portes des villes. Dans la région du haut Tigre, il brisa des coalitions, ravagEa les régions au sud du lac de Van. En passant, il massacra quelques sujets du roi des Hittites, ce qui provoqua les protestations de Tudhaliya IV sans que cela ait une quelconque importance, ne serait-ce que parce que l'Assyrien se défendit en niant les faits. En 1232, le roi kassite Kashtiliash IV eut le tort de chercher à envahir les territoires du sud de l'Assyrie, dans la région d'Arrapha. La réplique fut fulgurante : Tukulti-Ninurta défit les Babyloniens, prît et mit à sac leur capitale, Dûr Kurigalzu, dont les murs furent rasés. Kashtiliash capturé, fut déporté en Assyrie avec une partie de la population; c'est cet épisode des campagnes de Tukulti-Ninurta qui va faire l'objet d'un poème épique en médio­assyrien, considéré, malgré son état fragmentaire, comme une belle oeuvre poétique. Le vaillant Tukulti-Ninurta se dresse face au perfide Kassite : " Contre le violeur de serment, Kashtiliash, les dieux du ciel et des Enfers sont remplis de colère. Leur fureur se tourne contre le roi, le pays et le peuple", ce qui justifie le châtiment que l'Assyrien inflige aussi bien au souverain qu'à son peuple et à sa ville. Toute la campagne est ainsi narrée sur un ton épique, pour la plus grande gloire du roi d'Assyrie, auprès duquel se sont naturellement rangés les dieux. Les tributs qu'il prélevait au cours de ces expéditions de pillage, le bois qu'il fit couper dans les forêts du Zagros, lui permirent d'édifier une nouvelle capitale, face à Assur, Kâr-Tukulti-Ninurta. Le vieux roi n'eut pas le loisir de profiter de sa résidence à peine achevée. Il fut assassiné dans son palais par son fils Assurnasirpal; mais c'est le frère de ce dernier, Assur­nadin-apli, qui réussit à s'emparer du trône. Il s'y maintint trois ans avant d'être remplacé par Assur-nârâri III. Il est remarquable que Tukulti-Ninurta, qui préfigure Assurnasirpal Il, aussi bien par la violence de sa politique de répression que par sa mégalomanie et son goût de bâtisseur qui le conduit à se donner une nouvelle capitale, ait été assassiné par l'un de ses fils portant le même nom que son illustre descendant.


1 images

Tummal

(é.tum.ma.aI) : Temple de Ninlil à Nippur (voir chroniques).


Ugarit

Ville côtière de Syrie, act. Ras shamra (cap du Fenouil). Le site d'Ugarit, au nord de Lattaquié, est l'un des plus anciens du POA, occupé dès le néolithique ancien acéramique (ca. -6500). L'industrie du cuivre y fait son apparition au début du IVè milI. et, aux alentours de -3000, Ugarit est une cité déjà importante pourvue de fortifications, avec des ateliers de bronziers. Le début du IIe mill. marque un tournant de l'histoire de la ville avec l'arrivée de groupes nomades, des Amorrites, artisans spécialisés dans la fonte du bronze, appelés par le premier fouilleur, Claude Schaeffer, "porteurs de torques" (colliers rigides de bronze retrouvés en abondance dans les sépultures de cette population énigmatique). Cette période, appelée bronze moyen dans la littérature archéologique, voit un nouveau développement de la cité où est construit un vaste palais et où sont remaniées les fortifications. Après une période de déclin (ou d'abandon?) d'un demi-siècle, Ugarit entre réellement dans l'histoire au BR (XVIe s.) grâce à la découverte de nombreuses tablettes : administratives et économiques, documents privés, commerciaux, contrats, actes officiels, correspondances, listes de personnages et listes géographiques, rituels, textes concernant l'extispicine, omens, listes de divinités, lexiques, textes littéraires. Un grand nombre de ces textes sont rédigés dans la langue nationale, l'ugaritique. Dans la partie ouest de la ville, près d'une porte fortifiée des remparts, est construit un vaste palais en pierre, en bois et en pisé, de 10 000 m2, pourvu de huit portes, d'un grand jardin intérieur, d'une douzaine d'escaliers intérieurs en pierre conduisant à l'étage, d'une salle du trône, et d'un nombre considérable de salles dont certaines contenaient des archives. Le palais était, comme partout dans l'Orient ancien, le centre administratif du royaume, dont les frontières, mal déterminées, ont varié selon les époques. Mais ce petit royaume, quoique demeurant indépendant, devait composer avec les grandes puissances du moment : le Mitanni, l'Égypte, qui, vers la fin du XVe s., exerça sa domination sur la région, enfin les Hittites. Vers -1350, Suppiluliuma (vers -1370-1342) fit entrer Ugarit ainsi que de nombreuses cités du nord de la Syrie dans la sphère d'influence hittite. Cela n'empêcha pas la ville de conserver une indépendance dans l'alliance hittite et sous la protection de ses rois, et de prospérer grâce à son commerce maritime, en particulier avec le monde égéen. Ugarit apparaît ainsi comme une thalassocratie rivale des Mycéniens et préfigurant les grandes entreprises des Phéniciens de Tyr et Sidon . Les inscriptions ugaritiques, recoupées avec les textes Hittites et la correspondance d'Amarna, ont permis d'établir une liste des derniers rois d'Ugarit avec les dates approximatives de leurs règnes Amistamru Ier (vers -1360), Niqmadu II ( - 1360 - 1330), Arhalbu (- 1330 - 1324), Niqmépa (-1324 - 1274), Amistamru Il ( -1274 - 1240), Ibiranu (-1240-?), Niqmadu III (? - 1225), Ammurapi ( - 1225 - 1180). Vers - 1180, la ville est détruite, sans doute par les envahisseurs venus du monde égéen et d'Anatolie occidentale, connus par les textes égyptiens sous le nom de Peuples de la Mer. Ugarit disparaît alors de l'histoire, bien que des traces d'une réoccupa­tion très partielle soient attestées à l'époque perse (Ve - IVe s.). En revanche, le site voisin de Ras ibn Hani, à 5 km au sud-ouest de Ras shamra, sans doute un centre administratif comme le prouve la présence de deux "palais", après avoir subi la même destruction violente, a vu une partie de son palais sud réaménagée en habitations privées. Il s'agit peut-étre de l'installation de fractions de ces Peuples de la Mer, car on y a recueilli des tessons de style mycénien tardif, datés du XIIe s. TEXTES LITTÉRAIRES : Les tablettes recueillies lors des fouilles ont rendu à la lumière un nombre important de textes littéraires, dans l'ensemble des poèmes ou des épopées légendaires ou mythiques. Ils présentent le double intérêt de nous révéler tout un pan d'une littérature sémitique oubliée et, surtout, d'éclairer les textes de la Bible hébraïque d'un jour tout nouveau. Ils apportent une clé à certains textes ou termes bibliques énigmatiques (comme les "réphaïm"), tandis que leur disparition avec la destruction d'Ugarit, au début du XIIe s, oblige ceux qui considèrent que certains textes bibliques ont été rédigés à l'époque perse à revoir leurs positions et à faire remonter jusqu'au XIIIe s. plusieurs traditions recueillies et remodelées par les rédacteurs hébreux. Ces textes, ainsi qu'un certain nombre de tablettes de caractère non littéraire et mythologique, ont révélé une langue qui appartient au groupe sémitique du Nord-Ouest, proche de l'hébreu, grâce à quoi il a été possible de la lire sans les difficultés qu'a pu présenter le déchiffrement des hiéroglyphes ou des premières inscriptions cunéiformes assyriennes. Les scribes d'Ugarit ont adapté les syllabaires cunéiformes en signes alphabétiques, inventant ainsi le premier alphabet, que les Phéniciens populariseront en y adaptant des signes nouveaux permettant une écriture sur des supports légers comme le papyrus. Pour ces textes, voir : Baal, Danel, Kéret. Quelques courts poèmes n'ont pas été analysés dans ce dictionnaire. Ils sont transcrits et traduits dans Parker , sous les titres : "Baal père d'un taureau"; "Une naissance"; "le Désert"; "l'Assujettissement d'un monstre"; "la Fête divine dEl"; "les Rapiuma (Repim ou Réphaim); "la Naissance des dieux gracieux"; "le Mariage de Yarikh (la Lune) et Nikkal-(Ib); "la jument et Horon", un court fragment concernant Anat et son frère.


10 images

Umma

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq. Le site de la ville (act. Djokha) s'étend sur une éminence dominant une plaine qui, à l'époque sumérienne, était bien irriguée et largement cultivée. La ville étant éloignée des deux grands fleuves, tout un ensemble de canaux suffisamment larges permettait aux bateaux de venir déverser leur marchandise jusqu'au karum. Appelée en sumérien Umma, la ville se nommait en akkadien Kissa ou kishsha, transcription du logogramme GIsh-KÙshUki. Dans la titulature des rois d'Umma, son nom est écrit SÂR-DIS. Umma entre dans l'histoire grâce en particulier aux textes de Lagash par lesquels nous connaissons les querelles entre ces deux cités-Etats pour une palmeraie ou des champs. On connaît un certain nombre de rois d'Umma grâce à quelques brèves d'inscriptions, mais, pour la grande majorité d'entre eux, ce ne sont que des noms qu'on situe mal. Pour un certain Aga, roi d'Umma, mentionné sur une perle en lapis-lazuli, on s'est posé la question de savoir s'il s'agit du roi du même nom, fils d'Enmebaragési (Agga), roi de Kish. Le premier roi connu semble être Pabilgagi, dont le nom a été lu sur une statuette consacrée à Enlil. Le nom d'E'abzu roi d'Umma est inscrit sur un fragment de statuette en pierre. Avec Urluma, on apprend le nom de son père, Enakalé, qui fut lui aussi roi d'Umma. Enakalé est contemporain d'Eannatum (v. - 2454 - 2425) de Lagash, contre qui il fut en guerre au sujet de la palmeraie précitée, et avec qui il passa un traité, à la suite duquel il fit élever une digue le long de la nouvelle frontière. Il est possible que cet Enakalé ait été le fils d'Ush donné comme ensi d'Umma (dans les textes de Lagash, les seigneurs d'Umma sont appelés ensi, dans leurs propres inscriptions il se donnent le titre de roi) c'est lui qui déclara la guerre à Lagash en déplaçant la borne qui fixait les limites des territoires contrôlés par les deux villes, afin d'intégrer la palmeraie dans sa petite principauté. Urluma est mentionné dans deux tablettes (une en lapis-lazuli, une autre en argent) à propos de la construction de temples. Son deuxième successeur semble être Il(a), qui se déclare fils d'Eandamu et petit-fils d'Enakalé. Son fils, Gishakidu qui lui succéda, était contemporain d'Énanatuma Il de Lagash. Il épousa sa parente Bara'irnum (fille d'Urlumma). La guerre avec Lagash se poursuivit, plus ou moins larvée, sous ces rois. Il revint à Lugalzagési (vers - 2340 - 2316) d'y mettre un terme définitif. Il marcha sur Girsu, prit la ville, qu'il mit au pillage, incendia le temple Antasura, perpétua des massacres dans les palais et les sanctuaires, ainsi que nous l'apprend une malédiction qui appelle sur sa tête la vengeance de Nidaba. Ce qui ne l'empêcha pas de prendre ensuite Ur, Uruk, et de soumettre les villes du Sumer. Abandonnant le titre de roi d'Umma, il se déclara roi d'Uruk et du Pays, c'est-à-dire du Sumer : "(Lorsque) Enlil, le roi de tous les pays, à Lugalzagesi, le roi d'Uruk, le roi du Pays, le purificateur d'An, le prophète de Nidaba, le fils de Wawa, prince d'Umma et prophète de Nidaba [...] doué d'intelligence par Enki, l'appelé d'Utu [...], lorsque Enlil, le roi de tous les pays, eut donné à Lugalzage-si la royauté du Pays (et) l'eut justifié au regard du Pays, qu'il eut mis tous les pays à son service (et) du levant au couchant, les eut soumis à sa loi... " . Lugalzagési est le premier conquérant connu du POA à avoir fondé un petit empire. Cela ne lui permit pas, néanmoins, de résister victorieusement à un nouveau soleil, Sargon d'Akkad. Vaincu par ce dernier, il fut traîné dans un carcan à la porte d'Enlil. Umma continua de prospérer sous les rois d'Akkad et ensuite sous ceux de la IIIe dynastie d'Ur, comme en témoignent les nombreuses tablettes économiques la concernant. La divinité tutélaire d'Umma était le dieu shara, dont l'un des temples portait le nom, souvent utilisé dans d'autres cités, d'é.mah (Maison exaltée). Les autres temples étaient: sig4.kur.sà.ga (Brique, montagne du coeur) et é.sà.ge.pàd.da (Maison choisie dans le coeur), tous deux sanctuaires de shara; (é).ib.gal, temple d'Inanna sous le nom de Nin-Ibgal; un temple consacré à Enkigal, construit par Urlumma, deux autres, consacrés à Ereshkigal et Ninhursag, édifiés par Lu-Utu, enfin un temple consacré à un dieu dont le nom est écrit avec le logogramme dTAG.NUN (Utu ?), construit par Il.


2 images

Uqaytsir (AI-)

Dieu arabe, adoré plus particulièrement par les tribus de 'Amila, Djudhâm, Ghatafân, Lakhm, Qudâ'a. Sans doute originaire du sud de la Syrie, il se rencontre parmi les tribus du nord de l'Arabie, où il est représenté par des bétyles. Le culte qui lui était rendu consistait, comme pour tous les bétyles, en libations de sang et en processions accompagnées de chants. Il était aussi couvert d'un vêtement rituel sur lequel on prêtait les serments. On lui faisait, par ailleurs, des offrandes de farine mêlée à des cheveux coupés, rite dont on a cherché l'explication dans une ancienne coutume consistant à raser les cheveux des pèlerins qui venaient apporter leur offrande.


Ur

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq, retrouvée dans le site du tell Muqayyar (ou Umgheîr). Un premier établissement fut fondé à l'époque d'El-Obeïd, vers la fin du Vè millénaire. C'était un village de huttes en roseaux et en pisé. Il fut submergé vers - 3900 à la suite d'une inondation exceptionnelle de l'Euphrate ou d'un déplacement du cours du fleuve qui laissa un niveau de limons stériles appelé par le fouilleur diluvium, par référence aux mythes du Déluge. De nouveaux établissements se succèdent pendant les époques d'Uruk et de Djemdet Nasr (entre -3900 et -2900). Les premiers siècles de l'histoire d'Ur, au DA, qui débute alors, restent à peine entrevus. La LRS donne Mésannépada, fils de Meskalamdug, roi de Kish comme fondateur de la 1re dynastie d'Ur, la troisième cité qui a pris la prédominance après le Déluge, à la suite de Kish et d'Uruk. On ne sait si ce Meskalamdug est le même personnage que celui dont on a retrouvé la sépulture dans le cimetière royal. Dans ce cimetière, situé au sud du temenos de Nanna(-Suen), les fouilleurs ont mis au jour 1 850 tombes dont les dates se situent entre - 2700 - 2600 et 2100. Parmi celles-ci, 16 sont considérées comme des tombes royales, hypothèse fondée sur la richesse du mobilier recueilli, le fait que les tombes étaient maçonnées et les titres (lugal pour les hommes, nin pour les femmes) accompagnant les noms de quelques-uns des personnages qui y étaient ensevelis. Le propriétaire de l'une d'entre elles (n0 1050), avec qui furent ensevelies une cinquantaine de personnes, Akalamdug, se déclare le fils de Meskalamdug. Il n'est pas non plus mentionné dans la LRS, mais il porte le titre de lugal, comme son père. On ne sait non plus quelles relations a pu réellement avoir Puabi, dont la tombe était l'une des plus riches du cimetière avec ces rois dont elle était à peu près contemporaine. Ce qui apparaît à l'évidence, c'est que ces personnages royaux, qui ont vecu aux XXVIIè s. et XXVIè s., ont été accompagnés dans leurs tombes par tout un personnel sacrifié pour continuer de les servir au cours de leur vie dans l'au-delà. À l'exception des quelques personnages cités ici, on ne connaît ni les noms ni la condition sociale des autres occupants des 1850 tombes. Il est possible, comme l'a suggéré Susan Pollock , que n'ait été enseveli là, à peu de distance du temenos, que le personnel du haut clergé du temple du dieu-lune et les dignitaires du palais. Cependant, Mésannipada, peut-être descendant ou parent des personnages royaux cités, ne semble pas avoir été inhumé dans ce cimetière, pas plus que son fils et successeur Aanépada. La LRS donne encore trois successeurs a Aanépada : Mes-kiag-Nanna, son fils, qui régna 36 ans, puis Élulu et Balulu, dont on ne connaît pas les liens de parenté et qui auraient régné respectivement 25 et 36 ans. La suprématie passa ensuite à la dynastie d'Awan, ce qui nous conduit aux environs de - 2400. La LRS cite une IIe dynastie d'Ur avec les noms incomplets de quatre rois qui auraient régné 116 ans. Si cette dynastie a existé, elle n'a pu réellement exercer une hégémonie ni, non plus, durer si longtemps, car vers -2340 Lugalzagési d'Umma, devenu roi d'Uruk et de Kish a soumis les villes de Sumer avant d'être lui-même renversé par Sargon d'Akkad, vers - 2334. Bien que l'histoire d'Ur à l'époque du DA reste à peu près inconnue, on sait que la ville était déjà devenue prospère, enrichie par le commerce que favorisait sa position sur le bas Euphrate, en communication directe avec les marchés de Dilmun, Magan et Mélukhkha. Elle était en même temps un aboutissement du commerce du golfe Persique et un port de transit des marchandises qui remontaient le fleuve jusqu'en Syrie. Son activité semble s'être ralentie pendant la période d'Akkad, bien que son prestige, et surtout celui de son temple de Nanna, fût déjà tel que Sargon établit sa fille Énhéduanna prêtresse du du sanctuaire. Ur va briller d'un dernier éclat avec la fondation de la IIIe dynastie, par Ur-Nammu, Son fils et successeur shulgi organise, consolide et étend encore l'empire d'Ur, qu'il conduit à son apogée. C'est sous les règnes de ces deux souverains que les monuments de la ville sont reconstruits, à commencer par les sanctuaires du temenos de Nanna et sa ziggurat. Ur-Nammu a commencé à entourer la ville d'une puissante muraille et à organiser ses deux ports, l'un à l'ouest, sur l'Euphrate, et l'autre au nord de la ville, sur un canal qui l'entourait en partie. C'est aussi lui qui a entrepris la construction de la ziggurat, appelée é.temen.ni.gùr.(ru) = "Maison, Fondement de la terrasse (ou Terrasse de fondation) revêtue de terreur", dont les bases, en partie reconstituées, subsistent encore et qu'acheva le fils de shulgi, Amar-Suen. Le temple lui-même, é.kis.nu.gàl, avait déjà été reconstruit par Naram-Sîn, et il fut sans doute remanié par Ur-Nammu. Une grande partie des 84 sanctuaires, chapelle et édifices de caractère cultuel recensés par A. R. George paraient déjà la ville ou ont été construits à cette époque. Amar-Suen ( - 2046 - 2038) ne régna que peu d'années mais il réussit à agrandir l'empire en y annexant une partie de l'Assyrie. shu-Suen ou shu-Sîn ( - 2037 - 2029), nom lu jadis Gimil-Sîn, succède à son frère Amarsuen. Il avait marié sa fille au fils du roi de Simanum, ville située vers l'Assyrie ; ce dernier avait été chassé de son trône, ce qui obligEa shu-Suen à intervenir; les rebelles furent déportés dans la région de Nippur, où l'on bâtit pour les loger une ville. Par ailleurs, la menace que les nomades Amorrites faisaient peser sur les frontières occidentales se précisent. C'est à cette époque que furent construits (ou achevés si shulgi en avait commencé la construction) le "mur des Amorrites" et un canal qui reliait le Tigre à l'Euphrate, canal qui aurait mesuré dans les 275 km. Deux femmes de la famille royale sont connues par un balbale , "Abi-Simti et Kubatum"; cette dernière était sans doute l'épouse de shu-Suen et Abî-simti celle d'Amar-Suen (plutôt que de shulgi, comme le pensait Falkenstein). À shu-Suen succède son fils (plutôt que son frère) Ibbi-Sîn ( - 2028 - 2004). À l'instar de shulgi, il utilisa la force militaire et les mariages diplomatiques, sans pour autant réussir à maintenir la cohésion de l'empire. Sous la pression sans cesse renouvelée des Amorrites, les fortifications qui défendaient la frontière de leur côté sont débordées et les nomades se répandent dans le pays. Ibbi-Sîn confie alors le commandement des provinces menacées à Ishbi-Erra tandis que lui-même marche contre l'Élam révolté. Il est vaincu et rentre en hâte à Ur, qu'il a fait plus encore fortifier. Profitant de la faiblesse de l'empire, de la famine qui sévit à la suite de la perte des provinces et de la destruction des récoltes, Ishbi-Erra se rendit alors indépendant dans Isin. En - 2007, puis de nouveau trois ans plus tard, les Elamites, alliés aux Amorrites et aux Su (un peuple barbare des montagnes encore inconnu, mais il s'agit peut-être simplement des gens de Suse), ravagent le Pays de Sumer et, finalement, prennent Ur et mettent à sac la vénérable capitale. Comme le laissent entendre les lamentations sur la destruction d'Ur, la ville ne tarda pas à renaître de ses cendres, mais elle avait perdu toute puissance politique : elle ne sera plus désormais qu'une ville sainte, la cité du dieu-lune, toujours dépendante de Babylone ou des Assyriens


Ur-Nammu

Gouverneur d'Ur (-2112 -2085). Sous le règne d'Utu-hégal à Uruk, il succéda à ce dernier on ne sait comment. Peut-être était-il simplement son fils. Mais il ne s'installa pas à Uruk, il établit la nouvelle capitale à Ur. Dans ses inscriptions, concentrées dans les villes de Sumer: Ur, Érîdu, Larsa, Lagash, Nippur et Uruk, par lesquelles est défini le territoire sur lequel il régnait, il se dit "l'homme fort, le roi de Sumer et d'Akkad". Fondateur de la IIIe dynastie d'Ur, il commence le travail de centralisation bureaucratique qui marque l'administration de cette dynastie. Il bâtit ou reconstruisit plusieurs temples (notamment de Nanna), releva le rempart d'Ur, fit creuser des canaux, replanter des dattiers, en bref, se montra un remarquable administrateur qui permit le développement du Sumer sous cette nouvelle impulsion. Il nous a été conservé en sumérien un hymne à la gloire du roi qui reconstruisit l'Ekur - le temple d Enlil; Le texte est divisé en deux chants chacun d'une forme differente appeles par le scribe qui les a redigés sagidda et sagarra. On attribue à Ur-Nammu un code de lois qui semble t-il serait plutôt dû a son fils et successeur shulgi. Les tablettes trouvées à Nippur et Sippar nous ont conservé le prologue à la gloire du roi et de ses dieux, et 37 lois. On a aussi retrouvé un poème sumérien intitulé "La Mort d'Ur­Nammu, où celui-ci fait une visite aux dieux de l'Enfer à la suite de sa mort sur un champ de bataille où il avait été abandonné "comme un pot broyé". Le musée de l'université de Pennsylvanie a reconstitué une belle stèle fragmentaire où l'on voit, notamment, le roi faisant une offrande devant une divinité assise sur un trône (Ningal?).


6 images

Ur-Ninurta

Roi d'Isin (-1923 - 1898), fils de Litpit-Ishtar. Il est connu pour avoir présidé une assemblée de la ville de Nippur destinée à juger un procès pour meurtre. On a pu être frappé par le fait que l'accusation et la défense ont été assurées par plusieurs citoyens de la ville, tous de petites gens, jardiniers, oiseleurs, "et même un mushkênun, semble-t-il" , ce qui a laissé supposer qu'il existait une forme de démocratie dans certaines villes de la Mésopotamie des IIIe et IIe mill. INSTRUCTIONS D'UR-NINURTA : Sous son nom est aussi placé un court texte (incomplet et détérioré par endroits) de 71 lignes, intitulé par son traducteur : "Instructions d'Ur-ninurta". Le texte est rédigé dans un "sumérien syllabique" difficile à comprendre, ce qui a conduit son seul traducteur (Bendt Alster, en anglais) à mettre en question son propre travail en remarquant que d'autres interprétations peuvent être proposées. Certaines prescriptions sont à rapprocher des Instructions de shuruppak (voir sagesses). Dans l'esprit de ces sagesses orientales, il s'agirait des instructions d'un dieu (1.37, a-ag-ga dingir-ra) à Ur-Ninurta, nous reportant dans la nuit des temps : "Au temps jadis, sur la fin de ces jours, après que les nuits furent devenues très loin de ces lointaines nuits, après que les années furent devenues loin de ces lointaines années, après que le flot (du Déluge) eut balayé (la terre), celui à qui fut donnée la sagesse par Enki... ". Il s'agit avant tout d'une suite d'exhortations à craindre la divinité et de conseils de fermiers, les références incessantes aux champs et à la moisson paraissant, d'ailleurs, symboliques. Il nous est aussi parvenu plusieurs hymnes où le roi est associé à diverses divinités : à An, dont il est l'élu, à Enki, à Inanna (deux hymnes).


Urartu

Royaume au sud du Caucase, situé entre les lacs de Van et d'Urmiah. Son histoire est connue grâce aux inscriptions urartéennes et aux annales des rois d'Assyrie. Urartu est un nom d'origine assyrienne désignant les régions au sud du lac de Van (Anatolie orientale, au coeur de ce qui deviendra l'Arménie historique, occupée maintenant par les Kurdes après la déportation et les massacres des Arméniens). Ce terme apparaît pour la première fois au XIIIe s., sous la forme Uruatri, dans les annales du roi d'Assyrie Salmanazar Ier ( - 1273 - 1264). Il est employé en concurrence avec celui de Naïri, qui était aussi le nom donné au lac de Van (mer de Naïri). Les Urartéens désignaient leur pays sous le nom de royaume de Bianili. Ce n'est cependant qu'au IXe s. qu'émerge un Etat organisé qui, au cours des siècles suivants, se structure et gagne en étendue, au point de devenir l'une des principales puissances du POA. Le premier souverain mentionné est un certain Aram(u), qui régnait sur la région de Van (capitale du royaume sous le nom de Tushpa) aux environs de -860. Salmanazar III prit sa capitale, Arzakim, vers -858. Les inscriptions de Salmanazar III mentionnent ensuite Sarduri, fils de Lutipri, contre lequel les Assyriens firent campagne en -832, sans doute peu après sa montée sur le trône. Il régna jusqu'en -825, date à laquelle lui succéda son fils Ishpuini. Ce n'est qu'avec le fils et successeur de ce dernier, Menua ( - 804 - 790), que le royaume commence à devenir conquérant, bien qu'Ishpuîni ait déjà entrepris des campagnes de conquête à la tête d'une armée non négligeable avec 10 000 cavaliers, 23 000 fantassins et une centaine de chars. Menua étend le royaume vers le sud et l'est, mais c'est son fils Argishti 1er ( -789 - 766) qui va pousser ses conquêtes vers le nord et le sud en utilisant les méthodes des Assyriens : massacres, incendie des villes, déportation. C'est dans la lointaine province de l'Araxe, à Érébuni (Erivan), qu'il déporte les captifs de sa campagne en Mélitène (sud-est de l'Anatolie ). Il s'attaque ensuite à l'Assyrie en la contournant vers l'est, mais il est tenu en échec par le tartan de l'armée assyrienne, shamshi-ilu, sous le règne de Salmanazar IV ( - 782 - 773). Cette politique agressive sera poursuivie par ses deux successeurs, Sarduri Il ( - 765 - 733) et Rusa 1er ( - 732 - 714), en direction de la Syrie au sud et de la Colchide (actuelle Géorgie) au nord-ouest. Vers la fin de son règne, Rusa doit faire face à une invasion de nomades venus par le Caucase, les Cimmériens, tandis que Sargon II conduit sa huitième campagne contre la région au sud du lac de Van, qu'il met à sac. Mais les Urartéens, rompus à la guerre et solides montagnards, se relèvent de ces ravages, et Argishti Il ( - 713 - 679) et surtout son fils Rusa II ( -678 - 654) rendent sa puissance à leur royaume, où ils fortifient les villes : Teishébaini (actuelle Karmir Blur), Toprak Kale, Bastan. Les hostilités entre Assyriens et Urartéens cessent vers cette époque, les deux royaumes ayant sans doute compris combien ils s'épuisaient mutuellement en vain alors que leurs frontières étaient menacées par ailleurs. On ne sait que peu de chose des derniers rois Urartéens, Sarduri III ( - 654 - 625), Eriména ( - 624 - 606) et Rusa III ( - 605 - 585), rois dont la séquence et la filiation restent discutées. La disparition de la royauté est due sans doute aux attaques des Cimmériens et des Scythes, et à l' expansion du royaume des Mèdes sous l'impulsion de Cyaxare, qui étend ses frontières jusqu'à l'Halys (Kizil Irmak), au coeur de l'Anatolie . La richesse de l'Urartu tenait à une agriculture rationalisée, mais aussi aux nombreuses mines (or, argent, fer) du royaume : elles permirent le développement d'un artisanat important qui produira un art du métal et de la chaudronnerie original, dont l'influence s'exercera jusqu'à la Grèce de l'époque archaîque. La population de l'Urartu, dont les origines restent obscures, a subi fortement l'influence des Hourrites, à moins que ce ne soit dans cette région qu'il faille chercher le berceau de cette dernière population. La langue des inscriptions urartéennes est voisine de celle des Hourrites, au point que Goetze y a vu un dialecte hurrite; Melikishvili a montré quant à lui les étroites relations des deux langues (dans la construction ergative - pour le sens d'ergatif, voir sumérien - ou dans les suffixes constituant les cas). Le dieu du Temps et de l'Orage, Teshéba correspond au Téshup hurrite, et shiwini le dieu-soleil, correspond au shimigi Hourrite. Sans équivalence restent cependant Haldi, le grand dieu national de l'Urartu, et son "épouse", Bagbarti, ainsi que le dieu-lune shélardi.


3 images

Urkesh

Un fragment de mythe traduit par Harry Hoffner Jr. sous le titre de "la Quête de l'argent pour Kumarbi" déclare à l'adresse d'Argent (le métal symbolisé) que son père est Kumarbi, le père de la cité d'Urkesh qu'il "réside à Urkesh, où il juge avec équité tôus les procès du pays". Depuis longtemps, Urkesh était connue par les textes, en tant que capitale du royaume hurrite. Une tablette de bronze trouvée selon un témoignage dans les environs de Samarra, ville d'Iraq au nord de Bagdad, comportant une dédicace à Nergal par Arisen, roi d'Urkesh et de Nawar, publiée par François Thureau-Dangin , conduisit cet assyriologue à situer la ville à l'est du Tigre. AIbrecht Goetze se rapprocha de la réalité en la situant dans le triangle du Khabur. On proposa aussi Tell 'Amuda, sur l'actuelle frontière turco-syrienne , mais il semble que la question a été résolue à la suite de l'exploration de TeIl Mozan, dans le nord de la Syrie, dans la plaine du Khabur, au sud du Tur Abdin. Le nom d'Urkesh a été lu sur une empreinte de sceau au nom du roi Tupkish. Le site a été occupé dès l'époque d'Halaf (-5500 - 5000). Les différents monuments exhumés, remontant au IIIe mill., sont d'abord un temple dit "temple BA" (phase I, v. -2450), gros bâtiment rectangulaire, un édifice qui aurait été un magasin royal, une demeure privée et une partie des remparts hauts de 6 m sur une épaisseur de 8 m. Dans la demeure privée ont été retrouvées deux tablettes administratives datées de la période d'Akkad et d'Ur III (-2200 - 2000). Toute une série de sceaux (ou d'empreintes) représentant des scènes avec personnages assis ou debout, dans un style sumérien, illustrent la "vie" du roi Tupkish et de son épouse, Uqnitum. Un important mobilier datant du DA III et de l'époque akkadienne a été recueilli, en particulier des objets en cuivre martelé et en bronze (vases, armes...), ainsi qu'une petite statuaire animalière en pierre et en terre cuite. Quant à Nawar, cité dans l'inscription publiée par Thureau-Dangin, on avait suggéré une identification avec le pays de Namri (ou Namar), situé vers le Zagros, ce qui conférait au pays hurrite une immense étendue, bien réduite depuis que de nouvelles découvertes ont montré qu'il existait une ville appelée Nawar dans la région du Khabur .


Urkish

Voir Urkesh.


1 images

Uruk

Ville du Sumer, au nord d'Ur et au sud-est de Babylone. Le nom moderne du tell où gît l'antique cité a conservé son ancienne appellation sous la forme Warka. Le premier établissement a été fondé vers la fin du Ve mill., dans la dernière phase de la période d'El-Obeîd. Grâce aux fouilles menées en profondeur à la hauteur de l'Èanna (temple du Ciel), on a pu établir une stratigraphie dont le mobilier propre à chaque niveau a permis de faire de l'Uruk préhistorique le site éponyme du dernier millénaire de la protohistoire de la basse Mésopotamie, succédant à l'obeïdien : Uruk ancien, appelé aussi dans la terminologie anglo-saxonne "protoliterate" ( - 4000 - 3750); Uruk moyen (-3750 - 3500) et Uruk récent (- 3500 - 3100). C'est au cours de cette dernière période qu'apparaissent les premières tablettes dans une écriture idéographique. Après la période intermédiaire de Djemdet Nasr débute l'époque historique appelée dynastique ancien ou archaique (DA). Malgré son ancienneté, Uruk ne fait pas partie des villes antédiluviennes de la LRS. Mais elle vient juste après Kish pour ravir à cette dernière la prééminence en Sumer avec sa 1re dynastie, aux alentours de -2700. L'auteur de la LRS n'utilise pas le nom d'Uruk, pourtant prestigieux à son époque, mais celui d'Éanna, à qui la royauté fut accordée au détriment de Kish. Le fondateur de la dynastie est Mes­kiag-gasher, fils d'Utu (le dieu-soleil), qui devint grand prêtre et roi (lugal), et qui aurait régné 324 ans. Le texte ajoute qu'il vint dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes, ce que d'aucuns (à commencer par Jacobsen) ont interprété selon la marche du soleil, qui se couche dans la mer à l'occident (mais la mer, pour Uruk, est au sud et invisible parce que trop éloignée) et se lève derrière les montagnes à l'est. Le fils de Meskiag-gasher, Enmerkar, est le héros de plusieurs épopées. La LRS en fait le fondateur d'Uruk. Ce qui ne peut être interprété que de cette manière : Uruk n'était encore qu'une agglomération autour de l'Éanna, voisine du bourg de Kullab, où se trouvait le temple d'Anu. Cette bourgade portait le nom du temple E.an.na.ka. Enme­rkar aurait fusionné les deux bourgs voisins pour en faire une seule ville sous le nom d'Uruk. Après un règne de 420 ans lui succède Lugalbanda, lui aussi héros de plusieurs mythes à qui est attribué un règne de 1 200 ans. Entre ce règne et celui de Gilgamesh, donné dans l'épopée comme le fils de Lugalbanda et de la déesse Nin-Sun (la dame buffle), la LRS place Dumuzi, dont la cité est Ku'a(ra) [dans le texte sumérien ku6-aki, alors que dans les mythes le concernant il est seigneur de Bad-Tibira. Gilgamesh, de son côté, est dit, dans la LRS, fils d'un démon lillû, grand prêtre de Kulla. Gilgamesh règne 126 ans, puis son fils Ur-Nungal (ou Ur-lugal = roi d'Ur) monte sur le trône où il règne 30 ans ; son fils Utul­kalamma(k) lui succède, sans qu'aucun grand mythe lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. La LRS cite encore cinq rois pour cette dynastie, le dernier étant Lugal­ki-tum (ou Lugalkigin), qui, après un règne de 36 ans, fut détrôné par Mésannépada, le roi d'Ur, lequel acquit à sa cité la prééminence. Trois fois encore, Uruk aurait réussi à retrouver une situation dominante, avec ses Ile, IIIe et IVème dynasties, qui, excepté la IIIe, illustrée uniquement par Lugalzagési, lequel fut d'abord roi d'Umma, n'ont eu aucune importance. Malgré ce passé mythiquement glorieux que lui acquit sa 1re dynastie, Uruk ne joua jamais qu'un rôle secondaire dans l'histoire même de Sumer, et elle perdit toute indépendance après que Sargon d'Akkad eut vaincu Lugalzagési et rasé ses hautes murailles. Toute sa grandeur, qui s'est édifiée pendant la période protodynastique, est conservée dans la version ninivite (assyrienne) de l'Épopée de Gilgamesh :"Celui qui a tout vu" (Gilgamesh) [...] fit construire le rempart d'Uruk-l'Enclos, du saint temple Êanna, le trésor sacré. "Regarde cette enceinte qu'entoure une frise pareille au cuivre, contemple ses pilastres que personne jamais n'égalera prends donc l'escalier qui est antique, approche l'Eanna, la demeure d'Ishtar que nul roi de I'avenir jamais n'égalera ni personne; monte donc sur le rempart d'Uruk, promène toi, examine les fondations, scrute le briquetage. Doutez vous que son briquetage soit en briques cuites et que les sept sages en aient jeté les fondations ? 3 600 arpents de cité, 3 600 arpents de vergers, 3 600 arpents d'argilière, 10 800 arpents le temple d'Ishtar, 10 800 arpents et 1 800 arpents : c'est l'aire d'Uruk !". Ville riche, ville opulente, Uruk avait conservé dans ses moeurs les principes de l'époque où elle vivait sous un régime de caractère démocratique, où l'assemblée du peuple décidait des affaires de la ville, avant que s'imposât un système monarchique dans lequel, néanmoins, le roi n'était pas tout-puissant. C'était aussi une ville de plaisirs : la cité des courtisanes, des hiérodules et des filles de joie (al kezrêti shamhatu u harimati), dit le poète de l'Èpopée d'Erra (IV, 52). Ce sont ces mêmes courtisanes, hiérodules et filles de joie, "tout le personnel féminin du temple d'Ishtar", que la déesse convoque pour se lamenter après que le héros et Enkidu ont tué le Taureau céleste. Comme Ur, Uruk reste cependant une ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides, ne vont cesser d'embellir, dont les temples sont sans cesse construits ou reconstruits, dont l'artisanat produit en permanence des oeuvres d'art. Quoique venant en cinquième position, après Babylone, Assur, Nippur et Ur, pour le nombre de ses chapelles et sanctuaires, elle en comptait 76. Son déclin ne commence qu'avec les Parthes et les Sassanides, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, jusqu'à ce que l'assèchement du bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie oblige ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des Arabes musulmans.


14 images

Ut-napishti

voir Ziusura.


Utanapishtim

voir Ziusura.


Utu

Dieu-soleil des Sumériens. Il apparaît souvent dans les inscriptions sumériennes anciennes. Lugalzagési se déclare "appelé d'Utu" et "stratège d'Utu", titres par lesquels il conférait une assise divine à son pouvoir sur les villes du Sumer. Dans la mythologie, il est déclaré fils de Nanna, la théologie sumérienne faisant naître le jour de la nuit et la lumière des ténèbres primitives, et de la déesse Ningal; il est aussi le frère d'Inanna. Son temple principal était l'é­babbar à Larsa, où il est confondu avec Shamash. On lui avait aussi consacré une chapelle dans l'Ésagil. Ses qualités sont exaltées dans le poème théologique d' "Enki ordonnateur du monde": Utu le vaillant, le taureau bien campé qui fait avec orgueil montre de sa puissance, le père de la "Grande Cité" (l'enfer), à l'orient, le grand héraut d'An le saint, le juge, celui qui rend les sentences à la place des dieux, celui qui, adorné d'une barbe de lazulite, monte de l'horizon au ciel, Utu, le fils de Ningal (qu')il préposa à (l'univers entier)".


5 images

Uzza (AI)

L'une des principales déesses de l'Arabie, qui dominait la triade formée avec Al-Lât et Manât. Son sanctuaire primitif s'élevait dans la vallée de Hurâd, au nord de La Mecque, dans l'ombre de trois acacias. Il était enfermé dans une enceinte sacrée (haram) où se trouvait aussi un gabgab, terme désignant selon les uns l'aire où étaient égorgés les animaux destinés à la divinité, selon d'autres une pierre qu'on dressait devant l' "idole". En définitive, la viande du sacrifice était partagée entre les participants. On y venait en pèlerinage de toute l'Arabie, en particulier à cause de son oracle. On suppose que le culte ardent que lui vouèrent les Qurayshites de La Mecque trouvait sa raison dans la proximité de son sanctuaire. Elle a été identifiée à Vénus, et c'est à elle que font allusion les auteurs classiques lorsqu'ils parlent de l'importance du culte de cette déesse-mère chez les Arabes.


Wadd

Dieu de l'Arabie, adoré surtout à Dûmat al-Djandal (Al-Djawf). Il était représenté sous l'aspect d'un homme de grande taille vêtu d'un ample habit et portant un second vêtement sur l'épaule, armé d'une lance et d'un carquois plein de flèches. Il semble pouvoir être assimilé à Hadad, dieu de l'Orage, bien que nombre d'orientalistes voient en lui une divinité lunaire. Il est mentionné dans les inscriptions thamudéennes sous les formes Wadad, Adad, Hadad, Ud, Dad. Un temple lui était aussi consacré jusque dans le sud de l'Arabie, dans le royaume de Qataban.


Washshukanni

Capitale du Mitanni. Son site n'a pas été identifié. Il se pourrait que ce soit Tell Fakhariyah.


Xerxès Ier

( -486 -465). Fils de Darius Ier, il exerce la vice-royauté à Babylone pendant 12 ans avant d'être désigné par son père pour lui succéder. Alors que Cyrus le Grand avait été le modèle du roi sage et généreux, en particulier aux yeux des Grecs, qu'il s'était montré tolérant, respectueux des cultes et des moeurs des peuples conquis, Xerxès apparaît comme le type du despote oriental caractérisé par la démesure et dont la prétention serait allée, si l'on en croit Hérodote, jusqu'à vouloir commander aux éléments et fouetter l'Hellespont (Dardanelles) parce qu'une tempête avait détruit le pont de bateaux qu'il y avait fait installer. Son règne ne dément pas cette vision. Les Égyptiens, déjà en révolte sous Darius, sont férocement matés. Babylone s'étant de son côté révoltée, il fait mettre à mort les prêtres de Bêl-Marduk, détruit ses temples, fait raser les murs de la ville. Conseillé par son cousin Mardonius, mais aussi désireux de venger les défaites de son père face aux Scythes d'Europe et aux Athéniens, il réunit une immense armée pour marcher contre les Grecs. Les descriptions d'Hérodote, qui nous montre l'Hellespont couvert de vaisseaux et qui décrit la marche de l'armée où quarante-six nations de l'empire ont fourni des contingents, donnent le sentiment d'une masse humaine invincible. Nous sommes en -480. La flotte, où dominent les Phéniciens, fait voile parallèlement à l'armée, qui soumet sans mal la Macédoine et la Thessalie. Les Spartiates et leurs alliés, une poignée d'hommes, tiennent en échec un moment les meilleurs des Perses aux Thermopyles. Une trahison les perd. Les flottes s'affrontent alors à Salamine. La victoire des Grecs est totale : Xerxès, qui a perdu une grande partie de ses vaisseaux, rentre dans ses capitales, laissant en Grèce une armée de trois cent mille hommes qui sera renversée l'année suivante à Platée, où son général, Mardonius, perd la vie. Xerxès, vaincu, humilié, mais dont l'empire n'a pas été réellement affaibli par ces défaites, partage ensuite son temps entre ses deux capitales, Suse et Persépolis, entouré de courtisans et d'eunuques, mais où il manifeste une activité de constructeur. Les inscriptions le présentent aussi comme un propagateur zélé de la religion nationale d'Ahura-Mazda. Les dernières années de son règne sont assombries par de sanglantes intrigues de palais qui se terminent par son propre assassinat.


2 images

Yagûth

Principale divinité du groupe tribal arabe des Madhidj. Protecteur des artisans et divinité apportant la pluie (selon le sens de son nom), il était plus particulièrement adoré dans le sud de l'Arabie, au Yémen.


Yam

Dieu ugaritique des Eaux, il était appelé "zbl jm" : "seigneur mer" et aussi "tpt nhr": "prince rivière". Il recevait un culte et des offrandes, ce qui ne l'empêcha pas d'être donné comme un dieu ennemi de Baal dans les mythes concernant ce dernier et ses combats.


Yazilikaya

"La pierre sculptée", tel est le sens du nom que les Turcs ont donné au sanctuaire rupestre hittite situé à 2 km au nord-est d'Hattusa. Il a été aménagé sous les règnes d'Hattusili III et de son successeur Tudhaliya IV entre -1280 et -1230. Une porte monumentale entourée d'un ensemble de constructions avait été érigée à l'entrée du sanctuaire formé par des gorges étroites et sans grande profondeur dans le roc d'une falaise. Une partie du panthéon hittite est représentée sur les parois rocheuses des galeries, constituant un ensemble de 79 reliefs accompagnés de 59 légendes. Parmi ces dernières, seules 22 ont été identifiées et lues avec certitude. Emilia Masson a cru en lire 49, mais ses déchiffrements ont subi le filtre de la critique de Hans Gùterbock , qui a rejeté la majorité de ses lectures. Ces divinités figureraient symboliquement les mille dieux du Hatti. Parmi eux, on a pu reconnaître la déesse-soleil d'Arinna, le dieu Sarruma coiffé d'une haute tiare, tenant contre son flanc gauche Tudhaliya IV, le dieu du Soleil et le dieu de la Lune, Sausga-Ishtar ailée, et cette divinité énigmatique appelée le " dieu épée", constitué par une lame d'épée à nervures verticales, enchâssée dans une poignée zoomorphe (deux lions vus de dessus, côte à côte, la croupe surplombée par deux cervidés soutenant deux lions perpendiculaires dos à dos, surplombés par une tête humaine coiffée d'un bonnet pointu). Ce dieu épée, lié au défilé des douze dieux, serait l'épée de Nergal, dieu des Enfers. Émilia Masson a proposé une interprétation originale de ce sanctuaire, qui serait le mausolée des rois Hittites où se serait déroulé un culte funéraire, de sorte que les douze dieux ne seraient pas des démons de l'enfer mais les dieux de l'Immortalité.


1 images

Yémen

État moderne qui recouvre approximativement les territoires appelés par les auteurs classique Arabie Heureuse. Les hautes plaines du Yémen ont été occupées dès le paléolithique. Des foyers néolithiques ont été datés entre 6175 et 5635. Cependant, l'histoire des anciens Etats yéménites datent de la fin du IIe mill. et, plus sûrement, du VIlle s., avec les premières inscriptions du Saba. Les chronologies établies à partir des inscriptions (étudiées intrinsèquement et extrinsèquement) et de rapprochements avec le monde oriental et la civilisation grecque restent encore flottantes mais on a abandonné les chronologies longues, comme celle de Hommel, et les schémas sîmplificateurs, tel celui qui proposait les séquences suivantes : avant -1120, établissement du royaume de Ma'in, -1020 - 810, IIe dynastie minéenne; - 810 - 610, le Qataban renverse Ma'în avec l'aide de Saba ; - 610 - 370, renversement du Qataban par le Saba ; - 370 - 230, apogée du Saba; - 230 - 115, surgissement d'Awsan et rivalités à l'intérieur du Saba; - 115, début de l'ère sabéenne proprement dite . Christian Robin a proposé une division de l'histoire sud-arabique en deux périodes : celle des royaumes caravaniers (VIIIe-Ier s.), dominée par les tribus installées en bordure du désert, dont une principale activité est la récolte de résines aromatiques, encens et myrrhe principalement, et le transport de ces produits par, caravanes vers les grands marchés d'Egypte et du Levant; une seconde période, du 1er siècle de l'ère chrétienne au VIe s., dominée par les tribus des Hautes-Terres. Cette division correspond approximativement à celle que propose Andrey Korotayev, qui pose une première période ancienne celle des Mukarribs de Saba, suivie dans la seconde moitié du 1er mill. par la sous-période des rois traditionnels de Saba, laquelle se termine au 1er s. La période suivante (celle des tribus des Hautes-Terres de Robin), selon Korotayev, est celle des rois de Saba et de dhû­Raydân, qui se termine au IVe s. de notre ere. Korotayev ajoute une troisième période "monothéiste" qui recouvre l'époque des souverains convertis d'abord au judaîsme avec les rois d'Himyar puis au christianisme avec les Abyssins. Au cours de la première période, six royaumes issus de tribus entreprenantes vont s'affronter: Saba, Qataban, Ma'in, Himyar, le petit royaume d'Awsan et l'Hadramaout, le plus oriental, avec shabwa pour capitale. L'Hadramaout était le plus grand producteur d'encens, ce qui faisait la richesse de sa capitale, appelée Sabota par Pline , qui nous dit qu'elle enfermait dans ses murs soixante temples. Strabon, qui nous donne l'état de la région d'après diverses sources, dont une remontant au IIe s., cite uniquement les Minaei (Minéens), les Sabaei (Sabéens), les Kattabanéens (Qataban), les Khatra­môtitae (Hadramut). Il ajoute, ce qui n'est pas exact, que ces peuples forment un seul et même Etat monarchique. Ce qui est plus intéressant est ce qu'il rapporte ensuite à propos des capitales de ces royaumes : "Elles ont toutes les apparences de l'opulence et toutes sont ornées de temples et de palais magnifiques. Leurs maisons, par l'assemblage de la charpente, rappellent tout à fait les maisons égyptiennes". C'est par Strabon, qui nous donne encore de nombreux détails pleins d'intérêt , et par Pline, que nous connaissons l'expédition militaire en Arabie que commanda en 24 Aelius Gallus, le gouverneur de l'Egypte nommé par Octave-Auguste après l'annexion du royaume des Ptolémées. Plîne résume ainsi les résultats de cette expédition: "Gallus détruisit des villes qui n'avaient pas été nommées par les auteurs antérieurs, Négra, Amnestrum, Nesca, Magusa, Tammacum, Labécia et Mariaba nommée plus haut, de 6 000 pas de tour; il détruisit aussi Caripéta : ce fut la limite extrême de son expédition. Ces peuples parlaient des dialectes sémitiques qui variaient entre eux. Le sabéen, le plus proche de l'arabe, a pris une certaine extension lors de la formation de l'empire de Saba, tandis que les autres tribus utilisaient des dialectes plus proches du gheez, la langue des Abyssins, nommés ainsi d'après la tribu des Habesh, originaire du Yémen. Ces langues, connues par les inscriptions, ont utilisé un alphabet original issu de l'alphabet phénicien. Elles nous sont connues par de nombreuses inscriptions dépourvues en général de caractère littéraire. On ne peut cependant douter qu'il existait toute une tradition poétique orale, comparable à celle de l'Arabie des VIe et Vile s. de notre ère, qui nous a été conservée par les érudits musulmans. De cette littérature, il subsiste cependant un texte poétique, un hymne versifié du 1er s. de notre ère, gravé dans la pierre à Qâniya, site himyarîte à 150 km au sud-est de Sanaa . Les Yéménites ont créé une architecture orignale : maisons au murs de terre crépie s'élevant parfois à de grandes hauteurs, parallèlement à une architecture de pierre réservée en général à des temples comme ceux de Marib et de shabwa, à des demeures ou à des châteaux fortifiés (en tout cas pour leurs soubassements), aux remparts et aux bastions comme on le voit a shabwa ou encore à l' érection de barrages (voir : Aden).


ziggurat

Mot akkadien dont la racine, zaqqaru, signifie "être élevé". Il désigne les tours à étages qu'on rencontre dans toute la Mésopotamie et en Elam, construites dans l'enceinte des temples. Le nom n'apparaît qu'à l'époque paléo-babylonienne, et il était écrit avec le sumérogramme U-NIR. Forme architecturale inventée par les Sumériens, la ziggurat, a-t-on pu supposer, figurait la montagne (du pays originel des Sumériens?) sur laquelle se manifestaient les dieux, dans un pays de plaines. Un petit temple (gigunu) était construit au sommet où il est possible que se soient déroulées les hiérogamies entre le dieu, descendu du ciel, et son épouse, en l'occurrence la reine ou une hiérodule, le dieu étant incarné par le roi ou un prêtre. Si chaque cité avait sa ziggurat, certaines pouvaient en avoir plusieurs.


9 images

Ziusudra

Voir Ziusura.


Ziusura

C'est le nom du héros sumérien de l'histoire du Déluge, appelé par les Akkadiens Ut(a)-napishti(m), expression qui signifie "Celui qui trouve la vie". Au bout de sa quête de la plante d'immortalité, Gilgamesh parvint aux confins du monde où réside dans son éternité Ut(a)-napishti(m)-le-Lointain. Ce dernier lui fit le récit du Déluge (qui occupe la, plus grande partie de la tablette XI de l'Epopée de Gilgamesh [inspirée du récit du poème d'Atrahasis]. Ut(a)-napishtim, alors roi de shuruppak, fut sauvé par la faveur d'Éa, qui, ne pouvant l'avertir directement parce qu'il avait prêté serment avec les autres dieux de ne pas souffler mot aux hommes de la préparation du déluge destiné à supprimer l'humanité, le fit savoir aux haies de roseaux, qui le lui répétèrent. Comme le fit Atrahasîs, il construisit un immense bateau (décrit avec ses six entre­ponts) où il fit entrer des représentants de toutes les espèces animales mais aussi tous les artisans, toute sa famille, son argent, son or, des provisions de toutes sortes (90 hectolitres de bitume, autant d'huile de la bière, du vin, de l'eau, etc.). survint le Déluge, qui dura six jours et sept nuits. Enfin, le bateau s'échoua sur le mont Nisir (dans le nord-est de l'Assyrie). Ut(a)-napishtim lâcha alors une colombe qui, ne trouvant pas à se poser, revint au bateau il délégua alors une hirondelle, puis un corbeau qui ne revint pas. Enfin, par on ne sait quelle mansuétude, Enlil accorda l'immortalité à Ut(a)-napishtim et à son épouse. "Alors, conclut Ut(a)-napishtim, on m'emmena et on me fit habiter loin, à l'embouchure des fleuves."

Revenir à la page d'accueil de Mésopotamie Chronologie interactive de la Mésopotamie Histoire et cultures des peuples de la mesopotamie Une présentation de la Mésopotamie : Histoire et empires Carte interactive des villes du Proche-Orient ancien modélisations 3D autour de la Mésopotamie Pour contacter le webmaster de Mésopotamie ou laisser un message dans le livre d'or Visitez le site professionnel de l'auteur de ce site : Christophe Gaggero Animation interactive pour tout savoir sur la naissance et l'évolution de l'Ecriture en Mésopotamie et au Proche Orient ancien Testez vos connaissances avec notre quizz ! Quel sera votre classement ? Un outil ludique et pédagogique Recherchez des images sur la Mesopotamie : base de données de 447 images Lexique des cultures mésopotamienne : Rois, dieux, villes, etc.
Accueil Chronologie Peuples Introduction Carte 3D Contact Auteur Ecritures Quizz Images Lexique