22 définitions trouvées concernant "Lagash".
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Lagash

Ville de Sumer, retrouvée dans le site de Tell al-Hiba. On a cru longtemps que Lagash se trouvait dans le site de Tellô. Or il a été démontré que le riche site de Tellô était celui de la ville de Girsu, cité sainte du royaume de Lagash et sans doute sa capitale au DA III. Ce que nous connaissons ainsi de l'histoire de Lagash vient du matériel exhumé à Girsu. Le plus ancien ensi de Lagash attesté par une inscription est Enhégal (vers - 2570). Le deuxième, peut-être le successeur du précédent, Lugal-saengur (vers - 2550), est connu par une inscription du roi de Kish Mesalim, qui le cite comme ensi de Lagash. On se trouve sur un terrain plus stable avec Ur-nanshé (vers - 2494 - 2465), fils de Gunidu, considéré comme le fondateur de la dynastie de Lagash. Mais il convient de souligner que cette dynastie n'est pas mentionnée dans la LRS, ce qui laisse supposer que Lagash, malgré son importance et le fait qu'elle a été indépendante, n'a jamais occupé une situation prépondérante sur les cités de Sumer. On peut découvrir, à travers ses inscriptions, qu'Ur-nanshé a été un grand bâtisseur : temples de Nanshé, de Gadum-du(g) (une déesse-mère de Lagash syncrétisée par la suite avec Bau) et de Nin-Girsu, A-edin, fort à la bordure du désert (?), le Nin-gar, l'E-gidri, le rempart de Lagash, le Ki-nir, le Bagara, l'Es-dam, l'Apsu-gal (le grand Abzu, un sanctuaire). Sous son règne, le commerce fleurit, en particulier avec Dilmun. Cependant, il entra en conflit avec Ur et surtout Umma. La guerre avec cette dernière cité va atteindre un paroxysme avec son petit-fils, lui-même fils d'Akurgal (vers - 2464 - 2455), Eannatum qui inflige une défaite à Umma. Son frère, Enanatuma Ier (vers - 2424 - 2404), poursuit une oeuvre de constructeur, puis le conflit avec Umma reprend avec son fils Entéména . Se succèdent ensuite Enannatum Il (vers - 2374 - 2365), Énentarzi ( - 2364 - 2359) et Lugalanda ( - 2358 - 2352), qui ont perpétué la tradition de construction de leurs ancêtres. Cette dynastie se termine avec Urukagina (nom lu aussi Uruinimgina : vers - 2351 - 2342), sous le règne de qui le petit royaume prospère. Mais il est mis fin à la dynastie par Lugalzagési d'Umma. Un texte sur tablette d'argile est une sorte de lamentation sur Lagash rappelant cette fin: «L'homme d'Umma a bouté le feu au talus-frontière. Il a bouté le feu à l'Anta-sura [et] en a pillé l'argent et le lapis-lazuli. Il a tué dans le palais du Tiras, il a tué dans l'Apsu-banda, il a tué dans la chapelle d'Enlil et la chapelle d'Utu. Le texte se prolonge par la mention de tous les incendies, meurtres et pillages dont Lugalzagési est responsable pour se terminer par une malédiction au nom des dieux de Lagash . Il semble que, pendant la période de domination d'Akkad, Lagash ait continué de survivre sous des princes dont nous possédons une liste sans grand contenu. Cette petite principauté va retrouver un certain lustre sous Gudéa, vers la fin de l'époque de la domination des Guti. La ville se survit dans l'élan de cette impulsion pendant la période d'Ur III sans connaître de grandeur politique, malgré une certaine activité économique. Son déclin s'accentue pendant la période paléo­babylonienne, et elle s'éteint à l'histoire au début du Ier millénaire, bien que Girsu ait connu une pâle renaissance à l'époque parthe.


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Anzû

Divinité sumérienne représentée sous l'aspect d'un aigle à tête de lion. Dieu de l'Orage et des éléments atmosphériques, il était adoré à Lagash, et a laissé un mythe sumérien : "Anzû et les tablettes du Destin".


Asarluhi

Dieu sumérien de la Pluie, devenu maître des incantations. Originaire des environs d'Eridu, Il fut introduit très tôt dans le panthéon de Lagash. On le trouve évoqué dans des formules magiques comme Dieu des exorcismes, au même titre que Marduk.


Baba

Déesse sumérienne propre au panthéon de Lagash. Déesse-mère archaïque et maîtresse des animaux, on lui donnait le titre de "Dame de l'abondance". A l'époque paléo-babylonienne, elle sera identifiée à Inanna et à Ninsina, déesse de la Santé. Des temples lui étaient consacrés à Uruk, Lagash et Kish.


Dilmun

Dilmun est la forme sum. de l'akk. Tilmun, lieu maintes fois cité dans de nombreux textes cunéiformes souvent en association avec Magan et Melukhkha. Le nom de Dilmun apparaît dès la seconde moitié du IVè mill. sous une forme pictographique, sur des tablettes de la période d'Uruk IV et ensuite de Djemdet Nasr. On peut voir que dès cette haute époque Dilmun représentait un lieu bien déterminé avec lequel les Sumériens et une ville syrienne comme Ébla étaient en relations commerciales. Sont ainsi mentionnés une hache de Dilmun (dilmun-tûn) dans une tablette d'Uruk III et un "collecteur de taxes de Dilmun" (dilmun-enku [ZA]). Ce nom va se retrouver tout au long de l'histoire de la Mésopotamie, avec une éclipse entre -1500 et -900, jusqu'à l'époque séleucide. Les relations avec Dilmun s'intensifient au cours des derniers siècles du DA (-2550 -2350). Sous Ur-Nanshé (v. -2550) de Lagash, les bateaux de Dilmun effectuent le transport de bois pour ses constructions, et, sous ses successeurs Lugalanda( -2400) et Urukagina (v. -2380), les bateaux de Dilmun transportent du cuivre et des dattes en échange de céréales, d'huile, de laine et d'argent; Dilmun parait alors être devenue une plaque tournante du commerce avec deux autres contrées d'outre-mer, Magan et Melukhkha. Ces relations commerciales se poursuivent à l'époque d'Akkad et peut-être plus encore pendant les périodes d'Isin-Larsa et paléobabylonienne. Leonard Woolley a retrouvé au cours des fouilles d'Ur, les archives du marchand Éa-nasir (ah.b Tilmun = trafiquant de Dilmun), qui dirigeait ce qu'on pourrait appeler une entreprise maritime d'importation du cuivre, extrait sans doute à Magan mais stocké dans les entrepôts de Dilmun avant d'être transporté à Ur. On connaît d'autres marchands, dont un certain Idin-Nin-Inzak , sans doute originaire de Dilmun, qui avait précédé dans ce commerce la firme d'Ea -nasir. Le commerce avec Dilmun dépassait le domaine suméro-babylonien pour s'étendre à Suse, où un temple était dédié à Inzak (nom écrit aussi Enzak, Anzag, Nin-zag), l'une des principales divinités de Dilmun, et à Marisous le règne de shamshi-Adad. Le trafic vers Maritransitait obligatoirement par Babylone, d'où les caravanes (harranû) transportaient la marchandise jusqu'à Mari, ce qui n'allait pas toujours sans quelques difficultés (cf. par ex. la lettre d'Iambe-Addu à Hammurabi). À l'époque kassite, Dilmun est un moment occupée par les Babyloniens, qui y installent un gouverneur. Deux lettres retrouvées dans les archives de Nippur sont adressées à Ililiya,qui semble bien être le même qu'Eniilkidinni, gouverneur de Nippur à l'époque de Burnaburiash Il (-1359 -1333) et de son (troisième) successeur, Kurigalzu II (-1332 -1308) par Ili-ippashara. Ce dernier est établi à Dilmun, dont il est démontré qu'il en était le gouverneur . Après une période d'éclipse, Dilmun est à nouveau en relation avec les Assyriens. Sous ses rois Uperi qui est comme "un poisson à 30 bêru au milieu de la mer où se lève le soleil " et Akhundara, elle reste indépendante mais, néanmoins, tributaire de Sargon II . L'un de ses autres rois, Khundaru (peut-être le même qu'Akhundara connu par d'autres textes), est aussi tributaire d'Assur-banipal. Les Babyloniens pour le moins sous le règne de Nabonide occupent le pays, où est installé un lugal pihashti Dilmunki, titre mentionné dans un texte daté de -544 . On ne sait précisément Si cette expression désigne un administrateur commercial ou, plutôt, civil et militaire de Dilmun. Il semble que Dilmun ait été plus ou moins tardivement intégrée dans l'Empire achéménide. Jules Oppert avait proposé d'identifier Dilmun avec l'île de Bahreîn, appelée Tylos par les Grecs. Cette identification est acceptée par la majorité des archéologues, bien qu'on ait tendance à étendre cette entité géographique à la côte voisine de l'Arabie. L'absence de témoignage archéologique dans l'île avant le milieu du III è milI. a conduit à situer la première Dilmun sur les côtes voisines de l'Arabie, où nombreux sont les établissements qui remontent au moins au IVème mill. : Abqayq, Umm an-Nussi, Umm ar-Ramad, l'île de Tarut ont rendu des poteries de l'époque de Djemdet Nasr voire plus anciennes. Le même nom de Dilmun désigne aussi, dans les textes mythologiques Sumériens, un lieu qui semble mythique, "saint et pur", en particulier dans le mythe d' "Enki et Nînhursag". Il est dit que, "lorsque le dieu Enki s'y établit avec son épouse, le pays devint pur et lumineux." A Dilmun, auparavant ne croassait nul corbeau, ne cacabait nul francolin; nul lion ne tuait, nul loup ne se jetait sur des agneaux !" . C 'était une sorte de paradis (terrestre ?) où il semble qu'on ne connaissait ni le travail ni la vieillesse, à moins qu'il ne faille interpréter ces passages comme la description d'un lieu où tout était figé, ou rien ne bougeait ni ne poussait, jusqu'au moment où Enki vint apporter l'eau d'où s'épanouit la vie. Ce texte, dont le plus ancien manuscrit ne remonte qu'au début du IIè mill., soit l'époque où les relations avec Dilmun étaient des plus intenses, semble être l'idéalisation d'une île (et des terres voisines) située dans une mer où le soleil paraissait se lever. Dans la version sumérienne du Déluge, c'est à Dilmun, "là où se lève le soleil ", que fut installé Ziusudra pour qu'il y vive son éternité .


Eannatum (a)

Seigneur (Ensi) de Lagash (v. 2454-2425). La ville de Lagash, encore obscure, était en litige depuis quelque temps avec la cité voisine d'Umma pour une question de champs à la limite des territoires qu'elles contrôlaient. La querelle s'était apaisée à la suite d'un arbitrage du souverain de Kish, Mésilim (entre 2600 et 2550). La paix semble avoir régné sous Ur-Nanshé mais la guerre reprit sous le successeur de ce dernier, père d'Éannatum, Akurgal. Le règne d'Akurgal fut bref et peut-être est-ce au cours d'un combat contre Umma qu'il perdit la vie. Eannatum se porta contre l'armée d'Umma, défit son roi, Ush, qui sans doute trouva la mort dans cette guerre. Le fils de ce dernier, Enakalli, dut abandonner les terres contestées à Eannatum et lui payer un tribut en grains. C'est cette victoire que le vainqueur va commémorer dans une grande stèle dite des Vautours (fragments retrouvés à Girsu, au Louvre). Il s'agissait d'une grande stèle en calcaire qui, à l'origine, mesurait en hauteur plus de 1,80 m. Elle est sculptée sur les deux côtés : sur une face, on voit le monde terrestre avec les guerriers de Lagat progressant en rangs serrés derrière leurs boucliers et étreignant une lance, Eannatum marchant à leur tête, tout ce monde piétinant les ennemis vaincus; dans un registre inférieur, Eannatum avance sur son char à quatre roues, suivi de ses guerriers; devant eux, un vol de vautours, qui a donné son nom moderne à la stèle; au bas, un fragment de relief où sont entassés les corps des morts de Lagash qu'on va ensevelir, avec une scène de sacrifice. Sur l'autre face, on se trouve dans le monde divin: le dieu Ningirsu tient d'une main une massue, de l'autre il étreint un aigle léontocéphale (Anzû) auquel est attaché un grand filet où sont pris, comme des oiseaux, les guerriers d'Umma. Bien qu'en partie perdue, la longue inscription qui accompagne les scènes figurées représente le document le plus important sur le règne d'Eannatum. Le prince se donne pour père le dieu Ningirsu et pour mère la déesse-mère Ninhursag, dont il suça le lait. Au cours d'un rêve, Ningirsu vint visiter Eannatum pour lui dire combien les "bandes pillardes" d'Umma l'avaient irrité (il implique aussi Kish, qui aurait été ulcérée par l'attitude d'Umma). Ainsi commence la guerre afin de venger le dieu. Après sa victoire Éannatum, qui ne cesse de répéter qu'il est très sage et qu'il a offert en sacrifice deux colombes à Utu, a fait lever un talus pour marquer la nouvelle frontière de son domaine, qui est celui de son dieu Ningirsu. Il ne semble pas qu'Eannatum se soit contenté de cette seule victoire. Il aurait aussi repoussé une attaque des Elamites, vaincu Ur et Uruk, reçu des mains d'Inanna la royauté de Kish, porté ses armes jusqu'à Mari et au Subar (l'Assyrie ?) selon la longue inscription d'un galet. Il semble aussi avoir eu une activité architecturale. Son action a finalement fait d'une obscure bourgade une cité dominante parmi les villes du Sumer.


Entéména

Ensi de Lagash ( -2404 -2375). Il paraîtrait que son nom devrait être lu En.mete.na (Alster 1974). À la mort d'Éannatum son frère Enannatum lui succéda sans grand éclat. Il eut pour héritier son fils Entéména. Umma Vaincue par Éannatum, avait repris les hostilité5 contre Enannatum, qui, peut-être, périt au cours de cette guerre. Sur un cône d'argile, Entémena fait en détail le récit de la querelle entre les deux villes depuis le temps où Ush, prince d'Umma avait provoqué le casus belli en déplaçant la stèle que Mésalim, roi de Kit, appelé en arbitre, avait installée pour marquer la frontière entre les deux principautés rivales. On voit que c'est avant tout une affaire de possession de champs d'orge qui était l'enjeu de la querelle. Eannatum y avait mis fin en infligeant une sévère défaite aux gens d'Umma. Ila, un prêtre de Zabalam qui avait pris le pouvoir à Umma, vola 3 600 guru de l'orge de Lagash et déclara que le "talus-frontière" était à lui. L'inscription reste ensuite elliptique et laisse penser qu'Entéména rétablit l'ancienne frontière au détriment d'Umma. Il ne put cependant reprendre la politique de conquête de son oncle et fit alliance avec LugalKinishedudu, le roi d'Uruk, qui dominait aussi les cités de Kish et d'Akshak. Ses inscriptions révèlent surtout un roi constructeur qui fit bâtir de nombreux temples pour Ningirsu, Enki, Eniil, Nanshé, et des palais. Il «façonna e aussi de nombreuses statues de divinités. Il rétablit l'ordre, car il semblait qu'une forme d'anarchie s'était installée : «Il affranchit Lagash, à la mère il rendit son enfant, à l'enfant il rendit sa mère. «Il semble aussi que les richesses affluaient vers la ville, car il alla jusqu'à bâtir à Urub, pour LugalUruba (surnom de Dumuzi, vénéré à Urub), un palais qu'il recouvrit d'or et d'argent, et il offrit sur le parvis du palais de l'argent, des lapis-lazuli, vingt boeufs et autant de moutons. Les fouilles de Tellô/Girsu ont rendu un très beau vase d'argent au nom d'Entéména (Louvre). Sa panse est entièrement gravée de quatre représentations de l'aigle léontocéphale liant les animaux sauvages, lion, cerfs et bouquetins. Un fragment de vase conserve le torse en relief d'une déesse assise sur un trône tenant dans sa main droite un régime de dattes. Son épaisse chevelure s'étale sur ses épaules et sa poitrsne en boucles serrees et sa tete est ceinte d une sorte de couronne pourvue de cornes sur les cotes Il semblerait qu il s' agisse de la deesse de la Datte Nona.


Girsu

Longtemps, le site de cette cité sumérienne qui gisait sous le tell de Tellô, dans le sud de l'Iraq, a été pris pour celui de Lagash, tant la documentation qui y a été recueillie concernait cette cité sumérienne qui eut une grande importance au IIIème miii. On dut enfin convenir que le site fouillé était celui de la ville de Girsu, considérée d'abord comme un faubourg de Lagash et sa ville sainte. En fait, le site même de Lagash a été retrouvé à une vingtaine de kilomètres au sud-est, à Tell al-Hiba : il s'agit d'un site énorme s 'étendant sur 480 ha (voire 600 ha), dans lequel on a pratiqué quelques fouilles qui ont permis de penser que ce fut la capitale du royaume aux DA I et Il. A l'heure actuelle, notre connaissance de l'histoire de Lagash tient au matériel exhumé à Girsu, qui, Si elle ne fut pas la capitale politique du royaume (bien qu'il semble qu'elle en ait été la capitale au DA III et durant la période qui suivit la chute de la domination d'Akkad), en fut la capitale religieuse, avec ses temples de Ningirsu et de Ba'u. Les fouilles de ce site ont rendu un nombre impressionnant de tablettes (plusieurs dizaines de milliers), de sceaux, de figurines, de plaquettes, de statues, dont les séries de Gudéa, de vases, de stèles, dont celle dite des Vautours (voir Éannatum).


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Gudéa

: Ensi de Lagash(v. -2141-v. -2122). Il succède à son beau-père Ur-baba (Ur-Ba'u), en tant que seigneur de Lagash. Ce dernier avait entrepris de rendre à sa principauté son ancienne puissance en dépit de la domination des Guti, en totale décadence il est vrai, et à relever de ses ruines Cirsu, détruite par Lugalzagési. Bien que Gudéa.htm">Gudéa nous ait laissé un nombre considérable d'inscriptions, on connaît surtout son règne par l'impulsion qu'il a donnée àla sculpture et à l'architecture de sa principauté, dans laquelle, malgré son simple titre d'ensi, il semble avoir joui d'une totale indépendance, même vis-à-vis d~Uruk où régnait Utu-hégal. Son indépendance et sa puissance sont soulignées par l'expédition militaire qu'il entreprit contre Anshan et l'Elam : "Il battit par les armes les villes d'Anshan et d'Elam et il amena leurs dépouilles à Ningirsu dans l'é.ninnu (statue B de Gudéa). Son activité pacifique est, elle, prodigieuse. Il a construit, ou reconstruit, dans tout le territoire de Lagarh, une trentaine de temples et de chapelles dans des sanctuaires détruits pour la plupart d'entre eux par Lugaîzagesi (liste dans George 1993, index). Mais ses plus grands soins furent portés à la construction et à l'embellissement du temple de Ningirsu, l'é.ninnu (Maison des cinquante - sous-entendu oiseaux Anzû blancs), à Girsu. C'est à la suite de l'intervention du dieu en personne au cours d'un rêve qu'il entreprit cette magnifique construction, dont il ne subsiste que de pauvres ruines. Le dieu déclare à Gudéa : «Mon temple, de son éclat les contrées seront couvertes, son nom depuis les limites du ciel rassemblera les contrées et des montagnes fera sortir Magan et Mélukhkha. Visiblement, Cudéa voulait faire de ce temple et de la cité sacrée de Girsu le centre du Sumer. Il ne ménagea aucun effort pour ériger un monument magnifique: des montagnes d'Argent (Amanus, Liban), il fit venir le bois de cèdre et de buis, les pierres de taille d'Élam, des artisans spécialisés ; de Dilmun, de Magan et Mélukhkha, le cuivre, l'or; la cornaline, la diorite et encore du bois. Ce qui laisse supposer que les routes du commerce étaient redevenues sûres et qu'il disposait de grandes richesses. Ce temple et sans doute les autres constructions furent ornés de ces stèles, de ces vases à reliefs et surtout de ces statues de l'Ensi, soit assis, soit debout, dont on a retrouvé une douzaine, pour la plupart en diorite, qui révèlent combien l'art de la sculpture avait atteint la perfection. Ces statues, dont l'une, parmi les plus remarquables, dite de l'architecte au plan (statue B), représente Gudéa assis, un plan de son temple sur les genoux, portent des inscriptions plus ou moins longues . Outre ces inscriptions, il convient d'ajouter toutes celles qu'on trouve sur des stèles, des objets (masses d'armes) et, surtout, deux longues inscriptions sur deux grands cylindres . Sur l'un (A) est rapporté le songe de Gudéa.htm">Gudéa et la manière dont il a construit le temple ; l'autre (B) concerne le train de maison de Ningirsu dans son temple. Un petit autel votif, en schiste, constitué d'un pied cylindrique supportant un plateau circulaire creusé en cuvette, nous fait connaître le nom de la femme de Gudéa, Nin-alla. : A (la déesse) Ba'u, la gracieuse, sa dame, pour la vie de Gudéa, ensi de Sirpurla, Nin-alla, sa femme, a voué [cet autel] . ICONOGRAPHIE. Gudéa est le personnage dont on a retrouvé le plus de statues à la suite des fouilles de Tellô. Les principales sont recensées : statue colossale, personnage assis, architecte su plan, architecte à la règle, petite statue assise, statue (debout) aux larges épsules, statue aux épaules étroites, petite statue debout; elles sont toutes dépourvues de tête. Sont complètes : la petite statue assise, le Gudéa adorant (anépigraphe). Toutes se trouvent su Louvre. Ce dernier musée possède aussi quelques têtes. Des statues debout complètes sont à Copenhague dans des collections particulières (Gudéa au vase jaillissant, statuette debout...). Cette liste est évidemment loin d'être exhaustive.


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Guti

Peuple montagnard du Zagros. Le territoire qu'il occupait, vers le nord du Luristan, dans les hautes vallées de la Diyala et de la Khéka, est appelé Gutium. Ces montagnards éleveurs de bétail effectuaient des raids de pillage dans la vallée des deux fleuves lors des derniers siècles du III miIl. C'est ce qui semble justifier l'expression utilisée à leur propos dans la LRS de «horde guti «: ki-su-lu-ub[-gar] gu-tu. Dans la 'Malédiction d'Akkad , les Guti sont présentés comme un peuple insoumis et le Gutium comme "le pays [dont le peuplej est innombrable, le pays qui ne peut souffrir de domination". Ce sont sans doute ces descentes ravageuses, qui n'eurent qu'un temps, qui imposèrent une image négative des Cuti aux sédentaires du Sumer. shar-kali--sharrî, aux alentours de 2200 conduisit une expédition militaire contre le Gutium au cours de laquelle il captura leur roi sharlak. Mais déjà des Cuti étaient intégrés dans les armées akkadiennes. Ce sont eux qu'on rend responsables de l'installation d'une période d'anarchie après la mort de shar-kali-sharri, vers 2193 : «Innombrables comme des sauterelles, ils fondirent sur le sol. Leur bras enserra la plaine pour lui (Enlil, qui les aurait envoyés en punition) comme un piège pour le bétail. Rien n'échappait à leur bras, nul ne se sauvait de leur bras "Malédiction d'Akkad". Ont-ils, en déferlant de leurs montagnes, mis à «feu et à sang « tout le pays de Sumer? Dominèrent-ils plus ou moins longtemps les grandes cités de Sumer et Akkad, Umma, Adab, Larsa, Lagash, Kish, Ur? La question reste obscure. Jean-Jacques Glassner , qui énumère les diverses hypothèses proposées Ipar les assyriologues, rappelle que, cependant, l'archéologie ne marque aucune rupture, aucune trace de destructions massives entre la période d'Akkad et celles qui suivent aussi bien sous les princes de Lagash que sous les rois d'Ur III. C'est cependant à eux qu'il faut faire crédit de la fin de la domination d'Akkad. Le site de la capitale de l'empire n'ayant pas été retrouvé, il est bien possible que ce soit cette seule cité qui ait été mise à sac, ce dont la "Malédiction d'Akkad" semble avoir conservé l'écho. Et la chute de la dynastie de Sargon a libéré les cités tributaires, de sorte qu'il n'y a plus eu de pouvoir central modérateur. La LRS, qui note la chute du fils de Narâm-Sîn après un règne de 25 ans , demande ensuite: "Qui était roi? Qui n'était pas roi ?". Et son auteur pose la question de savoir si c'était Igigi, Nanum, Imi, Élulu..., énumérant 1 rois qui auraient régné 181 ans. Ce n'est qu'après un retour à une monarchie unifiée avec Ur-nigin(ak) d'Uruk et ses quatre successeurs, sur un espace de 30 ans, que la royauté, nous apprend la LRS, passa "à la horde du Gutium"; et l'auteur donne une liste de 21 rois qui auraient régné en tout 91 ans et 40 jours. Ces rois gutis s' akkadisèrent, sans qu'on puisse réellement les situer aussi bien chronologiquement que géographiquement. Il semblerait que leur autorité ne se soit exercée que sur la région drainée par la Diyala, car on sait que la cité d'Akkad se releva bientôt de ses ruines, Si tant est qu'elle ait été ruinée, et que des rois Akkadiens continuèrent la lignée de Sargon, tandis que prospéraient sous leurs ensi des villes comme Ur, Lagasl et Uruk. Il est possible que l'un des rois donnés comme ayant régné sur Akkad (?) pendant la période d'anarchie, Élulu, soit le même que le roi Guti cité dans la liste de LRS, Élulumesh, comme l'ont suggéré Jacobsen et Jean Bottéro. C'est finalement un roi d'Uruk, selon la LRS, Utu-hégal, qui "battit avec les armes" la horde de Gutium, vers -2120 : "Gutium, le dragon des montagnes, l'ennemi des dieux, qui la royauté de Sumer dans les montagnes avait emporté, qui Sumer d'hostilité avait rempli, qui à l'époux son épouse avait ravi, qui aux parents leurs enfants avait ravi [...] Enlil, le roi des contrées, de détruire jusqu'à son nom à Utuhégal, le mâle fort, le roi d'Uruk [...] donna mission ". Les Gutis ne disparaissent pas pour autant. Ce sont eux qui sont encore évoqués comme prédateurs dans la "Lamentation sur la destruction de Sumer et d'Ur", et, dans les imprécations finales, il est demandé que la tornade qui a ravagé Sumer afflige la terre ennemie du Gutium . Le nom du Gutium va se perpétuer à travers les siècles, Si bien que, dans la Chronique de Nabonide il est question de Gobryas (Ugbaru), gouverneur du Gutium, qui prit Babylone avec l'armée de Cyrus. Une inscription babylonienne relative à ce même Cyrus déclare qu'il soumit les hordes manda (c'est-à-dire les Mèdes), le pays guti.


Inanna

Déesse sumérienne identifiée à l'Ishtar sémite. C'est la principale déesse du panthéon mésopotamien. Il est possible qu'elle n'ait été, à l'origine, que la déesse de l'Amour c' est-à-dire de ce courant universel qui conduit les êtres à s'unir pour la reproduction, mais qui fait aussi germer les plantes dans la terre. Son aspect guerrier et destructeur serait propre àIl,î>tar, qui, en se syncrétisant avec Inanna, lui aurait conféré cet attribut redoutable. Il convient néanmoins de remarquer que ces deux manifestations ne sont pas incompatibles, la mort étant la fin de la naissance, la destruction, ne serait-ce que par le temps, celle de la création. Son nom, qui semble dérivé de Ninanna (sum.), signifierait "dame du ciel", et inclurait le nom divin d'An, dont elle devient la hiérodule (voir Exaltation d'lnanna) ; elle est alors la "hiérodule des cieux" (nu-u5-gig-an-na) et la "vache du ciel exaltée" (ô-sùn-zi-an-na). C'est à l'évidence une très ancienne divinité car son nom apparaît dès la période d'Uruk au lVè mill. sous l'aspect d'un faisceau de roseaux dont l'extrémité supérieure forme une boucle. C'est son symbole qu'on retrouve au DA dans des représentations de sceaux et sur des fragments de terre cuite, de part et d'autre des toits oblongs de constructions en roseau ces toits sont parfois surmontés par un mât pourvu de chaque côté de trois boucles : c'est le signe (cunéiforme) mhz par lequel elle est désignée. Elle est très souvent mentionnée dans les inscriptions du DA. Dès -2450, Lugal-tar-si, roi de Kish, la déclare "reine des déesses" . Il semble que sa cité d'origine soit Uruk, où elle a son temple principal, l'é.an.na ("Maison du ciel"), qu'elle partage avec An, mais elle est largement vénérée dans tout le Sumer. Éanatum (dont le nom signifie "digne de l'E-anna") se déclare l'aimé de la déesse par qui il a reçu la domination de Lagash et de Kish. Elle prend plus encore d'importance à l'époque d'Akkad , ou la fille de Sargon Ier, Enhéduana, donne le ton en lui consacrant des hymnes et des prières. Bien qu'il s'agisse de copies plus tardives, le fait que ces textes soient attribués à ce personnage historique marque l'expansion de son culte à cette époque, qui pourrait bien être celle où ses attributs sont doublés de ceux d'Ishtar à laquelle elle est identifiée. À l'époque d'Akkad, où elle apparaît sous le nom d'Anunîtum, elle est la divinité d'Aktup (ville non localisée) sous le nom d'Aktupîtum, et elle règne aussi sur la ville de Zabalam, voisine d'Umma. Dans un balbale, la déesse rappelle toute l'étendue de sa domination : " Mon père m'a donné le ciel, il m'a donné la terre, je suis la reine du ciel [...] À Uruk, l'Éanna est à moi à Zabalam le (temple) Gigunna est à moi à Nippur le Duranki est à moi, à Ur l'Édilmuna est à moi à Girsu l'Eshdamkug est à moi, à Adab l'Ésharra est à moi, à Kish le Khursagkalamma est à moi, à Kisiga l'Amashkuga est à moi, à Aksak l'Anzagar est à moi, à Umma l'Ibgal est à moi, à Akkad l'Ulmash est à moi. Parmi les dieux, en existe-t-il un, un seul, qui puisse se comparer à moi ? " . Les diverses théogonies lui attribuent une nombreuse parentèle. Quoique déclarée la hiérodule d'An, elle est aussi donnée comme sa fille, mais elle est encore dite la fille d'Enlil, d'Enki, de Nanna, et la soeur d'Utu et d'Ereshkigal. En revanche, elle n'a pas de parèdre. Si Dumuzi occupe une place capitale dans son mythe en tant qu'amant, il n'apparaît pas comme un époux auprès de qui elle n'aurait plus qu'un rôle secondaire. C'est une déesse dominante qui règne même sur les dieux, qui n'a ni mari ni progéniture. Lorsque, dans le mythe d'Anzû, les dieux appellent shara l'enfant d'Ishtar, il faut comprendre par ce terme le "chéri", et nullement le fils né de son sein . Elle est la divinité antique à qui est consacré le plus grand nombre de sanctuaires sous son nom et sous celui d'Ishtar. C'est aussi la divinité qui intervient dans le plus grand nombre de mythes, soit à titre secondaire, soit dans le rôle principal. (voir Agushaya), hiérogamie (grande liturgie d'Inanna). POÈMES ET MYTHES CONCERNANT Inanna Cycle d'Inanna et Dumuzi : voir Dumuzi. Inanna et Enki : voir Enki. Descente d'Inanna dans l'autre monde : voir Enfers. La descente d'Inanna serait un rituel d'une visite de la déesse à Kutha. Inanna et Ébih. Incipit sum.: in-nin-mehua-a = Inin (banna) aux pouvoirs (me) redoutables. Poème de caractère épique de 184 vers rapportant comment la déesse guerrière combat et détruit la montagne rebelle appelée Ebih, qui ne veut pas reconnaître as domination. On y voit un étrange contraste entre l'aspect de la déesse, »jeune femme », et l'impétueuse guerrière qui, rendue furieuse contre l'Ébih, se transforma en foudre de guerre, "déverrouilla l'arsenal, dont elle repoussa la porte étincelante. Elle en tira l'altière Bataille et mit au sol l'énorme [Ouragan] ! Madame apprêta (?) ses augustes flèches et empoigna le carquois i Elle déchaîna contre l'Èbih un déluge et y lâcha l'irrésistible Vent Mauvais Madame se jeta alors à l'assaut du pays". Inanna et Shukalletuda. Poème qui subsiste presque entièrement, en quelque 300 vers, avec des lacunes. La déesse, ayant quitté le ciel pour descendre sur la terre, s'endort dans un jardin où le jardinier (?), Shukalletuda, en profite pour lui détacher son pagne - et il "la baisa et la pénétra puis il s'en retourna à l'extrémité du jardin". Au réveil, Inanna, s'étant aperçue du viol, chercha en vain son agresseur et, de colère, elle envoya trois pestes à travers le pays des Sumériens. Inanna et Bilulu : Le colophon de cette composition de 187 vers nous apprend qu'il s'agit d'un chant. Il est proche des lamentations et entre dans le cycle d'Inanna et Dumuzi. Le récit, en vers, est entrecoupé de lamentations et de passages lyriques. Le premier vers (dont la moitié forme l'incipit: edin-na ddumu~zi~mu), "Dans le désert, mon Dumuzi, j'élèverai ma complainte ", donne le ton. La déesse va ainsi dans la steppe où est mort son amant; elle arrive en présence du défunt "à la tête meurtrie", chez sa soeur Geshtinanna/Bélili. Là, elle entonne un chant funèbre (thrène). On ne sait d'ailleurs qui, dans cette pièce, est responsable de la mort de Dumuzi. En tout cas, la déesse décide de porter Sa vengeance contre Bilulu, une vieille femme qui tient une taverne dans la région. Cela à cause de son fils Girgire, qui volait les bêtes du troupeau de Dumuzi. Ainsi, Bilulu devient e l'Outre-à-eau-fraîche indispensable su désert» et son fils Cirgire »le démon et l'esprit du désert». On se trouve à l'évidence en présence d'un conte étiologique.


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Lagash

Ville de Sumer, retrouvée dans le site de Tell al-Hiba. On a cru longtemps que Lagash se trouvait dans le site de Tellô. Or il a été démontré que le riche site de Tellô était celui de la ville de Girsu, cité sainte du royaume de Lagash et sans doute sa capitale au DA III. Ce que nous connaissons ainsi de l'histoire de Lagash vient du matériel exhumé à Girsu. Le plus ancien ensi de Lagash attesté par une inscription est Enhégal (vers - 2570). Le deuxième, peut-être le successeur du précédent, Lugal-saengur (vers - 2550), est connu par une inscription du roi de Kish Mesalim, qui le cite comme ensi de Lagash. On se trouve sur un terrain plus stable avec Ur-nanshé (vers - 2494 - 2465), fils de Gunidu, considéré comme le fondateur de la dynastie de Lagash. Mais il convient de souligner que cette dynastie n'est pas mentionnée dans la LRS, ce qui laisse supposer que Lagash, malgré son importance et le fait qu'elle a été indépendante, n'a jamais occupé une situation prépondérante sur les cités de Sumer. On peut découvrir, à travers ses inscriptions, qu'Ur-nanshé a été un grand bâtisseur : temples de Nanshé, de Gadum-du(g) (une déesse-mère de Lagash syncrétisée par la suite avec Bau) et de Nin-Girsu, A-edin, fort à la bordure du désert (?), le Nin-gar, l'E-gidri, le rempart de Lagash, le Ki-nir, le Bagara, l'Es-dam, l'Apsu-gal (le grand Abzu, un sanctuaire). Sous son règne, le commerce fleurit, en particulier avec Dilmun. Cependant, il entra en conflit avec Ur et surtout Umma. La guerre avec cette dernière cité va atteindre un paroxysme avec son petit-fils, lui-même fils d'Akurgal (vers - 2464 - 2455), Eannatum qui inflige une défaite à Umma. Son frère, Enanatuma Ier (vers - 2424 - 2404), poursuit une oeuvre de constructeur, puis le conflit avec Umma reprend avec son fils Entéména . Se succèdent ensuite Enannatum Il (vers - 2374 - 2365), Énentarzi ( - 2364 - 2359) et Lugalanda ( - 2358 - 2352), qui ont perpétué la tradition de construction de leurs ancêtres. Cette dynastie se termine avec Urukagina (nom lu aussi Uruinimgina : vers - 2351 - 2342), sous le règne de qui le petit royaume prospère. Mais il est mis fin à la dynastie par Lugalzagési d'Umma. Un texte sur tablette d'argile est une sorte de lamentation sur Lagash rappelant cette fin: «L'homme d'Umma a bouté le feu au talus-frontière. Il a bouté le feu à l'Anta-sura [et] en a pillé l'argent et le lapis-lazuli. Il a tué dans le palais du Tiras, il a tué dans l'Apsu-banda, il a tué dans la chapelle d'Enlil et la chapelle d'Utu. Le texte se prolonge par la mention de tous les incendies, meurtres et pillages dont Lugalzagési est responsable pour se terminer par une malédiction au nom des dieux de Lagash . Il semble que, pendant la période de domination d'Akkad, Lagash ait continué de survivre sous des princes dont nous possédons une liste sans grand contenu. Cette petite principauté va retrouver un certain lustre sous Gudéa, vers la fin de l'époque de la domination des Guti. La ville se survit dans l'élan de cette impulsion pendant la période d'Ur III sans connaître de grandeur politique, malgré une certaine activité économique. Son déclin s'accentue pendant la période paléo­babylonienne, et elle s'éteint à l'histoire au début du Ier millénaire, bien que Girsu ait connu une pâle renaissance à l'époque parthe.


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Larsa

Ville de la Babylonie, retrouvée dans le tell de Senkéré. Le tell, qui mesure 2 000 x 1 800 m sur une hauteur moyenne de 7 m, n'a été que très partiellement fouillé. Des sondages permettent de supposer que le site a été occupé à une haute époque (El-Obeïd ?), et les traces d'une construction remontant au DA ont été relevées sans que les fouilles aient été suffisamment poussées pour qu'on puisse savoir quelle était sa nature. Le plus ancien monument qui y ait été mis au jour est un grand palais construit par Nur-Adad ( - 1865 - 1850) et qui n'a jamais été occupé. Les textes concernant les premiers siècles du IIè mill. sont abondants et la chronologie des souverains de Larsa remonte jusqu'à Naplânum ( - 2025 - 2005), mais la cité n'entre vraiment dans l'histoire qu'avec ses successeurs, Emisum ( - 2004 - 1977), Samium ( - 1976 - 1942) et Zabaya ( - 1941 -1933). La ville, restée indépendante avec la disparition de l'empire d'Ur III, est alors devenue la principale rivale d'Isin qui domine la région. Gungunum (-1932 -1906) met un terme à cette domination en infligeant une défaite à Isin, alors gouvernée par Lipit-Ishtar. Gungunum conduit aussi plusieurs campagnes dans la vallée de la Diyala et l'Elam, et, vers -1925, il prend Ur et se pare du vieux titre de "roi de Sumer et d'Akkad". Il est alors maître des routes du sud, de sorte que le commerce du golfe Persique, vers Dilmun et Magan, aboutit à Larsa et non plus à Isin. Cependant, une tendance qui s'était déjà marquée sous l'hégémonie d'Isin prend une nouvelle extension grâce, peut-être à ce commerce : les entreprises privées se développent au détriment du temple et du palais. Les capitaux privés affluent et confèrent une nouvelle impulsion au commerce lointain. Gungunum a aussi favorisé le développement de l'agriculture en multipliant le système des canaux d'irrigation. Ses deux successeurs, Abisarê (-1905 -1895) et Sumuel (-1894 -1866), poursuivent dans cette voie. En vain Bûr-Sîn tente-t-il de rendre son lustre à Isin en reprenant Ur à Larsa, mais il l'évacue dans les trois mois qui suivent. Quatre rois se succèdent après Nur-Adad en une quinzaine d'années, sans laisser d'inoubliables souvenirs. Le fils d'un prince d'Iamûtbal, qui appartenait sans doute à un clan amorrite, Warad-Sîn, monte sur le trône en 1834. Après un règne de douze ans, son frère Rîm-Sîn lui succède, en - 1822. Le nouveau roi doit bientôt faire face à une coalition unissant Isin, Uruk, Babylone et Rapiqum, qu'il brise, puis il passe à l'offensive, prend Uruk et Isin. Il ne semble pas oser s'attaquer à Babylone, qui dominait une vaste région et représentait un adversaire de poids. Ce fut sans doute un tort. Hammurabi, qui succède à Sîn-muballit en -1792, mettra fin à l'indépendance de Larsa en -1763. Rîm-Sîn achevait un règne de près de 60 ans. Le palais de Nur-Adad présente cette particularité de n'avoir été jamais occupé. A peine terminé, et peut-être même avant qu'il le fût, il a été abandonné. On ignore les raisons de l'abandon d'un bâtiment de plus de 100 m de long dont la construction a requis des moyens financiers et humains considérables. Les difficultés de la fin du règne de Nur-Adad, voire sa mort, n'expliquent pas que même ses successeurs ne l'aient pas habité. Il faut alors retenir la raison évoquée par Jean Margueron, un abandon pour une raison religieuse ("malédiction, profanation"...). L'autre monument de Larsa est son temple consacré à Shamash, l'E-babbar. Il dominait le centre de la ville et, dans le tell, ses ruines s'élevaient encore à 22 m. Ce fut l'un des temples les plus prestigieux de la Babylonie. Il est mentionné dès le milieu du IIIème milIénaire par Eannatum de Lagash et a été reconstruit par Ur-Nammu vers - 2100. Il survécut à toutes les mésaventures de la cité, toujours reconstruit, jusqu'au règne de Nabonide. Il était dominé par sa ziggu-rat, l'é.dur.an.na (maison, lien du ciel). La grande prêtresse (entu) du Soleil y avait aussi son temple (?), appelé gi6.pàr.kù. Bien qu'ils restent à découvrir, Gungunum y avait construit (ou reconstruit?) un temple d'Ishtar et un autre consacré à Gula, la déesse d'Isin. De son côté, Rîm-Sîn avait édifié un temple pour Adad.


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Ningirsu

Dieu sumérien. C'était le dieu tutélaire du royaume de Lagash et plus particulièrement de Girsu, son nom signifiant "seigneur de Girsu". La notoriété de Lagash permit à son culte de s'étendre sur Sumer. La théologie en a fait le fils d'Enlil (ou d'Anu), l'époux de Baba et le frère de Nisaba et de la déesse Nanshé. C'est lui qui apparut à Gudéa dans un rêve, sous l'aspect d'un homme pourvu d'ailes, pour lui ordonner de reconstruire son temple l'é.ninnu "Maison des cinquante" (ces cinquante seraient soit les "me" soit les "Anzû blancs"), son sanctuaire principal à Girsu. Il possédait d'autres temples à Lagash ou à Girsu: é.gidru (Maison du sceptre), construit par Ur-Nanshé, ensi de Lagash; é.hush (Maison redoutable). Il avait aussi des temples à Sirara et Dugru (localités inconnues), à Umma, Uruk, Isin. Il a été identifié à Ninurta, qui lui est substitué dans les mythes Akkadiens comme celui d'Anzû. Quoique ayant un aspect de dieu guerrier, il était aussi dieu de la Végétation et de l'Irrigation.


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Ningishzida

Dieu sumérien du monde souterrain. Son nom, dnin-gish-zid-da, signifie: "seigneur du bon (ou du "vrai") arbre. Son aspect de dieu infernal est noté sur la liste de divinités intitulée An (=Anum) et dans le poème sur la mort de Gilgamesh, où le héros voit le dieu dans l'autre monde en compagnie de Dumuzi. Il est parfois identifié à Damu, dieu qui meurt. Gudéa.htm">Gudéa le choisit comme dieu personnel et introduisit son culte à Lagash. Il était encore vénéré à Ur, Uruk, shurrupak, Larsa, Nippur. Dieu de l'Arbre, il était sans doute un ancien dieu de la Végétation (d'où son caractère de divinité chthonienne) à qui fut donné pour épouse la déesse geshtInanna, soeur de Dumuzi. Il était censé être le fils de Ninazu, dieu guérisseur, fils lui-même d'Éreshkigal et de Nergal. Dans un balbale qui lui est consacré, il est dit "tempête puissante, irrésistible, qui déferle comme un tourbillon". Son symbole était une vipère cornue et deux autres serpents enlacés (représentés sur un vase d'argent de Gudéa. En astrologie, il était mis en relation avec la constellation de l'Hydre .


Ninhursag

Déesse Sumérienne, «dame du hursag ( = "le désert pierreux"). Elle est parfois interprétée comme l'aspect féminin d'Enki. Ancienne déesse-mère, ses attributs restent des plus vagues. Elle est aussi donnée comme la mère de Ninurta et, en conséquence, comme l'épouse d'Enlil. Elle avait des temples à Kish et à Lagash.


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Ninurta

Dieu sumérien. Son nom est écrit par le sumérogramme dMAS (par ex. dans les inscriptions d'Assur­nasirpal II à Kalhû) ou NIN.URTA (de sorte qu'il était lu Urta). Son nom signifie «seigneur terre (cultivable) », ce qui marque son archaîque fonction de dieu de l'Agriculture, qu'il unit à celle de dieu guerrier. Sans doute originaire de Nippur, il a été associé à Enlil en tant que son fils et il avait son culte dans le grand temple de son père, l'Ékur. Il y disposait néanmoins d'un sanctuaire personnel, l'é.su.me.sa4, mentionné dès le DA. On lui donnait pour parèdre la déesse Gula ou encore Baba (Bau). Cette dernière était l'épouse de Ningirsu, dieu de Lagash àqui il a été très tôt identifié. Son aspect de divinité agraire est marqué en particulier dans les "Géorgiques" sumériennes appelées "Almanach du fermier" (autrement nommées "Instructions de Ninurta", instructions dispensées aux paysans pour les travaux annuels concernant la culture de l'avoine. Ninurta y est appelé "le fermier d'Enlil" et une prière sous forme de balbale déclare "Tu remplis le canal lors de la crue du printemps, dans les champs, tu fais croître les diverses sortes de grains, tu remplis les étangs de carpes et de tanches, [...] dans la steppe tu fais pousser les tamaris, dans les vergers et les jardins tu fais couler le miel et le vin, dans le palais du roi tu fais durablement prospérer la vie!". A cet aspect de dieu bienfaiteur s'unit celui de guerrier, de "héros" (ur-sag) des dieux. Cet aspect apparaît avec une grande vigueur dans plusieurs poèmes dont il est le héros : "Ninurta et les pierres" (voir lugal.e), le mythe d'Anzû, et le poème intitulé d'après son incipit, An-gim dim-ma. Cet aspect guerrier a séduit les Assyriens, qui l'ont intégré dans leur panthéon. Dans sa cité de Kalhû, Assurnasirpal II lui fit bâtir un temple. Les Babyloniens lui avaient aussi consacré un temple que rebâtit Nabopolassar, l'é.hur.sag~.ti(l).la = Maison qui extermine les montagnes, référence à ses exploits dans l'épopée de "Ninurta et les pierres". Un hymne non daté, mais remontant au plus tôt à l'époque babylonienne, marque une tendance vers un syncrétisme monothéisant dans lequel le dieu guerrier est exalté au détriment de l'assemblée des dieux, chacun des dieux du panthéon devenant un organe ou une partie du corps de Ninurta : "son visage est le soleil, ses yeux sont Enlil et Ninlil, les pupilles de ses yeux les déesses Gula et Bêlet-ili, leurs iris Sîn et Shamash, la forme de sa bouche est Ishtar céleste, ses lèvres et sa parole sont Anu et Antu, sa langue est Pabilsag". "Le Retour de Ninurta à Nippur" : Selon son incipit, le poème était appelé "An-gim dim-ma" (= "Créé comme An"). Ce poème sumérien de 209 vers a été traduit en akkadien et a servi pendant des siècles comme modèle d'école. Il commence par quelques vers le glorifiant, puis il rappelle ses exploits narrés dans Lugal.e. Après ses victoires, il monte sur son char (décrit en détail) et rentre à Nippur. Nusku, le page d'Enlil, vient à sa rencontre pour le conduire à l'Ekur, le temple d'Enlil, où il dépose son butin : bovins, dépouilles des villes mises à sac. Le dieu se livre ensuite à sa propre exaltation (pendant 40 doubles vers), puis il se fait confirmer sa prépondérance par son père, Enlil. Ainsi Ninurta partage-t-il le temple avec son père, conclusion justifiée par l'ensemble du poème :« C'est ainsi que le Preux au mérite éclatant, Ninurta fils d'Enlil, a installé sa grandeur dans le sanctuaire d'Enlil " . "Ninurta et la tortue" ou "la Tentation et la Punition de Ninurta victorieux" (Bottéro). Il s'agit d'un fragment de texte trouvé dans les fouilles d'Ur. Dans l'orgueil de sa victoire, Ninurta avait manifesté son ambition de prendre la place d'Enki à la tête des dieux. Ce dernier, pour le punir et lui manifester sa puissance, modèle une tortue à laquelle il donne vie. L'animal saisit Ninurta par la cheville lorsqu'il vient à la porte du sanctuaire d'Enki et, creusant une fosse, il y rejette de la terre pour l'ensevelir. Enki fait alors ressortir aux yeux de Ninurta ses prétentions et sa faiblesse, et déclare qu'il a voulu l'humilier pour lui montrer qui était vraiment le maître.


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Nisaba

Son nom est aussi lu Nidaba. Déesse sumérienne de l'Écriture, du Calcul et de la sagesse. Cependant, elle était à l'origine une divinité du grain, comme en témoignent les anciens pictogrammes de son nom, faits d'un épi stylisé. Elle remonte pour le moins au DA et sans doute plus haut encore. A Lagash, dont elle est peut-être originaire, elle était donnée comme fille d'Enlil, et soeur de Ningirsu, mais elle est aussi dite fille d'Anu et d'Urash. Elle a été la patronne des seigneurs d'Umma, au DA, puis de la cité d'Eresh à l'époque paléo-babylonienne. Considéré ses fonctions, il était naturel qu'on lui ait donné pour époux le dieu des scribes, Nabû. Selon Thureau-Dangin, elle aurait été d'abord une déesse-roseau. Le calame avec lequel on traçait dans l'argile molle les cunéiformes étant taillé dans un roseau, elle serait ainsi devenue déesse de l'écriture. Un hymne à sa gloire nous est parvenu, récité sans doute lors des fêtes de la moisson, où elle est évoquée ainsi : "Nisaba, dame aimable, dame généreuse, dame née sur les montagnes, Nisaba, dans la bergerie est l'abondance, dans l'étable est le lait ". On a aussi un "tenson" fragmentaire d'une querelle entre la déesse et le grain dont elle est la maîtresse, où elle est mise en relation avec le monde souterrain, ce qui n'a rien de surprenant pour une divinité agraire.


Rimush

Roi d'Akkad (-2278-2270), fils et successeur de Sargon. Il se trouvait aux côtés de son père lorsque, à la suite d'une rébellion, ce dernier fut assiégé dans sa propre capitale d'Akkad. C'est peut-être la raison pour laquelle il succéda au trône au détriment de son frère Manishtusu, qui paraît avoir été son aîné (ou peut-être son jumeau). Les premières années de son règne furent occupées à réprimer des révoltes qui éclatèrent à la mort de Sargon. Selon des omens, les principaux rebelles auraient été les "aînés du pays". Les inscriptions concernant Rimush, d'époque paléobabylonienne mais reprises sans doute de textes plus anciens, rapportent la répression de révoltes de villes du Sumer: d'abord Ur, dont il captura le roi, Kaku, ce qui implique que la ville avait recouvré son indépendance pendant suffisamment de temps pour se donner un roi; puis il poursuivit jusqu'à la mer Inférieure (le golfe Persique) sa campagne, au cours de laquelle il fit 5700 prisonniers qu'il concentra dans un camp. Selon une autre inscription, dans la guerre qu'il mena contre Ur et Umma, il tua 8 040 hommes. Les autres villes nommées contre lesquelles il eut àcombattre sont, en Sumer, Lagash, Girsu, Adab, Zabalam, et, en Akkad, Kazallu. La troisième année de son règne, il conduisit une meurtrière campagne en Élam, d'où il rapporta un important butin: "Rimus, le roi de Kis, défit dans une bataille Abalgamas, le roi de Barahsi, ensuite, Zabra et l'Elam se réunirent à l'intérieur de Barahsi pour engager le combat, mais il triompha et il tua 16 212 hommes, il captura 4 216 prisonniers.... Il vainquit aussi les villes d'Elam et il détruisit leurs remparts et [il extirpa du pays d'Élam] la racine de Barahsi : [ainsi il] domina l'Êlam, Enlil lui montrant [la voie] dans la troisième année, où Enlil lui donna la royauté. Au total: 9 624 hommes, y compris les tués, y compris les prisonniers. Par Shamash et Aba, je jure que ce ne sont pas des mensonges : c'est absolument vrai" . Parmi les alliés des Elamites, on trouve ensuite les gens de Mélukhkha et de Gupin. Ce dernier territoire mentionné aussi dans les textes de Gudéaà propos d'un bois qu'on y trouve, semble se trouver sur la côte nord du golfe Persique. Ainsi, il semblerait que Rimush ait poussé son incursion jusque dans l'actuel Kermân (la Carmanie des géographes grecs). Au nord, la domination de Rimush a dû s'étendre au moins jusqu'à Brak, où ont été retrouvés des fragments d'inscriptions le concernant. Son règne ne dura que 9 années, car, semble-t-il, il fut assassiné. Il est possible que son frère Manishtusu, qui lui succéda, ait trempé dans le complot. ICONOGRAPHIE : Le Louvre possède une partie de stèle trouvée à Tellô où, sur le registre le plus lisible, on voit, en bas relief, un archer bandant son arme au-dessus d'un homme couché, et, devant lui, un fantassin brandissant une massue (?) et tenant par la barbe un ennemi. Les deux soldats Akkadiens sont vêtus d'une robe serrée à la taille par une ceinture et portent un casque pointu sans doute en feutre tandis que les deux vaincus sont entièrement nus .


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Sumériens

Peuple qui, distinct par sa langue, contrôla au IIIème millénaire av. Jc le Sud de la Mésopotamie, près du Golfe Persique, et donna son nom à l'une des premières grandes civilisations historiques du Proche-Orient Ancien. Les anciennes traditions sumériennes conservaient le souvenir d'un "déluge" qui aurait anéanti l'Humanité à l'aube de son Histoire. En réalité, les fouilles archéologiques ont montré la réalité de plusieurs innondations de l'Euphrate, dont les plus catastrophiques se produisirent vers -2800 -2600, mais sur trois sites seulement : Ur, Kish et shuruppak - il s'agissait donc d'évènement purement locaux et non concomitants. Toujours est-il que l'on dressait des listes de rois avant et après le Déluge. C'est après le Déluge qu'on voit apparaître les noms des grandes cités sumériennes - Kish, Uruk, Umma, Lagash, Larsa, Ur-et les premières "dynasties", terme désormais consacré mais assez impropre, car la succession royale n'était pas toujours régulière. Les cités, qui aspiraient toutes à l'hégémonie, menèrent entre elles des guerres continuelles, aucune n'étant assez puissante pour imposer bien longtemps sa domination aux autres. Après l'apparition d'une dynastie de Kish, dont le dixième roi fut Enmébaragesi (vers - 2700), la période dynastique archaïque III (vers - 2600 - 2300 ) fut marquée par les souverains enterrés dans les "tombes royales" d'Ur, au mobilier funéraire riche en objets d'or et d'argent, auxquels succédèrent ceux de la première dynastie d'Ur, à partir de Mésannepadda, son fondateur, vers - 2560 - 2525. Au Nord d'Ur, à la même époque, régnaient les "ensi" de Lagash : l'un d'eux, Eannatum ( - 2455 -2425 ) , imposaz d'abord sa domination à la cité voisine d'Umma, commémora ce haut-fait par la célèbre "stèle des vautours", puis vainquit, entre autres, les Elamites, Ur et Mari. Mais après la mort d'Eannatum, les rois de Lagash furent détrônés par une famille sacerdotale, elle-même renversée par Uruinimgina (vers -2350 ); celui-ci, en dépit de son oeuvre réformatrice, ne put restaurer l'hégémonie de sa cité et fut vaincu par Lugal-zagesi, ensi d'Umma ( vers - 2340 - 2316), qui détruisit Lagash, s'empara d'Ur, d'Uruk et de Kish, étendit son autorité sur tout le pays de Sumer. Mais ce premier Empire Sumérien devait succomber rapidement sous les coups des Akkadiens, d'origine sémitique. Sargon l'Ancien ( vers - 2334 - 2279 ), après avoir renversé Lugal-zagesi, ( vers - 2345) , soumit toutes les cités de la Basse-Mésopotamie ; il aurait affirmé sa puissance en Elam, en Mésopotamie septentrionale, en Syrie, et peut-être jusqu'à la Méditerranée ( Chypre ?). Les Akkadiens assimilèrent la culture sumérienne ; ils adoptèrent les cunéiformes pour transcrire leur propre langue, qui resta après eux la langue courante en Mésopotamie. Miné par des révoltes incessantes, l'empire qu'avait fondé Sargon l'Ancien s'effondra après un siècle à peine d'existence, peu après - 2200, sous les coups de guerriers descendus des montagnes du Zagros, les Gutis. Ceux-ci, après avoir commis des destructions qui laissèrent un durable souvenir, regnèrent pendant près d'un siècle sur la Basse-Mésopotamie, en laissant aux cités sumériennes une assez grande liberté. Dès - 2145 environ, une véritable renaissance sumérienne commenca de s'épanouir à Lagash, sous le règne de Gudéa, qui, prenant le titre d'ensi, semble avoir été un véritable souverain indépendant, de même que son fils, Ur-Ningirsu. La ville jouissait à cette époque d'une prospérité sans égale. Les Sumériens, rétablissant un peu partout leur autonomie, atteignirent alors leur apogée : ce fut la brillante période de la IIIème dynastie d'Ur ( - 2113 - 2006). Son fondateur, Ur-Nammu ( - 2113 - 2095 ), grand bâtisseur, rétablit l'ordre en Sumer en mettant sur pied une administration efficace et en promulguant le plus ancien recueil de lois de Mésopotamie connu à ce jour; le successeur d'Ur-Nammu, shulgi, ( - 2095 - 2047), restaura l'empire, qui groupait Sumer, le pays d'Akkad, la Mésopotamie septentrionale et l'Elam, et prit, suivant l'exemple de l'Akkadien Naram-Sin, le titre de "roi des quatre régions du monde". Mais l'empire Sumérien se morcella ensuite rapidement sous la pression des Amorrites; pour finir, les Elamites, en - 2004, en détruisant la capitale et en capturant son roi Ibbi-Sîn, portèrent un coup fatal à la IIIème dynastie d'Ur. Après la chute de cette dernière, le pays se divisa en deux royaumes Amorrites avec la dynastie d'Isin au Nord et celle de Larsa au Sud, cependant qu'à Babylone, centre jusqu'alors peu important, s'affirmait à partir du XIXème siècle, une autre dynastie amorrite, conquérante. Le dernier roi de Larsa, Rim-Sîn, ne s'empare d'Isin (vers - 1794 ) que pour être vaincu à son tour, vers - 1763, par Hammurabi. Ce sont les Amorrites qui dominent désormais politiquement la Mésopotamie. Mais ils devaient recueillir, conserver et transmettre l'héritage de la civilisation sumérienne, comme le montrent la fidélité qu'ils consèrvèrent, pendant plus d'un millénaire et demi, à la langue sumérienne et l'inlassable travail de recopiage des textes sumériens par les scribes des temples et des palais dans tout le monde mésopotamien. L'Histoire, la pensée et l'Art ont, en Orient, leur Origine en Sumer.


Tellô

Nom du site d'Iraq fouillé par des missions françaises qui fut longtemps pris pour la ville sumérienne de Lagash et dont il a été reconnu qu'il s'agissait de Girsu.


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Umma

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq. Le site de la ville (act. Djokha) s'étend sur une éminence dominant une plaine qui, à l'époque sumérienne, était bien irriguée et largement cultivée. La ville étant éloignée des deux grands fleuves, tout un ensemble de canaux suffisamment larges permettait aux bateaux de venir déverser leur marchandise jusqu'au karum. Appelée en sumérien Umma, la ville se nommait en akkadien Kissa ou kishsha, transcription du logogramme GIsh-KÙshUki. Dans la titulature des rois d'Umma, son nom est écrit SÂR-DIS. Umma entre dans l'histoire grâce en particulier aux textes de Lagash par lesquels nous connaissons les querelles entre ces deux cités-Etats pour une palmeraie ou des champs. On connaît un certain nombre de rois d'Umma grâce à quelques brèves d'inscriptions, mais, pour la grande majorité d'entre eux, ce ne sont que des noms qu'on situe mal. Pour un certain Aga, roi d'Umma, mentionné sur une perle en lapis-lazuli, on s'est posé la question de savoir s'il s'agit du roi du même nom, fils d'Enmebaragési (Agga), roi de Kish. Le premier roi connu semble être Pabilgagi, dont le nom a été lu sur une statuette consacrée à Enlil. Le nom d'E'abzu roi d'Umma est inscrit sur un fragment de statuette en pierre. Avec Urluma, on apprend le nom de son père, Enakalé, qui fut lui aussi roi d'Umma. Enakalé est contemporain d'Eannatum (v. - 2454 - 2425) de Lagash, contre qui il fut en guerre au sujet de la palmeraie précitée, et avec qui il passa un traité, à la suite duquel il fit élever une digue le long de la nouvelle frontière. Il est possible que cet Enakalé ait été le fils d'Ush donné comme ensi d'Umma (dans les textes de Lagash, les seigneurs d'Umma sont appelés ensi, dans leurs propres inscriptions il se donnent le titre de roi) c'est lui qui déclara la guerre à Lagash en déplaçant la borne qui fixait les limites des territoires contrôlés par les deux villes, afin d'intégrer la palmeraie dans sa petite principauté. Urluma est mentionné dans deux tablettes (une en lapis-lazuli, une autre en argent) à propos de la construction de temples. Son deuxième successeur semble être Il(a), qui se déclare fils d'Eandamu et petit-fils d'Enakalé. Son fils, Gishakidu qui lui succéda, était contemporain d'Énanatuma Il de Lagash. Il épousa sa parente Bara'irnum (fille d'Urlumma). La guerre avec Lagash se poursuivit, plus ou moins larvée, sous ces rois. Il revint à Lugalzagési (vers - 2340 - 2316) d'y mettre un terme définitif. Il marcha sur Girsu, prit la ville, qu'il mit au pillage, incendia le temple Antasura, perpétua des massacres dans les palais et les sanctuaires, ainsi que nous l'apprend une malédiction qui appelle sur sa tête la vengeance de Nidaba. Ce qui ne l'empêcha pas de prendre ensuite Ur, Uruk, et de soumettre les villes du Sumer. Abandonnant le titre de roi d'Umma, il se déclara roi d'Uruk et du Pays, c'est-à-dire du Sumer : "(Lorsque) Enlil, le roi de tous les pays, à Lugalzagesi, le roi d'Uruk, le roi du Pays, le purificateur d'An, le prophète de Nidaba, le fils de Wawa, prince d'Umma et prophète de Nidaba [...] doué d'intelligence par Enki, l'appelé d'Utu [...], lorsque Enlil, le roi de tous les pays, eut donné à Lugalzage-si la royauté du Pays (et) l'eut justifié au regard du Pays, qu'il eut mis tous les pays à son service (et) du levant au couchant, les eut soumis à sa loi... " . Lugalzagési est le premier conquérant connu du POA à avoir fondé un petit empire. Cela ne lui permit pas, néanmoins, de résister victorieusement à un nouveau soleil, Sargon d'Akkad. Vaincu par ce dernier, il fut traîné dans un carcan à la porte d'Enlil. Umma continua de prospérer sous les rois d'Akkad et ensuite sous ceux de la IIIe dynastie d'Ur, comme en témoignent les nombreuses tablettes économiques la concernant. La divinité tutélaire d'Umma était le dieu shara, dont l'un des temples portait le nom, souvent utilisé dans d'autres cités, d'é.mah (Maison exaltée). Les autres temples étaient: sig4.kur.sà.ga (Brique, montagne du coeur) et é.sà.ge.pàd.da (Maison choisie dans le coeur), tous deux sanctuaires de shara; (é).ib.gal, temple d'Inanna sous le nom de Nin-Ibgal; un temple consacré à Enkigal, construit par Urlumma, deux autres, consacrés à Ereshkigal et Ninhursag, édifiés par Lu-Utu, enfin un temple consacré à un dieu dont le nom est écrit avec le logogramme dTAG.NUN (Utu ?), construit par Il.


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Ur-Nammu

Gouverneur d'Ur (-2112 -2085). Sous le règne d'Utu-hégal à Uruk, il succéda à ce dernier on ne sait comment. Peut-être était-il simplement son fils. Mais il ne s'installa pas à Uruk, il établit la nouvelle capitale à Ur. Dans ses inscriptions, concentrées dans les villes de Sumer: Ur, Érîdu, Larsa, Lagash, Nippur et Uruk, par lesquelles est défini le territoire sur lequel il régnait, il se dit "l'homme fort, le roi de Sumer et d'Akkad". Fondateur de la IIIe dynastie d'Ur, il commence le travail de centralisation bureaucratique qui marque l'administration de cette dynastie. Il bâtit ou reconstruisit plusieurs temples (notamment de Nanna), releva le rempart d'Ur, fit creuser des canaux, replanter des dattiers, en bref, se montra un remarquable administrateur qui permit le développement du Sumer sous cette nouvelle impulsion. Il nous a été conservé en sumérien un hymne à la gloire du roi qui reconstruisit l'Ekur - le temple d Enlil; Le texte est divisé en deux chants chacun d'une forme differente appeles par le scribe qui les a redigés sagidda et sagarra. On attribue à Ur-Nammu un code de lois qui semble t-il serait plutôt dû a son fils et successeur shulgi. Les tablettes trouvées à Nippur et Sippar nous ont conservé le prologue à la gloire du roi et de ses dieux, et 37 lois. On a aussi retrouvé un poème sumérien intitulé "La Mort d'Ur­Nammu, où celui-ci fait une visite aux dieux de l'Enfer à la suite de sa mort sur un champ de bataille où il avait été abandonné "comme un pot broyé". Le musée de l'université de Pennsylvanie a reconstitué une belle stèle fragmentaire où l'on voit, notamment, le roi faisant une offrande devant une divinité assise sur un trône (Ningal?).


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