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Isin

Ville de la Babylonie identifiée dans le site moderne d'Isan al-Bahariyat. Les fouilles du site ont révélé que la ville avait déjà acquis une certaine importance au DA et à l'époque d'Akkad. Sa divinité principale était Gula, identifiée à Ninisina, la dame d'Isin. Elle y avait son temple, l'é.gal.mah (le Palais exalté). Une masse d'armes y a été retrouvée au nom du roi d'Akkad shar-kali-sharri. Le nom d'Isin n'apparaissant nulle part avant l'époque d'Ur III, Postgate, se fondant sur le fait que dans les textes d'Ur III, la ville est notée sous la forme d'IN-si-in a suggéré qu'elle a été mentionnée auparavant sous le logogramme INk, qu'on lit dans divers textes. La chute de la dynastie d'Ur III va permettre à Isin de devenir une capitale dynastique. Un Amorrite, Ishbi-Erra, officier dans l'armée du dernier roi d'Ur Ibbi-Sîn (-2028 -2004), reçut le commandement de la place d'Isin et de la région vers -2017. C'était l'époque où les Elamites et les montagnards du Zagros menaçaient l'empire d'Ur. On ne sait, en fait, quand Ishbi-Erra, profitant de la faiblesse politique d'Ur, se rendit indépendant au sein d'Isin. Il y reste solidement établi lorsque l'empire d'Ur s'effondre sous les coups des Amorrites et des Elamites . Une fois Ibbi-Sîn disparu, Ishbi-Erra peut se présenter comme le successeur légitime des rois d'Ur et fonder sa dynastie ce sera la dernière de la LRS, qui a dressé la liste de ses successeurs. On a pu supposer à juste titre que le nouveau roi, afin de se donner une légitimité, va encourager la diffusion de ce thrène qu'est la "Lamentation sur la destruction du Sumer et d'Ur"; dont la fin est une promesse de résurrection de la ville, sous-entendu grâce aux souverains d'Isin : "Oh Nanna (le dieu-lune d'Ur), ta royauté est agréable, retourne à ta place ! Puisse un bon règne d'abondance être réservé à Ur! Laisse le peuple se coucher dans les sûrs pâturages, laisse-le s'aimer ! [...] Oh Nanna, oh ta cité ! Oh ton temple ! Oh ton peuple ! " . Ishbi-Erra réussit à pacifier la contrée et à se rendre maître d'une partie de Sumer et d'Akkad, bien que certaines villes aient échappé à son autorité notamment Larsa, qui va s'imposer comme une rivale. Les premiers successeurs d'Ishbi-Erra shû-ilishu, Iddin-Dagan (-1974 -1954), Ishme-Dagan (-1953 -1935), vont maintenir la suprématie de leur cité. Néanmoins, le dernier s'est révélé impuissant à s'opposer à un raid du roi d'Assur Ilushumma, qui prétend, dans une inscription, avoir libéré Ur et Nippur : il est possible que la Lamentation sur la destruction de Nippur soit en relation avec ce raid sans lendemain de l'Assyrien. Lipit-Ishtar (-1934 -1924), successeur d'Ishme-Dagan, est resté célèbre pour le code de loi qu'il a inspiré. Après lui commence le déclin d'Isin. Les cités se rendent indépendantes tandis que monte l'étoile de Larsa. En vain Bûr-Sîn (-1895 -1874) reprendra-t-il Nippur et Ur. Il dut évacuer cette dernière peu après. Un quart de siècle plus tard, Isin n'est plus maîtresse que d'elle-même, elle ne contrôle plus que quelques champs aux alentours. Elle sera bientôt englobée dans l'empire d'Hammurabi.


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Ninisina

Déesse Sumérienne, "Dame d'Isin"dont elle était la divinité tutélaire. Fille d'Anu, elle était regardée comme l'épouse de Pabilsag. Damu et Gunura sont donnés soit comme ses enfants, soit comme ses parèdres. Elle a été identifiée avec la Babylonienne Gula. Son temple à Isin était appelé le Grand Temple (é.gal.mah).


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Isin

Ville de la Babylonie identifiée dans le site moderne d'Isan al-Bahariyat. Les fouilles du site ont révélé que la ville avait déjà acquis une certaine importance au DA et à l'époque d'Akkad. Sa divinité principale était Gula, identifiée à Ninisina, la dame d'Isin. Elle y avait son temple, l'é.gal.mah (le Palais exalté). Une masse d'armes y a été retrouvée au nom du roi d'Akkad shar-kali-sharri. Le nom d'Isin n'apparaissant nulle part avant l'époque d'Ur III, Postgate, se fondant sur le fait que dans les textes d'Ur III, la ville est notée sous la forme d'IN-si-in a suggéré qu'elle a été mentionnée auparavant sous le logogramme INk, qu'on lit dans divers textes. La chute de la dynastie d'Ur III va permettre à Isin de devenir une capitale dynastique. Un Amorrite, Ishbi-Erra, officier dans l'armée du dernier roi d'Ur Ibbi-Sîn (-2028 -2004), reçut le commandement de la place d'Isin et de la région vers -2017. C'était l'époque où les Elamites et les montagnards du Zagros menaçaient l'empire d'Ur. On ne sait, en fait, quand Ishbi-Erra, profitant de la faiblesse politique d'Ur, se rendit indépendant au sein d'Isin. Il y reste solidement établi lorsque l'empire d'Ur s'effondre sous les coups des Amorrites et des Elamites . Une fois Ibbi-Sîn disparu, Ishbi-Erra peut se présenter comme le successeur légitime des rois d'Ur et fonder sa dynastie ce sera la dernière de la LRS, qui a dressé la liste de ses successeurs. On a pu supposer à juste titre que le nouveau roi, afin de se donner une légitimité, va encourager la diffusion de ce thrène qu'est la "Lamentation sur la destruction du Sumer et d'Ur"; dont la fin est une promesse de résurrection de la ville, sous-entendu grâce aux souverains d'Isin : "Oh Nanna (le dieu-lune d'Ur), ta royauté est agréable, retourne à ta place ! Puisse un bon règne d'abondance être réservé à Ur! Laisse le peuple se coucher dans les sûrs pâturages, laisse-le s'aimer ! [...] Oh Nanna, oh ta cité ! Oh ton temple ! Oh ton peuple ! " . Ishbi-Erra réussit à pacifier la contrée et à se rendre maître d'une partie de Sumer et d'Akkad, bien que certaines villes aient échappé à son autorité notamment Larsa, qui va s'imposer comme une rivale. Les premiers successeurs d'Ishbi-Erra shû-ilishu, Iddin-Dagan (-1974 -1954), Ishme-Dagan (-1953 -1935), vont maintenir la suprématie de leur cité. Néanmoins, le dernier s'est révélé impuissant à s'opposer à un raid du roi d'Assur Ilushumma, qui prétend, dans une inscription, avoir libéré Ur et Nippur : il est possible que la Lamentation sur la destruction de Nippur soit en relation avec ce raid sans lendemain de l'Assyrien. Lipit-Ishtar (-1934 -1924), successeur d'Ishme-Dagan, est resté célèbre pour le code de loi qu'il a inspiré. Après lui commence le déclin d'Isin. Les cités se rendent indépendantes tandis que monte l'étoile de Larsa. En vain Bûr-Sîn (-1895 -1874) reprendra-t-il Nippur et Ur. Il dut évacuer cette dernière peu après. Un quart de siècle plus tard, Isin n'est plus maîtresse que d'elle-même, elle ne contrôle plus que quelques champs aux alentours. Elle sera bientôt englobée dans l'empire d'Hammurabi.


Babylone

Ville au Sud de Bagdad (Irak actuel), son nom en sumérien était "Ka-dingir-ra(ki)", et en Akkadien "Bab-ili", littéralement : "la porte du Dieu". C'est la Babel des textes "bibliques". La première mention de Babylone apparaît dans des textes datant du règne de shar-kali-sharri (-2217 -2193). Petit centre religieux dès l'époque sumérienne, Babylone ne prendra de l'importance qu'après que l'Amorrite Sumu-abum (-1894 -1881) en ait fait la capitale de son royaume indépendant. Peu à peu, le petit royaume va gagner du terrain (Sippar, Dilbat, Kish puis Marad). Quand Hammurabi (-1792 -1750) devient Souverain de Babylone (Dynastie Amorrite), il est à la tête d'un empire assez important pour attirer les jalousies des Kassites, venus du Zagros Iranien. A deux reprises, les guerriers Kassites tenteront, en vain, de prendre Babylone, sous les règnes de Samsu-iluma (vers -1740) et de Abî-eshuh (-1711 -1684). Toujours est-il que l'implantation des Kassites en Babylonie fut progressive, ceux ci étant très présents dans certains corps de métiers, et même dans l'armée. Quand, en -1595, le Roi Hittite Mursili Ier effectue un raid sur Babylone, mettant ainsi un terme à la dynastie Amorrite, il laisse le champs libre aux Kassites qui y fondent une nouvelle dynastie, en transférant la capitale à Dûr Kurigalzu. Mais très vite, alors que les derniers rois Kassites s'épuisent en guerres contre l'Assyrie de Tukulti-ninurta Ier, l'Elam saisit l'occasion pour piller Babylone et y installer un souverain élamite. Ce n'est qu'avec Nabuchodonosor Ier (-1125 -1104), de la IIème dynastie d'Isin, que la Babylonie redeviendra un empire indépendant, grâce à des campanes menées contre l'Elam. Mais, très vite, l'Assyrie étend sa domination sur la Babylonie. Ce sera la gloire de la Dynastie Chaldéenne, avec Nabopalassar et son fils, Nabuchodonosor II, de donner à Babylone un empire qui s'étendit de la Méditerranée à l'Elam, et de faire de Babylone la ville la plus prestigieuse de l'Orient Ancien. Après la prise de la ville par Cyrus, en -539, la ville gardera son hégémonie du point de vue intellectuel et "scientifique", au point qu'Alexandre voulut en faire la capitale de son immense empire. C'est là qu'il mourut, en -323. Babylone survivra encore quelques siècles, sous la dynastie macédonienne de Syrie, et s'éteignit lentement durant la dynastie Iranienne des Parthes. Pour les anciens Mésopotamiens, Babylone était la ville sainte, en relation avec Ikû, la constellation de Pégase.


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Cananéens

Le nom ethnique de Cananéen apparaît pour la première fois (ki-na-ah-num) dans un texte de Maridaté des environs de -1750. Le territoire de Canaan débutait aux frontières de l'Egypte et s'étendait jusqu'aux montagnes du Liban, au Nord. Et, bien que parlant un langage fort voisin, les gens d'Ugarit regardaient les Cananéens comme des étrangers. La plus ancienne des villes de Canaan est Jéricho, meme si d'autres furent d'égale importance, comme Mégiddo ou Lakish. La langue cananéenne fait partie des langues sémitiques de l'Ouest, qui ne sont en fait que des dialectes plus ou moins particuliers (comme l'Ugaritique, le Phénicien, l'Edomite ou le Moabite), d'une même langue sémitique originelle. Les principaux dieux cananéens sont El, Dieu suprême, Baal, Reshep, et, comme divinité féminine, Ashérah. La terre de Canaan disparaitra après l'occupation de la côte par les Philistins (un peuple d'origine égéenne), et l'expansion, au Nord, des Araméens.


Damu

Dieu sumérien essentiellement adoré à Isin, Larsa et Ur. A l'époque d'Ur III, il est le Dieu de la Santé qui a le pouvoir d'éloigner les démons. Mais il est avant tout un dieu qui "meurt", ce qui en fait aussi une divinité infernale, proche de Dumuzi. Son culte officiel disparaît à la fin de l'époque paléobabylonienne.


Dilmun

Dilmun est la forme sum. de l'akk. Tilmun, lieu maintes fois cité dans de nombreux textes cunéiformes souvent en association avec Magan et Melukhkha. Le nom de Dilmun apparaît dès la seconde moitié du IVè mill. sous une forme pictographique, sur des tablettes de la période d'Uruk IV et ensuite de Djemdet Nasr. On peut voir que dès cette haute époque Dilmun représentait un lieu bien déterminé avec lequel les Sumériens et une ville syrienne comme Ébla étaient en relations commerciales. Sont ainsi mentionnés une hache de Dilmun (dilmun-tûn) dans une tablette d'Uruk III et un "collecteur de taxes de Dilmun" (dilmun-enku [ZA]). Ce nom va se retrouver tout au long de l'histoire de la Mésopotamie, avec une éclipse entre -1500 et -900, jusqu'à l'époque séleucide. Les relations avec Dilmun s'intensifient au cours des derniers siècles du DA (-2550 -2350). Sous Ur-Nanshé (v. -2550) de Lagash, les bateaux de Dilmun effectuent le transport de bois pour ses constructions, et, sous ses successeurs Lugalanda( -2400) et Urukagina (v. -2380), les bateaux de Dilmun transportent du cuivre et des dattes en échange de céréales, d'huile, de laine et d'argent; Dilmun parait alors être devenue une plaque tournante du commerce avec deux autres contrées d'outre-mer, Magan et Melukhkha. Ces relations commerciales se poursuivent à l'époque d'Akkad et peut-être plus encore pendant les périodes d'Isin-Larsa et paléobabylonienne. Leonard Woolley a retrouvé au cours des fouilles d'Ur, les archives du marchand Éa-nasir (ah.b Tilmun = trafiquant de Dilmun), qui dirigeait ce qu'on pourrait appeler une entreprise maritime d'importation du cuivre, extrait sans doute à Magan mais stocké dans les entrepôts de Dilmun avant d'être transporté à Ur. On connaît d'autres marchands, dont un certain Idin-Nin-Inzak , sans doute originaire de Dilmun, qui avait précédé dans ce commerce la firme d'Ea -nasir. Le commerce avec Dilmun dépassait le domaine suméro-babylonien pour s'étendre à Suse, où un temple était dédié à Inzak (nom écrit aussi Enzak, Anzag, Nin-zag), l'une des principales divinités de Dilmun, et à Marisous le règne de shamshi-Adad. Le trafic vers Maritransitait obligatoirement par Babylone, d'où les caravanes (harranû) transportaient la marchandise jusqu'à Mari, ce qui n'allait pas toujours sans quelques difficultés (cf. par ex. la lettre d'Iambe-Addu à Hammurabi). À l'époque kassite, Dilmun est un moment occupée par les Babyloniens, qui y installent un gouverneur. Deux lettres retrouvées dans les archives de Nippur sont adressées à Ililiya,qui semble bien être le même qu'Eniilkidinni, gouverneur de Nippur à l'époque de Burnaburiash Il (-1359 -1333) et de son (troisième) successeur, Kurigalzu II (-1332 -1308) par Ili-ippashara. Ce dernier est établi à Dilmun, dont il est démontré qu'il en était le gouverneur . Après une période d'éclipse, Dilmun est à nouveau en relation avec les Assyriens. Sous ses rois Uperi qui est comme "un poisson à 30 bêru au milieu de la mer où se lève le soleil " et Akhundara, elle reste indépendante mais, néanmoins, tributaire de Sargon II . L'un de ses autres rois, Khundaru (peut-être le même qu'Akhundara connu par d'autres textes), est aussi tributaire d'Assur-banipal. Les Babyloniens pour le moins sous le règne de Nabonide occupent le pays, où est installé un lugal pihashti Dilmunki, titre mentionné dans un texte daté de -544 . On ne sait précisément Si cette expression désigne un administrateur commercial ou, plutôt, civil et militaire de Dilmun. Il semble que Dilmun ait été plus ou moins tardivement intégrée dans l'Empire achéménide. Jules Oppert avait proposé d'identifier Dilmun avec l'île de Bahreîn, appelée Tylos par les Grecs. Cette identification est acceptée par la majorité des archéologues, bien qu'on ait tendance à étendre cette entité géographique à la côte voisine de l'Arabie. L'absence de témoignage archéologique dans l'île avant le milieu du III è milI. a conduit à situer la première Dilmun sur les côtes voisines de l'Arabie, où nombreux sont les établissements qui remontent au moins au IVème mill. : Abqayq, Umm an-Nussi, Umm ar-Ramad, l'île de Tarut ont rendu des poteries de l'époque de Djemdet Nasr voire plus anciennes. Le même nom de Dilmun désigne aussi, dans les textes mythologiques Sumériens, un lieu qui semble mythique, "saint et pur", en particulier dans le mythe d' "Enki et Nînhursag". Il est dit que, "lorsque le dieu Enki s'y établit avec son épouse, le pays devint pur et lumineux." A Dilmun, auparavant ne croassait nul corbeau, ne cacabait nul francolin; nul lion ne tuait, nul loup ne se jetait sur des agneaux !" . C 'était une sorte de paradis (terrestre ?) où il semble qu'on ne connaissait ni le travail ni la vieillesse, à moins qu'il ne faille interpréter ces passages comme la description d'un lieu où tout était figé, ou rien ne bougeait ni ne poussait, jusqu'au moment où Enki vint apporter l'eau d'où s'épanouit la vie. Ce texte, dont le plus ancien manuscrit ne remonte qu'au début du IIè mill., soit l'époque où les relations avec Dilmun étaient des plus intenses, semble être l'idéalisation d'une île (et des terres voisines) située dans une mer où le soleil paraissait se lever. Dans la version sumérienne du Déluge, c'est à Dilmun, "là où se lève le soleil ", que fut installé Ziusudra pour qu'il y vive son éternité .


Dusarès

(arabe : Dhûs-Sara). Divinité des Arabes du Nord et des Nabatéens. Le nom de ce dieu de la Végétation serait en fait, selon Dussaud (1955, 30), le surnom que les Nabatéens auraient donné à A'ara, dieu local de la région de Pétra. Dusarès serait le maître de shara, nom de l'une des montagnes voisines de Pétra. Dans sa forme grecque, il a été identifié à Dionysos. Les Dawsites, tribu arabe préislamique, lui rendaient aussi un culte dans un bois sacré. Il aurait aussi été la divinité des Azd et des Banû -Harit. On retrouve son nom dans des tablettes babyloniennes sous la forme du-sàr-ra (RLA, Il, 255), où il apparaît comme un taureau protecteur de la végétation. Une statue anépigraphe d'un dieu barbu, vêtu d'une ample tunique plissée, portant la corne d'abondance (attribut, en Syrie, de la grande déesse Astarté), trouvée à Chariyé-shoubeih, représenterait cette divinité .


Eannatum (a)

Seigneur (Ensi) de Lagash (v. 2454-2425). La ville de Lagash, encore obscure, était en litige depuis quelque temps avec la cité voisine d'Umma pour une question de champs à la limite des territoires qu'elles contrôlaient. La querelle s'était apaisée à la suite d'un arbitrage du souverain de Kish, Mésilim (entre 2600 et 2550). La paix semble avoir régné sous Ur-Nanshé mais la guerre reprit sous le successeur de ce dernier, père d'Éannatum, Akurgal. Le règne d'Akurgal fut bref et peut-être est-ce au cours d'un combat contre Umma qu'il perdit la vie. Eannatum se porta contre l'armée d'Umma, défit son roi, Ush, qui sans doute trouva la mort dans cette guerre. Le fils de ce dernier, Enakalli, dut abandonner les terres contestées à Eannatum et lui payer un tribut en grains. C'est cette victoire que le vainqueur va commémorer dans une grande stèle dite des Vautours (fragments retrouvés à Girsu, au Louvre). Il s'agissait d'une grande stèle en calcaire qui, à l'origine, mesurait en hauteur plus de 1,80 m. Elle est sculptée sur les deux côtés : sur une face, on voit le monde terrestre avec les guerriers de Lagat progressant en rangs serrés derrière leurs boucliers et étreignant une lance, Eannatum marchant à leur tête, tout ce monde piétinant les ennemis vaincus; dans un registre inférieur, Eannatum avance sur son char à quatre roues, suivi de ses guerriers; devant eux, un vol de vautours, qui a donné son nom moderne à la stèle; au bas, un fragment de relief où sont entassés les corps des morts de Lagash qu'on va ensevelir, avec une scène de sacrifice. Sur l'autre face, on se trouve dans le monde divin: le dieu Ningirsu tient d'une main une massue, de l'autre il étreint un aigle léontocéphale (Anzû) auquel est attaché un grand filet où sont pris, comme des oiseaux, les guerriers d'Umma. Bien qu'en partie perdue, la longue inscription qui accompagne les scènes figurées représente le document le plus important sur le règne d'Eannatum. Le prince se donne pour père le dieu Ningirsu et pour mère la déesse-mère Ninhursag, dont il suça le lait. Au cours d'un rêve, Ningirsu vint visiter Eannatum pour lui dire combien les "bandes pillardes" d'Umma l'avaient irrité (il implique aussi Kish, qui aurait été ulcérée par l'attitude d'Umma). Ainsi commence la guerre afin de venger le dieu. Après sa victoire Éannatum, qui ne cesse de répéter qu'il est très sage et qu'il a offert en sacrifice deux colombes à Utu, a fait lever un talus pour marquer la nouvelle frontière de son domaine, qui est celui de son dieu Ningirsu. Il ne semble pas qu'Eannatum se soit contenté de cette seule victoire. Il aurait aussi repoussé une attaque des Elamites, vaincu Ur et Uruk, reçu des mains d'Inanna la royauté de Kish, porté ses armes jusqu'à Mari et au Subar (l'Assyrie ?) selon la longue inscription d'un galet. Il semble aussi avoir eu une activité architecturale. Son action a finalement fait d'une obscure bourgade une cité dominante parmi les villes du Sumer.


EIam

Région du sud-ouest de l'iran, constituée de plaines et de montagnes, débordant l'actuel Kuzistan. Sa situation géographique, à l'extrémité des routes du plateau iranien conduisant vers l'Asie centrale et la vallée de l'Indus, et dominant la plaine du Tigre, lui a permis de jouer un rôle non négligeable dans l'histoire du POA. Le nom d'Élam est fondé sur l'hébreu 'êlam. Les Élamites appelaient leur pays Haltamti (= Terre du dieu) et les Akkadiens Elamtu. L'origine des Élamites reste inconnue. Ils semblent avoir appartenu à ce fond des anciennes populations néolithiques de l'Asie antérieure qui parlaient des langues agglutinantes, différentes des Sémites et des Indo-Européens. Les Élamites adoptèrent les cunéiformes d'origine sumérienne, mêlés de logogrammes suméro-Akkadiens, pour écrire leur propre langue, probablement au cours du XXIIIè s. av. J.-C. , et les ont utilisés jusqu'au IV s. Dans ce système d'écriture syllabique entrent les voyelles a, u, i, e. La base de la langue est nominale, verbale ou commune au nom et au verbe. Le verbe, toujours placé en dernière position, exprime un aspect accompli ou inaccumpli-duratif. Bien qu'elle participe largement des civilisations voisines de la Mésopotamie, la civilisation élamite conserve une originalité qui lui est propre. Il convient ici de préciser que ce qu'on est convenu d'appeler l'Élam ne forme pas une unité en soi. Il est composé de plusieurs régions qui ont été distinguées politiquement : au pied du Zagros, la Susiane, dans de riches plaines avec Suse pour capitale, n'a pas été toujours le centre de l'Élam, qui s'étendait par ailleurs dans les montagnes avec l'Anshan l'Awan et le shimashki ces deux dernières régions étant mal circonscrites sinon localisées. On s'accorde pour diviser son histoire, àpartir des découvertes archéologiques et des textes aussi bien extérieurs que ceux recueillis localement, en particulier lors des fouilles de Suse et, plus récemment, d'Anshan, en quatre périodes : proto-élamite (vers -3200 -2700)élamite ancien ou paléo-élamite (vers -2400 -1500), élamite moyen (méso-élamite -1500 -1100), Néo-élamite (vers -1000 -539). Après la conquête achéménide, l'Élam est une province de l'empire qui a cependant le privilège de voir Suse considérée comme l'une des capitales impériales. Pendant la période protoélamite, l'Élam est tourné vers le plateau iranien, à la civilisation duquel il participe. Les relations de Suse sont étroites avec Anshan Bialk, Tépé Yahya, et même Bhahr-i-Bhukhta, en Iran oriental, site que certains auteurs identifient à Aratta, le grand marché du lapis-lazuli. C'est au début de cette période que les Élamites vont commencer à se doter d'une écriture qui reste très élémentaire, et indéchiffrée. Elle consiste en idéogrammes simples, souvent de forme géométrique, parfois dessinés en double ligne, ou encore simplement linéaires, sur des tablettes de terre crue, parfois à peine cuites, et quelques amulettes et sceaux. Il arrive que des dessins au trait représentant des animaux fauves, bovidés, soient tracés accompagnés de quelques signes. Il s'agit en général de pièces comptables ou d'exercices de comptabilité .Les premières mentions historiquement attestées entre l'Élam (connu sous le nom sumérien de NIM) et Sumer par des inscriptions se situent entre -2700 et -2400, bien qu'il soit probable que les deux régions fussent déjà en relations commerciales. Un roi obscur de Kish, Enna'iI, fils d'A'anzu, se vante d'avoir vaincu l'Elam. D' Éannatum, il est dit qu'il vainquit l'Élam, "la montagne vertigineuse". Ce sont là des relations violentes dont il est difficile d'assurer que ce sont les premières entre les Sumériens et les Élamites. Déjà. dans la LRS, le mythique roi de Kish Enmebaragesi aurait porté ses armes dans le pays d'Élam, ce qui nous ramène aux environs de -2700. L'époque paléoélamite se divise en trois périodes selon les dynasties qui ont eu le pouvoir. Vers 2400, un prince de la ville élamite d'Awan prit le pouvoir, défit Ur et entra dans la liste royale sumérienne. Cependant, la Susiane fut intégrée dans l'Empire akkadien de Sargon, qui y plaça des gouverneurs (issiakkum). Par la suite, Naram-Sîn passa un traité avec le souverain d'Awan (le roi Khita ?). C'est le premier traité conclu entre un souverain élamite et un roi mésopotamien : il fut conservé dans le temple d'In-shushinak. Vers -2050, la liste susienne des (12) rois d'Awan et de shimash(ki) donne une nouvelle dynastie avec aussi 12 rois, originaires de shimashki dans les montagnes du Luristan. La Susiane retomba sous la domination des derniers rois de la IIIè dynastie d'Ur, qui pratiquèrent des mariages entre princesses sumériennes et élamites. Ces précautions n'empêchèrent pas les Élamites de s'unir et d'envahir Sumer sous la conduite du roi de shimatki Kindattu (v. -2004), ouvrant la deuxième période d'indépendance de l'Élam ancien. Le roi d'Ur Ibbi-Sîn fut capturé et emmené prisonnier en Élam, où il mourut. Le neuvième roi de la dynastie de shimashki marque l'étendue de ses conquêtes en prenant le titre de « roi d'Anshan et de Suse «. Plus modestes, ses successeurs se contenteront de celui de suêalmah« Grand Régent", titre sumérien des gouverneurs de l'époque d'Ur III (sukkal). Avec eux commence la troisième période protoélamite, (v. -1970). L'Élam forme alors une sorte de confédération où, au-dessous du Grand Régent, se trouvent un sukkal d'Élam et de shimashki et un sukkal de Suse. Ces Souverains pratiquent des mariages avec leurs soeurs, comme les rois d'Égypte, et ils conservent les traditions akkadiennes. L'akkadien semble être la langue officielle : la plupart des textes, administratifs, économiques, sont en akkadien. On ne possède de cette époque que quelques inscriptions royales en élamite. Cependant, ces inscriptions permettent de saisir la complexité de l'histoire élamite pendant cette période et des successions au trône, sans qu'on puisse toujours réussir à situer tous les faits recueillis dans un développement satisfaisant . Cette période des sukkalmah se termine vers -1500 on ne sait précisément dans quelles conditions. Entre -1500 et -1100, trois dynasties se succèdent à la tête de l'Élam, qui connaît sa période la plus brillante, appelée élamite moyen. De la première dynastie, dite des Kidinuides, on connaît peu de chose. Ses rois se parent du titre de roi d'Anshan et de Suse mais ils privilégient, avec le roi Tepti-Ahar, Kabnak (Haft Tèpè) au sud-est de Suse, comme résidence royale, au détriment de Suse. Une campagne du roi kassite de Baby-lone Kurigalzu 1er au XIVè s. semble être la cause de la chute de cette dynastie, remplacée par une nouvelle dynastie fondée par un certain Igi-halki. Sous cette nouvelle dynastie dite des Igihalkides, l'Élam va de plus en plus trouver son équilibre culturel, dans lequel les traditions indigènes s'harmonisent avec les courants mésopotamiens. L'élamite devient la langue officielle, remplaçant l'akkadien. Cette politique se concrétise dans la capitale-sanctuaire édifiée par Untash-Napirisha (v. -1275 -1240) à Tchoga Zanbil. Le petit-fils de ce dernier, Kiden-Hutran (v. -1235 -1210), effectue un raid sur la Babylonie au cours duquel il met à sac Der, Marad, Nippur et Isin. Une période d'anarchie suit la mort de ce roi, et le pouvoir va passer à une nouvelle dynastie fondée par Hallutush-Inshushinak (v. 1205-1185). On lui a donné le nom de shutrukides, du nom du fils de son fondateur, shutruk-Nahhunte (-1185 -1155). Ce dernier reprend une politique de conquête et ravage àplusieurs reprises la Babylonie. En -1158, il prend et met à sac Babylone, d'où il rapporte triomphalement à Suse quelques-uns des monuments qui y ont été retrouvés par la mission française : grande stèle du Code d'Hammurabi, stèle de Naram-Sîn, statue de Manishtusu. Il revient à son fils et successeur, Kutur-Nahhunte (-1155 -1150), de mettre fin à la dynastie kassite au cours de nouvelles campagnes en Babylonie. Ce dernier avait épousé sa soeur Nahhunte-Utu. Il mourut à peine cinq ans après être monté sur le trône et son frère Shilhak-Inshushinak (-1150 -1120) lui succéda. Il épousa à son tour Nahhunte-Utur, ce qui représenterait un cas de lévirat . shillak-Inshushinak a été l'un des souverains les plus importants de la dynastie. Outre ses campagnes militaires, il fit construire un certain nombre de temples et restaurer plus encore de monuments. Les Babyloniens n' avaient pas oublié les méfaits des invasions élamites, comme en témoigne une élégie où l'auteur se lamente à ce propos . Le texte semble avoir été écrit à l'époque de Nabuchodonosor îer (1125-1104) lequel va, en partie, venger ces razzias en infligeant une défaite au successeur de shilîak-Inshushinak Hutelutush-Inshushinak (1120-1110), qui dut se réfugier un moment à Anshan. La période néoélamite voit la désagrégation de l'Empire élamite avec des retours de fortune. Les rois ont alors trois capitales Suse, Hidalu et Madaktu, où ils résident selon les circonstances. Ils sont de plus en plus tournés vers les affaires de la Mésopotamie car sans cesse menacés par les Assyriens. Ainsi, selon les moments, ils occupent Babylone ou encore ils s'allient avec elle contre Assur. En fin de compte, Assur-banipal, attaqué par Te-Umman, le vainquit (-653) et installa à Suse, Madaktu et Hidalu chacun des fils d'un ancien roi élamite détrôné par Tempti-Humban-Inshushinak (le Te-Umman des inscriptions assyriennes), qui s'étaient réfugiés à sa cour. Les nouveaux souverains ne manquèrent pas de trahir leur ancien bienfaiteur; ils soutinrent Shamash-shum-ukin dans sa révolte à Babylone contre son frère Assurbanîpal, de sorte que ce dernier les engloba dans sa vengeance. il ravagea l'Élam, mit Suse au pillage et rapporta triomphalement à Ninive un immense butin. La troisième période néo-éiamite qui s'ouvre alors est marquée par un nationalisme qui privilégie tout ce qui est élamîte, mais qui ne pourra empêcher l'Élam de tomber bientôt sous la domination de la Perse achèménide.


Emar

La ville antique d'Émar a d'abord été connue par des textes du milieu du IIIe milI. et des premiers siècles du millénaire suivant provenant aussi bien d'Ébla (une reine d'Emar, Tisha-Lim, était originaire d'Ébla) que de Mari, ou encore de Nuzi et d'Ugarit (par ex., lettre à propos d'un voyage à Emar, datée du XIVe s.. Georges Dossin avait suggéré une identification avec le tell syrien de Meskéné Khadime, dans la boucle de l'Euphrate. Des fouilles de sauvegarde, avant la mise en eau du lac prévue sur le Fleuve, y ont été conduites par une expédition française. Dès les premiers jours fut mis au jour un lot de 14 tablettes placées dans une jarre, qui permirent l'identification du site avec l'antique Émar. Mais, à la surprise des fouilleurs, les monuments dégagés, un palais à Bit Hilani, quatre temples de type "à mégaron", tout aussi bien que les nombreuses demeures privées constituant des îlots de demeures à terrasses accolées les unes aux autres, tout datait de la fin du BR, rien de plus ancien n'a été retrouvé. De fait, les changements de lit de l'Euphrate avaient obligé les habitants de la ville à l'évacuer et à en reconstruire une nouvelle sur une hauteur voisine. Cette reconstruction se fit à l'initiative du roi hittite Suppiluhuma îer (ca. 1380-1346) et de son fils Mursili Il (1345-1315). Cette dernière cité ainsi retrouvée était destinée à être à son tour engloutie dans les eaux du fleuve. La découverte de plusieurs centaines de tablettes rédigées en akkadien pour la majorité d'entre elles, mais aussi en sumérien, en hittite et en hurrite, et d'environ 400 sceaux d'une très grande diversité de styles et d'origines, a apporté de nombreux éléments concernant la vie dans cette partie septentrionale de la Syrie aux XIVe~XIIIe s. Ils ressuscitent dans une certaine mesure cette capitale du royaume d'Ashtata avec sa famille royale et les intrigues de palais . Une partie de ces textes consiste en testaments actes de vente, lettres, contrats divers, almanachs, mais aussi en oeuvres littéraires, telle cette belle élégie intitulée Ballade des héros du temps jadis (- chant), et en écrits de caractère religieux, dont le plus important est un rituel d'intronisation de l'épouse du dieu de l'Orage (noté avec le logogramme 41M, auquel sont ajoutés des épithètes akk"Jabaimmi" qui donne l'eau vivifiante " pih~aimmi","resplendissant ", puda(l)im(m)i, "armé pour le combat ". Parallèlement à ce texte où sont mis en évidence les temples de Ninkur et de Ninurta, et le bétyle d'Hépat, on connaît d'autres divinités de la cité : Baal et Astarté (auxquels étaient sans doute consacrés deux des quatre temples exhumés), Tashmishu, Nergal, Ishtar de shamuba.


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Enki

Dieu Sumérien dont le nom signifie "seigneur de la terre" . En tant que tel, il réside sur Du-ku, colline primordiale. C'est pourtant aussi un dieu des eaux souterraines lié à l'Apsû : une de ses épithètes est " cerf de l'Apsû". Il a été identifié à Éa, avec qui il a été confondu lors du syncrétisme suméro-akkadien.- Dans le panthéon mésopotamien, il naît de l'union d'Anu et de la déesse Nammu, et il est le frère jumeau d'Ishkur. De son union avec Damgalnuna naissent Marduk, Asarluhi, Enbilulu, Adapa, la déesse Nanshé. Il fut très tôt identifié à Nudimmud, nom par lequel on le désigna également. Il est aussi invoqué sous le nom de Nintiku. Son identification à Éa fait que de nombreux hymnes sont adressés à ce dernier. Il est cependant associé à Nisaba dans une composition hymnique à l'occasion de la fête des moissons mais il n'est invoqué que dans le dernier vers : "Ô père Enki, il est doux de te louer" . Son principal temple était l'é.abzu à Éridu. Un temple du même nom lui était consacré à Pasirra. L'é-abzu était desservi par un clergé composé de dignitaires dont nous connaissons quelques appellations sans très bien connaître les fonctions qu'elles recouvrent : enkum, ninkum, abgal et abrig; l'une des tâches de ces deux derniers était de porter à la bouche de la statue du dieu des offrandes destinées à la lui ouvrir : miel, crème de lait, résine de cèdre. Il existe en revanche plusieurs textes mythiques où Enki joue un rôle essentiel. Enki et Ninhursag. Mythe sumérien connu par des tablettes des époques d'Ur III et paléobabylonienne. Il en subsiste 284 vers, soit presque la totalité. Le mythe se situe à Dilmun, un lieu où tout semble endormi où ne coule pas d'eau. Enki s'y établit avec la déesse Ninsikila, «la dame pure «, une déesse dilmunite. Cette dernière s'étant plainte du manque d'eau "l'habile Enki, devant Nintu la mère du pays emplit toutes les rigoles de son Sperme" et de son sperme inonda les cannaies". Le dieu ne se contente pas de distribuer ainsi sa faconde virile, il la déverse dans le giron de Ninhursag d'où naquit Ninsar,"Dame des plantes vivrières". La jeune Ninsar étant ensuite allée se promener le long de la lagune, Enki la vit et dit à son page Isimud : "Ne baiserai-je pas cette jeune et jolie fille, ne baiserai-je pas cette charmante Ninsar?". A quoi le page, bon courtisan, lui répond de la baiser . Enki monte alors dans sa barque et il va déverser son sperme dans le giron de la jeune fille qui donne le jour à Ninkura, dame des plantes à fibres. Ainsi, de proche en proche, le dieu féconde chaque fois la déesse sortie du sein de celle qu'il a fécondée, créant tous les éléments indispensable au développement de la civilisation. Il goûte ensuite les plantes pour fixer leur destin. Mais Ninhursag est furieuse contre Enki à cause de son comportement et le voue à la mort. Intervient alors le Renard qui lustre son poil, farde ses yeux au khôl avant d'aller trouver la déesse. Il y a une lacune dans le texte qui ne permet pas de savoir comment, finalement, Ninhursag prend Enki sur son giron et le guérit de divers maux en créant chaque fois une divinité. "qu' est ce qui te fait mal mon frère - Mon crâne me fait mal. Eh bien je crée pour toi le dieu Aba-u .Qu' est ce qui te fait mal mon frere? Mes cheveux me font mal... Eh bien! je crèe pour toi la déesse Ninsikila..." Enki fixe ensuite le destin (et les fonctions) de ces nouveaux dieux. Enki ordonnateur du monde. Texte poétique sumérien conservé dans plusieurs manuscrits fragmentaires (de Nippur) formant un tout incomplet de plus do 450 lignes. C'est un poème complexe de caractère incantatoire constitué de quatre parties. Il débute par un cantique à Enki " Seigneur Sublime "en tout l'univers Souverain par nature O vénérable Enki! né du Taureau, engendre par l'Aurochs cheri d' Enlil le Grand Mont bien aime du saint An(u)" . Le recit loue ensuite le dieu pour son action bénéfique et créatrice qui a donné l'opulence aux hommes. Puis Enki fait son autoglorification, ce qui permet de connaître ses filiations, ses épithètes, ses fonctions. Il prend ensuite place dans une barque pour aller sur la lagune visiter son domaine. Il est alors question du pays de Magan et de Dilmun , avec leurs boutres chargés à ras bord. Sont décrits tout le cérémonial d'embarquement et l'arrivée de la barque divine à Sumer, dont Enki va fixer le destin. Il aborde à Ur, "la cité sainte " dont il fixe le destin, puis à Nippur (en passant, il fixe le destin de l'Elam). Il crée l'Euphrate et le Tigre en éjaculant et l'eau qu'il produisit ainsi est chatoyante, suave et capiteuse" . Suit une longue litanie de toutes ses créations depuis l' agriculture jusqu 'à I'architecture, le régime administratif des terres sans oublier naturellement I'écriture. Le tout forme selon le jugement averti de Jean Bottéro une ample composition de style soutenu animée d'un souffle lyrique littérairement achevée . Enki et Ninmah : Mythe sumérien connu par des manuscrits fragmentaires : tablettes d'Ur III et copie bilingue d'époque néo-assyrienne. Alors que les deux textes précédents peuvent être regardés comme des cosmogonies, celui-ci est plutôt une anthropogonie. Il s'agit de la création de l'homme, même si le poème commence par la création primordiale : « Ces jours-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été [séparés] - Ces nuits-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été désassemblés]... « Suivent la création des Anunna(ki)... Mais le façonneur de tous les grands dieux, Enki, en son profond Engur (autre nom de l'Apsû) houleux, où nul dieu ne plonge le regard, demeurait vautré au lit : il n'arrêtait pas de dormir «...Les dieux s'en étant plaints, Nammu, "la mère primordiale", vient tancer le dieu, l'engage à agir et lui cite les divinités qui seront ses auxiliaires (Ninniali en premier; puis Ninimma, shuzianna, Ninmada, Niobara, Ninmug, Musargaba et Ninguna). Enki et Ninmah s'enivrent alors de bière, se mettent le coeur en gaieté et Ninmah défie Enki de corriger la nature des hommes qu'elle tente de créer. Mais elle échoue dans ses créations, sept fois, et c'est finalement Enki qui crée leurs destins . Voyage dEnki à Nippur. Dans ce petit poème de caractère liturgique, Enki va faire un voyage à Nippur pour rendre une visite à Enlil. Ces visites rituelles d'un dieu à un autre dieu, qui se faisaient dans la réalité avec la statue du dieu, lequel ou laquelle allait d'un sanctuaire à un autre dans une ville voisine, étaient accompagnées d'une sorte de livret liturgique. Il est d'abord question du palais construit pour le dieu dans l'Apsû, dont le page Isimud fait une description debout face au palais : Ô demeure construite en argent et en lazulite l Toi dont les fondations sont plantées en l'Apsû, duquel le prince te chérît... Ces stances se terminent par une évocation d'Éridu, la cité du dieu: «Lorsque Enki eut fini de construire Éridu, masse artistement couronnée, qui semble flotter sur les eaux, au rivage, il s'adossa à la roselière, (se reposant) en son verger amène, plein de fruits, où nichaient les oiseaux, tandis que folâtraient les carpes, parmi les tendres plantes aquatiques et que les cyprins frétillaient entre les jeunes pousses de gizi ! ". Enki (en fait sa statue) s'embarque et parvient à Nippur dans le gigunnû, sainte chapelle de Nippur. Là, Enki offre un banquet à Enlil, son père, dans le sanctuaire de Nippur au menu, bière, vin, bière d'épeautre, bouillie de malt ( ?), sirop de dattes... Les gobelets pleins à verser, les dieux (en réalité leurs prêtres) trinquent au ciel et à la terre aspirant posément aux hanaps débordants (creux comme) des chaloupes. En fait, il s'agit de vases dans lesquels on plonge les chalumeaux courbes pour aspirer le liquide). À la fin du banquet, Enlil donne aux Anunna la raison de cette liesse et de cette visite : Enki s'est fait construire un palais à Éridu, «le saint lieu où nul ne peut entrer e. En réalité, il s'agit, sans doute, de l'inauguration de l'é.abzu d'Éridu. Inanna et Enki. Ce texte sumérien n'est connu que par un seul manuscrit, complété par quelques fragments. C'est, assure Jean Bottéro, "une pièce interminable et littérairement médiocre" , mais elle a l'avantage de nous donner une longue liste de tous les pouvoirs, les "me" que reçut Inanna et qu'elle déposa à Uruk. Le cadre de l'histoire est une visite que la déesse décide de rendre à l'Apsû d'Enki à Éridu. Comme pour la visite que fit Enki à Enlil, la réception de la sainte Inanna (qui fît route toute seule e vers Érîdu) commence par un banquet. Enki fait alors la liste, à son page Isimud, de tous les cadeaux qu'il va faire à sa fille Inanna, qui ne sont autres que les "me" : le Pastorat et la Royauté, les Offices d'Egîzi, de Nindîngîr, d'Itîb, de Lumali et de Gudu, la Véridicité, la Descente aux Enfers, l'Habit polychrome, la Chevelure rejetée sur la nuque... Et, avant de dire le don Enki introduit la citation par: " Par mon prestige , par mon Apsû , à la sainte Inanna ma fille, je vais offrir, sans que nul m'en empêche" , etc. Et c'est Enki qui conclut (derniers vers) à l'adresse de la déesse : Qu'à la porte de ton saint Gipar le grand prêtre passe ses journées en liesse Et que les citoyens de ta ville, les enfants d'Uruk, y vivent agréablement. Quant à toi, ta ville demeure dûment alliée à Erîdu : aussi la restaura-t-on en sa situation première !".


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Ershemma

Forme de poème religieux lyrique sumérien du type de la lamentation. Le mot sumérien ersemma signifie «plainte (ou lamentation) du tambour en akk. haîhallatu), une sorte de timbale ou de grand tambourin fait d'une peau tendue sur une base en métal:cuivre, bronze, voire or. L'ershemma est un texte liturgique écrit en émésale, dialecte que l'on retrouve dans tous les cantiques de ce genre, accompagnés par une musique ou scandés par des bruits sourds de tambours. Ces pièces relativement courtes formant une unité littéraire étaient certainement psalmodiées par les femmes à l'époque sumérienne. Mais, àpartir de l'époque babylonienne, elles seront intégrées dans la liturgie des prêtres kalu. L'ershemma est, avec la lamentation,l~un des deux principaux genres littéraires rédigés en émésal, et ils seront pratiqués jusqu'à la fin du Ier mill. Une autre caractéristique propre à ce genre est qu'il s'adresse exclusivement à des divinités, jamais à des souverains. Parmi ces dieux, les plus souvent invoqués sont, dans l'ordre (copies conservées des IIe et Ier mill. confondus): Enlil, Inanna, Dumuzi (uniquement au IIe mill.), Asarluhi, Ninurta, Ishkur, Gula, Marduk (uniquement au Ier mill.), Utu. Une série d'autres divinités n'ont qu'un seul ershemma, bien que cela ne soit pas significatif dans la mesure où toute statistique dans un tel domaine est contingentée par le hasard des trouvailles. À partir des incipit connus on a pu établir un catalogue de 194 ershemma . Trois catégories de sujets dominent dans les textes conservés : narrations fondées sur des thèmes mythologiques, plaintes à propos de catastrophes et hymnes de prières. Les catastrophes étant dues à Enlil, il était naturel qu'il ait été le plus souvent invoqué. Les sujets myth9logiques traités sont: la destruction de l'Eanna, le temple d~Anue et d'Inanna à Uruk, la capture et la mort de Dumuzi, la capture et la mort de Nergal, l'engagement de Ninisina, l'engagement de ~~énda, l'épouse d'Utu, l'investiture d'Ishkur Ishkur met fin à une famine . Bien que les prêtres-kalû aient pu unir la récitation d'un ershemma à celle d'une lamentation du genre balag, la structure de ces deux catégories de textes est très différente. Comme le note Mark Cohen, l'ershemma est une composition compacte, bien structurée, centrée sur un seul thème, tandis que le balag est une oeuvre longue, quelque peu décousue, parfois même sans aucune histoire de base. Nombreux sont les kirugus des balags qui forment des unités indépendantes du corps du texte.


Eshnunna

(Tell Asmar) : Ville du bassin de la Diyala, affluent du Tigre descendu du Zagros, au nord-est de Bagdad. La transcription akk. de son nom sum. est Isnou. La ville s'étendait sur 1 km carré, ce qui marque son importance. Sans doute fondée au IVè mill., elle prend une certaine extension pendant les DA Il et III; elle parvient à sa plus grande expansion à l'époque d'Ur III et à celle dite d'Isin et Larsa. Elle est soudainement abandonnée à l'époque paléobabylonienne, sans doute à la suite de sa conquête par Hammurabi, v. -1768. Un temple consacré à la divinité locale appelée Abri s'est développé sur trois phases (et niveaux stratigraphiques) successives. Le premier niveau remonte, selon les fouilleurs, au DA I, le deuxième au DA Il et le troisième au DA III, schéma un peu simple qui a, depuis, reçu quelques modifications. De ces trois périodes, l'édifice le plus important est le temple du DA Il appelé "Temple carré". C'est une construction massive axée sur une salle centrale ouverte sur quatre côtés : l'un donne sur une salle d'accès, par laquelle on pénètre dans le monument, les trois autres s ouvrent sur des cella rectangulaires servant manifestement au culte. Le plus important complexe demeure le palais des dynasties Amorrites, dont la stratigraphie s'échelonne sur cinq niveaux, s'étendant dans le temps sur le dernier siècle du îîîe mill. et les premiers siècles du îîe mill., étudiés en détail par Jean Margueron . Le premier élément de ces ensembles était un temple consacré à shû-Sîn (anciennement Gimil-sin) par le gouverneur de la ville au nom du roi d'Ur, Ituria. À la suite d'un incendie partiel, le palais a été reconstruit par Nurahum. Il fut entièrement remanié (phase III) par le roi Bila-lama, à qui l'on doit, semble-t-il, la sécularisation du temple. La phase IV est caractérisée par une extension des bâtiments, qui s'est faite en particulier sous le règne d'Urninmar. Quelques restes d'une cinquième phase datent de l'époque des derniers rois de la cité, Ibiqadad et Ibalpiel. Comme tous les palais mésopotamiens, ils sont constitués de séries de salles axées sur une ou plusieurs grandes cours centrales et, sans doute, pourvus d'un étage. A l'époque akkadienne, au complexe appelé palais du nord était lié un ensemble de structures axées sur une cour centrale, où ont été retrouvés des systèmes d'évacuation d'eau avec plusieurs pièces d'abord interprétées comme des salles de bains, mais dans lesquelles on a vu ensuite un ensemble d'ateliers de teinture de textiles. LES LOIS D'ESHNUNNA. Il s'agit de deux grandes tablettes trouvée lors des fouilles de TelI Harmal en 1945 et 1947 (sources A et B) complétées par des extraits retrouvés dans une tablette d'exercice de scribe exhumée dans les années 1980 lors d'une fouille de sauvetage du bassin du Harim, à Tell Haddad (source C). L'introduction de la première tablette (source A) a permis d'attribuer ce corpus fragmentaire de lois à la ville d'Eshnunna, capitale d'un petit État devenu indépendant à la fin de l'époque d'Ur III. Les lois ont été collationnées sous le règne de Dadusha sans doute le dernier roi de la ville indépendante, car il était contemporain du début du règne d'Hammurabi. La majorité des incipit de lois commence par summa, qui signifie Si» suivi d'un substantif (awiîum un homme, ou encore «il»). Elles concement les actes commerciaux et surtout les relations sociales.


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écriture

Trois grands types d'écritures ont été inventées qui ont couvert l'ensemble des langues du Proche-Orient asiatique : cunéiformes, hiéroglyphiques et alphabétiques. Cunéiforme : Ce nom, donné parles archéologues modernes, vient de la forme on s coin (du latin cuneus) de ce type d'écritures. Les scribes antiques utilisaient de fins roseaux (calames) dont l'extrémité était triangulaire pour écrire sur des tablettes d'argile crue, qu on mettait peut-être ensuite à cuire, ce qui fixait définitivement les textes ainsi écrits. Une pression de l'extrémité du calame imprimait un triangle prolongé généralement par un trait tracé avec le roseau penché, ce qui permettait de ne marquer l'impression qu'avec l'une des trois pointes du bout triangulaire. L'invention de cette écriture, la plus ancienne encore connue, est due aux Sumériens et remonte aux derniers siècles du IV miii. Les premières tablettes, provenant du site sumérien d'Uruk, ne présentent pas des cunéiformes mais des pictogrammes, représentations figurées d'un mot: pour exprimer la tête, on dessinait d'une manière schématique une tête, pour l'hirondelle, un oiseau, pour le cochon, une tête de cet animal et, pour le dieu du Ciel, une étoile stylisée. Ainsi sont utilisées les parties du corps humain, les représentations d'animaux, de plantes, d'instruments divers, etc. Cette écriture, dite pictographique, apparaît à l'époque dite d'Uruk IVa. Quelques rares éléments grammaticaux permettent d'affirmer que la langue ainsi exprimée est un sumérien archaïque. La nécessité, pour les scribes, de tracer rapidement ces dessins les conduit bientôt à les schématiser avec les traits en forme de clou, si bien que, rapidement, ils perdent leur aspect linéaire et se transforment on écriture cunéiforme. C'est ce qui s'affirme au cours de la période suivante, Uruk III, dont une strate est identifiée à la période de Jemdet Nasr. Les premiers lexiques apparaissent à cette époque, prouvant qu'il s'agit bien du sumérien. Mais les idéogrammes ne peuvent réellement exprimer tous les mots d'une langue. Les mots furent divisés en syllabes et ce sont ces syllabes qu'ont rendues les caractères cunéiformes issus des anciens idéogrammes. Les éléments monosyllabiques dominant dans la langue sumérienne, le passage au syllabisme on a été facilité. Dès lors, les cunéiformes vont exprimer les syllabes constituant les mots. Lorsque les Sémites Akkadiens vont s'imposer, dans la seconde moitié du IIIè mill., l'administration akkadienne va devoir adapter les syllabaires Sumériens à la langue nouvelle. De l'akkadien et de ses syllabaires procèdent directement l'assyrien et le babylonien, avec le même type d'écriture cunéiforme. Il convient cependant de noter que ces signes cunéiformes ne restent pas figés et varient légèrement selon les scribes et les époques. À l'est de la Babylonie, l'Élam, après quelques essais de création d'une écriture proche des cunéiformes (proto-élamite, dès l'acropole 1 de Suse, qui correspond à Uruk III, avec un développement à la phase suivante marqué dans les archives de Suse, contemporaines d'Uruk IV) dès la seconde moitié du III mill. adapte à sa langue les syllabaires cunéiformes suméro-Akkadiens. Cette écriture cunéiforme s'éloigne au fur et à mesure de son évolution propre, des cunéiformes de la Mésopotamie. Nombreux sont les autres pays ou royaumes qui adoptent les cunéiformes pour exprimer par écrit leur propre langue. C'est le cas des Hourrites ou encore de l'Urartu, au début du 1er mill., des Hittites, qui simplifient le syllabaire pour donner une valeur phonétique à la plupart des signes. Cependant, chronologiquement, ce sont les scribes des rois d'Ébla qui, au milieu du IIIè mill., adaptent les cunéiformes Sumériens à leur langue sémitique. Il on a été de même sans doute de toutes les petites cités-États de la Syrie, comme en témoignent, à une époque plus tardive, les textes des archives d'Ugarit. Quant aux cunéiformes, repris sous la forme de syllabaires dans les inscriptions monumentales de la Perse achéménide, ils seront utilisés jusqu'au début de l'ère chrétienne en Mésopotamie. Hiéroglyphes. On emploie conventionnellement le terme de hiéroglyphes pour désigner une ou des écritures pictographiques de l'Asie Mineure. La plupart de ces pictogrammes représentent des parties du corps humain (pieds, mains, têtes...) et des têtes d'animaux (chevaux, boeufs, chiens, porcs, lions, oiseaux, poissons), ou encore des objets mobiliers... Ces hiéroglyphes "dits" Hittites apparaissent au XIVè s., concurremment avec les cunéiformes, ces derniers restant largement majoritaires, en particulier dans les archives sur tablettes. Bien que leur lecture reste encore sujette à discussion, ils recouvrent sans nul doute la même langue d'origine indo-européenne, mais déjà très modifiée, qu'est le nésite (voir Hittites, langues). Les inscriptions en hittite hiéroglyphique vont se développer surtout à partir de l'époque dite néo-hittite, au début du 1er mill., en particulier à Karkémish. On connaît un bilingue en hiéroglyphes Hittites et en cunéiformes Akkadiens, désigné sous le nom de "sceau de Tarkondémos", fausse lecture de l'akkadien tar-qu-mu-wa, jadis lu tar-kumdim-mo. Il s'agit d'un sceau hémisphérique en argent où est représenté au centre un personnage debout, entouré de six signes hiéroglyphiques, dix signes cunéiformes étant inscrits dans un bandeau circulaire qui entoure l'ensemble : il a été utilisé comme outil pour la transcription des hiéroglyphes Hittites. Cependant, c'est le texte bilingue de Karatépé qui a réellement permis une première approche de l'interprétation des hiéroglyphes Hittites. Ils sont généralement écrits dans le sens appelé boustrophédon, c'est-à-dire de droite à gauche (ou inversement) pour la première ligne et dans le sens opposé pour la ligne suivante, comme les sillons tracés par les paysans avec une charrue attelée à un boeuf (d'où son nom d'origine grecque). Bien que, apparaissant à l'époque de l'Empire hittite, ce soit surtout après sa chute qu'ils vont être utilisés à la place des anciens signes cunéiformes, ils recouvriront souvent une langue voisine du hittite, le luwite.(voir alphabet, langues).


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Éridu

Ville du Sumer, la plus méridionale des grandes cités, au sud d'Ur. Elle était regardée par les Sumériens comme la plus vieille ville du monde, celle où la royauté était pour la première fois descendue du ciel. Son premier roi, A-lulim(ak), aurait régné 28 800 ans, son successeur Alalgar, 36 000 ans, soit un total de 64 800 ans avant que la royauté passât à Bad-tibira. Éridu était la "cité sainte d'Enki", avec son temple, l'éabzu. La ville a été retrouvée dans le site d'Abri-flharain. Son exploration, quoique restreinte, a permis de confirmer la haute antiquité de la ville, dont la plus ancienne céramique semble être contemporaine de celle de Samarra (début de l'obeîdien niveau appelé parfois Éridu , daté du VIème mill.). Au pied de la ziggurat« de l'époque d'Ur-Nammu (v.-2100) a été conduite une fouille stratigraphique qui a révélé dix-sept niveaux architecturaux, des temples semble-t-il, bien que la destination cultuelle de l'ensemble des monuments ainsi superposés ne soit pas toujours évidente. Les premiers temples consistaient en une seule salle, le monument allant se complexifiant au frir et à mesure des reconstructions . La ziggrirat elle-même, faite de briques crues avec un parement de briques cuites et de bitume mesure a la base 61,80 x 46,50 m. Elle subsistait sur une hauteur de 9,50 m. Un palais contemporain du A III a été mis au jour. Selon les conclusions des fouilleurs de la mission britannique dirigée par Campbell-Thompson, les plus anciens niveaux révèlent une occupation par une ethnie différente des Sumériens, identique àcelle qui occupait la région de Suse; la ville avait un port situé non sur la mer mais sur une lagune soumise à la marée; le site fut abandonné (en tout cas partiellement) au début du îîe mill. la cité aurait été partiellement utilisée comme cimetière à la fin du millénaire précédant. Les fouilles, reprises par la Direction générale des Antiquités de l'Iraq, a mis au jour l'un des plus grands cimetières de l'époque d'el-Obeid :198 tombes ont été fouillées, leur nombre étant estimé à près d'un millier. Lamentation d'Éridu. Parallèlement aux grands textes bien connus des lamentations sur la destruction d'Ur et sur la destruction du Sumer et d'Ur, on dispose d'un texte sumérien incomplet sur la destruction d'Éridu. Il s'agit d'un balag composé de 8 kirugu parfois partiels et de longueurs différentes, représentant un total d'environ 150 vers. La composition date des règnes soit d'Ishme-Dagan d'Isin (-1958 -1935) soit de Nûr-Adad de Larsa (- 1865 -1850). Le destructeur de la cité se manifeste comme un orage : "L'orage grondant recouvre la ville comme un voile, il se déploie sur la ville comme un drap. Il couvre Éridu, pareil à un voile, il se déploie sur la ville comme un drap. À travers la cité, la tempête furieuse résonne, dans Eridu la tempête furieuse résonne..." Ainsi commence la partie conservée, car il manque les premiers vers, du poème. Le dieu de la ville, Enki, se voit chassé ainsi que son épouse Damgalnunna/Damkina, et les dieux se lamentent avec les hommes... et aussi Damgalnunna, qui prend la parole en émésal (Kirugri 5 :7-7 :2). Nous apprenons par sa voix que le responsable de la destruction n'est autre qu~Enlil : «Le seigneur Mullil, roi de toutes les terres, a jeté un regard torve sur Sumer. Il l'a détruit. Il a détruit le Kirir (- Enlil), la Grande Place, il a éradiqué tout le monde dans ses temples brillants. Il l'a détruit, il ne l'a pas abandonné...» Comme dans ce genre de lamentation, après la destruction de la ville et du temple du dieu tutélaire, vient un souverain pieux qui reconstruit le temple et, par la même occasion, la cité. La fin manquant, on ne sait précisément Si ce souverain généreux est Itme-Dagan. Cosmogonie d'Êridu. Il s'agit d'un texte sumérien incomplet dont il manque tout le début, sur une tablette datée des environs de -1600. L'homme menant une existence précaire, la déesse des Naissances, Nimtur, génitrice de l'humanité, prend pitié de lui, lui fait construire les cités et institue la royauté. La première des cités fondées est Éridu, àlaquelle elle donne pour chef Nudimmud (Enki) la deuxième est Bad~Tibira, qu'elle donne e au Sacré e (Dumuzi), la troisième est Larak, attribuée à pabilsag, la quatrième Sippar, dont le patron est Utu, la cinquième shuruppak, dédiée à Ansud. Ces cités antédiluviennes reçoivent d'elle leur nom, ce qui leur permet d'exister . On retrouve ensuite les grands thèmes mythiques : désagréments des dieux, vision de Ziusudra qui construit son arche, Déluge. La fin est occupée par un petit discours d'Enki à l'adresse d'Anu et d'Enlil, puis la royauté est donnée à Ziusudra. Il est à remarquer que les deux derniers vers (dont il manque la suite) mentionnent à l'extrême est, par-delà les montagnes, le mont Dilmun, lequel ne peut àl'évidence, être la Dilmun historique identifiée à Bahreîn, mais une haute terre mythique où se trouve «la semence de l'humanité.


GeshtInanna

Déesse Sumérienne. Son nom signifie dame de la grappe (de raisin) ». Dans les textes du cycle de Dumuzi, elle apparaît comme la sœur du dieu et la fidèle compagne d'Inanna. C'est sans doute une ancienne déesse de la Végétation. Elle est parfois assimilée à la Babylonienne Bêlet-sêri.


Gipar

Nom de la résidence de la prêtresse entu et du prêtre en (enu) dans leur temple. Il semblerait qu'à l'origine le terme sumérien ait désigné une pièce où était conservée la nourriture du foyer ou du clan . On y pratiquait les rites de fertilité et d'hiérogamie du prêtre et de la prêtresse, de sorte que le lieu est devenu leur résidence : c'est dans le gipar que se sont par la suite déroulés les rites du mariage sacré. Dans l'hiérogamie entre Inanna et Dumuzi, on voit la déesse qui, àla, porte de lapis-lazuli du gipar; dans l'Eanna, le temple d'Anu et d'Inanna à Uruk, rencontre le prêtre en, figurant le dieu . Plusieurs " maisons " de prêtres en et de prêtresses entu sont connues sous le nom d'égipar (é).g~i6-pàt: l'un se trouvait dans l'Esagil de Babylone, un autre était le siège de Ningal à Harran, probablement dans le é bul hûl celui de l'Éanna d'Uruk est souvent mentionne «O Eanna, O saint Gipar, Je suis Inanna ,O Eanna, O saint Gipar,Je suis la dame de l' Eanna. Cependant, l' Egipar le mieux connu celui qui a pu etre retrouvé au cours de fouilles est celui d Ur. Deux giparu y sont connus celui de la grande prêtresse de Nanna et celui de la grande prêtresse de Ningublaga. Le second n'est attesté que par une inscription, mais les ruines imposantes du premier ont été rendues au jour. Lors de sa découverte, Leonard Woolley y a vu le temple de Ningal et l'a désigné comme le gipar-ku . Il s'agit d'un grand bâtiment carré de 79 x 76,50 m pourvu d'une entrée monumentale au nord-ouest et d'une petite entrée au sud-est. L'espace intérieur, délimité par les murs massifs du bâtiment, est occupé par un ensemble de cours et de galeries sur lesquelles s'ouvrent de nombreuses pièces, le tout formant une géométrie labyrinthique. Bien qu'il ait existé un gipar à l'époque d'Ur III, celui-ci ne remonte qu'à l'époque d'Isin-Larsa (début du IIe mill.). Les textes liés à ce monument révèlent que la grande prêtresse était choisie dans la famille royale. Ainsi, les deux grandes prêtresses connues de l'époque paléobabylonienne sont Ena-anatuma, fille du roi d'Isin Ishme-Dagan ( -1953 -1935), et En-ane-du, soeur des rois de Larsa Warad-Sîn (-1834 -1823) et Rim-Sîn (-1822 -1763).


Gula

Déesse Babylonienne. Déesse de la Santé, patronne des médecins. Elle est donnée comme épouse de Ninurta ou de pabilsag, et mère de Damu et de Ninazu. Identifiée à Ninisina.


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Guzana

Capitale d'un petit royaume araméen du nord de la Syrie.La ville était bien connue, surtout par les inscriptions néoassyriennes, lorsqu'elle a été identifiée avec le site moderne de Tell Halaf. La céramique peinte trouvée dans les niveaux inférieurs du site, datée du V mill., a fait donner le nom d'Halafien àtoute une civilisation s'étendant sur une grande partie de la Mésopotamie àl'époque du cuivre (chalcolithique). La ville, située sur le Khabur; était entourée de remparts et dominée par une acropole de 26 m de hauteur. La cité a pris quelque importance au début du Xe s., où elle compte parmi les petits Etats araméens. A l'époque d'Adad-Nârâri III (v. -900), son roi, Abisalamu, est tributaire de l'Assyrie. Son histoire oscille entre l'indépendance et la dépendance de son puissant voisin assyrien. On connaît par les inscriptions plusieurs noms de ses rois sans pouvoir réellement les situer; celui sur lequel on dispose d'une certaine documentation est Kapara, fils d'Handianu. Il est connu par les inscriptions cunéiformes relevées sur des statues et des orthostates de son palais à Bît-hilani (- architecture) où il se dit roi de Palê. On a émis de nombreuses hypothèses sur ce nom de Palê : autre nom de Guzana? Nom du royaume? Autre ville dont Kapara aurait été le roi avant de régner sur Guzana? La période où vécut ce roi reste aussi discutée, variant entre le XIIe et le IXe s. On a retrouvé, lors des fouilles des ruines du palais, de nombreuses statues d'un style original quoique se rattachant au courant néohittite, dont les principales sont des lions gardiens de portes et un dieu dressé sur un lion. Ce palais a été détruit a une époque qui reste imprécise, peut-être bien vers 758, lors de la campagne que le roi d'Assyrie Assur-dan III ( -772 -755) conduisit pour réduire la ville en sédition contre l'occupation assyrienne et ravagée par la peste.


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Hammurabi

Roi de Babylone (-1792 -1750). Il est le sixième des onze rois composant la 1ère dynastie (amorrite) de Babylone. VIE ET RÈGNE. Son père, Sin-muballit (-1812 -1793), avait, en quelque sorte secoué l'inertie dans laquelle était restée la ville sous ses prédécesseurs, qui n'avaient pas cherché à étendre leur domaine. Il avait engagé une politique d'expansion qui sera énergiquement achevée par Hammurabi. Selon une liste annuelle de ses actes, celui-ci commença par rétablir la justice dans le pays en décrétant le misharum. Les six premières années de son règne furent consacrées à des constructions de caractère religieux : un trône pour le dieu Nanna, une enceinte sacrée, deux temples. Ses guerres ne commencèrent que la septième année avec la conquête d'Uruk et d'Isin ou régnait Rim-Sîn (-1822 -1763). Au cours des quatre années suivantes, il conquiert le pays d'Émutbal, Malgia, Rapiqum et shalibi, enfin Marien -1759, mettant fin au règne de Zimri-Lim. Encouragé "par un oracle d'Anu et d'Enlil", qui marchent devant ses armées nous dit la chronique de sa 31e année, il force Sumer et Akkad à lui obéir. Il entreprend ensuite des campagnes en direction du nord, vers Eshnunna et le Subartu, de l'est vers les Gutis et l'Élam. Parallèlement à ces travaux guerriers, il ne cesse de construire temples, murailles, non seulement à Babylone, mais dans les cités du royaume, en particulier à Sippar, fait creuser ou aménager des canaux des digues, mille travaux d'utilité publique. LE CODE : Mais sa grande œuvre est le célèbre Code qu'il fera graver sur une grande stèle (act. au Louvre), et qui reflète l'état de la société de son temps. Dans le long prologue du Code, il se présente comme le pasteur, l'élu d'Enlil, celui qui apporte opulence et prospérité. Et il mentionne les villes, qui, outre Babylone, ont profité de ses bienfaits : Nippur, Eridu, Ur, Sippar, Larsa, Uruk, Isin..., à quelques exceptions près toutes les grandes villes du Sumer et d'Akkad. Ce prologue révèle que le Code a été gravé dans les dernières années de son long règne, mais nombre de lois avaient déjà été promulguées, comme le montrent des tablettes qui en conservent des fragments, lesquels présentent parfois des versions différentes de celles qui sont connues par le Code. La disparité des villes de l'empire, qui devaient aussi avoir leurs lois propres, lois dont s'est inspiré en partie le Code, a conduit le roi à faire graver dans la pierre pour les générations futures un ensemble de lois qui devaient désormais s'imposer, comme, toutes proportions gardées, le code théodosien et ensuite les pandectes de Justinien ont constitué un corpus législatif applicable à tout l'Empire romain (d'Orient), faisant la synthèse de toutes les lois et d'édits antérieurs. Il convient cependant de noter les imperfections de ce code, malgré les avantages qu'il présente et les progrès dont il témoigne au profit du droit, car, du fait même de ses origines et de l'amalgame qu'il représente, on y trouve de nombreuses lacunes, des redites et même des contradictions. Il constitue cependant le premier effort d'établissement d'un droit de caractère général, voire universel pour son époque, puisque devant s'appliquer à des populations très diverses, unies par la force sous l'autorité d'un seul prince, mais sanctionnée par les dieux.


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Harran

Ville au nord de l'Euphrate. Elle appartient au domaine culturel assyro-syrien, mais les caprices de la politique font qu'elle est située actuellement en Turquie orientale. Son nom akk. était Harra-nu (sum. KASKAL, hébr. Haran). Ce terme possède de nombreux sens en akk. : "route" ," chemin", " voyage", " caravane" . Lorsque le mot est précédé des déterminatifs URU ou KUR, il désigne une ville ou une région. Ainsi le nom d'Harran vient-il de la position de la ville à un carrefour de routes. Dans des inscriptions assyriennes, la ville porte le nom d'Huzirina. Son nom apparaît pour les premières fois dans une tablette cappadocienne de Kanesh ("itinéraire d'Urbana" , datée du XIXe s. et, quelques décennies plus tard, dans une lettre de Mariadressée à Iasmah-Addu. ~ Harran, dont l'histoire reste peu connue, était l'un des plus importants centres du culte du lieu-lune Sîn avec Ur. Le temple du dieu, é.hul.hul (" Maison qui apporte la joie "), remonte pour le moins à l'époque paléobabylonienne. Il a été reconstruit par les rois Assyriens Salmanazar III et Assur-banipal. Ce même sanctuaire semble avoir abrité aussi une chapelle de Ningal. On connaît encore un autre temple dédié à Nusku qui fut aussi restauré par Assur-banipal. À l'époque d'Hammurabi, la ville est gouvernée par le roi amorrite Asditakim. Il fit une alliance avec le roi de Zalmaqum et les chefs des Bédouins benjaminites en révolte contre le roi de MariZimri-Lim, alliance qui fut conclue dans le temple de Sîn. À l'époque médio-assyrienne, Harran devient assyrienne et Adad-nârâri 1er au début du XIII è s., fortifie sa citadelle. La cité s'étant révoltée contre les Assyriens, Assur-dan III (-772 -755) la détruisit en -763. Sargon II la reconstruisit. Après la chute de Ninive, en 612, le dernier roi d'Assyrie s'y réfugia et en fit sa capitale jusqu'à sa prise, deux ans plus tard, par les Mèdes, qui la mirent à sac. Le temple fut particulièrement soigné par le roi néobabylonien Nabonide, dont la mère, Ada Guppi, était prêtresse. Les fouilles n'ont pas permis de retrouver les restes de ce temple de la Lune. SULTANTÉPÉ. Dans le tertre voisin de Sultantépé, les fouilles ont mis au jour la résidence d'une prêtresse et la bibliothèque d'un prêtre, Qurdi Nergal. Selon un colophon, les textes qui la composent auraient été rédigés par des étudiants de l'école du temple, entre -718 et -612. Contrairement à de nombreuses archives, la plupart de ces 407 tablettes sont de caractère littéraire. Il s'agit de versions incomplètes de grands textes épiques et d'ouvrages devenus des classiques de la littérature akkadienne: Énûma élish, Épopée de Gilgamesh, Épopée d'Erra, mythe d'Anzu, légende kuthéenne de Narâm-Sîn, poème du Juste souffrant , conte du "Pauvre Homme de Nippur". Toujours en akk. figurent dans la bibliothèque de nombreux textes de caractère économique et médical, des prières et des hymnes, des incantations et des rituels (souvent fragmentaires) des omens, des textes hémérologiques et ménologiques, astrologiques et astronomiques. Les numéros 150-217 incluent des textes Sumériens et bilingues, mythologiques, des ershemma (en l'honneur de Marduk), et des incantations Cette bibliothèque non seulement enrichit notre connaissance de la littérature mésopotamienne, mais complète ou rectifie certains textes classiques dont il manquait des parties.


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Hattusili III

(-1275 -1260). Il était le troisième fils de Mursili Il. On ignore ce qu'est devenu l'aîné, Halpasulupi. Son frère Muwatalli hérita le trône de leur père et lui-même, qui était prêtre d'Ishtar, reçut de son aîné des grades et des charges. Il fut enfin nommé gouverneur du Haut-Pays, c'est-à-dire des régions au nord d'Hattusa, tandis que le roi installait sa capitale au sud, à Tarhundassa. Cet exode a peut-être été dicté par la crainte de raids des Gasgas. Belle prudence, car; peu après, ces nomades barbares déferlaient sur les hauts plateaux anatoliens et mettaient Hattusa à sac. Hattusili III, chargé de la défense, combattit dix ans avant de réussir à les chasser. Tandis que son royal frère s'occupait des affaires des princes alliés de l'ouest de l'Anatolie , Hattusili III dut faire face à la révolte de la ville de Pishuru qui aligna face à lui 800 chars. Bien qu'il n'en disposât que de 120, il remporta la victoire et rétablit l'ordre dans la contrée. Les intrigues des rois d'Égypte en Syrie conduisirent Muwatalli à intervenir. Il coalisa les princes syriens contre Ramsès Il, et les deux puissances se heurtèrent près de Qadesh sur l'Oronte. La bataille, quoique restée indécise, se conclut sur un accord tacite qui fixait la ligne de partage des influences des deux empires à la hauteur de Damas. À peine Hattusili rentrait-il de Qadesh qu'il dut de nouveau se porter contre les Gasgas, qui revenaient à l'assaut. Peu après mourait Muwatalli (v. -1280). Son fils Urhi-Téshub lui succéda naturellement et prit le nom royal de Mursili III. Toute cette partie de la vie du futur roi nous est surtout connue par sa propre apologie ou Autobiographie, dans laquelle il se défend d'avoir nourri quelque ambition au détriment de son neveu. Mais cela n'empêcha pas leurs relations de se détériorer lentement. Sans doute par crainte d'une rébellion de son oncle, Mursili eut la maladresse d'entreprendre de lui retirer peu à peu ses pouvoirs dans le Haut-Pays, dont il était resté le gouverneur. Il ne lui laissa bientôt que deux villes. Lorsque, finalement, il voulut l'en dépouiller, Hattusili se révolta. Son prestige était tel qu'il eut derrière lui la majorité du royaume, Si bien que le jeune roi se retrouva bientôt le prisonnier de son oncle qui se contenta de l'exiler. En ces temps où l'on faisait exécuter si aisément ses ennemis, il convient de remarquer qu'Hattusili, à qui s'était déjà à plusieurs reprises offerte l'occasion d'exercer une vengeance, s'était toujours contenté d'exiler ses adversaires. Avant de monter sur le trône, il avait épousé Puduhepa avec qui il partagea son trône. Bien qu'il se fût montré un bon homme de guerre, une fois monté sur le trône, il utilisa la diplomatie. Il chercha à se concilier le roi d'Assyrie, Adad-nirâri Ier, et, peut-être par crainte d'une alliance entre l'Assyrie et l'Égypte qui l'aurait menacé sur deux fronts, il laissa l'Assyrien conquérir le Mitanni (Hanigalbat). En revanche, il fit une alliance avec le roi de Babylone Kadashman-Turgu. Enfin, vers -1270, il passa un traité de paix avec Ramsès Il, et une princesse hittite fut donnée comme épouse au roi d'Égypte pour sanctionner cette alliance, qui ne fut plus jamais rompue. On n'est guère renseigné sur les événements de l'Anatolie pendant le règne d'Hattusili, mais il semble que sa volonté de paix avec toutes les grandes puissances voisines était en partie dictée par la nécessité dans laquelle il se trouvait de lutter contre les incessantes incursions des Gasgas. Le fait est qu'il laissa à son fils Tudhaliya IV un royaume prospère et puissant, en paix avec tous ses voisins.


Inanna

Déesse sumérienne identifiée à l'Ishtar sémite. C'est la principale déesse du panthéon mésopotamien. Il est possible qu'elle n'ait été, à l'origine, que la déesse de l'Amour c' est-à-dire de ce courant universel qui conduit les êtres à s'unir pour la reproduction, mais qui fait aussi germer les plantes dans la terre. Son aspect guerrier et destructeur serait propre àIl,î>tar, qui, en se syncrétisant avec Inanna, lui aurait conféré cet attribut redoutable. Il convient néanmoins de remarquer que ces deux manifestations ne sont pas incompatibles, la mort étant la fin de la naissance, la destruction, ne serait-ce que par le temps, celle de la création. Son nom, qui semble dérivé de Ninanna (sum.), signifierait "dame du ciel", et inclurait le nom divin d'An, dont elle devient la hiérodule (voir Exaltation d'lnanna) ; elle est alors la "hiérodule des cieux" (nu-u5-gig-an-na) et la "vache du ciel exaltée" (ô-sùn-zi-an-na). C'est à l'évidence une très ancienne divinité car son nom apparaît dès la période d'Uruk au lVè mill. sous l'aspect d'un faisceau de roseaux dont l'extrémité supérieure forme une boucle. C'est son symbole qu'on retrouve au DA dans des représentations de sceaux et sur des fragments de terre cuite, de part et d'autre des toits oblongs de constructions en roseau ces toits sont parfois surmontés par un mât pourvu de chaque côté de trois boucles : c'est le signe (cunéiforme) mhz par lequel elle est désignée. Elle est très souvent mentionnée dans les inscriptions du DA. Dès -2450, Lugal-tar-si, roi de Kish, la déclare "reine des déesses" . Il semble que sa cité d'origine soit Uruk, où elle a son temple principal, l'é.an.na ("Maison du ciel"), qu'elle partage avec An, mais elle est largement vénérée dans tout le Sumer. Éanatum (dont le nom signifie "digne de l'E-anna") se déclare l'aimé de la déesse par qui il a reçu la domination de Lagash et de Kish. Elle prend plus encore d'importance à l'époque d'Akkad , ou la fille de Sargon Ier, Enhéduana, donne le ton en lui consacrant des hymnes et des prières. Bien qu'il s'agisse de copies plus tardives, le fait que ces textes soient attribués à ce personnage historique marque l'expansion de son culte à cette époque, qui pourrait bien être celle où ses attributs sont doublés de ceux d'Ishtar à laquelle elle est identifiée. À l'époque d'Akkad, où elle apparaît sous le nom d'Anunîtum, elle est la divinité d'Aktup (ville non localisée) sous le nom d'Aktupîtum, et elle règne aussi sur la ville de Zabalam, voisine d'Umma. Dans un balbale, la déesse rappelle toute l'étendue de sa domination : " Mon père m'a donné le ciel, il m'a donné la terre, je suis la reine du ciel [...] À Uruk, l'Éanna est à moi à Zabalam le (temple) Gigunna est à moi à Nippur le Duranki est à moi, à Ur l'Édilmuna est à moi à Girsu l'Eshdamkug est à moi, à Adab l'Ésharra est à moi, à Kish le Khursagkalamma est à moi, à Kisiga l'Amashkuga est à moi, à Aksak l'Anzagar est à moi, à Umma l'Ibgal est à moi, à Akkad l'Ulmash est à moi. Parmi les dieux, en existe-t-il un, un seul, qui puisse se comparer à moi ? " . Les diverses théogonies lui attribuent une nombreuse parentèle. Quoique déclarée la hiérodule d'An, elle est aussi donnée comme sa fille, mais elle est encore dite la fille d'Enlil, d'Enki, de Nanna, et la soeur d'Utu et d'Ereshkigal. En revanche, elle n'a pas de parèdre. Si Dumuzi occupe une place capitale dans son mythe en tant qu'amant, il n'apparaît pas comme un époux auprès de qui elle n'aurait plus qu'un rôle secondaire. C'est une déesse dominante qui règne même sur les dieux, qui n'a ni mari ni progéniture. Lorsque, dans le mythe d'Anzû, les dieux appellent shara l'enfant d'Ishtar, il faut comprendre par ce terme le "chéri", et nullement le fils né de son sein . Elle est la divinité antique à qui est consacré le plus grand nombre de sanctuaires sous son nom et sous celui d'Ishtar. C'est aussi la divinité qui intervient dans le plus grand nombre de mythes, soit à titre secondaire, soit dans le rôle principal. (voir Agushaya), hiérogamie (grande liturgie d'Inanna). POÈMES ET MYTHES CONCERNANT Inanna Cycle d'Inanna et Dumuzi : voir Dumuzi. Inanna et Enki : voir Enki. Descente d'Inanna dans l'autre monde : voir Enfers. La descente d'Inanna serait un rituel d'une visite de la déesse à Kutha. Inanna et Ébih. Incipit sum.: in-nin-mehua-a = Inin (banna) aux pouvoirs (me) redoutables. Poème de caractère épique de 184 vers rapportant comment la déesse guerrière combat et détruit la montagne rebelle appelée Ebih, qui ne veut pas reconnaître as domination. On y voit un étrange contraste entre l'aspect de la déesse, »jeune femme », et l'impétueuse guerrière qui, rendue furieuse contre l'Ébih, se transforma en foudre de guerre, "déverrouilla l'arsenal, dont elle repoussa la porte étincelante. Elle en tira l'altière Bataille et mit au sol l'énorme [Ouragan] ! Madame apprêta (?) ses augustes flèches et empoigna le carquois i Elle déchaîna contre l'Èbih un déluge et y lâcha l'irrésistible Vent Mauvais Madame se jeta alors à l'assaut du pays". Inanna et Shukalletuda. Poème qui subsiste presque entièrement, en quelque 300 vers, avec des lacunes. La déesse, ayant quitté le ciel pour descendre sur la terre, s'endort dans un jardin où le jardinier (?), Shukalletuda, en profite pour lui détacher son pagne - et il "la baisa et la pénétra puis il s'en retourna à l'extrémité du jardin". Au réveil, Inanna, s'étant aperçue du viol, chercha en vain son agresseur et, de colère, elle envoya trois pestes à travers le pays des Sumériens. Inanna et Bilulu : Le colophon de cette composition de 187 vers nous apprend qu'il s'agit d'un chant. Il est proche des lamentations et entre dans le cycle d'Inanna et Dumuzi. Le récit, en vers, est entrecoupé de lamentations et de passages lyriques. Le premier vers (dont la moitié forme l'incipit: edin-na ddumu~zi~mu), "Dans le désert, mon Dumuzi, j'élèverai ma complainte ", donne le ton. La déesse va ainsi dans la steppe où est mort son amant; elle arrive en présence du défunt "à la tête meurtrie", chez sa soeur Geshtinanna/Bélili. Là, elle entonne un chant funèbre (thrène). On ne sait d'ailleurs qui, dans cette pièce, est responsable de la mort de Dumuzi. En tout cas, la déesse décide de porter Sa vengeance contre Bilulu, une vieille femme qui tient une taverne dans la région. Cela à cause de son fils Girgire, qui volait les bêtes du troupeau de Dumuzi. Ainsi, Bilulu devient e l'Outre-à-eau-fraîche indispensable su désert» et son fils Cirgire »le démon et l'esprit du désert». On se trouve à l'évidence en présence d'un conte étiologique.


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Isan al-Bahariyat

Voir Isin.


Ishchalî

Site de la vallée de la Diyala, dans l'est de la Mésopotamie. Les fouilles de ce tell de 600 x 300 m sont restées localisées, mais ont rendu au jour une partie des remparts de la ville avec sa porte monumentale de Shamash un temple de Shamash un ensemble appelé sérail a et surtout un grand temple pourvu de nombreuses salles axées sur deux grandes cours, appelé Kîtitum. Il était consacré à trois divinités dont la principale était Inanna/Ishtar. Il a connu trois grandes périodes de reconstruction avec des remaniements à la dernière époque (III / IV). Dans son dernier état, les deux cours contiguës possédaient chacune leur porte monumentale donnant sur la même artère, auxquelles on accédait par une volée d'escaliers. Plus modeste, le temple de Shamash, adossé à la muraille, près de la porte du même nom, ne comportait qu'une seule grande cour à laquelle on accédait par deux salles depuis la porte d'entrée. Ces complexes monumentaux datent du début du îîe mill. (époque d'Isin-Larsa et babylonien ancien). Un certain nombre de tablettes ont été recueillies au cours des fouilles, dont 326 ont été publiées. On avait proposé d'identifier le site à la ville de Dûr-Rimush (nommée dans une inscription), nom que Jacobsen a préféré attribuer au site voisin de Bismaya . Parmi l'abondant mobilier recueilli dans le site, il convient de mentionner les plaques d'argile où sont figurés des personnages en relief, dont une avec un homme chevauchant un buffle et des représentations de la déesse (nue) Inanna, les statuettes d'un singe assis (en albâtre) et celles, en bronze, d'une déesse vêtue d'une ample robe, assise sur un tabouret, pourvue de quatre visages, et d'un dieu debout, un pied posé sur un bouquetin minuscule, lui aussi pourvu de quatre visages (ces deux dernières ont été trouvées dans le sérail).


Kaaba (al-)

Sanctuaire de La Mecque contenant la Pierre noire, une météorite assimilée à un bétyle. Ce mot, dont l'étymologie désigne ce qui est carré mais aussi les seins d'une vierge (ka'ib), a été mis en rapport avec le nom de la déesse Khaabou (forme grecque), donné par saint Épiphane à la déesse vierge, mère de Dusarès. Cette structure carrée, dans le mur de laquelle a été intégrée la Pierre noire à l'époque de Mahomet, abritait certainement, à l'origine, un bétyle symbolisant une déesse-mère. Déjà, à l'époque antéislamique, le sanctuaire enfermé dans une enceinte sacrée (Hâram), était recouvert d'un tissu qui fut brûlé dans la jeunesse de Mahomet, avant qu'il se soit cru désigné pour sa mission religieuse. Aucune fouille n'étant possible dans le site de La Mecque, il est difficile de déterminer l'époque de la fondation du sanctuaire, bien qu'on ait proposé de nombreuses hypothèses. Sa construction doit se situer vers le début de notre ère mais le culte lui-même de la Pierre noire remonte certainement beaucoup plus haut. Les traditions musulmanes, influencées par les textes bibliques, n'ont évidemment aucune valeur historique ou archéologique. Aussi peut-on rejeter dans le domaine du mythe celle qui situe dans ce sanctuaire le sacrifice de son fils par Abraham (lui-même sans doute un personnage mythique) et qui lui attribue sa construction. Son origine nabatéenne reste possible, mais non démontrée. Le sanctuaire est lié à la fondation de La Mecque, autour d'un point d'eau, fort important dans une région désertique sur la piste reliant les régions du Sud, productrices de l'encens, et l'actuelle Jordanie, où parvenaient les caravanes. Le nom de cette source, Zamzam, a été rattaché à celui de la divinité sumérienne Zababa . Quoi qu'il en soit, elle possédait un caractère sacré qui a permis la fondation du sanctuaire avec son bétyle. Durant les derniers siècles précédant la naissance de l'islam, la Ka'ba devint, sans doute pour des raisons économiques et en conséquence de l'importance que prit en Arabie la tribu des Qurayshites, grâce au commerce, un lieu de pèlerinage de nombreuses tribus Arabes. Dans son Hâram étaient figurées toutes les divinités de l'antique Arabie et des pays voisins, trois cent soixante au total, soit sous la forme de bétyles ou de statues, soit peintes. On y voyait ainsi une représenta­tion de Jésus (Isa) et de la Vierge Marie.


Kassites

Peuple d'origine incertaine (sans doute venu du Zagros vers la région de l'actuel Luristan) qui s'impose en basse Mésopotamie. Le nom de kassite (Kassu) apparaît àl'époque de Samsuiluna, sous la dynastie amorrite de Babylone : "An (9): armée kassite" . Ce peuple, où le système tribal était si profondément ancré qu'il subsista même lorsqu'il domina le sud de la Mésopotamie, est d'abord localisé dans la région de Sippar. Les Kassites vont ensuite pénétrer dans une grande partie du POA puisqu'on en rencontre avant la fin de la dynastie amorrite de Babylone jusqu'à Alalah et à la région du Khabur; à l'ouest de l'Assyrie. Leur pénétration s'est sans doute faite d'une manière lente et pacifique, par petits groupes, certains d'entre eux entrant au service des rois de Babylone comme mercenaires. Cependant, à Khana, sur le moyen Euphrate, un Kassite, Kashtiliash, réussit à prendre le pouvoir. Au début du XVIè s., ils étaient devenus suffisamment puissants pour, profitant de la chute de la dynastie Amorrite et du sac de Babylone par le roi hittite Mursili Ier, (v. - 1595), se rendre maîtres de la Babylonie. Si l'on en croit la liste A des rois de Babylone, ils dominaient depuis déjà quelque temps une grande partie de la région puisque leur dynastie aurait compté 36 rois qui auraient régné 576 ans. Le premier de ces rois serait Gandash, mais, en fait, ce n'est qu'avec Argum Il, le dixième de la lignée, qu'ils deviennent maîtres de Babylone; Burnaburiash Ier (vers - 1510) est le premier souverain sur qui l'on possède quelques éléments sûrs, et ce n'est qu'un siècle plus tard, avec Caraindash et ses successeurs (Kurigalzu Ier, Kadashman-Enlil Ier et surtout Burnaburiash Il, qui a régné entre - 1359 et - 1333), qu'on dispose de sources contemporaines, grâce, à leur correspondance avec les rois d'Egypte. A partir du règne de Kurigalzu Ier, aux alentours de - 1400, les rois Kassites abandonnent Babylone pour installer leur capitale à Dur­Kurigalzu. Le royaume de Babylonie, devenu le Karduniash, est alors l'un des plus puissants du Proche-Orient avec l'Assyrie, le Mitanni, les Hittites et l'Égypte. La domination de la dynastie kassite s'achève au milieu du XIIè s. avec le règne d'Enlil-nâdin-ahi. Elle laisse la place à un prince d'Isin, Marduk-kabit-ahêshu, qui fonde ce que les historiens modernes ont appelé la IIe dynastie d'Isin, vers - 1150. Les Kassites ne disparaissent pas pour autant : les familles installées dans le pays continuent de prospérer et occupent souvent de hautes fonctions, leurs membres devenant toutefois de plus en plus difficilement repérables dans la mesure où ils adoptent des noms babyloniens. Déjà, sous les derniers souverains Kassites, les hauts personnages traduisaient leurs noms en sumérien comme pour se conférer une ancienne noblesse. La langue des Kassites est très mal documentée. Les nombreux textes de l'époque kassite sont en babylonien moyen. On ne dispose d'aucun texte complet en kassite. Les plus importants sont un vocabulaire donnant 32 noms communs et 16 noms de divinités avec leur équivalent en akkadien et une tablette provenant de la bibliothèque d'Assurbanipal, comportant une liste de noms royaux et de personnages privés avec leur traduction en akkadien. Des tablettes de l'époque de la domination kassite rédigées en akkadien incluent des mots Kassites, en particulier concernant les chevaux et leur élevage (ces listes nous ont conservé des noms propres de chevaux). Ce qui n'a rien de surprenant quand on sait que c'est sans doute les Kassites qui ont banalisé le cheval en Babylonie, après l'avoir amené avec eux du plateau iranien, et qu'ils ont développé, en même temps que les Hittites, une charrerie comme principale arme stratégique. Le peu que nous connaissons de leur langue ne permet pas un classement, quoiqu'on ait tenté de la rattacher au groupe de langues agglutinantes du Caucase. Cependant, dans les vocabulaires, les philologues ont été frappés par la forme de certains dieux : Buriash, Suriash, Maruttas, qu'on a rapprochés des divinités indo-européennes, Boréas (dieu du Vent du nord chez les Grecs), Sûrya (le Soleil) et les Maruts, de l'Inde védique. L'explication de la présence de ces divinités indo-aryennes serait que, comme ce fut le cas des Hourrites.htm">Hurrites.htm">Hurrites, qui ont été " encadrés " par une noblesse indo-aryenne (Mitanni), les Kassites auraient été, eux aussi, et à la même époque, conduits par une noblesse de même origine. Ce qui expliquerait ce qu'on a pu appeler le féodalisme des institutions Kassites. Les autres divinites purement Kassites sont Sakh identifie a Shamash, Dur et shugab, Buriash, dieu du Temps et de l'orage; des dieux de la Peste assimilés a Nergal; Kharbe et Kamulla = Enlil et Ea ; enfin, shuqamuna et shumali(j)a couple divin protecteur de la royauté. Ces derniers avaient leur temple a Babylone, dans lequel les derniers rois Kassites furent couronnés. Le "monument" kassite le plus caractéristique est le kudurru. Il caractérise le mieux ce qui leur appartient en propre dans leur apport artistique en Mésopotamie.


Kerkuk (Kirkuk)

Ville d'Iraq, à l'est de Mossoul, sur les pentes du Kurdistan. C'est l'antique Arrapha, qui fut un mument la ville forte des Guti. Elle est dominée par une citadelle qui témoigne de son importance dès la haute Antiquité, mais elle n'a guère été fouillée. Dans le site et les territoires environnants ont été recueillies de nombreuses tablettes cunéiformes, dites pour cela "tablettes de Kerkuk", ainsi que des cylindres connus en particulier par leurs empreintes sur ces tablettes et suffisamment caractérisés pour constituer une série particulière. Contenau rapproche cette série du style syro-hittite et la caractérise par l'abondance des représentations de l'arbre sacré et l'utilisation extensive de la bouterolle, créant " des figures d'animaux dont les diverses parties du corps, museau, crâne, épaules, croupe, sont autant de cupules réunies après coup par le graveur". La plupart de ces tablettes assyriennes, datées du milieu du IIè mill., sont des contrats de vente ou de location, et plus particulièrement des contrats d'adoption. Elles proviennent, pour la plus grande partie d'entre elles, du site voisin de Nuzi.


Khafajeh

Site de la vallée de la Diyala, à l'est de Bagdad, identifié à l'antique Tuttub. Le site couvre 216 ha avec quatre tells principaux. Le tell A, qui a été le plus largement exploré, a rendu plusieurs monuments du DA, dont le plus vaste et le plus célèbre est le temple dit ovale, daté du DA Il. Il consiste en une grande enceinte de forme oblongue (elle-même ceinte d'une muraille de même forme) à l'intérieur de laquelle sont adossés des bâtiments ouverts sur un vaste parvis. Au fond de cette cour, le temple proprement dit s'élevait sur une plate-forme à laquelle on accédait par un escalier monumental . Plus petit mais d'une grande importance était le temple attribué sans doute à tort à Sîn. Un sondage stratigraphique jusqu'au sol vierge a permis de voir que 10 monuments se sont superposés dont le plus ancien remonte à la période d'Uruk et le plus récent au DA III . L'occupation du site s'est poursuivie à l'époque d'Akkad comme le prouve la présence de bâtiments de cette époque. Sur le tell D voisin, de plus petite taille, a été bâtie une citadelle dominée par un temple de 45 x 75 m consacré au dieu Sîn de Larsa ces constructions datent de la période d'Isin-Larsa et du babylonien ancien. Des tablettes trouvées dans le temple ont permis son identification et d'y lire le nom antique de la ville, Tuttub . Au sud-ouest, le tell B, qui semble avoir été le plus récemment occupé, et où ont été mis au jour une partie de remparts et un ensemble de bâtiments, a été identifié avec la cité paléo­babylonienne de Dur-Samsuiluna (fort de Samsuiluna, construit vers - 1725). Comme le site voisin d'Ishchali, Khafajeh a rendu un important mobilier; dont des séries de plaques de terre cuite avec des reliefs représentant des scènes variées.


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Larsa

Ville de la Babylonie, retrouvée dans le tell de Senkéré. Le tell, qui mesure 2 000 x 1 800 m sur une hauteur moyenne de 7 m, n'a été que très partiellement fouillé. Des sondages permettent de supposer que le site a été occupé à une haute époque (El-Obeïd ?), et les traces d'une construction remontant au DA ont été relevées sans que les fouilles aient été suffisamment poussées pour qu'on puisse savoir quelle était sa nature. Le plus ancien monument qui y ait été mis au jour est un grand palais construit par Nur-Adad ( - 1865 - 1850) et qui n'a jamais été occupé. Les textes concernant les premiers siècles du IIè mill. sont abondants et la chronologie des souverains de Larsa remonte jusqu'à Naplânum ( - 2025 - 2005), mais la cité n'entre vraiment dans l'histoire qu'avec ses successeurs, Emisum ( - 2004 - 1977), Samium ( - 1976 - 1942) et Zabaya ( - 1941 -1933). La ville, restée indépendante avec la disparition de l'empire d'Ur III, est alors devenue la principale rivale d'Isin qui domine la région. Gungunum (-1932 -1906) met un terme à cette domination en infligeant une défaite à Isin, alors gouvernée par Lipit-Ishtar. Gungunum conduit aussi plusieurs campagnes dans la vallée de la Diyala et l'Elam, et, vers -1925, il prend Ur et se pare du vieux titre de "roi de Sumer et d'Akkad". Il est alors maître des routes du sud, de sorte que le commerce du golfe Persique, vers Dilmun et Magan, aboutit à Larsa et non plus à Isin. Cependant, une tendance qui s'était déjà marquée sous l'hégémonie d'Isin prend une nouvelle extension grâce, peut-être à ce commerce : les entreprises privées se développent au détriment du temple et du palais. Les capitaux privés affluent et confèrent une nouvelle impulsion au commerce lointain. Gungunum a aussi favorisé le développement de l'agriculture en multipliant le système des canaux d'irrigation. Ses deux successeurs, Abisarê (-1905 -1895) et Sumuel (-1894 -1866), poursuivent dans cette voie. En vain Bûr-Sîn tente-t-il de rendre son lustre à Isin en reprenant Ur à Larsa, mais il l'évacue dans les trois mois qui suivent. Quatre rois se succèdent après Nur-Adad en une quinzaine d'années, sans laisser d'inoubliables souvenirs. Le fils d'un prince d'Iamûtbal, qui appartenait sans doute à un clan amorrite, Warad-Sîn, monte sur le trône en 1834. Après un règne de douze ans, son frère Rîm-Sîn lui succède, en - 1822. Le nouveau roi doit bientôt faire face à une coalition unissant Isin, Uruk, Babylone et Rapiqum, qu'il brise, puis il passe à l'offensive, prend Uruk et Isin. Il ne semble pas oser s'attaquer à Babylone, qui dominait une vaste région et représentait un adversaire de poids. Ce fut sans doute un tort. Hammurabi, qui succède à Sîn-muballit en -1792, mettra fin à l'indépendance de Larsa en -1763. Rîm-Sîn achevait un règne de près de 60 ans. Le palais de Nur-Adad présente cette particularité de n'avoir été jamais occupé. A peine terminé, et peut-être même avant qu'il le fût, il a été abandonné. On ignore les raisons de l'abandon d'un bâtiment de plus de 100 m de long dont la construction a requis des moyens financiers et humains considérables. Les difficultés de la fin du règne de Nur-Adad, voire sa mort, n'expliquent pas que même ses successeurs ne l'aient pas habité. Il faut alors retenir la raison évoquée par Jean Margueron, un abandon pour une raison religieuse ("malédiction, profanation"...). L'autre monument de Larsa est son temple consacré à Shamash, l'E-babbar. Il dominait le centre de la ville et, dans le tell, ses ruines s'élevaient encore à 22 m. Ce fut l'un des temples les plus prestigieux de la Babylonie. Il est mentionné dès le milieu du IIIème milIénaire par Eannatum de Lagash et a été reconstruit par Ur-Nammu vers - 2100. Il survécut à toutes les mésaventures de la cité, toujours reconstruit, jusqu'au règne de Nabonide. Il était dominé par sa ziggu-rat, l'é.dur.an.na (maison, lien du ciel). La grande prêtresse (entu) du Soleil y avait aussi son temple (?), appelé gi6.pàr.kù. Bien qu'ils restent à découvrir, Gungunum y avait construit (ou reconstruit?) un temple d'Ishtar et un autre consacré à Gula, la déesse d'Isin. De son côté, Rîm-Sîn avait édifié un temple pour Adad.


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Lipit-lshtar

Cinquième roi ( - 1934 - 1924) de la dynastie d'Isin. On a conservé sous son nom un code de loi qu'il aurait fait inscrire sur une stèle. L'année où il fit dresser la stèle fut appelée celle " où Lipit-Ishtar instaura la justice dans le pays de Sumer et d'Akkad". On connaît de ce code une douzaine de manuscrits provenant de Nippur, Kish et Sippar. Ce roi a été déifié, grâce à quoi il nous est parvenu deux hymnes à sa gloire dont l'un débute ainsi : "O Lipit-Ishtar tête éminente, prince du sanctuaire, joyau, tige de royauté comme le soleil marchant..."


Marduk

Divinité principale de Babylone. Son origine est inconnue, mais son symbole, le marru, une tête de houe ou de bêche trianGulaire , laisserait supposer que c 'était une divinité agraire. Le logogramme par lequel est écrit son nom, (d)amar- UD, signifie "jeune taureau du soleil". Bien qu'il soit lié à Babylone dès l'apparition historique de la ville, il est mentionné dans des listes divines plus anciennes (par ex., à Abu-Salabikh). L'étymologie de son nom résiste à toute explication par le sumérien ou le sémitique; il semble appartenir au fond primitif de la population pré-sumérienne de la basse Mésopotamie. La fortune de Babylone à partir du règne d'Hammurabi va faire de Marduk l'une des principales divinités de la Mésopotamie, au point qu'on a pu parler à son propos d'hénothéisme chez les Babyloniens (à la différence du monothéisme, l'hénothéisme reconnaît l'existence d'autres divinités, sans pour autant les adorer). Cette suprématie sera établie à l'époque kassite avec l'Enûma élish, conçue à sa gloire. Marduk s'est inséré dans le panthéon mésopotamien, absorbant la personnalité de divinités voisines comme Asarluhi, dieu d'Éridu et fils d'Enki, qui lui a communiqué ses pouvoirs de dieu de la Magie et des Devins et sa filiation il est dit fils d'Enki et d'Éa. Le dieu de la ville voisine de Borsippa, Nabû, devient son fils, et il est uni à Sarpanitu, dont le nom signifie "Celle de Sarpan (ou Zarpa)", une localité sans doute voisine de Babylone. A Tishpak, dieu local d'Eshnunna, il emprunte son animal symbolique, le dragon-serpent (mushussu), qui sera aussi celui de son fils Nabû. Dès la fin de l'époque kassite, son culte se répand jusqu'en Assyrie, et il devient la divinité dominante du panthéon mésopotamien. Il apparaît alors avec ses divers attributs acquis au cours des temps de dieu de la Sagesse, de la Santé, de la Magie, et aussi de la Fertilité et de l'Irrigation, lesquelles devaient,être ses plus anciennes fonctions. Dans l'Epopée d'Erra, sa puissance magique pour maintenir l'équilibre du monde est mise en valeur; car, lorsqu'il quitte Babylone, l'anarchie s'installe et le désordre cosmique règne. Considérable est le nombre d'hymnes et de prières qui lui sont consacrés, les plus significatifs étant ceux qui revêtent un caractère synthétique et où il absorbe tous les autres dieux, lesquels deviennent ses attributs "Sin est ta nature divine, Anu ton caractère princier; Dagan ton caractère seigneurial, Enlil ton caractère royal, Adad ta puissance, Ea le sage ton intelligence, Celui qui tient le stylet, Nabû, ton talent. Ta primauté est Ninurta, ta force Nergal. Le conseil de ton coeur est Nusku, ton [ministre] éminent, ta qualité de juge est le brillant Shamash ". Son temple principal était l'Esagil, à Babylone, mais, si des temples secondaires ou des chapelles lui étaient consacrés en grand nombre à Babylone ou dans ses faubourgs, tel l'é.sîskur, "Maison du sacrifice", qui était son temple de l'Akitu hors de la ville, il n'avait que peu de sanctuaires par ailleurs : à peine peut-on citer une chapelle à Assur dans le temple d'Assur, un temple à Sippar-Aruru, l'é.zi.da, "Maison de la vérité", à Borsippa (où il est identifié à Nabû), et un sanctuaire à Nippur (connu par une seule inscription) Il etait le grand dieu de la fete de l'Akitu couronnée par sa hiérogamie.


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Mesha

Roi de Moab. Il est connu par les textes bibliques et une stèle découverte à Dhiban (Jordanie) en 1868, écrite en alphabet phénicien et en langue moabite. Il était fils de Kémosh, lequel aurait régné sur Moab pendant 30 ans, dans la première moitié du IXè s. À cette époque, Moab était tributaire du roi d'Israël, et il devait un lourd tribut annuel : cent mille agneaux et la laine de cent mille béliers (2 Rois 3 :4). Mésha hérita ainsi d'un Etat vassal du royaume d'Israël, entre les mains de la dynastie des Omrides. Mésha profita de la mort d'Achab ( - 874 - 853), successeur d'Omri, pour se révolter. Achazyahu, fils aîné d'Achab, ne régna qu'une année et c'est Joram ( - 852 - 841), son fils cadet et second successeur, qui s'allia avec son voisin du Sud, le roi de Juda, Josaphat (871-846), et au roi d'Édom, pour tenter de réprimer la révolte. L'armée alliée fut finalement vaincue et dut se retirer. Néanmoins, Si l'on on croit le récit biblique, les armées unies de Juda et d'Israël ravagèrent Moab, abattirent les arbres, bouchèrent les sources et les puits, parsemèrent les champs de pierres pour en interdire la culture, assiégèrent Mésha dans Qir-Harosoth. Le Moabite aurait alors tenté une sortie avec sept cents hommes, en vain. En désespoir de cause, il aurait sacrifié son fils aîné, de sorte que les assiégeants, horrifiés, auraient levé le siège et seraient rentrés chez eux (encore que ce soit là une interprétation du texte biblique, 2 Rois 3 :21-30, confus et décousu). En réalité, il somble que les armées alliées ont été vaincues et forcées de se retirer. Toujours est-il que Mesha marcha ensuite sur Nébo, qui appartenait à Israël, suivant l'ordre de son dieu :" Alors je suis parti la nuit et je me suis battu de l'aube jusqu'à midi, la prenant (la ville) et tuant tout, sept mille hommes, enfants, femmes, vierges, servantes, car je les ai voués à la destruction (il s'agit de ce que les textes bibliques appellent le "herem") pour Ashtar-Kémosh." Si l'on en croit toujours l'inscription de la stèle de Dhiban, il aurait ensuite bâti la ville de Qarhoh (que certains auteurs identifient à la Qir-Hasoreth du texte biblique) avec ses remparts et sa forteresse, rebâti Beth-bamoth, construit une route dans la vallée de l'Arnon et agrandi son royaume par l'annexion de plusieurs villes (cent, assure-t-il dans cette autobiographie que représente le texte de la stèle).


Mèdes

Peuple d'origine indo-europénne établi dans le Nord-ouest de l'Iran. Ils apparaissent dans l'histoire en -834 : l'an 24 de son règne, le roi d'Assyrie Salmanazar III entreprit une campagne dans le nord de son royaume, contre Ianzû, roi de Namri. Au cours de cette campagne où il ravagEa le pays de son advorsaire, il passa par les territoires des Mèdes (Madai), qui devaient alors se trouver dans les environs du lac d'Urmiah. Comme les Perses, ils vonaient soit du Caucase, soit, plutôt, des steppes à l'est de la mer Caspienne. Ils ont dû pénétrer sur le plateau iranien au début du 1er mill. Ils vont poursuivre leurs migrations pendant encore un siècle avant de s 'établir aux environs de Hamadan où ils fondent leur capitale, Ecbatane, à l'instigation de leur roi Déjocès. Mis à part deux invasions venues des steppes voisines de la mer Caspienne, de tribus cimmériennes et ensuite scythes, dont un groupe s'établit autour du lac d'Urmiah tandis que d'autres groupes parviendront jusqu'aux frontières de l'Egypte avant d 'être noyés au milieu des populations autochtones, les Mèdes ne cesseront de se heurter aux Assyriens, qui, à plusieurs reprises, conduisirent des campagnes sanglantes dans leurs montagnes. La Médie reste un royaume secondaire sous le successeur de Déjocès, Phraorte (vers - 675 - 653). Elle va devenir un empire grâce à l'action de Cyaxare (vers - 653 - 585). Ce dernier, qui a peut-être été vassal des Scythes au début de son règne, réorganise l'armée, défait les cavaliers scythes du roi Madyès dans le nord-ouest de l'Iran. Les Perses, qui occupaient les régions méridionales de l'Iran étant aussi ses vassaux, il était maître d'un petit empire qu'il ne va cesser d'agrandir. Il passe une alliance avec le roi de Babylone Nabopolassar, dirigée contre l'Assyrie, et, en - 615, il attaque en vain Ninive. L'alliance avec Babylone est sanctionnée par le mariage du prince héritier Nabuchodonozor avoc Amytis, la petite-fille de Cyaxare. En - 612, les armées alliées prennent et détruisent Ninive, mettant fin à l'Empire assyrien. Cyaxare se rend ensuite maître de l'ancienne Urartu, puis il porte les armes en Anatolie . Il se heurte aux armées du roi de Lydie, ce qui fixe la frontière occidentale de son empire au cours de l'Halys (actuel Kizil Irmak). Astyage lui succède vers - 585. Avec ce dernier disparaît l'Empire mède, absorbé dans celui de Cyrus.


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Mésopotamie

(Pays) entre (les deux) fleuves : tel est le sens du nom donné par les Grecs à la plaine partiellemont désertique située entre l'Euphrate et le Tigre, dont les noms akkadiens étaient Purartû et Idiglat (Puranti et Aranzah chez les Hourrites. En réalité, le territoire auquel nous donnons le nom de Mésopotamie, et qui correspond dans l'ensemble à l'actuel Iraq, est borné à l'est par la chaîne du Zagros, et du côté du couchant il englobe les terres arables à l'ouest de l'Euphrate, au moins jusqu'à la confluence du Khabur, au nord-ouest de Mari. La partie Nord-Est, vers les montagnes du Kurdistan actuel et du Zagros, a été occupée dès le paléolithique moyen (grotte de shanidar). Cette région septentrionale fait partie des terres où va se réaliser la sédentarisation des tribus épipaléolithiquos, avec la domestication de certaines espèces animales et la maîtrise de l'Agriculture (néolithique acéramique, entre -9000 et -7000). La céramique apparaît dans le site de Jarmo (dans le Zagros) au début du VIIè mill. Les archéologues ont ensuite divisé la préhistoire de la Mésopotamie en plusieurs grandes périodes fondées sur la diffusion de types caractéristiques de céramiques dans une partie ou l'ensemble du territoire, ces périodes étant désignées par le nom d'un site éponyme où le type de poterie concerné a été découvert la première fois, ce qui ne signifie pas que celui-ci ait été imaginé par les potiers du site et que ce soit de là qu'il se soit répandu dans les régions plus ou moins voisines. Telles sont, dans le Nord, les phases dites d'Hassuna et de Samarra, cette dernière étant confinée à une bande de territoire allant de l'Euphrate dans la région de Baghuz aux montagnes du Zagros avec le site central de Choga Mami ( - 6000 - 5000). Vers - 5600 se développe dans l'ouest de la Mésopotamie et une partie de la Syrie la civilisation halafienne, nommée d'après le site de Tell Halaf (-5500 - 5000). Le métal, qui a fait une modeste apparition au cours des périodes précédentes sous la forme de cuivre natif et de pépites d'or, se vulgarise surtout sous la forme du cuivre martelé, d'où le nom de chalcolithique ancien donné à cette période. Ces civilisations correspondent dans le sud aux cultures d'Éridu et d'Hajji Mohammed (- 6000 - 5200), la première étant circonscrite à l'extrême sud de la Mésopotamie, la seconde s'étendant autour de la région de Kish. Vers -5200 commence à se développer la civilisation dite obeidienne (d'après le site d'El-Obeid au sud d'Ur). Il est cependant possible qu'il faille rehausser de trois siècles le début de l'obeidien . La civilisation d'EI-Obeïd s'impose vers le nord de la Mésopotamie au V mill., de sorte qu'on a pu supposer que cette extension des modèles obeidiens correspondait à une conquête militaire du Nord par le Sud. Les relations commerciales semblent suffire pour expliquer la suprématie d'une civilisation qui avait inventé le moulage du cuivre, ce qui permettait d'aiguiser les outils, et le moulage des briques, qui représentait un embryon d'industrialisation. Dans les plus bas niveaux du site d'Uruk apparaît une nouvelle poterie à engobe rouge ou gris poli, qui va par la suite se répandre dans le sud de la Mésopotamie et supplanter la céramique peinte d'El-Obeïd (Uruk ancien et moyen, -4000 - 3500). Avec la civilisation d'Uruk récent ( - 3500 - 3100), les Mésopotamiens sont parvenus à une maîtrise de la métallurgie et à un stade urbain avancé. C'est à cette époque qu'ils inventent l'écriture, laquelle va se développer à l'époque suivante, dite de Djemdet-Nasr, qui apparaît comme la première période historique du POA. Cette explosion de la civilisation est due aux Sumériens. C'est à cette époque qu'il convient de situer la naissance et l'hégémonie des cités antédiluviennes, dont la LRS nous a conservé le souvenir magnifié. Vers -3000 commence la période historique du bronze ancien et, pour ce qui est du Sumer, le dynastique ancien. L'époque d'Akkad met fin à cette première période, sumérienne. La civilisation sumérienne (Néo-Sumériens) parvient à son apogée avec la dynastie d'Ur III, qui domine une grande partie de la Mésopotamie pendant les deux derniers siècles du III mill., tandis que dans le Nord pointe la civilisation assyrienne. Au début du millénaire suivant les Sumériens disparaissent en tant qu'entité politique, mais la langue de Sumer et l'ombre de sa civilisation s'imposent à leurs successeurs babyloniens et Assyriens. André Parrot a souligné, par des comparaisons restreintes, l'unité culturelle des cités de Sumer pendant le III mill., cités parmi lesquelles figure Mari(ses comparaisons portent sur le mobilier de Tell Hariri/Mari), de Khafaje et de Tell Asmar (Eshnunna). Cette unité se retrouve dans le développement de la civilisation de Babylone, qui, si elle se différencie profondément de celle des Sumériens, en est son héritière. Unité marquée aussi chez les Assyriens, qui, malgré de très nombreux points communs avec les Babyloniens, qui ont été dans une grande mesure leurs maîtres, ont fait preuve d'un génie d'invention et d'observation, en particulier dans leurs sculptures de bas-reliefs, cela malgré des conventions tel le principe de symétrie, dont ils ont su faire un élément ornemental ou qu'ils ont utilisé pour créer des effets d'opposition et d'agonistique.


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Mursili Il

( - 1840 - 1310) : C'est l'un des plus importants souverains hittites, ou, en tout cas, le moins mal connu grâce à ses annales. Il avait fait rédiger (ou rédigé lui-même ?) deux sortes d'annales. Les premières sont appelées "Annales décennales" parce qu'elles concernent les dix premières années de son règne ; elles relatent ses longues campagne à travers tout l'empire et en Syrie pour maintenir l'héritage de son père, Suppiluliuma, dont il était le plus jeune fils. Les autres textes, appelés par les modernes "Annales complètes" incluent non seulement les actions du roi mais aussi celles des princes et de ses généraux. Elles vont jusqu'à la 20ème année de son règne. « Ainsi parle Mon Soleil Mursilis, le grand roi, le roi des Hatti, le vaillant, fils de Suppiluliuma, le grand roi, le vaillant: Tandis que j'inaugurais mon règne sur le trône de mon père, les pays voisins et ennemis se levèrent tous contre moi. Or, lorsque mon père fut passé au rang des dieux, Arnuwandas mon frère s' assit sur le trône de son père ; mais il tomba malade. Et lorsque les pays ennemis surent qu'Arnuwandas mon frère était malade, ces pays dénoncèrent l'alliance. Puis, lorsque Arnuwandas mon frère fut passé au rang des dieux, alors les pays hostiles qui n'avaient pas encore pris les armes, même ceux-là les prirent" (introd. aux Annales décennales). Ainsi commence le règne de ce roi que les ennemis des Hittites pensaient être faible, et qui relevaient la tête une fois défunt le roi qui les avait vaincus. Tout ce texte des Annales est plein de bruit et de fureur: ce ne sont que combats, prises de villes, milliers de captifs ramenés en pays hittite, avec parfois un peu de repos et des hivernages à Ancyre, la future Ankara. Mais on peut voir que ces courses de Karkémish aux montagnes du nord de l'Anatolie , où les Gasgas avaient leurs quartiers, d'où ils pillaient les villes de l'empire, représentaient non pas des guerres de conquête, comme ce fut le cas pour les Assyriens , mais des guerres défensives pour contenir des ennemis qui se levaient de tous les côtés des frontières. Et ce n'est qu'au prix d'une telle activité, d'un règne sans guère de repos, que Mursili maintint l'acquis de ses ancêtres. Outre ces guerres incessantes et l'administration du royaume, Mursili eut aussi à se défendre contre les intrigues de sa belle-mère, une Babylonienne qu'avait épousée son père, Suppîluliuma. L'histoire de ces démêlés entre le roi et la dernière épouse de son père, nommé par son titre de Tawannanna, est conservée dans une prière adressée par le roi aux dieux comme justification de son action. Le roi accuse sa belle-mère d'avoir tué sa femme à l'aide de formules magiques, d'avoir introduit des coutumes subversives et reçu de l'argent de certaines villes. Il la déposa de son office de "prêtresse-siwanzanni" et l'exila. Comme elle mourut bientôt en exil, Mursili se vit accusé de l'avoir aidée à quitter le monde des vivants. Ainsi voulut-il se justifier, pour le moins face aux dieux. On ne sait précisément en quoi consistait la fonction de "prêtresse-siwanzanni"; chaque sanctuaire local avait une telle prêtresse, ce qui ne semble pas représenter une haute position , mais il semblerait que, dans ce cas particulier, elle aurait été la prêtresse non pas d'un sanctuaire particulier, mais de tous les dieux en quelque sorte la grande prêtresse de tous les sanctuaires de l'empire . Le règne de Mursili se termina cependant dans le malheur, malgré ses victoires : une épidémie de peste ravagea le pays, dont il a peut-être été l'une des victimes.


Ningirsu

Dieu sumérien. C'était le dieu tutélaire du royaume de Lagash et plus particulièrement de Girsu, son nom signifiant "seigneur de Girsu". La notoriété de Lagash permit à son culte de s'étendre sur Sumer. La théologie en a fait le fils d'Enlil (ou d'Anu), l'époux de Baba et le frère de Nisaba et de la déesse Nanshé. C'est lui qui apparut à Gudéa dans un rêve, sous l'aspect d'un homme pourvu d'ailes, pour lui ordonner de reconstruire son temple l'é.ninnu "Maison des cinquante" (ces cinquante seraient soit les "me" soit les "Anzû blancs"), son sanctuaire principal à Girsu. Il possédait d'autres temples à Lagash ou à Girsu: é.gidru (Maison du sceptre), construit par Ur-Nanshé, ensi de Lagash; é.hush (Maison redoutable). Il avait aussi des temples à Sirara et Dugru (localités inconnues), à Umma, Uruk, Isin. Il a été identifié à Ninurta, qui lui est substitué dans les mythes Akkadiens comme celui d'Anzû. Quoique ayant un aspect de dieu guerrier, il était aussi dieu de la Végétation et de l'Irrigation.


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Ninisina

Déesse Sumérienne, "Dame d'Isin"dont elle était la divinité tutélaire. Fille d'Anu, elle était regardée comme l'épouse de Pabilsag. Damu et Gunura sont donnés soit comme ses enfants, soit comme ses parèdres. Elle a été identifiée avec la Babylonienne Gula. Son temple à Isin était appelé le Grand Temple (é.gal.mah).


Pabilsag

Dieu sumérien connu dès le DA. Son culte est plus particulièrement attesté à Nippur et à Isin où il est l'époux de Ninisina, déesse tutélaire de cette cité. Dans certains textes, il est dit fils d'Enlil. À l'époque paléobabylonienne, il est parfois assimilé à Ninurta. Pabilsag est aussi le nom de la constellation du Sagittaire .


Puabi

Reine (?)d'Ur vers -2600, connue par une inscription sur un cylindre en lapis-lazuli, sur lequel est gravée une scène de banquet sur deux registres où l'on voit deux personnages assis face à face et, entre eux, deux serviteurs. On a proposé deux lectures de son nom, lu jadis shubad, et de la très courte inscription: une lecture sumérienne, Sud-ad nin (nin, traduit par "dame", peut désigner une reine ou, encore, une grande prêtresse), et une lecture akkadienne pu-abi nin , traduit par M. Lambert "prière du père", et par Solîberger et Kupper "la parole de mon père [est]" ou "la parole [divine] est mon père". C'est le seul "document" que nous possédions au sujet de Puabi. En revanche, elle a occupé l'une des plus riches tombes de la nécropole d'Ur (tombe -800). Dans le dromos (galerie d'accès) se trouvaient le char-traîneau et les deux ânes qui l'avaient tiré, char sur lequel le cadavre avait été porté en terre avec tout un personnel sacrifié : palefreniers, 5 soldats, une dizaine de femmes sans doute des dames de sa suite, dont une harpiste. Le squelette de Puabi se trouvait dans un cercueil, à l'intérieur de la chambre funéraire, entourée d'un mobilier d'une richesse prodigieuse: parures de tête de la défunte en or, cornaline et lapis-lazuli; bijoux (pendants d'oreilles, anneaux, colliers) en or, vaisselle d'or, d'argent et de pierres rares, table de jeu, harpe ornée d'une tête de taureau en or, parures des dames... plus de 270 objets précieux, outre un coffre à vêtements retrouvé dans le puits funéraire qui avait servi à des pilleurs de tombes à pénétrer dans le caveau voisin, celui du roi . Selon l'inventeur, Leonard Woolley, les pilleurs, contemporains de la défunte seraient les ouvriers qui avaient travaillé à l'aménagement de la tombe, ce qui explique qu'ils n'aient pas violé celle-ci. On se pose la question de savoir qui était cette Puabi, pour avoir eu de telles funérailles accompagnées de ces sacrifices des personnes ensevelies avec elle, sans doute après avoir bu des poisons lents, car on n'a remarqué aucune trace de violence. Était-elle l'épouse d'un roi? Une reine qui a régné seule ? Une grande prêtresse ? L'absence de tout document écrit autre que le sceau-cylindre ne permet pas d'avoir une quelconque certitude.


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Qadesh

Ville de Syrie sur l'Oronte. La ville a été retrouvée dans le tell Nebi Mend. Les fouilles qui y ont été conduites ont montré qu'il a été occupé dès le VIè mill. (néolithique), mais l'établissement n'a pris de l'importance qu'à partir du IIe mill. où ont été construits des remparts pourvus de casemates. La position de la ville à la confluence de l'Oronte et d'un affluent de ce fleuve, dans une riche plaine, a attiré l'intérêt des conquérants égyptiens. Qadesh fait partie de la coalition contre le pharaon Thoutmès III lors de la bataille de Megiddo (vers -1480). À l'époque d'Amarna, la ville, indépendante, est prise par le roi hittite Suppiluliuma et son roi, shuttatarra, est déporté au Hatti avec son fils Aitagama. Ce dernier est connu par la correspondance d'Amarna, son nom étant diversement orthographié (Aitukama, Atakama, Etak(k)ama, Itat­kama). Il appartiendrait à cette aristocratie de langue indo-aryenne établie dans le POA à partir du XVII -XVI s., et son nom s'expliquerait par le sanskrit eta-gama, s àl'allure d'antilope s. Suppiluhuma le replaça sur le trône de Qadesh en tant que pawari (prince). Néanmoins dans la correspondance d'Amarna, il est désigné comme '


Samsu-Iluna

Roi de Babylone (- 1749 -1712). Fils et successeur d'Hammurabi, il hérita d'un royaume puissant mais menacé sur ses frontières. La neuvième année de son règne, il dut repousser les Kassites à l'est, première manifestation d'un peuple qui devait mettre un terme à la dynastie amorrite. L'année suivante, il dut combattre les armées d'Idamaraz, Iamutbal, Uruk et Isin. Ces attaques le conduisirent à fortifier Kish. La révolte d'Iamutbal était dirigée par un certain Rim-Sîn qui s'était institué roi de Larsa. Vaincu, Rim-Sîn mourut dans son palais (14è année du règne de Samsu-Iluna). Cependant, les révoltes vont se poursuivre tout au long de son règne, qu'il devra sans cesse réprimer : Eshnunna, face à laquelle il édifia la forteresse de Dûr-Samsu-Iluna (act. Khafajeh) pour contrôler le territoire ; Iluma-ilum, qui établit sa dynastie sur le Pays de la Mer; au nord vers le Khabur où il dût construire une place forte à Sagaratim. Malgré les difficultés intérieures et extérieures de son règne, les inscriptions nous font connaître son activité de bâtisseur, qui ne fut pas uniquement centrée sur des fortifications. Ainsi reconstruisit-il le temple de Shamash (é-babbar) à Sippar avec sa ziggurat ; il refit creuser le canal appelé Durul et Taban, fit sculpter de nombreuses statues. Le royaume continua de connaître une grande activité commerciale et administrative, comme en témoignent les nombreuses tablettes concernant son règne .


shaduppum

(Tell Harmal). Petite ville fortifiée de Mésopotamie, près de la confluence du Tigre et de la Diyala. Il s'agit d'un centre administratif donnant un bon exemple de plan urbain du début du Ilè mill. Il était enfermé dans un mur trapézoïdal de 147 x 133,50 x 146,50 x 97 m pourvu d'une seule porte flanquée de puissants contreforts. On y a mis au jour un temple double et surtout un sanctuaire consacré à la déesse Nisaba avec un mur extérieur à redans. D'un vestibule, on pénétrait dans une grande cour qui, par une volée de marches, donnait accès à une ante-cella et à la cella de la déesse. Dans le voisinage se trouvait une vaste demeure de 25 x 23 m dont les pièces étaient axées sur une cour centrale. C'est dans les fouilles de ce site qu'ont été trouvées les deux tablettes contenant les Lois d'Eshnunna.


shulpa-e

Ancien dieu sumérien dont le nom, shul-pa-e, signifie "brillant jeune". Il était l'époux de Ninhursag, dont il eut trois enfants, Ashgi, Lil et Lisin. Il semble être devenu une divinité infernale à qui l'on faisait des offrandes et, finalement, un simple démon. Il apparaît dans les textes astrologiques et astronomiques (mulshUL.PA.E3) comme la planète Jupiter qui préside au mois de Nisannu (shL.PB 383).


Sumériens

Peuple qui, distinct par sa langue, contrôla au IIIème millénaire av. Jc le Sud de la Mésopotamie, près du Golfe Persique, et donna son nom à l'une des premières grandes civilisations historiques du Proche-Orient Ancien. Les anciennes traditions sumériennes conservaient le souvenir d'un "déluge" qui aurait anéanti l'Humanité à l'aube de son Histoire. En réalité, les fouilles archéologiques ont montré la réalité de plusieurs innondations de l'Euphrate, dont les plus catastrophiques se produisirent vers -2800 -2600, mais sur trois sites seulement : Ur, Kish et shuruppak - il s'agissait donc d'évènement purement locaux et non concomitants. Toujours est-il que l'on dressait des listes de rois avant et après le Déluge. C'est après le Déluge qu'on voit apparaître les noms des grandes cités sumériennes - Kish, Uruk, Umma, Lagash, Larsa, Ur-et les premières "dynasties", terme désormais consacré mais assez impropre, car la succession royale n'était pas toujours régulière. Les cités, qui aspiraient toutes à l'hégémonie, menèrent entre elles des guerres continuelles, aucune n'étant assez puissante pour imposer bien longtemps sa domination aux autres. Après l'apparition d'une dynastie de Kish, dont le dixième roi fut Enmébaragesi (vers - 2700), la période dynastique archaïque III (vers - 2600 - 2300 ) fut marquée par les souverains enterrés dans les "tombes royales" d'Ur, au mobilier funéraire riche en objets d'or et d'argent, auxquels succédèrent ceux de la première dynastie d'Ur, à partir de Mésannepadda, son fondateur, vers - 2560 - 2525. Au Nord d'Ur, à la même époque, régnaient les "ensi" de Lagash : l'un d'eux, Eannatum ( - 2455 -2425 ) , imposaz d'abord sa domination à la cité voisine d'Umma, commémora ce haut-fait par la célèbre "stèle des vautours", puis vainquit, entre autres, les Elamites, Ur et Mari. Mais après la mort d'Eannatum, les rois de Lagash furent détrônés par une famille sacerdotale, elle-même renversée par Uruinimgina (vers -2350 ); celui-ci, en dépit de son oeuvre réformatrice, ne put restaurer l'hégémonie de sa cité et fut vaincu par Lugal-zagesi, ensi d'Umma ( vers - 2340 - 2316), qui détruisit Lagash, s'empara d'Ur, d'Uruk et de Kish, étendit son autorité sur tout le pays de Sumer. Mais ce premier Empire Sumérien devait succomber rapidement sous les coups des Akkadiens, d'origine sémitique. Sargon l'Ancien ( vers - 2334 - 2279 ), après avoir renversé Lugal-zagesi, ( vers - 2345) , soumit toutes les cités de la Basse-Mésopotamie ; il aurait affirmé sa puissance en Elam, en Mésopotamie septentrionale, en Syrie, et peut-être jusqu'à la Méditerranée ( Chypre ?). Les Akkadiens assimilèrent la culture sumérienne ; ils adoptèrent les cunéiformes pour transcrire leur propre langue, qui resta après eux la langue courante en Mésopotamie. Miné par des révoltes incessantes, l'empire qu'avait fondé Sargon l'Ancien s'effondra après un siècle à peine d'existence, peu après - 2200, sous les coups de guerriers descendus des montagnes du Zagros, les Gutis. Ceux-ci, après avoir commis des destructions qui laissèrent un durable souvenir, regnèrent pendant près d'un siècle sur la Basse-Mésopotamie, en laissant aux cités sumériennes une assez grande liberté. Dès - 2145 environ, une véritable renaissance sumérienne commenca de s'épanouir à Lagash, sous le règne de Gudéa, qui, prenant le titre d'ensi, semble avoir été un véritable souverain indépendant, de même que son fils, Ur-Ningirsu. La ville jouissait à cette époque d'une prospérité sans égale. Les Sumériens, rétablissant un peu partout leur autonomie, atteignirent alors leur apogée : ce fut la brillante période de la IIIème dynastie d'Ur ( - 2113 - 2006). Son fondateur, Ur-Nammu ( - 2113 - 2095 ), grand bâtisseur, rétablit l'ordre en Sumer en mettant sur pied une administration efficace et en promulguant le plus ancien recueil de lois de Mésopotamie connu à ce jour; le successeur d'Ur-Nammu, shulgi, ( - 2095 - 2047), restaura l'empire, qui groupait Sumer, le pays d'Akkad, la Mésopotamie septentrionale et l'Elam, et prit, suivant l'exemple de l'Akkadien Naram-Sin, le titre de "roi des quatre régions du monde". Mais l'empire Sumérien se morcella ensuite rapidement sous la pression des Amorrites; pour finir, les Elamites, en - 2004, en détruisant la capitale et en capturant son roi Ibbi-Sîn, portèrent un coup fatal à la IIIème dynastie d'Ur. Après la chute de cette dernière, le pays se divisa en deux royaumes Amorrites avec la dynastie d'Isin au Nord et celle de Larsa au Sud, cependant qu'à Babylone, centre jusqu'alors peu important, s'affirmait à partir du XIXème siècle, une autre dynastie amorrite, conquérante. Le dernier roi de Larsa, Rim-Sîn, ne s'empare d'Isin (vers - 1794 ) que pour être vaincu à son tour, vers - 1763, par Hammurabi. Ce sont les Amorrites qui dominent désormais politiquement la Mésopotamie. Mais ils devaient recueillir, conserver et transmettre l'héritage de la civilisation sumérienne, comme le montrent la fidélité qu'ils consèrvèrent, pendant plus d'un millénaire et demi, à la langue sumérienne et l'inlassable travail de recopiage des textes sumériens par les scribes des temples et des palais dans tout le monde mésopotamien. L'Histoire, la pensée et l'Art ont, en Orient, leur Origine en Sumer.


Tell Asmar

Ville du bassin de la Diyala, affluent du Tigre descendu du Zagros, au nord-est de Bagdad. La transcription akk. de son nom sum. est Isnou. La ville s'étendait sur 1 km carré, ce qui marque son importance. Sans doute fondée au IVè mill., elle prend une certaine extension pendant les DA Il et III; elle parvient à sa plus grande expansion à l'époque d'Ur III et à celle dite d'Isin et Larsa. Elle est soudainement abandonnée à l'époque paléobabylonienne, sans doute à la suite de sa conquête par Hammurabi, v. -1768. Un temple consacré à la divinité locale appelée Abri s'est développé sur trois phases (et niveaux stratigraphiques) successives. Le premier niveau remonte, selon les fouilleurs, au DA I, le deuxième au DA Il et le troisième au DA III, schéma un peu simple qui a, depuis, reçu quelques modifications. De ces trois périodes, l'édifice le plus important est le temple du DA Il appelé "Temple carré". C'est une construction massive axée sur une salle centrale ouverte sur quatre côtés : l'un donne sur une salle d'accès, par laquelle on pénètre dans le monument, les trois autres s ouvrent sur des cella rectangulaires servant manifestement au culte. Le plus important complexe demeure le palais des dynasties Amorrites, dont la stratigraphie s'échelonne sur cinq niveaux, s'étendant dans le temps sur le dernier siècle du îîîe mill. et les premiers siècles du îîe mill., étudiés en détail par Jean Margueron . Le premier élément de ces ensembles était un temple consacré à shû-Sîn (anciennement Gimil-sin) par le gouverneur de la ville au nom du roi d'Ur, Ituria. À la suite d'un incendie partiel, le palais a été reconstruit par Nurahum. Il fut entièrement remanié (phase III) par le roi Bila-lama, à qui l'on doit, semble-t-il, la sécularisation du temple. La phase IV est caractérisée par une extension des bâtiments, qui s'est faite en particulier sous le règne d'Urninmar. Quelques restes d'une cinquième phase datent de l'époque des derniers rois de la cité, Ibiqadad et Ibalpiel. Comme tous les palais mésopotamiens, ils sont constitués de séries de salles axées sur une ou plusieurs grandes cours centrales et, sans doute, pourvus d'un étage. A l'époque akkadienne, au complexe appelé palais du nord était lié un ensemble de structures axées sur une cour centrale, où ont été retrouvés des systèmes d'évacuation d'eau avec plusieurs pièces d'abord interprétées comme des salles de bains, mais dans lesquelles on a vu ensuite un ensemble d'ateliers de teinture de textiles. LES LOIS D'ESHNUNNA. Il s'agit de deux grandes tablettes trouvée lors des fouilles de TelI Harmal en 1945 et 1947 (sources A et B) complétées par des extraits retrouvés dans une tablette d'exercice de scribe exhumée dans les années 1980 lors d'une fouille de sauvetage du bassin du Harim, à Tell Haddad (source C). L'introduction de la première tablette (source A) a permis d'attribuer ce corpus fragmentaire de lois à la ville d'Eshnunna, capitale d'un petit État devenu indépendant à la fin de l'époque d'Ur III. Les lois ont été collationnées sous le règne de Dadusha sans doute le dernier roi de la ville indépendante, car il était contemporain du début du règne d'Hammurabi. La majorité des incipit de lois commence par summa, qui signifie Si» suivi d'un substantif (awiîum un homme, ou encore «il»). Elles concement les actes commerciaux et surtout les relations sociales.


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Thamudéens

Peuple du nord de l'Arabie. Ils apparaissent dans l'histoire au VIlle s. dans les Annales de Sargon II d'Assyrie. Ils sont nommés avec d'autres tribus (Ibâdid[i], Marsimanu, Haiapâ) " Arabes habitant le désert qui ne connaissent ni chefs ni scribes (une administration élaborée) et qui n'ont jamais payé de tribut à aucun roi". Soumis, ils auraient été déportés à Samarie (Bit Omri), dans l'ancien royaume d'Israël, récemment conquis. Ils sont à nouveau mentionnés environ un siècle et demi plus tard dans une lettre de Nabonide (sous la forme Te-mu-da-a Ar-ba-a-a) qui demande à son correspondant, Nabû-akhkhê-iddina, de leur verser plusieurs talents d'argent. Au 1er s. de notre ère, Pline l'Ancien mentionne les Thamudaei, qu'il localise entre Domatha et Hegra, c'est-à-dire Al-Jawf et Médaïn Saleh, au nord du Hedjaz. C'est peut-être vers cette époque que les diverses tribus thamudéennes se regroupent pour constituer une sorte de fédération autour, semble-t-il, d'un temple à Rawwâfa, dans le nord du Hedjaz. Une inscription de ce temple, datée des environs de 168 de notre ère, nous fait connaître l'existence de ce "peuple des Thamudéens", représentés par les Anciens de chaque tribu, et réunis autour de ce temple consacré au dieu Ilaha. Selon le Coran (surates VII, 76-78, etXLI, 12-16), ils auraient disparu à la suite soit d'un tremblement de terre, soit d'un gigantesque ouragan accompagné de coups de foudre. Leur déclin et leur disparition doivent se situer entre 400 et 600 de notre ère. On leur attribue un certain nombre d'inscriptions recueillies dans le nord-ouest de l'Arabie, dans une langue voisine de l'arabe hedjazien (la langue du Coran). Ce dialecte, proche du safaïtique, se distingue de l'arabe par l'utilisation pour article défini du h-, différant en cela de l'arabe, qui utilise al-, et se rapprochant des langues sémitiques du Nord-Ouest.


Ugarit

Ville côtière de Syrie, act. Ras shamra (cap du Fenouil). Le site d'Ugarit, au nord de Lattaquié, est l'un des plus anciens du POA, occupé dès le néolithique ancien acéramique (ca. -6500). L'industrie du cuivre y fait son apparition au début du IVè milI. et, aux alentours de -3000, Ugarit est une cité déjà importante pourvue de fortifications, avec des ateliers de bronziers. Le début du IIe mill. marque un tournant de l'histoire de la ville avec l'arrivée de groupes nomades, des Amorrites, artisans spécialisés dans la fonte du bronze, appelés par le premier fouilleur, Claude Schaeffer, "porteurs de torques" (colliers rigides de bronze retrouvés en abondance dans les sépultures de cette population énigmatique). Cette période, appelée bronze moyen dans la littérature archéologique, voit un nouveau développement de la cité où est construit un vaste palais et où sont remaniées les fortifications. Après une période de déclin (ou d'abandon?) d'un demi-siècle, Ugarit entre réellement dans l'histoire au BR (XVIe s.) grâce à la découverte de nombreuses tablettes : administratives et économiques, documents privés, commerciaux, contrats, actes officiels, correspondances, listes de personnages et listes géographiques, rituels, textes concernant l'extispicine, omens, listes de divinités, lexiques, textes littéraires. Un grand nombre de ces textes sont rédigés dans la langue nationale, l'ugaritique. Dans la partie ouest de la ville, près d'une porte fortifiée des remparts, est construit un vaste palais en pierre, en bois et en pisé, de 10 000 m2, pourvu de huit portes, d'un grand jardin intérieur, d'une douzaine d'escaliers intérieurs en pierre conduisant à l'étage, d'une salle du trône, et d'un nombre considérable de salles dont certaines contenaient des archives. Le palais était, comme partout dans l'Orient ancien, le centre administratif du royaume, dont les frontières, mal déterminées, ont varié selon les époques. Mais ce petit royaume, quoique demeurant indépendant, devait composer avec les grandes puissances du moment : le Mitanni, l'Égypte, qui, vers la fin du XVe s., exerça sa domination sur la région, enfin les Hittites. Vers -1350, Suppiluliuma (vers -1370-1342) fit entrer Ugarit ainsi que de nombreuses cités du nord de la Syrie dans la sphère d'influence hittite. Cela n'empêcha pas la ville de conserver une indépendance dans l'alliance hittite et sous la protection de ses rois, et de prospérer grâce à son commerce maritime, en particulier avec le monde égéen. Ugarit apparaît ainsi comme une thalassocratie rivale des Mycéniens et préfigurant les grandes entreprises des Phéniciens de Tyr et Sidon . Les inscriptions ugaritiques, recoupées avec les textes Hittites et la correspondance d'Amarna, ont permis d'établir une liste des derniers rois d'Ugarit avec les dates approximatives de leurs règnes Amistamru Ier (vers -1360), Niqmadu II ( - 1360 - 1330), Arhalbu (- 1330 - 1324), Niqmépa (-1324 - 1274), Amistamru Il ( -1274 - 1240), Ibiranu (-1240-?), Niqmadu III (? - 1225), Ammurapi ( - 1225 - 1180). Vers - 1180, la ville est détruite, sans doute par les envahisseurs venus du monde égéen et d'Anatolie occidentale, connus par les textes égyptiens sous le nom de Peuples de la Mer. Ugarit disparaît alors de l'histoire, bien que des traces d'une réoccupa­tion très partielle soient attestées à l'époque perse (Ve - IVe s.). En revanche, le site voisin de Ras ibn Hani, à 5 km au sud-ouest de Ras shamra, sans doute un centre administratif comme le prouve la présence de deux "palais", après avoir subi la même destruction violente, a vu une partie de son palais sud réaménagée en habitations privées. Il s'agit peut-étre de l'installation de fractions de ces Peuples de la Mer, car on y a recueilli des tessons de style mycénien tardif, datés du XIIe s. TEXTES LITTÉRAIRES : Les tablettes recueillies lors des fouilles ont rendu à la lumière un nombre important de textes littéraires, dans l'ensemble des poèmes ou des épopées légendaires ou mythiques. Ils présentent le double intérêt de nous révéler tout un pan d'une littérature sémitique oubliée et, surtout, d'éclairer les textes de la Bible hébraïque d'un jour tout nouveau. Ils apportent une clé à certains textes ou termes bibliques énigmatiques (comme les "réphaïm"), tandis que leur disparition avec la destruction d'Ugarit, au début du XIIe s, oblige ceux qui considèrent que certains textes bibliques ont été rédigés à l'époque perse à revoir leurs positions et à faire remonter jusqu'au XIIIe s. plusieurs traditions recueillies et remodelées par les rédacteurs hébreux. Ces textes, ainsi qu'un certain nombre de tablettes de caractère non littéraire et mythologique, ont révélé une langue qui appartient au groupe sémitique du Nord-Ouest, proche de l'hébreu, grâce à quoi il a été possible de la lire sans les difficultés qu'a pu présenter le déchiffrement des hiéroglyphes ou des premières inscriptions cunéiformes assyriennes. Les scribes d'Ugarit ont adapté les syllabaires cunéiformes en signes alphabétiques, inventant ainsi le premier alphabet, que les Phéniciens populariseront en y adaptant des signes nouveaux permettant une écriture sur des supports légers comme le papyrus. Pour ces textes, voir : Baal, Danel, Kéret. Quelques courts poèmes n'ont pas été analysés dans ce dictionnaire. Ils sont transcrits et traduits dans Parker , sous les titres : "Baal père d'un taureau"; "Une naissance"; "le Désert"; "l'Assujettissement d'un monstre"; "la Fête divine dEl"; "les Rapiuma (Repim ou Réphaim); "la Naissance des dieux gracieux"; "le Mariage de Yarikh (la Lune) et Nikkal-(Ib); "la jument et Horon", un court fragment concernant Anat et son frère.


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Ur

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq, retrouvée dans le site du tell Muqayyar (ou Umgheîr). Un premier établissement fut fondé à l'époque d'El-Obeïd, vers la fin du Vè millénaire. C'était un village de huttes en roseaux et en pisé. Il fut submergé vers - 3900 à la suite d'une inondation exceptionnelle de l'Euphrate ou d'un déplacement du cours du fleuve qui laissa un niveau de limons stériles appelé par le fouilleur diluvium, par référence aux mythes du Déluge. De nouveaux établissements se succèdent pendant les époques d'Uruk et de Djemdet Nasr (entre -3900 et -2900). Les premiers siècles de l'histoire d'Ur, au DA, qui débute alors, restent à peine entrevus. La LRS donne Mésannépada, fils de Meskalamdug, roi de Kish comme fondateur de la 1re dynastie d'Ur, la troisième cité qui a pris la prédominance après le Déluge, à la suite de Kish et d'Uruk. On ne sait si ce Meskalamdug est le même personnage que celui dont on a retrouvé la sépulture dans le cimetière royal. Dans ce cimetière, situé au sud du temenos de Nanna(-Suen), les fouilleurs ont mis au jour 1 850 tombes dont les dates se situent entre - 2700 - 2600 et 2100. Parmi celles-ci, 16 sont considérées comme des tombes royales, hypothèse fondée sur la richesse du mobilier recueilli, le fait que les tombes étaient maçonnées et les titres (lugal pour les hommes, nin pour les femmes) accompagnant les noms de quelques-uns des personnages qui y étaient ensevelis. Le propriétaire de l'une d'entre elles (n0 1050), avec qui furent ensevelies une cinquantaine de personnes, Akalamdug, se déclare le fils de Meskalamdug. Il n'est pas non plus mentionné dans la LRS, mais il porte le titre de lugal, comme son père. On ne sait non plus quelles relations a pu réellement avoir Puabi, dont la tombe était l'une des plus riches du cimetière avec ces rois dont elle était à peu près contemporaine. Ce qui apparaît à l'évidence, c'est que ces personnages royaux, qui ont vecu aux XXVIIè s. et XXVIè s., ont été accompagnés dans leurs tombes par tout un personnel sacrifié pour continuer de les servir au cours de leur vie dans l'au-delà. À l'exception des quelques personnages cités ici, on ne connaît ni les noms ni la condition sociale des autres occupants des 1850 tombes. Il est possible, comme l'a suggéré Susan Pollock , que n'ait été enseveli là, à peu de distance du temenos, que le personnel du haut clergé du temple du dieu-lune et les dignitaires du palais. Cependant, Mésannipada, peut-être descendant ou parent des personnages royaux cités, ne semble pas avoir été inhumé dans ce cimetière, pas plus que son fils et successeur Aanépada. La LRS donne encore trois successeurs a Aanépada : Mes-kiag-Nanna, son fils, qui régna 36 ans, puis Élulu et Balulu, dont on ne connaît pas les liens de parenté et qui auraient régné respectivement 25 et 36 ans. La suprématie passa ensuite à la dynastie d'Awan, ce qui nous conduit aux environs de - 2400. La LRS cite une IIe dynastie d'Ur avec les noms incomplets de quatre rois qui auraient régné 116 ans. Si cette dynastie a existé, elle n'a pu réellement exercer une hégémonie ni, non plus, durer si longtemps, car vers -2340 Lugalzagési d'Umma, devenu roi d'Uruk et de Kish a soumis les villes de Sumer avant d'être lui-même renversé par Sargon d'Akkad, vers - 2334. Bien que l'histoire d'Ur à l'époque du DA reste à peu près inconnue, on sait que la ville était déjà devenue prospère, enrichie par le commerce que favorisait sa position sur le bas Euphrate, en communication directe avec les marchés de Dilmun, Magan et Mélukhkha. Elle était en même temps un aboutissement du commerce du golfe Persique et un port de transit des marchandises qui remontaient le fleuve jusqu'en Syrie. Son activité semble s'être ralentie pendant la période d'Akkad, bien que son prestige, et surtout celui de son temple de Nanna, fût déjà tel que Sargon établit sa fille Énhéduanna prêtresse du du sanctuaire. Ur va briller d'un dernier éclat avec la fondation de la IIIe dynastie, par Ur-Nammu, Son fils et successeur shulgi organise, consolide et étend encore l'empire d'Ur, qu'il conduit à son apogée. C'est sous les règnes de ces deux souverains que les monuments de la ville sont reconstruits, à commencer par les sanctuaires du temenos de Nanna et sa ziggurat. Ur-Nammu a commencé à entourer la ville d'une puissante muraille et à organiser ses deux ports, l'un à l'ouest, sur l'Euphrate, et l'autre au nord de la ville, sur un canal qui l'entourait en partie. C'est aussi lui qui a entrepris la construction de la ziggurat, appelée é.temen.ni.gùr.(ru) = "Maison, Fondement de la terrasse (ou Terrasse de fondation) revêtue de terreur", dont les bases, en partie reconstituées, subsistent encore et qu'acheva le fils de shulgi, Amar-Suen. Le temple lui-même, é.kis.nu.gàl, avait déjà été reconstruit par Naram-Sîn, et il fut sans doute remanié par Ur-Nammu. Une grande partie des 84 sanctuaires, chapelle et édifices de caractère cultuel recensés par A. R. George paraient déjà la ville ou ont été construits à cette époque. Amar-Suen ( - 2046 - 2038) ne régna que peu d'années mais il réussit à agrandir l'empire en y annexant une partie de l'Assyrie. shu-Suen ou shu-Sîn ( - 2037 - 2029), nom lu jadis Gimil-Sîn, succède à son frère Amarsuen. Il avait marié sa fille au fils du roi de Simanum, ville située vers l'Assyrie ; ce dernier avait été chassé de son trône, ce qui obligEa shu-Suen à intervenir; les rebelles furent déportés dans la région de Nippur, où l'on bâtit pour les loger une ville. Par ailleurs, la menace que les nomades Amorrites faisaient peser sur les frontières occidentales se précisent. C'est à cette époque que furent construits (ou achevés si shulgi en avait commencé la construction) le "mur des Amorrites" et un canal qui reliait le Tigre à l'Euphrate, canal qui aurait mesuré dans les 275 km. Deux femmes de la famille royale sont connues par un balbale , "Abi-Simti et Kubatum"; cette dernière était sans doute l'épouse de shu-Suen et Abî-simti celle d'Amar-Suen (plutôt que de shulgi, comme le pensait Falkenstein). À shu-Suen succède son fils (plutôt que son frère) Ibbi-Sîn ( - 2028 - 2004). À l'instar de shulgi, il utilisa la force militaire et les mariages diplomatiques, sans pour autant réussir à maintenir la cohésion de l'empire. Sous la pression sans cesse renouvelée des Amorrites, les fortifications qui défendaient la frontière de leur côté sont débordées et les nomades se répandent dans le pays. Ibbi-Sîn confie alors le commandement des provinces menacées à Ishbi-Erra tandis que lui-même marche contre l'Élam révolté. Il est vaincu et rentre en hâte à Ur, qu'il a fait plus encore fortifier. Profitant de la faiblesse de l'empire, de la famine qui sévit à la suite de la perte des provinces et de la destruction des récoltes, Ishbi-Erra se rendit alors indépendant dans Isin. En - 2007, puis de nouveau trois ans plus tard, les Elamites, alliés aux Amorrites et aux Su (un peuple barbare des montagnes encore inconnu, mais il s'agit peut-être simplement des gens de Suse), ravagent le Pays de Sumer et, finalement, prennent Ur et mettent à sac la vénérable capitale. Comme le laissent entendre les lamentations sur la destruction d'Ur, la ville ne tarda pas à renaître de ses cendres, mais elle avait perdu toute puissance politique : elle ne sera plus désormais qu'une ville sainte, la cité du dieu-lune, toujours dépendante de Babylone ou des Assyriens


Ur-Ninurta

Roi d'Isin (-1923 - 1898), fils de Litpit-Ishtar. Il est connu pour avoir présidé une assemblée de la ville de Nippur destinée à juger un procès pour meurtre. On a pu être frappé par le fait que l'accusation et la défense ont été assurées par plusieurs citoyens de la ville, tous de petites gens, jardiniers, oiseleurs, "et même un mushkênun, semble-t-il" , ce qui a laissé supposer qu'il existait une forme de démocratie dans certaines villes de la Mésopotamie des IIIe et IIe mill. INSTRUCTIONS D'UR-NINURTA : Sous son nom est aussi placé un court texte (incomplet et détérioré par endroits) de 71 lignes, intitulé par son traducteur : "Instructions d'Ur-ninurta". Le texte est rédigé dans un "sumérien syllabique" difficile à comprendre, ce qui a conduit son seul traducteur (Bendt Alster, en anglais) à mettre en question son propre travail en remarquant que d'autres interprétations peuvent être proposées. Certaines prescriptions sont à rapprocher des Instructions de shuruppak (voir sagesses). Dans l'esprit de ces sagesses orientales, il s'agirait des instructions d'un dieu (1.37, a-ag-ga dingir-ra) à Ur-Ninurta, nous reportant dans la nuit des temps : "Au temps jadis, sur la fin de ces jours, après que les nuits furent devenues très loin de ces lointaines nuits, après que les années furent devenues loin de ces lointaines années, après que le flot (du Déluge) eut balayé (la terre), celui à qui fut donnée la sagesse par Enki... ". Il s'agit avant tout d'une suite d'exhortations à craindre la divinité et de conseils de fermiers, les références incessantes aux champs et à la moisson paraissant, d'ailleurs, symboliques. Il nous est aussi parvenu plusieurs hymnes où le roi est associé à diverses divinités : à An, dont il est l'élu, à Enki, à Inanna (deux hymnes).


Urartu

Royaume au sud du Caucase, situé entre les lacs de Van et d'Urmiah. Son histoire est connue grâce aux inscriptions urartéennes et aux annales des rois d'Assyrie. Urartu est un nom d'origine assyrienne désignant les régions au sud du lac de Van (Anatolie orientale, au coeur de ce qui deviendra l'Arménie historique, occupée maintenant par les Kurdes après la déportation et les massacres des Arméniens). Ce terme apparaît pour la première fois au XIIIe s., sous la forme Uruatri, dans les annales du roi d'Assyrie Salmanazar Ier ( - 1273 - 1264). Il est employé en concurrence avec celui de Naïri, qui était aussi le nom donné au lac de Van (mer de Naïri). Les Urartéens désignaient leur pays sous le nom de royaume de Bianili. Ce n'est cependant qu'au IXe s. qu'émerge un Etat organisé qui, au cours des siècles suivants, se structure et gagne en étendue, au point de devenir l'une des principales puissances du POA. Le premier souverain mentionné est un certain Aram(u), qui régnait sur la région de Van (capitale du royaume sous le nom de Tushpa) aux environs de -860. Salmanazar III prit sa capitale, Arzakim, vers -858. Les inscriptions de Salmanazar III mentionnent ensuite Sarduri, fils de Lutipri, contre lequel les Assyriens firent campagne en -832, sans doute peu après sa montée sur le trône. Il régna jusqu'en -825, date à laquelle lui succéda son fils Ishpuini. Ce n'est qu'avec le fils et successeur de ce dernier, Menua ( - 804 - 790), que le royaume commence à devenir conquérant, bien qu'Ishpuîni ait déjà entrepris des campagnes de conquête à la tête d'une armée non négligeable avec 10 000 cavaliers, 23 000 fantassins et une centaine de chars. Menua étend le royaume vers le sud et l'est, mais c'est son fils Argishti 1er ( -789 - 766) qui va pousser ses conquêtes vers le nord et le sud en utilisant les méthodes des Assyriens : massacres, incendie des villes, déportation. C'est dans la lointaine province de l'Araxe, à Érébuni (Erivan), qu'il déporte les captifs de sa campagne en Mélitène (sud-est de l'Anatolie ). Il s'attaque ensuite à l'Assyrie en la contournant vers l'est, mais il est tenu en échec par le tartan de l'armée assyrienne, shamshi-ilu, sous le règne de Salmanazar IV ( - 782 - 773). Cette politique agressive sera poursuivie par ses deux successeurs, Sarduri Il ( - 765 - 733) et Rusa 1er ( - 732 - 714), en direction de la Syrie au sud et de la Colchide (actuelle Géorgie) au nord-ouest. Vers la fin de son règne, Rusa doit faire face à une invasion de nomades venus par le Caucase, les Cimmériens, tandis que Sargon II conduit sa huitième campagne contre la région au sud du lac de Van, qu'il met à sac. Mais les Urartéens, rompus à la guerre et solides montagnards, se relèvent de ces ravages, et Argishti Il ( - 713 - 679) et surtout son fils Rusa II ( -678 - 654) rendent sa puissance à leur royaume, où ils fortifient les villes : Teishébaini (actuelle Karmir Blur), Toprak Kale, Bastan. Les hostilités entre Assyriens et Urartéens cessent vers cette époque, les deux royaumes ayant sans doute compris combien ils s'épuisaient mutuellement en vain alors que leurs frontières étaient menacées par ailleurs. On ne sait que peu de chose des derniers rois Urartéens, Sarduri III ( - 654 - 625), Eriména ( - 624 - 606) et Rusa III ( - 605 - 585), rois dont la séquence et la filiation restent discutées. La disparition de la royauté est due sans doute aux attaques des Cimmériens et des Scythes, et à l' expansion du royaume des Mèdes sous l'impulsion de Cyaxare, qui étend ses frontières jusqu'à l'Halys (Kizil Irmak), au coeur de l'Anatolie . La richesse de l'Urartu tenait à une agriculture rationalisée, mais aussi aux nombreuses mines (or, argent, fer) du royaume : elles permirent le développement d'un artisanat important qui produira un art du métal et de la chaudronnerie original, dont l'influence s'exercera jusqu'à la Grèce de l'époque archaîque. La population de l'Urartu, dont les origines restent obscures, a subi fortement l'influence des Hourrites, à moins que ce ne soit dans cette région qu'il faille chercher le berceau de cette dernière population. La langue des inscriptions urartéennes est voisine de celle des Hourrites, au point que Goetze y a vu un dialecte hurrite; Melikishvili a montré quant à lui les étroites relations des deux langues (dans la construction ergative - pour le sens d'ergatif, voir sumérien - ou dans les suffixes constituant les cas). Le dieu du Temps et de l'Orage, Teshéba correspond au Téshup hurrite, et shiwini le dieu-soleil, correspond au shimigi Hourrite. Sans équivalence restent cependant Haldi, le grand dieu national de l'Urartu, et son "épouse", Bagbarti, ainsi que le dieu-lune shélardi.


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Uruk

Ville du Sumer, au nord d'Ur et au sud-est de Babylone. Le nom moderne du tell où gît l'antique cité a conservé son ancienne appellation sous la forme Warka. Le premier établissement a été fondé vers la fin du Ve mill., dans la dernière phase de la période d'El-Obeîd. Grâce aux fouilles menées en profondeur à la hauteur de l'Èanna (temple du Ciel), on a pu établir une stratigraphie dont le mobilier propre à chaque niveau a permis de faire de l'Uruk préhistorique le site éponyme du dernier millénaire de la protohistoire de la basse Mésopotamie, succédant à l'obeïdien : Uruk ancien, appelé aussi dans la terminologie anglo-saxonne "protoliterate" ( - 4000 - 3750); Uruk moyen (-3750 - 3500) et Uruk récent (- 3500 - 3100). C'est au cours de cette dernière période qu'apparaissent les premières tablettes dans une écriture idéographique. Après la période intermédiaire de Djemdet Nasr débute l'époque historique appelée dynastique ancien ou archaique (DA). Malgré son ancienneté, Uruk ne fait pas partie des villes antédiluviennes de la LRS. Mais elle vient juste après Kish pour ravir à cette dernière la prééminence en Sumer avec sa 1re dynastie, aux alentours de -2700. L'auteur de la LRS n'utilise pas le nom d'Uruk, pourtant prestigieux à son époque, mais celui d'Éanna, à qui la royauté fut accordée au détriment de Kish. Le fondateur de la dynastie est Mes­kiag-gasher, fils d'Utu (le dieu-soleil), qui devint grand prêtre et roi (lugal), et qui aurait régné 324 ans. Le texte ajoute qu'il vint dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes, ce que d'aucuns (à commencer par Jacobsen) ont interprété selon la marche du soleil, qui se couche dans la mer à l'occident (mais la mer, pour Uruk, est au sud et invisible parce que trop éloignée) et se lève derrière les montagnes à l'est. Le fils de Meskiag-gasher, Enmerkar, est le héros de plusieurs épopées. La LRS en fait le fondateur d'Uruk. Ce qui ne peut être interprété que de cette manière : Uruk n'était encore qu'une agglomération autour de l'Éanna, voisine du bourg de Kullab, où se trouvait le temple d'Anu. Cette bourgade portait le nom du temple E.an.na.ka. Enme­rkar aurait fusionné les deux bourgs voisins pour en faire une seule ville sous le nom d'Uruk. Après un règne de 420 ans lui succède Lugalbanda, lui aussi héros de plusieurs mythes à qui est attribué un règne de 1 200 ans. Entre ce règne et celui de Gilgamesh, donné dans l'épopée comme le fils de Lugalbanda et de la déesse Nin-Sun (la dame buffle), la LRS place Dumuzi, dont la cité est Ku'a(ra) [dans le texte sumérien ku6-aki, alors que dans les mythes le concernant il est seigneur de Bad-Tibira. Gilgamesh, de son côté, est dit, dans la LRS, fils d'un démon lillû, grand prêtre de Kulla. Gilgamesh règne 126 ans, puis son fils Ur-Nungal (ou Ur-lugal = roi d'Ur) monte sur le trône où il règne 30 ans ; son fils Utul­kalamma(k) lui succède, sans qu'aucun grand mythe lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. La LRS cite encore cinq rois pour cette dynastie, le dernier étant Lugal­ki-tum (ou Lugalkigin), qui, après un règne de 36 ans, fut détrôné par Mésannépada, le roi d'Ur, lequel acquit à sa cité la prééminence. Trois fois encore, Uruk aurait réussi à retrouver une situation dominante, avec ses Ile, IIIe et IVème dynasties, qui, excepté la IIIe, illustrée uniquement par Lugalzagési, lequel fut d'abord roi d'Umma, n'ont eu aucune importance. Malgré ce passé mythiquement glorieux que lui acquit sa 1re dynastie, Uruk ne joua jamais qu'un rôle secondaire dans l'histoire même de Sumer, et elle perdit toute indépendance après que Sargon d'Akkad eut vaincu Lugalzagési et rasé ses hautes murailles. Toute sa grandeur, qui s'est édifiée pendant la période protodynastique, est conservée dans la version ninivite (assyrienne) de l'Épopée de Gilgamesh :"Celui qui a tout vu" (Gilgamesh) [...] fit construire le rempart d'Uruk-l'Enclos, du saint temple Êanna, le trésor sacré. "Regarde cette enceinte qu'entoure une frise pareille au cuivre, contemple ses pilastres que personne jamais n'égalera prends donc l'escalier qui est antique, approche l'Eanna, la demeure d'Ishtar que nul roi de I'avenir jamais n'égalera ni personne; monte donc sur le rempart d'Uruk, promène toi, examine les fondations, scrute le briquetage. Doutez vous que son briquetage soit en briques cuites et que les sept sages en aient jeté les fondations ? 3 600 arpents de cité, 3 600 arpents de vergers, 3 600 arpents d'argilière, 10 800 arpents le temple d'Ishtar, 10 800 arpents et 1 800 arpents : c'est l'aire d'Uruk !". Ville riche, ville opulente, Uruk avait conservé dans ses moeurs les principes de l'époque où elle vivait sous un régime de caractère démocratique, où l'assemblée du peuple décidait des affaires de la ville, avant que s'imposât un système monarchique dans lequel, néanmoins, le roi n'était pas tout-puissant. C'était aussi une ville de plaisirs : la cité des courtisanes, des hiérodules et des filles de joie (al kezrêti shamhatu u harimati), dit le poète de l'Èpopée d'Erra (IV, 52). Ce sont ces mêmes courtisanes, hiérodules et filles de joie, "tout le personnel féminin du temple d'Ishtar", que la déesse convoque pour se lamenter après que le héros et Enkidu ont tué le Taureau céleste. Comme Ur, Uruk reste cependant une ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides, ne vont cesser d'embellir, dont les temples sont sans cesse construits ou reconstruits, dont l'artisanat produit en permanence des oeuvres d'art. Quoique venant en cinquième position, après Babylone, Assur, Nippur et Ur, pour le nombre de ses chapelles et sanctuaires, elle en comptait 76. Son déclin ne commence qu'avec les Parthes et les Sassanides, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, jusqu'à ce que l'assèchement du bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie oblige ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des Arabes musulmans.


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