110 définitions trouvées concernant "Akkad".
Choisir un autre thème du dictionnaire
Rechercher un terme particulier :  
Mot

Définition

Images

Akkad

Ville de moyenne-Mésopotamie, Agadé (son nom en Sumérien) fut la riche capitale de l'Empire Akkadien. Fondée (-2334) par Sargon "l'Ancien", La ville était en relation commerciale avec tous les peuples environnants : Élamites , Amorrites , Arabes , Assyriens. Après la mort du descendant de Sargon, shar-Kali-sharri, la sécheresse et les invasions Guti, venues du Zagros Iranien, précipitèrent la chute d'un Empire qui restera l'Archétype Historique de l'unité de la Mésopotamie.


18 Images

Akkadiens

Nom d'un un peiuple et d'une langue sémitique parlée en Mésopotamie au cours des Ier, IIe et IIIe millénaires. Les Sémites qui véhiculèrent cette langue vers le "Croissant fertile" étaient présents avant -1600. L'Akkadien supplanta progressivement le Sumérien, pour s'établir comme langue "nationale" au début du IIème millénaire. A cette époque , l'Akkadien se divise en deux dialectes : l'Assyrien et le Babylonien.


18 Images

Malédiction d Akkad

Poème sumérien écrit un peu plus d'un siècle après la mise à sac de la ville, ou peut-être beaucoup moins, voire avant même la mort de Naram-Sîn, selon certains auteurs, ce qui semble bien improbable. Selon Samuel N. Kramer (qui donne pour sous-titre au poème : "l'Ekur vengé"), le texte original aurait été composé vers - 2000 par un "théologien poète", dans l'une des"académies" (edubba) d'Ur ou de Nippur, bien que les tablettes connues les plus anciennes datent du XVIIIè s. Le poème met en cause Naram-Sîn, qui, pour venger un affront fait par Enlil à Ishtar, maîtresse d'Akkad, aurait détruit l'é.kur, le temple d'Enlil à Nippur. Pour se venger, le dieu aurait fait déferler les bandes guti sur le royaume d'Akkad. Ainsi, à un tableau de la richesse d'Akkad, va être opposée sa misère, qui se termine par la destruction de la ville. Comme le pense Jean-Jacques Glassner , le manuscrit a été certainement rédigé à Nippur et recopié maintes fois on possède plus de cent manuscrits de l'oeuvre, un des fleurons de la littérature sumérienne.


18 Images

Sargon d Akkad

Fondateur (-2334 -2279) de la dynastie d'Akkad et de la ville de ce nom. VIE DU ROI : On ne possède qu'un monument contemporain de Sargon, une stèle triomphale retrouvée à Suse. Nous ignorons même son vrai nom, car sharrukenu (ou sharrukin) est un surnom qui signifie roi légitime . La Légende de Sargon est relatée dans des textes des époques néo-assyrienne et néo-babylonienne, soit près de quinze siècles après les événements."Je suis Sargon, le roi puissant, le roi d'Akkad. Ma mère était une grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville [natale] est Azupiranu, qui est située sur les bords de l'Euphrate.[...] Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et me mit au monde en secret. Elle me déposa dans une corbeille de jonc dont elle ferma l'ouverture avec du bitume. Elle me jeta dans le fleuve sans que j'en puisse sortir. Le fleuve me porta; il m'emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d'eau... [...]m'adopta comme son fils et m'éleva...[il] me mit à son métier de jardinier. Alors que j'étais ainsi jardinier, la déesse Ishtar se prit d'amour pour moi, et c'est ainsi que pendant [cinquante]-six ans, j'ai exercé la royauté" .On peut accepter le témoignage de certains textes qui nous apprennent que Sargon a été l'échanson du roi de Kish, Ur-zababa. S'est-il ensuite révolté contre ce roi et a-t-il quitté Kish pour fonder Akkad, ou, au contraire, a-t-il été choisi par ce roi comme son héritier et a-t-il dû fuir et fonder Akkad parce que Lugal­zagési, roi d'Umma et d'Uruk, et fédérateur des cités sumériennes, avait conquis Kish et mis à mort Ur-zababa ? Dans ce cas, la guerre audacieuse qu'il va mener contre Uruk pourrait être le fait non d'une bravade qui l'aurait conduit à s'attaquer au maître du premier Empire sumérien, mais, plutôt, d'une vengeance. Toujours est-il que ce long règne fut consacré à fonder le premier empire historique de l'Asie antérieure. Mais jusqu'où s'étendait-il ? On serait bien en peine de le déterminer avec certitude. Si l'on en croit les diverses légendes concernant Sargon, il aurait trempé ses armes dans le golfe Arabique, où il aurait conquis l'île de Dilmun et aurait soumis l'Élam, ce qui n'a rien d'invraisemblable. Vers l'ouest, Si l'on en croît l'épopée du "Roi du combat" il se serait "élancé vers les Montagnes claires (Liban?) et la forêt de Cèdres" (Amanus ?). Sous prétexte de défendre des marchands sémites opprimés par leur sukallu, il s'empara du pays d'Ibla (Cappadoce ?), où se trouvait Purushkhanda, ville du dieu Dagan. Vers la fin de son règne, il dut faire face à des révoltes qui le forcèrent à soutenir un siège dans sa propre capitale d'Akkad. Il réussit à vaincre les rebelles qu'il poursuivit jusqu'au Subarru, secondé par son fils Rimush. Nous connaissons le nom de sa femme, Ashlutum et celui de sa fille, En-hedu-ana "vraie femme de Nanna [...] dans le temple d'Inanna à Ur" . TEXTES RELATIFS À SARGON : - 2 tablettes d'argile bilingues (akk. et sum.) datant de la Ire dynastie de Babylone : " Sargon [...] vainquit la ville d'Uruk et détruisit son rempart. Il défit Uruk dans une bataille et fit prisonnier Lugalzagési, le roi d'Uruk, au cours de la bataille il l'amena dans un carcan à la porte d'Enlil. Sargon, le roi de Kish, gagna 34 batailles il détruisit les remparts jusqu'au bord de la mer. Il amarra au quai d'Akkad les bateaux de Méluhha, les bateaux de Magan [et] les bateaux de Tilmun.» Légende de Sargon : Citée plus haut. La Légende Sumérienne de Sargon : Sargon, échanson d'Ur-zababa, est visité en rêve par Inanna dans le temple d'Ézinu. Il y a vu le roi de Kish dans un flot de sang. Il le lui rapporte, ce qui effraie le roi, qui écrit à Lugalzagési. La fin de la tablette manque, mais son intérêt réside dans un long dialogue entre Sargon et Ur-zababa. Sargon et Lugalzagési : Fragment en sumérien par lequel on apprend le nom du père de Sargon, Laipum. Il y est aussi dit qu'il fit d'une femme de Lugalzagési sa concubine et qu'il marcha contre ce demier, comme si la cause du conflit était, précisément, cette femme. Sargon preneur de ville : Texte d'une tablette du Louvre où est rapportée la destruction d'une ville du pays d'Utanapishtim par "la horde" (?) d'Akkad. Elle est attribuée à l'époque de la 1ère dynastie de Babylone, bien qu'il y soit mentionné des "hommes de fer" Le Roi du combat (ou de la bataille : sar tamhSrim) : Constitué par plusieurs fragments, de la période de la 1ère dynastie babylonienne, ce texte rapporte l'expédition du roi vers la forêt des Cèdres et sa campagne contre le seigneur de Purushkhanda. On en possède plusieurs versions avec des variantes en ce qui concerne quelques détails. Chronique de Sargon : Tablette du BM de l'époque néobabylonienne. «Sargon, roi d'Akkad, s'éleva au pouvoir durant l'ère d'Ishtar et il n'eut ni rivaux ni opposants [...] Il traversa la mer du Levant et il conquit les contrées du Couchant... " C'est cette chronique qui nous apprend que dans sa vieillesse, Sargon dut subir un siège dans Akkad. Trait amusant : selon la chronique, il aurait construit près d'Akkad une réplique de Babylone, ce qui aurait provoqué la colère de Marduk. Or, ni Babylone ni son dieu, Marduk, n'existaient à l'époque de Sargon. ICONOGRAPHIE. Une très belle tête en bronze provenant de Ninive (Kuyunjik) et exposée au musée de Bagdad, semble être un portrait de Sargon. Sa stèle en diorite retrouvée (à l'état fragmentaire, en plusieurs morceaux) à Suse (musée du Louvre) est sculptée de bas-reliefs où les personnages sont représentés dans la grande tradition sumérienne. On y voit, en particulier, un soldat akkadien vêtu d'une robe qui tient sur son épaule droite une courte épée et qui empoigne de l'autre main un captif entièrement nu, les poignets liés par une corde dans le dos; dans une autre zone en partie effacée sont représentés des prisonniers jetés au sol, assis ou agenouillés, scène qu'on a pu interpréter comme un massacre, tandis que dans le registre inférieur les corps des morts sont abandonnés à des charognards, peut-être des vautours ou des sortes de gypaètes.


18 Images
Mot
Autres définitions mentionnant "Akkad"
Images

Isin

Ville de la Babylonie identifiée dans le site moderne d'Isan al-Bahariyat. Les fouilles du site ont révélé que la ville avait déjà acquis une certaine importance au DA et à l'époque d'Akkad. Sa divinité principale était Gula, identifiée à Ninisina, la dame d'Isin. Elle y avait son temple, l'é.gal.mah (le Palais exalté). Une masse d'armes y a été retrouvée au nom du roi d'Akkad shar-kali-sharri. Le nom d'Isin n'apparaissant nulle part avant l'époque d'Ur III, Postgate, se fondant sur le fait que dans les textes d'Ur III, la ville est notée sous la forme d'IN-si-in a suggéré qu'elle a été mentionnée auparavant sous le logogramme INk, qu'on lit dans divers textes. La chute de la dynastie d'Ur III va permettre à Isin de devenir une capitale dynastique. Un Amorrite, Ishbi-Erra, officier dans l'armée du dernier roi d'Ur Ibbi-Sîn (-2028 -2004), reçut le commandement de la place d'Isin et de la région vers -2017. C'était l'époque où les Elamites et les montagnards du Zagros menaçaient l'empire d'Ur. On ne sait, en fait, quand Ishbi-Erra, profitant de la faiblesse politique d'Ur, se rendit indépendant au sein d'Isin. Il y reste solidement établi lorsque l'empire d'Ur s'effondre sous les coups des Amorrites et des Elamites . Une fois Ibbi-Sîn disparu, Ishbi-Erra peut se présenter comme le successeur légitime des rois d'Ur et fonder sa dynastie ce sera la dernière de la LRS, qui a dressé la liste de ses successeurs. On a pu supposer à juste titre que le nouveau roi, afin de se donner une légitimité, va encourager la diffusion de ce thrène qu'est la "Lamentation sur la destruction du Sumer et d'Ur"; dont la fin est une promesse de résurrection de la ville, sous-entendu grâce aux souverains d'Isin : "Oh Nanna (le dieu-lune d'Ur), ta royauté est agréable, retourne à ta place ! Puisse un bon règne d'abondance être réservé à Ur! Laisse le peuple se coucher dans les sûrs pâturages, laisse-le s'aimer ! [...] Oh Nanna, oh ta cité ! Oh ton temple ! Oh ton peuple ! " . Ishbi-Erra réussit à pacifier la contrée et à se rendre maître d'une partie de Sumer et d'Akkad, bien que certaines villes aient échappé à son autorité notamment Larsa, qui va s'imposer comme une rivale. Les premiers successeurs d'Ishbi-Erra shû-ilishu, Iddin-Dagan (-1974 -1954), Ishme-Dagan (-1953 -1935), vont maintenir la suprématie de leur cité. Néanmoins, le dernier s'est révélé impuissant à s'opposer à un raid du roi d'Assur Ilushumma, qui prétend, dans une inscription, avoir libéré Ur et Nippur : il est possible que la Lamentation sur la destruction de Nippur soit en relation avec ce raid sans lendemain de l'Assyrien. Lipit-Ishtar (-1934 -1924), successeur d'Ishme-Dagan, est resté célèbre pour le code de loi qu'il a inspiré. Après lui commence le déclin d'Isin. Les cités se rendent indépendantes tandis que monte l'étoile de Larsa. En vain Bûr-Sîn (-1895 -1874) reprendra-t-il Nippur et Ur. Il dut évacuer cette dernière peu après. Un quart de siècle plus tard, Isin n'est plus maîtresse que d'elle-même, elle ne contrôle plus que quelques champs aux alentours. Elle sera bientôt englobée dans l'empire d'Hammurabi.


Aggadé

Autre nom d'Akkad (voir ce mot).


Akkad

Ville de moyenne-Mésopotamie, Agadé (son nom en Sumérien) fut la riche capitale de l'Empire Akkadien. Fondée (-2334) par Sargon "l'Ancien", La ville était en relation commerciale avec tous les peuples environnants : Élamites , Amorrites , Arabes , Assyriens. Après la mort du descendant de Sargon, shar-Kali-sharri, la sécheresse et les invasions Guti, venues du Zagros Iranien, précipitèrent la chute d'un Empire qui restera l'Archétype Historique de l'unité de la Mésopotamie.


18 images

Akkadiens

Nom d'un un peiuple et d'une langue sémitique parlée en Mésopotamie au cours des Ier, IIe et IIIe millénaires. Les Sémites qui véhiculèrent cette langue vers le "Croissant fertile" étaient présents avant -1600. L'Akkadien supplanta progressivement le Sumérien, pour s'établir comme langue "nationale" au début du IIème millénaire. A cette époque , l'Akkadien se divise en deux dialectes : l'Assyrien et le Babylonien.


Alphabet

Alors que l'Ecriture cunéiforme, inventée par les Sumériens et adaptée pour écrire l'Akkadien, notait des syllabes, l'alphabet est un syllabaire dépourvu de voyelles, réduit à l'aspect consonantique de la langue. En soi, il représentait une simplification si extraordinaire de l'Ecriture qu'il est resté le système adopté par toutes les langues du monde occidental et de la moyenne-Asie. Le premier exemple d'Alphabet a été découvert à Ugarit, et date des environs de -1300.


2 images

Amorrites

Population de langue sémitique qui apparaît au Bronze ancien. Leur nom figure pour la première fois dans les annales du souverain d'Akkad shar-Kali-sharri (vers -2215). Présents, comme nomades, dans la région du Moyen-Euphrate depuis le troisième millénaire, les Amorrites se sont très progressivement installés dans tout le "Croissant fertile", et finiront par fonder une Dynastie à Babylone. Hammurabi de Babylone se proclamait "Roi des Amorrites".


Amurru

-Nom Akkadien du pays des Amorrites. -Nom d'une divinité sémitique et dieu tutélaire des Amorrites. On le retrouve dans le Sud de la Mésopotamie dès l'époque d'Ur III. -Nom donné à la constellation de Persée, identifiée à la divinité Amurru.


2 images

Annunîtum

Déesse Akkadienne d'attributs guerriers. A Babylone , elle est la déesse protectrice de la naissance des enfants. Elle semble avoir été vénérée jusqu'en Élam.


Apsû

Nom akkadien désignant le monde des eaux souterraines , et par extension, des Enfers. L'Apsû désigne aussi un petit bassin aménagé au cœur du temple, censé représenter les Eaux primordiales.


Aratta

Ville située à l'Est du Zagros Iranien. Mal localisée, elle semblait jouir d'une réputation d'excellence du temps du royaume d'Akkad.


Asag

Démon sumérien("Asakku"en akkadien). créature hideuse des montagnes, il aurait représenté, pour les Sumériens, les pillards (Gutis ?) du Zagros qui déferlaient régulièrement dans la plaine sumérienne. Mais Asag est aussi l'un des sept démons de la maladie , celui qui s'attaque à la tête et provoque la mort.


Assur

Capitale de l'Empire Assyrien, (actuel qal'at Sergat, Nord-Irak). Le site d'Assur fut occupé avant la période d'Obeid, mais ce n'est qu'au Dynastique Archaïque qu'une bourgade se forme, très vite absorbée dans le royaume d'Akkad. Il faudra attendre les environs de -2050 pour qu'Assur devienne la capitale administrative d'un royaume indépendant, l'Ancien Empire Assyrien. Alors que la ville et l'Empire s'enrichissaient grâce au commerce avec la Cappadoce (Turquie centrale),shamsi-Adad Ier (-1813 -1781) se posait comme rival d'Hammurabi, Roi de Babylone. Sous le règne d'Assurnasirpal II (-883 -859), Assur perd le statut de capitale au profit de Kalhû, nouvelle résidence du souverain. Assur fut détruite par les Mèdes en -614.


25 images

Assyrie

Région originelle (Nord-Irak actuel) de la Culture Assyrienne, elle fut d'abord comprise dans la sphère d'influence sumérienne, puis intégrée à l'Empire d'Akkad (vers -2350). On sait finalement peu de choses sur les populations (nomades ) qui furent à l'origine du peuple Assyrien. Probablement très tôt mêlés aux Amorrites, les dix premiers rois de la liste royale Assyrienne "vivaient sous la tente". C'est vers -2100 que les "Assyriens" s'installent à Assur. Alors que la structure politico-économique du pays s'élaborait, le commerce avec la Cappadoce s'intensifiait, grâce au comptoir Assyrien de Kanesh. Se succèdent sur le trône d'Assyrie : Sargon Ier, Puzur-Assur II, Naram-Sîn (-1807 -1776), en qui l'expansion territoriale des Assyriens trouve son point de départ. Peu après -1500, Saustatar, roi du Mitanni, effectue un raid sur le petit royaume d'Assur. A partir de cette époque, les Empires Mitannien, Babylonien et assyrien semblent diplomatiquement à égalité. Au roi Assur-Uballit Ier(-1363 -1328), succède Adad-Nirarî Ier, Salmanazar Ier, Tukulti-Ninurta Ier. La période suivante semble faire état de moins d'opulence et de création artistique et intellectuelle. Il faut attendre Téglath-Phalasar Ier (-1114 -1076) pour retrouver une politique impérialiste de l'Assyrie , bien que ce soit sous Adad-Nirarî II, Tukulti-Ninurta II, et surtout Assurnasirpal II (-883 -859) , que l'Assyrie se constituera le plus vaste empire jamais établi au Proche-Orient Ancien, et ce même empire atteindra son apogée sous les Sargonides : Sargon II, Sénnachérib, Assarhaddon et Assur-banipal. Après un conflit pour la succession D'Assur-banipal, Nabopolassar s'empare de la Babylonie. Cyaxare, le roi des Mèdes tente de prendre Ninive vers -615. L'alliance des Babyloniens et des Mèdes scellera le destin de l'Assyrie, avec la prise d'Assur, de Kalhû et , finalement, de Ninive...Le dernier souverain Assyrien Assur-Uballit II tentera pourtant de résister depuis Harran, avec l'appui des troupes égyptiennes, avant de disparaître brutalement de la scène politique. Seule, Arbèles a survécu à ces destructions.


37 images

Ayya

Déesse sumérienne et akkadienne. Son surnom, d'origine sumérienne, est " lumière céleste". A Sippar, on la vénérait comme épouse de Shamash (Dieu solaire). Divinité astrale à l'origine, elle est devenue déesse de la fertilité.


Babylone

Ville au Sud de Bagdad (Irak actuel), son nom en sumérien était "Ka-dingir-ra(ki)", et en Akkadien "Bab-ili", littéralement : "la porte du Dieu". C'est la Babel des textes "bibliques". La première mention de Babylone apparaît dans des textes datant du règne de shar-kali-sharri (-2217 -2193). Petit centre religieux dès l'époque sumérienne, Babylone ne prendra de l'importance qu'après que l'Amorrite Sumu-abum (-1894 -1881) en ait fait la capitale de son royaume indépendant. Peu à peu, le petit royaume va gagner du terrain (Sippar, Dilbat, Kish puis Marad). Quand Hammurabi (-1792 -1750) devient Souverain de Babylone (Dynastie Amorrite), il est à la tête d'un empire assez important pour attirer les jalousies des Kassites, venus du Zagros Iranien. A deux reprises, les guerriers Kassites tenteront, en vain, de prendre Babylone, sous les règnes de Samsu-iluma (vers -1740) et de Abî-eshuh (-1711 -1684). Toujours est-il que l'implantation des Kassites en Babylonie fut progressive, ceux ci étant très présents dans certains corps de métiers, et même dans l'armée. Quand, en -1595, le Roi Hittite Mursili Ier effectue un raid sur Babylone, mettant ainsi un terme à la dynastie Amorrite, il laisse le champs libre aux Kassites qui y fondent une nouvelle dynastie, en transférant la capitale à Dûr Kurigalzu. Mais très vite, alors que les derniers rois Kassites s'épuisent en guerres contre l'Assyrie de Tukulti-ninurta Ier, l'Elam saisit l'occasion pour piller Babylone et y installer un souverain élamite. Ce n'est qu'avec Nabuchodonosor Ier (-1125 -1104), de la IIème dynastie d'Isin, que la Babylonie redeviendra un empire indépendant, grâce à des campanes menées contre l'Elam. Mais, très vite, l'Assyrie étend sa domination sur la Babylonie. Ce sera la gloire de la Dynastie Chaldéenne, avec Nabopalassar et son fils, Nabuchodonosor II, de donner à Babylone un empire qui s'étendit de la Méditerranée à l'Elam, et de faire de Babylone la ville la plus prestigieuse de l'Orient Ancien. Après la prise de la ville par Cyrus, en -539, la ville gardera son hégémonie du point de vue intellectuel et "scientifique", au point qu'Alexandre voulut en faire la capitale de son immense empire. C'est là qu'il mourut, en -323. Babylone survivra encore quelques siècles, sous la dynastie macédonienne de Syrie, et s'éteignit lentement durant la dynastie Iranienne des Parthes. Pour les anciens Mésopotamiens, Babylone était la ville sainte, en relation avec Ikû, la constellation de Pégase.


15 images

Babyloniens

On a tendance à attribuer à ce nom un sens général impliquant toute la partie Sud de l'actuel Irak, les Assyriens occupant le Nord. Cette vue se justifie dans la mesure où Hammurabi a étendue son empire sur cette partie méridionale de la Mésopotamie, comprenant les anciens Sumer et Akkad, et où les lois promulguées par ce roi ainsi que de nombreuses notions culturelles, à commencer par la langue, le babylonien ancien, forme dialectale de l'Akkadien, et les institutions sociales, se sont imposées aux anciennes villes suméro-akkadiennes. L'Histoire des babyloniens se confond avec celle d Babylone à partir de la dynastie Amorrite, illustrée par Hammurabi.


déesses

Contrairement aux religions monothéistes, dans lesquelles le dieu proclamé unique est toujours masculin, les anciennes religions dites polythéistes accordaient une place importante aux aspects féminins de l'univers dans ses manifestations sous la forme des dieux. PRÉDOMINANCE DES DÉESSES : Il semble même qu'au néolithique ce sont les divinités féminines qui dominaient, comme peuvent le laisser penser les nombreuses représentations de déesses, alors que les divinités masculines ne sont guère représentées, sous des formes humaines en tout cas : ainsi en est-il en particulier en Anatolie , à Çatal Höyùk (\{II~ mill.), où la grande déesse est statufiée en compagnie d'animaux qu'elle domine alors que la puissance fécondante mâle est figurée certainement par le taureau; le taureau qui se retrouvera comme une créature de divinités féminines dans le monde mésopotamien, tel le taureau créé par Ishtar pour combattre Gilgamesh. Ces maîtresses des fauves (appelées généralement de leur nom grec, Fotota théron) se retrouvent en particulier en Mésopotamie avec Inanna et Ishtar à Ugarit avec Anat.Ce n'est que dans les hautes civilisations urbaines de la Mésopotamie et ensuite des autres régions du POA que les dieux mâles commencent à être représentés et à rivaliser avec les déesses dans le gouvernement du monde. Mais ai certaines anciennes déesses-mères ne jouent plus qu'un rôle secondaire, néanmoins déterminant dans les cosmogonies ~, comme Damkina, Ninhursag, Aruru, créatrice des hommes «, et surtout Tiamat, d'autres cont1nuent d'occuper une position dominante : la déesse-soleil d'Arinna en Anatolie , Inanna chez les Sumériens, Ishtar chez les Babyloniens et les Assyriens, Anat et Ashérah chez les Cananéens, cette dernière étant regardée comme la créatrice des dieux. Les Fotnia théron sont souvent des déesses guerrières (Anat, Allat Ishtar Inanna, l'Akkadienne Annunîtum). DÉESSES NUES : Propre au POA et surtout à la Mésopotamie est la déesse nue, connue par de nombreuses représentations. Certaines de ces représentations restent difficiles à identifier mais celles qu'on connaît avec certitude, en particulier Ishtar, Inanna, Ashérah, Anat, sont toutes des déesses guerrières et maîtresses des fauves. On a voulu voir en elles des symboles de la fécondité, ce qui paraît probable car ce sont aussi des déesses-mères primordiales, et leur aspect de maîtresses de la nature et de divinités célestes peut compléter le concept de fécondité qui leur est attaché. Les nombreuses représentations de déesses nues en ronde bosse et surtout en relief de terre cuite toutes de petite taille, semblent bien avoir été des sortes d'amulettes pour activer la fécondité des femmes. Mais cet aspect pourrait paraître en contradiction avec leur rôle guerrier et leur soif de violence, qu'elles assouvissent dans le sang, au détriment d'ailleurs des divinités masculines, car les panthéons du POA ne connaissent pas de dieux essentiellement guerriers comme l'était Arès en Grèce, ou, en tout cas, ils demeurent des divinités très mineures. Ces attributs ai nombreux et ai divers ne font que perpétuer la prééminence des divinités féminines ou, plus précisément, du féminin sur le masculin dans le monde divin, malgré la prédominance que, dans le monde des humains et dans la société, les hommes avaient recommencé à exercer sur les groupes sociaux. INFERNALES : Un autre aspect singulier des déesses du POA, mais qui s'inscrit dans cette totalité de pouvoirs qui appartenaient encore aux femmes dans le monde divin, est leur fonction de maîtresses des Enfers : telles sont Allani chez les Hurrites et surtout l"Ereshkigal" suméro-babylonienne car, plus que Nergal, donné comme dieu des Morts, elle s'impose comme l'inflexible maîtresse des Enfers. C'est finalement le monothéisme ravageur qui a terminé de dépouiller les femmes de tout pouvoir aussi bien dans le monde des dieux que dans celui des hommes, au point que même les sacerdoces lui furent refusés par le mâle triomphant et arrogant, image du dieu unique qu'il avait réussi à imposer. LISTE DE DÉESSES. Il n'est évidemment pas question de proposer ici une liste plus ou moins complète des déesses connues dans le POA. Martha Ann et Dorothy Myers Imel en ont catalogué plusieurs centaines. La liste du Louvre donne un catalogue de plus de 450 dieux et déesses Sumériens, dans lequel Ishtar compte dans les 40 noms. Car souvent les déesses se dédoublent. Les déesses d'origine sumérienne dont le nom commence par Nin, "dame", sont souvent des doublets ou des surnoms d'une même divinité. La liste du Louvre en catalogue plus de 130 . Voici une liste des déesses qui ont une entrée dans cet ouvrage Agushaya, Allani, Allat, Al-Lât, Anahita, Anat, Annunitum, Arinna (déesse-soleil), Aruru, Ashérah, Ashnan, Astarté, Atargatis, Ayya, Baba, Damkina, Ereshkigal, Hépat, Inanna, Ishtar, Manat, Nisaba, Ruda, Tashmetum.


1 images

Déluge

Les mythes diluviens se retrouvent dans les civilisations les plus éloignées, sans qu'on puisse savoir s'il y a eu des contaminations par on ne sait quelles voies cachées. Au point que, pour expliquer cette universalité, il a fallu aller en quête d'un phénomène qui aurait affecté l'ensemble de la planète. L'hypothèse la plus satisfaisante reste encore celle qu'à proposée de Morgan (1925): la fonte partielle des glaciers wùrmiens, provoquée par le réchauffement spectaculaire de l'atmosphère à la fin du paléolithique supérieur, a provoqué une montée des eaux océaniques tout en créant la forte humidité du climat dit atlantique qui marque le mésolithique. De longues périodes pluvieuses auraient Si fortement marqué l'humanité qui sortait de la dernière époque glaciaire que leur souvenir se serait perpétué à travers des mythes différemment reçus selon les civilisations. Chronologiquement, le plus ancien mythe de déluge qui nous soit parvenu se trouve dans les textes Sumériens. Selon LRS (col. 1,1.1-38), après que la royauté fut descendue du ciel, huit rois ont régné sur cinq cités qui se sont succédé dans la prééminence sur le Sumer~ avant que ne survienne le déluge. Ces cités sont (dans l'ordre) : Éridu, où la royauté serait restée 64 800 ans; Bad~tibira, avec 108 000 ans; Larak, qui ne connut qu'un seul " roi ", En-sipa(d)-zi(d)-Anna(k), qui régna 28 800 ans ; Sippar, où régna seulement En-men-dur-Anna(k), pendant 21 000 ans; enfin, shuruppak, où UbarTutu(k) régna 18 600 ans. Ainsi se sont écoulés 241 200 ans entre la création de la royauté et le déluge. Après cette rupture, la royauté descendit une seconde fois du ciel pour être accordée à Kish (col. I, 39-44). Bien que tardif, il existe un récit sumérien du déluge, daté de l'époque paléobabylonienne, mais colportant certainement une très ancienne tradition (récit fragmentaire sur une tablette de Nippur à l'University Museum,). La raison pour laquelle le déluge doit être provoqué n'est pas donnée. Le texte débute à la ligne 38, où parle un dieu. La signification du passage où il demande que soit laissé (aux hommes) le soin de construire leurs cités a don-du-me e reste énigmatique . Ensuite, il dresse un tableau des rois qui ont régi les cités antédiluviennes. Survient le déluge avec ses tornades et le débordement des flots au-dessus du "kabdugga" (terme non traduit par Kramer et que Poebel interprète comme "lieux de culte"). Sept jours et sept nuits dure le déluge. Le Noé sumérien est ici Ziusudra, un roi, le "conservateur du nom de niggil-ma (sens inconnu) [et] de la semence de l'humanité". Mais alors que dans la tradition akkadienne Utanapishtim parvient sur le mont Nisir (sans doute l'actuel Pir Omar Gudrun, à 80 km à l'est de Kerkuk, connu par ailleurs par des textes Assyriens), Ziusudra aborde dans la terre de Dilmun. La version la plus complète que nous possédions est celle du poème d'Atrahasîs. L'autre texte est celui de la XIè tablette de l'Épopée de Gilgamesh le plus célèbre parce que, lorsqu'il fut retrouvé dans la bibliothèque d'Assur-banipal, il causa la plus vive émotion dans les milieux chrétiens. Malgré certaines différences, en particulier dans le vocabulaire, entre le texte de l'Épopée de Gilgamesh et celui d'Atrahasîs, il apparaît à l'évidence que l'auteur de la XIè tablette (le scribe Smlêqê-unninni?) s'est largement inspiré du texte du poème d'Atrahasîs . À l'évidence, le rédacteur du déluge biblique (Gen 6 :1-8 :22) s'est aussi fondé sur le texte babylonien. Mais l'emplacement du mont Nisir étant imprécis et le souvenir du royaume d'Urartu restant encore prestigieux dans les mémoires, c'est dans ce pays montagneux qu'il a fait parvenir l'arche de Noé. Ce n'est que plus tardivement que l'Urartu s'est transformé en Ararat et a été précisément localisé.


2 images

Dilmun

Dilmun est la forme sum. de l'akk. Tilmun, lieu maintes fois cité dans de nombreux textes cunéiformes souvent en association avec Magan et Melukhkha. Le nom de Dilmun apparaît dès la seconde moitié du IVè mill. sous une forme pictographique, sur des tablettes de la période d'Uruk IV et ensuite de Djemdet Nasr. On peut voir que dès cette haute époque Dilmun représentait un lieu bien déterminé avec lequel les Sumériens et une ville syrienne comme Ébla étaient en relations commerciales. Sont ainsi mentionnés une hache de Dilmun (dilmun-tûn) dans une tablette d'Uruk III et un "collecteur de taxes de Dilmun" (dilmun-enku [ZA]). Ce nom va se retrouver tout au long de l'histoire de la Mésopotamie, avec une éclipse entre -1500 et -900, jusqu'à l'époque séleucide. Les relations avec Dilmun s'intensifient au cours des derniers siècles du DA (-2550 -2350). Sous Ur-Nanshé (v. -2550) de Lagash, les bateaux de Dilmun effectuent le transport de bois pour ses constructions, et, sous ses successeurs Lugalanda( -2400) et Urukagina (v. -2380), les bateaux de Dilmun transportent du cuivre et des dattes en échange de céréales, d'huile, de laine et d'argent; Dilmun parait alors être devenue une plaque tournante du commerce avec deux autres contrées d'outre-mer, Magan et Melukhkha. Ces relations commerciales se poursuivent à l'époque d'Akkad et peut-être plus encore pendant les périodes d'Isin-Larsa et paléobabylonienne. Leonard Woolley a retrouvé au cours des fouilles d'Ur, les archives du marchand Éa-nasir (ah.b Tilmun = trafiquant de Dilmun), qui dirigeait ce qu'on pourrait appeler une entreprise maritime d'importation du cuivre, extrait sans doute à Magan mais stocké dans les entrepôts de Dilmun avant d'être transporté à Ur. On connaît d'autres marchands, dont un certain Idin-Nin-Inzak , sans doute originaire de Dilmun, qui avait précédé dans ce commerce la firme d'Ea -nasir. Le commerce avec Dilmun dépassait le domaine suméro-babylonien pour s'étendre à Suse, où un temple était dédié à Inzak (nom écrit aussi Enzak, Anzag, Nin-zag), l'une des principales divinités de Dilmun, et à Marisous le règne de shamshi-Adad. Le trafic vers Maritransitait obligatoirement par Babylone, d'où les caravanes (harranû) transportaient la marchandise jusqu'à Mari, ce qui n'allait pas toujours sans quelques difficultés (cf. par ex. la lettre d'Iambe-Addu à Hammurabi). À l'époque kassite, Dilmun est un moment occupée par les Babyloniens, qui y installent un gouverneur. Deux lettres retrouvées dans les archives de Nippur sont adressées à Ililiya,qui semble bien être le même qu'Eniilkidinni, gouverneur de Nippur à l'époque de Burnaburiash Il (-1359 -1333) et de son (troisième) successeur, Kurigalzu II (-1332 -1308) par Ili-ippashara. Ce dernier est établi à Dilmun, dont il est démontré qu'il en était le gouverneur . Après une période d'éclipse, Dilmun est à nouveau en relation avec les Assyriens. Sous ses rois Uperi qui est comme "un poisson à 30 bêru au milieu de la mer où se lève le soleil " et Akhundara, elle reste indépendante mais, néanmoins, tributaire de Sargon II . L'un de ses autres rois, Khundaru (peut-être le même qu'Akhundara connu par d'autres textes), est aussi tributaire d'Assur-banipal. Les Babyloniens pour le moins sous le règne de Nabonide occupent le pays, où est installé un lugal pihashti Dilmunki, titre mentionné dans un texte daté de -544 . On ne sait précisément Si cette expression désigne un administrateur commercial ou, plutôt, civil et militaire de Dilmun. Il semble que Dilmun ait été plus ou moins tardivement intégrée dans l'Empire achéménide. Jules Oppert avait proposé d'identifier Dilmun avec l'île de Bahreîn, appelée Tylos par les Grecs. Cette identification est acceptée par la majorité des archéologues, bien qu'on ait tendance à étendre cette entité géographique à la côte voisine de l'Arabie. L'absence de témoignage archéologique dans l'île avant le milieu du III è milI. a conduit à situer la première Dilmun sur les côtes voisines de l'Arabie, où nombreux sont les établissements qui remontent au moins au IVème mill. : Abqayq, Umm an-Nussi, Umm ar-Ramad, l'île de Tarut ont rendu des poteries de l'époque de Djemdet Nasr voire plus anciennes. Le même nom de Dilmun désigne aussi, dans les textes mythologiques Sumériens, un lieu qui semble mythique, "saint et pur", en particulier dans le mythe d' "Enki et Nînhursag". Il est dit que, "lorsque le dieu Enki s'y établit avec son épouse, le pays devint pur et lumineux." A Dilmun, auparavant ne croassait nul corbeau, ne cacabait nul francolin; nul lion ne tuait, nul loup ne se jetait sur des agneaux !" . C 'était une sorte de paradis (terrestre ?) où il semble qu'on ne connaissait ni le travail ni la vieillesse, à moins qu'il ne faille interpréter ces passages comme la description d'un lieu où tout était figé, ou rien ne bougeait ni ne poussait, jusqu'au moment où Enki vint apporter l'eau d'où s'épanouit la vie. Ce texte, dont le plus ancien manuscrit ne remonte qu'au début du IIè mill., soit l'époque où les relations avec Dilmun étaient des plus intenses, semble être l'idéalisation d'une île (et des terres voisines) située dans une mer où le soleil paraissait se lever. Dans la version sumérienne du Déluge, c'est à Dilmun, "là où se lève le soleil ", que fut installé Ziusudra pour qu'il y vive son éternité .


Dumuzi

Dieu sumérien lié étroitement au cycle d'Inanna/Ishtar. Il est parfois désigné sous la forme de Tammuz (babylonien, hébreu et araméen). Son nom, dumu-zi, signifie "le fils légitime". C'est un dieu de la Végétation et, en tant que tel, un dieu qui meurt, autour duquel s'est greffé tout un ensemble de mythes et pour qui a été élaborée toute une liturgie, ce qui en a fait l'un des personnages divins les plus complexes et les plus vivants de la religion suméro-babylonienne. La LRS mentionne deux Dumuzi. Le premier Dumuzi, un berger (Dumu-zi sipa), règne 36 000 ans sur Bad-Tibira. C'est le «Daônos poimên» de Bérose, roi antédiluvien. L'autre succède à Lugalbanda (lui aussi un berger) sur le trône d'Uruk. Il serait originaire de la cité de Ku'ara et aurait régné 100 ans. Gilgamesh est donné comme son successeur . Il est possible qu un souverain d'Uruk ait porté le nom de Dumuzi. Quant au lugal antédiluvien de Bad-Tibira, il semble qu'il s'agisse du dieu. Le mythe lui attribue pour mère Duttur et pour père le roi de Bad-Tibira. Le soleil Utu est parfois donné comme son frère, mais le personnage le plus important dans son mythe après Inanna est sa soeur GeshtInanna. Le mythe de Dumuzi se développe à travers un certain nombre de textes liturgiques. 1. Dumuzi et Enkimdu. Utu incite sa soeur Inanna à prendre pour époux le berger Dumuzi. Inanna s'en irrite, elle déclare qu'elle n'épousera pas le berger dont les vêtements sont rudes, celui qu'aime son cœur est Enkimdu le fermier. Elle se porte au-devant des deux garçons : chacun lui fait sa cour, vante ses mérites et lui dit ce qu'il pourra lui offrir. Dans le dialogue qui s'engage entre Inanna et Dumuzi et au gré duquel chacun aligne ses ancêtres, Dumuzi apparaît comme "le fils d'Enki et de Sirtur (= Duttur). Finalement, Inanna porte son choix sur Dumuzi. 2. Ce prologue au mariage, l' "hiérogamie"est complété par quatre textes poétiques présentés sous la forme de dialogues, réunis et traduits par Jacobsen sous les titres "The Sister's miessage" (- balbale), "The wiles of Women", "The Brédal shoots" et "Let Him Come!" 3. Suit le texte du mariage ou, plutôt, des préparatifs . C'est un texte où alternent les paroles des amies, d'Inanna, de Ningal, de Dumuzi et d'un narrateur. Dumuzi attend à la porte de la demeure de l'épousée tandis qu'elle se baigne, s'oint d'huile parfumée, revêt une robe, sans oublier les amulettes. Entre Dumuzi, qui s'adresse à Inanna (chaque fois intervient le narrateur qui annonce ce que va faire chacun des interlocuteurs). Dans ce texte, la première chose dont parle le fiancé est la chapelle de son dieu qu'il a apportée pour elle. D'autres poèmes d'un caractère plus brûlant et quelque peu érotique existent qui doivent trouver là leur place : Inanna ouvre la porte pour lui, dans la maison, elle brille devant lui pareille à la lumière de la lune. Dumuzi la regarde joyeusement, il presse son nez contre elle, il l'embrasse. n Inanna parle alors amoureusement à son époux, lui demandant de "labourer sa vulve", à quoi il répond " Grande dame, le roi labourera ta vulve, moi, Dumuzi, je labourerai ta vulve". 4. Ici, Jacobsen inclut un court poème qu'il intitule " Unfaithfulness ", selon lequel Dumuzi aurait trompé son épouse avec une esclave de la demeure, dont elle exige la mise à mort. Dumuzi est visiblement absent car Inanna décide ensuite d'aller le retrouver vers le désert. 5. Le Rêve de Dumuzi. Au cours d'une nuit, Dumuzi fait un rêve qui le trouble. Il demande à sa sœur GeshtInanna de le lui interpréter, et elle y voit la triste destinée de son frère. Ce dernier cherche à fuir jusqu'aux confins du désert la mort qui le guette. Mais les démons de l'enfer, les Callû, le traquent, finissent par le saisir et le mettent à mort. 6. Lamentations de la déesse. Inanna pleure Dumuzi. "Il s'en est allé mon époux, mon doux mari. Il s'en est allé mon amour, mon doux amour. Mon bien-aimé a été enlevé de la ville...". Il n'est ensuite plus question de Dumuzi, et, lorsque Inanna/Ishtar va descendre dans l'empire des morts, dominé par Éreshkigal, la raison n'en sera pas, comme on pourrait le supposer, pour rechercher son époux défunt. Curieusement, Inanna n'ayant reçu l'autorisation d'Ereshkigal de remonter au monde de la lumière qu'à condition qu'elle trouve quelqu'un qui restera à sa place en enfer la moitié de l'année, c'est précisément Dumuzi, confortablement installé sur une estrade près du pommier du "pays de Kul'aba", sur qui elle porte "un regard meurtrier " et qu'elle désigne comme celui qui descendra en enfer à sa place (Descente d'Inanna en enfer). L'aspect du mariage sacré royal s'est particulièrement développé à l'époque des rois d'Ur III, qui cherchaient à s'identifier à Dumuzi en tant qu'époux d'Inanna. L'ensemble du mythe de Dumuzi s'est formé à l'époque sumérienne et tous ces grands textes sont en sumérien. À partir du II è mill., le mythe cessera de s'étoffer, il ne sera plus que prétexte à la composition de lamentations et d'Ershemman. Il restera cependant le modèle divin des hiérogamies ainsi que de toute poésie amoureuse. Dans les textes Akkadiens, Ishtar se substituera à Inanna, sans que soit pour autant modifiée la substance du mythe.


Dunnu

Ce mot akkadien, qui signifie "fort , puissant", entre dans le nom de plusieurs villes fortifiées de Mésopotamie . L'une d'entre elles est connue (mais non identifiée) pour la théogonie qui lui est propre, par laquelle on peut inférer que, à l'origine, chaque cité de Sumer et d'Akkad avait ses propres dieux et sa propre théogonie.


Dynastique ancien ou archaïque

Traduction littérale de l'anglais Early Dynastic, le terme est généralement adopté de préférence à Présargonique (ancienne appellation due aux assyriologues français) pour désigner la première phase de la période historique du Sumer (abrégé en DA). Elle débute à la fin de la période de Djemdet Nasr, v. -2900, et se termine avec l'instauration de l'Empire akkadien par Sargon aux alentours de -2330. Fondée sur des éléments archéologiques et quelques documents, à commencer par la LRS, cette période est divisée en trois grandes phases : - DA I : -2900 -2750 - DA Il : -2750 -2600 - DA Illa : -2600 -2500 - DA IIIb : -2500 -2330.


EIam

Région du sud-ouest de l'iran, constituée de plaines et de montagnes, débordant l'actuel Kuzistan. Sa situation géographique, à l'extrémité des routes du plateau iranien conduisant vers l'Asie centrale et la vallée de l'Indus, et dominant la plaine du Tigre, lui a permis de jouer un rôle non négligeable dans l'histoire du POA. Le nom d'Élam est fondé sur l'hébreu 'êlam. Les Élamites appelaient leur pays Haltamti (= Terre du dieu) et les Akkadiens Elamtu. L'origine des Élamites reste inconnue. Ils semblent avoir appartenu à ce fond des anciennes populations néolithiques de l'Asie antérieure qui parlaient des langues agglutinantes, différentes des Sémites et des Indo-Européens. Les Élamites adoptèrent les cunéiformes d'origine sumérienne, mêlés de logogrammes suméro-Akkadiens, pour écrire leur propre langue, probablement au cours du XXIIIè s. av. J.-C. , et les ont utilisés jusqu'au IV s. Dans ce système d'écriture syllabique entrent les voyelles a, u, i, e. La base de la langue est nominale, verbale ou commune au nom et au verbe. Le verbe, toujours placé en dernière position, exprime un aspect accompli ou inaccumpli-duratif. Bien qu'elle participe largement des civilisations voisines de la Mésopotamie, la civilisation élamite conserve une originalité qui lui est propre. Il convient ici de préciser que ce qu'on est convenu d'appeler l'Élam ne forme pas une unité en soi. Il est composé de plusieurs régions qui ont été distinguées politiquement : au pied du Zagros, la Susiane, dans de riches plaines avec Suse pour capitale, n'a pas été toujours le centre de l'Élam, qui s'étendait par ailleurs dans les montagnes avec l'Anshan l'Awan et le shimashki ces deux dernières régions étant mal circonscrites sinon localisées. On s'accorde pour diviser son histoire, àpartir des découvertes archéologiques et des textes aussi bien extérieurs que ceux recueillis localement, en particulier lors des fouilles de Suse et, plus récemment, d'Anshan, en quatre périodes : proto-élamite (vers -3200 -2700)élamite ancien ou paléo-élamite (vers -2400 -1500), élamite moyen (méso-élamite -1500 -1100), Néo-élamite (vers -1000 -539). Après la conquête achéménide, l'Élam est une province de l'empire qui a cependant le privilège de voir Suse considérée comme l'une des capitales impériales. Pendant la période protoélamite, l'Élam est tourné vers le plateau iranien, à la civilisation duquel il participe. Les relations de Suse sont étroites avec Anshan Bialk, Tépé Yahya, et même Bhahr-i-Bhukhta, en Iran oriental, site que certains auteurs identifient à Aratta, le grand marché du lapis-lazuli. C'est au début de cette période que les Élamites vont commencer à se doter d'une écriture qui reste très élémentaire, et indéchiffrée. Elle consiste en idéogrammes simples, souvent de forme géométrique, parfois dessinés en double ligne, ou encore simplement linéaires, sur des tablettes de terre crue, parfois à peine cuites, et quelques amulettes et sceaux. Il arrive que des dessins au trait représentant des animaux fauves, bovidés, soient tracés accompagnés de quelques signes. Il s'agit en général de pièces comptables ou d'exercices de comptabilité .Les premières mentions historiquement attestées entre l'Élam (connu sous le nom sumérien de NIM) et Sumer par des inscriptions se situent entre -2700 et -2400, bien qu'il soit probable que les deux régions fussent déjà en relations commerciales. Un roi obscur de Kish, Enna'iI, fils d'A'anzu, se vante d'avoir vaincu l'Elam. D' Éannatum, il est dit qu'il vainquit l'Élam, "la montagne vertigineuse". Ce sont là des relations violentes dont il est difficile d'assurer que ce sont les premières entre les Sumériens et les Élamites. Déjà. dans la LRS, le mythique roi de Kish Enmebaragesi aurait porté ses armes dans le pays d'Élam, ce qui nous ramène aux environs de -2700. L'époque paléoélamite se divise en trois périodes selon les dynasties qui ont eu le pouvoir. Vers 2400, un prince de la ville élamite d'Awan prit le pouvoir, défit Ur et entra dans la liste royale sumérienne. Cependant, la Susiane fut intégrée dans l'Empire akkadien de Sargon, qui y plaça des gouverneurs (issiakkum). Par la suite, Naram-Sîn passa un traité avec le souverain d'Awan (le roi Khita ?). C'est le premier traité conclu entre un souverain élamite et un roi mésopotamien : il fut conservé dans le temple d'In-shushinak. Vers -2050, la liste susienne des (12) rois d'Awan et de shimash(ki) donne une nouvelle dynastie avec aussi 12 rois, originaires de shimashki dans les montagnes du Luristan. La Susiane retomba sous la domination des derniers rois de la IIIè dynastie d'Ur, qui pratiquèrent des mariages entre princesses sumériennes et élamites. Ces précautions n'empêchèrent pas les Élamites de s'unir et d'envahir Sumer sous la conduite du roi de shimatki Kindattu (v. -2004), ouvrant la deuxième période d'indépendance de l'Élam ancien. Le roi d'Ur Ibbi-Sîn fut capturé et emmené prisonnier en Élam, où il mourut. Le neuvième roi de la dynastie de shimashki marque l'étendue de ses conquêtes en prenant le titre de « roi d'Anshan et de Suse «. Plus modestes, ses successeurs se contenteront de celui de suêalmah« Grand Régent", titre sumérien des gouverneurs de l'époque d'Ur III (sukkal). Avec eux commence la troisième période protoélamite, (v. -1970). L'Élam forme alors une sorte de confédération où, au-dessous du Grand Régent, se trouvent un sukkal d'Élam et de shimashki et un sukkal de Suse. Ces Souverains pratiquent des mariages avec leurs soeurs, comme les rois d'Égypte, et ils conservent les traditions akkadiennes. L'akkadien semble être la langue officielle : la plupart des textes, administratifs, économiques, sont en akkadien. On ne possède de cette époque que quelques inscriptions royales en élamite. Cependant, ces inscriptions permettent de saisir la complexité de l'histoire élamite pendant cette période et des successions au trône, sans qu'on puisse toujours réussir à situer tous les faits recueillis dans un développement satisfaisant . Cette période des sukkalmah se termine vers -1500 on ne sait précisément dans quelles conditions. Entre -1500 et -1100, trois dynasties se succèdent à la tête de l'Élam, qui connaît sa période la plus brillante, appelée élamite moyen. De la première dynastie, dite des Kidinuides, on connaît peu de chose. Ses rois se parent du titre de roi d'Anshan et de Suse mais ils privilégient, avec le roi Tepti-Ahar, Kabnak (Haft Tèpè) au sud-est de Suse, comme résidence royale, au détriment de Suse. Une campagne du roi kassite de Baby-lone Kurigalzu 1er au XIVè s. semble être la cause de la chute de cette dynastie, remplacée par une nouvelle dynastie fondée par un certain Igi-halki. Sous cette nouvelle dynastie dite des Igihalkides, l'Élam va de plus en plus trouver son équilibre culturel, dans lequel les traditions indigènes s'harmonisent avec les courants mésopotamiens. L'élamite devient la langue officielle, remplaçant l'akkadien. Cette politique se concrétise dans la capitale-sanctuaire édifiée par Untash-Napirisha (v. -1275 -1240) à Tchoga Zanbil. Le petit-fils de ce dernier, Kiden-Hutran (v. -1235 -1210), effectue un raid sur la Babylonie au cours duquel il met à sac Der, Marad, Nippur et Isin. Une période d'anarchie suit la mort de ce roi, et le pouvoir va passer à une nouvelle dynastie fondée par Hallutush-Inshushinak (v. 1205-1185). On lui a donné le nom de shutrukides, du nom du fils de son fondateur, shutruk-Nahhunte (-1185 -1155). Ce dernier reprend une politique de conquête et ravage àplusieurs reprises la Babylonie. En -1158, il prend et met à sac Babylone, d'où il rapporte triomphalement à Suse quelques-uns des monuments qui y ont été retrouvés par la mission française : grande stèle du Code d'Hammurabi, stèle de Naram-Sîn, statue de Manishtusu. Il revient à son fils et successeur, Kutur-Nahhunte (-1155 -1150), de mettre fin à la dynastie kassite au cours de nouvelles campagnes en Babylonie. Ce dernier avait épousé sa soeur Nahhunte-Utu. Il mourut à peine cinq ans après être monté sur le trône et son frère Shilhak-Inshushinak (-1150 -1120) lui succéda. Il épousa à son tour Nahhunte-Utur, ce qui représenterait un cas de lévirat . shillak-Inshushinak a été l'un des souverains les plus importants de la dynastie. Outre ses campagnes militaires, il fit construire un certain nombre de temples et restaurer plus encore de monuments. Les Babyloniens n' avaient pas oublié les méfaits des invasions élamites, comme en témoigne une élégie où l'auteur se lamente à ce propos . Le texte semble avoir été écrit à l'époque de Nabuchodonosor îer (1125-1104) lequel va, en partie, venger ces razzias en infligeant une défaite au successeur de shilîak-Inshushinak Hutelutush-Inshushinak (1120-1110), qui dut se réfugier un moment à Anshan. La période néoélamite voit la désagrégation de l'Empire élamite avec des retours de fortune. Les rois ont alors trois capitales Suse, Hidalu et Madaktu, où ils résident selon les circonstances. Ils sont de plus en plus tournés vers les affaires de la Mésopotamie car sans cesse menacés par les Assyriens. Ainsi, selon les moments, ils occupent Babylone ou encore ils s'allient avec elle contre Assur. En fin de compte, Assur-banipal, attaqué par Te-Umman, le vainquit (-653) et installa à Suse, Madaktu et Hidalu chacun des fils d'un ancien roi élamite détrôné par Tempti-Humban-Inshushinak (le Te-Umman des inscriptions assyriennes), qui s'étaient réfugiés à sa cour. Les nouveaux souverains ne manquèrent pas de trahir leur ancien bienfaiteur; ils soutinrent Shamash-shum-ukin dans sa révolte à Babylone contre son frère Assurbanîpal, de sorte que ce dernier les engloba dans sa vengeance. il ravagea l'Élam, mit Suse au pillage et rapporta triomphalement à Ninive un immense butin. La troisième période néo-éiamite qui s'ouvre alors est marquée par un nationalisme qui privilégie tout ce qui est élamîte, mais qui ne pourra empêcher l'Élam de tomber bientôt sous la domination de la Perse achèménide.


El

Divinité suprême des panthéons sémitiques.Il correspond à l'akkadien "ilu"dont le sens premier est "dieu", et qui est écrit avec le sumérogramme " dingir" (l'étoile) mais ilu peut désigner un démon protecteur, un esprit (et surtout l'esprit d'un enfant mort) ou simplement la chance . Son étymologie reste inconnue, mais sa racine " 'l " est liée au mot désignant la force, la puissance (hébr. = dieu et force). Peut-être était-il à l'origine le dieu-taureau, parèdre de la grande déesse néolithique, ce qui justifierait son épithète de taureau dans les textes ugaritiques ("Baal et la Mer", "Palais de Baal" , etc.). Considéré l'extension du terme 'el / ilu ", où il désigne la divinité dans toutes les langues sémitiques (sauf en éthiopien), il serait étrange qu'il soit inconnu du panthéon d'Ébla. Il semble, en effet, qu'on puisse voir dans le dieu A-lu / la des textes d'Ébla, lié à la déesse dDa~bi~na~tu ,une forme ancienne d'El ; il correspond au dieu Ilum (écrit AN ou i-lu-um) des textes de Mari, dans lesquels il est donné comme fondateur de la ville, ce qui en fait sa divinité tutélaire . Dans ces mêmes textes d'Ébla, le dieu sumérien Enlil est traduit par I-h-lu . C'est par les textes bibliques que l'on connaissait le mieux cette divinité avec ses épithètes (à moins qu'il ne s'agisse de divinités diverses dont les noms sont devenus des surnoms ou des épithètes de l'El hébraîque) : El 'Elyôn, El Roi, El shaddai, El 'Olam, El Béthel . Ce sont cependant les textes d'Ugarit qui vont intégrer El dans un ensemble de mythes qui lui confèrent une certaine consistance, et en particulier les épopées de Kéret, de Danel, et surtout la Naissance des dieux gracieux, où il est le géniteur des deux dieux shahar et shalim. Au bord de la mer, le dieu voit deux femmes " qui font monter l'eau ". Deux femmes qui se révèlent finalement être les filles d'El et qui l'appellent " papa ". En les voyant, sa verge se dresse, mais il apparaît qu'au moment de l'union elle s'abaisse : "Ô époux, époux, s'écrient-elles alors, ta verge est basse, la tension de ton membre languit ! " cri de désespoir qu'elles répètent mais en appelant le dieu non plus "époux" mais "papa". Cette soudaine faiblesse sexuelle, le fait que le dieu, bien qu'ayant engendré tous les dieux, sauf Baal, fils de Dagan, tombe en un rang secondaire, même s'il occupe le premier d'une manière fictive, ont soulevé la question de la théologie sémitique, dans laquelle El est toujours rejeté au profit de dieux plus jeunes, sans qu'il soit dit, pour autant, être mis à mort ou exilé par un jeune dieu triomphant comme le fit Zeus dans la théogonie grecque. Ainsi, dans le panthéon hébreu, El est-il en fait supplanté par Yahweh , et il en était de même dans l'Arabie préislamique : Allah n'était qu'une divinité secondaire, effacée au profit de sa parèdre al-Lât.C'est son inconsistance qui a conduit Mahomet à le choisir comme son dieu et qui lui a conféré une universalité grâce au succès de son combat.Il n'en demeure pas moins qu'El dispose d'un pouvoir qui n'est pas négligeable: il est la source du pouvoir royal, avec le titre de m/h (roi), et le roi régnant est appelé "fils d'El". Il est aussi le " père de l'humanité ", ce qui en fit un dieu proche des hommes.


Emar

La ville antique d'Émar a d'abord été connue par des textes du milieu du IIIe milI. et des premiers siècles du millénaire suivant provenant aussi bien d'Ébla (une reine d'Emar, Tisha-Lim, était originaire d'Ébla) que de Mari, ou encore de Nuzi et d'Ugarit (par ex., lettre à propos d'un voyage à Emar, datée du XIVe s.. Georges Dossin avait suggéré une identification avec le tell syrien de Meskéné Khadime, dans la boucle de l'Euphrate. Des fouilles de sauvegarde, avant la mise en eau du lac prévue sur le Fleuve, y ont été conduites par une expédition française. Dès les premiers jours fut mis au jour un lot de 14 tablettes placées dans une jarre, qui permirent l'identification du site avec l'antique Émar. Mais, à la surprise des fouilleurs, les monuments dégagés, un palais à Bit Hilani, quatre temples de type "à mégaron", tout aussi bien que les nombreuses demeures privées constituant des îlots de demeures à terrasses accolées les unes aux autres, tout datait de la fin du BR, rien de plus ancien n'a été retrouvé. De fait, les changements de lit de l'Euphrate avaient obligé les habitants de la ville à l'évacuer et à en reconstruire une nouvelle sur une hauteur voisine. Cette reconstruction se fit à l'initiative du roi hittite Suppiluhuma îer (ca. 1380-1346) et de son fils Mursili Il (1345-1315). Cette dernière cité ainsi retrouvée était destinée à être à son tour engloutie dans les eaux du fleuve. La découverte de plusieurs centaines de tablettes rédigées en akkadien pour la majorité d'entre elles, mais aussi en sumérien, en hittite et en hurrite, et d'environ 400 sceaux d'une très grande diversité de styles et d'origines, a apporté de nombreux éléments concernant la vie dans cette partie septentrionale de la Syrie aux XIVe~XIIIe s. Ils ressuscitent dans une certaine mesure cette capitale du royaume d'Ashtata avec sa famille royale et les intrigues de palais . Une partie de ces textes consiste en testaments actes de vente, lettres, contrats divers, almanachs, mais aussi en oeuvres littéraires, telle cette belle élégie intitulée Ballade des héros du temps jadis (- chant), et en écrits de caractère religieux, dont le plus important est un rituel d'intronisation de l'épouse du dieu de l'Orage (noté avec le logogramme 41M, auquel sont ajoutés des épithètes akk"Jabaimmi" qui donne l'eau vivifiante " pih~aimmi","resplendissant ", puda(l)im(m)i, "armé pour le combat ". Parallèlement à ce texte où sont mis en évidence les temples de Ninkur et de Ninurta, et le bétyle d'Hépat, on connaît d'autres divinités de la cité : Baal et Astarté (auxquels étaient sans doute consacrés deux des quatre temples exhumés), Tashmishu, Nergal, Ishtar de shamuba.


3 images

Emésal

La langue sumérienne présente cette particularité de posséder deux dialectes utilisés dans des cas précis. Ce que les Sumériens appelaient "emegir", dont le sens est, pense-t-on, "langue princière" ou, plutôt, "langue principale" , était la langue courante, sans doute revêtue d'un caractère déjà littéraire, car c'est celle dans laquelle sont rédigés la plupart des grands textes littéraires. Emésal, dont le sens en sum. est discuté, signifie quelque chose comme "langue fine", " raffinée " on la dit plus couramment "langue des femmes", car elle est généralement utilisée par des femmes, en fait des prêtresses, à l'adresse de déesses ou vice versa. La littérature la concernant consiste en textes poétiques, accompagnés d'un instrument de musique, donc chantés ou psalmodiés, hymnes sous forme de prières et de lamentations dites parfois par une déesse. A l'époque paléobabylonienne, les genres littéraires dans lesquels l'émésal est utilisé sont appelés en sumérien ershemma (ér. sèm.ma), balag (balag) et sir.nam.sub; aux époques suivantes, les nouveaux genres sont "u.il.la" et "ér.sà.hug.gà". Ces textes sont souvent relatifs à Dumuzi, où Inanna parle en émésal, et il est exceptionnel qu'un homme s'exprime dans ce dialecte, sauf lorsqu'il s'agit de la liturgie des prêtres balil, lesquels étaient des eunuques. Par ailleurs, lorsque qu'une femme ou une déesse s'adresse à un homme, elle utilise l'émégir. Ces faits militent (avec bien d'autres) en faveur de la thèse d'Igor Diakonof (1976), selon qui l'émésal était un langage initiatique propre aux femmes dont le vocabulaire était tabou pour les hommes. Les plus anciens textes dans ce dialecte remontent à une époque (babylonien ancien) où le sumérien n'était plus une langue parlée, ce qui laisse supposer qu'il était devenu un langage littéraire propre à une littérature où les femmes s'expriment entre elles. La différence essentielle avec l'émégir réside dans le vocabulaire, différence issue parfois d'altérations phonétiques. Les scribes assyro-babyloniens se sont donné des instruments de travail on établissant des vocabulaires trilingues : ils étaient disposés sur trois colonnes, le terme émésal occupant la 1ère, l'émégir la 2è, et la 3è donnant la traduction akkadienne. La série la plus communément recopiée à l'époque néoassyrienne intitulée dim.me.er dingir = ilum (les trois mots ayant le sens de dieu e), comprend 489 entrées.


En

Mot sumérien dont le sens est "seigneur". Il est étymologiquement apparenté à ensi et il entre dans la formation de nombreux noms de dieux et d'anthroponymes. Gilgamesh est dit "en" de Kullab. Comme ensi, "en" devait revêtir un sens religieux. Le père de Gilgamesh est un hillû (démon) on de Kullab , titre que Jacobsen traduit par "grand prêtre". La fille de Sargon, Enlieduana, est élevée au rang de grande prêtresse (-en) du temple d'Akkad. Le grand prêtre d'Ishtar à Uruk avait le titre d'en et son temple s'appelait é.g~i6.pàr.en.na "Maison giparu du prêtre-en". C'est aussi un titre donné à des souverains étrangers, comme le seigneur (en) d'Aratta dans le poème "Enmerkar et le seigneur d'Aratta".


Enfers

Dans leur conception du monde, les Sumériens, et à leur suite les Babyloniens, plaçaient en haut le ciel, puis la terre, monde des vivants, au-dessous l'Apsû et tout en bas l'autre monde, les Enfers, le lieu où résidaient les démons et les morts sous la domination de dieux infernaux. NOMS DE L'ENFER. Sumériens et Akkadiens disposaient de nombreux noms pour désigner le royaume souterrain d'Éreshkigal et de son époux. L'un des noms les plus communs est aralî (akk. arallû). Irkala (akk. irkallû) est le nom donné à l'enfer dans le contexte de la descente qu'y fit Inanna c'est aussi le nom de la déesse personnifiant l'enfer: " Ishtar qui demeure dans l'irkali " , "la maison d'Irkalla d'où personne ne revient". Ekur désigne le lieu où résident les démons, qui n'est autre que le monde souterrain. Kukkû (surm. ku-ku), dont le sens est "obscurité", désigne le monde souterrain où règne la ténèbre. Dans la douzième tablette de l'Épopée de Gilgamesh le héros, lors de cette énigmatique scène du jeu du maillet et de la boule où cette dernière tombe dans le pays des morts et où il voudrait aller la chercher, est arrêté "à la porte appelée Ganzir, antichambre du pays des morts "(XII, 167). Ganzir est un mot sumérien (prononcé gansis) qu'on retrouve dans la descente d'Inanna en enfer, où il est question de la porte du palais ganzir : son sens pourrait être "laisse-moi me retirer"ou encore " que j'enlève ". Tous ces noms sont d'origine sumérienne. Il on va de même pour d'autres noms encore, moins courants, peut-être ki-gal,"la Grande Place" ; kur-nu-gi-a (akk. erset la~ tari), " terre sans retour" ; edin, mot qu'on traduit par " steppe" ; e-kur, " pays montagneux ". Enfin, un dernier nom est Kutu ou Kutha, expression employée par ex. dans le mythe de la descente d'Inanna / îshtar dans l'autre monde. Mais c'est aussi le nom d'une ville de Sumer consacrée aux dieux infernaux. LE MONDE INFERNAL. Le monde infernal est un monde terrestre où règne l'obscurité, un lieu de ténèbres, organisé comme un royaume terrestre. Il est régi par Éreshkigal et Nergal. On y trouve d'abord un portier, Néti, qui reçoit Inanna dans sa katabase la reine des Enfers a son majordome, Ningishzida, l'administrateur de sa maison, pabilsag, et son e vizir» (sukkal), Namtar. Les démons qui l'habitent ne sont pas là, comme dans l'enfer chrétien, pour tourmenter les morts. Ils vivent aux côtés de ces derniers sans se soucier d'eux. Ce n'est pour eux qu'une résidence qu'ils quittent souvent pour se rendre dans le monde des vivants afin d'y exercer leur profession maléfique. La géographie de l'enfer demeure fragmentaire sinon très élémentaire. Lorsque Inanna fait sa descente, elle passe par sept portes, accompagnée du portier, qui, à chaque porte, la fait se dépouiller au fur et à mesure de ses bijoux et de ses voiles, de sorte qu'elle est entièrement nue lorsqu'elle pénètre dans le royaume d'Éreshkigal. Inanna / Ishtar veut alors se précipiter sur cette reine de la nuit, mais elle qui était invincible sur terre et renversait des armées et des montagnes se révèle sans force, elle n'est plus qu'une dépouille qu'on peut pendre à un clou, et contre qui, sur l'ordre d'Éreshkigal, Namtar lâche les soixante démons des maladies. Pour la rendre à la vie, il faudra l'asperger d'eau. Car les morts ne sont plus que des spectres (sum. gedim; akk. etemmu), des doubles des vivants qui survivent à la mort du corps et s'en détachent pour descendre dans le monde infernal, où ils se nourrissent de terre et s'abreuvent de poussière : on est dans un monde de silence et de pénombre (plus que de ténèbres ?) où les seuls animaux sont des oiseaux nocturnes craintifs. Cependant, dans une tradition, un fleuve (ou une rivière) traverserait l'enfer, que les ombres des morts devaient franchir. Son nom sumérien est id lu rugu, (Hubur en akkadien). Cette rivière apparaît comme la porte des Enfers : "[...] laisse-les franchir la rivière Khubur sans pouvoir revenir en arrière, laisse-les entrer par la porte (de l'au-delà)". Dans un curieux texte néoassyrien intitulé Vision du monde infernal, un fils de roi nommé Kummâ (ou Kumaya) a une vision du monde infernal au cours d'un rêve. Lui apparaissent alors successivement les dieux des Enfers et aussi les démons : «le méchant shêdu, aux pieds d'oiseau et coiffé d'une tiare, Allu-Khappu, à tête de lion avec quatre mains, le portier, qui s'appelle ici Pituh et qui possède un corps humain, une tête de lion et des pieds d'oiseau... Le nocher de l'au-delà a pour nom Humut-tabal, "Emporte-vite". Il convient de souligner que, même si on a pu faire de Gilgamesh un juge des Enfers, les morts y descendent sans qu'intervienne le concept d'un jugement des dieux infernaux, avec une rétribution en fonction des actions du mort au cours de sa vie terrestre, bien que soient faites des allusions aux juges infernaux, par ex. dans le texte (cf. ci-dessous) de Gilgamesh Enkidu et l'Enfer. Exceptionnel est, par ailleurs, le poème sumérien intitulé la Mort d'Ur-Nammu, dans lequel on voit le roi d'Ur descendre dans l'autre monde avec ses richesses et venir rendre hommage aux dieux de l'enfer et leur faire des offrandes, après quoi il reçoit des serviteurs prélevés sur les morts pour continuer d'être servi. Composé à l'époque d'Ur III, ce poème montre déjà Gilgamesh juge des Enfers. Ce texte paraît une illustration de la croyance de l'époque des anciens rois d'Ur du DA, où les Souverains et même des reines comme Puabi étaient ensevelis dans leur tombe avec leurs trésors et toute une suite de servantes et de serviteurs qui ne pouvaient qu'être destinés à continuer de les servir dans l'au-delà. DESCENTES AUX ENFERS (katabases). Outre les deux textes cités précédemment, qui ne sont pas réellement des katabases dans la mesure où Ur-Nammu descend dans le monde inférieur après sa mort et que le prince Kummâ ne fait son voyage qu'en rêve, la littérature mésopotamienne nous a transmis trois katabases. La première est une sorte de conte sumérien intitulé "Gilgamesh, Enkidu et l'enfer" dont on a aussi une traduction en assyrien. Inanna a donné à Gilgamesh un maillet et une boule que le héros a laissé tomber en enfer par une bouche. Gilgamesh envoie Enkidu la chercher en lui expliquant la façon dont il doit agir afin de ne pas se faire reconnaître comme vivant une fois parvenu dans le monde infernal. Mais Enkidu ne suit pas les conseils et il est gardé en enfer. Cependant, son esprit peut revenir sur terre et Gilgamesh l'interroge : Celui qui a sept fils, l'as-tu vu là ? Je l'ai vu là. - Que fait-il ? - Comme un assistant des dieux, il est assis sur un siège, il écoute les jugements. - Celui qui n'a pas d'héritier; l'as-tu vu là ? - Je l'ai vu là. - Que fait-il ? - Comme un homme battu sur le dos, il mange du pain... «(texte intégré dans la tablette XII de l'Epopée). La deuxième katabase, "Nergal et Ereshkigal", rapporte dans un long poème dont on a plusieurs versions la raison pour laquelle Nergal est devenu un dieu de l'Enfer. Pour avoir offensé Ereshkigal, Nergal, divinité céleste, est poursuivi par la colère de la déesse. Suivant les conseils d'Éa, Nergal se décide àaller affronter la déesse dans son propre domaine. Nergal, à l'aide de démons que lui a donnés Éa, neutralise les gardiens des Enfers et en franchit les portes. Finalement, après bien des discours de part et d'autre et de péripéties, Nergal épouse Eretkigal et devient maître du monde Souterrain . La troisième katabase est la Descente d'Inanna-Ishtar aux Enfers. Dans la version sumérienne la déesse est appelée Inanna, dans la version akkadienne, Ishtar. La raison de cette décision d'aller affronter Éreshkigal n'est pas donnée par la déesse. C'est en quelque sorte un caprice. Comme je l'ai dit plus haut, la déesse perd toute sa puissance à chaque porte qu'elle franchit et se trouve captive d'une Ereshkigal inflexible. Mais, en l'absence de la déesse céleste, la vie ne se multiplie pas, tout végète, le monde lentement se meurt. Les dieux interviennent on vain en faveur d'Inanna, et il faut toute la ruse et la sagesse d'Ea , qui créé «un concept», Asu-tu-namir, (l'inverti) pour que cet être calme le coeur de la déesse et la contraigne à céder et à renvoyer sa captive dans le monde céleste. Hittites ET SYRIE. L'enfer chez les Hittites avait pour nom Dagan-zipas, "terre sombre"et en hurrite "Turi" terme qui signifie " inférieur" : Enna turi- na sont "les dieux infernaux" Hourrites auxquels correspond en hittite Katteres siunes . Le monde infernal est évidemment sous terre, et c'est de là que sortent les rivières et autres cours d'eau. Seuls les souverains Hittites, déifiés, poursuivent dans l'au-delà une vie de fermiers avec des terres à cultiver et des troupeaux. À Ugarit, Baal est un dieu qui meurt, mais il renaît pour triompher de la mort (Mot) sans que, d'ailleurs, ait été conservé un récit de sa descente en enfer.


1 images

Enki

Dieu Sumérien dont le nom signifie "seigneur de la terre" . En tant que tel, il réside sur Du-ku, colline primordiale. C'est pourtant aussi un dieu des eaux souterraines lié à l'Apsû : une de ses épithètes est " cerf de l'Apsû". Il a été identifié à Éa, avec qui il a été confondu lors du syncrétisme suméro-akkadien.- Dans le panthéon mésopotamien, il naît de l'union d'Anu et de la déesse Nammu, et il est le frère jumeau d'Ishkur. De son union avec Damgalnuna naissent Marduk, Asarluhi, Enbilulu, Adapa, la déesse Nanshé. Il fut très tôt identifié à Nudimmud, nom par lequel on le désigna également. Il est aussi invoqué sous le nom de Nintiku. Son identification à Éa fait que de nombreux hymnes sont adressés à ce dernier. Il est cependant associé à Nisaba dans une composition hymnique à l'occasion de la fête des moissons mais il n'est invoqué que dans le dernier vers : "Ô père Enki, il est doux de te louer" . Son principal temple était l'é.abzu à Éridu. Un temple du même nom lui était consacré à Pasirra. L'é-abzu était desservi par un clergé composé de dignitaires dont nous connaissons quelques appellations sans très bien connaître les fonctions qu'elles recouvrent : enkum, ninkum, abgal et abrig; l'une des tâches de ces deux derniers était de porter à la bouche de la statue du dieu des offrandes destinées à la lui ouvrir : miel, crème de lait, résine de cèdre. Il existe en revanche plusieurs textes mythiques où Enki joue un rôle essentiel. Enki et Ninhursag. Mythe sumérien connu par des tablettes des époques d'Ur III et paléobabylonienne. Il en subsiste 284 vers, soit presque la totalité. Le mythe se situe à Dilmun, un lieu où tout semble endormi où ne coule pas d'eau. Enki s'y établit avec la déesse Ninsikila, «la dame pure «, une déesse dilmunite. Cette dernière s'étant plainte du manque d'eau "l'habile Enki, devant Nintu la mère du pays emplit toutes les rigoles de son Sperme" et de son sperme inonda les cannaies". Le dieu ne se contente pas de distribuer ainsi sa faconde virile, il la déverse dans le giron de Ninhursag d'où naquit Ninsar,"Dame des plantes vivrières". La jeune Ninsar étant ensuite allée se promener le long de la lagune, Enki la vit et dit à son page Isimud : "Ne baiserai-je pas cette jeune et jolie fille, ne baiserai-je pas cette charmante Ninsar?". A quoi le page, bon courtisan, lui répond de la baiser . Enki monte alors dans sa barque et il va déverser son sperme dans le giron de la jeune fille qui donne le jour à Ninkura, dame des plantes à fibres. Ainsi, de proche en proche, le dieu féconde chaque fois la déesse sortie du sein de celle qu'il a fécondée, créant tous les éléments indispensable au développement de la civilisation. Il goûte ensuite les plantes pour fixer leur destin. Mais Ninhursag est furieuse contre Enki à cause de son comportement et le voue à la mort. Intervient alors le Renard qui lustre son poil, farde ses yeux au khôl avant d'aller trouver la déesse. Il y a une lacune dans le texte qui ne permet pas de savoir comment, finalement, Ninhursag prend Enki sur son giron et le guérit de divers maux en créant chaque fois une divinité. "qu' est ce qui te fait mal mon frère - Mon crâne me fait mal. Eh bien je crée pour toi le dieu Aba-u .Qu' est ce qui te fait mal mon frere? Mes cheveux me font mal... Eh bien! je crèe pour toi la déesse Ninsikila..." Enki fixe ensuite le destin (et les fonctions) de ces nouveaux dieux. Enki ordonnateur du monde. Texte poétique sumérien conservé dans plusieurs manuscrits fragmentaires (de Nippur) formant un tout incomplet de plus do 450 lignes. C'est un poème complexe de caractère incantatoire constitué de quatre parties. Il débute par un cantique à Enki " Seigneur Sublime "en tout l'univers Souverain par nature O vénérable Enki! né du Taureau, engendre par l'Aurochs cheri d' Enlil le Grand Mont bien aime du saint An(u)" . Le recit loue ensuite le dieu pour son action bénéfique et créatrice qui a donné l'opulence aux hommes. Puis Enki fait son autoglorification, ce qui permet de connaître ses filiations, ses épithètes, ses fonctions. Il prend ensuite place dans une barque pour aller sur la lagune visiter son domaine. Il est alors question du pays de Magan et de Dilmun , avec leurs boutres chargés à ras bord. Sont décrits tout le cérémonial d'embarquement et l'arrivée de la barque divine à Sumer, dont Enki va fixer le destin. Il aborde à Ur, "la cité sainte " dont il fixe le destin, puis à Nippur (en passant, il fixe le destin de l'Elam). Il crée l'Euphrate et le Tigre en éjaculant et l'eau qu'il produisit ainsi est chatoyante, suave et capiteuse" . Suit une longue litanie de toutes ses créations depuis l' agriculture jusqu 'à I'architecture, le régime administratif des terres sans oublier naturellement I'écriture. Le tout forme selon le jugement averti de Jean Bottéro une ample composition de style soutenu animée d'un souffle lyrique littérairement achevée . Enki et Ninmah : Mythe sumérien connu par des manuscrits fragmentaires : tablettes d'Ur III et copie bilingue d'époque néo-assyrienne. Alors que les deux textes précédents peuvent être regardés comme des cosmogonies, celui-ci est plutôt une anthropogonie. Il s'agit de la création de l'homme, même si le poème commence par la création primordiale : « Ces jours-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été [séparés] - Ces nuits-là, lorsque En-haut et En-bas eurent été désassemblés]... « Suivent la création des Anunna(ki)... Mais le façonneur de tous les grands dieux, Enki, en son profond Engur (autre nom de l'Apsû) houleux, où nul dieu ne plonge le regard, demeurait vautré au lit : il n'arrêtait pas de dormir «...Les dieux s'en étant plaints, Nammu, "la mère primordiale", vient tancer le dieu, l'engage à agir et lui cite les divinités qui seront ses auxiliaires (Ninniali en premier; puis Ninimma, shuzianna, Ninmada, Niobara, Ninmug, Musargaba et Ninguna). Enki et Ninmah s'enivrent alors de bière, se mettent le coeur en gaieté et Ninmah défie Enki de corriger la nature des hommes qu'elle tente de créer. Mais elle échoue dans ses créations, sept fois, et c'est finalement Enki qui crée leurs destins . Voyage dEnki à Nippur. Dans ce petit poème de caractère liturgique, Enki va faire un voyage à Nippur pour rendre une visite à Enlil. Ces visites rituelles d'un dieu à un autre dieu, qui se faisaient dans la réalité avec la statue du dieu, lequel ou laquelle allait d'un sanctuaire à un autre dans une ville voisine, étaient accompagnées d'une sorte de livret liturgique. Il est d'abord question du palais construit pour le dieu dans l'Apsû, dont le page Isimud fait une description debout face au palais : Ô demeure construite en argent et en lazulite l Toi dont les fondations sont plantées en l'Apsû, duquel le prince te chérît... Ces stances se terminent par une évocation d'Éridu, la cité du dieu: «Lorsque Enki eut fini de construire Éridu, masse artistement couronnée, qui semble flotter sur les eaux, au rivage, il s'adossa à la roselière, (se reposant) en son verger amène, plein de fruits, où nichaient les oiseaux, tandis que folâtraient les carpes, parmi les tendres plantes aquatiques et que les cyprins frétillaient entre les jeunes pousses de gizi ! ". Enki (en fait sa statue) s'embarque et parvient à Nippur dans le gigunnû, sainte chapelle de Nippur. Là, Enki offre un banquet à Enlil, son père, dans le sanctuaire de Nippur au menu, bière, vin, bière d'épeautre, bouillie de malt ( ?), sirop de dattes... Les gobelets pleins à verser, les dieux (en réalité leurs prêtres) trinquent au ciel et à la terre aspirant posément aux hanaps débordants (creux comme) des chaloupes. En fait, il s'agit de vases dans lesquels on plonge les chalumeaux courbes pour aspirer le liquide). À la fin du banquet, Enlil donne aux Anunna la raison de cette liesse et de cette visite : Enki s'est fait construire un palais à Éridu, «le saint lieu où nul ne peut entrer e. En réalité, il s'agit, sans doute, de l'inauguration de l'é.abzu d'Éridu. Inanna et Enki. Ce texte sumérien n'est connu que par un seul manuscrit, complété par quelques fragments. C'est, assure Jean Bottéro, "une pièce interminable et littérairement médiocre" , mais elle a l'avantage de nous donner une longue liste de tous les pouvoirs, les "me" que reçut Inanna et qu'elle déposa à Uruk. Le cadre de l'histoire est une visite que la déesse décide de rendre à l'Apsû d'Enki à Éridu. Comme pour la visite que fit Enki à Enlil, la réception de la sainte Inanna (qui fît route toute seule e vers Érîdu) commence par un banquet. Enki fait alors la liste, à son page Isimud, de tous les cadeaux qu'il va faire à sa fille Inanna, qui ne sont autres que les "me" : le Pastorat et la Royauté, les Offices d'Egîzi, de Nindîngîr, d'Itîb, de Lumali et de Gudu, la Véridicité, la Descente aux Enfers, l'Habit polychrome, la Chevelure rejetée sur la nuque... Et, avant de dire le don Enki introduit la citation par: " Par mon prestige , par mon Apsû , à la sainte Inanna ma fille, je vais offrir, sans que nul m'en empêche" , etc. Et c'est Enki qui conclut (derniers vers) à l'adresse de la déesse : Qu'à la porte de ton saint Gipar le grand prêtre passe ses journées en liesse Et que les citoyens de ta ville, les enfants d'Uruk, y vivent agréablement. Quant à toi, ta ville demeure dûment alliée à Erîdu : aussi la restaura-t-on en sa situation première !".


2 images

Ensi - ensîk.

Terme sumérien lu jadis patesi, auquel on attribue le sens de chef e, s seigneur e, bien qu'il ait évolué à travers le temps et ait impliqué diverses acceptions. Son correspondant en akk. est issakku, qui a le même sens. A l'époque archaîque, c 'était le nom du chef d'un village, dont le premier devoir était d'administrer les biens du dieu tutélaire, les fonctions civiles et religieuses étant alors étroitement liées. Renouvelé chaque année, il était s choisi par le dieu parmi toute la population de l'agglomération. Outre ses fonctions religieuses, sa principale occupation était d'organiser les travaux des champs, et de veiller à l'irrigation et à l'observation du cycle agricole. Après que la royauté (LUGAL) se fut imposée, il semble que les ensi n'aient plus été que de hauts fonctionnaires au service du roi, des gouverneurs de village ou de terres agricoles. Ainsi, lors de sa guerre contre Uruk, Sargon déclare avoir capturé cinquante ensi et le roi (lugal) lui-même (il s'agit de Lugalzagesi). Pareillement, à l'époque d'Akkad, les ensi ne sont plus que des gouverneurs au service du roi d'Akkad. Sous la domination d'Ur III, l'ensi représente la plus haute autorité civile dans les villes et les provinces, dépendant toujours du roi. Mais il n'a aucune autorité militaire celle-ci étant exercée par un sakkana, souvent choisi parmi les fils du roi. Le terme est aussi utilisé pour désigner les souverains de contrées étrangères. Ainsi sont mentionnés des ensi d'Anshan de Zabshali, du Subartu. Le terme sous sa forme akkadienne d'is~a~lzo (mais écrit avec l'idéogramme sumérien d'ENSI), sera utilisé encore en Babylonie et en Assyrie. En Babylonie, il désigne plus couramment une classe privilégiée de fermiers à l'époque d'Hammurabi. Dans l'Assyrie du IIe milI., c'est un titre que prend parfois le souverain, qui apparaît comme un intermédiaire entre le dieu, véritable souverain, et les hommes ainsi, sur une tablette de Kanesh lit-on : A-sirki LUGAL Si-lu-lu ENSI' ASirk< «(la ville d')Assur est roi Silulu est l'ensi d'Assur .


Erra

Dieu akkadien, héros d'une épopée qui porte son nom. On trouve son nom parfois écrit Éra, Irra ou Ira, lectures incorrectes selon Gagni . Son nom pourrait être rattaché au mot akk. errêru, «Celui qui maudit e, et à artiru, maudire «, «insulter e. Il se manifeste comme un guerrier dont l'arme n'est pas un objet matériel mais la famine . Il présente aussi des caractères de dieu du Temps, responsable de la fertilité des champs. Une liste babylonienne de dieux le donne comme fils d~Anue et il aurait pour épouse soit Mamitum, soit Éreshkigal. Il apparaît dans l'Èpopée de Gjlgamesh comme le dieu de la Peste, et, lors du déclenchement du Déluge, c'est lui qui " arrache les vannes ". Dans le mythe de Nergal et Éretkigal, il apparaît comme l'époux de la déesse infernale et comme un doublet de Nergal, à qui il est par ailleurs assimilé. Il réside dans le meslam, temple des divinités infernales à Kutha, en compagnie de Nergal. Dans le prologue à son code de lois, Hammurabi l'évoque comme son compagnon, et se dit celui qui a fait s'épanouir la ville de Kutha et qui dispense toute chose au meslam (nom srim. é.mes.lam = Maison du guerrier de l'autre monde. Il a été reconstruit par ghulgi, ce qui révèle son ancienneté). Mais ce dieu qui demeure mineur est surtout connu par une grande épopée en babylonien classique. Épopée d'Erra : "sar gimir dadmê" = "Roi de tous les lieux habités", selon son incipit, ce poème est aussi appelé "Erra et Ishum", lequel est le conseiller du dieu . À l'origine, c'était un poème en cinq tablettes (formant 5 chants) trouvées par fragments plus ou moins importants à Babylone, Ur, Tell Hadad, Assur, Ninive et Sultantépé, et qui comprenait entre 700 et 750 vers. Seules ont été reconstituées à peu près complètement les tablettes 1,4 et 5; et quelques fragments de la 2, outre le dernier vers de la 3. Le texte a été rédigé en Babylonie au milieu du VIillè s. par un scribe qui se nomme à la fin : "Le compositeur de cette oeuvre, c'est Kabti-ilâni-Marduk, le fils de Dâbibri. Ishum la lui a révélée une nuit, et, comme il l'a récitée au matin, il n'en a rien omis, ni ajouté une ligne ! Lorsque Erra l'eut écoutée, elle le délecta, et le récit d'Ishrim son capitaine, lui fut agréable " . Bien qu'on lui attribue le titre d'épopée , ce poème ne connaît pas d'action. Il consiste en longs discours entre Erra, Ishum (une divinité sémitique identifiée au Sumérien Hendrirsanga, fils d'Enlil), Marduk et les Sibitti, les sept démons sans individualité propre. Le poème s'ouvre par une brève glorification de Marduk, puis il est aussitôt question d'Itum, "fameux égorgeur" dont les mains sont faites pour brandir ses armes. Les Sibitti exhortent Erra, qui paresse dans son lit, à aller massacrer les Têtes noirese, ce qui donne l'occasion de longues considérations de la part du poète. Erra se décide enfin à partir en guerre et il demande à Ishrim d'enrôler les Sibitti. Mais Ishum semble s'insurger : " Seigneur Erra, pourquoi tramer du mal contre les dieux? Saccager les pays, anéantir [leurs populations], voilà l'irrévocable mal que tu rumines " . Longue réplique d'Erra, qui se dirige ensuite vers Babylone (appelée ici shuanna). Il entre dans l'Ésagil et devant Marduk il " ouvre la bouche et s'adresse au roi des dieux ". Il lui demande pourquoi son image splendide comme les étoiles est maintenant privée de son éclat. À quoi Marduk répond par un discours où il dit comment il a provoqué le Déluge, après quoi son image fut ternie par ce même Déluge. Suit un grand dialogue quelque peu emphatique entre les deux dieux. Ni ce dernier ni la suite ne peuvent être résumés tant les fils conducteurs sont multiples et sans cesse coupés. Enfin, à la suite du discours d'Erra, Marduk quitte son temple, l'univers est alors bouleversé, l'équilibre du monde est menacé, tant est importante Babylone, au centre même du monde. De nouveaux discours rappellent les campagnes et les exploits d'Erra. Babylone abandonnée par son dieu est finalement pillée, ce qui serait une référence aux Sutéens, un peuple barbare descendu des montagnes pour envahir la Babylonie, lesquels sont d'ailleurs nommés. Toujours en paroles, Erra poursuit ses rodomontades : «Je veux frapper les puissants et terroriser les faibles, égorger le capitaine et faire tourner casaque à l'armée, de chaque arbre je trancherai les racines afin que ses rameaux ne poussent plus, de chaque mur je saperai la base afin que le faîte chancelle, de chaque sanctuaire je détruirai la chapelle haute (il s'agit du gigunû , le petit temple construit au sommet de la ziggurat)... ". Enfin, Erra se calme, revient occuper son siège et s'adresse aux dieux, Igigi et Anunnaki, qui se tenaient respectueusement devant lui, d'un ton plus apaisé. Ishum le flatte en terminant son discours par un: "Au jour de ta fureur; qui donc te tiendrait tête", ce qui ravit Erra : "L'ayant ouï, sa face s'éclaira, ses traits se dilatèrent de joie comme le jour qui brille, et, retourné en son E.meslam, il y reprit sa place. Enfin, tout revient dans l'ordre et le souhait se réalise (suppose-t-on) que «le Tigre et l'Euphrate ramènent (à Babylone) leurs eaux en abondance ".


4 images

Eshnunna

(Tell Asmar) : Ville du bassin de la Diyala, affluent du Tigre descendu du Zagros, au nord-est de Bagdad. La transcription akk. de son nom sum. est Isnou. La ville s'étendait sur 1 km carré, ce qui marque son importance. Sans doute fondée au IVè mill., elle prend une certaine extension pendant les DA Il et III; elle parvient à sa plus grande expansion à l'époque d'Ur III et à celle dite d'Isin et Larsa. Elle est soudainement abandonnée à l'époque paléobabylonienne, sans doute à la suite de sa conquête par Hammurabi, v. -1768. Un temple consacré à la divinité locale appelée Abri s'est développé sur trois phases (et niveaux stratigraphiques) successives. Le premier niveau remonte, selon les fouilleurs, au DA I, le deuxième au DA Il et le troisième au DA III, schéma un peu simple qui a, depuis, reçu quelques modifications. De ces trois périodes, l'édifice le plus important est le temple du DA Il appelé "Temple carré". C'est une construction massive axée sur une salle centrale ouverte sur quatre côtés : l'un donne sur une salle d'accès, par laquelle on pénètre dans le monument, les trois autres s ouvrent sur des cella rectangulaires servant manifestement au culte. Le plus important complexe demeure le palais des dynasties Amorrites, dont la stratigraphie s'échelonne sur cinq niveaux, s'étendant dans le temps sur le dernier siècle du îîîe mill. et les premiers siècles du îîe mill., étudiés en détail par Jean Margueron . Le premier élément de ces ensembles était un temple consacré à shû-Sîn (anciennement Gimil-sin) par le gouverneur de la ville au nom du roi d'Ur, Ituria. À la suite d'un incendie partiel, le palais a été reconstruit par Nurahum. Il fut entièrement remanié (phase III) par le roi Bila-lama, à qui l'on doit, semble-t-il, la sécularisation du temple. La phase IV est caractérisée par une extension des bâtiments, qui s'est faite en particulier sous le règne d'Urninmar. Quelques restes d'une cinquième phase datent de l'époque des derniers rois de la cité, Ibiqadad et Ibalpiel. Comme tous les palais mésopotamiens, ils sont constitués de séries de salles axées sur une ou plusieurs grandes cours centrales et, sans doute, pourvus d'un étage. A l'époque akkadienne, au complexe appelé palais du nord était lié un ensemble de structures axées sur une cour centrale, où ont été retrouvés des systèmes d'évacuation d'eau avec plusieurs pièces d'abord interprétées comme des salles de bains, mais dans lesquelles on a vu ensuite un ensemble d'ateliers de teinture de textiles. LES LOIS D'ESHNUNNA. Il s'agit de deux grandes tablettes trouvée lors des fouilles de TelI Harmal en 1945 et 1947 (sources A et B) complétées par des extraits retrouvés dans une tablette d'exercice de scribe exhumée dans les années 1980 lors d'une fouille de sauvetage du bassin du Harim, à Tell Haddad (source C). L'introduction de la première tablette (source A) a permis d'attribuer ce corpus fragmentaire de lois à la ville d'Eshnunna, capitale d'un petit État devenu indépendant à la fin de l'époque d'Ur III. Les lois ont été collationnées sous le règne de Dadusha sans doute le dernier roi de la ville indépendante, car il était contemporain du début du règne d'Hammurabi. La majorité des incipit de lois commence par summa, qui signifie Si» suivi d'un substantif (awiîum un homme, ou encore «il»). Elles concement les actes commerciaux et surtout les relations sociales.


5 images

Exaltation d Inanna

Un texte incomplet, connu par deux tablettes (dont une fragmentaire) du Louvre et une de la Bodleian Collection d'Oxford , a conservé une partie d'une importante liturgie d'Inanna/Ishtar. Le texte est bilingue, sumérien et akkadien, quoique avec des variantes de l'une à l'autre langue. Il provient d'une collection de textes appartenant au temple d'Anu» et d'Antu à Uruk». Bien que sa dernière rédaction soit d'époque séleucide, il conserve un rituel sans doute très ancien. François Thureau-Dangin, qui apublié, transcrit et traduit le texte , le lie a un rituel provenant du même lieu dont le colophon déclare : " Document[s] relatif aux règles cultuelles de la divinité suprême, aux rites sacrés, aux observances du cérémonial royal ainsi qu'aux rites du [culte) divin du Bit Res, le grand sanctuaire de l'E-an-na, et des temples de Tir-an-na, aux fonctions des exorcistes, psalmistes et musiciens... " De son côté, Stephen Langdon (RA 1915) a publié un hymne appartenant à la même série dont il donne le titre par lequel les Mésopotamiens appelaient le texte, selon son incipit: nin-mag~ tisu-ni gi r-ra (sum.) = belit sIrtu sa edissi-sa gasrat (transcription Langdon), ce qui signifie : " Haute dame qui seule est puissante ". Le titre d'Exaltation d'Inanna est cependant parfaitement idoine, car ce texte est une sorte d'assomption de la déesse. Le texte ne débute qu'avec la troisième tablette les deux premières constituaient, pense-t-on, une sorte de prélude (?): Anu, le saint et le grand, dont la parole est sans fin, les grands dieux en assentiment et prière se courbent devant lui comme des faucilles : Si tu parles, tu es juste, ô prince, ô seigneur dont la bouche s ouvre,si tu parles, tues favorable, ô Anu, ton ordre sublime passe avant tout autre: qui dirait non? O père des dieux, ta parole est le fondement du ciel et de la terre ». Ce discours des dieux tend à rappeler à Anu qu'il s'est uni à Inanna/Ishtar et qu'il conviendrait qu'il la haussât jusqu'à lui dans le ciel, qu'il en fît son antu, son égale,qu'elle s'élève jusqu'à son nom". Ainsi, au moyen de la force du rite renouvelant l'événement mythique, la a jeune femme Ishtar »(ardattim dls'tar) va s'élever à travers les trois zones du ciel régentées par Éa», Enlil et Anu, jusqu'au zénith, recevant chaque fois les pouvoirs (me) des dieux, jusqu'à devenir l'égale d'Anu dans le monde stellaire.


Éa

Divinité akkadienne, identifiée à Enki. Son nom a été expliqué par le sumérien é.a, e maison de l'eau s, bien qu'il s'agisse d'une divinité sémitique. Cyrus Gordon fonde son étymologie sur la racine ouest-sémitique hyy-hwy, "vivre" , la forme ouest-sémitique de son nom serait Hay(y)a E-um, «le Vivant», par référence à son intervention lors du Déluge, grâce à laquelle il a sauvé l'humanité par l'intermédiaire d'Utanapishtim. Bien que son syncrétisme avec Enki ne permette de reconstituer ses caractères originaux que d'une manière hypothétique, il conservait des aspects qui lui étaient propres, sans qu'on puisse savoir s'ils sont primordiaux. Seigneur du savoir et de la sagesse (bêl uzni), il était regardé comme le dieu de la Magie (mas-mas ila~ni), invoqué par les exorcistes, les devins et les sorciers. "Ea, roi de l'Apsû, qui trouve le [bon] conseil, je suis le conjurateur, ton serviteur. Va à ma droite, viens à l'aide à ma gauche, joins ton incantation pure à mon incantation, joins ta bouche pure à ma bouche, rends efficace ma parole pure, assure le succès à ce que dit ma bouche . Il est le créateur plein de sagesse, l'ornement de l'E-abzu (son temple à Eridu, construit par Ea d'Ur), le plus expert des Igigu, celui qui apporte l'eau en abondance, grâce à qui la campagne devient fertile : s Dans les champs tu produis la vie pour les gens; Anu et Enlil avec joie jubilent à ton sujet, les Annunaku te bénissent dans leurs lieux saints... aux grands dieux tu donnes conseil» . Il compte toujours parmi les grands dieux (dans Adapa, l'Epopée de Gilgamesh, Nergal et Ereshkigal, (l'Ênuma élish). Dans les rituels et les incantations magiques, il est souvent associé à Shamash et Marduk, dont il est regardé comme le père par les Babyloniens. Dans une prière inscrite à l'entrée de son temple à Dur-sharrukin, il est invoqué sous le nom de Nintiku, épithète qui signifie "prince",«chef». Outre l'é.abzû à Éridu, son temple principal, et l'é.ès.mah dans cette même antique cité sumérienne, il avait des chapelles dans plusieurs sanctuaires Êsagil à Babylone et en plusieurs lieux de cette ville, à Ur, dans le bit rês d'Uruk. La ziggurat d'Eridu, lui était consacrée. Des listes lui attribuent des temples anonymes à Larsa, Uruk, Nêmed-Laguda, Kisurra.


Ébla

Cité antique de Syrie, actuelle TelI Mardikh, au sud d'Alep. Les fouilles italiennes du site de Tell Mardikh ont rendu au jour un palais contenant d'importantes archives qui ont révélé qu'il s'agissait d'une ville bien connue déjà par les textes Akkadiens, Ébla. Ainsi ont été recueillies 1 727 tablettes et près de 9 500 fragments, dont la traduction est en train de sensiblement modifier notre connaissance du POA et a créé un nouveau département dans l'archéologie de cette région, les études éblaiques, qui mobilisent un nombre important de sémitisants.


Éblaïte

Éblaïte : L'écriture cunéiforme des tablettes recouvre une langue qui est sans doute celle qui était parlée dans le nord de la Syrie au milieu du IIIème milI. Le fait que non seulement de nombreux mots mais même des formes verbales étaient rendus par des sumérogrammes a pu laisser penser que le fond de la langue était le sumérien. Il a été facilement démontré que ces sumérogrammes étaient lus en éblaite, lequel est, sans doute possible, une langue sémitique : les scribes d'Ebla ont ainsi établi une liste de 1 500 mots Sumériens pour un grand nombre desquels ils ont donné le terme correspondant en éblaite. Il fallait aussi s' assurer que les syllabes en cunéiformes se lisaient selon la norme employée en Mésopotamie. On s'est rendu compte qu'il n'en était pas toujours ainsi, de sorte que, par ex., le signe NI a longtemps été un sujet de controverse quant à savoir s'il ne devait pas se lire «ya «. Toutes ces difficultés de transcription ainsi que les caractères particuliers de l'éblaite font que son classement reste sujet à discussion. Plusieurs auteurs le classent de préférence dans le groupe sémitique de l'Est (akkadien) quand encore ils n'y voient pas un dialecte akkadien (Gelb le rapproche de l'akkadien et de l'amorrite ; Solîberger , akkadien ; Dombrowski : dialecte akkadien ; et ouest-akkadien/vieil amorrite pour von Soden . L'épigraphiste de la mission italienne qui a fouillé Ébla, Giovanni Pettinato , voit dans l'éblaite un dialecte vieux-cananéen, en se fondant sur la structure de la langue et le système verbal qui connaît le thème de base, l'intensif, le causatif et le passif Il (correspondant aux temps hébreux, qal, pi"el, sifil et pu"al), vision proche de celle de Cyrus Gordon , qui le classe dans le groupe sémitique du Nord-Ouest, sauf qu'il semble aventureux de voir dans l'éblaîte un dialecte cananéen . Nature des textes : Les quatre cinquièmes des archives éblaites ont un caractère administratif : elles concernent l'industrie textile, les transactions commerciales, les comptes et des inventaires relatifs aux produits de l'agriculture et de l'élevage, aux biens de consommation fournis au palais... Quelques textes ont un caractère «littéraire : il s'agit d'incantations et de textes qui sont des exercices de scribes et qu on a pu considérer comme une cosmogonie alors qu'il semble plutôt s'agir d'une liste de noms Sumériens, ou encore comme une série de proverbes "cananéens" alors qu'il semblerait qu'on soit en présence de mots syllabiques Sumériens. Les autres textes sont des listes et des lexiques. Parmi ces textes quelques-uns des plus importants consistent en un traité entre Ébla et l'Assyrie , un texte relatif à la conscription d'Ébla, ce qui permet de se faire une idée de l'extension du royaume et du nombre de soldats qu'il pouvait mobiliser , des lettres entre le roi d'Ébla, Adu, et Mari, et la chancellerie d'Ébla et le royaume d'Hamazi, une curieuse affaire d'espionnage politique . Graphie et chronologie : La stratigraphie du site s'étage sur cinq grandes périodes avec des sous-périodes. Mardikh I correspond au chalcolithique et est daté entre -3500 et -3000. C'est la première phase d'habitation du site. Mardikh Il (phases A, B1 et B2) recouvre le BA I-III, IVA et IV B, soit -3000 -2500, -2500 -2400, -2400 -2000. Mardikh III A et B correspond au BM I et Il (-2000 -1800 -1600). Mardikh IV A et B au BR I et Il (-1600 -1400 -1200). Mardikh V A, B, C correspond aux trois périodes de l'âge du fer (-1200 -900 -720-535). Les horizons supérieurs datent des périodes perse, grecque, romaine et byzantine (-525 -VIe s. de notre ère). Cette chronologie est adoptée par Giovanni Pettinato , mais elle est abaissée par certains auteurs. Au niveau II B1 appartient le palais (G) avec ses tablettes : c'est la période la plus brillante de la cité, qui domine de nombreuses villes et bourgades de Syrie, jusqu'à Mari. Selon la chronologie adoptée, le palais aurait été détruit soit vers -2400 -2350 par on ne sait quel ennemi (on a songé à Sargon d'Akkad), soit vers -2200, et l'auteur de la destruction serait alors Naram-Sîn.


écriture

Trois grands types d'écritures ont été inventées qui ont couvert l'ensemble des langues du Proche-Orient asiatique : cunéiformes, hiéroglyphiques et alphabétiques. Cunéiforme : Ce nom, donné parles archéologues modernes, vient de la forme on s coin (du latin cuneus) de ce type d'écritures. Les scribes antiques utilisaient de fins roseaux (calames) dont l'extrémité était triangulaire pour écrire sur des tablettes d'argile crue, qu on mettait peut-être ensuite à cuire, ce qui fixait définitivement les textes ainsi écrits. Une pression de l'extrémité du calame imprimait un triangle prolongé généralement par un trait tracé avec le roseau penché, ce qui permettait de ne marquer l'impression qu'avec l'une des trois pointes du bout triangulaire. L'invention de cette écriture, la plus ancienne encore connue, est due aux Sumériens et remonte aux derniers siècles du IV miii. Les premières tablettes, provenant du site sumérien d'Uruk, ne présentent pas des cunéiformes mais des pictogrammes, représentations figurées d'un mot: pour exprimer la tête, on dessinait d'une manière schématique une tête, pour l'hirondelle, un oiseau, pour le cochon, une tête de cet animal et, pour le dieu du Ciel, une étoile stylisée. Ainsi sont utilisées les parties du corps humain, les représentations d'animaux, de plantes, d'instruments divers, etc. Cette écriture, dite pictographique, apparaît à l'époque dite d'Uruk IVa. Quelques rares éléments grammaticaux permettent d'affirmer que la langue ainsi exprimée est un sumérien archaïque. La nécessité, pour les scribes, de tracer rapidement ces dessins les conduit bientôt à les schématiser avec les traits en forme de clou, si bien que, rapidement, ils perdent leur aspect linéaire et se transforment on écriture cunéiforme. C'est ce qui s'affirme au cours de la période suivante, Uruk III, dont une strate est identifiée à la période de Jemdet Nasr. Les premiers lexiques apparaissent à cette époque, prouvant qu'il s'agit bien du sumérien. Mais les idéogrammes ne peuvent réellement exprimer tous les mots d'une langue. Les mots furent divisés en syllabes et ce sont ces syllabes qu'ont rendues les caractères cunéiformes issus des anciens idéogrammes. Les éléments monosyllabiques dominant dans la langue sumérienne, le passage au syllabisme on a été facilité. Dès lors, les cunéiformes vont exprimer les syllabes constituant les mots. Lorsque les Sémites Akkadiens vont s'imposer, dans la seconde moitié du IIIè mill., l'administration akkadienne va devoir adapter les syllabaires Sumériens à la langue nouvelle. De l'akkadien et de ses syllabaires procèdent directement l'assyrien et le babylonien, avec le même type d'écriture cunéiforme. Il convient cependant de noter que ces signes cunéiformes ne restent pas figés et varient légèrement selon les scribes et les époques. À l'est de la Babylonie, l'Élam, après quelques essais de création d'une écriture proche des cunéiformes (proto-élamite, dès l'acropole 1 de Suse, qui correspond à Uruk III, avec un développement à la phase suivante marqué dans les archives de Suse, contemporaines d'Uruk IV) dès la seconde moitié du III mill. adapte à sa langue les syllabaires cunéiformes suméro-Akkadiens. Cette écriture cunéiforme s'éloigne au fur et à mesure de son évolution propre, des cunéiformes de la Mésopotamie. Nombreux sont les autres pays ou royaumes qui adoptent les cunéiformes pour exprimer par écrit leur propre langue. C'est le cas des Hourrites ou encore de l'Urartu, au début du 1er mill., des Hittites, qui simplifient le syllabaire pour donner une valeur phonétique à la plupart des signes. Cependant, chronologiquement, ce sont les scribes des rois d'Ébla qui, au milieu du IIIè mill., adaptent les cunéiformes Sumériens à leur langue sémitique. Il on a été de même sans doute de toutes les petites cités-États de la Syrie, comme en témoignent, à une époque plus tardive, les textes des archives d'Ugarit. Quant aux cunéiformes, repris sous la forme de syllabaires dans les inscriptions monumentales de la Perse achéménide, ils seront utilisés jusqu'au début de l'ère chrétienne en Mésopotamie. Hiéroglyphes. On emploie conventionnellement le terme de hiéroglyphes pour désigner une ou des écritures pictographiques de l'Asie Mineure. La plupart de ces pictogrammes représentent des parties du corps humain (pieds, mains, têtes...) et des têtes d'animaux (chevaux, boeufs, chiens, porcs, lions, oiseaux, poissons), ou encore des objets mobiliers... Ces hiéroglyphes "dits" Hittites apparaissent au XIVè s., concurremment avec les cunéiformes, ces derniers restant largement majoritaires, en particulier dans les archives sur tablettes. Bien que leur lecture reste encore sujette à discussion, ils recouvrent sans nul doute la même langue d'origine indo-européenne, mais déjà très modifiée, qu'est le nésite (voir Hittites, langues). Les inscriptions en hittite hiéroglyphique vont se développer surtout à partir de l'époque dite néo-hittite, au début du 1er mill., en particulier à Karkémish. On connaît un bilingue en hiéroglyphes Hittites et en cunéiformes Akkadiens, désigné sous le nom de "sceau de Tarkondémos", fausse lecture de l'akkadien tar-qu-mu-wa, jadis lu tar-kumdim-mo. Il s'agit d'un sceau hémisphérique en argent où est représenté au centre un personnage debout, entouré de six signes hiéroglyphiques, dix signes cunéiformes étant inscrits dans un bandeau circulaire qui entoure l'ensemble : il a été utilisé comme outil pour la transcription des hiéroglyphes Hittites. Cependant, c'est le texte bilingue de Karatépé qui a réellement permis une première approche de l'interprétation des hiéroglyphes Hittites. Ils sont généralement écrits dans le sens appelé boustrophédon, c'est-à-dire de droite à gauche (ou inversement) pour la première ligne et dans le sens opposé pour la ligne suivante, comme les sillons tracés par les paysans avec une charrue attelée à un boeuf (d'où son nom d'origine grecque). Bien que, apparaissant à l'époque de l'Empire hittite, ce soit surtout après sa chute qu'ils vont être utilisés à la place des anciens signes cunéiformes, ils recouvriront souvent une langue voisine du hittite, le luwite.(voir alphabet, langues).


4 images

Énûma Anu Enlil

Grand texte astrologique mésopotamien. Sa rédaction a été le résultat de plusieurs siècles d'observation par les astronomes babyloniens, entre l'époque précédant Hammurabi et celle des Kassites. Dans sa version canonique, il enregistrait environ 7 000 observations notées sur 70 tablettes. En voici l'introduction (dans la version akkadienne, car il en existe une version sumérienne), dont l'intérêt est de marquer les relations étroites existant entre les dieux et les hommes : "Lorsque Anu, Enlil et Éa, les grands dieux, eurent, en leur conseil, établi les plans du ciel et de la terre, et qu'ils eurent chargé les dieux astraux majeurs de produire le jour et d'assurer la suite régulière du mois, pour les observations [astrologiques] des hommes, on vit alors le soleil se lever et (les astres) briller à jamais dans le ciel !" (trad. Mm, 495). Plus éloquent encore est un texte ajouté à la 22è tablette, à propos duquel Jean Bottéro précise judicieusement que " d'un récit mythologique il tend à l'énoncé théologique" : «Lorsque Anu, Enlil et Éa, les grands dieux, créèrent le ciel et la terre, ils voulurent rendre patents les signes [astrologiques] : ils établirent les positions des astres ils désignèrent les étoiles et leur allouèrent leurs trajectoires ils dessinèrent, à leur propre [?] image, les étoiles en constellations ; ils mesurèrent la durée du jour et de la nuit ils créèrent le mois et l'année ils tracèrent ( ?) leur route à la Lune et au Soleil Ainsi prirent-ils leurs décisions concernant le ciel et la terre ". L'Énâma Anu Enlil est resté le bréviaire des astrologues et des devins pendant plus d'un millénaire, sans doute sous des recensions variables. Il était divisé en quatre grandes sections : 1) phénomènes propres à la lune, se référant au dieu Sîn : éclipses, halos, conjonction avec étoiles fixes et planètes (1-22); 2) phénomènes relatifs au soleil, manifestations de Shamash : éclipses, couronnes, mouvements saisonniers (23-36); 3) phénomènes atmosphériques concernant le dieu Adad: formation des nuages, vents, éclairs, tonnerre, arc -en-ciel (37-49/50); 4) divers présages (omen) tirés de l'observation des planètes, des phases des étoiles et de leurs conjonctions, du lever acronyque des astres c'est-à-dire lorsqu'ils se trouvent du côté du ciel opposé au soleil ou qu'ils passent au méridien à minuit... (50-70).


Ésagil (a)

"Maison dont le sommet est haut" (sum. é.sag~.il), tel est le nom du temple de Marduk à Babylone. Il se dressait face à l'enceinte dans laquelle était enfermée la grande ziggurat appelée é .te.me .en~.an.ki, «Maison fondement (plate-forme) du ciel et du monde souterrain (ou de la terre) e, axis mundi qui reliait les mondes humain et divin. Entre eux passait la voie sacrée qui conduisait à la porte d'Ittar et jusqu'au temple extérieur de l~Akitu. L'Ésagil aurait été construit (ou reconstruit) par le roi amorrite de Babylone, Sabium (-1844 -1831), détruit par Sennachéribe, reconstruit par Assarhaddonc et complété par Assur-banipal, enfin restauré à plusieurs reprises, au point qu'il existait encore à l'époque parthe (1er s av. JC.IIe s. de notre ère). Le sanctuaire proprement dit, dédié à Marduk et à sa parèdre Sarpanitum, mesurait 79,30 x 85,80 m. Nana et Nabû y avaient aussi leurs chapelles. Il jouxtait un autre complexe de 89,40 m sur sa façade nord et de 116 m sur sa façade sud. Dans ce dernier bâtiment étaient aménagées des chapelles consacrées à Éa, Anue, Nusku, Sîne. Les plafonds, Si l'on en croit une inscription de Nabuchodonosor, étaient soutenus par des poutres en cèdre revêtues d'or et d'argent. Des tablettes babyloniennes recueillies dans diverses fouilles (Sippar, Uruk,Assur) ont conservé une partie d'un texte que les modernes ont intitulé Chronique de l'Esagil. Il a été rédigé entre la fin du îîe mili. et le début du millénaire suivant. C'est une histoire, en grande partie légendaire, de l'Esagil, tout à la gloire de Marduk. Après une longue introduction emplie de voeux, l'auteur évoque la succession des dynastes des villes du Sumer et d'Akkad qui eurent ou perdirent la royauté selon leur piété à l'égard de Marduk, lequel était totalement inconnu des Sumériens de ces époques anciennes. C'est ainsi qu'on en arrive à une légende relative à 5argon d'Akkad : «A propos du vin des coupes à libation de l'Esagil, Ur-Zababa ordonna à Sargon, son échanson : "Change [-le]." Sargonne changEa pas le vin; au contraire, il prit grand soin de le livrer diligemment à l'Ésagil. Marduk, le fils du prince de l'Apsû (Enki), posa sur lui son regard bienveillant et lui confia la roya-uté sur les "quatre rives". Il prit soin de l'Esagil. "Fous (ceux) qui résidaient dans des palais [apportèrent] leur tribut à Babylone ". La tablette de l'Esagil du Louvre (AO 6555) nous a aussi conservé de nombreux éléments concernant le temple avec les mesures de son parvis (101,5 x 80,29 m env.), celles de la base de la ziggurat (Etéménanki), tous ces éléments devant rester secrets, comme l'indique une recommandation: «Que l'initié à l'initié la montre ! Le profane ne doit pas la voir." On a conservé tout un rituel concernant les cérémonies pratiquées dans le temple au 9è mois de l'année (Kislîmu nov/déc) parallèle à celui de l' Akitu au mois de Nissanu.


Étana

Roi mythique de Kish, héros d'un récit mythologique. Selon la liste royale sumérienne, après le Déluge, la, royauté revint à Kish. Le douzième roi est "Etana, un berger, celui qui monta au ciel, celui qui consolida toutes les terres"; son règne aurait été de 1 500 ans. Son nom est écrit dè-ta-na (avec le déterminatif divin) ; son sens serait 'celui qui monte au ciel' (sum. ann-a) selon une hypothèse d'Arno Poebel. Néanmoins, le déterminatif divin devant son nom n'est pas très significatif dans la mesure où les rois d'Akkad, avec Naram-Sîn, ont leur nom écrit avec ce même déterminatif, sauf qu'il serait un indice de la formation de la légende à cette époque. Indice corroboré par les sceaux et les cylindres de cette période qui représentent un homme enlevé par un aigle, ce qui semble bien illustrer la légende. On ne sait rien de ce souverain sans doute mythique. Il est nommé dans l'Épopée de Gilgamesh parmi les personnages résidant en enfer et que voit Enkidu lors de sa descente dans l'autre monde . Cette tradition conservée dans LRS de la montée du héros vers les dieux est illustrée par un poème mythologique dont il est le protagoniste. MYTHE D'ÉTANA. Il est partiellement connu par de nombreux fragments de tablettes paléobabyloniennes (Suse, Tell Harmal), médioassyriennes (Assur), et de la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Si l'on en croit une tradition, son auteur serait Lu-Nanna, un sage ayant vécu sous le règne de Shulgi, peut-être le même que le gouverneur de Zimudar qui fit un don votif . Il semblerait cependant que le mythe puise son origine dans une tradition originaire de Kit, bien que le seul dieu qui y joue un rôle majeur soit Shamash le Soleil, alors que la principale divinité de la ville, Ittar (avec Zabada), n'y a qu'une importance secondaire. Malgré le nombre de tablettes retrouvées, on n est pas encore parvenu à restituer le texte dans son ensemble, qui présente de grandes lacunes faisant obstacle à toute interprétation. Tel qu'il se présente actuellement, il est découpé en trois parties bien distinctes. Dans la première partie (tabl. I et Il), comme il est déclaré dans l'incipit (très fragmentaire) du Poème, "les dieux dessinèrent la ville" (il s'agit sans doute de Kish) les Anunnaki fixèrent les destins, les fêtes furent établies, mais il fallait trouver un roi, personnage en quête de qui se mit Inanna/Ishtar. Une grande lacune ne permet pas de savoir la suite de cette quête, àlaquelle participe Enlil. Dans la partie suivante, on voit un aigle et un serpent qui décident de s'associer. Ils jurent par les Enfers de rester toujours amis, appelant les pires malédictions sur celui qui transgresserait le traité. Chacun à tour de rôle apporte de la nourriture dans l'ombre d'un peuplier sur une montagne où ils se sont installés et où ils ont eri chacun des petits. Lorsque les petits aiglons sont devenus grands, «l'aigle en son coeur conçut de mauvaises pensées... Il décida de manger les petits de son allié «. Il s'ouvre de cette soudaine fringale à ses enfants et leur dit que pour échapper à la colère du serpent il montera dans les cieux. «Le plus jeune des petits, le plus intelligent, dit ces mots à l'aigle son père : Mon père, ne les mange pas : le filet de shamat te capturerait, les pantes (terme choisi par Labat, synonyme de trappe ou trébuchet, pour traduire l'akk. gisparru) de l'anathème de ~~amaflh te renverseraient et te tiendraient captif. « Mais l'aigle-ogre est têtu et, n'écoutant pas le sage conseil de son fils, il mange les petits du serpent. Plaintes et pleurs du serpent auprès de ~amash, qui, en punition, jette l'aigle dans un trou d'où il ne peut sortir, de sorte qu'il est destiné à mourir de faim. Apparaît alors Étana, qui rappelle à~~amash qu'il l'a honoré, en foi de quoi il lui demande de lui donner la «plante d'enfantement «, sans doute parce que son épouse reste stérile. Le dieu l'envoie alors vers le trou, où l'aigle est relégué, afin qu'il lui donne cette plante. La tablette III est très fragmentaire. Elle évoque la rencontre d'Étana et de l'aigle, qui accepte le marché selon lequel, semble-t-il, il devra emporter Étana dans le ciel pour y trouver la plante. Dans la tabl. IV; l'aigle invite Étana à se placer sur sa poitrine (on l'aurait plutot imaginé sur son dos) a ouvrir les bras le long de ses ailes puis il prend son vol. [Lorsque] , à deux doubles lieues il l' eut fait monter, l' aigle dit a Etana "Regarde mon ami comment est le pays - Le pays [n'est plus qu une colline]. [Lorsque] à trois doubles lieues il l' eut fait monter l' aigle dit à Etana Regarde mon ami comment est le pays? ~ La mer est devenue comme une rigole autour d'un lopin de jardinier!" Ils continuent de s'élever dans les cieux, passent la porte d'Anu, d'Enlil et d'Éa. Suit une longue lacune. Puis, Étana semble vouloir redescendre, sans doute par crainte, mais l'aigle veut continuer de monter jusqu'au ciel d'Ishtar la souveraine qui garde la plante d'enfantement. L'aigle pose alors d'une manière répétitive la question de savoir comment est le pays, en bas, devenu un jardin, la vaste mer étant comme un baquet, puis le pays n'est plus visible. Etana refuse ensuite d'être emporté plus haut encore par l'aigle, qui, finalement, lui obéit et le fait promptement descendre sur terre. Nouvelle lacune, puis très bref dialogue fragmentaire entre Étana (devenu roi) et son épouse, mais qui n'est pas une fin. Ainsi, le héros semble avoir échoué dans sa tentative de montée au ciel, et peut-être la conclusion en tirait-elle la morale : l'homme ne peut accéder au domaine des dieux (RPOA 294-305). À cette traduction, on peut ajouter des fragments publiés par Kinnier-Wilson (1974), dont celui d'un rêve que la femme d'Étana, Mudam, raconte à son époux, à incorporer dans la tabl. I et intégrés dans la tabl. III par Stéphanie Dalley .


Gilgamesh

Roi mythique d'Uruk (vers -2700), héros de tout un cycle épique. Nom écrit "gis-bil-gin-mes" ou simplement Gis-bil, qu'on interprète comme "le vieil homme qui est un jeune homme". GILGAMESH DANS L'HISTOIRE : La LRS fait de Gilgamesh le quatrième roi d'Uruk après le fondateur de la cité, Enmerkar, Lugalbanda et Dumuzi. Elle le dit fils d'un démon-lillû, un grand prêtre de Kullab. Il aurait régné 126 ans et son fils Ur-Nangal(ak) lui aurait succédé. Ce dernier aurait régné seulement 30 ans et il aurait transmis le pouvoir à son fils Utulkalamma(k), lequel n'aurait régné que 15 ans. Dans l'inscription du roi d'Uruk Utu-hégal, il est dit fils de la déesse Ninsun(a) et donné par Enlil pour protecteur d'Uruk et de son roi (Thureau-Dangin 1912, 115, col. III, 1. 1-2 IRSA 131). Ninsun, dont le nom signifie dame de la vache sauvage «, était le parèdre de Lugalbanda, dont on fait aussi le père du héros. Le règne d'Utu-hégal se situe entre 2123 et 2113. C'est la première fois qu'est mentionné Cilgamesh, déjà considéré comme un dieu, et lié à Uruk. Ainsi peut-on apporter de sérieuses réserves à la LRS, qui en fait un roi d'Uruk, d'autant que la plus ancienne inscription - après celle d'Utu-hégal - où il est mentionné vient d'Ut: il s'agit d'un pied de vase en marbre dédié par Ur-Nammu (ca. 2112-2095) à Gilgamesh, seigneur de DIM. CICk<, son maître (IRSA 138). Cilgamesh a-t-il réellement été un homme divinisé pour le moins dès la fin de l'époque akkadienne, ou, au contraire, était-ce une divinité mal définie, peut-être originaire de Kullab, que le roi d'Uruk aurait prise comme protecteur avant que l'auteur de la LRS en fasse un roi mythique de cette cité ? Il est à remarquer que les deux documents de caractère plus ou moins historique qui le mentionnent comme roi ayant existé ne datent tous deux que de la dynastie d>Isîn, au début du IIe mill. Le premier est la LRS, le second est la chronique de Tummal, où il est dît que Gilgamesh reconstruisit le gipar (le numunburra) du temple d'Enlil à Nippur. C'est-à-dire que les documents qui militent en faveur de l'historicité du personnage sont plus récents de huit siècles que les dates de règne qu'on lui assigne. LA LÉGENDE : Outre la grande épopée et les petits poèmes qui constituent son cycle épique, deux légendes se sont constituées qui n'ont pas inspiré, semble-t-il, d'oeuvre poétique : la naissance et le devenir du héros après sa mort. Élien, érudit grec qui vivait au IIe s. de notre ère, a écrit un ouvrage sur la Nature des animaux où il rapporte (XII, 21), à propos de l'aigle, que le roi de Babylone Seuekhoros avait été averti par l'un de ses devins que sa fille mettrait au jour un garçon qui usurperait son trône. C'est un thème bien connu de la littérature grecque. Il fait enfermer Seuekhoros sa fille dans une acropole où elle est étroitement surveillée afin qu'elle n'ait pas de rapports avec un homme. Ce qui ne l'empêche pas de tomber enceinte et de mettre au monde un garçon. Les gardes, redoutant la colère du roi, se saisissent du bébé et le jettent dans le vide. Mais un aigle l'attrape au vol et va le déposer dans un verger où le surveillant le recueillie et l'élève. Élien nous apprend que cet enfant, appelé Gilgamos, devint roi. Il est possible que la source d'Élien ait été Bérose, et, comme on l'a proposé, que la lecture du nom du grand-père de l'enfant, Seuekhoros, soit amendée en Euekhoros ce qui serait une corruption du nom d'Enmerkar. En tout cas, l'origine de la légende est certainement mésopotamienne et semble rassembler l'histoire d'Étana enlevé par l'aigle et celle de Sargon élevé par un jardinier. Dès le début de la IIIe dynastie d'Ur, Gilgamesh apparaît comme un juge des Enferse, ainsi que l'atteste la descente dans l'empire d'Éreshkigal du roi Ur~nammu. Un texte magique l'invoque comme le seigneur des régions infernales : « Gilgamesh, roi suprême, juge des Anunnaki, prince judicieux [...] qui scrute les régions du monde, régisseur du monde souterrain, seigneur du [monde] inférieur; tu résides dans les Enfers et tu rends le verdict final... Shamash t'a confié les jugements et les décisions. En ta présence, les rois, les gouverneurs et les princes se courbent, tu surveilles les omens les concernant et fais part de tes décisions ". Gilgamesh et Agga : Voir Agga. Gilgamesh et la terre du Vivant : (incipit sumérien: en-e-kur-lù-ti-la-s~è), traduit aussi sous le titre de G., Huwawa et la forêt des cèdres. Lùtila, «le Vivant e, désigne FIuwawa (Humbaba, géant de la montagne, dans le texte akkadien de l'Épopée). Pièce de 204 vers. Gilgamesh accompagné d'Enkidu, son serviteur; et des guerriers d'Uruk, dont sept fils d'une mère unique, se rend dans la terre du Vivant afin d'« entrer dans la montagne pour se faire un renom e, ainsi qu'il le dit à Enkidu. Il offre un sacrifice à Utu, lui adresse une prière à laquelle le dieu répond avec beaucoup d'affabilité, puis il se met en route avec sa troupe. Ils entrent dans les montagnes, abattent des cèdres, provoquent la colère d'Huwawa, qui lance contre le héros son éclat et l'endort. Réveillé et furieux, Gilgamesh jure par la vie de sa mère, Ninsun, et de son père, le pur Lugalbanda, puis, après une petite discussion avec Enkidu, se porte contre Huwawa. Suite de discours, capture du géant, dont finalement Enkidu tranche la tête, qui est placée dans un sac en cuir; ce qui provoque la colère du dieu Enlil. Tout se termine heureusement avec des laudes à Gilgamesh, Nisaba,et Enkidu. Gilgamesh et le taureau du ciel : Des 140 vers du poème original, il ne subsiste que des fragments. Inanna, fort fâchée contre Gilgamesh sans qu'en soit donnée la raison (elle est d'ailleurs livrée dans l'Épopée, où la déesse fait des avances au héros et se voit repoussée sous un flot d'injures), demande à son père de disposer du Taureau céleste pour mettre à mort Gilgamesh L'animal divin ravage Uruk, et il est finalement tué par Gilgamesh, qui le dépèce, distribue sa viande aux femmes pauvres, et utilise sa patte pour frapper banna, qui prend la fuite. Gilgamesh Enkidu et l'Enfer : Poème sumérien appelé aussi Gilgamesh au pays des morts ou encore Gilgamesh et l'arbre-huluppu. Le début du poème raconte l'histoire de l'arbre appelé huluppu (- arbres stylisés). Pour remercier Gilgamesh de son intervention, banna lui offre une baguette et un cerceau ou une boule et un maillet . Alors qu'il joue avec ces objets (sans doute un jeu de caractère rituel), boule et maillet tombent en enfer. G. envoie son serviteur Enkidu les chercher (- Enfers), ce qui donne lieu à une saisissante description du royaume des morts par Enkidu, lequel n'en peut plus sortir, semble-t-il, car il n'est plus rien dit du devenir de l'ami fidèle, ni, d'ailleurs, de ce qu'il est advenu des objets qu'il était allé chercher. Le poème se termine par un acte rituel (?) de libation de C. face au soleil Utu. La Mort de Gilgamesh : Poème sumériendont il subsiste deux fragments sur un ensemble qui comptait entre 300 et 450 lignes (calculs hypothétiques selon les auteurs). L'oeuvre est divisée en deux parties A et B par son éditeur et traducteur Samuel N. Kramer; séparées par une grande lacune. Il manque le début et l'on a la fin de la partie B A:Gilgamesh est très malade, près de la mort. Il fait un rêve au cours duquel il comparait devant l'assemblée des dieux, où sont évoqués ses exploits connus par l'Épopée. B: une quarantaine de lignes parfois incomplètes donne une liste de personnes constituant semble-t-il le personnel de son palais (destiné à le suivre dans la tombe ?) puis une séried'offrandes aux dieux (Érefflhkigal, Namtar;Dimpikug, Néti, Enki et Ninki, etc.).Malgré son état, l'intérêt de ce texte est qu'il rapporte comment, grâce à ses mérites, le héros, bien que mortel, est destiné à connaître une vie éternelle dans les Enfers comme juge des morts. La Lettre de Gilgamesh : Exercice d'école d'époque assyrienne (VIIe s. ?) de 45 lignes trouvé en trois exemplaires à Sultantepe. Le colophon donne la signature du scribe:"Adad-mushammer jeune apprenti, fils de Nergal-Tukulti le scribe. C'est une lettre soi-disant écrite par Gilgamesh, qui se dit roi d'Ur à un roi dont le nom est illisible pour exiger de lui qu'il aille chercher au pays (imaginaire ?) d'Érish et lui faire apporter ensuite ce qui parait être une sorte de tribut exorbitant 70 000 chevaux noirs avec des taches blanches, 40 000 jeunes taureaux, 50 000 attelages de mulets, 100 000 ânes chargés de cèdre, 20 000 pots d'asphalte, 30 000 pots de beurre, 30 000 brocs de vin, des dizaines de milliers de talents de fer; d'argent, de cuivre, d'or..." L'Épopée de Gilgamesh : Incipit akkadienne de la version ninivite: Sa naqba imuru = "Celui qui a tout vu".Le texte a d'abord été connu parles tablettes assyriennes trouvées dans la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Cette version dite ninivite a été précédée de premières versions babyloniennes remontant au deuxième quart du IIè mill. La notoriété du poème était déjà immense au milieu de ce même millénaire puisqu'on en a retrouvé des fragments àtravers tout le POA, d'HIattusa à Megiddo, d'Ugarit à Sultantepe. Le texte le plus complet est celui de l'époque nénassyrienne (ninivite, env. 1 500 lignes.) De la version paléobabylonienne, il reste un peu moins de 500 lignes et, de la version néobabylonienne, à peine une cinquantaine. Le poème est divisé en onze tablettes de longueurs inégales chacune correspondant à ce qu'on pourrait appeler, selon la terminologie classique, un chant. Dans leur traduction Tournay et shaffer ont indu une douzième tablette qui est le texte mettant en scène Gilgamesh en enfer. C'est cette version, où sont exploités les textes babyloniens et Assyriens, que je suis dans le bref résumé présenté ici. I. Prologue. Gilgamesh terrorise les gens d'Uruk. Les dieux lui suscitent un rival dans l'homme sauvage, Enkidu, qui est apprivoisé par une courtisane. Il. Rêves de Gilgamesh : Enkidu vient à Uruk. Il combat Gilgamesh. Les deux hommes deviennent amis. Ils décident de partir en expédition dans la montagne des cèdres pour tuer Humbaba. III. Préparation de l'expédition précédée de petites scènes relatives aux craintes d'Enkidu, encouragé par les exhortations de Gilgamesh Départ précédé de conseils des anciens d'Uruk et de consultations d'Utu. IV En marche vers la forêt des cèdres. Série de songes de Gilgamesh Rencontre furtive d'Humbaba, crainte d'Enkidu, exhortations de Gilgamesh. V Dans la forêt des cèdres. Rencontre d'Humbaba, nombreux discours mise à mort du géant. VI. Amour d'Ishtar pour Gilgamesh, qui lui adresse un long réquisitoire à propos de tous les hommes qu'elle a humiliés dans sa passion érotique. Colère de la déesse qui suscite le Taureau céleste. Combat de Gilgamesh et d'Enkidu contre le Taureau, qui est mis à mort. Malédiction d'Ishtar. VII. Maladie et songes d'Enkidu, qui meurt. VIII. Pleurs de Gilgamesh et litanies funèbres, offrandes au soleil. IX. Deuil et songe de Gilgamesh, qui part à la recherche de la plante d'immortalité. Il pénètre dans un monde mystérieux où il a affaire à des hommes-scorpions, traverse le bosquet des dieux et, parvenu au bout du monde, rencontre la cabaretière divine Siduri. X. Dialogue avec Siduri, en particulier àpropos du bonheur et où la cabaretière donne comme conseil de se réjouir nuit et jour et de faire de sa vie une fête sans souci de l'au-delà. Avec l'aide de Siduri, C. est emmené par un nocher par-delà la mer jusque chez Ut-Napishtim, l'homme devenu immortel, qui a sauvé la semence des vies humaines et animales lors du Déluge. XI. Ut-Napiilhtim fait le récit du Déluge et dit comment Enlil lui a accordé l'immortalité. Ut-napishtim dit ensuite à Gilgamesh comment il pourra découvrir la plante d'immortalité, laquelle se trouve au fond de la mer. Gilgamesh va la cueillir en attachant à ses pieds de lourdes pierres. Possesseur de la plante, Gilgamesh décide d'en faire l'essai sur un vieillard d'Uruk avant d'y goûter lui-même. Erreur fatale, car; alors qu'il est allé se baigner dans une fontaine un serpent avale la plante, et à peine l'a-t-il engloutie qu'il rejette sa vieille peau pour une nouvelle jeunesse. Désespoir de C., qui rentre sagement vivre entre les siens le reste de son âge. Texte : J. Bottéro, l'Épopée de Gilgamesh,~ 1992 : avec trad. des fragm. des versions anciennes. R. J. Tournay et A. shafer 1994.


2 images

Girsu

Longtemps, le site de cette cité sumérienne qui gisait sous le tell de Tellô, dans le sud de l'Iraq, a été pris pour celui de Lagash, tant la documentation qui y a été recueillie concernait cette cité sumérienne qui eut une grande importance au IIIème miii. On dut enfin convenir que le site fouillé était celui de la ville de Girsu, considérée d'abord comme un faubourg de Lagash et sa ville sainte. En fait, le site même de Lagash a été retrouvé à une vingtaine de kilomètres au sud-est, à Tell al-Hiba : il s'agit d'un site énorme s 'étendant sur 480 ha (voire 600 ha), dans lequel on a pratiqué quelques fouilles qui ont permis de penser que ce fut la capitale du royaume aux DA I et Il. A l'heure actuelle, notre connaissance de l'histoire de Lagash tient au matériel exhumé à Girsu, qui, Si elle ne fut pas la capitale politique du royaume (bien qu'il semble qu'elle en ait été la capitale au DA III et durant la période qui suivit la chute de la domination d'Akkad), en fut la capitale religieuse, avec ses temples de Ningirsu et de Ba'u. Les fouilles de ce site ont rendu un nombre impressionnant de tablettes (plusieurs dizaines de milliers), de sceaux, de figurines, de plaquettes, de statues, dont les séries de Gudéa, de vases, de stèles, dont celle dite des Vautours (voir Éannatum).


33 images

Glyptique

Terme grec fondé sur la racine verbale signifiant «graver», appliqué, pour ce qui concerne le POA, aux sceaux gravés en creux (intaglio). Ces sceaux se présentent sous la forme de cachets ou de cylindres d'une longueur variant entre 3 et 8 cm et d'un diamètre de 2 à 3 cm. Le nom du sceau-cylindre en sum. est kisib, akk. kisibbu. On connaît la fonction akkadienne de gardien du sceau = kisibgallu.


Guti

Peuple montagnard du Zagros. Le territoire qu'il occupait, vers le nord du Luristan, dans les hautes vallées de la Diyala et de la Khéka, est appelé Gutium. Ces montagnards éleveurs de bétail effectuaient des raids de pillage dans la vallée des deux fleuves lors des derniers siècles du III miIl. C'est ce qui semble justifier l'expression utilisée à leur propos dans la LRS de «horde guti «: ki-su-lu-ub[-gar] gu-tu. Dans la 'Malédiction d'Akkad , les Guti sont présentés comme un peuple insoumis et le Gutium comme "le pays [dont le peuplej est innombrable, le pays qui ne peut souffrir de domination". Ce sont sans doute ces descentes ravageuses, qui n'eurent qu'un temps, qui imposèrent une image négative des Cuti aux sédentaires du Sumer. shar-kali--sharrî, aux alentours de 2200 conduisit une expédition militaire contre le Gutium au cours de laquelle il captura leur roi sharlak. Mais déjà des Cuti étaient intégrés dans les armées akkadiennes. Ce sont eux qu'on rend responsables de l'installation d'une période d'anarchie après la mort de shar-kali-sharri, vers 2193 : «Innombrables comme des sauterelles, ils fondirent sur le sol. Leur bras enserra la plaine pour lui (Enlil, qui les aurait envoyés en punition) comme un piège pour le bétail. Rien n'échappait à leur bras, nul ne se sauvait de leur bras "Malédiction d'Akkad". Ont-ils, en déferlant de leurs montagnes, mis à «feu et à sang « tout le pays de Sumer? Dominèrent-ils plus ou moins longtemps les grandes cités de Sumer et Akkad, Umma, Adab, Larsa, Lagash, Kish, Ur? La question reste obscure. Jean-Jacques Glassner , qui énumère les diverses hypothèses proposées Ipar les assyriologues, rappelle que, cependant, l'archéologie ne marque aucune rupture, aucune trace de destructions massives entre la période d'Akkad et celles qui suivent aussi bien sous les princes de Lagash que sous les rois d'Ur III. C'est cependant à eux qu'il faut faire crédit de la fin de la domination d'Akkad. Le site de la capitale de l'empire n'ayant pas été retrouvé, il est bien possible que ce soit cette seule cité qui ait été mise à sac, ce dont la "Malédiction d'Akkad" semble avoir conservé l'écho. Et la chute de la dynastie de Sargon a libéré les cités tributaires, de sorte qu'il n'y a plus eu de pouvoir central modérateur. La LRS, qui note la chute du fils de Narâm-Sîn après un règne de 25 ans , demande ensuite: "Qui était roi? Qui n'était pas roi ?". Et son auteur pose la question de savoir si c'était Igigi, Nanum, Imi, Élulu..., énumérant 1 rois qui auraient régné 181 ans. Ce n'est qu'après un retour à une monarchie unifiée avec Ur-nigin(ak) d'Uruk et ses quatre successeurs, sur un espace de 30 ans, que la royauté, nous apprend la LRS, passa "à la horde du Gutium"; et l'auteur donne une liste de 21 rois qui auraient régné en tout 91 ans et 40 jours. Ces rois gutis s' akkadisèrent, sans qu'on puisse réellement les situer aussi bien chronologiquement que géographiquement. Il semblerait que leur autorité ne se soit exercée que sur la région drainée par la Diyala, car on sait que la cité d'Akkad se releva bientôt de ses ruines, Si tant est qu'elle ait été ruinée, et que des rois Akkadiens continuèrent la lignée de Sargon, tandis que prospéraient sous leurs ensi des villes comme Ur, Lagasl et Uruk. Il est possible que l'un des rois donnés comme ayant régné sur Akkad (?) pendant la période d'anarchie, Élulu, soit le même que le roi Guti cité dans la liste de LRS, Élulumesh, comme l'ont suggéré Jacobsen et Jean Bottéro. C'est finalement un roi d'Uruk, selon la LRS, Utu-hégal, qui "battit avec les armes" la horde de Gutium, vers -2120 : "Gutium, le dragon des montagnes, l'ennemi des dieux, qui la royauté de Sumer dans les montagnes avait emporté, qui Sumer d'hostilité avait rempli, qui à l'époux son épouse avait ravi, qui aux parents leurs enfants avait ravi [...] Enlil, le roi des contrées, de détruire jusqu'à son nom à Utuhégal, le mâle fort, le roi d'Uruk [...] donna mission ". Les Gutis ne disparaissent pas pour autant. Ce sont eux qui sont encore évoqués comme prédateurs dans la "Lamentation sur la destruction de Sumer et d'Ur", et, dans les imprécations finales, il est demandé que la tornade qui a ravagé Sumer afflige la terre ennemie du Gutium . Le nom du Gutium va se perpétuer à travers les siècles, Si bien que, dans la Chronique de Nabonide il est question de Gobryas (Ugbaru), gouverneur du Gutium, qui prit Babylone avec l'armée de Cyrus. Une inscription babylonienne relative à ce même Cyrus déclare qu'il soumit les hordes manda (c'est-à-dire les Mèdes), le pays guti.


Hadad

Divinité sémitique de l'Orage, de la Pluie, de l'éclair. L'écriture de son nom varie selon les langues : Hadad chez les Araméens et les Amorrites. Haddu chez les Cananéens . Il est attesté en Mésopotamie dès l'époque présargonique (écrit avec le logogramme dIM), mais il prendra de l'importance surtout à Mari, à partir de la période d'Akkad. Il est adoré chez les Mésopotamiens comme divinité apportant la pluie fécondante : "Adad bruyant, resplendissant, dieu puissant [...] Qui porte l'éclair; maître du déluge, qui gouverne les cieux, les montagnes et les mers [...] à [ton] cri [se réjouissent les régions montagneuses, Les champs sont dans la joie, la campagne jubile". Mais il est aussi craint en tant que dieu des Tempêtes destructrices : " Tu as fait peser ta terreur redoutable sur le pays et sur les gens [Tu] m' as fait frémir, tu m'as fait du mal ". Chez les Assyriens où son culte s'est particulièrement développé, il revêt en outre un aspect guerrier: «[les gens] sont exubé[rants], ils chantent tes actes guerriers ". Dès le règne de Teglat-phalazar Ier, il a un double sanctuaire à Assur qu'il partage avec Anu. Il apparaît aussi comme divinité oraculaire avec Shamash Adad ap-kal DINGIR.MES bêl têrêti, "Adad sage parmi les dieux, seigneur des oracles". En Syrie, on le rencontre dans les textes d'Eblaet, au IIe mill., il devient la divinité tutélaire d'Halab (Alep). Son animal symbolique était le taureau et il est parfois représenté sous l'aspect d'un homme coiffé d'un casque surmonté de cornes et brandissant le foudre, figuré quelquefois sous la forme d'une lance. A l'époque hellénique, l'Hadad syrien a été identifié à Zeus, en particulier dans le temple d'Atargatis à Hiérapolis.


Hammurabi

Roi de Babylone (-1792 -1750). Il est le sixième des onze rois composant la 1ère dynastie (amorrite) de Babylone. VIE ET RÈGNE. Son père, Sin-muballit (-1812 -1793), avait, en quelque sorte secoué l'inertie dans laquelle était restée la ville sous ses prédécesseurs, qui n'avaient pas cherché à étendre leur domaine. Il avait engagé une politique d'expansion qui sera énergiquement achevée par Hammurabi. Selon une liste annuelle de ses actes, celui-ci commença par rétablir la justice dans le pays en décrétant le misharum. Les six premières années de son règne furent consacrées à des constructions de caractère religieux : un trône pour le dieu Nanna, une enceinte sacrée, deux temples. Ses guerres ne commencèrent que la septième année avec la conquête d'Uruk et d'Isin ou régnait Rim-Sîn (-1822 -1763). Au cours des quatre années suivantes, il conquiert le pays d'Émutbal, Malgia, Rapiqum et shalibi, enfin Marien -1759, mettant fin au règne de Zimri-Lim. Encouragé "par un oracle d'Anu et d'Enlil", qui marchent devant ses armées nous dit la chronique de sa 31e année, il force Sumer et Akkad à lui obéir. Il entreprend ensuite des campagnes en direction du nord, vers Eshnunna et le Subartu, de l'est vers les Gutis et l'Élam. Parallèlement à ces travaux guerriers, il ne cesse de construire temples, murailles, non seulement à Babylone, mais dans les cités du royaume, en particulier à Sippar, fait creuser ou aménager des canaux des digues, mille travaux d'utilité publique. LE CODE : Mais sa grande œuvre est le célèbre Code qu'il fera graver sur une grande stèle (act. au Louvre), et qui reflète l'état de la société de son temps. Dans le long prologue du Code, il se présente comme le pasteur, l'élu d'Enlil, celui qui apporte opulence et prospérité. Et il mentionne les villes, qui, outre Babylone, ont profité de ses bienfaits : Nippur, Eridu, Ur, Sippar, Larsa, Uruk, Isin..., à quelques exceptions près toutes les grandes villes du Sumer et d'Akkad. Ce prologue révèle que le Code a été gravé dans les dernières années de son long règne, mais nombre de lois avaient déjà été promulguées, comme le montrent des tablettes qui en conservent des fragments, lesquels présentent parfois des versions différentes de celles qui sont connues par le Code. La disparité des villes de l'empire, qui devaient aussi avoir leurs lois propres, lois dont s'est inspiré en partie le Code, a conduit le roi à faire graver dans la pierre pour les générations futures un ensemble de lois qui devaient désormais s'imposer, comme, toutes proportions gardées, le code théodosien et ensuite les pandectes de Justinien ont constitué un corpus législatif applicable à tout l'Empire romain (d'Orient), faisant la synthèse de toutes les lois et d'édits antérieurs. Il convient cependant de noter les imperfections de ce code, malgré les avantages qu'il présente et les progrès dont il témoigne au profit du droit, car, du fait même de ses origines et de l'amalgame qu'il représente, on y trouve de nombreuses lacunes, des redites et même des contradictions. Il constitue cependant le premier effort d'établissement d'un droit de caractère général, voire universel pour son époque, puisque devant s'appliquer à des populations très diverses, unies par la force sous l'autorité d'un seul prince, mais sanctionnée par les dieux.


5 images

Harran

Ville au nord de l'Euphrate. Elle appartient au domaine culturel assyro-syrien, mais les caprices de la politique font qu'elle est située actuellement en Turquie orientale. Son nom akk. était Harra-nu (sum. KASKAL, hébr. Haran). Ce terme possède de nombreux sens en akk. : "route" ," chemin", " voyage", " caravane" . Lorsque le mot est précédé des déterminatifs URU ou KUR, il désigne une ville ou une région. Ainsi le nom d'Harran vient-il de la position de la ville à un carrefour de routes. Dans des inscriptions assyriennes, la ville porte le nom d'Huzirina. Son nom apparaît pour les premières fois dans une tablette cappadocienne de Kanesh ("itinéraire d'Urbana" , datée du XIXe s. et, quelques décennies plus tard, dans une lettre de Mariadressée à Iasmah-Addu. ~ Harran, dont l'histoire reste peu connue, était l'un des plus importants centres du culte du lieu-lune Sîn avec Ur. Le temple du dieu, é.hul.hul (" Maison qui apporte la joie "), remonte pour le moins à l'époque paléobabylonienne. Il a été reconstruit par les rois Assyriens Salmanazar III et Assur-banipal. Ce même sanctuaire semble avoir abrité aussi une chapelle de Ningal. On connaît encore un autre temple dédié à Nusku qui fut aussi restauré par Assur-banipal. À l'époque d'Hammurabi, la ville est gouvernée par le roi amorrite Asditakim. Il fit une alliance avec le roi de Zalmaqum et les chefs des Bédouins benjaminites en révolte contre le roi de MariZimri-Lim, alliance qui fut conclue dans le temple de Sîn. À l'époque médio-assyrienne, Harran devient assyrienne et Adad-nârâri 1er au début du XIII è s., fortifie sa citadelle. La cité s'étant révoltée contre les Assyriens, Assur-dan III (-772 -755) la détruisit en -763. Sargon II la reconstruisit. Après la chute de Ninive, en 612, le dernier roi d'Assyrie s'y réfugia et en fit sa capitale jusqu'à sa prise, deux ans plus tard, par les Mèdes, qui la mirent à sac. Le temple fut particulièrement soigné par le roi néobabylonien Nabonide, dont la mère, Ada Guppi, était prêtresse. Les fouilles n'ont pas permis de retrouver les restes de ce temple de la Lune. SULTANTÉPÉ. Dans le tertre voisin de Sultantépé, les fouilles ont mis au jour la résidence d'une prêtresse et la bibliothèque d'un prêtre, Qurdi Nergal. Selon un colophon, les textes qui la composent auraient été rédigés par des étudiants de l'école du temple, entre -718 et -612. Contrairement à de nombreuses archives, la plupart de ces 407 tablettes sont de caractère littéraire. Il s'agit de versions incomplètes de grands textes épiques et d'ouvrages devenus des classiques de la littérature akkadienne: Énûma élish, Épopée de Gilgamesh, Épopée d'Erra, mythe d'Anzu, légende kuthéenne de Narâm-Sîn, poème du Juste souffrant , conte du "Pauvre Homme de Nippur". Toujours en akk. figurent dans la bibliothèque de nombreux textes de caractère économique et médical, des prières et des hymnes, des incantations et des rituels (souvent fragmentaires) des omens, des textes hémérologiques et ménologiques, astrologiques et astronomiques. Les numéros 150-217 incluent des textes Sumériens et bilingues, mythologiques, des ershemma (en l'honneur de Marduk), et des incantations Cette bibliothèque non seulement enrichit notre connaissance de la littérature mésopotamienne, mais complète ou rectifie certains textes classiques dont il manquait des parties.


1 images

Hattusha

Ville d'Anatolie centrale devenue la capitale de l'Empire hittite. C'est sur les pentes d'une haute colline qui domine le village turc de Boghaz-Kôy (élevé au rang de ville, il porte maintenant le nom de Bogaz-kale) que gisent les ruines de l'antique cité hittite dont les murs enfermaient un espace de 120 ha. La hauteur; appelée par les Turcs Bùyùkkale, où l'on a retrouvé le centre administratif de la ville a été occupée dès le IIIème mill., ainsi que la partie basse. Au début du millénaire suivant, au BM, les marchands Assyriens y installèrent un comptoir (karôm5) semblable à celui de Kanesh5 où l'on a retrouvé quelques tablettes qui permettent de situer l'établissement à une époque tardive (correspondant au niveau lb de Kanesh XVIIIe s ). La ville a été fondée par les Hatti(tes), qui l'ont appelée Hattus, tandis que les Hittites, venus ensuite, l'ont appelée Hattusa. Il semble que ce soit Hattusili 1ers< «l'homme d'Hattusa «, véritable fondateur de ce qu'on est convenu de nommer l'ancien royaume hittite, qui ait fait de la ville sa capitale, vers -1650. Seulement la partie basse de la ville et la citadelle de Bùyùkkale sont alors occupées. Ce n'est qu'à partir de ce qu'on appelle l'Empire hittite, vers -1400 -1380, que la partie haute du site est urbanisée et que sont construites les fortifications cyclopéennes de la partie sud, avec les trois portes monumentales dites du Sphinx, du Roi et des Lions (du nom des reliefs qui les ornent), les tours et le souterrain conduisant à une poterne. Dans cette ville gigantesque ont été identifiés plus de 30 temples, dont 26 ont été dégagés, un nombre considérable de monuments souvent non identifiés et des chapelles funéraires consacrées à quelques rois dans un temple-palais construit par Tudhaliya IV. Vers -1300, Muwatalli abandonna Hattusa pour installer le siège du gouvernement plus au sud, à Tarhundassa, peut-être dans la crainte des raids de la population montagnarde des Gasgas, qui, en effet, prirent et mirent à sac la ville. Vingt-cinq ans plus tard, Hattusili III revint s'y installer. La cité fut rebâtie et les archives en partie saccagées, furent recopiées. Hattusa devint alors la capitale d'un brillant empire qui n'avait pourtant plus qu'un court siècle à vivre. Vers -1180, la ville fut incendiée, soit par les Gasgas, soit par les populations en migration appelées par les Égyptiens "Peuples de la Mer". Le site, après quelque temps d'abandon, ne fut que très partiellement occupé par une population qu'on a identifiée, d'après les poteries, à des Phrygiens. Les fouilles ont rendu un nombre considérable de tablettes retrouvées principalement dans le site du palais de Bùyùkkale et dans la "Maison de la pente"; le grand temple I en a rendu un certain nombre; elles sont rédigées dans l'ensemble en hittite cunéiforme, outre quelques textes Akkadiens et Sumériens.


7 images

Hattusili Ier

Hattusili Ier (vers. -1650 -1620). Selon des documents tardifs, il aurait été d'abord roi de Kussara. Un discours (sans doute apocryphe) considéré comme son testament politique , adressé à l'assemblée des grands dignitaires du royaume, par lequel il désigne Mursili5 encore adolescent comme son héritier, débute ainsi : "Le grand roi Labarna s'adresse aux guerriers de l'assemblée et aux dignitaires [disant] : "voyez, je suis tombé malade. Le jeune Labarna, je l'ai proclamé devant vous [disant] : Il s'assiéra sur le trône" . Le nom de Labarna, premier souverain hittite attesté dans le "Rescrit de Télépinu" (vers -1500), apparaît ainsi comme un titre (il reparaîtra comme titre des rois Hittites du nouvel empire sous la forme de Tabarna), comme celui de César; qui fut donné aux empereurs romains. Car c'est à ce Labarna qu Hattusil succéda, fondant ainsi ce qu'on a appelé l'ancien royaume hittite, et c'est sans doute lui qui a installé sa capitale à Hattusa. Il hérita d'un royaume englobant toute l'Anatolie centrale. Son action reste peu connue, mais il a sans doute étendu son royaume jusqu'à la Cilicie au sud-est et fait construire une forteresse à Mersin (nom moderne, son nom à cette époque étant inconnu), sur la Méditerranée. Il porta ensuite ses armes contre le royaume d'Alep, qu'il ne put vaincre, mais c'est sans doute à lui qu'est due la destruction d'Alalah (niveau VII). Il dirigea ensuite ses armes vers l'Arzawa, à l'ouest de la Cilicie, mais il fut arrêté dans cet élan conquérant par une attaque sur ses arrières des Hourrites, contre lesquels il dut combattre et qu'il repoussa jusqu'à l'Euphrate. La fin de sa vie fut assombrie par une révolte de sa fille et de son fils Huzziya. Mursili serait son petit-fils . Il semble que ce soit sous son règne qu'ait introduite l'utilisation des cunéiformes suméro-Akkadiens pour écrire la langue des Hittites.


Hittites

Population de langue indo-européenne qui constitua un puissant État en Anatolie centrale au IIe mill. Le nom des Hittites est emprunté à celui de leurs prédécesseurs dans la région, les Hattis. HISTORIQUE. C'est sans doute aux alentours de -2300 que les premières bandes d'émigrants parlant des dialectes indo-européens arrivent en Asie Mineure. La question reste discutée de savoir si, venant des régions pontiques (Nord de la mer Noire), elles ont pénétré en Asie Antérieure en passant par les détroits à l'ouest (Bosphore et Hellespont) ou les cols du Caucase à l'est. Il est bien possible que ces bandes se soient infiltrées par les deux côtés. La présence des Hittites, un groupe descendant de ces envahisseurs du BA, est attestée en Cappadoce à l'époque des colonies assyriennes, au tout début du IIè milI. On ne sait dans quelle mesure on peut relier les premiers rois Hittites connus à deux personnages mentionnés dans des tablettes de Kanesh rois d'une cité appelée Kussar; Pithana et son fils Anitta, qui semblent bien avoir été des Hittites. Le premier nom de roi que nous connaissions par un texte tardif, le "Rescrit de Télépinu" (vers -1525 -1500), est Labarna. Son épouse royale se serait appelée Tawananna, nom qui, comme Labarna (transformé en Tabarna), devint le titre des reines. Le premier roi mieux connu historiquement est Hattusili Ier, fils (ou neveu ?) de Labarna. C'est avec lui que commence réellement ce qu'on a appelé l'ancien royaume hittite, bien qu'on le fasse de préférence débuter avec Labarna, vers -1630. La politique d'expansion d'Hattusili Ier, qui installe la capitale du royaume à Hattusha, fut poursuivie par son successeur (sans doute son petit-fils) Mursili Ier (vers -1620 -1590). Il parvint à prendre Alep puis, vers -1595, il osa un raid audacieux qui le conduisit jusqu'à Babylone, qu'il pilla, mettant fin à la dynastie Amorrite et ouvrant la porte aux Kassites. De cette aventure, le royaume hittite ne retira pas grand-chose, sinon un certain butin. Le roi fut assassiné par son beau-frère qui prit le pouvoir sous le nom d'Hantili Ier (vers -1590 -1560). Le nouveau roi maintint l'intégrité de l'empire par une série de campagnes vers l'ouest, contre une puissance montante, les Hourrites, et vers le nord contre un nouvel adversaire qui apparaît sous son règne, les Gasgas (ou Kaska). Ces guerriers habitaient les montagnes au nord de la Cappadoce, dans ce qui deviendra le Pont à l'époque gréco-romaine. Ils ne cesseront plus de harceler les Hittites pendant le reste de leur histoire et ils participeront certainement à la chute de l'empire. Hantili ayant été assassiné à son tour, commence une période d'anarchie où les grandes familles Hittites se disputent le trône. Un certain ordre fut rétabli par Télépinu (ou Telebinu), qui prit le pouvoir vers -1525 après avoir déjoué un complot et exilé les fauteurs de troubles. Il érigea le conseil du Panku, assemblée de citoyens en âge de porter les armes (?) en haute cour de justice. Il institua une loi de succession au trône que le Panku devait faire respecter, avec le droit de mettre en accusation un souverain coupable de crimes et de le faire mettre à mort. Bien que le Panku ait par la suite perdu de son autorité, la loi de succession directe fut toujours observée (sauf par Hattusili III lorsqu'il dut se résoudre à se révolter contre l'arbitraire de son neveu). Si un certain ordre est revenu grâce aux initiatives de Télépinu, le royaume hittite reste en retrait pendant les règnes suivants. Certains auteurs font débuter ce qu'on appelle le (nouvel) empire hittite avec Tudhaliya Ier (anciennement Il, -1460 -1440), qui régna avec son épouse Nikalmati. En réalité, le royaume ne fait que se défendre, même s'il semble qu'Hattusili Il ait réussi à maintenir un équilibre avec Alep. Sous Tudhaliya Il (-1400 -1380), le royaume est même attaqué de tous les côtés, et les Gasgas réussissent à mettre à sac Hattusha. Le rétablissement se fait avec son frère (dans le cas où il serait le fils d'Hattusili Il) ou son fils, Suppiluliuma Ier (vers -1370 -1342), qui a su mêler habilement la diplomatie et la guerre. Au cours de campagnes vigoureuses, il fit entrer le nord de la Syrie, avec en particulier Ugarit, dans la sphère d'influence hittite, ce qui, en revanche, ouvrit près d'un siècle de conflit avec l'Égypte. Il entra en lutte avec le Mitanni, qui, sous les coups conjugués des Hittites et de l'Assyrie, va bientôt disparaître. Il fit deux de ses fils rois l'un de Karkémish, l'autre d'Alep. Sur le plan diplomatique, il maria ses filles à des princes vassaux et lui-même épousa la fille du roi de Babylone, avec qui il avait fait alliance. Du côté de l'Égypte, après les intrigues qu'il avait menées auprès des petits souverains syriens et cananéens vassaux de pharaon (en l'occurrence Akhenaton), il eut le plaisir de recevoir une lettre d'une reine égyptienne (sans doute la veuve de Toutankhamon) le priant de lui envoyer un fils comme époux pour monter sur le trône de Thèbes. On sait que le prince ne parvint pas dans la vallée du Nil, assassiné par on ne sait qui, mais sans doute à l'instigation d'Ay ou d'Horemheb. A sa mort, malgré des échecs vers l'ouest et le nord, contre les Gasgas, Suppiluliuma laissa un royaume puissant mais fragile à ses successeurs. On pense qu'il mourut de la peste et que son successeur, Arnuwanda, fut bientôt terrassé par la même maladie. Son plus jeune fils, Mursili II (-1340 -1310), maintint l'héritage de son père au prix de guerres incessantes aussi bien contre des coalitions vers la Syrie que contre des raids de barbares au nord. C'est lui-même, dans ses Annales, qui nous dit qu'il dut lutter dix ans durant pour rétablir et maintenir l'héritage de son père. Nous connaissons quelques événements concernant le règne de son fils et successeur Muwatalli Il (-1310 -1280) par l'Autobiographie du frère de ce dernier, Hattusili III. On peut voir qu'il a confié à celui-ci la tâche difficile de défendre les frontières de l'empire contre les barbares Gasgas du Nord, et lui-même s' est réservé les relations avec les grands royaumes du Sud et de l'Est. Il semble avoir réussi à maintenir la prospérité du royaume tout en reprenant les hostilités avec l'Égypte, hostilités qui se terminèrent avec la bataille de Qadesh (voir Hattusili III pour les détails). Le fils d'Hattusîli III, Tudhaliya IV (-1260 -1220), maintint encore l'empire et parvint même à l'agrandir par la conquête de Chypre, le plus grand fournisseur de cuivre de l'époque. La faiblesse réelle de l'empire apparaît déjà sous ce règne : ainsi un cousin du roi, Kurunta (autrement appelé Ulmi-Te-shub), devenu roi de Tarhundassa, à l'ouest de la Cappadoce, obtint, par traité avec Tudhaliya, de nombreuses concessions territoriales et se para des titres royaux Hittites Tabarna, Mon Soleil, Grand Roi. Les deux derniers successeurs de Thudaliya, Arnuwanda III (-1220 -1200) et Suppihuma II (-1200 vers -1180), durent faire face à de nouvelles coalitions et à des invasions qui eurent bientôt raison de l'Empire hittite, lequel disparut sous les coups conjugués des Gasgas et des envahisseurs venus des rives de la mer Égée, appelés "Peuples de la Mer" dans les textes égyptiens. Civilisation. La richesse des Hittites était naturellement en partie fondée sur l'agriculture et l'élevage, mais aussi, dans ce pays de forêts, sur la coupe du bois. Cependant, plus que les autres États du POA. ils disposaient de mines : peu de cuivre, mais de l'étain, de l'or, du plomb (l'un des principaux produits du commerce des colonies assyriennes de Cappadoce) et surtout du fer. Dès le XIVème s., pour le moins, (le fer était connu bien avant), les forgerons anatoliens ont acquis une suffisante maîtrise dans son traitement pour que les rois Hittites puissent l'utiliser au titre de cadeaux. Le prétexte de l'hostilité du roi d'Assyrie Adad-nîrârî envers Hattusili III fut que celui-ci ne lui avait pas envoyé des épées en fer qu'il lui avait demandées Hattusili se défendit en déclarant qu'il n'en disposait pas qui fussent d'assez bonne qualité pour satisfaire sa demande. Le roi est un personnage sacré dont les fonctions sont militaires et civiles mais aussi religieuses, car il est le premier prêtre des dieux. C'est lui qui préside les cérémonies religieuses avec la reine. L'importance de cette dernière aussi bien dans le culte qu'à la cour est à noter. Elle a son propre sceau, sa propre maison avec ses services, elle entretient des relations personnelles avec les autres souverains. Puduhepa paraît avoir été particulièrement active sur ce point, peut-être parce que le hasard des fouilles a fourni une documentation relativement importante la concernant. L'art des Hittites qui doit beaucoup à leurs prédécesseurs Hattis, est connu par les fouilles d'Hattusha, d'Alaça Höyük et du sanctuaire de Yazilikaya. L'architecture des temples, dont il ne subsiste que les bases, révèle des monuments complexes pourvus de nombreuses salles et galeries. Les enceintes présentent des orthostates sculptés de reliefs comme à Alaça Höyük, technique qui se perpétue dans l'art dit néohittite du Ier mill. Le type du bît-idani semble être d'origine hittite. La religion est fortement marquée par les conceptions et les divinités suméro-akkadiennes et aussi par les divinités Hourrites. Nombre de dieux hatti ont été intégrés dans le panthéon dominé par le dieu du Temps et de l'Orage, à qui la terre est censée appartenir : le roi est son régent. Le Soleil est la première divinité, mais avec des aspects très singuliers puisque la première divinité solaire est la déesse-soleil Hatti Arinna, plus importante que le dieu-soleil Istanu. Un autre dieu non négligeable est Télépinu. Parmi les divinités d'origine étrangère, celle qui occupe la plus grande place est sans doute Ishtar. LANGUE ET LITTÉRATURE. Les deux principales langues de l'empire, le hittite et le luwite sont deux dialectes indo-européens. Le nom réel du hittite est "néshite" ou "neshili", la langue de la ville de Nesha . Cette cité n'a pas été identifiée, mais il se pourrait bien que ce ne soit jamais qu'un autre nom de Kanesh. Les scribes ont adopté pour écrire leur langue les cunéiformes mésopotamiens, qui représentent des syllabes ou des logogrammes. Ce qui rend difficile l'interprétation de la langue, c'est que nombre de mots Hittites sont écrits avec un sumérogramme qu'on peut traduire du sumérien mais dont on ne sait à quel mot hittite il correspondait. Ont ainsi été catalogués, en comptant les numéraux, 324 signes cunéiformes. Comme toutes les langues indo-européennes, le hittite est une langue à flexion qui connaît six cas : nominatif, accusatif, génitif, datif, ablatif et instrumental, à quoi l'on peut ajouter le vocatif pour les déclinaisons des noms de personne. En revanche, les genres ne sont pas, comme dans le grec et le latin, le singulier; le pluriel et le neutre, la différence jouant sur l'animé et l'inanimé. Les verbes connaissent deux voix l'actif (qui est transitif ou intransitif) et le médiopassif. L'actif possède deux voix ou conjugaisons, en -mi et en-hi. Le médiopassif ne possède qu'une seule conjugaison. Les modes sont au nombre de six: trois personnels (indicatif, volontatif et impératif) et trois impersonnels (infinitif, participe et supin). Les archives d'Hattusha nous ont rendu un certain nombre de textes : traités, lettres, annales, instructions, lois, rituels, prières, omens, mythes.


2 images

Hurrites

Peuple dont le centre géographique à l'époque historique se situe dans le nord de la Syrie et le sud-est de l'Anatolie . LA LANGUE : Le sens du nom de "Hurrite"demeure incertain, bien qu'on l'ait rapproché de "huradi", terme hurrite désignant le soldat de garde, et de la racine "hur", relatif à la sphère sémantique de guerre. C'est grâce à sa langue qu'on peut détecter les traces de ce peuple dont l'origine se trouve sans doute au sud du Caucase. C'est une langue dite agglutinante, qui ne se rattache ni au sémitique ni à l'indo-européen et qui n'appartient pas non plus au groupe vague des langues primitives de l'Asie antérieure qu'on a appelées asianiques : sa typologie précise la rapproche des familles finno-ougriennes, turque et dravidienne. La parenté entre le hurrite et la langue de l'Urartu est incontestée, mais il y a suffisamment de différences pour en faire deux langues autonomes que certains philologues ont cherché à rattacher à certaines langues caucasiennes subsistant à notre époque. Ce qui caractérise le hurrite, c'est sa capacité à agglutiner une véritable chaîne de suffixes et d'enclitiques (jusqu'à 8) à la racine généralement monosyllabique. Ainsi, un verbe peut se décliner et se transformer en nom adjectival. HISTOIRE ET CIVILISATION : Des mots Hurrites ont été relevés dans des listes de l'époque d'Akkad ainsi que des noms de personne (tablette de Naram-Sîn). Ils apparaissent ainsi dans l'histoire au cours des derniers siècles du IIIe mill. Sceaux et inscriptions nous font connaître des noms de rois Hourrites de la fin de ce même millénaire : Talpuilli-atili de Nagar, Atal-shen d'Urkesh. On a cherché à les identifier aux Subaréens, mais il est démontré qu'il s'agit de deux ethnies différentes. Ce n'est, cependant, qu'au millénaire suivant qu'ils occupent une situation notable dans le concert des États du Proche-Orient, l'aire de leur activité se trouvant dans le nord de la Syrie, avec des ramifications culturelles et linguistiques vers le moyen Euphrate (Mari), l'Anatolie hittite et Ugarit vers l'ouest, jusqu'à Nuzi vers l'est. Au XVIème s., un groupe d'envahisseurs (tribu guerrière ?) porteur d'une langue indo-aryenne (rattachée au groupe des langues indo-européennes de l'Est, dont les principales sont le sanskrit et l'ancien perse) fonde un royaume dans le nord de la Syrie, le Mitanni. Les fondements culturels et linguistiques de ce nouvel État sont Hurrites (pour l'histoire de ce royaume : voir Mitanni). La disparition au XIIIè s. du Mitanni n'est pas liée à la survie des Hurrites qui se constituent encore de petits royaumes vers le haut Tigre. Néanmoins, leur sphère d'influence linguistique et culturelle va sans cesse s'amenuisant et, au milieu du millénaire suivant on ne trouve plus que quelques reliquats onomastiques dans la région du lac de Van. On attribue aux Hurrites un certain nombre d'apports, comme le développement d'une charrerie, une technologie de pointe dans le travail du cuivre et la fabrication du verre, ce qui est susceptible d'être contesté. Il n'en va pas de même pour les influences exercées par leurs croyances religieuses notamment chez les Hittites, qui ont introduit les cultes Hourrites sans doute à l'époque de Mursili Ier (vers -1620 -1590). D'origine hurrite sont Téshup, Allani, déesse des Enfers, Shaushga (Sawuska), déesse de la Guerre et de l'Amour, identifiée à Ishtar. Hurrite est aussi le mythe de Kumarbi.


Inanna

Déesse sumérienne identifiée à l'Ishtar sémite. C'est la principale déesse du panthéon mésopotamien. Il est possible qu'elle n'ait été, à l'origine, que la déesse de l'Amour c' est-à-dire de ce courant universel qui conduit les êtres à s'unir pour la reproduction, mais qui fait aussi germer les plantes dans la terre. Son aspect guerrier et destructeur serait propre àIl,î>tar, qui, en se syncrétisant avec Inanna, lui aurait conféré cet attribut redoutable. Il convient néanmoins de remarquer que ces deux manifestations ne sont pas incompatibles, la mort étant la fin de la naissance, la destruction, ne serait-ce que par le temps, celle de la création. Son nom, qui semble dérivé de Ninanna (sum.), signifierait "dame du ciel", et inclurait le nom divin d'An, dont elle devient la hiérodule (voir Exaltation d'lnanna) ; elle est alors la "hiérodule des cieux" (nu-u5-gig-an-na) et la "vache du ciel exaltée" (ô-sùn-zi-an-na). C'est à l'évidence une très ancienne divinité car son nom apparaît dès la période d'Uruk au lVè mill. sous l'aspect d'un faisceau de roseaux dont l'extrémité supérieure forme une boucle. C'est son symbole qu'on retrouve au DA dans des représentations de sceaux et sur des fragments de terre cuite, de part et d'autre des toits oblongs de constructions en roseau ces toits sont parfois surmontés par un mât pourvu de chaque côté de trois boucles : c'est le signe (cunéiforme) mhz par lequel elle est désignée. Elle est très souvent mentionnée dans les inscriptions du DA. Dès -2450, Lugal-tar-si, roi de Kish, la déclare "reine des déesses" . Il semble que sa cité d'origine soit Uruk, où elle a son temple principal, l'é.an.na ("Maison du ciel"), qu'elle partage avec An, mais elle est largement vénérée dans tout le Sumer. Éanatum (dont le nom signifie "digne de l'E-anna") se déclare l'aimé de la déesse par qui il a reçu la domination de Lagash et de Kish. Elle prend plus encore d'importance à l'époque d'Akkad , ou la fille de Sargon Ier, Enhéduana, donne le ton en lui consacrant des hymnes et des prières. Bien qu'il s'agisse de copies plus tardives, le fait que ces textes soient attribués à ce personnage historique marque l'expansion de son culte à cette époque, qui pourrait bien être celle où ses attributs sont doublés de ceux d'Ishtar à laquelle elle est identifiée. À l'époque d'Akkad, où elle apparaît sous le nom d'Anunîtum, elle est la divinité d'Aktup (ville non localisée) sous le nom d'Aktupîtum, et elle règne aussi sur la ville de Zabalam, voisine d'Umma. Dans un balbale, la déesse rappelle toute l'étendue de sa domination : " Mon père m'a donné le ciel, il m'a donné la terre, je suis la reine du ciel [...] À Uruk, l'Éanna est à moi à Zabalam le (temple) Gigunna est à moi à Nippur le Duranki est à moi, à Ur l'Édilmuna est à moi à Girsu l'Eshdamkug est à moi, à Adab l'Ésharra est à moi, à Kish le Khursagkalamma est à moi, à Kisiga l'Amashkuga est à moi, à Aksak l'Anzagar est à moi, à Umma l'Ibgal est à moi, à Akkad l'Ulmash est à moi. Parmi les dieux, en existe-t-il un, un seul, qui puisse se comparer à moi ? " . Les diverses théogonies lui attribuent une nombreuse parentèle. Quoique déclarée la hiérodule d'An, elle est aussi donnée comme sa fille, mais elle est encore dite la fille d'Enlil, d'Enki, de Nanna, et la soeur d'Utu et d'Ereshkigal. En revanche, elle n'a pas de parèdre. Si Dumuzi occupe une place capitale dans son mythe en tant qu'amant, il n'apparaît pas comme un époux auprès de qui elle n'aurait plus qu'un rôle secondaire. C'est une déesse dominante qui règne même sur les dieux, qui n'a ni mari ni progéniture. Lorsque, dans le mythe d'Anzû, les dieux appellent shara l'enfant d'Ishtar, il faut comprendre par ce terme le "chéri", et nullement le fils né de son sein . Elle est la divinité antique à qui est consacré le plus grand nombre de sanctuaires sous son nom et sous celui d'Ishtar. C'est aussi la divinité qui intervient dans le plus grand nombre de mythes, soit à titre secondaire, soit dans le rôle principal. (voir Agushaya), hiérogamie (grande liturgie d'Inanna). POÈMES ET MYTHES CONCERNANT Inanna Cycle d'Inanna et Dumuzi : voir Dumuzi. Inanna et Enki : voir Enki. Descente d'Inanna dans l'autre monde : voir Enfers. La descente d'Inanna serait un rituel d'une visite de la déesse à Kutha. Inanna et Ébih. Incipit sum.: in-nin-mehua-a = Inin (banna) aux pouvoirs (me) redoutables. Poème de caractère épique de 184 vers rapportant comment la déesse guerrière combat et détruit la montagne rebelle appelée Ebih, qui ne veut pas reconnaître as domination. On y voit un étrange contraste entre l'aspect de la déesse, »jeune femme », et l'impétueuse guerrière qui, rendue furieuse contre l'Ébih, se transforma en foudre de guerre, "déverrouilla l'arsenal, dont elle repoussa la porte étincelante. Elle en tira l'altière Bataille et mit au sol l'énorme [Ouragan] ! Madame apprêta (?) ses augustes flèches et empoigna le carquois i Elle déchaîna contre l'Èbih un déluge et y lâcha l'irrésistible Vent Mauvais Madame se jeta alors à l'assaut du pays". Inanna et Shukalletuda. Poème qui subsiste presque entièrement, en quelque 300 vers, avec des lacunes. La déesse, ayant quitté le ciel pour descendre sur la terre, s'endort dans un jardin où le jardinier (?), Shukalletuda, en profite pour lui détacher son pagne - et il "la baisa et la pénétra puis il s'en retourna à l'extrémité du jardin". Au réveil, Inanna, s'étant aperçue du viol, chercha en vain son agresseur et, de colère, elle envoya trois pestes à travers le pays des Sumériens. Inanna et Bilulu : Le colophon de cette composition de 187 vers nous apprend qu'il s'agit d'un chant. Il est proche des lamentations et entre dans le cycle d'Inanna et Dumuzi. Le récit, en vers, est entrecoupé de lamentations et de passages lyriques. Le premier vers (dont la moitié forme l'incipit: edin-na ddumu~zi~mu), "Dans le désert, mon Dumuzi, j'élèverai ma complainte ", donne le ton. La déesse va ainsi dans la steppe où est mort son amant; elle arrive en présence du défunt "à la tête meurtrie", chez sa soeur Geshtinanna/Bélili. Là, elle entonne un chant funèbre (thrène). On ne sait d'ailleurs qui, dans cette pièce, est responsable de la mort de Dumuzi. En tout cas, la déesse décide de porter Sa vengeance contre Bilulu, une vieille femme qui tient une taverne dans la région. Cela à cause de son fils Girgire, qui volait les bêtes du troupeau de Dumuzi. Ainsi, Bilulu devient e l'Outre-à-eau-fraîche indispensable su désert» et son fils Cirgire »le démon et l'esprit du désert». On se trouve à l'évidence en présence d'un conte étiologique.


9 images

insectes

Les insectes pullulent toujours dans les pays du POA, aussi bien en nombre qu'en variétés d'espèces. Nous nous en tiendrons ici aux principaux. Voici la liste de quelques-uns dont on connaît les noms dans au moins l'une des langues parlées dans les régions concernées. abeille : hébr. débôrâ, aram. dabbarta->.voir miel. araignée : akk. ettutu, ettitu. Son nom était donné à la déesse-araignée du filage. Lorsqu'on la trouvait dans une maison, c'était un gage de prospérité. fourmi : akk. namal/namlu, aram. nêmala, hébr. némala. mouche : akk. zumbu/zubbu, ugar dbb aram dîbtibti>, hébr. zèbOb. Selon un texte biblique , un dieu de la cité cananéenne d'Êkron se serait appelé Baal zébûb, le "Seigneur des mouches" (qui a donné, dans le monde chrétien, Belzébuth); on a tendance a penser que ce dieu n'a jamais existé et qu'il est un caconyme inventé par le rédacteur biblique (par rapprochement avec l'expression des textes urgaritiques zbî b'î,"le prince Baal "). sauterelle : Les » pluies » de sauterelles, prédatrices par excellence, ont toujours eu un caractère catastrophique. Néanmoins, ces insectes étaient couramment consommés, comme l'attestent bon nombre de lettres et d'autres textes mésopotamiens : "Envoie-moi une centaine de sauterelles et un peu de nourriture", "et n'oublie pas les sauterelles que je t'ai demandées"... Un omen commence ainsi: Si [un homme dans un rêve] mange une soupe de sauterelles... ». Cependant, le vocabulaire assyro-babylonien est particulièrement riche pour désigner les diverses espèces de sauterelles et, en outre, ce nom est donne a des sauterelles d'eau erib nari (ecrevisses) enbtamti ("sauterelles de mer" = crevettes ) CAD propose plus d une douzaine de noms differents outre les sauterelles "d'eau ou de mer". scorpion : Ecrit avec le logogramme GIR TAB il est rendu en akk par zuqaqipu une autre forme akk., aqrabu, est d origine ouest-sémitique (hébr. aqrab, aram. eqarba). Abondant dans tout le POA, le scorpion est entré dans la mythologie suméro-akkadienne avec les hommes-scorpions (- animaux fantastiques) qui apparaissent dans lEpopée de Gilgameilh ~. Gardiens de l'entrée des monts Jumeaux (entre lesquels se lève le soleil), ils sont » Si terrifiants et redoutables que leur regard, c'est la mort». Ce qui n'empêche pas un homme-scorpion d'avoir une femme avec qui il s'entretient avant de recevoir amicalement le héros (tabl. IX, col. 2). De tous les arthropodes du POA, il est le plus souvent figuré sur des cylindres, des tablettes, des plaques de terre cuite, des kudurrus, des poteries peintes. Gardien des Enfers, il est aussi représenté avec Ishtar. Outre les hommes-scorpions, les Mésopotamiens avaient imaginé des démons-scorpions et des satyres-scorpions . Comme on peut s'en douter, ses piqôres étaient redoutées, et elles procuraient des omens pour les traités de divination et exigeaient des incantations pour les guérir: » Si un scorpion sous son pied droit [le pique], la troisième année il sera en bonne santé ». Voici ce qu'il faut dire pour soulager de la piqûre du scorpion, voici maintenant ce qu'il faut faire : récite cette incantation sur la piqôre du scorpion au jour où la dangereuse piqûre [du] scorpion il veut atténuer, sept grains de froment pur, de la plante de la montagne l'homme prendra, à sa bouche mettra mâchant ce qu'il a dans la bouche, il descendra dans la rivière, sept fois il plongera, avant qu'il plonge la septième fois, ce qu'il a dans la bouche il crachera. Quoique connus dans ces contrées, les autres arthropodes, puces, pucerons, poux, cousins, papillons, ne sont guère mentionnés. ît les noms dans au moins l'une des langues parlées dans les régions concernées.


Ishkur

Dieu sumérien du Temps (au sens météorologique du terme). Son nom s'écrit avec le logogramme IM, qu'on retrouve dans la graphie de dieux syro-Hittites et désignant sans doute Adad, àqui il fut identifié dès l'époque akkadienne.Dans le panthéon mésopotamien, il est le frère jumeau d'Enki et le fils d'Anu ou, parfois, d'Enlil. Son épouse serait la déesse Shala (d'origine Hourrite ?), laquelle est aussi dite parèdre de Dagan. Il apparaît dès le DA (dans la liste de dieux de Fara) et le grand centre de son culte était Karkara, au sud de Babylone, où plusieurs temples lui étaient consacrés, généralement sous le nom d'Adad, le principal paraissant être l'é.karkara . Son aspect de dieu de l'Orage apparaît dans un ershemma où il est montré "chevauchant une tempête". Lorsqu'Enki distribue les destins, il fait d'Ishkur l'inspecteur de l'Univers . Dans une litanie où revient chaque fois qu'il est nommé avec ses attributs le refrain "grand boeuf rayonnant, ton nom est au ciel", il est dit fils d'An, seigneur de Karkar; jumeau d'Enki, maître de l'abondance, seigneur qui chevauche la tempête, lion du ciel...


Ishtar

Déesse sémitique de la guerre et de l'amour. Identifiée à la Sumérienne Inanna. Cette assimilation semble dater de l'époque des rois d'Akkad, lesquels ont promu l'Ishtar akkadienne, à qui ont été conférés les attributs d'Inanna. Son nom est souvent écrit par le sumérogramme d'Inanna. Plusieurs mythes relatifs à Inanna seront doublés en akkadien du même mythe, avec quelques variantes, et attribués à Ishtar : amours avec Dumuzi, qui prend le nom de Tammuz, descente en enfer, séduction manquée de Gilgamesh... Elle prend un caractère plus singulier dans ses aspects Assyriens, où elle se manifeste comme l'Ishtar d'Arbèlesa et l'Ishtar de Ninive. C'est sous ces deux derniers aspects, essentiellement guerriers, que son culte sera adopté par les Hittites et les Hourrites chez lesquels elle est appelee Ishtar Shaushga. Les archives d'Hattusha nous ont conserve plusieurs rituels plus ou moins complets pour diverses Ishtar anatoliennes ; 1 de Samuha, 1 de Tami ningaI de Ninive. Dans les lexiques d'Ugarit elle est identifiee a tiri . Son temple principal à Ninive était l'é.mas.mas construit (ou reconstruit ?) par Manishtushu. Les fouilles de Mari ont rendu un rituel paléo-babylonien qui lui est consacré, dont on ne sait s'il s'agit d'une traduction d'un texte sumérien consacré à Inanna ou s'il est l'oeuvre des prêtres de Mari. Le début manque, mais il semblerait que le rite représente la suite d'une hiérogamie où le roi se couche sur le lit d'Ishtar . Puis "le matin, plus tôt que d'habitude, on déposera l'offrande à Ishtar. On purifiera à plusieurs reprises le temple d'Ishtar.." Les représentants des divers corps de métier; brasseur; cordonnier, charpentier; barbier viennent déposer leurs offrandes. On apporte ensuite les emblèmes des dieux et des déesses au temple, puis le roi revêt la lutumtum et s'assied sur un siège de batelier derrière les prêtres-kalu (la lutumtum est un manteau porté à la campagne ). Il s'agit d'un rituel des kalu qui se poursuit encore longuement avec alternance de chants, de courses, de lustrations, de libations et d'interventions de personnages inattendus comme un "mangeur" et des "broyeurs" chargés d'agir selon leur fonction, en conséquence qui " mangeront " et qui " broieront ". Ses symboles sont le lion qu'elle chevauche comme Inanna et l'étoile. Ishtar de Ninive est aussi associée a la planète Venus et donc identifiee a Dilbad .


14 images

kalû

Catégorie de prêtres. Ils sont aussi mentionnés sous la forme sumérienne de leur nom, GALA. Ils apparaissent au IIIè mill. dans les textes Akkadiens, où leur tâche principale est de chanter en s'accompagnant du balag. Il semble que, dans les premiers temps, les fonctions du kalû aient été funéraires : il était chargé d'accompagner par ses chants et lamentations l'enterrement des morts, comme cela apparaît dans une inscription d'une statue de Gudéa.htm">Gudéa : "Dans le cimetière de la ville [...] le corps n'était pas enseveli, le gala ne portait pas le balag". Le kalû pouvait aussi être attaché à une divinité d'un temple, sans qu'on puisse avec certitude définir ses fonctions dans ce cas particulier; on sait, néanmoins, que certains jours il devait chanter une lamentation et offrir des sacrifices. Constitués en collèges (kalùtu = collège de kalû, prébende des prêtres-kalû et corpus des textes utilisés par le kalû, ils sont chargés de réciter les incantations destinées à chasser les démons à l'occasion de consécrations de temples ou d'objets votifs, et surtout de réciter les lamentations et les ershemma sur la destruction de temples (et de cités), laquelle peut être due à des ennemis ou volontaire, dans le dessein de substituer à un sanctuaire ruiné par le temps un temple nouveau, afin d'apaiser la colère des dieux. Une tablette contenant un catalogue de tablettes du cycle de la kalûtu parle de «la science d'Ea , la kalûtu, le secret du sage (apkallû), propre à apaiser le coeur des dieux» . Éa est le patron du kalû et, en tant que tel, son nom s'écrit dBALAG. Accompagnés musicalement à l'aide d'instruments spécifiques, les textes propres au cycle de la kalûtu sont rédigés en émésal, le "dialecte des femmes". Avec le balag, l'autre instrument était le lilissu. Il s'agit d'une timbale faite d'une peau tendue sur une caisse de résonance en cuivre ou en bronze. On a conservé tout un rituel concernant la fabrication de l'instrument. La peau doit être celle d'un taureau symbolisant le taureau céleste : "Lorsque [tu te proposeras] de couvrir le lilissu d'airain, un boeuf sans défaut, noir, dont les cornes et les sabots sont intacts, depuis la tête jusqu'à l'extrémité de la queue, un connaisseur idoine l'examinera ". Suit une longue description des signes particuliers qui doivent marquer le pelage de la bête. On introduit ensuite l'animal dans la "maison de la science" (bit mummi = atelier) en un jour favorable ; le sol sera balayé et aspergé d'eau pure. Ensuite, il convient de faire une libation aux dieux du ciel et de la terre et de répandre de la bière de première qualité... Ainsi est prescrite toute une suite d'actes auxquels succède l'obligation de laver la bouche du boeuf ; puis, à l'intérieur de chacune de ses oreilles, il convient de murmurer une incantation avant de purifier l'animal. Sont ensuite décrits en détail la manière de tuer le boeuf, de l'écorcher, de traiter sa peau, de la tendre et de la fixer sur son support. Buis il faut quinze jours attendreavant de sortir le lilissu, de le présenter à Shamash et d'apprêter cinq sacrifices à Ea . Tout cela est accompagné ou suivi de lustrations, de sacrifices, d'incantations... Par ailleurs, il est recommandé de montrer ces rites au novice, mais l'étranger ne doit pas y assister : "Que l'initié à l'initié le montre! Que le profane ne les voie pas! C'est parmi les choses interdites d'Anu, Enlil, Ea , les grands dieux. " On passe ensuite à la fabrication des baguettes avec autant de minutie dans le détail du rite. Les kalû possédaient aussi leur propre cosmogonie adaptée à leur fonction. Elle est incluse dans un rituel indiquant les actes et les rites précédant la construction d'un temple accompagnés de lamentation, avant que soit récité, devant la brique de fondation, le poème de la création intitulé par son incipit: "Enuma Anu ibnu same" = "Lorsque Anu créa le ciel"; on voit que le dieu Ea puisa dans l'Apsû un morceau d'argile pour créer Kulla, le dieu-brique, afin de restaurer les temples . Le novice était l'apprenti kalû (halla­tussû : séries lexicales Lù = sa IV, II,171), car l'initiation à ce sacerdoce requérait de longues études : apprentissage de scribe pour la domination de l'écriture, maîtrise des instruments de musique et de la voix pour le chant, étude de la langue émésal, connaissance précise des divers chants, des incantations et des rites, de la théologie... Le collège des kalû était hiérarchisé avec, à sa tête un chef des chanteurs et des prêtres (kalamabu, galmahu) et, à la base, les chanteurs de second rang (galaussû). A partir d'une certaine époque (?) il fallait être eunuque pour entrer dans le college des kalû.


Kanesh

Ville de l'Anatolie orientale, à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Kaysari (la romaine Césarée). C'est dans le site moderne de Kültepe (la colline des cendres) qu'ont été retrouvés les restes de la ville préhittite de Kanesh, laquelle est certainement la même que la Nésha qu'on rencontre dans certains textes. Le site est constitué par deux "quartiers" distincts sur une hauteur s'élevait la cité indigène, dans la plaine le quartier commerçant appelé karum dans les textes Assyriens. LA VILLE HAUTE. Elle dominait la plaine de Kaysari d'une vingtaine de mètres. Le tépé oblong a un diamètre dans sa plus grande longueur de 550 m environ. Occupé pour le moins dès la première moitié du III milI., il présente dix-huit niveaux d'habitat dont les premiers (1-2) correspondent à l'époque romaine. On a pu, hypothétiquement, rattacher certains niveaux à des événements historiques connus par ailleurs. Le 12 serait celui de l'époque de Zipam, qui se révolta contre la domination akkadienne sous Naram-Sîn. Aux environs de l'an - 2000 règnent sur Kanesh des souverains qui portent des noms indo­européens : Féruwa, Wartama, Warpa, enfin Anitta, qui serait à l'origine de la dynastie hittite. Aux niveaux 8-7 correspondent les périodes d'expansion du karum tandis que sur la cité règnent quatre rois et une reine. Les niveaux 6 et 4 sont contemporains du royaume hittite. Le niveau B est celui de l'époque dite néohittite (X ème - VIII ème s.) pendant laquelle Kanesh reste indépendante. À la fin de cette période, la ville est prise et détruite par les Assyriens. À Kanesh/Nésha est rattaché un mythe, sans doute d'origine hatti, traduit en hittite, et traduit en anglais par Harry Hoffner Jr. sous le titre : "Un conte de Deux Cités: Kanesh et Zalpa". La reine de Kanesh ayant enfanté d'un seul coup trente garçons, elle ne voulut pas rendre public un tel phénomène. Elle plaça les nouveau-nés dans un grand panier qu'elle abandonna sur un fleuve. L'embarcation, malgré sa fragilité, parvint à la mer, d'où elle fut emportée jusqu'aux rivages de la terre de Zalpuwa, où les dieux élevèrent les nourrissons. Quelque temps après, la reine réitère son exploit, mais cette fois elle enfante trente filles qu'elle décide de garder. Plusieurs années plus tard, les garçons retournent à Kanesh, où ils apprennent que la reine a donné le jour à trente filles, ce qui leur fait supposer qu'elle est leur propre mère. Ils vont la voir, mais elle ne les reconnaît pas et veut leur donner ses filles en mariage. "L'aîné des fils ne reconnaît pas ses soeurs. Mais le plus jeune [objecte]: "Prendrons-nous nos propres soeurs en mariage ? Ne faisons pas une telle action impie. [Ce n'est certainement pas] bien de coucher avec elles." a La suite du texte manque, de sorte qu'on ignore le dénouement de l'histoire et le propos de son auteur quand il l'écrivit. On a supposé que cette histoire d'inceste (accompli ?) viendrait en justification de la destruction de la ville de Zalpa (sur la mer Noire) par les Hittites, ce qui semble douteux, surtout si l'original est un vieux texte hatti. LE KARUM. Cinq niveaux ont été déterminés dans cette partie basse à 2m- 2,50 m au-dessus de la plaine et s'étendant sur un front de 3 km. Ni le niveau IV, établi sur le sol vierge, correspondant au (niveau 10 de Kanesh), ni le III (niveau 9 de Kanesh) n'ont rendu de documents. Le niveau Il représente la plus grande extension de la colonie de marchands Assyriens, établie dans le karum (niveau B de Kanesh). Les marchands Assyriens se sont installés en plusieurs comptoirs de la Cappadoce sous l'impulsion du roi d'Assur Érishu ( - 1940 - 1901), mais c'est celui de Kanesh qui a rendu le plus grand nombre de documents (plusieurs milliers) et qui semble avoir été le centre dont dépendaient les autres karums. Il fut détruit par un violent incendie sous le règne de Puzur-Assur Il. La ville haute fut aussi détruite, on ne sait par qui. Le karum reste inoccupé pendant trois ou quatre décennies avant d'être de nouveau reconstruit et de redevenir un important centre commercial. Mais les Assyriens n'y sont plus majoritaires et l'on y trouve de nombreux établissements indigènes. Comme le karum Il, le nouvel établissement fut protégé par un rempart puissant. C'est sans doute à la période d'anarchie qui suit la mort du roi d'Assyrie Ishme-Dagan ( - 1776 - 1742) que le karum 1b dut son abandon par les marchands Assyriens. Le karum 1a tombe en déclin rapidement et les archives ne tardent pas à disparaître. L'ancien centre commercial qui a bourdonné d'activité pendant près de deux siècles (avec quelques périodes d'interruption), retombe dans le silence bien que la vie continue dans la cité de Kanesh. Le mobilier recueilli dans les fouilles est aussi abondant que varié, mais parmi ce matériel le plus important consiste dans de très nombreux sceaux et surtout en tablettes cunéiformes et en archives de marchands : lettres contrats (de société de prêt, de commission mais aussi de mariage et de divorce), ordres de paiement, d'achat, de vente, quittances, pièces comptables, retraits de dépôts, saisies pour dettes, listes de marchandises en stock... Les marchandises étaient essentiellement, pour les Assyriens, des tissus (de laine et de lin), des vêtements, du plomb (?) et de l'étain qu'il allaient chercher vers le nord ou l'est (?) de l'Assyrie. Les échanges se faisaient contre de l'or et de l'argent.


5 images

Karûm

Mot akkadien aux sens multiples. Il désigne : - un quai d'embarquement (ou un mur) le long d'un fleuve ou d'un canal; - un port; - le quartier d'une ville destiné aux échanges commerciaux des trafiquants et des marins ; - une communauté de marchands. Le bit kàri était le bâtiment où était logée l'administration du karum ou les douanes dans un port. (voir : Kanesh).


1 images

Kassites

Peuple d'origine incertaine (sans doute venu du Zagros vers la région de l'actuel Luristan) qui s'impose en basse Mésopotamie. Le nom de kassite (Kassu) apparaît àl'époque de Samsuiluna, sous la dynastie amorrite de Babylone : "An (9): armée kassite" . Ce peuple, où le système tribal était si profondément ancré qu'il subsista même lorsqu'il domina le sud de la Mésopotamie, est d'abord localisé dans la région de Sippar. Les Kassites vont ensuite pénétrer dans une grande partie du POA puisqu'on en rencontre avant la fin de la dynastie amorrite de Babylone jusqu'à Alalah et à la région du Khabur; à l'ouest de l'Assyrie. Leur pénétration s'est sans doute faite d'une manière lente et pacifique, par petits groupes, certains d'entre eux entrant au service des rois de Babylone comme mercenaires. Cependant, à Khana, sur le moyen Euphrate, un Kassite, Kashtiliash, réussit à prendre le pouvoir. Au début du XVIè s., ils étaient devenus suffisamment puissants pour, profitant de la chute de la dynastie Amorrite et du sac de Babylone par le roi hittite Mursili Ier, (v. - 1595), se rendre maîtres de la Babylonie. Si l'on en croit la liste A des rois de Babylone, ils dominaient depuis déjà quelque temps une grande partie de la région puisque leur dynastie aurait compté 36 rois qui auraient régné 576 ans. Le premier de ces rois serait Gandash, mais, en fait, ce n'est qu'avec Argum Il, le dixième de la lignée, qu'ils deviennent maîtres de Babylone; Burnaburiash Ier (vers - 1510) est le premier souverain sur qui l'on possède quelques éléments sûrs, et ce n'est qu'un siècle plus tard, avec Caraindash et ses successeurs (Kurigalzu Ier, Kadashman-Enlil Ier et surtout Burnaburiash Il, qui a régné entre - 1359 et - 1333), qu'on dispose de sources contemporaines, grâce, à leur correspondance avec les rois d'Egypte. A partir du règne de Kurigalzu Ier, aux alentours de - 1400, les rois Kassites abandonnent Babylone pour installer leur capitale à Dur­Kurigalzu. Le royaume de Babylonie, devenu le Karduniash, est alors l'un des plus puissants du Proche-Orient avec l'Assyrie, le Mitanni, les Hittites et l'Égypte. La domination de la dynastie kassite s'achève au milieu du XIIè s. avec le règne d'Enlil-nâdin-ahi. Elle laisse la place à un prince d'Isin, Marduk-kabit-ahêshu, qui fonde ce que les historiens modernes ont appelé la IIe dynastie d'Isin, vers - 1150. Les Kassites ne disparaissent pas pour autant : les familles installées dans le pays continuent de prospérer et occupent souvent de hautes fonctions, leurs membres devenant toutefois de plus en plus difficilement repérables dans la mesure où ils adoptent des noms babyloniens. Déjà, sous les derniers souverains Kassites, les hauts personnages traduisaient leurs noms en sumérien comme pour se conférer une ancienne noblesse. La langue des Kassites est très mal documentée. Les nombreux textes de l'époque kassite sont en babylonien moyen. On ne dispose d'aucun texte complet en kassite. Les plus importants sont un vocabulaire donnant 32 noms communs et 16 noms de divinités avec leur équivalent en akkadien et une tablette provenant de la bibliothèque d'Assurbanipal, comportant une liste de noms royaux et de personnages privés avec leur traduction en akkadien. Des tablettes de l'époque de la domination kassite rédigées en akkadien incluent des mots Kassites, en particulier concernant les chevaux et leur élevage (ces listes nous ont conservé des noms propres de chevaux). Ce qui n'a rien de surprenant quand on sait que c'est sans doute les Kassites qui ont banalisé le cheval en Babylonie, après l'avoir amené avec eux du plateau iranien, et qu'ils ont développé, en même temps que les Hittites, une charrerie comme principale arme stratégique. Le peu que nous connaissons de leur langue ne permet pas un classement, quoiqu'on ait tenté de la rattacher au groupe de langues agglutinantes du Caucase. Cependant, dans les vocabulaires, les philologues ont été frappés par la forme de certains dieux : Buriash, Suriash, Maruttas, qu'on a rapprochés des divinités indo-européennes, Boréas (dieu du Vent du nord chez les Grecs), Sûrya (le Soleil) et les Maruts, de l'Inde védique. L'explication de la présence de ces divinités indo-aryennes serait que, comme ce fut le cas des Hourrites.htm">Hurrites.htm">Hurrites, qui ont été " encadrés " par une noblesse indo-aryenne (Mitanni), les Kassites auraient été, eux aussi, et à la même époque, conduits par une noblesse de même origine. Ce qui expliquerait ce qu'on a pu appeler le féodalisme des institutions Kassites. Les autres divinites purement Kassites sont Sakh identifie a Shamash, Dur et shugab, Buriash, dieu du Temps et de l'orage; des dieux de la Peste assimilés a Nergal; Kharbe et Kamulla = Enlil et Ea ; enfin, shuqamuna et shumali(j)a couple divin protecteur de la royauté. Ces derniers avaient leur temple a Babylone, dans lequel les derniers rois Kassites furent couronnés. Le "monument" kassite le plus caractéristique est le kudurru. Il caractérise le mieux ce qui leur appartient en propre dans leur apport artistique en Mésopotamie.


Khafajeh

Site de la vallée de la Diyala, à l'est de Bagdad, identifié à l'antique Tuttub. Le site couvre 216 ha avec quatre tells principaux. Le tell A, qui a été le plus largement exploré, a rendu plusieurs monuments du DA, dont le plus vaste et le plus célèbre est le temple dit ovale, daté du DA Il. Il consiste en une grande enceinte de forme oblongue (elle-même ceinte d'une muraille de même forme) à l'intérieur de laquelle sont adossés des bâtiments ouverts sur un vaste parvis. Au fond de cette cour, le temple proprement dit s'élevait sur une plate-forme à laquelle on accédait par un escalier monumental . Plus petit mais d'une grande importance était le temple attribué sans doute à tort à Sîn. Un sondage stratigraphique jusqu'au sol vierge a permis de voir que 10 monuments se sont superposés dont le plus ancien remonte à la période d'Uruk et le plus récent au DA III . L'occupation du site s'est poursuivie à l'époque d'Akkad comme le prouve la présence de bâtiments de cette époque. Sur le tell D voisin, de plus petite taille, a été bâtie une citadelle dominée par un temple de 45 x 75 m consacré au dieu Sîn de Larsa ces constructions datent de la période d'Isin-Larsa et du babylonien ancien. Des tablettes trouvées dans le temple ont permis son identification et d'y lire le nom antique de la ville, Tuttub . Au sud-ouest, le tell B, qui semble avoir été le plus récemment occupé, et où ont été mis au jour une partie de remparts et un ensemble de bâtiments, a été identifié avec la cité paléo­babylonienne de Dur-Samsuiluna (fort de Samsuiluna, construit vers - 1725). Comme le site voisin d'Ishchali, Khafajeh a rendu un important mobilier; dont des séries de plaques de terre cuite avec des reliefs représentant des scènes variées.


3 images

Kish

L'une des plus antiques villes de Sumer. Quelques-unes des plus anciennes inscriptions parvenues jusqu'à nous concernent Kish. Dans la LRS, après le Déluge, c'est à Kish que la royauté descendit une nouvelle fois du ciel. Vingt-trois rois se succèdent, régnant chacun plusieurs siècles (la LRS donne un total de 24 510 ans, 3 mois et 3 jours et demi (!), parmi lesquels est cité Étana le berger, "celui qui monta au ciel". Les deux derniers rois de cette dynastie furent En-me-barrage-si et son fils Agga. On a là le sentiment d'entrer dans l'histoire. Un fragment de vase en albâtre porte le nom de Mebaragesi, roi de Kish, qui semble bien être le même que l'Enmebaragesi de la liste royale, et Akka est devenu le héros d'une épopée. Avec lui se termine cette Ière dynastie de Kish. Uruk et ensuite Ur, enfin Awan, avant que Kish reprenne le sceptre avec sa IIe dynastie, vont à leur tour dominer Sumer, ce qui ne signifie pas une unification sous leurs rois, mais une prééminence parmi des villes qui demeurent cependant indépendantes, peut-être tributaires. Huit rois de Kish constituant la IIe dynastie règnent pendant 360 ans, avant d'être une fois encore renversés par les armes. Les inscriptions nous livrent cependant des noms de rois non mentionnés dans la LRS, qu'on situe entre - 2600 et - 2430; il s'agit d'abord d'Uhub, dont l'inscription nous apprend qu'il était fils de Pu-zuzu et qu'il vainquit Hamazi. Or Hamazi, cité dans la LRS, y est vainqueur de Kish et renversé par le roi d'Uruk En-shakush-Anna(k)... Plus important est Me-salim (vers - 2550 ?), qui a laissé plusieurs inscriptions à propos de la construction du temple de Ningirsu et du rite du burgu, qu'il a accompli. Il se dit "fils bien-aimé" de la déesse Ninhursag. Le dernier est Lugal-tar-si, connu pour avoir bâti l'enceinte du parvis du temple (?) d'Inanna. On connaît son épouse, Bara-su, et, dans une autre inscription il est dit prince d'Uruk. Il semblerait que, en réalité, comme plusieurs princes après lui, il se soit paré du titre de "roi de Kish" qui devint un titre prestigieux, impliquant une domination de Sumer et d'Akkad: ce fut en particulier le cas de Sargon, Rimush et Manishtushu. La IIIème dynastie de Kish, qu'on peut situer entre - 2450 et - 2350, aurait été fondée par Kubaba, une "femme-vin" (û-kurun-na), c'est-à-dire une cabaretière ( = taverne); il est dit à son propos que c'est "celle qui consolida les fondations de Kish " et qu'elle régna 100 ans... Si l'on en croit toujours la LRS, elle aurait été renversée par un seigneur d'Akashak, mais Puzur-Sîn, fils de Kubaba, rendit le pouvoir à Kish et le transmit à son fils Ur-zababa. Cette dernière dynastie de Kish fut finalement renversée par Lugalzagézi : on retombe alors en terrain ferme, à la veille de la prise du pouvoir par Sargon. Si prestigieux était devenu le nom de Kish que les rois suivants se parèrent du titre de roi de Kish, et l'on a pu parler d'un concept de "civilisation de Kish". Il convient de souligner que la cité, située au nord de Sumer, où Sargon vit monter son étoile et régna avant de fonder Akkad, n'était pas une ville purement sumérienne. À la frange de la partie nord de la Mésopotamie où l'on pénétrait dans le monde sémitique, Kish présentait déjà une civilisation originale où se confondaient les influences sumériennes et sémitiques, où était préfiguré le monde syncrétiste akkadien. Le site ou les sites (?) de Kish ont été retrouvés dans un ensemble de tells formant un tout gigantesque, dont les principaux sont : EI-Oheimir (ou El-Akhymer), El-Khazneh El-Bender et Ingharra. Les fouilles, restées très restreintes, il est vrai, sont décevantes dans la mesure où les découvertes ne paraissent pas à la hauteur de ce que fut une ville si prestigieuse. Des traces d'occupation au néolithique et durant l'Obeïdien ont été relevées, mais le plus ancien établissement bien attesté ne remonterait qu'à la fin du IVè mill. Les deux plus anciens bâtiments sont le palais A et le bâtiment appelé selon les briques utilisées pour sa construction "bâtiment plano-convexe" ou "palais B". Au nord de la ziggurat (dont l'un des noms était é.an.ûr.ki.tus.mah = Maison de l'horizon, demeure de l'exalté) et du temple qui lui était attaché (tell d'El­Oheimir) a été dégagé un grand bâtiment d'époque akkadienne dont la destination demeure incertaine. Les autres monuments de quelque importance sont d'époque néo-assyrienne et néo-babylonienne. Un important lot de tablettes a été recueilli dans le bâtiment appelé pour cette raison par le fouilleur " Bibliothèque du babylonien ancien". Les temples les plus importants de Kish (dont plusieurs consacrés à Zabada) étaient l'é.dub.ba (Maison de l'emmagasinage), dans lequel la déesse avait en outre des chapelles, l'é.hur.sag.kalam.ma (Maison de la montagne du pays), un temple d'Ishtar, et le temple de l'Akitu.


3 images

Kutha

Kutû (fôrme akkado-sumérienne : Gudua) est une ville d'Akkad non identifiée (on a proposé Tell Ibrahim, dans le nord de la Babylonie) mais connue par de nombreuses mentions. On y adorait en partictalier deux divinités infernales, Nergal, qui y avait une chapelle (é.dug4.ga) et pîtasietars temples dont l'é.mes.lam ("Maison du guerrier de l'autre monde"), reconstruit par shulgi et restauré par Assurbanipal et Nabuchodonosor Il, et Ereshkigal, dont le temple, ès.urugal (Urugal est un autre nom pour désigner les Enfers sur lesquels règne la déesse), fut reconstruit par Nabuchodonozor Il. C'est sans doute parce qu'y étaient adorées ces divinités que le nom de Kutha est deventa l'un des surnoms de l'enfer : " Entre ma dame, que Kutha se réjouisse de ta vue", dit le portier des Enfers lorsque Ishtar s'apprête à franchir la première porte du monde souterrain dans le poème de sa Descente aux Enfers. Légende du roi de Kutha : est le titre d'un texte littéraire où le scribe fait parler Naram-Sîn pour montrer que la désobéissance aux décrets des dieux est une grave impiété qui peut conduire à une catastrophe : "Mais ainsi, me dis-je à moi-meme "Quel lion a [jamais] consulté les oracles, quel loup a [jamais] interrogé une devineresse? Je veux aller, comme un pillard, au gré de mon désir et, faisant fi du dieu (?), m'en remettre à moi-même!" . Le fond du sujet est la guerre que le roi soutint contre les envahisseurs barbares et en particulier les Gutis, ce qui est l'occasion de beaux vers épiques et sanglants. Naram-Sîn est finalement sauvé par l'intervention des dieux en sa faveur. Le titre qui a été donné à ce texte par les modernes vient du fait que le narrateur prétendu, Naram-Sîn, après avoir donné cette leçon de piété, exhorte tout souverain ou gouverneur à consulter la stèle sur laquelle est rédigé le texte et qui aurait été déposée dans la chapelle de Nergal, dans l'é.mes.lan de Kutha. Le texte est connu par une version néoassyrienne de la bibliothèque d'Assurbanipal reconstituée à partir de quatre fragments, un fragment d'époque paléobabylonienne, des tablettes akkadiennes de Sultantépé.


La Mecque

Principal établissement arabe sur la route de l'encens, entre le Yémen et la Nabatène. Il est impossible d'évaluer l'ancienneté de la fondation d'une première bourgade autour du puits de Zamzam. Vraisemblablement, pendant des millénaires, les Bédouins de cette région centrale du Hedjaz ont dû camper autour de ce puits et bientôt y adorer un bétyle, la Pierre noire de la Kaaba. Néanmoins, Si l'on en croit la Sirat Rasùl Allàh (Vie de Mahomet rédigée par Ishaq), le puits de Zamzam aurait été creusé tardivement à la suite d'une vision d'Abdu'l-Muattalib, alors que de nombreux puits avaient déjà été creusés. L'étymologie du nom de la ville reste problématique. La racine arabe "mkk" peut aussi bien signifier l'extraction de l'eau dans un puits, du lait d'une mamelle d'animal, de la moelle d'un os, que l'affluence d'une foule dans un petit espace. On a aussi proposé d'y retrouver le nom de l'alouette (al-mukkâ), parce que les pèlerins, parvenus à la fin des rites de pèlerinage, auraient imité le grisollement de cet oiseau. La mention d'un "Bît-makki", parmi de nombreux noms de pays ou de cités soumis par le roi d'Assyrie Tukulti­Ninurta vers - 1230 , ne concerne certainement pas notre cité, pas plus que la mention d'une Maka parmi les territoires dominés par Xerxès.htm">Xerxès Ier dans une tablette akkadienne de fondation de Persépolis : il s'agit certainement là de l'ancien Magan. La première mention que nous possédions de la ville revient à Claude Ptolémée dans sa Géographie, au IIè s. de notre ère. La ville apparaît sous le nom de Makoraba, qu'on a décomposé en Mako­Rab(b)a, Makko la Grande (forme araméenne). Une tradition attribue à Qusaiy la fondation de La Mecque vers le milieu du Vème s. de notre ère. Il s'agit, en réalité, de l'établissement, dans la cité qui existait depuis déjà un certain temps, de la tribu des Quraychites, qui va organiser le commerce à son profit et conférer à la ville sa gloire et surtout sa nouvelle opulence. Si Mahomet, simple chamelier appartenant à l'un des clans des Quraychites, grâce au triomphe de l'islam, en fait la ville sainte de la nouvelle religion, les centres du nouvel empire établis d'abord à Damas et ensuite à Bagdad, ainsi que le déclin du commerce de l'encens, vont réduire la ville à un rang secondaire.


Lagash

Ville de Sumer, retrouvée dans le site de Tell al-Hiba. On a cru longtemps que Lagash se trouvait dans le site de Tellô. Or il a été démontré que le riche site de Tellô était celui de la ville de Girsu, cité sainte du royaume de Lagash et sans doute sa capitale au DA III. Ce que nous connaissons ainsi de l'histoire de Lagash vient du matériel exhumé à Girsu. Le plus ancien ensi de Lagash attesté par une inscription est Enhégal (vers - 2570). Le deuxième, peut-être le successeur du précédent, Lugal-saengur (vers - 2550), est connu par une inscription du roi de Kish Mesalim, qui le cite comme ensi de Lagash. On se trouve sur un terrain plus stable avec Ur-nanshé (vers - 2494 - 2465), fils de Gunidu, considéré comme le fondateur de la dynastie de Lagash. Mais il convient de souligner que cette dynastie n'est pas mentionnée dans la LRS, ce qui laisse supposer que Lagash, malgré son importance et le fait qu'elle a été indépendante, n'a jamais occupé une situation prépondérante sur les cités de Sumer. On peut découvrir, à travers ses inscriptions, qu'Ur-nanshé a été un grand bâtisseur : temples de Nanshé, de Gadum-du(g) (une déesse-mère de Lagash syncrétisée par la suite avec Bau) et de Nin-Girsu, A-edin, fort à la bordure du désert (?), le Nin-gar, l'E-gidri, le rempart de Lagash, le Ki-nir, le Bagara, l'Es-dam, l'Apsu-gal (le grand Abzu, un sanctuaire). Sous son règne, le commerce fleurit, en particulier avec Dilmun. Cependant, il entra en conflit avec Ur et surtout Umma. La guerre avec cette dernière cité va atteindre un paroxysme avec son petit-fils, lui-même fils d'Akurgal (vers - 2464 - 2455), Eannatum qui inflige une défaite à Umma. Son frère, Enanatuma Ier (vers - 2424 - 2404), poursuit une oeuvre de constructeur, puis le conflit avec Umma reprend avec son fils Entéména . Se succèdent ensuite Enannatum Il (vers - 2374 - 2365), Énentarzi ( - 2364 - 2359) et Lugalanda ( - 2358 - 2352), qui ont perpétué la tradition de construction de leurs ancêtres. Cette dynastie se termine avec Urukagina (nom lu aussi Uruinimgina : vers - 2351 - 2342), sous le règne de qui le petit royaume prospère. Mais il est mis fin à la dynastie par Lugalzagési d'Umma. Un texte sur tablette d'argile est une sorte de lamentation sur Lagash rappelant cette fin: «L'homme d'Umma a bouté le feu au talus-frontière. Il a bouté le feu à l'Anta-sura [et] en a pillé l'argent et le lapis-lazuli. Il a tué dans le palais du Tiras, il a tué dans l'Apsu-banda, il a tué dans la chapelle d'Enlil et la chapelle d'Utu. Le texte se prolonge par la mention de tous les incendies, meurtres et pillages dont Lugalzagési est responsable pour se terminer par une malédiction au nom des dieux de Lagash . Il semble que, pendant la période de domination d'Akkad, Lagash ait continué de survivre sous des princes dont nous possédons une liste sans grand contenu. Cette petite principauté va retrouver un certain lustre sous Gudéa, vers la fin de l'époque de la domination des Guti. La ville se survit dans l'élan de cette impulsion pendant la période d'Ur III sans connaître de grandeur politique, malgré une certaine activité économique. Son déclin s'accentue pendant la période paléo­babylonienne, et elle s'éteint à l'histoire au début du Ier millénaire, bien que Girsu ait connu une pâle renaissance à l'époque parthe.


15 images

Lamashtu

Démon femelle du monde mésopotamien dont le nom était jadis lu Labartu. Elle est souvent représentée sur des plaques de bronze et de pierre qui servaient sans doute de protection magique contre ses interventions. L'un de ces reliefs de la collection de Clercq représente la démone dans le monde infernal, guettant un personnage malade, couché sur un lit, entouré de deux apkallu et de génies à tête de lion. Elle y est figurée selon les descriptions classiques avec un mufle léonin, des dents d'âne, un corps velu : "Sa tête est une tête de lion, son aspect est l'aspect d'un âne, de sa bouche sort un vent [...] elle descend des sommets des montagnes, elle rugit comme un lion, elle hurle comme un chien démoniaque" . À cela, il faut ajouter qu'elle a la poitrine nue, des pieds "semblables à ceux d'Anzû" , des ongles pareils à des griffes. Dans chaque main, elle tient un serpent. Elle est dite fille d'Anu et, malgré son aspect négatif, elle était comptée parmi les divinités. Elle se glissait dans les maisons comme un serpent, visant plus particulièrement les enfants dont elle causait la mort, jusque dans le ventre de leur mère. Elle pouvait, dans cette fonction de ravisseuse d'enfants, être associée sinon identifiée, à Lilitu, ainsi qu'il apparaît dans une incantation d'Ugarit en akkadien : "Lamashtu, fille d'Anu, élue des dieux, Lilith, [cet] enfant est en bonne voie " . On cherchait à l'apaiser par des amulettes figurant Pazuzu et par des incantations destinées à se la rendre favorable : " Au lieu, fille d'Anu, de te montrer hostile et de maltraiter les hommes, au lieu d'avoir les mains dans la chair et le sang, au lieu d'entrer dans la maison, de sortir de la maison, reçois du marchand son manteau et ses provisions de route, reçois du fondeur les anneaux, ornements de tes mains et de tes pieds... Je te conjure par Anu ton père, par Antu ta mère, je te conjure par Ea le créateur de ton nom .


2 images

Lamassu

Forme akkadienne du sumérien Lama. Il s'agit d'une divinité féminine protectrice chargée d'intercéder auprès de Shamash lorsqu'il juge les humains. Elle est représentée coiffée d'une tiare à cornes les avant-bras levés en prière.


Larsa

Ville de la Babylonie, retrouvée dans le tell de Senkéré. Le tell, qui mesure 2 000 x 1 800 m sur une hauteur moyenne de 7 m, n'a été que très partiellement fouillé. Des sondages permettent de supposer que le site a été occupé à une haute époque (El-Obeïd ?), et les traces d'une construction remontant au DA ont été relevées sans que les fouilles aient été suffisamment poussées pour qu'on puisse savoir quelle était sa nature. Le plus ancien monument qui y ait été mis au jour est un grand palais construit par Nur-Adad ( - 1865 - 1850) et qui n'a jamais été occupé. Les textes concernant les premiers siècles du IIè mill. sont abondants et la chronologie des souverains de Larsa remonte jusqu'à Naplânum ( - 2025 - 2005), mais la cité n'entre vraiment dans l'histoire qu'avec ses successeurs, Emisum ( - 2004 - 1977), Samium ( - 1976 - 1942) et Zabaya ( - 1941 -1933). La ville, restée indépendante avec la disparition de l'empire d'Ur III, est alors devenue la principale rivale d'Isin qui domine la région. Gungunum (-1932 -1906) met un terme à cette domination en infligeant une défaite à Isin, alors gouvernée par Lipit-Ishtar. Gungunum conduit aussi plusieurs campagnes dans la vallée de la Diyala et l'Elam, et, vers -1925, il prend Ur et se pare du vieux titre de "roi de Sumer et d'Akkad". Il est alors maître des routes du sud, de sorte que le commerce du golfe Persique, vers Dilmun et Magan, aboutit à Larsa et non plus à Isin. Cependant, une tendance qui s'était déjà marquée sous l'hégémonie d'Isin prend une nouvelle extension grâce, peut-être à ce commerce : les entreprises privées se développent au détriment du temple et du palais. Les capitaux privés affluent et confèrent une nouvelle impulsion au commerce lointain. Gungunum a aussi favorisé le développement de l'agriculture en multipliant le système des canaux d'irrigation. Ses deux successeurs, Abisarê (-1905 -1895) et Sumuel (-1894 -1866), poursuivent dans cette voie. En vain Bûr-Sîn tente-t-il de rendre son lustre à Isin en reprenant Ur à Larsa, mais il l'évacue dans les trois mois qui suivent. Quatre rois se succèdent après Nur-Adad en une quinzaine d'années, sans laisser d'inoubliables souvenirs. Le fils d'un prince d'Iamûtbal, qui appartenait sans doute à un clan amorrite, Warad-Sîn, monte sur le trône en 1834. Après un règne de douze ans, son frère Rîm-Sîn lui succède, en - 1822. Le nouveau roi doit bientôt faire face à une coalition unissant Isin, Uruk, Babylone et Rapiqum, qu'il brise, puis il passe à l'offensive, prend Uruk et Isin. Il ne semble pas oser s'attaquer à Babylone, qui dominait une vaste région et représentait un adversaire de poids. Ce fut sans doute un tort. Hammurabi, qui succède à Sîn-muballit en -1792, mettra fin à l'indépendance de Larsa en -1763. Rîm-Sîn achevait un règne de près de 60 ans. Le palais de Nur-Adad présente cette particularité de n'avoir été jamais occupé. A peine terminé, et peut-être même avant qu'il le fût, il a été abandonné. On ignore les raisons de l'abandon d'un bâtiment de plus de 100 m de long dont la construction a requis des moyens financiers et humains considérables. Les difficultés de la fin du règne de Nur-Adad, voire sa mort, n'expliquent pas que même ses successeurs ne l'aient pas habité. Il faut alors retenir la raison évoquée par Jean Margueron, un abandon pour une raison religieuse ("malédiction, profanation"...). L'autre monument de Larsa est son temple consacré à Shamash, l'E-babbar. Il dominait le centre de la ville et, dans le tell, ses ruines s'élevaient encore à 22 m. Ce fut l'un des temples les plus prestigieux de la Babylonie. Il est mentionné dès le milieu du IIIème milIénaire par Eannatum de Lagash et a été reconstruit par Ur-Nammu vers - 2100. Il survécut à toutes les mésaventures de la cité, toujours reconstruit, jusqu'au règne de Nabonide. Il était dominé par sa ziggu-rat, l'é.dur.an.na (maison, lien du ciel). La grande prêtresse (entu) du Soleil y avait aussi son temple (?), appelé gi6.pàr.kù. Bien qu'ils restent à découvrir, Gungunum y avait construit (ou reconstruit?) un temple d'Ishtar et un autre consacré à Gula, la déesse d'Isin. De son côté, Rîm-Sîn avait édifié un temple pour Adad.


7 images

Lipit-lshtar

Cinquième roi ( - 1934 - 1924) de la dynastie d'Isin. On a conservé sous son nom un code de loi qu'il aurait fait inscrire sur une stèle. L'année où il fit dresser la stèle fut appelée celle " où Lipit-Ishtar instaura la justice dans le pays de Sumer et d'Akkad". On connaît de ce code une douzaine de manuscrits provenant de Nippur, Kish et Sippar. Ce roi a été déifié, grâce à quoi il nous est parvenu deux hymnes à sa gloire dont l'un débute ainsi : "O Lipit-Ishtar tête éminente, prince du sanctuaire, joyau, tige de royauté comme le soleil marchant..."


Lugal-e

Poème épique de plus de 730 vers, appelé aussi "Ninurta et les Pierres". Son titre lui vient des premiers mots de son premier vers (incipit) : Lugal.e u4.me.làm.bi nir.gàl (" Roi ! Lumière resplendissante et souveraine"). Le texte original remonterait à l'époque de Gudéa, au XXII è s. Il a été de nombreuses fois recopié, en sumérien et, ensuite en traductions akkadiennes, jusqu'à l'époque grecque. Le poème, à la gloire de Ninurta le dieu guerrier, qui établit sa souveraineté à la suite du combat qu'il a mené contre les rebelles de la montagne (en l'occurrence le Zagros, où vivaient de rudes montagnards qui déferlaient épisodiquement sur la Mésopotamie) soulevés et entraînés par le démon Asag (ou Asakku on akk.). Au début du poème, Ninurta vit en paix dans l'Ékur, le temple de son père, Enlîl, à Nippur. Sarur (Sàr.ùr = Fauche-milliers), le « ministre mais aussi l'arme personnifiée du dieu, vient l'aviser que la révolte gronde dans la montagne. Il faut avant tout abattre le chef des révoltés, Asag, bien que ce soit un très dangereux ennemi. Asag est finalement vaincu et tué, après forces vociférations et rodomontades, et aussi quelques accrochages titanesques. Ninurta commence ensuite à transformer le corps d'Asag en pierre-zalaqu pierre dont on ignore la nature, mais qui devait servir pour des constructions, car c'est une véritable carrière en laquelle il est métamorphosé. Le texte nous donne ensuite quelques origines de noms à la manière des anciens; ainsi, la déesse Ninmah vient au devant du dieu et il lui déclare que l'amoncellement de guerriers abattus prendra pour nom «les monts» (Hur.sag) et qu'elle en sera la dame (nin, d'où son autre nom do Ninhursag). Intervient Aruru, la "soeur chérie d'Enlil", qui exhorte le dieu à fixer les destins des vaincus. Ninurta commence alors à apostropher chaque pierre, qui porte son nom propre (Pierre- U, Pierre-Sagkal, Pierre-Saggar, etc., parmi lesquelles certaines ont pu être identifiées : basalte, diorite, hématite, albâtre, ambre jaune, agate, silex, etc.), ce qui constitue, comme l'écrit Jean Bottéro, "un lapidaire fantastique", qui occupe plus de 200 vers. L'épopée se termine par le triomphe du dieu, qu'accueillent les Anunna(ki) et que bénit son père, Enlil. Le dernier vers du poème nous apprend qu'il s'agit là "d'un chant sir.sud on l'honneur de Ninurta". On ignore la signification de ce type de chant sir.sud.


Lugalbanda

Roi mythique d'Uruk, père de Gilgamesh, dont le nom signifie "roi fougueux". Dans la LRS, il succède à Enmerkar. Il est donné comme " un berger" qui aurait régné 1 200 ans. Dans les inscriptions suméro­akkadiennes, il est présenté comme une divinité : shulgi l'associe à Nin-suna et le déclare son seigneur. Nîshi-inishu, la fille de Sin-Kâshid (-1865 -1804), roi d'Uruk, est prêtresse de Lugalbanda; le roi lui-même a bâti un temple pour "Lugalbanda, son dieu, [et] pour Nin-suna, sa mère ". Il serait, selon Jacobsen, une ancienne divinité de Kullab. Il est devenu le héros de poèmes épiques.


Magan et Mélukhkha

Ces deux termes géographiques sont généralement liés et, parfois, unis à Dilmun. Ils apparaissent au début de l'époque d'Akkad pour désigner des pays lointains en direction du Sud et de l'Est. Il semblerait même que les voyages concernés requéraient des bateaux de haute mer, appelés "vaisseaux de Magan". Après bien des discussions on s'est généralement accordé pour situer Magan sur les côtes de l'actuel Oman, riche en dattes et en cuivre, les deux principales marchandises rapportées de cette région, et Mélukhkha dans la vallée de l'Indus (ou, tout au moins, dans le delta de ce fleuve), où, à partir de la seconde moitié du IIIè mill. se développe un riche civilisation urbaine. Il semblerait qu'à l'époque néo-assyrienne ces termes aient désigné les côtes africaines de la mer Rouge (Egypte et Soudan).


Malédiction d Akkad

Poème sumérien écrit un peu plus d'un siècle après la mise à sac de la ville, ou peut-être beaucoup moins, voire avant même la mort de Naram-Sîn, selon certains auteurs, ce qui semble bien improbable. Selon Samuel N. Kramer (qui donne pour sous-titre au poème : "l'Ekur vengé"), le texte original aurait été composé vers - 2000 par un "théologien poète", dans l'une des"académies" (edubba) d'Ur ou de Nippur, bien que les tablettes connues les plus anciennes datent du XVIIIè s. Le poème met en cause Naram-Sîn, qui, pour venger un affront fait par Enlil à Ishtar, maîtresse d'Akkad, aurait détruit l'é.kur, le temple d'Enlil à Nippur. Pour se venger, le dieu aurait fait déferler les bandes guti sur le royaume d'Akkad. Ainsi, à un tableau de la richesse d'Akkad, va être opposée sa misère, qui se termine par la destruction de la ville. Comme le pense Jean-Jacques Glassner , le manuscrit a été certainement rédigé à Nippur et recopié maintes fois on possède plus de cent manuscrits de l'oeuvre, un des fleurons de la littérature sumérienne.


Mamitu

Déesse Akkadienne. Personnification du serment (sens de son nom), elle poursuit de sa vengeance les parjures. Elle est, avec les Anunnaki, la créatrice des destinées.


Manishtusu

Roi d'Akkad (-2269 -2255), fils de Sargon. Son frère, sans doute cadet, Rimush, fut avantagé par leur père, à qui il succéda. On ne sait si Manishtusu participa à l'attentat qui mit fin au règne de Rimush, mais il lui succéda sur le trône d'Akkad. Les premières années de son règne semblent avoir été calmes. Mais des révoltes vers le plateau de l'Iran le contraignirent à conduire une campagne vers Anshan et shérikhum (une contrée mentionnée aussi dans les campagnes de Sargon, sans doute située au-delà d'Anshan, dans la région de l'actuel Fars). Il aurait alors fait traverser la mer Inférieure (golfe Persique) à sa flotte : «Les villes de l'autre côté de la mer, [au nombre de] trente-deux, se liguèrent pour la bataille, mais il triompha et il vainquit leurs villes, il tua leurs princes [et] enleva [...] jusqu'aux mines d'argent. Des montagnes au-delà de la mer Inférieure, il tira des pierres noires il [les] chargEa sur des bateaux et il [les] amarra au quai d'Akkad. Il façonna sa statue [et la] voua à Enlil. Par Shamash et Aba, je jure que ce ne sont pas des mensonges, c'est absolument vrai. La localisation de ces villes et montagnes reste problématique. Une variante du texte remplaçant shérikum par Mélukhkha, on a pu supposer que shérîkum devait se situer vers les côtes de l'actuel Baloutchistan et que l'expédition militaire serait parvenue dans la vallée de l'Indus. Ce qui reste improbable. Il semblerait plutôt que la flotte akkadienne ait fait une incursion sur les rives de l'extrémité du golfe Persique, soit vers le Kirmân soit vers l'Oman. En fait, d'un si long règne, nous ne savons que peu de chose. Selon un omen, Manishtusu aurait finalement été assassiné à la suite d'une conspiration. On ignore si son fils, Naram-Sîn, qui lui succéda, a une responsabilité dans ce complot. INSCRIPTIONS MONUMENTALES : Les fouilles archéologiques ont rendu deux monuments portant de longues inscriptions de ce roi. Le premier, appelé "Monument cruciforme", a été exhumé à Sippar par Rassam en 1831 et se trouve au British Museum. Le second, la Pyramide de Manishtusu, retrouvé dans les fouilles de Suse, est exposé au musée du Louvre. Le "Monument cruciforme" est considéré comme une autobiographie, sans doute parce qu'il débute par les formules habituelles «Je suis Manishtusu le fils de Sargon, le roi puissant de Kish le frère aîné [ou encore : l'oint] d'Anu, l'Ensi d'Enlil, gouverneur (sakkanak) pour Ilaba (lu aussi : sakkanak d'Amal, car le texte est détérioré)... "> En fait, l'essentiel de l'inscription est relatif à une donation à Shamash pour laquelle le roi a libéré trente-huit cités afin de les mettre au service du dieu, c'est-à-dire de son temple et de son clergé. La Pyramide, bloc de diorite de 1,40 m de haut recouvert sur ses quatre faces d'inscriptions, rapporte l'achat par le roi de nombreux terrains afin de constituer un vaste domaine foncier. Dans chacun de ces textes, le roi mentionne soit les denrées mises à la disposition du dieu, soit les terrains acquis, toujours avec un luxe de détails relativement au poids des denrées, leurs quantité, etc... . ICONOGRAPHIE : Outre le monument cruciforme et la Pyramide, on dispose de deux bas de statues du roi, dont l'une, en diorite, est une robe évasée dont une frange oblique représente un beau travail de sculpture (toutes deux, provenant de Suse, sont au Louvre). Les fouilles de Suse ont aussi rendu un buste du roi dans la tradition sumérienne avec une chevelure faite de zigzags, une longue barbe taillée en forme rectangulaire, des yeux incrustés en calcaire jaune. Le roi est dans l'attitude de l'humilité devant le dieu, les mains croisées sur la poitrine. Son torse étant nu, il devait être vêtu du kaunakès .


1 images

Mari

Ville du moyen Euphrate, exhumée dans le site syrien de Tell Hariri, qui, par le nombre de tablettes exhumées et leur contenu, occupe une place capitale pour notre connaissance de la Mésopotamie au début du IIe mill.. Son nom est écrit Ma-URU-ki, Ma-ri-ki, Me-ra-ki , Ma-eri-ki. C'est cette dernière lecture qui devrait prévaloir selon Thureau-Dangin , suivi par Jacobsen . L'occupation du site remonte au début du IIIe mill. Encore mal connue, la cité du DA avait une forme approximativement circulaire d'un diamètre de 1 900 m, protégée par une haute digue contre les débordement de l'Euphrate. On ne sait que très peu de chose concernant cette période. La ville devait déjà avoir acquis une certaine importance car elle est donnée dans la LRS comme ayant fourni la Xe dynastie après le Déluge. Son roi (lugal) Ansud battit par les armes Adab, et Marisuccéda à cette dernière dans la primauté sur le Sumer. Ansud aurait régné 30 ans et son fils Lugaltarzi lui succéda. Aucun des noms des quatre rois qui ont succédé à ce dernier ne sont complets, le total des années de domination de Mariétant de 136 ans. La royauté passa alors à Kish, avec la cabaretière Ku-Baba. De cette période datent plusieurs temples (d'Ishtarat, de Nini-zaza, d'Ishtar, dans la cour duquel étaient dressés des bétyles, de Shamash. Un monument massif de briques rouges (cuites, contrairement aux briques crues qui restent grisâtres), appelé par le fouilleur André Parrot, le "massif rouge", serait la base d'une première ziggurat. Sous le grand palais de Zimri-Lim gisaient plusieurs palais qui avaient été successivement les résidences des souverains de la cité au DA. La ville, prise et mise à sac par Lugalzaggesi d'Umma, fut ensuite intégrée dansl'empire d'Akkad, mais avant la fin de cette période elle se rendit indépendante sous une dynastie, issue des anciens gouverneurs de la ville au service des rois d'Akkad, dite "des shakkanakku" (gouverneur militaire dont l'office apparaît pour la première fois dans l'inscription de l'obélisque de Manishtutu). Un nouveau palais est construit sur les ruines des vieux palais, sur des plans nouveaux. De cette nouvelle construction date la cour des Palmes, par laquelle on accédait à la salle du trône. C'est au cours des siècles suivants, les premiers du IIè mill., que Mariparvient à l'apogée de sa puissance et où est aménagé le palais, qui atteint sa plus grande extension avec le règne de Zimri-Lim (-1782 - 1759). Ce dernier était le fils d'Iahdun-Lim (vers - 1825 - 1810), lui-même fils d'Iaggid-Lim. A la mort de Iahdun-Lim, Sumu-yaman, son frère, lui avait succédé, mais après un court règne il avait été évincé, sans doute par le roi d'Assyrie shamsi-Adad Ier, qui avait confié à son fils Iasmakh-Addu le gouvernement de la ville et de sa région. Le trône de Marifut ensuite usurpé par Ishar-Lim, gouverneur de la province assyrienne du haut Khabur pour le compte d'Iasmakh-Addu. Finalement, Zimri-Lim réussit à chasser les Assyriens et à reconquérir le trône de son père. Après un règne brillant de 23 ans, il fut vaincu par Hammurabi, qui détruisit la ville et la frappa d'interdit, si bien que nul ne revint l'occuper. En fait, un nouvel établissement y fut fondé à l'époque néo-assyrienne, qui devint le chef-lieu de la province de Suhu. Le chef-d'oeuvre de Marià l'époque de Zimri-Lim est son palais, un énorme bâtiment dont les trois cents salles et cours couvraient 2500 ha. Comme il est prouvé que le palais possédait un étage (dont une partie était peut-être occupée par des terrasses), il faudrait peut-être doubler ce nombre de pièces. Dans ce palais ont été retrouvées les plus anciennes peintures murales du POA scène de sacrifice, offrande de l'eau et du feu, scène de l'investiture. Ainsi peut-on voir les teintes des vêtements grande robe blanche d'un dieu assis, pagne blanc croisé d'un prêtre, mais aussi robes d'un prêtre officiant et d'une prêtresse portant une coiffe à cornes (Ishtar?) faîtes de pans composés chacun de petites bandes de tissu verticales alternées blanches, brunes, grises, vertes, jaunes. Les statues et les objets retirés de l'ensemble du site sont nombreux et souvent remarquables, tels ces statues du DA de "l'Adorante" (Louvre) et de la"Grande Chanteuse" Ur-Nina (musée de Damas), et ces chefs-d'oeuvre de l'époque paléobabylonienne que sont les statues d'Idi-Ilum (Louvre), du prince Ishtup-Ilum et de la déesse "au vase jaillissant" (musée d'Alep). Le palais était le centre administratif du royaume, ce qui explique que ce soit dans ce bâtiment qu'a été recueillie la grande majorité des 20 000 tablettes qui permettent d'avoir une connaissance souvent détaillée aussi bien des événements politiques que de la vie "quotidienne" des habitants du palais, grâce à un nombre considérable de lettres qui constituent l'essentiel de ces archives. Il n'a été retrouvé ni ouvrages littéraires ni textes de caractère fiscal, ce qui laisse penser qu'on doit pouvoir retrouver ces derniers dans un bâtiment spécialisé qui reste à découvrir. Ces textes, rédigés en akkadien, révèlent l'étendue des relations de Mariavec les villes de Syrie et de Babylonie et son commerce avec les marchands de Dilmun.


16 images

me

Terme sumérien qui a revêtu un sens théologique complexe et a suscité de nombreuses études. Le signe du "me" apparaît dans des inscriptions dès la période d'Uruk IV (vers - 3200). Grammaticalement c'est une copule enclitique (unie à un nom en suffixe) représentant le verbe être (-me-en = je suis). Thorkild Jacobson précise que "le me signifie "être (en soi)"(Sosein), et non "être (quelque part)"(Dasein), lequel est toujours gâl ou gà-gâ . Il est transcrit en akkadien par "parsû". Il a revêtu son sens théologique en étant assigné aux dieux pour signifier leur "splendeur" ou encore leur "essence". Il désigne, selon Samuel N. Kramer, un ensemble de lois et de règlements assigné à chaque entité cosmique et phénomène culturel en vue de conserver leur efficacité toujours en harmonie avec les plans de la divinité qui les a créés. Selon J. Van Dijk, le terme représente "une immanence divine dans la matière morte et vivante inchangeable, subsistante, mais impersonnelle, dont seuls les dieux disposent . Le "me" appartient plus particulièrement à Anu et Enlil, mais il est aussi lié à des divinités de moindre rang. Il n'est pas, pour autant, exclusivement associé aux dieux. Le "me" d'un trône représente l'activité de la royauté et le "me" d'un temple l'exécution des rites qui lui sont attachés. Dans le mythe d'Inanna et Enlil, les me, qu'on peut traduire ici par "pouvoirs" du dieu, représentent l'essence, on pourrait dire l' "Idée", dans le sens platonicien du terme, des objets ou des notions que le dieu suprême va donner à sa fille Inanna : l'office d'En, la divinité (la fonction sacrée), l'auguste couronne, le trône royal, le sceptre "exalté", tout autant que les armes, l'érotisme (l'union sexuelle), la prostitution, ou encore la loi, l'art, la musique et ses instruments, la joie du coeur la fausseté, les arts du métal, de l'architecte, du scribe, la sagesse, la terreur la paix, la victoire, le conseil, le jugement... en tout soixante-huit puissances qui couvrent à peu près toutes les activités culturelles et morales de l'humanité. Et Inanna s'approprie tous ces "me" de son père, ce qui en fait une déesse de caractère universel, distributrice de tous les biens et de tous les maux.


Mésopotamie

(Pays) entre (les deux) fleuves : tel est le sens du nom donné par les Grecs à la plaine partiellemont désertique située entre l'Euphrate et le Tigre, dont les noms akkadiens étaient Purartû et Idiglat (Puranti et Aranzah chez les Hourrites. En réalité, le territoire auquel nous donnons le nom de Mésopotamie, et qui correspond dans l'ensemble à l'actuel Iraq, est borné à l'est par la chaîne du Zagros, et du côté du couchant il englobe les terres arables à l'ouest de l'Euphrate, au moins jusqu'à la confluence du Khabur, au nord-ouest de Mari. La partie Nord-Est, vers les montagnes du Kurdistan actuel et du Zagros, a été occupée dès le paléolithique moyen (grotte de shanidar). Cette région septentrionale fait partie des terres où va se réaliser la sédentarisation des tribus épipaléolithiquos, avec la domestication de certaines espèces animales et la maîtrise de l'Agriculture (néolithique acéramique, entre -9000 et -7000). La céramique apparaît dans le site de Jarmo (dans le Zagros) au début du VIIè mill. Les archéologues ont ensuite divisé la préhistoire de la Mésopotamie en plusieurs grandes périodes fondées sur la diffusion de types caractéristiques de céramiques dans une partie ou l'ensemble du territoire, ces périodes étant désignées par le nom d'un site éponyme où le type de poterie concerné a été découvert la première fois, ce qui ne signifie pas que celui-ci ait été imaginé par les potiers du site et que ce soit de là qu'il se soit répandu dans les régions plus ou moins voisines. Telles sont, dans le Nord, les phases dites d'Hassuna et de Samarra, cette dernière étant confinée à une bande de territoire allant de l'Euphrate dans la région de Baghuz aux montagnes du Zagros avec le site central de Choga Mami ( - 6000 - 5000). Vers - 5600 se développe dans l'ouest de la Mésopotamie et une partie de la Syrie la civilisation halafienne, nommée d'après le site de Tell Halaf (-5500 - 5000). Le métal, qui a fait une modeste apparition au cours des périodes précédentes sous la forme de cuivre natif et de pépites d'or, se vulgarise surtout sous la forme du cuivre martelé, d'où le nom de chalcolithique ancien donné à cette période. Ces civilisations correspondent dans le sud aux cultures d'Éridu et d'Hajji Mohammed (- 6000 - 5200), la première étant circonscrite à l'extrême sud de la Mésopotamie, la seconde s'étendant autour de la région de Kish. Vers -5200 commence à se développer la civilisation dite obeidienne (d'après le site d'El-Obeid au sud d'Ur). Il est cependant possible qu'il faille rehausser de trois siècles le début de l'obeidien . La civilisation d'EI-Obeïd s'impose vers le nord de la Mésopotamie au V mill., de sorte qu'on a pu supposer que cette extension des modèles obeidiens correspondait à une conquête militaire du Nord par le Sud. Les relations commerciales semblent suffire pour expliquer la suprématie d'une civilisation qui avait inventé le moulage du cuivre, ce qui permettait d'aiguiser les outils, et le moulage des briques, qui représentait un embryon d'industrialisation. Dans les plus bas niveaux du site d'Uruk apparaît une nouvelle poterie à engobe rouge ou gris poli, qui va par la suite se répandre dans le sud de la Mésopotamie et supplanter la céramique peinte d'El-Obeïd (Uruk ancien et moyen, -4000 - 3500). Avec la civilisation d'Uruk récent ( - 3500 - 3100), les Mésopotamiens sont parvenus à une maîtrise de la métallurgie et à un stade urbain avancé. C'est à cette époque qu'ils inventent l'écriture, laquelle va se développer à l'époque suivante, dite de Djemdet-Nasr, qui apparaît comme la première période historique du POA. Cette explosion de la civilisation est due aux Sumériens. C'est à cette époque qu'il convient de situer la naissance et l'hégémonie des cités antédiluviennes, dont la LRS nous a conservé le souvenir magnifié. Vers -3000 commence la période historique du bronze ancien et, pour ce qui est du Sumer, le dynastique ancien. L'époque d'Akkad met fin à cette première période, sumérienne. La civilisation sumérienne (Néo-Sumériens) parvient à son apogée avec la dynastie d'Ur III, qui domine une grande partie de la Mésopotamie pendant les deux derniers siècles du III mill., tandis que dans le Nord pointe la civilisation assyrienne. Au début du millénaire suivant les Sumériens disparaissent en tant qu'entité politique, mais la langue de Sumer et l'ombre de sa civilisation s'imposent à leurs successeurs babyloniens et Assyriens. André Parrot a souligné, par des comparaisons restreintes, l'unité culturelle des cités de Sumer pendant le III mill., cités parmi lesquelles figure Mari(ses comparaisons portent sur le mobilier de Tell Hariri/Mari), de Khafaje et de Tell Asmar (Eshnunna). Cette unité se retrouve dans le développement de la civilisation de Babylone, qui, si elle se différencie profondément de celle des Sumériens, en est son héritière. Unité marquée aussi chez les Assyriens, qui, malgré de très nombreux points communs avec les Babyloniens, qui ont été dans une grande mesure leurs maîtres, ont fait preuve d'un génie d'invention et d'observation, en particulier dans leurs sculptures de bas-reliefs, cela malgré des conventions tel le principe de symétrie, dont ils ont su faire un élément ornemental ou qu'ils ont utilisé pour créer des effets d'opposition et d'agonistique.


25 images

Mithra

Divinité iranienne des anciens Perses. Sans doute génie fécondateur des eaux et de la terre chez les anciens Aryas, il a revêtu, chez les Perses, l'aspect du dieu de la Lumière et de la Vérité (raison pour laquelle il est le garant des contrats). Son nom signifierait "l' ami", le "compagnon" (en sanskrit, mitrâ a le sens d'ami). Comme Anahita, il n'apparaît, dans les inscriptions achéménides, qu'à l'époque d'Artaxerxès Il. On trouve son nom en élamite sous la forme mi-is-sà et en akkadien sous celle de mi-it-ri. Il n'est que rarement mentionné, sur quelques inscriptions d'Artaxerxès Il et une d'Artaxerxès III, où il est invoqué par le souverain, parfois associé à Ahuramazda et à Anahita, afin d'obtenir sa protection ("Mithra baga pâtuv": que le dieu Mithra me protège...). Il est assimilé au soleil, raison sans doute pour laquelle on ne le trouve jamais figuré sous un aspect anthropomorphe. Le cheval lui est consacré et c'est à lui que cet animal est sacrifié dans certaines cérémonies.


Nabonide

Roi de Babylone (-556-539). Il n'appartenait pas à la famille royale, auprès de laquelle il a été introduit par sa mère Ada-Guppi, prêtresse (ou dévote ?) du temple de Sîn à Harran. On ne sait précisément ce qu'il était avant d'être porté sur le trône de Babylone, sans doute avec l'appui des grandes familles de banquiers et de négociants de la ville, à la suite de l'assassinat de Lâbâshi-Marduk. Bien que les inscriptions disent de son père qu'il était "gouverneur héroîque" (Sakkanaku qitrudu) et "prince parfait" (rubû gitmalû), sa famille était sans doute de modeste origine. Quoi qu'il ait été alors un homme d'âge mûr, il dut conduire à deux reprises des campagnes militaires jusqu'en Cilicie. Mais ce qui marque surtout son règne, c'est son désir de reconstruire les temples anciens en état de délabrement; à cette fin, il faisait rechercher les éléments d'architecture et les objets du culte dans les ruines, ce qui lui a valu un renom d'"antiquaire", ou d' "archéologue". Ainsi fit-il entreprendre des recherches en ce sens notamment à Akkad, Ur et Uruk. Fervent adorateur de Sîn, peut-être sous l'influence de sa mère, il favorisa le culte du dieu-lune d'Ur, Nannar, et établit sa fille Bêl-shalti-Nannar prêtresse du temple du dieu dans cette antique cité ; une fois que les Mèdes eurent évacué Harran, après la mort de leur dernier roi, Astyage, il fit reconstruire le temple de Sîn de cette ville. Sa dévotion au dieu lunaire et son détachement ostensible par rapport au culte de Marduk suscitèrent l'hostilité du clergé du dieu tutélaire de Babylone. Il est possible que, par mesure de représailles, il se soit décidé à quitter Babylone vers - 552 pour marcher à la tête d'une armée sur le nord de l'Arabie, où il enleva plusieurs villes qu'il inclut dans l'Empire Babylonien, jusqu'à Yathrib (Médine). Il se fixa ensuite à Teima, où il installa son administration. Il avait laissé à son fils Bêl-shar-utsur; le Belshazzar du livre biblique de Daniel, le gouvernement de Babylone. Le prince était en relations étroites avec les grandes familles babyloniennes (Nur-Sîn et Égibi), comme en témoigne un nombre important de lettres et de contrats à son nom. Belshazzar était déjà adulte lorsque son père avait été mis sur le trône, et l'on a pu émettre l'hypothèse qu'il fut l'instigateur du meurtre de Lâbâshi-Marduk. Nabonide séjourna une dizaine d'années à Teima, où il s'était fait construire un palais et avait agrandi et urbanisé l'oasis pour y établir une capitale. La domination des routes et des villes de l'Arabie septentrionale jusqu'au milieu du Hedjaz lui permettait de contrôler tout le trafic commercial des résines de l'Arabie du Sud, ce qui a aussi été une raison économique évoquée pour expliquer l'installation du roi dans cette oasis si éloignée de la métropole. En -542, il revint en Mésopotamie pour aller inaugurer le nouveau temple de Sîn à Harran. Nabonide revint ensuite s'installer à Babylone, où il semble avoir cherché à imposer le culte de Sîn comme divinité suprême de l'empire, ce qui lui aliéna définitivement le clergé de Marduk. Il semblerait, cependant, que son retour ait surtout été dicté pour des raisons politiques : Cyrus, après avoir renversé le roi des Mèdes et uni la Perse à la Médie, avait conduit des campagnes vers l'Asie occidentale, soumettant la Lydie, et paraissant ainsi s'être désintéressé de la Babylonie. Mais une fois rentré en Perse, plus puissant que jamais, il représentait une menace évidente pour Babylone. Ugburu (Gobryas), gouverneur du Gutium, province de l'Empire babylonien, avait fait défection et s'était rallié à Cyrus, qui marcha sur Babylone en -539. Les Perses battirent l'armée babylonienne à Opis et prirent Sippar. À Ugburu fut réservée la gloire de prendre Babylone par surprise. Belshazzar fut tué dans son palais et Nabonide capturé. Il semblerait que Cyrus se soit contenté d'installer le roi déchu en Carmanie, une lointaine province perse de l'Iran méridional.


1 images

Naram-Sîn

Roi d'Akkad (-2254 -2218). La graphie Naram-Suen, qu'on rencontre parfois, est la forme sumérienne de son nom akkadien. Il était le fils de Manishtusu et le petit-fils de Sargon. Comme pour Sargon, l'essentiel de nos connaissances sur ce personnage d'une importance capitale dans l'histoire de l'Orient ancien repose sur des textes tardifs, au moins d'époque paléobabylonienne, soit plus de quatre siècles après les événements; c'est le cas, en particulier, du récit littéraire de la Grande Rébellion, un soulèvement général de toutes les provinces, de la Syrie à l'Élam, au moment de son avènement: «Lorsque les Quatre Régions, ensemble, se soulevèrent contre moi, que Kish, Kutha, [w]urumu Kazallu, Giritab, Api(w)ak [...] Ibrat, Dilbat[...] Uruk et Sippar ensemble se soulevèrent contre moi" . Une grande partie de son règne s'est passée en guerres, mais il est impossible de situer celles-ci chronologiquement. Après avoir pacifié les villes d'Akkad et de Sumer révoltées (sont citées des villes connues comme Kish, Uruk, Sippar) et regroupées derrière Ipkhur-Kish qui s 'était emparé de la royauté à Kish et Amargirid, roi d'Uruk, Naram-Sîn fit victorieusement face aux rébellions du côté du couchant, en Syrie, et jusqu'en Anatolie , comme en témoignent des stèles de victoire trouvées à Diyarbakir et à Suleymanieh, dans l'est de la Turquie, ce qui corrobore le témoignage plus tardif d'une tablette d'argile : "Nergal ouvrit la route de Naram-Sîn le fort, et il lui donna Armanum et Ibla; il lui offrit aussi l'Amanus, la montagne des Cèdres et la mer Supérieure (la Méditerranée)." Selon les versions de la "Grande Rébellion" (trois paléobabyloniennes et une hittite), il aurait vaincu soit dix-sept, soit onze rois coalisés. La version paléobabylonienne du British Museum cite, parmi les rois qui se levèrent contre Naram-Sîn, ceux d'Élam, du Gutium mais aussi de Mélukhkha et d'Aratta, ce qui laisse penser que, dans sa marche vers l'est, il conquit l'Élam, où il plaça un gouverneur dans sa capitale, Suse, poussa ses expéditions jusqu'à Magan (l'Oman), où il vainquit son roi, Manium, et peut-être plus profondément encore dans le plateau iranien, presque jusqu'à la vallée de l'Indus. Une année, il aurait remporté neuf victoires successives sur ses ennemis. Selon ce qu'on peut conclure des textes dont nous disposons - qui, dans l'ensemble, remontent à des sources anciennes, bien que fortement magnifiées - Naram-Sîn s'est révélé un stratège et un tacticien exceptionnel, dont pour une grande part le règne s'est passé en campagnes militaires destinées à la sauvegarde des frontières de l'empire dont il avait hérité. Et, visiblement, de son vivant, son génie militaire a dû étonner ses contemporains tout autant que lui-même, car il a été le premier souverain mésopotamien à s'être divinisé de son vivant, sans doute vers la fin de sa vie. Ainsi, dans nombre d'inscriptions est figuré le déterminatif des noms divins devant son nom, d'où la traduction de Naram­Sîn, "le dieu" (d'Akkad). D'autre part, il a inauguré le titre qui sera ensuite souvent repris par les rois mésopotamiens, de "roi des Quatre Régions"(c.à.d. "du Monde"). Roi conquérant, il fut aussi roi bâtisseur. Outre le palais qu'il s'était fait construire à Brak, il reconstruisit l'é.babbar, temple de Shamash et d'Ayya à Sippar, l'é.kish.nug.àl, temple de Nanna-Suen à Ur, dont il fit sa fille, En-men-ana, la grande prêtresse, celui d'Ishtar à Zabalam, celui d'Inanna à Adab; à Akkad, il aurait bâti un temple de Sîn et un autre pour lui-même. Selon une inscription de Nabonide, il aurait achevé la construction de l'é.ul.mas, temple d'Ishtar à Akkad. Il aurait encore restauré l'é.kur le temple d'Enlil àNippur, entreprise terminée par son fils shar-kali-sharri, tandis que son autre fils, Lipit-ilî, érigea pour lui le temple de Ninurta à Marad, ville dont il était le gouverneur. Néanmoins, Naram-Sîn aurait encouru la colère d'Enlil pour avoir mis à sac Nippur et l'é.kur, ce même temple d'Enlil qu'il restaura. Et ce serait ce sacrilège qui aurait, par la suite causé tous les malheurs d'Akkad et sa ruine finale, si l'on en croit le texte de la "Malédiction d'Akkad". ICONOGRAPHIE : Malgré l'importance et la longueur de son règne, il ne nous est parvenu que peu de représentations de Naram-Sîn. Son passage dans le défilé de Darband i-Gawr en Iran, au nord du Kara-Dag, lors d'une expédition contre les Lulubi, est commémoré par une stèle sculptée dans la roche figurant son triomphe sur ses ennemis. Le musée d'Istanbul possède un fragment de stèle en basalte de 55 cm de haut, provenant de Pir-Hussein (Kurdistan turc), où l'on voit le roi de profil, tourné vers la gauche, coiffé de la tiare conique, vêtu d'une tunique laissant nue son épaule droite. Sa barbe, soigneusement frisée, coupée en triangle, lui couvre la plus grande partie du visage. Cependant, le chef-d'oeuvre de l'art de cette époque est la stèle de grès rose, trouvée à Suse mais érigée à Sippar (musée du Louvre), où l'on voit le roi, coiffé d'un casque pourvu de deux cornes, qui marche vers une montagne en forme de cône, surmontée par des symboles divins ("roue" de Shamash en forme d'étoile pourvue d'une quinzaine de branches). Derrière lui et dans un registre inférieur suivent trois porteurs d'étendard, et dans le registre le plus bas marchent des guerriers Akkadiens. Face à eux se trouvent les ennemis vaincus, l'un pendu par les pieds, un autre empalé par les reins, un autre, agenouillé, le torse rejeté en arrière, souffle dans une longue trompette. Dans le fond, sur trois registres, trois personnages en prière. Tous ces personnages harmonieusement répartis sur cette stèle de 2 m de hauteur sur une largeur maximale de 1,05 m, donnent un sentiment de grouillement de vie tout en exaltant la gloire du roi conquérant, qui semble monter vers les cieux où résident les dieux. (voir aussi : Kutha, légende du roi de ).


3 images

Nergal

Dieu babylonien des Enfers. Son nom pourrait être fondé sur l'expression sumérienne né-eri-gal = seigneur de l'autre monde. Il n'apparaît qu'à l'époque d'Akkad, ce qui laisse supposer qu'il n'est pas d'origine sumérienne. Divinité céleste, il était identifié à Shamash. Fils d'Énlil, il avait été chargé par son père de s'occuper des vivants, mais il était devenu un feu destructeur qui l'a assimilé à Erra. Le mythe dit de "Nergal et Éreshkigal" explique comment il est devenu le maître du monde inférieur : en tant que tel, il a absorbé la personnalité de Meslamta'Ea , dieu sumérien connu déjà par la liste de Fara, attaché au mes.lam de Kutha (son nom signifie : "L'Un issu de Meslam"). C'est sans doute cette assimilation qui a fait de Kutha le centre principal du culte de Nergal. De son union avec Éreshkigal serait issu Ninazu (seigneur guérisseur), divinité sumérienne d'Eshnunna et d'Énégi. Par ailleurs, Nergal apparaît dans certains hymnes comme un dieu guerrier, dieu de la Peste mais aussi dieu de la Végétation. Son culte n'était pas circonscrit à Kutha; il était largement répandu dans toute la Mésopotamie, et aussi à Suse, en Élam. Un petit poème épique dont on a retrouvé un fragment sut une tablette brisée rapporte comment le dieu, avant sans doute qu'il régnât sur l'enfer, vainquit un dragon-serpent monstrueux né de l'océan .


Ningirsu

Dieu sumérien. C'était le dieu tutélaire du royaume de Lagash et plus particulièrement de Girsu, son nom signifiant "seigneur de Girsu". La notoriété de Lagash permit à son culte de s'étendre sur Sumer. La théologie en a fait le fils d'Enlil (ou d'Anu), l'époux de Baba et le frère de Nisaba et de la déesse Nanshé. C'est lui qui apparut à Gudéa dans un rêve, sous l'aspect d'un homme pourvu d'ailes, pour lui ordonner de reconstruire son temple l'é.ninnu "Maison des cinquante" (ces cinquante seraient soit les "me" soit les "Anzû blancs"), son sanctuaire principal à Girsu. Il possédait d'autres temples à Lagash ou à Girsu: é.gidru (Maison du sceptre), construit par Ur-Nanshé, ensi de Lagash; é.hush (Maison redoutable). Il avait aussi des temples à Sirara et Dugru (localités inconnues), à Umma, Uruk, Isin. Il a été identifié à Ninurta, qui lui est substitué dans les mythes Akkadiens comme celui d'Anzû. Quoique ayant un aspect de dieu guerrier, il était aussi dieu de la Végétation et de l'Irrigation.


4 images

Ninive

L'une des quatre grandes cités de l'Assyrie, avec Arbèles, Assur et Kalah retrouvée sous les tells de Kuyundjik et Nabi Yunus, Ninua de son nom assyrien. Le site de Ninive, sur la rive gauche du Tigre, face à Mossoul, a été occupé dès le VIIème milIénaire. La cité acquiert une certaine importance au IIIème millénaire, époque où est attestée sa divinité principale, Ishtar. Elle est intégrée dans l'Empire akkadien, et Manishtusu, vers -2260, y reconstruit le temple de la déesse (l'é.mash.mash) ; quatre siècles et demi plus tard, shamsi-Adad le relève une fois encore de ses ruines , ainsi que sa ziggurat (l'é.ki.tus.kù.ga). Ninive n'en est pas pour autant une capitale, ce rôle administratif étant assumé par Assur. Un moment intégrée dans le royaume du Mitanni, elle commence à être prise en considération par les rois Assyriens avec Assur-uballit Ier ( -1363 - 1328). Salmanazar Ier (-1273 -1244) s'y fait construire un palais, et lui-même et ses successeurs l'embellissent de nombreux monuments. Ce n'est, cependant, qu'à l'époque néoassyrienne que Sennachérib abandonne Dur-sharrukin, la capitale fondée par son père Sargon, pour s'installer à Ninive et en faire la capitale de l'empire (vers - 700). La ville s'étend alors sur 750 ha et elle est enfermée dans une double enceinte de 12 km, avec une hauteur pouvant atteindre 25 m, couronnée de créneaux, et dans laquelle étaient aménagées 15 portes. La plus belle était la porte de Nergal. Des avenues sont percées, un palais est bâti, un pont est jeté sur le Tigre. Tout un système de canaux et d'aqueducs est organisé pour apporter l'eau en abondance dans la ville et irriguer les nombreux jardins. Les successeurs de ce grand roi bâtisseur, Assarhaddon et Assur-banipal, poursuivront ces travaux d'urbanisation, à un moindre rythme sans doute, mais ils achevèrent de faire de Ninîve la plus belle des villes de l'Orient, plus qu'Assur, plus que Babylone, qui n'avait pas encore connu la couverture monumentale due à Nabuchodonosor. Les palais et les riches demeures se multiplièrent, ainsi que les parcs et les réserves d'animaux, grâce aux richesses qui affluaient dans une ville, capitale d'un vaste empire, qui recevait les tributs de nombreux rois vassaux. Le palais d'Assur-banipal fut orné d'un ensemble unique de bas-reliefs; les portes de la ville et des palais étaient gardées par des taureaux ailés androcéphales colossaux; enfin, le roi y fit installer la première grande bibliothèque, où furent conservées les grandes oeuvres léguées par les vieux Sumériens, les Akkadiens et les Babyloniens. Malgré ses prodigieuses fortifications, la ville fut prise en - 612 par les forces unies des Mèdes et des Babyloniens, et elle fut incendiée, totalement détruite et abandonnée.


20 images

Ninurta

Dieu sumérien. Son nom est écrit par le sumérogramme dMAS (par ex. dans les inscriptions d'Assur­nasirpal II à Kalhû) ou NIN.URTA (de sorte qu'il était lu Urta). Son nom signifie «seigneur terre (cultivable) », ce qui marque son archaîque fonction de dieu de l'Agriculture, qu'il unit à celle de dieu guerrier. Sans doute originaire de Nippur, il a été associé à Enlil en tant que son fils et il avait son culte dans le grand temple de son père, l'Ékur. Il y disposait néanmoins d'un sanctuaire personnel, l'é.su.me.sa4, mentionné dès le DA. On lui donnait pour parèdre la déesse Gula ou encore Baba (Bau). Cette dernière était l'épouse de Ningirsu, dieu de Lagash àqui il a été très tôt identifié. Son aspect de divinité agraire est marqué en particulier dans les "Géorgiques" sumériennes appelées "Almanach du fermier" (autrement nommées "Instructions de Ninurta", instructions dispensées aux paysans pour les travaux annuels concernant la culture de l'avoine. Ninurta y est appelé "le fermier d'Enlil" et une prière sous forme de balbale déclare "Tu remplis le canal lors de la crue du printemps, dans les champs, tu fais croître les diverses sortes de grains, tu remplis les étangs de carpes et de tanches, [...] dans la steppe tu fais pousser les tamaris, dans les vergers et les jardins tu fais couler le miel et le vin, dans le palais du roi tu fais durablement prospérer la vie!". A cet aspect de dieu bienfaiteur s'unit celui de guerrier, de "héros" (ur-sag) des dieux. Cet aspect apparaît avec une grande vigueur dans plusieurs poèmes dont il est le héros : "Ninurta et les pierres" (voir lugal.e), le mythe d'Anzû, et le poème intitulé d'après son incipit, An-gim dim-ma. Cet aspect guerrier a séduit les Assyriens, qui l'ont intégré dans leur panthéon. Dans sa cité de Kalhû, Assurnasirpal II lui fit bâtir un temple. Les Babyloniens lui avaient aussi consacré un temple que rebâtit Nabopolassar, l'é.hur.sag~.ti(l).la = Maison qui extermine les montagnes, référence à ses exploits dans l'épopée de "Ninurta et les pierres". Un hymne non daté, mais remontant au plus tôt à l'époque babylonienne, marque une tendance vers un syncrétisme monothéisant dans lequel le dieu guerrier est exalté au détriment de l'assemblée des dieux, chacun des dieux du panthéon devenant un organe ou une partie du corps de Ninurta : "son visage est le soleil, ses yeux sont Enlil et Ninlil, les pupilles de ses yeux les déesses Gula et Bêlet-ili, leurs iris Sîn et Shamash, la forme de sa bouche est Ishtar céleste, ses lèvres et sa parole sont Anu et Antu, sa langue est Pabilsag". "Le Retour de Ninurta à Nippur" : Selon son incipit, le poème était appelé "An-gim dim-ma" (= "Créé comme An"). Ce poème sumérien de 209 vers a été traduit en akkadien et a servi pendant des siècles comme modèle d'école. Il commence par quelques vers le glorifiant, puis il rappelle ses exploits narrés dans Lugal.e. Après ses victoires, il monte sur son char (décrit en détail) et rentre à Nippur. Nusku, le page d'Enlil, vient à sa rencontre pour le conduire à l'Ekur, le temple d'Enlil, où il dépose son butin : bovins, dépouilles des villes mises à sac. Le dieu se livre ensuite à sa propre exaltation (pendant 40 doubles vers), puis il se fait confirmer sa prépondérance par son père, Enlil. Ainsi Ninurta partage-t-il le temple avec son père, conclusion justifiée par l'ensemble du poème :« C'est ainsi que le Preux au mérite éclatant, Ninurta fils d'Enlil, a installé sa grandeur dans le sanctuaire d'Enlil " . "Ninurta et la tortue" ou "la Tentation et la Punition de Ninurta victorieux" (Bottéro). Il s'agit d'un fragment de texte trouvé dans les fouilles d'Ur. Dans l'orgueil de sa victoire, Ninurta avait manifesté son ambition de prendre la place d'Enki à la tête des dieux. Ce dernier, pour le punir et lui manifester sa puissance, modèle une tortue à laquelle il donne vie. L'animal saisit Ninurta par la cheville lorsqu'il vient à la porte du sanctuaire d'Enki et, creusant une fosse, il y rejette de la terre pour l'ensevelir. Enki fait alors ressortir aux yeux de Ninurta ses prétentions et sa faiblesse, et déclare qu'il a voulu l'humilier pour lui montrer qui était vraiment le maître.


2 images

Nudimmud

C'est un autre nom d'Enki et de son doublet akkadien Éa. Cependant, il pourrait bien s'agir d'une archaïque divinité sumérienne des artisans (son nom signifie "façonneur d'images" ou "dieu des formes", confondue par la suite avec Enki. Son nom est utilisé indifféremment à la place d'Enki et d'Éa dans de nombreux textes à commencer par l'Enùma élish. Dans la cosmogonie des prêtres-kalù, c'est lui qui crée l'Apsû, dont il fait sa demeure, tandis qu'Anu crée le ciel. Sur une tablette sumérienne du Déluge provenant de Nippur, il est écrit que furent fondées les cinq cités, places pures, dont la première était Eridu, qui fut attribuée à Nudimmud; les quatre autres nommées ensuite sont Bad-tibira, Larak, Sippar et shuruppak .


Nuzi

Ville du royaume d'Arrapha, exhumée dans le site moderne de Yorgan Tépé, dans la partie est de l'Iraq, à 13 km au sud-ouest de Kerkuk. Dans les plus profonds niveaux ont été retrouvées des demeures en pisé et une céramique peinte ou incisée du type d'El­Obeïd qui situent la fondation de l'établissement au Vè mill. La ville se développe d'une manière anonyme jusqu'à l'époque d'Akkad. Du début de cette période, soit vers -2300, datent quelque 220 tablettes en cunéiformes Akkadiens, qui nous livrent le nom de la ville à cette époque, Gasur. Il s'agit de documents comptables et commerciaux, parmi lesquels se trouve une carte de la ville et de ses environs où est dessinée une vallée traversée par un fleuve entre deux chaînes de montagnes. De cette époque date une poterie originale à décor en relief représentant un scorpion, un serpent et des quadrupèdes. La période la mieux connue de l'histoire de Nuzi se situe aux niveaux Il-I du site, entre le XVIè et le XIVè s. Ces niveaux présentent un grand nombre de demeures de particuliers, un temple dédié sans doute à Ishtar et à Téshub dans sa phase finale, après sept remaniements successifs qui ont conduit d'une simple cella à un temple complexe à deux cours contiguès et deux cellae, et un palais. La vie de Nuzi à cette époque est éclairée par la moisson de 3 500 tablettes de caractère public et privé, rédigées en un dialecte akkadien marqué par l'influence hurrite. Les rois d'Arrapha sont alors les vassaux du roi du Mitanni. Nuzi n'en est pas moins florissante. Nombre de ces tablettes sont des archives de familles de grands marchands qui révèlent la santé économique du Mitanni, en plein essor à cette époque, et l'importance du commerce. Femmes et fils et filles du roi (marê sarri et marati sarri) apparaissent comme de grands propriétaires terriens, au même titre que les familles de moyens et petits propriétaires. Parmi cette population se trouvent des étrangers journaliers qui se placent volontairement en servitude avec leurs familles, en échange de la protection de leurs employeurs, de rations de nourriture et de vêtements; ils sont appelés habiru, groupe qu'on retrouve vers cette époque dans de nombreuses régions du POA (voir : nomades). Les textes consistent surtout en contrats, listes de corvéables, de bénéficiaires de biens de consommation, en particulier pour ce qui concerne les fonctionnaires "nourris" du roi, archives administratives. Par ailleurs, les archives royales révèlent la présence de plusieurs reines (sarratu) sans roi, dans plusieurs cités du royaume: Nuzi, Lupti, Tashéni, Zizza, Apéna (aucune de ces quatre dernières villes n'est localisée). On saisit difficilement leur statut. Seule la reine de Nuzi est mieux documentée, grâce à quoi l'on sait qu'elle résidait dans l'e-kallu (le palais royal) et qu'elle était une grande propriétaire, maîtresse de tout un personnel, serviteurs du palais mais aussi artisans travaillant dans des ateliers de tissage. Autour d'elle sont encore mentionnées des musiciennes et des danseuses. Les tablettes ont aussi permis de reconstruire tout un système de lois et de relations familiales et sociales qui se distinguent par de nombreux détails des autres sociétés contemporaines du POA, en particulier le système d'adoption.


Oannès

Dans ses "Babyloniaca", Bérose écrit: «La première année (du règne d'Aloros ?) sortit de la mer un animal appelé Oannès, selon ce que rapporte Apollodore. Tout son corps était celui d'un poisson, mais sous sa tête de poisson surgissait une tête humaine, et des pieds semblables à ceux d'humains étaient sortis de sa queue de poisson. Il avait aussi une voix d'homme. On en a préservé jusqu'à aujourd'hui une représentation. Il dit que cette bête passa de nombreux jours parmi les hommes, mais qu'il ne prenait pas de nourriture. Il enseigna aux hommes l'écriture, les sciences et toutes les sortes d'arts. Il leur apprit comment fonder des villes, construire des temples, introduire les lois et mesurer la terre, et encore à semer et cueillir les fruits, et d'une manière générale tout ce qui faisait la vie civilisée, il le donna aux humains. Depuis ce temps, rien de nouveau n'a été découvert. Lorsque le soleil se couchait, l'animal aussi (faisait de même), Oannès retournait dans la mer, et passait la nuit dans ses profondeurs, car il était lui-même amphibie. Par la suite d'autres bêtes semblables à lui sont apparues... Il dit qu'il fut un temps où tout était ténèbres et eaux, et que dans celles-ci des êtres monstrueux aux formes étranges vinrent à la vie. Car des hommes naquirent avec deux ailes et certains avec quatre ailes et deux visages ils avaient un corps et deux têtes, ils étaient en même temps homme et femme, et ils avaient deux organes sexuels, masculin et féminin. Bérose continue de donner des descriptions de monstres, à jambes et cornes de chèvre, ou à sabots et jambes de cheval, et à corps humain, qui rappellent les aegipans et les centaures des mythes grecs. Cet Oannès, héros civilisateur, n'est autre que le Sumérien U4.an.na, le sage connu par son surnom d'Adapa. Il fait partie de ces créatures supérieures appelées par les Sumériens ab.gal, les "apkallu" des Akkadiens. Si, pour ce qui concerne la description que fait Bérose des temps primitifs, où les eaux et les ténèbres étaient confondues on retrouve l'influence des mythes de la Création suméro-Akkadiens, les hommes-poissons sont inspirés des sept sages, les apkallu, dont on a retrouvé de nombreuses représentations d'époque néoassyrienne. Pareillement, les sept sages sont aussi représentés sous l'aspect de personnages pourvus de quatre ailes. Oannès a, par ailleurs, aussi pu être identifié à Enki et à Ea , dont les prêtres, à une époque relativement tardive, sont représentés affublés d'un costume de poisson, les rendant semblables aux représentations d'apkallu.


Persépolis

Parsa, l'une des capitale de l'Empire achéménide. Dans ce site du Fars, à peu de distance de l'act. Chiraz, Darius Ier entreprit la construction d'un vaste ensemble palatial destiné à devenir le centre administratif de son empire. Sans cesse agrandi par ses successeurs, et en particulier par Xerxès, il n'était pas encore achevé lorsqu'il fut incendié par Alexandre le Grand, en -330. Manifestation de l'architecture impériale des Perses, il a été abandonné après la chute de l'Empire achéménide. Plusieurs inscriptions ont été trouvées soit sur des tablettes, soit sur diverses parties du monument, souvent trilingues (vieux perse, akkadien, élamite) : 8 de Darius, 11 de Xerxès, une d'Artaxerxès Ier, une d'Artaxerxès Il (ou III?), une d'Artaxerxès III. A 6 km au nord de la ville se trouve Naqshi-Rustam, où sont taillés dans une falaise abrupte les tombeaux de Darius Ier, Xerxès Ier, Artaxerxès Ier et Darius Il. Des scènes sont sculptées en bas-relief dans la roche, accompagnées d'inscriptions.


6 images

Puabi

Reine (?)d'Ur vers -2600, connue par une inscription sur un cylindre en lapis-lazuli, sur lequel est gravée une scène de banquet sur deux registres où l'on voit deux personnages assis face à face et, entre eux, deux serviteurs. On a proposé deux lectures de son nom, lu jadis shubad, et de la très courte inscription: une lecture sumérienne, Sud-ad nin (nin, traduit par "dame", peut désigner une reine ou, encore, une grande prêtresse), et une lecture akkadienne pu-abi nin , traduit par M. Lambert "prière du père", et par Solîberger et Kupper "la parole de mon père [est]" ou "la parole [divine] est mon père". C'est le seul "document" que nous possédions au sujet de Puabi. En revanche, elle a occupé l'une des plus riches tombes de la nécropole d'Ur (tombe -800). Dans le dromos (galerie d'accès) se trouvaient le char-traîneau et les deux ânes qui l'avaient tiré, char sur lequel le cadavre avait été porté en terre avec tout un personnel sacrifié : palefreniers, 5 soldats, une dizaine de femmes sans doute des dames de sa suite, dont une harpiste. Le squelette de Puabi se trouvait dans un cercueil, à l'intérieur de la chambre funéraire, entourée d'un mobilier d'une richesse prodigieuse: parures de tête de la défunte en or, cornaline et lapis-lazuli; bijoux (pendants d'oreilles, anneaux, colliers) en or, vaisselle d'or, d'argent et de pierres rares, table de jeu, harpe ornée d'une tête de taureau en or, parures des dames... plus de 270 objets précieux, outre un coffre à vêtements retrouvé dans le puits funéraire qui avait servi à des pilleurs de tombes à pénétrer dans le caveau voisin, celui du roi . Selon l'inventeur, Leonard Woolley, les pilleurs, contemporains de la défunte seraient les ouvriers qui avaient travaillé à l'aménagement de la tombe, ce qui explique qu'ils n'aient pas violé celle-ci. On se pose la question de savoir qui était cette Puabi, pour avoir eu de telles funérailles accompagnées de ces sacrifices des personnes ensevelies avec elle, sans doute après avoir bu des poisons lents, car on n'a remarqué aucune trace de violence. Était-elle l'épouse d'un roi? Une reine qui a régné seule ? Une grande prêtresse ? L'absence de tout document écrit autre que le sceau-cylindre ne permet pas d'avoir une quelconque certitude.


5 images

Réshep

Dieu ouest-sémitique. Il est mal déterminé dans les textes du POA. Son nom apparaît souvent dans l'onomastique et dans les anthroponymes. Son origine semble être amorrite (ra-sa­ap). La racine de son nom, R-sh-P, signifie "brûler". En hébreu, "reshep" est un terme désignant la pestilence, la peste et la flamme (araméen rishpâ, akk. ra-sa-ap). Il apparaît dès le milieu du IIIè mill. dans les textes d'Ebla(dra-sa-ap, en tant que divinité de la bourgade de Gunu dans des listes de comptabilité et dans les listes de dieux ); une porte de la ville portait son nom. Il est mentionné pour la dernière fois dans une inscription de Palmyre datée de l'an 6 av. J.-C. . Ses fonctions ont certainement subi des modifications entre ces dates extrêmes. Les listes akkadiennes et ugaritiques le mettent en connexion avec Nergal, ce qui en fait un dieu des Enfers. En cela, Theodor Caster oppose dans le panthéon d'Ugarit Réshep, dieu des Enfers, à Baal et Yarikh (la Lune), divinités du ciel . Cependant, un fragment de texte ugaritique laisse à penser qu'il a été le portier d'Utu, le dieu-soleil . Il semble avoir été l'un des grands dieux d'Ugarit souvent cité dans les rituels. Il n'intervient que dans un rôle secondaire au sein d'un texte mythologique: "Kéret" , où il apparaît comme le dieu "ailé" de la Peste, cause de la mort du cinquième fils de Kéret. Cet aspect de dieu de la Peste se retrouve dans les textes bibliques au millénaire suivant. Il n'est ensuite que cité : "prince Rashap", "Rarhap dans Bibit" . Il semble acquis que les nombreuses statuettes en bronze (provenant de Syrie-Canaan) d'un dieu aux reins ceints d'un pagne étroit, coiffé de la couronne oblongue égyptienne, le bras droit levé brandissant une lance, représente le dieu Réshep . On le retrouve ensuite mentionné en Anatolie dans les inscriptions de Karatépé sous la forme "resp sprm" (traduit par "Réshep des oiseaux", ou "caprin", ou "cerf") et de Zincirli. Mais c'est surtout en Egypte, où il est introduit au Nouvel Empire (v. -1500), qu'il va être le mieux représenté. Il apparaît dans les figurations des XIXè et XXè dynasties (fin XIVè-XIè s.) comme un dieu guerrier associé à Anat, Astarté, Qadesh (la Sainte), représenté avec la haute couronne blanche du Sud ou le pschent, debout, brandissant un javelot . Il est aussi figuré debout, de profil, tenant dans une main une lance, dans l'autre l'ankh (la croix ansée), portant la barbe et la perruque asiatique ceinte d'un étroit ruban ou coiffé du pschent, face à Min ithyphallique, les deux divinités encadrant la déesse Qadesh dressée nue sur un lion . Les Phéniciens ont introduit son culte à Chypre, où il a été identifié à Apollon, lequel apparaît aussi comme dieu de la Peste (déjà dans l'Illiade).


Rimush

Roi d'Akkad (-2278-2270), fils et successeur de Sargon. Il se trouvait aux côtés de son père lorsque, à la suite d'une rébellion, ce dernier fut assiégé dans sa propre capitale d'Akkad. C'est peut-être la raison pour laquelle il succéda au trône au détriment de son frère Manishtusu, qui paraît avoir été son aîné (ou peut-être son jumeau). Les premières années de son règne furent occupées à réprimer des révoltes qui éclatèrent à la mort de Sargon. Selon des omens, les principaux rebelles auraient été les "aînés du pays". Les inscriptions concernant Rimush, d'époque paléobabylonienne mais reprises sans doute de textes plus anciens, rapportent la répression de révoltes de villes du Sumer: d'abord Ur, dont il captura le roi, Kaku, ce qui implique que la ville avait recouvré son indépendance pendant suffisamment de temps pour se donner un roi; puis il poursuivit jusqu'à la mer Inférieure (le golfe Persique) sa campagne, au cours de laquelle il fit 5700 prisonniers qu'il concentra dans un camp. Selon une autre inscription, dans la guerre qu'il mena contre Ur et Umma, il tua 8 040 hommes. Les autres villes nommées contre lesquelles il eut àcombattre sont, en Sumer, Lagash, Girsu, Adab, Zabalam, et, en Akkad, Kazallu. La troisième année de son règne, il conduisit une meurtrière campagne en Élam, d'où il rapporta un important butin: "Rimus, le roi de Kis, défit dans une bataille Abalgamas, le roi de Barahsi, ensuite, Zabra et l'Elam se réunirent à l'intérieur de Barahsi pour engager le combat, mais il triompha et il tua 16 212 hommes, il captura 4 216 prisonniers.... Il vainquit aussi les villes d'Elam et il détruisit leurs remparts et [il extirpa du pays d'Élam] la racine de Barahsi : [ainsi il] domina l'Êlam, Enlil lui montrant [la voie] dans la troisième année, où Enlil lui donna la royauté. Au total: 9 624 hommes, y compris les tués, y compris les prisonniers. Par Shamash et Aba, je jure que ce ne sont pas des mensonges : c'est absolument vrai" . Parmi les alliés des Elamites, on trouve ensuite les gens de Mélukhkha et de Gupin. Ce dernier territoire mentionné aussi dans les textes de Gudéaà propos d'un bois qu'on y trouve, semble se trouver sur la côte nord du golfe Persique. Ainsi, il semblerait que Rimush ait poussé son incursion jusque dans l'actuel Kermân (la Carmanie des géographes grecs). Au nord, la domination de Rimush a dû s'étendre au moins jusqu'à Brak, où ont été retrouvés des fragments d'inscriptions le concernant. Son règne ne dura que 9 années, car, semble-t-il, il fut assassiné. Il est possible que son frère Manishtusu, qui lui succéda, ait trempé dans le complot. ICONOGRAPHIE : Le Louvre possède une partie de stèle trouvée à Tellô où, sur le registre le plus lisible, on voit, en bas relief, un archer bandant son arme au-dessus d'un homme couché, et, devant lui, un fantassin brandissant une massue (?) et tenant par la barbe un ennemi. Les deux soldats Akkadiens sont vêtus d'une robe serrée à la taille par une ceinture et portent un casque pointu sans doute en feutre tandis que les deux vaincus sont entièrement nus .


1 images

Sargon d Akkad

Fondateur (-2334 -2279) de la dynastie d'Akkad et de la ville de ce nom. VIE DU ROI : On ne possède qu'un monument contemporain de Sargon, une stèle triomphale retrouvée à Suse. Nous ignorons même son vrai nom, car sharrukenu (ou sharrukin) est un surnom qui signifie roi légitime . La Légende de Sargon est relatée dans des textes des époques néo-assyrienne et néo-babylonienne, soit près de quinze siècles après les événements."Je suis Sargon, le roi puissant, le roi d'Akkad. Ma mère était une grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville [natale] est Azupiranu, qui est située sur les bords de l'Euphrate.[...] Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et me mit au monde en secret. Elle me déposa dans une corbeille de jonc dont elle ferma l'ouverture avec du bitume. Elle me jeta dans le fleuve sans que j'en puisse sortir. Le fleuve me porta; il m'emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d'eau... [...]m'adopta comme son fils et m'éleva...[il] me mit à son métier de jardinier. Alors que j'étais ainsi jardinier, la déesse Ishtar se prit d'amour pour moi, et c'est ainsi que pendant [cinquante]-six ans, j'ai exercé la royauté" .On peut accepter le témoignage de certains textes qui nous apprennent que Sargon a été l'échanson du roi de Kish, Ur-zababa. S'est-il ensuite révolté contre ce roi et a-t-il quitté Kish pour fonder Akkad, ou, au contraire, a-t-il été choisi par ce roi comme son héritier et a-t-il dû fuir et fonder Akkad parce que Lugal­zagési, roi d'Umma et d'Uruk, et fédérateur des cités sumériennes, avait conquis Kish et mis à mort Ur-zababa ? Dans ce cas, la guerre audacieuse qu'il va mener contre Uruk pourrait être le fait non d'une bravade qui l'aurait conduit à s'attaquer au maître du premier Empire sumérien, mais, plutôt, d'une vengeance. Toujours est-il que ce long règne fut consacré à fonder le premier empire historique de l'Asie antérieure. Mais jusqu'où s'étendait-il ? On serait bien en peine de le déterminer avec certitude. Si l'on en croit les diverses légendes concernant Sargon, il aurait trempé ses armes dans le golfe Arabique, où il aurait conquis l'île de Dilmun et aurait soumis l'Élam, ce qui n'a rien d'invraisemblable. Vers l'ouest, Si l'on en croît l'épopée du "Roi du combat" il se serait "élancé vers les Montagnes claires (Liban?) et la forêt de Cèdres" (Amanus ?). Sous prétexte de défendre des marchands sémites opprimés par leur sukallu, il s'empara du pays d'Ibla (Cappadoce ?), où se trouvait Purushkhanda, ville du dieu Dagan. Vers la fin de son règne, il dut faire face à des révoltes qui le forcèrent à soutenir un siège dans sa propre capitale d'Akkad. Il réussit à vaincre les rebelles qu'il poursuivit jusqu'au Subarru, secondé par son fils Rimush. Nous connaissons le nom de sa femme, Ashlutum et celui de sa fille, En-hedu-ana "vraie femme de Nanna [...] dans le temple d'Inanna à Ur" . TEXTES RELATIFS À SARGON : - 2 tablettes d'argile bilingues (akk. et sum.) datant de la Ire dynastie de Babylone : " Sargon [...] vainquit la ville d'Uruk et détruisit son rempart. Il défit Uruk dans une bataille et fit prisonnier Lugalzagési, le roi d'Uruk, au cours de la bataille il l'amena dans un carcan à la porte d'Enlil. Sargon, le roi de Kish, gagna 34 batailles il détruisit les remparts jusqu'au bord de la mer. Il amarra au quai d'Akkad les bateaux de Méluhha, les bateaux de Magan [et] les bateaux de Tilmun.» Légende de Sargon : Citée plus haut. La Légende Sumérienne de Sargon : Sargon, échanson d'Ur-zababa, est visité en rêve par Inanna dans le temple d'Ézinu. Il y a vu le roi de Kish dans un flot de sang. Il le lui rapporte, ce qui effraie le roi, qui écrit à Lugalzagési. La fin de la tablette manque, mais son intérêt réside dans un long dialogue entre Sargon et Ur-zababa. Sargon et Lugalzagési : Fragment en sumérien par lequel on apprend le nom du père de Sargon, Laipum. Il y est aussi dit qu'il fit d'une femme de Lugalzagési sa concubine et qu'il marcha contre ce demier, comme si la cause du conflit était, précisément, cette femme. Sargon preneur de ville : Texte d'une tablette du Louvre où est rapportée la destruction d'une ville du pays d'Utanapishtim par "la horde" (?) d'Akkad. Elle est attribuée à l'époque de la 1ère dynastie de Babylone, bien qu'il y soit mentionné des "hommes de fer" Le Roi du combat (ou de la bataille : sar tamhSrim) : Constitué par plusieurs fragments, de la période de la 1ère dynastie babylonienne, ce texte rapporte l'expédition du roi vers la forêt des Cèdres et sa campagne contre le seigneur de Purushkhanda. On en possède plusieurs versions avec des variantes en ce qui concerne quelques détails. Chronique de Sargon : Tablette du BM de l'époque néobabylonienne. «Sargon, roi d'Akkad, s'éleva au pouvoir durant l'ère d'Ishtar et il n'eut ni rivaux ni opposants [...] Il traversa la mer du Levant et il conquit les contrées du Couchant... " C'est cette chronique qui nous apprend que dans sa vieillesse, Sargon dut subir un siège dans Akkad. Trait amusant : selon la chronique, il aurait construit près d'Akkad une réplique de Babylone, ce qui aurait provoqué la colère de Marduk. Or, ni Babylone ni son dieu, Marduk, n'existaient à l'époque de Sargon. ICONOGRAPHIE. Une très belle tête en bronze provenant de Ninive (Kuyunjik) et exposée au musée de Bagdad, semble être un portrait de Sargon. Sa stèle en diorite retrouvée (à l'état fragmentaire, en plusieurs morceaux) à Suse (musée du Louvre) est sculptée de bas-reliefs où les personnages sont représentés dans la grande tradition sumérienne. On y voit, en particulier, un soldat akkadien vêtu d'une robe qui tient sur son épaule droite une courte épée et qui empoigne de l'autre main un captif entièrement nu, les poignets liés par une corde dans le dos; dans une autre zone en partie effacée sont représentés des prisonniers jetés au sol, assis ou agenouillés, scène qu'on a pu interpréter comme un massacre, tandis que dans le registre inférieur les corps des morts sont abandonnés à des charognards, peut-être des vautours ou des sortes de gypaètes.


Shamash

Nom akkadien du dieu-soleil, identifié à l'Utu des Sumériens. Il était avant tout le dieu de justice invoqué par les devins et "maître des oracles" (avec Ishtar). C'est sous son égide qu'Hammu­rabi plaça son "Code".


9 images

shapash

Divinité solaire d'Ugarit. Son nom est écrit avec le sumérogramme UTU, le Soleil sumérien, traduit en akkadien par shamshul/Shamash et en cunéiforme sha-ap-shu (dans la liste polyglotte des divinités). Son voyage à travers le ciel en a fait le messager d'El et lui a valu l'épithète de nrt ilm = lampe des dieux (Aqhat/Danel VI, 46). C'est une divinité féminine qui, même si elle joue un rôle secondaire, apparaît souvent dans les textes mythologiques d'Ugarit. Son caractère solaire en fait aussi celle à qui s'adresse Anat pour retrouver le corps de Baal mort. Elle est aussi regardée comme le messager des dieux. Un petit texte incantatoire contre une morsure de serpent est caractéristique sur ce point. Dans ce texte intitulé par son éditeur Charles Virolleaud " shapash, la déesse soleil, et les serpents " (Ugaritica V 564), on voit un personnage féminin (déesse? ou simple jument?), appelé "phlt"=Cavale, mordu par un serpent qui se tourne vers la déesse-soleil "shapash ma mère, porte mon appel à El, à la source des fleuves, au milieu du cours des deux océans. Voici ma conjuration un serpent m'a mordue, un serpent venant de muer a craché son venin... Tout au long du texte, l'appel à shapash revient ainsi, sa fille lui demandant de porter son appel à chaque dieu d'Ugarit: Baal sur le (mont) Sapon, Anat, yarikh, Rashap (Résheph), Kamosh, Kothar-Khasis (le dieu forgeron) à Kaphtor (Crète), etc.


shar-kaIi-sharri

Fils(-2217 - 2193). de Naram-Sîn, roi d'Akkad. Il succéda à son père, qui avait atteint un grand âge, bien qu'il ait eu un frère qui était peut-être son aîné, Bin-kali-sharri. Dans sa titulature, il se déclare "fils bien-aimé d'Enlil le fort, roi d'Akkad et des sujets d'Enlil" : il a visiblement abandonné le titre de "dieu" inauguré par son père. Malgré ses efforts, et un règne passé en lutte contre les envahisseurs étrangers, il ne parvint à sauver l'Empire akkadien. A peine est-il monté sur le trône que les Elamites déferlent sur la plaine et mettent le siège devant Akshak, au nord d'Akkad. Ils sont repoussés par shar-kali-sharri mais cela n'empêche pas leur roi, Kutik-In-shushinak, de se déclarer " puissant roi d'Awan" et "maître des Quatre Régions", ce qui était le titre que s'était attribué Naram-Sin. À l'ouest, les Amorrites, contenus par les conquêtes de Naram­Sîn, revenaient en force. Il les repoussa au-delà du mont Basar (Gebel Bisri). Vers l'est, il conduisit deux campagnes contre les Guti, qui descendaient sans se lasser de leurs montagnes pour piller les plaines du Tigre, comme en témoigne une lettre d'Ishkun-Dagan, haut personnage qui se dit scribe et majordome, et qui écrit à un certain Lugalra qu'il peut travailler la terre en toute tranquillité car des garnisons dans des tours surveillent la plaine contre les Guti . Lors d'une fructueuse expédition, il captura leur roi, Asharlag (ou sharlak), mettant temporairement un terme à leurs déprédations. Par l'inscription d'un sceau ayant appartenu (semble-t-il) à ce même scribe, nous connaissons le nom de la reine, Tuta­shar-libbish. À l'intérieur, shar-kali-sharri construisit l'E-kur, le temple d'Enlil à Nippur». À sa mort, l'empire, débordé par les assauts de ses vieux ennemis, tomba dans l'anarchie, pour ne retrouver qu'un semblant d'équilibre avec deux rois dont on sait peu de chose. Ils ne semblent pas avoir été des descendants directs de la dynastie de Sargon. (voir Akkadiens).


shaushga

Déesse Anatolienne d'origine hurrite. Son nom apparaît dans les inscriptions Hittites sous la forme de l'akkadogramme dISTAR LiL (Ishtar du champ). Elle est identifiée à Ishtar de Ninive dans le panthéon hurrite. Hattusil III en fit sa divinité tutélaire. Elle apparaît deux fois dans les reliefs de Yazilikaya, parmi les dieux et parmi le groupe de déesses. Elle est accompagnée de deux servantes, Ninatta, déesse de la Musique, et Kulitta.


shiukh Faouqâni

(Tell) : Site syrien de la haute vallée de l'Euphrate, à peu de distance de Karkémish. Ce qui fait l'intérêt de ce site, dont l'exploration a débuté en 1995 et qui risque d'être condamné à disparaître sous la mise en eau du grand barrage que les Syriens construisent sur l'Euphrate, c'est la trouvaille de tablettes (150 env.) en akkadien, mais aussi en araméen. Quelques-unes portent des textes en cunéiformes et en alphabet araméen. Il s'agit d'archives privées qui devaient être conservées dans une jarre, dans une maison qui fut incendiée au VIle s. Les tablettes cunéiformes permettent de dater entre -676 et -648 leur rédaction. La rareté des textes araméens conservés de cette époque, quelques dizaines au total, rend précieuse cette trouvaille, d'autant plus qu'une douzaine de tablettes portent des traces de lettres araméennes peintes, ce qui est exceptionnel. Il s'agit, pour nombre d'entre elles, d'étiquettes attachées à des jarres, de contrats commerciaux et de notes comptables. Les textes ont permis d'identifier le propriétaire de la demeure, un riche homme d'affaires nommé Se-Usni, et le nom que portait le tell de shiuk Faouqâni dans l'Antiquité le toponyme est marqué sur une tablette par les consonnes BRMRN. Il ne peut s'agir que de la ville de Burmarina, connue par les annales assyriennes. Dans l'inscription (" Monolith Inscription " du BM) concernant sa campagne syrienne de -856 (an 1 de son règne), Salmanazar III rapporte qu'il marcha contre Til Barsip», la cité royale d'Akhuni de la maison d'Adini ("Bit Adini"), qu'il défit et assiégEa ensuite dans sa cité où il s'était réfugié, puis il marcha sur Burmarina (Burmar'ana), ville appartenant à Akhuni, qu'il assiégEa et prit d'assaut avant de passer au fil de l'épée 300 combattants. Il érigEa ensuite devant ses murs une pyramide de têtes coupées . La ville survécut visiblement à ce massacre et fut intégrée dans l'Empire assyrien. Le mobilier exhumé (poids en basalte en forme de canard de 0,532 kg qui pourrait correspondre à "l'étalon de Karkémish", sceau sur lequel est figurée la chèvre-poisson associée à Enki, signes lunaires associés au Sîn d'Harran, marques de sceaux appartenant au répertoire néohittite...) témoigne de l'éclectisme culturel du propriétaire de la demeure, et aussi de sa richesse, à en juger par la finesse de la céramique recueillie.


shulgi

Roi d'Ur (-2094 - 2047), fils et successeur d'Ur-Nammu. Son nom signifie en sum. : "noble jouvenceau". S'il revient à son père d'avoir fondé la IIIe dynastie d'Ur et bien que celui-ci ait pris le titre de roi de Sumer et d'Akkad, c'est shulgi le véritable fondateur de l'empire d'Ur et l'organisateur de l'État. Ce n'est qu'a partir de la 24e année de son règne que shulgi entreprit des campagnes militaires qui portèrent son empire à son apogée: onze campagnes dans le nord, vers Arbèles, et les régions occupées par les barbares Lulubi, lui assurèrent la domination de cette région dont le gouvernement fut installé à Simurrum et qui fut protégée par un mur (bad mada), par une politique dosée de mariages dynastiques et de guerres, il ajouta à l'empire l'Anshan (qui devint un État vassal) du côté de l'Iran, où il pacifia les montagnards de la région, avec lesquels il constitua un corps de troupe. Mais ce qui marque surtout le règne de shulgi, ce sont les réformes qu'il réalisa et l'organisation administrative et économique de l'Etat. Piotr Steinkeller (1987/1991,16-17) a résumé ses principales réalisations : création d'une armée permanente réorganisation des biens et de la gestion du temple (d'Enlil et de Ninlil) création d'un système administratif unifié pour tout le royaume, introduction d'une nouvelle formule de taxation (hala) avec l'installation de centres de redistribution des biens (comme Drehem) création d'un énorme dispositif bureaucratique concernant plus particulièrement les écoles de scribes, où étaient formés les futurs fonctionnaires et l'instruction qui leur était dispensée réforme du système d'écriture adaptation de nouvelles manières d'enregistrer et d'archiver les tablettes, réorganisation du système des poids et mesures, introduction d'un nouveau calendrier officialisé dans tout l'empire. Le hala (= rotation) était un impôt touchant les plus riches citoyens : afin de faire circuler les biens, au lieu de payer chacun son impôt à une époque déterminée, par le système du hala les imposables se relayaient pour que l'impôt soit payé tout au long de l'année, en général sous la forme de gros et de petit bétail. Il convient d'ajouter à cela la création de ce qu'on a pu appeler un "complexe industriel" spécialisé dans la production d'articles manufacturés, dépendant du gouvernement central. Une telle centralisation accompagnée d'un contrôle de l'État si étroit est un phénomène unique dans l'histoire économique du POA. A l'instar de Naram-Sîn, shulgi s'est fait déifier, comme pour donner une assise divine à son pouvoir. Son nom apparaît écrit avec le déterminatif divin dans une inscription datée de l'an 21 de son règne. Parmi les hymnes qui lui ont été consacrés, l'un d'entre eux, intitulé le "Roi de la route", marque cette filiation divine "Moi, le roi, un héros (sorti) du ventre de sa mère, je suis, Moi, shulgi, homme puissant dès sa naissance, je suis, un lion au regard féroce né du dragon (usumgal) je suis, Roi des Quatre Régions je suis, pâtre, berger des Têtes noires (= "Sumériens") je suis, Le Fidèle, le dieu de tous les pays je suis, Le fils né de Ninsun je suis, L'appelé du coeur du saint An je suis, Le Béni par Enlil je suis, shulgi, l'aimé de Ninlil je suis, Le Loyal nourri par Nintu, je suis, doué de sagesse par Enki je suis, le roi puissant de Nanna je suis, la gueule ouverte du lion d'Utu je suis, shulgi choisi pour la matrice d'Inanna je suis, Âne princier tout équipé pour la route je suis, Cheval qui balance la queue sur la grande route je suis, Noble âne de Sumugan (c.à.d. shakan dieu des Animaux de la steppe) ardant à la course je suis, Sage Scribe de Nidaba je suis" . On connaît mal la famille du roi. Une inscription nous a livré le nom de sa femme, Geme-Su'ena (inscription d'un sceau: "Ô Geme-Su'ena, épouse de shulgi, le roi d'Ur, shû-Kûbum l'écuyer est ton serviteur". Selon une hypothèse de Piotr Michalowski (1977, 224), shulgi aurait été assassiné et aurait été enseveli dans le mausolée en forme d'hypogée (retrouvé à Ur par Woolley) avec deux concubines ou épouses secondaires, peut-être sacrifiées pour l'accompagner dans l'au-delà, Geme­Ninlila et shulgi-simti.


5 images

shû-Sîn

Forme akkadienne du nom sumérien shu-Suen (voir Ur).


Sîn

Dieu babylonien de la Lune. Son nom serait d'origine sumérienne, contraction de en-zu = "seigneur de sagesse", ce qui aurait donné Su'en, akkadisé en Sîn, ou, au contraire, le dieu-lune akkadien aurait eu son nom "sumérisé" en Su'en (ou Suen). Identifié au Sumérien Nanna(r), il en a tous les attributs. Dans un texte médical d'époque médioassyrienne, il apparaît comme un dieu qui préside à la naissance; ce texte nous a conservé un court fragment d'un mythe où il assiste une vache lors de la mise bas d'un veau. Identifié à Nanna, il est chez lui dans le temple d'Ur, mais, contrairement à Nanna, il apparaît sous son nom sémitique comme le maître de nombreux sanctuaires dont le plus important était celui de Harran. Bien que son culte semble n'avoir eu qu'une importance secondaire dans l'ensemble des cultes mésopotamiens, il avait des temples à Urum, à Borsippa (dans l'Ézida), à Uruk, à Assur, à Babylone, à Bît-Suenna (près de Nippur), à Akkad, à Kalah et à Larsa, outre quelques temples connus par des textes mais non localisés. Plusieurs prières lui ont été consacrées, où il apparaît comme le dieu suprême : " Sîn, luminaire des cieux, seigneur le plus puissant des grands dieux, roi des contrées, père des dieux, maître des destins, le tout premier aux cieux et sur la terre, lumière des Igigu et de toutes les multitudes [...] Tu procures un jugement de droiture et de justice, tu raffermis le faible. A celui qui n'a pas de fils, tu procures un fils; l'inféconde sans toi ne conçoit pas, ne devient pas enceinte. Celui qui te cherche sans cesse ne manque pas (de faire) le bien... ". En tant que divinité de l'astre de la nuit, il occupait une place capitale dans les spéculations astrologiques et astronomiques.


7 images

Sumériens

Peuple qui, distinct par sa langue, contrôla au IIIème millénaire av. Jc le Sud de la Mésopotamie, près du Golfe Persique, et donna son nom à l'une des premières grandes civilisations historiques du Proche-Orient Ancien. Les anciennes traditions sumériennes conservaient le souvenir d'un "déluge" qui aurait anéanti l'Humanité à l'aube de son Histoire. En réalité, les fouilles archéologiques ont montré la réalité de plusieurs innondations de l'Euphrate, dont les plus catastrophiques se produisirent vers -2800 -2600, mais sur trois sites seulement : Ur, Kish et shuruppak - il s'agissait donc d'évènement purement locaux et non concomitants. Toujours est-il que l'on dressait des listes de rois avant et après le Déluge. C'est après le Déluge qu'on voit apparaître les noms des grandes cités sumériennes - Kish, Uruk, Umma, Lagash, Larsa, Ur-et les premières "dynasties", terme désormais consacré mais assez impropre, car la succession royale n'était pas toujours régulière. Les cités, qui aspiraient toutes à l'hégémonie, menèrent entre elles des guerres continuelles, aucune n'étant assez puissante pour imposer bien longtemps sa domination aux autres. Après l'apparition d'une dynastie de Kish, dont le dixième roi fut Enmébaragesi (vers - 2700), la période dynastique archaïque III (vers - 2600 - 2300 ) fut marquée par les souverains enterrés dans les "tombes royales" d'Ur, au mobilier funéraire riche en objets d'or et d'argent, auxquels succédèrent ceux de la première dynastie d'Ur, à partir de Mésannepadda, son fondateur, vers - 2560 - 2525. Au Nord d'Ur, à la même époque, régnaient les "ensi" de Lagash : l'un d'eux, Eannatum ( - 2455 -2425 ) , imposaz d'abord sa domination à la cité voisine d'Umma, commémora ce haut-fait par la célèbre "stèle des vautours", puis vainquit, entre autres, les Elamites, Ur et Mari. Mais après la mort d'Eannatum, les rois de Lagash furent détrônés par une famille sacerdotale, elle-même renversée par Uruinimgina (vers -2350 ); celui-ci, en dépit de son oeuvre réformatrice, ne put restaurer l'hégémonie de sa cité et fut vaincu par Lugal-zagesi, ensi d'Umma ( vers - 2340 - 2316), qui détruisit Lagash, s'empara d'Ur, d'Uruk et de Kish, étendit son autorité sur tout le pays de Sumer. Mais ce premier Empire Sumérien devait succomber rapidement sous les coups des Akkadiens, d'origine sémitique. Sargon l'Ancien ( vers - 2334 - 2279 ), après avoir renversé Lugal-zagesi, ( vers - 2345) , soumit toutes les cités de la Basse-Mésopotamie ; il aurait affirmé sa puissance en Elam, en Mésopotamie septentrionale, en Syrie, et peut-être jusqu'à la Méditerranée ( Chypre ?). Les Akkadiens assimilèrent la culture sumérienne ; ils adoptèrent les cunéiformes pour transcrire leur propre langue, qui resta après eux la langue courante en Mésopotamie. Miné par des révoltes incessantes, l'empire qu'avait fondé Sargon l'Ancien s'effondra après un siècle à peine d'existence, peu après - 2200, sous les coups de guerriers descendus des montagnes du Zagros, les Gutis. Ceux-ci, après avoir commis des destructions qui laissèrent un durable souvenir, regnèrent pendant près d'un siècle sur la Basse-Mésopotamie, en laissant aux cités sumériennes une assez grande liberté. Dès - 2145 environ, une véritable renaissance sumérienne commenca de s'épanouir à Lagash, sous le règne de Gudéa, qui, prenant le titre d'ensi, semble avoir été un véritable souverain indépendant, de même que son fils, Ur-Ningirsu. La ville jouissait à cette époque d'une prospérité sans égale. Les Sumériens, rétablissant un peu partout leur autonomie, atteignirent alors leur apogée : ce fut la brillante période de la IIIème dynastie d'Ur ( - 2113 - 2006). Son fondateur, Ur-Nammu ( - 2113 - 2095 ), grand bâtisseur, rétablit l'ordre en Sumer en mettant sur pied une administration efficace et en promulguant le plus ancien recueil de lois de Mésopotamie connu à ce jour; le successeur d'Ur-Nammu, shulgi, ( - 2095 - 2047), restaura l'empire, qui groupait Sumer, le pays d'Akkad, la Mésopotamie septentrionale et l'Elam, et prit, suivant l'exemple de l'Akkadien Naram-Sin, le titre de "roi des quatre régions du monde". Mais l'empire Sumérien se morcella ensuite rapidement sous la pression des Amorrites; pour finir, les Elamites, en - 2004, en détruisant la capitale et en capturant son roi Ibbi-Sîn, portèrent un coup fatal à la IIIème dynastie d'Ur. Après la chute de cette dernière, le pays se divisa en deux royaumes Amorrites avec la dynastie d'Isin au Nord et celle de Larsa au Sud, cependant qu'à Babylone, centre jusqu'alors peu important, s'affirmait à partir du XIXème siècle, une autre dynastie amorrite, conquérante. Le dernier roi de Larsa, Rim-Sîn, ne s'empare d'Isin (vers - 1794 ) que pour être vaincu à son tour, vers - 1763, par Hammurabi. Ce sont les Amorrites qui dominent désormais politiquement la Mésopotamie. Mais ils devaient recueillir, conserver et transmettre l'héritage de la civilisation sumérienne, comme le montrent la fidélité qu'ils consèrvèrent, pendant plus d'un millénaire et demi, à la langue sumérienne et l'inlassable travail de recopiage des textes sumériens par les scribes des temples et des palais dans tout le monde mésopotamien. L'Histoire, la pensée et l'Art ont, en Orient, leur Origine en Sumer.


Tchoga-ZanbiI

" Butte de la corbeille ", telle est la traduction de ce nom moderne d'un site élamite (voir EIam) situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Suse. Son nom antique était Dûr-Untash (Fort d'Untash en akkadien) ou AI-Untash­Napirisha (ville d'Untash Napirisha), du nom de son fondateur. Ecrit Untash-GAL (le sumérogramme GAL, servant à désigner le dieu " grand " élamite associé à Inshushinak reste énigmatique), son nom a été lu Untash-Khumbân, lecture abandonnée au profit de celle d'Untash-Napinrisha (v. -1275 - 1240), Napirisha étant la principale divinité du panthéon élamite. Ce "très grand prince" élamite fonda cette résidence royale afin d'en faire un centre religieux confédéral où les divers peuples de l'empire pussent venir adorer leurs dieux "sous la tutelle du dieu de Suse Inshushinak". Au coeur de la cité se dressait une majestueuse ziggurat dont il subsiste d'importantes ruines entourée de temples et enfermée dans un vaste temenos. Le quartier royal, au nord-est de la cité, comprenait plusieurs palais. Cette magnifique cité fédérative ne survécut que difficilement à son fondateur, qui en avait fait la capitale de son empire. Ses successeurs s'en retournèrent à Suse, et la cité végéta jusqu'à sa destruction finale par les Assyriens, vers - 640.


Tell Asmar

Ville du bassin de la Diyala, affluent du Tigre descendu du Zagros, au nord-est de Bagdad. La transcription akk. de son nom sum. est Isnou. La ville s'étendait sur 1 km carré, ce qui marque son importance. Sans doute fondée au IVè mill., elle prend une certaine extension pendant les DA Il et III; elle parvient à sa plus grande expansion à l'époque d'Ur III et à celle dite d'Isin et Larsa. Elle est soudainement abandonnée à l'époque paléobabylonienne, sans doute à la suite de sa conquête par Hammurabi, v. -1768. Un temple consacré à la divinité locale appelée Abri s'est développé sur trois phases (et niveaux stratigraphiques) successives. Le premier niveau remonte, selon les fouilleurs, au DA I, le deuxième au DA Il et le troisième au DA III, schéma un peu simple qui a, depuis, reçu quelques modifications. De ces trois périodes, l'édifice le plus important est le temple du DA Il appelé "Temple carré". C'est une construction massive axée sur une salle centrale ouverte sur quatre côtés : l'un donne sur une salle d'accès, par laquelle on pénètre dans le monument, les trois autres s ouvrent sur des cella rectangulaires servant manifestement au culte. Le plus important complexe demeure le palais des dynasties Amorrites, dont la stratigraphie s'échelonne sur cinq niveaux, s'étendant dans le temps sur le dernier siècle du îîîe mill. et les premiers siècles du îîe mill., étudiés en détail par Jean Margueron . Le premier élément de ces ensembles était un temple consacré à shû-Sîn (anciennement Gimil-sin) par le gouverneur de la ville au nom du roi d'Ur, Ituria. À la suite d'un incendie partiel, le palais a été reconstruit par Nurahum. Il fut entièrement remanié (phase III) par le roi Bila-lama, à qui l'on doit, semble-t-il, la sécularisation du temple. La phase IV est caractérisée par une extension des bâtiments, qui s'est faite en particulier sous le règne d'Urninmar. Quelques restes d'une cinquième phase datent de l'époque des derniers rois de la cité, Ibiqadad et Ibalpiel. Comme tous les palais mésopotamiens, ils sont constitués de séries de salles axées sur une ou plusieurs grandes cours centrales et, sans doute, pourvus d'un étage. A l'époque akkadienne, au complexe appelé palais du nord était lié un ensemble de structures axées sur une cour centrale, où ont été retrouvés des systèmes d'évacuation d'eau avec plusieurs pièces d'abord interprétées comme des salles de bains, mais dans lesquelles on a vu ensuite un ensemble d'ateliers de teinture de textiles. LES LOIS D'ESHNUNNA. Il s'agit de deux grandes tablettes trouvée lors des fouilles de TelI Harmal en 1945 et 1947 (sources A et B) complétées par des extraits retrouvés dans une tablette d'exercice de scribe exhumée dans les années 1980 lors d'une fouille de sauvetage du bassin du Harim, à Tell Haddad (source C). L'introduction de la première tablette (source A) a permis d'attribuer ce corpus fragmentaire de lois à la ville d'Eshnunna, capitale d'un petit État devenu indépendant à la fin de l'époque d'Ur III. Les lois ont été collationnées sous le règne de Dadusha sans doute le dernier roi de la ville indépendante, car il était contemporain du début du règne d'Hammurabi. La majorité des incipit de lois commence par summa, qui signifie Si» suivi d'un substantif (awiîum un homme, ou encore «il»). Elles concement les actes commerciaux et surtout les relations sociales.


3 images

Umma

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq. Le site de la ville (act. Djokha) s'étend sur une éminence dominant une plaine qui, à l'époque sumérienne, était bien irriguée et largement cultivée. La ville étant éloignée des deux grands fleuves, tout un ensemble de canaux suffisamment larges permettait aux bateaux de venir déverser leur marchandise jusqu'au karum. Appelée en sumérien Umma, la ville se nommait en akkadien Kissa ou kishsha, transcription du logogramme GIsh-KÙshUki. Dans la titulature des rois d'Umma, son nom est écrit SÂR-DIS. Umma entre dans l'histoire grâce en particulier aux textes de Lagash par lesquels nous connaissons les querelles entre ces deux cités-Etats pour une palmeraie ou des champs. On connaît un certain nombre de rois d'Umma grâce à quelques brèves d'inscriptions, mais, pour la grande majorité d'entre eux, ce ne sont que des noms qu'on situe mal. Pour un certain Aga, roi d'Umma, mentionné sur une perle en lapis-lazuli, on s'est posé la question de savoir s'il s'agit du roi du même nom, fils d'Enmebaragési (Agga), roi de Kish. Le premier roi connu semble être Pabilgagi, dont le nom a été lu sur une statuette consacrée à Enlil. Le nom d'E'abzu roi d'Umma est inscrit sur un fragment de statuette en pierre. Avec Urluma, on apprend le nom de son père, Enakalé, qui fut lui aussi roi d'Umma. Enakalé est contemporain d'Eannatum (v. - 2454 - 2425) de Lagash, contre qui il fut en guerre au sujet de la palmeraie précitée, et avec qui il passa un traité, à la suite duquel il fit élever une digue le long de la nouvelle frontière. Il est possible que cet Enakalé ait été le fils d'Ush donné comme ensi d'Umma (dans les textes de Lagash, les seigneurs d'Umma sont appelés ensi, dans leurs propres inscriptions il se donnent le titre de roi) c'est lui qui déclara la guerre à Lagash en déplaçant la borne qui fixait les limites des territoires contrôlés par les deux villes, afin d'intégrer la palmeraie dans sa petite principauté. Urluma est mentionné dans deux tablettes (une en lapis-lazuli, une autre en argent) à propos de la construction de temples. Son deuxième successeur semble être Il(a), qui se déclare fils d'Eandamu et petit-fils d'Enakalé. Son fils, Gishakidu qui lui succéda, était contemporain d'Énanatuma Il de Lagash. Il épousa sa parente Bara'irnum (fille d'Urlumma). La guerre avec Lagash se poursuivit, plus ou moins larvée, sous ces rois. Il revint à Lugalzagési (vers - 2340 - 2316) d'y mettre un terme définitif. Il marcha sur Girsu, prit la ville, qu'il mit au pillage, incendia le temple Antasura, perpétua des massacres dans les palais et les sanctuaires, ainsi que nous l'apprend une malédiction qui appelle sur sa tête la vengeance de Nidaba. Ce qui ne l'empêcha pas de prendre ensuite Ur, Uruk, et de soumettre les villes du Sumer. Abandonnant le titre de roi d'Umma, il se déclara roi d'Uruk et du Pays, c'est-à-dire du Sumer : "(Lorsque) Enlil, le roi de tous les pays, à Lugalzagesi, le roi d'Uruk, le roi du Pays, le purificateur d'An, le prophète de Nidaba, le fils de Wawa, prince d'Umma et prophète de Nidaba [...] doué d'intelligence par Enki, l'appelé d'Utu [...], lorsque Enlil, le roi de tous les pays, eut donné à Lugalzage-si la royauté du Pays (et) l'eut justifié au regard du Pays, qu'il eut mis tous les pays à son service (et) du levant au couchant, les eut soumis à sa loi... " . Lugalzagési est le premier conquérant connu du POA à avoir fondé un petit empire. Cela ne lui permit pas, néanmoins, de résister victorieusement à un nouveau soleil, Sargon d'Akkad. Vaincu par ce dernier, il fut traîné dans un carcan à la porte d'Enlil. Umma continua de prospérer sous les rois d'Akkad et ensuite sous ceux de la IIIe dynastie d'Ur, comme en témoignent les nombreuses tablettes économiques la concernant. La divinité tutélaire d'Umma était le dieu shara, dont l'un des temples portait le nom, souvent utilisé dans d'autres cités, d'é.mah (Maison exaltée). Les autres temples étaient: sig4.kur.sà.ga (Brique, montagne du coeur) et é.sà.ge.pàd.da (Maison choisie dans le coeur), tous deux sanctuaires de shara; (é).ib.gal, temple d'Inanna sous le nom de Nin-Ibgal; un temple consacré à Enkigal, construit par Urlumma, deux autres, consacrés à Ereshkigal et Ninhursag, édifiés par Lu-Utu, enfin un temple consacré à un dieu dont le nom est écrit avec le logogramme dTAG.NUN (Utu ?), construit par Il.


2 images

Ur

Ville du Sumer, dans le sud de l'Iraq, retrouvée dans le site du tell Muqayyar (ou Umgheîr). Un premier établissement fut fondé à l'époque d'El-Obeïd, vers la fin du Vè millénaire. C'était un village de huttes en roseaux et en pisé. Il fut submergé vers - 3900 à la suite d'une inondation exceptionnelle de l'Euphrate ou d'un déplacement du cours du fleuve qui laissa un niveau de limons stériles appelé par le fouilleur diluvium, par référence aux mythes du Déluge. De nouveaux établissements se succèdent pendant les époques d'Uruk et de Djemdet Nasr (entre -3900 et -2900). Les premiers siècles de l'histoire d'Ur, au DA, qui débute alors, restent à peine entrevus. La LRS donne Mésannépada, fils de Meskalamdug, roi de Kish comme fondateur de la 1re dynastie d'Ur, la troisième cité qui a pris la prédominance après le Déluge, à la suite de Kish et d'Uruk. On ne sait si ce Meskalamdug est le même personnage que celui dont on a retrouvé la sépulture dans le cimetière royal. Dans ce cimetière, situé au sud du temenos de Nanna(-Suen), les fouilleurs ont mis au jour 1 850 tombes dont les dates se situent entre - 2700 - 2600 et 2100. Parmi celles-ci, 16 sont considérées comme des tombes royales, hypothèse fondée sur la richesse du mobilier recueilli, le fait que les tombes étaient maçonnées et les titres (lugal pour les hommes, nin pour les femmes) accompagnant les noms de quelques-uns des personnages qui y étaient ensevelis. Le propriétaire de l'une d'entre elles (n0 1050), avec qui furent ensevelies une cinquantaine de personnes, Akalamdug, se déclare le fils de Meskalamdug. Il n'est pas non plus mentionné dans la LRS, mais il porte le titre de lugal, comme son père. On ne sait non plus quelles relations a pu réellement avoir Puabi, dont la tombe était l'une des plus riches du cimetière avec ces rois dont elle était à peu près contemporaine. Ce qui apparaît à l'évidence, c'est que ces personnages royaux, qui ont vecu aux XXVIIè s. et XXVIè s., ont été accompagnés dans leurs tombes par tout un personnel sacrifié pour continuer de les servir au cours de leur vie dans l'au-delà. À l'exception des quelques personnages cités ici, on ne connaît ni les noms ni la condition sociale des autres occupants des 1850 tombes. Il est possible, comme l'a suggéré Susan Pollock , que n'ait été enseveli là, à peu de distance du temenos, que le personnel du haut clergé du temple du dieu-lune et les dignitaires du palais. Cependant, Mésannipada, peut-être descendant ou parent des personnages royaux cités, ne semble pas avoir été inhumé dans ce cimetière, pas plus que son fils et successeur Aanépada. La LRS donne encore trois successeurs a Aanépada : Mes-kiag-Nanna, son fils, qui régna 36 ans, puis Élulu et Balulu, dont on ne connaît pas les liens de parenté et qui auraient régné respectivement 25 et 36 ans. La suprématie passa ensuite à la dynastie d'Awan, ce qui nous conduit aux environs de - 2400. La LRS cite une IIe dynastie d'Ur avec les noms incomplets de quatre rois qui auraient régné 116 ans. Si cette dynastie a existé, elle n'a pu réellement exercer une hégémonie ni, non plus, durer si longtemps, car vers -2340 Lugalzagési d'Umma, devenu roi d'Uruk et de Kish a soumis les villes de Sumer avant d'être lui-même renversé par Sargon d'Akkad, vers - 2334. Bien que l'histoire d'Ur à l'époque du DA reste à peu près inconnue, on sait que la ville était déjà devenue prospère, enrichie par le commerce que favorisait sa position sur le bas Euphrate, en communication directe avec les marchés de Dilmun, Magan et Mélukhkha. Elle était en même temps un aboutissement du commerce du golfe Persique et un port de transit des marchandises qui remontaient le fleuve jusqu'en Syrie. Son activité semble s'être ralentie pendant la période d'Akkad, bien que son prestige, et surtout celui de son temple de Nanna, fût déjà tel que Sargon établit sa fille Énhéduanna prêtresse du du sanctuaire. Ur va briller d'un dernier éclat avec la fondation de la IIIe dynastie, par Ur-Nammu, Son fils et successeur shulgi organise, consolide et étend encore l'empire d'Ur, qu'il conduit à son apogée. C'est sous les règnes de ces deux souverains que les monuments de la ville sont reconstruits, à commencer par les sanctuaires du temenos de Nanna et sa ziggurat. Ur-Nammu a commencé à entourer la ville d'une puissante muraille et à organiser ses deux ports, l'un à l'ouest, sur l'Euphrate, et l'autre au nord de la ville, sur un canal qui l'entourait en partie. C'est aussi lui qui a entrepris la construction de la ziggurat, appelée é.temen.ni.gùr.(ru) = "Maison, Fondement de la terrasse (ou Terrasse de fondation) revêtue de terreur", dont les bases, en partie reconstituées, subsistent encore et qu'acheva le fils de shulgi, Amar-Suen. Le temple lui-même, é.kis.nu.gàl, avait déjà été reconstruit par Naram-Sîn, et il fut sans doute remanié par Ur-Nammu. Une grande partie des 84 sanctuaires, chapelle et édifices de caractère cultuel recensés par A. R. George paraient déjà la ville ou ont été construits à cette époque. Amar-Suen ( - 2046 - 2038) ne régna que peu d'années mais il réussit à agrandir l'empire en y annexant une partie de l'Assyrie. shu-Suen ou shu-Sîn ( - 2037 - 2029), nom lu jadis Gimil-Sîn, succède à son frère Amarsuen. Il avait marié sa fille au fils du roi de Simanum, ville située vers l'Assyrie ; ce dernier avait été chassé de son trône, ce qui obligEa shu-Suen à intervenir; les rebelles furent déportés dans la région de Nippur, où l'on bâtit pour les loger une ville. Par ailleurs, la menace que les nomades Amorrites faisaient peser sur les frontières occidentales se précisent. C'est à cette époque que furent construits (ou achevés si shulgi en avait commencé la construction) le "mur des Amorrites" et un canal qui reliait le Tigre à l'Euphrate, canal qui aurait mesuré dans les 275 km. Deux femmes de la famille royale sont connues par un balbale , "Abi-Simti et Kubatum"; cette dernière était sans doute l'épouse de shu-Suen et Abî-simti celle d'Amar-Suen (plutôt que de shulgi, comme le pensait Falkenstein). À shu-Suen succède son fils (plutôt que son frère) Ibbi-Sîn ( - 2028 - 2004). À l'instar de shulgi, il utilisa la force militaire et les mariages diplomatiques, sans pour autant réussir à maintenir la cohésion de l'empire. Sous la pression sans cesse renouvelée des Amorrites, les fortifications qui défendaient la frontière de leur côté sont débordées et les nomades se répandent dans le pays. Ibbi-Sîn confie alors le commandement des provinces menacées à Ishbi-Erra tandis que lui-même marche contre l'Élam révolté. Il est vaincu et rentre en hâte à Ur, qu'il a fait plus encore fortifier. Profitant de la faiblesse de l'empire, de la famine qui sévit à la suite de la perte des provinces et de la destruction des récoltes, Ishbi-Erra se rendit alors indépendant dans Isin. En - 2007, puis de nouveau trois ans plus tard, les Elamites, alliés aux Amorrites et aux Su (un peuple barbare des montagnes encore inconnu, mais il s'agit peut-être simplement des gens de Suse), ravagent le Pays de Sumer et, finalement, prennent Ur et mettent à sac la vénérable capitale. Comme le laissent entendre les lamentations sur la destruction d'Ur, la ville ne tarda pas à renaître de ses cendres, mais elle avait perdu toute puissance politique : elle ne sera plus désormais qu'une ville sainte, la cité du dieu-lune, toujours dépendante de Babylone ou des Assyriens


Ur-Nammu

Gouverneur d'Ur (-2112 -2085). Sous le règne d'Utu-hégal à Uruk, il succéda à ce dernier on ne sait comment. Peut-être était-il simplement son fils. Mais il ne s'installa pas à Uruk, il établit la nouvelle capitale à Ur. Dans ses inscriptions, concentrées dans les villes de Sumer: Ur, Érîdu, Larsa, Lagash, Nippur et Uruk, par lesquelles est défini le territoire sur lequel il régnait, il se dit "l'homme fort, le roi de Sumer et d'Akkad". Fondateur de la IIIe dynastie d'Ur, il commence le travail de centralisation bureaucratique qui marque l'administration de cette dynastie. Il bâtit ou reconstruisit plusieurs temples (notamment de Nanna), releva le rempart d'Ur, fit creuser des canaux, replanter des dattiers, en bref, se montra un remarquable administrateur qui permit le développement du Sumer sous cette nouvelle impulsion. Il nous a été conservé en sumérien un hymne à la gloire du roi qui reconstruisit l'Ekur - le temple d Enlil; Le texte est divisé en deux chants chacun d'une forme differente appeles par le scribe qui les a redigés sagidda et sagarra. On attribue à Ur-Nammu un code de lois qui semble t-il serait plutôt dû a son fils et successeur shulgi. Les tablettes trouvées à Nippur et Sippar nous ont conservé le prologue à la gloire du roi et de ses dieux, et 37 lois. On a aussi retrouvé un poème sumérien intitulé "La Mort d'Ur­Nammu, où celui-ci fait une visite aux dieux de l'Enfer à la suite de sa mort sur un champ de bataille où il avait été abandonné "comme un pot broyé". Le musée de l'université de Pennsylvanie a reconstitué une belle stèle fragmentaire où l'on voit, notamment, le roi faisant une offrande devant une divinité assise sur un trône (Ningal?).


6 images

Urkesh

Un fragment de mythe traduit par Harry Hoffner Jr. sous le titre de "la Quête de l'argent pour Kumarbi" déclare à l'adresse d'Argent (le métal symbolisé) que son père est Kumarbi, le père de la cité d'Urkesh qu'il "réside à Urkesh, où il juge avec équité tôus les procès du pays". Depuis longtemps, Urkesh était connue par les textes, en tant que capitale du royaume hurrite. Une tablette de bronze trouvée selon un témoignage dans les environs de Samarra, ville d'Iraq au nord de Bagdad, comportant une dédicace à Nergal par Arisen, roi d'Urkesh et de Nawar, publiée par François Thureau-Dangin , conduisit cet assyriologue à situer la ville à l'est du Tigre. AIbrecht Goetze se rapprocha de la réalité en la situant dans le triangle du Khabur. On proposa aussi Tell 'Amuda, sur l'actuelle frontière turco-syrienne , mais il semble que la question a été résolue à la suite de l'exploration de TeIl Mozan, dans le nord de la Syrie, dans la plaine du Khabur, au sud du Tur Abdin. Le nom d'Urkesh a été lu sur une empreinte de sceau au nom du roi Tupkish. Le site a été occupé dès l'époque d'Halaf (-5500 - 5000). Les différents monuments exhumés, remontant au IIIe mill., sont d'abord un temple dit "temple BA" (phase I, v. -2450), gros bâtiment rectangulaire, un édifice qui aurait été un magasin royal, une demeure privée et une partie des remparts hauts de 6 m sur une épaisseur de 8 m. Dans la demeure privée ont été retrouvées deux tablettes administratives datées de la période d'Akkad et d'Ur III (-2200 - 2000). Toute une série de sceaux (ou d'empreintes) représentant des scènes avec personnages assis ou debout, dans un style sumérien, illustrent la "vie" du roi Tupkish et de son épouse, Uqnitum. Un important mobilier datant du DA III et de l'époque akkadienne a été recueilli, en particulier des objets en cuivre martelé et en bronze (vases, armes...), ainsi qu'une petite statuaire animalière en pierre et en terre cuite. Quant à Nawar, cité dans l'inscription publiée par Thureau-Dangin, on avait suggéré une identification avec le pays de Namri (ou Namar), situé vers le Zagros, ce qui conférait au pays hurrite une immense étendue, bien réduite depuis que de nouvelles découvertes ont montré qu'il existait une ville appelée Nawar dans la région du Khabur .


Uruk

Ville du Sumer, au nord d'Ur et au sud-est de Babylone. Le nom moderne du tell où gît l'antique cité a conservé son ancienne appellation sous la forme Warka. Le premier établissement a été fondé vers la fin du Ve mill., dans la dernière phase de la période d'El-Obeîd. Grâce aux fouilles menées en profondeur à la hauteur de l'Èanna (temple du Ciel), on a pu établir une stratigraphie dont le mobilier propre à chaque niveau a permis de faire de l'Uruk préhistorique le site éponyme du dernier millénaire de la protohistoire de la basse Mésopotamie, succédant à l'obeïdien : Uruk ancien, appelé aussi dans la terminologie anglo-saxonne "protoliterate" ( - 4000 - 3750); Uruk moyen (-3750 - 3500) et Uruk récent (- 3500 - 3100). C'est au cours de cette dernière période qu'apparaissent les premières tablettes dans une écriture idéographique. Après la période intermédiaire de Djemdet Nasr débute l'époque historique appelée dynastique ancien ou archaique (DA). Malgré son ancienneté, Uruk ne fait pas partie des villes antédiluviennes de la LRS. Mais elle vient juste après Kish pour ravir à cette dernière la prééminence en Sumer avec sa 1re dynastie, aux alentours de -2700. L'auteur de la LRS n'utilise pas le nom d'Uruk, pourtant prestigieux à son époque, mais celui d'Éanna, à qui la royauté fut accordée au détriment de Kish. Le fondateur de la dynastie est Mes­kiag-gasher, fils d'Utu (le dieu-soleil), qui devint grand prêtre et roi (lugal), et qui aurait régné 324 ans. Le texte ajoute qu'il vint dans la mer (?) et en sortit vers les montagnes, ce que d'aucuns (à commencer par Jacobsen) ont interprété selon la marche du soleil, qui se couche dans la mer à l'occident (mais la mer, pour Uruk, est au sud et invisible parce que trop éloignée) et se lève derrière les montagnes à l'est. Le fils de Meskiag-gasher, Enmerkar, est le héros de plusieurs épopées. La LRS en fait le fondateur d'Uruk. Ce qui ne peut être interprété que de cette manière : Uruk n'était encore qu'une agglomération autour de l'Éanna, voisine du bourg de Kullab, où se trouvait le temple d'Anu. Cette bourgade portait le nom du temple E.an.na.ka. Enme­rkar aurait fusionné les deux bourgs voisins pour en faire une seule ville sous le nom d'Uruk. Après un règne de 420 ans lui succède Lugalbanda, lui aussi héros de plusieurs mythes à qui est attribué un règne de 1 200 ans. Entre ce règne et celui de Gilgamesh, donné dans l'épopée comme le fils de Lugalbanda et de la déesse Nin-Sun (la dame buffle), la LRS place Dumuzi, dont la cité est Ku'a(ra) [dans le texte sumérien ku6-aki, alors que dans les mythes le concernant il est seigneur de Bad-Tibira. Gilgamesh, de son côté, est dit, dans la LRS, fils d'un démon lillû, grand prêtre de Kulla. Gilgamesh règne 126 ans, puis son fils Ur-Nungal (ou Ur-lugal = roi d'Ur) monte sur le trône où il règne 30 ans ; son fils Utul­kalamma(k) lui succède, sans qu'aucun grand mythe lui soit rattaché, contrairement à ses illustres prédécesseurs. La LRS cite encore cinq rois pour cette dynastie, le dernier étant Lugal­ki-tum (ou Lugalkigin), qui, après un règne de 36 ans, fut détrôné par Mésannépada, le roi d'Ur, lequel acquit à sa cité la prééminence. Trois fois encore, Uruk aurait réussi à retrouver une situation dominante, avec ses Ile, IIIe et IVème dynasties, qui, excepté la IIIe, illustrée uniquement par Lugalzagési, lequel fut d'abord roi d'Umma, n'ont eu aucune importance. Malgré ce passé mythiquement glorieux que lui acquit sa 1re dynastie, Uruk ne joua jamais qu'un rôle secondaire dans l'histoire même de Sumer, et elle perdit toute indépendance après que Sargon d'Akkad eut vaincu Lugalzagési et rasé ses hautes murailles. Toute sa grandeur, qui s'est édifiée pendant la période protodynastique, est conservée dans la version ninivite (assyrienne) de l'Épopée de Gilgamesh :"Celui qui a tout vu" (Gilgamesh) [...] fit construire le rempart d'Uruk-l'Enclos, du saint temple Êanna, le trésor sacré. "Regarde cette enceinte qu'entoure une frise pareille au cuivre, contemple ses pilastres que personne jamais n'égalera prends donc l'escalier qui est antique, approche l'Eanna, la demeure d'Ishtar que nul roi de I'avenir jamais n'égalera ni personne; monte donc sur le rempart d'Uruk, promène toi, examine les fondations, scrute le briquetage. Doutez vous que son briquetage soit en briques cuites et que les sept sages en aient jeté les fondations ? 3 600 arpents de cité, 3 600 arpents de vergers, 3 600 arpents d'argilière, 10 800 arpents le temple d'Ishtar, 10 800 arpents et 1 800 arpents : c'est l'aire d'Uruk !". Ville riche, ville opulente, Uruk avait conservé dans ses moeurs les principes de l'époque où elle vivait sous un régime de caractère démocratique, où l'assemblée du peuple décidait des affaires de la ville, avant que s'imposât un système monarchique dans lequel, néanmoins, le roi n'était pas tout-puissant. C'était aussi une ville de plaisirs : la cité des courtisanes, des hiérodules et des filles de joie (al kezrêti shamhatu u harimati), dit le poète de l'Èpopée d'Erra (IV, 52). Ce sont ces mêmes courtisanes, hiérodules et filles de joie, "tout le personnel féminin du temple d'Ishtar", que la déesse convoque pour se lamenter après que le héros et Enkidu ont tué le Taureau céleste. Comme Ur, Uruk reste cependant une ville sainte, la cité d'Inanna / Ishtar, que les rois de toutes les époques, jusqu'aux Séleucides, ne vont cesser d'embellir, dont les temples sont sans cesse construits ou reconstruits, dont l'artisanat produit en permanence des oeuvres d'art. Quoique venant en cinquième position, après Babylone, Assur, Nippur et Ur, pour le nombre de ses chapelles et sanctuaires, elle en comptait 76. Son déclin ne commence qu'avec les Parthes et les Sassanides, pendant les premiers siècles de l'ère chrétienne, jusqu'à ce que l'assèchement du bras de l'Euphrate auprès duquel elle était bâtie oblige ses habitants à l'abandonner, peu avant l'invasion des Arabes musulmans.


14 images

ziggurat

Mot akkadien dont la racine, zaqqaru, signifie "être élevé". Il désigne les tours à étages qu'on rencontre dans toute la Mésopotamie et en Elam, construites dans l'enceinte des temples. Le nom n'apparaît qu'à l'époque paléo-babylonienne, et il était écrit avec le sumérogramme U-NIR. Forme architecturale inventée par les Sumériens, la ziggurat, a-t-on pu supposer, figurait la montagne (du pays originel des Sumériens?) sur laquelle se manifestaient les dieux, dans un pays de plaines. Un petit temple (gigunu) était construit au sommet où il est possible que se soient déroulées les hiérogamies entre le dieu, descendu du ciel, et son épouse, en l'occurrence la reine ou une hiérodule, le dieu étant incarné par le roi ou un prêtre. Si chaque cité avait sa ziggurat, certaines pouvaient en avoir plusieurs.


9 images

Ziusura

C'est le nom du héros sumérien de l'histoire du Déluge, appelé par les Akkadiens Ut(a)-napishti(m), expression qui signifie "Celui qui trouve la vie". Au bout de sa quête de la plante d'immortalité, Gilgamesh parvint aux confins du monde où réside dans son éternité Ut(a)-napishti(m)-le-Lointain. Ce dernier lui fit le récit du Déluge (qui occupe la, plus grande partie de la tablette XI de l'Epopée de Gilgamesh [inspirée du récit du poème d'Atrahasis]. Ut(a)-napishtim, alors roi de shuruppak, fut sauvé par la faveur d'Éa, qui, ne pouvant l'avertir directement parce qu'il avait prêté serment avec les autres dieux de ne pas souffler mot aux hommes de la préparation du déluge destiné à supprimer l'humanité, le fit savoir aux haies de roseaux, qui le lui répétèrent. Comme le fit Atrahasîs, il construisit un immense bateau (décrit avec ses six entre­ponts) où il fit entrer des représentants de toutes les espèces animales mais aussi tous les artisans, toute sa famille, son argent, son or, des provisions de toutes sortes (90 hectolitres de bitume, autant d'huile de la bière, du vin, de l'eau, etc.). survint le Déluge, qui dura six jours et sept nuits. Enfin, le bateau s'échoua sur le mont Nisir (dans le nord-est de l'Assyrie). Ut(a)-napishtim lâcha alors une colombe qui, ne trouvant pas à se poser, revint au bateau il délégua alors une hirondelle, puis un corbeau qui ne revint pas. Enfin, par on ne sait quelle mansuétude, Enlil accorda l'immortalité à Ut(a)-napishtim et à son épouse. "Alors, conclut Ut(a)-napishtim, on m'emmena et on me fit habiter loin, à l'embouchure des fleuves."

Revenir à la page d'accueil de Mésopotamie Chronologie interactive de la Mésopotamie Histoire et cultures des peuples de la mesopotamie Une présentation de la Mésopotamie : Histoire et empires Carte interactive des villes du Proche-Orient ancien modélisations 3D autour de la Mésopotamie Pour contacter le webmaster de Mésopotamie ou laisser un message dans le livre d'or Visitez le site professionnel de l'auteur de ce site : Christophe Gaggero Animation interactive pour tout savoir sur la naissance et l'évolution de l'Ecriture en Mésopotamie et au Proche Orient ancien Testez vos connaissances avec notre quizz ! Quel sera votre classement ? Un outil ludique et pédagogique Recherchez des images sur la Mesopotamie : base de données de 447 images Lexique des cultures mésopotamienne : Rois, dieux, villes, etc.
Accueil Chronologie Peuples Introduction Carte 3D Contact Auteur Ecritures Quizz Images Lexique