Les lieux et villes du Proche-Orient ancien

Dictionnaire des villes et sites géographiques du Proche Orient ancien

126 définitions trouvées dans la base "Mésopotamie"...

Choisir un autre thème du dictionnaire

Rechercher un terme particulier :  

Mot

Définition

Images

Abû Salabikh

Site sumérien (Sud-Irak), occupé depuis le Dynastique archaïque, qui pourrait être l'antique ville d'Eresh.

Alaca Höyük

Cité royale d'Anatolie . Les premières occupations de ce site remontent au moins à -3000. Les tombes royales, richement décorées, qu'on y a découvert datent des environs de -2400. Elles appartiennent à la culture Hatti , qui précéda l'arrivée du peuple Hittite. Les objets d'Art que renfermaient ces tombes mettent en évidence le culte du taureau. On peut voir dans ce site la ville antique de Kushshara, capitale de l'Ancien Empire Hittite.

Alep

Ville de l'actuelle Syrie du Nord, elle porte le nom de Halam dans les tablettes d'Eblaet de Mari. Capitale d'un royaume prospère jusqu'au XVIe siècle, la ville fut détruite par le souverain Hittite Murshili Ier (vers 1595)

Images à ce sujet

Alishar

Site d'Anatolie centrale , dont les premières occupations remontent au Bronze Ancien (-2500). On y a retrouvé des poteries (dites " Cappadociennes") et des tablettes en cunéiformes semblables à celles retrouvées à Kanesh, le comptoir Assyrien en Cappadoce. Par la suite , le site tombe sous domination Hittite, puis Phrygienne.

Altin Tepe

Site de la Turquie Orientale, près d'Erzincan. Cette ville fortifiée fut importante au sein du Royaume d'Urartu (vers -850 -650).

Amman

Capitale de l'actuel Royaume de Jordanie, fut d'abord une ville Cananéenne, capitale du Royaume Ammonite. Elle fut annexée par le Roi d'Israël David, avant d'être intégrée à l'Empire Assyrien de Teglath-Phalasar III(-744 -727).

Aqar Quf

Voir Dûr Kurigalzu.

Arslan Tash

Village kurde au Nord de la Syrie, son nom signifie en turc : "la pierre au lion". On y retrouva les restes d'un palais Assyrien.

Images à ce sujet

Atchana (Tell)

Voir Alalah.

Balawat

Site au Nord de l'Irak, au Nord du site de Kalhû. Ancienne ville Assyrienne d'Imgur-Enlil (littéralement : "Enlil est favorable"). Occupée dès la période d'Obeid, ce n'est qu'au IXème siècle qu'elle prend une réelle importance. On y a découvert les restes d'un palais néo-assyrien et d'un temple à Mamu (dieu local sans relation avec la déesse sumérienne des rêves), ainsi que de très beaux reliefs en bronze datant des règnes d'Assurnasirpal II et de son fils, Salmanazar III (scènes de chasse, de campagnes militaires).

Images à ce sujet

Béhistoun

Site de l'Iran occidental, son nom en Vieux-Perse , Bagistana, signifie "la place du Dieu". Darius y fit graver un relief le représentant face à ses ennemis vaicus, comme le "mage" Gautama, un usurpateur et un rebelle. Au dessus de la scène se tient Ahura -Mazda.

Birs Nimrud

Voir Borsippa.

Bogazköy

Voir Hattusa.

Images à ce sujet

Brak (Tell-)

Nom arabe d'un vaste Tell du Nord-Est de la Syrie, à proximité du Haut Khabur. Occupée depuis la période d'Obeid (vers -3800), il fit partie de l'empire Mitannien, avant d'être abandonné vers -1400. On y retrouva des restes d'un temple de l'époque de Jemdat Nasr.

Choga Zanbil

Voir Tchoga Zanbil.

Images à ce sujet

Damas

Actuelle capitale de la Syrie, Damas passait dans l'Antiquité pour la plus vieille ville du monde. Dans cette région très fertile, certaines traditions Arabes situent le Paradis terrestre. Au bronze moyen, la ville faisait partie du "Pays d'Upi". Entre -1400 et -1200, le pays d'Upi est envahi par les Égyptiens, puis par les mitanniens et les Hittites. Après une période obscure d'un siècle et demi, les Araméens y installent un royaume indépendant sous le nom d'Aram. Mais Aram est conquis par David, roi de Juda, puis par son fils, Salomon. Ce royaume Araméen d'Aram, souvent en conflit avec le royaume d'Israël, survivra jusque vers -732 , moment de la chute du dernier roi araméen, Radyan. Damas, comme nombre d'autres royaumes araméens, finira par tomber aux mains de Sargon II (victoire assyrienne à Qarqar).

Images à ce sujet

Deir AIIa (TeII)

Site non identifié, sur la rive est du Jourdain (act. Jordanie).Les fouilles archéologiques ont permis de voir que le lieu a été occupé dès l'époque du Bronze Moyen. Mais, au début de la période suivante, au XVIè s., une plate-forme artificielle a recouvert l'ancien établissement, pour servir de socle à un sanctuaire du Bronze Récent. Ce temple a plusieurs fois été reconstruit avec des briques crues et un toit en bois, jusqu'à sa destruction finale par un séisme au début du XIIe S. L'influence égyptienne est sensible dans le mobilier de cette période. Un cartouche, au nom de la reine Taousret (v. 1200), a aussi été retrouvé. Le site n'a cependant pas été abandonné ni non plus sa tradition religieuse, comme en témoigne le sanctuaire du niveau IX daté de la fin du IXe S. C'est là qu'a été recueillie une inscription écrite sur une paroi recouverte de plâtre. Les fragments de plâtre inscrit recueillis se présentent comme un puzzle qu'il a fallu reconstituer et auquel il manque d'importantes parties. Le texte a été rédigé par un scribe expérimenté qui semble avoir recopié un texte rédigé sur des peaux ou sur papyrus. Il utilise un alphabet proche de celui qui nous est connu à la même époque par les inscriptions cananéennes et araméennes. La langue utilisée reste un sujet de discussion, mais il s'agit d'un dialecte inconnu par ailleurs, intermédiaire entre le cananéen (et l' Ammonite) et l'araméen. Le grand intérêt de cette inscription réside dans le fait qu'il semble s'agir d'une prophétie d'un personnage appelé Balaam fils de Béor: " Ceci est le livre (spr) de Balaam, le fils de Béor, le voyant des dieux. Pour autant qu'il est concerné les dieux lui apparaissent pendant la nuit. » Or un personnage de ce nom, lui aussi devin et fils de Béor; apparaît dans la Bible (Nombres, 22-24), dont l'histoire est restée célèbre pour ses aventures avec son âne. Néanmoins, le lien entre les deux textes ne tient qu'au nom du personnage, bien qu'on ait pu rapprocher certains passages des deux textes. Dans la vision de ce Balaam se manifeste une déesse solaire dont le nom a disparu (on trouve plus loin le nom de shagar; dont on pense que c'est celui de la déesse en question, mais certains auteurs voient en ce mot, s~r, un substantif signifiant «jeune », " rejeton"). Balaam rapporte sa vision d'un conseil de dieux shadday, ce dernier nom (ici désignant sans doute des divinités toutes-puissantes) se retrouvant dans les textes bibliques comme surnom d'El(ohim), «le Tout-Puissant». Ces dieux semblent demander à la déesse d'envelopper les cieux de nuages pour que les humains restent dans les ténèbres et que disparaisse toute vie. Dans ce texte, dont les obscurités tiennent à son état fragmentaire sont utilisés la prose et les vers, l'une pour le récit, les autres pour exprimer les prophéties, des proverbes et des lamentations.Il semble que le bâtiment où il a été retrouvé ait été un sanctuaire qui fut peu après détruit par un tremblement de terre. Le site a encore été occupé jusqu'à l'époque perse (VIe s.). On y a aussi recueilli quelques ostraca pourvus de brèves inscriptions.

Der (Tell ed-)

Vaste site de 50 ha à 25 km au sud de Bagdad. Il est acquis que le nom antique du site, en tout cas à l'époque paléobabylonienne, était Sippar-Amnânum (à ne pas confondre avec la cité "jumelle" de Sippar). Dominique Charpin a démontré, par ailleurs, que les noms qu'on trouve dans la littérature assyro-babylonienne de Sippar-Annunitum, Sippar-rabûm et Sippar-dûrum désignent cette même ville. Elle semble avoir été fondée à l'époque de la IIIè dynastie d' Ur, dans les deux derniers siècles du IIIè mill. L'exploration du site, sur une aire restreinte n' a rendu aucun habitat au-delà de la période d'Ur III et en deçà du règne du Kassite shagarakti-shuriash ( -1245 -1233). Les fouilles ont permis de mettre au jour dans un secteur une superposition de dix-sept strates s'étendant entre le XXIème et le XVIIIème s. Une large digue avait été élevée pour protéger la cité des débordements du Tigre, mais on n' a pas retrouvé ses fortifications, connues par une lettre de Samsuiluna. La découverte la plus importante reste la demeure d'Ur-Utu, directeur des chanteurs d'Annunitum, la principale déesse de la cité. Plus de deux mille tablettes y ont été recueillies, nous faisant connaître ses activités religieuses et commerciales au XVIIème s. La maison a été incendiée en -1629. Le temple de la déesse, appelé é.ul.mas, reste à retrouver. Nous savons, par des inscriptions de Nabonide, qu'il aurait été construit par le roi Amorrite de Babylone Sabium (-1844 -1831). Ammisaduqa l'aurait rebâti et shagarakti-shunarh y aurait apporté des modifications. Une autre inscription de Nabonide nous apprend que le temple et la ville, à la suite de la colère de Sîn (on ignore pourquoi il était irrité contre les gens et les prêtres de Dêr), furent détruits par Sennachérib. Ainsi le temple était-il en ruine quand Nabonide le fit reconstruire.

Dhû I-Khalasa

Sanctuaire de Khalasa, sur la route des caravanes de l'encens. Selon les traditions Arabes, il serait à situer soit à Tabâla, à huit journées de marche au sud de La Mecque, soit au nord du Yémen. Il semblerait que ce Khalasa était un dieu archer qui, selon une hypothèse de Fahd , aurait pris le nom d'une plante aromatique (arabe : hais, halasa) serpentant sur le rocher qui l'aurait primitivement représenté. Il existait aussi à La Mecque une divinité du même nom, dont le caractère agraire est marqué par les offrandes d'orge et de froment qu'on lui faisait, accompagnées de libations de lait. Cependant, il s'agissait là d'une déesse. Les desservants de la divinité appartenaient à la tribu des Banû Bâhila.

Djemdet Nasr

Site mésopotamien à une centaine de kilomètres au sud de Bagdad. Il consiste en deux Tells contigus de 1,5 ha et 7,5 ha. Ce nom moderne signifie en arabe la " petite colline de Nasser" (nom d'un cheikh de la contrée) . Le site a été occupé vers -4000 et il s'est développé pendant la période d'Uruk. Sa poterie caractéristique et son mobilier (en particulier de nombreux sceaux et cylindres) de la dernière partie du IVèmill. en ont fait l'éponyme d'un niveau culturel correspondant au niveau III de l'Éanna (temple d'Anu et Inanna) d'Uruk, et qui a englobé les villes de la basse Mésopotamie (-3200-3000 / -2900). De cette période date le principal bâtiment en briques crues et cuites, couvrant une superficie de 92 x 48 m, sans doute un centre administratif. C'est là qu'ont été recueillies plus de 200 tablettes inscrites d'idéogrammes et de signes proto-cunéiformes qui représentent, après les tablettes d'Uruk (dans l'Eanna), le plus ancien essai d'écriture. Il s'agit de tablettes administratives et économiques concernant des distributions de rations (salaires), des comptes de troupeaux, des mesures de champs. Plusieurs d'entre elles portent des impressions de cylindres. Sur treize d'entre elles, on a pu déchiffrer les symboles de plusieurs cités de la basse Mésopotamie qui, peut-être, étaient tributaires de Djemdet Nasr: Ur, Larsa, Nippur, Uruk, Kesh, Zabala, Urum. Dans un petit registre à l'angle inférieur gauche d'une tablette, les idéogrammes de l'étoile à cinq branches et d'un monument sur une plate-forme, lesquels se lisent respectivement UB et AB, semblent désigner un a grand centre (ou institution) a qui ne serait autre que le bâtiment en question. Par ailleurs, la lecture sur une autre tablette des signes NI et RU (ou UB ?) pourraient représenter le nom antique de la ville.

Drehem

Petite localité iraquienne, au sud-est de Nippur. L'attention sur ce site a été attirée par la trouvaille de nombreuses tablettes cunéiformes mises au jour au cours de fouilles clandestines. Treize d'entre elles ont alors été copiées et publiées par François Thureau-Dangin (1910) avec un simple commentaire, sans transcription ni traduction, et plus largement étudiées l'année suivante par Henri de Cenouillac (1911), qui proposa d'identifier le site avec Puzrish-Dagan. Le nom a aussi été lu sur une tablette Sellus-Dagan par Albrecht Coetze. Depuis, plus de 10 000 tablettes provenant du site ont été publiées. Bien que nulle fouille scientifique (malgré l'importance du site !) ni aucune trouvaille sur place d'une inscription ne vienne la confirmer, cette identification est acceptée par tous les assyriologues. Le roi d'Ur (III) Shulgi, la 39ème année de son règne, avait fait construire un temple (ou un palais?) en son honneur, portant le nom de Purish-Dagan, lequel fut étendu à l'ensemble des bâtiments administratifs. Mais, en réalité, la fondation en ce lieu d'une sorte de grand centre administratif destiné plus particulièrement à servir d'entrepôt de marchandises et de parc à bétail, sans doute pour le palais d'Ur et pour le temple de Nippur, date d'avant l'inauguration du temple/palais, peut-être en 27 du règne de shulgi. Les constructions de l'an 38 ont été imposées par l'extension de ce centre devenu de plus en plus important, au point que son administration requérait la collaboration d'une armée de scribes et de fonctionnaires divers qu'il fallait loger sur place. Les archives de Drehem sont avant tout des pièces comptables, enregistrement de livraisons ou de transferts d'animaux, de dépenses pour la nourriture des animaux (orge) et pour celle du personnel de l'établissement, livraison de lait et de laine des troupeaux, tannage de peaux d'animaux, listes et bordereaux de livraison d'objets manufacturés en or, en argent ou en pierres semi-précieuses. Les comptes de deux tablettes laissent penser que passait par ce centre environ 50 000 moutons par an (Calvot, 1969), ce qui a conduit à se poser la question de savoir Si ce bétail transitait par Puzrish-Dagan, où il séjournait quelque temps avant d'être conduit dans d'autres parcs, ou Si la majorité de ce bétail n'était que comptabilisé dans ce centre sans avoir à y passer.. Les animaux comptabilisés à Drehem sont des ovins, largement majoritaires (70 000 en moyenne par an), des bovins (plus de S 700 par an), des gazelles (776 par an), des équidés (660 par an), des cervidés (132), des ours (91). Après la mort de shulgi, le centre a continué de fonctionner sous ses trois successeurs, jusqu'à la fin de la IIIè dynastie d'Ur. Il convient de préciser que les tablettes administratives de Puzrish-Dagan ont conservé des éléments des plus précieux pour la connaissance de l'économie et de l'administration royale à l'époque d'Ur III, mais elles ont aussi apporté des données très riches sur les personnages de la cour, la famille royale elle-même et les hauts fonctionnaires de l'État.

Ésagil (a)

"Maison dont le sommet est haut" (sum. é.sag~.il), tel est le nom du temple de Marduk à Babylone. Il se dressait face à l'enceinte dans laquelle était enfermée la grande ziggurat appelée é .te.me .en~.an.ki, «Maison fondement (plate-forme) du ciel et du monde souterrain (ou de la terre) e, axis mundi qui reliait les mondes humain et divin. Entre eux passait la voie sacrée qui conduisait à la porte d'Ittar et jusqu'au temple extérieur de l~Akitu. L'Ésagil aurait été construit (ou reconstruit) par le roi amorrite de Babylone, Sabium (-1844 -1831), détruit par Sennachéribe, reconstruit par Assarhaddonc et complété par Assur-banipal, enfin restauré à plusieurs reprises, au point qu'il existait encore à l'époque parthe (1er s av. JC.IIe s. de notre ère). Le sanctuaire proprement dit, dédié à Marduk et à sa parèdre Sarpanitum, mesurait 79,30 x 85,80 m. Nana et Nabû y avaient aussi leurs chapelles. Il jouxtait un autre complexe de 89,40 m sur sa façade nord et de 116 m sur sa façade sud. Dans ce dernier bâtiment étaient aménagées des chapelles consacrées à Éa, Anue, Nusku, Sîne. Les plafonds, Si l'on en croit une inscription de Nabuchodonosor, étaient soutenus par des poutres en cèdre revêtues d'or et d'argent. Des tablettes babyloniennes recueillies dans diverses fouilles (Sippar, Uruk,Assur) ont conservé une partie d'un texte que les modernes ont intitulé Chronique de l'Esagil. Il a été rédigé entre la fin du îîe mili. et le début du millénaire suivant. C'est une histoire, en grande partie légendaire, de l'Esagil, tout à la gloire de Marduk. Après une longue introduction emplie de voeux, l'auteur évoque la succession des dynastes des villes du Sumer et d'Akkad qui eurent ou perdirent la royauté selon leur piété à l'égard de Marduk, lequel était totalement inconnu des Sumériens de ces époques anciennes. C'est ainsi qu'on en arrive à une légende relative à 5argon d'Akkad : «A propos du vin des coupes à libation de l'Esagil, Ur-Zababa ordonna à Sargon, son échanson : "Change [-le]." Sargonne changEa pas le vin; au contraire, il prit grand soin de le livrer diligemment à l'Ésagil. Marduk, le fils du prince de l'Apsû (Enki), posa sur lui son regard bienveillant et lui confia la roya-uté sur les "quatre rives". Il prit soin de l'Esagil. "Fous (ceux) qui résidaient dans des palais [apportèrent] leur tribut à Babylone ". La tablette de l'Esagil du Louvre (AO 6555) nous a aussi conservé de nombreux éléments concernant le temple avec les mesures de son parvis (101,5 x 80,29 m env.), celles de la base de la ziggurat (Etéménanki), tous ces éléments devant rester secrets, comme l'indique une recommandation: «Que l'initié à l'initié la montre ! Le profane ne doit pas la voir." On a conservé tout un rituel concernant les cérémonies pratiquées dans le temple au 9è mois de l'année (Kislîmu nov/déc) parallèle à celui de l' Akitu au mois de Nissanu.

Fara

Voir shuruppak.

Images à ce sujet

Halab

voir AIep.

Halaf (Tell)

voir Guzana.

Harran

Ville au nord de l'Euphrate. Elle appartient au domaine culturel assyro-syrien, mais les caprices de la politique font qu'elle est située actuellement en Turquie orientale. Son nom akk. était Harra-nu (sum. KASKAL, hébr. Haran). Ce terme possède de nombreux sens en akk. : "route" ," chemin", " voyage", " caravane" . Lorsque le mot est précédé des déterminatifs URU ou KUR, il désigne une ville ou une région. Ainsi le nom d'Harran vient-il de la position de la ville à un carrefour de routes. Dans des inscriptions assyriennes, la ville porte le nom d'Huzirina. Son nom apparaît pour les premières fois dans une tablette cappadocienne de Kanesh ("itinéraire d'Urbana" , datée du XIXe s. et, quelques décennies plus tard, dans une lettre de Mariadressée à Iasmah-Addu. ~ Harran, dont l'histoire reste peu connue, était l'un des plus importants centres du culte du lieu-lune Sîn avec Ur. Le temple du dieu, é.hul.hul (" Maison qui apporte la joie "), remonte pour le moins à l'époque paléobabylonienne. Il a été reconstruit par les rois Assyriens Salmanazar III et Assur-banipal. Ce même sanctuaire semble avoir abrité aussi une chapelle de Ningal. On connaît encore un autre temple dédié à Nusku qui fut aussi restauré par Assur-banipal. À l'époque d'Hammurabi, la ville est gouvernée par le roi amorrite Asditakim. Il fit une alliance avec le roi de Zalmaqum et les chefs des Bédouins benjaminites en révolte contre le roi de MariZimri-Lim, alliance qui fut conclue dans le temple de Sîn. À l'époque médio-assyrienne, Harran devient assyrienne et Adad-nârâri 1er au début du XIII è s., fortifie sa citadelle. La cité s'étant révoltée contre les Assyriens, Assur-dan III (-772 -755) la détruisit en -763. Sargon II la reconstruisit. Après la chute de Ninive, en 612, le dernier roi d'Assyrie s'y réfugia et en fit sa capitale jusqu'à sa prise, deux ans plus tard, par les Mèdes, qui la mirent à sac. Le temple fut particulièrement soigné par le roi néobabylonien Nabonide, dont la mère, Ada Guppi, était prêtresse. Les fouilles n'ont pas permis de retrouver les restes de ce temple de la Lune. SULTANTÉPÉ. Dans le tertre voisin de Sultantépé, les fouilles ont mis au jour la résidence d'une prêtresse et la bibliothèque d'un prêtre, Qurdi Nergal. Selon un colophon, les textes qui la composent auraient été rédigés par des étudiants de l'école du temple, entre -718 et -612. Contrairement à de nombreuses archives, la plupart de ces 407 tablettes sont de caractère littéraire. Il s'agit de versions incomplètes de grands textes épiques et d'ouvrages devenus des classiques de la littérature akkadienne: Énûma élish, Épopée de Gilgamesh, Épopée d'Erra, mythe d'Anzu, légende kuthéenne de Narâm-Sîn, poème du Juste souffrant , conte du "Pauvre Homme de Nippur". Toujours en akk. figurent dans la bibliothèque de nombreux textes de caractère économique et médical, des prières et des hymnes, des incantations et des rituels (souvent fragmentaires) des omens, des textes hémérologiques et ménologiques, astrologiques et astronomiques. Les numéros 150-217 incluent des textes Sumériens et bilingues, mythologiques, des ershemma (en l'honneur de Marduk), et des incantations Cette bibliothèque non seulement enrichit notre connaissance de la littérature mésopotamienne, mais complète ou rectifie certains textes classiques dont il manquait des parties.

Images à ce sujet

Hégra

voir Nabatéens.

Hureidha

Village de l'Hadramout (Yémen), au nord-ouest duquel a été mis au jour un temple consacré au dieu-lune Sîn. Le temple présente trois stades de construction. Dans son premier état, il consistait en un simple bâtiment rectangulaire de 12,50 x 9,80 m, sa façade étant tournée vers le sud-ouest. Une entrée monumentale lui fut ajoutée, de 2,60 m, en avancée. Dans un troisième temps, la façade fut agrandie, et l'on construisit un escalier d'accès à la terrasse. Tout l'ensemble du monument était fait de pierres soigneusement taillées. La cité à laquelle il appartenait, qui n'a pas été explorée, paraît avoir été fondée vers la fin du VIe s. Néanmoins, les fouilles ont aussi mis au jour plusieurs tombes qui ont rendu un beau mobilier: sceaux en agate avec monture d'argent, vases en pâte de verre, scarabées, objets en ivoire. Quelques inscriptions ont été relevées .

Isan al-Bahariyat

Voir Isin.

Ishchalî

Site de la vallée de la Diyala, dans l'est de la Mésopotamie. Les fouilles de ce tell de 600 x 300 m sont restées localisées, mais ont rendu au jour une partie des remparts de la ville avec sa porte monumentale de Shamash un temple de Shamash un ensemble appelé sérail a et surtout un grand temple pourvu de nombreuses salles axées sur deux grandes cours, appelé Kîtitum. Il était consacré à trois divinités dont la principale était Inanna/Ishtar. Il a connu trois grandes périodes de reconstruction avec des remaniements à la dernière époque (III / IV). Dans son dernier état, les deux cours contiguës possédaient chacune leur porte monumentale donnant sur la même artère, auxquelles on accédait par une volée d'escaliers. Plus modeste, le temple de Shamash, adossé à la muraille, près de la porte du même nom, ne comportait qu'une seule grande cour à laquelle on accédait par deux salles depuis la porte d'entrée. Ces complexes monumentaux datent du début du îîe mill. (époque d'Isin-Larsa et babylonien ancien). Un certain nombre de tablettes ont été recueillies au cours des fouilles, dont 326 ont été publiées. On avait proposé d'identifier le site à la ville de Dûr-Rimush (nommée dans une inscription), nom que Jacobsen a préféré attribuer au site voisin de Bismaya . Parmi l'abondant mobilier recueilli dans le site, il convient de mentionner les plaques d'argile où sont figurés des personnages en relief, dont une avec un homme chevauchant un buffle et des représentations de la déesse (nue) Inanna, les statuettes d'un singe assis (en albâtre) et celles, en bronze, d'une déesse vêtue d'une ample robe, assise sur un tabouret, pourvue de quatre visages, et d'un dieu debout, un pied posé sur un bouquetin minuscule, lui aussi pourvu de quatre visages (ces deux dernières ont été trouvées dans le sérail).

Kaaba (al-)

Sanctuaire de La Mecque contenant la Pierre noire, une météorite assimilée à un bétyle. Ce mot, dont l'étymologie désigne ce qui est carré mais aussi les seins d'une vierge (ka'ib), a été mis en rapport avec le nom de la déesse Khaabou (forme grecque), donné par saint Épiphane à la déesse vierge, mère de Dusarès. Cette structure carrée, dans le mur de laquelle a été intégrée la Pierre noire à l'époque de Mahomet, abritait certainement, à l'origine, un bétyle symbolisant une déesse-mère. Déjà, à l'époque antéislamique, le sanctuaire enfermé dans une enceinte sacrée (Hâram), était recouvert d'un tissu qui fut brûlé dans la jeunesse de Mahomet, avant qu'il se soit cru désigné pour sa mission religieuse. Aucune fouille n'étant possible dans le site de La Mecque, il est difficile de déterminer l'époque de la fondation du sanctuaire, bien qu'on ait proposé de nombreuses hypothèses. Sa construction doit se situer vers le début de notre ère mais le culte lui-même de la Pierre noire remonte certainement beaucoup plus haut. Les traditions musulmanes, influencées par les textes bibliques, n'ont évidemment aucune valeur historique ou archéologique. Aussi peut-on rejeter dans le domaine du mythe celle qui situe dans ce sanctuaire le sacrifice de son fils par Abraham (lui-même sans doute un personnage mythique) et qui lui attribue sa construction. Son origine nabatéenne reste possible, mais non démontrée. Le sanctuaire est lié à la fondation de La Mecque, autour d'un point d'eau, fort important dans une région désertique sur la piste reliant les régions du Sud, productrices de l'encens, et l'actuelle Jordanie, où parvenaient les caravanes. Le nom de cette source, Zamzam, a été rattaché à celui de la divinité sumérienne Zababa . Quoi qu'il en soit, elle possédait un caractère sacré qui a permis la fondation du sanctuaire avec son bétyle. Durant les derniers siècles précédant la naissance de l'islam, la Ka'ba devint, sans doute pour des raisons économiques et en conséquence de l'importance que prit en Arabie la tribu des Qurayshites, grâce au commerce, un lieu de pèlerinage de nombreuses tribus Arabes. Dans son Hâram étaient figurées toutes les divinités de l'antique Arabie et des pays voisins, trois cent soixante au total, soit sous la forme de bétyles ou de statues, soit peintes. On y voyait ainsi une représenta­tion de Jésus (Isa) et de la Vierge Marie.

Karatépé

Site néo-hittite de Turquie, au nord-est d'Adana (Cilicie). Il s'agit d'une place forte enfermée dans une enceinte de 1 km de circonférence, dominant de 400 m le cours du Ceyhan. Elle est pourvue de deux portes monumentales, l'une au sud-ouest (dite porte supérieure), l'autre au nord-est (porte inférieure). Les deux portes, constituées par une première salle donnant accès à une seconde salle, le tout formant un T, et permettant de pénétrer dans la citadelle, présentent à leur base des orthostates sculptés de reliefs où sont figurés diverses scènes de la vie du souverain de la cité. Des inscriptions bilingues en phénicien et en hiéroglyphes Hittites (luwites) nous font connaître le maître de ce palais-forteresse. Elles sont réparties sur des lions gardiens des portes, des orthostates et une statue du souverain, et disposées en plusieurs colonnes. L'inscription phénicienne doit être lue à partir de la première colonne sur un orthostate de la porte inférieure. Elle commence ainsi : «Je [suis] Azitawada le béni de Baal, serviteur de Baal, qu'a fait puissant Urikki, roi des Danuniens". Il apparaît ainsi que cet Azitawada (ou Azitiwada) était un roi vassal du roi des Danuniens, Urikki, qui a fait construire cette forteresse à laquelle il a donné son propre nom, cela sur les ordres de Baal et de Resheph, pour qui il a fait des sacrifices. Il semblerait que cet 'WRK ne soit autre que l'Urikki mentionné dans les annales de Tiglatphalazar III en tant que son vassal, ce qui date l'inscrip­tion de la seconde moitié du VIIIè s.. Quant aux DNNYM, dans lesquels certains auteurs ont cru voir les Danaens de l'Illiade, il semblerait que ce soit plutôt la transcription phénicienne du hittite A-dana-wa-na, nom des habitants de la ville et de la région d'A-dana-wa, l'actuelle Adana. Le texte original était en phénicien et la version luwite en est la traduction. Le nom d'Azitawada paraît être luwite. Cette inscription est le plus long texte phénicien encore connu.

Kerkuk (Kirkuk)

Ville d'Iraq, à l'est de Mossoul, sur les pentes du Kurdistan. C'est l'antique Arrapha, qui fut un mument la ville forte des Guti. Elle est dominée par une citadelle qui témoigne de son importance dès la haute Antiquité, mais elle n'a guère été fouillée. Dans le site et les territoires environnants ont été recueillies de nombreuses tablettes cunéiformes, dites pour cela "tablettes de Kerkuk", ainsi que des cylindres connus en particulier par leurs empreintes sur ces tablettes et suffisamment caractérisés pour constituer une série particulière. Contenau rapproche cette série du style syro-hittite et la caractérise par l'abondance des représentations de l'arbre sacré et l'utilisation extensive de la bouterolle, créant " des figures d'animaux dont les diverses parties du corps, museau, crâne, épaules, croupe, sont autant de cupules réunies après coup par le graveur". La plupart de ces tablettes assyriennes, datées du milieu du IIè mill., sont des contrats de vente ou de location, et plus particulièrement des contrats d'adoption. Elles proviennent, pour la plus grande partie d'entre elles, du site voisin de Nuzi.

Khafajeh

Site de la vallée de la Diyala, à l'est de Bagdad, identifié à l'antique Tuttub. Le site couvre 216 ha avec quatre tells principaux. Le tell A, qui a été le plus largement exploré, a rendu plusieurs monuments du DA, dont le plus vaste et le plus célèbre est le temple dit ovale, daté du DA Il. Il consiste en une grande enceinte de forme oblongue (elle-même ceinte d'une muraille de même forme) à l'intérieur de laquelle sont adossés des bâtiments ouverts sur un vaste parvis. Au fond de cette cour, le temple proprement dit s'élevait sur une plate-forme à laquelle on accédait par un escalier monumental . Plus petit mais d'une grande importance était le temple attribué sans doute à tort à Sîn. Un sondage stratigraphique jusqu'au sol vierge a permis de voir que 10 monuments se sont superposés dont le plus ancien remonte à la période d'Uruk et le plus récent au DA III . L'occupation du site s'est poursuivie à l'époque d'Akkad comme le prouve la présence de bâtiments de cette époque. Sur le tell D voisin, de plus petite taille, a été bâtie une citadelle dominée par un temple de 45 x 75 m consacré au dieu Sîn de Larsa ces constructions datent de la période d'Isin-Larsa et du babylonien ancien. Des tablettes trouvées dans le temple ont permis son identification et d'y lire le nom antique de la ville, Tuttub . Au sud-ouest, le tell B, qui semble avoir été le plus récemment occupé, et où ont été mis au jour une partie de remparts et un ensemble de bâtiments, a été identifié avec la cité paléo­babylonienne de Dur-Samsuiluna (fort de Samsuiluna, construit vers - 1725). Comme le site voisin d'Ishchali, Khafajeh a rendu un important mobilier; dont des séries de plaques de terre cuite avec des reliefs représentant des scènes variées.

Images à ce sujet

Khorsabad

Voir : Dur sharrukin.

Images à ce sujet

KüItepe

voir Kanesh

La Mecque

Principal établissement arabe sur la route de l'encens, entre le Yémen et la Nabatène. Il est impossible d'évaluer l'ancienneté de la fondation d'une première bourgade autour du puits de Zamzam. Vraisemblablement, pendant des millénaires, les Bédouins de cette région centrale du Hedjaz ont dû camper autour de ce puits et bientôt y adorer un bétyle, la Pierre noire de la Kaaba. Néanmoins, Si l'on en croit la Sirat Rasùl Allàh (Vie de Mahomet rédigée par Ishaq), le puits de Zamzam aurait été creusé tardivement à la suite d'une vision d'Abdu'l-Muattalib, alors que de nombreux puits avaient déjà été creusés. L'étymologie du nom de la ville reste problématique. La racine arabe "mkk" peut aussi bien signifier l'extraction de l'eau dans un puits, du lait d'une mamelle d'animal, de la moelle d'un os, que l'affluence d'une foule dans un petit espace. On a aussi proposé d'y retrouver le nom de l'alouette (al-mukkâ), parce que les pèlerins, parvenus à la fin des rites de pèlerinage, auraient imité le grisollement de cet oiseau. La mention d'un "Bît-makki", parmi de nombreux noms de pays ou de cités soumis par le roi d'Assyrie Tukulti­Ninurta vers - 1230 , ne concerne certainement pas notre cité, pas plus que la mention d'une Maka parmi les territoires dominés par Xerxès.htm">Xerxès Ier dans une tablette akkadienne de fondation de Persépolis : il s'agit certainement là de l'ancien Magan. La première mention que nous possédions de la ville revient à Claude Ptolémée dans sa Géographie, au IIè s. de notre ère. La ville apparaît sous le nom de Makoraba, qu'on a décomposé en Mako­Rab(b)a, Makko la Grande (forme araméenne). Une tradition attribue à Qusaiy la fondation de La Mecque vers le milieu du Vème s. de notre ère. Il s'agit, en réalité, de l'établissement, dans la cité qui existait depuis déjà un certain temps, de la tribu des Quraychites, qui va organiser le commerce à son profit et conférer à la ville sa gloire et surtout sa nouvelle opulence. Si Mahomet, simple chamelier appartenant à l'un des clans des Quraychites, grâce au triomphe de l'islam, en fait la ville sainte de la nouvelle religion, les centres du nouvel empire établis d'abord à Damas et ensuite à Bagdad, ainsi que le déclin du commerce de l'encens, vont réduire la ville à un rang secondaire.

Mardik (Tell)

voir Ebla.

Mozan, tell

voir Urkesh.

Naqsh-i-Rustam

voir Persépolis.

Nebi Mend (Tell -)

voir Qadesh.

Neirab

Voir Nérab.

Images à ce sujet

Nérab

Village de Syrie où furent trouvées deux stèles funéraires en basalte rédigées en araméen. Elles sont consacrées chacune par un prêtre du dieu Sahr (Sîn) ; chacun des prêtres est représenté sur la stèle et accompagné d'une inscription. L'un de ces deux prêtres, Agbar (ou shi'gabbar), est connu en outre par une lettre qu'il a adressée à Sargon d'Assyrie, datée des environs de -710.

Nimrud

voir Kalhû.

Images à ce sujet

Obeïd (El-)

Site du Sud de la Mésopotamie, actuellement Tell Oueili. La Culture de Tell Obeïd s'est répandue, dès - 5200, du sud vers le Nord, en suivant la valllée de l'Euphrate et du Tigre. On lui doit l'invention du moulage du cuivre, et un style de céramique beige à motifs noirs.

Puzrich-Dagan

voir Drehem.

QaIat aI-Bahrein

voir Bahrein.

Ras shamra

voir Ugarit.

Images à ce sujet

Sefiré

Près de ce village de Syrie, à 25 km au sud-est d'Alep, ont été découvertes trois stèles (ou plutôt des parties de stèles) en basalte, couvertes d'inscriptions araméennes. Deux d'entre elles se trouvent au musée de Damas, la troisième à Beyrouth.

shiukh Faouqâni

(Tell) : Site syrien de la haute vallée de l'Euphrate, à peu de distance de Karkémish. Ce qui fait l'intérêt de ce site, dont l'exploration a débuté en 1995 et qui risque d'être condamné à disparaître sous la mise en eau du grand barrage que les Syriens construisent sur l'Euphrate, c'est la trouvaille de tablettes (150 env.) en akkadien, mais aussi en araméen. Quelques-unes portent des textes en cunéiformes et en alphabet araméen. Il s'agit d'archives privées qui devaient être conservées dans une jarre, dans une maison qui fut incendiée au VIle s. Les tablettes cunéiformes permettent de dater entre -676 et -648 leur rédaction. La rareté des textes araméens conservés de cette époque, quelques dizaines au total, rend précieuse cette trouvaille, d'autant plus qu'une douzaine de tablettes portent des traces de lettres araméennes peintes, ce qui est exceptionnel. Il s'agit, pour nombre d'entre elles, d'étiquettes attachées à des jarres, de contrats commerciaux et de notes comptables. Les textes ont permis d'identifier le propriétaire de la demeure, un riche homme d'affaires nommé Se-Usni, et le nom que portait le tell de shiuk Faouqâni dans l'Antiquité le toponyme est marqué sur une tablette par les consonnes BRMRN. Il ne peut s'agir que de la ville de Burmarina, connue par les annales assyriennes. Dans l'inscription (" Monolith Inscription " du BM) concernant sa campagne syrienne de -856 (an 1 de son règne), Salmanazar III rapporte qu'il marcha contre Til Barsip», la cité royale d'Akhuni de la maison d'Adini ("Bit Adini"), qu'il défit et assiégEa ensuite dans sa cité où il s'était réfugié, puis il marcha sur Burmarina (Burmar'ana), ville appartenant à Akhuni, qu'il assiégEa et prit d'assaut avant de passer au fil de l'épée 300 combattants. Il érigEa ensuite devant ses murs une pyramide de têtes coupées . La ville survécut visiblement à ce massacre et fut intégrée dans l'Empire assyrien. Le mobilier exhumé (poids en basalte en forme de canard de 0,532 kg qui pourrait correspondre à "l'étalon de Karkémish", sceau sur lequel est figurée la chèvre-poisson associée à Enki, signes lunaires associés au Sîn d'Harran, marques de sceaux appartenant au répertoire néohittite...) témoigne de l'éclectisme culturel du propriétaire de la demeure, et aussi de sa richesse, à en juger par la finesse de la céramique recueillie.

Sultantépé

voir Harran.

Tchoga-ZanbiI

" Butte de la corbeille ", telle est la traduction de ce nom moderne d'un site élamite (voir EIam) situé à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Suse. Son nom antique était Dûr-Untash (Fort d'Untash en akkadien) ou AI-Untash­Napirisha (ville d'Untash Napirisha), du nom de son fondateur. Ecrit Untash-GAL (le sumérogramme GAL, servant à désigner le dieu " grand " élamite associé à Inshushinak reste énigmatique), son nom a été lu Untash-Khumbân, lecture abandonnée au profit de celle d'Untash-Napinrisha (v. -1275 - 1240), Napirisha étant la principale divinité du panthéon élamite. Ce "très grand prince" élamite fonda cette résidence royale afin d'en faire un centre religieux confédéral où les divers peuples de l'empire pussent venir adorer leurs dieux "sous la tutelle du dieu de Suse Inshushinak". Au coeur de la cité se dressait une majestueuse ziggurat dont il subsiste d'importantes ruines entourée de temples et enfermée dans un vaste temenos. Le quartier royal, au nord-est de la cité, comprenait plusieurs palais. Cette magnifique cité fédérative ne survécut que difficilement à son fondateur, qui en avait fait la capitale de son empire. Ses successeurs s'en retournèrent à Suse, et la cité végéta jusqu'à sa destruction finale par les Assyriens, vers - 640.

Tell Asmar

Ville du bassin de la Diyala, affluent du Tigre descendu du Zagros, au nord-est de Bagdad. La transcription akk. de son nom sum. est Isnou. La ville s'étendait sur 1 km carré, ce qui marque son importance. Sans doute fondée au IVè mill., elle prend une certaine extension pendant les DA Il et III; elle parvient à sa plus grande expansion à l'époque d'Ur III et à celle dite d'Isin et Larsa. Elle est soudainement abandonnée à l'époque paléobabylonienne, sans doute à la suite de sa conquête par Hammurabi, v. -1768. Un temple consacré à la divinité locale appelée Abri s'est développé sur trois phases (et niveaux stratigraphiques) successives. Le premier niveau remonte, selon les fouilleurs, au DA I, le deuxième au DA Il et le troisième au DA III, schéma un peu simple qui a, depuis, reçu quelques modifications. De ces trois périodes, l'édifice le plus important est le temple du DA Il appelé "Temple carré". C'est une construction massive axée sur une salle centrale ouverte sur quatre côtés : l'un donne sur une salle d'accès, par laquelle on pénètre dans le monument, les trois autres s ouvrent sur des cella rectangulaires servant manifestement au culte. Le plus important complexe demeure le palais des dynasties Amorrites, dont la stratigraphie s'échelonne sur cinq niveaux, s'étendant dans le temps sur le dernier siècle du îîîe mill. et les premiers siècles du îîe mill., étudiés en détail par Jean Margueron . Le premier élément de ces ensembles était un temple consacré à shû-Sîn (anciennement Gimil-sin) par le gouverneur de la ville au nom du roi d'Ur, Ituria. À la suite d'un incendie partiel, le palais a été reconstruit par Nurahum. Il fut entièrement remanié (phase III) par le roi Bila-lama, à qui l'on doit, semble-t-il, la sécularisation du temple. La phase IV est caractérisée par une extension des bâtiments, qui s'est faite en particulier sous le règne d'Urninmar. Quelques restes d'une cinquième phase datent de l'époque des derniers rois de la cité, Ibiqadad et Ibalpiel. Comme tous les palais mésopotamiens, ils sont constitués de séries de salles axées sur une ou plusieurs grandes cours centrales et, sans doute, pourvus d'un étage. A l'époque akkadienne, au complexe appelé palais du nord était lié un ensemble de structures axées sur une cour centrale, où ont été retrouvés des systèmes d'évacuation d'eau avec plusieurs pièces d'abord interprétées comme des salles de bains, mais dans lesquelles on a vu ensuite un ensemble d'ateliers de teinture de textiles. LES LOIS D'ESHNUNNA. Il s'agit de deux grandes tablettes trouvée lors des fouilles de TelI Harmal en 1945 et 1947 (sources A et B) complétées par des extraits retrouvés dans une tablette d'exercice de scribe exhumée dans les années 1980 lors d'une fouille de sauvetage du bassin du Harim, à Tell Haddad (source C). L'introduction de la première tablette (source A) a permis d'attribuer ce corpus fragmentaire de lois à la ville d'Eshnunna, capitale d'un petit État devenu indépendant à la fin de l'époque d'Ur III. Les lois ont été collationnées sous le règne de Dadusha sans doute le dernier roi de la ville indépendante, car il était contemporain du début du règne d'Hammurabi. La majorité des incipit de lois commence par summa, qui signifie Si» suivi d'un substantif (awiîum un homme, ou encore «il»). Elles concement les actes commerciaux et surtout les relations sociales.

Images à ce sujet

Tellô

Nom du site d'Iraq fouillé par des missions françaises qui fut longtemps pris pour la ville sumérienne de Lagash et dont il a été reconnu qu'il s'agissait de Girsu.

Images à ce sujet

TiI-Barsib

Ville de Syrie sur l'Euphrate, sur le site de Tell Ahmar. Capitale du royaume araméen du Bît Adini elle fut prise par Salmanazar III en - 856. Elle devint alors une ville royale assyrienne sous le nom de Fort-Salmanazar. Les fouilles ont rendu en particulier un palais assyrien présentant d'importants restes de peintures murales.

Ubeid

voir Obeid, El.

Yazilikaya

"La pierre sculptée", tel est le sens du nom que les Turcs ont donné au sanctuaire rupestre hittite situé à 2 km au nord-est d'Hattusa. Il a été aménagé sous les règnes d'Hattusili III et de son successeur Tudhaliya IV entre -1280 et -1230. Une porte monumentale entourée d'un ensemble de constructions avait été érigée à l'entrée du sanctuaire formé par des gorges étroites et sans grande profondeur dans le roc d'une falaise. Une partie du panthéon hittite est représentée sur les parois rocheuses des galeries, constituant un ensemble de 79 reliefs accompagnés de 59 légendes. Parmi ces dernières, seules 22 ont été identifiées et lues avec certitude. Emilia Masson a cru en lire 49, mais ses déchiffrements ont subi le filtre de la critique de Hans Gùterbock , qui a rejeté la majorité de ses lectures. Ces divinités figureraient symboliquement les mille dieux du Hatti. Parmi eux, on a pu reconnaître la déesse-soleil d'Arinna, le dieu Sarruma coiffé d'une haute tiare, tenant contre son flanc gauche Tudhaliya IV, le dieu du Soleil et le dieu de la Lune, Sausga-Ishtar ailée, et cette divinité énigmatique appelée le " dieu épée", constitué par une lame d'épée à nervures verticales, enchâssée dans une poignée zoomorphe (deux lions vus de dessus, côte à côte, la croupe surplombée par deux cervidés soutenant deux lions perpendiculaires dos à dos, surplombés par une tête humaine coiffée d'un bonnet pointu). Ce dieu épée, lié au défilé des douze dieux, serait l'épée de Nergal, dieu des Enfers. Émilia Masson a proposé une interprétation originale de ce sanctuaire, qui serait le mausolée des rois Hittites où se serait déroulé un culte funéraire, de sorte que les douze dieux ne seraient pas des démons de l'enfer mais les dieux de l'Immortalité.

Images à ce sujet

Revenir à la page d'accueil de Mésopotamie Chronologie interactive de la Mésopotamie Histoire et cultures des peuples de la mesopotamie Une présentation de la Mésopotamie : Histoire et empires Carte interactive des villes du Proche-Orient ancien modélisations 3D autour de la Mésopotamie Pour contacter le webmaster de Mésopotamie ou laisser un message dans le livre d'or Visitez le site professionnel de l'auteur de ce site : Christophe Gaggero Animation interactive pour tout savoir sur la naissance et l'évolution de l'Ecriture en Mésopotamie et au Proche Orient ancien Testez vos connaissances avec notre quizz ! Quel sera votre classement ? Un outil ludique et pédagogique Recherchez des images sur la Mesopotamie : base de données de 447 images Lexique des cultures mésopotamienne : Rois, dieux, villes, etc.
Accueil Chronologie Peuples Introduction Carte 3D Contact Auteur Ecritures Quizz Images Lexique