Les régions du Proche-Orient ancien

Dictionnaire des régions et empires du Proche-Orient ancien

                    

29 définitions trouvées dans la base "Mésopotamie"...

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Définition

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Amuq

Nom de la plaine au Nord-Est d'Antioche (actuelle Antakya, Turquie),région marécageuse arrosée par l'Oronte occupée depuis le Néolithique.

Anatolie

Nom grec désignant la Turquie asiatique actuelle. Carrefour des Civilisations , elle fut le cadre des premières cultures agricoles, mais aussi le berceau des civilisations du Bronze ancien au début de notre ère (Culture Hatti , Phrygienne , Hittite , Urartéenne, Mitannienne, Grecque, etc..).

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Arali

Ce terme sumérien aurait (?) désigné à l'origine la steppe située entre Bad-tibira et Uruk. Dumuzi, seigneur de Bad-tibira, est aussi, dans les tablettes sumériennes, seigneur de Arali.

Aram-Naharaïm

Région (mal localisée) dont serait originaire Abraham et son clan (Livre de la Genèse).

Assyrie

Région originelle (Nord-Irak actuel) de la Culture Assyrienne, elle fut d'abord comprise dans la sphère d'influence sumérienne, puis intégrée à l'Empire d'Akkad (vers -2350). On sait finalement peu de choses sur les populations (nomades ) qui furent à l'origine du peuple Assyrien. Probablement très tôt mêlés aux Amorrites, les dix premiers rois de la liste royale Assyrienne "vivaient sous la tente". C'est vers -2100 que les "Assyriens" s'installent à Assur. Alors que la structure politico-économique du pays s'élaborait, le commerce avec la Cappadoce s'intensifiait, grâce au comptoir Assyrien de Kanesh. Se succèdent sur le trône d'Assyrie : Sargon Ier, Puzur-Assur II, Naram-Sîn (-1807 -1776), en qui l'expansion territoriale des Assyriens trouve son point de départ. Peu après -1500, Saustatar, roi du Mitanni, effectue un raid sur le petit royaume d'Assur. A partir de cette époque, les Empires Mitannien, Babylonien et assyrien semblent diplomatiquement à égalité. Au roi Assur-Uballit Ier(-1363 -1328), succède Adad-Nirarî Ier, Salmanazar Ier, Tukulti-Ninurta Ier. La période suivante semble faire état de moins d'opulence et de création artistique et intellectuelle. Il faut attendre Téglath-Phalasar Ier (-1114 -1076) pour retrouver une politique impérialiste de l'Assyrie , bien que ce soit sous Adad-Nirarî II, Tukulti-Ninurta II, et surtout Assurnasirpal II (-883 -859) , que l'Assyrie se constituera le plus vaste empire jamais établi au Proche-Orient Ancien, et ce même empire atteindra son apogée sous les Sargonides : Sargon II, Sénnachérib, Assarhaddon et Assur-banipal. Après un conflit pour la succession D'Assur-banipal, Nabopolassar s'empare de la Babylonie. Cyaxare, le roi des Mèdes tente de prendre Ninive vers -615. L'alliance des Babyloniens et des Mèdes scellera le destin de l'Assyrie, avec la prise d'Assur, de Kalhû et , finalement, de Ninive...Le dernier souverain Assyrien Assur-Uballit II tentera pourtant de résister depuis Harran, avec l'appui des troupes égyptiennes, avant de disparaître brutalement de la scène politique. Seule, Arbèles a survécu à ces destructions.

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Bahreïn

Ile du golfe Persique. Occupée dès la fin de la période d'Obeid, elle prendra de l'importance lors de l'expansion coloniale des Sumériens, au Dynastique archaïque. Elle deviendra un "entrepôt" sumérien sur la route de Magan et de la vallée de l'Indus (dattes, cuivre).

Bît Adini

Petit royaume Araméen de Syrie, sur l'Euphrate, dont la capitale était Til-Barsip, vers -950. D'abord tributaire de l'Assyrie sous Assurnasirpal II, il devient une région de l'Empire sous Salmanazar III (en -856).

Bît Agûsi

Royaume de haute-Syrie formé au Xème siècle, lors de l'expansion des Araméens. Son territoire a, un temps, englobé Alep. Sa capitale était Arpad, mais le royaume tomba , en -743, aux mains de Tiglath-Phalasar III.

Canaan

voir Cananéens.

Cappadoce

Région volcanique du centre de l'Anatolie , elle fut au centre de la culture Hatti (vers -2500), avant de devenir Hittite. Kanesh, le comptoir Assyrien établi en Cappadoce, fut le centre de transit de toutes les routes commerciales, en direction de l'Assyrie. Du perse Katpatuka, la Cappadoce fut une satrapie de l'empire Perse.

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Chaldée

Voir Chaldéens.

EIam

Région du sud-ouest de l'iran, constituée de plaines et de montagnes, débordant l'actuel Kuzistan. Sa situation géographique, à l'extrémité des routes du plateau iranien conduisant vers l'Asie centrale et la vallée de l'Indus, et dominant la plaine du Tigre, lui a permis de jouer un rôle non négligeable dans l'histoire du POA. Le nom d'Élam est fondé sur l'hébreu 'êlam. Les Élamites appelaient leur pays Haltamti (= Terre du dieu) et les Akkadiens Elamtu. L'origine des Élamites reste inconnue. Ils semblent avoir appartenu à ce fond des anciennes populations néolithiques de l'Asie antérieure qui parlaient des langues agglutinantes, différentes des Sémites et des Indo-Européens. Les Élamites adoptèrent les cunéiformes d'origine sumérienne, mêlés de logogrammes suméro-Akkadiens, pour écrire leur propre langue, probablement au cours du XXIIIè s. av. J.-C. , et les ont utilisés jusqu'au IV s. Dans ce système d'écriture syllabique entrent les voyelles a, u, i, e. La base de la langue est nominale, verbale ou commune au nom et au verbe. Le verbe, toujours placé en dernière position, exprime un aspect accompli ou inaccumpli-duratif. Bien qu'elle participe largement des civilisations voisines de la Mésopotamie, la civilisation élamite conserve une originalité qui lui est propre. Il convient ici de préciser que ce qu'on est convenu d'appeler l'Élam ne forme pas une unité en soi. Il est composé de plusieurs régions qui ont été distinguées politiquement : au pied du Zagros, la Susiane, dans de riches plaines avec Suse pour capitale, n'a pas été toujours le centre de l'Élam, qui s'étendait par ailleurs dans les montagnes avec l'Anshan l'Awan et le shimashki ces deux dernières régions étant mal circonscrites sinon localisées. On s'accorde pour diviser son histoire, àpartir des découvertes archéologiques et des textes aussi bien extérieurs que ceux recueillis localement, en particulier lors des fouilles de Suse et, plus récemment, d'Anshan, en quatre périodes : proto-élamite (vers -3200 -2700)élamite ancien ou paléo-élamite (vers -2400 -1500), élamite moyen (méso-élamite -1500 -1100), Néo-élamite (vers -1000 -539). Après la conquête achéménide, l'Élam est une province de l'empire qui a cependant le privilège de voir Suse considérée comme l'une des capitales impériales. Pendant la période protoélamite, l'Élam est tourné vers le plateau iranien, à la civilisation duquel il participe. Les relations de Suse sont étroites avec Anshan Bialk, Tépé Yahya, et même Bhahr-i-Bhukhta, en Iran oriental, site que certains auteurs identifient à Aratta, le grand marché du lapis-lazuli. C'est au début de cette période que les Élamites vont commencer à se doter d'une écriture qui reste très élémentaire, et indéchiffrée. Elle consiste en idéogrammes simples, souvent de forme géométrique, parfois dessinés en double ligne, ou encore simplement linéaires, sur des tablettes de terre crue, parfois à peine cuites, et quelques amulettes et sceaux. Il arrive que des dessins au trait représentant des animaux fauves, bovidés, soient tracés accompagnés de quelques signes. Il s'agit en général de pièces comptables ou d'exercices de comptabilité .Les premières mentions historiquement attestées entre l'Élam (connu sous le nom sumérien de NIM) et Sumer par des inscriptions se situent entre -2700 et -2400, bien qu'il soit probable que les deux régions fussent déjà en relations commerciales. Un roi obscur de Kish, Enna'iI, fils d'A'anzu, se vante d'avoir vaincu l'Elam. D' Éannatum, il est dit qu'il vainquit l'Élam, "la montagne vertigineuse". Ce sont là des relations violentes dont il est difficile d'assurer que ce sont les premières entre les Sumériens et les Élamites. Déjà. dans la LRS, le mythique roi de Kish Enmebaragesi aurait porté ses armes dans le pays d'Élam, ce qui nous ramène aux environs de -2700. L'époque paléoélamite se divise en trois périodes selon les dynasties qui ont eu le pouvoir. Vers 2400, un prince de la ville élamite d'Awan prit le pouvoir, défit Ur et entra dans la liste royale sumérienne. Cependant, la Susiane fut intégrée dans l'Empire akkadien de Sargon, qui y plaça des gouverneurs (issiakkum). Par la suite, Naram-Sîn passa un traité avec le souverain d'Awan (le roi Khita ?). C'est le premier traité conclu entre un souverain élamite et un roi mésopotamien : il fut conservé dans le temple d'In-shushinak. Vers -2050, la liste susienne des (12) rois d'Awan et de shimash(ki) donne une nouvelle dynastie avec aussi 12 rois, originaires de shimashki dans les montagnes du Luristan. La Susiane retomba sous la domination des derniers rois de la IIIè dynastie d'Ur, qui pratiquèrent des mariages entre princesses sumériennes et élamites. Ces précautions n'empêchèrent pas les Élamites de s'unir et d'envahir Sumer sous la conduite du roi de shimatki Kindattu (v. -2004), ouvrant la deuxième période d'indépendance de l'Élam ancien. Le roi d'Ur Ibbi-Sîn fut capturé et emmené prisonnier en Élam, où il mourut. Le neuvième roi de la dynastie de shimashki marque l'étendue de ses conquêtes en prenant le titre de « roi d'Anshan et de Suse «. Plus modestes, ses successeurs se contenteront de celui de suêalmah« Grand Régent", titre sumérien des gouverneurs de l'époque d'Ur III (sukkal). Avec eux commence la troisième période protoélamite, (v. -1970). L'Élam forme alors une sorte de confédération où, au-dessous du Grand Régent, se trouvent un sukkal d'Élam et de shimashki et un sukkal de Suse. Ces Souverains pratiquent des mariages avec leurs soeurs, comme les rois d'Égypte, et ils conservent les traditions akkadiennes. L'akkadien semble être la langue officielle : la plupart des textes, administratifs, économiques, sont en akkadien. On ne possède de cette époque que quelques inscriptions royales en élamite. Cependant, ces inscriptions permettent de saisir la complexité de l'histoire élamite pendant cette période et des successions au trône, sans qu'on puisse toujours réussir à situer tous les faits recueillis dans un développement satisfaisant . Cette période des sukkalmah se termine vers -1500 on ne sait précisément dans quelles conditions. Entre -1500 et -1100, trois dynasties se succèdent à la tête de l'Élam, qui connaît sa période la plus brillante, appelée élamite moyen. De la première dynastie, dite des Kidinuides, on connaît peu de chose. Ses rois se parent du titre de roi d'Anshan et de Suse mais ils privilégient, avec le roi Tepti-Ahar, Kabnak (Haft Tèpè) au sud-est de Suse, comme résidence royale, au détriment de Suse. Une campagne du roi kassite de Baby-lone Kurigalzu 1er au XIVè s. semble être la cause de la chute de cette dynastie, remplacée par une nouvelle dynastie fondée par un certain Igi-halki. Sous cette nouvelle dynastie dite des Igihalkides, l'Élam va de plus en plus trouver son équilibre culturel, dans lequel les traditions indigènes s'harmonisent avec les courants mésopotamiens. L'élamite devient la langue officielle, remplaçant l'akkadien. Cette politique se concrétise dans la capitale-sanctuaire édifiée par Untash-Napirisha (v. -1275 -1240) à Tchoga Zanbil. Le petit-fils de ce dernier, Kiden-Hutran (v. -1235 -1210), effectue un raid sur la Babylonie au cours duquel il met à sac Der, Marad, Nippur et Isin. Une période d'anarchie suit la mort de ce roi, et le pouvoir va passer à une nouvelle dynastie fondée par Hallutush-Inshushinak (v. 1205-1185). On lui a donné le nom de shutrukides, du nom du fils de son fondateur, shutruk-Nahhunte (-1185 -1155). Ce dernier reprend une politique de conquête et ravage àplusieurs reprises la Babylonie. En -1158, il prend et met à sac Babylone, d'où il rapporte triomphalement à Suse quelques-uns des monuments qui y ont été retrouvés par la mission française : grande stèle du Code d'Hammurabi, stèle de Naram-Sîn, statue de Manishtusu. Il revient à son fils et successeur, Kutur-Nahhunte (-1155 -1150), de mettre fin à la dynastie kassite au cours de nouvelles campagnes en Babylonie. Ce dernier avait épousé sa soeur Nahhunte-Utu. Il mourut à peine cinq ans après être monté sur le trône et son frère Shilhak-Inshushinak (-1150 -1120) lui succéda. Il épousa à son tour Nahhunte-Utur, ce qui représenterait un cas de lévirat . shillak-Inshushinak a été l'un des souverains les plus importants de la dynastie. Outre ses campagnes militaires, il fit construire un certain nombre de temples et restaurer plus encore de monuments. Les Babyloniens n' avaient pas oublié les méfaits des invasions élamites, comme en témoigne une élégie où l'auteur se lamente à ce propos . Le texte semble avoir été écrit à l'époque de Nabuchodonosor îer (1125-1104) lequel va, en partie, venger ces razzias en infligeant une défaite au successeur de shilîak-Inshushinak Hutelutush-Inshushinak (1120-1110), qui dut se réfugier un moment à Anshan. La période néoélamite voit la désagrégation de l'Empire élamite avec des retours de fortune. Les rois ont alors trois capitales Suse, Hidalu et Madaktu, où ils résident selon les circonstances. Ils sont de plus en plus tournés vers les affaires de la Mésopotamie car sans cesse menacés par les Assyriens. Ainsi, selon les moments, ils occupent Babylone ou encore ils s'allient avec elle contre Assur. En fin de compte, Assur-banipal, attaqué par Te-Umman, le vainquit (-653) et installa à Suse, Madaktu et Hidalu chacun des fils d'un ancien roi élamite détrôné par Tempti-Humban-Inshushinak (le Te-Umman des inscriptions assyriennes), qui s'étaient réfugiés à sa cour. Les nouveaux souverains ne manquèrent pas de trahir leur ancien bienfaiteur; ils soutinrent Shamash-shum-ukin dans sa révolte à Babylone contre son frère Assurbanîpal, de sorte que ce dernier les engloba dans sa vengeance. il ravagea l'Élam, mit Suse au pillage et rapporta triomphalement à Ninive un immense butin. La troisième période néo-éiamite qui s'ouvre alors est marquée par un nationalisme qui privilégie tout ce qui est élamîte, mais qui ne pourra empêcher l'Élam de tomber bientôt sous la domination de la Perse achèménide.

Égypte

Les relations entre l'Egypte et les petits États de Canaan, parmi lesquels on peut comprendre les ports entre la frontière égyptienne et Ugarit, ont commencé très tôt, dès l'Ancien Empire. Sous la IVè dynastie (-2613-2498), les rois constructeurs des pyramides envoient des expéditions à Byblos pour se fournir en bois venus des montagnes du Liban, cèdre et pin. Ce trafic cesse avec la fin de l'Ancien Empire pour reprendre avec la XIIè dynastie (-1991-1786). L'influence égyptienne est alors particulièrement sensible et il est même possible qu'un Égyptien ait été roi de Byblos . Ces bonnes relations avec Byblos n'ont pas empêché les Egyptiens d'inclure plusieurs villes de Canaan dans leurs textes d'exécration rédigés sur des bols ou des figurines, ce qui implique des relations sans doute difficiles avec ces cités. shmel Ahituv (1984) a ainsi catalogué environs 850 toponymes cananéens dans les textes égyptiens couvrant toute la Palestine. Par ailleurs, les relations des Égyptiens avec les ports du Levant s'étendent encore vers le nord, jusqu'à Ugarit . Ce n'est qu'avec le Nouvel Empire et plus particulièrement à la suite des dix-sept campagnes que Thoutmosis III a conduites en Asie jusqu'à l'Euphrate (entre -1484 et -1464) que l'Egypte s'implante réellement en Canaan et dans le sud de la Syrie. Un siècle plus tard, la correspondance d'Amarna révèle l'influence qu'exercent encore les pharaons dans ces régions où plusieurs rois sont ses tributaires obséquieusement soumis. Ces lettres révèlent les relations étroites des rois d'Égypte non seulement avec les princes vassaux, mais aussi avec les maîtres des grands royaumes : Hittite, Babylonien, Assyrien, Mitannien. Les alliances entre Aménophis III (-1405-1367) et les rois du Mitanni et de Babylone (Karduniash) sont sanctionnées par des mariages avec les filles de ces rois. La montée de l'Empire hittite au XIVe s. fait que la Syrie devient un enjeu entre Hittites et Egyptiens. La bataille de Qadesh établira l'équilibre entre les deux royaumes qui se partagent la Syrie. Les invasions des Peuples de la Mer, aux alentours de -1200, qui ont peut-être porté un coup final à l'Empire hittite, mettent fin à la domination égyptienne sur Canaan malgré une campagne sans doute victorieuse de Ramsès III dans cette région. Les Egyptiens reviendront en Asie à l'époque du fer pour des campagnes fugitives. shesonq Ier (-950 -929) conduit une campagne sans lendemain à travers la Palestine au cours de laquelle il pille Jérusalem. Une nouvelle tentative d'intervention a lieu sous Bocchoris (-720 -715), qui envoie son général Sibo au secours des princes syro-palestiniens contre Sargon II. L'armée égyptienne est mise en déroute et Bocchoris envoie un tribut au roi d'Assyrie. L'Egypte devint province assyrienne sous Assarhaddon et Assur-banipal. Evacuée par les Assyriens à la suite de la révolte de Psammétique Ier (-663 -609) avant même la mort d'Assur-banipal, elle envoya sous son pharaon Néchao, qui venait de succéder à Psammétique, une armée en -609 -608 pour venir au secours du dernier roi d'Assyrie, Assur-uballit. En vain. Trois ans plus tard, l'armée égyptienne fut mise en déroute par Nabuchodonosor sous les murs de Karkémish. Il semble que Nabuchodonosor une fois installé sur le trône de Babylone, ait tenté une invasion du delta du Nil qui tourna court. Il revint au roi de Perse Cambyse d'intégrer l'Égypte à l'Empire achéménide. À l'époque néobabylonienne, de nombreux Egyptiens vivaient à Babylone et en Babylonie. Plusieurs d'entre eux étaient des prisonniers de guerre ou des otages pris à la suite des batailles que Nabuchodonosor avaient livrées -605 et -601. Ils dépendaient de Kharmasu, "chef des Égyptiens", lui-même un Egyptien qui exerçait la fonction de juge. Plusieurs Égyptiens de Babylone, hommes ou femmes, y étaient esclaves. Mais nombreux étaient aussi les Egyptiens libres qui exerçaient des métiers parfois de caractère officiel, surtout à partir de l'époque perse. Ils devinrent plus nombreux encore au Vè s., où la circulation des personnes était facilitée par l'unification qu'avait imposée la domination achéménide sur tout le Proche-Orient.

Hadhramout

voir Yémen.

Hanigalbat

Nom donné par les Assyriens et les Babyloniens au Mitanni.

Kizzuwatna

Pays du sud-est de l'Anatolie un moment intégré dans l'Empire hittite mais possédant son originalité propre. (Voir aussi : Allani, lshhara, Luwites, rituels.)

Ma-în

voir Minéens.

Mésopotamie

(Pays) entre (les deux) fleuves : tel est le sens du nom donné par les Grecs à la plaine partiellemont désertique située entre l'Euphrate et le Tigre, dont les noms akkadiens étaient Purartû et Idiglat (Puranti et Aranzah chez les Hourrites. En réalité, le territoire auquel nous donnons le nom de Mésopotamie, et qui correspond dans l'ensemble à l'actuel Iraq, est borné à l'est par la chaîne du Zagros, et du côté du couchant il englobe les terres arables à l'ouest de l'Euphrate, au moins jusqu'à la confluence du Khabur, au nord-ouest de Mari. La partie Nord-Est, vers les montagnes du Kurdistan actuel et du Zagros, a été occupée dès le paléolithique moyen (grotte de shanidar). Cette région septentrionale fait partie des terres où va se réaliser la sédentarisation des tribus épipaléolithiquos, avec la domestication de certaines espèces animales et la maîtrise de l'Agriculture (néolithique acéramique, entre -9000 et -7000). La céramique apparaît dans le site de Jarmo (dans le Zagros) au début du VIIè mill. Les archéologues ont ensuite divisé la préhistoire de la Mésopotamie en plusieurs grandes périodes fondées sur la diffusion de types caractéristiques de céramiques dans une partie ou l'ensemble du territoire, ces périodes étant désignées par le nom d'un site éponyme où le type de poterie concerné a été découvert la première fois, ce qui ne signifie pas que celui-ci ait été imaginé par les potiers du site et que ce soit de là qu'il se soit répandu dans les régions plus ou moins voisines. Telles sont, dans le Nord, les phases dites d'Hassuna et de Samarra, cette dernière étant confinée à une bande de territoire allant de l'Euphrate dans la région de Baghuz aux montagnes du Zagros avec le site central de Choga Mami ( - 6000 - 5000). Vers - 5600 se développe dans l'ouest de la Mésopotamie et une partie de la Syrie la civilisation halafienne, nommée d'après le site de Tell Halaf (-5500 - 5000). Le métal, qui a fait une modeste apparition au cours des périodes précédentes sous la forme de cuivre natif et de pépites d'or, se vulgarise surtout sous la forme du cuivre martelé, d'où le nom de chalcolithique ancien donné à cette période. Ces civilisations correspondent dans le sud aux cultures d'Éridu et d'Hajji Mohammed (- 6000 - 5200), la première étant circonscrite à l'extrême sud de la Mésopotamie, la seconde s'étendant autour de la région de Kish. Vers -5200 commence à se développer la civilisation dite obeidienne (d'après le site d'El-Obeid au sud d'Ur). Il est cependant possible qu'il faille rehausser de trois siècles le début de l'obeidien . La civilisation d'EI-Obeïd s'impose vers le nord de la Mésopotamie au V mill., de sorte qu'on a pu supposer que cette extension des modèles obeidiens correspondait à une conquête militaire du Nord par le Sud. Les relations commerciales semblent suffire pour expliquer la suprématie d'une civilisation qui avait inventé le moulage du cuivre, ce qui permettait d'aiguiser les outils, et le moulage des briques, qui représentait un embryon d'industrialisation. Dans les plus bas niveaux du site d'Uruk apparaît une nouvelle poterie à engobe rouge ou gris poli, qui va par la suite se répandre dans le sud de la Mésopotamie et supplanter la céramique peinte d'El-Obeïd (Uruk ancien et moyen, -4000 - 3500). Avec la civilisation d'Uruk récent ( - 3500 - 3100), les Mésopotamiens sont parvenus à une maîtrise de la métallurgie et à un stade urbain avancé. C'est à cette époque qu'ils inventent l'écriture, laquelle va se développer à l'époque suivante, dite de Djemdet-Nasr, qui apparaît comme la première période historique du POA. Cette explosion de la civilisation est due aux Sumériens. C'est à cette époque qu'il convient de situer la naissance et l'hégémonie des cités antédiluviennes, dont la LRS nous a conservé le souvenir magnifié. Vers -3000 commence la période historique du bronze ancien et, pour ce qui est du Sumer, le dynastique ancien. L'époque d'Akkad met fin à cette première période, sumérienne. La civilisation sumérienne (Néo-Sumériens) parvient à son apogée avec la dynastie d'Ur III, qui domine une grande partie de la Mésopotamie pendant les deux derniers siècles du III mill., tandis que dans le Nord pointe la civilisation assyrienne. Au début du millénaire suivant les Sumériens disparaissent en tant qu'entité politique, mais la langue de Sumer et l'ombre de sa civilisation s'imposent à leurs successeurs babyloniens et Assyriens. André Parrot a souligné, par des comparaisons restreintes, l'unité culturelle des cités de Sumer pendant le III mill., cités parmi lesquelles figure Mari(ses comparaisons portent sur le mobilier de Tell Hariri/Mari), de Khafaje et de Tell Asmar (Eshnunna). Cette unité se retrouve dans le développement de la civilisation de Babylone, qui, si elle se différencie profondément de celle des Sumériens, en est son héritière. Unité marquée aussi chez les Assyriens, qui, malgré de très nombreux points communs avec les Babyloniens, qui ont été dans une grande mesure leurs maîtres, ont fait preuve d'un génie d'invention et d'observation, en particulier dans leurs sculptures de bas-reliefs, cela malgré des conventions tel le principe de symétrie, dont ils ont su faire un élément ornemental ou qu'ils ont utilisé pour créer des effets d'opposition et d'agonistique.

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Mitanni

Royaume constitué vers le XVIe s. sur le haut Khabur, en milieu hurrite, appelé Hanigalbat par les Assyriens et les Babyloniens, Naharina (fondé sur le mot sémitique signifiant "fleuve, rivière" : nhr) par les Egyptiens. Le terme biblique d'Aram-Naraïm, qui désigne une contrée vaguement localisée, paraît se référer à cette région; peut-être est-il emprunté à un ancien toponyme cananéen, car le Mitanni n'existait plus depuis longtemps lorsque les rédacteurs bibliques ont utilisé ce terme. Le nom de Mitanni apparaît pour la première fois dans une inscription égyptienne de Thoumosis Ier, datée des environs de -1515 (date à abaisser d'une vingtaine d'années selon la chronologie basse-égyptienne adoptée par certains égyptologues). Les origines de ce royaume restent obscures ; la population qui se trouve à sa base est hurrite, mais elle paraît étroitement liée à une population d'origine indo-aryenne, installée dans la région vers le milieu du XVIè s. L'onomastique des deux siècles suivants révèle leur présence dans tout le domaine hurrito-mitannien qui s'étend de Nuzi et Arrapha, dans le sud-est de l'Assyrie, à Alalah, dans le nord-ouest de la Syrie. D'abord, les noms de tous les rois du Mitanni trouvent leur étymologie dans des racines sanskrites, et il en va de même pour un grand nombre de noms de particuliers dans cette aire : le père Roger O'Callaghan a ainsi recensé plus de 80 noms expliqués par la langue védique . Ainsi, le roi Arta­rama renvoie au védique r(i)tàdhsma = de pur caractère (ou encore r(i)ta-dha-man = celui qui demeure dans la loi divine). Il est inutile de multiplier les exemples, mais il convient de signaler que nombreux sont les noms qui ont été expliqués différemment par plusieurs expressions sanskrites, selon les auteurs (Mironov, Dumont, Friedrich...). Outre l'onomastique, les dieux invoqués par les Mitanniens sont des divinités védiques Mitra, Uruwana (Varuna, dieu védique des Eaux et des Eléments), Indar (Indra, chef des devas, dieu de la Guerre), les Nassatiyana (Nasatyas, surnom des Ashvins, les deux frères jumeaux, nés de chevaux, protecteurs des travaux agricoles et des médecins connaisseurs des plantes médicinales); dans l'onomastique, on retrouve les noms sanskrits de Svar, le Ciel, Vayu, le Vent, Soma, la boisson sacrée, Deva, les dieux dans leur ensemble, R(i)ta, la loi divine qui correspond à l'ordre du monde. Enfin, les chiffres de 1 à 9 sont les mêmes qu'en sanskrit. Il convient de rappeler que c'est vers cette époque que les Indo-Européens porteurs de la culture védique s'installent dans la vallée de l'Indus et qu'ont été composés les hymnes constituant le Rigveda. Les Mitanniens disposent, comme les Hittites, d'une charrerie montées par des guerriers d'élite qui portent le nom de maryanna, dont la racine se trouve dans le védique marya ("jeune homme, héros", dans le sens de jeune guerrier). Pour le reste, la langue du Mitanni était le hurrite. Comme les Hittites à l'extrémité occidentale du Proche-Orient et les Aryas (Mèdes, Perses et Aryas védiques) au Moyen-Orient imposèrent leurs langues indo-européennes aux anciens peuples des régions occupées (comme le feront plus tard les Turcs dans une Asie Mineure où le grec était parlé depuis plus de mille ans, voire deux mille dans ses parties occidentales), il faut supposer que le groupe qui s'est installé dans le pays hurrite était suffisamment belliqueux pour imposer la création d'un État dirigé par des rois de sa nation, mais pas assez nombreux pour imposer sa langue et sa culture. Par ailleurs, les mélanges entre les deux ethnies se sont faits rapidement car on voit que dans une même famille on porte des noms Hourrites aussi bien qu'indo-aryens (en particulier à Nuzi). Dans la famille royale, les rois portent des noms aryens, mais leurs filles ou leurs soeurs ont des noms Hourrites : les soeurs de Tushratta (fils de shuttarna Il) et de son fils shattiwaza s'appellent Gilu­Hépa(t) [ou Kilughépa] et Tatu-Hépa(t) [ou Tadughépa] : elles épouseront toutes deux le roi d'Égypte Aménophis III. On a même pu supposer que Tatu-Hépa n'était autre que Néfertiti, la femme d'Akhenaton. Des deux premiers rois du Mitanni, on ne connaît que les noms, Kirta et shuttarna, son fils. Le troisième, Barratarna, est mentionné dans une tablette de Nuzi et l'inscription d'Idrimi, roi d'Alep à qui il imposa son hégémonie. Parsha(ta)tar et son fils shaush(t)atar sont connus par un sceau de Nuzi. Ce dernier soumit Alalah et le Kizzuwatna (Cilicie), qui était rattaché au domaine hittite. Son règne se situe dans la première moitié du XVè s. Il semble avoir mis à sac Assur, d'où il enleva une porte d'or et d'argent qu'il plaça dans le palais de sa capitale, Washshukanni. Il avait ainsi affaibli l'Assyrie et constitué un empire qui allait du Zagros et de Nuzi à la Méditerranée (Alalah et Kizzuwatna). Les Mitanniens ont sans doute eu affaire aux premiers pharaons conquérants de la XVIIIè dynastie, qui avaient porté leurs armes jusqu'à l'Euphtate ; mais le royaume mitannien n'était pas encore maître du nord de la Syrie; ce fut le cas lors des campagnes de Thoutmosis III au cours de la première moitié du XVè s. Il battit les armées du Mitanni à Alep et à Karkémish, mais ne poussa pas plus loin son avance, conduit par une sage prudence. Le pharaon multiplia les campagnes, reprenant le terrain que les Mitanniens avaient réoccupé après ses retraites, son adversaire se dérobant sans cesse. Entre-temps, Artatama, en Mitanni et Aménophis Il en Égypte ont succédé à leurs pères. Lassé sans doute par des campagnes vaines, le pharaon signa un traité avec Artatama, qui lui donna sa fille en mariage. shuttarna Il poursuivit la politique de son père en renouvelant l'alliance avec Aménophis III, à qui il donna sa fille en mariage. Artassumara succéda à son père, shuttarna, mais il fut peu après assassiné par un certain UD-hi qui aurait placé sut le trône le jeune frère d'Artassumara, Tushratta, sans doute dans l'espoir de le manipuler à son gré. Cependant, selon les déclarations du nouveau roi à son beau-frère égyptien, il punit le meurtrier, lui-même n'ayant pris aucune part au crime. Les détails de cette affaire nous sont inconnus, tout comme le degré de parenté d'Artatama, qui prétendit avoir plus de droits au trône que Tushratta et entra en guerre contre lui. La guerre civile qui sévit alors au Mitanni permit au roi des Hittites Suppiluliuma de consolider ses positions politiques du côté de la Syrie. Il passa même un traité avec Artatama Il, qui s'était déclaré "roi du Hurri". Afin de s'opposer à l'avance hittite en Syrie, laquelle se faisait au détriment du Mitanni, Tushratta songEa à renforcer encore l'alliance égyptienne en donnant sa propre fille en mariage à Aménophis III, déjà marié à la soeur du roi mitannien, sans grands résultats du côté de la politique syrienne. Lorsque shattiwazza succéda à son père Tushratta, assassiné peut-être par lui, il se heurta au successeur d'Artatama Il, shuttarna III, qui régnait à Washshukanni et qui avait passé un traité d'alliance avec un nouvel adversaire du clan de Tushratta, le roi d'Assyrie Assur-uballit Ier (-1363 - 1328). L'anarchie régnait au Mitanni, et shattiwaza dut se réfugier à la cour d'Hattusa. Avec l'aide militaire de Suppiluliuma, dont il avait épousé la fille, il réussit à récupérer la partie occidentale de l'ancien royaume mitannien. shattiwaza tout autant que shuttarna III disparurent on ne sait trop comment de la scène politique. Sur le trône du Mitanni se sont alors succédé trois rois : shattuara Ier, qui était peut-être le second fils d'Artatama Il, son fils Wasashatta et son petit-fils shattuara Il. Ils avaient affaire à un adversaire déterminé, contre lequel ils luttèrent désespérément, l'Assyrie. A la mort d'Assur-uballit, qui avait inauguré la politique de redressement de l'Assyrie, ses deux premiers successeurs, Enlil­nârâri et Arîk-den-ili, se sont désintéressés des affaires du Mitanni. C'est Adad-Nirâri Ier qui inaugura une politique de conquête à l'égard du Mitanni où régnait encore shattuara Ier. Ses successeurs Salmanazar Ier (-1273 - 1244) et Tukulti-Ninurta Ier (-1243 -1207) vont terminer de ruiner l'ancien royaume du Mitanni. Tukulti-Nînurta réduisit finalement le Hanigalbat en province de l'Assyrie.

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Moab

État constitué dans les montagnes situées à l'est de la mer Morte, au sud du royaume ammonite. Le nom de Moab apparaît pour la première fois dans une inscription de Ramsès Il à Luxor; datée du début du XIIIè s. Néanmoins, des villes du Moab semblent être mentionnés dans des textes égyptiens plus anciens. Ce ne sont cependant que des noms qui ne nous renseignent guère sur l'histoire du Moab. Les premiers textes de caractère réellement historique sont ceux de la Bible. Du roi Balak nous ne connaissons que le nom à l'époque des Juges (XIIè s. ?). David, qui descendait d'ailleurs d'une Moabite, à la fin du siècle suivant défit l'armée de Moab et annexa à son royaume la partie située au nord de l'Amon. Le seul roi indigène connu par un texte moabite est Mésha, qui établit un petit royaume stable après avoir vaincu les armées alliées des rois d'Edom, de Juda et d'Israël. Par les inscriptions assyriennes, nous savons que Moab devint vassal de l'Assyrie sous Tiglatphalazar IIIb (- 744 - 727). Le roi de Moab s'appelait alors Salamanu. Les Annales assyriennes nous font ensuite connaître deux autres rois, Sala­adbi, contemporain de Sennachérib (-704 -681), Musuri, vassal d'Assarhaddon, et Kamataltu, contemporain d'Assur-banipal. Alors que les Assyriens s'étaient contentés du paiement d'un tribut et laissaient ensuite toute liberté d'administration au roi vassal, de sorte que Kamashaltu fit une guerre aux Qédarites, les Babyloniens, avec Nabuchodonosor; annexèrent à leur empire le Moab, cinq ans après le sac de Jérusalem (-587), selon ce qu'assure Josèphe (Antiquités judaïques, 10, 9.7). Désormais le Moab ne fut plus qu'une province des grands empires qui se succédèrent en Orient : Perses, Grecs d'Égypte ou de Syrie, Romains, Byzantins. Le dieu national s'appelait Kamosh.

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Naïri

Nom donné par les Assyriens à la région située au sud-est du lac de Van (act. Turquie orientale). Souvent envahie par les Assyriens à l'époque néo-assyrienne, elle est, dans les inscriptions assyriennes, un autre nom de l'Urartu.

Palestine

Ce nom issu de celui des Philistins, population venant sans doute de Crête et établie dans l'ouest de la Palestine au XII s.av., n'apparaît que chez les auteurs grecs et n'est donné aux territoires comprenant les côtes palestiniennes (ancienne Philistie), la Judée (ancien royaume de Juda avec Jérusalem pour capitale) et la partie nord de l'actuel Etat d'Israël (Samarie et Galilée constituant le royaume d'Israél de la première moitié du 1er mill.) qu'à l'époque romaine. Cependant, on trouve la forme Palashtu en assyrien pour désigner la Philistie dans la stèle dite de Saba'a, inscription d'Adad-Nirârî III datée de - 803 . Voir aussi Canaan.

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Pays de la Mer

Site de la chaîne montagneuse du Morghab, au sud-est de l'Iran. La ville a été fondée par Cyrus vers -547, à l'endroit où il avait vaincu l'armée des Mèdes, afin d'en faire la capitale de son empire. Son nom de Pasargades est l'hellénisation du persan Batrakatash. Ses ruines, très éparpillées, s'étendent sur une aire de 3 x 2 km; les principales sont deux palais, une porte monumentale, une tour appelée par les gens du pays Zendan-i Suleiman et un petit mausolée carré couvert d'un toit oblong, dressé sur un podium de pierre à six degrés, appelé tombeau de Cyrus. C'est là que le corps du conquérant aurait été enseveli. Le deuxième successeur de Cyrus, Darius 1er, transporta sa capitale à Persépolis. Pays de la Mer : C'est le nom donné dans les textes cunéiformes aux territoires situés au sud-est de la Mésopotamie, dont une grande partie était constituée par la région de marécages formée par la confluence du Tigre et de l'Euphrate, encore habitée de nos jours. Son nom apparaît pour la première fois dans les listes royales babyloniennes A et B (voir chroniques) sous la forme bala SES.HA ou bala SES .kù.ki. Selon ces listes, les rois du Pays de la Mer auraient régné à Babylone, formant la IIe dynastie babylonienne, la 1ère étant la dynastie amorrite, illustrée par Hammurabi. La difficulté vient du fait qu'elle aurait régné 368 ans (selon la liste A), ce qui paraît peu vraisemblable, et qu'on ne sait où la situer : avant, pendant ou après la dynastie kassite, soit entre -1600 et -1000. Ainsi, en son temps, Louis Delaporte (plaçait cette IIe dynastie de Babylone parallèlement aux derniers rois de la Ire dynastie (Samsuiluna et ses successeurs), et il situait chronologiquement son fondateur, Ilima-Ilum, entre -1949 et -1890. Dans leurs chronologies Garelli et Lemaire (1997, 316) ignorent cette dynastie et situent une IIe dynastie à la suite des Kassites. Son fondateur, Simbar-shipak (-1025 -1008), se retrouve dans la chronologie de Delaporte, qui lit son nom shimmash-shipak, mais il inaugurerait la Ve dynastie de Babylone et il aurait régné entre -1038 et -1022. La vraie solution est peut-être celle qu'avait proposée Thureau-Dangin, de ne faire régner que deux rois de cette lignée de souverains du Pays de la Mer, shushi et Gulkishar, sur Babylone, constituant ainsi cette IIème dynastie; ils auraient pris le pouvoir après la mort de Samsuditana (-1625 - 1595), le dernier roi de la 1ère dynastie, et, après un demi-siècle de domination, ils auraient été chassés par le Kassite Gandash, fondateur de la IIIe dynastie. D'après les textes, leur capitale se serait appelée Urùkù (avec des variantes graphiques) ou E'urukù(g). Ce nom, qui signifie "ville sainte", désigne généralement Babylone, et c'est la traduction qu'en donnent de nombreux auteurs à commencer par Thureau-Dangin . Néanmoins, pour Wilfred Lambert , il s'agirait de la capitale des rois du pays de la Mer, laquelle pourrait être Al-Hiba (ou El-Hibba). Ce dernier site, un énorme tell de 480 ha situé entre le Tigre et le Chatt el-Haï, à une trentaine de kilomètres au nord-est de Tellô/Girsu, se trouvait, dans l'Antiquité, à la lisière des marais. Il a été sommairement fouillé en 1887 par Robert Koldewey. Une brique portant le nom d'Urukù (Falkenstein) a incliné certains auteurs à identifier le telI à la capitale du Pays de la Mer. L'histoire du Pays de la Mer va ensuite se confondre avec celle des Chaldéens, dont les tribus dominaient cette région.

Pays de la Mer

Qataban

État du yémen antique, dont le coeur se situait autour du Wadi Bahyân, dans l'ouest de l'Hadramaout. La région où s'est établi le Qataban a été habitée dès le IIe mill., mais les premières inscriptions mentionnant un souverain du Qataban datent du VIle s. Il s'agit d'Hawfi'amm Yuhan'im, fils de Sumhu'alî Watar, qui se pare du titre de mukarrib. Les mukarrib de Qataban vont peu à peu étendre leur royaume vers le sud-ouest et le sud, au détriment de Saba et de Ma'in, qu'ils conquièrent au IIè s. Le Qataban est alors parvenu au sommet de sa puissance. C'est le Qataban de cette époque dont Strabon rapporte que "le territoire des Cattabanéens s'étend jusqu'à l'étroit canal (le Bab el-Mandab) où se fait la traversée du golfe (Arabique) ", ce qui est confirmé par Pline qui mentionne Okélis (Ocila) comme un port des Gébannites (id est Qataban). Le même Pline nous donne la cause de leur richesse. "L'encens ne peut être exporté que par le pays des Gébannites; aussi paye-t-on un droit à leur roi. Thomna leur capitale est éloignée de Gaza, ville de Judée, située sur notre mer (la Méditerranée) de 4 436 000 pas, trajet divisé en 65 stations de chameaux" . Ainsi le Qataban s'était-il attribué un monopole du contrôle de l'encens, dont il n'était pas le seul producteur; ce qui, ajouté à une agriculture florissante grâce à un plan rationnel d'irrigation, faisait de ce royaume l'un des plus riches du Yémen. La capitale, appelée Thomna par Pline, Tamna par Strabon, et dont le nom indigène est Timna', était une ville qui s 'étendait sur 20 ha, avec une population importante dont les maisons possédaient plusieurs étages. Dans les remparts, d'une longueur de 1 850 m, étaient aménagées quatre portes. Au cours de son voyage d'exploration du Yémen, l'équipe de Wendell Phillips a retrouvé l'un des chefs-d'oeuvre de l'art qatabanien, la tête féminine nommée Myriam par les travailleurs Arabes employés aux fouilles (déposée à l'Arthur Sackîer Gallery, à Washington). La puissance du Qataban était cependant fragile car, au début du 1er s. de notre ère, le roi d'Hadramaout annexa le pays et détruisit Timna'. La principale divinité des Qatabanais était le dieu-lune 'Anbay shaymân.

Saba

État du Yémen antique. Le Saba a été popularisé grâce au texte du second livre biblique des Rois, narrant la visite de la reine de Saba au roi Salomon, une reine qui n'est pas nommée dans le texte biblique mais que les Arabes ont ensuite appelée Bilqis (ou Balqis) et les Abyssins, Makéda. Cet épisode, pris au sérieux par certains auteurs, qui ont voulu voir dans cette "visite" une relation provoquée par le roi d'Israèl avant d'expédier ses flottes vers l'Ophir, afin de nouer une alliance avec le peuple maître de l'Arabie du Sud et susceptible de contrôler la navigation dans l'étroit passage du Bab el-Mandab, semble plutôt être une invention du rédacteur du livre au VIe s. (3 à 4 siècles après Salomon) en vue d'exalter la gloire et la puissance de son héros. Le Saba semble avoir été constitué par un groupe de tribus fédérées autour de la ville destinée à devenir la capitale du royaume, Marib. L'établissement de la chronologie du Saba se heurte encore à quelques difficultés (voir Yémen), mais certains rapprochements, s'ils ne sont pas établis avec certitude restent suffisamment plausibles pour pouvoir être adoptés ici. Les plus anciennes inscriptions sabéennes citent deux cheikhs portant le titre de mukarrib : Yathî'amar Bayân, fils de Sumu-alî, et Karib'il Watar, fils de Dhamar'alî. Il est possible que le premier ait associé le second au pouvoir tout en conservant une préséance. Le premier de ces souverains a pu être assimilé à It'amara le Sabéen des AnnaIes de Sargon, qui aurait payé un tribut avec Samsi, "reine des Arabes", la septième année du règne du roi assyrien, soit en -716 / - 715 . Pareillement, Karib'îl ne serait autre que Karibi-ilu, roi de Saba, d'une inscription assyrienne datée des environs de - 689, qui aurait donné des pierres rares et des épices lors des fêtes de la fondation du temple du Nouvel An sous le règne de Sennachérib . Karib'îl a fait graver deux grandes inscriptions dans l'enceinte du temple d'Almaqah à Sirwah, grâce à quoi nous savons qu'il a conduit huit campagnes victorieuses qui l'ont rendu maître d'une grande partie du Yémen, ce qui n'alla pas sans destruction de villes, incendies et massacres en abondance. Ce règne ne fut pas uniquement consacré à une extension politique par la violence. Ce grand mukarrib fortifia des villes, installa des colons dans celles qu'il avait détruites pour les repeupler, fit irriguer de nouvelles terres, construisit des sanctuaires, favorisa l'artisanat. Le règne de ce roi, considéré comme le fondateur de l'Empire sabéen, se serait étendu sur près d'un demi-siècle. L'empire ne tarda pas à se lézarder ; moins d'un siècle plus tard, le Qataban, ancien allié de Saba devenu son rival, va lentement rogner ses territoires, pour finalement devenir dès le IIIè s. l'Etat dominant du Yémen. Le Saba subsiste néanmoins autour de Marib, et c'est en particulier ce royaume qui sera visé par l'expédition romaine d'Aelius Gallus, au 1er s (voir Yémen). C'est sans doute à la suite du contrecoup de cette invasion que le Saba va être uni aux rois de la tribu triomphante d'Himyar, lesquels prennent le titre de "roi de Saba et de dhû-Raydân" (ce qui signifie "de Raydan", ce dernier nom étant celui de la forteresse de Zafâr, d'où les cheikhs himyarites sont partis pour imposer leur domination). L'histoire du Saba va désormais être liée à celle des Himyarîtes, soit en tant qu'associés, soit comme rivaux, jusqu'à son absorption définitive dans le royaume himyarite au IIIe s. de notre ère.

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Satrapies

- Mâda, la Médie, à l'ouest de l'Iran, autour de l'actuelle Hamadan. - Ûvja, l'Élam ou Susiane, dans le sud-ouest de l'Iran. - Parthava, Parthyène, dans le nord de l'Iran et à l'est de la mer Caspienne. - Haraiva, l'Arie, région montagneuse du nord-est de l'Afghanistan. - Bâxtris, la Bactriane, la plaine du nord de l'Afghanistan, entre l'Oxus et l'Hindu Kuch, dont la capitale, Bactres, est l'actuelle Balkh. - Suguda, la Sogdiane, entre Oxus et laxarte. Capitale Maracanda, act. Samarkand. - Uvârazmish, la Chorasmie, le Kharezm médiéval, au sud-est de la mer d'Aral. - Zraka (Zaranka), la Drangiane, hauts plateaux du sud-ouest de l'Afghanistan, act. Seistan, arrosé par l'Hilmand (anc. Étymander). - Hrauvatish, l'Arachosie, sud-est de l'Afghanistan, nord du Baloutchistan. - shatagush, Sattagidie, du nom d'un peuple au sud-est de l'Arachosie. - Gadâra, le Gandhâra, la Gandaritis des Grecs, au nord-ouest de la vallée de l'Indus. - Hidush, Hindush, la vallée de l'Indus. - Sakâ haumavargâ, Saka (Scythes), "buveurs de Hauma" vers les rives de l'Iaxarte (Syr-daria). - Sakâ tigraxaudâ, "Saka aux bonnets pointus", peuple scythique d'Asie centrale. - Bâbirush, la Babylonie. - Ashurâ, l'Assyrie. - Arabâya, l'Arabie, laquelle s'étendait sur la Jordanie et une partie de la Syrie. - Mudrâya, l'Égypte. - Armina, l'Arménie, dans la région du lac de Van jusqu'au lac d'Urmiah, dans l'est de la Turquie et le nord-ouest de l'Iran. - Katpatuka, la Cappadoce, au centre de l'Asie Mineure. - Sparda, la Lydie, avec Sardes pour capitale. - Yaunâ, l'Ionie, soit les côtes égéennes de l'Asie Mineure. - Sakâ tyaiy paradraya, les Scythes d'Europe, au sud du Danube (act. Bulgarie). - Skudra, la Thrace (act. "Turquie d'Europe" et sud de la Bulgarie. - Yaunâ takabarâ, les Ioniens "portant le pétase" (petit chapeau grec), les Grecs de l'actuelle Thrace occidentale et de la Macédoine. - Putây (Puntiyâ), les côtes orientales de l'Egypte et l'est de la Cyrénaique. - Kûsiyâ, le Kush des Égyptiens, en l'occurrence le nord de la Nubie. - Maciyâ et Karkâ. La localisation de ces deux régions reste discutée. Il semblerait qu'il s'agisse du Makran (dans le sud-est de l'Iran) et de la Carie, dans le sud-ouest de l'Asie Mineure (ou encore de la Cilicie). Cependant, on a pu aussi y voir la Cyrénaïque et Carthage . Il est à remarquer que, par ailleurs, ne sont pas mentionnées deux provinces de l'Iran du Sud-Est, conquises par Darius ou même par Cyrus, la Carmanie (act. Kirmân), peuplée de tribus proches des Perses, et la Gédrosie (Baloutchistan).

Urartu

Royaume au sud du Caucase, situé entre les lacs de Van et d'Urmiah. Son histoire est connue grâce aux inscriptions urartéennes et aux annales des rois d'Assyrie. Urartu est un nom d'origine assyrienne désignant les régions au sud du lac de Van (Anatolie orientale, au coeur de ce qui deviendra l'Arménie historique, occupée maintenant par les Kurdes après la déportation et les massacres des Arméniens). Ce terme apparaît pour la première fois au XIIIe s., sous la forme Uruatri, dans les annales du roi d'Assyrie Salmanazar Ier ( - 1273 - 1264). Il est employé en concurrence avec celui de Naïri, qui était aussi le nom donné au lac de Van (mer de Naïri). Les Urartéens désignaient leur pays sous le nom de royaume de Bianili. Ce n'est cependant qu'au IXe s. qu'émerge un Etat organisé qui, au cours des siècles suivants, se structure et gagne en étendue, au point de devenir l'une des principales puissances du POA. Le premier souverain mentionné est un certain Aram(u), qui régnait sur la région de Van (capitale du royaume sous le nom de Tushpa) aux environs de -860. Salmanazar III prit sa capitale, Arzakim, vers -858. Les inscriptions de Salmanazar III mentionnent ensuite Sarduri, fils de Lutipri, contre lequel les Assyriens firent campagne en -832, sans doute peu après sa montée sur le trône. Il régna jusqu'en -825, date à laquelle lui succéda son fils Ishpuini. Ce n'est qu'avec le fils et successeur de ce dernier, Menua ( - 804 - 790), que le royaume commence à devenir conquérant, bien qu'Ishpuîni ait déjà entrepris des campagnes de conquête à la tête d'une armée non négligeable avec 10 000 cavaliers, 23 000 fantassins et une centaine de chars. Menua étend le royaume vers le sud et l'est, mais c'est son fils Argishti 1er ( -789 - 766) qui va pousser ses conquêtes vers le nord et le sud en utilisant les méthodes des Assyriens : massacres, incendie des villes, déportation. C'est dans la lointaine province de l'Araxe, à Érébuni (Erivan), qu'il déporte les captifs de sa campagne en Mélitène (sud-est de l'Anatolie ). Il s'attaque ensuite à l'Assyrie en la contournant vers l'est, mais il est tenu en échec par le tartan de l'armée assyrienne, shamshi-ilu, sous le règne de Salmanazar IV ( - 782 - 773). Cette politique agressive sera poursuivie par ses deux successeurs, Sarduri Il ( - 765 - 733) et Rusa 1er ( - 732 - 714), en direction de la Syrie au sud et de la Colchide (actuelle Géorgie) au nord-ouest. Vers la fin de son règne, Rusa doit faire face à une invasion de nomades venus par le Caucase, les Cimmériens, tandis que Sargon II conduit sa huitième campagne contre la région au sud du lac de Van, qu'il met à sac. Mais les Urartéens, rompus à la guerre et solides montagnards, se relèvent de ces ravages, et Argishti Il ( - 713 - 679) et surtout son fils Rusa II ( -678 - 654) rendent sa puissance à leur royaume, où ils fortifient les villes : Teishébaini (actuelle Karmir Blur), Toprak Kale, Bastan. Les hostilités entre Assyriens et Urartéens cessent vers cette époque, les deux royaumes ayant sans doute compris combien ils s'épuisaient mutuellement en vain alors que leurs frontières étaient menacées par ailleurs. On ne sait que peu de chose des derniers rois Urartéens, Sarduri III ( - 654 - 625), Eriména ( - 624 - 606) et Rusa III ( - 605 - 585), rois dont la séquence et la filiation restent discutées. La disparition de la royauté est due sans doute aux attaques des Cimmériens et des Scythes, et à l' expansion du royaume des Mèdes sous l'impulsion de Cyaxare, qui étend ses frontières jusqu'à l'Halys (Kizil Irmak), au coeur de l'Anatolie . La richesse de l'Urartu tenait à une agriculture rationalisée, mais aussi aux nombreuses mines (or, argent, fer) du royaume : elles permirent le développement d'un artisanat important qui produira un art du métal et de la chaudronnerie original, dont l'influence s'exercera jusqu'à la Grèce de l'époque archaîque. La population de l'Urartu, dont les origines restent obscures, a subi fortement l'influence des Hourrites, à moins que ce ne soit dans cette région qu'il faille chercher le berceau de cette dernière population. La langue des inscriptions urartéennes est voisine de celle des Hourrites, au point que Goetze y a vu un dialecte hurrite; Melikishvili a montré quant à lui les étroites relations des deux langues (dans la construction ergative - pour le sens d'ergatif, voir sumérien - ou dans les suffixes constituant les cas). Le dieu du Temps et de l'Orage, Teshéba correspond au Téshup hurrite, et shiwini le dieu-soleil, correspond au shimigi Hourrite. Sans équivalence restent cependant Haldi, le grand dieu national de l'Urartu, et son "épouse", Bagbarti, ainsi que le dieu-lune shélardi.

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Yémen

État moderne qui recouvre approximativement les territoires appelés par les auteurs classique Arabie Heureuse. Les hautes plaines du Yémen ont été occupées dès le paléolithique. Des foyers néolithiques ont été datés entre 6175 et 5635. Cependant, l'histoire des anciens Etats yéménites datent de la fin du IIe mill. et, plus sûrement, du VIlle s., avec les premières inscriptions du Saba. Les chronologies établies à partir des inscriptions (étudiées intrinsèquement et extrinsèquement) et de rapprochements avec le monde oriental et la civilisation grecque restent encore flottantes mais on a abandonné les chronologies longues, comme celle de Hommel, et les schémas sîmplificateurs, tel celui qui proposait les séquences suivantes : avant -1120, établissement du royaume de Ma'in, -1020 - 810, IIe dynastie minéenne; - 810 - 610, le Qataban renverse Ma'în avec l'aide de Saba ; - 610 - 370, renversement du Qataban par le Saba ; - 370 - 230, apogée du Saba; - 230 - 115, surgissement d'Awsan et rivalités à l'intérieur du Saba; - 115, début de l'ère sabéenne proprement dite . Christian Robin a proposé une division de l'histoire sud-arabique en deux périodes : celle des royaumes caravaniers (VIIIe-Ier s.), dominée par les tribus installées en bordure du désert, dont une principale activité est la récolte de résines aromatiques, encens et myrrhe principalement, et le transport de ces produits par, caravanes vers les grands marchés d'Egypte et du Levant; une seconde période, du 1er siècle de l'ère chrétienne au VIe s., dominée par les tribus des Hautes-Terres. Cette division correspond approximativement à celle que propose Andrey Korotayev, qui pose une première période ancienne celle des Mukarribs de Saba, suivie dans la seconde moitié du 1er mill. par la sous-période des rois traditionnels de Saba, laquelle se termine au 1er s. La période suivante (celle des tribus des Hautes-Terres de Robin), selon Korotayev, est celle des rois de Saba et de dhû­Raydân, qui se termine au IVe s. de notre ere. Korotayev ajoute une troisième période "monothéiste" qui recouvre l'époque des souverains convertis d'abord au judaîsme avec les rois d'Himyar puis au christianisme avec les Abyssins. Au cours de la première période, six royaumes issus de tribus entreprenantes vont s'affronter: Saba, Qataban, Ma'in, Himyar, le petit royaume d'Awsan et l'Hadramaout, le plus oriental, avec shabwa pour capitale. L'Hadramaout était le plus grand producteur d'encens, ce qui faisait la richesse de sa capitale, appelée Sabota par Pline , qui nous dit qu'elle enfermait dans ses murs soixante temples. Strabon, qui nous donne l'état de la région d'après diverses sources, dont une remontant au IIe s., cite uniquement les Minaei (Minéens), les Sabaei (Sabéens), les Kattabanéens (Qataban), les Khatra­môtitae (Hadramut). Il ajoute, ce qui n'est pas exact, que ces peuples forment un seul et même Etat monarchique. Ce qui est plus intéressant est ce qu'il rapporte ensuite à propos des capitales de ces royaumes : "Elles ont toutes les apparences de l'opulence et toutes sont ornées de temples et de palais magnifiques. Leurs maisons, par l'assemblage de la charpente, rappellent tout à fait les maisons égyptiennes". C'est par Strabon, qui nous donne encore de nombreux détails pleins d'intérêt , et par Pline, que nous connaissons l'expédition militaire en Arabie que commanda en 24 Aelius Gallus, le gouverneur de l'Egypte nommé par Octave-Auguste après l'annexion du royaume des Ptolémées. Plîne résume ainsi les résultats de cette expédition: "Gallus détruisit des villes qui n'avaient pas été nommées par les auteurs antérieurs, Négra, Amnestrum, Nesca, Magusa, Tammacum, Labécia et Mariaba nommée plus haut, de 6 000 pas de tour; il détruisit aussi Caripéta : ce fut la limite extrême de son expédition. Ces peuples parlaient des dialectes sémitiques qui variaient entre eux. Le sabéen, le plus proche de l'arabe, a pris une certaine extension lors de la formation de l'empire de Saba, tandis que les autres tribus utilisaient des dialectes plus proches du gheez, la langue des Abyssins, nommés ainsi d'après la tribu des Habesh, originaire du Yémen. Ces langues, connues par les inscriptions, ont utilisé un alphabet original issu de l'alphabet phénicien. Elles nous sont connues par de nombreuses inscriptions dépourvues en général de caractère littéraire. On ne peut cependant douter qu'il existait toute une tradition poétique orale, comparable à celle de l'Arabie des VIe et Vile s. de notre ère, qui nous a été conservée par les érudits musulmans. De cette littérature, il subsiste cependant un texte poétique, un hymne versifié du 1er s. de notre ère, gravé dans la pierre à Qâniya, site himyarîte à 150 km au sud-est de Sanaa . Les Yéménites ont créé une architecture orignale : maisons au murs de terre crépie s'élevant parfois à de grandes hauteurs, parallèlement à une architecture de pierre réservée en général à des temples comme ceux de Marib et de shabwa, à des demeures ou à des châteaux fortifiés (en tout cas pour leurs soubassements), aux remparts et aux bastions comme on le voit a shabwa ou encore à l' érection de barrages (voir : Aden).

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