Les peuples de la Mésopotamie et du Proche-Orient ancien

Dictionnaire des peuples et des cultures du Proche-Orient ancien

33 définitions trouvées dans la base "Mésopotamie"...

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Ahhiyawa

Nom Hittite du peuple établi ,à partir de -1400, le long des côtes de l'Asie-Mineure, en lequel on peut voir les "Achéens" de la tradition Homérique (migrants Grecs Mycéniens).

Ahlamu

Voir Araméens.

Akkadiens

Nom d'un un peiuple et d'une langue sémitique parlée en Mésopotamie au cours des Ier, IIe et IIIe millénaires. Les Sémites qui véhiculèrent cette langue vers le "Croissant fertile" étaient présents avant -1600. L'Akkadien supplanta progressivement le Sumérien, pour s'établir comme langue "nationale" au début du IIème millénaire. A cette époque , l'Akkadien se divise en deux dialectes : l'Assyrien et le Babylonien.

Ammonites

Population de langue sémitique installée autour d'Amman, l'antique Rabbath-Ammon, en Jordanie actuelle. Les Ammonites eurent à combattre les Hébreux à plusieurs reprises.

Amorrites

Population de langue sémitique qui apparaît au Bronze ancien. Leur nom figure pour la première fois dans les annales du souverain d'Akkad shar-Kali-sharri (vers -2215). Présents, comme nomades, dans la région du Moyen-Euphrate depuis le troisième millénaire, les Amorrites se sont très progressivement installés dans tout le "Croissant fertile", et finiront par fonder une Dynastie à Babylone. Hammurabi de Babylone se proclamait "Roi des Amorrites".

Amurru

-Nom Akkadien du pays des Amorrites. -Nom d'une divinité sémitique et dieu tutélaire des Amorrites. On le retrouve dans le Sud de la Mésopotamie dès l'époque d'Ur III. -Nom donné à la constellation de Persée, identifiée à la divinité Amurru.

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Arabes

Tribu de pasteurs qui, au premier millénaire, nomadisait dans les Déserts du Sud de la Syrie et du Sud de l'Irak actuels. Plus tard, ce nom recouvrait toutes les tribus de la péninsule Arabique. La première mention historique du terme d'Arabes date du règne de Salmanazar III (Roi d'Assyrie (-858 -824), qui devait repousser perpétuellement les vagues de pilleurs et de guerriers Arabes , au Sud-Ouest de son royaume.

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Araméens

Population de langue sémitique qui apparaît dans l'Histoire vers -1200. Les Araméens sont probablement issu de ces population du Nord du Désert Arabique qui se sédentarisaient, par vagues et souvent de manière pacifique le long du Moyen-Euphrate. Dès -1100, les inscriptions Assyriennes différencient les Araméens (Ahlamû) des Arabes. Mais il n'y a pas de véritable "Culture" Araméenne originale, sinon une multitude de petits royaumes au Nord de la Syrie, influencés par le monde Hittite, au Nord. Les Dieux Araméens sont presque tous d'origine sémite. En revanche, la langue Araméenne exprime des phonèmes sémites par l'Alphabet Phénicien. A partir de la chute de Damas, en -732, l'Araméen deviendra une langue diplomatique et officielle à la cour du Roi d'Assyrie et de Perse, et sera parlée dans tout le Proche-Orient Ancien. L'Araméen tardif sera la langue du Royaume de Palmyre et des Nabatéens.

Babyloniens

On a tendance à attribuer à ce nom un sens général impliquant toute la partie Sud de l'actuel Irak, les Assyriens occupant le Nord. Cette vue se justifie dans la mesure où Hammurabi a étendue son empire sur cette partie méridionale de la Mésopotamie, comprenant les anciens Sumer et Akkad, et où les lois promulguées par ce roi ainsi que de nombreuses notions culturelles, à commencer par la langue, le babylonien ancien, forme dialectale de l'Akkadien, et les institutions sociales, se sont imposées aux anciennes villes suméro-akkadiennes. L'Histoire des babyloniens se confond avec celle d Babylone à partir de la dynastie Amorrite, illustrée par Hammurabi.

Cananéens

Le nom ethnique de Cananéen apparaît pour la première fois (ki-na-ah-num) dans un texte de Maridaté des environs de -1750. Le territoire de Canaan débutait aux frontières de l'Egypte et s'étendait jusqu'aux montagnes du Liban, au Nord. Et, bien que parlant un langage fort voisin, les gens d'Ugarit regardaient les Cananéens comme des étrangers. La plus ancienne des villes de Canaan est Jéricho, meme si d'autres furent d'égale importance, comme Mégiddo ou Lakish. La langue cananéenne fait partie des langues sémitiques de l'Ouest, qui ne sont en fait que des dialectes plus ou moins particuliers (comme l'Ugaritique, le Phénicien, l'Edomite ou le Moabite), d'une même langue sémitique originelle. Les principaux dieux cananéens sont El, Dieu suprême, Baal, Reshep, et, comme divinité féminine, Ashérah. La terre de Canaan disparaitra après l'occupation de la côte par les Philistins (un peuple d'origine égéenne), et l'expansion, au Nord, des Araméens.

Chaldéens

Le mot de "Kal-du" est mentionné pour la première fois dans les annales d'Assurnasirpal II. On ignore l'origine de ces tribus semi-nomades qui peuplaient cette région proche de la babylonie, dont elles avaient adopté la langue. Souvent en guerre ou en révolte contre la domination assyrienne, les Chaldéens fondent une dynastie à Babylone, avant d'etre conquis par l'armée Assyrienne (-710). Les Chaldéens avaient la réputation d'être d'excellents astronomes.

Égyptiens

Les relations entre l'Egypte et les petits États de Canaan, parmi lesquels on peut comprendre les ports entre la frontière égyptienne et Ugarit, ont commencé très tôt, dès l'Ancien Empire. Sous la IVè dynastie (-2613-2498), les rois constructeurs des pyramides envoient des expéditions à Byblos pour se fournir en bois venus des montagnes du Liban, cèdre et pin. Ce trafic cesse avec la fin de l'Ancien Empire pour reprendre avec la XIIè dynastie (-1991-1786). L'influence égyptienne est alors particulièrement sensible et il est même possible qu'un Égyptien ait été roi de Byblos . Ces bonnes relations avec Byblos n'ont pas empêché les Egyptiens d'inclure plusieurs villes de Canaan dans leurs textes d'exécration rédigés sur des bols ou des figurines, ce qui implique des relations sans doute difficiles avec ces cités. shmel Ahituv (1984) a ainsi catalogué environs 850 toponymes cananéens dans les textes égyptiens couvrant toute la Palestine. Par ailleurs, les relations des Égyptiens avec les ports du Levant s'étendent encore vers le nord, jusqu'à Ugarit . Ce n'est qu'avec le Nouvel Empire et plus particulièrement à la suite des dix-sept campagnes que Thoutmosis III a conduites en Asie jusqu'à l'Euphrate (entre -1484 et -1464) que l'Egypte s'implante réellement en Canaan et dans le sud de la Syrie. Un siècle plus tard, la correspondance d'Amarna révèle l'influence qu'exercent encore les pharaons dans ces régions où plusieurs rois sont ses tributaires obséquieusement soumis. Ces lettres révèlent les relations étroites des rois d'Égypte non seulement avec les princes vassaux, mais aussi avec les maîtres des grands royaumes : Hittite, Babylonien, Assyrien, Mitannien. Les alliances entre Aménophis III (-1405-1367) et les rois du Mitanni et de Babylone (Karduniash) sont sanctionnées par des mariages avec les filles de ces rois. La montée de l'Empire hittite au XIVe s. fait que la Syrie devient un enjeu entre Hittites et Egyptiens. La bataille de Qadesh établira l'équilibre entre les deux royaumes qui se partagent la Syrie. Les invasions des Peuples de la Mer, aux alentours de -1200, qui ont peut-être porté un coup final à l'Empire hittite, mettent fin à la domination égyptienne sur Canaan malgré une campagne sans doute victorieuse de Ramsès III dans cette région. Les Egyptiens reviendront en Asie à l'époque du fer pour des campagnes fugitives. shesonq Ier (-950 -929) conduit une campagne sans lendemain à travers la Palestine au cours de laquelle il pille Jérusalem. Une nouvelle tentative d'intervention a lieu sous Bocchoris (-720 -715), qui envoie son général Sibo au secours des princes syro-palestiniens contre Sargon II. L'armée égyptienne est mise en déroute et Bocchoris envoie un tribut au roi d'Assyrie. L'Egypte devint province assyrienne sous Assarhaddon et Assur-banipal. Evacuée par les Assyriens à la suite de la révolte de Psammétique Ier (-663 -609) avant même la mort d'Assur-banipal, elle envoya sous son pharaon Néchao, qui venait de succéder à Psammétique, une armée en -609 -608 pour venir au secours du dernier roi d'Assyrie, Assur-uballit. En vain. Trois ans plus tard, l'armée égyptienne fut mise en déroute par Nabuchodonosor sous les murs de Karkémish. Il semble que Nabuchodonosor une fois installé sur le trône de Babylone, ait tenté une invasion du delta du Nil qui tourna court. Il revint au roi de Perse Cambyse d'intégrer l'Égypte à l'Empire achéménide. À l'époque néobabylonienne, de nombreux Egyptiens vivaient à Babylone et en Babylonie. Plusieurs d'entre eux étaient des prisonniers de guerre ou des otages pris à la suite des batailles que Nabuchodonosor avaient livrées -605 et -601. Ils dépendaient de Kharmasu, "chef des Égyptiens", lui-même un Egyptien qui exerçait la fonction de juge. Plusieurs Égyptiens de Babylone, hommes ou femmes, y étaient esclaves. Mais nombreux étaient aussi les Egyptiens libres qui exerçaient des métiers parfois de caractère officiel, surtout à partir de l'époque perse. Ils devinrent plus nombreux encore au Vè s., où la circulation des personnes était facilitée par l'unification qu'avait imposée la domination achéménide sur tout le Proche-Orient.

Guti

Peuple montagnard du Zagros. Le territoire qu'il occupait, vers le nord du Luristan, dans les hautes vallées de la Diyala et de la Khéka, est appelé Gutium. Ces montagnards éleveurs de bétail effectuaient des raids de pillage dans la vallée des deux fleuves lors des derniers siècles du III miIl. C'est ce qui semble justifier l'expression utilisée à leur propos dans la LRS de «horde guti «: ki-su-lu-ub[-gar] gu-tu. Dans la 'Malédiction d'Akkad , les Guti sont présentés comme un peuple insoumis et le Gutium comme "le pays [dont le peuplej est innombrable, le pays qui ne peut souffrir de domination". Ce sont sans doute ces descentes ravageuses, qui n'eurent qu'un temps, qui imposèrent une image négative des Cuti aux sédentaires du Sumer. shar-kali--sharrî, aux alentours de 2200 conduisit une expédition militaire contre le Gutium au cours de laquelle il captura leur roi sharlak. Mais déjà des Cuti étaient intégrés dans les armées akkadiennes. Ce sont eux qu'on rend responsables de l'installation d'une période d'anarchie après la mort de shar-kali-sharri, vers 2193 : «Innombrables comme des sauterelles, ils fondirent sur le sol. Leur bras enserra la plaine pour lui (Enlil, qui les aurait envoyés en punition) comme un piège pour le bétail. Rien n'échappait à leur bras, nul ne se sauvait de leur bras "Malédiction d'Akkad". Ont-ils, en déferlant de leurs montagnes, mis à «feu et à sang « tout le pays de Sumer? Dominèrent-ils plus ou moins longtemps les grandes cités de Sumer et Akkad, Umma, Adab, Larsa, Lagash, Kish, Ur? La question reste obscure. Jean-Jacques Glassner , qui énumère les diverses hypothèses proposées Ipar les assyriologues, rappelle que, cependant, l'archéologie ne marque aucune rupture, aucune trace de destructions massives entre la période d'Akkad et celles qui suivent aussi bien sous les princes de Lagash que sous les rois d'Ur III. C'est cependant à eux qu'il faut faire crédit de la fin de la domination d'Akkad. Le site de la capitale de l'empire n'ayant pas été retrouvé, il est bien possible que ce soit cette seule cité qui ait été mise à sac, ce dont la "Malédiction d'Akkad" semble avoir conservé l'écho. Et la chute de la dynastie de Sargon a libéré les cités tributaires, de sorte qu'il n'y a plus eu de pouvoir central modérateur. La LRS, qui note la chute du fils de Narâm-Sîn après un règne de 25 ans , demande ensuite: "Qui était roi? Qui n'était pas roi ?". Et son auteur pose la question de savoir si c'était Igigi, Nanum, Imi, Élulu..., énumérant 1 rois qui auraient régné 181 ans. Ce n'est qu'après un retour à une monarchie unifiée avec Ur-nigin(ak) d'Uruk et ses quatre successeurs, sur un espace de 30 ans, que la royauté, nous apprend la LRS, passa "à la horde du Gutium"; et l'auteur donne une liste de 21 rois qui auraient régné en tout 91 ans et 40 jours. Ces rois gutis s' akkadisèrent, sans qu'on puisse réellement les situer aussi bien chronologiquement que géographiquement. Il semblerait que leur autorité ne se soit exercée que sur la région drainée par la Diyala, car on sait que la cité d'Akkad se releva bientôt de ses ruines, Si tant est qu'elle ait été ruinée, et que des rois Akkadiens continuèrent la lignée de Sargon, tandis que prospéraient sous leurs ensi des villes comme Ur, Lagasl et Uruk. Il est possible que l'un des rois donnés comme ayant régné sur Akkad (?) pendant la période d'anarchie, Élulu, soit le même que le roi Guti cité dans la liste de LRS, Élulumesh, comme l'ont suggéré Jacobsen et Jean Bottéro. C'est finalement un roi d'Uruk, selon la LRS, Utu-hégal, qui "battit avec les armes" la horde de Gutium, vers -2120 : "Gutium, le dragon des montagnes, l'ennemi des dieux, qui la royauté de Sumer dans les montagnes avait emporté, qui Sumer d'hostilité avait rempli, qui à l'époux son épouse avait ravi, qui aux parents leurs enfants avait ravi [...] Enlil, le roi des contrées, de détruire jusqu'à son nom à Utuhégal, le mâle fort, le roi d'Uruk [...] donna mission ". Les Gutis ne disparaissent pas pour autant. Ce sont eux qui sont encore évoqués comme prédateurs dans la "Lamentation sur la destruction de Sumer et d'Ur", et, dans les imprécations finales, il est demandé que la tornade qui a ravagé Sumer afflige la terre ennemie du Gutium . Le nom du Gutium va se perpétuer à travers les siècles, Si bien que, dans la Chronique de Nabonide il est question de Gobryas (Ugbaru), gouverneur du Gutium, qui prit Babylone avec l'armée de Cyrus. Une inscription babylonienne relative à ce même Cyrus déclare qu'il soumit les hordes manda (c'est-à-dire les Mèdes), le pays guti.

Hatti

Nom donné par les Hittites à la langue parlée par la population qui les avait précédés en Asie Mineure. Le hatti, qu'on appelle aussi, à tort, protohittite, était une langue morte à l'époque hittite, et quelque chose comme une langue liturgique, tel le latin pour les modernes, elle était sans doute psalmodiée dans les rites ou encore chantée comme le laisse entendre la formule NAR. "Hattili SIR" le chanteur chante dans la langue hatti. Le hatti est une vieille langue dite asianique agglutinante totale ment différente de la langue parlée par les Hittites (dont le nom est neshite ou plutôt nesili) et les autres populations d'origine indo-européenne, raison pour laquelle l'emploi de protohittite pour la désigner prête à confusion. Il n'en subsiste que des lambeaux, dans les bilingues hatti-hittite, quelques textes unilingues hatti et des fragments intégrés dans les rituels Hittites. Tous ces textes proviennent des archives royales d'Hattusa. Les bilingues consistent en textes accompagnant l'inauguration d'un palais, en formules d'exorcisme sur un mouton, en listes de fonctionnaires, en fragments de caractère mythologique; en hatti : conjurations, imprécations, hymnes, mélopées, listes de divinités, fragments mythologiques. Cette langue demeure très mal connue et en partie indéchiffrée. Par extension, on a donné le nom de Hattis aux peuples porteurs de la civilisation anatolienne, qui a fleuri avant l'arrivée des peuples locuteurs de langues de type indo-européen: hittite, luwite, palaîte. C'est à ces populations qu'on doit la civilisation brillante représentée dans le matériel retrouvé à Alaca Hàyùk et à Alishar en particulier; avec ses célèbres enseignes (voir Anatolie ). - Les textes Hittites ont adopté quelques anciennes divinités Hittites, qu'ils ont intégrées d~ns leur panthéon. La déesse soleil d'Arinna, qui s'appelait peut-être en hatti Wurunshemu. Inara, déesse protectrice d'Hattusa. Elle est mentionnée dans les textes Assyriens de Kanesh. Dans le mythe d'Illuyanka, elle est associée aux champs (hitt. "gimras" et participe aux côtés du dieu du Temps au combat contre ses adversaires. On l'a identifiée aux divinités représentées dans les textes Hittites par l'idéogramme KAL et le sumérogramme aLAMMA, qui pourrait plutôt être lu "kurunta" . Mezulla : fille de la déesse-soleil et du dieu du Temps. Elle apparaît dans les textes Hittites comme un intermédiaire entre les hommes et les grandes divinités. Tahattanuitish sans doute une ancienne déesse-mère présidant aux saisons, comme le suggère son épithète hittite Wattarasannas " Mère du printemps". Tashimetish dont le nom s'écrit aussi sLUCAL-sal "la reine" (SAL est un déterminatif pour marquer le genre féminin placé avant les noms de personne ou d'animal). Elle est donnée comme la maîtresse de Téshup dans le mythe de Kumarbi. Washizzil : divinité mâle dont le nom est écrit aussi UR-MAH-LUCAL-as «lion-roi». Wurunkatte : dieu guerrier.

Himyar

Nom d'un groupe tribal et du territoire qu'il occupe, au sud des hauts plateaux du Yémen. Le territoire d'Himyar (

Hittites

Population de langue indo-européenne qui constitua un puissant État en Anatolie centrale au IIe mill. Le nom des Hittites est emprunté à celui de leurs prédécesseurs dans la région, les Hattis. HISTORIQUE. C'est sans doute aux alentours de -2300 que les premières bandes d'émigrants parlant des dialectes indo-européens arrivent en Asie Mineure. La question reste discutée de savoir si, venant des régions pontiques (Nord de la mer Noire), elles ont pénétré en Asie Antérieure en passant par les détroits à l'ouest (Bosphore et Hellespont) ou les cols du Caucase à l'est. Il est bien possible que ces bandes se soient infiltrées par les deux côtés. La présence des Hittites, un groupe descendant de ces envahisseurs du BA, est attestée en Cappadoce à l'époque des colonies assyriennes, au tout début du IIè milI. On ne sait dans quelle mesure on peut relier les premiers rois Hittites connus à deux personnages mentionnés dans des tablettes de Kanesh rois d'une cité appelée Kussar; Pithana et son fils Anitta, qui semblent bien avoir été des Hittites. Le premier nom de roi que nous connaissions par un texte tardif, le "Rescrit de Télépinu" (vers -1525 -1500), est Labarna. Son épouse royale se serait appelée Tawananna, nom qui, comme Labarna (transformé en Tabarna), devint le titre des reines. Le premier roi mieux connu historiquement est Hattusili Ier, fils (ou neveu ?) de Labarna. C'est avec lui que commence réellement ce qu'on a appelé l'ancien royaume hittite, bien qu'on le fasse de préférence débuter avec Labarna, vers -1630. La politique d'expansion d'Hattusili Ier, qui installe la capitale du royaume à Hattusha, fut poursuivie par son successeur (sans doute son petit-fils) Mursili Ier (vers -1620 -1590). Il parvint à prendre Alep puis, vers -1595, il osa un raid audacieux qui le conduisit jusqu'à Babylone, qu'il pilla, mettant fin à la dynastie Amorrite et ouvrant la porte aux Kassites. De cette aventure, le royaume hittite ne retira pas grand-chose, sinon un certain butin. Le roi fut assassiné par son beau-frère qui prit le pouvoir sous le nom d'Hantili Ier (vers -1590 -1560). Le nouveau roi maintint l'intégrité de l'empire par une série de campagnes vers l'ouest, contre une puissance montante, les Hourrites, et vers le nord contre un nouvel adversaire qui apparaît sous son règne, les Gasgas (ou Kaska). Ces guerriers habitaient les montagnes au nord de la Cappadoce, dans ce qui deviendra le Pont à l'époque gréco-romaine. Ils ne cesseront plus de harceler les Hittites pendant le reste de leur histoire et ils participeront certainement à la chute de l'empire. Hantili ayant été assassiné à son tour, commence une période d'anarchie où les grandes familles Hittites se disputent le trône. Un certain ordre fut rétabli par Télépinu (ou Telebinu), qui prit le pouvoir vers -1525 après avoir déjoué un complot et exilé les fauteurs de troubles. Il érigea le conseil du Panku, assemblée de citoyens en âge de porter les armes (?) en haute cour de justice. Il institua une loi de succession au trône que le Panku devait faire respecter, avec le droit de mettre en accusation un souverain coupable de crimes et de le faire mettre à mort. Bien que le Panku ait par la suite perdu de son autorité, la loi de succession directe fut toujours observée (sauf par Hattusili III lorsqu'il dut se résoudre à se révolter contre l'arbitraire de son neveu). Si un certain ordre est revenu grâce aux initiatives de Télépinu, le royaume hittite reste en retrait pendant les règnes suivants. Certains auteurs font débuter ce qu'on appelle le (nouvel) empire hittite avec Tudhaliya Ier (anciennement Il, -1460 -1440), qui régna avec son épouse Nikalmati. En réalité, le royaume ne fait que se défendre, même s'il semble qu'Hattusili Il ait réussi à maintenir un équilibre avec Alep. Sous Tudhaliya Il (-1400 -1380), le royaume est même attaqué de tous les côtés, et les Gasgas réussissent à mettre à sac Hattusha. Le rétablissement se fait avec son frère (dans le cas où il serait le fils d'Hattusili Il) ou son fils, Suppiluliuma Ier (vers -1370 -1342), qui a su mêler habilement la diplomatie et la guerre. Au cours de campagnes vigoureuses, il fit entrer le nord de la Syrie, avec en particulier Ugarit, dans la sphère d'influence hittite, ce qui, en revanche, ouvrit près d'un siècle de conflit avec l'Égypte. Il entra en lutte avec le Mitanni, qui, sous les coups conjugués des Hittites et de l'Assyrie, va bientôt disparaître. Il fit deux de ses fils rois l'un de Karkémish, l'autre d'Alep. Sur le plan diplomatique, il maria ses filles à des princes vassaux et lui-même épousa la fille du roi de Babylone, avec qui il avait fait alliance. Du côté de l'Égypte, après les intrigues qu'il avait menées auprès des petits souverains syriens et cananéens vassaux de pharaon (en l'occurrence Akhenaton), il eut le plaisir de recevoir une lettre d'une reine égyptienne (sans doute la veuve de Toutankhamon) le priant de lui envoyer un fils comme époux pour monter sur le trône de Thèbes. On sait que le prince ne parvint pas dans la vallée du Nil, assassiné par on ne sait qui, mais sans doute à l'instigation d'Ay ou d'Horemheb. A sa mort, malgré des échecs vers l'ouest et le nord, contre les Gasgas, Suppiluliuma laissa un royaume puissant mais fragile à ses successeurs. On pense qu'il mourut de la peste et que son successeur, Arnuwanda, fut bientôt terrassé par la même maladie. Son plus jeune fils, Mursili II (-1340 -1310), maintint l'héritage de son père au prix de guerres incessantes aussi bien contre des coalitions vers la Syrie que contre des raids de barbares au nord. C'est lui-même, dans ses Annales, qui nous dit qu'il dut lutter dix ans durant pour rétablir et maintenir l'héritage de son père. Nous connaissons quelques événements concernant le règne de son fils et successeur Muwatalli Il (-1310 -1280) par l'Autobiographie du frère de ce dernier, Hattusili III. On peut voir qu'il a confié à celui-ci la tâche difficile de défendre les frontières de l'empire contre les barbares Gasgas du Nord, et lui-même s' est réservé les relations avec les grands royaumes du Sud et de l'Est. Il semble avoir réussi à maintenir la prospérité du royaume tout en reprenant les hostilités avec l'Égypte, hostilités qui se terminèrent avec la bataille de Qadesh (voir Hattusili III pour les détails). Le fils d'Hattusîli III, Tudhaliya IV (-1260 -1220), maintint encore l'empire et parvint même à l'agrandir par la conquête de Chypre, le plus grand fournisseur de cuivre de l'époque. La faiblesse réelle de l'empire apparaît déjà sous ce règne : ainsi un cousin du roi, Kurunta (autrement appelé Ulmi-Te-shub), devenu roi de Tarhundassa, à l'ouest de la Cappadoce, obtint, par traité avec Tudhaliya, de nombreuses concessions territoriales et se para des titres royaux Hittites Tabarna, Mon Soleil, Grand Roi. Les deux derniers successeurs de Thudaliya, Arnuwanda III (-1220 -1200) et Suppihuma II (-1200 vers -1180), durent faire face à de nouvelles coalitions et à des invasions qui eurent bientôt raison de l'Empire hittite, lequel disparut sous les coups conjugués des Gasgas et des envahisseurs venus des rives de la mer Égée, appelés "Peuples de la Mer" dans les textes égyptiens. Civilisation. La richesse des Hittites était naturellement en partie fondée sur l'agriculture et l'élevage, mais aussi, dans ce pays de forêts, sur la coupe du bois. Cependant, plus que les autres États du POA. ils disposaient de mines : peu de cuivre, mais de l'étain, de l'or, du plomb (l'un des principaux produits du commerce des colonies assyriennes de Cappadoce) et surtout du fer. Dès le XIVème s., pour le moins, (le fer était connu bien avant), les forgerons anatoliens ont acquis une suffisante maîtrise dans son traitement pour que les rois Hittites puissent l'utiliser au titre de cadeaux. Le prétexte de l'hostilité du roi d'Assyrie Adad-nîrârî envers Hattusili III fut que celui-ci ne lui avait pas envoyé des épées en fer qu'il lui avait demandées Hattusili se défendit en déclarant qu'il n'en disposait pas qui fussent d'assez bonne qualité pour satisfaire sa demande. Le roi est un personnage sacré dont les fonctions sont militaires et civiles mais aussi religieuses, car il est le premier prêtre des dieux. C'est lui qui préside les cérémonies religieuses avec la reine. L'importance de cette dernière aussi bien dans le culte qu'à la cour est à noter. Elle a son propre sceau, sa propre maison avec ses services, elle entretient des relations personnelles avec les autres souverains. Puduhepa paraît avoir été particulièrement active sur ce point, peut-être parce que le hasard des fouilles a fourni une documentation relativement importante la concernant. L'art des Hittites qui doit beaucoup à leurs prédécesseurs Hattis, est connu par les fouilles d'Hattusha, d'Alaça Höyük et du sanctuaire de Yazilikaya. L'architecture des temples, dont il ne subsiste que les bases, révèle des monuments complexes pourvus de nombreuses salles et galeries. Les enceintes présentent des orthostates sculptés de reliefs comme à Alaça Höyük, technique qui se perpétue dans l'art dit néohittite du Ier mill. Le type du bît-idani semble être d'origine hittite. La religion est fortement marquée par les conceptions et les divinités suméro-akkadiennes et aussi par les divinités Hourrites. Nombre de dieux hatti ont été intégrés dans le panthéon dominé par le dieu du Temps et de l'Orage, à qui la terre est censée appartenir : le roi est son régent. Le Soleil est la première divinité, mais avec des aspects très singuliers puisque la première divinité solaire est la déesse-soleil Hatti Arinna, plus importante que le dieu-soleil Istanu. Un autre dieu non négligeable est Télépinu. Parmi les divinités d'origine étrangère, celle qui occupe la plus grande place est sans doute Ishtar. LANGUE ET LITTÉRATURE. Les deux principales langues de l'empire, le hittite et le luwite sont deux dialectes indo-européens. Le nom réel du hittite est "néshite" ou "neshili", la langue de la ville de Nesha . Cette cité n'a pas été identifiée, mais il se pourrait bien que ce ne soit jamais qu'un autre nom de Kanesh. Les scribes ont adopté pour écrire leur langue les cunéiformes mésopotamiens, qui représentent des syllabes ou des logogrammes. Ce qui rend difficile l'interprétation de la langue, c'est que nombre de mots Hittites sont écrits avec un sumérogramme qu'on peut traduire du sumérien mais dont on ne sait à quel mot hittite il correspondait. Ont ainsi été catalogués, en comptant les numéraux, 324 signes cunéiformes. Comme toutes les langues indo-européennes, le hittite est une langue à flexion qui connaît six cas : nominatif, accusatif, génitif, datif, ablatif et instrumental, à quoi l'on peut ajouter le vocatif pour les déclinaisons des noms de personne. En revanche, les genres ne sont pas, comme dans le grec et le latin, le singulier; le pluriel et le neutre, la différence jouant sur l'animé et l'inanimé. Les verbes connaissent deux voix l'actif (qui est transitif ou intransitif) et le médiopassif. L'actif possède deux voix ou conjugaisons, en -mi et en-hi. Le médiopassif ne possède qu'une seule conjugaison. Les modes sont au nombre de six: trois personnels (indicatif, volontatif et impératif) et trois impersonnels (infinitif, participe et supin). Les archives d'Hattusha nous ont rendu un certain nombre de textes : traités, lettres, annales, instructions, lois, rituels, prières, omens, mythes.

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Hurrites

Peuple dont le centre géographique à l'époque historique se situe dans le nord de la Syrie et le sud-est de l'Anatolie . LA LANGUE : Le sens du nom de "Hurrite"demeure incertain, bien qu'on l'ait rapproché de "huradi", terme hurrite désignant le soldat de garde, et de la racine "hur", relatif à la sphère sémantique de guerre. C'est grâce à sa langue qu'on peut détecter les traces de ce peuple dont l'origine se trouve sans doute au sud du Caucase. C'est une langue dite agglutinante, qui ne se rattache ni au sémitique ni à l'indo-européen et qui n'appartient pas non plus au groupe vague des langues primitives de l'Asie antérieure qu'on a appelées asianiques : sa typologie précise la rapproche des familles finno-ougriennes, turque et dravidienne. La parenté entre le hurrite et la langue de l'Urartu est incontestée, mais il y a suffisamment de différences pour en faire deux langues autonomes que certains philologues ont cherché à rattacher à certaines langues caucasiennes subsistant à notre époque. Ce qui caractérise le hurrite, c'est sa capacité à agglutiner une véritable chaîne de suffixes et d'enclitiques (jusqu'à 8) à la racine généralement monosyllabique. Ainsi, un verbe peut se décliner et se transformer en nom adjectival. HISTOIRE ET CIVILISATION : Des mots Hurrites ont été relevés dans des listes de l'époque d'Akkad ainsi que des noms de personne (tablette de Naram-Sîn). Ils apparaissent ainsi dans l'histoire au cours des derniers siècles du IIIe mill. Sceaux et inscriptions nous font connaître des noms de rois Hourrites de la fin de ce même millénaire : Talpuilli-atili de Nagar, Atal-shen d'Urkesh. On a cherché à les identifier aux Subaréens, mais il est démontré qu'il s'agit de deux ethnies différentes. Ce n'est, cependant, qu'au millénaire suivant qu'ils occupent une situation notable dans le concert des États du Proche-Orient, l'aire de leur activité se trouvant dans le nord de la Syrie, avec des ramifications culturelles et linguistiques vers le moyen Euphrate (Mari), l'Anatolie hittite et Ugarit vers l'ouest, jusqu'à Nuzi vers l'est. Au XVIème s., un groupe d'envahisseurs (tribu guerrière ?) porteur d'une langue indo-aryenne (rattachée au groupe des langues indo-européennes de l'Est, dont les principales sont le sanskrit et l'ancien perse) fonde un royaume dans le nord de la Syrie, le Mitanni. Les fondements culturels et linguistiques de ce nouvel État sont Hurrites (pour l'histoire de ce royaume : voir Mitanni). La disparition au XIIIè s. du Mitanni n'est pas liée à la survie des Hurrites qui se constituent encore de petits royaumes vers le haut Tigre. Néanmoins, leur sphère d'influence linguistique et culturelle va sans cesse s'amenuisant et, au milieu du millénaire suivant on ne trouve plus que quelques reliquats onomastiques dans la région du lac de Van. On attribue aux Hurrites un certain nombre d'apports, comme le développement d'une charrerie, une technologie de pointe dans le travail du cuivre et la fabrication du verre, ce qui est susceptible d'être contesté. Il n'en va pas de même pour les influences exercées par leurs croyances religieuses notamment chez les Hittites, qui ont introduit les cultes Hourrites sans doute à l'époque de Mursili Ier (vers -1620 -1590). D'origine hurrite sont Téshup, Allani, déesse des Enfers, Shaushga (Sawuska), déesse de la Guerre et de l'Amour, identifiée à Ishtar. Hurrite est aussi le mythe de Kumarbi.

Kassites

Peuple d'origine incertaine (sans doute venu du Zagros vers la région de l'actuel Luristan) qui s'impose en basse Mésopotamie. Le nom de kassite (Kassu) apparaît àl'époque de Samsuiluna, sous la dynastie amorrite de Babylone : "An (9): armée kassite" . Ce peuple, où le système tribal était si profondément ancré qu'il subsista même lorsqu'il domina le sud de la Mésopotamie, est d'abord localisé dans la région de Sippar. Les Kassites vont ensuite pénétrer dans une grande partie du POA puisqu'on en rencontre avant la fin de la dynastie amorrite de Babylone jusqu'à Alalah et à la région du Khabur; à l'ouest de l'Assyrie. Leur pénétration s'est sans doute faite d'une manière lente et pacifique, par petits groupes, certains d'entre eux entrant au service des rois de Babylone comme mercenaires. Cependant, à Khana, sur le moyen Euphrate, un Kassite, Kashtiliash, réussit à prendre le pouvoir. Au début du XVIè s., ils étaient devenus suffisamment puissants pour, profitant de la chute de la dynastie Amorrite et du sac de Babylone par le roi hittite Mursili Ier, (v. - 1595), se rendre maîtres de la Babylonie. Si l'on en croit la liste A des rois de Babylone, ils dominaient depuis déjà quelque temps une grande partie de la région puisque leur dynastie aurait compté 36 rois qui auraient régné 576 ans. Le premier de ces rois serait Gandash, mais, en fait, ce n'est qu'avec Argum Il, le dixième de la lignée, qu'ils deviennent maîtres de Babylone; Burnaburiash Ier (vers - 1510) est le premier souverain sur qui l'on possède quelques éléments sûrs, et ce n'est qu'un siècle plus tard, avec Caraindash et ses successeurs (Kurigalzu Ier, Kadashman-Enlil Ier et surtout Burnaburiash Il, qui a régné entre - 1359 et - 1333), qu'on dispose de sources contemporaines, grâce, à leur correspondance avec les rois d'Egypte. A partir du règne de Kurigalzu Ier, aux alentours de - 1400, les rois Kassites abandonnent Babylone pour installer leur capitale à Dur­Kurigalzu. Le royaume de Babylonie, devenu le Karduniash, est alors l'un des plus puissants du Proche-Orient avec l'Assyrie, le Mitanni, les Hittites et l'Égypte. La domination de la dynastie kassite s'achève au milieu du XIIè s. avec le règne d'Enlil-nâdin-ahi. Elle laisse la place à un prince d'Isin, Marduk-kabit-ahêshu, qui fonde ce que les historiens modernes ont appelé la IIe dynastie d'Isin, vers - 1150. Les Kassites ne disparaissent pas pour autant : les familles installées dans le pays continuent de prospérer et occupent souvent de hautes fonctions, leurs membres devenant toutefois de plus en plus difficilement repérables dans la mesure où ils adoptent des noms babyloniens. Déjà, sous les derniers souverains Kassites, les hauts personnages traduisaient leurs noms en sumérien comme pour se conférer une ancienne noblesse. La langue des Kassites est très mal documentée. Les nombreux textes de l'époque kassite sont en babylonien moyen. On ne dispose d'aucun texte complet en kassite. Les plus importants sont un vocabulaire donnant 32 noms communs et 16 noms de divinités avec leur équivalent en akkadien et une tablette provenant de la bibliothèque d'Assurbanipal, comportant une liste de noms royaux et de personnages privés avec leur traduction en akkadien. Des tablettes de l'époque de la domination kassite rédigées en akkadien incluent des mots Kassites, en particulier concernant les chevaux et leur élevage (ces listes nous ont conservé des noms propres de chevaux). Ce qui n'a rien de surprenant quand on sait que c'est sans doute les Kassites qui ont banalisé le cheval en Babylonie, après l'avoir amené avec eux du plateau iranien, et qu'ils ont développé, en même temps que les Hittites, une charrerie comme principale arme stratégique. Le peu que nous connaissons de leur langue ne permet pas un classement, quoiqu'on ait tenté de la rattacher au groupe de langues agglutinantes du Caucase. Cependant, dans les vocabulaires, les philologues ont été frappés par la forme de certains dieux : Buriash, Suriash, Maruttas, qu'on a rapprochés des divinités indo-européennes, Boréas (dieu du Vent du nord chez les Grecs), Sûrya (le Soleil) et les Maruts, de l'Inde védique. L'explication de la présence de ces divinités indo-aryennes serait que, comme ce fut le cas des Hourrites.htm">Hurrites.htm">Hurrites, qui ont été " encadrés " par une noblesse indo-aryenne (Mitanni), les Kassites auraient été, eux aussi, et à la même époque, conduits par une noblesse de même origine. Ce qui expliquerait ce qu'on a pu appeler le féodalisme des institutions Kassites. Les autres divinites purement Kassites sont Sakh identifie a Shamash, Dur et shugab, Buriash, dieu du Temps et de l'orage; des dieux de la Peste assimilés a Nergal; Kharbe et Kamulla = Enlil et Ea ; enfin, shuqamuna et shumali(j)a couple divin protecteur de la royauté. Ces derniers avaient leur temple a Babylone, dans lequel les derniers rois Kassites furent couronnés. Le "monument" kassite le plus caractéristique est le kudurru. Il caractérise le mieux ce qui leur appartient en propre dans leur apport artistique en Mésopotamie.

Lihyanites

voir Dedan.

Lullubi

Voir nomades.

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Luwite

Langue indo-européenne d'Anatolie . "Luwite" a est avant tout un concept ethno-linguistique. Néanmoins la population qui, à l'origine, a été le porteur de cette langue a dû arriver en Anatolie au cours des derniers siècles du IIIè mill.. Elle semble s'être alors établie plus particulièrement en Anatolie occidentale, avant de se disperser vers les parties sud de la péninsule. Le luwite n'est documenté qu'à partir du milieu du IIè mill. dans les archives d'Hattusa, en cunéiformes. Il s'agit d'un fragment de lettre, de fragments de récits mythologiques, de conjurations (Hukmai-), de formules intégrées dans des rituels de magie en hittite, outre divers fragments de textes indéfinissables. Dans ces manuscrits, ce langage est appelé lu(w)ili, soit «[écrit] à la manière du Luwiya a. Or le Luwiya (nom transcrit aussi Luia) est l'une des trois provinces du royaume hittite (avec le Hatti et le Pala) au XVI s. Aux siècles suivants, ce nom disparaît des textes Hittites, et le lu(w)ili n'est plus qu'un concept linguistique. C'est la langue parlée dans deux régions, le Kizzuwatna, qui s'étendait sur une partie de la Cilicie, autour de la région de l'actuelle Adana, et l'Arzawa, au sud-ouest du Hatti, vers la Pamphylie et la Lycie de l'époque grecque. En pleine époque hellénique, le lycien (ancien lukka de l'époque hittite ?) apparaît comme un dialecte luwite. Le plus ancien exemple d'écriture cunéiforme luwite se trouve sur un sceau d'Ispuh-tahtsu, roi do Kizzuwatna au XVe s. Le luwite ne disparaît pas avec l'effondrement de l'Empire hittite. Il va se retrouver dans de nombreuses inscriptions des cités dites néo Hittites ou syro-Hittites il n'est plus écrit en caractère cunéiformes, mais en hiéroglyphes. Les inscriptions les plus importantes ont été trouvées à Karkémish et à Karatépé, où une inscription bilingue en hiéroglyphes luwites et en araméen a largement contribué au déchiffrement de ces hiéroglyphes. Langue d'origine indo-européenne, le luwite offre un système nominal auquel appartiennent le substantif, l'adjectif, le participe (et, pense-t-on, l'infinitif). Les cas sont le nominatif, l'accusatif, le datif, un ablatif-instrumental et un génitif. Le luwite connaît deux nombres, le singulier et le pluriel, deux genres, l'animé et l'inanimé (neutre) il n'y a pas de feminin. Le pronom se décline. Le verbe est structuré comme le verbe hittite avec une voix active et un médiopassif, deux modes, l'indicatif et le volitif (qui correspond à l'optatif, l'impératif et le subjonctif du grec ou du latin); l'indicatif connaît deux temps, le présent et le prétérit. Dans la syntaxe, l'ordre des mots (théorique) est: sujet (nominatif), groupe attributif ou circonstanciel (datif, ablatif-instrumental), objet (accusatif) et verbe en fin de phrase. Les textes ont livré un certain nombre de noms de divinités qui sont traduits par des divinités bien connues : Sausga = Ishtar, Santa = Marduk, Tarhund = le Hittite Tarbuna, dieu de l'Orage, ce dernier étant aussi appelé Datta, Telipuna = Télépinu, Tiwat- = Utu, le Soleil. Kamrusepa était la déesse de la Santé et de la Magie.

Mèdes

Peuple d'origine indo-europénne établi dans le Nord-ouest de l'Iran. Ils apparaissent dans l'histoire en -834 : l'an 24 de son règne, le roi d'Assyrie Salmanazar III entreprit une campagne dans le nord de son royaume, contre Ianzû, roi de Namri. Au cours de cette campagne où il ravagEa le pays de son advorsaire, il passa par les territoires des Mèdes (Madai), qui devaient alors se trouver dans les environs du lac d'Urmiah. Comme les Perses, ils vonaient soit du Caucase, soit, plutôt, des steppes à l'est de la mer Caspienne. Ils ont dû pénétrer sur le plateau iranien au début du 1er mill. Ils vont poursuivre leurs migrations pendant encore un siècle avant de s 'établir aux environs de Hamadan où ils fondent leur capitale, Ecbatane, à l'instigation de leur roi Déjocès. Mis à part deux invasions venues des steppes voisines de la mer Caspienne, de tribus cimmériennes et ensuite scythes, dont un groupe s'établit autour du lac d'Urmiah tandis que d'autres groupes parviendront jusqu'aux frontières de l'Egypte avant d 'être noyés au milieu des populations autochtones, les Mèdes ne cesseront de se heurter aux Assyriens, qui, à plusieurs reprises, conduisirent des campagnes sanglantes dans leurs montagnes. La Médie reste un royaume secondaire sous le successeur de Déjocès, Phraorte (vers - 675 - 653). Elle va devenir un empire grâce à l'action de Cyaxare (vers - 653 - 585). Ce dernier, qui a peut-être été vassal des Scythes au début de son règne, réorganise l'armée, défait les cavaliers scythes du roi Madyès dans le nord-ouest de l'Iran. Les Perses, qui occupaient les régions méridionales de l'Iran étant aussi ses vassaux, il était maître d'un petit empire qu'il ne va cesser d'agrandir. Il passe une alliance avec le roi de Babylone Nabopolassar, dirigée contre l'Assyrie, et, en - 615, il attaque en vain Ninive. L'alliance avec Babylone est sanctionnée par le mariage du prince héritier Nabuchodonozor avoc Amytis, la petite-fille de Cyaxare. En - 612, les armées alliées prennent et détruisent Ninive, mettant fin à l'Empire assyrien. Cyaxare se rend ensuite maître de l'ancienne Urartu, puis il porte les armes en Anatolie . Il se heurte aux armées du roi de Lydie, ce qui fixe la frontière occidentale de son empire au cours de l'Halys (actuel Kizil Irmak). Astyage lui succède vers - 585. Avec ce dernier disparaît l'Empire mède, absorbé dans celui de Cyrus.

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Minéens

Nom hellénisé des habitants d'un royaume de l'ancien Yémen. Ce petit Etat était centré sur le cours du Jawf et, selon Strabon (XVI, 4, 2), il avait une fenêtre sur la mer Rouge. Peuple de marchands et de caravaniers, les Minéens ont fondé leur richesse non pas sur la guerre et la conquête, mais sur le commerce de l'encens. Ainsi avaient-ils ce qu'on peut appeler des agents dans les villes les plus proches, comme Timna, capitale de Qataban, par où transitaient les caravanes d'encens, et dans les plus lontaines, aux points d'aboutissement des pistes de l'encens : à Dedan, dans le nord de l'Arabie, à Gaza, à Sidon, en Phénicie, à Délos, au coeur de la mer Egée. Strabon appelle Karna ou Karnana leur capitale c'est l'actuelle Ma'in, l'antique Qarnâwu. La seule autre ville de quelque imporance était Yathill, la moderne Barâqish. Les premiers souverains de ces quelques oasis unifiées formant le Ma'in remontent au IVe s. Le premier roi dont le nom nous soit parvenu est 'Ilyafa' Yatha', fils d'Yd'l, roi d'Hadramaout et de Ma'în. Les deux pays s'étaient ainsi alliés et ils opposèrent un front commun aux ambitions des Sabéens. Vers la fin du IIè s. (vers - 115 ?), Ma'în paraît s'être rendue indépendante, pour peu de temps. Le dernier roi attesté des Minéens, 'Ilyafa' Yashur Il, semble avoir été vassal de shar Yagul Yuhargib, roi de Qataban vers -75. Le royaume des Minéens sera ensuite annexé par le Qataban. Leur dieu principal était Attar, "l'étoile" Vénus dont l'épithète était sharqân, "l'Oriental"; son temple était appelé "Risâfum". mîsharum : (sum. nig.si

Nabatéens

Peuple d'origine arabe établi au sud-est de la mer Morte. La question reste discutée de savoir si les "Nabaiati" (matuna-ba-a-ati = pays des Nabati) des textes Assyriens du VIlè s. sont le même peuple que les Nabatéens qui apparaissent dans la région de Pétra quatre siècles plus tard. Ce sont, certainement, les mêmes que les Nabaoth de la Bible et que les Nabatû des inscriptions araméennes. Eux-mêmes se désignaient sous le nom de nbtw = Nabatû. Quoi qu'il en soit, il s'agissait d'une tribu de chameliers nomades qui s'est finalement fixée dans le sud-est de la mer Morte, d'où elle pouvait contrôler le trafic des caravanes venues du Hedjaz ou encore de la région de Teima pour transporter les marchandises vers les ports de la Méditerranée orientale. En - 812, Antigone Monophtalmos, un général d'Alexandre le Grand, vint l'assiéger dans son repaire de Pétra, nous apprend Diodore de Sicile (19, 95, citant Hieronymus de Cardie) : c'est ainsi que les Nabatéens sont réellement entrés dans l'Histoire. Cette première période reste obscure et très fragmentaire et ce n'est que près d'un siècle et demi plus tard qu'ils se révèlent comme un peuple important dirigé par un roi, Arétas. Quatre rois vont porter ce nom et écrire dans son ensemble l'histoire du royaume de la Nabatène. Le troisième du nom porta le royaume à sa plus grande expansion territoriale en conquérant Damas. Mais il ne garda pas longtemps cette position et l'intervention des Romains l'obligEa à se réfugier à Pétra; il fut contraint de se soumettre à Rome et de devenir son client. Mais si la paix avec Rome réduisait les territoires dominés, elle ouvrait aux Nabatéens un immense marché. Devenus les fourriers de l'encens et des résines aromatiques de l'Arabie du Sud, les Nabatéens s'enrichirent prodigieusement et firent de Pétra une ville dont l'opulence apparaît dans les centaines de tombes aux façades de temples ou de palais qui sont restés l'ornement des falaises abruptes dominant le cirque de pierres mauves au centre duquel était construite la ville avec ses entrepôts, ses temples et ses riches demeures. C'est sous Arétas IV, contemporain d'Auguste et de Tibère, que Pétra parvint à son apogée économique. Ne pouvant étendre leur domination territoriale vers le nord, les rois nabatéens l'étendirent vers le sud, en direction du Hedjaz et de Yathrib (la future Médine), l'une des étapes de la route des caravanes de l'encens. Ils établirent sur cette route des postes, notamment dans une ville où la marque de leur présence subsiste dans les tombes rupestres pourvues de façades monumentales : Hégra (act. Médain Saleh) qui a été l'un de leurs plus importants entrepôts, entre Pétra et Yathrib. Par ailleurs, ils ont balisé les routes du Negeb conduisant à Gaza, port sur la Méditerranée par lequel leurs marchandises étaient expédiées vers l'Italie. Sous leur impulsion, le Negeb, alors semi­désertique, vit se développer une agriculture soutenue à l'aide de barrages. Des tombes de Pétra comme le Khazneh ou un temple comme celui dont les ruines subsistent sous le nom arabe de Qasr el-Bint ("château de la fille du pharaon") illustrent le règne d'Arétas IV Sous son fils et successeur Malichus II ( - 40 - 70), les Nabatéens continuèrent de prospérer et étendirent leurs comptoirs vers le nord-est de l'Arabie, à Dumat (act. Jawf). Rabbel Il était mineur lorsqu'il succéda à son père. Si, d'un côté, il perdit Hégra, où les familles nabatéennes qui dirigeaient la ville se rendirent indépendantes, il établit sa seconde capitale à Bostra, dans le sud de la Syrie. On pourrait s'étonner que les Romains aient laissé prospérer Si longtemps un royaume vassal, mais qui s'enrichissait à leurs dépens. C'est ce qui dut tourmenter Trajan, lequel se décida, finalement, à annexer Pétra et la Nabatène en 106 de notre ère. Pétra continua cependant de prospérer tout en déclinant lentement. Le fait qu'elle ait été érigée en évêché au IV s. laisse supposer qu'elle avait encore une certaine importance. Mais, les Nabatéens n'ayant plus la maîtrise du commerce, les caravanes se détournaient de Pétra et se dirigeaient directement vers Bostra. Lorsque, à la fin du VIè s., Mahomet, jeune chamelier, se rendit de La Mecque dans l'Empire byzantin avec les caravanes organisées par sa future épouse, Khadidja, il ignora totalement Pétra et parvint à Bostra par la route directe qui allait devenir celle des pèlerinages après la conquête islamique. On a recueilli de nombreuses inscriptions nabatéennes (environ 4 000) dans le nord du Hedjaz, dans la région d'Hégra et d'al-'Ulâ, rédigées en araméen car si l'onomastique prouve que les Nabatéens étaient bien des Arabes, ils ont dû adopter la langue des indigènes, descendants des Edomites, lorsqu'ils se sont sédentarisés dans la région de Pétra . Ces inscriptions sont, comme la plupart des inscriptions des populations nomades du nord de l'Arabie, très brèves, du type : "tymw br m'nw slm" = "Teymu fils de Ma'anu, salut (paix)". Si le mot de "salut" ("slm") vient souvent justifier l'inscription, on a aussi simplement un nom, soit un tel, fils d'un tel, le "salut" étant sous-entendu. Mais on a également recueilli des inscriptions diverses, comme celle-ci (rare), qui rappelle le souvenir d'un être cher: "dkyr dyny btb" = "Rappelle-toi Dinay pour le bien".

Néo-Hittites

On donne ce nom aux cités Etats qui se sont constituées après la chute de l'Empire hittite et qui ont prospéré a partir du Xè. s. jusqu'à leur annexion par les Assyriens. Les plus importantes de ces cités sont Karkémish, Karatepe, Til Barsib Marash villes auxquelles certains auteurs joignent Halaf / Guzana et Hama sur l'Oronte.

Perses

(Parsa) : Peuple de langue indo­européenne, établi dans le sud-ouest de l'Iran, fondateur du premier empire à vocation universelle. Dans la mesure où l'on est en droit d'identifier le Parsua des annales du roi d'Assyrie Salmanazar III aux Parsa, ces derniers apparaissent dans l'histoire vers -834. Ils sont alors à situer au sud-ouest du lac d'Urmiah, aux franges de l'Urartu, ce qui permet d'inférer qu'ils sont arrivés de la région de la basse Volga, leur "berceau", par le Caucase, peut-être au début du IXe s. Ils sont ensuite mentionnés à plusieurs reprises dans les annales des successeurs de Salmanazar, Adad­nirâri III, Tiglatphalazar III, Sargon Il, Sennachérib. Il est possible que ce soit à l'époque de ces deux derniers souverains que les Parsua(sh) s'installent dans l'actuel Fars, au sud-est de l'Élam (fin VIlle s.). Leurs rois, de la dynastie des Achéménides, semblent avoir été tributaires des Mèdes, un peuple cousin, avant que Cyrus le Grand ne fonde son empire. Après la chute de l'Empire achéménide, sous les coups des Macédoniens d'Alexandre le Grand, en -330, les Perses, en tant que peuple homogène (si toutefois cela a jamais été le cas), disparaissent, fondus dans la masse des divers empires iraniens qui vont se succéder (Parthes Arsacides, Sassanides). Néanmoins, le nom géographique de Perse, recouvrant celui d'Iran, subsistera jusqu'à notre époque. LANGUE : La langue perse appartient au groupe indo-iranien ou arya de la famille indo-européenne. Dans les inscriptions en vieux-perse, les rois se disent aryas. Ainsi, Darius se proclame "fils d'Hystaspès, un Achéménide, un Perse, fils d'un Perse, un Arya, ayant une lignée d'ancêtres aryas e. Le terme signifie e noble", mais c'est aussi celui par lequel se désignent les membres du groupe linguistique indo­iranien. Le vieux-perse fait partie du groupe vieil-iranien avec le mède, dont il ne subsiste aucun texte, et l'avestique, la langue des textes les plus anciens de l'Avesta, livre sacré de la religion réformée de Zarathoustra. Le Vieux-Perse a été le dialecte du sud-ouest de l'Iran, avant de devenir la langue de la cour achéménide, entre le VIè et le IVè s., tandis que l'avestique représente le dialecte du Nord-Est. Le vieux-perse est connu par de nombreuses inscriptions, pour la plupart monumentales, trouvées à Persépolis, Béhistoun, Naqshi-Rustam, Hamadan, Suse, au mont Elvend, à Van, à Suez (inscription de Darius relative au percement d'un canal reliant le Nil à la mer Rouge), outre quelques brèves inscriptions sur des vases, des poids et des sceaux. Elles sont rédigées en caractères cunéiformes empruntés au monde mésopotamien. L'écriture comprend 36 caractères partiellement syllabiques, soit: 3 voyelles (a, i, u); 22 consonnes prononcées avec la voyelle a (ka, xa, ga, ca, ja, ta, tha, ça, da, na, pa, fa, ba, ma, ya, ra, la, va ,sa, sha, za, ha); 4 avec la voyelle i (ji, di, mi, vi) ; 7 avec la voyelle u (ku, gu, tu, du, nu, mu, ru) ; et 4 idéogrammes pour les termes xsâyathiya (roi), dahyâus (province), baga (dieu), bûmish (terre), outre Ahura~Mazda. Les mots sont séparés par un signe particulier. Comme les langues indo-européennes, le VP est une langue à flexion dans laquelle une désinence s'ajoute à la racine. La déclinaison présente de nombreux cas : nominatif, vocatif, génitif/datif (les deux cas se sont confondus en une seule forme), accusatif, ablatif, instrumental et locatif. Comme de nombreuses langues antiques, le Vieux-Perse distingue trois nombres, le singulier, le pluriel et le duel, et trois genres, le masculin, le féminin et le neutre. Les temps des verbes sont : le présent, l'aoriste, le parfait; les voix, active, passive et moyenne ; les modes, indicatif, subjonctif, optatif, injonctif, impératif ; l'infinitif est représenté par le présent; les participes sont le présent actif, le présent moyen, le parfait passif et le futur passif. L'ordre habituel des mots suit la séquence "sujet-complément direct-verbe". Les compléments indirects se placent après le verbe ou avant, en particulier lorsque le locuteur veut leur donner un relief.

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Phéniciens

Population de langue sémitique établie sur les côtes de la Méditerranée orientale. Le nom de Phénicie a été donné par les Grecs au 1er millénaire, en particulier aux habitants de Tyr et de Sidon, lesquels se disaient cananéens. Aussi, par une excessive rigueur scientifique, s'abstient-on de donner le nom de Phéniciens aux ancêtres directs de cette population, lesquels vivaient à l'époque du bronze, soit avant -1200 / -1000. Les Phéniciens appartiennent au groupe ethnique des Cananéens , mais, installés dans une étroite bande territoriale entre le mont Liban et la Méditerranée, ils se sont naturellement trouvé une vocation de marins et de marchands. Byblos excepté, les villes protophéniciennes de l'âge du bronze restent très mal connues, dans la mesure où l'intégration d'Ugarit dans le groupe cananéen reste discutable, bien que ce soit plus une question de nuances dialectales que de différences réellement fondamentales dans le langage. Les Phéniciens n'acquièrent une véritable maîtrise de la mer qu'au tout début de l'âge du fer, après la chute des grandes thalassocraties qu'établirent les Minoens, les Mycéniens et les Chypriotes. C'est aux alentours de -1200 que les Tyriens se lancent dans l'exploration des côtes méridionales de la Méditerranée et de ses îles : Chypre, depuis longtemps en étroites relations avec les cités maritimes du Proche-Orient, mais où les Phéniciens installent à leur tour des comptoirs, Malte, la Sicile, le sud de la Sardaigne, les îles Baléares. Les Sidoniens, de leur côté, avaient acquis auprès des Grecs une réputation de pirates, si l'on en juge par l'Odyssée, et il est bien possible qu'ils se soient réservé les relations plus ou moins pacifiques et commerciales avec les îles de la mer Egée et les rivages grecs. Byblos, Arwad, Beryte (Beirout), Sarafand (la Sarapta de l'époque grecque) ont participé dans une moindre mesure à ces expéditions de caractère commercial (les flottes phéniciennes allaient surtout se ravitailler en cuivre et en étain, en or et en argent) qui vont apporter l'opulence à des cités qui n'avaient guère d'arrière-pays pour y développer une agriculture suffisante à la survie de leurs habitants. Ces villes avaient chacune leur roi et sont restées indépendantes pendant plusieurs siècles avant de devenir les tributaires des Assyriens, des Babyloniens et surtout des Perses. Les inscriptions phéniciennes, unies aux sources égyptiennes, assyriennes, bibliques et grecques, ont permis de restituer des listes dynastiques plus ou moins complètes pour Byblos, Sidon et Tyr, entre -1050 et -340 pour Byblos, avec ZakarBaal et 'Ayyin'el, entre -1000 et -350 pour Tyr, avec 'AdiBaal et 'Ozimilk, entre -880 et -343 pour Sidon, avec 'ItoBaal Ier et Straton Il. À partir du règne d'Assurnasirpal II dans le deuxième quart du IXè s., les Phéniciens, notamment, sont visés par les campagnes miliaires des Assyriens. Ils paient un premier tribut à Assurnasirpal, consistant en or, argent, étain, cuivre, vêtements de lin, ébène, ivoire, grands et petits singes . Les Assyriens, à la suite des campagnes de ce dernier roi, ayant pris la mesure de la faiblesse des princes syriens et phéniciens, ne cesseront plus de conduire des campagnes dans ces régions d'où ils rapportent chaque fois un riche butin. A la suite d'un traité passé entre le roi de Tyr, Baal, et Assarhaddon (vers - 680), les Assyriens installent un résident permanent dans le port de Tyr pour surveiller le trafic maritime et prélever des taxes à leur profit . Cette capitulation de Tyr était le résultat des campagnes de Sennachérib, qui avait défait les armées phéniciennes, détruit Sidon et bloqué Tyr par un siège en règle. La chute de l'Assyrie, en -612, ménagEa un court répit aux villes de Syrie et de Phénicie, mais, moins de deux décennies plus tard, Nabuchodonosor imposait sa domination et plaçait à son tour des agents dans les cités tributaires de Syrie et de Phénicie pour percevoir le tribut. Intégrée dans l'Empire achéménide, la Phénicie, quoique conservant encore des rois tributaires, fit partie de la cinquième satrapie, dont la capitale fut établie à Sidon. Englobée ensuite dans l'Empire d'Alexandre, la Phénicie perdit définitivement son indépendance. Marins habiles et aventureux, les Phéniciens se sont aussi révélés d'excellents artisans. On leur doit l'invention du verre soufflé, en particulier, et ils ont produit une belle orfèvrerie, marquée par les influences égyptiennes et syriennes. L'industrie de la pourpre, à partir du murex, leur a permis de pratiquer un monopole du commerce des tissus teints avec cette technique. Ce sont sans doute les nécessités du commerce, qui constituait leurs ressources économiques essentielles, qui les ont conduits à l'invention de l'alphabet et qui ont permis à leur langue de se répandre aussi bien dans les pays riverains de la Méditerranée orientale que dans les lointaines terres du monde occidental, où ils ont fondé leurs comptoirs. Des inscriptions retrouvées en Anatolie orientale, à Karatépé, à Zincirli et sur le Djebel Ires Dagh laissent supposer que le phénicien s'était imposé dans cette région comme langue internationale entre le IXè et le VIlè s. Le phénicien fait partie du groupe des langues sémitiques du Nord-Ouest, avec l'hébreu, dont il est très proche, et le moabite (voir Moab). En se fondant sur l'évolution de la langue des quelques inscriptions dont on dispose, les linguistes ont divisé les périodes de la langue en: phénicien ancien, avec des inscriptions comme celle d'Ahiram (de -1100 -1000 à 800); phénicien moyen ( - 800 - 500), qui inclut l'inscription de la tombe d'Eshmunazor; phénicien récent ou tardif, du Vè s. au début de notre ère; punique (phénicien dialectal de Carthage), du Vè s. (Carthage a été fondée selon la tradition à la fin du IXè s. mais les premières inscriptions sont bien plus tardives) à 146, date de la destruction de Carthage par Scipion Emilien ; et néopunique, de 146 au VIe s. de notre ère.

safaitique

Nom donné par les philologues à un dialecte arabe connu par de nombreuses inscriptions, appartenant avec le thamudéen au groupe nord-arabe ancien. Les premières inscriptions apparaissent dans le sud de la Syrie et le nord de la Jordanie. Elles se retrouvent dans le nord de l'Arabie et dans la partie sud occidentale de l'Iraq. Ce nom moderne de safaïtique est formé sur safa, appellation du désert au sud-est de Damas, où les inscriptions ont été initialement découvertes en 1857. Elles ne peuvent être que difficilement datées individuellement, mais on a pu établir qu'elles se situent entre le 1er s. av. J-C. et le IVè s. de notre ère. Elles sont certainement dues à des groupes de nomades, comme le confirment les dessins rupestres les accompagnant, de dromadaires et de chevaux, ainsi que certaines inscriptions faisant état de migrations saisonnières avec des troupeaux de petit bétail. Elles contiennent des noms de tribus, des généalogies de clans ou de familles, des noms d'ancêtres éponymes, des formules religieuses et des noms de divinités parfois sont faites des allusions à des événements historiques. L'étude de ces inscriptions a permis d'affirmer que les tribus safaitiques étaient Arabes, parlaient un dialecte arabe, adoraient des divinités typiquement Arabes . Le safaitique représente non pas, comme on a pu le supposer, l'arrivée de nouvelles tribus qui auraient occupé un vide laissé par la disparition des Nabatéens, mais un ensemble dialectal appartenant à un large groupe de tribus vivant dans ces vastes aires allant du Hauran au nord de l'Arabie, et se trouvant en contact avec les populations de langues araméenne et nabatéenne. Plusieurs tribus ont pu être isolées et individualisées: Amrat, Ubaishat, Awid, Daif, Rawah, Salam, Qamar. Outre les divinités Arabes, les inscriptions mentionnent des dieux nabatéens et palmyréniens, Baal shamin et Dushara. Aucune allusion n'étant jamais faite au christianisme ni à l'islam, on suppose que ces tribus ont disparu en tant que groupes individualisés avant que ces deux religions se soient imposées aux nomades de ces régions.

Subaréens

voir nomades.

Subartu

voir nomades.

Sumériens

Peuple qui, distinct par sa langue, contrôla au IIIème millénaire av. Jc le Sud de la Mésopotamie, près du Golfe Persique, et donna son nom à l'une des premières grandes civilisations historiques du Proche-Orient Ancien. Les anciennes traditions sumériennes conservaient le souvenir d'un "déluge" qui aurait anéanti l'Humanité à l'aube de son Histoire. En réalité, les fouilles archéologiques ont montré la réalité de plusieurs innondations de l'Euphrate, dont les plus catastrophiques se produisirent vers -2800 -2600, mais sur trois sites seulement : Ur, Kish et shuruppak - il s'agissait donc d'évènement purement locaux et non concomitants. Toujours est-il que l'on dressait des listes de rois avant et après le Déluge. C'est après le Déluge qu'on voit apparaître les noms des grandes cités sumériennes - Kish, Uruk, Umma, Lagash, Larsa, Ur-et les premières "dynasties", terme désormais consacré mais assez impropre, car la succession royale n'était pas toujours régulière. Les cités, qui aspiraient toutes à l'hégémonie, menèrent entre elles des guerres continuelles, aucune n'étant assez puissante pour imposer bien longtemps sa domination aux autres. Après l'apparition d'une dynastie de Kish, dont le dixième roi fut Enmébaragesi (vers - 2700), la période dynastique archaïque III (vers - 2600 - 2300 ) fut marquée par les souverains enterrés dans les "tombes royales" d'Ur, au mobilier funéraire riche en objets d'or et d'argent, auxquels succédèrent ceux de la première dynastie d'Ur, à partir de Mésannepadda, son fondateur, vers - 2560 - 2525. Au Nord d'Ur, à la même époque, régnaient les "ensi" de Lagash : l'un d'eux, Eannatum ( - 2455 -2425 ) , imposaz d'abord sa domination à la cité voisine d'Umma, commémora ce haut-fait par la célèbre "stèle des vautours", puis vainquit, entre autres, les Elamites, Ur et Mari. Mais après la mort d'Eannatum, les rois de Lagash furent détrônés par une famille sacerdotale, elle-même renversée par Uruinimgina (vers -2350 ); celui-ci, en dépit de son oeuvre réformatrice, ne put restaurer l'hégémonie de sa cité et fut vaincu par Lugal-zagesi, ensi d'Umma ( vers - 2340 - 2316), qui détruisit Lagash, s'empara d'Ur, d'Uruk et de Kish, étendit son autorité sur tout le pays de Sumer. Mais ce premier Empire Sumérien devait succomber rapidement sous les coups des Akkadiens, d'origine sémitique. Sargon l'Ancien ( vers - 2334 - 2279 ), après avoir renversé Lugal-zagesi, ( vers - 2345) , soumit toutes les cités de la Basse-Mésopotamie ; il aurait affirmé sa puissance en Elam, en Mésopotamie septentrionale, en Syrie, et peut-être jusqu'à la Méditerranée ( Chypre ?). Les Akkadiens assimilèrent la culture sumérienne ; ils adoptèrent les cunéiformes pour transcrire leur propre langue, qui resta après eux la langue courante en Mésopotamie. Miné par des révoltes incessantes, l'empire qu'avait fondé Sargon l'Ancien s'effondra après un siècle à peine d'existence, peu après - 2200, sous les coups de guerriers descendus des montagnes du Zagros, les Gutis. Ceux-ci, après avoir commis des destructions qui laissèrent un durable souvenir, regnèrent pendant près d'un siècle sur la Basse-Mésopotamie, en laissant aux cités sumériennes une assez grande liberté. Dès - 2145 environ, une véritable renaissance sumérienne commenca de s'épanouir à Lagash, sous le règne de Gudéa, qui, prenant le titre d'ensi, semble avoir été un véritable souverain indépendant, de même que son fils, Ur-Ningirsu. La ville jouissait à cette époque d'une prospérité sans égale. Les Sumériens, rétablissant un peu partout leur autonomie, atteignirent alors leur apogée : ce fut la brillante période de la IIIème dynastie d'Ur ( - 2113 - 2006). Son fondateur, Ur-Nammu ( - 2113 - 2095 ), grand bâtisseur, rétablit l'ordre en Sumer en mettant sur pied une administration efficace et en promulguant le plus ancien recueil de lois de Mésopotamie connu à ce jour; le successeur d'Ur-Nammu, shulgi, ( - 2095 - 2047), restaura l'empire, qui groupait Sumer, le pays d'Akkad, la Mésopotamie septentrionale et l'Elam, et prit, suivant l'exemple de l'Akkadien Naram-Sin, le titre de "roi des quatre régions du monde". Mais l'empire Sumérien se morcella ensuite rapidement sous la pression des Amorrites; pour finir, les Elamites, en - 2004, en détruisant la capitale et en capturant son roi Ibbi-Sîn, portèrent un coup fatal à la IIIème dynastie d'Ur. Après la chute de cette dernière, le pays se divisa en deux royaumes Amorrites avec la dynastie d'Isin au Nord et celle de Larsa au Sud, cependant qu'à Babylone, centre jusqu'alors peu important, s'affirmait à partir du XIXème siècle, une autre dynastie amorrite, conquérante. Le dernier roi de Larsa, Rim-Sîn, ne s'empare d'Isin (vers - 1794 ) que pour être vaincu à son tour, vers - 1763, par Hammurabi. Ce sont les Amorrites qui dominent désormais politiquement la Mésopotamie. Mais ils devaient recueillir, conserver et transmettre l'héritage de la civilisation sumérienne, comme le montrent la fidélité qu'ils consèrvèrent, pendant plus d'un millénaire et demi, à la langue sumérienne et l'inlassable travail de recopiage des textes sumériens par les scribes des temples et des palais dans tout le monde mésopotamien. L'Histoire, la pensée et l'Art ont, en Orient, leur Origine en Sumer.

Têtes noires

(en sumérien : sag-gig-ga). Expression par laquelle les Sumériens se désignaient, en se fondant sur la teinte de leur chevelure.

Thamudéens

Peuple du nord de l'Arabie. Ils apparaissent dans l'histoire au VIlle s. dans les Annales de Sargon II d'Assyrie. Ils sont nommés avec d'autres tribus (Ibâdid[i], Marsimanu, Haiapâ) " Arabes habitant le désert qui ne connaissent ni chefs ni scribes (une administration élaborée) et qui n'ont jamais payé de tribut à aucun roi". Soumis, ils auraient été déportés à Samarie (Bit Omri), dans l'ancien royaume d'Israël, récemment conquis. Ils sont à nouveau mentionnés environ un siècle et demi plus tard dans une lettre de Nabonide (sous la forme Te-mu-da-a Ar-ba-a-a) qui demande à son correspondant, Nabû-akhkhê-iddina, de leur verser plusieurs talents d'argent. Au 1er s. de notre ère, Pline l'Ancien mentionne les Thamudaei, qu'il localise entre Domatha et Hegra, c'est-à-dire Al-Jawf et Médaïn Saleh, au nord du Hedjaz. C'est peut-être vers cette époque que les diverses tribus thamudéennes se regroupent pour constituer une sorte de fédération autour, semble-t-il, d'un temple à Rawwâfa, dans le nord du Hedjaz. Une inscription de ce temple, datée des environs de 168 de notre ère, nous fait connaître l'existence de ce "peuple des Thamudéens", représentés par les Anciens de chaque tribu, et réunis autour de ce temple consacré au dieu Ilaha. Selon le Coran (surates VII, 76-78, etXLI, 12-16), ils auraient disparu à la suite soit d'un tremblement de terre, soit d'un gigantesque ouragan accompagné de coups de foudre. Leur déclin et leur disparition doivent se situer entre 400 et 600 de notre ère. On leur attribue un certain nombre d'inscriptions recueillies dans le nord-ouest de l'Arabie, dans une langue voisine de l'arabe hedjazien (la langue du Coran). Ce dialecte, proche du safaïtique, se distingue de l'arabe par l'utilisation pour article défini du h-, différant en cela de l'arabe, qui utilise al-, et se rapprochant des langues sémitiques du Nord-Ouest.

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