Les personnages et souverains du Proche-Orient ancien

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AanepadaRoi de la 1ère dynastie d'Ur, fils de Mesanepada , ayant régné vers -2500. Il aurait construit un temple au Dieu Ninhursag, à Obeid et un enclos pour le Dieu Enlil, à Nippur.
Ada-GuppiMère de Nabonide, Roi de Babylone, elle fut(?) grande prêtresse au temple du Dieu-Lune Sîn, à Babylone.
Adad-NirariNoms de plusieurs rois du Proche-Orient ancien , dont trois Assyriens : 1) Adad-Nirari : Roi de Qatna (vers - 1400) 2) Adad-Nirari : Fils d'Idrimi, roi d'Alalah, on lui doit une réorganisation du culte dans la ville. 3) Adad-Nirari 1er : Roi d'Assyrie(-1307 -1275), Il poursuit les conquêtes territoriales de son ancêtre, Ashur-Uballit 1er (-1363 -1328). Il agrandit l'Empire au Nord, jusqu'à Mardin, conquiert une partie du Mitanni, de la Babylonie et surtout repousse les invasions Kassites et les hordes Gutis. 4) Adad-Nirari II : Roi d'Assyrie (-911 -891), fils d'Ashur-Dan II, il reprend l'effort de restauration de l'Empire de son père. Il repousse les invasions des nomades Araméens,conquiert une grande partie de l'Urartu, réalise des expéditions militaires contre la Babylonie, jusqu'à l'Elam. Il construit ou restaure plusieurs portes et palais à Ashur. 5) Adad-Nirari III : Roi d'Assyrie (-810 -783). Durant les cinq premières années de son règne, c'est sa mère Sammuramat (Sémiramis) qui exerça le pouvoir , a la mort de son père, shamshi-Adad V. Adad-Nirari III conquiert les Royaumes Araméens de l'Ouest, repousse les Mèdes au Nord-Ouest, et maintient les Babyloniens sous son autorité.
AdapaL'un des sept Sages , dont nous est parvenu un mythe , d'ascension vers les Dieux et de perte d'immortalité.
AggaDernier souverain de la dynastie de Kish. Selon la Liste Royale Sumérienne, il est le fils d'Enmebaragesi, et aurait régné 625 ans .
AhiramRoi de Byblos (Phénicie) , ayant régné vers -1050 -1000 .
Aitagama Roi de Kadesh.
AkalamdugRoi d'Ur (vers -2600 -2580).Son nom, en Sumérien, signifie " Le Père du bon Pays". Il est peut-être le fils de Meskalamdug, mais ne figure pas sur la Liste Royale Sumérienne.
AmarsuenRoi d'Ur (-2046 -2038).Son nom signifie "Taurillon de Sîn". Fils et successeur de shulgi, il hérita d'un Empire à son apogée, construisit de nombreux temples dans la région.
AmmisaduqaOnzième Roi (-1646 -1626) de la dynastie Amorrite de Babylone, il reste dans l'Histoire comme un Roi bienveillant envers les pauvres et les citoyens endettés, ayant décrété pour son peuple la suppression de toutes les dettes individuelles.
AppuHéros d'un conte mythologique Anatolien, connu par des tablettes découvertes à Bogâzköy (L'antique Hattusas ). Peut-être d'origine Hurrite.
AqhatPersonnage mythique des tablettes d'Ugarit, il est le héros de l'"Épopée de Daniel".
AqhatPersonnage mythique des tablettes d'Ugarit, il est le héros de l'"Épopée de Daniel".
ArétasNom de cinq rois des Nabatéens Arétas Ier : Vers -170, ce Roi , allié aux Asmonéens , est appelé "le tyran des Arabes". Arétas II : Vers -120, Arétas II se retourne contre les Asmonéens et lance (?) des raids contre les rois Macédoniens d'Egypte et de Syrie. Arétas III : Vers -70, ce roi étend le royaume Nabatéen jusqu'à Damas, mais dut reculer devant les Asmonéens et les Romains . Assiégée, la ville de Pétra dut accepter des échanges commerciaux avec l'Empire Romain. Arétas IV : Ce roi régna au début du premier siècle de notre ère, dans une période d'opulence d'un Royaume Nabatéen très romanisé.
ArnuwandaNom de trois Rois Hittites.
ArtaxerxèsForme grecque du Persan "Artahsassa" : nom porté par trois rois de la dynastie des Achéménides. Artaxerxès Ier : (-465 -424). Fils de Xerxès Ier. Dans la lignée de la politique de son père, il poursuit l'iranisation de la Babylonie (les Perses acquerront des terres et des fonctions élevées en Babylonie). Sous son règne se poursuit le retour en Palestine des populations sémites déportées par Nabuchodonosor. Artaxerxès II : (-405 -359). Fils de Darius II. Il dut pendant son règne, combattre les attaques successives de son frère, Cyrus le Jeune, gouverneur de la satrapie perse d'Asie. L'Egypte repoussait les colons Perses alors que les plus importantes satrapies d'Asie-mineure se révoltaient contre l'Empire Perse, et Artaxerxès II laissera un Empire affaibli. Artaxerxès III : (-359 -338).Fils d'Artaxerxès II, il inaugure son règne par le massacre de tous ses frères et sœurs. Roi sanguinaire, Il réprime durement la révolte des satrapies d'Asie-mineure et pille Sidon, reconquiert l'Egypte. Il s'allie avec Athènes et entre en guerre contre Philippe de Macédoine. Mais la Grèce tombe sous la domination macédonienne, et, la même année, Artaxerxès meurt empoisonné. Images à ce sujet
AssarhaddonRoi d'Assyrie (-680 -669). Son père, Sennachérib est assassiné par ses deux autres fils, jaloux du choix d'Assarhaddon comme successeur. Alors que la population soutient les frères rivaux d'Assarhaddon, ce dernier doit réprimer une révolte, et mater les velléités d'indépendance du Bit Yakin, en Babylonie. Assarhaddon devra continuellement défendre ses frontières au Nord, contre les Scythes, au Sud-Ouest, contre les Arabes, au Nord-Est, contre les Mèdes. En 674, l'armée Assyrienne est repoussée d'Egypte par le pharaon Taharqa. Trois ans plus tard, Assarhaddon réussit à imposer la domination Assyrienne dans tout le Delta du Nil, jusqu'à Memphis. Le souverain Assyrien rénova et construisit plusieurs temples et palais à Ninive, Assur, Babylone. C'est un Empire à son apogée qu'il laissera à son fils et successeur, Assur-banipal.
AssurbanipalRoi d'Assyrie (-668 -627), fils et successeur d'Assarhaddon. Dès son arrivée sur le trône, il dut réprimer une rébellion en Égypte, menée par le Pharaon Taharqa. Thèbes fut libérée des Assyriens, mais Assur-banipal reprendra la ville quelques années plus tard. Le souverain Assyrien dirigera ensuite une expédition contre Tyr, Arvad et la Phénicie, mais aussi contre les Mannéens et l'Elam. Mais durant ces campagnes, son frère, Shamash-shum-ukîn, gouverneur de Babylone, se révolte à son tour, allié aux Arabes et aux Elamites. Assur-banipal détruit Babylone en -648, puis s'empare de l'Elam. Il se fait représenter en train de chasser le lion sur les parois de ses palais, construit de nombreux temples. Roi lettré, Assur-banipal laissera une importante bibliothèque, avait été initié aux arts divinatoires et lisait le Sumérien. Images à ce sujet
AssurnasirpalNom de deux rois d'Assyrie. Assurnasirpal Ier : (-1049 -1031). Ce roi n'a laissé que peu de traces de son passage sur le trône d'Assur. Issu des montagnes (?) il aurait importé à Assur une déesse inconnue des Assyriens d'alors. Deux prières, dont une adressée à Ishtar, nous sont restées de son règne. Assurnasirpal II : (-883 -859). Roi ambitieux et sanguinaire, fils de Tukulti-Ninurta II, il dirigea des campagnes victorieuses contre les Araméens du Nord de la Syrie, jusqu'en Phénicie et soumet les Mushki du Taurus. Le Roi restera célèbre pour les supplices et mises a mort qu'il infligeait aux populations rebelles vaincues. Il transférera la capitale Assyrienne d'Assur à Kalhû. Images à ce sujet
AstyageDernier roi des Mèdes (-585 -550), Astyage est la forme grecque d' "Arshtivaïga", "celui qui brandit la lance". Selon Hérodote, il aurait épousé une princesse lydienne dont il aurait eu une fille, Mandane, qu'il donna en mariage au roi perse Cambyse Ier. De cette union naquit Cyrus, le futur conquérant.
AtrahasîsSon nom signifie "le supersage". Héros du plus ancien mythe babylonien rapportant la création de l'humanité et sa destruction après le Déluge. C'est la première version (Babylonienne) de l'histoire biblique de Noé.
BalthazarFils de Nabonide, dernier "roi" de Babylone. Il est connu par le livre "biblique" de Daniel. Son nom babylonien est Bêl-sharra-usur. Peut-être "ministre" du commerce sous le règne de son père, il devient co-régent de Babylone en -545.
BéroseHistorien d'origine babylonienne. Son nom grec, Berossos, vient du babylonien Bêl-ushur. Il est l'auteur d'une Histoire de Babylone composée de trois livres, rédigés en grec : "Les Babyloniaca". Bérose est né aux alentours de -350 et aurait été prêtre dans le temple de Bêl, à Babylone. Alexandre le fait gouverneur de la satrapie de Babylone, mais il finira sa vie sur l'île égéenne de Cos, où il aurait fondé une école d'astrologie.
CambyseForme grecque de Kambujiya. Nom de deux rois Perses. - Cambyse 1er : (-585 -559) Père de Cyrus II Le grand, il ne nous est connu que par les traditions grecques. Il serait le fils cadet de Cyrus Ier, qui lui aurait confié le petit royaume de Parsumash. Devenu Roi de Parsumash, d'Anshan et de Parsa (la Perse), il était vassal d'Astyage, Roi des Mèdes, dont il aurait épousé la fille, Mandane. - Cambyse II : (-530 -522). Fils aîné de Cyrus II, qui le fait Roi de Babylone. A la mort de Cyrus II, des révoltes éclatent et Cambyse fait assassiner son frère, alors gouverneur des régions orientales de l'Empire. En -525, Cambyse entreprend la conquête de l'Egypte, dont il occupe bientôt la vallée du Nil, en détruisant les temples, massacrant le clergé local. Mais des révoltes, en Iran oriental, le rappellent en Asie. Sur le chemin, en Syrie, il se serait blessé à la cuisse, blessure dont il serait mort. Darius lui succéda.
Cyrus- Cyrus Ier : (vers -640 -600). Fils de Teispès, roi de Parsumash, d'Anshan et de Parsa, qui lui aurait transmis le royaume de Parsumash. - Cyrus II "le Grand" : Roi de Perse, il succède à Cambyse sur le trône d'Anshan, et établit sa capitale à Pasargadès. Il se révolta contre Astyage, Roi des Mèdes, dont il était peut-être le vassal. La guerre contre les Mèdes dura sans doute plusieurs années jusqu'à la prise d'Ecbatane, en -449. S'ensuit alors l'invasion perse de la Lydie, avec la prise de Sardes, sa capitale, et la capture de son Roi, Crésus, qui sera bien traité par Cyrus II.
DanelPersonnage central d'un poème ugaritique, aussi appelé "poème d'Aqhat".Les tablettes (incomplètes) de ce poème furent retrouvée à Ras shamra, en 1936. Danel, homme juste mais stérile, est guéri par l'intervention des dieux El et Baal. Il donnera naissance a un fils, Aqhat ("le héros"), qui aura des démêlés avec la déesse Anat. Le Mythe semble commun a tout le pays cananéen, et l'action de ce poème pourrait prendre place aux environs du Lac Kinnereth, au nord du Lac de Tibériade.
DariusForme grecque (Darios) de Darayavahush, nom de trois rois de la dynastie Achéménide (Perse). Images à ce sujet
Darius Ier(-522 -486). Selon Hérodote, tandis que Gaumata prétendait régner après la mort de Cambyse«, sept jeunes gens de la plus haute noblesse conspirèrent contre l'usurpateur mirent l'armée de leur côté et le vainquirent. Four savoir ensuite lequel d'entre eux deviendrait roi, ils décidèrent que ce serait le premier dont le cheval hennirait, un matin alors qu'ils se retrouveraient tous les sept. Une ruse du palefrenier de Darius fit hennir le cheval de ce dernier. Et, Si l'on en croit Darius lui-même, dans son inscription de Béhistoun, il aurait tué le mage Gaumata dans une place forte de la Médie, après quoi le dieu Ahuramazdâh lui aurait remis la couronne. Dans cette même inscription, il marque sa filiation à Achéménès par son père, Hytaspès, fils d'Arsamès, ce qui ferait de lui l'héritier légitime de la couronne (filiation pertinemment contestée par Pierre Briant 1996,122 sq.). Dès qu'il monte sur le trône, Darius doit faire face à de nombreuses révoltes, jusqu'en Perse même, où Gaumata avait eu l'habileté de supprimer les impôts, qui sont rétablis par Darius. L'Élam, Babylone, la Médie se soulèvent sous l'impulsion de personnages qui sont les héritiers des anciens souverains ou qui, plutôt, se font passer pour tels. Bn deux ans, Darius doit affronter neuf rois et livrer dix-neuf batailles. Il étend ensuite l'empire, avec la soumission d'une partie de la vallée de l'Indus et, au nord de cette vallée, le Gandhara. Vers l'occident, il soumet la Thrace et les rives occidentales du Pont-Euxin (mer Noire). De ce côté, il subit cependant un échec, face aux Scythes. Il nous a conservé le souvenir de ses conquêtes (dans lesquelles il inclut celles de ses prédécesseurs) dans plusieurs inscriptions dont une retrouvée à Suse: "Un grand dieu est Ahuramazdâh qui a créé les cieux et qui a créé cette terre, et créé les hommes, qui [ses] bienfaits a octroyés à l'homme, qui a créé Darius, roi, roi unique de nombreux rois, qui a des multitudes commande. - Moi, Darius (...) dis : "Par la grâce d'Ahuramazdâh, les pays que j'ai pris hors de Perse et sur lesquels je domine, et qui des tributs m'apportent...: Mèdes, Élam, Parthie, Arie, Bactre, Sogdiane, Chorasmie, Zaranga, Arachosie, Sattagydes, Qadô, Candar, Inde, les Cimirréens amyrgéens, les Gimirréens dont les bonnets se dressent en pointe, Babylonie, Assyrie, Arabie, Égypte, Arménie, Cappadoce, Sardes, Yaman" » . Ces guerres et ces conquêtes marquent un répit pendant quelques années, en particulier entre -518 et -514, période qu'il consacre à la réorganisation de l'empire et à l'établissement des satrapies. Il fonde Persépolis, dont il fait sa capitale, et y construit un magnifique palais avec son apadana. La révolte des cités grecques d'Ionie, soutenue en particulier par Athènes, entre 500 et 494, le rappelle vers l'occident de l'empire. Les révoltes une fois étouffées, il décide de châtier les Athéniens et il envoie une flotte de six cents bateaux dont une partie est anéantie par une tempête près du mont Athos. Une nouvelle attaque est lancée sous le commandement du Mède Datis qui prend Érétrie, en Bubée, et incendie la ville. Lorsque, ensuite, les Perses débarquent à Marathon, au nord de l'Attique, la petite armée athénienne les charge, les renverse, leur prend sept bateaux. Vaincus, les Perses s'éloignent. Une révolte de l'Égypte appelle Darius vers cette province. Il meurt quatre ans plus tard. Images à ce sujet
Darius II(-424 -404) : À la mort d'Artaxerxès Ier, son fils légitime Xerxès Il lui succéda. Après moins de deux mois de règne, il est assassiné par son demi-frère Sogdianos, qui prend le pouvoir. Celui-ci est bientôt renversé par Ochos, fils d'Artaxerxès et d'une Babylonienne. Ochos prend alors le nom de règne de Darius. Révoltes (en Médie, en Égypte) , intrigues de cour marquent son règne, qu'il partage entre ses capitales : Persépolis, Suse, où il aurait construit un apadana, Babylone. Sa femme, Parysatis, ambitieuse et intrigante, ne parvient pas à imposer son second fils, son préféré, Cyrus le jeune, contre l'héritier légitime, Arsakès, qui succède à son père sous le nom d'Artaxerxès Il.
Darius III(-886 -830). À la mort d'Artaxerxès III, empoisonné par l'eunuque Bagôas, son fils Oarsès (ou Arsès) lui succède. Il règne moins de deux ans avant d'être à son tour empoisonné par le tout-puissant Bagôas. Ce dernier élimine les enfants du roi défunt et met sur le trône Artasâta (le Codoman des Grecs), arrière-petit-fils de Darius Il, qui prend le nom de Darius III. Bagôas méditant une fois encore de lui faire boire "le bouillon de minuit» Darius le devance et lui fait avaler la coupe. Ce sont ses généraux qui seront battus par AIexandre le Grand, au Granique (nord-ouest de l'Asie Mineure), et, ensuite, lui-même à Issos (à la sortie du Taurus, entre Cilicie et Syrie) et finalement à Arbèles. Il ne lui restera plus qu'à fuir devant l'avance irrésistible des Macédoniens, jusqu'au moment où il sera assassiné en harmonie par ses propres satrapes.
Eannatum (a)Seigneur (Ensi) de Lagash (v. 2454-2425). La ville de Lagash, encore obscure, était en litige depuis quelque temps avec la cité voisine d'Umma pour une question de champs à la limite des territoires qu'elles contrôlaient. La querelle s'était apaisée à la suite d'un arbitrage du souverain de Kish, Mésilim (entre 2600 et 2550). La paix semble avoir régné sous Ur-Nanshé mais la guerre reprit sous le successeur de ce dernier, père d'Éannatum, Akurgal. Le règne d'Akurgal fut bref et peut-être est-ce au cours d'un combat contre Umma qu'il perdit la vie. Eannatum se porta contre l'armée d'Umma, défit son roi, Ush, qui sans doute trouva la mort dans cette guerre. Le fils de ce dernier, Enakalli, dut abandonner les terres contestées à Eannatum et lui payer un tribut en grains. C'est cette victoire que le vainqueur va commémorer dans une grande stèle dite des Vautours (fragments retrouvés à Girsu, au Louvre). Il s'agissait d'une grande stèle en calcaire qui, à l'origine, mesurait en hauteur plus de 1,80 m. Elle est sculptée sur les deux côtés : sur une face, on voit le monde terrestre avec les guerriers de Lagat progressant en rangs serrés derrière leurs boucliers et étreignant une lance, Eannatum marchant à leur tête, tout ce monde piétinant les ennemis vaincus; dans un registre inférieur, Eannatum avance sur son char à quatre roues, suivi de ses guerriers; devant eux, un vol de vautours, qui a donné son nom moderne à la stèle; au bas, un fragment de relief où sont entassés les corps des morts de Lagash qu'on va ensevelir, avec une scène de sacrifice. Sur l'autre face, on se trouve dans le monde divin: le dieu Ningirsu tient d'une main une massue, de l'autre il étreint un aigle léontocéphale (Anzû) auquel est attaché un grand filet où sont pris, comme des oiseaux, les guerriers d'Umma. Bien qu'en partie perdue, la longue inscription qui accompagne les scènes figurées représente le document le plus important sur le règne d'Eannatum. Le prince se donne pour père le dieu Ningirsu et pour mère la déesse-mère Ninhursag, dont il suça le lait. Au cours d'un rêve, Ningirsu vint visiter Eannatum pour lui dire combien les "bandes pillardes" d'Umma l'avaient irrité (il implique aussi Kish, qui aurait été ulcérée par l'attitude d'Umma). Ainsi commence la guerre afin de venger le dieu. Après sa victoire Éannatum, qui ne cesse de répéter qu'il est très sage et qu'il a offert en sacrifice deux colombes à Utu, a fait lever un talus pour marquer la nouvelle frontière de son domaine, qui est celui de son dieu Ningirsu. Il ne semble pas qu'Eannatum se soit contenté de cette seule victoire. Il aurait aussi repoussé une attaque des Elamites, vaincu Ur et Uruk, reçu des mains d'Inanna la royauté de Kish, porté ses armes jusqu'à Mari et au Subar (l'Assyrie ?) selon la longue inscription d'un galet. Il semble aussi avoir eu une activité architecturale. Son action a finalement fait d'une obscure bourgade une cité dominante parmi les villes du Sumer.
Enbiluluvoir Enkimdu.
EnmerkarCe personnage mythique n' est connu que par le cycle épique dont il est le héros. La LRS le donne comme le fils et successeur de Mes-kiag-gaser, "qui alla dans la mer et en sortit vers les montagnes"; elle lui attribue la fondation d'Uruk et un règne de 420 ans. Contrairement à son successeur, Lugalbanda, qui lui est associé dans plusieurs épopées, il n'apparaît pas comme un personnage divinisé, il n'a eu ni temple ni culte. Ce qu'on est convenu d'appeler le cycle épique d'Enmerkar comprend quatre petites épopées : Lugalbanda et Enmerkar (ou lÉpopée de Lugaléarida), où il n'a qu'un rôle secondaire, Lugalbanda et la caverne de la montagne ( Lugalbanda), "Enmerkar et Ensukushsiranna", et "Enmerkar et le seigneur d'Aratta". Dans "Enmerkar et Ensukushsiranna" ce dernier, dont le nom est aussi lu Ensuhkeshdanna, est un "En" d'Aratta, qui porte ici un nom bien sumérien. Il envoie dire à Enmerkar, seigneur d'Uruk, de le reconnaître comme son suzerain et de lui faire parvenir la statue de la déesse Inanna. Enmerkar lui répond qu'il est favori des dieux, que la déesse doit demeurer à Uruk, et il le somme de se soumettre à lui. Ensukushsiranna convoque alors son conseil pour savoir ce qu'il convient de faire. Le prêtre-mashmash de la cité demande que lui soit confiée une Hotte avec laquelle il se fait fort de soumettre Uruk. Il prétend réussir par sa magie. Mais, parvenu dans la région d'Uruk, le prêtre rencontre deux bergers de la déesse Nidaba et une vieille sorcière appelée Sagburru. Leur discussion se termine par la mort du prêtre, dont le corps est jeté dans l'Euphrate. En apprenant cette défaite l'En d'Aratta se soumet a Enmerkar. Enmerkar et le seigneur d'Aratta. Enmerkar,qui est donné comme fils d'Utu, le Soleil, est, de ce fait, le frère de la déesse banna, qu'il prie de l'aider à soumettre Aratta pour que son peuple édifie des temples dans Uruk et Kullab. Viens ici, lui répond la déesse, écoute mes instructions, et puisses-tu suivre mes avis laisse-moi te dire un mot et puisses-tu m'entendre. e Elle lui trace alors son itinéraire vers Aratta, par Zubi et les montagnes d'Anshan. Enmerkar envoie un héraut pour ordonner au seigneur d'Aratta de se soumettre. Après un long voyage, le héraut parvient à Aratta et communique le message àl'En d'Aratta. Ce dernier refuse toute soumission et fait son propre éloge. Puis il charge le héraut de porter un défi en combat singulier avec le champion choisi par Enmerkar. Ce dernier relève le défi, mais sans même en connaître l'issue il exige de l'En l'envoi d'or, d'argent et de pierres précieuses pour le temple d'Inanna à Uruk, et il menace de détruire Aratta ai ses habitants n'apportent pas les pierres pour construire le temple. Dans ces échanges de défis et de menaces, ce qui paraît le plus remarquable, c'est qu'est fait à Enmerkar l'honneur d'avoir le premier écrit des messages sur des tablettes d'argile (1.500 sq.). Le texte se poursuit avec de nombreux épisodes susceptibles de fatiguer le lecteur (plus de 640 lignes) sans qu'on en connaisse la fin avec certitude, bien que, suivant les restitutions proposées, l'affaire se termine par un hymne à la louange d'Inanna. En fait, il semblerait que dans le cycle d'Enmerkar ce ne soit là que le deuxième épisode, lequel va se poursuivre avec le siège d'Aratta par Enmerkar et la prise de la cité, ce qui est le sujet de l'épopée de Lugalbanda.
Ensukushsiranna Roi d'Aratta (voir Enmerkar).
EntéménaEnsi de Lagash ( -2404 -2375). Il paraîtrait que son nom devrait être lu En.mete.na (Alster 1974). À la mort d'Éannatum son frère Enannatum lui succéda sans grand éclat. Il eut pour héritier son fils Entéména. Umma Vaincue par Éannatum, avait repris les hostilité5 contre Enannatum, qui, peut-être, périt au cours de cette guerre. Sur un cône d'argile, Entémena fait en détail le récit de la querelle entre les deux villes depuis le temps où Ush, prince d'Umma avait provoqué le casus belli en déplaçant la stèle que Mésalim, roi de Kit, appelé en arbitre, avait installée pour marquer la frontière entre les deux principautés rivales. On voit que c'est avant tout une affaire de possession de champs d'orge qui était l'enjeu de la querelle. Eannatum y avait mis fin en infligeant une sévère défaite aux gens d'Umma. Ila, un prêtre de Zabalam qui avait pris le pouvoir à Umma, vola 3 600 guru de l'orge de Lagash et déclara que le "talus-frontière" était à lui. L'inscription reste ensuite elliptique et laisse penser qu'Entéména rétablit l'ancienne frontière au détriment d'Umma. Il ne put cependant reprendre la politique de conquête de son oncle et fit alliance avec LugalKinishedudu, le roi d'Uruk, qui dominait aussi les cités de Kish et d'Akshak. Ses inscriptions révèlent surtout un roi constructeur qui fit bâtir de nombreux temples pour Ningirsu, Enki, Eniil, Nanshé, et des palais. Il «façonna e aussi de nombreuses statues de divinités. Il rétablit l'ordre, car il semblait qu'une forme d'anarchie s'était installée : «Il affranchit Lagash, à la mère il rendit son enfant, à l'enfant il rendit sa mère. «Il semble aussi que les richesses affluaient vers la ville, car il alla jusqu'à bâtir à Urub, pour LugalUruba (surnom de Dumuzi, vénéré à Urub), un palais qu'il recouvrit d'or et d'argent, et il offrit sur le parvis du palais de l'argent, des lapis-lazuli, vingt boeufs et autant de moutons. Les fouilles de Tellô/Girsu ont rendu un très beau vase d'argent au nom d'Entéména (Louvre). Sa panse est entièrement gravée de quatre représentations de l'aigle léontocéphale liant les animaux sauvages, lion, cerfs et bouquetins. Un fragment de vase conserve le torse en relief d'une déesse assise sur un trône tenant dans sa main droite un régime de dattes. Son épaisse chevelure s'étale sur ses épaules et sa poitrsne en boucles serrees et sa tete est ceinte d une sorte de couronne pourvue de cornes sur les cotes Il semblerait qu il s' agisse de la deesse de la Datte Nona.
Esharaddonvoir - Assarhaddon.
EshmunazorRoi de Sidon qui régna durant la première moitié du Ve s., sans doute en tant que vassal du roi de Perse. Son sarcophage a été retrouvé en 1855 lors de fouilles qu'effectuait Peretié, le consul général de France à Beyrouth. Il s'agit d'un grand sarcophage anthropoïde en basalte noir parfaitement poli, de style égyptien, de 2,51 m de long sur 1,10 m de large, dont le couvercle épouse la forme ramassée d'un corps humain. L'influence égyptienne s'impose jusque dans la fausse barbe au bas du visage. Toute la partie formant la poitrine et le bas du corps du couvercle est couverte d'une longue inscription en caractères phéniciens. Il s'agit de l'une des plus longues inscriptions phéniciennes qui nous soit parvenue, et de l'une des mieux conservées. Elle nous apprend que le personnage enfermé dans le sarcophage était Eshmunazar, fils du roi de Sidon Tabnit, qui laissa son fils orphelin encore jeune : à sa mère, Amo'ashtart, prêtresse d'Astarté, fut confiée la régence. Le but de l'inscription est de rappeler les fondations de temples dues au roi : temple d'Eshmun, des dieux de Sidon, d'Astarté àSidon. Il y est aussi question des donations que le seigneur roi (le roi achéménide Xerxès ou, plutôt, Artaxerxès Ier, ( -465 -424) fit de Dor et Joppé (act. Jaffa, près de Tel-Aviv), les opulentes terres de Dagon qui sont dans la plaine de sharon. La tombe de Tabnit a été retrouvée dans la nécropole de Sidon en 1887. Le sarcophage anthropoïde est plus égyptisant encore que celui d'Eshmunazor, avec perruque, barbiche, pectoral, et l'inscription est en hiéroglyphes égyptiens. Grâce à quoi l'on sait que le premier propriétaire du sarcophage était un Egyptien appelé Penptah et qu'il a été réutilisé pour Tabnit. Le sarcophage d'Eshmunazor est conservé au Louvre.Images à ce sujet
ÉtanaRoi mythique de Kish, héros d'un récit mythologique. Selon la liste royale sumérienne, après le Déluge, la, royauté revint à Kish. Le douzième roi est "Etana, un berger, celui qui monta au ciel, celui qui consolida toutes les terres"; son règne aurait été de 1 500 ans. Son nom est écrit dè-ta-na (avec le déterminatif divin) ; son sens serait 'celui qui monte au ciel' (sum. ann-a) selon une hypothèse d'Arno Poebel. Néanmoins, le déterminatif divin devant son nom n'est pas très significatif dans la mesure où les rois d'Akkad, avec Naram-Sîn, ont leur nom écrit avec ce même déterminatif, sauf qu'il serait un indice de la formation de la légende à cette époque. Indice corroboré par les sceaux et les cylindres de cette période qui représentent un homme enlevé par un aigle, ce qui semble bien illustrer la légende. On ne sait rien de ce souverain sans doute mythique. Il est nommé dans l'Épopée de Gilgamesh parmi les personnages résidant en enfer et que voit Enkidu lors de sa descente dans l'autre monde . Cette tradition conservée dans LRS de la montée du héros vers les dieux est illustrée par un poème mythologique dont il est le protagoniste. MYTHE D'ÉTANA. Il est partiellement connu par de nombreux fragments de tablettes paléobabyloniennes (Suse, Tell Harmal), médioassyriennes (Assur), et de la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Si l'on en croit une tradition, son auteur serait Lu-Nanna, un sage ayant vécu sous le règne de Shulgi, peut-être le même que le gouverneur de Zimudar qui fit un don votif . Il semblerait cependant que le mythe puise son origine dans une tradition originaire de Kit, bien que le seul dieu qui y joue un rôle majeur soit Shamash le Soleil, alors que la principale divinité de la ville, Ittar (avec Zabada), n'y a qu'une importance secondaire. Malgré le nombre de tablettes retrouvées, on n est pas encore parvenu à restituer le texte dans son ensemble, qui présente de grandes lacunes faisant obstacle à toute interprétation. Tel qu'il se présente actuellement, il est découpé en trois parties bien distinctes. Dans la première partie (tabl. I et Il), comme il est déclaré dans l'incipit (très fragmentaire) du Poème, "les dieux dessinèrent la ville" (il s'agit sans doute de Kish) les Anunnaki fixèrent les destins, les fêtes furent établies, mais il fallait trouver un roi, personnage en quête de qui se mit Inanna/Ishtar. Une grande lacune ne permet pas de savoir la suite de cette quête, àlaquelle participe Enlil. Dans la partie suivante, on voit un aigle et un serpent qui décident de s'associer. Ils jurent par les Enfers de rester toujours amis, appelant les pires malédictions sur celui qui transgresserait le traité. Chacun à tour de rôle apporte de la nourriture dans l'ombre d'un peuplier sur une montagne où ils se sont installés et où ils ont eri chacun des petits. Lorsque les petits aiglons sont devenus grands, «l'aigle en son coeur conçut de mauvaises pensées... Il décida de manger les petits de son allié «. Il s'ouvre de cette soudaine fringale à ses enfants et leur dit que pour échapper à la colère du serpent il montera dans les cieux. «Le plus jeune des petits, le plus intelligent, dit ces mots à l'aigle son père : Mon père, ne les mange pas : le filet de shamat te capturerait, les pantes (terme choisi par Labat, synonyme de trappe ou trébuchet, pour traduire l'akk. gisparru) de l'anathème de ~~amaflh te renverseraient et te tiendraient captif. « Mais l'aigle-ogre est têtu et, n'écoutant pas le sage conseil de son fils, il mange les petits du serpent. Plaintes et pleurs du serpent auprès de ~amash, qui, en punition, jette l'aigle dans un trou d'où il ne peut sortir, de sorte qu'il est destiné à mourir de faim. Apparaît alors Étana, qui rappelle à~~amash qu'il l'a honoré, en foi de quoi il lui demande de lui donner la «plante d'enfantement «, sans doute parce que son épouse reste stérile. Le dieu l'envoie alors vers le trou, où l'aigle est relégué, afin qu'il lui donne cette plante. La tablette III est très fragmentaire. Elle évoque la rencontre d'Étana et de l'aigle, qui accepte le marché selon lequel, semble-t-il, il devra emporter Étana dans le ciel pour y trouver la plante. Dans la tabl. IV; l'aigle invite Étana à se placer sur sa poitrine (on l'aurait plutot imaginé sur son dos) a ouvrir les bras le long de ses ailes puis il prend son vol. [Lorsque] , à deux doubles lieues il l' eut fait monter, l' aigle dit a Etana "Regarde mon ami comment est le pays - Le pays [n'est plus qu une colline]. [Lorsque] à trois doubles lieues il l' eut fait monter l' aigle dit à Etana Regarde mon ami comment est le pays? ~ La mer est devenue comme une rigole autour d'un lopin de jardinier!" Ils continuent de s'élever dans les cieux, passent la porte d'Anu, d'Enlil et d'Éa. Suit une longue lacune. Puis, Étana semble vouloir redescendre, sans doute par crainte, mais l'aigle veut continuer de monter jusqu'au ciel d'Ishtar la souveraine qui garde la plante d'enfantement. L'aigle pose alors d'une manière répétitive la question de savoir comment est le pays, en bas, devenu un jardin, la vaste mer étant comme un baquet, puis le pays n'est plus visible. Etana refuse ensuite d'être emporté plus haut encore par l'aigle, qui, finalement, lui obéit et le fait promptement descendre sur terre. Nouvelle lacune, puis très bref dialogue fragmentaire entre Étana (devenu roi) et son épouse, mais qui n'est pas une fin. Ainsi, le héros semble avoir échoué dans sa tentative de montée au ciel, et peut-être la conclusion en tirait-elle la morale : l'homme ne peut accéder au domaine des dieux (RPOA 294-305). À cette traduction, on peut ajouter des fragments publiés par Kinnier-Wilson (1974), dont celui d'un rêve que la femme d'Étana, Mudam, raconte à son époux, à incorporer dans la tabl. I et intégrés dans la tabl. III par Stéphanie Dalley .
GilgameshRoi mythique d'Uruk (vers -2700), héros de tout un cycle épique. Nom écrit "gis-bil-gin-mes" ou simplement Gis-bil, qu'on interprète comme "le vieil homme qui est un jeune homme". GILGAMESH DANS L'HISTOIRE : La LRS fait de Gilgamesh le quatrième roi d'Uruk après le fondateur de la cité, Enmerkar, Lugalbanda et Dumuzi. Elle le dit fils d'un démon-lillû, un grand prêtre de Kullab. Il aurait régné 126 ans et son fils Ur-Nangal(ak) lui aurait succédé. Ce dernier aurait régné seulement 30 ans et il aurait transmis le pouvoir à son fils Utulkalamma(k), lequel n'aurait régné que 15 ans. Dans l'inscription du roi d'Uruk Utu-hégal, il est dit fils de la déesse Ninsun(a) et donné par Enlil pour protecteur d'Uruk et de son roi (Thureau-Dangin 1912, 115, col. III, 1. 1-2 IRSA 131). Ninsun, dont le nom signifie dame de la vache sauvage «, était le parèdre de Lugalbanda, dont on fait aussi le père du héros. Le règne d'Utu-hégal se situe entre 2123 et 2113. C'est la première fois qu'est mentionné Cilgamesh, déjà considéré comme un dieu, et lié à Uruk. Ainsi peut-on apporter de sérieuses réserves à la LRS, qui en fait un roi d'Uruk, d'autant que la plus ancienne inscription - après celle d'Utu-hégal - où il est mentionné vient d'Ut: il s'agit d'un pied de vase en marbre dédié par Ur-Nammu (ca. 2112-2095) à Gilgamesh, seigneur de DIM. CICk<, son maître (IRSA 138). Cilgamesh a-t-il réellement été un homme divinisé pour le moins dès la fin de l'époque akkadienne, ou, au contraire, était-ce une divinité mal définie, peut-être originaire de Kullab, que le roi d'Uruk aurait prise comme protecteur avant que l'auteur de la LRS en fasse un roi mythique de cette cité ? Il est à remarquer que les deux documents de caractère plus ou moins historique qui le mentionnent comme roi ayant existé ne datent tous deux que de la dynastie d>Isîn, au début du IIe mill. Le premier est la LRS, le second est la chronique de Tummal, où il est dît que Gilgamesh reconstruisit le gipar (le numunburra) du temple d'Enlil à Nippur. C'est-à-dire que les documents qui militent en faveur de l'historicité du personnage sont plus récents de huit siècles que les dates de règne qu'on lui assigne. LA LÉGENDE : Outre la grande épopée et les petits poèmes qui constituent son cycle épique, deux légendes se sont constituées qui n'ont pas inspiré, semble-t-il, d'oeuvre poétique : la naissance et le devenir du héros après sa mort. Élien, érudit grec qui vivait au IIe s. de notre ère, a écrit un ouvrage sur la Nature des animaux où il rapporte (XII, 21), à propos de l'aigle, que le roi de Babylone Seuekhoros avait été averti par l'un de ses devins que sa fille mettrait au jour un garçon qui usurperait son trône. C'est un thème bien connu de la littérature grecque. Il fait enfermer Seuekhoros sa fille dans une acropole où elle est étroitement surveillée afin qu'elle n'ait pas de rapports avec un homme. Ce qui ne l'empêche pas de tomber enceinte et de mettre au monde un garçon. Les gardes, redoutant la colère du roi, se saisissent du bébé et le jettent dans le vide. Mais un aigle l'attrape au vol et va le déposer dans un verger où le surveillant le recueillie et l'élève. Élien nous apprend que cet enfant, appelé Gilgamos, devint roi. Il est possible que la source d'Élien ait été Bérose, et, comme on l'a proposé, que la lecture du nom du grand-père de l'enfant, Seuekhoros, soit amendée en Euekhoros ce qui serait une corruption du nom d'Enmerkar. En tout cas, l'origine de la légende est certainement mésopotamienne et semble rassembler l'histoire d'Étana enlevé par l'aigle et celle de Sargon élevé par un jardinier. Dès le début de la IIIe dynastie d'Ur, Gilgamesh apparaît comme un juge des Enferse, ainsi que l'atteste la descente dans l'empire d'Éreshkigal du roi Ur~nammu. Un texte magique l'invoque comme le seigneur des régions infernales : « Gilgamesh, roi suprême, juge des Anunnaki, prince judicieux [...] qui scrute les régions du monde, régisseur du monde souterrain, seigneur du [monde] inférieur; tu résides dans les Enfers et tu rends le verdict final... Shamash t'a confié les jugements et les décisions. En ta présence, les rois, les gouverneurs et les princes se courbent, tu surveilles les omens les concernant et fais part de tes décisions ". Gilgamesh et Agga : Voir Agga. Gilgamesh et la terre du Vivant : (incipit sumérien: en-e-kur-lù-ti-la-s~è), traduit aussi sous le titre de G., Huwawa et la forêt des cèdres. Lùtila, «le Vivant e, désigne FIuwawa (Humbaba, géant de la montagne, dans le texte akkadien de l'Épopée). Pièce de 204 vers. Gilgamesh accompagné d'Enkidu, son serviteur; et des guerriers d'Uruk, dont sept fils d'une mère unique, se rend dans la terre du Vivant afin d'« entrer dans la montagne pour se faire un renom e, ainsi qu'il le dit à Enkidu. Il offre un sacrifice à Utu, lui adresse une prière à laquelle le dieu répond avec beaucoup d'affabilité, puis il se met en route avec sa troupe. Ils entrent dans les montagnes, abattent des cèdres, provoquent la colère d'Huwawa, qui lance contre le héros son éclat et l'endort. Réveillé et furieux, Gilgamesh jure par la vie de sa mère, Ninsun, et de son père, le pur Lugalbanda, puis, après une petite discussion avec Enkidu, se porte contre Huwawa. Suite de discours, capture du géant, dont finalement Enkidu tranche la tête, qui est placée dans un sac en cuir; ce qui provoque la colère du dieu Enlil. Tout se termine heureusement avec des laudes à Gilgamesh, Nisaba,et Enkidu. Gilgamesh et le taureau du ciel : Des 140 vers du poème original, il ne subsiste que des fragments. Inanna, fort fâchée contre Gilgamesh sans qu'en soit donnée la raison (elle est d'ailleurs livrée dans l'Épopée, où la déesse fait des avances au héros et se voit repoussée sous un flot d'injures), demande à son père de disposer du Taureau céleste pour mettre à mort Gilgamesh L'animal divin ravage Uruk, et il est finalement tué par Gilgamesh, qui le dépèce, distribue sa viande aux femmes pauvres, et utilise sa patte pour frapper banna, qui prend la fuite. Gilgamesh Enkidu et l'Enfer : Poème sumérien appelé aussi Gilgamesh au pays des morts ou encore Gilgamesh et l'arbre-huluppu. Le début du poème raconte l'histoire de l'arbre appelé huluppu (- arbres stylisés). Pour remercier Gilgamesh de son intervention, banna lui offre une baguette et un cerceau ou une boule et un maillet . Alors qu'il joue avec ces objets (sans doute un jeu de caractère rituel), boule et maillet tombent en enfer. G. envoie son serviteur Enkidu les chercher (- Enfers), ce qui donne lieu à une saisissante description du royaume des morts par Enkidu, lequel n'en peut plus sortir, semble-t-il, car il n'est plus rien dit du devenir de l'ami fidèle, ni, d'ailleurs, de ce qu'il est advenu des objets qu'il était allé chercher. Le poème se termine par un acte rituel (?) de libation de C. face au soleil Utu. La Mort de Gilgamesh : Poème sumériendont il subsiste deux fragments sur un ensemble qui comptait entre 300 et 450 lignes (calculs hypothétiques selon les auteurs). L'oeuvre est divisée en deux parties A et B par son éditeur et traducteur Samuel N. Kramer; séparées par une grande lacune. Il manque le début et l'on a la fin de la partie B A:Gilgamesh est très malade, près de la mort. Il fait un rêve au cours duquel il comparait devant l'assemblée des dieux, où sont évoqués ses exploits connus par l'Épopée. B: une quarantaine de lignes parfois incomplètes donne une liste de personnes constituant semble-t-il le personnel de son palais (destiné à le suivre dans la tombe ?) puis une séried'offrandes aux dieux (Érefflhkigal, Namtar;Dimpikug, Néti, Enki et Ninki, etc.).Malgré son état, l'intérêt de ce texte est qu'il rapporte comment, grâce à ses mérites, le héros, bien que mortel, est destiné à connaître une vie éternelle dans les Enfers comme juge des morts. La Lettre de Gilgamesh : Exercice d'école d'époque assyrienne (VIIe s. ?) de 45 lignes trouvé en trois exemplaires à Sultantepe. Le colophon donne la signature du scribe:"Adad-mushammer jeune apprenti, fils de Nergal-Tukulti le scribe. C'est une lettre soi-disant écrite par Gilgamesh, qui se dit roi d'Ur à un roi dont le nom est illisible pour exiger de lui qu'il aille chercher au pays (imaginaire ?) d'Érish et lui faire apporter ensuite ce qui parait être une sorte de tribut exorbitant 70 000 chevaux noirs avec des taches blanches, 40 000 jeunes taureaux, 50 000 attelages de mulets, 100 000 ânes chargés de cèdre, 20 000 pots d'asphalte, 30 000 pots de beurre, 30 000 brocs de vin, des dizaines de milliers de talents de fer; d'argent, de cuivre, d'or..." L'Épopée de Gilgamesh : Incipit akkadienne de la version ninivite: Sa naqba imuru = "Celui qui a tout vu".Le texte a d'abord été connu parles tablettes assyriennes trouvées dans la bibliothèque d'Assur-banipal à Ninive. Cette version dite ninivite a été précédée de premières versions babyloniennes remontant au deuxième quart du IIè mill. La notoriété du poème était déjà immense au milieu de ce même millénaire puisqu'on en a retrouvé des fragments àtravers tout le POA, d'HIattusa à Megiddo, d'Ugarit à Sultantepe. Le texte le plus complet est celui de l'époque nénassyrienne (ninivite, env. 1 500 lignes.) De la version paléobabylonienne, il reste un peu moins de 500 lignes et, de la version néobabylonienne, à peine une cinquantaine. Le poème est divisé en onze tablettes de longueurs inégales chacune correspondant à ce qu'on pourrait appeler, selon la terminologie classique, un chant. Dans leur traduction Tournay et shaffer ont indu une douzième tablette qui est le texte mettant en scène Gilgamesh en enfer. C'est cette version, où sont exploités les textes babyloniens et Assyriens, que je suis dans le bref résumé présenté ici. I. Prologue. Gilgamesh terrorise les gens d'Uruk. Les dieux lui suscitent un rival dans l'homme sauvage, Enkidu, qui est apprivoisé par une courtisane. Il. Rêves de Gilgamesh : Enkidu vient à Uruk. Il combat Gilgamesh. Les deux hommes deviennent amis. Ils décident de partir en expédition dans la montagne des cèdres pour tuer Humbaba. III. Préparation de l'expédition précédée de petites scènes relatives aux craintes d'Enkidu, encouragé par les exhortations de Gilgamesh Départ précédé de conseils des anciens d'Uruk et de consultations d'Utu. IV En marche vers la forêt des cèdres. Série de songes de Gilgamesh Rencontre furtive d'Humbaba, crainte d'Enkidu, exhortations de Gilgamesh. V Dans la forêt des cèdres. Rencontre d'Humbaba, nombreux discours mise à mort du géant. VI. Amour d'Ishtar pour Gilgamesh, qui lui adresse un long réquisitoire à propos de tous les hommes qu'elle a humiliés dans sa passion érotique. Colère de la déesse qui suscite le Taureau céleste. Combat de Gilgamesh et d'Enkidu contre le Taureau, qui est mis à mort. Malédiction d'Ishtar. VII. Maladie et songes d'Enkidu, qui meurt. VIII. Pleurs de Gilgamesh et litanies funèbres, offrandes au soleil. IX. Deuil et songe de Gilgamesh, qui part à la recherche de la plante d'immortalité. Il pénètre dans un monde mystérieux où il a affaire à des hommes-scorpions, traverse le bosquet des dieux et, parvenu au bout du monde, rencontre la cabaretière divine Siduri. X. Dialogue avec Siduri, en particulier àpropos du bonheur et où la cabaretière donne comme conseil de se réjouir nuit et jour et de faire de sa vie une fête sans souci de l'au-delà. Avec l'aide de Siduri, C. est emmené par un nocher par-delà la mer jusque chez Ut-Napishtim, l'homme devenu immortel, qui a sauvé la semence des vies humaines et animales lors du Déluge. XI. Ut-Napiilhtim fait le récit du Déluge et dit comment Enlil lui a accordé l'immortalité. Ut-napishtim dit ensuite à Gilgamesh comment il pourra découvrir la plante d'immortalité, laquelle se trouve au fond de la mer. Gilgamesh va la cueillir en attachant à ses pieds de lourdes pierres. Possesseur de la plante, Gilgamesh décide d'en faire l'essai sur un vieillard d'Uruk avant d'y goûter lui-même. Erreur fatale, car; alors qu'il est allé se baigner dans une fontaine un serpent avale la plante, et à peine l'a-t-il engloutie qu'il rejette sa vieille peau pour une nouvelle jeunesse. Désespoir de C., qui rentre sagement vivre entre les siens le reste de son âge. Texte : J. Bottéro, l'Épopée de Gilgamesh,~ 1992 : avec trad. des fragm. des versions anciennes. R. J. Tournay et A. shafer 1994. Images à ce sujet
Gudéa : Ensi de Lagash(v. -2141-v. -2122). Il succède à son beau-père Ur-baba (Ur-Ba'u), en tant que seigneur de Lagash. Ce dernier avait entrepris de rendre à sa principauté son ancienne puissance en dépit de la domination des Guti, en totale décadence il est vrai, et à relever de ses ruines Cirsu, détruite par Lugalzagési. Bien que Gudéa.htm">Gudéa nous ait laissé un nombre considérable d'inscriptions, on connaît surtout son règne par l'impulsion qu'il a donnée àla sculpture et à l'architecture de sa principauté, dans laquelle, malgré son simple titre d'ensi, il semble avoir joui d'une totale indépendance, même vis-à-vis d~Uruk où régnait Utu-hégal. Son indépendance et sa puissance sont soulignées par l'expédition militaire qu'il entreprit contre Anshan et l'Elam : "Il battit par les armes les villes d'Anshan et d'Elam et il amena leurs dépouilles à Ningirsu dans l'é.ninnu (statue B de Gudéa). Son activité pacifique est, elle, prodigieuse. Il a construit, ou reconstruit, dans tout le territoire de Lagarh, une trentaine de temples et de chapelles dans des sanctuaires détruits pour la plupart d'entre eux par Lugaîzagesi (liste dans George 1993, index). Mais ses plus grands soins furent portés à la construction et à l'embellissement du temple de Ningirsu, l'é.ninnu (Maison des cinquante - sous-entendu oiseaux Anzû blancs), à Girsu. C'est à la suite de l'intervention du dieu en personne au cours d'un rêve qu'il entreprit cette magnifique construction, dont il ne subsiste que de pauvres ruines. Le dieu déclare à Gudéa : «Mon temple, de son éclat les contrées seront couvertes, son nom depuis les limites du ciel rassemblera les contrées et des montagnes fera sortir Magan et Mélukhkha. Visiblement, Cudéa voulait faire de ce temple et de la cité sacrée de Girsu le centre du Sumer. Il ne ménagea aucun effort pour ériger un monument magnifique: des montagnes d'Argent (Amanus, Liban), il fit venir le bois de cèdre et de buis, les pierres de taille d'Élam, des artisans spécialisés ; de Dilmun, de Magan et Mélukhkha, le cuivre, l'or; la cornaline, la diorite et encore du bois. Ce qui laisse supposer que les routes du commerce étaient redevenues sûres et qu'il disposait de grandes richesses. Ce temple et sans doute les autres constructions furent ornés de ces stèles, de ces vases à reliefs et surtout de ces statues de l'Ensi, soit assis, soit debout, dont on a retrouvé une douzaine, pour la plupart en diorite, qui révèlent combien l'art de la sculpture avait atteint la perfection. Ces statues, dont l'une, parmi les plus remarquables, dite de l'architecte au plan (statue B), représente Gudéa assis, un plan de son temple sur les genoux, portent des inscriptions plus ou moins longues . Outre ces inscriptions, il convient d'ajouter toutes celles qu'on trouve sur des stèles, des objets (masses d'armes) et, surtout, deux longues inscriptions sur deux grands cylindres . Sur l'un (A) est rapporté le songe de Gudéa.htm">Gudéa et la manière dont il a construit le temple ; l'autre (B) concerne le train de maison de Ningirsu dans son temple. Un petit autel votif, en schiste, constitué d'un pied cylindrique supportant un plateau circulaire creusé en cuvette, nous fait connaître le nom de la femme de Gudéa, Nin-alla. : A (la déesse) Ba'u, la gracieuse, sa dame, pour la vie de Gudéa, ensi de Sirpurla, Nin-alla, sa femme, a voué [cet autel] . ICONOGRAPHIE. Gudéa est le personnage dont on a retrouvé le plus de statues à la suite des fouilles de Tellô. Les principales sont recensées : statue colossale, personnage assis, architecte su plan, architecte à la règle, petite statue assise, statue (debout) aux larges épsules, statue aux épaules étroites, petite statue debout; elles sont toutes dépourvues de tête. Sont complètes : la petite statue assise, le Gudéa adorant (anépigraphe). Toutes se trouvent su Louvre. Ce dernier musée possède aussi quelques têtes. Des statues debout complètes sont à Copenhague dans des collections particulières (Gudéa au vase jaillissant, statuette debout...). Cette liste est évidemment loin d'être exhaustive. Images à ce sujet
HammurabiRoi de Babylone (-1792 -1750). Il est le sixième des onze rois composant la 1ère dynastie (amorrite) de Babylone. VIE ET RÈGNE. Son père, Sin-muballit (-1812 -1793), avait, en quelque sorte secoué l'inertie dans laquelle était restée la ville sous ses prédécesseurs, qui n'avaient pas cherché à étendre leur domaine. Il avait engagé une politique d'expansion qui sera énergiquement achevée par Hammurabi. Selon une liste annuelle de ses actes, celui-ci commença par rétablir la justice dans le pays en décrétant le misharum. Les six premières années de son règne furent consacrées à des constructions de caractère religieux : un trône pour le dieu Nanna, une enceinte sacrée, deux temples. Ses guerres ne commencèrent que la septième année avec la conquête d'Uruk et d'Isin ou régnait Rim-Sîn (-1822 -1763). Au cours des quatre années suivantes, il conquiert le pays d'Émutbal, Malgia, Rapiqum et shalibi, enfin Marien -1759, mettant fin au règne de Zimri-Lim. Encouragé "par un oracle d'Anu et d'Enlil", qui marchent devant ses armées nous dit la chronique de sa 31e année, il force Sumer et Akkad à lui obéir. Il entreprend ensuite des campagnes en direction du nord, vers Eshnunna et le Subartu, de l'est vers les Gutis et l'Élam. Parallèlement à ces travaux guerriers, il ne cesse de construire temples, murailles, non seulement à Babylone, mais dans les cités du royaume, en particulier à Sippar, fait creuser ou aménager des canaux des digues, mille travaux d'utilité publique. LE CODE : Mais sa grande œuvre est le célèbre Code qu'il fera graver sur une grande stèle (act. au Louvre), et qui reflète l'état de la société de son temps. Dans le long prologue du Code, il se présente comme le pasteur, l'élu d'Enlil, celui qui apporte opulence et prospérité. Et il mentionne les villes, qui, outre Babylone, ont profité de ses bienfaits : Nippur, Eridu, Ur, Sippar, Larsa, Uruk, Isin..., à quelques exceptions près toutes les grandes villes du Sumer et d'Akkad. Ce prologue révèle que le Code a été gravé dans les dernières années de son long règne, mais nombre de lois avaient déjà été promulguées, comme le montrent des tablettes qui en conservent des fragments, lesquels présentent parfois des versions différentes de celles qui sont connues par le Code. La disparité des villes de l'empire, qui devaient aussi avoir leurs lois propres, lois dont s'est inspiré en partie le Code, a conduit le roi à faire graver dans la pierre pour les générations futures un ensemble de lois qui devaient désormais s'imposer, comme, toutes proportions gardées, le code théodosien et ensuite les pandectes de Justinien ont constitué un corpus législatif applicable à tout l'Empire romain (d'Orient), faisant la synthèse de toutes les lois et d'édits antérieurs. Il convient cependant de noter les imperfections de ce code, malgré les avantages qu'il présente et les progrès dont il témoigne au profit du droit, car, du fait même de ses origines et de l'amalgame qu'il représente, on y trouve de nombreuses lacunes, des redites et même des contradictions. Il constitue cependant le premier effort d'établissement d'un droit de caractère général, voire universel pour son époque, puisque devant s'appliquer à des populations très diverses, unies par la force sous l'autorité d'un seul prince, mais sanctionnée par les dieux. Images à ce sujet
HarabHéros mythique du poème appelé de son nom ou "Théogonie de Dunnu".
Hattusili IerHattusili Ier (vers. -1650 -1620). Selon des documents tardifs, il aurait été d'abord roi de Kussara. Un discours (sans doute apocryphe) considéré comme son testament politique , adressé à l'assemblée des grands dignitaires du royaume, par lequel il désigne Mursili5 encore adolescent comme son héritier, débute ainsi : "Le grand roi Labarna s'adresse aux guerriers de l'assemblée et aux dignitaires [disant] : "voyez, je suis tombé malade. Le jeune Labarna, je l'ai proclamé devant vous [disant] : Il s'assiéra sur le trône" . Le nom de Labarna, premier souverain hittite attesté dans le "Rescrit de Télépinu" (vers -1500), apparaît ainsi comme un titre (il reparaîtra comme titre des rois Hittites du nouvel empire sous la forme de Tabarna), comme celui de César; qui fut donné aux empereurs romains. Car c'est à ce Labarna qu Hattusil succéda, fondant ainsi ce qu'on a appelé l'ancien royaume hittite, et c'est sans doute lui qui a installé sa capitale à Hattusa. Il hérita d'un royaume englobant toute l'Anatolie centrale. Son action reste peu connue, mais il a sans doute étendu son royaume jusqu'à la Cilicie au sud-est et fait construire une forteresse à Mersin (nom moderne, son nom à cette époque étant inconnu), sur la Méditerranée. Il porta ensuite ses armes contre le royaume d'Alep, qu'il ne put vaincre, mais c'est sans doute à lui qu'est due la destruction d'Alalah (niveau VII). Il dirigea ensuite ses armes vers l'Arzawa, à l'ouest de la Cilicie, mais il fut arrêté dans cet élan conquérant par une attaque sur ses arrières des Hourrites, contre lesquels il dut combattre et qu'il repoussa jusqu'à l'Euphrate. La fin de sa vie fut assombrie par une révolte de sa fille et de son fils Huzziya. Mursili serait son petit-fils . Il semble que ce soit sous son règne qu'ait introduite l'utilisation des cunéiformes suméro-Akkadiens pour écrire la langue des Hittites.
Hattusili III(-1275 -1260). Il était le troisième fils de Mursili Il. On ignore ce qu'est devenu l'aîné, Halpasulupi. Son frère Muwatalli hérita le trône de leur père et lui-même, qui était prêtre d'Ishtar, reçut de son aîné des grades et des charges. Il fut enfin nommé gouverneur du Haut-Pays, c'est-à-dire des régions au nord d'Hattusa, tandis que le roi installait sa capitale au sud, à Tarhundassa. Cet exode a peut-être été dicté par la crainte de raids des Gasgas. Belle prudence, car; peu après, ces nomades barbares déferlaient sur les hauts plateaux anatoliens et mettaient Hattusa à sac. Hattusili III, chargé de la défense, combattit dix ans avant de réussir à les chasser. Tandis que son royal frère s'occupait des affaires des princes alliés de l'ouest de l'Anatolie , Hattusili III dut faire face à la révolte de la ville de Pishuru qui aligna face à lui 800 chars. Bien qu'il n'en disposât que de 120, il remporta la victoire et rétablit l'ordre dans la contrée. Les intrigues des rois d'Égypte en Syrie conduisirent Muwatalli à intervenir. Il coalisa les princes syriens contre Ramsès Il, et les deux puissances se heurtèrent près de Qadesh sur l'Oronte. La bataille, quoique restée indécise, se conclut sur un accord tacite qui fixait la ligne de partage des influences des deux empires à la hauteur de Damas. À peine Hattusili rentrait-il de Qadesh qu'il dut de nouveau se porter contre les Gasgas, qui revenaient à l'assaut. Peu après mourait Muwatalli (v. -1280). Son fils Urhi-Téshub lui succéda naturellement et prit le nom royal de Mursili III. Toute cette partie de la vie du futur roi nous est surtout connue par sa propre apologie ou Autobiographie, dans laquelle il se défend d'avoir nourri quelque ambition au détriment de son neveu. Mais cela n'empêcha pas leurs relations de se détériorer lentement. Sans doute par crainte d'une rébellion de son oncle, Mursili eut la maladresse d'entreprendre de lui retirer peu à peu ses pouvoirs dans le Haut-Pays, dont il était resté le gouverneur. Il ne lui laissa bientôt que deux villes. Lorsque, finalement, il voulut l'en dépouiller, Hattusili se révolta. Son prestige était tel qu'il eut derrière lui la majorité du royaume, Si bien que le jeune roi se retrouva bientôt le prisonnier de son oncle qui se contenta de l'exiler. En ces temps où l'on faisait exécuter si aisément ses ennemis, il convient de remarquer qu'Hattusili, à qui s'était déjà à plusieurs reprises offerte l'occasion d'exercer une vengeance, s'était toujours contenté d'exiler ses adversaires. Avant de monter sur le trône, il avait épousé Puduhepa avec qui il partagea son trône. Bien qu'il se fût montré un bon homme de guerre, une fois monté sur le trône, il utilisa la diplomatie. Il chercha à se concilier le roi d'Assyrie, Adad-nirâri Ier, et, peut-être par crainte d'une alliance entre l'Assyrie et l'Égypte qui l'aurait menacé sur deux fronts, il laissa l'Assyrien conquérir le Mitanni (Hanigalbat). En revanche, il fit une alliance avec le roi de Babylone Kadashman-Turgu. Enfin, vers -1270, il passa un traité de paix avec Ramsès Il, et une princesse hittite fut donnée comme épouse au roi d'Égypte pour sanctionner cette alliance, qui ne fut plus jamais rompue. On n'est guère renseigné sur les événements de l'Anatolie pendant le règne d'Hattusili, mais il semble que sa volonté de paix avec toutes les grandes puissances voisines était en partie dictée par la nécessité dans laquelle il se trouvait de lutter contre les incessantes incursions des Gasgas. Le fait est qu'il laissa à son fils Tudhaliya IV un royaume prospère et puissant, en paix avec tous ses voisins.
Hattusili IlOn connaît très mal ce roi dont certains auteurs ont nié l'existence. Les ouvrages de synthèse l'ignorent souvent . Curney le cite pour lui refuser d'avoir signé le traité avec Alep, préférant l'attribuer à son successeur (Tudhaliya IV selon Curney, III selon Garelli), et il en fait (dans le tableau chronologique) le frère de Tudhaliya III et, en conséquence, le fils d'Arnuwanda . Curney, qui l'intègre dans sa chronologie, situe son règne entre -1420 et -1400 et en fait aussi le frère d'Arnuwanda Ier et le père de Tudhaliyas III. Selon Hans Cùterbock , ce serait bien lui qui serait mentionné dans le traité d'Alep, et il serait le père de Suppiluliuma. La discussion reste ouverte.
IdrimiRoi d'Alalah (1ère moitié du XVème s.). Il nous est connu essentiellement par une statue le représentant assis sur un trône flanqué de deux lions (ou de sphinx) trouvée dans un puits dans le temple du niveau IV d'Alalah. Elle porte une longue inscription de 104 lignes constituant une autobiographie. «Je suis Idrimi, fils d'Ilimilimma, serviteur d'Adad, de Hépat et d'Ishtar, la dame d'Alalah, ma maîtresse. Un démon est arrivé à Halab la ville de mes ancêtres, et nous avons fui chez le peuple d'Emar, les frères de ma mère et moi, nous avons vécu à Emar... Ainsi commence la vie aventureuse de ce prince, chassé de sa cité sans doute à la suite d'un complot. Il fuit ensuite dans le désert, parvient parmi les guerriers sutéens et jusqu'en Canaan. Là, il devient chef d'une bande d'hommes citoyens de Halab, Mukish, Niya, et il vit sept ans chez les Khabiru (voir nomades), grâce auxquels il semble avoir pu reprendre sa cité d'Alalah. Il s'allie alors avec son ancien ennemi Parrattarna, roi des Hourrites, dont il devient le vassal. Il part ensuite en campagne dans les territoires Hittites, où il prend sept villes. Le texte se termine par une malédiction contre celui qui détruirait sa statue et la mention du scribe sharruwa, qui a écrit pour lui cette autobiographie. L'authenticité de ce texte a été mise en doute et l'on a pu suggérer qu'il s'agissait d'un document tardif, daté par certains auteurs du XIIe s., destiné à légitimer la dynastie d'Idrimi. Les tablettes d'Alalah nous ont aussi rendu un traité d'extradition passé entre ce roi et Piliya : " Tablette d'accord. Piliya, et, Idrimi ont prêté serment par les dieux et passé cet accord entre eux : ils rendront désormais leurs fugitifs respectifs; Si Idrimi saisit un fugitif de Biliya, il devra le rendre à Filiya, et, si Fiîiya saisit un fugitif d'Idrimi, il devra le rendre à Idrimi... Celui qui transgressera cet accord, que diM (Hadad ?) Shamash et Ishhara et tous les dieux le détruisent» . Images à ce sujet
KéretRoi légendaire, héros d'un conte épique trouvé dans des tablettes d'Ugarit. Son nom, écrit KRT, a été transcrit Kéret par Charles Virolleaud, le premier éditeur du texte (en se fondant sur l'adjectif hébreu "kéréthite") mais il devait se lire "Karit" ou Kirta (Greenstein, in Barker 1997). Le texte est connu par trois tablettes exhumées dans le site de Ras shamra en 1930 et 1931. Un colophon nous fait savoir qu'il a été écrit ou copié (spr.[IlmIk] = livre ou document de...) par Ilimilku, donné par Niqmadd (roi d'Ugarit). Les trois tablettes, qui devaient compter un millier de lignes (selun Virolleaud), sont incomplètes, et, comme elles n'ont pas été trouvées ensemble, on discute au sujet de leur séquence, et pour savoir s'il en manque encore une ou plusieurs. Le nom de KRT n'est peut-être pas sémitique; on a cependant proposé de rattacher son nom à karutu = coupé de (progéniture). Bien qu'il ne soit pas un dieu immortel, Kéret est fils du grand dieu El (présenté comme un dieu-taureau) et de la déesse Ashérat. Le pays dont il est roi semble s'appeler Khubur; il est mentionné au cours du poème, sans que soit précisé qu'il s'agit bien de son royaume. Au début du conte, un apprend que Kéret a perdu ses sept enfants et qu'il craint de ne plus avoir de progéniture. El lui apparaît au cours d'un rêve, et, comme le roi ne cesse de gémir, le dieu lui ordonne d'offrir un sacrifice. Ce qui permet de découvrir ce qu'on offrait aux dieux ugaritiques en sacrifice, en l'occurrence : un agneau, un chevreau un pigeon, du vin dans une coupe d'argent, du miel dans un ciboire d'or. Kéret réunit ensuite une grande armée avec fantassins archers, par myriades, et, en sept jours de marche, il parvient aux frontières du royaume d'Udum. Le roi du pays, Pabil, est effrayé par un tel déploiement de forces, puis rassuré quand Kéret lui demande seulement la main de sa fille Huraya, sa fille aînée, la belle unique. De ce mariage naissent - selon ce qu'avait déclaré El à Kéret, qui était allé lui rendre une visite au fin fond d'une campagne où résidait le dieu - huit enfants. L'aîné des fils, Yassib, est destiné à succéder à Kéret sur le trône. Mais le roi tombe malade, au point qu'il est incapable de gouverner. Sa maladie est mise en relation avec une épidémie de peste et une sécheresse qui va cesser après que se sera déroulée une cérémonie dans la demeure de Baal sur le mont Saphon. Par ailleurs, El créé un démon appelé sha'taqat, qui va guérir Kéret en lui tranchant la tête. Ce qui représenterait la victoire de la vie sur la mort . Yassib vient au palais voir son père pour lui rappeler ses devoirs envers son peuple, qui dépérit, mais dans l'intention de s'asseoir lui-même sur le trône. Ce qu'a compris Kéret, qui le maudit. Le texte s'arrête là d'une manière abrupte, la fin manquant. Si Kéret apparaît comme la figure symbolique du roi d'origine divine, le propos du poète en écrivant ce conte mythique (aucun document ne confirme l'existence d'un royaume appelé Khubur ni celui d'Udum avec son roi Babil) reste obscur; et aucune hypothèse proposée n'est réellement satisfaisante.
KikkuliLors des fouilles de Bogazköy ont été recueillies quatre tablettes plus un fragment portant un texte relatif au dressage et aux soins des chevaux. Par la suite, d'autres fragments de tablettes concernant les chevaux ont été recueillis. La première tablette a été transcrite et traduite par l'assyriologue tchèque Bédrich Hrozny en 1931 puis étudiée, transcrite et traduite par Hans Potratz quelques années plus tard et, enfin, par Annelies Kammenhuber. Le texte est dû à un Mitannien nommé Kikkuli, grand écuyer à la cour d'Hattusa au XIVème s. (sous Mursili Il ?). Dans ce texte, écrit dans la langue des Hittites avec des formes Hourrites, on rencontre un certain nombre de termes mitanniens qu'on a pu rattacher au sanskrit, langue des envahisseurs indo­européens de l'Inde, tels que : wartanna (skr. vattanam), tera, panza, satta, navar­tanna (chiffres signifiant 3, 5, 7, 9). L'ensemble du texte comprend près d'un millier de lignes avec seulement une lacune importante. On y trouve tout un programme d'entraînement du cheval, lequel est auparavant soigneusement sélectionné à partir de galops d'essai. La période d'entraînement, qui débutait à l'automne, durait 169 jours. Pour débarrasser les chevaux de leur graisse, on les faisait jeûner et transpirer sous des couvertures, et ils étaient entraînés chaque jour; selon un programme précis et détaillé, au cours duquel ils alliaient l'amble au trot et s'exerçaient au galop, sur des distances de plus en plus longues (reste cependant incertaine l'interprétation des termes Hittites penna- et parh-, traduits par marche et trot pour le premier, galop pour le second. Il est aussi question des douches et des bains à donner aux animaux, de leur harnachement, de l'écurie parfois chauffée, parfois froide. On attache aussi les chevaux à un anneau scellé haut dans le mur de l'écurie pour les obliger à tenir en permanence la tête haute.
Lipit-lshtarCinquième roi ( - 1934 - 1924) de la dynastie d'Isin. On a conservé sous son nom un code de loi qu'il aurait fait inscrire sur une stèle. L'année où il fit dresser la stèle fut appelée celle " où Lipit-Ishtar instaura la justice dans le pays de Sumer et d'Akkad". On connaît de ce code une douzaine de manuscrits provenant de Nippur, Kish et Sippar. Ce roi a été déifié, grâce à quoi il nous est parvenu deux hymnes à sa gloire dont l'un débute ainsi : "O Lipit-Ishtar tête éminente, prince du sanctuaire, joyau, tige de royauté comme le soleil marchant..."
LugalbandaRoi mythique d'Uruk, père de Gilgamesh, dont le nom signifie "roi fougueux". Dans la LRS, il succède à Enmerkar. Il est donné comme " un berger" qui aurait régné 1 200 ans. Dans les inscriptions suméro­akkadiennes, il est présenté comme une divinité : shulgi l'associe à Nin-suna et le déclare son seigneur. Nîshi-inishu, la fille de Sin-Kâshid (-1865 -1804), roi d'Uruk, est prêtresse de Lugalbanda; le roi lui-même a bâti un temple pour "Lugalbanda, son dieu, [et] pour Nin-suna, sa mère ". Il serait, selon Jacobsen, une ancienne divinité de Kullab. Il est devenu le héros de poèmes épiques.
Lugalbanda et la caverne de la(aussi appelé Lugalbanda et le mont Hurum). Lugalbanda est un officier de l'armée d'Enmerkar marchant contre la ville rebelle d'Aratta. Avec ses frères, il se rend dans la montagne (le mont Hurum), où il tombe malade et se réfugie dans une grotte où ses frères le laissent avec quelques provisions. Il prie alors le Soleil (Utu) et Inanna, qui le guérissent. Il quitte ensuite la grotte et va errer dans la montagne. Samuel Kramer a suggéré que le mont Hurum pourrait être le berceau des Hourrites et qu'il devrait se situer vers le lac de Van, donc dans les montagnes du futur Urartu, et, en conséquence, qu'Aratta devrait se trouver dans la région du lac d'Urmiah...
LugalzagesiVoir Umma.
ManishtusuRoi d'Akkad (-2269 -2255), fils de Sargon. Son frère, sans doute cadet, Rimush, fut avantagé par leur père, à qui il succéda. On ne sait si Manishtusu participa à l'attentat qui mit fin au règne de Rimush, mais il lui succéda sur le trône d'Akkad. Les premières années de son règne semblent avoir été calmes. Mais des révoltes vers le plateau de l'Iran le contraignirent à conduire une campagne vers Anshan et shérikhum (une contrée mentionnée aussi dans les campagnes de Sargon, sans doute située au-delà d'Anshan, dans la région de l'actuel Fars). Il aurait alors fait traverser la mer Inférieure (golfe Persique) à sa flotte : «Les villes de l'autre côté de la mer, [au nombre de] trente-deux, se liguèrent pour la bataille, mais il triompha et il vainquit leurs villes, il tua leurs princes [et] enleva [...] jusqu'aux mines d'argent. Des montagnes au-delà de la mer Inférieure, il tira des pierres noires il [les] chargEa sur des bateaux et il [les] amarra au quai d'Akkad. Il façonna sa statue [et la] voua à Enlil. Par Shamash et Aba, je jure que ce ne sont pas des mensonges, c'est absolument vrai. La localisation de ces villes et montagnes reste problématique. Une variante du texte remplaçant shérikum par Mélukhkha, on a pu supposer que shérîkum devait se situer vers les côtes de l'actuel Baloutchistan et que l'expédition militaire serait parvenue dans la vallée de l'Indus. Ce qui reste improbable. Il semblerait plutôt que la flotte akkadienne ait fait une incursion sur les rives de l'extrémité du golfe Persique, soit vers le Kirmân soit vers l'Oman. En fait, d'un si long règne, nous ne savons que peu de chose. Selon un omen, Manishtusu aurait finalement été assassiné à la suite d'une conspiration. On ignore si son fils, Naram-Sîn, qui lui succéda, a une responsabilité dans ce complot. INSCRIPTIONS MONUMENTALES : Les fouilles archéologiques ont rendu deux monuments portant de longues inscriptions de ce roi. Le premier, appelé "Monument cruciforme", a été exhumé à Sippar par Rassam en 1831 et se trouve au British Museum. Le second, la Pyramide de Manishtusu, retrouvé dans les fouilles de Suse, est exposé au musée du Louvre. Le "Monument cruciforme" est considéré comme une autobiographie, sans doute parce qu'il débute par les formules habituelles «Je suis Manishtusu le fils de Sargon, le roi puissant de Kish le frère aîné [ou encore : l'oint] d'Anu, l'Ensi d'Enlil, gouverneur (sakkanak) pour Ilaba (lu aussi : sakkanak d'Amal, car le texte est détérioré)... "> En fait, l'essentiel de l'inscription est relatif à une donation à Shamash pour laquelle le roi a libéré trente-huit cités afin de les mettre au service du dieu, c'est-à-dire de son temple et de son clergé. La Pyramide, bloc de diorite de 1,40 m de haut recouvert sur ses quatre faces d'inscriptions, rapporte l'achat par le roi de nombreux terrains afin de constituer un vaste domaine foncier. Dans chacun de ces textes, le roi mentionne soit les denrées mises à la disposition du dieu, soit les terrains acquis, toujours avec un luxe de détails relativement au poids des denrées, leurs quantité, etc... . ICONOGRAPHIE : Outre le monument cruciforme et la Pyramide, on dispose de deux bas de statues du roi, dont l'une, en diorite, est une robe évasée dont une frange oblique représente un beau travail de sculpture (toutes deux, provenant de Suse, sont au Louvre). Les fouilles de Suse ont aussi rendu un buste du roi dans la tradition sumérienne avec une chevelure faite de zigzags, une longue barbe taillée en forme rectangulaire, des yeux incrustés en calcaire jaune. Le roi est dans l'attitude de l'humilité devant le dieu, les mains croisées sur la poitrine. Son torse étant nu, il devait être vêtu du kaunakès . Images à ce sujet
MeshaRoi de Moab. Il est connu par les textes bibliques et une stèle découverte à Dhiban (Jordanie) en 1868, écrite en alphabet phénicien et en langue moabite. Il était fils de Kémosh, lequel aurait régné sur Moab pendant 30 ans, dans la première moitié du IXè s. À cette époque, Moab était tributaire du roi d'Israël, et il devait un lourd tribut annuel : cent mille agneaux et la laine de cent mille béliers (2 Rois 3 :4). Mésha hérita ainsi d'un Etat vassal du royaume d'Israël, entre les mains de la dynastie des Omrides. Mésha profita de la mort d'Achab ( - 874 - 853), successeur d'Omri, pour se révolter. Achazyahu, fils aîné d'Achab, ne régna qu'une année et c'est Joram ( - 852 - 841), son fils cadet et second successeur, qui s'allia avec son voisin du Sud, le roi de Juda, Josaphat (871-846), et au roi d'Édom, pour tenter de réprimer la révolte. L'armée alliée fut finalement vaincue et dut se retirer. Néanmoins, Si l'on on croit le récit biblique, les armées unies de Juda et d'Israël ravagèrent Moab, abattirent les arbres, bouchèrent les sources et les puits, parsemèrent les champs de pierres pour en interdire la culture, assiégèrent Mésha dans Qir-Harosoth. Le Moabite aurait alors tenté une sortie avec sept cents hommes, en vain. En désespoir de cause, il aurait sacrifié son fils aîné, de sorte que les assiégeants, horrifiés, auraient levé le siège et seraient rentrés chez eux (encore que ce soit là une interprétation du texte biblique, 2 Rois 3 :21-30, confus et décousu). En réalité, il somble que les armées alliées ont été vaincues et forcées de se retirer. Toujours est-il que Mesha marcha ensuite sur Nébo, qui appartenait à Israël, suivant l'ordre de son dieu :" Alors je suis parti la nuit et je me suis battu de l'aube jusqu'à midi, la prenant (la ville) et tuant tout, sept mille hommes, enfants, femmes, vierges, servantes, car je les ai voués à la destruction (il s'agit de ce que les textes bibliques appellent le "herem") pour Ashtar-Kémosh." Si l'on en croit toujours l'inscription de la stèle de Dhiban, il aurait ensuite bâti la ville de Qarhoh (que certains auteurs identifient à la Qir-Hasoreth du texte biblique) avec ses remparts et sa forteresse, rebâti Beth-bamoth, construit une route dans la vallée de l'Arnon et agrandi son royaume par l'annexion de plusieurs villes (cent, assure-t-il dans cette autobiographie que représente le texte de la stèle).
MeskalamdugRoi d'Ur (vers - 2620 - 2600) dont le nom sumérien, mes-kalam-du(g), signifio "héraut du bon pays" ou " le héros (est) bon (pour le) pays" . Dans le cimetière royal d'Ur, il occupait la tombe n° 755, une riche sépulture dans laquelle ont été recueillis, entre autres objets précieux, des armes, de la vaisselle en or, en argent et en électrum, et, surtout un casque en or massif imitant la chevelure sorrée dans un bandeau. Son nom a été lu sur de la vaisselle d'or; une lampe et de la vaisselle de cuivre. Mais il n'est mentionné avec le titre royal que sur un cylindre de lapis-lazuli où sont figurés des lions et des bouquetins s'affrontant et deux hommes. L'inscription se lit : meskalamdùg lugal, "Meskalamdug, le roi". Il semble être le père d'Akalamdug, mais, comme ce dernier, il n'est pas mentionné dans la LRS.
MésanépadaNom sumérien Mes-an­né-pà-da = "héros choisi par Anu". Roi (lugal) d'Ur, il est sans doute fondateur de la 1ère dynastie. Son nom apparaît dans la LRS, qui lui attribue un règne de 80 ans. Il semble que le scribe ait uni le temps de son règne à celui de son fils Aanepada, dont le nom a été effacé. Il aurait alors régné une quarantaine d'années aux alentours de - 2550 . Une inscription sur une perle de lapis-lazuli le dit roi d'Ur, fils de MeskaIlamdug, roi de Kish. On connaît le nom de son épouse Ninbanda par une autre inscription sur un cylindre. Cependant, sur une autre inscription, il est dit époux de la "nugig", titre d'une prêtresse qu'on traduit parfois par "hiérodule". Selon la chronique du Tummal, il aurait construit le Burshushua du temple d'Enlil. Le signe divin qui précède le nom du roi laisse penser qu'il a été divinisé à une époque tardive. La LRS et la chroniquo du Tummal lui donnent pour fils un certain Mos-ki-àg­nanna, à qui est attribué un règne de 36 ans. On lui devrait la reconstructîon du Tummal, le temple de Ninlil, qui se serait écroulé sous le règne de son père. Il est possible que Mes-ki-àg-nanna ait en réalité été le fils d'Aanépada.
MurashûNom d'une famille d'hommes d'affaires de Nippur. En 1893 a été trouvé à Nippur un lot de 502 tablettes représentant les archives d'une famille de la ville qui a fondé une firme de caractère bancaire sous les règnes des rois Perses Artaxerxès Ier et Darius II, soit entre - 440 et - 416. D'autres tablettes ont montré que l'activité de la firme s'est encore poursuivie jusque vers -404 pour disparaître ensuite, on ne sait de quelle manière. Ces archives consistent en reconnaissances de dettes, quittances, contrats, inventaires et mémoires. En tant que prêteurs, les Murashû exerçaient une activité de banquiers, mais leur principale source de revenus était la gestion de terres que leur confiaient contre une rente les particuliers, qui en avaient reçu la concession par l'Etat, voire l'Etat lui-même. Ces concessionnaires sont souvent de hauts personnages, des satrapes, voire des membres de la famille royale, telle la reine Parysatis. La fondation de la firme serait due à Murashû, fils de Hatin, au tout début du Vè s. Il serait mort vers - 445, mais son fils aîné, Enlil-hatin, lui aurait succédé dès - 454. En - 445, ce dernier s'associe à son frère Enlil-shum-iddin, qui disparaît en - 421. Tous deux avaient une soeur, Naqqitu, qui semble avoir eu une action dans la firme. Les derniers successeurs connus sont Rîmût-Ninurta (qui a exercé entre - 429 et - 414) et les deux frères (issus d'Enlil-sum­iddin) Enlil-hatin et Murashû. Quoique leur action se soit exercée sur le territoire de Nippur, les Murashû devaient avoir une agence à Suse, comme semblent le prouver des documents signés dans cette ville.
Mursili Ier(vers - 1620 - 1590). Il s'est surtout distingué par le raid sans lendemain qu'il conduisit contre Babylone.
Mursili III(-1280 - 1275) : Fils de Muwatali Il, il fut détrôné par son oncle Hattusili III.
Mursili Il( - 1840 - 1310) : C'est l'un des plus importants souverains hittites, ou, en tout cas, le moins mal connu grâce à ses annales. Il avait fait rédiger (ou rédigé lui-même ?) deux sortes d'annales. Les premières sont appelées "Annales décennales" parce qu'elles concernent les dix premières années de son règne ; elles relatent ses longues campagne à travers tout l'empire et en Syrie pour maintenir l'héritage de son père, Suppiluliuma, dont il était le plus jeune fils. Les autres textes, appelés par les modernes "Annales complètes" incluent non seulement les actions du roi mais aussi celles des princes et de ses généraux. Elles vont jusqu'à la 20ème année de son règne. « Ainsi parle Mon Soleil Mursilis, le grand roi, le roi des Hatti, le vaillant, fils de Suppiluliuma, le grand roi, le vaillant: Tandis que j'inaugurais mon règne sur le trône de mon père, les pays voisins et ennemis se levèrent tous contre moi. Or, lorsque mon père fut passé au rang des dieux, Arnuwandas mon frère s' assit sur le trône de son père ; mais il tomba malade. Et lorsque les pays ennemis surent qu'Arnuwandas mon frère était malade, ces pays dénoncèrent l'alliance. Puis, lorsque Arnuwandas mon frère fut passé au rang des dieux, alors les pays hostiles qui n'avaient pas encore pris les armes, même ceux-là les prirent" (introd. aux Annales décennales). Ainsi commence le règne de ce roi que les ennemis des Hittites pensaient être faible, et qui relevaient la tête une fois défunt le roi qui les avait vaincus. Tout ce texte des Annales est plein de bruit et de fureur: ce ne sont que combats, prises de villes, milliers de captifs ramenés en pays hittite, avec parfois un peu de repos et des hivernages à Ancyre, la future Ankara. Mais on peut voir que ces courses de Karkémish aux montagnes du nord de l'Anatolie , où les Gasgas avaient leurs quartiers, d'où ils pillaient les villes de l'empire, représentaient non pas des guerres de conquête, comme ce fut le cas pour les Assyriens , mais des guerres défensives pour contenir des ennemis qui se levaient de tous les côtés des frontières. Et ce n'est qu'au prix d'une telle activité, d'un règne sans guère de repos, que Mursili maintint l'acquis de ses ancêtres. Outre ces guerres incessantes et l'administration du royaume, Mursili eut aussi à se défendre contre les intrigues de sa belle-mère, une Babylonienne qu'avait épousée son père, Suppîluliuma. L'histoire de ces démêlés entre le roi et la dernière épouse de son père, nommé par son titre de Tawannanna, est conservée dans une prière adressée par le roi aux dieux comme justification de son action. Le roi accuse sa belle-mère d'avoir tué sa femme à l'aide de formules magiques, d'avoir introduit des coutumes subversives et reçu de l'argent de certaines villes. Il la déposa de son office de "prêtresse-siwanzanni" et l'exila. Comme elle mourut bientôt en exil, Mursili se vit accusé de l'avoir aidée à quitter le monde des vivants. Ainsi voulut-il se justifier, pour le moins face aux dieux. On ne sait précisément en quoi consistait la fonction de "prêtresse-siwanzanni"; chaque sanctuaire local avait une telle prêtresse, ce qui ne semble pas représenter une haute position , mais il semblerait que, dans ce cas particulier, elle aurait été la prêtresse non pas d'un sanctuaire particulier, mais de tous les dieux en quelque sorte la grande prêtresse de tous les sanctuaires de l'empire . Le règne de Mursili se termina cependant dans le malheur, malgré ses victoires : une épidémie de peste ravagea le pays, dont il a peut-être été l'une des victimes.
NabonideRoi de Babylone (-556-539). Il n'appartenait pas à la famille royale, auprès de laquelle il a été introduit par sa mère Ada-Guppi, prêtresse (ou dévote ?) du temple de Sîn à Harran. On ne sait précisément ce qu'il était avant d'être porté sur le trône de Babylone, sans doute avec l'appui des grandes familles de banquiers et de négociants de la ville, à la suite de l'assassinat de Lâbâshi-Marduk. Bien que les inscriptions disent de son père qu'il était "gouverneur héroîque" (Sakkanaku qitrudu) et "prince parfait" (rubû gitmalû), sa famille était sans doute de modeste origine. Quoi qu'il ait été alors un homme d'âge mûr, il dut conduire à deux reprises des campagnes militaires jusqu'en Cilicie. Mais ce qui marque surtout son règne, c'est son désir de reconstruire les temples anciens en état de délabrement; à cette fin, il faisait rechercher les éléments d'architecture et les objets du culte dans les ruines, ce qui lui a valu un renom d'"antiquaire", ou d' "archéologue". Ainsi fit-il entreprendre des recherches en ce sens notamment à Akkad, Ur et Uruk. Fervent adorateur de Sîn, peut-être sous l'influence de sa mère, il favorisa le culte du dieu-lune d'Ur, Nannar, et établit sa fille Bêl-shalti-Nannar prêtresse du temple du dieu dans cette antique cité ; une fois que les Mèdes eurent évacué Harran, après la mort de leur dernier roi, Astyage, il fit reconstruire le temple de Sîn de cette ville. Sa dévotion au dieu lunaire et son détachement ostensible par rapport au culte de Marduk suscitèrent l'hostilité du clergé du dieu tutélaire de Babylone. Il est possible que, par mesure de représailles, il se soit décidé à quitter Babylone vers - 552 pour marcher à la tête d'une armée sur le nord de l'Arabie, où il enleva plusieurs villes qu'il inclut dans l'Empire Babylonien, jusqu'à Yathrib (Médine). Il se fixa ensuite à Teima, où il installa son administration. Il avait laissé à son fils Bêl-shar-utsur; le Belshazzar du livre biblique de Daniel, le gouvernement de Babylone. Le prince était en relations étroites avec les grandes familles babyloniennes (Nur-Sîn et Égibi), comme en témoigne un nombre important de lettres et de contrats à son nom. Belshazzar était déjà adulte lorsque son père avait été mis sur le trône, et l'on a pu émettre l'hypothèse qu'il fut l'instigateur du meurtre de Lâbâshi-Marduk. Nabonide séjourna une dizaine d'années à Teima, où il s'était fait construire un palais et avait agrandi et urbanisé l'oasis pour y établir une capitale. La domination des routes et des villes de l'Arabie septentrionale jusqu'au milieu du Hedjaz lui permettait de contrôler tout le trafic commercial des résines de l'Arabie du Sud, ce qui a aussi été une raison économique évoquée pour expliquer l'installation du roi dans cette oasis si éloignée de la métropole. En -542, il revint en Mésopotamie pour aller inaugurer le nouveau temple de Sîn à Harran. Nabonide revint ensuite s'installer à Babylone, où il semble avoir cherché à imposer le culte de Sîn comme divinité suprême de l'empire, ce qui lui aliéna définitivement le clergé de Marduk. Il semblerait, cependant, que son retour ait surtout été dicté pour des raisons politiques : Cyrus, après avoir renversé le roi des Mèdes et uni la Perse à la Médie, avait conduit des campagnes vers l'Asie occidentale, soumettant la Lydie, et paraissant ainsi s'être désintéressé de la Babylonie. Mais une fois rentré en Perse, plus puissant que jamais, il représentait une menace évidente pour Babylone. Ugburu (Gobryas), gouverneur du Gutium, province de l'Empire babylonien, avait fait défection et s'était rallié à Cyrus, qui marcha sur Babylone en -539. Les Perses battirent l'armée babylonienne à Opis et prirent Sippar. À Ugburu fut réservée la gloire de prendre Babylone par surprise. Belshazzar fut tué dans son palais et Nabonide capturé. Il semblerait que Cyrus se soit contenté d'installer le roi déchu en Carmanie, une lointaine province perse de l'Iran méridional.Images à ce sujet
NabopalassarRoi de Babylone (- 625 - 605), fondateur de la dynastie dite néo-babylonienne. (voir : Assyriens, Chaldéens).
NabuchodonosorRoi de Babylone (-605 - 562), deuxième du nom. Fils de Nabopalassar, fondateur de la dynastie dite chaldéenne, il se distingua avant même de monter sur le trône en remportant une victoire décisive sur l'armée égyptienne de Néchao Il sous les murs de Karkémish en - 605. Il était encore en campagne lorsqu'il apprit la mort de son père. Revenu à Babylone pour toucher la main de Marduk dans l'Esagil afin de recevoir du dieu le trône de Babylone, il en repartit bientôt pour diriger une campagne vers la Syrie. Entre - 601 et - 598, il ne cessera de guerroyer de la Syrie à l'Arabie pour chasser les Egyptiens de l'Asie et établir son autorité sur les rois vassaux. En - 597, il prend Jérusalem et place sur le trône de Juda, en tant que vassal, Sédécias, oncle du jeune roi vaincu Joiakîn, qui fut emmené à Babylone avec sa famille et les dignitaires de sa cour. Joiakîn étant traité en roi par son vainqueur, bien que captif, ses sujets qui l'accompagnaient continuèrent de dater les événements selon les années de règne de leur souverain, ignorant Sédécias. Ce fut, de la part de Nabuchodonozor, une grande habileté politique, car il divisait le monde juif en deux factions partisanes chacune de l'un des rois. Il se trouve que les nombreuses inscriptions laissées par le roi de Babylone concernent principalement son activité de bâtisseur qui fut considérable et incessante, au détriment de son action militaire et politique. Les sources essentielles quant à ses campagnes sans cesse renouvelées en Syrie et en Palestine résident dans les textes bibliques, de sorte que sa politique à l'égard du royaume de Juda prend une importance qu'elle n'avait certainement pas aux yeux ni des Babyloniens ni des autres royaumes de Syrie et de Phénicie. Ainsi, on ne peut douter que d'autres princes locaux n'aient été déportés et installés avec les leurs en Babylonie, mais on ne sait à peu près rien à leur propos. Car il est tout aussi évident que l'édit de Cyrus, qui permit aux populations déportées de rentrer dans leur pays d'origine, concernait non seulement les Juifs mais encore d'autres groupes ethniques non désignés; toutefois, il ne nous est pas parvenu de documents les évoquant. Pareillement, Si nous n'avons que peu d'éléments sur les révoltes des autres royaumes syro-phéniciens, les campagnes que Nabuchodonozor dut sans trêve conduire dans ces régions laissent supposer que celles-ci étaient en efferves­cence. Sédécias, homme faible, se laissa entraîner à participer à une coalition avec Ammon et la Phénicie, dirigée par les Égyptiens contre Babylone. La réaction fut immédiate: Nabuchodonozor repartit en campagne, vainquit les coalisés, mit le siège devant Tyr et prit Jérusalem, qui fut mise à sac ( - 586). Sédécias, capturé alors qu'il tentait de fuir, eut les yeux crevés et fut déporté avec une grande partie de la population de la capitale du royaume de Juda, qui fut intégré dans l'Empire néo-babylonien. Il restait cependant une partie de la population de Jérusalem et surtout les habitants des campagnes et des villages judéens. Parmi ceux-là, un groupe réussit à assassiner le gouverneur placé par les Babyloniens à la tête de la province et s'enfuit en Égypte. Il fallut encore une nouvelle déportation des irrédentistes, cinq ans plus tard, pour que le calme soit rétabli. La plupart des monuments de la Babylone néobabylonienne rendus au jour par les fouilles allemandes datent de l'époque de Nabuchodonozor qui, s'il ne les a pas construits, les a, pour le moins, restaurés. C'est à lui que sont dues les enceintes définitives, la construction de l'énorme bâtiment appelé "palais d'été" et surtout le palais sud, près de la porte d'Ishtar où il fit construire les célèbres jardins suspendus pour, a-t-on assuré, son épouse mède Amytis. Il mourut en - 562, laissant à son fils et successeur Awêl-Marduk ( - 561 - 560) un empire prospère et stable, qui s'étendait de la chaîne du Zagros à la Méditerranée, et à la postérité une ville couverte de monuments somptueux, qui est restée dans les mémoires comme le prototype des cités magnifiques et légendaires.Images à ce sujet
Naram-SînRoi d'Akkad (-2254 -2218). La graphie Naram-Suen, qu'on rencontre parfois, est la forme sumérienne de son nom akkadien. Il était le fils de Manishtusu et le petit-fils de Sargon. Comme pour Sargon, l'essentiel de nos connaissances sur ce personnage d'une importance capitale dans l'histoire de l'Orient ancien repose sur des textes tardifs, au moins d'époque paléobabylonienne, soit plus de quatre siècles après les événements; c'est le cas, en particulier, du récit littéraire de la Grande Rébellion, un soulèvement général de toutes les provinces, de la Syrie à l'Élam, au moment de son avènement: «Lorsque les Quatre Régions, ensemble, se soulevèrent contre moi, que Kish, Kutha, [w]urumu Kazallu, Giritab, Api(w)ak [...] Ibrat, Dilbat[...] Uruk et Sippar ensemble se soulevèrent contre moi" . Une grande partie de son règne s'est passée en guerres, mais il est impossible de situer celles-ci chronologiquement. Après avoir pacifié les villes d'Akkad et de Sumer révoltées (sont citées des villes connues comme Kish, Uruk, Sippar) et regroupées derrière Ipkhur-Kish qui s 'était emparé de la royauté à Kish et Amargirid, roi d'Uruk, Naram-Sîn fit victorieusement face aux rébellions du côté du couchant, en Syrie, et jusqu'en Anatolie , comme en témoignent des stèles de victoire trouvées à Diyarbakir et à Suleymanieh, dans l'est de la Turquie, ce qui corrobore le témoignage plus tardif d'une tablette d'argile : "Nergal ouvrit la route de Naram-Sîn le fort, et il lui donna Armanum et Ibla; il lui offrit aussi l'Amanus, la montagne des Cèdres et la mer Supérieure (la Méditerranée)." Selon les versions de la "Grande Rébellion" (trois paléobabyloniennes et une hittite), il aurait vaincu soit dix-sept, soit onze rois coalisés. La version paléobabylonienne du British Museum cite, parmi les rois qui se levèrent contre Naram-Sîn, ceux d'Élam, du Gutium mais aussi de Mélukhkha et d'Aratta, ce qui laisse penser que, dans sa marche vers l'est, il conquit l'Élam, où il plaça un gouverneur dans sa capitale, Suse, poussa ses expéditions jusqu'à Magan (l'Oman), où il vainquit son roi, Manium, et peut-être plus profondément encore dans le plateau iranien, presque jusqu'à la vallée de l'Indus. Une année, il aurait remporté neuf victoires successives sur ses ennemis. Selon ce qu'on peut conclure des textes dont nous disposons - qui, dans l'ensemble, remontent à des sources anciennes, bien que fortement magnifiées - Naram-Sîn s'est révélé un stratège et un tacticien exceptionnel, dont pour une grande part le règne s'est passé en campagnes militaires destinées à la sauvegarde des frontières de l'empire dont il avait hérité. Et, visiblement, de son vivant, son génie militaire a dû étonner ses contemporains tout autant que lui-même, car il a été le premier souverain mésopotamien à s'être divinisé de son vivant, sans doute vers la fin de sa vie. Ainsi, dans nombre d'inscriptions est figuré le déterminatif des noms divins devant son nom, d'où la traduction de Naram­Sîn, "le dieu" (d'Akkad). D'autre part, il a inauguré le titre qui sera ensuite souvent repris par les rois mésopotamiens, de "roi des Quatre Régions"(c.à.d. "du Monde"). Roi conquérant, il fut aussi roi bâtisseur. Outre le palais qu'il s'était fait construire à Brak, il reconstruisit l'é.babbar, temple de Shamash et d'Ayya à Sippar, l'é.kish.nug.àl, temple de Nanna-Suen à Ur, dont il fit sa fille, En-men-ana, la grande prêtresse, celui d'Ishtar à Zabalam, celui d'Inanna à Adab; à Akkad, il aurait bâti un temple de Sîn et un autre pour lui-même. Selon une inscription de Nabonide, il aurait achevé la construction de l'é.ul.mas, temple d'Ishtar à Akkad. Il aurait encore restauré l'é.kur le temple d'Enlil àNippur, entreprise terminée par son fils shar-kali-sharri, tandis que son autre fils, Lipit-ilî, érigea pour lui le temple de Ninurta à Marad, ville dont il était le gouverneur. Néanmoins, Naram-Sîn aurait encouru la colère d'Enlil pour avoir mis à sac Nippur et l'é.kur, ce même temple d'Enlil qu'il restaura. Et ce serait ce sacrilège qui aurait, par la suite causé tous les malheurs d'Akkad et sa ruine finale, si l'on en croit le texte de la "Malédiction d'Akkad". ICONOGRAPHIE : Malgré l'importance et la longueur de son règne, il ne nous est parvenu que peu de représentations de Naram-Sîn. Son passage dans le défilé de Darband i-Gawr en Iran, au nord du Kara-Dag, lors d'une expédition contre les Lulubi, est commémoré par une stèle sculptée dans la roche figurant son triomphe sur ses ennemis. Le musée d'Istanbul possède un fragment de stèle en basalte de 55 cm de haut, provenant de Pir-Hussein (Kurdistan turc), où l'on voit le roi de profil, tourné vers la gauche, coiffé de la tiare conique, vêtu d'une tunique laissant nue son épaule droite. Sa barbe, soigneusement frisée, coupée en triangle, lui couvre la plus grande partie du visage. Cependant, le chef-d'oeuvre de l'art de cette époque est la stèle de grès rose, trouvée à Suse mais érigée à Sippar (musée du Louvre), où l'on voit le roi, coiffé d'un casque pourvu de deux cornes, qui marche vers une montagne en forme de cône, surmontée par des symboles divins ("roue" de Shamash en forme d'étoile pourvue d'une quinzaine de branches). Derrière lui et dans un registre inférieur suivent trois porteurs d'étendard, et dans le registre le plus bas marchent des guerriers Akkadiens. Face à eux se trouvent les ennemis vaincus, l'un pendu par les pieds, un autre empalé par les reins, un autre, agenouillé, le torse rejeté en arrière, souffle dans une longue trompette. Dans le fond, sur trois registres, trois personnages en prière. Tous ces personnages harmonieusement répartis sur cette stèle de 2 m de hauteur sur une largeur maximale de 1,05 m, donnent un sentiment de grouillement de vie tout en exaltant la gloire du roi conquérant, qui semble monter vers les cieux où résident les dieux. (voir aussi : Kutha, légende du roi de ). Images à ce sujet
Nergal et ÉreshkigalLe mythe nous est connu par deux versions. L'une retrouvée dans les textes d'Amarna, remonte, semble-t-il, à l'époque paléobabylonienne. C'est une version de moins de 90 lignes, contrairement à la version longue, qui, complète, devait comprendre environ 400 lignes. Cette dernière est connue par deux manuscrits dont le plus complet provient de Sultantépé et date du 1er millénaire. Son dessein est d'expliquer la raison pour laquelle un dieu céleste est devenu la grande divinité de l'enfer. Dans l'intention de festoyer, les dieux envoient un messager à Éreshkigal pour lui rappeler qu'eux-mêmes ne peuvent descendre chez elle, mais qu'elle est invitée à leur table et que, Si elle ne peut se déplacer, elle délègue un messager pour participer à la fête en son nom. Elle délègue donc Namtar, son page. Comme il est le représentant de la déesse, lorsqu'il paraît dans la salle du banquet les dieux s'empressent de le saluer, sauf un, Nergal. Namtar s'en retourne auprès de sa maîtresse pour se plaindre de l'affront. Furieuse, Ereshkigal lui ordonne de revenit auprès des dieux afin de chercher l'insolent et de le ramener devant elle pour qu'elle le mette à mort. Comme Nergal était effrayé des conséquences de son acte, il avait pris conseil auprès d'Éa, qui lui avait suggéré de se raser la tête. Ce qu'il avait, fait, de sorte que le naïf Namtar n'avait pas reconnu en lui le dieu insolent. Éteshkigal ayant dit àson serviteur qu'il reviendrait chaque mois dans le ciel chercher le dieu qui lui avait manqué de respect, Nergal vint pleurer devant son père, Éa, qui lui enjoignit de se rendre en enfer auprès de la déesse, et, afin qu'elle ne puisse le tuer, il lui donna quatorze gardes dont, pour onze d'entre eux, voici les noms (traduits par Jean Bottéro) Foudroyeur, Sbire, Espion, Pourchas (?) Asthme (?), Haut-Mal, Vertige, Attaque, Somnambulisme, Fièvre et Infection. Ainsi armé, Nergal se rendit dans les Enfers, plaçant un de ses gardes à chaque porte en leur ordonnant de les maintenir ouvertes. Finalement, le peureux Nergal, qui pleurait de crainte, saisit par la chevelute la déesse si redoutable afin de lui couper la tête. Terrorisée, elle supplia en pleurant de lui laisser la vie : "Sois mon époux et je serai ta femme! Je te mettrai en possession de la royauté sur l'Enfer! Je te délivrerai la Tablette-du-Savoir! Tu seras le seigneur, moi la dame!" Le tendre Nergal se laissa fléchir, la prit dans ses bras, essuya ses larmes et devint ainsi le seigneur de l'Enfer.
Philon de ByblosHistorien d'origine phénicienne écrivant en grec. Né sous le règne de Néron (54-68 apr. J.-C.), il mourut après Hadrien (117-138), sur le règne de qui il a rédigé un essai. Il écrivit plusieurs ouvrages dont il ne subsiste que quelques titres. Le seul livre dont il nous a été conservé de nombreux fragments (en particulier par Lusèbe de Césarée dans sa Préparation évangélique) est son Histoire phénicienne, qui est resté la principale source de la connaissance de la Phénicie avant que soient entreprises des fouilles archéologiques au Levant (en particulier celles d'Ugarit, dont les textes diffèrent profondément de la tradition conservée par Philon). L'ouvrage de cet ardent nationaliste paraît d'abord destiné à montrer la prééminence des Phéniciens sur tous les autres peuples. Ses sources seraient "Thautos", lequel n'est autre que le dieu Thot égyptien, et Sanchuniathon de Béryte (Beyrouth). Ce dernier aurait vécu à l'époque de la guerre de Troie (XIIIè- XIIè s.) et, selon Porphyre, il aurait écrit une Histoire phénicienne en phénicien que Philon aurait traduite en grec, ce que confirme Eusèbe. Les fragments conservés commencent par une cosmogonie suivie par l'histoire de Kronos (le Temps) et d'Ouranos (le Ciel), qui rappelle la Théogonie d'Hésiode. Le reste consiste en fragments sur les sacrifices humains, les serpents, etc. Les textes conservés sont marqués par la volonté de l'auteur de donner une explication ratiohnelle aux mythes rapportés, ce qui l'a fait classer parmi les évhéméristes, s'opposant à ceux qui prétendaient expliquer la mythologie d'une manière symbolique ou allégorique. Ce qui permet aussi d'inférer que Philon, s'il a utilisé des sources anciennes, les a accommodées au goût des Grecs et des Romains de son époque, en quête d'explications rationnelles du monde.
PuabiReine (?)d'Ur vers -2600, connue par une inscription sur un cylindre en lapis-lazuli, sur lequel est gravée une scène de banquet sur deux registres où l'on voit deux personnages assis face à face et, entre eux, deux serviteurs. On a proposé deux lectures de son nom, lu jadis shubad, et de la très courte inscription: une lecture sumérienne, Sud-ad nin (nin, traduit par "dame", peut désigner une reine ou, encore, une grande prêtresse), et une lecture akkadienne pu-abi nin , traduit par M. Lambert "prière du père", et par Solîberger et Kupper "la parole de mon père [est]" ou "la parole [divine] est mon père". C'est le seul "document" que nous possédions au sujet de Puabi. En revanche, elle a occupé l'une des plus riches tombes de la nécropole d'Ur (tombe -800). Dans le dromos (galerie d'accès) se trouvaient le char-traîneau et les deux ânes qui l'avaient tiré, char sur lequel le cadavre avait été porté en terre avec tout un personnel sacrifié : palefreniers, 5 soldats, une dizaine de femmes sans doute des dames de sa suite, dont une harpiste. Le squelette de Puabi se trouvait dans un cercueil, à l'intérieur de la chambre funéraire, entourée d'un mobilier d'une richesse prodigieuse: parures de tête de la défunte en or, cornaline et lapis-lazuli; bijoux (pendants d'oreilles, anneaux, colliers) en or, vaisselle d'or, d'argent et de pierres rares, table de jeu, harpe ornée d'une tête de taureau en or, parures des dames... plus de 270 objets précieux, outre un coffre à vêtements retrouvé dans le puits funéraire qui avait servi à des pilleurs de tombes à pénétrer dans le caveau voisin, celui du roi . Selon l'inventeur, Leonard Woolley, les pilleurs, contemporains de la défunte seraient les ouvriers qui avaient travaillé à l'aménagement de la tombe, ce qui explique qu'ils n'aient pas violé celle-ci. On se pose la question de savoir qui était cette Puabi, pour avoir eu de telles funérailles accompagnées de ces sacrifices des personnes ensevelies avec elle, sans doute après avoir bu des poisons lents, car on n'a remarqué aucune trace de violence. Était-elle l'épouse d'un roi? Une reine qui a régné seule ? Une grande prêtresse ? L'absence de tout document écrit autre que le sceau-cylindre ne permet pas d'avoir une quelconque certitude.Images à ce sujet
PuduhepaReine hittite, épouse d'Hattusili III. C'est la reine du POA sur qui nous possédons la plus importante documentation. Son nom, écrit en cunéiformes syllabiques fPu-du-he/hi-pa et en cunéiforme alphabé­tique d'Ugarit Pdgb, lu Pudugiba(t), est un théophore hurrite fondé sur le nom de la déesse Hépat, dont l'élément prédicatif "pudu" revêt un sens que nous ignorons. Elle est née aux environs de -1300, soit à Lawazantiya, soit à Kummani (Comana de l'époque grecque), dans le Kizzuwatna. Son père, Bentipsharri, était prêtre de la déesse Ishtar à Lawazantiya. Il est possible que la ville ait été la capitale du Kizzuwatna et que Bentipsharri ait été le seigneur de cette ville. C'est là que Puduhepa rencontra Hattusili (futur Hattusili III), frère de Muwatalli, alors roi des Hittites, lors de son passage dans cette ville à la suite de la bataille de Qadesh contre les Égyptiens de Ramsès Il. Amour soudain ou intérêt politique, le prince hittite rencontra la jeune fille, qui devait avoir au plus une quinzaine d'années, et bientôt fut célébré leur mariage, "oeuvre de la divinité". Peu après, Hattusili était nommé par son frère Muwatalli roi de Khapish (Hapis), de sorte que la jeune épousée reçut le titre de reine. Lorsque, à la suite du "coup d'État" qui va le porter au pouvoir, Hattusili devint le Grand Roi des Hittites, installé à Hattusa, Puduhepa reçut une titulature semblable à celle de son époux. On connait l'importance des reines en pays hittite, mais il semble que la situation de Puduhepa ait été exceptionnelle : elle appose son sceau sur tous les documents officiels, à côté de celui d'Hattusili, y compris sur le célèbre traité de paix entre les Hittites et Ramsès Il; on ne connaît qu'un seul document signé de ce roi qui ne porte pas la signature de la reine. Et lorsque la chancellerie égyptienne écrit à Hattusili, une lettre identique est adressée à la reine. Le couple royal eut plusieurs enfants: Tudhaliya (IV), l'aîné, successeur d'Hattusili, Nerikkaili, fils cadet marié à une fille du roi d'Amurru, Benteshin une fille qui épousa ce dernier souverain; une cadette donnée pour épouse à Ramsès Il et seulement connue de son nom égyptien, Maât­Hor-néférou-Rê. Après la mort du roi, bien que son fils aîné soit monté sur le trône, Puduhepa continua d'exercer le pouvoir comme semblent le prouver un document d'Ugarit qui ne porte que le sceau de la reine et une lettre écrite par elle en ugaritique et adressée à Niqmadu d'Ugarit. Il semble que Puduhepa ait vécu longtemps, plus de 80 ans. Sans doute lettrée, elle est l'auteur de prières et de lettres qui sont parvenues jusqu'à nous. Les plus célèbres de ces documents sont une prière à la déesse-soleil d'Arinna et sa prière à la déesse Lelwani, au cours de laquelle elle formule un voeu pour la santé de son époux et dont on possède plusieurs versions différentes plus ou moins incomplètes : «Paroles de Puduhepa, grande reine, reine du pays hittite, fille de Kummani ; à Lelwani, ma Dame, en faveur de la santé de la personne de "Mon Soleil", j'ai fait ce voeu: ô déesse, ma Dame, si par de longues années tu gardes "Mon Soleil" en vie et en santé, devant toi, déesse, au cours de ces années il se rendra; et à toi, déesse, annuellement... des années d'argent et des années d'or, des mois d'argent et d'or, des jours d'argent et d'or, des bols d'argent et d'or, une effigie en or de "Mon Soleil", de Hattusili". Il nous reste aussi d'elle une représentation sur le relief très estompé de Fraktin, où elle fait une libation à la déesse Hépat tandis que son époux la fait au dieu de l'Orage.
RimushRoi d'Akkad (-2278-2270), fils et successeur de Sargon. Il se trouvait aux côtés de son père lorsque, à la suite d'une rébellion, ce dernier fut assiégé dans sa propre capitale d'Akkad. C'est peut-être la raison pour laquelle il succéda au trône au détriment de son frère Manishtusu, qui paraît avoir été son aîné (ou peut-être son jumeau). Les premières années de son règne furent occupées à réprimer des révoltes qui éclatèrent à la mort de Sargon. Selon des omens, les principaux rebelles auraient été les "aînés du pays". Les inscriptions concernant Rimush, d'époque paléobabylonienne mais reprises sans doute de textes plus anciens, rapportent la répression de révoltes de villes du Sumer: d'abord Ur, dont il captura le roi, Kaku, ce qui implique que la ville avait recouvré son indépendance pendant suffisamment de temps pour se donner un roi; puis il poursuivit jusqu'à la mer Inférieure (le golfe Persique) sa campagne, au cours de laquelle il fit 5700 prisonniers qu'il concentra dans un camp. Selon une autre inscription, dans la guerre qu'il mena contre Ur et Umma, il tua 8 040 hommes. Les autres villes nommées contre lesquelles il eut àcombattre sont, en Sumer, Lagash, Girsu, Adab, Zabalam, et, en Akkad, Kazallu. La troisième année de son règne, il conduisit une meurtrière campagne en Élam, d'où il rapporta un important butin: "Rimus, le roi de Kis, défit dans une bataille Abalgamas, le roi de Barahsi, ensuite, Zabra et l'Elam se réunirent à l'intérieur de Barahsi pour engager le combat, mais il triompha et il tua 16 212 hommes, il captura 4 216 prisonniers.... Il vainquit aussi les villes d'Elam et il détruisit leurs remparts et [il extirpa du pays d'Élam] la racine de Barahsi : [ainsi il] domina l'Êlam, Enlil lui montrant [la voie] dans la troisième année, où Enlil lui donna la royauté. Au total: 9 624 hommes, y compris les tués, y compris les prisonniers. Par Shamash et Aba, je jure que ce ne sont pas des mensonges : c'est absolument vrai" . Parmi les alliés des Elamites, on trouve ensuite les gens de Mélukhkha et de Gupin. Ce dernier territoire mentionné aussi dans les textes de Gudéaà propos d'un bois qu'on y trouve, semble se trouver sur la côte nord du golfe Persique. Ainsi, il semblerait que Rimush ait poussé son incursion jusque dans l'actuel Kermân (la Carmanie des géographes grecs). Au nord, la domination de Rimush a dû s'étendre au moins jusqu'à Brak, où ont été retrouvés des fragments d'inscriptions le concernant. Son règne ne dura que 9 années, car, semble-t-il, il fut assassiné. Il est possible que son frère Manishtusu, qui lui succéda, ait trempé dans le complot. ICONOGRAPHIE : Le Louvre possède une partie de stèle trouvée à Tellô où, sur le registre le plus lisible, on voit, en bas relief, un archer bandant son arme au-dessus d'un homme couché, et, devant lui, un fantassin brandissant une massue (?) et tenant par la barbe un ennemi. Les deux soldats Akkadiens sont vêtus d'une robe serrée à la taille par une ceinture et portent un casque pointu sans doute en feutre tandis que les deux vaincus sont entièrement nus . Images à ce sujet
Samsî-Adduvoir shamshi-Adad.
Samsu-IlunaRoi de Babylone (- 1749 -1712). Fils et successeur d'Hammurabi, il hérita d'un royaume puissant mais menacé sur ses frontières. La neuvième année de son règne, il dut repousser les Kassites à l'est, première manifestation d'un peuple qui devait mettre un terme à la dynastie amorrite. L'année suivante, il dut combattre les armées d'Idamaraz, Iamutbal, Uruk et Isin. Ces attaques le conduisirent à fortifier Kish. La révolte d'Iamutbal était dirigée par un certain Rim-Sîn qui s'était institué roi de Larsa. Vaincu, Rim-Sîn mourut dans son palais (14è année du règne de Samsu-Iluna). Cependant, les révoltes vont se poursuivre tout au long de son règne, qu'il devra sans cesse réprimer : Eshnunna, face à laquelle il édifia la forteresse de Dûr-Samsu-Iluna (act. Khafajeh) pour contrôler le territoire ; Iluma-ilum, qui établit sa dynastie sur le Pays de la Mer; au nord vers le Khabur où il dût construire une place forte à Sagaratim. Malgré les difficultés intérieures et extérieures de son règne, les inscriptions nous font connaître son activité de bâtisseur, qui ne fut pas uniquement centrée sur des fortifications. Ainsi reconstruisit-il le temple de Shamash (é-babbar) à Sippar avec sa ziggurat ; il refit creuser le canal appelé Durul et Taban, fit sculpter de nombreuses statues. Le royaume continua de connaître une grande activité commerciale et administrative, comme en témoignent les nombreuses tablettes concernant son règne .
Sargon d AkkadFondateur (-2334 -2279) de la dynastie d'Akkad et de la ville de ce nom. VIE DU ROI : On ne possède qu'un monument contemporain de Sargon, une stèle triomphale retrouvée à Suse. Nous ignorons même son vrai nom, car sharrukenu (ou sharrukin) est un surnom qui signifie roi légitime . La Légende de Sargon est relatée dans des textes des époques néo-assyrienne et néo-babylonienne, soit près de quinze siècles après les événements."Je suis Sargon, le roi puissant, le roi d'Akkad. Ma mère était une grande prêtresse. Mon père, je ne le connais pas. Les frères de mon père campent dans la montagne. Ma ville [natale] est Azupiranu, qui est située sur les bords de l'Euphrate.[...] Ma mère, la grande prêtresse, me conçut et me mit au monde en secret. Elle me déposa dans une corbeille de jonc dont elle ferma l'ouverture avec du bitume. Elle me jeta dans le fleuve sans que j'en puisse sortir. Le fleuve me porta; il m'emporta jusque chez Aqqi, le puiseur d'eau... [...]m'adopta comme son fils et m'éleva...[il] me mit à son métier de jardinier. Alors que j'étais ainsi jardinier, la déesse Ishtar se prit d'amour pour moi, et c'est ainsi que pendant [cinquante]-six ans, j'ai exercé la royauté" .On peut accepter le témoignage de certains textes qui nous apprennent que Sargon a été l'échanson du roi de Kish, Ur-zababa. S'est-il ensuite révolté contre ce roi et a-t-il quitté Kish pour fonder Akkad, ou, au contraire, a-t-il été choisi par ce roi comme son héritier et a-t-il dû fuir et fonder Akkad parce que Lugal­zagési, roi d'Umma et d'Uruk, et fédérateur des cités sumériennes, avait conquis Kish et mis à mort Ur-zababa ? Dans ce cas, la guerre audacieuse qu'il va mener contre Uruk pourrait être le fait non d'une bravade qui l'aurait conduit à s'attaquer au maître du premier Empire sumérien, mais, plutôt, d'une vengeance. Toujours est-il que ce long règne fut consacré à fonder le premier empire historique de l'Asie antérieure. Mais jusqu'où s'étendait-il ? On serait bien en peine de le déterminer avec certitude. Si l'on en croit les diverses légendes concernant Sargon, il aurait trempé ses armes dans le golfe Arabique, où il aurait conquis l'île de Dilmun et aurait soumis l'Élam, ce qui n'a rien d'invraisemblable. Vers l'ouest, Si l'on en croît l'épopée du "Roi du combat" il se serait "élancé vers les Montagnes claires (Liban?) et la forêt de Cèdres" (Amanus ?). Sous prétexte de défendre des marchands sémites opprimés par leur sukallu, il s'empara du pays d'Ibla (Cappadoce ?), où se trouvait Purushkhanda, ville du dieu Dagan. Vers la fin de son règne, il dut faire face à des révoltes qui le forcèrent à soutenir un siège dans sa propre capitale d'Akkad. Il réussit à vaincre les rebelles qu'il poursuivit jusqu'au Subarru, secondé par son fils Rimush. Nous connaissons le nom de sa femme, Ashlutum et celui de sa fille, En-hedu-ana "vraie femme de Nanna [...] dans le temple d'Inanna à Ur" . TEXTES RELATIFS À SARGON : - 2 tablettes d'argile bilingues (akk. et sum.) datant de la Ire dynastie de Babylone : " Sargon [...] vainquit la ville d'Uruk et détruisit son rempart. Il défit Uruk dans une bataille et fit prisonnier Lugalzagési, le roi d'Uruk, au cours de la bataille il l'amena dans un carcan à la porte d'Enlil. Sargon, le roi de Kish, gagna 34 batailles il détruisit les remparts jusqu'au bord de la mer. Il amarra au quai d'Akkad les bateaux de Méluhha, les bateaux de Magan [et] les bateaux de Tilmun.» Légende de Sargon : Citée plus haut. La Légende Sumérienne de Sargon : Sargon, échanson d'Ur-zababa, est visité en rêve par Inanna dans le temple d'Ézinu. Il y a vu le roi de Kish dans un flot de sang. Il le lui rapporte, ce qui effraie le roi, qui écrit à Lugalzagési. La fin de la tablette manque, mais son intérêt réside dans un long dialogue entre Sargon et Ur-zababa. Sargon et Lugalzagési : Fragment en sumérien par lequel on apprend le nom du père de Sargon, Laipum. Il y est aussi dit qu'il fit d'une femme de Lugalzagési sa concubine et qu'il marcha contre ce demier, comme si la cause du conflit était, précisément, cette femme. Sargon preneur de ville : Texte d'une tablette du Louvre où est rapportée la destruction d'une ville du pays d'Utanapishtim par "la horde" (?) d'Akkad. Elle est attribuée à l'époque de la 1ère dynastie de Babylone, bien qu'il y soit mentionné des "hommes de fer" Le Roi du combat (ou de la bataille : sar tamhSrim) : Constitué par plusieurs fragments, de la période de la 1ère dynastie babylonienne, ce texte rapporte l'expédition du roi vers la forêt des Cèdres et sa campagne contre le seigneur de Purushkhanda. On en possède plusieurs versions avec des variantes en ce qui concerne quelques détails. Chronique de Sargon : Tablette du BM de l'époque néobabylonienne. «Sargon, roi d'Akkad, s'éleva au pouvoir durant l'ère d'Ishtar et il n'eut ni rivaux ni opposants [...] Il traversa la mer du Levant et il conquit les contrées du Couchant... " C'est cette chronique qui nous apprend que dans sa vieillesse, Sargon dut subir un siège dans Akkad. Trait amusant : selon la chronique, il aurait construit près d'Akkad une réplique de Babylone, ce qui aurait provoqué la colère de Marduk. Or, ni Babylone ni son dieu, Marduk, n'existaient à l'époque de Sargon. ICONOGRAPHIE. Une très belle tête en bronze provenant de Ninive (Kuyunjik) et exposée au musée de Bagdad, semble être un portrait de Sargon. Sa stèle en diorite retrouvée (à l'état fragmentaire, en plusieurs morceaux) à Suse (musée du Louvre) est sculptée de bas-reliefs où les personnages sont représentés dans la grande tradition sumérienne. On y voit, en particulier, un soldat akkadien vêtu d'une robe qui tient sur son épaule droite une courte épée et qui empoigne de l'autre main un captif entièrement nu, les poignets liés par une corde dans le dos; dans une autre zone en partie effacée sont représentés des prisonniers jetés au sol, assis ou agenouillés, scène qu'on a pu interpréter comme un massacre, tandis que dans le registre inférieur les corps des morts sont abandonnés à des charognards, peut-être des vautours ou des sortes de gypaètes.
Sargon IIRoi d'Assyrie(- 721 -705). . Il était fils de Tiglatphalazar III (- 744 - 727) et frère, ou demi-frère, de Salmanazar V (-726 - 722). Après ce qu'on a pu appeler une éclipse depuis le règne d'Adad-nîrâri III, Tiglatphalazar III avait renoué avec une politique d'expansion qui avait rendu à l'Assyrie une partie de la puissance qu'elle avait acquise, en particulier sous le règne d'Assurnasirpal II. Sargon hérita de cet état de fait et il consolida ces conquêtes en les étendant, s'imposant comme le nouveau fondateur de l'Empire assyrien. On ne sait que peu de chose de son prédécesseur, Salmanazar V qui ne régna que peu de temps. C'est cependant lui qui mit le siège devant Samarie, capitale du royaume d'Israèl, dont la gloire de la chute revint finalement à Sargon. On ne sait réellement ni comment est mort Salmanazar ni comment Sargon a pris le pouvoir. Il est possible que ce soit à la suite d'un coup de force lors de la mort de son frère, peut-être victime d'un attentat. C'est cette usurpation du trône qui aurait été en partie la cause des troubles internes qui secouèrent les débuts de son règne, troubles dont profitèrent, le roi de Hamat Ilu-bi'di, àl'ouest, pour constituer, sous l'égide des Égyptiens, une coalition contre l'Assyrie, et, au sud, Mérodoch-Baladan pour se faire couronner à Babylone. A l'intérieur du royaume, les habitants s'étant révoltés, Sargon Il dut composer avec eux et les libérer par décret des taxes et corvées auxquelles les avait astreints Salmanazar V selon ce qu'a assuré le roi. Sargon Il réagit avec cette énergie et cette promptitude qui caractérisent les grands souverains Assyriens. Il vainquit le roi de Hamat, déporta les familles de Samarie, laquelle fut repeuplée par des Arabes (?) et des Mésopotamiens, rétablit l'ordre à l'intérieur du royaume. Ses annales révèlent que chaque année au cours des treize premières années de son règne de 16 ans, il dirigEa des campagnes militaires : an 1, campagne contre Israèl et raid en Babylonie (où il a essuyé un échec) ; an 2, contre Hamat et les Syriens révoltés ; an 3, contre les Manéens, dont il dévaste, détruit, brûle les villes ; an 4, contre Kiakki, roi de shinuhtu an 5 contre Karkémish; an 6 première campagne contre l'Urartu ; an 7, deuxième campagne contre le roi Rusa d'Urartu ; an 8, troisième campagne contre l'Urartu (cette huitième campagne est connue dans les détails par une longue lettre sur une tablette du Louvre, datée de -714; an 9, contre les Mèdes et les gens des montagnes du haut Euphrate; an 10, contre Tarhunazi de Melid; an 11, contre les rebelles dans le Gurgum et à Ashdod; an 12, contre Marduk-apal-îddina (Mérodoch-baladan) à Babylone; an 13, campagne pour soumettre les tribus araméennes installées en Babylonie, au cours de laquelle il reprend la ville abandonnée par son souverain, qui se réfugie dans les marais du Bit Yakin (voir Chaldée) ; Babylone reconquise, il s'y fait couronner (il touche la main de Bêl-Marduk) pour rétablir la double monarchie d'Assur et de Babylone à son profit. Ces campagnes sans cesse renouvelées, qui vont établir un puissant empire, n'empêchent pas Sargon d'avoir une activité de bâtisseur. Il abandonna les anciennes capitales pour se faire édifier une grande ville fortifiée qui prit son nom : Dur-sharrukin. L'énormité de cette ville construite en une dizaine d'années révèle la puissance économique du souverain qui en a été l'instigateur. Les archives assyriennes ont rendu environ 1 300 lettres de la chancellerie royale envoyées ou reçues de toutes les provinces de l'empire, qui nous font connaître de nombreux détails de la politique royale. La dernière campagne que Sargon conduisit en -705 contre Tabal lui fut fatale. La Chonique éponymique relate l'événement d'une manière laconique : "Pendant l'éponymie de Naskhur-Bêl, gouverneur d'Amédi, le roi [marcha sur Tabal (?)] face à Gurfi, le Kulumméen, [...]le roi fut tué; le camp du roi d'Assyrie fut pris [...] Au mois d'Ab, le 12e jour, Sennachérib [s'assit] sur [le trône]" Images à ce sujet
SargonidesOn donne parfois ce nom à la dynastie des rois d'Assyrie descendant de Sargon II : Sennachérîb, Assarhaddon, Assur-banipal.
SennachéribRoi d'Assyrie (- 704 -681), de son nom assyrien Sîn-ahhê-erîba = "Sîn a compensé les frères (morts)". Si l'on en juge à son nom, il eut plusieurs frères aînés morts en bas âge. Il fut élevé comme un prince héritier et reçut dans sa jeunesse des charges administratives. Dès que son père, Sargon Il, fut tué, lors de sa malheureuse campagne contre Tubal, il monta sur le trône et, aussitôt, dut fait face à des révoltes, comme ce fut si souvent le cas lors des successions royales en Assyrie. Sous l'impulsion des Egyptiens, les rois de Sidon, d'Ascalon et de Juda se liguèrent contre les Assyriens tandis que dans le Sud, Mérodach-Baladan, qui s'était enfui vers l'Élam devant l'avance de Sargon, revenait s'installer à Babylone. Aussitôt (campagne de la 1re année de règne), Sennachérib marcha contre Babylone, reprit la ville tandis que Mérodach-Baladan s'enfuyait vers les marais, et installa un gouverneur d'origine babylonienne, Bêl-ibni. Croyant avoir pacifié le Sud, l'année suivante il fît une longue campagne dans les régions à l'est du Tigre pour soumettre les tribus révoltées. La troisième campagne fut consacrée à l'Ouest. Son tartan (turtânu = général) vainquit le roi de Sidon, qui s'enfuit à Chypre, mit le siège devant Lakish, qui fut bientôt enlevée. Après de nombreuses palabres sous les murs de Jérusalem, rapportées par le livre biblique des Rois (Il Rois 18 :13-19 :34, et Il Chron 32 :1), le roi de Juda Ezéchias livra un énorme tribut mais sauva ainsi sa ville. Cinq campagnes furent ensuite conduites contre l'Elam et les régions du sud du Tigre, où l'état de révolte était permanent. L'armée assyrienne pourchassa les rebelles dans les marais, mit au pillage les villes de l'Élam. En -691, les Assyriens subirent vîsiblement un revers lors d'une bataille contre les Elamites à Hallulê et, Babylone s'étant encore une fois révolté, en -689 Sennachérib fit ce que ses prédécesseurs sur le trône d'Assur n' avaient jamais osé faire par respect d'une cité aussi vénérable, il détruisit la ville. La rébellion ayant été temporairement matée dans cette partie de l'empire, le roi fit une incursion chez les Arabes pour y prélever des dromadaires et marcha contre l'Egypte. Mais l'armée assyrienne fut arrêtée à Péluse, à la porte du delta, par une épidémie, sans doute de peste, provoquée par une invasion de rats. "Au mois de Tebet, le 20e jour (janvier), au cours d'une insurrection, le fils de Sennachérib, roi d'Assyrie, tua son père. Sennachérîb régna [24] ans sur l'Assyrie. En Assyrie, l'insurrection dura du mois de Tebet, le 20e jour, au mois d'Addar (février), le 2» jour. Au mois d'Addar, le [2]8eme» jour (mars), Assarhaddon, son fils, s'assit sur le trône d'Assyrie " . Comme Sargon avait construit Dur­sharrukin pour en faire sa capitale, Sennachérib abandonna cette dernière pour s'installer à Ninive, dont il est, en quelque sorte, le nouveau fondateur. Il y entreprit des travaux gigantesques qui feront de cette ville l'un des joyaux du monde oriental. Le roi s'est fait représenter dans un grand relief sculpté dans le roc dominant le Gommel . Dans cette même région, au nord de Ninive, à Bavian et à Maltai, il a laissé des reliefs rupestres dont, à Maltai, un défilé des grands dieux debout sur leurs animaux symboliques . Dans le palais de Ninive se trouvait la série des reliefs du siège de Lakish (au BM), dans lesquels il s'est fait représenter assis sur un haut trône, sur une colline où les vaincus viennent lui rendre hommage .
SéleucidesDynastie macédonienne qui régna sur la Syrie et une partie de la Mésopotamie et de l'Iran à partir de -305. Elle fut fondée par Séleucus Nikator (vers -358 - 280), qui reçut la plus grande partie de l'Orient asiatique de l'empire d'Alexandre le Grand et se fit couronner roi en -305. Le grec devint alors la langue de l'administration et celle de l'élite cultivée en Syrie, en Palestine, en Mésopotamie. La Mésopotamie fut enlevée aux Séleucides par les Parthes en -141.
SémiramisReine mythique de Babylone selon Hérodote ou d'Assyrie selon Diodore de Sicile . C'est ce dernier qui nous a conservé l'ensemble de la légende. Il fait de Sémiramis la fille de la déesse Dercéto, qui l'aurait mise au monde près d'Ascalon, en Phénicie. Le bébé aurait été nourri par des colombes avant d'être recueilli par un berger. Devenue une jeune fille d'une extrême beauté Sémiramis fut remarquée par Onnès (conseiller du roi d'Assyrie Ninus), qui en fit son épouse. Au cours d'une expédition en Bactriane, Sémiramis se distingua auprès du roi Ninus en prodiguant de judicieux conseils et en prenant la tête d'une troupe, grâce à quoi la ville qu'assiégeaient en vain les Assyriens fut enlevée. Ninus s'éprit d'elle, demanda à Onnès de la lui céder et l'épousa. À la mort de Ninus, qui survint bientôt, Sémiramis prit le pouvoir au nom de son fils Ninyas, fonda Babylone et partit à la conquête des pays alentour, fondant un empire qui s'étendait de l'Egypte à l'Inde et recouvrait à peu près exactement l'Empire achéménide. Vaincue finalement par un roi indien, elle rentra à Ninive. Son fils Ninyas ayant conspiré contre elle, au lieu de le punir elle lui remit l'empire et disparut, changée en colombe selon certains mythographes. On a proposé de chercher son modèle dans une dame du palais (terme assyrien pour désigner la reine) appelée Sammuramat, connue par une inscription sur une stèle et une autre sur une statue de Nabu. Sammuramat fut l'épouse de shamshi-Adad V ( - 823 - 811) et la mère d'Adad­nârâri III ( - 810 - 783). Ce dernier étant mineur à la mort de son père, elle exerça la régence pendant cinq ans.
shamshi-Adad(nom aussi transcrit Samsi-Addu). Cinq rois Assyriens ont porté ce nom. Le seul qui ait eu une action importante est le premier du nom. shamshi-Adad 1er ( - 1807 - 1776) était fils d'un obscur prince d'un clan benjaminite, Ilâ-Kabkabû (ou Igur-Kabkabu sur une brique d'Assur). Il résida un moment à Babylone, nous apprend la Liste royale assyrienne, au temps de Naram-Sin (il s'agit du roi d'Assyrîe). On ne sait précisément comment il s'empara de la forteresse d'Ekallâtum, qui commandait une région à l'est du Tigre. Il y conforta sa puissance pendant trois ans, puis il marcha sur Assur et s'empara du trône d'Erishum. Cependant, il établit le centre de son administration à shubat-Enlil (Tell Leilan), mieux placée pour surveiller le haut Euphrate, qu'il venait de soumettre. Maître de Mari, il y établit comme gouverneur son fils Iasmakh-Addu tandis que son autre fils, destiné à lui succéder, Ishme-Dagan, installé à Ékallâtum, reçut le gouvernement des provinces orientales. Il fut le premier roi assyrien à se parer des titres (repris au roi d'Ur III Amar-suen) de "roi de l'univers" (shar kishshati = "roi de la totalité [du pays]") et de "roi puissant" (sharru dannu). Vers l'est, l'empire qu'il s'était ainsi créé s'étendait jusqu'aux montagnes du Kurdistan et au Zagros, comme en témoignent les tablettes trouvées à shemshara, et, à l'ouest, il contrôlait les routes conduisant en Cappadoce, où les marchands Assyriens purent reprendre leurs tractations commerciales. Les archives royales de Marinous ont rendu toute une correspondance entre Iasmakh-Addu, son frère, son père et divers personnages, souvent royaux, tels Hammurabi, le roi de Qatna ou celui de Karkémish. Elles sont riches en détails qui éclairent la vie et les relations humaines à cette époque et témoignent de relations fraternelles, telle cette lettre d'Aplakhanda, roi de Karkémish, qui commence ainsi : "A Iasmakh-Addu dis ceci ainsi (parle) Aplakhanda, ton frère. Par ce courrier, je t'envoie de l'excellent vin; bois[-en]. Je t'envoie en même temps des vivres de Karkémish - manges-en - [...] en même temps un bracelet de fer (?) [...] en même temps un pagne et [...] un vêtement SAGADU [...] En outre, au sujet de n'importe quelle chose, écris-moi régulièrement" . Dans cette même lettre, il apparaît qu'Aplakhanda est réellement le frère d'Iasmakh-Addu, car il appelle shamshi­Adad «mon père : Samshi (shi)-(il)Addu a-bi-a. Son fils et successeur Ishme-Dagan (-1776 - 1742) tint en main la situation de l'empire pendant tout son règne, mais à sa mort succéda une ère d'anarchie qui fit perdre à l'Assyrie tout ce que son premier grand roi conquérant lui avait acquis.
shar-kaIi-sharriFils(-2217 - 2193). de Naram-Sîn, roi d'Akkad. Il succéda à son père, qui avait atteint un grand âge, bien qu'il ait eu un frère qui était peut-être son aîné, Bin-kali-sharri. Dans sa titulature, il se déclare "fils bien-aimé d'Enlil le fort, roi d'Akkad et des sujets d'Enlil" : il a visiblement abandonné le titre de "dieu" inauguré par son père. Malgré ses efforts, et un règne passé en lutte contre les envahisseurs étrangers, il ne parvint à sauver l'Empire akkadien. A peine est-il monté sur le trône que les Elamites déferlent sur la plaine et mettent le siège devant Akshak, au nord d'Akkad. Ils sont repoussés par shar-kali-sharri mais cela n'empêche pas leur roi, Kutik-In-shushinak, de se déclarer " puissant roi d'Awan" et "maître des Quatre Régions", ce qui était le titre que s'était attribué Naram-Sin. À l'ouest, les Amorrites, contenus par les conquêtes de Naram­Sîn, revenaient en force. Il les repoussa au-delà du mont Basar (Gebel Bisri). Vers l'est, il conduisit deux campagnes contre les Guti, qui descendaient sans se lasser de leurs montagnes pour piller les plaines du Tigre, comme en témoigne une lettre d'Ishkun-Dagan, haut personnage qui se dit scribe et majordome, et qui écrit à un certain Lugalra qu'il peut travailler la terre en toute tranquillité car des garnisons dans des tours surveillent la plaine contre les Guti . Lors d'une fructueuse expédition, il captura leur roi, Asharlag (ou sharlak), mettant temporairement un terme à leurs déprédations. Par l'inscription d'un sceau ayant appartenu (semble-t-il) à ce même scribe, nous connaissons le nom de la reine, Tuta­shar-libbish. À l'intérieur, shar-kali-sharri construisit l'E-kur, le temple d'Enlil à Nippur». À sa mort, l'empire, débordé par les assauts de ses vieux ennemis, tomba dans l'anarchie, pour ne retrouver qu'un semblant d'équilibre avec deux rois dont on sait peu de chose. Ils ne semblent pas avoir été des descendants directs de la dynastie de Sargon. (voir Akkadiens).
shubadvoir Puabi.
shulgiRoi d'Ur (-2094 - 2047), fils et successeur d'Ur-Nammu. Son nom signifie en sum. : "noble jouvenceau". S'il revient à son père d'avoir fondé la IIIe dynastie d'Ur et bien que celui-ci ait pris le titre de roi de Sumer et d'Akkad, c'est shulgi le véritable fondateur de l'empire d'Ur et l'organisateur de l'État. Ce n'est qu'a partir de la 24e année de son règne que shulgi entreprit des campagnes militaires qui portèrent son empire à son apogée: onze campagnes dans le nord, vers Arbèles, et les régions occupées par les barbares Lulubi, lui assurèrent la domination de cette région dont le gouvernement fut installé à Simurrum et qui fut protégée par un mur (bad mada), par une politique dosée de mariages dynastiques et de guerres, il ajouta à l'empire l'Anshan (qui devint un État vassal) du côté de l'Iran, où il pacifia les montagnards de la région, avec lesquels il constitua un corps de troupe. Mais ce qui marque surtout le règne de shulgi, ce sont les réformes qu'il réalisa et l'organisation administrative et économique de l'Etat. Piotr Steinkeller (1987/1991,16-17) a résumé ses principales réalisations : création d'une armée permanente réorganisation des biens et de la gestion du temple (d'Enlil et de Ninlil) création d'un système administratif unifié pour tout le royaume, introduction d'une nouvelle formule de taxation (hala) avec l'installation de centres de redistribution des biens (comme Drehem) création d'un énorme dispositif bureaucratique concernant plus particulièrement les écoles de scribes, où étaient formés les futurs fonctionnaires et l'instruction qui leur était dispensée réforme du système d'écriture adaptation de nouvelles manières d'enregistrer et d'archiver les tablettes, réorganisation du système des poids et mesures, introduction d'un nouveau calendrier officialisé dans tout l'empire. Le hala (= rotation) était un impôt touchant les plus riches citoyens : afin de faire circuler les biens, au lieu de payer chacun son impôt à une époque déterminée, par le système du hala les imposables se relayaient pour que l'impôt soit payé tout au long de l'année, en général sous la forme de gros et de petit bétail. Il convient d'ajouter à cela la création de ce qu'on a pu appeler un "complexe industriel" spécialisé dans la production d'articles manufacturés, dépendant du gouvernement central. Une telle centralisation accompagnée d'un contrôle de l'État si étroit est un phénomène unique dans l'histoire économique du POA. A l'instar de Naram-Sîn, shulgi s'est fait déifier, comme pour donner une assise divine à son pouvoir. Son nom apparaît écrit avec le déterminatif divin dans une inscription datée de l'an 21 de son règne. Parmi les hymnes qui lui ont été consacrés, l'un d'entre eux, intitulé le "Roi de la route", marque cette filiation divine "Moi, le roi, un héros (sorti) du ventre de sa mère, je suis, Moi, shulgi, homme puissant dès sa naissance, je suis, un lion au regard féroce né du dragon (usumgal) je suis, Roi des Quatre Régions je suis, pâtre, berger des Têtes noires (= "Sumériens") je suis, Le Fidèle, le dieu de tous les pays je suis, Le fils né de Ninsun je suis, L'appelé du coeur du saint An je suis, Le Béni par Enlil je suis, shulgi, l'aimé de Ninlil je suis, Le Loyal nourri par Nintu, je suis, doué de sagesse par Enki je suis, le roi puissant de Nanna je suis, la gueule ouverte du lion d'Utu je suis, shulgi choisi pour la matrice d'Inanna je suis, Âne princier tout équipé pour la route je suis, Cheval qui balance la queue sur la grande route je suis, Noble âne de Sumugan (c.à.d. shakan dieu des Animaux de la steppe) ardant à la course je suis, Sage Scribe de Nidaba je suis" . On connaît mal la famille du roi. Une inscription nous a livré le nom de sa femme, Geme-Su'ena (inscription d'un sceau: "Ô Geme-Su'ena, épouse de shulgi, le roi d'Ur, shû-Kûbum l'écuyer est ton serviteur". Selon une hypothèse de Piotr Michalowski (1977, 224), shulgi aurait été assassiné et aurait été enseveli dans le mausolée en forme d'hypogée (retrouvé à Ur par Woolley) avec deux concubines ou épouses secondaires, peut-être sacrifiées pour l'accompagner dans l'au-delà, Geme­Ninlila et shulgi-simti. Images à ce sujet
shû-SînForme akkadienne du nom sumérien shu-Suen (voir Ur).
Suppiluliumasvoir Hittites.
Tukulti-Ninurta Roi d'Assyrie (-1243 - 1207). Il fut le premier à porter ce nom. De bien moindre importance est Tukulti-Ninurta Il (-890 - 884), le père d'Assurnasirpal II. Il échut à Tukulti-Ninurta Ier une Assyrie redevenue conquérante et agressive avec les règnes d'Adad-nârâri Ier et de son père, Salmanazar Ier (-1273 - 1244). Comme nombre de rois Assyriens, il dut faire face, dès sa montée sur le trône, à des révoltes et des coalitions de rois tributaires ou frontaliers. Il commença par porter ses armes dans la région du Zagros et vers le nord, où il utilisa une politique de terreur contre tout révolté afin d'étouffer la moindre velléité de rébellion. Ainsi entassa-t-il les cadavres des ennemis aux portes des villes. Dans la région du haut Tigre, il brisa des coalitions, ravagEa les régions au sud du lac de Van. En passant, il massacra quelques sujets du roi des Hittites, ce qui provoqua les protestations de Tudhaliya IV sans que cela ait une quelconque importance, ne serait-ce que parce que l'Assyrien se défendit en niant les faits. En 1232, le roi kassite Kashtiliash IV eut le tort de chercher à envahir les territoires du sud de l'Assyrie, dans la région d'Arrapha. La réplique fut fulgurante : Tukulti-Ninurta défit les Babyloniens, prît et mit à sac leur capitale, Dûr Kurigalzu, dont les murs furent rasés. Kashtiliash capturé, fut déporté en Assyrie avec une partie de la population; c'est cet épisode des campagnes de Tukulti-Ninurta qui va faire l'objet d'un poème épique en médio­assyrien, considéré, malgré son état fragmentaire, comme une belle oeuvre poétique. Le vaillant Tukulti-Ninurta se dresse face au perfide Kassite : " Contre le violeur de serment, Kashtiliash, les dieux du ciel et des Enfers sont remplis de colère. Leur fureur se tourne contre le roi, le pays et le peuple", ce qui justifie le châtiment que l'Assyrien inflige aussi bien au souverain qu'à son peuple et à sa ville. Toute la campagne est ainsi narrée sur un ton épique, pour la plus grande gloire du roi d'Assyrie, auprès duquel se sont naturellement rangés les dieux. Les tributs qu'il prélevait au cours de ces expéditions de pillage, le bois qu'il fit couper dans les forêts du Zagros, lui permirent d'édifier une nouvelle capitale, face à Assur, Kâr-Tukulti-Ninurta. Le vieux roi n'eut pas le loisir de profiter de sa résidence à peine achevée. Il fut assassiné dans son palais par son fils Assurnasirpal; mais c'est le frère de ce dernier, Assur­nadin-apli, qui réussit à s'emparer du trône. Il s'y maintint trois ans avant d'être remplacé par Assur-nârâri III. Il est remarquable que Tukulti-Ninurta, qui préfigure Assurnasirpal Il, aussi bien par la violence de sa politique de répression que par sa mégalomanie et son goût de bâtisseur qui le conduit à se donner une nouvelle capitale, ait été assassiné par l'un de ses fils portant le même nom que son illustre descendant.Images à ce sujet
Ullikummisvoir Kumarbi.
Ur-NammuGouverneur d'Ur (-2112 -2085). Sous le règne d'Utu-hégal à Uruk, il succéda à ce dernier on ne sait comment. Peut-être était-il simplement son fils. Mais il ne s'installa pas à Uruk, il établit la nouvelle capitale à Ur. Dans ses inscriptions, concentrées dans les villes de Sumer: Ur, Érîdu, Larsa, Lagash, Nippur et Uruk, par lesquelles est défini le territoire sur lequel il régnait, il se dit "l'homme fort, le roi de Sumer et d'Akkad". Fondateur de la IIIe dynastie d'Ur, il commence le travail de centralisation bureaucratique qui marque l'administration de cette dynastie. Il bâtit ou reconstruisit plusieurs temples (notamment de Nanna), releva le rempart d'Ur, fit creuser des canaux, replanter des dattiers, en bref, se montra un remarquable administrateur qui permit le développement du Sumer sous cette nouvelle impulsion. Il nous a été conservé en sumérien un hymne à la gloire du roi qui reconstruisit l'Ekur - le temple d Enlil; Le texte est divisé en deux chants chacun d'une forme differente appeles par le scribe qui les a redigés sagidda et sagarra. On attribue à Ur-Nammu un code de lois qui semble t-il serait plutôt dû a son fils et successeur shulgi. Les tablettes trouvées à Nippur et Sippar nous ont conservé le prologue à la gloire du roi et de ses dieux, et 37 lois. On a aussi retrouvé un poème sumérien intitulé "La Mort d'Ur­Nammu, où celui-ci fait une visite aux dieux de l'Enfer à la suite de sa mort sur un champ de bataille où il avait été abandonné "comme un pot broyé". Le musée de l'université de Pennsylvanie a reconstitué une belle stèle fragmentaire où l'on voit, notamment, le roi faisant une offrande devant une divinité assise sur un trône (Ningal?).Images à ce sujet
Ur-NinurtaRoi d'Isin (-1923 - 1898), fils de Litpit-Ishtar. Il est connu pour avoir présidé une assemblée de la ville de Nippur destinée à juger un procès pour meurtre. On a pu être frappé par le fait que l'accusation et la défense ont été assurées par plusieurs citoyens de la ville, tous de petites gens, jardiniers, oiseleurs, "et même un mushkênun, semble-t-il" , ce qui a laissé supposer qu'il existait une forme de démocratie dans certaines villes de la Mésopotamie des IIIe et IIe mill. INSTRUCTIONS D'UR-NINURTA : Sous son nom est aussi placé un court texte (incomplet et détérioré par endroits) de 71 lignes, intitulé par son traducteur : "Instructions d'Ur-ninurta". Le texte est rédigé dans un "sumérien syllabique" difficile à comprendre, ce qui a conduit son seul traducteur (Bendt Alster, en anglais) à mettre en question son propre travail en remarquant que d'autres interprétations peuvent être proposées. Certaines prescriptions sont à rapprocher des Instructions de shuruppak (voir sagesses). Dans l'esprit de ces sagesses orientales, il s'agirait des instructions d'un dieu (1.37, a-ag-ga dingir-ra) à Ur-Ninurta, nous reportant dans la nuit des temps : "Au temps jadis, sur la fin de ces jours, après que les nuits furent devenues très loin de ces lointaines nuits, après que les années furent devenues loin de ces lointaines années, après que le flot (du Déluge) eut balayé (la terre), celui à qui fut donnée la sagesse par Enki... ". Il s'agit avant tout d'une suite d'exhortations à craindre la divinité et de conseils de fermiers, les références incessantes aux champs et à la moisson paraissant, d'ailleurs, symboliques. Il nous est aussi parvenu plusieurs hymnes où le roi est associé à diverses divinités : à An, dont il est l'élu, à Enki, à Inanna (deux hymnes).
Ut-napishtivoir Ziusura.
Utanapishtimvoir Ziusura.
XerxèsForme grecque du perse Khshayarsha. Nom de deux rois achéménides. Voir Xerxès Ier et Xerxès II.Images à ce sujet
Xerxès Ier( -486 -465). Fils de Darius Ier, il exerce la vice-royauté à Babylone pendant 12 ans avant d'être désigné par son père pour lui succéder. Alors que Cyrus le Grand avait été le modèle du roi sage et généreux, en particulier aux yeux des Grecs, qu'il s'était montré tolérant, respectueux des cultes et des moeurs des peuples conquis, Xerxès apparaît comme le type du despote oriental caractérisé par la démesure et dont la prétention serait allée, si l'on en croit Hérodote, jusqu'à vouloir commander aux éléments et fouetter l'Hellespont (Dardanelles) parce qu'une tempête avait détruit le pont de bateaux qu'il y avait fait installer. Son règne ne dément pas cette vision. Les Égyptiens, déjà en révolte sous Darius, sont férocement matés. Babylone s'étant de son côté révoltée, il fait mettre à mort les prêtres de Bêl-Marduk, détruit ses temples, fait raser les murs de la ville. Conseillé par son cousin Mardonius, mais aussi désireux de venger les défaites de son père face aux Scythes d'Europe et aux Athéniens, il réunit une immense armée pour marcher contre les Grecs. Les descriptions d'Hérodote, qui nous montre l'Hellespont couvert de vaisseaux et qui décrit la marche de l'armée où quarante-six nations de l'empire ont fourni des contingents, donnent le sentiment d'une masse humaine invincible. Nous sommes en -480. La flotte, où dominent les Phéniciens, fait voile parallèlement à l'armée, qui soumet sans mal la Macédoine et la Thessalie. Les Spartiates et leurs alliés, une poignée d'hommes, tiennent en échec un moment les meilleurs des Perses aux Thermopyles. Une trahison les perd. Les flottes s'affrontent alors à Salamine. La victoire des Grecs est totale : Xerxès, qui a perdu une grande partie de ses vaisseaux, rentre dans ses capitales, laissant en Grèce une armée de trois cent mille hommes qui sera renversée l'année suivante à Platée, où son général, Mardonius, perd la vie. Xerxès, vaincu, humilié, mais dont l'empire n'a pas été réellement affaibli par ces défaites, partage ensuite son temps entre ses deux capitales, Suse et Persépolis, entouré de courtisans et d'eunuques, mais où il manifeste une activité de constructeur. Les inscriptions le présentent aussi comme un propagateur zélé de la religion nationale d'Ahura-Mazda. Les dernières années de son règne sont assombries par de sanglantes intrigues de palais qui se terminent par son propre assassinat. Images à ce sujet
Xerxès IIIl n'a régné que quelques mois ( - 424 - 423) avant d'être assassiné et remplacé par son demi-frère Darius Il.
Zimri-Limvoir Mari.Images à ce sujet
ZiusudraVoir Ziusura.
ZiusuraC'est le nom du héros sumérien de l'histoire du Déluge, appelé par les Akkadiens Ut(a)-napishti(m), expression qui signifie "Celui qui trouve la vie". Au bout de sa quête de la plante d'immortalité, Gilgamesh parvint aux confins du monde où réside dans son éternité Ut(a)-napishti(m)-le-Lointain. Ce dernier lui fit le récit du Déluge (qui occupe la, plus grande partie de la tablette XI de l'Epopée de Gilgamesh [inspirée du récit du poème d'Atrahasis]. Ut(a)-napishtim, alors roi de shuruppak, fut sauvé par la faveur d'Éa, qui, ne pouvant l'avertir directement parce qu'il avait prêté serment avec les autres dieux de ne pas souffler mot aux hommes de la préparation du déluge destiné à supprimer l'humanité, le fit savoir aux haies de roseaux, qui le lui répétèrent. Comme le fit Atrahasîs, il construisit un immense bateau (décrit avec ses six entre­ponts) où il fit entrer des représentants de toutes les espèces animales mais aussi tous les artisans, toute sa famille, son argent, son or, des provisions de toutes sortes (90 hectolitres de bitume, autant d'huile de la bière, du vin, de l'eau, etc.). survint le Déluge, qui dura six jours et sept nuits. Enfin, le bateau s'échoua sur le mont Nisir (dans le nord-est de l'Assyrie). Ut(a)-napishtim lâcha alors une colombe qui, ne trouvant pas à se poser, revint au bateau il délégua alors une hirondelle, puis un corbeau qui ne revint pas. Enfin, par on ne sait quelle mansuétude, Enlil accorda l'immortalité à Ut(a)-napishtim et à son épouse. "Alors, conclut Ut(a)-napishtim, on m'emmena et on me fit habiter loin, à l'embouchure des fleuves."