Les mots clés du Proche-Orient ancien

Dictionnaire des noms communs de la Mésopotamie (Objets, titres, architecture, etc.)

60 définitions trouvées dans la base "Mésopotamie"...

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Abzu

Forme sumérienne d'Apsu.

Achéménide

Nom d'une dynastie Perse, fondée par Cyrus II , ayant régné de -559 à -330 (conquête d'Alexandre).

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Akitu

Le jour de la fête du Nouvel An , en Mésopotamie. Dès l'époque des Dynasties "archaïques", la statue du Dieu tutélaire était vénérée et sortie de son sanctuaire . A Babylone , l'Akitu durait 11 jours et faisait l'objet d'un protocole très respecté, qui mêlait festivités populaires, participations du Roi aux rites sacrés du Dieu tutélaire de la ville.

Alphabet

Alors que l'Ecriture cunéiforme, inventée par les Sumériens et adaptée pour écrire l'Akkadien, notait des syllabes, l'alphabet est un syllabaire dépourvu de voyelles, réduit à l'aspect consonantique de la langue. En soi, il représentait une simplification si extraordinaire de l'Ecriture qu'il est resté le système adopté par toutes les langues du monde occidental et de la moyenne-Asie. Le premier exemple d'Alphabet a été découvert à Ugarit, et date des environs de -1300.

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Annales

Textes historiques rapportant les faits et gestes des souverains . Jour après jours , les scribes notaient les gestes , décisions ou rites effectués par le souverain dans le but d'asseoir sa gloire.

Apadana

Terme perse (Achéménide) signifiant "palais" ou "salle d'audience". L'Apadana de Suse était en fait le palais d'Eté du souverain Perse.

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Apkallû

(En sumérien : ab-gal), nom d'un fonctionnaire royal, à la fois scribe et chargé de rendre des oracles au sein du temple de la ville. Le Mot a le sens de "Sage", mais la fonction de l'Apkallû reste difficile à cerner.

Apsû

Nom akkadien désignant le monde des eaux souterraines , et par extension, des Enfers. L'Apsû désigne aussi un petit bassin aménagé au cœur du temple, censé représenter les Eaux primordiales.

Astrologie

Il ne semble pas que l'astrologie ait été connue des Sumériens. La divination, à partir de l'observation du ciel, s"est développée chez les Sémites, à l'époque paléo-babylonienne. Cependant, l'astrologie telle que nous l'entendons, savoir l'influence des astres sur la destinée des individus, n'a réellement été pratiquée en Mésopotamie qu'à très basse époque, sous l'influence de la conception grecque selon laquelle l'Univers est composé de cercles concentriques au centre desquels se trouve la Terre.

Astronomie

L'astronomie, documentée à peu près exclusivement chez les Mésopotamiens, est étroitement liée à l'astrologie, pour ne former qu'une seule "science".

Balag

Terme sumérien (pallagû) désignant un instrument de musique (harpe? tambour? timbale?) à caisse de résonance. Ce nom s'est ensuite étendu à une pièce du genre des "lamentations", psalmodiée avec l'accompagnement de cet instrument. Si bien qu'il semblerait qu'au premier millénaire, l'accompagnement instrumental ait été abandonné et que le terme de balag n'ait plus été appliqué qu'à l'élégie incluse dans un rituel.

Balbale

Ce terme sumérien désigne un "hymne à la divinité". En réalité, le balbale est avant tout un dialogue chanté de caractère poétique qui est parfois loin d'un hymne à une divinité, et peut se rapprocher de la poésie amoureuse.

Barillets

Les archéologues ont donné ce nom a des objets en argile épousant la forme de petits barils, couverts d'inscriptions cunéiformes. Les textes étaient destinés à commémorer un évènement et ils étaient en général adressés à une ou plusieurs divinités sous forme de prière par le personnage qui faisait la consécration, en général, un roi.

Cunéiforme

Voir Ecriture.

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Cylindres

Voir Glyptique.

Dent (ver de la)

Il s'agit d'un petit mythe étiologique qui était reçu comme une incantation. Le nerf de la dent était conçu comme un ver. «Lorsque Anu eut créé le Ciel et que le Ciel eut créé la terre... «Ainsi commence ce court texte montrant l'enchaînement des créations qui, en passant par les rivières et la fange, conduit jusqu'à la création du ver. Lequel vient se plaindre à Shamash de ne rien avoir à manger. Miséricordieux, le dieu lui propose de lui donner la figue mûre ou le s

déesses

Contrairement aux religions monothéistes, dans lesquelles le dieu proclamé unique est toujours masculin, les anciennes religions dites polythéistes accordaient une place importante aux aspects féminins de l'univers dans ses manifestations sous la forme des dieux. PRÉDOMINANCE DES DÉESSES : Il semble même qu'au néolithique ce sont les divinités féminines qui dominaient, comme peuvent le laisser penser les nombreuses représentations de déesses, alors que les divinités masculines ne sont guère représentées, sous des formes humaines en tout cas : ainsi en est-il en particulier en Anatolie , à Çatal Höyùk (\{II~ mill.), où la grande déesse est statufiée en compagnie d'animaux qu'elle domine alors que la puissance fécondante mâle est figurée certainement par le taureau; le taureau qui se retrouvera comme une créature de divinités féminines dans le monde mésopotamien, tel le taureau créé par Ishtar pour combattre Gilgamesh. Ces maîtresses des fauves (appelées généralement de leur nom grec, Fotota théron) se retrouvent en particulier en Mésopotamie avec Inanna et Ishtar à Ugarit avec Anat.Ce n'est que dans les hautes civilisations urbaines de la Mésopotamie et ensuite des autres régions du POA que les dieux mâles commencent à être représentés et à rivaliser avec les déesses dans le gouvernement du monde. Mais ai certaines anciennes déesses-mères ne jouent plus qu'un rôle secondaire, néanmoins déterminant dans les cosmogonies ~, comme Damkina, Ninhursag, Aruru, créatrice des hommes «, et surtout Tiamat, d'autres cont1nuent d'occuper une position dominante : la déesse-soleil d'Arinna en Anatolie , Inanna chez les Sumériens, Ishtar chez les Babyloniens et les Assyriens, Anat et Ashérah chez les Cananéens, cette dernière étant regardée comme la créatrice des dieux. Les Fotnia théron sont souvent des déesses guerrières (Anat, Allat Ishtar Inanna, l'Akkadienne Annunîtum). DÉESSES NUES : Propre au POA et surtout à la Mésopotamie est la déesse nue, connue par de nombreuses représentations. Certaines de ces représentations restent difficiles à identifier mais celles qu'on connaît avec certitude, en particulier Ishtar, Inanna, Ashérah, Anat, sont toutes des déesses guerrières et maîtresses des fauves. On a voulu voir en elles des symboles de la fécondité, ce qui paraît probable car ce sont aussi des déesses-mères primordiales, et leur aspect de maîtresses de la nature et de divinités célestes peut compléter le concept de fécondité qui leur est attaché. Les nombreuses représentations de déesses nues en ronde bosse et surtout en relief de terre cuite toutes de petite taille, semblent bien avoir été des sortes d'amulettes pour activer la fécondité des femmes. Mais cet aspect pourrait paraître en contradiction avec leur rôle guerrier et leur soif de violence, qu'elles assouvissent dans le sang, au détriment d'ailleurs des divinités masculines, car les panthéons du POA ne connaissent pas de dieux essentiellement guerriers comme l'était Arès en Grèce, ou, en tout cas, ils demeurent des divinités très mineures. Ces attributs ai nombreux et ai divers ne font que perpétuer la prééminence des divinités féminines ou, plus précisément, du féminin sur le masculin dans le monde divin, malgré la prédominance que, dans le monde des humains et dans la société, les hommes avaient recommencé à exercer sur les groupes sociaux. INFERNALES : Un autre aspect singulier des déesses du POA, mais qui s'inscrit dans cette totalité de pouvoirs qui appartenaient encore aux femmes dans le monde divin, est leur fonction de maîtresses des Enfers : telles sont Allani chez les Hurrites et surtout l"Ereshkigal" suméro-babylonienne car, plus que Nergal, donné comme dieu des Morts, elle s'impose comme l'inflexible maîtresse des Enfers. C'est finalement le monothéisme ravageur qui a terminé de dépouiller les femmes de tout pouvoir aussi bien dans le monde des dieux que dans celui des hommes, au point que même les sacerdoces lui furent refusés par le mâle triomphant et arrogant, image du dieu unique qu'il avait réussi à imposer. LISTE DE DÉESSES. Il n'est évidemment pas question de proposer ici une liste plus ou moins complète des déesses connues dans le POA. Martha Ann et Dorothy Myers Imel en ont catalogué plusieurs centaines. La liste du Louvre donne un catalogue de plus de 450 dieux et déesses Sumériens, dans lequel Ishtar compte dans les 40 noms. Car souvent les déesses se dédoublent. Les déesses d'origine sumérienne dont le nom commence par Nin, "dame", sont souvent des doublets ou des surnoms d'une même divinité. La liste du Louvre en catalogue plus de 130 . Voici une liste des déesses qui ont une entrée dans cet ouvrage Agushaya, Allani, Allat, Al-Lât, Anahita, Anat, Annunitum, Arinna (déesse-soleil), Aruru, Ashérah, Ashnan, Astarté, Atargatis, Ayya, Baba, Damkina, Ereshkigal, Hépat, Inanna, Ishtar, Manat, Nisaba, Ruda, Tashmetum.

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Déluge

Les mythes diluviens se retrouvent dans les civilisations les plus éloignées, sans qu'on puisse savoir s'il y a eu des contaminations par on ne sait quelles voies cachées. Au point que, pour expliquer cette universalité, il a fallu aller en quête d'un phénomène qui aurait affecté l'ensemble de la planète. L'hypothèse la plus satisfaisante reste encore celle qu'à proposée de Morgan (1925): la fonte partielle des glaciers wùrmiens, provoquée par le réchauffement spectaculaire de l'atmosphère à la fin du paléolithique supérieur, a provoqué une montée des eaux océaniques tout en créant la forte humidité du climat dit atlantique qui marque le mésolithique. De longues périodes pluvieuses auraient Si fortement marqué l'humanité qui sortait de la dernière époque glaciaire que leur souvenir se serait perpétué à travers des mythes différemment reçus selon les civilisations. Chronologiquement, le plus ancien mythe de déluge qui nous soit parvenu se trouve dans les textes Sumériens. Selon LRS (col. 1,1.1-38), après que la royauté fut descendue du ciel, huit rois ont régné sur cinq cités qui se sont succédé dans la prééminence sur le Sumer~ avant que ne survienne le déluge. Ces cités sont (dans l'ordre) : Éridu, où la royauté serait restée 64 800 ans; Bad~tibira, avec 108 000 ans; Larak, qui ne connut qu'un seul " roi ", En-sipa(d)-zi(d)-Anna(k), qui régna 28 800 ans ; Sippar, où régna seulement En-men-dur-Anna(k), pendant 21 000 ans; enfin, shuruppak, où UbarTutu(k) régna 18 600 ans. Ainsi se sont écoulés 241 200 ans entre la création de la royauté et le déluge. Après cette rupture, la royauté descendit une seconde fois du ciel pour être accordée à Kish (col. I, 39-44). Bien que tardif, il existe un récit sumérien du déluge, daté de l'époque paléobabylonienne, mais colportant certainement une très ancienne tradition (récit fragmentaire sur une tablette de Nippur à l'University Museum,). La raison pour laquelle le déluge doit être provoqué n'est pas donnée. Le texte débute à la ligne 38, où parle un dieu. La signification du passage où il demande que soit laissé (aux hommes) le soin de construire leurs cités a don-du-me e reste énigmatique . Ensuite, il dresse un tableau des rois qui ont régi les cités antédiluviennes. Survient le déluge avec ses tornades et le débordement des flots au-dessus du "kabdugga" (terme non traduit par Kramer et que Poebel interprète comme "lieux de culte"). Sept jours et sept nuits dure le déluge. Le Noé sumérien est ici Ziusudra, un roi, le "conservateur du nom de niggil-ma (sens inconnu) [et] de la semence de l'humanité". Mais alors que dans la tradition akkadienne Utanapishtim parvient sur le mont Nisir (sans doute l'actuel Pir Omar Gudrun, à 80 km à l'est de Kerkuk, connu par ailleurs par des textes Assyriens), Ziusudra aborde dans la terre de Dilmun. La version la plus complète que nous possédions est celle du poème d'Atrahasîs. L'autre texte est celui de la XIè tablette de l'Épopée de Gilgamesh le plus célèbre parce que, lorsqu'il fut retrouvé dans la bibliothèque d'Assur-banipal, il causa la plus vive émotion dans les milieux chrétiens. Malgré certaines différences, en particulier dans le vocabulaire, entre le texte de l'Épopée de Gilgamesh et celui d'Atrahasîs, il apparaît à l'évidence que l'auteur de la XIè tablette (le scribe Smlêqê-unninni?) s'est largement inspiré du texte du poème d'Atrahasîs . À l'évidence, le rédacteur du déluge biblique (Gen 6 :1-8 :22) s'est aussi fondé sur le texte babylonien. Mais l'emplacement du mont Nisir étant imprécis et le souvenir du royaume d'Urartu restant encore prestigieux dans les mémoires, c'est dans ce pays montagneux qu'il a fait parvenir l'arche de Noé. Ce n'est que plus tardivement que l'Urartu s'est transformé en Ararat et a été précisément localisé.

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Dialogue de l esclave..

Le second exemple est unique dans la littérature cunéiforme. Il est connu par 4 manuscrits Assyriens et 1 babylonien. Selon les auteurs, il est aussi intitulé "Dialogue du pessimisme ou le Maître et son serviteur" : Incipit (akk.): Arad mi-tan-gur-an-ni , "Esclave, écoute-moi... ". Il s'agit d'un dialogue entre un maître soit exigeant, soit velléitaire, qui donne à son esclave ordre et aussitôt après contre-ordre, à quoi l'esclave répond toujours avec empressement et justifie les volontés contradictoires de son maître.«Esclave, viens ici à mes ordres " - Oui, mon maître, oui ! - [File, va me quérir et] m'attelle un char, que j'aille au Palais ! [-Vas-y mon maître, vas-y ] Il y aura [profit] pour toi [le roi en te voyant ?] te comblera d'honneurs [Eh bien, mon esclave] je n'irai pas au Palais [-N'y va pas,] mon maître, n'y va pas [Le roi, en te voyant, t'enverrait où tu ne veux pas aller (?) Esclave, viens ici à mes ordres ! -Oui, mon maître, oui ! - File ,Va me quérir et me donne de l'eau pour mes mains, que je dîne !- Dîne mon maître, dîne : bien réglé, un repas dilate le cœur... - Eh bien, non, esclave, pour dîner, je ne dînerai pas ! - Ne dîne pas, mon maître, ne dîne pas ! avoir faim (pour) manger, avoir soif (pour) boire, voilà ce qu'il faut à l'homme !... " Le dialogue se poursuit ainsi un moment, positif et négatif, les questions étant d'aller à la campagne, faire une révolte, aimer une femme, offrir un sacrifice au dieu, investir de l'argent (des grains), faire du bien au pays. Et finalement le maître demande à l'esclave : Qu'est-ce alors qui est bon ? Briser ma nuque et la tienne ? Se jeter au fleuve ? Est-ce là ce qui est bon? " Question à laquelle l'esclave répond par une question, ce qui le change de son discours complaisant: Oui donc a assez d'envergure pour atteindre le ciel? Qui est assez large pour embrasser toute la terre ? Réponse tout aussi inattendue du maître :" Eh bien, non, esclave ! Je vais te tuer et te faire partir avant moi " Ce qui provoque la réponse spirituelle du serviteur qui sait que son patron ne peut se passer de lui, ne serait-ce que comme son souffre-douleur: "Oui, mais mon maître ne me survivra pas trois jours !" Ce dialogue, dont l'humour est certain, a été interprété de diverses façons . Je retiendrai personnellement la vue de Thorkild Jacobsen , pour qui c'est une satire mais dans le même temps une négation de toutes les valeurs, et une illustration de la vanité des choses humaines. Voir aussi : " Pauvre homme de Nippur" et "Théodicée babylonienne".

Du-ku

Terme sumérien dont le sens est " Sainte - ou Pure - Colline " (Du6-kug). Dans la mythologie sumérienne, il désigne un lieu cosmique situé "sur la montagne du Ciel et de la Terre". C'est le siège d'Enlil, où résident les Anunna(ki), là où se déterminent les Destins. Là aussi se tient Enki, le "seigneur Terre", qui y fit don d'une auguste intelligence à Ninurta . C'est là que, dans les temps primordiaux, se trouvaient les germes de la civilisation, c'est-à-dire de l'agriculture, de l'élevage, de l'écriture, etc. On a songé à situer ce lieu vers le pied du Zagros, mais, Si cette haute chaîne de montagnes a pu inspirer l'idée du mythe, il semble que Dubu était quelque chose comme un "axis mundi" un lieu intemporel où était en puissance l'Univers, avant que le Ciel et la Terre ne fussent séparés (ce qui explique l'expression de "montagne du Ciel et de la Terre"). Des chapelles à Girsu, Éridu et Nippur portaient ce nom, représentant la manifestation terrestre de ce lieu primordial. Ce pouvait aussi être un autre nom de l'Apsu . Par ailleurs, cette expression désignait originellement et fondamentalement les couvertures en plâtre des tas de grains après la moisson.

Dunnu

Ce mot akkadien, qui signifie "fort , puissant", entre dans le nom de plusieurs villes fortifiées de Mésopotamie . L'une d'entre elles est connue (mais non identifiée) pour la théogonie qui lui est propre, par laquelle on peut inférer que, à l'origine, chaque cité de Sumer et d'Akkad avait ses propres dieux et sa propre théogonie.

Dynastique ancien ou archaïque

Traduction littérale de l'anglais Early Dynastic, le terme est généralement adopté de préférence à Présargonique (ancienne appellation due aux assyriologues français) pour désigner la première phase de la période historique du Sumer (abrégé en DA). Elle débute à la fin de la période de Djemdet Nasr, v. -2900, et se termine avec l'instauration de l'Empire akkadien par Sargon aux alentours de -2330. Fondée sur des éléments archéologiques et quelques documents, à commencer par la LRS, cette période est divisée en trois grandes phases : - DA I : -2900 -2750 - DA Il : -2750 -2600 - DA Illa : -2600 -2500 - DA IIIb : -2500 -2330.

Emégir

voir émésal et sumérien.

Emésal

La langue sumérienne présente cette particularité de posséder deux dialectes utilisés dans des cas précis. Ce que les Sumériens appelaient "emegir", dont le sens est, pense-t-on, "langue princière" ou, plutôt, "langue principale" , était la langue courante, sans doute revêtue d'un caractère déjà littéraire, car c'est celle dans laquelle sont rédigés la plupart des grands textes littéraires. Emésal, dont le sens en sum. est discuté, signifie quelque chose comme "langue fine", " raffinée " on la dit plus couramment "langue des femmes", car elle est généralement utilisée par des femmes, en fait des prêtresses, à l'adresse de déesses ou vice versa. La littérature la concernant consiste en textes poétiques, accompagnés d'un instrument de musique, donc chantés ou psalmodiés, hymnes sous forme de prières et de lamentations dites parfois par une déesse. A l'époque paléobabylonienne, les genres littéraires dans lesquels l'émésal est utilisé sont appelés en sumérien ershemma (ér. sèm.ma), balag (balag) et sir.nam.sub; aux époques suivantes, les nouveaux genres sont "u.il.la" et "ér.sà.hug.gà". Ces textes sont souvent relatifs à Dumuzi, où Inanna parle en émésal, et il est exceptionnel qu'un homme s'exprime dans ce dialecte, sauf lorsqu'il s'agit de la liturgie des prêtres balil, lesquels étaient des eunuques. Par ailleurs, lorsque qu'une femme ou une déesse s'adresse à un homme, elle utilise l'émégir. Ces faits militent (avec bien d'autres) en faveur de la thèse d'Igor Diakonof (1976), selon qui l'émésal était un langage initiatique propre aux femmes dont le vocabulaire était tabou pour les hommes. Les plus anciens textes dans ce dialecte remontent à une époque (babylonien ancien) où le sumérien n'était plus une langue parlée, ce qui laisse supposer qu'il était devenu un langage littéraire propre à une littérature où les femmes s'expriment entre elles. La différence essentielle avec l'émégir réside dans le vocabulaire, différence issue parfois d'altérations phonétiques. Les scribes assyro-babyloniens se sont donné des instruments de travail on établissant des vocabulaires trilingues : ils étaient disposés sur trois colonnes, le terme émésal occupant la 1ère, l'émégir la 2è, et la 3è donnant la traduction akkadienne. La série la plus communément recopiée à l'époque néoassyrienne intitulée dim.me.er dingir = ilum (les trois mots ayant le sens de dieu e), comprend 489 entrées.

En

Mot sumérien dont le sens est "seigneur". Il est étymologiquement apparenté à ensi et il entre dans la formation de nombreux noms de dieux et d'anthroponymes. Gilgamesh est dit "en" de Kullab. Comme ensi, "en" devait revêtir un sens religieux. Le père de Gilgamesh est un hillû (démon) on de Kullab , titre que Jacobsen traduit par "grand prêtre". La fille de Sargon, Enlieduana, est élevée au rang de grande prêtresse (-en) du temple d'Akkad. Le grand prêtre d'Ishtar à Uruk avait le titre d'en et son temple s'appelait é.g~i6.pàr.en.na "Maison giparu du prêtre-en". C'est aussi un titre donné à des souverains étrangers, comme le seigneur (en) d'Aratta dans le poème "Enmerkar et le seigneur d'Aratta".

Enfers

Dans leur conception du monde, les Sumériens, et à leur suite les Babyloniens, plaçaient en haut le ciel, puis la terre, monde des vivants, au-dessous l'Apsû et tout en bas l'autre monde, les Enfers, le lieu où résidaient les démons et les morts sous la domination de dieux infernaux. NOMS DE L'ENFER. Sumériens et Akkadiens disposaient de nombreux noms pour désigner le royaume souterrain d'Éreshkigal et de son époux. L'un des noms les plus communs est aralî (akk. arallû). Irkala (akk. irkallû) est le nom donné à l'enfer dans le contexte de la descente qu'y fit Inanna c'est aussi le nom de la déesse personnifiant l'enfer: " Ishtar qui demeure dans l'irkali " , "la maison d'Irkalla d'où personne ne revient". Ekur désigne le lieu où résident les démons, qui n'est autre que le monde souterrain. Kukkû (surm. ku-ku), dont le sens est "obscurité", désigne le monde souterrain où règne la ténèbre. Dans la douzième tablette de l'Épopée de Gilgamesh le héros, lors de cette énigmatique scène du jeu du maillet et de la boule où cette dernière tombe dans le pays des morts et où il voudrait aller la chercher, est arrêté "à la porte appelée Ganzir, antichambre du pays des morts "(XII, 167). Ganzir est un mot sumérien (prononcé gansis) qu'on retrouve dans la descente d'Inanna en enfer, où il est question de la porte du palais ganzir : son sens pourrait être "laisse-moi me retirer"ou encore " que j'enlève ". Tous ces noms sont d'origine sumérienne. Il on va de même pour d'autres noms encore, moins courants, peut-être ki-gal,"la Grande Place" ; kur-nu-gi-a (akk. erset la~ tari), " terre sans retour" ; edin, mot qu'on traduit par " steppe" ; e-kur, " pays montagneux ". Enfin, un dernier nom est Kutu ou Kutha, expression employée par ex. dans le mythe de la descente d'Inanna / îshtar dans l'autre monde. Mais c'est aussi le nom d'une ville de Sumer consacrée aux dieux infernaux. LE MONDE INFERNAL. Le monde infernal est un monde terrestre où règne l'obscurité, un lieu de ténèbres, organisé comme un royaume terrestre. Il est régi par Éreshkigal et Nergal. On y trouve d'abord un portier, Néti, qui reçoit Inanna dans sa katabase la reine des Enfers a son majordome, Ningishzida, l'administrateur de sa maison, pabilsag, et son e vizir» (sukkal), Namtar. Les démons qui l'habitent ne sont pas là, comme dans l'enfer chrétien, pour tourmenter les morts. Ils vivent aux côtés de ces derniers sans se soucier d'eux. Ce n'est pour eux qu'une résidence qu'ils quittent souvent pour se rendre dans le monde des vivants afin d'y exercer leur profession maléfique. La géographie de l'enfer demeure fragmentaire sinon très élémentaire. Lorsque Inanna fait sa descente, elle passe par sept portes, accompagnée du portier, qui, à chaque porte, la fait se dépouiller au fur et à mesure de ses bijoux et de ses voiles, de sorte qu'elle est entièrement nue lorsqu'elle pénètre dans le royaume d'Éreshkigal. Inanna / Ishtar veut alors se précipiter sur cette reine de la nuit, mais elle qui était invincible sur terre et renversait des armées et des montagnes se révèle sans force, elle n'est plus qu'une dépouille qu'on peut pendre à un clou, et contre qui, sur l'ordre d'Éreshkigal, Namtar lâche les soixante démons des maladies. Pour la rendre à la vie, il faudra l'asperger d'eau. Car les morts ne sont plus que des spectres (sum. gedim; akk. etemmu), des doubles des vivants qui survivent à la mort du corps et s'en détachent pour descendre dans le monde infernal, où ils se nourrissent de terre et s'abreuvent de poussière : on est dans un monde de silence et de pénombre (plus que de ténèbres ?) où les seuls animaux sont des oiseaux nocturnes craintifs. Cependant, dans une tradition, un fleuve (ou une rivière) traverserait l'enfer, que les ombres des morts devaient franchir. Son nom sumérien est id lu rugu, (Hubur en akkadien). Cette rivière apparaît comme la porte des Enfers : "[...] laisse-les franchir la rivière Khubur sans pouvoir revenir en arrière, laisse-les entrer par la porte (de l'au-delà)". Dans un curieux texte néoassyrien intitulé Vision du monde infernal, un fils de roi nommé Kummâ (ou Kumaya) a une vision du monde infernal au cours d'un rêve. Lui apparaissent alors successivement les dieux des Enfers et aussi les démons : «le méchant shêdu, aux pieds d'oiseau et coiffé d'une tiare, Allu-Khappu, à tête de lion avec quatre mains, le portier, qui s'appelle ici Pituh et qui possède un corps humain, une tête de lion et des pieds d'oiseau... Le nocher de l'au-delà a pour nom Humut-tabal, "Emporte-vite". Il convient de souligner que, même si on a pu faire de Gilgamesh un juge des Enfers, les morts y descendent sans qu'intervienne le concept d'un jugement des dieux infernaux, avec une rétribution en fonction des actions du mort au cours de sa vie terrestre, bien que soient faites des allusions aux juges infernaux, par ex. dans le texte (cf. ci-dessous) de Gilgamesh Enkidu et l'Enfer. Exceptionnel est, par ailleurs, le poème sumérien intitulé la Mort d'Ur-Nammu, dans lequel on voit le roi d'Ur descendre dans l'autre monde avec ses richesses et venir rendre hommage aux dieux de l'enfer et leur faire des offrandes, après quoi il reçoit des serviteurs prélevés sur les morts pour continuer d'être servi. Composé à l'époque d'Ur III, ce poème montre déjà Gilgamesh juge des Enfers. Ce texte paraît une illustration de la croyance de l'époque des anciens rois d'Ur du DA, où les Souverains et même des reines comme Puabi étaient ensevelis dans leur tombe avec leurs trésors et toute une suite de servantes et de serviteurs qui ne pouvaient qu'être destinés à continuer de les servir dans l'au-delà. DESCENTES AUX ENFERS (katabases). Outre les deux textes cités précédemment, qui ne sont pas réellement des katabases dans la mesure où Ur-Nammu descend dans le monde inférieur après sa mort et que le prince Kummâ ne fait son voyage qu'en rêve, la littérature mésopotamienne nous a transmis trois katabases. La première est une sorte de conte sumérien intitulé "Gilgamesh, Enkidu et l'enfer" dont on a aussi une traduction en assyrien. Inanna a donné à Gilgamesh un maillet et une boule que le héros a laissé tomber en enfer par une bouche. Gilgamesh envoie Enkidu la chercher en lui expliquant la façon dont il doit agir afin de ne pas se faire reconnaître comme vivant une fois parvenu dans le monde infernal. Mais Enkidu ne suit pas les conseils et il est gardé en enfer. Cependant, son esprit peut revenir sur terre et Gilgamesh l'interroge : Celui qui a sept fils, l'as-tu vu là ? Je l'ai vu là. - Que fait-il ? - Comme un assistant des dieux, il est assis sur un siège, il écoute les jugements. - Celui qui n'a pas d'héritier; l'as-tu vu là ? - Je l'ai vu là. - Que fait-il ? - Comme un homme battu sur le dos, il mange du pain... «(texte intégré dans la tablette XII de l'Epopée). La deuxième katabase, "Nergal et Ereshkigal", rapporte dans un long poème dont on a plusieurs versions la raison pour laquelle Nergal est devenu un dieu de l'Enfer. Pour avoir offensé Ereshkigal, Nergal, divinité céleste, est poursuivi par la colère de la déesse. Suivant les conseils d'Éa, Nergal se décide àaller affronter la déesse dans son propre domaine. Nergal, à l'aide de démons que lui a donnés Éa, neutralise les gardiens des Enfers et en franchit les portes. Finalement, après bien des discours de part et d'autre et de péripéties, Nergal épouse Eretkigal et devient maître du monde Souterrain . La troisième katabase est la Descente d'Inanna-Ishtar aux Enfers. Dans la version sumérienne la déesse est appelée Inanna, dans la version akkadienne, Ishtar. La raison de cette décision d'aller affronter Éreshkigal n'est pas donnée par la déesse. C'est en quelque sorte un caprice. Comme je l'ai dit plus haut, la déesse perd toute sa puissance à chaque porte qu'elle franchit et se trouve captive d'une Ereshkigal inflexible. Mais, en l'absence de la déesse céleste, la vie ne se multiplie pas, tout végète, le monde lentement se meurt. Les dieux interviennent on vain en faveur d'Inanna, et il faut toute la ruse et la sagesse d'Ea , qui créé «un concept», Asu-tu-namir, (l'inverti) pour que cet être calme le coeur de la déesse et la contraigne à céder et à renvoyer sa captive dans le monde céleste. Hittites ET SYRIE. L'enfer chez les Hittites avait pour nom Dagan-zipas, "terre sombre"et en hurrite "Turi" terme qui signifie " inférieur" : Enna turi- na sont "les dieux infernaux" Hourrites auxquels correspond en hittite Katteres siunes . Le monde infernal est évidemment sous terre, et c'est de là que sortent les rivières et autres cours d'eau. Seuls les souverains Hittites, déifiés, poursuivent dans l'au-delà une vie de fermiers avec des terres à cultiver et des troupeaux. À Ugarit, Baal est un dieu qui meurt, mais il renaît pour triompher de la mort (Mot) sans que, d'ailleurs, ait été conservé un récit de sa descente en enfer.

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Enkimdu

Personnage symbolique du fermier dans la dispute avec le berger Dumuzî, il fut le prétendant malheureux d'Inanna / Ishtar . C'était sans doute à l'origine un dieu sumérien de l'agriculture, l'habile fermier d'Enlil, l'homme des canaux et des digues que le dieu Enki préposa à l'agriculture ("Enlil ordonnateur du monde"). Il a été identifié à Enbilulu, "l'inspecteur des canaux", lequel, dans l'Enuma Elish, devient une manifestation de Marduk: "Enbilulu : c'est le seigneur munificent par nature , Le puissant pasteur des dieux, qui institua leurs offrandes, qui fonda et fit prospérer sur la terre pacages et aiguades, qui creusa les rivières et en distribua l'eau fertilisatrice .

Ensi - ensîk.

Terme sumérien lu jadis patesi, auquel on attribue le sens de chef e, s seigneur e, bien qu'il ait évolué à travers le temps et ait impliqué diverses acceptions. Son correspondant en akk. est issakku, qui a le même sens. A l'époque archaîque, c 'était le nom du chef d'un village, dont le premier devoir était d'administrer les biens du dieu tutélaire, les fonctions civiles et religieuses étant alors étroitement liées. Renouvelé chaque année, il était s choisi par le dieu parmi toute la population de l'agglomération. Outre ses fonctions religieuses, sa principale occupation était d'organiser les travaux des champs, et de veiller à l'irrigation et à l'observation du cycle agricole. Après que la royauté (LUGAL) se fut imposée, il semble que les ensi n'aient plus été que de hauts fonctionnaires au service du roi, des gouverneurs de village ou de terres agricoles. Ainsi, lors de sa guerre contre Uruk, Sargon déclare avoir capturé cinquante ensi et le roi (lugal) lui-même (il s'agit de Lugalzagesi). Pareillement, à l'époque d'Akkad, les ensi ne sont plus que des gouverneurs au service du roi d'Akkad. Sous la domination d'Ur III, l'ensi représente la plus haute autorité civile dans les villes et les provinces, dépendant toujours du roi. Mais il n'a aucune autorité militaire celle-ci étant exercée par un sakkana, souvent choisi parmi les fils du roi. Le terme est aussi utilisé pour désigner les souverains de contrées étrangères. Ainsi sont mentionnés des ensi d'Anshan de Zabshali, du Subartu. Le terme sous sa forme akkadienne d'is~a~lzo (mais écrit avec l'idéogramme sumérien d'ENSI), sera utilisé encore en Babylonie et en Assyrie. En Babylonie, il désigne plus couramment une classe privilégiée de fermiers à l'époque d'Hammurabi. Dans l'Assyrie du IIe milI., c'est un titre que prend parfois le souverain, qui apparaît comme un intermédiaire entre le dieu, véritable souverain, et les hommes ainsi, sur une tablette de Kanesh lit-on : A-sirki LUGAL Si-lu-lu ENSI' ASirk< «(la ville d')Assur est roi Silulu est l'ensi d'Assur .

Ershemma

Forme de poème religieux lyrique sumérien du type de la lamentation. Le mot sumérien ersemma signifie «plainte (ou lamentation) du tambour en akk. haîhallatu), une sorte de timbale ou de grand tambourin fait d'une peau tendue sur une base en métal:cuivre, bronze, voire or. L'ershemma est un texte liturgique écrit en émésale, dialecte que l'on retrouve dans tous les cantiques de ce genre, accompagnés par une musique ou scandés par des bruits sourds de tambours. Ces pièces relativement courtes formant une unité littéraire étaient certainement psalmodiées par les femmes à l'époque sumérienne. Mais, àpartir de l'époque babylonienne, elles seront intégrées dans la liturgie des prêtres kalu. L'ershemma est, avec la lamentation,l~un des deux principaux genres littéraires rédigés en émésal, et ils seront pratiqués jusqu'à la fin du Ier mill. Une autre caractéristique propre à ce genre est qu'il s'adresse exclusivement à des divinités, jamais à des souverains. Parmi ces dieux, les plus souvent invoqués sont, dans l'ordre (copies conservées des IIe et Ier mill. confondus): Enlil, Inanna, Dumuzi (uniquement au IIe mill.), Asarluhi, Ninurta, Ishkur, Gula, Marduk (uniquement au Ier mill.), Utu. Une série d'autres divinités n'ont qu'un seul ershemma, bien que cela ne soit pas significatif dans la mesure où toute statistique dans un tel domaine est contingentée par le hasard des trouvailles. À partir des incipit connus on a pu établir un catalogue de 194 ershemma . Trois catégories de sujets dominent dans les textes conservés : narrations fondées sur des thèmes mythologiques, plaintes à propos de catastrophes et hymnes de prières. Les catastrophes étant dues à Enlil, il était naturel qu'il ait été le plus souvent invoqué. Les sujets myth9logiques traités sont: la destruction de l'Eanna, le temple d~Anue et d'Inanna à Uruk, la capture et la mort de Dumuzi, la capture et la mort de Nergal, l'engagement de Ninisina, l'engagement de ~~énda, l'épouse d'Utu, l'investiture d'Ishkur Ishkur met fin à une famine . Bien que les prêtres-kalû aient pu unir la récitation d'un ershemma à celle d'une lamentation du genre balag, la structure de ces deux catégories de textes est très différente. Comme le note Mark Cohen, l'ershemma est une composition compacte, bien structurée, centrée sur un seul thème, tandis que le balag est une oeuvre longue, quelque peu décousue, parfois même sans aucune histoire de base. Nombreux sont les kirugus des balags qui forment des unités indépendantes du corps du texte.

Exaltation d Inanna

Un texte incomplet, connu par deux tablettes (dont une fragmentaire) du Louvre et une de la Bodleian Collection d'Oxford , a conservé une partie d'une importante liturgie d'Inanna/Ishtar. Le texte est bilingue, sumérien et akkadien, quoique avec des variantes de l'une à l'autre langue. Il provient d'une collection de textes appartenant au temple d'Anu» et d'Antu à Uruk». Bien que sa dernière rédaction soit d'époque séleucide, il conserve un rituel sans doute très ancien. François Thureau-Dangin, qui apublié, transcrit et traduit le texte , le lie a un rituel provenant du même lieu dont le colophon déclare : " Document[s] relatif aux règles cultuelles de la divinité suprême, aux rites sacrés, aux observances du cérémonial royal ainsi qu'aux rites du [culte) divin du Bit Res, le grand sanctuaire de l'E-an-na, et des temples de Tir-an-na, aux fonctions des exorcistes, psalmistes et musiciens... " De son côté, Stephen Langdon (RA 1915) a publié un hymne appartenant à la même série dont il donne le titre par lequel les Mésopotamiens appelaient le texte, selon son incipit: nin-mag~ tisu-ni gi r-ra (sum.) = belit sIrtu sa edissi-sa gasrat (transcription Langdon), ce qui signifie : " Haute dame qui seule est puissante ". Le titre d'Exaltation d'Inanna est cependant parfaitement idoine, car ce texte est une sorte d'assomption de la déesse. Le texte ne débute qu'avec la troisième tablette les deux premières constituaient, pense-t-on, une sorte de prélude (?): Anu, le saint et le grand, dont la parole est sans fin, les grands dieux en assentiment et prière se courbent devant lui comme des faucilles : Si tu parles, tu es juste, ô prince, ô seigneur dont la bouche s ouvre,si tu parles, tues favorable, ô Anu, ton ordre sublime passe avant tout autre: qui dirait non? O père des dieux, ta parole est le fondement du ciel et de la terre ». Ce discours des dieux tend à rappeler à Anu qu'il s'est uni à Inanna/Ishtar et qu'il conviendrait qu'il la haussât jusqu'à lui dans le ciel, qu'il en fît son antu, son égale,qu'elle s'élève jusqu'à son nom". Ainsi, au moyen de la force du rite renouvelant l'événement mythique, la a jeune femme Ishtar »(ardattim dls'tar) va s'élever à travers les trois zones du ciel régentées par Éa», Enlil et Anu, jusqu'au zénith, recevant chaque fois les pouvoirs (me) des dieux, jusqu'à devenir l'égale d'Anu dans le monde stellaire.

Éblaïte

Éblaïte : L'écriture cunéiforme des tablettes recouvre une langue qui est sans doute celle qui était parlée dans le nord de la Syrie au milieu du IIIème milI. Le fait que non seulement de nombreux mots mais même des formes verbales étaient rendus par des sumérogrammes a pu laisser penser que le fond de la langue était le sumérien. Il a été facilement démontré que ces sumérogrammes étaient lus en éblaite, lequel est, sans doute possible, une langue sémitique : les scribes d'Ebla ont ainsi établi une liste de 1 500 mots Sumériens pour un grand nombre desquels ils ont donné le terme correspondant en éblaite. Il fallait aussi s' assurer que les syllabes en cunéiformes se lisaient selon la norme employée en Mésopotamie. On s'est rendu compte qu'il n'en était pas toujours ainsi, de sorte que, par ex., le signe NI a longtemps été un sujet de controverse quant à savoir s'il ne devait pas se lire «ya «. Toutes ces difficultés de transcription ainsi que les caractères particuliers de l'éblaite font que son classement reste sujet à discussion. Plusieurs auteurs le classent de préférence dans le groupe sémitique de l'Est (akkadien) quand encore ils n'y voient pas un dialecte akkadien (Gelb le rapproche de l'akkadien et de l'amorrite ; Solîberger , akkadien ; Dombrowski : dialecte akkadien ; et ouest-akkadien/vieil amorrite pour von Soden . L'épigraphiste de la mission italienne qui a fouillé Ébla, Giovanni Pettinato , voit dans l'éblaite un dialecte vieux-cananéen, en se fondant sur la structure de la langue et le système verbal qui connaît le thème de base, l'intensif, le causatif et le passif Il (correspondant aux temps hébreux, qal, pi"el, sifil et pu"al), vision proche de celle de Cyrus Gordon , qui le classe dans le groupe sémitique du Nord-Ouest, sauf qu'il semble aventureux de voir dans l'éblaîte un dialecte cananéen . Nature des textes : Les quatre cinquièmes des archives éblaites ont un caractère administratif : elles concernent l'industrie textile, les transactions commerciales, les comptes et des inventaires relatifs aux produits de l'agriculture et de l'élevage, aux biens de consommation fournis au palais... Quelques textes ont un caractère «littéraire : il s'agit d'incantations et de textes qui sont des exercices de scribes et qu on a pu considérer comme une cosmogonie alors qu'il semble plutôt s'agir d'une liste de noms Sumériens, ou encore comme une série de proverbes "cananéens" alors qu'il semblerait qu'on soit en présence de mots syllabiques Sumériens. Les autres textes sont des listes et des lexiques. Parmi ces textes quelques-uns des plus importants consistent en un traité entre Ébla et l'Assyrie , un texte relatif à la conscription d'Ébla, ce qui permet de se faire une idée de l'extension du royaume et du nombre de soldats qu'il pouvait mobiliser , des lettres entre le roi d'Ébla, Adu, et Mari, et la chancellerie d'Ébla et le royaume d'Hamazi, une curieuse affaire d'espionnage politique . Graphie et chronologie : La stratigraphie du site s'étage sur cinq grandes périodes avec des sous-périodes. Mardikh I correspond au chalcolithique et est daté entre -3500 et -3000. C'est la première phase d'habitation du site. Mardikh Il (phases A, B1 et B2) recouvre le BA I-III, IVA et IV B, soit -3000 -2500, -2500 -2400, -2400 -2000. Mardikh III A et B correspond au BM I et Il (-2000 -1800 -1600). Mardikh IV A et B au BR I et Il (-1600 -1400 -1200). Mardikh V A, B, C correspond aux trois périodes de l'âge du fer (-1200 -900 -720-535). Les horizons supérieurs datent des périodes perse, grecque, romaine et byzantine (-525 -VIe s. de notre ère). Cette chronologie est adoptée par Giovanni Pettinato , mais elle est abaissée par certains auteurs. Au niveau II B1 appartient le palais (G) avec ses tablettes : c'est la période la plus brillante de la cité, qui domine de nombreuses villes et bourgades de Syrie, jusqu'à Mari. Selon la chronologie adoptée, le palais aurait été détruit soit vers -2400 -2350 par on ne sait quel ennemi (on a songé à Sargon d'Akkad), soit vers -2200, et l'auteur de la destruction serait alors Naram-Sîn.

écriture

Trois grands types d'écritures ont été inventées qui ont couvert l'ensemble des langues du Proche-Orient asiatique : cunéiformes, hiéroglyphiques et alphabétiques. Cunéiforme : Ce nom, donné parles archéologues modernes, vient de la forme on s coin (du latin cuneus) de ce type d'écritures. Les scribes antiques utilisaient de fins roseaux (calames) dont l'extrémité était triangulaire pour écrire sur des tablettes d'argile crue, qu on mettait peut-être ensuite à cuire, ce qui fixait définitivement les textes ainsi écrits. Une pression de l'extrémité du calame imprimait un triangle prolongé généralement par un trait tracé avec le roseau penché, ce qui permettait de ne marquer l'impression qu'avec l'une des trois pointes du bout triangulaire. L'invention de cette écriture, la plus ancienne encore connue, est due aux Sumériens et remonte aux derniers siècles du IV miii. Les premières tablettes, provenant du site sumérien d'Uruk, ne présentent pas des cunéiformes mais des pictogrammes, représentations figurées d'un mot: pour exprimer la tête, on dessinait d'une manière schématique une tête, pour l'hirondelle, un oiseau, pour le cochon, une tête de cet animal et, pour le dieu du Ciel, une étoile stylisée. Ainsi sont utilisées les parties du corps humain, les représentations d'animaux, de plantes, d'instruments divers, etc. Cette écriture, dite pictographique, apparaît à l'époque dite d'Uruk IVa. Quelques rares éléments grammaticaux permettent d'affirmer que la langue ainsi exprimée est un sumérien archaïque. La nécessité, pour les scribes, de tracer rapidement ces dessins les conduit bientôt à les schématiser avec les traits en forme de clou, si bien que, rapidement, ils perdent leur aspect linéaire et se transforment on écriture cunéiforme. C'est ce qui s'affirme au cours de la période suivante, Uruk III, dont une strate est identifiée à la période de Jemdet Nasr. Les premiers lexiques apparaissent à cette époque, prouvant qu'il s'agit bien du sumérien. Mais les idéogrammes ne peuvent réellement exprimer tous les mots d'une langue. Les mots furent divisés en syllabes et ce sont ces syllabes qu'ont rendues les caractères cunéiformes issus des anciens idéogrammes. Les éléments monosyllabiques dominant dans la langue sumérienne, le passage au syllabisme on a été facilité. Dès lors, les cunéiformes vont exprimer les syllabes constituant les mots. Lorsque les Sémites Akkadiens vont s'imposer, dans la seconde moitié du IIIè mill., l'administration akkadienne va devoir adapter les syllabaires Sumériens à la langue nouvelle. De l'akkadien et de ses syllabaires procèdent directement l'assyrien et le babylonien, avec le même type d'écriture cunéiforme. Il convient cependant de noter que ces signes cunéiformes ne restent pas figés et varient légèrement selon les scribes et les époques. À l'est de la Babylonie, l'Élam, après quelques essais de création d'une écriture proche des cunéiformes (proto-élamite, dès l'acropole 1 de Suse, qui correspond à Uruk III, avec un développement à la phase suivante marqué dans les archives de Suse, contemporaines d'Uruk IV) dès la seconde moitié du III mill. adapte à sa langue les syllabaires cunéiformes suméro-Akkadiens. Cette écriture cunéiforme s'éloigne au fur et à mesure de son évolution propre, des cunéiformes de la Mésopotamie. Nombreux sont les autres pays ou royaumes qui adoptent les cunéiformes pour exprimer par écrit leur propre langue. C'est le cas des Hourrites ou encore de l'Urartu, au début du 1er mill., des Hittites, qui simplifient le syllabaire pour donner une valeur phonétique à la plupart des signes. Cependant, chronologiquement, ce sont les scribes des rois d'Ébla qui, au milieu du IIIè mill., adaptent les cunéiformes Sumériens à leur langue sémitique. Il on a été de même sans doute de toutes les petites cités-États de la Syrie, comme en témoignent, à une époque plus tardive, les textes des archives d'Ugarit. Quant aux cunéiformes, repris sous la forme de syllabaires dans les inscriptions monumentales de la Perse achéménide, ils seront utilisés jusqu'au début de l'ère chrétienne en Mésopotamie. Hiéroglyphes. On emploie conventionnellement le terme de hiéroglyphes pour désigner une ou des écritures pictographiques de l'Asie Mineure. La plupart de ces pictogrammes représentent des parties du corps humain (pieds, mains, têtes...) et des têtes d'animaux (chevaux, boeufs, chiens, porcs, lions, oiseaux, poissons), ou encore des objets mobiliers... Ces hiéroglyphes "dits" Hittites apparaissent au XIVè s., concurremment avec les cunéiformes, ces derniers restant largement majoritaires, en particulier dans les archives sur tablettes. Bien que leur lecture reste encore sujette à discussion, ils recouvrent sans nul doute la même langue d'origine indo-européenne, mais déjà très modifiée, qu'est le nésite (voir Hittites, langues). Les inscriptions en hittite hiéroglyphique vont se développer surtout à partir de l'époque dite néo-hittite, au début du 1er mill., en particulier à Karkémish. On connaît un bilingue en hiéroglyphes Hittites et en cunéiformes Akkadiens, désigné sous le nom de "sceau de Tarkondémos", fausse lecture de l'akkadien tar-qu-mu-wa, jadis lu tar-kumdim-mo. Il s'agit d'un sceau hémisphérique en argent où est représenté au centre un personnage debout, entouré de six signes hiéroglyphiques, dix signes cunéiformes étant inscrits dans un bandeau circulaire qui entoure l'ensemble : il a été utilisé comme outil pour la transcription des hiéroglyphes Hittites. Cependant, c'est le texte bilingue de Karatépé qui a réellement permis une première approche de l'interprétation des hiéroglyphes Hittites. Ils sont généralement écrits dans le sens appelé boustrophédon, c'est-à-dire de droite à gauche (ou inversement) pour la première ligne et dans le sens opposé pour la ligne suivante, comme les sillons tracés par les paysans avec une charrue attelée à un boeuf (d'où son nom d'origine grecque). Bien que, apparaissant à l'époque de l'Empire hittite, ce soit surtout après sa chute qu'ils vont être utilisés à la place des anciens signes cunéiformes, ils recouvriront souvent une langue voisine du hittite, le luwite.(voir alphabet, langues).

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égipar

Voir Gipar.

Énûma Anu Enlil

Grand texte astrologique mésopotamien. Sa rédaction a été le résultat de plusieurs siècles d'observation par les astronomes babyloniens, entre l'époque précédant Hammurabi et celle des Kassites. Dans sa version canonique, il enregistrait environ 7 000 observations notées sur 70 tablettes. En voici l'introduction (dans la version akkadienne, car il en existe une version sumérienne), dont l'intérêt est de marquer les relations étroites existant entre les dieux et les hommes : "Lorsque Anu, Enlil et Éa, les grands dieux, eurent, en leur conseil, établi les plans du ciel et de la terre, et qu'ils eurent chargé les dieux astraux majeurs de produire le jour et d'assurer la suite régulière du mois, pour les observations [astrologiques] des hommes, on vit alors le soleil se lever et (les astres) briller à jamais dans le ciel !" (trad. Mm, 495). Plus éloquent encore est un texte ajouté à la 22è tablette, à propos duquel Jean Bottéro précise judicieusement que " d'un récit mythologique il tend à l'énoncé théologique" : «Lorsque Anu, Enlil et Éa, les grands dieux, créèrent le ciel et la terre, ils voulurent rendre patents les signes [astrologiques] : ils établirent les positions des astres ils désignèrent les étoiles et leur allouèrent leurs trajectoires ils dessinèrent, à leur propre [?] image, les étoiles en constellations ; ils mesurèrent la durée du jour et de la nuit ils créèrent le mois et l'année ils tracèrent ( ?) leur route à la Lune et au Soleil Ainsi prirent-ils leurs décisions concernant le ciel et la terre ". L'Énâma Anu Enlil est resté le bréviaire des astrologues et des devins pendant plus d'un millénaire, sans doute sous des recensions variables. Il était divisé en quatre grandes sections : 1) phénomènes propres à la lune, se référant au dieu Sîn : éclipses, halos, conjonction avec étoiles fixes et planètes (1-22); 2) phénomènes relatifs au soleil, manifestations de Shamash : éclipses, couronnes, mouvements saisonniers (23-36); 3) phénomènes atmosphériques concernant le dieu Adad: formation des nuages, vents, éclairs, tonnerre, arc -en-ciel (37-49/50); 4) divers présages (omen) tirés de l'observation des planètes, des phases des étoiles et de leurs conjonctions, du lever acronyque des astres c'est-à-dire lorsqu'ils se trouvent du côté du ciel opposé au soleil ou qu'ils passent au méridien à minuit... (50-70).

Énûma élish

"Lorsque là-haut...", tel est le sens de l'incipit de ce Brand texte rituel appelé aussi Poème (ou Epopée) de la Création. Fl C'est un ample poème babylonien connu par de nombreux manuscrits. Les 1100 vers le composant étaient répartis sur sept tablettes. Le texte, tel qu'il nous est parvenu dans sa version canonique, a été sans doute rédigé sous le règne de Nabuchodonosor Ier (vers -1125 -1104). On l'a fait remonter jadis à l'époque d'Hammurabi, puis au règne du roi kassite Agum-Kakrime (vers -1580). La comparaison qui a pu être faite entre une liste lexicale des grands dieux babyloniens (intitulée An-Anum) et les noms de Marduk dans la tablette VII et ceux de la tablette VI conduit à conclure que cette liste reprend le texte de l'Èpopée et permet de penser que ces tablettes sont donc antérieures au règne de Nabuchodonosor Ier semblerait ainsi que certaines parties remontent à l'époque des rois Amorrites et que seule la rédaction finale serait à attribuer à la fin du Xllè s. Le fait que tous les manuscrits reproduisent la même graphie, la même orthographe et la même disposition, les vers formant deux hémistiches sur la même ligne mais nettement séparés, montre qu'il s'agissait d'un poème de caractère rituel, sinon révélé (ce qui est d'ailleurs dit à la fin du poème), que les scribes reproduisaient sans en changer une ligne ; sauf à l'époque assyrienne, où, afin de glorifier leur propre dieu national Assur, les scribes ont substitué son nom à celui du héros de l'épopée, Marduk, modifiant aussi les noms de la parentèle du dieu. Le poème a été largement recopié et transmis, de sorte que des fragments sont souvent retrouvés au cours des diverses fouilles. Ainsi un nouveau manuscrit de la tablette VI a été retrouvé il y a peu d'années dans le site iraquien de TelI Hadad, l'antique Me-Turnat (Al-Rawi et Black 1994). La vision babylonienne de la création était si vivace qu'encore au vje s. de notre ère le dernier scholarque de l'école d'Athènes, le néoplatonicien Damasciris, qui, face à l'intolérance et à la pensée unique du christianisme enseignait encore la noble philosophie grecque indépendante et libre (l'école d'Athènes frit fermée par Justinien en 529 et les biens de l'école furent confisqués), a conservé dans l'un de ses ouvrages fondamentaux l'écho des premiers vers de l'Épopée, où l'on retrouve les personnages symboliques babyloniens sous des vêtements grecs à peine déformants . Ce texte, de caractère liturgique, devait être récité (ou psalmodié ?) tout entier le quatrième jour de la fête de l'Akitu, après "le petit repas de la fin du jour [par] le grand frère de l'Ékria" . Le poème lui-même, dont on peut dire qu'il est le récit symbolique de l'établissement des lois riniverselîes, le triomphe de l'ordre sur le chaos, est d'une ampleur majestueuse qui en fait un monument de la littérature mondiale. Toutes les autres créations, comparées à l'Énûma élish, y compris les cosmogonies égyptiennes d'Héliopolis et de Memphis, paraissent simplistes, voire enfantines (cf. Loisy sur les versets très élémentaires qui ouvrent le livre biblique de la Genèse, emprunts maladroits aux grandes cosmogonies orientales), et il faut se tourner vers la Théogonie d'Hésiode pour trouver un poème d'une élévation comparable. «Lorsque Là-haut le ciel n'était pas encore nommé, / Et qu'Ici-bas la terre ferme n'était pas appelée d'un nom, Seuls Apsû-le premier, Leur progéniteur, et Mère ( ?)-Tiâmat, leur génitrice à tous, Mélangeaient ensemble leurs eaux: / Ni bancs de roseaux n'y étaient encore agglomérés, / Ni cannaies n'y étaient discernables. / Et alors que des dieux nul n'était encore apparu, qu'ils n 'étaient ni appelés de noms ni lotis de destins, En, [Apsû,Tiâmat] les dieux furent produits". Ainsi commence le poème. Tiâmat apparaît comme la materia prima qui va servir à la création (le Norin égyptien). Elle y est la mère (ou la " façonneuse ", Atummu) génitrice, d'où vont naître les dieux, àcommencer par Lalimu et Lahamu, les premiers à recevoir un nom . Viennent ensuite Anshar et Kishar; qui, d'après le contexte de l'Épopée, sont issus de l'union d'Apsû et de Tiâmat, et déclarés plus forts que le premier couple mal personnalisé. D'eux naissent les dieux des nouvelles générations, dont le dernier est Marduk. Les dieux sont Si remuants et bruyants qu'ils dérangent Apsû. Ce dernier se décide à aller voir Tiâmat; il s'assoit en sa présence et ils discourent. Apsû déclare qu'il veut réduire à néant cette création, ce qui met en colère Tiâmat, lequel s'oppose à son projet. Afin de devancer Apsû dans ses desseins, Éa/Enki le tue après l'avoir dépouillé de ses pouvoirs. Tiâmat décide alors de le venger. Ce pourquoi elle crée onze monstres: muthushihu (dragon serpentiforme), bashmu, mushmahhu et ishumgallu (serpents à cornes), lahamu (le Lalimu à longue chevelure ?), ugallu (démon à l'aspect léonin), uridimmu (mi-homme mi-lion), girtablulîû (homme-scorpion), kubrillû (homme-poisson), krisarikku (homme-bison?), ûmu dabrûtu ("Violent Orage "), porteurs d'armes impitoyables et sans peur dans les combats ««Lorsque Tiâmat à son oeuvre eut donné tout son poids, elle organisa le combat contre les dieux, ses rejetons, afin de venger Apsû «. Aux côtés des révoltés, ennemis des dieux, s'est rangé Qingri, l'aimé de Tiâmat. S'engage ensuite un combat e titanesque «au cours duquel les armées infernales sont vaincues grâce au héros de l'épopée, Marduk. Finalement, dans un combat singulier, Mardrik enveloppe Tiâmat dans son filet, lâche contre elle Vent Mauvais, qu'elle avale, ce qui lui emplit la panse de vents furieux qui gonflent son corps ; Marduk déchire ensuite la panse de Tiâmat avec une flèche et termine son oeuvre en lui tranchant le corps par le milieu : ainsi périt la déesse primordiale. Il convient de noter que, outre les armes, les belligérants, et notamment Tiâmat, se battent aussi à coups d'incantations. C'est à partir du corps de Tiâmat que Mardrik va former le ciel et la terre ; puis il va ordonner le monde : «Il aménagEa leurs stations pour les grands dieux; il y suscita en constellations les étoiles qui sont leurs images. Il définit l'année dont il traça le cadre ; et pour les douze mois il suscita à chacun trois étoiles " . Ainsi, chaque dieu, chaque partie de la nature est mise en place par le dieu organisateur : Il décide ensuite du temple qu il veut se construire pour y resider ce pourquoi il declare qu il construira une ville «Je lui donnerai pour nom Babylone "Le temple des Grands Dieux". Il continue son travail de creation et d'organisation puis suivent les louanges du dieu lesquelles se concluent par Qu'il soit seul notre Dieu !, ce qui n'est pas tout à fait une confession de monothéisme, plutôt une volonté de monolâtrie à l'avantage des prêtres du dieu. Suit alors la liste de ses cinquante noms, chacun des noms étant accompagné d'un court commentaire pour éclairer son sens, voire d'une brève doxologie «Mar-Utu : l'Enfant-Soleil-des-dieux" car il brille et, dans sa lumière éclatante, Eux [les dieux] vont et viennent perpétuellement ! Aux hommes qu'il a créés, êtres doués du souffle, Il a imposé la corvée des dieux pour laisser ceux-ci de loisir ! Toute la fin (tabl. VII) est occupée par les louanges à la gloire de Marduk et de ses actions pour enfin conclure de la sorte : Son coeur est insondable, immense son esprit! Coupable et délinquant sont devant lui i Telle est la révélation qu'un Ancien, devant qui on l'avait exposé, mit et disposa par écrit pour l'enseigner à la postérité... [qu'on psalmodie] le chant de Marduk [qui], après avoir terrassé Tiâmat, reçut le pouvoir souverain».

Épopée de Lugalbanda

Cet autre poème, bien plus étoffé, semble être la suite du poème précédent. Il est intitulé "Épopée de Lugalbanda" par son éditeur, C. Wilcke (1969), et "Lugalbanda et l'oiseau du tonnerre" par son traducteur, ThorkildJacobsen (1987). L'oiseau du tonnerre n'est autre qu'Anzû, qui vit dans des montagnes appelées Zubi ou Sabum. Lugalbanda erre dans ces montagnes où il trouve le nid d'Anzû avec ses enfants, qu'il soigne. ce dont lui est ensuite reconnaissant l'oiseau mythique, qui lui donne sa bénédiction. Il est remarquable que le narrateur répète à plusieurs reprises que Lugalbanda est un homme, aimé de ses descendants, comme si le poème était écrit afin d'humaniser l'ancien dieu, dans la mesure où Lugalbanda serait une ancienne divinité et non un ancien roi divinisé et "mythisé". Lugalbanda retourne ensuite au camp d'Enmerkar, qui assiège en vain la ville d'Aratta. Le roi demande alors un messager pour rentrer à Uruk afin d'obtenir l'aide de la déesse Inanna. Lugalbanda est le seul qui accepte cette difficile mission, qu'il remplit avec l'aide de l'oiseau. Puis la déesse confie à Lugalbanda le secret de la puissance de la ville qui lui permet de résister à ses assaillants il s'agit de capturer un certain poisson et de le donner à manger aux soldats, car c'est en lui que réside la vie de la cité. Le texte est incomplet, mais on comprend que c'est ainsi, grâce à Lugalbanda, que la ville fut prise. La structure du poème reste sujette à discussion, mais il semble qu'il soit nettement divisé en deux parties, peut-être unies en une seule oeuvre, dont la première concerne les relations du héros avec l'oiseau et la seconde celles qu'il entretient avec Enmerkar (d'où son autre titre de "Lugalbanda et Enmerkar").

Gibil

voir feu.

Gipar

Nom de la résidence de la prêtresse entu et du prêtre en (enu) dans leur temple. Il semblerait qu'à l'origine le terme sumérien ait désigné une pièce où était conservée la nourriture du foyer ou du clan . On y pratiquait les rites de fertilité et d'hiérogamie du prêtre et de la prêtresse, de sorte que le lieu est devenu leur résidence : c'est dans le gipar que se sont par la suite déroulés les rites du mariage sacré. Dans l'hiérogamie entre Inanna et Dumuzi, on voit la déesse qui, àla, porte de lapis-lazuli du gipar; dans l'Eanna, le temple d'Anu et d'Inanna à Uruk, rencontre le prêtre en, figurant le dieu . Plusieurs " maisons " de prêtres en et de prêtresses entu sont connues sous le nom d'égipar (é).g~i6-pàt: l'un se trouvait dans l'Esagil de Babylone, un autre était le siège de Ningal à Harran, probablement dans le é bul hûl celui de l'Éanna d'Uruk est souvent mentionne «O Eanna, O saint Gipar, Je suis Inanna ,O Eanna, O saint Gipar,Je suis la dame de l' Eanna. Cependant, l' Egipar le mieux connu celui qui a pu etre retrouvé au cours de fouilles est celui d Ur. Deux giparu y sont connus celui de la grande prêtresse de Nanna et celui de la grande prêtresse de Ningublaga. Le second n'est attesté que par une inscription, mais les ruines imposantes du premier ont été rendues au jour. Lors de sa découverte, Leonard Woolley y a vu le temple de Ningal et l'a désigné comme le gipar-ku . Il s'agit d'un grand bâtiment carré de 79 x 76,50 m pourvu d'une entrée monumentale au nord-ouest et d'une petite entrée au sud-est. L'espace intérieur, délimité par les murs massifs du bâtiment, est occupé par un ensemble de cours et de galeries sur lesquelles s'ouvrent de nombreuses pièces, le tout formant une géométrie labyrinthique. Bien qu'il ait existé un gipar à l'époque d'Ur III, celui-ci ne remonte qu'à l'époque d'Isin-Larsa (début du IIe mill.). Les textes liés à ce monument révèlent que la grande prêtresse était choisie dans la famille royale. Ainsi, les deux grandes prêtresses connues de l'époque paléobabylonienne sont Ena-anatuma, fille du roi d'Isin Ishme-Dagan ( -1953 -1935), et En-ane-du, soeur des rois de Larsa Warad-Sîn (-1834 -1823) et Rim-Sîn (-1822 -1763).

Glyptique

Terme grec fondé sur la racine verbale signifiant «graver», appliqué, pour ce qui concerne le POA, aux sceaux gravés en creux (intaglio). Ces sceaux se présentent sous la forme de cachets ou de cylindres d'une longueur variant entre 3 et 8 cm et d'un diamètre de 2 à 3 cm. Le nom du sceau-cylindre en sum. est kisib, akk. kisibbu. On connaît la fonction akkadienne de gardien du sceau = kisibgallu.

hiéroglyphes

Voir écriture.

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insectes

Les insectes pullulent toujours dans les pays du POA, aussi bien en nombre qu'en variétés d'espèces. Nous nous en tiendrons ici aux principaux. Voici la liste de quelques-uns dont on connaît les noms dans au moins l'une des langues parlées dans les régions concernées. abeille : hébr. débôrâ, aram. dabbarta->.voir miel. araignée : akk. ettutu, ettitu. Son nom était donné à la déesse-araignée du filage. Lorsqu'on la trouvait dans une maison, c'était un gage de prospérité. fourmi : akk. namal/namlu, aram. nêmala, hébr. némala. mouche : akk. zumbu/zubbu, ugar dbb aram dîbtibti>, hébr. zèbOb. Selon un texte biblique , un dieu de la cité cananéenne d'Êkron se serait appelé Baal zébûb, le "Seigneur des mouches" (qui a donné, dans le monde chrétien, Belzébuth); on a tendance a penser que ce dieu n'a jamais existé et qu'il est un caconyme inventé par le rédacteur biblique (par rapprochement avec l'expression des textes urgaritiques zbî b'î,"le prince Baal "). sauterelle : Les » pluies » de sauterelles, prédatrices par excellence, ont toujours eu un caractère catastrophique. Néanmoins, ces insectes étaient couramment consommés, comme l'attestent bon nombre de lettres et d'autres textes mésopotamiens : "Envoie-moi une centaine de sauterelles et un peu de nourriture", "et n'oublie pas les sauterelles que je t'ai demandées"... Un omen commence ainsi: Si [un homme dans un rêve] mange une soupe de sauterelles... ». Cependant, le vocabulaire assyro-babylonien est particulièrement riche pour désigner les diverses espèces de sauterelles et, en outre, ce nom est donne a des sauterelles d'eau erib nari (ecrevisses) enbtamti ("sauterelles de mer" = crevettes ) CAD propose plus d une douzaine de noms differents outre les sauterelles "d'eau ou de mer". scorpion : Ecrit avec le logogramme GIR TAB il est rendu en akk par zuqaqipu une autre forme akk., aqrabu, est d origine ouest-sémitique (hébr. aqrab, aram. eqarba). Abondant dans tout le POA, le scorpion est entré dans la mythologie suméro-akkadienne avec les hommes-scorpions (- animaux fantastiques) qui apparaissent dans lEpopée de Gilgameilh ~. Gardiens de l'entrée des monts Jumeaux (entre lesquels se lève le soleil), ils sont » Si terrifiants et redoutables que leur regard, c'est la mort». Ce qui n'empêche pas un homme-scorpion d'avoir une femme avec qui il s'entretient avant de recevoir amicalement le héros (tabl. IX, col. 2). De tous les arthropodes du POA, il est le plus souvent figuré sur des cylindres, des tablettes, des plaques de terre cuite, des kudurrus, des poteries peintes. Gardien des Enfers, il est aussi représenté avec Ishtar. Outre les hommes-scorpions, les Mésopotamiens avaient imaginé des démons-scorpions et des satyres-scorpions . Comme on peut s'en douter, ses piqôres étaient redoutées, et elles procuraient des omens pour les traités de divination et exigeaient des incantations pour les guérir: » Si un scorpion sous son pied droit [le pique], la troisième année il sera en bonne santé ». Voici ce qu'il faut dire pour soulager de la piqûre du scorpion, voici maintenant ce qu'il faut faire : récite cette incantation sur la piqôre du scorpion au jour où la dangereuse piqûre [du] scorpion il veut atténuer, sept grains de froment pur, de la plante de la montagne l'homme prendra, à sa bouche mettra mâchant ce qu'il a dans la bouche, il descendra dans la rivière, sept fois il plongera, avant qu'il plonge la septième fois, ce qu'il a dans la bouche il crachera. Quoique connus dans ces contrées, les autres arthropodes, puces, pucerons, poux, cousins, papillons, ne sont guère mentionnés. ît les noms dans au moins l'une des langues parlées dans les régions concernées.

instructions de shuruppak

voir sagesses.

Juste souffrant (le)

Incipit: "Ludlul bel nemeqi" = "Je veux louer (ou "glorifier", sens premier du verbe dallilu) le seigneur de sagesse". Le titre de "Juste souffrant" a été donné à ce poème babylonien (connu depuis 1875) par référence au livre biblique de Job, dont on a pu se demander s'il n'en a pas été le modèle. Le texte, réparti sur quatre tablettes, est partiellement conservé par de nombreux manuscrits fragmentaires provenant de Ninive (Assur-banipal), Assur, Babylone, Sultantépé (tabl. I et IV), Sippar (tabl. 2 et 8). C'est un long monologue dans lequel un homme, injustement jeté dans la misère, élève ses plaintes vers son dieu, en l'occurrence Marduk. Il semblerait que ce texte ait un modèle historique, si encore l'auteur de ce texte n'est pas le personnage historique en question. Il donne son nom dans le cours du monologue : " C'est Marduk lui-même (dit-il: il s'agit d'un homme que le Juste voit en rêve, Ur-Nin-din-lugga) qui m'envoie te dire: A shubshi-meshrê-shakkan, j'apporte la prospérité !". Un Subsi-mes-rê-Sakkan est connu pour avoir été un dignitaire de la cour du roi kassite de Babylone Nazimaruttash, (-1307 -1282) . Il nous est aussi donné les noms de deux personnages, qui apparaissent en rêve au "Juste souffrant" (tabl. III, 25 et 39) : le premier; Lalu-ralimma, porte un nom sumérien caractéristique de ceux qu'on se plaisait à prendre à la fin de l'époque kassite il est dit originaire de Nippur et il est chargé de purifier notre héros l'autre, Ur-Nin-din-lugga, est babylonien; tous deux portent les noms de scribes (lettrés) de jadis connus par une liste. Tablette I (env. 112 vers, incomplète). Après un éloge de Marduk, suivi d'une lacune d'une trentaine de lignes, le Juste se désespère de la perte de ses biens et de sa vitalité. On voit ensuite qu'il était le favori du roi, qu'il paradait comme un seigneur, et qu'il a été la victime de la calomnie d'adversaires envieux qui l'ont jeté dans la disgrâce. "De superbe que j'étais j'ai tourné à l'esclave. Au lieu de ma vaste famille, je suis devenu solitaire...". Tablette Il : (120 vers, complète). "De cette année à l'autre, le terme fixe était passé. J'ai beau me tourner c'est malheur et malheur encore ! Pour moi, la méchanceté s'accroit et je ne vois pas de justice ! J'ai crié vers Dieu, il m'a refusé son visage ! . Le Juste se plaint que le dieu (Ilu, nom souvent répété, et non Marduk, qui n'est nommé qu'exceptionnellement dans les trois premières tablettes) se soit détourné de lui, bien qu'il ait de tout temps manifesté sa piété à son égard et incliné son pays à respecter ses rites. Il se plaint que la maladie le terrasse et que le démon-alû se soit "vêtu de son corps comme d'un vêtement ". Tablette III (il en subsiste une centaine de lignes, entrecoupées de lacunes, représentant un peu plus de la moitié du texte original). Au cours d'une suite de quatre rêves, le Juste apprend que Marduk s'est penché sur lui et qu'il va le guérir. De fait, le dieu " chassa la Lamashtu ", cause de ses maladies, et l'on assiste à la guérison de chacune des parties de son corps ainsi affectée : " Ma bouche, qui était close et inhabile à discourir, il la décapa comme du cuivre et en fit [briller] la ternissure... Tablette IV (très fragmentaire) il en subsiste cependant la moitié dont une partie reste lacunaire l'ordre des fragments mis bout à bout est incertain: selon von Soden, les lignes 1-50 devraient être placées après le groupe 76-100. C'est un long cantique à la gloire de Marduk, qui a manifesté sa puissance, qui seul est capable de ressusciter les morts. Suit une litanie de tout ce qu'a ensuite fait le Juste, à qui le dieu a rendu justice : "[Dans les] prosternements et les supplications [je suis allé] à l'Ésagil. [Moi qui étais] descendu au tombeau, je suis revenu à la porte du Soleil-Levant]. À la porte de l'Abondance, l'abondance [m'a été re]donnée. A la porte de l'Ange-Gardien , mon ange-gardien est (re)venu [près de moi]..."

kalû

Catégorie de prêtres. Ils sont aussi mentionnés sous la forme sumérienne de leur nom, GALA. Ils apparaissent au IIIè mill. dans les textes Akkadiens, où leur tâche principale est de chanter en s'accompagnant du balag. Il semble que, dans les premiers temps, les fonctions du kalû aient été funéraires : il était chargé d'accompagner par ses chants et lamentations l'enterrement des morts, comme cela apparaît dans une inscription d'une statue de Gudéa.htm">Gudéa : "Dans le cimetière de la ville [...] le corps n'était pas enseveli, le gala ne portait pas le balag". Le kalû pouvait aussi être attaché à une divinité d'un temple, sans qu'on puisse avec certitude définir ses fonctions dans ce cas particulier; on sait, néanmoins, que certains jours il devait chanter une lamentation et offrir des sacrifices. Constitués en collèges (kalùtu = collège de kalû, prébende des prêtres-kalû et corpus des textes utilisés par le kalû, ils sont chargés de réciter les incantations destinées à chasser les démons à l'occasion de consécrations de temples ou d'objets votifs, et surtout de réciter les lamentations et les ershemma sur la destruction de temples (et de cités), laquelle peut être due à des ennemis ou volontaire, dans le dessein de substituer à un sanctuaire ruiné par le temps un temple nouveau, afin d'apaiser la colère des dieux. Une tablette contenant un catalogue de tablettes du cycle de la kalûtu parle de «la science d'Ea , la kalûtu, le secret du sage (apkallû), propre à apaiser le coeur des dieux» . Éa est le patron du kalû et, en tant que tel, son nom s'écrit dBALAG. Accompagnés musicalement à l'aide d'instruments spécifiques, les textes propres au cycle de la kalûtu sont rédigés en émésal, le "dialecte des femmes". Avec le balag, l'autre instrument était le lilissu. Il s'agit d'une timbale faite d'une peau tendue sur une caisse de résonance en cuivre ou en bronze. On a conservé tout un rituel concernant la fabrication de l'instrument. La peau doit être celle d'un taureau symbolisant le taureau céleste : "Lorsque [tu te proposeras] de couvrir le lilissu d'airain, un boeuf sans défaut, noir, dont les cornes et les sabots sont intacts, depuis la tête jusqu'à l'extrémité de la queue, un connaisseur idoine l'examinera ". Suit une longue description des signes particuliers qui doivent marquer le pelage de la bête. On introduit ensuite l'animal dans la "maison de la science" (bit mummi = atelier) en un jour favorable ; le sol sera balayé et aspergé d'eau pure. Ensuite, il convient de faire une libation aux dieux du ciel et de la terre et de répandre de la bière de première qualité... Ainsi est prescrite toute une suite d'actes auxquels succède l'obligation de laver la bouche du boeuf ; puis, à l'intérieur de chacune de ses oreilles, il convient de murmurer une incantation avant de purifier l'animal. Sont ensuite décrits en détail la manière de tuer le boeuf, de l'écorcher, de traiter sa peau, de la tendre et de la fixer sur son support. Buis il faut quinze jours attendreavant de sortir le lilissu, de le présenter à Shamash et d'apprêter cinq sacrifices à Ea . Tout cela est accompagné ou suivi de lustrations, de sacrifices, d'incantations... Par ailleurs, il est recommandé de montrer ces rites au novice, mais l'étranger ne doit pas y assister : "Que l'initié à l'initié le montre! Que le profane ne les voie pas! C'est parmi les choses interdites d'Anu, Enlil, Ea , les grands dieux. " On passe ensuite à la fabrication des baguettes avec autant de minutie dans le détail du rite. Les kalû possédaient aussi leur propre cosmogonie adaptée à leur fonction. Elle est incluse dans un rituel indiquant les actes et les rites précédant la construction d'un temple accompagnés de lamentation, avant que soit récité, devant la brique de fondation, le poème de la création intitulé par son incipit: "Enuma Anu ibnu same" = "Lorsque Anu créa le ciel"; on voit que le dieu Ea puisa dans l'Apsû un morceau d'argile pour créer Kulla, le dieu-brique, afin de restaurer les temples . Le novice était l'apprenti kalû (halla­tussû : séries lexicales Lù = sa IV, II,171), car l'initiation à ce sacerdoce requérait de longues études : apprentissage de scribe pour la domination de l'écriture, maîtrise des instruments de musique et de la voix pour le chant, étude de la langue émésal, connaissance précise des divers chants, des incantations et des rites, de la théologie... Le collège des kalû était hiérarchisé avec, à sa tête un chef des chanteurs et des prêtres (kalamabu, galmahu) et, à la base, les chanteurs de second rang (galaussû). A partir d'une certaine époque (?) il fallait être eunuque pour entrer dans le college des kalû.

Karûm

Mot akkadien aux sens multiples. Il désigne : - un quai d'embarquement (ou un mur) le long d'un fleuve ou d'un canal; - un port; - le quartier d'une ville destiné aux échanges commerciaux des trafiquants et des marins ; - une communauté de marchands. Le bit kàri était le bâtiment où était logée l'administration du karum ou les douanes dans un port. (voir : Kanesh).

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kirugu

Dans certaines compositions poétiques, on donne ce nom à un ensemble de vers formant en soi une unité, une sorte de "chant" comme on l'entendait dans le développement des épopées classiques. Chaque kirugu constitue une entité indépendante dont la longueur n'est pas fixe. Il peut arriver qu'un kirugu soit suivi d'un gis-gi-gàl, une sorte de "reprise".

Kudurru

Terme (médio-) babylonien servant à désigner des bornes destinées à marquer les donations et les limites d'une propriété. L'introduction de ce type de "monument" en Babylonie date de l'époque kassite. Les plus anciens kudureti remontent au XIVe s. On utilisera ce système d'enregistrement de propriété encore dans le cours du Ier millénaire. Les kuduteti se présentent sous la forme de grands "galets" taillés dans des pierres noires, la plupart du temps en diorite, qui étaient déposés dans les temples. Il convient néanmoins de noter qu'il existait des kudureti en argile sous forme de cônes . Ils peuvent être sculptés sur une face et couverts d'inscriptions sur l'autre face, ne présenter d'inscriptions que dans la partie inférieure, la partie supérieure étant sculptée et le revers laissé lisse. Mais c'est surtout dans les représentations sculptées en bas relief que les sculpteurs ont donné libre cours à leur imagination, cependant canalisée par les impératifs cultuels et les sujets imposés. Les sculptures représentent souvent des emblèmes astraux (étoiles, soleil, croissant de lune), des autels, des couronnes en forme de tiare, des personnages, des insectes, des êtres et des animaux fantastiques comme les hommes-scorpions (kudurru de Nabuchodonosor Ier). Le roi kassite Mélishipak ( - 1186 - 1172) nous a laissé, en particulier, deux beaux kudureti originaux (tous deux au Louvre) : le premier, taillé dans du marbre noir, est une donation en faveur de son fils Mérodach-baladan Ier; sur les cinq registres d'une face (le cinquième, tout en bas, est abîmé) sont représentés les emblèmes des dieux garants de la donation avec leurs emblèmes animaux; sur le deuxième, très dépouillé, est figuré le roi coiffé d'un bonnet pointu, tenant par la main sa fille qu'il présente à Ishtar; assise sur un trône et dominée par l'étoile à huit branches, son symbole stellaire. Un grand nombre de ces pierres sculptées a été retrouvé lors des fouilles de Suse, rapportées par les rois élamites comme butin lors de leurs raids sur la Babylonie.

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Légende du roi de Kutha

voir Kutha.

Lugal-e

Poème épique de plus de 730 vers, appelé aussi "Ninurta et les Pierres". Son titre lui vient des premiers mots de son premier vers (incipit) : Lugal.e u4.me.làm.bi nir.gàl (" Roi ! Lumière resplendissante et souveraine"). Le texte original remonterait à l'époque de Gudéa, au XXII è s. Il a été de nombreuses fois recopié, en sumérien et, ensuite en traductions akkadiennes, jusqu'à l'époque grecque. Le poème, à la gloire de Ninurta le dieu guerrier, qui établit sa souveraineté à la suite du combat qu'il a mené contre les rebelles de la montagne (en l'occurrence le Zagros, où vivaient de rudes montagnards qui déferlaient épisodiquement sur la Mésopotamie) soulevés et entraînés par le démon Asag (ou Asakku on akk.). Au début du poème, Ninurta vit en paix dans l'Ékur, le temple de son père, Enlîl, à Nippur. Sarur (Sàr.ùr = Fauche-milliers), le « ministre mais aussi l'arme personnifiée du dieu, vient l'aviser que la révolte gronde dans la montagne. Il faut avant tout abattre le chef des révoltés, Asag, bien que ce soit un très dangereux ennemi. Asag est finalement vaincu et tué, après forces vociférations et rodomontades, et aussi quelques accrochages titanesques. Ninurta commence ensuite à transformer le corps d'Asag en pierre-zalaqu pierre dont on ignore la nature, mais qui devait servir pour des constructions, car c'est une véritable carrière en laquelle il est métamorphosé. Le texte nous donne ensuite quelques origines de noms à la manière des anciens; ainsi, la déesse Ninmah vient au devant du dieu et il lui déclare que l'amoncellement de guerriers abattus prendra pour nom «les monts» (Hur.sag) et qu'elle en sera la dame (nin, d'où son autre nom do Ninhursag). Intervient Aruru, la "soeur chérie d'Enlil", qui exhorte le dieu à fixer les destins des vaincus. Ninurta commence alors à apostropher chaque pierre, qui porte son nom propre (Pierre- U, Pierre-Sagkal, Pierre-Saggar, etc., parmi lesquelles certaines ont pu être identifiées : basalte, diorite, hématite, albâtre, ambre jaune, agate, silex, etc.), ce qui constitue, comme l'écrit Jean Bottéro, "un lapidaire fantastique", qui occupe plus de 200 vers. L'épopée se termine par le triomphe du dieu, qu'accueillent les Anunna(ki) et que bénit son père, Enlil. Le dernier vers du poème nous apprend qu'il s'agit là "d'un chant sir.sud on l'honneur de Ninurta". On ignore la signification de ce type de chant sir.sud.

Lugalbanda et Ninsuna

Petit poème trouvé dans les fouilles d'Abû Salabikh. Il a été transcrit et traduit par Thorkild Jacobsen, qui lui a donné son titre. Ninsuna, dont le nom signifie "dame des vaches sauvages", est présentée comme une lamassu, ce que Jacobsen traduit par "Cherub Ninsuna". Lugalbanda est avec elle comme un fiancé qui l'enlace et ne peut résister à baiser ses yeux et sa bouche, et il est dit plus loin qu'elle est son épouse. Le texte est incomplet et s'arrête brusquement, ce qui le rend obscur et on perçoit mal son propos. Pareillement intervient un "En" anonyme dont Jacobsen pense qu'il s'agît d'Enmerkar. Ce dernier apparaît dans deux petits poèmes épiques dont le héros est Lugalbanda.

Maître et son serviteur (le)

voir dialogues.

Malédiction d Akkad

Poème sumérien écrit un peu plus d'un siècle après la mise à sac de la ville, ou peut-être beaucoup moins, voire avant même la mort de Naram-Sîn, selon certains auteurs, ce qui semble bien improbable. Selon Samuel N. Kramer (qui donne pour sous-titre au poème : "l'Ekur vengé"), le texte original aurait été composé vers - 2000 par un "théologien poète", dans l'une des"académies" (edubba) d'Ur ou de Nippur, bien que les tablettes connues les plus anciennes datent du XVIIIè s. Le poème met en cause Naram-Sîn, qui, pour venger un affront fait par Enlil à Ishtar, maîtresse d'Akkad, aurait détruit l'é.kur, le temple d'Enlil à Nippur. Pour se venger, le dieu aurait fait déferler les bandes guti sur le royaume d'Akkad. Ainsi, à un tableau de la richesse d'Akkad, va être opposée sa misère, qui se termine par la destruction de la ville. Comme le pense Jean-Jacques Glassner , le manuscrit a été certainement rédigé à Nippur et recopié maintes fois on possède plus de cent manuscrits de l'oeuvre, un des fleurons de la littérature sumérienne.

Mariage de Martu (le)

voir Numushda.

marzéah

voir banquet.

me

Terme sumérien qui a revêtu un sens théologique complexe et a suscité de nombreuses études. Le signe du "me" apparaît dans des inscriptions dès la période d'Uruk IV (vers - 3200). Grammaticalement c'est une copule enclitique (unie à un nom en suffixe) représentant le verbe être (-me-en = je suis). Thorkild Jacobson précise que "le me signifie "être (en soi)"(Sosein), et non "être (quelque part)"(Dasein), lequel est toujours gâl ou gà-gâ . Il est transcrit en akkadien par "parsû". Il a revêtu son sens théologique en étant assigné aux dieux pour signifier leur "splendeur" ou encore leur "essence". Il désigne, selon Samuel N. Kramer, un ensemble de lois et de règlements assigné à chaque entité cosmique et phénomène culturel en vue de conserver leur efficacité toujours en harmonie avec les plans de la divinité qui les a créés. Selon J. Van Dijk, le terme représente "une immanence divine dans la matière morte et vivante inchangeable, subsistante, mais impersonnelle, dont seuls les dieux disposent . Le "me" appartient plus particulièrement à Anu et Enlil, mais il est aussi lié à des divinités de moindre rang. Il n'est pas, pour autant, exclusivement associé aux dieux. Le "me" d'un trône représente l'activité de la royauté et le "me" d'un temple l'exécution des rites qui lui sont attachés. Dans le mythe d'Inanna et Enlil, les me, qu'on peut traduire ici par "pouvoirs" du dieu, représentent l'essence, on pourrait dire l' "Idée", dans le sens platonicien du terme, des objets ou des notions que le dieu suprême va donner à sa fille Inanna : l'office d'En, la divinité (la fonction sacrée), l'auguste couronne, le trône royal, le sceptre "exalté", tout autant que les armes, l'érotisme (l'union sexuelle), la prostitution, ou encore la loi, l'art, la musique et ses instruments, la joie du coeur la fausseté, les arts du métal, de l'architecte, du scribe, la sagesse, la terreur la paix, la victoire, le conseil, le jugement... en tout soixante-huit puissances qui couvrent à peu près toutes les activités culturelles et morales de l'humanité. Et Inanna s'approprie tous ces "me" de son père, ce qui en fait une déesse de caractère universel, distributrice de tous les biens et de tous les maux.

mîsharum

(sum. nig.si.sâ, akk. misaru, mesaru = redressement, justice, du verbe eserum). Le mîsharum est établi par décret du roi généralement lors de son avènement, mais il est arrivé qu'il soit renouvelé tous les sept ans. Il agit en tant que pasteur de son peuple, protecteur des faibles et des opprimés. Cette pratique, surtout connue à Babylone au II mill., est documentée par ailleurs à Mariet en Syrie, et elle semble aussi avoir été propre aux Sumériens : lors de ses réformes, Ur-Nammu promulgue un nig-si-sà et l'on peut assimiler à cette pratique les réformes d'Urukagina. Elle s'appliquait plus particulièrement au domaine royal, mais, en Babylonie, elle s'étendait au domaine privé on ne dispose pas de documents pour inférer qu'il en allait de même dans les autres régions du Proche-Orient où elle était courante. D'autre part, après l'époque paléobabylonienne, on n'a qu'un seul exemple de promulgation de mîsharum à l'époque néobabylonienne, sous le règne de Nériglissar (-559 - 555). Le terme de mîsarums, qu'on trouve cependant souvent utilisé, n'a généralement que le sens de "justice", sans les implications sociales du décret royal de ce nom. Les personnes auxquelles étaient affermées les terres du palais pour une redevance annuelle étaient dispensées de payer les arriérés causés par des affaires malheureuses ou de mauvaises récoltes. Pareillement étaient annulées les dettes contractées par des gens réduits à la misère et pressés par les prêteurs et les usuriers. Des fonctionnaires royaux veillaient à l'application du décret, et les prêteurs qui passaient outre et continuaient de poursuivre leurs débiteurs risquaient une amende six fois supérieure à la dette, voire la mise à mort. Les hommes libres qui s'étaient mis eux-mêmes en état de servage pour payer leurs dettes ou encore une personne mise en gage en garantie de cette dette, et donc réduites à un véritable état d'esclave, étaient rendus à leur ancien statut de personne libre. Une demeure de famille ou un terrain vendu par acte d'huissser pour couvrir une dette était rendu à l'ancien propriétaire ainsi dépossédé, ce qui était souvent cause de nouveaux procès. Le misharum était décrété solennellement par le roi au cours d'une cérémonie particulière dans laquelle le roi levait à bout de bras un flambeau par lequel il s'identifiait à Shamash, dieu-soleil de la justice. Il ne nous est parvenu que deux de ces décrets qui puissent être attribués à des souverains connus, l'un à Samsu-iluna et l'autre, le plus complet, à son arrière petit-fils Ammisaduqa.

mukarrib

Titre que se sont donné les premiers souverains de Saba et de Qataban bien que le premier qui l'a inauguré ait peut etre été un cheikh d'Awsan. Son sens est incertain : il s agirait de "prêtre roi" mais au sens propre le terme désigne "celui qui rassemble", "fédérateur". Ce titre a été remplacé par la suite par celui de roi (MLK).

namburbi

(namburbû) : Terme babylonien d'origine sumérienne (NAM-BÙR-BI) désignant un rituel de caractère apotropaïque, destiné à éloigner un démon. La plupart des tablettes où s'inscrivent les textes de ce type proviennent des archives de Ninive et d'Assur et datent du 1er mill. Les namburbi complètent, dans une certaine mesure, les omens et les incantations dont ils représentent l'aspect pratique, les gestes à faire, les actions à exécuter, les sacrifices à offrir, pour rendre efficaces les incantations de caractère apotropaïque. Le rite doit s'accomplir dans le lieu où s'est manifesté le présage, champ, maison, porte... Le lieu doit être sacralisé, séparé du monde profane par l'érection d'un enclos, d'une hutte en roseaux, et l'on y dresse un étendard. Sur un autel de fortune, qui peut simplement consister en un plateau dressé sur un support , seront déposées les offrandes. Mais, auparavant, le praticien devra procéder aux purifications du lieu avec de l'eau, de l'encens et une torche, ainsi que de l'impétrant, qui doit se laver, se raser et mettre un habit propre. Après les offrandes consistant en nourriture (pain, bière, gâteaux, rarement de la viande) et en aromates et bois aromatiques (genièvre, cèdre, myrrhe, brûlés dans un encensoir) commencent les rites. Le premier d'entre eux est la destruction du mauvais présage. Il peut s'agir aussi bien d'un champignon apparu sur un mur que d'un insecte comme le scorpion. Lorsque l'objet ou le phénomène sujet de l'omen est inaccessible, on détruit un substitut d'une nature identique, lequel peut simplement être une image peinte ou modelée en argile. Lorsque le sujet représente une richesse économique, comme une maison ou un animal, on casse une petite partie de la maison (une brique, par ex.) ou l'on brûle quelques poils de l'animal. Le patient dont on a détourné l'entité qui le menaçait doit ensuite s'astreindre à observer un certain nombre de prescriptions, comme de suivre, pour rentrer chez lui, un autre chemin, que celui qu'il avait emprunté en se rendant sur le lieu où s'est effectué le rituel. Le rite était accompagné de prières et de sommations faites au démon agresseur.

sages

voir apkallû.

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ziggurat

Mot akkadien dont la racine, zaqqaru, signifie "être élevé". Il désigne les tours à étages qu'on rencontre dans toute la Mésopotamie et en Elam, construites dans l'enceinte des temples. Le nom n'apparaît qu'à l'époque paléo-babylonienne, et il était écrit avec le sumérogramme U-NIR. Forme architecturale inventée par les Sumériens, la ziggurat, a-t-on pu supposer, figurait la montagne (du pays originel des Sumériens?) sur laquelle se manifestaient les dieux, dans un pays de plaines. Un petit temple (gigunu) était construit au sommet où il est possible que se soient déroulées les hiérogamies entre le dieu, descendu du ciel, et son épouse, en l'occurrence la reine ou une hiérodule, le dieu étant incarné par le roi ou un prêtre. Si chaque cité avait sa ziggurat, certaines pouvaient en avoir plusieurs.

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